Le plan de relance pour Biarritz de Jacques-André Schneck

Jacques-André Schneck ne fera probablement pas partie du prochain conseil municipal puisqu’il a pris ses distances avec Nathalie Motsch. Ce qui ne l’empêche pas de rester passionné par la vie publique et inquiet pour l’avenir de Biarritz. Sans une politique très volontariste de la prochaine équipe municipale, il est persuadé que nombre de commerces n’arriveront pas à se relever. Alors que débute la campagne du second tour des élections municipales, Bisque, Bisque, Basque ! publie avec plaisir le texte qu’il nous a fait parvenir et qui a le mérite d’ouvrir le débat. D’accord ou pas d’accord, vous avez le droit de réagir et ce blog se fera un plaisir de publier vos propositions.

 

SORTIE DE CRISE POST COVID 19 A BIARRITZ :

Un plan de relance massif d’initiative municipale

Cette épidémie change tout ! Tout, ou presque, ce qui a pu être dit, promis, annoncé, est obsolète. Une telle crise appelle une sortie de crise ambitieuse. Qui « renverse la table ». Qui fasse fi de tous les tabous antérieurs. Quelle application à Biarritz ?

LA SITUATION

La souffrance des Biarrots aura décidément été extrême et rien ne leur aura été épargné, après un mandat municipal durement sanctionné le 15 mars, la crise sanitaire et le confinement.Biarritz en aura subi les traumatismes comme toute la France, mais Biarritz a ses spécificités.

Sur le plan social :

Biarritz avait 25404 habitants au 1er janvier.

Comment les 13 % de Biarrots (3300 personnes) dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté auront-ils vécu cela et avec quelles blessures ? Comment les sans abri ? Comment les 45 % qui sont âgés de plus de 60 ans ? Comment les 50 % (un sur deux!) qui vivent seuls ?

Comment les familles des actifs propulsés dans le chômage partiel ? Comment nos enfants, nos étudiants ? Comment les titulaires de petites retraites ayant un petit logement locatif à vocation touristique et besoin du petit revenu complémentaire correspondant ?

Sur le plan économique :

Comment et avec quelles blessures les commerçants, les PME et TPE auront-ils vécu cela?

Ces entreprises, ce sont les producteurs d’emplois et de richesse à partager, en même temps que le gagne-pain de leurs créateurs.Combien sont-ils en danger de disparition ?

QUE FAIRE ?

Comment une équipe candidate à la mairie ne verrait-elle pas que l’absolue priorité du début du prochain mandat est d’aider toutes ces victimes à guérir et à repartir de l’avant ? Et il ne saurait s’agir de « distribuer des miettes ». Il s’agit de le faire massivement, et à Biarritz, c’est possible !

Biarritz a besoin d’un plan de relance massif d’initiative municipale – en coopération, bien entendu, avec les autres collectivités publiques -, de type « keynésien », c’est à dire par la demande et la commande publiques.

(John Maynard Keynes, 1883-1946 – fut un grand économiste britannique qui avait théorisé la relance de l’économie et de l’emploi par l’investissement public. L’école de pensée économique qu’il a créée, le « keynésianisme », a inspiré avec succès de nombreuses relances économiques après la crise de 1929 et plus tard. Le « New deal » de Roosevelt, et le « plan Marshall » d’après guerre, relevaient largement de ses théories)

Ce dont il s’agit, c’est donc d’une « NOUVELLE DONNE » (New deal) appliquée à Biarritz et uniquement à Biarritz. Nous ne parlons pas de 10 ou 20 millions d’euros, mais de beaucoup plus. 100 millions d’euros, 200 peut-être….

EST-CE POSSIBLE, COMMENT FINANCE-T-ON ?

Oui, c’est possible. Mais aux grands maux les grands remèdes. Il ne s’agit que de volonté politique.Y compris, et c’est essentiel, celle de ne pas trop surcharger les impôts des habitants permanents de Biarritz.

I.- L’HÔTEL DU PALAIS

Quel dommage que Michel Veunac n’ait pas choisi de vendre les murs et le fonds de commerce !Guy PETIT avait eu raison de le reprendre, pour éviter sa « vente à la découpe ». Car les instruments juridiques qui existent aujourd’hui pour garantir qu’il reste l’Hôtel du Palais, catégorie palace, n’existaient pas encore à l’époque !Nous aurions au moins 200 millions d’euros dans les caisses de Biarritz !

Le montage actuel est, comme on pouvait le prévoir, virtuellement mort pour au moins deux raisons :

– une qui est indépendante de la crise sanitaire : l’augmentation du budget des travaux, prévisible pour une opération si complexe et lancée beaucoup trop à la hâte : le budget total initial était de 85 M€, tout le monde sait qu’il se terminera à plus de 100 ;

– la crise qui supprime la saison 2020, tant il est improbable que l’hôtel rouvre pour cet été, ce qui engendrera une perte d’exploitation supplémentaire considérable, non financée.

Pour boucler l’opération, il manquera au bas mot 30 M€, peut-être 40 ou davantage.

Il n’est plus d’actualité de se demander si la Ville doit garder la majorité dans la propriété des murs et du fonds de commerce. Cet hôtel a coûté extrêmement cher aux Biarrots depuis sa reprise par la Ville. Cela suffit.

Actuellement, la Ville possède encore 56 % de la Socomix, contre 38 % pour le groupe DECAUX, lesquels ont été obtenus pour le prix dérisoire de 15 M€, 1/4 de leur valeur.

On peut penser que la valeur des murs et du fonds de commerce après les pharaoniques travaux en cours sera comprise entre 250 et 300 €. Pour en calculer l’actif net, il faut en retirer le passif : emprunts, surcoût des travaux, pertes d’exploitation. Soit un actif net d’au moins 150 à 200 M€.

La Ville n’a d’autre choix, compte tenu du droit de préférence accordé par le pacte d’actionnaires, que de négocier avec DECAUX la reprise de la totalité. En rappelant le caractère déséquilibré en sa faveur du montage précédent. La cession totale avec disparition de la Socomix en tant que SEML doit donc lui  rapporter de l’ordre de 100 M€.

II.- LA CAPACITE D’ENDETTEMENT

Globalement, la Ville n’est pas en mauvaise situation financière et peut encore emprunter.

Avec :

– un encours de dette de l’ordre de 45 M€,

– une annuité de dette de 4,5 M€  (175 € par habitant), pour un budget de fonctionnement de 50 M€,

– une capacité de désendettement inférieure à 5 ans,

les marges de manœuvre existent.

Sans prendre un risque énorme sur l’avenir et moyennant une gestion dynamique très professionnalisée de sa dette, la Ville de Biarritz peut encore, en cette période propice de taux historiquement bas, emprunter significativement.

III.- LA FISCALITÉ

Là encore, gouverner, c’est choisir, et aux grands maux les grands remèdes.

Le choix politique doit être d’aider les Biarrots victimes de la crise à s’en sortir, moyennant « monnaie sonnante et trébuchante ».

Il n’est plus  de favoriser le sur-tourisme, mais il est aussi de faire entrer Biarritz dans une ère de 21ème siècle digne d’une station balnéaire à la pointe du modernisme social et environnemental.

La surtaxe foncière sur les résidences secondaires sera donc portée au maximum légal de 60 %. Quand on sait que 45 % des logements de Biarritz sont des résidences secondaires….

La taxe de séjour sera augmentée de façon importante.

Des arbitrages seront effectués entre les nouvelles ressources, les nouvelles charges d’emprunt, les taux des taxes locales fixées par la commune, afin de ne pas trop augmenter les impôts des Biarrots permanents.

LE REDÉPLOIEMENT BUDGÉTAIRE

La volonté et le courage budgétaire, les priorités politiques clairement définies ici, impliquent l’acceptation d’une puissante réflexion de redéploiement budgétaire et de remise en cause de certaines dépenses. Place au bien commun ! Le budget de la Ville fera l’objet d’un audit approfondi conduisant à une profonde restructuration. Le principe sera qu’aucun euro public ne sera plus accordé sans contrepartie, sans une contractualisation claire avec des objectifs, un suivi des résultats et des rendez-vous annuels de contrôle. Même les associations devront entrer dans cette logique.

LA CHASSE AUX FINANCEMENTS EXTERNES

Depuis cinquante ans que je fréquente les collectivités territoriales, notamment depuis le CGEFI (Contrôle général économique et financier), je suis frappé d constater à quel point cette dimension est trop souvent ignorée ou très mal gérée, à quel point elle est « sous-staffée » dans ces collectivités, les communes en particulier. Par exemple, de nombreux financements européens sont disponibles, mais jamais sollicités ; par ignorance de leur existence ou de leurs procédures de dévolution ou incapacité de monter les dossiers et d’aller les plaider à Bruxelles. C’est vrai aussi pour les financements de l’État. Par exemple, il est évident qu’on aurait pu en obtenir pour l’Hôtel du Palais, monument historique classé. Encore eut-il fallu anticiper. Au lieu de cela, pour cause de G7, un projet lancé dans la précipitation et non optimisé. Idem pour la Région, le Département, la CAPB. Et même le privé ou le mécénat, qui peut financer des équipements publics (Cf sauvetage du Canal du Midi, par mécénat organisé par VNF).

Je préconise donc la création à la mairie d’un service spécial, une « mission »,  composée de juristes, de financiers et de lobbyistes de haut niveau, dont le seul rôle serait d’aller monter des financements externes. Un commando de très haute compétence. On l’appellerait la MIRFIE (Mission de recherche des financements externes).

 Ayant dit tout cela, qui ne voit qu’on pourrait trouver assez vite 200 M€ ?

POUR EN FAIRE QUOI ?

UN FONDS D’AIDE AUX VICTIMES

Le Covid 19 aura traité les personnes physiques et les personnes morales de la même façon : Les formes graves et a fortiori mortelles interviennent en cas de co-morbidité, c’est à dire lorsque la personne n’allait déjà pas très bien.

