Questions pour un fripon

Au niveau de l’ellipse, de la dissimulation et des demi-vérités, Veunac s’avère décidément un candidat imbattable. La preuve avec le dernier conseil municipal.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » affirmait la grand-mère de Martine Aubry. Ceux qui ont eu le courage d’assister jusqu’au bout au dernier conseil municipal, 3 h 46 tout de même, sont ressortis avec le sentiment de ne pas avoir été confrontés à un loup solitaire, mais à une meute innombrable, propre à donner des insomnies à n’importe quel berger pyrénéen. Avec un Veunac, visiblement gonflé à bloc par les résultats des européennes, rasé de près même s’il affirme ne pas penser tous les matins aux prochaines élections municipales et devenu un orfèvre dans l’art de promener son conseil municipal. Bisque, Bisque, Basque ! va donc s’efforcer de débusquer avec votre aide tous les loups probables dissimulés derrière les phrases onctueuses de Mimi-la-malice.

https://www.youtube.com/watch?v=40QjG-qWbgQ

On le sait, avant d’attaquer le gros morceau représenté par le dossier Aguilera, il est toujours nécessaire de chauffer la salle avec un intermède comique. Une fois de plus, c’est l’inénarrable Ghislaine Haye qui s’y est collée avec un vibrant hommage au disparu Coco Léglise, « homme discret et humaniste » et symbole « du militantisme et de l’engagement vrai » Ce petit couplet sur l’engagement vrai prononcé par la militante socialiste Haye, celle qui a refusé lors du vote de l’Hôtel du Palais de se conformer à la décision de refus prise par les militants de son parti et s’est empressée de cajoler le maire pour sauver ses émoluments d’adjointe, était un pur bonheur et laissait bien augurer de la suite.

Et effectivement, les Biarrots ne vont pas être déçus avec la prestation d’un Veunac très en forme et qui va promener son monde avec une maestria confondante. Avec, au final, la perspective pour les Biarrots d’être une fois de plus cocus.

Loup n° 1 : la fausse repentance

Le débat sur Aguilera s’engage à la 51e minute. Calme et posé, Veunac explique que le retard sur l’aménagement du plateau d’Aguilera, inscrit dans son programme électoral de 2014, est lié aux hésitations autour de la piscine. Il affirme que le projet global d’aménagement proposé par Jean-Baptiste Aldigé est « non recevable » car soumis à des « obstacles juridiques de toute nature » et qu’on se dirige donc en concertation avec le BO vers « un projet de coproduction ».

Le commentaire de BBB : Dès l’annonce du projet Aguilera, Nathalie Motsch avait souligné l’impossibilité juridique de le mener à bien, ce qui lui avait valu d’être insultée.  Mais Veunac n’a pas un mot d’excuse pour saluer la lucidité de son élue ou regretter ce qui s’est passé. Par ailleurs la piscine a bon dos pour excuser le retard. Un article très documenté de Sud Ouest à propos du réaménagement de Jean-Dauger intitulé « La refonte du stade pourrait aller vite » nous apprend que Jean-René Etchegaray a déposé un permis de construire dès le début de son mandat ce qui lui permet de lancer les travaux maintenant. Veunac, qui avait inscrit ce réaménagement d’Aguilera à son programme, a pour sa part lambiné et tergiversé comme à son habitude sans déposer le moindre permis.

Loup n° 2 : un projet global voulu par l’Agglo (55e minute)

Veunac explique ensuite qu’il va falloir passer par une procédure MECDU (Mise en compatibiliité des documents d’urbanisme) : « Nous sommes allés voir l’Agglo qui nous a conseillé de raisonner sur un aménagement global », c’est-à-dire de lancer une seule demande pour la partie logement et pour la réhabilitation de l’enceinte sportive.

Le commentaire de BBB : Tout cela semble parfaitement raisonnable. Sauf qu’il y a un léger problème. Selon plusieurs sources internes à l’Agglo, la ville de Biarritz n’aurait jamais fait la moindre demande en ce sens, les échanges ces derniers temps se limitant à de grosses engueulades entre Veunac et l’Agglo. Bisque, Bisque, Basque ! a donc contacté vendredi le service de presse de l’Agglo pour savoir à quelle date les représentants de la ville de Biarritz avaient rencontré les responsables de l’Agglo, et si des documents écrits avaient été rédigés. Pas de réponse pour le moment, mais il est évident que Michel Veunac se fera un plaisir de mettre tous les éléments prouvant ses dires à disposition de la presse.

Loup n° 3 : un prochain conseil bien hâtif (60e minute)

Avec son air de ne pas y toucher, Veunac annonce ensuite qu’un conseil municipal aura lieu le 3 juillet prochain : « Si les choses n’avancent pas trop mal, nous pourrons avoir des éléments sur la programmation et le financement possibles ».

Le commentaire de BBB : Pourquoi tant de hâte, alors que la procédure MECDU prend au minimum dix-huit mois ? Veunac a visiblement quelque chose à faire voter le 3 juillet prochain mais se garde bien d’expliquer à ses conseillers ce qu’il a en tête. Nous y reviendrons.

Loup n° 4 : la phrase de trop (105e minute)

Calme et posé, comme à son habitude, Édouard Chazouillères demande au maire de préciser le calendrier des travaux. Entre les dix-huit mois de la procédure MECDU puis le dépôt spécifique des permis de construire, il faut compter deux ans au minimum. Raisonnablement, on peut donc envisager les premiers coups de pioche fin 2020 voir mi 2021. Agacé, Veunac ne dément pas mais ajoute : « Tout ce qui pourra avancer avant cette date avancera ».

Le commentaire de BBB : Avec cet aveu, qui relève sans doute plus de la maladresse que d’une confidence délibérée, on arrive sans doute au cœur du dossier Aguilera. Lors de la conférence de presse de présentation de l’équipe, le président du BO Jean-Baptiste Aldigé s’est montré étonnamment calme, alors que le retard de deux ans sur le projet, implique que le famille Gave remette au pot trois millions d’euros, somme qui correspondra probablement au déficit du club pour les deux saisons à venir. Qu’est-ce qui se cache donc derrière ce « Tout ce qui pourra avancer » ? Les Biarrots aimeraient le savoir, un maire étant garant de la loi et ne pouvant autoriser des travaux sans permis de construire.

Loup n° 5 : Veunac s’abrite à nouveau derrière l’Agglo (107e minute)

Dans une intervention de très haute volée, Nathalie Motsch déplore qu’on ait « vendu du rêve aux Biarrots » et estime « qu’on ne décide pas à dix mois des élections municipales de ce que sera Aguilera » Il semble assez logique en effet que ce soit l’équipe élue pour six ans en 2020 qui prenne en charge ce dossier. Nathalie Motsch revient aussi sur la stratégie prévue et affirme qu’il est impossible de regrouper dans une seule procédure des modifications qui relèvent de l’intérêt général avec les logements sociaux et d’autres qui sont d’ordre commercial avec la création de boutiques dans l’enceinte sportive. Visiblement Veunac n’a cure de ces propos et réitère : « Moi les conseils que j’ai, ce sont ceux de l’Agglo. Ils ont mis trois semaines pour me répondre ».

