Journal d’un buté de campagne (3)

Les cocus au balcon… puis au téléphon

Un ministre aux colistiers absents, des « sans liste » qui cherchent fortune ailleurs, un Veunac KO debout, une Maïder prudente, récit d’une folle semaine biarrote.

DÉNI TOTAL. – Mercredi soir 29 janvier, après l’annonce du retrait des deux ministres, les journalistes locaux se sont précipités pour interviewer les colistiers de Didier Guillaume. Ces derniers, malgré l’information relayée par tous les médias, soutenaient que leur héros allait démissionner dès le lendemain du ministère de l’Agriculture. Pour preuve « il a prévu une réunion publique ce vendredi » Las, le jeudi a permis de constater que l’abandon de Biarritz par le toujours ministre était effectif et que ni Lafite ni Brisson ne se montraient très enthousiastes pour devenir tête de liste. Tous alors de se précipiter vendredi matin, en fonction des affinités, au téléphone pour tenter de trouver place sur une liste encore prête à les accueillir. Les convictions, il n’y a que ça de vrai.  

LES VALISES ÉTAIENT PRÊTES. – Après son entretien mardi avec Emmanuel Macron, Didier Guillaume s’était montré catégorique auprès de ses soutiens : ses valises étaient prêtes, son aller-simple Paris-Biarritz en avion retenu pour mercredi soir, « où il arrivait à plein temps », la réunion prévue avec LaRem devant être une simple formalité. Sauf que notre ministre de l’Agriculture commençait à avoir de sérieux doutes depuis 10 jours. Ses poissons-pilote Michel Poueyts et Guy Lafite lui avaient parlé d’une ville qui n’attendait que lui et promis des salles combles à chacune de ses sorties. La réalité s’était montrée toute autre et de son propre aveu, Didier Guillaume reconnaissait que « l’élection allait être difficile à gagner ». Sur ce, le 24 janvier, le ministre de l’Agriculture apprend que son grand copain Michel Poueyts est mis en examen pour corruption dans une affaire de trafics de billets de rugby. Misant sur la présomption d’innocence, Guillaume décide malgré tout de continuer. Avant de découvrir que le procès du fonctionnaire en prison qui rénovait les permis de conduire contre des places de rugby se tiendra le 11 février prochain à Pau. Avec le risque que le cas de son copain Poueyts qui jure de son innocence sur sa page Facebook soit largement cité par la presse. Voilà comment l’agriculture française a gardé son grand homme.

LA « FRONDINETTE » DE LEMOYNE. – Lors de la réunion de LaRem où devait se traiter les cas des deux ministres concurrents à Biarritz mais aussi celui de Cédric Villani, tout le monde s’attendait à ce que les difficultés proviennent de Didier Guillaume, bien décidé à démissionner. En fait le ministre de l’Agriculture a assez vite abdiqué pour les raisons expliquées un peu plus haut. En revanche, c’est Jean-Baptiste Lemoyne qui a fait des manières en expliquant que son cas n’avait rien à voir avec celui de Didier Guillaume et qu’il était juste un « soutien » de Michel Veunac. Le néo-Biarrot a tellement agacé tout le monde qu’une suspension de séance a été décidée, histoire de laisser le temps à Emmanuel Macron de téléphoner à l’impétrant. En substance, le président de la République, très colère, lui aurait dit : « Tu as une heure pour choisir. Soit tu restes à ton poste, soit tu te présentes à Biarritz. Mais pas les deux ! » Et comme Lemoyne a besoin de ses émoluments de secrétaire d’État, il est soudain devenu docile. Quand on parle pognon, c’est fou comme les choses s’arrangent.

VEUNAC KO DEBOUT. – Convié au débat organisé par France Bleu – Sud Ouest où il s’imaginait en tête du sondage organisé par les deux médias, Michel Veunac a pris une grosse claque en découvrant que Maïder Arostéguy le devançait largement. Le maire sortant s’est efforcé de faire bonne figure au micro en répétant : « Je considère que mon bilan est de bonne qualité ». Mais, au dire de tous les témoins, il était KO debout et incapable, sans le bras secourable de son épouse, de regagner seul sa voiture.

LES CHIFFRES QUI TUENT. – C’est l’analyste politique d’Ipsos, commanditaire du sondage, qui s’est montré le plus sévère pour Michel Veunac, visiblement assez peu populaire parmi les 500 personnes sondées. Si Maïder Arostéguy réunit 63% d’opinions favorables et Guillaume Barucq 53%, Veunac n’est qu’à 44%, un chiffre extraordinairement bas pour un maire sortant. Et quand les sondés jugent le bilan, c’est encore pire. Pour l’analyste d’Ipsos, Veunac est « très sévèrement noté par les Biarrots. Pour qu’un maire sortant puisse être réélu, il lui faut en règle générale 66% de sondés estimant qu’il a un bon bilan » Veunac plafonne à 50% de sondés considérant que son bilan est honorable. Ce qui tient déjà du miracle, compte tenu du mandat calamiteux qu’il a fait vivre à tous.

 LES VACHERIES DE MAÏDER. – Nettement en tête, Maïder Arostéguy s’est gardée au micro de France Bleu Pays Basque de tout triomphalisme à six semaines du premier tour. Quand on évoque le soutien du sénateur Max Brisson qui s’est soudain réveillé à 16 h 58 sur son Facebook, soit deux minutes avant les résultats du sondage, Maïder fait dans la sobriété suave : « J’accepte son soutien avec grand plaisir » Un ange passe… Et quand le journaliste, malicieux lui demande si elle est prête à accueillir dans sa liste des transfuges de la liste Didier Guillaume, Maïder répond tout aussi malicieusement : « Ma liste est bouclée. Mais si certains veulent me rejoindre au sein du comité de soutien, ils sont les bienvenus » Oh, la vilaine, qui veut priver des élus méritants et désintéressés de leur place au chaud au conseil municipal et leur demande de travailler gratos !

BRISSON AU PALMARÈS DU RIRE. – Malgré la concurrence de trois réunions publiques, belle assistance jeudi 30 janvier, à la Maison des Associations, pour la remise des klaxons et des harpes aux élus les plus méritants par l’association RamDam. Alors que les esseulés de la liste Guillaume se réunissaient pour savoir s’ils ne pouvaient trouver un leader de rechange, Max Brisson, lauréat d’un klaxon d’argent pour « la rectitude de ses convictions et son soutien sans faille à la candidate de sa famille politique » a suscité le plus de rires et de moqueries dans l’assistance. C’est François Bayrou, vainqueur du klaxon d’or qui va être jaloux !

LA MENACE QUI FAIT TREMBLER. – Bonne dernière mais pas désarçonnée pour autant, Marine Batiste a stupéfié les participants du débat par son culot : « L’écologie ça ne s’improvise pas. Je n’apporterai, en tout cas, mon soutien à personne. ». Qui va oser dire à la candidate qui a été présentée par « Libération » comme investie par les Verts et s’est pris un cinglant démenti d’EELV, qu’au vu du nombre insignifiant de voix qu’elle représente, tout le monde s’en fout ?

LE VRAI VAINQUEUR ? – Karim Guerdane, journaliste de son métier, a su mettre en évidence son résultat : « Vous devriez titrer sur le score que je réalise, car approcher les 5 %, en moins de trois semaines de campagne c’est enthousiasmant ; ça signifie que dans cette campagne il y a aussi une voix pour le citoyen et je suis content de l’incarner. À mon sens, la question sociale doit être prioritaire. » Derrière la boutade, l’enfant de Saint-Charles a probablement raison. À force de repeindre en vert leurs listes, les candidats semblent avoir un peu oublié les plus démunis et les dégâts que peut faire la politique ultra-libérale de Macron. Gageons que tous les candidats vont soudainement mettre un peu de social dans leurs programmes. De là à le mettre en pratique ensuite…

JANUS VEUNAC. – À croire que le encore maire de Biarritz a eu le temps de prendre quelques pilules magiques entre le siège de France Bleu et le centre-ville de Biarritz ! Vendredi soir, l’ambiance était totalement mortifère au sein de sa permanence après la publication du sondage, Louis Vial et Patrick Destizon, tirant une tête de dix pieds de long comme s’ils venaient d’enterrer leur grand-père. Mais Super-Mimi est arrivé vers 20 heures, remonté comme jamais en rappelant qu’en 2014 Max Brisson était annoncé largement vainqueur. Et le pire, c’est que ses maigres troupes l’ont cru et sont ressorties gonflées à bloc. Ce que c’est d’être un grand leader charismatique !

IL VA LES TUER ! – Bravant le coronavirus et ne prenant pas en compte l’âge avancé de sa troupe pour un travail aussi matinal, Veunac avait mis tout le monde au boulot dès 9h30 samedi matin aux halles centrales de Biarritz (Le maire ne doit pas savoir qu’il existe des quartiers plus démunis à Biarritz) à distribuer sa propagande. Mamie Jeanine Blanco, Papy Robert ou Tonton Vial haranguaient comme jamais les chalands, vêtus de leurs assez ridicules écharpes blanches (Pour signifier sans doute que le mandat a été vierge de toute bavure). Un seul jeune dans la troupe : l’homme qui se perd encore dans Biarritz, Jean-Baptiste Lemoyne. Il suffisait d’écouter les commentaires peu amènes des Biarrots à quelque distance du groupe des distributeurs de tracts pour constater que Veunac a intérêt à investir dans un remonte-pente haut de gamme s’il veut être réélu.

LA PERLE DE LA LISTE ? – Ayant perdu la seule « nouveauté » de sa liste avec Jean-Baptiste Lemoyne, Michel Veunac se trouve désormais fort démuni avec son équipe de vieux chevaux de retour de la politique qui se sont distingués pendant tout le mandat par leur absence d’idées et leur servilité inégalable. Mais le super vendeur Mimi-la-Malice clame partout que sa liste va étonner et qu’il a une « recrue de choix ». Aux dernières nouvelles, la recrue de choix serait Christian Brocas, l’homme qui a passé six ans à tailler Max Brisson qu’il soutenait en 2014 et Michel Veunac qu’il soutient désormais. C’était notre rubrique : pour une gamelle, je suis prêt à tout.