Il s’agira donc dans les deux cas d’aider à guérir ceux qui n’auront pas déjà succombé. Ce fonds sera donc subdivisé en un volet « personnes physiques » et un volet « personnes morales ».

UN FONDS D’INVESTISSEMENT PUBLIC

Pour que Biarritz soit parmi les premières à sortir par le haut de la crise, ce fonds de relance économique de type « keynésien », c’est à dire de relance par la demande et la commande publiques, prévoira des investissements publics massifs.

Ces investissements, créateurs d’activité économique et d’emploi, sollicitant la sphère de la construction, seront essentiellement orientés vers :

l’environnement : refondation de la ville à l’issue d’un plan de mobilité, circulation, transport tous modes, stationnement, conçu par une équipe d’urbanistes, architectes et ingénieurs recrutée sur concours avec cahier des charges municipal ;

– le social au sens le plus large : accueil des sans abri, de certaines formes de dépendance, équipements d’inclusion sociale, numérique…

le logement : lancement rapide des nouveaux quartiers : un vrai grand et nouveau quartier de la gare à La Négresse, Aguilera

la voirie et les réseaux : en fonction du plan de mobilité, il faut changer complètement de paradigme, de doxa : parcs de stationnement (la gare, Floquet, Port Vieux, entrée sud…); l’assainissement séparatif est indispensable, par étapes, sans exclure la « désimperméabilisation » ni la multiplication intérimaire des réservoirs d’orages pour, au plus vite, cesser d’envoyer nos eaux usées dans l’océan….

le paysage urbain :  une grande politique de parcs publics, d’espaces verts et de fleurissement de la ville, la route du littoral transformée en promenade plantée, un urbanisme de quartiers existants fondé sur l’embellissement et la correction progressive des erreurs du passé (exemples: suppression de « dents creuses » ; mise en valeur des bâtiments prestigieux aujourd’hui trop cachés…) ;

les équipements éducatifs et culturels : modernisation des écoles, rénovation de la Gare du Midi, du cinéma Le Royal, nouvelle salle de spectacles type « Zénith » à Aguilera…..

Une telle approche nécessitera, comme on l’a vu,  une véritable « révolution culturelle » en matière économique, financière et budgétaire et en matière de projet de ville.

Biarritz en sortira profondément transformée et ouvrant une nouvelle page de son histoire.

Répétons-le,  audit complet du budget, de ses possibilités de redéploiement, sera réalisé dès les premiers mois du nouveau mandat. « L’argent est le nerf de la guerre » !

Il faudra négocier durement avec Decaux la sortie de la Ville de l’Hôtel du Palais et la dissolution de la Socomix en tant que SEML, société publique. 

 (NB : Contrairement à une idée fausse répandue, une SEML (société d’économie mixte locale) n’est aucunement une société privée, mais une société publique par la majorité de son capital, qui relève du Code des collectivités territoriales pour ses règles essentielles, mais est « autorisée » à appliquer les règles de fonctionnement des sociétés commerciales, ce qui n’en fait nullement une « société privée »).

 Bien sûr, il faudra trouver de nouveaux financements en plus. Hors chasse aux subventions qu’il faut absolument professionnaliser.

 Pour beaucoup de projets, des financements privés seront mobilisés et les fonds publics pas ou peu sollicités (parcs souterrains en concession, équipements dans les ZAC, et autres…).

La Ville n’est pas globalement en situation financière difficile.Elle peut encore emprunter sans trop augmenter les impôts. Elle devra impérativement mettre en place une gestion dynamique de sa dette (swaps de crédits, gestion performante de trésorerie,…) afin de profiter très vite des taux bas actuels avant qu’ils n’augmentent, ce qui va sûrement se produire !

Biarritz demain, c’est d’abord des Biarrots qui sortent de la crise par le haut et avant les autres.

C’est ensuite conserver ce qui est merveilleux, éliminer ce qui fut manqué, et c’est l’ambition d’une station océanique apaisée et douce à vivre qui servira de modèle à toute l’Europe maritime.

Jacques-André Schneck

Schneck et Motsch donnent l’exemple

Enfin un peu de bon sens dans ce monde de brutes avec une alliance entre deux candidats préoccupés d’éthique !

Dans mon village natal, lorsque deux enfants d’une fratrie se chacaillaient, il y avait toujours un adulte pour se tourner vers le plus âgé des belligérants en affirmant : « Tu es le plus grand, tu dois être le plus raisonnable ». Propos qui avait le don suprême d’agacer l’aîné que j’étais. J’ignore si Jacques-André Schneck a entendu cette phrase lors de son enfance, mais force est de constater que le premier candidat déclaré sait mettre ses actes en accord avec ses propos. Sur sa page Facebook, l’ancien énarque n’a cessé de prôner l’alliance des forces vives de la Ville, seul moyen d’empêcher une réélection de Michel Veunac et il paie de sa personne en rejoignant avec ses troupes l’équipe de Nathalie Motsch.

Avec la sincérité qui le caractérise, le candidat reconnaît dans Sud Ouest (19/12) que ne plus être en première ligne, « demande de passer par-dessus une blessure d’ego. Mais cette démarche résonne avec ma vision de l’intérêt général. Rejoindre Nathalie Motsch, c’est une manière de rendre mes actes conformes à ma parole. » Redevenant politique, Jacques-André Schneck précise sa pensée, persuadé que la candidature de Didier Guillaume change profondément la donne électorale : « Il n’est pas heureux à mon sens que les Biarrots n’aient de facto le choix qu’entre deux listes en raison de l’éparpillement des autres. Il faut proposer un troisième choix et pour moi seul le regroupement entre candidats locaux peut offrir ce choix. »

Nathalie Motsch de son côté, candidate investie par l’UDI, se réjouit du large rassemblement qu’elle est en train de créer : « Nous sommes dans une élection municipale, il faut construire un projet pour l’avenir de Biarritz, nous nous devons de dépasser les clivages politiques. Et tout ce beau monde collabore pour un vrai beau projet crédible et réalisable pour Biarritz, c’est le seul objectif qui nous anime. »

« Il en va du salut de Biarritz »

Soucieux de déontologie, pragmatiques et efficaces, les deux candidats partagent à l’évidence nombre de valeurs communes et ont la même lecture politique de la situation actuelle. « Il faut que les autres candidats locaux entendent bien que la division les dessert et fait le jeu du maire sortant notamment » affirme Jacques-André Schneck, tandis que Nathalie Motsch le complète : « l’offre politique est illisible aujourd’hui pour les Biarrots et je trouve cela dommageable pour l’avenir de Biarritz. Les ambitions personnelles sont à mettre de côté, la situation ne s’y prête pas, nous ne pouvons revivre un mandat comme celui que nous venons de vivre, il en va du salut de Biarritz. »

Il est effectivement ahurissant qu’un maire de 74 ans qui a offert pendant six ans aux Biarrots le spectacle d’une majorité indigne s’empoignant joyeusement à la moindre occasion, d’un maire sans compétence et exerçant le pouvoir en solitaire, d’un politicien roué obligé d’exhiber comme prise de guerre le falot Jean-Baptiste Lemoyne pour tenter de faire croire que tout va changer, puisse être en mesure de se représenter.

L’alliance entre Nathalie Motsch et Jacques-André Schneck, alliance qui, souhaitons-le, en préfigurera d’autres, doit sérieusement amener à s’interroger tous ces candidats qui, faisant passer leur ego avant l’intérêt des Biarrots, affirment encore qu’ils veulent savoir combien ils pèsent au soir du premier tour avant de décider à qui ils vont se rallier. Personne ne perd son temps à peser un fétu de paille et le 15 mars, au soir du premier tour, il sera beaucoup trop tard pour créer des alliances qui ne duperont personne, à l’image de Brisson et Saint-Cricq en 2014. Avec le résultat que l’on connaît.

 

 

« Quelqu’un de chez nous »

La candidature du ministre de l’Agriculture fait enrager tous ceux qui ne voient pas plus loin que leur chauvinisme.

La Une de Sud Ouest du 10 décembre.

Sauf à avoir vécu depuis le jour de sa naissance dans son village natal, on a tous pratiqué le parachutisme à un moment ou l’autre de son existence que ce soit pour des raisons scolaires, professionnelles ou électorales. Merci donc a tous ceux qui m’ont copieusement insulté après la publication de « Guillaume pose ses couilles sur la table » avec des attaques qui volaient parfois… en dessous de la ceinture. Je leur dois un délicieux dimanche, tellement leur colère et la faiblesse de leur argumentation m’ont fait rire et rappelé ces matches de rugby disputés en terre adverse où le public me sifflait pour quelques marrons distribués et sublimait complètement le joueur médiocre que j’étais.

Pour principal exemple, ce général local, bon copain de surcroît, qui s’est efforcé de faire coup double en un seul SMS, histoire d’économiser les cartouches, m’alignant et alignant le directeur de La Semaine en ayant visiblement complètement oublié comment doit fonctionner  la presse d’opinion. Mais peut-être a-t-il tout simplement peur que son épouse  ne soit pas réélue avec la nouvelle carte électorale qui se dessine ?

Non, Bisque, Bisque, Basque !, pas plus qu’il n’a été auparavant celui de Nathalie Motsch, n’est devenu le porte-parole de Didier Guillaume en affirmant que la candidature du ministre de l’Agriculture changeait complètement la donne et faisait bouger les lignes. Mais j’ai bien conscience qu’avec mon général favori, un mot de plus et c’était la corvée de bois. À quoi tient un destin !

Saga vendéenne

Et tout d’abord pour clôturer ce débat que je trouve totalement scandaleux sur les « purs Biarrots », les « à peu près Biarrots » et les « pas du tout Biarrots », discours que je récuserai toujours car on voit où il peut nous conduire au niveau national, quelques bribes de mon histoire familiale.