Le commentaire de BBB : Avant le très précipité conseil municipal du 3 juillet, nous espérons pouvoir avoir les réponses. Veunac se conforme-t-il comme il le dit aux desiderata de l’Agglo ou cherche-t-il à faire, comme semble le penser Nathalie Motsch, un paquet-cadeau d’Aguilera, la construction de logements sociaux et l’aménagement de l’enceinte sportive devenant indissolublement liés.

Un nouveau bail emphytéotique le 3 juillet prochain ?

Motsch et Chazouillères se retrouvent dans la détestation des méthodes du duo Veunac et Lafite.

Comme les lecteurs pourront le constater, ce conseil municipal relevait donc plus d’un spectacle de prestidigitation que d’une assemblée de sages où l’on débat en toute transparence. Le courage des élus qui ont flairé le piège, en votant contre comme Hervé Boissier, en s’abstenant comme Maialen Etcheverry, ou en refusant de participer au vote comme Nathalie Motsch doit être salué. Trop de dissimulations cachent à l’évidence un plan d’ensemble, comme dans le cas de l’Hôtel du Palais, que l’on se refuse à dévoiler aux élus.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc avancer quelques hypothèses, à charge pour le maire de rassurer les élus et les citoyens biarrots, si elles s’avèrent de pures élucubrations.

Quand Lafite parle, Françoise Mimiague est visiblement passionnée.

Veunac n’a pas dit pourquoi il convoquait à une date tout à fait inhabituelle les élus. On va le savoir sous peu, mais je verrais bien une extension du bail emphytéotique alloué au BO et comprenant toute la zone où des réaménagements sont prévus. Ainsi, les modifications prévues ne seraient plus du ressort de la Ville et tout pourrait aller beaucoup plus vite. Et s’il se trouve un opérateur – au hasard Pichet – qui accepte de faire les travaux sans que cela ne coûte un sou aux Biarrots, pourquoi se priver. Et si, au terme d’un appel d’offres en bonne et due forme, Pichet était retenu pour construire les logements sociaux d’Aguilera – le hasard fait si bien les choses parfois ! -, alors tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes et au final on se retrouverait tout près du projet initial voulu par la famille Gave. Comme l’a dit Jean-Baptiste Aldigé lors de sa conférence de presse « les travaux à Aguilera ont déjà commencé avec l’aménagement de Bender et du stade d’athlétisme »

Toutes ces hypothèses ne sont peut-être que pure construction d’esprit. On va pouvoir très vite vérifier dans les jours à venir si l’Agglo et Veunac marchent main dans la main et si les procédures publiques vont être respectées.

Mais, avec des Veunac et Lafite qui depuis 2014 n’ont cessé de mentir, de ruser ou de louvoyer, comment ne pas avoir envie de crier au loup à chaque dossier qui se présente ?

Arosteguy-Chazouillères, un ticket intéressant

Au lendemain de ce conseil municipal, Maïder Arosteguy a annoncé qu’elle serait candidate pour 2020, ce qui ne constitue pas une véritable surprise. Ce qui est intéressant en revanche est de voir que tous les candidats opposés à Veunac, que ce soit Barucq, Motsch ou Maïder semblent décidés à faire de la morale publique leur cheval de bataille. Après les dernières années de Borotra et le calamiteux mandat du duo Veunac-Lafite, il était plus que temps ! Maïder Arosteguy a choisi le sympathique Thomas Habas comme directeur de campagne et s’est montrée très entourée lors de sa conférence de presse. On notait en particulier la présence de Philippe Domège, de Jean-Bernard Pinatel ou de son épouse Anne Laffolé-Pinatel. Mais c’est surtout Édouard Chazouillères qui aura marqué les esprits avec une intervention très musclée sur le respect : respect des institutions, respect des lois, respect des élus et de l’opposition. Nul doute qu’avec le dossier Aguilera, qui ne semble pas tout à fait dans les clous de l’orthodoxie, en matière de règles publiques, Édouard va avoir beaucoup à dire.

C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

Encore un exploit du duo Veunac-Lafite qui n’a rien dit et met le conseil municipal devant le fait accompli en demandant le vote d’une subvention exceptionnelle de 150 000 euros.

Une dette qui ne cesse de s’accroître. 385 000 euros de déficit, actuellement, et sans doute plus à la fin de l’année par un effet mécanique.

Si Emmanuel Macron, lors du prochain remaniement, décide de créer un ministère de la cachotterie permanente, il va avoir deux prétendants solides avec le tandem Michel Veunac et Guy Lafite. Les deux élus sont au courant depuis fin 2018 de la situation catastrophique du BO omnisports, mais ils se sont bien gardés d’en parler à quiconque ou de faire ce pour quoi ils ont été élus, c’est-à-dire agir en commandant un audit pour comprendre les raisons de ce trou abyssal. Au contraire, « La Faillite-nous-voilà ! » assume sans complexe dans Sud Ouest (9/4) avoir caché la vérité pendant quatre mois au conseil municipal. L’énarque qui se targue à chaque conseil municipal d’une « gestion intelligente » a une fois de Sud Ouest du 9 avril.plus joué perso. Nos deux cachottiers Veunac et Lafite ont donc soigneusement tourné la tête pendant quatre mois pour ne pas voir ce qui se passait, avant d’être rattrapés par le principe de réalité. En effet, c’est le rugby amateur qui détient le numéro d’agrément du Biarritz Olympique, et si la section amateurs venait à disparaître, le BO coulerait avec lui. Impensable à onze mois des élections municipales !

Résultat de cette incurie, il faut combler le trou d’urgence et voter une subvention exceptionnelle de 150 000 euros, lors du prochain conseil municipal du 10 avril. « On n’a pas le choix ! »  répète sur tous les tons Veunac en guise d’explication, ce qui est tout de même un peu court.

Lors de l’assemblée générale de l’omnisports du 17 décembre 2018, où le président Jean-Philippe Tourgis a annoncé qu’il quittait ses fonctions, l’énarque qui ne se trompe jamais avait même pris la parole pour rassurer au nom de la Ville les participants, ainsi qu’en témoigne le procès-verbal de l’assemblée générale.

 Un timing parfait pour faire diversion ?

Ce document, prouve qu’en décembre 2018 les grands travaux d’aménagement d’Aguilera comme la construction du centre de formation ou la reconstruction de la tribune Blanco n’étaient nullement prévus, la Ville attendant le nouveau PLUI (Plan d’aménagement urbain fait en concertation avec l’Agglo) , ce qui semble plein de bon sens, pour se lancer dans la construction de logements. Et qu’une avance de trésorerie de 100 000 euros avait déjà accordée à l’omnisports. On peut donc se demander si cette mise en lumière des difficultés du BO omnisports relève du pur hasard de calendrier ou si Veunac et Lafite, très favorables au projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, n’ont pas attendu la présentation du projet pour sortir le dossier de l’omnisports et « aider » les conseillers municipaux à faire le bon choix.