MONSIEUR X OU MONSIEUR Y ? – Chaque semaine, Bisque, Bisque, Basque ! s’extasie devant la malice de la rubrique politique de La Semaine du Pays basque, avec une Marquise de Vérité très bien informée et un Monsieur X qui, sous couvert de décoder la vie politique biarrote, encense Veunac au-delà de tout. Pas de chance pour l’hebdomadaire local, Bisque, Bisque, Basque ! a son propre informateur, Monsieur Y, très proche du président. Selon Monsieur Y, Macron a compris depuis fort longtemps les limites de Veunac et ne le tient pas en haute estime comme en témoignent les discours d’après G7 où le nom du maire de Biarritz avait été soigneusement biffé. Monsieur X et Monsieur Y ? Sûrement deux collègues de bureau qui se détestent !

ET MAINTENANT LA MOMOBILE. – Maïder Arostéguy sillonne les quartiers avec un monospace gris que ses colistiers surnomment la « Mamamobile ». Depuis ce week-end, Nathalie Motsch a jeté son dévolu sur un véhicule électrique du plus bel effet que l’on surnommera la « Momobile ». En appréciant le clin d’oeil appuyé fait à Jean-Baptiste Aldigé et aux supporters du BO avec les belles couleurs rouge et blanc du véhicule.

Journal d’un buté de campagne (1)

Le programme électoral de Bisque, Bisque, Basque ! est simple. Faire comprendre aux Biarrots que Michel Veunac est le pire maire de l’histoire de la Ville.

Vous en avez marre d’entendre dans cette campagne électorale mugir ces féroces candidats qui viennent jusque dans nos bras pour nous vendre leurs combats ? Chaque lundi jusqu’au 23 mars, lendemain de l’élection du nouveau maire de Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! va vous offrir sa récolte d’échos insolites.

DÉMENTIS.- Il fallait de l’audace pour imaginer Laurent Riberolles et Corine Martineau tracter main dans la main. Sur la foi d’un écho paru dans Sud Ouest, Bisque, Bisque, Basque ! avait cru pouvoir annoncer le ralliement du secrétaire du PS à la liste de Guillaume Barucq. Laurent Riberolles a gentiment démenti par SMS et nous prenons acte. Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz, est lui monté sur ses grands chevaux à propos du même article : « C’est Michel Veunac qui est venu me chercher et non l’inverse. Ce qui tombe bien car j’avais envie de faire de la politique ». Bénéficier d’une délégation de service public, avoir Michel Veunac et comme patron et comme tête de liste ne lui poserait pas le moindre problème ? « Arrêtez de vous prendre pour une star du journalisme. Moi aussi, j’ai gagné dans ma carrière quelques grands concours ». Dont celui de l’anticipation, puisque Camy-Sarthy avait été félicité pour avoir obtenu le Pôle équestre deux jours avant que les appels d’offres ne soient examinés.

https://jeanyvesviollier.com/2020/01/08/et-on-attaque-quand/

JUDICIEUSE PERMANENCE. – Michel Veunac a installé sa permanence électorale dans les locaux de l’ancien pressing tenu par Monique Lajus, juste à côté du cinéma Le Royal. Un local parfait pour défriper un peu les convictions, raviver les couleurs d’une liste bien défraîchie et repasser devant les électeurs biarrots dans l’espoir de faire six ans de plus.

DES VŒUX TRÈS MALICIEUX. – Lors des vœux du maire, Michel Veunac a surpris tout le monde en allant chercher Nathalie Motsch qui se tenait en périphérie pour l’installer près d’elle… et l’avoir ainsi sur la photo. Le rusé Mimi-la-Malice prend un malin plaisir à laisser entendre en petit comité que Calamity Nathalie est prête à se rallier à lui et à accepter un poste de première adjointe. Ce qui est faux évidemment. Mais diviser pour régner est un art.

QUELLE CLAQUE ! – N’ayant pas beaucoup de talents à faire valoir dans sa liste, Michel Veunac, lors de cette même cérémonie, a tenté de faire applaudir Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État qui prend « l’avion pour Biarritz comme on prend le métro ». Deux ou trois applaudissements du bout des doigts de sa garde rapprochée et c’est tout. Si le compagnon de Frédérique Espagnac avait des doutes sur l’enthousiasme qu’il suscite, il n’en a plus. Participer à La Manif pour tous est une chose, convaincre les Biarrots une autre.

FLAGORNEUR DE CLASSE MONDIALE – La lecture du Facebook des élus est souvent édifiante. En réponse à Mathieu BTZ qui se réjouit de la « déconfiture de Veunac », le très zélé Éric Bonnamy qui rempile après un mandat où rares sont les Biarrots qui ont entendu le son de sa voix, s’étouffe d’indignation : « Veunac transpire Biarritz ». Si Veunac a souvent connu des sueurs froides au cours des conseils, ce n’est sans doute pas à cause de son amour pour Biarritz mais à cause de son improbable majorité.

ENFIN UNE LISTE DE GAUCHE- Les Insoumis biarrots, Biarritz Euskal Herrian et EELV ont décidé d’unir leurs forces pour être un rempart « aux politiques d’austérité et aux désordres écologiques ». Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh devraient apparaître dans cet ordre sur une liste que plus d’une soixantaine de personnes souhaitent rejoindre. (Ils vont faire rêver tous ceux qui n’arrivent pas à boucler leur liste !) Fin du cauchemar pour tous les citoyens de gauche qui se demandaient pour qui voter au premier tour.

L’AVENTURIÈRE DE L’URNE PERDUE- La candidate Marine Batiste, fraîchement encartée à EELV et conviée à cette conférence de presse, a brillé par son absence, ce qui a bien fait ricaner tous ceux qui s’étaient déplacés à Plazza Berri. On murmure en effet, que forte de son appartenance pour le moins récente à EELV, la candidate, venue discuter avec les Abertzale et les Insoumis biarrots avait exigé en toute simplicité… la tête de liste. Ce qui lui a valu d’être vertement reconduite. C’était bien la peine de casser sa tirelire en adhérant aux Verts !

Max Brisson : « Biarritz est la risée du département »

Le sénateur a envisagé un moment d’être lui-même candidat. Mais il ne veut pas rajouter de la confusion à la confusion et estime que « plus le temps passe plus cette volonté s’émousse ».

Ironie de l’histoire ou sentiment que la page est définitivement tournée ?  C’est au « Café de Paris » que Max Brisson me propose de partager un verre, à l’endroit même où nous avions dîné six ans plus tôt, en compagnie de Jean-Philippe Ségot. Et à l’époque aucun de nous trois n’imaginait que Michel Veunac pouvait un jour devenir maire. Cette élection de 2014 est toujours étudiée à Sciences-Po, tant les résultats entre le premier et le deuxième tour ont été surprenants, et en particulier dans deux bureaux de vote, mais visiblement c’est de l’histoire ancienne pour Max Brisson, souriant et détendu en ce début de vacances parlementaires. Il fait comme si cette énorme blessure était définitivement guérie : « La République n’aura pas été mauvaise fille à mon égard », estime-t-il par allusion à son élection au conseil départemental en 2015 et à sa victoire de septembre 2017 aux élections sénatoriales.

« Ce mandat est totalement chaotique »

Brisson et Veunac, en 2014, dans l’attente des résultats. (Photo Sud Ouest)

« On me prête beaucoup d’intentions mais je suis sorti du jeu biarrot pour m’investir pleinement dans mon mandat de sénateur des Pyrénées-Atlantiques. Et dans mes fonctions au quotidien, je m’adresse plus aux maires du département qu’aux acteurs biarrots. Mais je reste un citoyen biarrot, un électeur biarrot et un élu biarrot. Je porte un regard très critique sur les six années qui viennent de s’écouler. En 2014, la mayonnaise a été suffisante pour permettre à Veunac de gagner mais pas pour gouverner. On a eu pendant six ans le résultat du bal des seconds, capables en 48 heures de s’entendre ”contre”, mais pas pour gérer dans la durée une ville comme Biarritz.   D’où l’éparpillement, l’émiettement, la fragmentation à répétition de la majorité issue des alliances contre nature de 2014. Ce qui aurait été naturel, c’est que Michel Veunac reconnaisse qu’il avait fini, avec 17%, deuxième du premier tour et me rejoigne puisque j’étais en tête. Des alliances avec des personnes de sensibilité différentes sont possibles, j’en ai d’ailleurs accompagné, ce qui m’a valu d’être exclu de mon parti quand je me suis rapproché de Didier Borotra, mais les projets étaient travaillés au cordeau et très en amont. Ce sont ces petits arrangements politiciens qui expliquent le mandat totalement chaotique dans lequel Michel Veunac semble se délecter puisqu’il en redemande. »

En ancien bon élève qu’il est, Max Brisson a visiblement préparé cet entretien. Il sort des feuilles manuscrites d’une chemise en carton avec des grands chiffres pour ne pas oublier tous les sujets qu’il veut aborder. Nous évoquons aussi brièvement les « divergences de vue » qui l’opposent parfois à Bisque, Bisque, Basque ! et le sentiment d’injustice qu’il ressent, en particulier quand on lui dit qu’il « fait de la politique à l’ancienne » : « On me reproche parfois de faire de la politique à l’ancienne, mais les conseillers municipaux, les adjoints qui tapent sur le maire, c’est aussi la vieille politique. On a perdu tout sens des règles de l’ancien monde qui fait que la démocratie fonctionne. Dans mon rôle de sénateur, les maires me parlent de Biarritz, c’est vrai, mais pour s’en moquer. On est devenu la risée du département. Ce qui me chagrine c’est que les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Si le maire est le fruit de petits arrangements réglés en vingt-quatre heures au soir du premier tour, on obtiendra le même résultat qu’en 2014. »

 « J’attends un projet d’impulsion »

Conseiller départemental et sénateur apprécié de ses collègues pour sa grosse capacité de travail, Max Brisson va-t-il enfin dire qui il va soutenir lors des prochaines municipales, lui qu’on accuse d’être allé voir toutes les listes ? « Je dirai le moment venu le projet qui me convient le mieux. Pour le moment, je ne connais pas le plat, je ne connais pas la sauce. J’attends un projet d’impulsion. De savoir quelles sont les trois ou quatre idées fortes de la future mandature. J’attends le rassemblement de gens différents qui ont eu des engagements politiques mais qui sont prêts à se retrouver sur une feuille de route partagée. Il faut des figures et de la légitimité. Il faut un patron à la tête d’une mairie, il faut de l’incarnation car le maire dit plus souvent non que oui. » Un portrait en creux de lui-même, tel qu’il se perçoit ?

