Journal d’un buté de campagne (6)

Motsch, catégorique : « Ni Veunac, ni Arostéguy »

L’ex-adjointe à l’Urbanisme ne louvoie pas sur son positionnement au second tour tandis que la liste Veunac se fait copieusement arroser et que Saint-Cricq prépare un grand coup de balai.

C’est un petit jeu délicieux que nous vous conseillons vivement de pratiquer pendant les dernières semaines de cette campagne électorale. Allez assister à la réunion publique d’un des huit candidats et, la bouche en cœur, demandez-lui ce qui se passera s’il n’arrive pas en tête au soir du premier tour. Pudeur de rosière au moment de passer à l’acte, mouvement de menton martial, grand moment de solitude, vous aurez droit à toutes les postures humaines traduisant l’embarras, alors que les citoyens avant de voter devraient clairement savoir avec qui les candidats sont prêts à s’allier ou ne pas s’allier le 15 mars au soir : « J’ai besoin de réfléchir » … « Je ne peux pas envisager la défaite » …  « C’est une question dont je dois débattre avec mon équipe ». Et en plus, on nous prend pour des imbéciles !

Avec le beau tempérament qui la caractérise, Nathalie Motsch est la seule à se montrer on ne peut plus précise sur le sujet : « Depuis le conseil municipal du 12 février, nous sentons une dynamique en notre faveur et les gens nous disent qu’ils ont apprécié mes positions très claires que ce soit sur le Palais ou Aguilera. Mais, si je devais être battue, nous sommes tous d’accord dans mon équipe et n’aurons pas une seconde d’hésitation. Nous ne nous rallierons ni à Michel Veunac ni à Maider Arostéguy ». Voilà Michel Veunac, qui laisse entendre partout qu’il a passé un accord de deuxième tour avec Nathalie Motsch et qu’il en fera sa première adjointe, une fois de plus pris en flagrant délit de mensonge.

LA LISTE VEUNAC PREND L’EAU – Lorsqu’il a pris la pose pour les journalistes avec son équipe devant le parapet de la Côte des Basques, Michel Veunac a juste oublié un détail : vérifier la force et l’horaire de la marée. Résultat, pour la plus grande joie des journalistes présents, la liste a copieusement été douchée. Avec le sens de la phrase creuse qui le caractérise, Michel Veunac a voulu badiner sur le sujet au micro de France Bleu Pays basque : « Les éléments sont venus nous rafraîchir. C’est une bonne chose ! Je le vois comme quelque chose de bon aloi ! »  D’autres y verront plutôt le signe d’un prévisible naufrage.

RENOUVELLEMENT FAÇON VIEUXNAC – Avec six septuagénaires dans la liste dont les inusables Castaignède, Vial et Blanco et neuf sexagénaires dont Ghis Haye, on ne peut vraiment pas dire que le maire fasse dans le rajeunissement massif, même s’il s’est offert l’attaché parlementaire de Vincent Bru, François-Xavier Menou en invité surprise. Quant à la numéro deux de cette liste, Sylvie Claracq, qui s’est distinguée pendant six ans par son inféodation totale au maire, son mutisme et son absence d’idées, son amitié avec le fils de Michel Veunac n’est peut-être pas étrangère à cette inespérée promotion. Visiblement, si par malheur il est réélu, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous envie est bien décidé à gouverner plus seul que jamais.

BARUCQ TRANSCENDENTAL – Même s’il affiche toujours les mêmes valeurs de dialogue et de concertation, le changement qui s’opère actuellement chez Guillaume Barucq frappe les observateurs. Mardi 18 février au Colisée, lors de la présentation de sa liste, le docteur surfeur se montre beaucoup plus incisif qu’à l’accoutumée : « Ce qui s’est passé lors du dernier conseil municipal est inacceptable. Tout le long de la mandature, à chaque conseil on se disait : ça va aller mieux. Et à chaque fois, c’était pire. Nous ne voulons plus de ce fonctionnement et notre liste, cohérente et compétente est faite pour gagner et non pour se rallier ». Un peu plus tard, Guillaume Barucq, qui se déclare très fier à juste titre de son action pour le sport-santé au Pays basque, estime que « cinq minutes de méditation pour tous les élus avant le conseil seraient sans doute une bonne solution ». Et si Veunac fait le poirier, c’est promis, la presse fait de même.

SAINT-CRICQ VEUT DU BALAI – L’avocat biarrot qui a réuni jeudi 20 février une petite chambrée à la Maison des associations pour la présentation de sa liste, concurrence du rugby oblige, a décidé comme première mesure de son programme, de doter les employés municipaux… d’un balai, parce que « les trottoirs sont dégueulasses, on n’en peut plus ». Peu convaincu par les outils actuels qui déplacent la saleté au lieu de l’enlever, Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé de la justesse de l’investissement. Et si au passage, il pouvait profiter de ces balais neufs pour permettre un grand ménage dans l’équipe municipale actuelle, Bisque, Bisque, Basque ! approuverait totalement.

LES ÉTOILES, C’EST TELLEMENT CHIC – Décidément, il est du dernier chic cette année d’avoir dans son comité de soutien ou sa liste un général dûment étoilé. Jean-Benoît Saint-Cricq n’échappe pas à la règle avec en dernière position de sa liste le général Francis Lenne, connu pour ses prises de position contre l’arme nucléaire. Peut-être va-t-il réussir à faire cesser les bombardements incessants à chaque conseil municipal ?

FAIS BISOU À BIZI – Bisque, Bisque, Basque ! est totalement fan des actions de Bizi et de la façon dont cette association sait mettre les rieurs de son côté. Et pour circuler lui-même en vélo dans la ville, il approuve totalement l’occupation momentanée du hall de la mairie par des vélos, seule piste cyclable non dangereuse de la ville. Une initiative qui a mis hors de ses gonds Michel Veunac comme en témoigne la photo prise ce jour-là, qu’un internaute farceur a légendé : « Ta piste cyclable, tu la veux sur la joue droite ou sur la joue gauche ? » Quel est le médecin qui va convaincre Michel Veunac de ne plus se mettre dans cet état et d’arrêter toutes affaires cessantes la politique ?

IL N’Y A PAS QUE LE CENTRE-VILLE – Toutes les listes déplorent la politique qui a été conduite pendant les deux derniers mandats où seul le petit périmètre sacré, allant du Palais au casino Bellevue en passant par le jardin public a été entretenu, mais presque tous les candidats ont choisi ce même périmètre pour leurs permanences. En s’installant 140 avenue du président Kennedy, la liste emmenée par Brice Morin, Lysiann Brao et Matthieu Accoh, affiche sa volonté de rester au contact de tous les Biarrots. Belle initiative.

LA BOULETTE DE FRANCE 3 – Alors que la rédaction de Sud Ouest Biarritz traite remarquablement bien cette campagne municipale avec un grand souci d’équité et des thématiques de fond qui permettent de mieux comprendre les programmes des candidats, la chaîne publique France 3 se montre visiblement beaucoup plus décontractée avec la démocratie. Elle a prévu d’organiser un débat mercredi prochain avec… cinq des huit candidats déclarés à Biarritz. Jean-Benoît Saint-Cricq, Karim Guerdane et Marine Batiste ont ainsi appris qu’ils n’étaient pas conviés. Une injustice qui a fait bondir l’avocat biarrot qui a immédiatement saisi le CSA. On espère que les candidats retenus uniront leurs protestations à celle des évincés pour ce fâcheux manquement à la démocratie.