En 1954, ma famille labourait encore la terre avec des boeufs.

En 1932 mon grand-père,  alors âgé de vingt-cinq ans, n’arrivant plus à vivre de la minuscule ferme familiale héritée de ses parents qu’il cultivait avec son jeune frère en Vendée du côté de Bourg-sous-La-Roche, décide de tout vendre et de reprendre comme métayer une ferme abandonnée depuis trente ans, juste à côté de Saintes, à La Chapelle-des-Pots. Les deux frères, mais aussi ma grand-mère, ses parents et beaux-parents feront à pied les 140 kilomètres qui séparent les deux communes avec les six vaches qui étaient leur seule fortune. Dormant dans les fossés, laissant au bétail le temps de paître, ma famille mettra une semaine pour accomplir ce périple et arriver dans un village beaucoup plus riche que le sien où elle se fera traiter de « Ventrachoux », le surnom aimable que les Charentais donnaient aux Vendéens. Malgré cela ma famille fera petit à petit sa place au soleil, avec mon grand-père qui sera remobilisé pendant la guerre et obtiendra en tant que sergent-chef plusieurs citations pour faits de bravoure. Il me semble même qu’il était croix de guerre, mais les breloques ne nous intéressant guère dans la famille, j’ai trop peur de mon général favori pour l’affirmer.

Conseiller municipal à la Libération, il deviendra premier adjoint pendant deux mandats  et, au moment où le maire à qui il est resté fidèle jusqu’au bout  passera la main (Voilà qui nous change de Biarritz !), il postulera pour l’écharpe tricolore.

Élu en  1965 maire de sa commune sur un score étriqué, trente-deux ans après son arrivée dans ce village charentais, il racontera jusqu’à sa mort combien il avait été blessé par les propos de bons copains qui lui avaient affirmé pendant la campagne électorale : « Auguste, on ne peut pas voter pour toi. Tu es un migrant ».

Pour toutes ces raisons, et vous pouvez bien tempêter et tambouriner autant que vous voulez, je ne reprocherai jamais à Didier Guillaume ses origines, car la question qui m’importe est de savoir s’il est un bon maire potentiel pour Biarritz. Sachant que si j’estime qu’il est nul, je l’écrirai aussi sans le moindre état d’âme. Pour ma part, résidant depuis quinze ans à Biarritz, je me considère toujours comme un invité du Pays basque, ce qui ne m’empêche, comme la loi m’y autorise et comme doivent le faire les journalistes d’opinion, à donner haut et fort mon avis. Sachant qu’un non-parachuté qui n’a jamais rien vu, rien vécu et n’a jamais quitté son village ne me paraît pas plus attirant qu’un parachuté plein d’envie.

Voici donc, par « quelqu’un qui n’est pas de chez nous », mais qui professionnellement a vécu nombre d’élections, ma lecture de la partie électorale qui est en train de se jouer.

Le G7 a tout faussé

Se déclarer candidat avant ou après le G7 ? Seule Maïder Arostéguy s’est lancée dès juin et a eu un peu de temps pour ratisser la Ville. Pour tous les autres qui sont partis après le G7, il était difficile de prévoir qu’ils allaient se retrouver au centre d’une « drôle de guerre » ne leur laissant que peu de visibilité. En effet, avec le sens de la manoeuvre consommé qu’on lui connaît, Veunac a mobilisé l’attention de tous en faisant semblant d’hésiter (Certains dans ce blog m’ont parié jusqu’à 100 euros qu’il n’irait pas !), puis en multipliant les voyages à Paris pour tenter de négocier l’investiture tandis que Macron souhaitait le débrancher en douceur. Puis en exhibant comme une prise de guerre le pâlichon secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne, tandis que Didier Guillaume se tortillait de plus en plus sur son tracteur ministériel pour tenter de faire savoir que Biarritz l’intéressait. Et pendant ce temps, les candidats déclarés, à l’abri de la mitraille derrière les fortifications de la ligne Maginot, comptaient les semaines sans pouvoir se permettre la moindre sortie ni la moindre visibilité.

Les cigales locales se trouvent soudain fort démunies

Certains messages de candidats ou candidates déclarés,  très vindicatifs à mon égard, ne m’ont guère étonné. La politique est une discipline cruelle, une des activités humaines les plus injustes avec le sport, car ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Max Brisson peut en parler. L’alignement des planètes fait que parfois l’échec sera au bout de la campagne électorale, même si on est excellent. Je comprends que, quand on travaille à longueur de journée pour l’emporter, que l’on engage des frais de campagne importants pour sa permanence et sa communication, on frémisse en voyant tous ses efforts mis à mal.

Mais même si le temps de l’instrospective cruelle n’est pas encore venu pour ces candidats, j’estime pour ma part qu’ils ont une grande part de responsabilité dans la situation surréaliste que connaît Biarritz et je leur conseille d’urgence de relire la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi ».

En effet, à l’exception notable de Jacques-André Schneck qui depuis le premier jour prône la nécessité d’alliances pour vaincre Veunac, chacune des cigales locales a cru que la bataille allait être relativement facile avec un Veunac démonétisé et peinant à faire sa liste. Chacun s’est imaginé vainqueur et tout le monde a chanté tout l’automne en attendant de danser au printemps, proposant aux autres des alliances à la condition expresse d’être tête de liste et que les autres candidats intègrent le rang.

À se demander pour l’observateur extérieur si ces candidats, qui prônent tous une nouvelle façon de faire de la politique, qui affirment tous qu’un nouveau mandat de Veunac serait catastrophique et qui nous promettent tous moralisation de la vie publique à gogo, nouvelle gouvernance et respect des droits de l’opposition, ne s’aiment pas en définitive beaucoup plus qu’ils n’aiment les Biarrots et ne sont pas beaucoup plus préoccupés par le devenir de leurs fonds de commerce que par une gouvernance de salut public pour permettre à Biarritz de sortir de l’ornière.

La nature a horreur du vide et Guillaume s’engouffre

Ils ne l’avoueront jamais, car ce serait terrible pour eux, mais c’est leur incapacité à s’allier, à avancer ensemble et le risque majeur que Veunac soit réélu, avec leurs divergences à deux sous d’habitants d’un village gaulois, qui a provoqué la déclaration de candidature de Guillaume. En politique, le vide ne pardonne pas. Macron l’a compris en 2017 quand il a vu l’espace entre un parti socialiste exsangue et des Républicains à la ramasse. Didier Guillaume fait de même et comment lui donner tort ? Tous les supporters des écuries déclarées peuvent bien s’agiter désormais sur les évolutions politiques du ministre de l’Agriculture, sur son absence d’implantation locale ou sur les défaillances de ses soutiens, cette candidature fait considérablement bouger les lignes et oblige les candidats déclarés à un sacré examen de conscience.

Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas de boule de cristal, ne connait pas le candidat Guillaume pour savoir s’il tient la route ou non. Mais quand une personnalité de niveau national, de surcroît vieux routier de la politique, décide de se lancer dans l’arène biarrote , difficile de ne pas s’intéresser à ce qu’il va dire et à ce qu’il propose. Et qu’on ne vienne pas nous sortir l’argument du parachuté dont on sait ce que je pense. Si Antoine Dupont ou Gaël Fickou décidaient de venir jouer pour le BO, est-ce qu’on les refuserait sous prétexte qu’ils ne sont pas Biarrots d’origine ?

Une joute électorale qui se bipolarise, qu’on le veuille ou non

Et l’on reste parfois confondu par la naïveté affichée de cetains candidats. Quand un ministre et un secrétaire d’État, issus du même parti, s’affrontent dans la ville qui a accueilli le G7, comment voulez-vous que les médias locaux mais aussi nationaux ne s’intéressent pas à la joute ? Guillaume Barucq a raison dans un tweet publié aujourd’hui de déplorer que le duel Lemoyne-Guillaume rende « les autres candidats invisibles », mais c’est un fait inéluctable et les imprécations n’y changeront rien. Il a tort quand il s’est imaginé, étant bien avec tout le monde, qu’il pouvait devenir un faiseur de roi au soir du premier tour.

Dans une ville qui compte 22 500 inscrits sur les listes électorales, dont beaucoup de résidents secondaires votant à Biarritz mais peu au fait de la vie politique locale, ce duel entre membres du gouvernement va « mécaniquement » affaiblir les autres listes. La tentation de voter « utile » dès le premier tour sera grande.

Je ne me réjouis nullement de cette situation mais c’est un fait. Et en dehors d’une alliance de dernière minute entre les Arostéguy, Motsch, Barucq, Schneck et éventuellement Tardits, alliance qui paraîtra sans doute suspecte aux électeurs car bien trop tardive, chacun en restant enfermé dans son pré carré me paraît en grand péril.

Même si dans une élection tout reste possible jusqu’au soir du deuxième tour, ce qui nous a valu un désastre absolu de six ans avec Veunac et Lafite. Franchement, vous avez envie qu’on recommence les mêmes erreurs ?

Guillaume pose ses couilles sur la table

En annonçant sa candidature, le ministre de l’Agriculture fait sacrément bouger les lignes de la future élection municipale.

Quand votre maison est en feu, vous ne vous préoccupez pas de savoir si votre sauveteur est basque, béarnais ou drômois d’origine. On reproche trop souvent aux politiques de gérer leur carrière comme des petits boutiquiers pour ne pas saluer le panache avec lequel le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume vient d’annoncer qu’il serait candidat aux prochaines élections municipales, précisant même qu’il ne demanderait pas l’investiture LRem, investiture probablement déjà attribuée à Michel Veunac.

