Ligne éditoriale et pignes électorales

Soyons clairs : Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne mais suit avec intérêt les candidats susceptibles de faire tomber l’équipe en place.

Les municipales de 2020 promettent une belle foire d’empoigne.

Il se trouvera toujours quelques lecteurs du « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert pour estimer qu’un blog gratuit et citoyen, ouvert il y a sept ans et qui a reçu plus de 10 millions de visites, ne peut que cacher un noir dessein électoral, un intérêt personnel ou une volonté de rouler pour tel ou tel candidat. Bisque, Bisque, Basque ! laissera à ces Bouvard et Pécuchet modernes cette vision manquant grandement de générosité et répétera avec force le principe qui anime depuis le premier jour ce blog qui se veut citoyen : « Y’a que moi dans mon parti et c’est déjà le merdier ». Mais derrière les adorateurs d’idées reçues à la naïveté presque touchante, il y a aussi les cyniques qui espèrent, en salissant, mieux servir leurs petites stratégies électoralistes du moment. À six mois de l’élection municipale, c’est donc le moment ou jamais de rappeler la ligne éditoriale de ce blog avant que les pignes électorales, les marrons de campagne ou les ramponneaux d’entre deux tours ne volent tous azimuts.

Des histoires vraies même si l’objectivité n’existe pas

Neocon n’hésite pas une seconde et associe transparence et nazisme. Bigre!

S’intéresser à une histoire plutôt qu’à une autre, c’est déjà faire preuve de manque d’objectivité. Ne pouvant se démultiplier à l’infini, Bisque, Bisque, Basque ! a regardé de loin jusqu’à maintenant les problèmes scolaires de Biarritz ou le projet Océan Start, tout occupé qu’il était par le G7 ou la villa Sion. Ce qui est parfaitement discutable. Nous sommes tous le résultat d’un parcours, d’une éducation qui va dicter nos choix et nos centres d’intérêt. Lorsque je travaillais au Canard, je recevais en moyenne 600 lettres par semaine et je devais retenir trois d’entre elles pour écrire la rubrique « Couac ». Mon enfance pauvre, mes engagements de gauche, les exploités que j’ai pu croiser, font que mes choix se portaient sur trois histoires sans doute fort différentes de celles qu’aurait choisies un autre collègue issu de la bourgeoisie. C’est pour cette raison que j’ai toujours répété aux étudiants des écoles de journalisme que « L’objectivité n’existe pas ». En revanche, le journalisme consiste à raconter des histoires vraies, et non celles que l’on imagine. Dans le cas contraire, on est romancier.

Incapable de savoir pour qui je vais voter

Ce blog est né d’une indignation, lors du dernier mandat de Didier Borotra, face à des pratiques municipales qui m’ont semblé plus que limites. À l’indignation a succédé la consternation face à l’incompétence du duo Veunac-Lafite et à ses méthodes. La ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque ! demeure claire : contribuer au débat citoyen, faire en sorte que le fonctionnement de la Ville redevienne normal à l’image de ce qui se passe à Bayonne ou Anglet, et empêcher Veunac ou Lafite d’être réélus, car je n’ose imaginer ce qui arriverait si Michel Veunac à 74 ans en reprenait pour six ans, avec le sentiment d’impunité que cela lui confèrerait. Ce que je fais porte un nom : le journalisme d’opinion.

Pour Didic, un journaliste ne peut être qu’un porte-parole d’un candidat.

Mais avoir des opinions quand on est journaliste (ce qui devrait être le cas de tous les titulaires d’une carte de presse) ne veut pas dire qu’on est militant. J’ai horreur des supporters et je ne suis encarté nulle part. Lorsque je regarde un match du XV de France, je souhaite la victoire des Bleus, mais si l’équipe joue mal, ce qui a été le cas plus d’une fois sous les ères Saint-André ou Brunel, je me réjouis de la victoire de son adversaire, parce que la passion du rugby passe avant la couleur du maillot. Très clairement, Bisque Bisque, Basque ! s’intéresse de près à tous les candidats susceptibles de battre Veunac, mais sans perdre pour autant son esprit critique.

– J’apprécie Maïder Arosteguy qui dans un contexte pas facile a fait un bon mandat d’opposante. Elle laboure le terrain électoral biarrot avec opiniâtreté et est proche des gens, ce qui est à son honneur, mais je la trouve un peu fluctuante sur le projet Aguilera.

– Nathalie Motsch a du courage, ce que personne ne lui ôtera, et une tête politique bien faite. Mais le temps passe et elle semble avoir du mal à descendre à hauteur des citoyens les plus simples. Et je grince des dents quand elle se réjouit de la relaxe de Didier et Sophie Borotra. 

– C’est un plaisir d’échanger avec Guillaume Barucq, docteur sympathique et qui a des idées. Malheureusement ça se complique, quand il veut faire de la politique, Guillaume voulant rester bien avec tout le monde tout en maniant des câbles quand il s’imagine tirer les ficelles.

– Je n’ai aucun doute sur les idées et la probité qu’amènerait Jacques-André Schneck à la tête de la Ville, mais peine à cerner son socle électoral. Et je ne parle pas de futures listes Abertzale, France Insoumise ou EELV qui m’intéressent aussi au plus haut point.

Il faut de l’ego pour faire de la politique mais malheureusement trop d’ego tue la politique. Face à la gravité de la situation que connaît Biarritz, dettes planquées sous le tapis et projets foireux à gogo à l’horizon 2020, je regrette que tous ces candidats qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’en tête de liste n’aient pas su faire un front républicain commun dans l’optique de redonner un fonctionnement normal à cette ville.

C’est pour cette raison que je regarderai aussi avec intérêt une possible candidature de Didier Guillaume. S’il s’appuie sur Guy Lafite ou Michel Poueyts, vieux chevaux de retour qui entraîneront forcément la Ville dans des pratiques d’un autre temps, je le combattrai. S’il montre sa volonté de normaliser et pacifier Biarritz en s’appuyant sur des têtes nouvelles ou sur une des listes actuelles d’opposition, je m’intéresserai de près à lui. Rajoutez à cela des programmes qui sont bien loin d’être établis et vous me croirez peut-être si je vous dis que je suis bien incapable de savoir pour qui je vais voter, contrairement à ce que pensent certains « trolls » sur Twitter, bien planqués derrière leurs pseudos.

Pour Neocon (encore lui!) je confonds Motsch et Jeanne d’Arc… Ah oui, Jeanne d’Arc, l’égérie des gens du Front national.

