C’était le restau du cœur et des copains

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 « Au rendez-vous des bons copains de Rabagny, y’a pas souvent de lapins » aurait dit l’ami Brassens. Toutes les espérances ont été dépassées vendredi 9 décembre et le Txik Txak de l’adorable Soso Puleoto était plein à craquer pour l’occasion. Pour venir rendre hommage à Robert Rabagny, des Biarrots, mais aussi des Bayonnais, des Luziens et même des Toulousains, des Parisiens et un couple de Niçois présents dans la région. Côté rugby Pascal Ondarts, Philippe Bidabé ou Philippe Guillard. Côté politique, Jean-Jacques Lasserre, Max Brisson, Maïder Arostéguy, Corine Martineau, François Amigorena, Richard Tardits ou Jeannine Blanco sont venus, malgré leurs emplois du temps acrobatiques, rendre un hommage mérité à celui qui a su si bien enchanter Biarritz. Et côté amis de Robert,aucun ne manquait à l’appel.

150 exemplaires de Monsieur Biarritz Bonheur ont été vendus et les files d’attente pour les dédicaces ont parfois été longues, Robert, incorrigible bavard jamais pressé d’empoigner le stylo, ayant toujours une bonne anecdote à raconter à chacun.

Finalement, seuls manquaient à l’appel Michel Veunac, Peio Claverie et Nicolas Brusque. Ils auraient bien aimé être présents, mais ils étaient en réunion pour tenter de dénicher un nouvel ambassadeur aussi emblématique que Robert pour Biarritz et le BO. C’est logique, on coupe d’abord la tête qui dépasse, puis, après avoir réfléchi, on se demande comment remplacer l’irremplaçable.

(Reportage photos Any MENDIBURU)

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Robert cause et Patricia gratte.

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« Causette » et le Thénardier de Bidache…

Carmen La Marquise

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Chez Ostia et Ostiette, les Thénardier de Bidache à la boîte de fer, on semble avoir très peu le moral ces temps derniers au vu de l’évolution des votes en faveur de l’EPCI :

 Mon pauvre Papa, j’ai peur que tu fasses tchoufa l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que te dit ta Chips, ce tchoupon, qui peut te sauver. Va falloir te remuer le tafanar, parce que cet EPCI, nous a foutu la scoumoune, comme on dit là-bas, dis !

(Ce langage rural de la Ostiette, Ma Douce Thérèse-Marie pouvant se traduire ainsi dans nos cercles :  » J’ai peur que tu échoues l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que dit ton Brisson, ce lèche-cul, qui peut nous sauver le pognon. Va falloir remuer ton gros cul, parce que cette EPCI, nous a foutu le malheur, dis! »)

De quoi donner des insomnies à notre ami Ostia qui, à la maison chaque nuit, se retourne la viande dans le torchon tout dégoulinant de sueur, et qui sait qu’il doit se tenir à carreau devant la Ostiette pour qui, dans la vie, l’important c’est avant tout la galette. Le Jean-Jacques Lasserre essaie donc de voir les choses en positivant :

– Mais bon, qu’avec mon salaire au conseil au Conseil départemental M’mam, nous rest’rait quand même pas mal de pognon à mettre dans la boîte en fer, non ?

– Eh bien ! Si c’est comme ça, dis ! Tu risques d’avoir des biblis plusieurs fois par semaine à l’avenir !

 Ostia, les biblis, ça me fout la cagate !