Max Brisson soupire. Visiblement le destin de Biarritz lui tient toujours à cœur.  « Pour l’instant, je n’ai pris aucune position. Je ne me suis jamais caché de voir souvent Michel Veunac, Maïder Arostéguy ou Didier Guillaume. Je vois, je regarde et je l’assume. Contrairement à une légende tenace, j’ai souvent fait des choix courageux dans ma carrière politique. Je me méfie des solutions restrictives, des idéologies totalement arrêtées. »

« Oui, j’ai envisagé d’être candidat, mais cette volonté s’émousse »

Difficile de résister à la tentation de lui demander s’il a envisagé ou s’il envisage toujours de se porter candidat : « Oui, je l’ai envisagé. Mais plus le temps passe et plus cette volonté s’émousse, car je n’ai pas envie de rajouter à la cacophonie ambiante. Désormais, je suis plus dans l’idée d’un soutien que d’une participation. Mais si un candidat se retirait début janvier, ce qui me paraît fort peu probable, j’envisagerais une éventuelle candidature. » Voilà qui est précis.

La politique est parfois difficile à comprendre pour le novice. Comment se fait-il qu’un sénateur membre des Républicains ne soutienne pas la candidate investie par son parti. ? « Je rappelle tout d’abord que j’étais proche d’Alain Juppé et que je suis proche de Valérie Pécresse qui vient de quitter le parti auquel j’appartiens ».

« La base actuelle de Veunac est étroite »

Maïder Arostéguy, Max Brisson et Philippe Nalpas, lorsqu’ils faisaient liste commune au moment des élections départementales de 2015.

Alors qu’on s’attend à voir Max Brisson un peu en difficulté sur le sujet, il va au contraire passer en revue (presque) tous les candidats déclarés. « J’ai de la sympathie pour la personne et pour la femme politique qu’est Maïder Arostéguy, mais je rappelle qu’elle était à l’UDI il y a peu encore. Je considère que Maïder est de ma famille politique mais que gravitent dans son entourage des personnes représentant la droite que je ne supporte pas. Je la soutiendrai peut-être mais je n’ai pas encore pris de décision et je ne suis pas disposé à recevoir de leçons de fidélité de ma famille politique alors que c’est la mienne depuis que j’ai une conscience politique ».

« Je n’ai aucun problème pour parler librement et publiquement de chacun des candidats. Je suis surpris de l’autosatisfaction de Michel Veunac sur son bilan et sa méthode de gouvernement. Le ressenti majoritaire est celui d’un mandat manqué. Il gagnerait à l’accepter. À sa décharge, l’hallali permanent qu’il subit m’a conduit parfois à voler à son secours. La base de Veunac est à l’heure actuelle étroite et il est devenu clivant. Biarritz n’aime pas les clivages, je sais de quoi je parle. »

« J’ai eu plusieurs rencontres avec Jean-Baptiste Lemoyne et estimé que ça pouvait être quelqu’un capable de réussir à Biarritz. Je l’aurais bien vu incarner une alternative. Il en a décidé autrement ».

« Je regrette que Nathalie Motsch ne jure que par Didier Borotra et oublie que j’ai été son premier mentor en politique. »

« Je vois Didier Guillaume, je ne m’en cache pas, aussi bien à Biarritz qu’à Paris. Sa candidature n’est pas encore en place et je ne sais pas pour le moment s’il est capable de sortir du marigot, de s’adresser à tous les Biarrots, de montrer son attachement pour notre ville et la plus-value qu’il pourrait apporter. »

« Quant à Philippe Nalpas, qui a décidé de rejoindre Didier Guillaume, personne ne m’engage, personne n’est mon poisson-pilote, pas même mon collaborateur. Philippe Nalpas a droit à son autonomie politique, à son autonomie d’action mais ça ne préjuge pas de ma position future. »

« Je ne suis pas un superhéros de la politique »

Mais n’est-il pas surprenant, à moins de trois mois des élections qu’un élu expérimenté soit incapable de dire pour qui il va voter ? Max Brisson s’amuse de la question : « Je ne suis pas un super héros de la politique. Je serais Angloy ou Bayonnais, je ne me poserais pas de question. Je serais Hendayais, je sais pour qui je ne voterais pas, même si j’ai de l’estime pour le maire sortant. Mais à Biarritz, la situation est d’une complexité totale et comme tout le monde j’ai vraiment besoin de réfléchir. »

Pressé et légèrement en retard, Max Brisson repart vers un autre rendez-vous. Visiblement, même en vacances, la vie publique n’est jamais loin. L’homme paraît plus détendu, plus apaisé qu’il y a six ans. Sa mémoire, sa culture politique sont fascinantes. La complexité de sa pensée, qui donne le sentiment qu’il est toujours à la manœuvre, tout autant. Malgré ses qualités et ses défauts, on se dit que les Biarrots ont vraiment fait le mauvais choix il y a six ans. Avec Brisson maire, nous aurions sans doute eu un mandat d’une toute autre tenue. L’urgence maintenant étant de ne pas refaire les mêmes erreurs et de ne pas renouveler la catastrophe de 2014. 

Consternation la plus totale

Biarritz est-elle la ville la plus mal dirigée de France ? On peut se poser la question après le désolant conseil municipal du 19 décembre.

Du maire rural mal dégrossi, du conseiller municipal qui n’a toujours pas compris quel est son rôle, de l’arriviste prêt à tuer sa mère pour sa survie politique, ils ont dû en croiser lors de leurs respectives carrières politiques, mais parions que Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, lorsqu’ils se sont isolés chacun de leur côté pour suivre sur Internet le dernier conseil municipal biarrot, ont dû laisser échapper quelques soupirs de désolation et se demander pourquoi ils se sont embarqués dans une galère électorale qui ne s’annonce vraiment pas comme une croisière de rêve.

youtube.com/watch?v=CcKuUswE6rE&t=4347s

Récemment, un internaute, persuadé que j’allais abonder dans son sens, se plaignait du maire d’Anglet, Claude Olive, qui organisait son dernier conseil municipal mi-décembre, se demandant comment la Ville allait être gérée jusqu’aux élections. Ce citoyen de bonne foi ne voyait pas que ce dernier conseil, trois mois avant la fin du mandat, traduit une gestion saine et respectueuse des dossiers qui ont été ficelés à temps afin de laisser à l’équipe suivante la possibilité de prendre ses propres décisions.

Aucun risque qu’une telle situation n’arrive à Biarritz où le duo infernal composé d’un vieux maire de 73 ans, pitoyablement cramponné à la barre du pouvoir comme un mourant accroche la main du curé venu lui délivrer l’extrême onction, et d’un premier adjoint toujours aussi arrogant, misogyne et méprisant, de surcroît bien décidé à soutenir Didier Guillaume et à combattre son propre maire, nous a offert le spectacle le plus pitoyable et le plus indigne de tout ce mandat où ,les électeurs n’ont pourtant guère manqué d’occasions de huer et de conspuer.

Veunac n’a visiblement pas été visité par l’esprit de Noël

Quand les bons élèves font leur sac la veille, le cancre cherche ses affaires à l’heure où il devrait être déjà à l’école. Tenir trois mois avant les élections municipales un conseil municipal de presque cinq heures avec trente-trois délibérations à voter, dont des décisions lourdes de sens pour l’avenir, relève au mieux de la farce électorale et au pire du foutage de gueule absolu. Et pour que les Biarrots regrettent jusqu’au bout leur vote de 2014, un nouveau conseil est prévu en février, où, parions-le, les intérêts particuliers, les copains et les obligés ne seront pas oubliés dans la distribution.

Regrettons aussi l’attitude un peu frileuse d’actuels élus et futurs candidats qui estiment conserver leurs chances en se contentant de critiques modérées dans le but de ratisser large, quand une union de salut public contre les attentats démocratiques à répétition que nous infligent Veunac et Lafite devrait se constituer à chaque conseil. Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq, Édouard Chazouillères ou Anne Pinatel n’ont pas dit des choses inintéressantes, mais sont toujours intervenus avec une volonté de modération dans leurs propos qui nous laisse sur notre faim face à la duplicité de la majorité municipale.

Nathalie Motsch a semblé parfois bien seule face à une majorité qui ose tout.

Il y avait pourtant de quoi hurler dans ce conseil municipal où la volonté de tromper les élus et les Biarrots, la désinformation systématique, les cachotteries, demi-vérités et autres manœuvres insupportables ont été de mise toute la soirée. À quand un fonctionnement normal et respectueux de la démocratie ? Et ce n’est pas la phrase malencontreuse de Veunac sur « l’esprit de Noël », ce qui lui a valu une bronca du public et la consternation de ses propres troupes, qui pouvait donner le sentiment d’une gouvernance apaisée et digne.  

Une fois de plus, seule Nathalie Motsch, technique mais aussi politique et tellement limpide dans ses démonstrations, a eu le courage de monter au front pour tenter d’arrêter l’irréparable, rejointe dans certaines de ces critiques par l’inoxydable Hervé Boissier et par… Jean-Benoît Saint-Cricq qui lui aussi s’est efforcé de mettre en garde le duo de prestidigitateurs Veunac-Lafite contre leur inconscience juridique.

