Ce 12 février qui fracture Biarritz

Les pressions subies par les élus lors du dernier conseil municipal ne semblent pas poser problème à trois des sept candidats… Mais elles posent problème aux électeurs.

Un président n’a pas à se comporter en simple supporter, distribuant les huées ou les acclamations aux élus.

Il n’y a, selon le dictionnaire Larousse, qu’un petit tiret d’écart entre le maître chanteur et le maître-chanteur, mais il fait toute la différence. Le premier, au sommet de sa maîtrise musicale, va vous faire aimer l’art lyrique. Le second, qui est aussi incontestablement un artiste en son genre, va vous apprivoiser pour mieux vous dévorer, grignotant un doigt, puis la main, puis le bras avant que vous ne compreniez que vous êtes définitivement perdu.

Je n’ai pas de boule de cristal sur mon bureau et je suis bien incapable de dire qui va emporter cette élection, mais toutes les conversations à Biarritz me montrent que depuis le dernier conseil municipal du 12 février une fracture très nette s’est opérée entre les citoyens qui estiment que les élus ne doivent jamais céder au chantage et ceux qui, sans crainte du coronavirus, respirent en estimant le BO sauvé, ce qui reste à prouver. Une fracture qui s’est totalement vérifiée lors de l’excellent débat organisé par Mediabask où l’on constatera que « la bande des trois » du plateau d’Aguilera n’a désormais de divergences que sur les détails

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200305/les-candidats-de-biarritz-debattent

Pour tous les Biarrots, même s’ils n’ont pas encore décidé pour qui ils voteront au final, les choses sont désormais claires : il existe trois listes d’un côté, Veunac, Arostéguy, Saint-Cricq, et quatre de l’autre avec Barucq, Motsch, Morin et Guerdane. Une préfiguration des alliances de second tour ?

On ne transige pas avec les principes républicains

Il faut se méfier des raccourcis hâtifs, surtout en période électorale et je me garderai bien de mettre au même niveau un Michel Veunac qui démontre chaque jour qu’il est plus que temps qu’il s’occupe de ses petits-enfants, une Maïder Arostéguy qui a le sens du terrain et une assise populaire incontestable et un Jean-Benoît Saint-Cricq qui a les qualités requises pour être un bon maire même si je suis totalement en désaccord sur ses choix concernant le BO et Le Palais

Sourires complices et volonté systématique de couper la parole à Nathalie Motsch, lors du débat de Médiabask. La romance entre Veunac et Saint-Cricq continue.

Mais la position de Bisque, Bisque, Basque ! est très claire sur le sujet et j’ai eu l’occasion de m’en expliquer avec les intéressés. Il n’existe plus que quatre listes pour lesquelles je suis susceptible de voter car à mes yeux on ne doit jamais transiger avec les valeurs républicaines et jamais céder à un chantage quand on est un élu et encore moins à un double chantage. Celui du président du Biarritz Olympique, décidant qui sont les bons et les mauvais élus et se comportant comme un porte-flingue en s’invitant au conseil municipal et en demandant à ses troupes de huer les élus qui lui déplaisent. Mais aussi le chantage du maire, faisant voter à quatre semaines de la fin de son mandat, une résolution qui officiellement n’engage personne pour la construction d’un centre de formation à 12 millions d’euros. Après n’avoir jamais, malgré des promesses réitérées pendant six ans, fait déposer le moindre permis de construire concernant l’aménagement d’Aguilera, ce qui en dit long sur la duplicité de Mimi-La-Malice.

Même à Toulon, on se marre !

À ce sujet, la réaction de l’ancien président du RC Toulon, Mourad Boudjellal, qui se moque comme de ses premières chaussettes de rugby de l’élection municipale biarrote, est totalement édifiante : « Le président Jean-Baptiste Aldigé a annoncé qu’une Assemblée Générale allait avoir lieu le 3 mars en disant que si la mairie n’accordait pas le bail immobilier voulu par le club, il allait déposer le bilan. Mais je vais t’expliquer, Jean-Baptiste : il faut être un spécialiste pour faire du chantage. Quand tu menaces de faire déposer le bilan à ton club, évite de signer des joueurs pour la saison d’après car ça ne fait pas crédible. C’est un métier que de faire du chantage. » On ne saurait mieux résumer la situation et, visiblement, Boudjellal met un trait d’union entre maître et chanteur.

https://twitter.com/F_Amigorena/status/1227974108476006400

Et comme si cet affront démocratique ne suffisait pas, Aldigé se permet de multiplier les pieds de nez dans les jours qui suivent, comme ce commentaire où il insulte Barucq « et sa copine Amigorena » sans que le trio Veunac-Arostéguy-Saint-Cricq, ne réagisse. C’est tout l’art du chantage : on vous fait accepter un petit truc équivoque, puis on vous en demande un peu plus et encore un peu plus. Et comme si ce « foutage de gueule » ne suffisait pas, Aldigé annonce peu après qu’il reporte au… 1er avril (Non, ce n’est pas un gag !) l’assemblée générale prévue le 3 mars pour décider de l’avenir du club. Ce qui montre bien que la situation n’avait rien d’urgent et que les élus qui se sont rangés aux côtés du maire auraient beaucoup mieux fait de dire que leur premier conseil municipal, une fois élus maire, serait consacré au sauvetage du BO.

Guillaume Barucq :  » On leur donne ça, ils demandent ça « .

Avec beaucoup de dignité et de calme, Guillaume Barucq, lors du débat qui s’est tenu dans les locaux de Mediabask, a expliqué son point de vue : « C’est mon arrière-grand-père qui a fondé ce club. Ce qui me choque, c’est que Jean-Baptiste Aldigé dise : « Tu n’es plus chez toi au BO » avant de rajouter en mimant le geste d’un bras qui coupe l’autre : « Avec ce genre d’entrepreneur, quand vous leur donnez ça, ils veulent ça ! » On ne saurait faire un meilleur résumé de la situation actuelle.

Saint-Cricq et Arostéguy ne regrettent rien

Trois semaines après ce conseil houleux sur lequel l’élection se jouera probablement, il était intéressant de demander à Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq s’ils ne regrettaient pas leurs votes. (Il y a longtemps que Veunac a cessé de répondre à mes questions…). Saluons d’abord le courage des deux intéressés qui ne se sont nullement échappés et ont fort courtoisement répondu comme on doit le faire dans une démocratie apaisée. Jean-Benoît Saint-Cricq reste parfaitement droit dans ses mocassins : « Concernant mon intervention du 12 février, je n’ai rien à ajouter ni à retrancher. Ma position est toujours la même : le montage est bon et cette affaire n’avait que trop duré. Il s’agissait de lancer l’opération et de rattraper le temps perdu avec la procédure MECDU ». Pour les profanes, la Mise en Conformité des documents d’Urbanisme.

Avec son franc parler légendaire, Maïder Arostéguy qui annonce clairement qu’elle ne s’alliera pas à Michel Veunac au second tour, ne fuit pas la discussion : « Pour moi, Aldigé n’a pas fait de chantage. Ça fait des mois que Veunac le balade. Je me suis engagée a minima sur le centre de formation mais pour moi rien n’est figé » La candidate des Républicains reconnaît que le président du Biarritz Olympique est clivant : « Si on peut avoir un autre interlocuteur qu’Aldigé, je ne serai pas traumatisée. Par ses excès verbaux, Aldigé est grandement coupable, mais en face, ce n’est pas mieux. »  

Maïder Arostéguy affirme avoir apporté son soutien en « off » à Guillaume Barucq et « ne pas vouloir entrer dans la guéguerre d’Aldigé », un propos qui laisse un peu rêveur. Jean-Benoît Saint-Cricq affirme pour sa part « avoir réagi trop tardivement auprès de Sud Ouest qui n’a pas publié son texte », tandis que Veunac prétend avoir engueulé Aldigé en privé.

Ce qui renvoie à la question initiale posée par Bisque, Bisque, basque ! Pourquoi ne pas réagir publiquement quand on est un élu de la République et qu’un autre élu se fait insulter publiquement ? Par peur du maître-chanteur ? Parce qu’électoralement, ça arrange bien d’avoir un sniper qui arrose les adversaires politiques tandis qu’on fait semblant de ne rien remarquer ? Parce que, quand on s’est fait dévorer la main, on est terrorisé et on redoute d’y laisser le bras ?

Biarritz a besoin d’élus indépendants et cette zone d’ombre qui entoure trois des sept candidats pose un sacré problème.

Pour retrouver les  » Vues sur maire  » de François Amigorena : www.amigorena.fr

Maurice Goldring et l’effet papillon

En 1972, le météorologue Edward Lorenz avait un peu stupéfait la communauté scientifique en affirmant que le battement d’ailes d’un papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade au Texas.  Insultes, trolls déchaînés sur les réseaux sociaux, rancunes tenances, Biarritz semble un peu être l’illustration de la « théorie du chaos » qu’évoquait alors Edward Lorenz. Et le papillon de service, celui qui a déréglé le fonctionnement démocratique de la Ville, pourrait bien être Jean-Baptiste Aldigé, avec ses propos clivants, ses maladresses verbales, ses dérapages qui ont amené tout le monde à tomber dans l’excès. Au départ, début février, un propos particulièrement malheureux de Maïder Arostéguy à Mediapart estimant que la famille Gave n’avait « construit ni Auschwitz ni Buchenwald ». Consciente de sa maladresse, en voulant défendre l’équipe dirigeante du BO, Maïder s’était immédiatement excusée. Mais le propos avait eu le don de mettre en colère Maurice Goldring, un universitaire qui a eu la douleur de vivre en direct la déportation. Ironique, il avait parodié la candidate sur sa page Facebook en écrivant que « Jean-Baptiste Aldigé était très fréquentable parce qu’il n’avait jamais imposé le triangle rose aux homosexuels ».  