LAPSUS RÉVÉLATEUR – Lors de la première rédaction de son communiqué, annonçant le report de son assemblée générale au… 1er avril, histoire de bien souligner le côté farce de l’opération de chantage menée par Aldigé, le Biarritz Olympique s’est livré à un lapsus très révélateur, en affirmant qu’il attendait, avant de procéder à la liquidation du club, le résultat de l’élection municipale et le nom du prochain « idylle » (au lieu d’édile). Le BO et la mairie, ça a toujours été une histoire d’amour compliquée.

L’HUMOUR D’AMIGORENA – Fustigé aussi bien par la Ligue professionnelle de rugby que par le magazine « Têtu » pour ses commentaires sur « Barucq et sa copine Amigorena », Jean-Baptiste Aldigé s’est livré à une esquisse de laborieuse repentance en affirmant que ses mots avaient dépassé sa pensée et qu’il n’est nullement homophobe. Sur sa page Facebook, François Amigorena s’est surtout étonné du manque de solidarité de certains élus qui n’ont pas cru bon de s’indigner face aux propos du président du BO. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se montre autrement percutant qu’Aldigé.

Le degré zéro de la démocratie

Le dernier conseil municipal présidé par Michel Veunac, du moins faut-il l’espérer, aura été sans conteste possible le pire de tous.

Bénédicte Darrigade est une élue discrète mais pragmatique qui, après avoir envisagé de figurer sur la liste de Didier Guillaume, va quitter la vie publique sur la pointe des pieds. Elle a voté hier soir pour les trois délibérations en faveur du BO, ce qui n’était pas la meilleure idée du monde tant les dés étaient pipés, mais a parfaitement résumé l’ambiance de ce dernier conseil municipal de la mandature Veunac qui aurait dû être léger et apaisant et s’est révélé consternant : « Le sentiment des Biarrots est que ce conseil municipal est nauséabond ».

https://www.youtube.com/watch?v=txD6UaJg848&t=1929s

Bon résumé, mais est-ce vraiment étonnant avec un maire qui se contrefiche de la démocratie et dont le seul souci est d’être réélu ? Bisque, Bisque, Basque ! avait mis au défi les troupes de Veunac de trouver une seule ville en France où une délibération de cette importance est votée à quatre semaines de la fin du mandat. Et une seule ville de France où une telle pression est organisée sur les élus avec Jean-Baptiste Aldigé et ses troupes en personne dans la salle pour huer les élus récalcitrants ? Vous pouvez chercher, ça n’existe qu’à Biarritz et c’est consternant.

Officiellement, les trois délibérations pour l’aménagement d’Aguilera étaient « pour rire ». Ce n’est pas Bisque, Bisque, Basque ! qui l’affirme, mais Michel Veunac : « C’est une délibération de principe qui indique une orientation, une volonté politique, un chemin à suivre. Une délibération qui n’engage pas juridiquement ».  Belles paroles, sauf qu’en cours de soirée on découvrira que ces délibérations largement votées ne seront pas si faciles que cela à annuler, ne serait-ce qu’à cause des études qui seront lancées et des cabinets d’architectes à dédommager en cas de changement d’orientation.

Bisque, Bisque, Basque ! n’accordera donc que peu d’intérêt aux Arostéguy, Domège, Saint-Cricq, et aux affidés du maire, qui ont voté en faveur de ces délibérations. Au lieu de protester comme il se doit contre cette farce à quatre semaines de la fin du mandat, ils auront involontairement aidé le maire à se faire réélire comme on le verra un peu plus loin.

Heureusement quelques élus ont eu le cran de ne pas avoir peur des huées d’une partie du public et de s’élever contre ce nouvel attentat démocratique imaginé par Michel Veunac.

Barucq retrouve ses bijoux de famille

La première surprise est venue de Guillaume Barucq qui, en réponse sans doute au tweet moqueur du président Aldigé, a montré qu’il avait retrouvé ses bijoux de famille pour le conseil municipal. L’adjoint à l’environnement démissionne de ses fonctions pour « retrouver sa liberté de parole » et affirme dans un discours très dur pour le maire en place qu’il n’a pas « le monopole du cœur du BO » et votera contre « ce vrai-faux sauvetage »

Très inspiré le docteur Barucq poursuit en demandant que les citoyens soient consultés pour une décision de cette importance et se gausse au passage de la propagande des dirigeants du BO « Les élus seraient responsables de la situation du BO, après avoir versé plus de 10 millions au club ? »

Amigorena : « Quand c’est flou… »

François Amigorena, à son tour fustige le calendrier du maire et le « mépris stupéfiant pour la défense de l’intérêt général des Biarrots ».

Il pointe du doigt toutes les obligations que n’a pas remplies le BO, comme l’entretien de la villa Rose, affirme que « quand c’est flou, c’est qu’il y a un énorme loup » et estime qu’au vu des conditions consenties au club de rugby « toutes les sociétés de la planète voudraient signer un contrat avec la ville de Biarritz » Beau résumé.

Boissier déplore la « Main basse sur la ville »

Quel contraste entre le fourbe Michel Veunac, politicien retors prêt à tout pour sa survie et le très honnête Hervé Boissier, soucieux jusqu’à la dernière minute de son mandat de l’intérêt des Biarrots. Le premier s’accroche à toutes les branches possibles pour tenter de continue à péter dans la soie pendant six ans de plus, quand le deuxième se retire avec dignité. Quel magnifique maire aurait pourtant fait Hervé Boissier, avec son calme, sa pondération et son courage ! Nullement intimidé par les huées provenant de la salle, le conseiller chargé de la démocratie participative s’est livré à un réquisitoire impitoyable du mandat Veunac.

Hervé Boissier revient ensuite sur la commission générale de janvier et le « superbe show lyrique » du maire affirmant que « Le BO c’est l’âme de Biarritz ». Le conseiller municipal se montre sans pitié : « J’ai admiré ce bel exemple de sophisme. Moi, je m’imaginais que l’âme de Biarritz, c’était ses habitants, son océan, ses quartiers, sa vie sociale, ses artisans, ses commerçants » avant de préciser sa pensée : « Le BO est une entreprise privée de spectacles sportifs dont les dirigeants ne se sont jamais cachés d’être ici pour faire du business ». Un ange, un ballon ovale sous l’aile passe.

Et le conseiller de conclure en se demandant si des promesses n’ont pas été faites à Aldigé et aux Gave par Veunac. Comme si c’était le genre de Mimi-La-Malice de faire des promesses en douce sans en parler à son conseil municipal… Il a vraiment mauvais esprit ce Boissier !

Motsch « On marche sur du sable »

Pour s'expliquer, Nathalie Motsch se tourne vers le public.Quand Nathalie Motsch prend la parole, la tension est telle que l’ex-adjointe à l’Urbanisme est obligée de se tourner vers le public pour défendre son point de vue. Calomniée sur les réseaux sociaux, accusée de rouler en douce pour l’Aviron, Nathalie Motsch rappelle son attachement pour le club de rugby mais est bien obligée de constater que cette délibération est « la pire des infâmies de ce mandat ».

Avant de conclure, amère, « Ces délibérations n’ont aucun sens. On marche sur du sable ».

Veunac : « Ce soir, on a gagné 1000 voix »

Mais tout cela laisse de marbre Michel Veunac. Il sait parfaitement que l’essentiel pour lui est de faire croire à la famille Gave, au moins jusqu’au 22 mars, qu’il souhaite aider le BO afin de ne pas se prendre quelques saillies verbales de Jean-Baptiste Aldigé qui pourraient mettre à mal sa campagne électorale. L’adoption des trois délibérations est donc un immense soulagement pour lui. Quelques minutes après la fin du conseil, Michel Veunac, euphorique, confiera à son proche entourage : « Ce soir, on a gagné mille voix en notre faveur ».