 Et il faut dire que le Ostia peut effectivement se poser quelques questions quant à son avenir de sénateur, vu qu’il a plus d’ennemis au pays désormais que d’eau dans le lait de la Noiraude pendant l’Occupation, comme l’expliquait cette semaine encore le futur Lehendakari à quelques visiteurs venus lui prêter allégeance dans son bureau :

– L’attitude d’Ostia, que voulez-vous, est celle d’un homme d’un autre temps, d’un autre âge. Lui qui pouvait finir sa carrière sur ce symbole fort d’un Pays Basque uni, réuni et enfin reconnu, se vautre complètement. Il est passé à côté de sa chance, de la grande histoire de sa vie. Cet EPCI qui se fait et qui annonce, un jour prochain, vous le verrez, une collectivité spécifique, aurait pu avoir Lasserre comme père. Il serait resté dans l’Histoire comme un homme remarquable. Or, désormais, il apparaitra comme le type dépassé et buté. Comme l’affreux cumulard. Triste fin dans les poubelles de l’histoire basque…

Et de rajouter à ses visiteurs amusés :

– Evidemment l’UDI que je préside, et les 75% de grands électeurs du Pays Basque qui ont voté oui avec enthousiasme à l’EPCI, ne pourront se reconnaître dans Ostia et sa liste pour les prochaines élections sénatoriales. Il ne pourra compter que sur très peu de voix venant des grands électeurs basques. Quelques-unes dans le voisinage de Bidache, mais ça fera court ! Et il n’est pas dit que les voix centristes du Béarn lui suffisent pour espérer retrouver son confortable matelas au Sénat. Surtout que l’UDI, cette autre sensibilité centriste du département, qui prend de l’élan, aura sa liste et des candidats qui ressembleront au visage d’Iparralde et qui, eux, rassembleront. Ostia peut commencer à mettre des cartons de côté dans sa grange pour son futur déménagement Paris-Bidache !

 Mais les angoisses nocturnes d’Ostia ne sont pas dues qu’aux plans du futur Lehendakari qui saura tuer le cochon comme il se doit. Ostia, en effet, dès qu’il rencontre un élu à qui il pense pouvoir venir en aide, poursuit ainsi son couplet :

– C’est affreux ce que devient ce Pays Basque. De mon temps, le Basque était un type moins rusé que le Charnégou. Il était chrétien et centriste et votait comme un seul homme pour moi et mes amis, sans poser de questions. On lui promettait l’entrecôte et on lui donnait des lasagnes et il était content ! Maintenant, tout cela se radicalise et se gauchise. Et il y a l’épouvantable Espagnac, la Frédérique, LA CAUSETTE (je respecte ici l’orthographe admis par le cerveau de notre ami Jean-Jacques), cette sorcière qu’a dû oublier de brûler le Conseiller Pierre de Rosteguy  de Lancre !

Et l’interlocuteur de lui demander :

– Un de la famille de la petite Maïder Rosteguy ?

– Mais non ostia ! T’as qu’à demander à Campa, c’est lui l’instructionné dans mes cabinets de Pau et de Paris qui me raconte ces histoires. J’ai pas le cœur à plaisanter quand je vois maman, le regard mauvais qu’elle me lance, en regardant la boîte à l’élastique qui va se vider. Mais la petite Arostéguy, celle-là aussi je m’en méfie ! Elle me doit TOUT, elle doit TOUT à la Chips. On en a fait une conseillère départementale et aujourd’hui, elle est une UDIste épouvantable, qui avait déjà pris la place de ma petite Marie-Claude Emballe-colis-du-Senat-en-2017 qui aurait dû être l’associée à la Chips aux départementales. Et voilà la Maïder me regarde avec des yeux moqueurs comme si j’avais de la paille au cul ! Tout cela est insupportable ! Ma vie est un enfer !

– Oui, alors et la Cosette ?

– Ah celle-là ! Personne ne la connaissait ici au Pays Basque ! Elle a été élue grâce au Béarn, la dernière fois. Et voilà qu’elle vient se mêler de ce qui la regarde pas et qui donne l’INDEPENDANCE aux Basques. En plus à ma Ostiette, l’indépendance ça lui donne des cauchemars ! Tu vois à quoi ressemblent mes nuits, ostia de ostia ! Et le Hollande qui n’a fait qu’un seul truc en quatre ans, il fallait que ce soit donner l’indépendance aux Basques ! Putain de ostia de ostia, c’est bien ma chance ! Alors cette sorcière, cette Causette, elle est devenue la Madone des Basques. Tu vas voir qu’ils vont lui élever une chapelle de Notre-Dame-de-la-Espagnac-de-la-Causette ! Et on lui mettra des cierges bientôt ! Oui, la Espagnac elle m’énerve à jouer tout le temps à la Causette qui fait pleurer son monde et moi, du coup, je passe pour le père Té- l’Merdier comme me l’a expliqué Copie-Colle qui a lu Hector Hugo en BD dans Spirou-Junior.