Et à partir de là, par un effet papillon, tout est parti en vrille. Les supporters s’en sont mêlés, insultant l’universitaire et lui conseillant d’aller se faire enc… Et Maïder, deuxième erreur à mes yeux, au lieu de laisser le soufflé retomber, s’est empressée d’aller au commissariat pour déposer une main courante contre… Maurice Goldring !

Interrogée à ce sujet, Maïder estime qu’elle n’avait pas d’autre choix, car il fallait que la polémique cesse. Maurice Goldring pour sa part se montre très caustique : « J’aime Biarritz, car c’est une ville très tolérante. J’ai apprécié par exemple la façon dont Didier Borotra avait envoyé bouler Monseigneur Aillet, quand il lui demandait de ne pas autoriser des manifestations en faveur du mariage pour tous. Je pense que Maïder Arostéguy a agi sous le coup de la colère, car mon intervention a montré combien au fond d’elle-même, elle est d’extrême-droite ».

Nous voilà loin, très loin de la tolérance, du bien vivre ensemble et de la démocratie apaisée que souhaitent les Biarrots après la catastrophique mandature Veunac. À chaque électeur désormais de se demander quels sont les candidats en mesure de défendre ces valeurs.

Pour comprendre cette polémique, lire : http://mauricegoldring.blogspot.com/

Journal d’un buté de campagne (5)

Veunac en lévitation, Aldigé en élucubration

Michel Veunac est désormais persuadé qu’il va gagner l’élection, tandis que Jean-Baptiste Aldigé se distingue une fois de plus.

Les pieds de Michel Veunac ne touchaient plus terre, mercredi soir au sortir du conseil municipal après le vote, sans grande difficulté, des trois délibérations « consultatives » en faveur du BO. Et comme Mimi-La-Malice n’a même pas la reconnaissance du bulletin de vote, il ne se montrait pas tendre envers les Arostéguy, Tardits ou Saint-Cricq qui avaient pourtant voté comme le maire : « Ils veulent me piquer la place, mais il faudrait d’abord qu’ils apprennent à faire de la politique ». Et donc à s’abstenir quand Veunac sort les grosses ficelles. Face à sa garde rapprochée, le septuagénaire a écharpe tricolore se montrait encore plus enthousiaste : « Un vote comme celui-là nous fait gagner au minimum mille voix. Je suis désormais certain d’être réélu ». Et quand un de ses proches évoque devant lui la capacité de nuisance du président Aldigé, il éclate de rire : « Quand j’aurai six ans devant moi, on verra bien ce que je décide. Les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ».  Il ne reste plus à Aldigé qu’à différer de six ans l’assemblée générale où il menace de dissoudre le BO.

LA DOUCHE FROIDE. Malheureusement pour Notre-maire-que-la-terre-entière-nous-envie l’euphorie a été de courte durée. Jeudi 13 février à 18 heures, se tenait une réunion publique au casino Bellevue organisé par Michel Veunac, ses boys et ses girls et les chaises vides étaient légion. À peine 75 personnes étaient présentes, ce qui ne fait pas lourd si on ôte les 25 colistiers de Mimi-Imperator qui avaient daigné se déplacer. Et encore au vu de la moyenne d’âge des participants, on pouvait presque croire à une sortie organisée par les maisons de retraite de la ville. Il existe donc encore quelques mémés amoureuses de notre beau maire.

MAÏDER REFUSE DU MONDE. – Presque au même moment, Maïder Arostéguy présentait sa liste au Colisée, à 18 h 30 précisément. À 18 h 10, les 189 places assises de la salle de spectacle étaient occupées et une quarantaine de personnes s’étaient installées debout derrière les sièges ou dans les travées. Au point que le régisseur a ordonné la fermeture des portes pour des raisons de sécurité. Voilà qui va faire des envieux.

BARUCQ, LE GRAND VAINQUEUR. – Il nous avait tellement habitué à ménager le Guy et le Michel, à prôner le « Aimons-nous les uns les autres », et à la jouer « Bisounours », que le docteur Barucq a surpris tout son monde avec une intervention très ferme contre les délibérations présentées par Mimi-La-Malice. Si François Amigorena ou Nathalie Motsch ont été très bons mais dans un registre prévisible, l’intervention du docteur à catogan a visiblement marqué les esprits des Biarrots qui n’ont parlé que de lui pendant trois jours aux halles.

LES PILULES MAGIQUES D’HERVÉ BOISSIER. – Très commentées aussi, les interventions de Brigitte Pradier et Maialen Etcheverry, deux conseillères municipales qui interviennent assez peu, mais qui ont fait preuve de beaucoup de détermination dans leurs propos, la première déplorant les « menaces sur des élus qui posent des questions d’élus » et la seconde rappelant combien « elle voit de Biarrots en difficulté ». Mais la rock star de la soirée a été sans conteste Hervé Boissier qui pour sa dernière intervention s’est offert un feu d’artifice verbal à l’encontre de Veunac. Et tout le monde d’évoquer son allusion au film de Francesco Rossi « Main basse sur la Ville » et de se demander s’il n’a pas quelques pilules magiques à refiler à Michel Veunac, histoire de lui redonner un peu de tonus.

ALDIGÉ SE DISTINGUE. – La semaine aurait pu être excellente pour Jean-Baptiste Aldigé. Victoire mercredi au conseil municipal où le président du BO, général Pinatel à ses côtés, est venu mettre un coup de pression aux élus et victoire du club qu’il dirige vendredi à Vannes. Mais se faire oublier n’est pas le genre du personnage. Alors que Guillaume Barucq se félicitait de la victoire du BO, le très diplomate président lui a répondu en langage fleuri : « Comment peux-tu oser pointer ton nez ici ? Elle est pour toi et ta copine Amigorena ce soir #fossoyeurs ». On savourera la façon dont le président s’adresse aux élus. Et parler de « ta copine Amigorena » quand on a soi-même porté plainte pour homophobie contre des supporters bayonnais est d’un bon goût exquis.

DES ÉLUS À INDIGNATION VARIABLE. – La liste abertzale, verte, insoumise emmenée par Brice Morin a fermement réagi aux propos du président du BO : « Biarritz ne devrait pas avoir à traiter avec pareil personnage ». Presque tous les candidats ont officiellement exprimé leur désaccord absolu avec les propos tenus. Sauf erreur de Bisque, Bisque, Basque ! trois têtes de liste se sont pourtant gardés de manifester officiellement leur solidarité républicaine avec les deux élus insultés : Michel Veunac, Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq. Pas très glorieux. Mais quand on accepte le chantage d’un président le mercredi, voilà où cela conduit le samedi.

LE PROMENEUR SOLITAIRE D’ANGLET. – Dimanche en début d’après-midi, Didier Guillaume profitait du beau temps au-dessus du VVF d’Anglet du côté de « Kostaldea ». Curieusement, personne ne l’a vu ce week-end du côté des halles de Biarritz qu’il affectionnait tant il y a peu encore. C’est sûrement parce qu’il ne voulait pas évoquer le cas de Benjamin Griveaux…

DU JEAN LASSALLE EN SAINT-CRICQ. – Jean Lassalle a l’art de faire pleurer de rire les députés même s’ils ne sont pas de son bord politique. Dans ce genre d’exercice, l’avocat biarrot Jean-Benoît Saint-Cricq n’est pas mal non plus et le récit du « mur de la honte » bâti juste en face de son cabinet a fait passer un bon moment au conseil municipal. Dans le bâtiment art déco de la poste, les services de la Ville ont décidé en toute simplicité de transformer une fenêtre en porte d’accès de la police municipale. Mais ils n’avaient pas tenu compte de la pente assez marquée de la rue Jaulery. Il a donc fallu « décaisser le trottoir » et pour que les piétons ne tombent pas bâtir un mur protecteur. Surprise de l’avocat venu avec sa colistière Pierrette Echeverria consulter le permis de construire à la mairie.  Rien, nada, que pouic, et gros embarras des services concernés. « C’est Ubu-roi. On est en pleine science-fiction. Quelqu’un qui ferait ça, se retrouverait en correctionnelle à l’initiative du maire » a asséné l’avocat. « Une erreur des services en voie de règlement, a rétorqué Mimi-Imperator avant de rajouter : Je vais réfléchir à porter plainte contre moi-même. » Et il trouve ça drôle ?

UN BEAU RENFORT POUR KARIM GUERDANE. – La petite musique sociale de la liste « Biarritz bonheur » emmenée par Karim Guerdane a attiré l’attention du parti socialiste, qui a proposé son soutien au candidat. « Et on ne m’a pas posé la moindre condition » affirme le journaliste. Les derniers socialistes en carte, avec à leur tête Laurent Riberolles, devraient donc faire partie de la liste Biarritz Bonheur qui sera dévoilée la semaine prochaine.

GARE À LA BRASSE COULÉE. – Marine Batiste revient sur la promesse qu’avait faite Veunac en 2014 et qu’il n’a jamais tenue : la construction d’une piscine olympique. Une excellente idée qui enchanterait tous les Biarrots. Seul hic : en 2014, la décision n’appartenait qu’à la Ville, elle appartient désormais (comme pour les terrains d’Aguilera) à la communauté d’Agglo du Pays basque. Mais nul doute que les conseillers communautaires ne verseront pas une larme si Veunac venait à partir.

Journal d’un buté de campagne (2)

Des permanences illuminées, des insultes gratinées, le bonjour d’Antoine, le trou récurrent du BO et encore et toujours les manœuvres de Mimi-La-Malice.