Et les Arostéguy, Saint-Cricq, Chazouillères et autres qui ont cru sincèrement voler au secours du BO et qui découvrent qu’ils ont en fait aidé le maire à se faire réélire, ils n’ont pas le sentiment d’être légèrement cocus ?

L’oeil de Hong Kong était là pour surveiller les déclarations des élus.

Un président ne devrait pas faire ça

En guerre avec les élus qui ne partagent pas son point de vue, en guerre avec les journalistes, en guerre avec ceux qui l’ont fait venir comme Jack Isaac, Jean-Baptiste Aldigé est le vrai problème du Biarritz Olympique et son départ devrait être le préalable à toute négociation entre le BO et la Ville, tant l’ancien joueur se montre incapable d’endosser le costume d’un président. Hier soir, après avoir menacé verbalement un journaliste de Mediabask, François Berland, le président est venu assister en personne au conseil municipal avec des troupes qui huaient tous ceux qui émettaient des réserves sur les délibérations proposées. Jean-Baptiste, si tu aimes le BO autant que tu le dis, casse-toi, c’est le plus grand service que tu pourrais rendre au club…

 

 

 

Journal d’un buté de campagne (4)

Un hold-up signé Veunac

Une délibération scandaleuse à cinq semaines de la fin du mandat, une pétition à signer d’urgence, des bagarres de cour d’école, ainsi va la vie électorale à Biarritz.

Trouvez-moi en France un maire, un seul, qui comme Michel Veunac soit en train d’engager sa ville à hauteur de 12 millions d’euros à cinq semaines de la fin de son mandat et je vous promets que Bisque, Bisque, Basque ! cessera de dire du mal du premier magistrat de Biarritz pour se consacrer à la rédaction d’un ouvrage en vingt-cinq tomes intitulé « Les très riches heures du duc Michel de Biarritz comblant de bienfaits sa population en pâmoison devant lui ».

Mercredi 12 février prochain, trois délibérations seront consacrées à l’aménagement d’Aguilera. Officiellement, elles seront consultatives, mais en réalité elles engagent l’avenir de la Ville. Il est totalement scandaleux de faire prendre à un conseil municipal de telles décisions au bout de cinq ans et onze mois de mandat, alors qu’à l’évidence cette décision doit appartenir à l’équipe qui sera élue le 22 mars prochain.

Et qu’on ne vienne pas nous dire que le sauvetage du BO ne peut être opéré que le 12 février, ce qui expliquerait cette précipitation ! Que la construction du centre de formation, pour un budget de 12 millions d’euros, soit plus d’un an de la capacité d’investissement de la Ville, ne peut attendre six semaines de plus, le temps que la nouvelle équipe élue se mette en place et prenne une décision sereine. Qu’on ne vienne pas m’affirmer qu’il y a des élus qui souhaitent la fin du BO, même si, ce qui est logique, les avis des élus divergent sur les solutions à apporter pour réduire le déficit chronique du club.

Maïder Arostéguy, Jean-Benoît Saint-Cricq et quelques autres semblent penser que la solution proposée est la bonne, ce qui est parfaitement leur droit. En revanche, au vu du nouvel attentat démocratique que vient d’organiser Michel Veunac, tous les élus dignes de ce nom doivent se révolter en refusant d’avaliser mercredi à la va-vite une décision qui doit être discutée dans un climat autrement apaisé. Voter mercredi les trois délibérations, c’est cautionner les pratiques anti-démocratiques de Veunac.

En organisant son assemblée générale le 3 mars prochain et en menaçant de mettre en liquidation judiciaire le BO, Jean-Baptiste Aldigé, soutenu par la famille Gave, sait parfaitement ce qu’il fait : il met la pression sur Michel Veunac qu’il accuse de l’avoir promené ces derniers mois. Et comme Veunac caresse encore l’espoir insensé d’être réélu et a bien conscience d’avoir un pistolet braqué sur la tempe, il essaie à coup de décisions de dernière minute de calmer la colère des dirigeants du BO et des manifestants qui ne manqueront pas de s’agglutiner mercredi devant la mairie.

Même si on adore le rugby et le BO, l’attitude de chaque élu.e, sa complaisance ou sa fermeté seront examinées de près par tous les Biarrots. La future élection municipale pourrait très bien se jouer le 12 février.

Car clairement, on ne répond pas quand on est élu à un chantage par un autre chantage.

LA PÉTITION QUI S’IMPOSE. – François Amigorena a été le premier à se révolter contre le nouveau coup de force de Michel Veunac. Samedi après-midi, il a lancé une pétition pour que Michel Veunac retire les trois délibérations concernant le BO : « Quand les Biarrots peinent à se loger, quand notre voirie et nos trottoirs sont tristement dégradés, quand les écoles de nos enfants nécessitent des rénovations urgentes, quand nos transports collectifs sont largement défaillants, quand la qualité de nos eaux de baignade est constamment menacée », le centre de formation à 12 millions d’euros est-il «  un investissement prioritaire ? De plus, les élus de Biarritz n’ont eu droit qu’à une Commission Générale d’une durée de 2h30 pour prendre connaissance de l’ensemble de ces éléments. À un mois à peine des prochaines élections municipales, il s’agit d’un véritable hold-up démocratique. »

Une pétition qui devrait être signée par tous les Biarrots respectueux de la démocratie, histoire d’envoyer un signal fort à la mairie.

https://www.change.org/p/michel-veunac-m-veunac-retirez-les-3-d%C3%A9lib%C3%A9rations-bopb-conseil-municipal-de-biarritz-du-12-02-2020?recruiter=477519246&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

TOUJOURS AUSSI BUTÉ ! – Plusieurs lecteurs se sont étonnés de l’appellation de cette rubrique : « Journal d’un buté de campagne ». Outre la ressemblance avec le « Journal d’un curé de campagne » de Georges Bernanos, publié en 1936 et dont pas grand monde visiblement ne se souvient, ce titre a été choisi parce que depuis six ans, Bisque, Bisque, Basque ! s’efforce de vous démontrer à quel point Michel Veunac est une catastrophe pour la Ville. N’attendez pas de ce blog des consignes de vote en faveur de tel ou tel, juste un combat d’un journaliste d’opinion, du genre buté de chez buté, pour que l’actuel maire de Biarritz se consacre à sa famille dès le 23 mars 2020.

INCESSANTES CHAMAILLERIES. – Lorsqu’ils se sont déclarés candidats, tous les prétendants ont affirmé qu’ils ne se présentaient pas par ambition personnelle mais pour mettre fin au mandat calamiteux de Michel Veunac. Et tous ont affirmé qu’ils ne taperaient pas sur leurs rivaux électoraux.  Mais comme il se passe toujours quelque chose à Biarritz, Maïder Arostéguy a réussi au même moment à être annoncée en tête du sondage organisé par Sud Ouest et France Bleu et à se saborder avec une phrase pour le moins malencontreuse à un journaliste de Mediapart sur la famille Gave qui n’aurait pas construit « Auschwitz ni Buchenwald ».  Un propos que la candidate des Républicains a immédiatement regretté. Ce qui n’a pas empêché tous ses rivaux électoraux de se déchaîner contre elle, malgré les promesses faites de non-agression. Et qui s’est frotté les mains en se disant qu’on l’oubliait pendant une semaine ? Mimi-La-Malice ! S’il est réélu, quelques examens de conscience vont être nécessaires.