La politique consiste à prendre des risques et Didier Guillaume en faisant fi de toutes les conventions et en s’opposant au duo Veunac-Lemoyne démontre un sens de l’analyse politique certain. Si Veunac avait simplement été un maire médiocre, la candidature de Guillaume n’aurait guère été judicieuse. Mais nous venons de vivre le mandat le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz, avec un maire de 74 ans qui souhaite se représenter en compagnie de quelques invendus de la vie municipale façon Destizon ou Castaignède ou du bien fade sous-ministre Jean-Baptiste Lemoyne. Une rupture, un retour à un fonctionnement démocratique et à une transparence de la vie municipale s’imposent et pour toutes ces raisons, la candidature de Didier Guillaume est une bonne nouvelle.

Le moment opportun

Et tout d’abord ayons tous une pensée émue pour tous les professionnels de la gamelle, ceux dont le seul souci d’un mandat à l’autre est de conserver un poste et les indemnités afférentes. Ils ont bien conscience de miser sur une Rossinante en choisissant Veunac. Mais comme ils étaient persuadés que Didier Guillaume n’irait pas à l’affrontement faute d’avoir obtenu l’investiture, nombreux étaient ceux prêts à jouer Veunac pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Or, ce n’est un secret pour personne, Veunac a beaucoup de mal à bâtir sa liste malgré ses tentatives de ratisser large, comme en témoigne la pauvreté de ses quinze soutiens lors de sa conférence de presse aux « Baigneuses », où il a paru en brasse coulée, pérorant sur sa santé et affirmant être en pleine forme comme jamais, ce qui saute aux yeux de tous.

Exemple drôle au possible et tellement révélateur, Michel Veunac a invité jeudi dernier à midi au Bar Jean Serge Istèque pour lui annoncer qu’il était prêt à l’accueillir sur sa liste. Il n’est vraiment pas rancunier, notre Mimi, ou sacrément démuni pour ratisser aussi large avec quelqu’un qui avait dit pis que pendre de lui. Ce n’est plus Biarritz années folles, mais Biarritz élections folles!

En annonçant sa candidature dès le 5 décembre, même s’il ne pourra être actif qu’à partir de janvier, Guillaume joue donc finement le coup et peut espérer coiffer sur le poteau son rival.

Attendre et voir avant de se pâmer

Sud Ouest web du 6 décembre

Qu’on ne se méprenne pas, Bisque, Bisque, Basque ! ne vient pas de tomber en soudaine pâmoison devant un ministre de l’Agriculture qu’il n’a jamais rencontré et à qui il n’a jamais parlé. Comme nombre d’électeurs biarrots, on va attendre les premières déclarations, les premières réunions publiques, l’annonce des premiers soutiens pour se faire une opinion plus précise et décider pour qui voter. Hommage involontaire à Bisque, Bisque, Basque ! ou plus probablement hasard complet, le candidat Guillaume, en réponse à ce blog qui annonçait que Veunac faisait du vieux avec du vieux, affirme dans Sud Ouest (7/12) : « Je ne ferai pas du neuf avec du vieux ».

On le souhaite vivement tant la nécessité d’une rupture avec les pratiques d’un Didier Borotra ou d’un Michel Veunac est vitale. On sait que Michel Poueyts est le grand copain de Didier Guillaume, que Guy Lafite qui a décidément l’âme d’un second fait les yeux de Chimène au nouveau candidat, que Ghis Haye va nous ressortir ses « valeurs de gauche » pour tenter de monter dans le char à bœufs du ministre de l’Agriculture.

Mais, malgré toutes ces réserves, il peut être intéressant d’avoir à la tête de Biarritz un homme d’envergure nationale qui est promis à jouer un rôle décisif aux côtés de Macron dans la future élection présidentielle de 2022 (Guillaume n’a pas de mérite, Macron n’a quasiment personne à gauche et ne peut s’appuyer ni sur Collomb ni sur Ferrand compte tenu de leurs casseroles judiciaires). À condition que les petites souris de la liste ne dansent pas quand il n’est pas là et ne reprennent pas leurs mauvaises habitudes de copinage et coquinage. Si on élit Didier Guillaume comme maire pour avoir Lafite et Poueyts aux commandes, vieux chevaux de retour aussi démonétisés que Destizon ou Castaignède, où est l’intérêt ?

Aller chercher les talents où ils sont

Et l’on en vient à ces listes d’opposition à Veunac pour lesquelles Bisque, Bisque, Basque ! éprouve beaucoup de sympathie. Dans les quadras-quinquas qui se présentent actuellement, il y a incontestablement des talents et des qualités : on aime le sens du contact et la réelle empathie de Maïder Arsotéguy  pour les Biarrots. Malgré son côté Bisounours qui ne veut se fâcher avec personne, on apprécie le côté sympa et les idées de Guillaume Barucq. On a de la sympathie pour la culture politique de François Xavier Menou et pour l’implication de son équipe. On admire aussi l’intelligence, le sens politique et le courage de Nathalie Motsch et, même s’il n’est pas de la même génération que les autres, on apprécie aussi la haute idée que se fait Jacques-André Schneck du rôle de maire.

Bisque, Bisque, Basque !  n’a qu’un reproche à formuler à tous ces candidats qui pensent à juste titre que Biarritz va dans le mur en continuant avec Veunac et qu’il convient désormais de moraliser la vie publique. Il ne suffit pas d’être jeune pour faire de la politique autrement. Chacun affirme avoir tout tenté pour s’allier avec les autres, ce qui reste à vérifier. Mais ces « jeunes » candidats pratiquent un peu une politique à l’ancienne en estimant qu’ils doivent obligatoirement être têtes de liste et que les autres doivent s’allier à eux. Et compte tenu de la « prime au sortant » dont bénéficie tout maire qui sollicite un renouvellement de mandat, on pouvait redouter que la machine à perdre soit en marche, chacun affirmant que la pire catastrophe serait d’avoir Veunac à la tête de la Ville pour un deuxième mandat, mais ne faisant concrètement rien pour remédier à cette tuile prévisible.

Il n’est pas déshonorant de s’allier

La candidature de Didier Guillaume modifie profondément la donne, car elle laisse entrevoir une défaite possible de Veunac, ce qui constitue l’espoir suprême de tous ceux qui suivent de près la vie politique biarrote. Celui qui est encore ministre de l’Agriculture annonce qu’il va bâtir une liste élargie. Ce qui est absolument nécessaire compte tenu de la prévisible dispersion des voix. Il n’est pas déshonorant d’être le numéro deux d’un ministre, son relais biarrot quand ses fonctions le retiennent à Paris. Et c’est probablement là une occasion unique d’apprendre son métier de futur maire et de comprendre la complexité du mille-feuilles administratif français où seuls les plus malins décrochent des subventions.

En ce sens, les semaines qui s’annoncent vont être passionnantes, même si la vie pour les « petites » listes va désormais être difficile car les médias vont se focaliser sur le duel opposant un ministre à un secrétaire d’État planqué derrière un vieux maire. Biarritz a besoin d’un gouvernement de salut public pour mettre fin à toutes les dérives municipales et l’arrivée de Dider Guillaume devrait permettre de créer des alliances susceptibles de faire espérer la victoire.

Pour ma part, je ne sais pas encore pour qui je vais voter mais si au deuxième tour, on retrouvait face à face un Drômois parachuté vivant sur la Côte basque depuis trente ans face à un pur Biarrot septuagénaire et incompétent, le choix serait vite fait. Quand la maison est en feu, il ne faut surtout pas mégoter.

La triple angoisse de l’électeur biarrot

Globalement décevantes, les réunions publiques des futurs candidats se contentent souvent de vagues promesses à propos des trottoirs délabrés ou des navettes. Alors que trois grandes questions se posent.

Les réunions publiques de précampagne électorale ont ceci en commun avec les réunions de famille qu’on y évite soigneusement les sujets qui fâchent et qu’on se contente le plus souvent de deviser sur l’accessoire. Bisque, Bisque, Basque ! s’efforce d’assister aux déclarations de candidature et aux premiers rassemblements de tous ceux qui visent la mairie en 2020. Tandis que Michel Veunac se réfugie dans son splendide isolement, candidat déclaré bien incapable de dire avec qui il va partir, que Guy Lafite frétille et que Didier Guillaume se souvient soudain que Biarritz est désirable, Maïder Arostéguy, Nathalie Motsch et Jacques-André Schneck (par ordre d’apparition sur la scène médiatique) en attendant Guillaume Barucq la semaine prochaine et sans doute bientôt Marine Batiste et François-Xavier Menou, s’efforcent de tenir un maximum de réunions publiques pour aller à la rencontre des Biarrots.

On commence souvent à s’intéresser à la vie publique lorsqu’on rencontre des difficultés. Il est donc normal que dans ces réunions publiques se trouve toujours un riverain pour déplorer l’état du trottoir devant sa porte ou un autre souhaitant que la navette passe devant chez lui et non dans la rue à côté. Et il est donc normal que le ou la candidate déclarée hoche gravement de la tête pour bien faire sentir combien la question le passionne et fasse une promesse qui ne vaudra au mieux qu’en cas de triomphe électoral.

Mais, même si ces réunions permettent d’avoir une meilleure idée du « style » de chacun, Bisque, Bisque, Basque ! éprouve globalement une assez grande déception, tant il a le sentiment que ce qui préoccupe véritablement tous les Biarrots suivant de près ou de loin la vie municipale, est délibérément occulté par les candidats. Voici donc les trois sujets que Bisque, Bisque, Basque ! souhaiterait voir évoqués lors des réunions publiques.

COMMENT RESTAURER LA CONFIANCE ?

Aurait-il quelque chose à craindre ? Ces jours derniers, Michel Veunac a pris langue avec les principaux candidats pour leur demander de mener une campagne électorale propre. Venant de sa part, il fallait oser ! Il faut dire qu’après le mandat calamiteux qu’il vient d’accomplir, Mimi-La-Malice a quelque raison de redouter l’ironie de ses rivaux électoraux. Quel changement en six ans à Biarritz ! On est passé d’un maire un peu fripon sur les bords, qui avait à l’évidence effectué le mandat de trop mais qui était respecté de la plupart des Biarrots, à un maire désastre absolu, incapable d’imposer son autorité et qui a transformé la Ville en vaude…ville permanent. Dossiers planqués, donnés à la dernière minute au conseil municipal, opérations qui ne semblent destinées qu’à favoriser des copains, adjoints qui démissionnent en série, opposition qui trahit et vient voler au secours de Veunac. Après un mandat aussi réussi, on comprend que Veunac souhaite en accomplir un second !