APPRENDS TA VILLE ! – Avec un directeur de publication comme celui-là, Bisque, Bisque Basque ! ne serait pas très bien barré. Sur l’affiche annonçant fièrement sa première réunion publique au Colisée, Michel Veunac se proclame « Directeur de publication ». Las, le candidat montre qu’il ne relit rien puisqu’il ne connaît visiblement pas sa Ville et situe le Colisée avenue Saraste et non Sarasate. Il n’y avait sur cette affiche que cinquante mots à vérifier et même cela l’apprenti Veunac n’a pas su le faire correctement. Voilà qui rassure pour l’avenir.

AVENUE DES PRÉTENDANTS. – En 2014, tout se jouait rue du Helder où Max Brisson et Michel Veunac avaient leurs permanences à un magasin d’intervalle. Cette année, c’est l’avenue du Maréchal Foch qui semble remporter tous les suffrages avec à l’intérieur de l’espace Foch la permanence de Maider Arostéguy, peu après Le Royal, celle de Michel Veunac, à côté du Sissinou celle de Jean-Benoît Saint-Cricq et au 25 de l’Avenue, celle de Nathalie Motsch. Au point que les Biarrots ne parlent plus que de « l’avenue des prétendants ». Seul Guillaume Barucq fait bande à part en ayant établi ses quartiers électoraux rue Gambetta. Une certitude : pour les alliances au soir du premier tour, le chemin ne sera pas long à faire.

LA PLUS BELLE POUR ALLER VOTER. – Si certaines permanences sont chichement décorées avec l’affiche du candidat pour seul ornement, celle de Maïder Arostéguy, riche en couleurs avec une planche de surf orange vif, une coiffe d’indien un ballon aux couleurs du BO et une chistera, attire l’œil. Les machos de service vont encore dire que Maïder soigne la forme plus que le fond. Mais nul doute possible : sa permanence est la plus belle.

LE BORDEL HOLLANDAIS DE SAINT-CRICQ. – Incontestable affluence, jeudi soir, pour l’inauguration de la permanence électorale de Jean-Benoît Saint-Cricq. Dans un premier temps, le candidat avait placardé une affiche à son effigie avant de la retirer et de se contenter d’un modeste et collectif « Biarritz ensemble ».  Mais la surprise nocturne des passants est venue des lumières rouges et de la grande vitrine de l’établissement choisi qui ne sont pas sans rappeler certaines maisons spécialisées d’Amsterdam. Après le Saint-Cricq chahuté de 2018, allons-nous avoir un Saint-Cricq dévergondé en 2020 ?

CETTE MAUVAISE LANGUE DE GUY. – Le premier adjoint « La Faillite-Nous-Voilà » ne rate pas une occasion de se moquer des maigres soutiens de la liste emmenée par Michel Veunac. « Il a tellement peu de monde autour de lui que le voilà obligé de repartir avec les Castaignède, Blanco, Destizon, Vial, alors qu’il affirmait ne vouloir d’eux à aucun prix ». Il est vrai que les nouveautés sur sa liste promises par Veunac semblent quelque peu se faire attendre.

MOTS FLÉCHÉS BIENVENUS. – Bisque Bisque, Basque ! a passé de longs moments à faire le trottoir pour observer la permanence de Michel Veunac et confirme totalement les propos de Guy Lafite. Il ne s’y passe rien et tous les « invendus » de la politique biarrote qui n’ont eu d’autre choix que de poursuivre avec le maire sortant s’y ennuient de longues heures sans recevoir la moindre visite. Si vous avez quelques mots fléchés ou sudokus en trop pour les occuper, soyez charitables…

APPELEZ-LE GUYGUILLAUME. – Lundi matin sur France Bleu Pays basque, le ministre de l’Agriculture a surpris tout son monde en adoptant une position totalement alignée sur celle des dirigeants du BO. Un coup de brosse à reluire sur Jean-Baptiste Aldigé, « un gestionnaire avisé » et une position pour le moins favorable au BO sur la dernière réserve foncière appartenant à la Ville. Quand on sait que Jean-Baptiste Aldigé ne tarit pas d’éloges sur le Premier adjoint, « le seul à avoir compris mon projet », on constate que Guy Lafite, même s’il ne sera pas l’adjoint de Didier Guillaume, va à l’évidence rester son inspirateur, ce qui n’est pas la meilleure nouvelle du monde.

LE ROI DE L’ENFUMAGE. – Quand vous avez un pistolet braqué sur la tempe, vous êtes généralement du même avis que celui qui tient le pistolet. La commission générale consacrée au BO mercredi 22 janvier a été perçue par la majorité des élus comme un vaste enfumage ou plutôt, comme l’a dit Nathalie Motsch, une « mascarade ». Veunac, à quelques semaines des élections a fait plancher les élus sur quatre projets possibles, alors qu’il sait parfaitement qu’il n’a pas la main et doit attendre le feu vert de l’Agglo. Mais Aldigé a la langue bien pendue et Veunac redoute de se faire flinguer par lui en pleine campagne électorale. D’où ces signaux d’apaisement et de bonne volonté pour faire croire que Mimi se décarcasse pour le BO.

UN MINI TRUMP ? – Tous ou presque le pensent, mais très peu le disent par crainte de représailles sur un sujet aussi sensible que le BO. Les élus sont sortis furieux de cette réunion en ayant le sentiment de s’être fait manipuler une fois de plus par Mimi-la-Malice. Est-il raisonnable de prendre une décision qui engage l’avenir de Biarritz à quatre semaines d’une élection ? Si les points de vue sont partagés sur ce qu’il faut faire pour le BO, tous les élus ayant le désir sincère d’aider le club phare de la Ville, l’unanimité se fait contre la personnalité pour le moins rugueuse du président Aldigé qui a réussi à se fâcher avec tout le monde ou presque. Dans un tweet, François Amigorena a magnifiquement résumé le problème : « En adoptant le comportement d’un mini-Trump de sous-préfecture, indigne d’un président de club de rugby de Pro D2, M. Aldigé est devenu le principal obstacle à l’élaboration d’un projet juste et pérenne pour le BOPB et la plaine d’Aguilera », ce qui lui a valu (en douce) des félicitations de ses collègues de tous bords politiques.

CLASSE PRÉSIDENTIELLE – S’il est quelqu’un doté d’une exquise urbanité, c’est bien Guillaume Barucq. Au sortir de la commission générale, le docteur Barucq, pourtant fervent défenseur du BO, a exprimé des doutes sur la méthode choisie, ce qui lui a valu de recevoir un tweet plein de poésie du président du BO sur… ses « bijoux de famille ». C’était notre rubrique, « Amis de la poésie, bonsoir ! »

KAMPF TOUJOURS LE SAUVEUR – Pour éviter tout dépôt de bilan du BO juste avant les scrutins du 15 et 22 mars, Michel Veunac croit avoir trouvé une ruse et s’agite énormément au téléphone pour être sûr d’avoir la majorité lors du prochain conseil municipal du 12 février. La Ville rembourse 300 000 euros par an au BO pour la tribune Kampf qui avait été financée par le club au temps de sa splendeur. Comme il reste une dizaine d’annuités à payer, la Ville anticiperait et donnerait les 3 millions de reliquat dès cette année, ce qui correspondrait au « trou » actuel du BO. Il est très fort ce Veunac pour engager l’argent de celui qui lui succèdera !

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C’EST ANTOINE QU’ELLE PRÉFÈRE – Nathalie Motsch avait annoncé dans un communiqué de presse qu’elle n’assisterait pas à la commission générale. Il faut dire aussi qu’à la même heure arrivait sur Biarritz Antoine Waechter, venu accorder à la candidate « la caution morale » de son microscopique Mouvement Écologiste Indépendant (MEI). Le lendemain, lors de la conférence de presse commune, Antoine Waechter qui souhaitait apparaître plus vert que vert a même précisé que, pour limiter son empreinte carbone, il était venu en train. Pour épater les foules, il aurait dû venir à pied de son Alsace natale.

Et maintenant les menaces…

Débattre lucidement entre citoyens amoureux de la Ville reste visiblement trop compliqué pour certains.

Christian Brocas, l’ex banquier qui a besoin d’exister, a visiblement fait sienne la devise de l’humoriste Rémi Gaillard : « C’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ». (Photo Sud Ouest)

Christian Brocas, le président de l’association Biarritz Iraty, est un homme affable, même s’il est du genre à mentionner son brevet de cinquante mètres nage libre sur sa carte de visite et à se considérer autorisé de ce fait à donner des conseils de pilotage à un sous-marinier. Ancien directeur d’agence de la banque Worms, ayant gravité vers 2014 dans la mouvance de Max Brisson avant de dire pis que pendre du sénateur, Christian trouvait visiblement très drôle le blog « Bisque, Bisque, Basque ! » jusqu’à ce que l’on parle de la villa Sion et de son ami Pierre Delalonde.

Une première fois aux halles, il m’avait interpellé en public : « Vérifie tes infos, tu n’écris que des conneries », ce à quoi je lui avais rétorqué que Pierre Delalonde avait refusé de me répondre au téléphone lorsque je l’avais sollicité et qu’il était simple de m’adresser un droit de réponse que je m’empresserais de publier.

Finalement l’équipe de Delalonde avait choisi de publier un droit de réponse dans… La Semaine du Pays basque, en affirmant qu’il fallait rendre au château Boulart sa splendeur passée, ce qui sous-entendait faire cadeau au chatelain de cette ancienne dépendance que constitue la villa Sion.

https://jeanyvesviollier.com/2019/05/28/les-elucubrations-de-delalonde/

Samedi, devant la poste centrale de Biarritz, l’algarade est devenue beaucoup plus sonore. « Il n’y a jamais eu d’accord entre Delalonde et la mairie », s’est emporté le président de Biarritz Iraty qui semble prendre très à cœur les intérêts de son ami. « Et d’abord, il y a cinq propriétaires à Iraty. Est-ce que tu connais les noms ? ». Pas du tout, mais c’est la villa Sion et le fait que les Biarrots ne soient pas lésés qui m’intéresse. « Tu casses les pieds à quelqu’un qui s’efforce de rénover le patrimoine biarrot. Mais nous aussi on va écrire sur le patrimoine et s’intéresser au tien »

Mais faites donc, monseigneur, puisque c’est notre grande fierté avec mon épouse d’être partis de rien et d’avoir réussi à économiser trois sous à force de travail.

