Biarritz s’agite tous azimuts

Manif anti-G7, Veunac, Brisson, Lafite, Saint-Cricq, Arosteguy, la partie de billard à douze bandes est lancée dans la cité balnéaire.

Quelques gilets jaunes avaient pris place dans cette manifestation anti G7 qui a réuni plus de 500 personnes.

Comme un homard géant négligé par des convives de l’hôtel de Lassay et livré en pâture au petit personnel, la préfecture avait fait l’aumône aux organisateurs d’une seule et unique manifestation anti-G7, samedi dernier, dans les rues de Biarritz. Première très bonne surprise, ce rassemblement organisé à une date difficile pour les mobilisations par G7 Ez ! et Alternatives G7 a regroupé un demi-millier de personnes. Une estimation qui n’émane ni de la CGT ni de source policière, mais basée sur l’observation d’une place Sainte-Eugénie remplie à ras bord, tandis que la tête de cortège se trouvait déjà sous les fenêtres de l’Hôtel d’Angleterre.

Un cortège sympa et bon enfant où l’on croisait aussi bien des membres de Bizi, que du parti communiste, ainsi que des altermondialistes d’Attac, des écologistes, quelques anarchistes et trois black blocks, vêtus de noir des rangers à la cagoule, s’efforçant d’allumer des fumigènes dans le kiosque à musique de Saint-Eugénie sans susciter la moindre réaction.

Deuxième bonne surprise, les commentaires plutôt amusés et favorables des locaux comme des vacanciers à cette répétition générale de ce qui nous attend dans six semaines, nombre de maillots de bain-huile solaire engageant la conversation avec les manifestants pour déplorer la stupidité d’un tel sommet à une telle date dans une cité balnéaire.

Enfin, et c’est sans surprise, pas un élu biarrot n’avait daigné venir dialoguer avec les manifestants. Il faut dire aussi que nos élus ont tant à faire actuellement pour assurer leur avenir qu’on a presque envie de leur rédiger un mot d’excuse.

Sondage : Veunac avoue à demi-mot

Sud Ouest, 13 juillet.

Et l’on commence par celui qui la joue vieux-usé-fatigué, mais qui continue à tirer toutes les ficelles, notre Mimi-la-Malice que la terre entière nous envie. Si on vous interroge à propos d’un sondage dont vous n’êtes pas à l’origine, vous allez tout de suite dire au journaliste que vous n’êtes pas le commanditaire, ce qui n’est pas exactement ce qu’a répondu le maire de Biarritz à Sud Ouest : « Qui a fait ce sondage ? Je n’ai pas à répondre à ça. Mais je sais que pas un centime de la Ville n’est ou ne sera utilisé pour une quelconque enquête d’opinion. Le commanditaire paie ». Si ce n’est pas un aveu, ça y ressemble. Les messages laissés sur répondeur prouvent que le sondage est réalisé par « Acticall-Opinionway » deux sociétés bien connues dans le monde du sondage politique. D’après plusieurs recoupements, l’ardoise minimale dans ce genre de prestation s’élève à 15 000 euros. Et un sondage « aux frais des contribuables » était bien prévu par la mairie. Grâce à Sud Ouest et à Bisque, Bisque, Basque ! Veunac pourrait se retrouver à faire le chèque final et devenir, contraint et forcé, vertueux avec l’argent public. Mais le connaissant, un arrangement avec la société de sondage pourrait aussi intervenir. En attendant, nul doute que notre cher maire se fera un plaisir de nous détailler tout cela et de nous communiquer les résultats du sondage lors du prochain conseil municipal.

Saint-Cricq s’enflamme en vain

Avec un opposant comme celui-là, le maire n’a plus besoin de majorité. Dans le dernier « Biarritz-Magazine », Jean-Benoît Saint-Cricq, l’homme qui a incarné pendant quatorze ans une opposition de fer à Borotra puis à Veunac avant de succomber aux délices du compromis, s’enflamme totalement.

« Biarritz Magazine », juillet-août 2019.

En planquant les dettes sous le tapis, comme pour le Palais, il est facile d’avoir une « embellie des comptes », mais l’avocat biarrot n’en a cure et ne se souvient plus des fondamentaux de l’opposition. Enthousiaste, il nous promet un futur mandat de prospérité à partir de 2020 où l’on va enfin « s’attaquer aux vrais problèmes des Biarrots ». Avec lui dans la liste Veunac ? On se demande vraiment ce qu’a fait Veunac de 2014 à 2020 pour qu’il se décide enfin à se mettre au travail, mais l’ex-opposant devenu manieur de brosse à reluire se moque de ces détails triviaux.