Journalisme et copinage ne font pas bon ménage

Reste un dernier point à clarifier : à mes yeux un journaliste, quand il traite l’actualité, ne doit avoir ni affect, ni amis. Tous ceux que j’ai interviewés dans le cadre de Bisque, Bisque, Basque ! le savent : si je trouve quelque chose contre eux, je le publierais. Lorsque je me suis écharpé avec Michel Veunac, début 2014 devant sa permanence de la rue du Helder, il m’a tout de suite accusé de « rouler pour Brisson » et m’a promis un dossier sur lui…

J’attends toujours la réalisation de cette promesse, alors que des dossiers sur Veunac, j’en ai de quoi remplir une étagère, ce qui me donne à penser que Max Brisson, malgré ses défauts que l’on connaît tous, aurait fait un bien meilleur maire que Veunac. Et pourtant, je ne suis pas encarté aux Républicains et ne le serai jamais.

De la même façon, j’ai apprécié les quatorze années d’opposition de Jean-Benoît Saint-Cricq et bénéficié de ses talents d’avocat lorsque j’ai été conduit au tribunal par l’ancien propriétaire de la Semaine, Hubert de Caslou. Ce qui ne m’a pas empêché de crier au scandale quand le même Jean-Benoît a sauté sur les genoux de Veunac lors du vote de l’Hôtel du Palais, car j’avais le sentiment que ce point de vue ne correspondait nullement à une conviction mais seulement à une aspiration personnelle à rejoindre la majorité. Du jour au lendemain, Saint-Cricq a cessé de me téléphoner, estimant auprès de proches que « je ne devais pas écrire sur lui puisque nous étions amis ». Est-ce que de mon côté, j’ai reproché à Saint-Cricq de ne pas m’avoir informé à l’avance de son revirement en faveur du maire ? Curieuse conception de la démocratie et de la vie publique que ce souhait de silence complice ! Et curieuse vision de la liberté de la presse qui doit s’incliner devant l’amitié!

Récemment, Richard Tardits, homme que j’apprécie, m’a reproché d’avoir publié un de ses mails sans l’avoir préalablement prévenu auparavant. Même remarque que pour Saint-Cricq. Est-ce que Richard a pris son téléphone pour me donner sa position avant d’envoyer ce mail où il estimait qu’il fallait faire confiance à l’État après le G7 ? Bien sûr que non et je ne lui demandais pas.

Désolé, je ne suis pas omniscient et je n’ai aucune idée du lieu de permanence choisi par les candidats et candidates.

C’est ce curieux rapport entre élus et journalistes que je trouve intéressant d’évoquer. Si vous avez un ami médecin, vous n’allez pas lui demander de violer le secret médical en lui donnant des nouvelles de la santé d’un de ses clients sous prétexte qu’il vous intéresse. Au nom de quelle règle, le journaliste devrait-il informer ses copains de la vie privée qu’il va écrire sur eux dans le cadre de leurs fonctions publiques ?

Voilà mes sources prévenues : donner des informations à Bisque, Bisque, Basque ! ce n’est pas souscrire une assurance-vie. J’apprécie bien évidemment de recevoir des informations et de les publier après vérifications, mais ce n’est pas du tout une garantie de ne pas se voir épinglé à son tour.

Être citoyen, c’est prendre la parole dans le débat public, dire sans crainte ce qu’on pense, au lieu d’attendre que les politiques décident pour nous. Dans ce blog, des contributeurs réguliers comme « Paul Bismuth », « NathB », « Rien que la Vérité » ou « Aux arbres, citoyens », (…et bien d’autres !) enrichissent le débat en débattant et acceptant des avis contradictoires.

En revanche, à l’amorce d’une campagne électorale qui pourrait bien être musclée, se multiplient les comptes Facebook ou Twitter de « trolls » bien décidés à vendre leur camelote électorale ou à insulter sous couvert d’anonymat. Ce qui va sans doute m’amener à rejeter certains commentaires reçus, alors que je les publie tous pour le moment, sauf propos manifestement diffamatoire.

Désolé pour vous, les haineux, mais Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne et cherchera, comme dans les appels d’offres respectables se déroulant dans des municipalités tout aussi respectables, uniquement à détecter le mieux-disant susceptible de redonner un peu de dignité, de moralité et de respectabilité à une ville comme Biarritz, qui par ses méthodes et ses scandales à répétition devient la risée de la Côte basque et fait le désespoir de l’Agglomération.

Je ne rêve que de poser le stylo et de ne plus écrire sur la Ville, mais l’idée que je me fais de la citoyenneté va m’amener à guerroyer jusqu’en mars 2020 au minimum.

Vite, un maire normal pour une ville qui n’en peut plus de Veunac et son équipe !

 

Les jeux de l’amour et du bazar

Quinze mois seulement séparent ces deux vidéos, mais quelle différence de ton  entre Saint-Cricq et Veunac, désormais en plein marivaudage…

Veunac évoque les « voieries d’intérêt districal » et le bon élève Saint-Cricq s’empresse de sortir le schéma de son cartable, tandis que Maïder Arosteguy semble consternée. Aucun doute, l’ex-opposant va être admis en classe supérieure.

Le 20 décembre 2017, fait inhabituel, l’opposant Jean-Benoît Saint-Cricq se félicitait que les conseils municipaux, grâce à la vidéo, soient désormais accessibles à tous. Dirait-il la même chose aujourd’hui ? Ce n’est pas tout à fait sûr. Bisque, Bisque, Basque ! s’est donc amusé à comparer les vidéos de décembre 2017 (le premier conseil municipal d’après l’affaire des écuries de Bigueyrie) et le dernier conseil en date, celui du 26 mars 2018 et vous propose de jouer au jeu des cinquante erreurs.

Il y a les différences évidentes comme le changement de look de l’avocat biarrot, cheveux courts et poil rasé quand il était dans l’opposition et désormais barbe de trois jours et frisotis dans le cou. On notera que de son côté Michel Veunac reste toujours le même, malgré cette nouvelle romance : phrases creuses et joues roses. Il nous a ressorti mardi pour la cinquième fois de son mandat « Tout ce qui est excessif et insignifiant » tandis que son conseil échangeait des regards consternés.

Mais il est des différences plus subtiles. En décembre 2017, alors que Jean-Benoît Saint-Cricq était encore opposé au maire et à la gestion de l’Hôtel du Palais, l’avocat biarrot lui donnait du « Monsieur le maire, vous… »

En mars 2019, plus besoin de se cacher. Tous les collègues de bureau des deux élus sont désormais au courant de l’idylle et Veunac, après avoir félicité le bon élève Saint-Cricq pour avoir exhumé « le plan des voieries d’intérêt districal », passe inconsciemment du « Vous » au « Voilà, tu as le schéma » en s’adressant à celui qui ne lui inspire désormais plus aucune crainte.