Bien évidemment, tous les futurs candidats promettent « de la transparence » et certains avancent même des idées originales : un « déontologue » pour Jacques-André Schneck, une commission qui aurait droit de veto sur les projets municipaux pour Nathalie Motsch, des représentants de l’opposition dans toutes les commissions importantes pour Maïder Arostéguy. Tout cela va dans le bon sens et Bisque, Bisque, Basque ! ne peut que s’en féliciter. Ce qui n’empêche pas le spectateur qui assiste aux réunions électorales de ressentir un certain malaise tant il a le sentiment que tout ce petit monde politique qui s’agite en période électorale reste dans l’entre-soi.

Les Biarrots ont besoin d’entendre dire de la bouche des candidats que le dernier mandat a été un désastre absolu, de se faire confirmer qu’en aucun cas une alliance avec Veunac au soir du premier tour n’est envisageable, de savoir qu’ils ne vivront plus jamais cela. Les errances d’un Brisson, les trahisons d’un Saint-Cricq, les flagorneries d’un Claverie leur ont fait totalement perdre confiance en leurs élus et ils ont besoin de rupture avec les pratiques anciennes. Quand Guillaume Barucq affirme qu’il « s’entend bien avec tout le monde », quand Nathalie Motsch évoque Didier Borotra avec des trémolos dans la voix ou quand Jacques-André Schneck, par élégance sans doute, ne parle quasiment pas du mandat Veunac lors de sa première réunion publique, l’électeur qui a pris la peine de se déplacer se demande si on n’est pas en train de lui préparer un nouvel emballage pour habiller des manières de fonctionner fort anciennes.

La gravité de la situation à Biarritz aurait exigé un « mandat de salut public » où tous les opposants à Veunac se regroupent pour redonner à la Ville une gouvernance saine pendant six ans. Au lieu de cela, le bal des égos est en marche et chacun est convaincu de pouvoir sauver la patrie tout seul et use ses forces à combattre des adversaires aux idées souvent très proches, au lieu de combattre l’équipe en place. En mars prochain, les électeurs biarrots devraient avoir le choix entre une dizaine de listes. C’est la meilleure façon de faire réélire le maire sortant.

COMMENT RÉTABLIR LES FINANCES ?

Si je promets à mes enfants un scooter neuf au cas où je gagnerais le gros lot de la Loterie nationale, suis-je un bon père ou un enfumeur de première ? On sait tous ce qu’il advint de la piscine olympique annoncée par Veunac en 2014. Chaque candidat a un magnifique programme… de dépenses à proposer aux Biarrots : Ville écologique, Ville débarrassée de son viaduc à La Négresse, Ville où les jeunes pourraient enfin s’installer grâce aux logements sociaux… Les idées ne manquent pas et c’est logique en période électorale. Mais quand on évoque le financement de ces mesures, chaque candidat balaie le problème d’un large revers de la main : « Des ressources, on en trouvera ! » Est-ce si sûr ?

Petit rappel historique : Biarritz est une ville riche qui ne devrait avoir aucun souci d’argent. Entre ce que rapporte le tourisme, le casino et les droits de mutation liés aux transactions immobilières, le budget de la Ville devrait s’équilibrer sans problème. Malheureusement la folie des grandeurs de Didier Borotra et le gouffre financier représenté par La Cité de l’Océan, ont conduit la Ville à une situation très préoccupante, puisqu’elle était tout près en 2014 de la mise sous tutelle (Dans ce cas-là le préfet est seul habilité à autoriser les dépenses), lorsque Veunac et Lafite sont arrivés aux manettes. Situation d’autant plus grave que tous les fondamentaux de la Ville ont été négligés lors du dernier mandat de Borotra : voieries à l’abandon, taux de logements sociaux tellement bas que nous payons 600 000 euros d’amende à l’État chaque année, on en passe et des meilleures.

Si l’on en croit le discours officiel du sémillant « Lafaillite-Nous-Voilà ! », les finances municipales ont été rétablies de façon brillante par le pas qu’un peu énarque qui dirige en second la Ville. Et l’on pourrait imaginer qu’il dit vrai, puisque l’opposant historique Jean-Benoît Saint-Cricq, qui depuis juillet 2018 et le vote de L’Hôtel du Palais est en pamoison devant la majorité municipale après en avoir dit pis que pendre, ne cesse de souligner la rigueur budgétaire manifestée par l’équipe en place. Mais quelle blague !

De la même façon que le Français moyen possède un livret de Caisse d’Épargne pour les imprévus de l’existence, les Biarrots avaient un petit pécule pour se prémunir en cas de difficulté : la propriété de L’Hôtel du Palais. Un bien estimé autour de 200 millions d’euros et qui aurait facilement trouvé preneur. Au lieu de cela, les lambeaux de la majorité municipale, aidée de cinq opposants qui les ont rejoints, ont opté pour un bail emphytéotique de soixante-quinze ans qui fait perdre toute marge de manœuvre à la Ville et pour un emprunt assumé par la coquille vide qu’est la Socomix. Qui serait bien incapable de rembourser les traites si le prévisionnel établi par Hyatt s’avérait trop optimiste, ce que semble penser la spécialiste de l’économie des palaces Virginie Lannevère, ainsi que plusieurs anciens administrateurs comme Anne Pinatel ou François Amigorena.

C’est facile de présenter un budget en équilibre quand on planque la dette sous le tapis !

Les Biarrots ne sont pas des enfants à qui on ne doit rien dire pour ne pas les inquiéter. Les candidats en piste pour les prochaines municipales au lieu de s’étendre sur leurs projets, qu’ils auront un mal fou à financer, feraient mieux, comme le faisait Winston Churchill au sortir de la guerre, de promettre « du sang et des larmes », tant la situation financière de la Ville s’annonce délicate pour le mandat à venir avec une Cité de l’Océan bien loin d’être sauvée avec ses chiffres de fréquentation dérisoires. Mais comme le sujet n’est pas porteur électoralement, il est tellement plus facile de glisser, d’éluder et de faire croire qu’on se prépare à un mandat normal dans une ville normale.

COMMENT RAVIVER LES ALLIANCES ?

En 2020, les maires français seront voués à la schizophrénie. Pour ses administrés, le maire est celui qui décide de tout localement, alors qu’il est surtout le porte-drapeau de sa Ville au sein d’une entité qui prend toutes les décisions importantes. Et quand l’entité est XXL, comme la Communauté d’Agglo du Pays Basques (CAPB) avec ses 158 communes, on comprend mieux la nécessité impérative d’avoir des rapports harmonieux avec ses collègues pour obtenir des arbitrages en faveur de sa Ville.

En apparence, en apparence seulement, le G7 est une grande réussite pour Michel Veunac. Si ce grand raout mondain et planétaire s’est déroulé sans trop de casse pour le Pays basque, malgré une indemnisation scandaleusement faible des commerçants, il n’en va pas de même pour notre Mimi-Imperator-que-le-monde-entier nous-envie.

D’abord les services élyséens, qui ont longtemps séjourné à Biarritz pour préparer l’événement, ont pu prendre la mesure du maire qui nous dirige. Et visiblement, si l’on se fie aux discours où Macron a soigneusement évité de prononcer le nom de Veunac et à cette investiture LaREM tant convoitée que le maire semble en peine d’obtenir, l’État n’a pas été franchement bluffé par notre porteur d’écharpe tricolore.

Mais il y a bien pire pour l’avenir immédiat de Biarritz. Officiellement vice-président de l’Agglo, Veunac n’a prévenu personne lorsque Macron lui a demandé d’avancer la date du G7 fin août, à cause des élections canadiennes. Tous ses collègues de l’Agglo ont été mis devant le fait accompli. Jean-René Etchegaray et Claude Olive, les maires de Bayonne et Anglet, qui sont les alliés naturels de Biarritz au sein de la CAPB face aux maires du Pays basque intérieur, ne décolèrent pas sur la façon de procéder de Veunac. Résultat : toute demande qui viendra de Biarritz, et en particulier si Veunac est réélu, sera examinée à la loupe et rejetée chaque fois que ce sera possible tant la rancune demeure tenace. On en a la preuve sur le dossier Aguilera et la procédure MECDU (Mise en Conformité des Document D’Urbanisme) en cours. Veunac a cru pouvoir faire accélérer les choses. Il devra patienter 18 à 21 mois et rien ne prouve que son projet ne sera pas encore retoqué.

Ce sujet de l’Agglo, de la pacification nécessaire des relations avec les autres maires, doit être évoqué par les candidats même s’il n’est pas très sexy et parfois difficilement compréhensible par les Biarrots, tant l’avenir de Biarritz est lié à un fonctionnement harmonieux au sein de la CAPB. Là aussi, le sujet passionnerait sans doute les auditeurs s’il était traité publiquement par les candidats au lieu d’être évoqué du bout des lèvres.

En fait, comme dans les réunions de famille, c’est parfois le premier pas qui coûte le plus. Soit on fait de la politique comme avant, le candidat et l’auditoire se contentant de banalités prudentes et on rentre le soir un peu frustré de ne s’être rien dit avant de se séparer. Soit on prend le risque de voir les assiettes voler, et on se dit ce qu’on a à se dire avec franchise pour pouvoir repartir sur des bases saines.

Allez, encore un effort, Messieurs et Mesdames les candidats !

 

RamDam 64-40 est décidément tout terrain

La réunion publique de l’association citoyenne a été l’occasion d’échanges passionnants et d’une parole très apaisée entre élus et citoyens.