Villa Sion : c’est le moins-disant qui l’a

Et commençons par une question simple pour vérifier vos futures aptitudes d’élus. En effet, il n’y a qu’une dizaine de listes à Biarritz et vous avez encore largement le temps de monter la vôtre. Si deux acquéreurs se manifestent pour le studio que vous vendez, l’un vous proposant 200 000 euros et l’autre 170 000 euros, avec qui signez-vous ? Vous avez répondu avec celui qui offre 200 000 euros ? Passez votre chemin, vous n’êtes pas fait pour la politique !

En ce qui concerne la fameuse villa Sion, que la Ville voulait vendre au prix des Domaines, soit 980 000 euros avec le parc puis 1,1, million d’euros sans le parc (Comprenne qui pourra !) avant qu’Édouard Chazouillères n’obtienne le report de la délibération, deux offres sont parvenues, l’une à 2 millions d’euros et l’autre à 1,7 millions émanant de la société Alaéna Cosmétiques, avec à la clé la promesse d’une trentaine d’emplois crées. Que cette deuxième offre retienne l’attention de politiques responsables ne pose pas de problème, à condition que tout soit transparent. Or, une fois de plus, les conseillers municipaux n’ont pas eu la moindre information sur la société concurrente ni le détail de l’appel d’offres. Et voilà comment on s’assoit sur 300 000 euros qui pouvaient entrer dans l’escarcelle municipale sans avoir le moindre élément d’information !

https://jeanyvesviollier.com/2018/09/30/la-villa-sion-un-nouveau-bigueyrie/

Successivement proposée à 980 000 euros puis à 1,1 million d’euros, la villa SIon va sans doute partir pour 1,7 million d’euros alors qu’un acquéreur en proposait 2 millions d’euros. Pourquoi ce choix surprenant? La mairie n’a daigné donner aucune réponse.

… Mais s’il n’y avait que cela. Si vous êtes un citoyen ordinaire vendant votre studio, vous allez faire en sorte que tous les contentieux juridiques possibles avec vos voisins soient réglés avant de vendre. Démonstration, une fois de plus, que vous n’êtes pas fait pour la politique. Pierre Delalonde, le propriétaire du Château-Boulart, l’ancien « ami personnel » du maire qui fait percer des sorties sans accord sur le parc municipal, a déposé deux recours juridiques contre cette vente. Mais Veunac et Lafite balaient tout cela d’un revers de main en disant que « les juristes de la Ville sont confiants et qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

Un point de vue qui va faire sursauter les deux avocats présents dans la salle. Nathalie Motsch conseille à la Ville de surseoir à sa décision, avis partagé par Jean-Benoît Saint-Cricq. Les deux soulignent aussi qu’une quarantaine de voitures vont être autorisées chaque jour à stationner dans le parc appartenant à la Ville, alors que les règlements municipaux imposent une place de parking pour 60 mètres carrés. « Cet avantage a été négocié dans le prix » balaie d’un revers de main Mimi-Imperator qui va se faire des copains avec toutes les victimes des pruneurs fous de Streeteo.

Et la farce continue, la majorité municipale mentant avec un aplomb sidérant : « Ce bien n’est pas utilisé depuis deux ans et est une charge pour la Ville » affirme Veunac. Effectivement, on a viré dare-dare les associations qui fréquentaient la villa Sion et tenté de le vendre en douce à un propriétaire-ami, qui désormais fait des recours contre la Ville. Sentant son maître en difficulté, Peio Claverie en fait dix louches : « On a sorti les associations du bâtiment pour raison de sécurité ! ». Rappelons donc à notre cireur de pompes municipales qu’à l’époque le directeur de cabinet de Michel Veunac, Guillaume Snollaerts, résidait villa Sion et qu’il  ne s’est jamais plaint d’occuper un galetas.  

«  Quand c’est pas clair, c’est qu’il y a un loup ! »  aime à répéter Martine Aubry. Dans le cas de Biarritz, ce n’est pas un loup solitaire mais une meute entière qui sévit à chaque délibération municipale.

Ne leur achetez pas une voiture d’occasion !

Et l’on en vient à L’Hôtel du Palais, dossier traité délibérément à plus de 22 heures, en misant sur la légitime fatigue des conseillers municipaux. En 2018, tout était clair. Veunac et Lafite nous détaillaient leur mirifique opération pour éviter un prêt bancaire alors que L’Hôtel du Palais devait être rénové : confier un bail emphytéotique de 75 ans à la Socomix pour la rendre sexy et qu’elle puisse emprunter l’argent nécessaire. Autrement dit, une façon éhontée de planquer la dette municipale sous le tapis, en perdant le contrôle du palace et en laissant entrer JC Decaux dans le montage financier, le puissant homme d’affaires guettant le moment où la Ville ne pourra plus suivre financièrement pour s’emparer du palace à bon compte.

Mais le savant ravaudage imaginé par l’énarque qui ne se trompe jamais mais n’arrive pas à duper grand monde avec ses invraisemblables raccommodages n’aura même pas tenu jusqu’au prochain mandat électoral. La Compagnie Financière du Louvre a décidé de quitter le navire et pour ne pas perdre le contrôle de l’entreprise, il faut racheter ses actions à hauteur de 1,7 millions d’euros, somme que notre génie financier qui aime Veunac, Didier Guillaume et les Biarrots, souhaite emprunter, tout en nous annonçant que la Caisse des Dépôts et Consignations désire entrer dans la capital et racheter les actions. Vous avez suivi ? Ce n’est pas grave car ce qu’on nous explique n’est probablement pas la vérité ! Nathalie Motsch, dénonce à juste titre « L’Arlésienne » que constitue cette Caisse des Dépôts et Consignations, toujours annoncée et jamais présente, comme si Veunac et Lafite étaient capables de nous baratiner quelque peu…

Quant au citoyen vendeur de studio qui ne comprend pas pourquoi, lorsqu’on est sûr de toucher 1,700 million d’euros avec la vente de la villa Sion, (dixit Veunac) on emprunte 1,750 million d’euros à la banque pour racheter des actions de l’Hôtel du Palais, actions qui, de surcroît, doivent être rachetées immédiatement par un autre établissement, nous avons la démonstration qu’il n’est décidément pas fait pour la politique.

Bisque, Bisque, Basque ! pour sa part a trop de respect pour la lucidité, l’abnégation et le sens de l’argent public de nos actuels dirigeants pour s’imaginer que la vérité puisse être autre que celle exprimée dans l’enceinte du conseil municipal.

Avec tout de même une certitude : si Lafite ou Veunac me proposent de racheter une voiture d’occasion, je crois que je vais passer mon chemin, tant est grande la conviction que le compteur sera trafiqué et les révisions négligées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Schneck et Motsch donnent l’exemple

Enfin un peu de bon sens dans ce monde de brutes avec une alliance entre deux candidats préoccupés d’éthique !

Dans mon village natal, lorsque deux enfants d’une fratrie se chacaillaient, il y avait toujours un adulte pour se tourner vers le plus âgé des belligérants en affirmant : « Tu es le plus grand, tu dois être le plus raisonnable ». Propos qui avait le don suprême d’agacer l’aîné que j’étais. J’ignore si Jacques-André Schneck a entendu cette phrase lors de son enfance, mais force est de constater que le premier candidat déclaré sait mettre ses actes en accord avec ses propos. Sur sa page Facebook, l’ancien énarque n’a cessé de prôner l’alliance des forces vives de la Ville, seul moyen d’empêcher une réélection de Michel Veunac et il paie de sa personne en rejoignant avec ses troupes l’équipe de Nathalie Motsch.

Avec la sincérité qui le caractérise, le candidat reconnaît dans Sud Ouest (19/12) que ne plus être en première ligne, « demande de passer par-dessus une blessure d’ego. Mais cette démarche résonne avec ma vision de l’intérêt général. Rejoindre Nathalie Motsch, c’est une manière de rendre mes actes conformes à ma parole. » Redevenant politique, Jacques-André Schneck précise sa pensée, persuadé que la candidature de Didier Guillaume change profondément la donne électorale : « Il n’est pas heureux à mon sens que les Biarrots n’aient de facto le choix qu’entre deux listes en raison de l’éparpillement des autres. Il faut proposer un troisième choix et pour moi seul le regroupement entre candidats locaux peut offrir ce choix. »

Nathalie Motsch de son côté, candidate investie par l’UDI, se réjouit du large rassemblement qu’elle est en train de créer : « Nous sommes dans une élection municipale, il faut construire un projet pour l’avenir de Biarritz, nous nous devons de dépasser les clivages politiques. Et tout ce beau monde collabore pour un vrai beau projet crédible et réalisable pour Biarritz, c’est le seul objectif qui nous anime. »

« Il en va du salut de Biarritz »

Soucieux de déontologie, pragmatiques et efficaces, les deux candidats partagent à l’évidence nombre de valeurs communes et ont la même lecture politique de la situation actuelle. « Il faut que les autres candidats locaux entendent bien que la division les dessert et fait le jeu du maire sortant notamment » affirme Jacques-André Schneck, tandis que Nathalie Motsch le complète : « l’offre politique est illisible aujourd’hui pour les Biarrots et je trouve cela dommageable pour l’avenir de Biarritz. Les ambitions personnelles sont à mettre de côté, la situation ne s’y prête pas, nous ne pouvons revivre un mandat comme celui que nous venons de vivre, il en va du salut de Biarritz. »

Il est effectivement ahurissant qu’un maire de 74 ans qui a offert pendant six ans aux Biarrots le spectacle d’une majorité indigne s’empoignant joyeusement à la moindre occasion, d’un maire sans compétence et exerçant le pouvoir en solitaire, d’un politicien roué obligé d’exhiber comme prise de guerre le falot Jean-Baptiste Lemoyne pour tenter de faire croire que tout va changer, puisse être en mesure de se représenter.