Il faut dire aussi que notre pauvre maire, désormais veuf de sa majorité et qui n’a plus personne sur qui s’appuyer à l’exception de deux ou trois flagorneurs, fait de plus en plus appel aux lumières juridiques de Saint-Cricq.

Si tout cela ne finit pas en grand mariage électoral en 2020, c’est à désespérer de l’amour et de Marivaux… À moins que les électeurs, en guise de cadeau de mariage, n’offrent une veste aux deux tourtereaux ?

Mauvaise foi, désinformation et ligne jaune

Saint-Cricq rase les murs après ses maladroites accusations, Sud Ouest a la mémoire courte et la campagne électorale prend une vilaine tournure avec des faux grossiers.

Sud Ouest du 23 février.

Surtout n’alertez pas inutilement les services municipaux si vous êtes surpris de voir dans Biarritz ce qui ressemble à des épines de porc-épic fichées dans la muraille. Rien d’anormal, c’est juste Jean-Benoît Saint-Cricq qui à force de raser les murs finit par sérieusement écorner sa barbe. Il avait clamé sur tous les tons que l’incendiaire de sa maison ne pouvait être qu’un « allumé » qui lui en voulait politiquement. Au final, la pyromane était une ressortissante allemande, relevant de la psychiatrie et se moquant de la politique locale et des réseaux sociaux comme de son premier strudel aux pommes.

Dans sa page Facebook, l’avocat biarrot fait amende honorable et présente ses « plates excuses à la blogosphère ». Qu’il sache que personne ne lui en a jamais voulu, car bien malin celui qui peut affirmer que ses mots n’auraient pas dépassé sa pensée après avoir subi plusieurs tentatives d’incendie.

www.facebook.com/jean.saintcricq

En revanche, à la lecture du post de Saint-Cricq, je repense à un de mes rédacteurs en chef du Canard enchaîné qui aimait répéter « un peu de mauvaise foi n’a jamais nui ».

Benoîtement, l’avocat biarrot nous explique que l’attentat n’était pas politique… mais qu’il aurait pu l’être : « les circonstances me dédouanent quelque peu, car le premier incendie est survenu à l’issue d’un conseil municipal enflammé » Que Jean-Benoît Saint-Cricq se rassure : il n’est pas encore d’exemple dans la Ve République où un élu local a vu sa maison incendiée après avoir disserté sur les déjections canines. Ce qu’a vécu l’élu local est abominable et je partage totalement son indignation. Mais, même si je garde toute ma sympathie à l’homme, je sais aussi que l’élu adore la peinture et je lui conseillerai vivement d’oublier la politique, où plus personne ne le prend au sérieux, et de se consacrer pleinement à son art à partir de 2020.

Sud Ouest écrit… puis oublie

Sud Ouest du 12 février.

Si je n’en veux nullement à Saint-Cricq pour ses dérapages, comment ne pas être perplexe face à l’article de Sud Ouest daté du 23 février ? Le quotidien régional raconte l’histoire de l’incendiaire allemande en oubliant totalement ce qu’il avait écrit onze jours plus tôt, où les réseaux sociaux étaient à l’évidence les coupables ou les inspirateurs de ce crime. Il ne doit pas y avoir de service archives dans ce journal ! J’avais déjà eu l’occasion de dire que je pardonnais des propos excessifs tenus sous le coup de l’émotion, mais que j’avais du mal à accepter qu’un journaliste ne garde pas la tête froide et aille plus loin que le communiqué de l’avocat biarrot en me désignant nommément comme un inspirateur possible. Une ligne d’excuse ou un coup de téléphone du responsable régional pour cette mise au pilori pas très confraternelle ? J’attends toujours ! J’apprécie ce quotidien, mais je ne pense pas qu’il sorte grandi de cette histoire. 

Un photomontage scandaleux

Mais il y a beaucoup plus grave, car on touche aux fondamentaux de la démocratie. Cette semaine un photomontage montrant Nathalie Motsch et Jean-René Etchegaray devant le panneau publicitaire de l’Aviron bayonnais a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Que ce soit un imbécile qui n’a pas mesuré la gravité de ce qu’il faisait ou un gros malin qui a parfaitement compris qu’on peut faire perdre une candidate avec une salissure, l’acte est abject et mérite une sanction exemplaire. Les deux élus ont à juste titre porté plainte car ils n’ont jamais parlé rugby publiquement. Ni sans doute en privé. Pour sa part, Bisque Bisque Basque ! espère que la police judiciaire saura faire aussi vite la lumière sur cette affaire que sur les tentatives d’incendie du domicile de Jean-Benoît Saint-Cricq. Mais ce qui me gêne, c’est de voir que l’acte n’a pas été condamné par la classe politique avec la même unanimité que les méfaits commis à l’encontre de Saint-Cricq. Un élu biarrot ricane : « Il n’y a pas de fumée sans feu » et un autre estime qu’il faut « avoir de l’humour ». Curieuse conception de la démocratie !

Je n’ai pas la moindre idée de qui sera maire en 2020, mais je souhaite que cette campagne soit loyale, que tous les candidats soient à égalité sur la ligne de départ, que les Biarrots puissent être sereins le soir du deuxième tour, que le vainqueur soit Veunac ou un de ses adversaires. Dans la passion d’une campagne électorale, il y a toujours un peu de mauvaise foi. Mais si boules puantes il y a, elles doivent correspondre à des faits. Ce n’est à l’évidence pas le cas pour ce photomontage, où la ligne jaune a très nettement été franchie. Quand je vois comment des Biarrots, plusieurs jours après, continuent de maugréer à propos de cette image totalement fictive et de ce qu’elle suggère, j’espère que le coupable pour cette offense à la démocratie sera très sévèrement condamné.