Aldigé : « Vous n’êtes pas assez important pour qu’on vous achète »

On pourrait imaginer le président du BO occupé à quelques heures du match amical contre l’UBB, mais l’article « Conflit BO – Journalistes : la mairie doit siffler la fin de la récré » était à peine publié que je recevais un coup de téléphone peu aimable de celui qui me considère visiblement comme une tête à claques. Face à la violence verbale de la conversation, j’annonce à Aldigé que je l’enregistre et je suis donc en mesure de publier un verbatim précis de ce qui s’est dit pendant presque 20 minutes.

1’31 :  » Je n’ai pas à vous écouter, vous n’êtes rien ».

2’30 : « Vous n’êtes même pas un supporter du BO ».

4’47 : « Je m’en fous carrément de ce que vous êtes ».

10’40 : « C’est nous qui avons sauvé le trou financier provoqué par vos copains » (Quels copains ?)

11’10 : « Je suis aux manettes depuis juin 2019 » (Aldigé ne voit pas le temps passer)

14’57 : « Vous n’êtes pas encore assez important pour qu’on vous achète » (Un propos tellement révélateur des us et coutumes de la maison)

15’30 : « Je serai ravi de passer devant un tribunal où on m’expliquera, ce n’est pas bien d’avoir mis une baffe à Monsieur Viollier, ce pauvre homme ».

18’45 : « J’espère que vous avez enregistré ».

Toute une partie de cet enregistrement que je tiens à disposition de la Justice, contient des propos qui soit relèvent de la vie privée, soit sont probablement diffamatoires à l’égard de Benjamin Gufflet, Bruno Ledoux ou Marine Batiste, The blond biarrote, et ne sont donc pas publiables. Si les policiers n’avaient pas été aussi débordés avec le G7, j’aurais probablement fait une main courante, car, victime d’un AVC en 2017, je ne suis malheureusement pas en état de me défendre face à une agression physique.

Même si, tout autant que le président du BO, je souhaite que le club quitte la rubrique des faits-divers pour ensoleiller à nouveau les pages sportives.

Conflit BO – Journalistes : la mairie doit siffler la fin de la récré

Subventionné en partie par la Ville, le BO ne peut pas se permettre de se lancer dans des actions qui nuisent à l’image de Biarritz.

Le BO a toujours aimé les numéros d’équilibriste.

Un immense sentiment de lassitude prévaut désormais chez les amoureux du B0 qui ont envie de vivre du beau rugby et non des conflits permanents. Alors que le cycle des matches amicaux n’est pas encore terminé, Jean-Baptiste Aldigé, après la distribution des casquettes « Make Journalism honest again » la saison passée, se lance dans une nouvelle provocation en fermant la tribune de presse et en invitant les journalistes à payer leurs places lors du match amical de ce soir BO-UBB. Depuis un an, l’Union des Journalistes Sportifs Français (UJSF) s’efforce de lui expliquer sans le moindre succès qu’une tribune de presse, c’est comme une ambassade installée en pays étranger et que sa composition ne le regarde pas mais relève du syndic de presse, chargé de distribuer les places en fonction des impératifs des différents médias. La Ligue lui a écrit dans le même sens, mais Aldigé a décidé de faire la circulation et affirme qu’il a le droit puisqu’il s’agit d’un match amical. Une rhétorique un peu faiblarde qui ne peut à long terme que pénaliser le BO.

La presse mal nécessaire de la démocratie

Lorsque je sévissais au Canard enchaîné, les hommes politiques trouvaient en général très drôles nos articles, sauf… lorsqu’on parlait d’eux ! À L’Équipe, la rédaction a connu de longues périodes de fâcheries avec Claude Bez, Bernard Tapie ou la fédération de volley, j’ai même vu un deuxième ligne d’un club de renom menacer un confrère de … « l’enculer à sec », mais aucun d’entre eux n’a eu l’idée de mettre ses menaces à exécution ou d’interdire à la presse l’accès aux matches. Ceux qui lisent ce blog savent qu’il n’est pas très favorable au maire de Biarritz, c’est le moins que l’on puisse dire, ce qui ne va pas m’empêcher pour une fois de dire du bien de Michel Veunac. Le premier élu soupire sans doute et lève les yeux au ciel à chaque nouvel article publié le concernant, mais il n’a jamais tenté d’une façon ou d’une autre de m’empêcher d’écrire. Mieux, après avoir refusé de répondre à mes questions en début de mandat, il m’adresse désormais une lettre détaillée et précise à chacune de mes interrogations écrites.

(Photo Daniel Velez)

Jean-Baptiste Aldigé a parfaitement le droit d’être agacé par la teneur de tel ou tel article de Sud Ouest. Il a aussi celui d’exprimer oralement son point de vue à l’auteur ou de rédiger un droit de réponse. Voire de faire un procès en diffamation. Mais il doit se souvenir qu’il est président d’un club emblématique et non premier supporter et garder la maîtrise de ses émotions. Les empoignades avec Philippe Tayeb, le président de l’Aviron, ou avec son ancien ami Jack Isaac, ne font pas qu’écorner son image. Elles démonétisent un club qui a bien besoin du soutien de tous actuellement pour retrouver son lustre passé.

Dans cette affaire, je ne peux que rejoindre le général Pinatel, authentique passionné de rugby, qui écrit dans un tweet : « Comme beaucoup de Français, on peut douter de l’objectivité de certains médias et journalistes, mais je trouve l’initiative du Président Aldigé contre-productive. Quand je dirigeais le SIRPA (Service d’Information et de Relations Publiques de l’Armée) j’avais à faire à des journalistes antimilitaristes et, même en colère, je devais faire avec. » Ayant été un journaliste antimilitariste, je peux témoigner de la constante courtoisie du SIRPA.

On ne peut cajoler les journalistes du G7 et fustiger ceux du rugby

Pour toutes ces raisons, la mairie doit intervenir au plus vite pour siffler la fin de la récréation. À tort ou à raison, Michel Veunac est persuadé que le G7 va amener énormément de retombées positives au Pays basque et souhaite cajoler la presse. Le site de l’Élysée nous apprend ainsi que les 4 000 journalistes qui viendront à Biarritz pour couvrir l’événement se verront dotés d’une carte de restauration d’une valeur de 75 euros, incluse dans le

C’est l’Élysée ou la ville de Biarritz qui paie cette libéralité?

« Welcome pack » pour aller déguster en ville les spécialités culinaires locales. Une initiative qui paraît plus que discutable en ces temps d’économie à tout-va (l’opposition se fera un plaisir de demander si c’est l’État ou la ville de Biarritz qui prend en charge cette dépense), les envoyés spéciaux ayant leurs repas payés par leurs rédactions, mais qui démontre une volonté de donner une bonne image de notre ville. Pour toutes ces raisons, la mairie doit dire son mot sur le fonctionnement du BO et ne pas laisser se développer des chamailleries de cour d’école qui nuisent au club de rugby et à la Ville. Mais avec la personnalité pour le moins éruptive de l’actuel président, est-ce vraiment possible ? Espérons-le.

Sur le sujet, lire aussi : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-biarritz-olympique-interdit-l-acces-du-stade-aux-journalistes-1565374506

Avec Aldigé, je t’aime moi non plus

Avec sa fraîcheur et sa passion du rugby, j’ai plutôt ressenti de la sympathie pour Jean-Baptiste Aldigé lors de son arrivée à la tête du club. Confier une buvette à un club local, organiser des mercredis pour les enfants, tenter de réveiller Aguilera me paraissait aller dans le bon sens. D’où mon acceptation à venir voir en privé le futur projet d’aménagement d’Aguilera.

En revanche, j’ai été très surpris lorsque le service communication du BO m’a téléphoné pour me proposer une invitation à un match contre Soyaux-Angoulême. J’ai toujours payé ma place et je pense que les élus qui sont si soucieux du devenir du BO devraient faire de même. Et bien vite, j’en suis arrivé au constat qu’il était impossible d’être journaliste face à ce président : le monde aldigéen est blanc ou noir. Soit on est pour lui, soit on est un ennemi. Les casquettes anti journalistes m’ont mis en rogne, ce que j’ai eu l’occasion de dire au président du BO et à Louis-Vincent Gave.

Les choses se sont encore compliquées depuis cet été, lorsqu’une rumeur, probablement fausse, a annoncé le président du BO impliqué dans un fait divers. Je me suis efforcé de vérifier l’information auprès de personnalités biarrotes avant de décider de ne rien publier. J’avais l’intention d’échanger ensuite avec Jean-Baptiste Aldigé pour tenter de comprendre d’où venait cette boule puante et qui lui voulait du mal (une démarche que j’ai déjà faite avec des élus de la Ville). Mais décidément le journalisme et Aldigé, ça fait deux. Depuis le président du BO me chercherait pour me casser la gueule. Coller un marron à quelqu’un qui a trente ans de plus et vient de faire un AVC n’est peut-être pas la meilleure idée du monde, mais ainsi va la vie à Biarritz.

Et si tout le monde redevenait un peu raisonnable ?

La lettre de l’UJSF.

Le courrier de la Ligue.