Rappelons qu’il y a un an, Lorsque Bruno Ledoux et Benjamin Gufflet, alors alliés avec la famille Gave, avaient sollicité une subvention de la mairie pour remettre à flot l’omnisports, ils s’étaient vertement faits éconduire.

De multiples explications au déficit

Quoiqu’il en soit, il est assez ahurissant de réaliser que l’équipe municipale n’a absolument pas réagi à ces informations alarmantes et a laissé filer le déficit sans chercher à enrayer la mécanique infernale. Si les sections Les amis du BO, le cyclotourisme, le fitness, la musculation et le triathlon présentent des comptes équilibrés, pour d’autres sections c’est la catastrophe. Près de 200 000 euros de pertes prévues pour l’administration qui a beaucoup recruté, 25 000 pour le rink hockey, 30 000 pour le hand, 35 000 pour la natation…

En interne, plusieurs explications qui semblent tenir la route sont avancées, comme une crise du bénévolat, qui oblige à engager des moniteurs payés pour s’occuper des enfants, mais aussi un certain laxisme dans la gestion, les présidents de section étant beaucoup plus décontractés depuis le départ de l’expert-comptable Jean-Philippe Tourgis.

Un bras de fer Aldigé-Veunac

Si Veunac et Lafite ont opté pour le silence radio, ce n’est pas tout à fait par hasard. Michel Veunac, qui ne doute décidément de rien, s’était imaginé au début de l’année que la famille Gave allait boucher le trou. S’ensuivit une réunion houleuse à la mairie, dont les vitres et les murs se souviennent encore tant ils ont tremblé ce jour-là, Jean-Baptiste Aldigé refusant catégoriquement de combler un déficit qui n’est pas de son ressort.

Finalement, avec les réactions favorables au projet Aguilera de la majorité des conseillers municipaux, en attendant la délibération décisive de mai, la tension s’est quelque peu apaisée. La famille Gave vient d’accepter finalement de prendre en charge 200 000 euros du déficit, ce qui semble prouver qu’elle est bien décidée à rester, malgré ses récurrentes menaces de départ. Pendant ce temps, plusieurs ennemis de l’ancien président de l’omnisports affirment que le déficit de l’omnisports n’est pas « structurel » mais lié à des notes de frais un peu trop somptuaires. Une affirmation, comme on le verra, qui semble plutôt destinée à noyer le poisson et qui ne paraît pas avoir de réalité.

Une promesse à 500 000 euros a-t-elle été faite au rugby amateur ?

Clairement dans ce dossier, chaque camp cherche à manipuler l’autre. Les uns chargeant Tourgis, tandis que d’autres estiment que celui qui était surnommé « La Girouette » au sein de l’omnisports, tant il a fait preuve d’opportunisme à l’arrivée de chaque nouvelle équipe dirigeante, s’est montré trop naïf. Y a -t-il eu pour mieux amadouer le président de l’omnisports une promesse non tenue de la part de Jean-Baptiste Aldigé qui serait à l’origine du déficit actuel ? Impossible à savoir puisque cette promesse a été formulée en avril 2018 lors d’un déjeuner en tête à tête dans le restaurant qui fait face au commissariat et qu’aucun des deux intéressés ne veut confirmer ce qui a été dit ce jour-là.

Ils sont pourtant plusieurs à affirmer au sein du BO omnisports sous couvert d’anonymat que le nouveau président du Biarritz Olympique aurait promis un versement de 500 000 euros à la section rugby amateur, versement qui n’aurait finalement jamais eu lieu.

Une copie d’un mail d’un adjoint au maire, écrit fin avril 2018, a circulé et semble confirmer cette hypothèse.

L’adjoint confirme benoîtement : « Notre ami commun Aldigé s’était fait fort de leur accorder une subvention de 500 ke en sus du fonctionnement » Pour les profanes peu versés en économie, 500 ke correspondent à 500 000 euros. Dans ces conditions, on comprend mieux l’imbroglio actuel., l’omnisports ayant peut-être été tenté de recruter et de dépenser un argent qui n’a en fait jamais été encaissé.

La réponse catégorique de Tourgis

Sollicité par Bisque, Bisque, Basque ! Jean-Philippe Tourgis répond immédiatement au téléphone. S’il refuse de faire le moindre commentaire sur le déficit actuel « J’ai rendu mon tablier le 17 décembre 2018 et le commissaire aux comptes a approuvé ma gestion », il se montre en revanche très précis sur le remboursement de ses frais au BO omnisports : « Je suis élu depuis dix-huit ans au BO. Je ne me suis jamais fait rembourser un euro de note de frais. Je paie moi-même mes cotisations à la section « Les amis du BO » et au rugby amateur et en déplacement j’ai toujours payé ma place. Je ne comprends donc pas comment on peut tenir de tels propos à mon sujet ».

Bon courage, maintenant aux conseillers municipaux pour démêler le vrai du faux lors de ce conseil municipal qui verra aussi resurgir la vente des écuries de Bigueyrie et de la villa Sion !

… Encore un beau concert de casseroles en perspective.

Le document complet sur la situation financière de l’omnisports depuis 2014.

« Tu préfères papa ou maman ? »

Ras la casquette de devoir choisir entre deux passions qui ne sont nullement contradictoires : le rugby et la vie publique.

Mon père ne rêvait que plaies, bosses et scandales. Conscrit il avait remplacé le drapeau par deux litres de rouge lors d’une prise d’armes. Rugbyman, montré ses fesses au public. Enseignant, sorti de sa classe l’inspecteur d’un vigoureux coup de pied au derrière. Ma mère ne souhaitait que le calme, la discrétion et la paix des ménages. Ce couple improbable qui aurait dû passer quinze minutes ensemble a mis quinze ans à divorcer. Mais ce que je garde de mon enfance (la diversité, ça forme et enrichit !) c’est la fausse bienveillance des adultes, faisant semblant de s’intéresser à l’enfant un peu malmené que j’étais pour mieux me tirer les vers du nez, et finissant par me couvrir de leur sollicitude poisseuse avec un péremptoire : « Mais au fait, qui tu préfères, ton père ou ta mère ? » Comme si un enfant pouvait choisir entre son père et sa mère !

Dans n’importe quelle ville de France, on peut concilier sans difficulté l’amour du rugby et la passion de la vie publique, mais visiblement pas à Biarritz. Une fois passée l’euphorie de la victoire du BO lors du derby, si l’on se pose des questions légitimes en tant que contribuable sur le projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, si on a le sentiment diffus que la mairie est en train de se faire prendre en otage par une direction du BO qui dit « C’est nous ou le chaos ! », si les décisions qui vont être prises semblent assez éloignées des us et coutumes des communes de France, immédiatement on devient un ennemi irréductible du Biarritz Olympique, désireux de voir son club adoré disparaître. Mais quelle blague !