L’alliance entre Nathalie Motsch et Jacques-André Schneck, alliance qui, souhaitons-le, en préfigurera d’autres, doit sérieusement amener à s’interroger tous ces candidats qui, faisant passer leur ego avant l’intérêt des Biarrots, affirment encore qu’ils veulent savoir combien ils pèsent au soir du premier tour avant de décider à qui ils vont se rallier. Personne ne perd son temps à peser un fétu de paille et le 15 mars, au soir du premier tour, il sera beaucoup trop tard pour créer des alliances qui ne duperont personne, à l’image de Brisson et Saint-Cricq en 2014. Avec le résultat que l’on connaît.

 

 

Veunac fait du vieux avec du vieux

Malgré la présence de Jean-Baptiste Lemoyne, bien planqué derrière Veunac, la liste du maire sortant est consternante et montre à quel point le vide s’est fait autour de lui.

Avec cette ébauche de liste, digne de Pif-Gadget, Veunac nous prend vraiment pour des jambons.

«  La politique est l’art d’arriver par n’importe quel moyen  à une fin dont on ne se vante pas » disait Jules Romain. Pendant tout leur mandat, vous ne les avez jamais entendus, au mieux juste vus opiner du bonnet quand leur seigneur et maître  à écharpe tricolore énonçait une de ses platitudes dont il a le secret. Il est donc normal qu’ils se représentent pour obtenir une nouvelle chance au suffrage. Michel Veunac nous avait annoncé une liste où l’on allait voir ce qu’on allait voir. On voit et on est édifié. Pour faire nombre et arriver à trente-cinq, Michel Veunac, qui n’en est pour le moment qu’à une quinzaine de ralliés, a donc récupéré tous ceux qui n’ont jamais soufflé mot pendant six ans, tous ceux qui n’ont jamais exprimé une idée et se sont contentés d’encaisser leurs indemnités d’adjoints en marchant docilement au pas. En avant donc pour le grand renouvellement avec Jocelyne Castaignède, Sylvie Claracq, Patrick Destizon, Laurent Ortiz ou Louis Vial ! Et c’est avec ça qu’il compte gouverner ? Mais où sont les compétences ?

Pour donner un petit air de nouveauté à ce qui se fait de plus ranci dans la majorité municipale, Veunac a donc été obligé d’aller chercher parmi ses obligés comme Josette Cazaux, la présidente du musée historique ou Olivier Cami-Sarti, l’actuel directeur du centre équestre au terme d’un appel d’offres qui avait fait grincer bien des dents à l’époque. Là aussi, il n’y a vraiment pas de quoi être ébloui.

Reste enfin la présence du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne qui a accepté de figurer en troisième position sur la liste, ce qui n’est pas faire montre d’un grand caractère que d’accepter de servir de caution à un Michel Veunac. En effet, tous ceux qui ont un vrai tempérament de patron, vous diront que « la règle numéro un est de ne jamais accepter d’être numéro deux », surtout quand on se sent intellectuellement supérieur à celui qui vous devance. Il faut donc croire que ce n’est pas le cas et que notre néo-parachuté, inconnu du grand public, mais bien connu de ses pairs pour ses traîtrises successives ( Lire ci-dessous) a gobé la promesse de Veunac de lui laisser son poste en cours de mandat.

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ». se plaisait à dire Édouard Herriot.  Après l’annonce d’une liste aussi pitoyable, les opposants à Veunac peuvent rigoler et se frotter les mains.

JB Lemoyne, alias Mister Nobody

C’est l’un des plus diaphanes parmi les membres du gouvernement et il n’est guère étonnant que vous ne le connaissiez pas. Après une longue carrière dans l’Yonne, marqué par des incessants changements d’écurie, celui qui a commencé en flirtant avec la droite dure, éprouve soudainement un amour immodéré pour le Pays basque depuis qu’il vit avec la sénatrice Frédérique Espagnac. Un petit tour sur le web vous en apprend beaucoup sur la stature morale et la fidélité politique de l’intéressé. Et surprise, ce sont les journaux de droite comme « Les Échos » ou « Valeurs actuelles » qui se montrent les plus sévères :

 

Jean-Baptiste Lemoyne, le “traître” de Marrakech

Aussi ambitieux que discret, Jean-Baptiste Lemoyne a beaucoup trahi avant de devenir cet “obscur secrétaire d’Etat”.

Publié par Raphaël Stainville de « Valeurs actuelles » le 14 décembre 2018 (Extrait)

C’est comme s’ils s’étaient tous passé le mot. Aux Républicains, pas question de faire de la publicité à Jean-Baptiste Lemoyne. Au mieux, lorsqu’ils évoquent le signataire du pacte de Marrakech, dépêché au débotté par Emmanuel Macron pour le représenter au Maroc le 10 décembre, alors que le chef de l’État recevait à tour de bras à l’Elysée pour tenter d’apporter une réponse forte à la colère des gilets jaunes, les députés LR parlent de lui, lors de leurs questions au gouvernement, comme d’« un obscur secrétaire d’État » (Éric Ciotti), « ce je ne sais quel secrétaire d’État » (Constance Le Grip), comme pour mieux le renvoyer à son anonymat. Pas une seule fois, au sein de l’hémicycle, les parlementaires de droite ne s’aventurent à prononcer son nom. Ce serait faire trop d’honneur à celui que beaucoup considèrent encore comme un « traître professionnel ».

Un portrait de Jean-Baptiste Lemoyne ? « Vous perdez votre temps. Il ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui », prévient d’emblée l’un de nos interlocuteurs. Christian Jacob, le président du groupe LR au parlement, qui a peu goûté la réponse politicienne que le secrétaire d’État a faite à Claude Goasguen mardi dernier alors que le député demandait au premier ministre qu’un vrai débat sur l’immigration ait lieu et rappelait les conséquences que ne manqueraient pas d’avoir « ce pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est cependant sorti de son silence pour railler celui qui fut pendant quelques années, le secrétaire adjoint du groupe UMP à l’Assemblée nationale. « Il ajoute l’incompétence à la médiocrité », lâche Christian Jacob. 
Guillaume Larrivé, qui n’a pas oublié que l’ancien sénateur de l’Yonne a soutenu un ancien socialiste recyclé LREM aux dernières législatives dans l’Yonne pour tenter de le faire battre, n’est guère plus amène et se fait un malin plaisir de l’habiller pour l’hiver : « Il correspond parfaitement à ce que de Gaulle appelait “les politichiens” : ne pensant rien sur rien, il va à la gamelle. » Non sans un certain cynisme.
D’abord membre du parti Démocratie libérale, il fait ses premières armes dans le Ve arrondissement de Paris auprès de Jean Tibéri, avant de se mettre dans la roue de Jean-François Copé dont il a longtemps épousé la trajectoire. Son CV est impeccable à défaut d’être impressionnant. Classes prépas littéraires, Sciences PO Strasbourg, Essec. Un petit passé militant dans un syndicat classé plus à droite que l’UNI. Il intègre le cabinet de Copé en 2002 quand le maire de Meaux devient ministre de Jacques Chirac et le suit à l’Assemblée nationale, après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Jean-François Copé veut faire de l’Assemblée nationale un contre-pouvoir, le marchepied de ses ambitions élyséennes. Secrétaire général adjoint du groupe UMP, Jean-Baptiste Lemoyne joue volontiers les porte-flingues de son patron et fait la paire avec Jérôme Lavrilleux. Il s’affiche plus à droite que son patron et ne craint pas à l’occasion de jouer les anciens combattants dans les concerts de Jean-Pax Mefret. Il reprend à tue-tête ses chansons « nostAlgériques ». En 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy, il soutient Copé partisan d’une « droite décomplexée » contre François Fillon dans la campagne mortelle pour la présidence de l’UMP (…)

Puis il lâche Copé au profit de Fillon, avant de lâcher Fillon au profit de Macron et termine dans les bras de Veunac… Quand on vous parlait de dégringolade!

La gauche si gauche de Haye. La droite si maladroite de Brisson

C’est bien connu, en période électorale, les bonnes paroles n’engagent que les imbéciles qui y croient.

Sud Ouest du 18 novembre.

L’époque étant à la grandiloquence et aux contre-vérités absolues prononcées avec le culot qui convient aux périodes préélectorales, nous ne saurions trop conseiller à tous les passionnés de la vie publique biarrote d’équiper jusqu’en mars leurs sièges de ceintures de sécurité afn d’éviter de choir par surprise en lisant leurs journaux favoris.

Prenez par exemple Jean-Baptiste Lemoyne, ce secrétaire d’État au Tourisme qui n’est connu que de sa concierge et de la sénatrice Frédérique Espagnac mais qui se découvre une passion soudaine pour Biarritz. Est-on vraiment crédible en sortant des bêtises comme « Michel Veunac n’est pas un diseur, c’est un faiseur. Il a réalisé de grandes choses pour Biarritz : l’aéroport, l’hôtel du Palais… Il laisse le « tout à l’égo » aux autres car il a plus d’ambition pour sa ville que pour lui  » ? Tous ceux qui ont pu suivre de près les dossiers évoqués auront du mal à ne pas sourire de cette couronne de lauriers adressée à un homme qui n’aurait aucune ambition personnelle. Si Macron crée un ministère de la Flagornerie lors du prochain remaniement, il va avoir un prétendant de classe mondiale avec Jean-Baptiste Lemoyne.

Que pense le PS de « la gauche loyale » de Ghis Haye ?

Et il ne se passe désormais pas une journée à Biarritz sans son lot de candidats plus ou moins déclarés qui sont visiblement persuadés que c’est en racontant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui. Ghislaine Haye, cette élue qui met en avant ses valeurs de gauche les rares fois où elle prend la parole au conseil municipal, en est un magnifique exemple. Dégoûtée par l’ambiance qui règne au sein de la majorité, elle avait annoncé qu’elle se retirait de la vie politique.