 

 

 

 

 

 

Questions pour un fripon

Au niveau de l’ellipse, de la dissimulation et des demi-vérités, Veunac s’avère décidément un candidat imbattable. La preuve avec le dernier conseil municipal.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » affirmait la grand-mère de Martine Aubry. Ceux qui ont eu le courage d’assister jusqu’au bout au dernier conseil municipal, 3 h 46 tout de même, sont ressortis avec le sentiment de ne pas avoir été confrontés à un loup solitaire, mais à une meute innombrable, propre à donner des insomnies à n’importe quel berger pyrénéen. Avec un Veunac, visiblement gonflé à bloc par les résultats des européennes, rasé de près même s’il affirme ne pas penser tous les matins aux prochaines élections municipales et devenu un orfèvre dans l’art de promener son conseil municipal. Bisque, Bisque, Basque ! va donc s’efforcer de débusquer avec votre aide tous les loups probables dissimulés derrière les phrases onctueuses de Mimi-la-malice.

https://www.youtube.com/watch?v=40QjG-qWbgQ

On le sait, avant d’attaquer le gros morceau représenté par le dossier Aguilera, il est toujours nécessaire de chauffer la salle avec un intermède comique. Une fois de plus, c’est l’inénarrable Ghislaine Haye qui s’y est collée avec un vibrant hommage au disparu Coco Léglise, « homme discret et humaniste » et symbole « du militantisme et de l’engagement vrai » Ce petit couplet sur l’engagement vrai prononcé par la militante socialiste Haye, celle qui a refusé lors du vote de l’Hôtel du Palais de se conformer à la décision de refus prise par les militants de son parti et s’est empressée de cajoler le maire pour sauver ses émoluments d’adjointe, était un pur bonheur et laissait bien augurer de la suite.

Et effectivement, les Biarrots ne vont pas être déçus avec la prestation d’un Veunac très en forme et qui va promener son monde avec une maestria confondante. Avec, au final, la perspective pour les Biarrots d’être une fois de plus cocus.

Loup n° 1 : la fausse repentance

Le débat sur Aguilera s’engage à la 51e minute. Calme et posé, Veunac explique que le retard sur l’aménagement du plateau d’Aguilera, inscrit dans son programme électoral de 2014, est lié aux hésitations autour de la piscine. Il affirme que le projet global d’aménagement proposé par Jean-Baptiste Aldigé est « non recevable » car soumis à des « obstacles juridiques de toute nature » et qu’on se dirige donc en concertation avec le BO vers « un projet de coproduction ».

Le commentaire de BBB : Dès l’annonce du projet Aguilera, Nathalie Motsch avait souligné l’impossibilité juridique de le mener à bien, ce qui lui avait valu d’être insultée.  Mais Veunac n’a pas un mot d’excuse pour saluer la lucidité de son élue ou regretter ce qui s’est passé. Par ailleurs la piscine a bon dos pour excuser le retard. Un article très documenté de Sud Ouest à propos du réaménagement de Jean-Dauger intitulé « La refonte du stade pourrait aller vite » nous apprend que Jean-René Etchegaray a déposé un permis de construire dès le début de son mandat ce qui lui permet de lancer les travaux maintenant. Veunac, qui avait inscrit ce réaménagement d’Aguilera à son programme, a pour sa part lambiné et tergiversé comme à son habitude sans déposer le moindre permis.

Loup n° 2 : un projet global voulu par l’Agglo (55e minute)

Veunac explique ensuite qu’il va falloir passer par une procédure MECDU (Mise en compatibiliité des documents d’urbanisme) : « Nous sommes allés voir l’Agglo qui nous a conseillé de raisonner sur un aménagement global », c’est-à-dire de lancer une seule demande pour la partie logement et pour la réhabilitation de l’enceinte sportive.

Le commentaire de BBB : Tout cela semble parfaitement raisonnable. Sauf qu’il y a un léger problème. Selon plusieurs sources internes à l’Agglo, la ville de Biarritz n’aurait jamais fait la moindre demande en ce sens, les échanges ces derniers temps se limitant à de grosses engueulades entre Veunac et l’Agglo. Bisque, Bisque, Basque ! a donc contacté vendredi le service de presse de l’Agglo pour savoir à quelle date les représentants de la ville de Biarritz avaient rencontré les responsables de l’Agglo, et si des documents écrits avaient été rédigés. Pas de réponse pour le moment, mais il est évident que Michel Veunac se fera un plaisir de mettre tous les éléments prouvant ses dires à disposition de la presse.

Loup n° 3 : un prochain conseil bien hâtif (60e minute)

Avec son air de ne pas y toucher, Veunac annonce ensuite qu’un conseil municipal aura lieu le 3 juillet prochain : « Si les choses n’avancent pas trop mal, nous pourrons avoir des éléments sur la programmation et le financement possibles ».

Le commentaire de BBB : Pourquoi tant de hâte, alors que la procédure MECDU prend au minimum dix-huit mois ? Veunac a visiblement quelque chose à faire voter le 3 juillet prochain mais se garde bien d’expliquer à ses conseillers ce qu’il a en tête. Nous y reviendrons.

Loup n° 4 : la phrase de trop (105e minute)

Calme et posé, comme à son habitude, Édouard Chazouillères demande au maire de préciser le calendrier des travaux. Entre les dix-huit mois de la procédure MECDU puis le dépôt spécifique des permis de construire, il faut compter deux ans au minimum. Raisonnablement, on peut donc envisager les premiers coups de pioche fin 2020 voir mi 2021. Agacé, Veunac ne dément pas mais ajoute : « Tout ce qui pourra avancer avant cette date avancera ».

Le commentaire de BBB : Avec cet aveu, qui relève sans doute plus de la maladresse que d’une confidence délibérée, on arrive sans doute au cœur du dossier Aguilera. Lors de la conférence de presse de présentation de l’équipe, le président du BO Jean-Baptiste Aldigé s’est montré étonnamment calme, alors que le retard de deux ans sur le projet, implique que le famille Gave remette au pot trois millions d’euros, somme qui correspondra probablement au déficit du club pour les deux saisons à venir. Qu’est-ce qui se cache donc derrière ce « Tout ce qui pourra avancer » ? Les Biarrots aimeraient le savoir, un maire étant garant de la loi et ne pouvant autoriser des travaux sans permis de construire.

Loup n° 5 : Veunac s’abrite à nouveau derrière l’Agglo (107e minute)

Dans une intervention de très haute volée, Nathalie Motsch déplore qu’on ait « vendu du rêve aux Biarrots » et estime « qu’on ne décide pas à dix mois des élections municipales de ce que sera Aguilera » Il semble assez logique en effet que ce soit l’équipe élue pour six ans en 2020 qui prenne en charge ce dossier. Nathalie Motsch revient aussi sur la stratégie prévue et affirme qu’il est impossible de regrouper dans une seule procédure des modifications qui relèvent de l’intérêt général avec les logements sociaux et d’autres qui sont d’ordre commercial avec la création de boutiques dans l’enceinte sportive. Visiblement Veunac n’a cure de ces propos et réitère : « Moi les conseils que j’ai, ce sont ceux de l’Agglo. Ils ont mis trois semaines pour me répondre ».

Le commentaire de BBB : Avant le très précipité conseil municipal du 3 juillet, nous espérons pouvoir avoir les réponses. Veunac se conforme-t-il comme il le dit aux desiderata de l’Agglo ou cherche-t-il à faire, comme semble le penser Nathalie Motsch, un paquet-cadeau d’Aguilera, la construction de logements sociaux et l’aménagement de l’enceinte sportive devenant indissolublement liés.

Un nouveau bail emphytéotique le 3 juillet prochain ?

Motsch et Chazouillères se retrouvent dans la détestation des méthodes du duo Veunac et Lafite.

Comme les lecteurs pourront le constater, ce conseil municipal relevait donc plus d’un spectacle de prestidigitation que d’une assemblée de sages où l’on débat en toute transparence. Le courage des élus qui ont flairé le piège, en votant contre comme Hervé Boissier, en s’abstenant comme Maialen Etcheverry, ou en refusant de participer au vote comme Nathalie Motsch doit être salué. Trop de dissimulations cachent à l’évidence un plan d’ensemble, comme dans le cas de l’Hôtel du Palais, que l’on se refuse à dévoiler aux élus.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc avancer quelques hypothèses, à charge pour le maire de rassurer les élus et les citoyens biarrots, si elles s’avèrent de pures élucubrations.

Quand Lafite parle, Françoise Mimiague est visiblement passionnée.

Veunac n’a pas dit pourquoi il convoquait à une date tout à fait inhabituelle les élus. On va le savoir sous peu, mais je verrais bien une extension du bail emphytéotique alloué au BO et comprenant toute la zone où des réaménagements sont prévus. Ainsi, les modifications prévues ne seraient plus du ressort de la Ville et tout pourrait aller beaucoup plus vite. Et s’il se trouve un opérateur – au hasard Pichet – qui accepte de faire les travaux sans que cela ne coûte un sou aux Biarrots, pourquoi se priver. Et si, au terme d’un appel d’offres en bonne et due forme, Pichet était retenu pour construire les logements sociaux d’Aguilera – le hasard fait si bien les choses parfois ! -, alors tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes et au final on se retrouverait tout près du projet initial voulu par la famille Gave. Comme l’a dit Jean-Baptiste Aldigé lors de sa conférence de presse « les travaux à Aguilera ont déjà commencé avec l’aménagement de Bender et du stade d’athlétisme »

Toutes ces hypothèses ne sont peut-être que pure construction d’esprit. On va pouvoir très vite vérifier dans les jours à venir si l’Agglo et Veunac marchent main dans la main et si les procédures publiques vont être respectées.

Mais, avec des Veunac et Lafite qui depuis 2014 n’ont cessé de mentir, de ruser ou de louvoyer, comment ne pas avoir envie de crier au loup à chaque dossier qui se présente ?