Désolé, pas plus qu’entre mon père et ma mère par le passé, je ne choisirai entre le rugby et la vie publique. Et si, comme je le soupçonne de plus en plus dans cette ville où rien n’est jamais clair, des manœuvres tortueuses sont en cours, je les raconterai dans ce blog.

Mercredi, à la mairie, va se jouer la première mi-temps du match avec le déficit à combler du BO omnisports. Et des conseillers municipaux à qui on va demander de voter une subvention d’urgence pour boucher les trous.

La deuxième mi-temps, concernant l’aménagement du plateau d’Aguilera devrait se tenir en mai. Un calendrier précipité et étonnant à onze mois des élections municipales.

Des provocations très calculées

Je l’ai dit précédemment, Jean-Baptiste Aldigé est un homme intelligent, créatif et animé d’une vraie passion du rugby. Mais force est de constater que les élus ont peur de lui et, à quelques heureuses exceptions près, fuient l’affrontement, ce dont le président du BO a parfaitement conscience. En distribuant lors des matches contre Vannes puis contre Oyonnax des casquettes siglées « Make Journalism honest again », y compris en tribune officielle où nos élus sont invités, Jean-Baptiste Aldigé savait parfaitement ce qu’il faisait. Comme un talonneur qui teste la réactivité de son vis-à-vis en multipliant les provocations à la première mêlée, le président du BO prépare la suite de la partie. Lorsque Louis-Vincent Gave, aux côtés d’Aldigé a enfilé cette casquette à la Trump ou à la con, j’hésite ! – personne n’a moufté et le sénateur Max Brisson s’est contenté de twitter sur la belle soirée qu’il venait de passer, en oubliant qu’être un élu, c’est aussi accepter un pacte républicain qui prévoit de veiller à la liberté de la presse. Il ne suffit pas de dire « Je suis Charlie ! » le 7 janvier 2015. Cracher sur la presse, c’est comme cracher sur Marianne.

Il n’est pas interdit d’avoir un conflit avec des journalistes et le cas d’espèce a même été prévu par le législateur avec la possibilité d’un droit de réponse ou d’un procès en diffamation. Mais les raccourcis abusifs, les simplifications hasardeuses, les appels à la guerre ne sont pas dignes d’un responsable, de la même façon que les silences des politiques sont une façon de cautionner l’inacceptable. Bisque, Bisque, Basque ! sait se montrer acide souvent mais n’écrira jamais que les politiques sont tous pourris, les présidents de clubs tous tarés ou les Bayonnais tous stupides. Car la réalité est autrement plus complexe et intéressante.

J’espère vivement que le syndicat des journalistes sportifs portera plainte contre ces agissements d’un autre temps. Pour ma part, clairement, j’en ai ras la casquette de ces méthodes et peu m’importe si quelques trolls aux doigts agiles et aux idées courtes se déchaînent sur les réseaux sociaux. Jusqu’à preuve du contraire, même à Biarritz, nous sommes encore en démocratie et la liberté d’expression doit prévaloir.

C’est pour ces raisons que je souhaite un examen calme et serein de la situation du BO omnisports et de la proposition d’aménagement du plateau d’Aguilera. Mais quand on voit l’émoi qui s’est emparé de la ville pour un titre de Sud Ouest, (« Les Biarrots sont gais ») au lendemain d’une victoire qui aurait dû rendre tout le monde euphorique, un titre que pour ma part j’aurais aimé trouver et qui m’a fait éclater de rire car le rugby, jusqu’à preuve du contraire, doit être le sport de l’humour et du second degré, j’avoue que je suis assez inquiet sur la capacité de nos élus à examiner avec la distance qui convient ces dossiers à venir.

Mardi : C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

 

Il faut Aguileraison garder

Le projet d’aménagement d’Aguilera présenté par Aldigé est incontestablement séduisant. Aux politiques de nous dire maintenant s’il est juridiquement et économiquement faisable .

La villa rose deviendrait le siège des bureaux du BO.

Cet ancien joueur du BO, génération Bouclier de Brennus, n’a pas perdu la verdeur habituelle des propos de vestiaire : « J’ai un avis très arrêté sur ce projet, mais je me garderai bien de l’exprimer publiquement par crainte de déclencher les ventilateurs à merde dans tous les sens ». Bisque, Bisque, Basque ! qui n’a pas peur de grand-chose va donc enfiler ses bottes d’égoutier pour tenter de vous décrypter la formidable partie de poker qui est en train de se dérouler sous vos yeux.

Un projet global et intéressant

Si je rentre un soir chez moi, en annonçant à mon épouse ; « Chérie, je vais améliorer notre maison en faisant vingt millions de travaux », il y a quelques chances, si je ne suis pas trop branque, pour qu’effectivement la maison que nous occupons se bonifie. Mais tout va se compliquer quand, après avoir admiré les projets de l’architecte, ma tendre moitié va me demander : « Au fait, ces vingt millions, tu les trouves où ? » Le projet que Jean-Baptitste Aldigé a présenté à certains journalistes et à des élus qu’il a convoqués dans les bureaux du BO est incontestablement intelligent et a le mérite de lancer la réflexion sur un aménagement global du plateau d’Aguilera, là où un Veunac se contentait de petits grignotages de parcelles et de quelques constructions sans vision d’ensemble.

Lors de la soirée privée organisée dans les salons de la tribune Kampf, le président du BO a martelé deux phrases « Si vous savez comment on gagne de l’argent dans le rugby, expliquez-moi » et « La famille Gave n’a pas vocation à boucher les trous financiers chaque fin de saison ». L’amoureux du rugby, nostalgique de la splendeur passée du BO, a envie de souscrire à cette évolution de son sport favori et à la nécessité d’amener des recettes supplémentaires au club. Mais n’étant ni élu, ni urbaniste, ni juriste, reste à savoir si ce projet « tient la route » et est faisable, une fois le beau rêve évoqué.

Trois problèmes d’importance à régler

« Bisque, Bisque, Basque !  se gardera donc bien pour l’instant de détailler davantage le projet découvert pour la première fois le jeudi 14 février dans les locaux du BO. Lors de la réunion privée du 5 mars dans les salons Kampf, ce projet a été présenté aux Biarrots qui le souhaitaient, ce qui nous change agréablement des cachotteries vécues lors de la rénovation de L’Hôtel du Palais. Mais aucune image ne circule pour le moment des aménagements prévus par le groupe Pichet ce qui complique le travail des journalistes souhaitant expliquer ce qui se prépare.