Bisque, Bisque, Basque ! : une ligne éditoriale claire

On ne reproche pas à L’Humanité d’être proche du parti communiste. Bisque, Bisque, Basque !, blog gratuit et qui ne se réfugie pas derrière l’anonymat, n’a jamais caché son point de vue local ni ses convictions de gauche. Je souhaite tous les bonheurs possibles aux hommes Veunac et Lafite dans leur vie personnelle, mais je suis persuadé qu’ils ne sont pas aptes à exercer les mandats qu’ils occupent actuellement et je ferai tout pour qu’ils se consacrent à leurs familles dès 2020. C’est mon droit absolu de citoyen vivant dans une démocratie d’écrire cela. Et si je dérape ou allègue de faits inexacts, je serai condamné par les tribunaux comme la loi le prévoit. Comme tous les journalistes, je fais preuve parfois de mauvaise foi en forçant le trait, ce qui est le propre de la satire. Je vais essayer d’être plus vigilant et équitable dans la perspective d’une campagne électorale 2020 qui s’annonce pour le moins « musclée ». Mais depuis 2013, date du lancement de ce blog, je me suis toujours interdit de publier quelque chose quand je sais que c’est faux. Les réseaux sociaux, quand ils ne se réfugient pas derrière des masques, sont l’oxygène de la démocratie. Battons-nous pour qu’ils le restent !

 

 

 

 

Pyromanie et citoyenneté

Les accusations un peu à la légère de Saint-Cricq sont compréhensibles après ce qu’il vient de vivre. Remercions-le donc de nous donner l’occasion de parler citoyenneté.

Sud Ouest du 12 février, dans lequel Saint-Cricq accuse les réseaux sociaux.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

Une fois n’est pas coutume, Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas un mot à changer au twitt de Michel Veunac à propos des deux tentatives d’incendie subies par Jean-Benoît Saint-Cricq : « Cette violence intolérable et lâche, que rien ne peut justifier, n’a pas sa place dans notre démocratie ».  Bisque, Bisque, Basque ! a parfois la plume acide à l’égard des politiques locaux, mais ses critiques ne visent que les hommes publics qui savent à quoi ils s’exposent en se présentant à une élection et non les maris ou pères de famille. On va donc le dire et le redire : il faut être un abruti parfait pour vouloir mettre le feu à la maison d’un élu.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

C’est au journaliste qui vient d’interviewer le boxeur descendant du ring, le survivant d’un accident d’automobile, ou l’élu victime d’une tentative d’incendie de nuancer les propos entendus et de faire la part de l’émotion. Depuis que j’exerce ce métier, je pense qu’il devrait y avoir un Ordre des journalistes comme il existe un Ordre des médecins, pour intervenir en cas de faute déontologique. Si cet Ordre avait existé, je l’aurais saisi dans la minute qui a suivi la lecture de l’article de Carole Suhas dans Sud Ouest. Dans son communiqué Jean-Benoît Saint-Cricq, fustige les « faiseurs d’opinion, la prose véhémente et les sites de désinformation ». Il vise probablement ce blog et quelques sites locaux qui déplorent son surprenant revirement politique. Mais est-ce le rôle de Sud Ouest de me désigner nommément comme inspirateur possible de ces actes criminels, ce que n’a pas fait Saint-Cricq dans son communiqué, sans prendre la peine de m’interroger ? J’en doute.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

Après les « acides » années soixante-dix et quatre-vingts où la presse était économiquement puissante et n’avait pas peur de grand-chose, les élus ont traversé une grande période de quiétude. L’économie des journaux, alors que les ventes au numéro s’effondrent, dépend désormais beaucoup des pouvoirs en place grâce à de la publicité institutionnelle et des partenariats. Plus ou moins consciemment, des pactes de non-agression se sont conclus. Ce qui n’empêche pas des journalistes, malgré une structure étouffante, de bien faire leur boulot. C’est le cas à Biarritz, malgré cet article malencontreux. La nature ayant horreur du vide, des citoyens qui jusque-là avaient l’habitude de discuter entre eux, ont pris leur plume, consacré leur temps leur énergie et leur argent à raconter dans des blogs ou des pages Facebook ce qu’ils ne trouvent plus dans les médias traditionnels. Les communiqués officiels, les conférences de presse, c’est bien, mais ça n’est que la partie visible de l’iceberg politique. Bisque, Bisque, Basque ! avec ses moyens limités, ses convictions et ses détestations qu’on peut discuter, s’efforce de raconter la partie invisible, les coulisses politiques, les alliances improbables, les raisons d’une vente d’un terrain annoncé non constructible ou d’une villa promise à un copain. Apparemment (et je n’en tire aucune gloire, puisque ce blog est gratuit et ne représente pas un modèle économique), vous êtes un certain nombre à apprécier ce travail puisque dix-mille visiteurs viennent faire un tour pour chaque papier politique publié.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

Bisque, Bisque, Basque ! fait partie de ce qu’on appelle « les réseaux sociaux », un endroit où comme en politique on peut côtoyer le meilleur ou le pire. Mais ce n’est sans doute pas un hasard si un peu partout dans les Pyrénées-Atlantiques, que ce soit à Pau, Oloron ou Ciboure, fleurissent des blogs de très bonne facture où des citoyens exaspérés dénoncent ce qu’ils apprennent. L’heureux temps où, d’une élection à l’autre, les élus faisaient à peu près ce qu’ils voulaient est fort heureusement révolu. Grâce aux réseaux sociaux, un maillage du territoire s’organise, des informations remontent, reprises ensuite par la presse traditionnelle. Allez savoir pourquoi, les Veunac, Lafite, Claverie ou Saint-Cricq parlent « d’incitation à la haine » des réseaux sociaux quand je n’y vois pour ma part que l’expression d’une citoyenneté militante et une passion pour la vie publique, fort rassurante pour notre démocratie.

Sous le coup de l’émotion, on peut aussi… conserver un peu de malice

Jean-Benoît Saint-Cricq a été mon avocat. L’homme est cultivé, intelligent, travailleur et doté d’une vraie fibre sociale qui en aurait probablement fait un bon maire de Biarritz. Si la même mésaventure que Jean-Benoît Saint-Cricq m’arrivait, je dirais sans doute beaucoup de bêtises sous le coup de l’émotion. Je ne lui en veux donc nullement de sa façon de braquer les projecteurs en ma direction même si l’accusation est incongrue. J’espère seulement que les policiers trouveront le coupable. Souhaitons pour l’avocat que le fautif ne sera pas un ivrogne, un voisin en colère ou un client mécontent. Depuis juin 2018, suite à quelques infos en ma possession, je suis fasciné par la façon dont le maire a embobiné l’homme public qu’est Jean-Benoît et a réussi à « retourner » le brillant opposant qu’il était en lui faisant voter par deux fois l’acrobatique montage de l’Hôtel du Palais. De toute ma carrière de journaliste, je n’ai jamais vu une opposition venir au secours du maire le jour où il est en minorité dans sa majorité. En octobre, Saint-Cricq a été hué par les Biarrots, et, au vu des commentaires reçus et entendus à Bisque, Bisque, Basque ! on peut imaginer, même si les gens ne sont pas toujours très courageux, qu’il a dû subir quelques publiques explications de texte pas très agréables à vivre, lui qui était il y a peu encore un des « héros » de la Ville.