Et dire que ce nouveau-né prometteur a tout juste vingt-deux mois ! À RamDam, ce n’est pas parce qu’on marche à peine qu’on a peur de la difficulté : faire une réunion publique un jour de pluie basque, dans un lieu bayonnais peu connu du grand public (beaucoup se sont perdus du côté de l’université !) et pendant les vacances scolaires, c’est faire le pari d’une salle vide. Merveilleuse surprise, plus de soixante-dix personnes avaient pris place jeudi soir dans l’amphithéâtre du conseil permanent de la Communauté d’Agglo pour mettre, comme convenu, leur grain de sel dans les futures élections municipales. RamDam 64-40 militant pour que les élus s’engagent et non pour qu’ils dégagent, de nombreux candidats ont honoré ce rendez-vous citoyen, comme Jean-Claude Iriart et Sophie Bussière, Colette Capdevielle, François-Xavier Menou, Nathalie Motsch, Jacques-André Schneck ou Corine Martineau ainsi que de nombreux candidats des Landes.

Est-ce la proximité de l’échéance électorale qui rend tout le monde soudain attentif et à l’écoute des autres ? Tous les élus jouent le jeu en évitant de dérouler leur programme et en faisant des propositions particulièrement intéressantes, destinées à alimenter la future « lettre d’engagement » et la proposition de MDI (Minimum Démocratique Indispensable) que RamDam 64-40 souhaite faire parvenir mi-décembre aux têtes de liste des agglomérations des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Et les « simples citoyens » ne se gênent pas pour faire eux aussi des propositions ébouriffantes.

Première énorme surprise, alors que l’idée d’un contrôle citoyen faisait encore hurler les politiques il y a dix ans, les élus sont désormais unanimes pour estimer que l’action des politiques doit être supervisée par les citoyens. C’est le choix de la méthode qui suscite le débat. Jacques-André Schneck, candidat à Biarritz souhaite nommer un déontologue, tandis que Nathalie Motsch, elle aussi candidate à Biarritz, s’engage à organiser au bout de deux ans de mandat une enquête de satisfaction et promet une « gouvernance partagée » avec un organisme indépendant disposant d’un droit de veto sur les futurs projets municipaux. D’autres parlent de « conseil des sages » ou de citoyens tirés au sort pour superviser l’action municipale.

Le président Michel Gellato, par ailleurs rédacteur du journal satirique « Le panier à salades », n’a pas manqué de mettre son grain de sel dans le débat.

Le respect de l’opposition fait aussi l’unanimité, alors que les exemples palois ou biarrots choisis par RamDam 64-40 montrent qu’on en est fort loin. Jean-Claude Iriart affirme qu’un membre de l’opposition sera systématiquement présent dans toutes les commissions importantes de la Ville, tandis qu’un autre participant suggère que le principal opposant de la majorité municipale soit automatiquement nommé à la tête de la commission des Finances pour qu’un contrôle effectif des dépenses soit effectué.

Les idées fusent de tous côtés et le président Gellato, en s’efforçant de tout noter, est à la peine tant les propositions abondent,. Le cumul des mandats, le manque de transparence, le favoritisme sont évoqués. Colette Capdevielle approuve sans réserve, « même si cela coûte cher », la publicité systématique des débats pour les grandes métropoles et la possibilité que tous puissent les suivre sur Internet. François Amigorena fait rire tout le monde en racontant comment il a dû batailler en 2014 pour convaincre Michel Veunac de laisser filmer les conseils municipaux. Qui aurait mesuré l’étendue du désastre sans cet indispensable outil de la démocratie ?

Les lenteurs de la Justice, la possibilité d’accéder aux documents administratifs grâce à la CADA, mais aussi les prises illégales d’intérêt sont passées en revue.

Un des participants, saisi d’enthousiasme, propose même que RamDam 64-40  dépose des projets de lois au Parlement pour aider à la représentation des citoyens face aux élus. RamDam va en parler à Richard Ferrand mais a conscience d’avoir encore un peu de travail devant lui.

Seul regret de cette soirée véritablement enthousiasmante, alors que Mediabask et La Semaine du Pays basque étaient présents, Sud Ouest a boudé RamDam 64-40 et n’a même pas daigné répondre ni à mes mails ni à mes coups de téléphone.

Mais dans ce dur métier de journaliste, on ne peut pas tout faire : compter les palombes et s’intéresser aux actions citoyennes.

Le débat a été animé par Dominique Lapierre, farouche surveillant des dérives landaises.

L’ex-députée Colette Capdevielle considère que toutes les villes d’importance doivent permettre l’accès aux conseils municipaux par la vidéo.

 

Déclaration de candidature pour Les Nuls

Vous pensez à la mairie de Biarritz tous les matins en vous rasant ou en vous épilant ? Bisque, Bisque, Basque ! va vous aider à vous déclarer.

Il est évident qu’avec sept candidats officiellement déclarés (Arosteguy, Barucq, Batiste, Menou, Motsch, Schneck, Veunac) et trois autres listes probables (une abertzale, une de gauche, une de Rassemblement National) le choix électoral est un peu restreint à Biarritz. Vous avez encore largement l’espace politique pour vous présenter. Le souci récurrent que vous rencontrez chaque matin dans votre salle de bains, quand vous vous contemplez dans la glace et vous imaginez revêtu de l’écharpe tricolore, est de savoir comment vous déclarer candidat et que dire face à ces fouineurs de journalistes. Par ailleurs votre cercle de réflexion autour de vous est tellement étroit que vous n’êtes même pas assez nombreux pour faire une belote. Ce n’est pas grave pour se lancer, il suffit d’un peu de culot et Bisque, Bisque, Basque ! va se faire un plaisir de vous donner quelques tuyaux.

Étape 1 : BILINGUISME DE RIGUEUR

Trouver un nom ronflant pour désigner sa liste est indispensable. Bien entendu, le nom de Biarritz doit figurer dans l’intitulé. « On t’aime ! », « Notre Biarritz », « Nouvelle vague », « Changer d’ère » et même « Le corbillard à Mimi » sont déjà pris. Voilà qui vous apprendra à lambiner ! Pensez ensuite à traduire le fruit de vos cogitations en basque… Comment cela, vous ne parlez pas basque ? Même si vos finances électorales sont à plat, votre premier souci doit être de recruter un traducteur basque. Imaginez un peu la honte si, lors de vos meetings dans une salle évidemment surpeuplée, un de vos interlocuteurs vous pose une question en basque et que vous êtes incapable de répondre.

Étape 2 : UN LIEU QUI VOUS SYMBOLISE

Là aussi, vous êtes très en retard et vos rivaux vous ont déjà piqué plein de lieux emblématiques de Biarritz comme Le Royalty, Le Maïtena café ou, pour la liste Menou-Nalpas Le café de la baleine, sans doute pour bien montrer leur distance avec Max Brisson. C’est le moment de prouver votre folle créativité et votre différence par rapport à vos rivaux. Organisez une chasse aux bigorneaux un soir de pleine lune au rocher de la Vierge ou un pique-nique dans les jardins de la villa Sion et profitez-en pour vous déclarer. Tout le monde sera agréablement surpris et ne doutera plus de votre biarrotitude.

Étape 3 : DES SOUTIENS « À VENIR » ET « TRÈS IMPORTANTS »

Vous n’avez que deux personnes autour de vous le jour de votre déclaration de candidature ? Ce n’est absolument pas grave. Bombardez l’un des deux, directeur de campagne et l’autre président de votre comité de soutien, et expliquez aux journalistes présents que vous êtes en train de constituer un large rassemblement de jeunes actifs qui n’ont pas pu être présents car « retenus par leurs obligations professionnelles ».  Vous vous demandez bien comment vous allez réussir à trouver trente-cinq noms sur votre liste ? Annoncez avec sérieux que des « soutiens de renom vont bientôt vous rejoindre, mais que le moment de se déclarer n’est pas encore venu pour eux ». Vous trouverez peut-être un ou deux cornichons prêts à distribuer des tracts dans les boîtes à lettres pour votre compte.

Étape 4 : LE PROGRAMME ? QUAND J’AURAI LE TEMPS !

Ces emmerdeurs de journalistes vont vous demander quel est votre programme, question qui vous pose un sacré problème car votre seule ambition consiste à être élu. Détail encore plus fâcheux, les deux personnes qui vous accompagnent dans votre aventure électorale ne sont absolument pas d’accord avec vous lorsqu’il vous arrive, par hasard, d’avoir une idée. Ayez de l’aplomb et prenez l’air grave : « Il est beaucoup trop tôt pour dévoiler notre programme sur lequel nous travaillons d’arrache-pied ». C’est le moment d’afficher un sourire complice avec les représentants de la presse : « Et puis, on se méfie beaucoup de nos concurrents et on n’a pas envie de se faire piquer nos idées ». Dernier détail indispensable : n’oubliez pas de préciser que votre programme sera vert du sol au plafond. C’est la couleur très tendance cette année.

Étape 5 : L’INVESTITURE ? VRAIMENT PAS INDISPENSABLE !

Bien entendu vous travaillez à « un large rassemblement » de Biarrots de tous âges et de « toutes catégories sociales confondues ». Comme vous êtes modeste, vous ne voulez pas vous hasarder à un pronostic ni à un pronostoc, mais vous êtes vous-même surpris « par l’enthousiasme que suscite votre candidature » et vous vous félicitez d’avoir « cédé à la pression affectueuse de vos amis » qui n’imaginaient personne d’autre que vous comme futur maire. Dans votre liste, il y a des personnes de droite, du centre et de gauche et aucun pugilat grave ne s’est produit. Quant à l’investiture d’un parti, LaREM de préférence, vous n’en faites pas une obsession mais l’accepterez si on vous l’offre. Macron a besoin de vous et non l’inverse, « mais, Messieurs les journalistes, ne le répétez pas car vous mettez ma modestie à mal« .