1.- Ce projet semble difficilement réalisable légalement. La Ville mais aussi l’Agglo ont incontestablement leurs mots à dire dans la décision. Jean-Baptiste Aldigé estime que le groupe Pichet est le seul capable de lui façonner l’outil de travail dont il rêve. Si dans le privé on peut librement choisir son entrepreneur, dans le public on doit passer par des appels d’offres. Aux dernières nouvelles, les services de la Ville, mettraient en avant des difficultés juridiques dans la réalisation de ce projet. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’aménagement d’Aguilera ne doit pas se faire. Mais les politiques doivent reprendre la main sur le dossier et prendre leurs responsabilités en rendant « juridiquement correct » l’aménagement d’Aguilera.

2.- La Ville doit décider de ses priorités. Si ma fille passe le permis, je peux décider de lui offrir une Ferrari, mais le bon sens économique et la sollicitude de mon banquier font que je vais peut-être opter pour une Clio d’occasion. Le projet d’aménagement de la partie sportive d’Aguilera est intéressant mais mérite nombre d’éclaircissements, car tout le monde a en mémoire qu’il manquait 15 millions d’euros pour boucler le dossier Palais, ce qui a amené Decaux à entrer dans le capital. Encore une fois, Bisque, Bisque, Basque ! déplore que ce palace qui n’a pas à être géré par une Ville, n’ait pas été vendu en 2018, ce qui rendrait plus facile l’aménagement actuel d’Aguilera et aurait permis de remettre les finances de Biarritz d’équerre. Encore un somptueux ratage du mandat Veunac !

Il ne s’agit nullement de rejeter les propositions faites pour pérenniser le BO mais de demander à nos élus de réfléchir avant de prendre position. À eux de faire des propositions et de nous montrer qu’ils ont l’étoffe d’un ou d’une future maire. En ce sens, l’attitude d’un Guillaume Barucq laisse un peu rêveur : découvrir le projet à 10 heures le matin et faire un tweet enthousiaste à 14 heures ne me semble pas très politique, même si j’ai énormément de sympathie pour l’intéressé.  Prenez un peu de temps, Messieurs et Mesdames les élu(e)s, et donnez-nous des réponses précises, techniques et réfléchies.

3.- Des fatwas inacceptables. Reste enfin une stratégie très délibérée de Jean-Baptiste Aldigé qui complique singulièrement la donne. Au lieu d’accepter que la presse et le club local cohabitent même si l’esprit critique est parfois de rigueur, le président entretient une tension délibérée avec certains médias qui nuit complètement à une approche sereine du dossier. La composition d’une tribune de presse n’a jamais regardé le directeur d’un club et Aldigé n’avait strictement aucune raison d’expulser les journalistes de Sud Ouest en début de saison. Interdire l’accès aux médias sous prétexte de « réunion privée » est tout aussi surprenant. Dimanche dernier, lors de la défaite du BO face à Vannes une nouvelle étape a semble-t-il été franchie avec une distribution de casquettes demandant aux journalistes de redevenir honnêtes.  Une attitude que Bisque, Bisque, Basque ! condamne sans la moindre hésitation. Tous les politiques ne sont pas pourris, tous les journalistes malhonnêtes et tous les présidents de clubs allumés. Au diable donc, tous ces raccourcis à la Trump qui ne font que compliquer la donne !

Une partie de haute volée entre Aldigé et Veunac

On l’aura compris : Bisque, Bisque, Basque ! éprouve plutôt de la sympathie pour le dernier président du BO, pour son authentique passion pour le rugby, sa volonté de moderniser le spectacle proposé et de bousculer les codes. Un homme capable, il y a un peu plus d’un mois, de débouler dans le bureau du maire et, au bout de trente secondes de discussion de hurler sur lui, ne peut qu’être sympathique. Mais limiter Jean-Baptiste Aldigé à un président un peu trop cash dans ses relations serait faire une erreur tactique grossière.

L’homme est probablement un stratège remarquable et s’il bouscule ainsi les habitudes biarrotes, c’est avec une idée derrière la tête. Il sait que le temps lui est compté et que la famille Gave ne patientera pas éternellement. Le poste qu’il occupe lui plaît mais le temps de décision des politiques, où il est toujours urgent d’attendre, n’est pas le sien. Alors, comme Tapie en son temps lorsqu’il dirigeait l’Olympique de Marseille, il peut tour à tour se montrer d’une exquise urbanité ou d’une grossièreté achevée. Les attaques en piqué contre Jean-René Etchegaray ou Nathalie Motsch sont ainsi très calculées. Elles n’ont d’autre but que de terroriser les élus peureux qui se disent que c’est eux qui pourraient être ainsi montrés du doigt et de souder les Biarrots, toujours prêts à détester l’ennemi héréditaire bayonnais, autour de ce projet qui va incontestablement dans la bonne direction mais qui n’est peut-être pas la première priorité de la Ville.

Et n’oubliez surtout pas que Veunac et Brisson, alors que la bataille faisait rage entre les clans Ledoux-Gufflet et Les Gave père et fils, soutenus par les « historiques » Blanco et Brusque, n’ont pas hésité à prendre parti en pleine bataille de cour d’école en demandant aux premiers de partir. Du jamais vu ! Sauf que Veunac est aussi vice-président de l’Agglo et que l’aménagement de la Côte basque doit désormais être fait en concertation.  Veunac doit donc manœuvrer avec deux pistolets braqués sur la tempe, l’un par la famille Gave qui souhaite qu’il tienne ses promesses et l’autre par Jean-René Etchegaray qui souhaite que Veunac se montre solidaire avec l’Agglo.

Comme Veunac est un pragmatique prêt à tout pour sa survie politique, il a entrevu le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation en constatant que des élus de tous bords (Arosteguy, Tardits…) semblaient favorables au projet. Résumé de ses discussions avec son entourage proche : Si le G7 se passe bien, j’annoncerai ma candidature pour 2020 dans la semaine qui suit avec une liste recentrée et composée de gens expérimentés (NDLR : probablement Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq). En attendant, après le fiasco du Palais, Veunac a décidé de réunir les élus en commission générale le 28 pour guetter leurs réactions. Et d’envisager dans la foulée d’organiser un referendum pour se faire adouber par la population. Quitte à expliquer ensuite que c’est le méchant Etchegaray, flanqué de la méchante Motsch, qui empêchent les Biarrots de mener à bien ce projet.

Seul hic à ce beau scénario destiné à permettre à Veunac d’être réélu en 2020, les services techniques dirigés par Christophe Landrain jugent difficilement réalisable cet aménagement, tandis que certains élus se demandent s’ils ne sont pas allés un peu vite en besogne.

Cris et engueulades lors de la réunion de majorité

Une fois de plus la réunion de majorité qui s’est tenue lundi 18 mars a tourné à la bataille rangée. Signe d’une déliquescence absolue, ils n’étaient plus que 13 élus à être présents à ce qui ressemble de plus en plus à une mascarade permanente. Et comme la vie municipale ne cesse de se bonifier, cette fois ce sont Veunac et Lafite qui se sont empaillés gravement, Veunac affirmant que cet aménagement était « juridiquement impossible » tandis que « Lafaillite-nous-voilà ! », le roi des montages acrobatiques qui ruinent les Biarrots, levait les yeux au ciel en ayant l’air de penser qu’il fallait être vieux et dépassé comme Veunac pour ne pas foncer. Notre si sympathique énarque ne serait-il pas en train de se dire qu’un petit cavalier seul en 2020 au cas où le G7 se passerait mal et où Veunac ne tenterait pas sa chance, mérite d’être essayé ?