Il faut dire, Ma Toute Douce, que la petite Espagnac est redoutable et qu’un esprit éclairé du PS de Boucau  me disait l’autre jour: « En plus Frédérique sait merveilleusement  faire d’un ennemi d’aujourd’hui, un allié de demain ! »

 Enfin, je ne saurais terminer cette missive, Ma toute Douce, sans vous donner des nouvelles de notre bolchévique préféré, milliardaire de la BD, et de son complice notre ami Pierre George, qui viennent de sortir chez l’éditeur Atlantica, le tome 3 des aventures de Manzana et Patxaran (meilleures ventes toute catégorie des éditions Atlantica pour les tomes 1 & 2 !), nos flics biarrot et bayonnais, intitulé « Opération jambon » ! Un grand régal, où j’ai trouvé non sans surprise un nouveau personnage de fiction, un escroc à la petite semaine comme on les aime et les connait chez nous, dénommé Hubert Vindemess. Comme c’est curieux, cet affreux personnage me rappelle quelqu’un, mais qui ? Vous, Thérèse-Marie, dont l’esprit est aiguisé comme le rasoir d’Henri Etcheto au moment des campagnes électorales, vous trouverez peut-être la réponse à mon interrogation. Cet Hubert est ainsi décrit par notre auteur : « Autrefois arrêté pour trafic d’hosties frelatées, cet ancien légionnaire et premier lieutenant de Gaiztoa est prêt à tout pour s’enrichir. Les faux en tous genres sont sa spécialité et même lui n’est plus très sûr de son identité réelle. »  N’hésitez pas à m’aider à résoudre ce mystère. En tout cas nos deux auteurs sont en dédicace aux lieux et dates suivantes : Ce samedi 28 mai, à la librairie Darrigade à Biarritz de 10h30 à 12h30, le samedi 4 juin, centre Leclerc Anglet de 14h à 17 h, le samedi 11 juin, librairie Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz de 11h à 13h et le dimanche 12 juin, à la maison de la presse d’Ascain, de 10h à 12 h.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Que voulez-vous que l’on refuse à une Marquise, qui a le bon goût d’aimer les bandes dessinées ? Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Le lehendakari se garde l’UDI !

Peyico le Pirate

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Comme vous le savez les jeux sont faits en ce qui concerne le fameux EPCI du Pays Basque. Et d’un score que l’on croyait – ou imaginait – serré, on va vers une assez large victoire du « Oui ».

Cela va, bien entendu, faire le bonheur des partisans du « Oui », camp dans lequel on compte notamment la sénatrice Espagnac et les députées Capdevielle et Alaux. Et puis, évidemment, notre élégant Jean-René, maire de Bayonne et futur roi du Pays Basque. D’où cette formule déjà célèbre qu’il a prononcée l’autre soir (à une heure peu catholique comme dirait Monseigneur Aillet qui  n’arriverait pas à dormir du sommeil du brave après avoir bu une bouteille de Château de l’Hacienda et qui dirait au vicaire général : « Vous avez beau dire, y’a pas seulement que de la pommey’a aut’chose.« ) dans un bar du Petit-Bayonne devant un échantillon de son futur peuple basque :

– L’EPCI c’est MOI !