Alors, oui, Jean-Benoît Saint Cricq peut-être en colère contre lui-même d’avoir disposé de tant d’atouts dans ses mains et de les avoir si mal joués, se faisant au final berner par un maire qui l’a mené en bateau. Mais de là à dire « On a voulu me punir parce que j’ai trouvé que le rapport d’orientation budgétaire de Guy Lafite était correct », c’est se prêter une importance qui ne correspond plus tout à fait à la réalité. Et le propos semble plus relever du calcul politique que de l’émotion.

N’en déplaise à tous les pourfendeurs de réseaux sociaux, c’est tout à fait mon droit de citoyen-blogueur d’estimer que l’homme public Saint-Cricq est désormais totalement démonétisé politiquement, qu’il n’y a plus grand monde pour le prendre au sérieux, ni écouter ce qu’il a à dire. Jean-Benoît Saint-Cricq, espérant sans doute un improbable « Retenez-moi ! » des Biarrots, annonce à Sud Ouest qu’il « réfléchit » à son implication future dans la vie politique.  À sa place, mon choix serait vite fait. Vendredi soir, lors du conseil municipal, un des spectateurs a résumé la situation : « Saint-Cricq ? Ce n’est plus qu’une barbe et des lunettes ! ».

Le communiqué à la presse de Jean-Benoît Saint-Cricq

 

Saint-Cricq au fond du seau

Quelle tristesse de voir le superbe opposant d’hier obligé, pour exister sans offenser ses nouveaux amis, de disserter sur… les déjections canines. Le jour où on parle orientations budgétaires!

Avec une opposition comme celle-là, avec des Saint-Cricq, Puyau, Domège totalement enamourés, Michel Veunac n’a même plus besoin de majorité… ça tombe très bien puisqu’à l’évidence il n’en a plus, ce qui ne soucie guère celui qui est devenu aux dires de ses détracteurs « la risée de la Côte basque ». Le vieil homme à écharpe tricolore semble toujours aussi perdu, est capable de se tromper dans ses votes en arguant d’une procuration qu’il n’avait pas, utilise des ficelles de la taille de câbles, mais il sait faire de la politique ! Et vendredi soir, lors de ce dernier conseil municipal édifiant et désespérant à la fois, notre Mimi-la-Malice a une fois de plus royalement enfumé tout le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=L2e4pLO4WHA

En plaçant en quatrième point de l’ordre du jour le retrait de délégation de Nathalie Motsch, braquant sur elle les projecteurs des médias à un horaire idéal pour les bouclages, et en point vingt-huit le débat d’orientation budgétaire, à l’heure où tout le monde dort, Super-Mimi a magnifiquement joué le coup, à la manière des adversaires du XV de France qui laissent le pack bleu cracher son venin la première mi-temps en attendant tranquillement la suite pour reprendre le contrôle du match. Une ruse que Maïder Arosteguy, trop contente au passage de montrer le peu de cas qu’elle fait de Nathalie Motsch, dénoncera dans l’indifférence.

Sans adversaire, la partie est difficile

En laissant tous les soutiens de Nathalie Motsch s’exprimer et en interdisant à ses troupes de répliquer, Michel Veunac, sous les yeux de son épouse vêtue de rouge tout comme Nathalie Motsch, a subi pendant quarante-cinq minutes une volée de bois vert mémorable qui semble l’avoir laissé parfaitement indifférent.

Une fois Nathalie Motsch partie, Super Mimi, comme à l’accoutumée, s’est emmêlé les pinceaux sur à peu près tous les sujets, que ce soit l’élection du nouvel adjoint Laurent Ortiz, promu pour avoir bien voté sur le dossier du Palais en octobre, ou la nouvelle politique de stationnement, la notion de taux de rotation des véhicules le laissant à peu près aussi démuni qu’un gallinacé devant un couteau.

L’essentiel était ailleurs et à 22 h 30, l’homme qui ne se trompe jamais et qui d’année en année cumule les exploits financiers, à se demander comment la Ville peut se retrouver dans une telle situation avec tous les miracles qu’il réalise, vous avez compris que l’on parle de « La-Faillite-nous voilà », s’est lancé, sous prétexte d’orientation budgétaire, dans une apologie de son action à faire pleurer de rire n’importe quel étudiant en première année d’économie.

Le grand show de l’énarque fanfaron

Le livre que tous les Biarrots devraient lire.

Si pour équilibrer mon budget, je vends la maison qui m’appartient et explique le même jour à mes copains que je pratique de « la gestion intelligente », ils vont sans doute sourire. Quand on sort du budget municipal l’emprunt pour rénover le Palais en le planquant dans la coquille vide qu’est la Socomix, on peut jouer à l’énarque fanfaron. Surtout quand la bulle spéculative immobilière vous est favorable et gonfle mécaniquement – pour quelques temps du moins ! – vos recettes. Et comme décidément, notre brillant argentier a tous les toupets, il nous explique dans la foulée avoir réalisé un emprunt auprès des banques, car « les taux étaient particulièrement intéressants ». Un peu comme un mari qui rentre à la maison et annonce à son épouse et ses cinq enfants qu’au lieu d’acheter la berline prévue, il a fait l’acquisition d’une Ferrari car elle était en soldes.

Toutes ces rodomontades de petit coq ivre de lui-même auraient mérité d’être reprises, mais la fatigue, l’heure tardive et le fort légitime sentiment d’user de la salive pour rien avec un tandem qui n’écoute personne auront eu raison des plus endurants conseillers. Silence radio de François Amigorena, d’Édouard Chazouillères et même de Maïder Arosteguy qui avait déjà bien bataillé pendant les quatre premières heures du conseil.

Heureusement, trois opposants féroces étaient là pour défendre l’honneur des Biarrots après les fadaises entendues sur les prévisions budgétaires.

Des opposants d’une férocité extrême

C’est Alain Puyau qui lance la première flèche et frappe l’équipe dirigeante en plein cœur. « Les chiffres et les taux sont peu critiquables », mais le rapport qui a été remis aux élus est « peu lisible » et il aurait fallu « changer les polices de caractère ». Tout le monde sait que le brave Puyau n’a aucun caractère, mais malmener l’équipe dirigeante à ce point-là !