Autre grosse prise de bec du duo infernal, toujours le même soir, à propos de « GL events » qui devrait gérer la nouvelle salle de spectacle attenante à la tribune Blanco. Veunac redoute que cette société vampirise « Biarritz Tourisme » tandis que Lafite est là aussi favorable à l’arrivée de l’entreprise. Même malaise du côté des troupes, Anne Pinatel se montrant très emballée par le projet, tandis que Brigitte Pradier et la supportrice de cœur du BO Jeannine Blanco l’estiment totalement irréaliste.

Comme les lecteurs pourront le constater, le calme, la paix et l’harmonie la plus absolue règnent donc sur Biarritz, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et où personne ne pense à 2020.

Une raison supplémentaire pour aborder avec beaucoup de soin et de minutie ce dossier d’aménagement du plateau d’Aguilera tandis qu’un calendrier difficile attend le BO dans les prochaines semaines. C’est peu probable et personne ne le souhaite, mais vous imaginez la saison prochaine l’ambiance si se tenait un derby BO-Anglet à Aguilera ?

 

Le BO lui aussi impacté par le G7

Un, voire deux matches sont menacés par le sommet mondial de fin août. Une perte sèche pour le club de rugby qui lorgne du côté d’Anoeta.

En août, les tribunes sont toujours pleines.

À l’image des seigneurs féodaux qui saccageaient sans le moindre état d’âme les récoltes des manants lorsqu’ils chassaient à courre, les grands de ce monde ont décidé de venir distraire leur spleen pré-automnal sur le petit bout de rocher qui est le nôtre et tant pis pour les gueux qui y habitent ordinairement. Nous n’oublierons pas à quel point le premier magistrat de la ville ne s’est soucié que de sa future investiture dans cette affaire, en ne défendant absolument pas les intérêts des Biarrots et en ne faisant pas preuve du minimum de bon sens nécessaire pour empêcher un G7 en plein mois d’août. Quarante-cinq sommets du G7 se sont déroulés sur la planète, mais pas une fois, pas une seule, au mois d’août. Une fois de plus, le prix de la bêtise en barre aura donc un candidat sérieux avec Michel Veunac.

Pas un jour ne se passe en effet sans que les Biarrots ne découvrent une nouvelle atteinte annoncée à leur liberté de vivre et de circuler. Périmètre sécurisé, périmètre ultra-sécurisé, badges, contrôles, fouilles, on en passe et des meilleures, avec une seule certitude : pendant quelques jours, le déconnomètre va marcher à fond !

Cette fois, c’est le Biarritz Olympique qui découvre que le mois d’août pourrait être difficile pour ses finances. Le stade d’Aguilera ne figure pourtant pas dans le périmètre doré à l’or fin où les maîtres du monde auront l’illusion de s’ébattre devant un peuple qui les acclame. Mais il y a une petite annonce qui est un peu passée inaperçue. « Pas le moindre rassemblement ne sera autorisé à partir du 18 août ».

Pour les clubs de rugby des villes côtières où les vacanciers sont nombreux, le mois d’août est l’équivalent des fêtes de Noël pour les commerçants. Les supporters habituels reprennent avec plaisir le chemin du stade après une longue coupure et les vacanciers sont ravis de venir découvrir un club aussi titré que le Biarritz Olympique. Comble de bonheur, les grandes métropoles souvent à demi désertes en août, sont heureuses de joueur leurs premiers matches à l’extérieur en attendant que les citadins reviennent.

C’est donc une à deux recettes du BO qui pourraient être impactées par ce G7.

Aldigé : « Je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ! »

Contacté par téléphone, alors qu’il s’apprêtait à aller assister à la rencontre Union Bordeaux-Bègles-SU Agen, le président du Biarritz Olympique, Jean-Baptiste Aldigé, confirme totalement l’information : « Nous venons d’apprendre cela. La fédération n’a pas encore publié le calendrier de la saison prochaine, mais il est sûr que nous allons avoir au minimum un match d’impacté. »  Le président poursuit : « Nous ne savons même pas si nous serons autorisés à nous entraîner à Aguilera… Qu’est-ce que ça veut dire un rassemblement… Trente-cinq joueurs qui s’entraînent ensemble, c’est un rassemblement ? »  C’est sûr que si les joueurs doivent s’entraîner à deux maximum sur le terrain, ça ne va pas être simple de préparer l’équipe !

Aldigé se veut souriant mais a du mal à cacher son agacement : « Au mois d’août, nous faisons des recettes à 200 000 euros. Vous vous rendez compte de la perte sèche ! »

Quand on lui demande si le BO a un plan B, le président se montre cash comme à son habitude. « J’ai demandé à l’adjointe aux Sports, Stéphanie Ricord, de négocier de ville à ville avec Saint-Sébastien pour voir si nous pouvons utiliser Anoeta à cette période. Mais je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ».

Si la mairie s’en occupe, le BO n’a vraiment plus rien à craindre !

 

Les approximations délibérées de Gave et Aldigé

Bisque, Bisque, Basque ! a pu se procurer le contrat de partenariat qui lie le BO à Sud Ouest. Et s’apercevoir de la mauvaise foi évidente de l’équipe dirigeante.

Est-ce qu’il vous viendrait à l’idée de décider de la couleur de la moquette de l’ambassade de Russie sous prétexte qu’elle est basée à Paris ? Impossible de deviner si la moiteur de Hong Kong ou le grand air de Vancouver y sont pour quelque chose, mais le nouveau tandem dirigeant le Biarritz Olympique, Louis-Vincent Gave et Jean-Baptiste Aldigé, semble avoir une idée un peu particulière du mode de travail des journalistes français comme le prouvent l’éviction de la tribune de presse, jeudi dernier, de notre confrère Pierre Mailharin et le communiqué surréaliste publié hier « Lettre ouverte à bon entendeur », donnant à croire que le quotidien régional doit 33 000 euros au BO.

http://www.bo-pb.com/bopb/actualites/5b8d5f659a72b900555a5032

Pour en revenir à la Russie, tout Français normalement constitué sait qu’une ambassade constitue un territoire extraterritorial dont on ne doit pas (officiellement) s’occuper. Pour en revenir au rugby, les supporters, toujours prêts à accuser les journalistes de tous les maux, ne savent peut-être pas que la composition d’une tribune de presse relève de la compétence de l’UJSF (Union des Journalistes De Sport en France) et non du bon vouloir d’un président décidé à faire le ménage chez les plumitifs au moindre mot de travers.

https://www.ujsf.fr/

Bisque, Bisque, Basque ! condamne donc fermement cette voie de fait qui constitue une grande première dans le rugby français, particulièrement consternante dans une région réputée pour son hospitalité. Les syndicats de journalistes, mais aussi la Ligue Nationale de Rugby et le ministère des Sports ont été saisis de cet abus de pouvoir, et, même si la démission de la ministre Laura Flessel va probablement retarder les choses, on espère vivement que Monsieur Jean-Baptiste « Il n’est ici question que de rugby, n’est-ce pas ? » et son ami Louis-Vincent seront lourdement sanctionnés, à une époque où un mot de travers peut envoyer au frais pour trois mois en tribune le moindre entraîneur.