LE SIGNE QUI NE TROMPE PAS – En 2014, La Semaine du Pays basque qui avait pris fait et cause pour Max Brisson pendant la campagne avait surpris tout son monde : une semaine après son élection, l’hebdomadaire local qualifiait Michel Veunac d’homme « humaniste et moderne », deux qualités qui laissaient un peu perplexes les lecteurs de l’époque. Dans le numéro daté du 7 février 2020, où un récit nuancé et intelligent est effectué du dérapage verbal de Maïder Arostéguy, la candidate soutenue par Max Brisson est qualifiée de femme « humaniste et tolérante ». Si La Semaine du Pays basque rajoute « moderne » dans son prochain numéro, aucun doute possible, Maïder va être élue.

BARUCQ DÉMISSIONNAIRE ? – L’entourage proche affirmait sous le sceau du secret, la semaine dernière que Guillaume Barucq, avait enfin pris sa décision et qu’il allait annoncer lors du conseil municipal du 12 février sa démission de son poste d’adjoint. Compte tenu des prévisibles turbulences du prochain conseil, rien n’est encore fait. Les mauvais esprits diront que l’adjoint vert n’aura pas perdu trop d’argent en abandonnant ses fonctions quatre semaines avant la fin du mandat, quand les optimistes estimeront que mieux vaut tard que jamais.

CANTINE ÉLECTORALE. – Benoît Hamon, avec sa proposition de revenu universel lors de la campagne présidentielle de 2017, avait dérouté tous ses plus fidèles soutiens, car il avait été bien incapable de chiffrer sa proposition et d’expliquer comment il pensait la financer. Toutes proportions gardées, Guillaume Barucq vient de faire de même la semaine dernière avec sa proposition de cantine gratuite pour tous les petits Biarrots. L’idée est loin d’être idiote, mais pourquoi l’annoncer en février 2020 quand on s’est déclaré en septembre 2019 et pourquoi ne pas étayer cette proposition par des chiffres sur les revenus moyens des parents d’enfants d’écoles primaires ?

SAINT-CRICQ ASSAISONNE VEUNAC. – Lors de la réunion publique tenue au Maitena café, le jeudi 6 février, Jean-Benoît Saint-Cricq a réuni une belle chambrée d’une soixantaine de personnes. Derrière les figures imposées comme la sécurité, les navettes ou la saleté des rues, le candidat a surpris beaucoup de monde en tapant très fort contre le maire sortant. « Ce qui caractérise l’équipe sortante, c’est sa grande indécision. Michel Veunac ne sait pas trancher (…) Quand je pense que cette personne a la prétention de vouloir être maire ». Les années passent et les discours changent…

BIEN MALIN QUI SAURA. – Mais quand on demande à Jean-Benoît Saint-Cricq qui il choisira au soir du premier tour si par malheur il n’arrivait pas en tête, entre « la personne qui ne sait pas trancher » ou « l’ancienne colistière qui a fait du chemin depuis », ou même un autre candidat car une surprise est toujours possible, Jean-Benoît botte en touche avec une habileté que ne renierait pas l’ouvreur du XV de France Romain Ntamack : « Je ne peux pas m’imaginer autrement qu’en tête le 15 mars au soir »… Nous voilà bien avancés.

DAGUERRE LASSE. – Élue discrète mais saluée unanimement pour ses compétences, Régine Daguerre, adjointe à la prévention sociale, avait décidé de rejoindre la liste de Didier Guillaume, qui lui paraissait la mieux à même de défendre Biarritz. La volte-face du ministre ne lui cause pas d’états d’âme. Médecin de sensibilité abertzale, l’élue met fin, provisoirement peut-être, à sa vie politique : « J’arrête là. Je n’irai pas me vendre, ça ne fait pas partie de mes valeurs.  D’autres l’ont fait ou le feront. Je leur laisse. » Des noms ! Des noms !

UN MAIRE LUCIDE. – À 74 ans, ce maire estime qu’il est plus que temps de passer la main. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de notre Michel-Veunac-rien-qu’à-nous-que-la-terre-entière-nous-envie, mais de Jacques Cassiau-Haurie, le maire de Biron qui estime que l’heure de la retraite a largement sonné pour lui. Dire qu’il existe des maires parfaitement lucides ailleurs qu’à Biarritz !

LE CHAMPION DES RÉSEAUX SOCIAUX. – Ne cherchez pas trop les traces de Michel Veunac sur les réseaux sociaux. Avec son équipe de « geeks » rassemblés autour d’un minitel, le maire actuel a visiblement décidé d’abandonner à d’autres la bataille des réseaux sociaux. Quatre tweets en deux mois, c’est un peu à l’image de ce maire qui a différé tout le mandat les décisions à prendre et qui souhaite qu’elles soient votées le 12 février à quatre semaines du premier tour des élections municipales.

Journal d’un buté de campagne (2)

Des permanences illuminées, des insultes gratinées, le bonjour d’Antoine, le trou récurrent du BO et encore et toujours les manœuvres de Mimi-La-Malice.

APPRENDS TA VILLE ! – Avec un directeur de publication comme celui-là, Bisque, Bisque Basque ! ne serait pas très bien barré. Sur l’affiche annonçant fièrement sa première réunion publique au Colisée, Michel Veunac se proclame « Directeur de publication ». Las, le candidat montre qu’il ne relit rien puisqu’il ne connaît visiblement pas sa Ville et situe le Colisée avenue Saraste et non Sarasate. Il n’y avait sur cette affiche que cinquante mots à vérifier et même cela l’apprenti Veunac n’a pas su le faire correctement. Voilà qui rassure pour l’avenir.

AVENUE DES PRÉTENDANTS. – En 2014, tout se jouait rue du Helder où Max Brisson et Michel Veunac avaient leurs permanences à un magasin d’intervalle. Cette année, c’est l’avenue du Maréchal Foch qui semble remporter tous les suffrages avec à l’intérieur de l’espace Foch la permanence de Maider Arostéguy, peu après Le Royal, celle de Michel Veunac, à côté du Sissinou celle de Jean-Benoît Saint-Cricq et au 25 de l’Avenue, celle de Nathalie Motsch. Au point que les Biarrots ne parlent plus que de « l’avenue des prétendants ». Seul Guillaume Barucq fait bande à part en ayant établi ses quartiers électoraux rue Gambetta. Une certitude : pour les alliances au soir du premier tour, le chemin ne sera pas long à faire.

LA PLUS BELLE POUR ALLER VOTER. – Si certaines permanences sont chichement décorées avec l’affiche du candidat pour seul ornement, celle de Maïder Arostéguy, riche en couleurs avec une planche de surf orange vif, une coiffe d’indien un ballon aux couleurs du BO et une chistera, attire l’œil. Les machos de service vont encore dire que Maïder soigne la forme plus que le fond. Mais nul doute possible : sa permanence est la plus belle.

LE BORDEL HOLLANDAIS DE SAINT-CRICQ. – Incontestable affluence, jeudi soir, pour l’inauguration de la permanence électorale de Jean-Benoît Saint-Cricq. Dans un premier temps, le candidat avait placardé une affiche à son effigie avant de la retirer et de se contenter d’un modeste et collectif « Biarritz ensemble ».  Mais la surprise nocturne des passants est venue des lumières rouges et de la grande vitrine de l’établissement choisi qui ne sont pas sans rappeler certaines maisons spécialisées d’Amsterdam. Après le Saint-Cricq chahuté de 2018, allons-nous avoir un Saint-Cricq dévergondé en 2020 ?

CETTE MAUVAISE LANGUE DE GUY. – Le premier adjoint « La Faillite-Nous-Voilà » ne rate pas une occasion de se moquer des maigres soutiens de la liste emmenée par Michel Veunac. « Il a tellement peu de monde autour de lui que le voilà obligé de repartir avec les Castaignède, Blanco, Destizon, Vial, alors qu’il affirmait ne vouloir d’eux à aucun prix ». Il est vrai que les nouveautés sur sa liste promises par Veunac semblent quelque peu se faire attendre.