Et que croyez-vous qu’il advint de tant de courtisanerie ? Veunac considère désormais tellement Saint-Cricq comme « sa chose » qu’il n’a même pas eu l’idée de le mentionner dans le sondage d’opinion qu’il a commandité. Pourtant, aux dernières nouvelles, Saint-Cricq fait toujours partie de l’opposition. Un « oubli » risible à dégoûter définitivement de la flagornerie.

Brisson et Lafite en alerte

Le look énarque prétendument à gauche, face au look luxembourgeois en vacances.

Le jour où se tenait la manif anti-G7, un lecteur au smartphone véloce a surpris cette longue discussion entre Brisson et Lafite, côte des Basques. Les deux en effet doivent consulter frénétiquement toutes les voyantes de la Côte basque pour savoir ce que Veunac leur réserve. Et c’est sans doute en application de la méthode Coué qu’ils annoncent à tout va que Veunac ne se représentera pas. « La Faillite-nous-voilà ! », on le sait, rêve d’être calife à la place du calife, même si comme l’avoue ingénument son épouse, « il a peu de chance d’être élu car il est trop à gauche pour les Biarrots ». Un état de fait qui n’avait pas sauté aux yeux des observateurs de la vie locale, contrairement à l’agacement que ses haussements de sourcils, ses mimiques méprisantes et ses grimaces à la De Funès suscitent.

Lafite est donc sous la gouttière en attendant la décision de son seigneur et maître. Pour donner un peu de lustre à la future liste, il promène avec lui le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, qui a une maison à Biarritz et est le grand copain de Michel Poueyts. Encore un qui se demande à quelle branche il va pouvoir se raccrocher pour poursuivre sa brillante carrière municipale maintenant que les abertzale ne souhaitent plus le voir se représenter !

 Le sénateur Max Brisson de son côté après avoir fait le tour de toutes les listes potentielles en se déclarant « prêt à rendre service », semblait s’être décidé à rallier Veunac et partir en 2020 comme simple conseiller municipal ce que la loi sur le cumul des mandats lui permet. Pour preuve, les communications avec Maïder Arosteguy, avec qui il avait un moment envisagé de faire équipe, brutalement interrompues à son initiative. Pas de chance pour lui, Veunac depuis quelque temps ne le prend plus au téléphone, officiellement « trop occupé » par le G7. En fait, Veunac cherche à recomposer sa liste avec des figures de La République En Marche, histoire de donner un peu de lustre au ramassis de vieux politiques qui usent leurs fonds de culotte sur les bancs municipaux depuis des décennies avec qui il est prêt à partir. Didier Guillaume pourrait en être, mais aussi Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’état au Tourisme, très proche de la sénatrice Frédérique Espagnac. Et dans ce cas-là, la présence du sénateur Brisson, menacé par une réforme constitutionnelle qui verrait les Pyrénées-Atlantiques se contenter de deux sénateurs, n’a plus beaucoup d’utilité. D’autant plus que Veunac, malin, annonce qu’il n’ira pas au bout de son mandat et est prêt à céder sa place en 2022. Une date susceptible de faire frétiller d’aise les deux membres du gouvernement, jamais à l’abri d’un remaniement ministériel après l’élection présidentielle.

Quand on vous disait qu’on ne s’ennuie pas à Biarritz !

Et pendant ce temps Arosteguy pique-nique !

Tandis que Guillaume Barucq rame à Bidart pour une planète plus propre en compagnie de ses troupes de la « Nouvelle vague », tandis que Nathalie Motsch se fait on ne peut plus discrète pour l’instant, se contentant d’une communication institutionnelle un peu surprenante, Maïder Arosteguy, seule candidate officiellement déclarée, laboure inlassablement le terrain. Dernier événement en date, un pique-nique au lac Marion où chacun était invité à venir avec sa bouteille et un plat à partager. Plus de soixante personnes étaient présentes, samedi à 18 heures, ce qui est plutôt une belle réussite en cette période estivale.

Bisque, Bisque, Basque ! a bien cherché mais n’a vu ni Brisson ni Veunac, ni Lafite. Un empoisonnement est si vite arrivé !