Échange de marchandises… et d’amabilités !

Le contrat est limpide : Le BO envoie une facture à Sud Ouest, tandis que Sud Ouest envoie une facture équivalente au Biarritz Olympique. Personne ne doit donc rien à personne.

Le rugby est un sport d’excès et on peut comprendre une réaction mal contrôlée, même si elle reste inexcusable. Parce qu’il est plus vicieux, le communiqué publié hier par le BO est totalement indéfendable et tous les journalistes doivent voler au secours de Sud Ouest. Dans toutes les rédactions de France, à l’exception notable du Canard enchaîné, la rédaction travaille aux côtés d’un service de publicité chargé de vendre des espaces du journal et de négocier des accords et des partenariats. Pour avoir travaillé pendant vingt ans à L’Équipe, je peux certifier que les cloisons sont étanches entre les deux services, chacun étant suffisamment occupé de son côté pour ne pas savoir ce que fait l’autre. Insinuer que les écrits de Pierre Mailharin ou Laurent Zègre peuvent être influencés d’une façon ou d’une autre par une tension entre les états-majors du club de rugby et du quotidien régional est donc une calomnie profondément insultante pour nos deux confrères.

Et laisser entendre que Sud Ouest doit 33 000 euros au Biarritz Olympique est tout aussi approximatif.

Les « échanges marchandises » sont une pratique courante dans les journaux. À L’Équipe par exemple, le comité d’entreprise et donc tous les salariés, bénéficiaient de l’usage d’un magnifique voilier Beneteau ancré au port de Deauville en contrepartie d’un certain nombre de pages de publicités gratuites qui paraissaient dans le quotidien sportif. Mais jamais le journaliste chargé de la rubrique Bateaux ne s’est senti obligé de dire du bien de Beneteau. Cet accord qui en général satisfait les deux parties n’a donc aucune incidence sur le contenu rédactionnel à venir. Contrairement à ce qu’affirment Gave et Aldigé, Sud Ouest ne doit donc strictement rien au BO, comme le prouve le contrat. En échange de publicités en faveur du quotidien régional dans le Stade, le journal annonce les matches et offre aussi de l’espace et de la visibilité au BO dans ses colonnes. C’est du donnant-donnant.

Louis-Vincent Gave et Jean-Baptiste Aldigé le savent pertinemment, mais salir le travail parfaitement respectable de deux journalistes professionnels et tisonner les haines entre les supporters et les journalistes, pour faire oublier ses propres manquements, c’est tellement tentant…

Manque absolu d’élégance

Staline faisait disparaître sur les photos les membres du comité central qui avaient cessé de plaire. Gave et Aldigé font de même avec les présidents du BO. Après Serge Blanco de 2008 à 2016, puis Nicolas Brusque de 2016 à 2018, arrivent subitement… Louis-Vincent Gave et Jean-Baptiste Aldigé. Mais où sont passés Benjamin Gufflet et Benoît Raynaud ? Et là, contrairement à la tribune de presse, le duo ne pourra évoquer « le manque de place » puisque par définition, la place est illimitée sur Internet.

À qui profite l’agitation ?

Les généraux ont toujours besoin de fantassins pour aller à la guerre. La seule question qui vaille est de savoir pourquoi la mairie et le camp Blanco mettent en péril le BO par leurs prises de position publiques. 

respectbuteurs

Le message affiché sur l’écran du Montpellier Hérault rugby.

Tous ceux qui fréquentent les stades de Top 14 ou de Pro D2 ont déjà vu sur les écrans géants ces messages projetés au moment des pénalités « Merci de respecter les buteurs » ou « Merci de respecter l’ensemble des acteurs du jeu ». Et tous ceux qui ne sont pas dans une loge, coupe de champagne à la main, savent qu’il y aura toujours à ce moment un petit malin dans les tribunes qui imitera le cri du corbeau pour jeter un mauvais sort au buteur adverse. Comme si, un joueur de rugby professionnel de haut niveau, habitué à tenter plus d’une centaine de coups de pied, chaque semaine à l’entraînement, pouvait se laisser perturber par cette agitation puérile !

Vous avez tous souri, la semaine dernière en voyant François Hollande, grosses joues et petites blagues retrouvées, dédicacer avec un plaisir évident au Centre Leclerc de Plerin « Les leçons du Pouvoir » et ne pas résister à jouer les corbeaux en balançant des piques sur son successeur. Démonstration qu’il n’a jamais réussi à endosser le costume présidentiel, car quelqu’un qui a exercé le pouvoir suprême pendant cinq ans et qui en connaît les difficultés, ne devrait jamais s’abaisser à de telles facilités.

BrusqueQu’est donc allé faire Nicolas Brusque, ex-président du BO sur le parking du BO devant des caméras ? L’ancien arrière du Biarritz Olympique, accompagné de Jean-Baptisite Aldigé, démontre avec cette faute de goût que, tout comme François Hollande, il n’a vraiment pas l’étoffe d’un président. Car, quand on aime un club qui traverse une zone de turbulences et se trouve dans une période de négociations difficiles, on ne fait rien, on ne dit rien qui puisse lui nuire… sauf si on est dans une guerre de pouvoir.

(Pour ceux qui n’ont pas vu : https://www.youtube.com/watch?v=puSEfU9Nyt8)

Magnifiques et authentiques supporters

Heureusement le Biarritz Olympique compte de magnifiques et authentiques supporters, d’une sincérité touchante dans leur amour du club. Prenez par exemple l’organisateur de cette manifestation, Jean-Alexandre Barrère et lisez les innombrables réactions de ceux qui le suivent sur Facebook pour mesurer la passion qui anime tous ces gens qui se saignent parfois aux quatre veines pour pouvoir s’offrir les matches. Dans son orthographe si personnelle, Jean-Alexandre Barrère semble estimer que l’article publié dans ce blog, « BO : Le drôle de jeu de Veunac et Blanco » a eu douze lectures (Six seulement, Jean-Alexandre !) et que le but de cet article est une récupération politique. Un propos qui me fait rire, car j’ai toujours dit que j’étais journaliste et que je ne ferai jamais de politique ! Et je crois vraiment aimer le rugby.