Dans les partisans du « Non », il reste évidemment notre bien gras d’Ostia, qui digère bien mal l’échec du « Non », vu qu’il risque de le payer le prix fort aux prochaines sénatoriales. Il est vrai que sa position de resplendissant buté reste incompréhensible aux yeux de beaucoup de maires basques, même si cela ne surprend guère le futur lehendakari Jean-René, qui commenta ainsi, entre deux irrintzina, la chose à un observateur qui évoquait ces faits dans ce Petit-Bayonne nocturne où il fait bon fêter les victoires :

– L’attitude du Ostia ? Oh cela ne me surprend pas et me fait penser à un proverbe russe que m’a, un jour dernier, rapporté à son retour de Vichy, en passant par Laval, un vieux consul épuisé de ce pays de neige et de deuils : « Mets un paysan à table, il mettra les pieds dessus« .

Mais au-delà de ces réjouissances et de l’esprit taquin de notre futur lehendakari, il faut toutefois se poser des questions quant à l’avenir des rapports entre les « Nonistes » et les « Oui-ouistes », car on a peur que cela laisse des traces sanglantes. Pour ce faire, il fallait donc une bonne volonté et un homme de paix. Et voilà que ce corsaire de Peyuco Duhart, maire de Saint-Jean-de-Luz, avec sa légendaire et diplomatique bonhommie, a décidé de jouer un coup qui peut être méditer comme une grande leçon, par ceux qui mangent des chips à pleine main en racontant des fadaises au lieu d’agir dans l’intérêt général. Ainsi le bon Peyuco a proposé la chose suivante :

– Le temps de l’apaisement et du travailler ensemble est revenu. Je propose donc de réunir les 10 présidents d’intercommunalité actuels du Pays Basque autour d’une bonne table pour réapprendre à se parler, à travailler ensemble, le plus uni possible, au sujet de l’avenir de notre petit coin de France, de notre cher Pays Basque.

Les dix (dont lui) ont donc dit oui, y compris le Parrain de la Côte, pourtant « Noniste » convaincu, notre Cher Claude Olive, ci-devant maire d’Anglet qui, s’il possède caractère et  tempérament, est tout le contraire d’un buté. Et cet accord facilement obtenu, le Peyuco a lancé, l’air de rien, avec ce grand sourire qui séduit tant les Luziennes sexagénaires aux halles :

– Eh bien il ne me reste plus qu’à choisir un bon restaurant pour vous y inviter tous ! Mais à une condition… C’est que le Président du Conseil des élus (c’est à dire, Ma Chère Thérèse-Marie, le futur Lehendakari  Etchégaray ) soit des nôtres !

Coup de maître ! Et tout le monde a accepté y compris le Parrain de la Côte qui a dit en se marrant, beau joueur :

 – Moi, Tchi-Tchi, je ne fais pas de politiqueu… c’est bien connu. Mais je fais bien volontiers de bons repas, Tchi-Tchi…

Ainsi, la semaine dernière, ce déjeuner a eu lieu. Le bon Peyuco, l’âme joyeuse, avait ainsi annoncé aux dix concernés :

– Nous mangerons des mets exquis, je vous le promets. Pour preuve, il n’y aura ni chips ni Château l’Hacienda à cette table !

Et de cette rencontre apaisée, est sorti un bilan optimiste, ainsi traduit par un convive : « Ce fut franc et loyal. On s’est dit les choses. C’était viril comme ambiance, mais on arrivera à s’entendre. » Et un autre de commenter : « Ce déjeuner marque une nouvelle époque. Celle où nous allons faire désormais de la politique en Pays Basque sans Brisson ni Lasserre. Le Pays Basque n’est plus à eux, nous leur avons repris les clés. Et là-dessus, nous sommes tous d’accord ! Comme une grande respiration dans la vie démocratique. »

 Ce dossier réglé, le lehendakari, de retour dans sa mairie, a fait venir en fin de journée  l’élégant Marco Amestoy, éminence grise et prestigieux  directeur de cabinet dans son bureau-à-la-moquette-toujours-pas-changée :

– Mon Marco, maintenant il est temps de me préoccuper des élections départementales de l’UDI du 4 juin prochain !