Arosteguy-Chazouillères, un ticket intéressant

Au lendemain de ce conseil municipal, Maïder Arosteguy a annoncé qu’elle serait candidate pour 2020, ce qui ne constitue pas une véritable surprise. Ce qui est intéressant en revanche est de voir que tous les candidats opposés à Veunac, que ce soit Barucq, Motsch ou Maïder semblent décidés à faire de la morale publique leur cheval de bataille. Après les dernières années de Borotra et le calamiteux mandat du duo Veunac-Lafite, il était plus que temps ! Maïder Arosteguy a choisi le sympathique Thomas Habas comme directeur de campagne et s’est montrée très entourée lors de sa conférence de presse. On notait en particulier la présence de Philippe Domège, de Jean-Bernard Pinatel ou de son épouse Anne Laffolé-Pinatel. Mais c’est surtout Édouard Chazouillères qui aura marqué les esprits avec une intervention très musclée sur le respect : respect des institutions, respect des lois, respect des élus et de l’opposition. Nul doute qu’avec le dossier Aguilera, qui ne semble pas tout à fait dans les clous de l’orthodoxie, en matière de règles publiques, Édouard va avoir beaucoup à dire.

C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

Encore un exploit du duo Veunac-Lafite qui n’a rien dit et met le conseil municipal devant le fait accompli en demandant le vote d’une subvention exceptionnelle de 150 000 euros.

Une dette qui ne cesse de s’accroître. 385 000 euros de déficit, actuellement, et sans doute plus à la fin de l’année par un effet mécanique.

Si Emmanuel Macron, lors du prochain remaniement, décide de créer un ministère de la cachotterie permanente, il va avoir deux prétendants solides avec le tandem Michel Veunac et Guy Lafite. Les deux élus sont au courant depuis fin 2018 de la situation catastrophique du BO omnisports, mais ils se sont bien gardés d’en parler à quiconque ou de faire ce pour quoi ils ont été élus, c’est-à-dire agir en commandant un audit pour comprendre les raisons de ce trou abyssal. Au contraire, « La Faillite-nous-voilà ! » assume sans complexe dans Sud Ouest (9/4) avoir caché la vérité pendant quatre mois au conseil municipal. L’énarque qui se targue à chaque conseil municipal d’une « gestion intelligente » a une fois de Sud Ouest du 9 avril.plus joué perso. Nos deux cachottiers Veunac et Lafite ont donc soigneusement tourné la tête pendant quatre mois pour ne pas voir ce qui se passait, avant d’être rattrapés par le principe de réalité. En effet, c’est le rugby amateur qui détient le numéro d’agrément du Biarritz Olympique, et si la section amateurs venait à disparaître, le BO coulerait avec lui. Impensable à onze mois des élections municipales !

Résultat de cette incurie, il faut combler le trou d’urgence et voter une subvention exceptionnelle de 150 000 euros, lors du prochain conseil municipal du 10 avril. « On n’a pas le choix ! »  répète sur tous les tons Veunac en guise d’explication, ce qui est tout de même un peu court.

Lors de l’assemblée générale de l’omnisports du 17 décembre 2018, où le président Jean-Philippe Tourgis a annoncé qu’il quittait ses fonctions, l’énarque qui ne se trompe jamais avait même pris la parole pour rassurer au nom de la Ville les participants, ainsi qu’en témoigne le procès-verbal de l’assemblée générale.

 Un timing parfait pour faire diversion ?

Ce document, prouve qu’en décembre 2018 les grands travaux d’aménagement d’Aguilera comme la construction du centre de formation ou la reconstruction de la tribune Blanco n’étaient nullement prévus, la Ville attendant le nouveau PLUI (Plan d’aménagement urbain fait en concertation avec l’Agglo) , ce qui semble plein de bon sens, pour se lancer dans la construction de logements. Et qu’une avance de trésorerie de 100 000 euros avait déjà accordée à l’omnisports. On peut donc se demander si cette mise en lumière des difficultés du BO omnisports relève du pur hasard de calendrier ou si Veunac et Lafite, très favorables au projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, n’ont pas attendu la présentation du projet pour sortir le dossier de l’omnisports et « aider » les conseillers municipaux à faire le bon choix.

Rappelons qu’il y a un an, Lorsque Bruno Ledoux et Benjamin Gufflet, alors alliés avec la famille Gave, avaient sollicité une subvention de la mairie pour remettre à flot l’omnisports, ils s’étaient vertement faits éconduire.

De multiples explications au déficit

Quoiqu’il en soit, il est assez ahurissant de réaliser que l’équipe municipale n’a absolument pas réagi à ces informations alarmantes et a laissé filer le déficit sans chercher à enrayer la mécanique infernale. Si les sections Les amis du BO, le cyclotourisme, le fitness, la musculation et le triathlon présentent des comptes équilibrés, pour d’autres sections c’est la catastrophe. Près de 200 000 euros de pertes prévues pour l’administration qui a beaucoup recruté, 25 000 pour le rink hockey, 30 000 pour le hand, 35 000 pour la natation…

En interne, plusieurs explications qui semblent tenir la route sont avancées, comme une crise du bénévolat, qui oblige à engager des moniteurs payés pour s’occuper des enfants, mais aussi un certain laxisme dans la gestion, les présidents de section étant beaucoup plus décontractés depuis le départ de l’expert-comptable Jean-Philippe Tourgis.

Un bras de fer Aldigé-Veunac

Si Veunac et Lafite ont opté pour le silence radio, ce n’est pas tout à fait par hasard. Michel Veunac, qui ne doute décidément de rien, s’était imaginé au début de l’année que la famille Gave allait boucher le trou. S’ensuivit une réunion houleuse à la mairie, dont les vitres et les murs se souviennent encore tant ils ont tremblé ce jour-là, Jean-Baptiste Aldigé refusant catégoriquement de combler un déficit qui n’est pas de son ressort.

Finalement, avec les réactions favorables au projet Aguilera de la majorité des conseillers municipaux, en attendant la délibération décisive de mai, la tension s’est quelque peu apaisée. La famille Gave vient d’accepter finalement de prendre en charge 200 000 euros du déficit, ce qui semble prouver qu’elle est bien décidée à rester, malgré ses récurrentes menaces de départ. Pendant ce temps, plusieurs ennemis de l’ancien président de l’omnisports affirment que le déficit de l’omnisports n’est pas « structurel » mais lié à des notes de frais un peu trop somptuaires. Une affirmation, comme on le verra, qui semble plutôt destinée à noyer le poisson et qui ne paraît pas avoir de réalité.

Une promesse à 500 000 euros a-t-elle été faite au rugby amateur ?

Clairement dans ce dossier, chaque camp cherche à manipuler l’autre. Les uns chargeant Tourgis, tandis que d’autres estiment que celui qui était surnommé « La Girouette » au sein de l’omnisports, tant il a fait preuve d’opportunisme à l’arrivée de chaque nouvelle équipe dirigeante, s’est montré trop naïf. Y a -t-il eu pour mieux amadouer le président de l’omnisports une promesse non tenue de la part de Jean-Baptiste Aldigé qui serait à l’origine du déficit actuel ? Impossible à savoir puisque cette promesse a été formulée en avril 2018 lors d’un déjeuner en tête à tête dans le restaurant qui fait face au commissariat et qu’aucun des deux intéressés ne veut confirmer ce qui a été dit ce jour-là.

Ils sont pourtant plusieurs à affirmer au sein du BO omnisports sous couvert d’anonymat que le nouveau président du Biarritz Olympique aurait promis un versement de 500 000 euros à la section rugby amateur, versement qui n’aurait finalement jamais eu lieu.

Une copie d’un mail d’un adjoint au maire, écrit fin avril 2018, a circulé et semble confirmer cette hypothèse.

L’adjoint confirme benoîtement : « Notre ami commun Aldigé s’était fait fort de leur accorder une subvention de 500 ke en sus du fonctionnement » Pour les profanes peu versés en économie, 500 ke correspondent à 500 000 euros. Dans ces conditions, on comprend mieux l’imbroglio actuel., l’omnisports ayant peut-être été tenté de recruter et de dépenser un argent qui n’a en fait jamais été encaissé.

La réponse catégorique de Tourgis

Sollicité par Bisque, Bisque, Basque ! Jean-Philippe Tourgis répond immédiatement au téléphone. S’il refuse de faire le moindre commentaire sur le déficit actuel « J’ai rendu mon tablier le 17 décembre 2018 et le commissaire aux comptes a approuvé ma gestion », il se montre en revanche très précis sur le remboursement de ses frais au BO omnisports : « Je suis élu depuis dix-huit ans au BO. Je ne me suis jamais fait rembourser un euro de note de frais. Je paie moi-même mes cotisations à la section « Les amis du BO » et au rugby amateur et en déplacement j’ai toujours payé ma place. Je ne comprends donc pas comment on peut tenir de tels propos à mon sujet ».

Bon courage, maintenant aux conseillers municipaux pour démêler le vrai du faux lors de ce conseil municipal qui verra aussi resurgir la vente des écuries de Bigueyrie et de la villa Sion !

… Encore un beau concert de casseroles en perspective.

Le document complet sur la situation financière de l’omnisports depuis 2014.

« Tu préfères papa ou maman ? »

Ras la casquette de devoir choisir entre deux passions qui ne sont nullement contradictoires : le rugby et la vie publique.

Mon père ne rêvait que plaies, bosses et scandales. Conscrit il avait remplacé le drapeau par deux litres de rouge lors d’une prise d’armes. Rugbyman, montré ses fesses au public. Enseignant, sorti de sa classe l’inspecteur d’un vigoureux coup de pied au derrière. Ma mère ne souhaitait que le calme, la discrétion et la paix des ménages. Ce couple improbable qui aurait dû passer quinze minutes ensemble a mis quinze ans à divorcer. Mais ce que je garde de mon enfance (la diversité, ça forme et enrichit !) c’est la fausse bienveillance des adultes, faisant semblant de s’intéresser à l’enfant un peu malmené que j’étais pour mieux me tirer les vers du nez, et finissant par me couvrir de leur sollicitude poisseuse avec un péremptoire : « Mais au fait, qui tu préfères, ton père ou ta mère ? » Comme si un enfant pouvait choisir entre son père et sa mère !

