Big Brother en Ovalie…

GPS rugby

Désormais le petit mouchard dans votre dos qui envoie 1200 données par seconde à votre préparateur physique, pèse 37 grammes pour 6 centimètres de longueur.

Le rugby français est décidément incorrigible! Comme tous les présidents de clubs, Jacky Lorenzetti, qui n’a jamais pratiqué ce sport autrement que sur Playstation, se plaint du calendrier surchargé du Racing-Métro, actuellement en tête du championnat, mais n’hésite pas à malmener la santé de ses joueurs, quand ses petits intérêts personnels sont en jeu. Alors que les rugbymen du Top 14 qui ne sont pas retenus en sélection nationale bénéficient d’une trêve bien méritée de trois semaines, notre sémillant entrepreneur vient d’expédier toute sa troupe ciel et blanc, Dan Carter en tête, à… Hongkong, pour disputer un match, le 6 février contre la franchise néozélandaise des Highlanders dans le cadre – ça ne s’invente pas! – de la Natixis Rugby Cup.

Question récupération, on a vu mieux, mais ça n’empêche pas notre chef d’entreprise, propriétaire de châteaux dans le Bordelais, de pérorer dans Aujourd’hui (30/1) :  » Une tournée à Hongkong réussie, ça serait du vin vendu et des partenaires satisfaits « . Un propos qui montre à quel point cet homme s’intéresse au score des matches de son équipe!

Quant aux bons résultats actuels des Franciliens, ils sont peut-être tout simplement dus à un flicage de tous les instants, qui laisse loin derrières toutes les autres équipes du top14, fait se gratter la tête des anciens et se pâmer d’aise le journaliste geek de L’Équipe Magazine, Bruno Garay (30/1). Oublié le GPS de papa, qui tombait en panne en cours de match! Le Mac-Lloyd pèse 37 grammes, mesure 6 centimètres de long et 3 de large. Et surtout, il utilise une technologie sans fil et non le wifi, sans cesse parasité par les téléphones portables des spectateurs. La « bestiole » émet 1200 données par seconde que Laurent Debrousse, le préparateur physique du club francilien, peut consulter en direct sur son ordinateur pendant le match. Rythme cardiaque, nombre de collisions subies, vitesse, et même le déséquilibre de poussée entre la jambe droite et la gauche, pendant les mêlées. Et le journaliste de service, qui ne doit pas être au courant que les rugbymen ont des muscles mais aussi un cerveau,  de s’extasier sur les miracles réalisés par la science : «  Le GPS évalue avec une marge d’erreur de 10% le rythme de la respiration du joueur qui influe sur sa récupération. La conséquence est directe : après le match, le joueur dose lui-même sa boisson énergétique de façon plus efficace »

Comme si les joueurs après le match ne savaient pas quelle est la dose de houblon qui leur est nécessaire, les soirs de défaite et les soirs de victoire!

L’auteur de ce désolant publi-reportage doit ignorer qu’un des plus emblématiques capitaines de l’équipe de France, un dénommé Jean-Pierre Rives, joueur de gabarit modeste mais de courage exceptionnel, aurait tout de suite été éliminé par ce genre de gadget, alors qu’il était considéré avec ses compères Jean-Claude Skrela et Jean-Pierre Bastiat, comme membre de la meilleure troisième ligne du monde.

Parce que le talent, contrairement à la connerie, reste difficilement mesurable…

 

Et bientôt une puce à l’oreille?

À quand l’entraîneur équipé d’un joystick pour pouvoir manœuvrer son équipe à sa guise sur le terrain ? En attendant cette ultime étape, comme pour nos chiens et nos chats, une micro-puce devrait bientôt être implantée dans l’oreille des joueurs. Connectée au boîtier décrit plus haut, elle devrait permettre de mesurer l’importance des chocs subis, afin d’éviter les commotions. Voilà qui donne envie de jouer au rugby.

La vertu à géométrie variable de Midi Olympique

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À juste titre, Midi Olympique évoque « Les billets de la honte ». Mais la bible des fervents de l’ovale pourrait aussi parler des publicités plus que discutables émises par les clubs les jours de doublons.

Midi Olympique reprend dans son édition datée du 20 janvier, l’information révélée par Le Canard enchaîné sur un trafic de billets à la Fédération Française de Rugby, une information qui n’a guère étonné tous ceux qui ont essayé de se procurer quelques sésames, lors des matches du Tournoi : éditorial de Jacques Verdier sur  » Les valeurs du rugby « , papier de commentaire sur  » La boîte de Pandore est ouverte « , interview de René Hourquet, l’ancien trésorier. Comme d’habitude rien ne manque et la bible des amoureux de l’ovale a journalistiquement très bien traité ce sujet sur l’argent de la Fédération.

Pour être totalement crédible, on aimerait simplement que le journal soit aussi rigoureux en ce qui concerne ses propres rentrées d’argent et n’accepte pas des publicités, où des présidents peu scrupuleux cherchent à nous faire prendre des doublures pour des internationaux.

Quand Jacky Lorenzetti, en Une de notre hebdomadaire favori, annonce un Racing Métro-Toulouse avec Swarzewski, Machenaud, Médard, Dusautoir ou Huget à l’affiche, il prend visiblement les spectateurs pour des imbéciles. Et qu’on ne vienne pas invoquer des sélections surprise pour le Tournoi ou des délais de fabrication des affiches!

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Si ce n’est pas de la publicité mensongère, ça y ressemble fortement!

Même volonté de tromperie sur la marchandise de la part de Thomas Savare, en page 33 du Midol, à l’occasion du match Stade Français-Castres, avec une photo de Pascal Papé, qui n’est pas à proprement parler un perdreau de l’année ou un sélectionné inattendu de Philippe Saint-André.

Le rugby est un sport où il est vivement recommandé d’être coquin sur le terrain. En revanche, les petites tricheries de « gros pardessus » sur la billetterie, les mensonges délibérés sur la participation des joueurs les jours de doublons et toutes les petites arnaques qui entourent ce sport deviennent insupportables.

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Et, allez, pourquoi se gêner? Pascal Papé contre Castres, c’est à peu près aussi crédible que Thomas Savare au CAC 40…

Face à tant de désinvolture, Midi Olympique  s’honorerait d’adresser un  carton jaune à ses annonceurs en leur demandant un peu plus de fair-play. Car même s’il est particulièrement délectable, et de Bayonne évidemment !, les amoureux de l’ovale ont horreur d’être pris pour des jambons…