Grand revirement dans Sud Ouest du 18 novembre. Notre brave Ghis’ va finalement donner son corps à la science électorale : « Il est inacceptable pour moi que cette gauche loyale, qui travaille efficacement ne soit pas présente ». On reste confondu devant tant d’abnégation et de dévouement et on savoure particulièrement l’évocation de « la gauche loyale » faite par celle qui, avec Alain Robert et Jeanine Blanco, n’a absolument pas respecté le vote interne des militants socialistes au moment du débat sur L’Hôtel du Palais et s’est ralliée au maire pour sauver son indemnité d’adjointe. On sortirait presque les mouchoirs quand la même geint sur l’attitude du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume qui « ne l’a jamais contactée » bien qu’elle soit « la seule élue socialiste de l’exécutif… Et pourtant, il sollicite tout le monde à Biarritz ! ». Seule explication pour la pathétique adjointe socialiste : « Son mépris pour les petits élus et les femmes ». Et si, tout simplement, Didier Guillaume manifestait du bon sens en fuyant ce genre d’élue et en ne l’estimant pas digne de représenter la Ville ?

Brisson ne se souvient plus qu’il est élu des Républicains

Mediabask du 18 novembre.

À droite, cela ne va pas mieux si l’on se fie à l’interview un peu surréaliste donné par Max Brisson à Mediabask (18/11). Le sénateur biarrot fait une fois de plus de la politique à sa façon, c’est-à-dire détestable, en affirmant que « Les Biarrots attendent une impulsion nouvelle », ce qui ne mange pas de pain, avant d’affirmer que « L’offre actuelle me déçoit, elle ne me convient pas, donc je ne procède pour l’instant à aucune élimination. ». Rappelons tout de même que Max Brisson a été élu sénateur sous l’étiquette Les Républicains, qu’une des candidates, Maïder Arostéguy, a obtenu l’investiture LR et que la moindre des choses dans ce cas-là, quand on respecte le maillot que l’on porte, est de s’abstenir de tout commentaire contre la candidate de son camp, même si l’on n’est pas capable d’imaginer quelqu’un d’autre que soi à la mairie.

Mais il y a plus fort encore. Si l’on en croit La Semaine du Pays basque (22/11) Max Brisson, en compagnie de Michel Poueyts, aurait signé une lettre destinée à Macron pour que Didier Guillaume reçoive l’investiture LARem. Et plus fort encore, des signataires se sont retrouvés à l’insu de leur plein gré mentionnés dans la lettre, comme Laurent Borotra qui avait refusé catégoriquement l’idée. Un sénateur républicain qui vole au secours d’un socialiste repeint aux couleurs En Marche, ça doit être ça l’ouverture façon Biarritz.

Heureusement que Christian Jacob ne doit plus avoir grand monde sur qui compter car on a connu des élus exclus de leur parti pour beaucoup moins que ça.

Papy manœuvre comme un chef

Bisque, Bisque, Basque ! l’a souvent écrit : prenez tout ce petit monde qui s’agite actuellement pour décrocher l’écharpe tricolore et expédiez-le dans un des îlots où s’est tourné Koh Lanta. À la dizaine de candidats affamés qui vont concourir en mars prochain, ne laissez à manger qu’une seule noix de coco. Vous pouvez être certains que c’est Veunac qui s’en emparera.

Difficile de décrire avec précision, une situation particulièrement mouvante même si beaucoup d’informations filtrent de Paris. G7 oblige, Macron souhaite « débrancher » Veunac en douceur, ce qu’a bien compris notre Mimi-La-Malice local. Le week-end dernier il était encore à Paris pour négocier son cas et tenter d’obtenir l’investiture LaREM. Et il clame partout qu’il se présentera quoi qu’il arrive. Info ou intox ? Les deux probablement et une très belle manière de faire monter les enchères.

Comme en témoigne sa déclaration de patrimoine déposée en 2014 au moment de son élection, Veunac était loin de rouler sur l’or en 2014. Quand on a pris l’habitude d’être invité partout et de gagner 8 000 euros par mois, il doit être assez difficile de renoncer à ce genre de facilité. Il suffit alors de dire qu’on est uniquement préoccupé par « l’intérêt supérieur des Biarrots »  pour se représenter en se drapant dans la vertu. La République regorge de fromages qui offrent beaucoup d’argent pour peu de travail et Macron a probablement réfléchi à cette hypothèse, seule capable de faire renoncer ce maire décrié de 74 ans qui semble incapable de mener à bien un second mandat.

Mais le pouvoir est une drogue dure et Michel Veunac savoure certainement la revanche qu’il prend sur tous ceux qui l’ont méprisé de Borotra à Brisson. Et il est fort possible que rien ne puisse le convaincre de renoncer à l’élection. D’autant plus qu’il va intégrer Jean-Baptiste Lemoyne, et probablement l’ex-patron de la SNCF et néoretraité biarrot, Guillaume Pepy dans sa liste. Et force est de constater que ce maire au bilan catastrophique aura une fois de plus manœuvré comme un chef.

Didier Guillaume de son côté est totalement coincé. Il est prêt, sa candidature intéresse les Biarrots même si certains crient au parachutage, et l’actuel ministre de l’Agriculture se déclare persuadé de gagner la Ville. On espère seulement s’il l’emporte qu’il n’invitera pas dans sa liste des candidats de l’ancien monde comme Guy Lafite ou Michel Poueyts, tant ces deux-là incarnent tout ce que détestent les Biarrots.

Mais Didier Guillaume, qui va jouer un rôle majeur dans la future campagne présidentielle de Macron (ses soutiens à gauche sont plutôt rares) ne peut pas se permettre le luxe d’un affrontement avec Veunac et Lemoyne. Il se présentera, comme le souhaite Macron, uniquement si Veunac accepte un poste honorifique et se laisse débrancher en douceur.

Ce qui est loin d’être fait.

Et comme Max Brisson, qui rêve d’un poste de conseiller communautaire pour s’emparer à terme de l’Agglo, a bien compris que Veunac, avec Lemoyne et Pepy, n’a pas vraiment besoin de lui, il pose des jalons dans toutes les listes pour tenter de faire partie de l’équipée gagnante.

Vous l’avez compris, en politique, la seule chose qui compte ce sont les convictions.

Ce ticket Arostéguy-Brisson qui change la donne

Tandis que LaRem cherche à débrancher Veunac, estimant qu’il n’a plus de soutiens crédibles, Max Brisson prend tout le monde à contre-pied avec un ralliement probable à Maïder.

Cet homme aime être là où on ne l’attend pas. Quand il annonce qu’il ne peut assister au conseil municipal, bloqué qu’il est par la neige du côté d’Albi, il est probable que vous le retrouverez à Bayonne en train de préparer une élection départementale. Comme vous adorez les histoires d’arroseur-arrosé, et ratez rarement Les Feux de l’Amour, BBB va se faire un plaisir de vous raconter comment Michel Veunac et Max Brisson se sont livrés à un sacré marivaudage tout l’été, qui semble sur le point de se terminer avec l’arrivée surprise du sénateur dans la liste de Maïder Arostéguy et le cocufiage de Michel par Max, ce qui, avouons-le, ne nous fait pas une peine immense.

(https://jeanyvesviollier.com/2015/02/08/labsenteisme-de-brisson/)

Début 2019 : Max fait le tour de tous les candidats qui pensent déjà à l’élection municipale, en tenant à chaque fois le même discours, que ce soit devant Nathalie Motsch, Jacques-André Schneck ou Michel Veunac : « Je suis ta candidature avec beaucoup d’intérêt. Dès que ta liste décolle, je viens en renfort ». Courageux mais pas téméraire, notre sénateur !

Mars-2019 : Quand il voit les soutiens s’agréger autour de Maïder, Max comprend qu’il n’est pas le bienvenu dans cette liste, même si la conseillère départementale parle toujours de « son binôme adoré ».

Juin 2019 : Les listes se multiplient avec Barucq, Motsch, Schneck. Conforté par un bon sondage, Veunac semble difficile à battre. Max laisse croire au maire de Biarritz qu’il est prêt à partir avec lui et à faire cause commune avec les Saint-Cricq, Pouyau ou Frédéric Domège.

Septembre 2019 : Contre toute attente, le G7 se passe très bien et Veunac est persuadé qu’il va obtenir sans difficulté l’investiture LaRem. Brisson est aux cent coups, car Veunac ne le prend plus au téléphone depuis juillet. Pour tenter de se rassurer, Max annonce partout que Veunac a décidé de ne pas se représenter. Quelques Biarrots vont le croire.

Début octobre 2019 : Michel Veunac annonce qu’il est candidat aux municipales de 2020, mais personne n’est dupe. Le maire sortant essaie désespérément de faire monter les enchères avec LaRem, mais Macron freine des quatre fers. Le long séjour de sa garde élyséenne à Biarritz pour préparer le G7 lui a permis de comprendre qu’il se passait parfois des choses curieuses dans cette ville. Ce n’est pas par hasard si Macron s’est gardé de citer Veunac dans tous ses discours pendant le G7. Veunac a beau essayer de mettre dans son jeu Jean-Baptiste Lemoyne en lui faisant miroiter qu’il lui laissera la place très vite, LaRem reste sceptique.

Mi-octobre 2019 : Max, qui n’oublie jamais Biarritz même quand il est au Sénat, n’est pas sans constater que Maïder fait une très bonne campagne. Son côté sympa et proche des gens plaît et ses réunions de café font toujours le plein. Claude Olive de son côté, en tant que président départemental des Républicains, se rend compte que dans une élection à dix ou onze listes (On ne sait plus, il en pousse une nouvelle tous les jours !), le maire sortant a toutes les chances de gagner. Dès le retour de Max du Japon, où il a milité pour un « tourisme sportif » au Pays basque, Claude Olive réunit Christian Jacob, Max et Maïder dans son bureau et incite Max et Maïder à travailler électoralement ensemble, ce qui avait donné d’excellents résultats aux élections départementales puisque les deux avaient été élus.