MOTS FLÉCHÉS BIENVENUS. – Bisque Bisque, Basque ! a passé de longs moments à faire le trottoir pour observer la permanence de Michel Veunac et confirme totalement les propos de Guy Lafite. Il ne s’y passe rien et tous les « invendus » de la politique biarrote qui n’ont eu d’autre choix que de poursuivre avec le maire sortant s’y ennuient de longues heures sans recevoir la moindre visite. Si vous avez quelques mots fléchés ou sudokus en trop pour les occuper, soyez charitables…

APPELEZ-LE GUYGUILLAUME. – Lundi matin sur France Bleu Pays basque, le ministre de l’Agriculture a surpris tout son monde en adoptant une position totalement alignée sur celle des dirigeants du BO. Un coup de brosse à reluire sur Jean-Baptiste Aldigé, « un gestionnaire avisé » et une position pour le moins favorable au BO sur la dernière réserve foncière appartenant à la Ville. Quand on sait que Jean-Baptiste Aldigé ne tarit pas d’éloges sur le Premier adjoint, « le seul à avoir compris mon projet », on constate que Guy Lafite, même s’il ne sera pas l’adjoint de Didier Guillaume, va à l’évidence rester son inspirateur, ce qui n’est pas la meilleure nouvelle du monde.

LE ROI DE L’ENFUMAGE. – Quand vous avez un pistolet braqué sur la tempe, vous êtes généralement du même avis que celui qui tient le pistolet. La commission générale consacrée au BO mercredi 22 janvier a été perçue par la majorité des élus comme un vaste enfumage ou plutôt, comme l’a dit Nathalie Motsch, une « mascarade ». Veunac, à quelques semaines des élections a fait plancher les élus sur quatre projets possibles, alors qu’il sait parfaitement qu’il n’a pas la main et doit attendre le feu vert de l’Agglo. Mais Aldigé a la langue bien pendue et Veunac redoute de se faire flinguer par lui en pleine campagne électorale. D’où ces signaux d’apaisement et de bonne volonté pour faire croire que Mimi se décarcasse pour le BO.

UN MINI TRUMP ? – Tous ou presque le pensent, mais très peu le disent par crainte de représailles sur un sujet aussi sensible que le BO. Les élus sont sortis furieux de cette réunion en ayant le sentiment de s’être fait manipuler une fois de plus par Mimi-la-Malice. Est-il raisonnable de prendre une décision qui engage l’avenir de Biarritz à quatre semaines d’une élection ? Si les points de vue sont partagés sur ce qu’il faut faire pour le BO, tous les élus ayant le désir sincère d’aider le club phare de la Ville, l’unanimité se fait contre la personnalité pour le moins rugueuse du président Aldigé qui a réussi à se fâcher avec tout le monde ou presque. Dans un tweet, François Amigorena a magnifiquement résumé le problème : « En adoptant le comportement d’un mini-Trump de sous-préfecture, indigne d’un président de club de rugby de Pro D2, M. Aldigé est devenu le principal obstacle à l’élaboration d’un projet juste et pérenne pour le BOPB et la plaine d’Aguilera », ce qui lui a valu (en douce) des félicitations de ses collègues de tous bords politiques.

CLASSE PRÉSIDENTIELLE – S’il est quelqu’un doté d’une exquise urbanité, c’est bien Guillaume Barucq. Au sortir de la commission générale, le docteur Barucq, pourtant fervent défenseur du BO, a exprimé des doutes sur la méthode choisie, ce qui lui a valu de recevoir un tweet plein de poésie du président du BO sur… ses « bijoux de famille ». C’était notre rubrique, « Amis de la poésie, bonsoir ! »

KAMPF TOUJOURS LE SAUVEUR – Pour éviter tout dépôt de bilan du BO juste avant les scrutins du 15 et 22 mars, Michel Veunac croit avoir trouvé une ruse et s’agite énormément au téléphone pour être sûr d’avoir la majorité lors du prochain conseil municipal du 12 février. La Ville rembourse 300 000 euros par an au BO pour la tribune Kampf qui avait été financée par le club au temps de sa splendeur. Comme il reste une dizaine d’annuités à payer, la Ville anticiperait et donnerait les 3 millions de reliquat dès cette année, ce qui correspondrait au « trou » actuel du BO. Il est très fort ce Veunac pour engager l’argent de celui qui lui succèdera !

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C’EST ANTOINE QU’ELLE PRÉFÈRE – Nathalie Motsch avait annoncé dans un communiqué de presse qu’elle n’assisterait pas à la commission générale. Il faut dire aussi qu’à la même heure arrivait sur Biarritz Antoine Waechter, venu accorder à la candidate « la caution morale » de son microscopique Mouvement Écologiste Indépendant (MEI). Le lendemain, lors de la conférence de presse commune, Antoine Waechter qui souhaitait apparaître plus vert que vert a même précisé que, pour limiter son empreinte carbone, il était venu en train. Pour épater les foules, il aurait dû venir à pied de son Alsace natale.

Lâchez-vous, c’est la fête !

RamDam 64 40 organise jeudi 30 janvier sa troisième cérémonie des klaxons. L’occasion ou jamais de venir ovationner nos élus les plus méritants.

Ils sont neuf élus en ce moment à vivre des pannes récurrentes d’oreiller. Il est vrai qu’obtenir un klaxon d’or, d’argent ou de béton à quelques semaines des élections municipales n’est pas du meilleur effet auprès des électeurs. Pourtant la situation est beaucoup plus limpide et la concurrence moins rude qu’il y a un an. Est-ce l’effet RamDam 64-40, avec des politiques qui se méfient désormais, ou le fait d’arriver en année électorale, année toujours propice aux élans de vertu, qui nous a amené à raccourcir notre liste des élus « méritants » ?

C’est en imaginant la tête des lauréats que l’artiste Victor La Licorne a réalisé l’affiche qui vous convie à notre cérémonie, le jeudi 30 janvier 2020, de 18h30 à 20 h 15 précises à la maison des Associations de Biarritz. Une affiche inspirée du « Cri » d’Edvard Munch, sans doute en imaginant les gémissements des futurs lauréats.

Et comme l’an passé, vous retrouverez pendant presque deux heures des rires, de la dérision, de la bonne humeur, agrémentés de photos et extraits vidéos insolites et d’un certain nombre de prix surprise décernés par l’équipe des jeunes et vieilles canailles de RamDam 64-40.

Avec nos habituels klaxons d’or, d’argent et de béton mais aussi la remise d’une harpe d’or qui va sans doute vous faire réfléchir.

Petite précision pour les éventuels fâcheux oublieux de ce qu’est la démocratie locale, RamDam 6440 a envoyé un mail et obtenu de la préfecture l’autorisation de mener à bien cette soirée.

Et si vous pensez que depuis deux ans notre association amène un peu d’air pur à la démocratie, manifestez votre solidarité en étant présents à cette manifestation libre et gratuite et rendez un énorme service à notre trésorier en l’informant de votre venue afin de savoir si nous pouvons nous contenter de la grande salle de la maison des associations (80 places environ) ou si nous devons louer les deux salles en enfilade. (120 places).

Vite, à vos claviers, avec un mail adressé à  ramdam6440@gmail.com, en précisant combien vous serez.

Merci d’avance !