– Ah oui, évidemment, Sublime et Sublimissime penseur du Pays des Basques ! Toi qui en es le Président intérimaire par la volonté de Lagarde, à qui vas-tu laisser la place alors à la présidence de l’UDI ?

– A qui ? Eh bien à un homme que j’estime grandement. Un homme de projets et de progrès, un esprit lumineux, une belle et grande intelligence, un juste. Un Saint-Just même !

– Oh mais sublime échauguette des confluences du génie et de la stratégie, ce portrait correspond trait pour trait à toi !

– Eh bien, Mon Marco… Tu as trouvé !

– Oh j’en tremble de bonheur, en frémis d’émotion, en éclate de volupté et de joie.

– N’en fais pas trop quand même ! On dirait du Chipstarrak à qui l’on proposerait une nouvelle indemnité d’élu !

– Es-tu taquin Mon Maître !! Regarde mes menottes, elles ne sont point huileuses !

 Certes oui. Tiens je ne te connaissais pas cette cravate aux couleurs si chipsiennes…

– Je l’ai acquise chez Charvet pour célébrer la victoire du « Oui ». Mais dis-moi, Ponts du Génie et de Saint-Esprit réunis, pourquoi te présenter à cette présidence ?

 Eh bien pour quatre raisons. La première, c’est que  je suis le meilleur !

 Oui, je l’avoue.

 La seconde Bayrou ne doit plus avoir le monopole du centre dans ce département. J’aime bien François, mais cette situation n’a que trop duré…

– Oui et puis avec Ostia comme seul métayer, cela fait trop artisanal.

– On est bien d’accord ! Troisièmement parce que je serai le seul candidat, et que cela évitera des guerres fratricides dans la famille.

 Oui, on n’a pas besoin de cela ! Déjà la Durruty me donne assez de boutons avec ses malices.

– Enfin, le Président de l’UDI dans ce département, sera l’homme fort des législatives et des sénatoriales pour le centre et la droite en 2017. Il donnera les investitures !

– Voilà une stratégie que j’approuve. Tu me fais penser à mes belles années auprès d’Ostia, où j’appliquais MES stratégies de cet acabit, ce qui lui donnait la mine agricole et ravie. Oui, Glorieux Lehendakari, tout recommence ! Nous allons connaître, une fois encore, l’ivresse du vrai pouvoir. Tout recommence… Oh grande est ma joie ! TOUT RECOMMENCE ! je vais aller m’acheter une nouvelle cravate.

Et le Lehendakari, brusquement songeur et regardant par la fenêtre au-dessus de l’Adour la citadelle de Vauban, de murmurer :

 Vois-tu Mon Marco, dans cette affaire, il y a des moments où j’ai été bien seul… Le combat fut rude, ce qui rend la victoire plus belle. Moi, je savais le chemin. Je n’ai pas d’amertume, mais je garde dans la poche de ma veste une liste précieuse où j’ai inscrit, jour après jour, le nom de tous ceux qui ont voulu me tuer. J’ai du respect pour l’adversaire loyal et même brutal. Mais les fourbes, les traitres, les lâches me le paieront, si tel est mon bon plaisir. Certains, les mêmes évidemment, dès demain me parleront de mon triomphe et de ma gloire. Je ne les connais que trop bien ! Alors, je leur dirai ces mots de Sébastien le Preste de Vauban qui a bâti cette citadelle qui est là, intacte : « La véritable gloire ne vole pas comme le papillon ; elle ne s’acquiert que par des actions réelles et solides. Elle veut toujours remplir ses devoirs à la lettre. Son premier et véritable principe est la vérité…« 

Alors sans bruit, tel Louvois sachant s’éclipser quand Louis XIV demeurait solitaire dans ses songes, Marco quitta le cabinet de travail du futur Lehendakari, refermant avec mille précautions, et sans le moindre bruit  la porte capitonnée. Ainsi, Ma Chère, s’écrit aussi l’histoire politique et celles des hommes…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise. Et n’hésitez pas à lui écrire, à la féliciter ou à lui raconter vos petits secrets. Comme vous avez pu le constater, elle adore ça…