Une martingale qui pourrait être gagnante

Tout n’est pas encore joué puisque Max et Maïder ont déjeuné ensemble le jeudi 31 octobre et que des « ajustements » sont probablement encore à trouver. On connaît les défauts de Max Brisson, ce penchant frénétique pour toute élection qui passe, cette façon d’avoir toujours trente-six fers au feu. On connaît aussi ses qualités, dont le fait d’être un bon sénateur, cultivé, bosseur et compétent. On connaît les qualités de Maïder qui passe bien auprès des Biarrots et leur donne le sentiment de les comprendre et le reproche majeur qui lui est fait : être un peu inexpérimentée pour le poste. Avec Max, ce grief ne tient plus.

Il semble acté que Maïder serait tête de liste et que Max ne revendiquerait qu’un poste de « simple » conseiller municipal assorti d’un poste de conseiller communautaire, histoire de pouvoir postuler à la présidence de l’Agglo (La règle des deux mandats, l’obligerait alors à renoncer à son poste au conseil départemental). Politiquement, ce choix semble judicieux car il devient très « lisible » pour tous ceux qui suivent de loin la politique. Ce sera un duel LaRemLes Républicains et sans doute une très mauvaise nouvelle pour les autres listes à qui il faudra sacrément de talent pour exister face aux deux poids lourds. L’arrivée de Max est aussi contrariante pour quelques très proches de Maïder qui prônaient un résolu « Tout sauf Max ! ». Mais la politique est une école de pragmatisme et ce ticket que personne n’avait envisagé est sans doute capable de mettre fin aux ambitions de Veunac de faire un deuxième mandat. Comme me l’écrit, un peu désabusé, un proche de Maïder qui n’est pas un grand fan du sénateur : « Il est libre, Max ! »

Veunac en plein doute

Le roi est nu et il n’a plus qu’une écharpe tricolore sérieusement mitée en guise de cache-sexe. Michel Veunac est un trop fin politicien pour ne pas avoir compris que sa stratégie d’annonce électorale a fait long feu. Il pensait s’en tirer en confiant à un cercle restreint de journalistes amis qu’il allait briguer un deuxième mandat, mais tout le monde a vu qu’il était bien incapable d’annoncer le moindre soutien, en dehors des habituels courtisans pour qui il est impensable de ne pas bénéficier d’une nouvelle prébende électorale lors des six prochaines années. Alors, comme il l’avait fait lors des périodes difficiles, Mimi-La-Malice bougonne et annonce un peu partout que finalement il ne va pas se représenter. C’est évidemment une façon de tester son entourage et de voir ceux qui ne se récrient pas assez fort en estimant qu’il est absolument irremplaçable pour Biarritz. Mais Michel Veunac a bien conscience que le nom de Jean-Baptiste Lemoyne qui était pour lui une sorte de Graal électoral ne produit pas l’effet escompté. Même s’il est le compagnon de la sénatrice Frédérique Espagnac et possède depuis peu un logement à Biarritz, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe reste un total inconnu et aux yeux des Biarrots un parachuté absolu.

Mimi-La-Malice avait aussi prévu de proposer à Guy Lafite un poste complètement indigne de ses compétences, genre onzième ou treizième de liste, pour que « La Faillite-nous-voilà » renonce de lui-même. Veunac aurait alors joué la proximité dans ses futurs meetings électoraux en disant que son mandat a été raté à cause de l’énarque qu’il avait nommé à ses côtés mais qu’entre 2020 et 2026 on allait voir ce qu’on allait voir. On ne sait jamais, mais avec quelques mémés amoureuses du beau Michel, sur un malentendu ça pouvait marcher.

Et si Lafite y allait avec Didier Guillaume ?

Même Veunac semble aujourd’hui avoir du mal à croire en cette stratégie et, les jours où il est de mauvaise humeur, il bougonne qu’il ne va pas se représenter et « laisser la place à Lafite qui va sans doute se faire un plaisir de rappeler Didier Guillaume ».

Info ? Intox ? Bien malin, celui qui peut dire si le ticket Brisson-Arostéguy affrontera Veunac-Lemoyne ou Lafite-Guillaume. Mais il est sûr que certains prétendants prennent leurs dispositions en conséquence.

François-Xavier Menou porte-parole de la liste « Changer d’ère » se veut positif : « On continuera quoiqu’il arrive. On est conforté dans notre position. On ne veut pas rentrer dans ce marigot-là ». Et quand on évoque les hypothèses électorales possibles, le suppléant de Vincent Bru se montre catégorique : « On ne s’alliera jamais à Maïder Arostéguy ou à Michel Veunac » Un nom n’a pas été évoqué par le sémillant quadragénaire, mais ça doit être un oubli.

Richard Tardits, pour sa part, se déclare « remonté comme en 14 » et annonce qu’il se lance dans la joute électorale. Enfin, l’opposant à la très sinusoïdale trajectoire, Jean-Benoît Saint-Cricq, qui voit tous ses rêves s’effondrer si Veunac ne repart pas, affirme lui aussi qu’il va monter une liste si Lafite est candidat. Au vu du mandat improbable qu’il vient de faire, il serait vraiment surprenant que les Biarrots s’enflamment pour lui !

L’âge du capitaine toujours en débat

Ce prof de français, retrouvé avec plaisir dans la cour de récréation de son lycée, m’avait marqué par sa réflexion, alors que je m’étonnais du tintamarre fait par les élèves : « Ce sont les élèves de sixième qui font le plus de bruit, car ce sont eux qui ont le plus besoin de faire savoir qu’ils existent ! » Frank Charriaut, le directeur de campagne de Marine Batiste, a un avis sur tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît. S’il rencontre un des pilotes de la patrouille de France, il va sans nul doute lui expliquer les bases de la voltige aérienne. Dans le même registre, l’architecte d’Ocean-Start est nul, et je suis « nase » quand je décris les difficultés qu’éprouve Michel Veunac à descendre de sa voiture. Je vais donc expliquer ma position à ce nouveau donneur de leçons.

Je souhaite une excellente santé à Michel Veunac et j’espère qu’il pourra profiter longuement de ses petits-enfants. Mais poser la question de la capacité physique d’un dirigeant à exercer son mandat relève de la démocratie la plus élémentaire et non de l’intrusion. Le spectacle qu’offre Michel Veunac aux Biarrots – je pense par exemple au jour de l’inauguration de la place Saint-Charles où Guy Lafite a dû l’aider – interroge. Face à une fonction exigeante comme celle de maire de Biarritz, Michel Veunac qui aura 80 ans en 2026 sera-t-il capable de tenir? Le doute est permis.

Et si Frank Charriaut avait lu quelques journaux au lieu de se contenter des œuvres complètes de The Blond Biarrote, il saurait que le débat sur l’âge du capitaine a été récurrent dans la démocratie française. La question s’est posée au moment de la réélection de de Gaulle, comme pour celle de Jacques Chirac. C’est même pour cette raison qu’en 2002, le président de la République de l’époque a ramené le mandat présidentiel à cinq ans. Une idée que notre Monsieur-Je-Sais-Tout a sans doute jugé « nase ».

 

 

Une candidature tellement évidente

Avec un bilan aussi somptueux lors de son premier mandat, Michel Veunac ne pouvait que se représenter. Pour le plus grand bonheur des Biarrots.

Michel Veunac, un grand visionnaire pour Biarritz.

Farfelus candidats de l’opposition, blogueurs à la petite semaine, râleurs en tous genres, passez votre chemin et allez ronchonner dans votre coin. La prochaine élection municipale se joue désormais dans la cour des grands. Sans surprise Michel Veunac a annoncé ce matin qu’il se présentait pour un prochain mandat. Une candidature attendue avec soulagement par les Biarrots et qui va transformer en simple formalité l’élection du 15 mars 2020. En effet, il est évident qu’un maire sortant d’une telle qualité ne peut qu’être réélu triomphalement dès le premier tour.

UN HOMME EN PLEINE FORME PHYSIQUE ET INTELLECTUELLE

Qui a vu Michel Veunac, devant la mairie, descendre de sa voiture soutenu par son épouse, sait à quel point notre maire est fringant. En 2020, Michel Veunac n’aura que 74 ans et dans l’état de fraîcheur physique où il est, c’est avec allégresse qu’il va boucler le prochain mandat en fêtant ses 80 printemps. D’autant plus que Michel Veunac a un rêve secret : battre le record de Didier Borotra et réussir à rester plus de 23 ans à la tête de la Ville. Que toutes les mémés amoureuses du « beau Michel », que tous les ignorants de la vie publique bluffés par sa gestion pleine de créativité se rassurent : notre grand timonier a bien l’intention de tenir fermement la barre au moins jusqu’à 2037 !

Et d’abord comment pourrait-on envisager de se séparer d’un homme capable de citer Talleyrand dans le texte à chaque conseil municipal ou presque : « Tout ce qui est excessif est insignifiant » ? Là encore, seuls les esprits chagrins vont s’imaginer que Michel Veunac radote, alors qu’il fait preuve d’une admirable pédagogie en répétant aux buses de l’opposition son adage favori. De la même façon, c’est pour se mettre à la portée des Arosteguy, Motsch, Amigorena ou Chazouillères, ces trublions du conseil qui ne pensent qu’à se faire remarquer, que notre maire utilise des phrases simples truffées de banalités ou qu’il fait semblant de ne pas avoir les réponses aux questions et se tourner vers Christophe Landrin quand on lui demande si le contrat de Streeteo a été renouvelé.

UN GRAND LEADER CHARISMATIQUE

On peut penser ce qu’on veut de Didier Borotra, mais sous son règne, il n’y avait jamais un mot plus haut que l’autre à la mairie. Depuis 2014, le dévoué personnel municipal a l’impression de vivre en permanence dans une pièce de Feydeau où les portes claquent et où les injures volent bas. La liste présentée par Veunac en 2014, liste où se trouvaient des talents certains, n’aura fait illusion que quelques semaines ; « On devrait installer un monument funéraire dans le hall de la mairie, s’amuse sous couvert d’anonymat un fin connaisseur de la vie locale.  Entre les adjoints démissionnaires, ceux qui ont pris leurs distances et ceux qui ne sont plus en phase avec le maire, la liste des « Morts pour Biarritz » est impressionnante ».  D’autant plus que le peintre chargé d’inscrire les noms sur le monument aux morts va avoir du travail, puisque d’autres ralliements aux candidats de l’opposition vont arriver dans les semaines qui viennent. Enfin que penser de ces opposants qui ont trouvé soudain toutes les qualités au maire, en attendant qu’on leur accorde un strapontin sur la future liste électorale, qui va certainement être baptisée « liste naphtaline » au vu de l’âge canonique de ceux qui y postulent ?