C’est ensuite Frédéric Domège qui intervient pour dire que les choix budgétaires vont dans le « bon sens » et qu’il approuve les propos de ses collègues. Domège, c’est connu, c’est le bon sens près de chez nous.

Le match de trop de Saint-Cricq

Mais, à l’image de ces sportifs qui ne savent pas s’arrêter à temps et s’obstinent à revenir dans les stades où ils se sont couverts de gloire alors qu’ils n’y ont plus leur place, les sourires se dissipent et laissent place à une profonde tristesse au moment de l’intervention de Jean-Benoît Saint-Cricq. Comment le brillant opposant dont les interventions pertinentes et travaillées étaient toujours attendues avec impatience et crainte pendant quatorze ans, peut-il s’être tiré une balle dans le pied à ce point-là ?

 Dans la droite ligne de son ralliement à la majorité sur le dossier du Palais en juin et octobre, « l’opposant » Saint-Cricq trouve désormais remarquables toutes les décisions de l’équipe dirigeante : « Ce qui compte, c’est la direction qui a été prise. Elle est incontestablement bonne ». Heureux de distribuer les bons points, Saint-Cricq ajoute même à l’égard du tandem Veunac-Lafite : « Vous êtes sur la bonne voie ».  Mais comme il faut exister tout de même, montrer son indépendance sans fâcher ses nouveaux amis, le brillant avocat biarrot va se permettre une critique terrible sur la façon dont est dirigée cette ville : « On voit fleurir dans nos belles rues des déjections canines qui vivent leur belle vie jusqu’à ce que la pluie ait fait son œuvre et que tout ça se délite. Ce n’est pas très agréable de suivre la vie d’un étron sur le trottoir biarrot pendant une quinzaine de jours. »

Les Biarrots en avaient déjà conscience, mais après cette désespérante séance de bénis oui-oui qui a duré près de cinq heures, ils repartent avec une certitude : la Ville est dans une merde noire !

Quelle dégelée !

Si vous voulez avoir une idée exacte de ce qui se passe à la mairie, prenez quarante-cinq minutes pour écouter tous les griefs adressés au maire. Et vous pourrez au passage admirer ses talents d’encaisseur (De la minute 13 à 1h02, moment où Veunac décide de couper le micro de Nathalie Motsch).

Des griefs littéraires, façon Amigorena, qui avec son talent habituel évoque « La cour du roi Pétaud avec ses bouffons tristes et son monarque acariâtre ». Des envolées humanistes avec un texte très touchant de Guillaume Barucq qui pleure « la dream team que nous formions en 2014 » et « le psychodrame permanent ». Du réalisme avec Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui constate que « comme aux Galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose » à la mairie. Des interventions plus nuancées comme celles d’Anne Pinatel évoquant le général de Villiers ou d’Édouard Chazouillères qui pense que Nathalie Motsch, comme le préconisait Jean-Pierre Chevènement en son temps (« Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ») aurait dû partir d’elle-même.

Et puis, Nathalie Motsch qui, l’émotion aidant, a commis un discours un peu trop long mais remarquable dans sa partie centrale, évoquant « un management à l’envers, rétrograde, et c’est probablement le seul fait d’arme de ce mandat : l’exceptionnelle réussite de l’échec au moment de fracasser une équipe en quatre ans. » « Calamity Nathalie » s’en est ensuite prise à son grand copain l’énarque sarcastique : « Écoutez-moi bien, Monsieur le Premier adjoint, moi qui n’ai à vos yeux que des « ambitions ridicules ». Je ne vous reconnais aucune légitimité, votre équipe part en miettes et vous resterez pour la postérité le fossoyeur du Palais »

45 minutes pour vous convaincre que ce mandat est un désastre à nul autre pareil (À 23 heures, dans la salle ne restaient plus que l’épouse du maire et une journaliste de Mediabask, tous les autres avaient jeté l’éponge, écœurés). Un désastre qui n’empêche pas Michel Veunac d’avoir des chances d’être réélu en 2020 si des ententes ne se font pas et que chaque opposant y va de sa liste. Comme dirait mon confrère de L’Équipe Pierre Michel Bonnot à propos du manager du XV de France Jacques Brunel, l’opposition à Veunac est actuellement « aussi emmerdée qu’un caméléon atterrissant sur un tissu écossais ». Il va falloir s’adapter, et vite !

 

Chacun compte sur ses doigts

Le prochain conseil municipal promet d’être animé. Pour le moment chaque camp fait des additions, car l’éviction de Nathalie Motsch n’est pas encore totalement acquise.

Si Veunac veut compter ses amis au sein du conseil municipal, il peut faire appel à la Vénus de Milo.

Depuis huit mois, Marie-Lou n’en peut plus à l’heure du coucher. Au début, en voyant son mari, Michel Veunac, agiter ses doigts dans tous les sens au moment d’éteindre la lumière, elle a cru que c’était sa façon bien à lui de pratiquer son jogging. Avant de déchanter en comprenant depuis les deux conseils municipaux houleux sur L’Hôtel du Palais qu’il fait simplement ses comptes. Oh, certes, notre rusé politique ne s’amuse pas avec les doigts de ses mains, à chiffrer le nombre de ses amis à la mairie, car, il a assez de lucidité pour savoir que la Vénus de Milo suffirait amplement à la tâche. Michel Veunac fait juste le compte de ses affidés, courtisans, obligés et autres cireurs de pompes qui lui doivent quelque chose, en se disant qu’une fois de plus, ça devrait le faire lors du vote. Et tant pis si, une fois de plus, les Biarrots sont les dindons de la farce.

Tous les témoignages à l’intérieur de la mairie sont unanimes pour dire que Veunac et Lafite sont très nerveux et que le conseil du 8 février prochain est beaucoup plus important qu’il n’en a l’air. Lors de la réunion des adjoints, en début de semaine, Veunac a piqué une grosse rogne en apprenant que Peio Claverie, l’homme qui est capable de vous démontrer que la lune est violette si le maire lui demande, serait absent. L’excuse diplomatique d’un Abertzale habile qui a conscience de s’être ridiculisé à force de flagornerie ? Deuxième colère de Mimi-Imperator en découvrant que Laurent Ortiz, qui normalement doit être « promu » à un poste d’adjoint, serait absent lui aussi. Et comme Veunac sait compter jusqu’à trois, troisième colère en découvrant sur les réseaux sociaux de nombreux appels à venir en nombre à ce « conseil de la honte » où le duo Lafite-Veunac est bien décidé à faire payer à Nathalie Motsch ses prises de position sur le Palais. Tout le monde est prévenu, au moindre bruit, au moindre mouvement de foule, le grand timonier fera évacuer la salle. Pour inciter Veunac à un peu plus de modestie face au mécontentement des Biarrots, Bisque, Bisque, Basque ! qui ne souhaite nullement des perturbations pendant ce conseil, se contentera de rappeler qu’un vendredi à 18 heures, Veunac dispose en tout et pour tout de… trois policiers municipaux en service.