Dans n’importe quelle ville de France, on peut concilier sans difficulté l’amour du rugby et la passion de la vie publique, mais visiblement pas à Biarritz. Une fois passée l’euphorie de la victoire du BO lors du derby, si l’on se pose des questions légitimes en tant que contribuable sur le projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, si on a le sentiment diffus que la mairie est en train de se faire prendre en otage par une direction du BO qui dit « C’est nous ou le chaos ! », si les décisions qui vont être prises semblent assez éloignées des us et coutumes des communes de France, immédiatement on devient un ennemi irréductible du Biarritz Olympique, désireux de voir son club adoré disparaître. Mais quelle blague !

Désolé, pas plus qu’entre mon père et ma mère par le passé, je ne choisirai entre le rugby et la vie publique. Et si, comme je le soupçonne de plus en plus dans cette ville où rien n’est jamais clair, des manœuvres tortueuses sont en cours, je les raconterai dans ce blog.

Mercredi, à la mairie, va se jouer la première mi-temps du match avec le déficit à combler du BO omnisports. Et des conseillers municipaux à qui on va demander de voter une subvention d’urgence pour boucher les trous.

La deuxième mi-temps, concernant l’aménagement du plateau d’Aguilera devrait se tenir en mai. Un calendrier précipité et étonnant à onze mois des élections municipales.

Des provocations très calculées

Je l’ai dit précédemment, Jean-Baptiste Aldigé est un homme intelligent, créatif et animé d’une vraie passion du rugby. Mais force est de constater que les élus ont peur de lui et, à quelques heureuses exceptions près, fuient l’affrontement, ce dont le président du BO a parfaitement conscience. En distribuant lors des matches contre Vannes puis contre Oyonnax des casquettes siglées « Make Journalism honest again », y compris en tribune officielle où nos élus sont invités, Jean-Baptiste Aldigé savait parfaitement ce qu’il faisait. Comme un talonneur qui teste la réactivité de son vis-à-vis en multipliant les provocations à la première mêlée, le président du BO prépare la suite de la partie. Lorsque Louis-Vincent Gave, aux côtés d’Aldigé a enfilé cette casquette à la Trump ou à la con, j’hésite ! – personne n’a moufté et le sénateur Max Brisson s’est contenté de twitter sur la belle soirée qu’il venait de passer, en oubliant qu’être un élu, c’est aussi accepter un pacte républicain qui prévoit de veiller à la liberté de la presse. Il ne suffit pas de dire « Je suis Charlie ! » le 7 janvier 2015. Cracher sur la presse, c’est comme cracher sur Marianne.

Il n’est pas interdit d’avoir un conflit avec des journalistes et le cas d’espèce a même été prévu par le législateur avec la possibilité d’un droit de réponse ou d’un procès en diffamation. Mais les raccourcis abusifs, les simplifications hasardeuses, les appels à la guerre ne sont pas dignes d’un responsable, de la même façon que les silences des politiques sont une façon de cautionner l’inacceptable. Bisque, Bisque, Basque ! sait se montrer acide souvent mais n’écrira jamais que les politiques sont tous pourris, les présidents de clubs tous tarés ou les Bayonnais tous stupides. Car la réalité est autrement plus complexe et intéressante.

J’espère vivement que le syndicat des journalistes sportifs portera plainte contre ces agissements d’un autre temps. Pour ma part, clairement, j’en ai ras la casquette de ces méthodes et peu m’importe si quelques trolls aux doigts agiles et aux idées courtes se déchaînent sur les réseaux sociaux. Jusqu’à preuve du contraire, même à Biarritz, nous sommes encore en démocratie et la liberté d’expression doit prévaloir.

C’est pour ces raisons que je souhaite un examen calme et serein de la situation du BO omnisports et de la proposition d’aménagement du plateau d’Aguilera. Mais quand on voit l’émoi qui s’est emparé de la ville pour un titre de Sud Ouest, (« Les Biarrots sont gais ») au lendemain d’une victoire qui aurait dû rendre tout le monde euphorique, un titre que pour ma part j’aurais aimé trouver et qui m’a fait éclater de rire car le rugby, jusqu’à preuve du contraire, doit être le sport de l’humour et du second degré, j’avoue que je suis assez inquiet sur la capacité de nos élus à examiner avec la distance qui convient ces dossiers à venir.

Mardi : C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

 

Il faut Aguileraison garder

Le projet d’aménagement d’Aguilera présenté par Aldigé est incontestablement séduisant. Aux politiques de nous dire maintenant s’il est juridiquement et économiquement faisable .

La villa rose deviendrait le siège des bureaux du BO.

Cet ancien joueur du BO, génération Bouclier de Brennus, n’a pas perdu la verdeur habituelle des propos de vestiaire : « J’ai un avis très arrêté sur ce projet, mais je me garderai bien de l’exprimer publiquement par crainte de déclencher les ventilateurs à merde dans tous les sens ». Bisque, Bisque, Basque ! qui n’a pas peur de grand-chose va donc enfiler ses bottes d’égoutier pour tenter de vous décrypter la formidable partie de poker qui est en train de se dérouler sous vos yeux.

Un projet global et intéressant

Si je rentre un soir chez moi, en annonçant à mon épouse ; « Chérie, je vais améliorer notre maison en faisant vingt millions de travaux », il y a quelques chances, si je ne suis pas trop branque, pour qu’effectivement la maison que nous occupons se bonifie. Mais tout va se compliquer quand, après avoir admiré les projets de l’architecte, ma tendre moitié va me demander : « Au fait, ces vingt millions, tu les trouves où ? » Le projet que Jean-Baptitste Aldigé a présenté à certains journalistes et à des élus qu’il a convoqués dans les bureaux du BO est incontestablement intelligent et a le mérite de lancer la réflexion sur un aménagement global du plateau d’Aguilera, là où un Veunac se contentait de petits grignotages de parcelles et de quelques constructions sans vision d’ensemble.

Lors de la soirée privée organisée dans les salons de la tribune Kampf, le président du BO a martelé deux phrases « Si vous savez comment on gagne de l’argent dans le rugby, expliquez-moi » et « La famille Gave n’a pas vocation à boucher les trous financiers chaque fin de saison ». L’amoureux du rugby, nostalgique de la splendeur passée du BO, a envie de souscrire à cette évolution de son sport favori et à la nécessité d’amener des recettes supplémentaires au club. Mais n’étant ni élu, ni urbaniste, ni juriste, reste à savoir si ce projet « tient la route » et est faisable, une fois le beau rêve évoqué.

Trois problèmes d’importance à régler

« Bisque, Bisque, Basque !  se gardera donc bien pour l’instant de détailler davantage le projet découvert pour la première fois le jeudi 14 février dans les locaux du BO. Lors de la réunion privée du 5 mars dans les salons Kampf, ce projet a été présenté aux Biarrots qui le souhaitaient, ce qui nous change agréablement des cachotteries vécues lors de la rénovation de L’Hôtel du Palais. Mais aucune image ne circule pour le moment des aménagements prévus par le groupe Pichet ce qui complique le travail des journalistes souhaitant expliquer ce qui se prépare.

1.- Ce projet semble difficilement réalisable légalement. La Ville mais aussi l’Agglo ont incontestablement leurs mots à dire dans la décision. Jean-Baptiste Aldigé estime que le groupe Pichet est le seul capable de lui façonner l’outil de travail dont il rêve. Si dans le privé on peut librement choisir son entrepreneur, dans le public on doit passer par des appels d’offres. Aux dernières nouvelles, les services de la Ville, mettraient en avant des difficultés juridiques dans la réalisation de ce projet. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’aménagement d’Aguilera ne doit pas se faire. Mais les politiques doivent reprendre la main sur le dossier et prendre leurs responsabilités en rendant « juridiquement correct » l’aménagement d’Aguilera.

2.- La Ville doit décider de ses priorités. Si ma fille passe le permis, je peux décider de lui offrir une Ferrari, mais le bon sens économique et la sollicitude de mon banquier font que je vais peut-être opter pour une Clio d’occasion. Le projet d’aménagement de la partie sportive d’Aguilera est intéressant mais mérite nombre d’éclaircissements, car tout le monde a en mémoire qu’il manquait 15 millions d’euros pour boucler le dossier Palais, ce qui a amené Decaux à entrer dans le capital. Encore une fois, Bisque, Bisque, Basque ! déplore que ce palace qui n’a pas à être géré par une Ville, n’ait pas été vendu en 2018, ce qui rendrait plus facile l’aménagement actuel d’Aguilera et aurait permis de remettre les finances de Biarritz d’équerre. Encore un somptueux ratage du mandat Veunac !

Il ne s’agit nullement de rejeter les propositions faites pour pérenniser le BO mais de demander à nos élus de réfléchir avant de prendre position. À eux de faire des propositions et de nous montrer qu’ils ont l’étoffe d’un ou d’une future maire. En ce sens, l’attitude d’un Guillaume Barucq laisse un peu rêveur : découvrir le projet à 10 heures le matin et faire un tweet enthousiaste à 14 heures ne me semble pas très politique, même si j’ai énormément de sympathie pour l’intéressé.  Prenez un peu de temps, Messieurs et Mesdames les élu(e)s, et donnez-nous des réponses précises, techniques et réfléchies.