La Chips chez Henri Hourra

Fandango Brisson

(Dessin Pierre George)

Ma Toute Douce,

Ces chroniques, que vous me faites le plaisir de lire et de commenter chaque semaine, semblent attirer, de-ci, de-là, quelques lectures… Et je dois bien vous avouer que la vieille dame que je suis, aime à recevoir, par la magie de l’Internet, du courrier de quelques-uns de mes fidèles lecteurs. Je fais mon miel de ces lectures, que je garde en général pour moi. Mais cette semaine, je m’en voudrais de ne pas vous faire partager cette correspondance reçue d’un lecteur camboar, suite à la publication de quelques écrits sur le petit Lu d’Arnaga, le si précieux Vincent-Un-Bru-de-sa-Personne…

« Mes hommages Chère Marquise,

Je serais très honoré de pouvoir recevoir régulièrement dans ma misérable masure Votre Lettre hebdomadaire. Les premières dont j’ai eu connaissance, ont été captivantes et ô combien enrichissantes pour le manant que je suis. Il se trouve que j’appartiens au tiers-état de bas-étage de la charmante cité de Cambo-les-bains et donc, vous l’aurez deviné Chère Marquise, vous qui semblez plus puissante que l’oracle de Delphes, je m’intéresse de très près au destin régional et national, voire international, du petit-lu local, ci-devant petit duc d’Arnaga et roitelet de la Mairie depuis le siècle dernier … Néanmoins, je n’ose l’imaginer, comme vous le susurrez, courir en petites foulées sur les sentiers rostandiens en collant moulant afin de se mouler les fesses. Il s’en dégagerait un érotisme tel, que même les angelots asexués veillant au bord du jardin à la française en rougiraient, si bien que la facture de 180 000 € votée dernièrement au Conseil municipal pour les restaurer s’en trouverait conséquemment alourdie… Ne pourriez-vous intercéder afin que ses muscles fessiers se moulassent de façon plus aristocratique et moins roturière ? La populace kanboarde vous en saurait infiniment gré…

Dans l’attente de lire vos délicieux propos dans une prochaine Lettre, recevez honorable Marquise l’expression de ma profonde révérence plébéienne.

 Ilargi »

Vous comprendrez combien cette prose m’a amusée… Qu’Ilargi m’écrive quand bon lui semble ! Et je dois également vous livrer le commentaire quelque peu trivial que me fit mon vieux jardinier, Balthazar, à qui je parlais de justement de cet envoi charmant l’autre après-midi : « Té M’am la Marquise… 180.000 zeuros pour se muscler le cul… Qui l’eût cru ! »

 Mais à propos de musculation et de vie sportive, laissez-moi donc vous parler de notre ami Max-La-Chips qui poursuit sa dure vie de chercheur de subsides… Tout d’abord, il s’est décidé à faire quelques efforts vestimentaires et s’est amené, l’autre jour, à une réunion biarrote des Républicains avec une chemise immaculée du plus bel effet, sous l’œil éperdu d’admiration de Nalpas-Plat et de son non moins joyeux drille, le gracieux FX-qui-s’fixe.

Oui, ces deux cerveaux brissoniens, ont pu admirer la blancheur inhabituelle (presque suspecte, pourrions-nous dire…) de la chemise de notre Max-la-Mélasse et la particularité de la confection des manches de la chose, qui donnèrent l’impression de provenir des terres espagnoles voisines.