 Étape 6 : ATTENDRE PATIEMMENT QUE CA MORDE

Vous voilà fin prêt à être candidat. Vous voyez que ce n’était pas aussi difficile que vous l’imaginiez ! Reste maintenant un vrai travail de fond à accomplir. Aller cajoler les gros contribuables de la Ville et, moyennant promesses (qui n’engagent que les imbéciles qui y croient !), caresses, génuflexions, tentez de les convaincre de financer votre campagne, car, bien entendu, vous n’avez pas un fifrelin. Quant à votre directeur de campagne, il doit être omniscient, et suffisamment suffisant pour être capable de dire aux architectes ou aux journalistes qu’ils sont « nases » et avoir réponse à tout en tous domaines. Idéalement il doit aussi être capable de créer trois ou quatre faux profils sur les réseaux sociaux afin d’entretenir en permanence des polémiques dans les camps adverses, tandis que vous passerez pour un être pacifique qui défend ses idées et refuse les vaines controverses.

Et maintenant que tout est en place, il ne vous reste plus, comme le pêcheur au bord de l’eau, qu’à attendre patiemment la touche.

Étape 7 : VENDRE SA BOUTIQUE ÉPHÉMÈRE AU PLUS OFFRANT

Encore quelques candidatures comme la vôtre et il n’y aura bientôt plus assez de citoyens disponibles pour figurer sur les listes, sachant qu’il faut comme disait Didier Borotra, trouver « trente-cinq couillons prêts à vous suivre ».  Si vous réussissez l’exploit de déposer en préfecture une liste complète et que vous obtenez un score honorable au soir du premier tour, votre fortune est faite. Les deux premiers vont se battre et tout vous promettre pour que vous vous ralliez à eux. Mais, même si vous n’avez personne autour de vous, vous pouvez continuer à jouer au poker-menteur au moins jusqu’à la fin de l’année, saison idéale pour revendre la boutique éphémère que vous avez créée. Il est de l’intérêt de tous les candidats sérieux de voir disparaître ces petites listes parasites qui n’ont pas de sens et qui faussent la compétition électorale.

Donc, si vous vous y êtes bien pris et avez bluffé tout le monde, alors que vous savez très bien que vous n’avez strictement personne autour de vous, les propositions ne vont pas tarder à arriver. Une place dans les cinq premiers d’une liste électorale « crédible » et c’est la garantie de vous retrouver élu au soir du deuxième avec à la clé, si vous avez bien négocié et misé sur le bon cheval électoral, un poste d’adjoint qui vous permettra de toucher dans les 1100 euros mensuels. Ce qui était votre but depuis le départ.

Quand on vous disait, que la politique pour Les Nuls, il n’y a rien de plus facile !

 

Ligne éditoriale et pignes électorales

Soyons clairs : Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne mais suit avec intérêt les candidats susceptibles de faire tomber l’équipe en place.

Les municipales de 2020 promettent une belle foire d’empoigne.

Il se trouvera toujours quelques lecteurs du « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert pour estimer qu’un blog gratuit et citoyen, ouvert il y a sept ans et qui a reçu plus de 10 millions de visites, ne peut que cacher un noir dessein électoral, un intérêt personnel ou une volonté de rouler pour tel ou tel candidat. Bisque, Bisque, Basque ! laissera à ces Bouvard et Pécuchet modernes cette vision manquant grandement de générosité et répétera avec force le principe qui anime depuis le premier jour ce blog qui se veut citoyen : « Y’a que moi dans mon parti et c’est déjà le merdier ». Mais derrière les adorateurs d’idées reçues à la naïveté presque touchante, il y a aussi les cyniques qui espèrent, en salissant, mieux servir leurs petites stratégies électoralistes du moment. À six mois de l’élection municipale, c’est donc le moment ou jamais de rappeler la ligne éditoriale de ce blog avant que les pignes électorales, les marrons de campagne ou les ramponneaux d’entre deux tours ne volent tous azimuts.

Des histoires vraies même si l’objectivité n’existe pas

Neocon n’hésite pas une seconde et associe transparence et nazisme. Bigre!

S’intéresser à une histoire plutôt qu’à une autre, c’est déjà faire preuve de manque d’objectivité. Ne pouvant se démultiplier à l’infini, Bisque, Bisque, Basque ! a regardé de loin jusqu’à maintenant les problèmes scolaires de Biarritz ou le projet Océan Start, tout occupé qu’il était par le G7 ou la villa Sion. Ce qui est parfaitement discutable. Nous sommes tous le résultat d’un parcours, d’une éducation qui va dicter nos choix et nos centres d’intérêt. Lorsque je travaillais au Canard, je recevais en moyenne 600 lettres par semaine et je devais retenir trois d’entre elles pour écrire la rubrique « Couac ». Mon enfance pauvre, mes engagements de gauche, les exploités que j’ai pu croiser, font que mes choix se portaient sur trois histoires sans doute fort différentes de celles qu’aurait choisies un autre collègue issu de la bourgeoisie. C’est pour cette raison que j’ai toujours répété aux étudiants des écoles de journalisme que « L’objectivité n’existe pas ». En revanche, le journalisme consiste à raconter des histoires vraies, et non celles que l’on imagine. Dans le cas contraire, on est romancier.

Incapable de savoir pour qui je vais voter

Ce blog est né d’une indignation, lors du dernier mandat de Didier Borotra, face à des pratiques municipales qui m’ont semblé plus que limites. À l’indignation a succédé la consternation face à l’incompétence du duo Veunac-Lafite et à ses méthodes. La ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque ! demeure claire : contribuer au débat citoyen, faire en sorte que le fonctionnement de la Ville redevienne normal à l’image de ce qui se passe à Bayonne ou Anglet, et empêcher Veunac ou Lafite d’être réélus, car je n’ose imaginer ce qui arriverait si Michel Veunac à 74 ans en reprenait pour six ans, avec le sentiment d’impunité que cela lui confèrerait. Ce que je fais porte un nom : le journalisme d’opinion.

Pour Didic, un journaliste ne peut être qu’un porte-parole d’un candidat.

Mais avoir des opinions quand on est journaliste (ce qui devrait être le cas de tous les titulaires d’une carte de presse) ne veut pas dire qu’on est militant. J’ai horreur des supporters et je ne suis encarté nulle part. Lorsque je regarde un match du XV de France, je souhaite la victoire des Bleus, mais si l’équipe joue mal, ce qui a été le cas plus d’une fois sous les ères Saint-André ou Brunel, je me réjouis de la victoire de son adversaire, parce que la passion du rugby passe avant la couleur du maillot. Très clairement, Bisque Bisque, Basque ! s’intéresse de près à tous les candidats susceptibles de battre Veunac, mais sans perdre pour autant son esprit critique.

– J’apprécie Maïder Arosteguy qui dans un contexte pas facile a fait un bon mandat d’opposante. Elle laboure le terrain électoral biarrot avec opiniâtreté et est proche des gens, ce qui est à son honneur, mais je la trouve un peu fluctuante sur le projet Aguilera.

– Nathalie Motsch a du courage, ce que personne ne lui ôtera, et une tête politique bien faite. Mais le temps passe et elle semble avoir du mal à descendre à hauteur des citoyens les plus simples. Et je grince des dents quand elle se réjouit de la relaxe de Didier et Sophie Borotra. 

– C’est un plaisir d’échanger avec Guillaume Barucq, docteur sympathique et qui a des idées. Malheureusement ça se complique, quand il veut faire de la politique, Guillaume voulant rester bien avec tout le monde tout en maniant des câbles quand il s’imagine tirer les ficelles.

– Je n’ai aucun doute sur les idées et la probité qu’amènerait Jacques-André Schneck à la tête de la Ville, mais peine à cerner son socle électoral. Et je ne parle pas de futures listes Abertzale, France Insoumise ou EELV qui m’intéressent aussi au plus haut point.

Il faut de l’ego pour faire de la politique mais malheureusement trop d’ego tue la politique. Face à la gravité de la situation que connaît Biarritz, dettes planquées sous le tapis et projets foireux à gogo à l’horizon 2020, je regrette que tous ces candidats qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’en tête de liste n’aient pas su faire un front républicain commun dans l’optique de redonner un fonctionnement normal à cette ville.

C’est pour cette raison que je regarderai aussi avec intérêt une possible candidature de Didier Guillaume. S’il s’appuie sur Guy Lafite ou Michel Poueyts, vieux chevaux de retour qui entraîneront forcément la Ville dans des pratiques d’un autre temps, je le combattrai. S’il montre sa volonté de normaliser et pacifier Biarritz en s’appuyant sur des têtes nouvelles ou sur une des listes actuelles d’opposition, je m’intéresserai de près à lui. Rajoutez à cela des programmes qui sont bien loin d’être établis et vous me croirez peut-être si je vous dis que je suis bien incapable de savoir pour qui je vais voter, contrairement à ce que pensent certains « trolls » sur Twitter, bien planqués derrière leurs pseudos.

Pour Neocon (encore lui!) je confonds Motsch et Jeanne d’Arc… Ah oui, Jeanne d’Arc, l’égérie des gens du Front national.

Journalisme et copinage ne font pas bon ménage

Reste un dernier point à clarifier : à mes yeux un journaliste, quand il traite l’actualité, ne doit avoir ni affect, ni amis. Tous ceux que j’ai interviewés dans le cadre de Bisque, Bisque, Basque ! le savent : si je trouve quelque chose contre eux, je le publierais. Lorsque je me suis écharpé avec Michel Veunac, début 2014 devant sa permanence de la rue du Helder, il m’a tout de suite accusé de « rouler pour Brisson » et m’a promis un dossier sur lui…

J’attends toujours la réalisation de cette promesse, alors que des dossiers sur Veunac, j’en ai de quoi remplir une étagère, ce qui me donne à penser que Max Brisson, malgré ses défauts que l’on connaît tous, aurait fait un bien meilleur maire que Veunac. Et pourtant, je ne suis pas encarté aux Républicains et ne le serai jamais.