Les nominés pour les Landes :

Marie-Ange Delavenne, 7e vice-présidente de la Communauté de Communes du Seignanx

Xavier Fortinon président du Conseil Départemental des Landes

Francis Géraudie, premier vice-président de la Communauté de Communes du Seignanx

Xavier Gaudio, maire de la commune de Soorts Hossegor qui était déjà monté sur la première marche du podium l’an dernier

Éric Guilloteau, président de la Communauté de Communes du Seignanx

Les nominés pour les Pyrénées-Atlantiques :

François Bayrou, maire de Pau

Max Brisson, sénateur des Pyrénées-Atlantiques

Christian Deveze, maire de Cambo.

Jean-Benoît Saint-Cricq, conseiller municipal d’opposition à Biarritz

Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

Schneck et Motsch donnent l’exemple

Enfin un peu de bon sens dans ce monde de brutes avec une alliance entre deux candidats préoccupés d’éthique !

Dans mon village natal, lorsque deux enfants d’une fratrie se chacaillaient, il y avait toujours un adulte pour se tourner vers le plus âgé des belligérants en affirmant : « Tu es le plus grand, tu dois être le plus raisonnable ». Propos qui avait le don suprême d’agacer l’aîné que j’étais. J’ignore si Jacques-André Schneck a entendu cette phrase lors de son enfance, mais force est de constater que le premier candidat déclaré sait mettre ses actes en accord avec ses propos. Sur sa page Facebook, l’ancien énarque n’a cessé de prôner l’alliance des forces vives de la Ville, seul moyen d’empêcher une réélection de Michel Veunac et il paie de sa personne en rejoignant avec ses troupes l’équipe de Nathalie Motsch.

Avec la sincérité qui le caractérise, le candidat reconnaît dans Sud Ouest (19/12) que ne plus être en première ligne, « demande de passer par-dessus une blessure d’ego. Mais cette démarche résonne avec ma vision de l’intérêt général. Rejoindre Nathalie Motsch, c’est une manière de rendre mes actes conformes à ma parole. » Redevenant politique, Jacques-André Schneck précise sa pensée, persuadé que la candidature de Didier Guillaume change profondément la donne électorale : « Il n’est pas heureux à mon sens que les Biarrots n’aient de facto le choix qu’entre deux listes en raison de l’éparpillement des autres. Il faut proposer un troisième choix et pour moi seul le regroupement entre candidats locaux peut offrir ce choix. »

Nathalie Motsch de son côté, candidate investie par l’UDI, se réjouit du large rassemblement qu’elle est en train de créer : « Nous sommes dans une élection municipale, il faut construire un projet pour l’avenir de Biarritz, nous nous devons de dépasser les clivages politiques. Et tout ce beau monde collabore pour un vrai beau projet crédible et réalisable pour Biarritz, c’est le seul objectif qui nous anime. »

« Il en va du salut de Biarritz »

Soucieux de déontologie, pragmatiques et efficaces, les deux candidats partagent à l’évidence nombre de valeurs communes et ont la même lecture politique de la situation actuelle. « Il faut que les autres candidats locaux entendent bien que la division les dessert et fait le jeu du maire sortant notamment » affirme Jacques-André Schneck, tandis que Nathalie Motsch le complète : « l’offre politique est illisible aujourd’hui pour les Biarrots et je trouve cela dommageable pour l’avenir de Biarritz. Les ambitions personnelles sont à mettre de côté, la situation ne s’y prête pas, nous ne pouvons revivre un mandat comme celui que nous venons de vivre, il en va du salut de Biarritz. »

Il est effectivement ahurissant qu’un maire de 74 ans qui a offert pendant six ans aux Biarrots le spectacle d’une majorité indigne s’empoignant joyeusement à la moindre occasion, d’un maire sans compétence et exerçant le pouvoir en solitaire, d’un politicien roué obligé d’exhiber comme prise de guerre le falot Jean-Baptiste Lemoyne pour tenter de faire croire que tout va changer, puisse être en mesure de se représenter.

L’alliance entre Nathalie Motsch et Jacques-André Schneck, alliance qui, souhaitons-le, en préfigurera d’autres, doit sérieusement amener à s’interroger tous ces candidats qui, faisant passer leur ego avant l’intérêt des Biarrots, affirment encore qu’ils veulent savoir combien ils pèsent au soir du premier tour avant de décider à qui ils vont se rallier. Personne ne perd son temps à peser un fétu de paille et le 15 mars, au soir du premier tour, il sera beaucoup trop tard pour créer des alliances qui ne duperont personne, à l’image de Brisson et Saint-Cricq en 2014. Avec le résultat que l’on connaît.

 

 

Saint-Cricq, toute honte bue…

Inconscience totale ou billard à douze bandes, l’avocat biarrot, malgré le mandat controversé qu’il vient d’accomplir, se déclare candidat.

Les livres d’histoire sont formels : quand Jésus, suite aux ennuis que vous connaissez, a dû abandonner la présidence du parti démocrate chrétien, son copain Judas s’est contenté de raser les murs et ne s’est pas porté candidat pour lui succéder.

Vingt et un siècles plus tard, les hommes restent toujours autant pétris de contradictions. Prenez par exemple l’avocat Saint-Cricq. Une décennie d’opposition admirable à Borotra puis à Veunac, un combat dantesque contre la Cité de l’Océan, un solide bon sens dans la lecture des budgets, une façon plus que respectable d’être le porte-parole des citoyens. Et puis soudain, à partir de juillet 2018, alors que Michel Veunac va être mis en minorité dans sa propre majorité à propos de L’Hôtel du Palais, le grand pourfendeur des dérives municipales saute sur les genoux du maire, trouve étonnament que « tout va dans le bon sens » et se met à louer les finances rétablies et à applaudir la cité de l’Océan enfin sauvée.

L’élu explique qu’il est un homme de conviction qui dit ce qu’il pense.

La population, avec son mauvais esprit habituel, perçoit comme une totale traîtrise l’attitude de celui qui était le meilleur opposant et lui en garde une rancune certaine. Jamais, de mémoire de Biarrot, un élu n’avait été hué comme cela en plein conseil municipal.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, notre homme, après une tentative d’incendie début 2019 de sa maison dans la nuit suivant un conseil municipal où il avait brillé par son inexistence, avait cru bon d’affirmer qu’il s’agissait probablement d’une vengeance politique. La police ne tardera pas à découvrir la coupable, une SDF allemande n’ayant jamais entendu parler des exploits politiques du conseiller municipal Saint-Cricq. La vie est cruelle, parfois !

Après un tel palmarès, à la place de Jean-Benoît Saint-Cricq, on aurait rasé les murs, en visant au mieux une place au chaud dans la liste conduite par Veunac, l’homme  à qui il trouve désormais toutes les qualités. Mais Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé qu’un grand destin l’attend et il se lance donc lui aussi dans cette course électorale qui, à Biarritz, ressemble de plus en plus à une guignolade permanente avec chaque semaine un nouveau candidat.

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent  » (Edgar Faure)

Trois lectures sont possibles pour expliquer cette décision :

– Veunac a toujours adoré les petites listes qui « pompent » des voix à ses rivaux. Avec l’amabilité qui le caractérise, pour nuire à Brisson, il avait aidé en 2014 Frank Perrin à boucler sa liste du Front National de l’époque en envoyant quelques épouses de ses propres candidats qui s’étaient présentées sous leurs noms de jeunes filles et leurs deuxièmes prénoms. On imagine très bien Veunac flatter Saint-Cricq et lui dire qu’ils se rallieront au soir du deuxième tour. Toutes les voix qu’il prendra à Arostéguy ou Motsch seront les bienvenues dans cette course à l’écharpe tricolore.