Un débat musclé d’entrée de jeu

Pour toutes ces raisons, ce conseil municipal qui signe incontestablement le coup d’envoi de la campagne électorale de 2020, sera absolument passionnant à suivre. D’autant plus que le retrait de délégation de Nathalie Motsch est prévu au point quatre d’un ordre du jour qui en compte… trente-cinq (Comment s’y retrouver quand on n’a que dix doigts ?) et que les hostilités probables devraient donc démarrer dès 18 h30. Et l’observateur ne va pas savoir où donner de la tête entre les membres de la majorité qui ne voteront pas comme le maire, les anciens membres de la majorité devenus opposants, les opposants ralliés au maire, les opposants qui s’opposent toujours et les opposants qui s’opposent mais n’ont pas envie d’aider Motsch. Dans un tel foutoir, deux mains ne suffiront pas et il est prudent de prévoir le boulier chinois.

Barucq prend de la hauteur

Le docteur Barucq a longtemps cru que la politique pouvait se faire autrement, sur la base du rassemblement de compétences et non de la courtisanerie. Le gentil surfeur commence à comprendre qu’évoluer au sein d’un conseil municipal harmonieux est un art parfois plus difficile que prendre une vague un 15 août à la Côte des Basques. Malmené par le départ de Virginie Lannevère, Guillaume Barucq s’est nettement élevé contre l’éviction de Nathalie Motsch. Interrogé par Bisque, Bisque, Basque!, l’adjoint  parti se mettre au vert en haut de la montagne pour échapper à « l’atmosphère toxique » n’y va pas par quatre chemins : « Je voterai contre l’éviction de la quatrième adjointe qui a grandement participé à la victoire inespérée de 2014 et a tenu sa délégation avec compétence et détermination. J’ai tout tenté pour qu’on n’en arrive pas là… Sans succès ».  D’autres voix habituées à dire ce qu’elles pensent se feront probablement entendre en faveur de Madame Motsch. On pense par exemple à Hervé Boissier qui n’a jamais cessé haut et fort de défendre les Biarrots ou à Françoise Mimiague. Quant aux interventions probables des Destizon, Haye et compagnie, qui ne vont certainement pas rater une occasion de se faire bien voir auprès de leur fournisseur de délégation, on sait d’avance à quoi elles vont ressembler.

Opposants ralliés et pas contents

Ils ont fait basculer le vote en faveur du Palais en juin dernier et estiment, à juste titre, qu’ils ont été payés en monnaie de singe par le grand distributeur de promesses Veunac. En trahissant, ils se sont ridiculisés auprès des Biarrots et… n’ont rien obtenu en retour pour leur surprenant revirement. S’il est difficile d’imaginer l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq, voler au secours de Nathalie Motsch qu’il déteste à peu près autant que le pape François les médecins avorteurs, d’autres surprises pourraient venir de Bénédicte Darrigade ou Frédéric Domège qui n’ont strictement rien contre l’ex-adjointe à l’Urbanisme et pourraient profiter de l’occasion pour montrer qu’ils ne sont pas tout à fait inféodés à Veunac. Quand Mimi Imperator a des insomnies et fait ses comptes sur ses petits doigts, ou quand il se confie à ses proches, c’est une hypothèse qu’il n’exclut pas du tout.

Maïder Arosteguy en embuscade

Elles font semblant de « réfléchir » pour 2020 et prennent les Biarrots pour des jambons ou pire pour des Bayonnais. Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch seront sans nul doute rivales dans quatorze mois et mettent déjà leurs équipes en place. Et au lieu de se conformer à ce lieu commun de la politique qui consiste à affirmer qu’on est uniquement concentré sur son mandat, elles feraient mieux de dire qu’elles disputeront la joute municipale quoi qu’il arrive et feront tout pour gagner en 2020, ce qui rassurerait les Biarrots qui se demandent comment mettre fin au tandem maléfique « Super-Mimi et Lafaillite nous voilà ». Le lancement par Maïder du groupe de réflexion « Mon Biarritz » (quel nom peu collectif, comme si le pouvoir municipal n’était que l’affaire d’une seule ! Pourquoi pas « Mon nombril » pendant qu’on y est !), n’a d’autre but que d’alimenter la campagne électorale par avance. Vendredi soir, il est certain que Maïder Arosteguy va être observée à la loupe. Ayant à son actif un irréprochable mandat d’opposante, va-t-elle au nom des principes défendre l’exclue, s’abstenir de voter en estimant que c’est une affaire de majorité ou au contraire ne pas résister à la tentation de balancer quelques coups de griffe, soit directement soit par l’intermédiaire de quelques proches comme Anne Pinatel. Nul doute que tous les commentateurs sportifs du département seront là pour assister à ce prometteur duel de dames.

Un grand show « Calamity Nathalie »?

Tous les passionnés de vie publique ont encore en mémoire l’intervention de Nathalie Motsch lors du conseil municipal du 15 octobre et le morceau d’éloquence qu’elle avait prononcé, devant un conseil municipal et une assistance médusés. Tandis que Lafite ne quittait pas sa moue dédaigneuse qui est son uniforme quand une femme parle, Veunac avait eu une réaction étonnante et sympathique, comme un sportif chevronné qui reconnaît le talent de son adversaire. En privé, il avait même confié : « J’ai vu naître une femme politique sous mes yeux », ce qui est à son honneur. Depuis, il a pu vérifier que « Calamity Nathalie » sait être coriace : refus catégorique de démissionner, et refus tout aussi catégorique de retirer ses recours devant le tribunal administratif malgré les flatteries et promesses multiples de Mimi-la-Malice. Nathalie Motsch observe un silence total sur ce qu’elle va faire, mais on peut penser qu’elle souhaite retrouver sa liberté et va nous gratifier d’un discours de politique générale qui ira bien au-delà de sa simple éviction, pour dénoncer l’état de déliquescence absolu de l’actuelle majorité et les acrobaties financières à haut risque décidées en 2018. C’est ce que les Biarrots, lassés de cette gouvernance sans vision ni talent, souhaitent. Un duel électoral à la loyale, un retour à des pratiques démocratiques où le conseil municipal ne serait plus mis devant le fait accompli, une transparence totale en matière d’urbanisme et d’appel d’offres…. La politique, c’est aussi fait pour rêver.