3.- Des fatwas inacceptables. Reste enfin une stratégie très délibérée de Jean-Baptiste Aldigé qui complique singulièrement la donne. Au lieu d’accepter que la presse et le club local cohabitent même si l’esprit critique est parfois de rigueur, le président entretient une tension délibérée avec certains médias qui nuit complètement à une approche sereine du dossier. La composition d’une tribune de presse n’a jamais regardé le directeur d’un club et Aldigé n’avait strictement aucune raison d’expulser les journalistes de Sud Ouest en début de saison. Interdire l’accès aux médias sous prétexte de « réunion privée » est tout aussi surprenant. Dimanche dernier, lors de la défaite du BO face à Vannes une nouvelle étape a semble-t-il été franchie avec une distribution de casquettes demandant aux journalistes de redevenir honnêtes.  Une attitude que Bisque, Bisque, Basque ! condamne sans la moindre hésitation. Tous les politiques ne sont pas pourris, tous les journalistes malhonnêtes et tous les présidents de clubs allumés. Au diable donc, tous ces raccourcis à la Trump qui ne font que compliquer la donne !

Une partie de haute volée entre Aldigé et Veunac

On l’aura compris : Bisque, Bisque, Basque ! éprouve plutôt de la sympathie pour le dernier président du BO, pour son authentique passion pour le rugby, sa volonté de moderniser le spectacle proposé et de bousculer les codes. Un homme capable, il y a un peu plus d’un mois, de débouler dans le bureau du maire et, au bout de trente secondes de discussion de hurler sur lui, ne peut qu’être sympathique. Mais limiter Jean-Baptiste Aldigé à un président un peu trop cash dans ses relations serait faire une erreur tactique grossière.

L’homme est probablement un stratège remarquable et s’il bouscule ainsi les habitudes biarrotes, c’est avec une idée derrière la tête. Il sait que le temps lui est compté et que la famille Gave ne patientera pas éternellement. Le poste qu’il occupe lui plaît mais le temps de décision des politiques, où il est toujours urgent d’attendre, n’est pas le sien. Alors, comme Tapie en son temps lorsqu’il dirigeait l’Olympique de Marseille, il peut tour à tour se montrer d’une exquise urbanité ou d’une grossièreté achevée. Les attaques en piqué contre Jean-René Etchegaray ou Nathalie Motsch sont ainsi très calculées. Elles n’ont d’autre but que de terroriser les élus peureux qui se disent que c’est eux qui pourraient être ainsi montrés du doigt et de souder les Biarrots, toujours prêts à détester l’ennemi héréditaire bayonnais, autour de ce projet qui va incontestablement dans la bonne direction mais qui n’est peut-être pas la première priorité de la Ville.

Et n’oubliez surtout pas que Veunac et Brisson, alors que la bataille faisait rage entre les clans Ledoux-Gufflet et Les Gave père et fils, soutenus par les « historiques » Blanco et Brusque, n’ont pas hésité à prendre parti en pleine bataille de cour d’école en demandant aux premiers de partir. Du jamais vu ! Sauf que Veunac est aussi vice-président de l’Agglo et que l’aménagement de la Côte basque doit désormais être fait en concertation.  Veunac doit donc manœuvrer avec deux pistolets braqués sur la tempe, l’un par la famille Gave qui souhaite qu’il tienne ses promesses et l’autre par Jean-René Etchegaray qui souhaite que Veunac se montre solidaire avec l’Agglo.

Comme Veunac est un pragmatique prêt à tout pour sa survie politique, il a entrevu le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation en constatant que des élus de tous bords (Arosteguy, Tardits…) semblaient favorables au projet. Résumé de ses discussions avec son entourage proche : Si le G7 se passe bien, j’annoncerai ma candidature pour 2020 dans la semaine qui suit avec une liste recentrée et composée de gens expérimentés (NDLR : probablement Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq). En attendant, après le fiasco du Palais, Veunac a décidé de réunir les élus en commission générale le 28 pour guetter leurs réactions. Et d’envisager dans la foulée d’organiser un referendum pour se faire adouber par la population. Quitte à expliquer ensuite que c’est le méchant Etchegaray, flanqué de la méchante Motsch, qui empêchent les Biarrots de mener à bien ce projet.

Seul hic à ce beau scénario destiné à permettre à Veunac d’être réélu en 2020, les services techniques dirigés par Christophe Landrain jugent difficilement réalisable cet aménagement, tandis que certains élus se demandent s’ils ne sont pas allés un peu vite en besogne.

Cris et engueulades lors de la réunion de majorité

Une fois de plus la réunion de majorité qui s’est tenue lundi 18 mars a tourné à la bataille rangée. Signe d’une déliquescence absolue, ils n’étaient plus que 13 élus à être présents à ce qui ressemble de plus en plus à une mascarade permanente. Et comme la vie municipale ne cesse de se bonifier, cette fois ce sont Veunac et Lafite qui se sont empaillés gravement, Veunac affirmant que cet aménagement était « juridiquement impossible » tandis que « Lafaillite-nous-voilà ! », le roi des montages acrobatiques qui ruinent les Biarrots, levait les yeux au ciel en ayant l’air de penser qu’il fallait être vieux et dépassé comme Veunac pour ne pas foncer. Notre si sympathique énarque ne serait-il pas en train de se dire qu’un petit cavalier seul en 2020 au cas où le G7 se passerait mal et où Veunac ne tenterait pas sa chance, mérite d’être essayé ?

Autre grosse prise de bec du duo infernal, toujours le même soir, à propos de « GL events » qui devrait gérer la nouvelle salle de spectacle attenante à la tribune Blanco. Veunac redoute que cette société vampirise « Biarritz Tourisme » tandis que Lafite est là aussi favorable à l’arrivée de l’entreprise. Même malaise du côté des troupes, Anne Pinatel se montrant très emballée par le projet, tandis que Brigitte Pradier et la supportrice de cœur du BO Jeannine Blanco l’estiment totalement irréaliste.

Comme les lecteurs pourront le constater, le calme, la paix et l’harmonie la plus absolue règnent donc sur Biarritz, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et où personne ne pense à 2020.

Une raison supplémentaire pour aborder avec beaucoup de soin et de minutie ce dossier d’aménagement du plateau d’Aguilera tandis qu’un calendrier difficile attend le BO dans les prochaines semaines. C’est peu probable et personne ne le souhaite, mais vous imaginez la saison prochaine l’ambiance si se tenait un derby BO-Anglet à Aguilera ?

 

Le BO lui aussi impacté par le G7

Un, voire deux matches sont menacés par le sommet mondial de fin août. Une perte sèche pour le club de rugby qui lorgne du côté d’Anoeta.

En août, les tribunes sont toujours pleines.

À l’image des seigneurs féodaux qui saccageaient sans le moindre état d’âme les récoltes des manants lorsqu’ils chassaient à courre, les grands de ce monde ont décidé de venir distraire leur spleen pré-automnal sur le petit bout de rocher qui est le nôtre et tant pis pour les gueux qui y habitent ordinairement. Nous n’oublierons pas à quel point le premier magistrat de la ville ne s’est soucié que de sa future investiture dans cette affaire, en ne défendant absolument pas les intérêts des Biarrots et en ne faisant pas preuve du minimum de bon sens nécessaire pour empêcher un G7 en plein mois d’août. Quarante-cinq sommets du G7 se sont déroulés sur la planète, mais pas une fois, pas une seule, au mois d’août. Une fois de plus, le prix de la bêtise en barre aura donc un candidat sérieux avec Michel Veunac.

Pas un jour ne se passe en effet sans que les Biarrots ne découvrent une nouvelle atteinte annoncée à leur liberté de vivre et de circuler. Périmètre sécurisé, périmètre ultra-sécurisé, badges, contrôles, fouilles, on en passe et des meilleures, avec une seule certitude : pendant quelques jours, le déconnomètre va marcher à fond !

Cette fois, c’est le Biarritz Olympique qui découvre que le mois d’août pourrait être difficile pour ses finances. Le stade d’Aguilera ne figure pourtant pas dans le périmètre doré à l’or fin où les maîtres du monde auront l’illusion de s’ébattre devant un peuple qui les acclame. Mais il y a une petite annonce qui est un peu passée inaperçue. « Pas le moindre rassemblement ne sera autorisé à partir du 18 août ».

Pour les clubs de rugby des villes côtières où les vacanciers sont nombreux, le mois d’août est l’équivalent des fêtes de Noël pour les commerçants. Les supporters habituels reprennent avec plaisir le chemin du stade après une longue coupure et les vacanciers sont ravis de venir découvrir un club aussi titré que le Biarritz Olympique. Comble de bonheur, les grandes métropoles souvent à demi désertes en août, sont heureuses de joueur leurs premiers matches à l’extérieur en attendant que les citadins reviennent.

C’est donc une à deux recettes du BO qui pourraient être impactées par ce G7.

Aldigé : « Je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ! »

Contacté par téléphone, alors qu’il s’apprêtait à aller assister à la rencontre Union Bordeaux-Bègles-SU Agen, le président du Biarritz Olympique, Jean-Baptiste Aldigé, confirme totalement l’information : « Nous venons d’apprendre cela. La fédération n’a pas encore publié le calendrier de la saison prochaine, mais il est sûr que nous allons avoir au minimum un match d’impacté. »  Le président poursuit : « Nous ne savons même pas si nous serons autorisés à nous entraîner à Aguilera… Qu’est-ce que ça veut dire un rassemblement… Trente-cinq joueurs qui s’entraînent ensemble, c’est un rassemblement ? »  C’est sûr que si les joueurs doivent s’entraîner à deux maximum sur le terrain, ça ne va pas être simple de préparer l’équipe !

Aldigé se veut souriant mais a du mal à cacher son agacement : « Au mois d’août, nous faisons des recettes à 200 000 euros. Vous vous rendez compte de la perte sèche ! »

Quand on lui demande si le BO a un plan B, le président se montre cash comme à son habitude. « J’ai demandé à l’adjointe aux Sports, Stéphanie Ricord, de négocier de ville à ville avec Saint-Sébastien pour voir si nous pouvons utiliser Anoeta à cette période. Mais je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ».

Si la mairie s’en occupe, le BO n’a vraiment plus rien à craindre !