Mais le plus comique de l’histoire, fut le côté « coupe slim » du nouvel habit qui semblait quelque peu manquer d’ampleur pour l’auguste ventre de l’ami d’Ostia. Et à écouter le récit plein d’humour de cet aimable participant, je n’ai pu m’empêcher de pouffer : « Comment vous dire Chère Marquise… Max était comme compressé du bas ! Du coup, on pariait sur la résistance des boutons, nous attendant à tout moment à les voir traverser la pièce telles des ogives nucléaires. En fait, cette coupe slim lui donnait un peu la silhouette d’un artichaut, si vous voyez ce que je veux dire… Et cette blancheur si éclatante du tissu, est-ce un investissement bien raisonnable dans le fond ? Car, à mon humble avis, les futures taches finalement s’y verront beaucoup plus qu’avant encore… »

Toutefois sa nouvelle chemise blanche, le Max-la-Mélasse a pu l’essayer l’autre dimanche, 8 mai, à la Fête des Ikastolas, lors de la 33e édition d’Herri Urrats qui a accueilli pas loin de 50.000 participants. Et personne ne pourra lui reprocher de venir faire de la politicaille chez les Basques dont il espère les bonnes grâces pour la suite de sa carrière. Mais en revanche du côté de Biarritz, très peu de « Compagnons » des Républicains biarrots ont apprécié qu’il aille danser le fandango du côté de Saint-Pée, choisissant ainsi incompréhensiblement de sécher purement et simplement les cérémonies du 8 mai au Monument aux Morts de Biarritz, comme l’expliquait cet ancien bien énervé : « Franchement Brisson qui se dit gaulliste et qui nous serine depuis quelques mois son amour retrouvé pour Biarritz, qui veut à nouveau en être maire après avoir été foutu à la porte de partout, ose, lui le soi-disant gaulliste, sécher les cérémonies anniversaires de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Pourtant pour un gaulliste, rien n’est plus sacré que cela ! Le maire Michel Veunac lui était bien là, ainsi que plusieurs de ses adjoints et pour l’opposition heureusement qu’il y avait  Maïder Arostéguy, une vraie Biarrote elle !»

Eh oui, que voulez-vous ma chère, notre Chips a inventé du côté de Senpere, le fandango-bras-d’honneur au Général, qui ne manquera pas d’être apprécié comme il se doit par ceux qui ont encore des valeurs conformes à leur engagement…

Et il faut dire que ce choix de la Chips a toute une histoire, comme me l’a raconté ce proche de l’inimitable champion de la dextérité intellectuelle qu’est le modeste et humble Pierre Lahore, directeur de cabinet de Ostia : « En fait, Lasserre qui aime les Basques comme le baigneur aime le cambouis à la plage, n’avait pas du tout l’intention d’aller salir son nouveau costume que lui a payé la Ostiette chez Toto Tissu, en allant chez ces sauvages de Saint-Pée. Du coup, il avait désigné une élue du Conseil départemental, Bénédicte Luberriaga, pour aller faire causette aux peuplades reculées et leur raconter ses habituelles inepties. Mais là, le Brisson qui est jaloux de ses petites prérogatives et si respectueux de la parité et de la place des femmes dans la vie politique, a commenté ainsi les choses au Ostia :

– Ecoute, celle-là elle est gentille mais elle est nulle. Personne ne la connaît à part sa coiffeuse. C’est pas parce qu’elle est élue du territoire, parce qu’il fallait des bonnes femmes, qu’elle peut parler comme ça aux Basques, MES amis. Tu vois, je préfère que ce soit moi que tu désignes. Je suis premier Vice-Président, après tout. »

Du coup la Bénédicte (un prénom qui décidément pose des problèmes à la Chips…), qui est pourtant une brave fille, a été écartée sans ménagements au profit du gros qui se réjouissait auprès de ses proches au Conseil départemental :

–  C’est moi qui irai chez Henri Hourra ! L’autre nouille, je l’ai dégagée. C’est bon pour mon image ! C’est bon pour être dans la presse ! C’est bon que ce soit MOI chez les Basques ! 

Mais à Pau, du côté de chez Ostia, l’ambiance fut d’un coup moins bonne et le maquignon de Bidache était tout coupe-morose :

– La Chips qui n’est plus rien m’a encore joué un tour de cochon. Ah je n’aurai jamais dû lui céder. Ostia de ostia, merde alors ! En plus la Bénédicte va m’en vouloir.