En attendant, si dans la nuit de jeudi à vendredi, vous êtes réveillés par des bruits anormaux, ne sursautez pas, ne téléphonez pas aux pompiers : ce sont juste les craquements des jointures des doigts de tous ceux qui comptent et espèrent qui vous auront tiré de votre sommeil.

 

L’enfumeur public numéro 1

Faire croire, en plein conseil municipal, que la descente de police qui a eu lieu à la mairie, ressemblait à un thé mondain, il fallait oser… Veunac l’a fait !

Après « le casse du siècle » de Nathalie Motsch à propos du Palais, c’est Maïder Arosteguy qui alimente le concours des petites phrases au sortir du conseil municipal du 12 décembre, avec un tweet bien dans le style de celle qui effectue un très respectable travail d’opposition depuis 2014 : « Si l’actuel maire de Biarritz n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Avant de rajouter « Opacité et enfumage sont les deux piliers de l’actuelle majorité ».

Comme c’est curieux : Maïder Arosteguy évoque La Cité de l’Océan et Jean-Benoît Saint-Cricq n’a rien à dire sur le sujet.

Désolé, Maïder, mais il n’est probablement pas né, le docteur Jekyll ou autre savant fou, capable de programmer dans un cerveau humain un sens aussi inné des vieilles ficelles politiciennes, de la phrase creuse et de la non réponse aux questions posées. Il était en effet tout à fait légitime pour une élue de s’étonner que personne n’ait été informée de la visite policière effectuée à la mairie aux alentours du 15 octobre et de ses motifs. Mais le grand démocrate Veunac, juste avant de lire un papier soigneusement rédigé, prévient : « Il y a ma réponse et c’est fini. Il n’y aura pas de débat oral derrière ». On a connu mieux, niveau démocratie.

Et le maire de s’enferrer lourdement dans des nuances de sémantique pour mieux promener tout le monde. Non, ce n’était pas vraiment une « perquisition, la police est arrivée pour une remise de document sur commission rogatoire ».  Le public est prié de croire qu’il s’agit d’une simple visite de courtoisie de la police, et d’un événement presque banal. Sauf que, bien évidemment, il n’en est rien. 

 

Le rapport de la Chambre régionale des Comptes a montré de graves irrégularités sur la gestion de la Cité de l’Océan, aussi bien pour la période Borotra que pour la période Veunac-Lafite, au point qu’un signalement a été fait. Et ce n’est pas pour le simple plaisir de venir se renseigner sur la pousse des hortensias dans la colline du même nom que la police judiciaire a pris la peine de se déplacer jusqu’à la mairie.  Mais Veunac adore se rouler dans les phrases creuses et s’en gargariser. Donc, nous sommes priés de le croire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes biarrots. Comme dirait Coluche : « Circulez ! Y’a rien à voir ! ».

Amigorena expédié en deux minutes

L’autre grand moment de démocratie, dans ce conseil municipal plutôt calme après les deux tempêtes force 6 du 30 juillet et 15 octobre, restera l’échange entre François Amigorena et Michel Veunac à propos de L’Hôtel du Palais. Le chef d’entreprise, qui garde la même courtoisie ironique et le même mordant malgré son inéligibilité, s’étonne que la première tranche de travaux se soit élevée à 9,4 millions d’euros contre 8,8 annoncés, demande si un prévisionnel a été fait pour l’été 2019 et voudrait connaître « la situation de trésorerie de la Socomix à la fin novembre »

Vous admirerez tous, dans la vidéo, la façon dont le grand timonier Veunac patauge entre bilan et prévisionnel avant de trancher « On vous communiquera les chiffres ». Avec un homme qui maîtrise aussi bien ses dossiers et qui a appris comment fonctionne une entreprise dans un album Panini, les Biarrots peuvent être tranquilles…

Robert et Puyau récompensés pour leurs « loyaux » services

Le socialiste Alain Robert n’a pas respecté les consignes de son parti. Il était donc parfaitement logique de le promouvoir au conseil d’administration de la Socomix.

Dans ce conseil municipal marqué par de la pure politique politicienne, Veunac n’aura donc rien épargné aux citoyens biarrots accablés par le spectacle proposé. À propos de l’incubateur de jeunes entreprises érigé par le Crédit Agricole à la place de l’ancien garage Honda, Veunac n’oublie pas (1 h 07’) de balancer un grand coup d’encensoir à l’adjointe à rien du tout Nathalie Motsch « pour avoir porté ce projet… Il n’y a pas de raison de l’oublier ». Insultée ces dernières semaines, virée de son poste d’adjointe à l’Urbanisme sans que Veunac ait le courage de soumettre au vote du conseil municipal sa décision, « Calamity Nathalie » se retrouve félicitée pour son travail d’ex-adjointe à l’Urbanisme. Pourquoi donc l’avoir écartée et la ménager maintenant si ce n’est par peur des conséquences de son recours judiciaire ?

Comme Michel Veunac a dû être liftier dans sa jeunesse, tant il se montre habile dans le renvoi d’ascenseur, il fallait bien que la mascarade se poursuive jusqu’au bout. L’historien Alain Puyau et le retraité Alain Robert n’ont pas manifesté jusqu’à maintenant des compétences particulièrement pointues en matière de palace et d’hôtellerie de luxe, mais ils ont bien voté, le premier en trahissant son mandat d’opposant et le second en méprisant le vote interne du parti socialiste dont il est membre. Ils seront donc parfaits pour faire la claque au conseil d’administration de la Socomix.

Que c’est triste la politique à Biarritz !

Les services de sécurité furieux contre Veunac

Et vantard avec ça ! Les déplacements d’Emmanuel Macron ne devaient pas être annoncés pour des raisons de sécurité, mais notre brillantissime maire n’a pas loupé l’occasion de se pavaner en public. Tous les élus sont donc invités à boire un verre à la mairie avec le président de la République, le mardi 18 décembre à 11 heures du matin. « Il suffira de se présenter avec sa carte d’identité » a même précisé notre gros malin. Les gilets jaunes, les retraités en colère, les cégétistes, les indépendantistes basques, les anti G7, les membres de la France insoumise et autres agacés chroniques des sornettes politiciennes, qui n’avaient pas encore décidé où ils allaient offrir à Macron l’accueil qu’il mérite, remercient donc du fond du cœur le maire pour son aide inespérée.