– Saint-Cricq a compris que Veunac n’allait pas se présenter malgré ses déclarations et se contenter du hochet présidentiel que LaRem cherche à lui donner pour prix de son effacement. Difficile pour l’avocat biarrot de partir sur une liste Didier Guillaume-Lafite-Poueyts. Saint-Cricq va donc chercher à faire prospérer sa petite boutique en espérant pouvoir bien la vendre au soir du premier tour et hériter enfin de ce poste d’adjoint à la Culture dont il rêve tant.

– Enfin, de la même façon que Judas répétait à qui voulait l’entendre, « Je suis un mec bien ! », contre toute évidence, et en dépit de tout ce qu’il a fait lors du dernier mandat, l’avocat biarrot croit réellement en ses chances électorales. « Je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je veux emporter l’adhésion des Biarrots », confie-t-il à Sud Ouest, tandis qu’il avoue à sa garde rapprochée « Je veux mesurer mon poids !».

L’avocat semble juste oublier que le vent souffle souvent beaucoup plus fort à Biarritz qu’à Jérusalem et qu’à la première bourrasque le poids plume politique qu’il est devenu pourrait bien être emporté à tout jamais.

 

Repères : Vous mesurerez les changements de ton entre 2017, 2018 et 2019

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

https://jeanyvesviollier.com/2019/02/25/mauvaise-foi-desinformation-et-ligne-jaune/

https://jeanyvesviollier.com/2019/03/28/les-jeux-de-lamour-et-du-bazar/

https://jeanyvesviollier.com/2019/09/27/les-sous-doues-sont-de-sortie/

Ligne éditoriale et pignes électorales

Soyons clairs : Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne mais suit avec intérêt les candidats susceptibles de faire tomber l’équipe en place.

Les municipales de 2020 promettent une belle foire d’empoigne.

Il se trouvera toujours quelques lecteurs du « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert pour estimer qu’un blog gratuit et citoyen, ouvert il y a sept ans et qui a reçu plus de 10 millions de visites, ne peut que cacher un noir dessein électoral, un intérêt personnel ou une volonté de rouler pour tel ou tel candidat. Bisque, Bisque, Basque ! laissera à ces Bouvard et Pécuchet modernes cette vision manquant grandement de générosité et répétera avec force le principe qui anime depuis le premier jour ce blog qui se veut citoyen : « Y’a que moi dans mon parti et c’est déjà le merdier ». Mais derrière les adorateurs d’idées reçues à la naïveté presque touchante, il y a aussi les cyniques qui espèrent, en salissant, mieux servir leurs petites stratégies électoralistes du moment. À six mois de l’élection municipale, c’est donc le moment ou jamais de rappeler la ligne éditoriale de ce blog avant que les pignes électorales, les marrons de campagne ou les ramponneaux d’entre deux tours ne volent tous azimuts.

Des histoires vraies même si l’objectivité n’existe pas

Neocon n’hésite pas une seconde et associe transparence et nazisme. Bigre!

S’intéresser à une histoire plutôt qu’à une autre, c’est déjà faire preuve de manque d’objectivité. Ne pouvant se démultiplier à l’infini, Bisque, Bisque, Basque ! a regardé de loin jusqu’à maintenant les problèmes scolaires de Biarritz ou le projet Océan Start, tout occupé qu’il était par le G7 ou la villa Sion. Ce qui est parfaitement discutable. Nous sommes tous le résultat d’un parcours, d’une éducation qui va dicter nos choix et nos centres d’intérêt. Lorsque je travaillais au Canard, je recevais en moyenne 600 lettres par semaine et je devais retenir trois d’entre elles pour écrire la rubrique « Couac ». Mon enfance pauvre, mes engagements de gauche, les exploités que j’ai pu croiser, font que mes choix se portaient sur trois histoires sans doute fort différentes de celles qu’aurait choisies un autre collègue issu de la bourgeoisie. C’est pour cette raison que j’ai toujours répété aux étudiants des écoles de journalisme que « L’objectivité n’existe pas ». En revanche, le journalisme consiste à raconter des histoires vraies, et non celles que l’on imagine. Dans le cas contraire, on est romancier.

Incapable de savoir pour qui je vais voter

Ce blog est né d’une indignation, lors du dernier mandat de Didier Borotra, face à des pratiques municipales qui m’ont semblé plus que limites. À l’indignation a succédé la consternation face à l’incompétence du duo Veunac-Lafite et à ses méthodes. La ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque ! demeure claire : contribuer au débat citoyen, faire en sorte que le fonctionnement de la Ville redevienne normal à l’image de ce qui se passe à Bayonne ou Anglet, et empêcher Veunac ou Lafite d’être réélus, car je n’ose imaginer ce qui arriverait si Michel Veunac à 74 ans en reprenait pour six ans, avec le sentiment d’impunité que cela lui confèrerait. Ce que je fais porte un nom : le journalisme d’opinion.

Pour Didic, un journaliste ne peut être qu’un porte-parole d’un candidat.

Mais avoir des opinions quand on est journaliste (ce qui devrait être le cas de tous les titulaires d’une carte de presse) ne veut pas dire qu’on est militant. J’ai horreur des supporters et je ne suis encarté nulle part. Lorsque je regarde un match du XV de France, je souhaite la victoire des Bleus, mais si l’équipe joue mal, ce qui a été le cas plus d’une fois sous les ères Saint-André ou Brunel, je me réjouis de la victoire de son adversaire, parce que la passion du rugby passe avant la couleur du maillot. Très clairement, Bisque Bisque, Basque ! s’intéresse de près à tous les candidats susceptibles de battre Veunac, mais sans perdre pour autant son esprit critique.

– J’apprécie Maïder Arosteguy qui dans un contexte pas facile a fait un bon mandat d’opposante. Elle laboure le terrain électoral biarrot avec opiniâtreté et est proche des gens, ce qui est à son honneur, mais je la trouve un peu fluctuante sur le projet Aguilera.

– Nathalie Motsch a du courage, ce que personne ne lui ôtera, et une tête politique bien faite. Mais le temps passe et elle semble avoir du mal à descendre à hauteur des citoyens les plus simples. Et je grince des dents quand elle se réjouit de la relaxe de Didier et Sophie Borotra. 

– C’est un plaisir d’échanger avec Guillaume Barucq, docteur sympathique et qui a des idées. Malheureusement ça se complique, quand il veut faire de la politique, Guillaume voulant rester bien avec tout le monde tout en maniant des câbles quand il s’imagine tirer les ficelles.

– Je n’ai aucun doute sur les idées et la probité qu’amènerait Jacques-André Schneck à la tête de la Ville, mais peine à cerner son socle électoral. Et je ne parle pas de futures listes Abertzale, France Insoumise ou EELV qui m’intéressent aussi au plus haut point.

Il faut de l’ego pour faire de la politique mais malheureusement trop d’ego tue la politique. Face à la gravité de la situation que connaît Biarritz, dettes planquées sous le tapis et projets foireux à gogo à l’horizon 2020, je regrette que tous ces candidats qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’en tête de liste n’aient pas su faire un front républicain commun dans l’optique de redonner un fonctionnement normal à cette ville.

C’est pour cette raison que je regarderai aussi avec intérêt une possible candidature de Didier Guillaume. S’il s’appuie sur Guy Lafite ou Michel Poueyts, vieux chevaux de retour qui entraîneront forcément la Ville dans des pratiques d’un autre temps, je le combattrai. S’il montre sa volonté de normaliser et pacifier Biarritz en s’appuyant sur des têtes nouvelles ou sur une des listes actuelles d’opposition, je m’intéresserai de près à lui. Rajoutez à cela des programmes qui sont bien loin d’être établis et vous me croirez peut-être si je vous dis que je suis bien incapable de savoir pour qui je vais voter, contrairement à ce que pensent certains « trolls » sur Twitter, bien planqués derrière leurs pseudos.