UN GROS MALIN QUI NOUS PREND POUR DES IMBÉCILES

Courageux mais pas téméraire, Michel Veunac a annulé ce jour la conférence de presse prévue au « Petit bijou », un terme tout à fait adapté à son triomphal mandat, pour se contenter d’entretiens particuliers avec des journalistes « choisis ». Astucieusement, Mimi-la-Malice se garde bien de citer les noms de ses soutiens, se contentant de promettre à Sud Ouest (10/10) « un large rassemblement faisant une place importante à des acteurs de la société civile et aux jeunes générations« , mais il montre le bout de l’oreille quand il affirme « Je ne suis pas dans le sensationnalisme mais ça viendra ».

Veunac est suffisamment habile pour avoir trois ou quatre fers au feu en même temps et pour dire à chacun ce qu’il souhaite entendre. Le maire n’a pas oublié qu’Emmanuel Macron, malgré sa cour effrénée, s’est bien gardé de citer son nom pendant le G7, ce qui ne témoigne pas d’une adulation absolue du président pour le maire local.

Selon des proches du maire, le scénario serait le suivant : Notre-maire-rien-qu’à-nous que-le-monde-entier-nous-envie ne fait pas campagne jusqu’à la fin de l’année, ni n’annonce un quelconque soutien, se contentant de dire qu’il est « trop occupé en tant que maire ». Veunac a l’intention de mettre à profit cette période pour continuer à faire les yeux doux à la LRM et surtout pour convaincre Jean-Baptiste Lemoyne d’accepter le poste de numéro 3 de sa liste. Parallèlement à cette tentative de drague éhontée à laquelle Lemoyne ne serait pas insensible car Veunac lui a fait miroiter de lui céder son poste en cours de mandat, Veunac va tout faire pour que Guy Lafite ne se représente pas. Ce qui lui permettrait de charger son adjoint aux Finances pendant toute la campagne en le rendant responsable de tous les mauvais choix faits par la Ville. Reste enfin le cas de Max Brisson que Veunac rêve d’incorporer à sa liste. Max, qui craint pour son poste de sénateur, a tellement louvoyé depuis 2014 que tout paraît possible.

Et Biarritz dans tout cela ? Si l’actuel maire s’intéressait aux Biarrots, il y a bien quelqu’un qui aurait fini par s’en apercevoir. Ce n’est à l’évidence pas le cas, et ce sera encore moins le cas dans le prochain mandat…

… Alors vous savez tous ce qu’il vous reste à faire. En mars 2020, donnez un plein temps de liberté à Veunac pour qu’il s’occupe enfin de ses petits-enfants.

 

Veunac louvoie et Motsch se met en ordre de bataille

Tandis que Veunac tente assez pathétiquement de faire monter les enchères, Nathalie Motsch effectue une déclaration de candidature très réussie.

Ce n’est plus un maire, ce n’est plus un probable futur candidat aux municipales de 2020, c’est juste un commissaire-priseur de seconde zone qui tente de faire monter les enchères autour de sa bien immodeste personne. Bisque, Bisque, Basque ! partage en effet tout à fait l’analyse de La Semaine du Pays basque (28/9) estimant que la candidature de Michel Veunac est suspendue à un feu vert de l’Élysée, avec un Emmanuel Macron pas très enthousiaste à l’idée d’un Mimi-la-Malice portant les couleurs de LRM et entraînant dans son sillage le secrétaire d’État et compagnon de Frédérique Espagnac, Jean-Baptiste Lemoyne. Selon ce qui se murmure, ce dernier hériterait du poste de maire dans deux ou trois ans, au terme d’une élection interne après une opportune démission de notre Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie. (C’est la solution pour éviter un parachutage hasardeux, mais se fier à une promesse de Veunac semble tout de même d’une rare témérité).

Au passage, les Biarrots auront noté qu’une fois de plus, Michel Veunac n’a pas tenu sa promesse d’annoncer sa candidature ou son départ fin septembre. Mais le commissaire-priseur est tellement occupé à tenter de faire monter les enchères avec un poste honorifique et rémunérateur qu’il ne se souvient même plus de ce qu’il a dit quelques semaines auparavant. D’autant plus que, pour montrer aux foules ébahies l’œuvre immense qu’il a accomplie pendant son mandat, Veunac monte en épingle tout ce qui est possible. Mardi 3 octobre après-midi, il inaugurait… le hall d’accueil de l’office de tourisme. Et la semaine suivante, la porte repeinte à neuf des toilettes publiques de la grande plage ? Et la semaine suivante, le nouveau portail du château Boulard donnant sur la villa Sion ?

Lannevère, Pradier, Boissier au soutien

Dans ce climat de désespérance citoyenne, l’annonce de la candidature de Nathalie Motsch, trois heures avant l’inauguration par Veunac du hall d’accueil de l’Office de tourisme, même si elle ne constitue pas à proprement parler une surprise, ne peut qu’intéresser tous ceux qui pensent qu’il est grand temps pour le maire actuel de s’occuper de ses petits-enfants. Le rendez-vous était fixé dans les locaux de l’ancienne libraire « Le Festin nu ». Est-ce à dire que « Calamity Nathalie » envisage de ne faire qu’une bouchée du duo Veunac-Lafite ? Bisque, Bisque, Basque ! n’ira pas jusque-là mais a été très agréablement surpris par ce qu’il a vu et entendu.

En effet un trio majeur a effectué son « outing » lors de cette déclaration de candidature. Non pour parler de sa vie intime, mais pour déplorer un mandat où la démocratie a sans cesse été bafouée. Hervé Boissier, Brigitte Pradier et Virginie Lannevère ont tous les trois fait partie de la majorité aux côtés de Nathalie Motsch et ce qu’ils ont vu et entendu les a scandalisés. Leur parole a d’autant plus de poids qu’aucun des trois ne se représentera à la prochaine élection. Pour Hervé Boissier qui a accepté la présidence du comité de soutien à Nathalie Motsch : « Un mot est un mot. Une parole est une parole. Il faut recréer une ville apaisée et bienveillante et retrouver ce bien vivre ensemble qui caractérise Biarritz ».

Hervé Boissier et Brigitte Pradier ne se représenteront pas. De même que Virginie Lannevère. Mais ils vont soutenir Nathalie Motsch pour que les Biarrots n’aient pas à revivre un mandat aussi pénible que l’actuel.

Vice-présidente du comité de soutien, Brigitte Pradier tape encore plus fort, parlant « d’une majorité en pleine débâcle ». L’élue a visiblement été traumatisée par ce mandat et a besoin de le dire : « Nathalie Motsch a été insultée et bousculée lorsqu’elle prenait la parole. À chaque fois, j’ai eu honte » C’est Virginie Lannevère qui se charge d’habiller pour l’hiver le duo Veunac-Lafite : « La politique, ce n’est pas une carrière, ce n’est pas un trip, ce n’est pas une revanche narcissique. Un élu est là pour servir ses concitoyens. En ce sens, une page doit se tourner. Et une page doit aussi se tourner sur le sexisme archaïque qui a prévalu au sein du conseil municipal. Nous les femmes, n’avons pas à nous excuser d’être légitimes et compétentes ».

Motsch : « Une ville plus verte pour une eau plus bleue »

Un peu émue, mais ne perdant pas le sens de la formule qui la caractérise, Nathalie Motsch évoque ses débuts au conseil municipal en 2008, puis son poste d’adjointe à l’Urbanisme : « Dans cette délégation, j’ai beaucoup grandi. » Silence, sourire : « Oui, je sais, ça ne se voit pas » L’élue évoque brièvement le calamiteux mandat qui se termine : « Un processus démocratique en panne, des décisions prises sans concertation ». Ce qui l’intéresse surtout, c’est demain : « Nous ne ferons pas un mandat de transition, mais un mandat d’ambition. » Avec deux axes majeurs : « La démocratie participative et l’excellence environnementale ».

Une permanence fin prête à l’emplacement de l’ancienne librairie « Le Festin nu ».

Nathalie Motsch l’affirme : « Pour toutes les décisions majeures, les Biarrots seront consultés ». Quant à l’environnement, la candidate veut créer à Biarritz un Conseil supérieur de l’Environnement avec un adjoint qui aura droit de veto sur toutes les décisions prises par la Ville, dans le but de faire de l’écologie non un gadget mais une réalité. Ainsi, pour améliorer la qualité des eaux de baignade, Nathalie Motsch veut désimperméabiliser la ville, pour que les pluies torrentielles partent dans la terre et non dans l’océan. Avec la création d’une coulée verte, Nathalie Motsch et Éric Ménard, membre d’EELV, sont persuadés qu’il est possible d’avoir une ville « plus verte avec une eau plus bleue ».

Après cette déclaration de candidature rondement menée – une heure montre en main toutes interventions confondues ! – et ce programme très vert, on passe fort traditionnellement aux… verres et aux petits fours de fin de réunion.

Avec juste un détail qui semble avoir échappé à beaucoup et qui va sans doute intéresser tous ceux que la candidature de Motsch agace. « On va créer Biarritz à votre écoute, une structure où on pourra échanger ou téléphoner et qui sera ouverte 24 heures sur 24 », annonce la candidate.

À la place de ses rivaux politiques, on téléphonerait toutes les nuits vers 3 heures du matin pour tester la solidité de l’engagement et faire en sorte que l’impressionnant bataillon de soutiens qu’a réuni Nathalie Motsch ne puisse plus mettre un pied devant l’autre dans la journée. Mais surtout, ne le répétez à personne.