C’est en s’alliant à n’importe qui…

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La charte éthique de Guy Lafite, tout juste bonne à amuser la galerie au premier tour.

Le propos était somptueux et semblait gravé dans le marbre : « Je demanderai à chacun des élu(e)s de signer une charte d’éthique et de responsabilité l’engageant à :

– Respecter les valeurs qui fondent notre engagement,

– Traiter avec respect et équité les agents de la Ville comme les citoyens,

– S’interdire tout conflit d’intérêt avec l’action de la Ville et des organismes qui en dépendent. »

Guy Lafite est décidément un amuseur public qui a dû dans sa jeunesse un peu trop écouter le sketch de Coluche où un flic de base déplore les difficultés de son métier : dix avertissements, un blâme ; dix blâmes, une mise à pied.

La tête de file du parti socialiste a pu constater tout comme nous pendant la campagne que le deuxième adjoint à la mairie de Biarritz n’avait pas hésité à emprunter de l’argent à son principal fournisseur Jacques Darrigrand. Que, dans le cadre de l’Agglomération, il avait fragilisé les positions de la ville de Biarritz en devenant l’employé de Jean Grenet, et en bénéficiant d’une étude sociologique fort bien payée. Qu’il avait enfin encouragé ou au moins laissé faire un des ses lieutenants pour compléter la liste du Front national. Mais tout cela ne dérange visiblement pas le champion de l’éthique Guy Lafite, qui vient de décider de s’allier à Michel Veunac!

Même silence assourdissant du côté des socialistes : il est évident que le parti qui soutient François Hollande va prendre une rouste monumentale dimanche prochain et perdre plusieurs dizaines de villes, mais est-ce une raison pour fermer les yeux sur les alliances les plus improbables et les plus discutables? Pour ces raisons, le parti communiste, qui a annoncé qu’il refusait de voter pour une liste Lafite-Veunac mérite d’être salué pour son courage.

Une élection ne correspond jamais tout à fait à ses rêves. Au soir du premier tour, j’aurais adoré voir Mathieu Accoh, largement en tête, tendre la main aux communistes, offrir éventuellement un petit strapontin au représentant de la gauche cachemire Guy Lafite et intégrer les deux révélations de cette campagne, idées à foison et indiscutable amour de Biarritz, Richard Tardits et Guillaume Barucq. Mais entre le rêve et la réalité, le fossé peut-être immense. Force est de constater, comme le prouvent à chaque fois le résultat des élections présidentielles, que Biarritz est une ville qui vote majoritairement à droite.

Au premier tour, on se fait plaisir, au deuxième tour, on élimine, dit l’adage. Mardi, il était assez amusant de voir Max Brisson en compagnie d’une « pointure » comme Alain Juppé, pendant que le tandem Veunac-Lafite recevait le renfort d’un Didier Borotra, qui semble avoir peur que le trio Brisson-Saint-Cricq-Tardits ne s’intéresse de près à tout ce qui s’est passé à la mairie ces dernières années. Faute d’offre véritablement à gauche, entre une liste de droite qui a le mérite d’être cohérente et une alliance improbable, façon Borotra, qui va continuer à envoyer la Ville dans le mur comme par le passé, mon choix est vite fait. Lafite et Veunac main dans la main, Peio Claverie dans les bras de Destizon, Michel Poueyts en arbitre des élégances, c’est la reconduction assurée du système Borotra, les copinages et les coquinages garantis.

Tout plutôt que cela!