De la même façon, j’ai apprécié les quatorze années d’opposition de Jean-Benoît Saint-Cricq et bénéficié de ses talents d’avocat lorsque j’ai été conduit au tribunal par l’ancien propriétaire de la Semaine, Hubert de Caslou. Ce qui ne m’a pas empêché de crier au scandale quand le même Jean-Benoît a sauté sur les genoux de Veunac lors du vote de l’Hôtel du Palais, car j’avais le sentiment que ce point de vue ne correspondait nullement à une conviction mais seulement à une aspiration personnelle à rejoindre la majorité. Du jour au lendemain, Saint-Cricq a cessé de me téléphoner, estimant auprès de proches que « je ne devais pas écrire sur lui puisque nous étions amis ». Est-ce que de mon côté, j’ai reproché à Saint-Cricq de ne pas m’avoir informé à l’avance de son revirement en faveur du maire ? Curieuse conception de la démocratie et de la vie publique que ce souhait de silence complice ! Et curieuse vision de la liberté de la presse qui doit s’incliner devant l’amitié!

Récemment, Richard Tardits, homme que j’apprécie, m’a reproché d’avoir publié un de ses mails sans l’avoir préalablement prévenu auparavant. Même remarque que pour Saint-Cricq. Est-ce que Richard a pris son téléphone pour me donner sa position avant d’envoyer ce mail où il estimait qu’il fallait faire confiance à l’État après le G7 ? Bien sûr que non et je ne lui demandais pas.

Désolé, je ne suis pas omniscient et je n’ai aucune idée du lieu de permanence choisi par les candidats et candidates.

C’est ce curieux rapport entre élus et journalistes que je trouve intéressant d’évoquer. Si vous avez un ami médecin, vous n’allez pas lui demander de violer le secret médical en lui donnant des nouvelles de la santé d’un de ses clients sous prétexte qu’il vous intéresse. Au nom de quelle règle, le journaliste devrait-il informer ses copains de la vie privée qu’il va écrire sur eux dans le cadre de leurs fonctions publiques ?

Voilà mes sources prévenues : donner des informations à Bisque, Bisque, Basque ! ce n’est pas souscrire une assurance-vie. J’apprécie bien évidemment de recevoir des informations et de les publier après vérifications, mais ce n’est pas du tout une garantie de ne pas se voir épinglé à son tour.

Être citoyen, c’est prendre la parole dans le débat public, dire sans crainte ce qu’on pense, au lieu d’attendre que les politiques décident pour nous. Dans ce blog, des contributeurs réguliers comme « Paul Bismuth », « NathB », « Rien que la Vérité » ou « Aux arbres, citoyens », (…et bien d’autres !) enrichissent le débat en débattant et acceptant des avis contradictoires.

En revanche, à l’amorce d’une campagne électorale qui pourrait bien être musclée, se multiplient les comptes Facebook ou Twitter de « trolls » bien décidés à vendre leur camelote électorale ou à insulter sous couvert d’anonymat. Ce qui va sans doute m’amener à rejeter certains commentaires reçus, alors que je les publie tous pour le moment, sauf propos manifestement diffamatoire.

Désolé pour vous, les haineux, mais Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne et cherchera, comme dans les appels d’offres respectables se déroulant dans des municipalités tout aussi respectables, uniquement à détecter le mieux-disant susceptible de redonner un peu de dignité, de moralité et de respectabilité à une ville comme Biarritz, qui par ses méthodes et ses scandales à répétition devient la risée de la Côte basque et fait le désespoir de l’Agglomération.

Je ne rêve que de poser le stylo et de ne plus écrire sur la Ville, mais l’idée que je me fais de la citoyenneté va m’amener à guerroyer jusqu’en mars 2020 au minimum.

Vite, un maire normal pour une ville qui n’en peut plus de Veunac et son équipe !

 

Jacques-André Schneck : « L’éthique avant tout »

Le premier candidat déclaré à la mairie de Biarritz est persuadé que la relation incestueuse entre argent et politique est la cause de bien des maux. Élu, il refusera la moindre indemnité.

Il est des signes qui ne trompent pas. Sur la table du salon, les piles de tracts « Biarritz on t’aime ! », dont la distribution a commencé dans les boîtes à lettres de Biarritz, montrent bien que Jacques-André Schneck est plus que jamais décidé à se présenter à la mairie de Biarritz.

Depuis avril 2018, époque où il faisait « une offre aux Biarrots » par l’intermédiaire de ce blog, on a pourtant le sentiment que le projet de Jacques-André Schneck n’a guère avancé, même si on est conscient qu’une campagne électorale, comme un iceberg, doit avant tout s’appuyer sur un socle invisible mais conséquent. L’intéressé ne nie pas : « Je me suis lancé volontairement dans une démarche un peu solitaire, car je voulais mettre en avant des idées auxquelles je tiens ». Fataliste et plein d’humour, il ajoute : « Je pars d’une notoriété que je qualifierais d’assez limitée. Il me fallait donc faire un travail sur les réseaux sociaux ».

Première évocation de candidature, le 22 avril 2018, dans BBB!

Même s’il n’a jamais été élu, Jacques-André Schneck a une réelle expérience de la politique. Petit-fils et fils de gaullistes alsaciens, ancien membre de cabinets ministériels, il est passé par l’UMP puis LR où il soutenait Alain Juppé en 2006. Ami de Franck Riester et Fabienne Keller, il est aujourd’hui membre d’AGIR, la droite constructive, ainsi que de LaREM. Il retient l’idée d’un travail invisible. « J’ai regroupé des motivations et bâti autour de moi un « shadow cabinet » qui a toute ma confiance. J’ai aussi un trésorier de campagne pour être prêt au moment du démarrage officiel de la campagne, mi-septembre. Je dévoilerai en temps utile la liste des gens qui sont à mes côtés et les Biarrots seront informés en toute transparence. »

« Macron s’intéresse beaucoup à Biarritz »

Quand on lui demande contre qui il imagine concourir, Jacques-André Schneck semble assez sûr de son fait : « J’ai plutôt le sentiment que Michel Veunac ne va pas se représenter. À mon sens, Guy Lafite ne rêve que de cela. Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, LaREM et ex-PS de la Drôme suit de très près les affaires biarrotes. » Jacques-André Schneck revient sur la future campagne électorale : « La grande question est de savoir si les élections vont être très politisées ou pas trop. Je ne souhaite pas trop le premier cas (NDLR : qui impliquerait un parachutage du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume), car la gestion d’une ville n’a pas grand-chose à voir avec cela. Dans ma liste, toutes les sensibilités politiques peuvent être représentées, les critères principaux étant la motivation à servir le bien commun et la compétence. » Le futur candidat n’est pas dupe pour autant : « Il est clair que le président Macron s’intéresse beaucoup à Biarritz et que le candidat qui aura l’investiture LaREM a de fortes chances de l’emporter. Après avoir fait une première OPA sur le PS puis une autre sur LaREM, Lafite se voit tête de liste. On verra. »

« Didier Borotra et sa pâle copie Michel Veunac »

La première des quatre pages qui vont être distribuées aux Biarrots.

Avec un de ces petits sourires dont il a le secret, Jacques-André Schneck refuse de dévoiler le fond de sa pensée et préfère en arriver à son cheval de bataille favori : « Ma priorité des priorités sera l’éthique. Quelques soucis familiaux font que je ne suis pas très riche, mais je l’ai dit et redit, si je suis élu, je ne m’octroierai aucune indemnité de mandat puisque je bénéficie déjà d’une retraite ». Suite au navrant épisode François de Rugy, c’est Jacques-André qui se met à rugir : « Il faut réduire immédiatement la relation incestueuse entre argent et politique. C’en est fini de la gouvernance à la Rex Imperator façon Didier Borotra, et sa pâle copie Michel Veunac. » Agacé, il évoque nombre de dossiers traités par Bisque, Bisque, Basque ! qui montrent que Veunac ne laisse pas ses adjoints (en matière d’urbanisme particulièrement) libres de les traiter en toute sérénité… Quand il ne leur pique pas purement et simplement ! « Telle n’est en aucune façon ma conception de la délégation, car fonctionner ainsi, c’est garantir les plus mauvaises décisions et l’inefficacité. Mes mots clés sont la transparence et la consultation des Biarrots. Pour les enjeux les plus importants pour eux, je n’hésiterai jamais à faire un referendum local pour que les Biarrots soient consultés. Pour la plaine d’Aguilera par exemple, je proposerai trois projets pour que les Biarrots choisissent en connaissance de cause. Je viens de visiter un quartier à la pointe du modernisme environnemental et du développement durable à Hambourg et je ferai des propositions en ce sens aux citoyens ».

« Une charte éthique signée par tous les élus »

De la même façon, Jacques-André Schneck souhaite redonner des droits à l’opposition. « La campagne donnera des indications en matière de respect. En tout cas, je fais une promesse : nous ne médirons pas sur nos concurrents » Veunac compris ? « Lui, c’est le maire sortant, il est logique que nous évoquions son bilan. En ce qui concerne l’opposition, je n’exclus pas de confier un poste d’adjoint à l’un de ses membres pour que le débat soit enrichi. Je ferai aussi signer à tous les élus une charte d’éthique et je demanderai à tous ceux qui m’accompagneront de suivre des formations à l’éthique, à la prévention des risques pénaux et à l’expertise dans les domaines de leurs délégations ».

Avant de conclure, catégorique : « La gestion d’une ville est devenue très technique. Je préfèrerais consacrer 200 000 euros dans la formation des élus plutôt que de les gaspiller pour le festival Onda Carioca »

Voilà Cassel prévenu.

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