Un Castex totalement Cressonisé

Inventeur de l’Absurdie totalitaire, le Premier ministre émarge à la catégorie des très vite oubliables, façon Édith Cresson ou Jean-Pierre Raffarin.

Que celui qui est capable d’écouter l’actuel Premier ministre plus de trente minutes sans ciller lève la main ! « Croque-mémés » comme le surnomment les habitants de Prades pour sa propension à embrasser tout ce qui bouge est certainement un brave homme, mais, avec sa façon de rouler des mirettes, de hocher la tête et d’articuler comme s’il avait abusé de l’eau ferrugineuse, très vite le téléspectateur n’en peut plus de cette autoparodie de Premier ministre et n’a plus qu’une envie, hurler « Bourvil, sors de ce corps ! ».

Il y a à l’évidence un mélange de Woody Allen et de Bourvil en la personne de ce Premier ministre que personne ne comprend…

Le propos n’est pas de contester cette deuxième vague de contamination, beaucoup plus grave que la première au Pays basque et qui mérite un surcroît de précautions. Mais en ces temps de confinement difficile et d’indispensable privation de libertés élémentaires, on peut se demander si Emmanuel Macron, après l’austère mais compréhensible Édouard Phillipe, n’a pas nommé Jean Castex pour dérider les Français et les aider à mieux vivre cette période délicate. Bourvil-Castex à Matignon, c’est à peu près aussi probable que si on avait proposé à l’époque à Louis de Funès d’incarner le général de Gaulle !

Le « brave homme », en voulant faire plaisir à tout le monde et en étant incapable d’imposer son autorité, fait virer notre pays en Absurdie totalitaire, avec un mélange de laxisme et de règlements stupides qui entraînent des palabres risibles et des querelles interminables, à un moment où le personnel médical a mieux à faire.

Picoler plutôt que lire

Au pays de la gastronomie, et c’est bien le moins, l’ancien élu de Prades s’était déjà montré très créatif en inventant, en même temps que le couvre-feu, « le café-andouillette ». Les bistrots étant fermés mais les restaurants ouverts, le malheureux qui souhaitait prendre un petit noir à 9 heures du matin était obligé de commander en même temps un plat, accompagné de la recommandation du serveur : « Mangez-le le plus lentement possible, car je serai obligé de vous mettre dehors quand vous aurez terminé ».

En France, entre lire et picoler le choix est vite fait.

Même pagaille et mêmes incohérences en ce qui concerne les commerces depuis le confinement. On aurait pu imaginer que tous les commerces soient fermés comme en mars, à l’exception des commerces de bouche, ou qu’on autorise un nombre limité de clients, proportionnellement au nombre de mètres carrés de l’enseigne. Au lieu de cela, les marchands de vins sont ouverts, ce qui me réjouit pour les deux adorables cavistes de la place Clemenceau, et les libraires fermés, ce qui me consterne. Tandis que dans un premier temps les grandes surfaces continuaient à vendre du papier imprimé, avant que le gouvernement ne révise sa copie, Amazon se frotte les mains, voit son chiffre d’affaires exploser et pousse même l’hypocrisie jusqu’à proposer son aide aux petits commerces, un peu comme le bourreau s’enquiert de la santé du futur décapité.

Un exemple parmi d’autres de la confusion ambiante créée par Bourvil-Castex : samedi dernier, la FNAC refusait de vendre à ses clients une liseuse, produit interdit par décret énarchique comme les livres, tandis qu’à deux pas de là DARTY n’avait pas le moindre état d’âme pour délivrer le même objet à un acquéreur qui en demandait. Ces deux enseignes font pourtant partie du même groupe !

Dans ses attrayants rayons, la FNAC proposait de « choisir les yeux fermés ». Souhait exaucé !

Et que dire de tous ces surfeurs que l’on retrouve chaque jour à l’eau, Côte des Basques ou sur la grande plage, prêts à présenter leur certificat médical en cas de contrôle de la police ? Nous vivions depuis des lustres à Biarritz et ignorions qu’il y avait dans cette ville autant de dépressifs prêts à se jeter à l’eau !

Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que notre cher et dépassé Premier ministre dans un spasme incontrôlé, dimanche dernier sur TF1, trouve le moyen d’adresser à tous les Français un magnifique et involontaire doigt d’honneur qui a fait se tordre la planète entière. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !

De Gaulle disait « Vous m’avez compris », Castex pour sa part préfère le langage des signes.

L’énorme responsabilité de Macron

Plutôt que d’accabler Jean Castex qui est déjà totalement Cressonisé (ce n’est pas une recette inédite de « Top Chef », mais un adjectif utilisé en politique pour parler d’un élu qui a atteint son seuil d’incompétence), la véritable question à se poser, toujours sans réponse claire à ce jour, est de se demander pourquoi Emmanuel Macron s’est séparé d’Édouard Philippe, Premier ministre, apprécié et pédagogue qui parlait aux Français comme à des adultes. Parce que sa popularité faisait de l’ombre à Jupiter ? C’est l’explication la plus probable et sans doute la raison pour laquelle mi-avril, Le Président de la République, avait repris la main à la télévision. Pour nous parler de ce déconfinement qui aurait dû s’accompagner de mille précautions ? Jupiter est bien au-dessus de toutes ces contingences bassement matérielles et le seul sujet qui l’intéressait ce soir-là, à la grande surprise des Français encore confinés, était « la nouvelle voie » que semblait seul percevoir le président, et qui lui permettrait d’être triomphalement réélu en 2022.

Si les Français ont dansé tout l’été, sans trop écouter les Cassandre de la deuxième vague inévitable, c’est par un besoin logique de liberté mais aussi et surtout parce que le Président de la république lui-même, par ses propos et ses préoccupations purement électoralistes, traitait le virus avec beaucoup de désinvolture comme une vieille affaire du passé et ne semblait préoccupé que par son avenir politique.

Il était donc logique de se débarrasser d’un Premier ministre remarquable et qui faisait bien le boulot, au profit d’un « apparatchik » de bonne volonté mais sans la moindre envergure.
Cruellement, Le Parisien, mardi 3 novembre faisait semblant de constater que les messages de Jean Castex ne passent pas et titrait : « Y-a-t-il un problème Castex ? ».
Poser la question, c’est déjà y répondre.