Barucq désormais presque à poil

C’était prévisible : Comme Saint-Cricq en 2008, le médecin-surfeur vient de se faire lâcher par deux de ses colistiers. Que vont faire maintenant ceux de droite ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le principe de précaution n’est pas un vain mot pour les élus de l’opposition de la liste EHVS, Brice Morin et Lysiann Brao. Quand ils étaient petits, on leur recommandait certainement de tourner sept fois la langue dans leur bouche avant de parler. Cette fois, ils ont préféré la tourner 77 777 fois avant de prendre une décision. C’est donc quarante-deux jours après le dernier conseil municipal du 29 juillet que les deux élus de l’opposition, membres de la liste Barucq ont annoncé dans Mediabask qu’ils reprenaient leur liberté, déplorant que Jean-Batiste Dussausoix-Larralde et Corine Martineau n’aient pas respecté la discipline de groupe et refusé de voter une surtaxe à 60% des résidences secondaires.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200910/euskal-herrian-vert-et-solidaire-reprend-son-independance

Une défection qui ne surprend pas grand monde car le concours de paris était ouvert entre tous les observateurs de la vie biarrote pour savoir combien de temps tiendrait cet improbable attelage composé de gens de gauche et de droite regroupés derrière la bannière écologique de Guillaume Barucq. Personne n’imaginait ces cinq opposants faire route commune jusqu’en 2026, ce qui démontre une fois de plus qu’on ne compose pas une liste électorale au décrochez-moi ça, en assemblant n’importe qui autour de n’importe quoi.

Barucq : « Même pas mal !»

On ne sait jamais avec Guillaume Barucq s’il est foncièrement gentil ou s’il met en avant sa gentillesse comme arme politique. Probablement les deux ! L’élu d’opposition, qui a certainement lu la fable de La Fontaine « Le renard et les raisins », où le rusé animal estime que les raisins beaucoup trop hauts d’une treille « sont trop verts et bons pour des goujats », s’efforce de la jouer grand seigneur : « La richesse et la percussion d’une opposition naissent de sa diversité. Comme en 2014, les courants qui composaient la liste arrivée en deuxième position reprennent leur autonomie. Mais nous continuerons à nous concerter au sein de l’opposition et je reste en excellents termes avec Lysiann Brao, Brice Morin et EHVS. Je comprends leur décision de voler de leurs propres ailes. Je leur souhaite bon vent et je sais qu’ils apporteront un plus à ce conseil municipal pour renforcer les exigences sociales, écologiques et de développement de la langue basque. » Ce qui s’appelle faire bonne figure dans la déroute.

Martineau : Silence radio

Car pour cacher sa totale nudité politique, Guillaume Barucq n’a plus que deux feuilles de vigne à sa disposition. Et, on le sait, les feuilles de vigne ont tendance à tomber l’automne venu. S’il ne veut pas pérorer dans la solitude, à l’image d’un Patrick Destizon obscène lors du dernier conseil municipal dans sa pathétique volonté d’exister, Guillaume Barucq a intérêt à garder à ses côtés Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde et Corine Martineau pour pouvoir varier les interventions et éviter les soliloques. Mais, à supposer qu’il réussisse cet exploit, son image se décentrera forcément aux côtés de ces deux tenants de la droite dure et décomplexée. (Et l’on pouffe de rire rétrospectivement en repensant à Matthieu Accoh expliquant à BBB qu’une alliance avec Nathalie Motsch était impossible car « elle est trop à droite ».  Tandis que tata Corine, c’est l’extrême-gauche ?)

Contactée par message téléphonique, Corine Martineau n’a visiblement pas souhaité répondre. Les deux militants républicains doivent être en pleine réflexion, car il est sûr qu’ils auraient beaucoup plus de visibilité en faisant leur propre groupe d’opposition et auraient à défendre des idées plus évidentes pour eux que celles du médecin-surfeur qui pourrait bien dans les jours à venir avoir à affronter des vagues autrement plus traîtresses que celles de la grande plage.

La politique est un métier impitoyable. Demandez-donc à Jean-Benoît Saint-Cricq ce qu’il en pense.

Les amours d’été ne durent pas toujours

Cette amusante vidéo a été prise le 28 juin dernier, au soir du deuxième tour, dans la permanence électorale de Guillaume Barucq. « On a pris une taule » reconnaît le candidat qui est persuadé qu’il a sous la main une « formidable équipe » et que « 2026, c’est demain. On sera prêts et motivés ». Visiblement, ce soir-là, la voyante Elizabeth Teissier n’était pas invitée.