Pour Neocon (encore lui!) je confonds Motsch et Jeanne d’Arc… Ah oui, Jeanne d’Arc, l’égérie des gens du Front national.

Journalisme et copinage ne font pas bon ménage

Reste un dernier point à clarifier : à mes yeux un journaliste, quand il traite l’actualité, ne doit avoir ni affect, ni amis. Tous ceux que j’ai interviewés dans le cadre de Bisque, Bisque, Basque ! le savent : si je trouve quelque chose contre eux, je le publierais. Lorsque je me suis écharpé avec Michel Veunac, début 2014 devant sa permanence de la rue du Helder, il m’a tout de suite accusé de « rouler pour Brisson » et m’a promis un dossier sur lui…

J’attends toujours la réalisation de cette promesse, alors que des dossiers sur Veunac, j’en ai de quoi remplir une étagère, ce qui me donne à penser que Max Brisson, malgré ses défauts que l’on connaît tous, aurait fait un bien meilleur maire que Veunac. Et pourtant, je ne suis pas encarté aux Républicains et ne le serai jamais.

De la même façon, j’ai apprécié les quatorze années d’opposition de Jean-Benoît Saint-Cricq et bénéficié de ses talents d’avocat lorsque j’ai été conduit au tribunal par l’ancien propriétaire de la Semaine, Hubert de Caslou. Ce qui ne m’a pas empêché de crier au scandale quand le même Jean-Benoît a sauté sur les genoux de Veunac lors du vote de l’Hôtel du Palais, car j’avais le sentiment que ce point de vue ne correspondait nullement à une conviction mais seulement à une aspiration personnelle à rejoindre la majorité. Du jour au lendemain, Saint-Cricq a cessé de me téléphoner, estimant auprès de proches que « je ne devais pas écrire sur lui puisque nous étions amis ». Est-ce que de mon côté, j’ai reproché à Saint-Cricq de ne pas m’avoir informé à l’avance de son revirement en faveur du maire ? Curieuse conception de la démocratie et de la vie publique que ce souhait de silence complice ! Et curieuse vision de la liberté de la presse qui doit s’incliner devant l’amitié!

Récemment, Richard Tardits, homme que j’apprécie, m’a reproché d’avoir publié un de ses mails sans l’avoir préalablement prévenu auparavant. Même remarque que pour Saint-Cricq. Est-ce que Richard a pris son téléphone pour me donner sa position avant d’envoyer ce mail où il estimait qu’il fallait faire confiance à l’État après le G7 ? Bien sûr que non et je ne lui demandais pas.

Désolé, je ne suis pas omniscient et je n’ai aucune idée du lieu de permanence choisi par les candidats et candidates.

C’est ce curieux rapport entre élus et journalistes que je trouve intéressant d’évoquer. Si vous avez un ami médecin, vous n’allez pas lui demander de violer le secret médical en lui donnant des nouvelles de la santé d’un de ses clients sous prétexte qu’il vous intéresse. Au nom de quelle règle, le journaliste devrait-il informer ses copains de la vie privée qu’il va écrire sur eux dans le cadre de leurs fonctions publiques ?

Voilà mes sources prévenues : donner des informations à Bisque, Bisque, Basque ! ce n’est pas souscrire une assurance-vie. J’apprécie bien évidemment de recevoir des informations et de les publier après vérifications, mais ce n’est pas du tout une garantie de ne pas se voir épinglé à son tour.

Être citoyen, c’est prendre la parole dans le débat public, dire sans crainte ce qu’on pense, au lieu d’attendre que les politiques décident pour nous. Dans ce blog, des contributeurs réguliers comme « Paul Bismuth », « NathB », « Rien que la Vérité » ou « Aux arbres, citoyens », (…et bien d’autres !) enrichissent le débat en débattant et acceptant des avis contradictoires.

En revanche, à l’amorce d’une campagne électorale qui pourrait bien être musclée, se multiplient les comptes Facebook ou Twitter de « trolls » bien décidés à vendre leur camelote électorale ou à insulter sous couvert d’anonymat. Ce qui va sans doute m’amener à rejeter certains commentaires reçus, alors que je les publie tous pour le moment, sauf propos manifestement diffamatoire.

Désolé pour vous, les haineux, mais Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne et cherchera, comme dans les appels d’offres respectables se déroulant dans des municipalités tout aussi respectables, uniquement à détecter le mieux-disant susceptible de redonner un peu de dignité, de moralité et de respectabilité à une ville comme Biarritz, qui par ses méthodes et ses scandales à répétition devient la risée de la Côte basque et fait le désespoir de l’Agglomération.

Je ne rêve que de poser le stylo et de ne plus écrire sur la Ville, mais l’idée que je me fais de la citoyenneté va m’amener à guerroyer jusqu’en mars 2020 au minimum.

Vite, un maire normal pour une ville qui n’en peut plus de Veunac et son équipe !

 

Les jeux de l’amour et du bazar

Quinze mois seulement séparent ces deux vidéos, mais quelle différence de ton  entre Saint-Cricq et Veunac, désormais en plein marivaudage…

Veunac évoque les « voieries d’intérêt districal » et le bon élève Saint-Cricq s’empresse de sortir le schéma de son cartable, tandis que Maïder Arosteguy semble consternée. Aucun doute, l’ex-opposant va être admis en classe supérieure.

Le 20 décembre 2017, fait inhabituel, l’opposant Jean-Benoît Saint-Cricq se félicitait que les conseils municipaux, grâce à la vidéo, soient désormais accessibles à tous. Dirait-il la même chose aujourd’hui ? Ce n’est pas tout à fait sûr. Bisque, Bisque, Basque ! s’est donc amusé à comparer les vidéos de décembre 2017 (le premier conseil municipal d’après l’affaire des écuries de Bigueyrie) et le dernier conseil en date, celui du 26 mars 2018 et vous propose de jouer au jeu des cinquante erreurs.

Il y a les différences évidentes comme le changement de look de l’avocat biarrot, cheveux courts et poil rasé quand il était dans l’opposition et désormais barbe de trois jours et frisotis dans le cou. On notera que de son côté Michel Veunac reste toujours le même, malgré cette nouvelle romance : phrases creuses et joues roses. Il nous a ressorti mardi pour la cinquième fois de son mandat « Tout ce qui est excessif et insignifiant » tandis que son conseil échangeait des regards consternés.

Mais il est des différences plus subtiles. En décembre 2017, alors que Jean-Benoît Saint-Cricq était encore opposé au maire et à la gestion de l’Hôtel du Palais, l’avocat biarrot lui donnait du « Monsieur le maire, vous… »

En mars 2019, plus besoin de se cacher. Tous les collègues de bureau des deux élus sont désormais au courant de l’idylle et Veunac, après avoir félicité le bon élève Saint-Cricq pour avoir exhumé « le plan des voieries d’intérêt districal », passe inconsciemment du « Vous » au « Voilà, tu as le schéma » en s’adressant à celui qui ne lui inspire désormais plus aucune crainte.

Il faut dire aussi que notre pauvre maire, désormais veuf de sa majorité et qui n’a plus personne sur qui s’appuyer à l’exception de deux ou trois flagorneurs, fait de plus en plus appel aux lumières juridiques de Saint-Cricq.

Si tout cela ne finit pas en grand mariage électoral en 2020, c’est à désespérer de l’amour et de Marivaux… À moins que les électeurs, en guise de cadeau de mariage, n’offrent une veste aux deux tourtereaux ?