Commentaire JA Barrère

Parfois, les commentaires de ces mêmes supporters me vont droit au cœur, même s’ils se veulent satiriques. Ce doit être mon tempérament « bonne pâte », comme l’écrit Aurélia Barella qui se définit comme « Passeuse de livres » et qui a la « patte satirique » bien involontaire, mais j’ai rougi du compliment quand on trouve « digne de Mediapart » ce torchon de Bisque, Bisque, Basque ! »

Digne de Mediapart

Et puis on découvre aussi des supporters plus lucides qui s’interrogent sur la gestion Blanco-Brusque, sur le déficit chronique du club et se demandent si le tandem, soudainement réconcilié Blanco-Gave peut représenter une solution d’avenir.

Réaction anti Blanco

Qu’ils me soient hostiles ou qu’ils apprécient ce que j’écris, je les adore ces supporters, car ils sont passionnés et sincères tout comme moi. Et ils sont incontestablement le plus merveilleux actif du BO. Même si certains ont des stratégies très personnelles comme on le découvrira sous peu.

Un deal très clair

Benoît RaynaudMon point de vue – Mais je n’ai pas de boule de cristal pour le confirmer ! – est que les deux camps sont en passe de trouver l’argent pour sauver le club et éviter la relégation. Face aux grands moulinets de Brusque et Aldigé, j’ai apprécié le courage du président Raynaud qui n’a pas fui ses responsabilités et est venu s’expliquer dans ce qui ressemblait sérieusement à une embuscade. Écoutez bien ce qu’il dit : « Si l’argent n’est pas trouvé avant l’assemblée générale du 6 juin, je partirai ainsi que Ledoux et Gufflet ». Ce qui veut dire que le tandem Blanco-Gave aura les coudées franches pour le plus grand plaisir de la mairie. On ne peut être plus clair. Ensuite, il n’y a pas besoin d’avoir fait une école de commerce pour comprendre qu’un sponsor ne peut pas être annoncé tant que le contrat n’est pas signé. Quand on a l’esprit rugby, on ne siffle pas le buteur adverse. Quand on aime le BO et qu’on veut le soutenir, surtout dans les moments difficiles qu’il traverse, la seule attitude possible est d’attendre les échéances fixées pour voir qui dit la vérité.

Des politiques à la manœuvre…

Et la vraie question à se poser est de se demander à qui profite l’agitation actuelle ? Bien sûr que ce dossier est politique quand on sait que nombre de négociations sensibles de la Ville se traitent dans les tribunes présidentielles, les soirs de match, comme en témoigne cette étrange tentative de Veunac de convaincre son conseil municipal de racheter 400 000 euros le local à Kleber que le promoteur Mindurry n’avait pas réussi à vendre ! Bien sûr qu’une relégation possible du Biarritz Olympique, club emblématique du monde de l’Ovalie, concerne tout le monde du rugby, surtout quand un Serge Blanco, candidat évincé à la présidence de la fédération française de Rugby, éprouve sans doute des envies de revenez-y !

Les guerres sont toujours le fait des généraux. Mais, comme ces galonnés détestent le plus souvent se salir les mains, il leur faut des troupes pour servir de chair à canon. Et les manipuler un peu pour qu’elles aillent se faire tuer en chantant.

Cette prise de position indécente de Veunac pour le camp Blanco-Gave, ces politiques qui se rallient soudainement, ce tintamarre médiatique ne sont que des postures pour reprendre le pouvoir et faire fuir d’éventuels sponsors d’envergure susceptibles de rejoindre Ledoux et Gufflet. Et les bobards racontés à longueur de journée, comme le prétendu salaire de Raynaud, ne sont là que pour créer une agitation propre à décourager les sauveurs potentiels.

Provisoirement au moins, on vous épargnera le nom des politiques locaux qui assurent les deux camps de leur soutien, même si c’est pitoyable et l’on se contentera de l’exemple de Max Brisson.  Le sénateur parle sur son Facebook d’un « curieux papier ». Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de « décoder » son soutien au camp Blanco.

Max Brisson facebook

En 2014, le candidat aux élections municipales battu par Michel Veunac s’était fâché avec Serge Blanco. Max Brisson a toujours estimé que cette fâcherie lui avait coûté le poste de maire. Depuis 2017, Max candidat-à-tout se retrouve dans ses petits souliers sénatoriaux. Élu d’extrême justesse aux sénatoriales (Il a même cru un instant avoir perdu), Max voit arriver avec inquiétude la réforme constitutionnelle qui va ramener de trois à deux le nombre des sénateurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

Sachant qu’il mourrait dans les trente secondes s’il se retrouvait sans mandat, il commence donc à mettre des fers au feu dans l’optique des élections municipales de 2020 (Ces informations ne sont pas de mon cru, elles sont racontées de façon désopilante dans La Semaine du Pays Basque sous la plume de la Marquise de Vérité). Lors des dernières fêtes de Hendaye, un ami charitable a placé le sénateur à côté de Serge Blanco pour un déjeuner de réconciliation. Et depuis Max ne jure plus que par Blanco.

Voilà les vraies raisons des prises de position de tel ou tel.

Le grand public ne doit pas être dupe et ne doit pas avaler des couleuvres grosses comme des ballons de rugby par amour de son club. Mes années L’Équipe sont loin derrière moi et je n’avais pas l’intention a priori d’écrire sur le BO. Mais j’ai été scandalisé de voir que le goût du pouvoir et les stratégies personnelles ou politiques pouvaient conduire des hommes à préférer le BO relégué en fédérale plutôt que sauvé et dirigé par des mains autres que les leurs.

En attendant l’heureuse réponse dont nous rêvons tous, une seule question à se poser.  Qui est le chef d’orchestre du bazar ambiant et à qui profite cette agitation ?

Une manifestation totalement « spontanée »

JABIl est attendrissant, ce Jean-Alexandre Barrère qui se présente comme un supporter désireux de sauver son club… Attendrissant, mais peut-être un peu plus coquin qu’il ne le dit ! Comme beaucoup de gens de sa génération, il laisse beaucoup de traces sur Internet de ses exploits. Le sémillant patron de la société « Appli pour tous », au capital social de 100 euros, fermée le 21 février 2018 (Source : societe.com), a en tous cas les moyens si l’on se fie au groupe Facebook « Pour tous ceux qui aiment le BO ». Le 18 mai dernier, Jean-Alexandre Barrère n’a pas résisté au plaisir d’adresser aux foules ébahies son billet d’avion pour Hong Kong. C’est probablement l’amour des Dim Sum, ces raviolis à la vapeur locaux, qui l’a conduit là-bas. Et c’est un pur hasard si le 24 mai, il organisait une manifestation « très spontanée » sur le parking d’Aguilera, flanqué de Brusque et d’Aldigé.

Billet d'avion JAB

Comme Jean-Alexandre Barrère se pique d’honnêteté intellectuelle, il va se faire un plaisir d’expliquer si sa passion du BO l’a conduit à ses frais jusqu’à Hong Kong ou s’il a accepté une invitation de la famille Gave.