Et là, Lahore ou Campa, a expliqué au Ostia :

– Il y a une solution ! Il te suffit de dire que TOI tu t’y rendras finalement. Comme ça, c’est TOI qui parles en tant que président et la Chips devra la fermer…

Et figurez-vous, Ma Chère Thérèse-Marie, qu’ainsi il fut fait. Et notre pauvre déserteur gaulliste de Max-la-Mélasse n’a eu finalement que le droit de se taire au lieu de se faire remarquer devant SES amis basques, préparant ainsi sa future vice-présidence à l’EPCI, comme le disait l’excellent directeur de cabinet de Claude Olive, GP Chartier, l’autre jour dans un commentaire Facebook devenu célèbre : « Mais oui Max, tu vas l’avoir ta vice-présidence« .

Ce qui a fait rigoler bien du monde ! Mais de cela je vous en reparlerai bientôt, car là aussi la Chips imagine pouvoir se faire un peu de pognon bien facilement…

Lasserre a donc fait son discours de traitre à Herri Urrats dans l’indifférence la plus totale. Il pourra toutefois se consoler au repas de la kermesse de Bidache ce week-end en dégustant son potage aux perles du Japon et son cochon grillé. Ostia de ostia, un bon coup de rouge là-dessus et il ne pensera plus à cette histoire désolante.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

 

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise. Et n’hésitez pas à lui écrire. Comme vous avez pu le constater, elle adore ça…

Cette exquise Marquise…

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

« Les meilleurs sont les vers qu’on ne finit jamais » – Edmond Rostand
« Les meilleurs sont les verres qu’on ne finit jamais » – Château de l’Hacienda

PaonMa Toute Douce,

Comme les aventures du petit maire de Cambo, notre Vincent-un-Bru-de-sa-personne, semblent vous distraire, je m’en voudrais de ne pas vous donner quelques nouvelles de ce précieux personnage… Tout d’abord, il semble avoir eu connaissance de mes dernières lettres (ne seriez-vous pas aussi discrète que vous me l’affirmez et gardez-vous bien cette correspondance pour votre seul usage, Chère Thérèse-Marie ?). Notre précieux Vincent a, figurez-vous, passé bien des jours au Conseil départemental à pleurnicher sur ce que l’on écrit à son sujet auprès de bien des élus de la majorité qu’il a croisé et qui ont bien ri de son courroux, coucou !

Espérons toutefois qu’il a quand même des moments de détente nocturne et qu’il peut se délecter de quelques bouteilles de Château de l’Hacienda, le soir, dans sa jolie maison, en se récitant du Rostand, notamment ce vers de Cyrano : « La peur d’être raillé, toujours au cœur me serre ». En fait, reconnaissons-le, boire un petit coup ne fait jamais de mal à personne du moment que l’on ne prend pas le volant après… Et cela peut bien consoler de la dureté de la vie politique. Mais si pour le fleuri d’Arnaga son cœur se serre… heureusement qu’il se desserre quand il pense à son ami Lasserre même si leurs goûts littéraires ne sont pas exactement les mêmes.

Evidemment le Ostia, l’homme à la boîte de fer, préfère lire le soir le catalogue Ducatillon, « Le catalogue des éleveurs », et rêver devant la Couveuse Ducat 60 à 499€ :

– Tu crois maman qu’on peut s’en payer une ? Regarde dans la boîte, Ma Ostiette, s’il reste de la galette !

Pourtant, il trouverait bien de l’inspiration chez Rostand, si cher à son Vincent d’épaule : « Ce sont les cadets de Gascogne, De Carbon, de Castel-Jaloux, bretteurs et menteurs sans vergogne », « Eh bien ! oui c’est mon vice. Déplaire est mon plaisir. J’aime qu’on me haïsse ».

Peu importe au fond, car notre Bide-au-chaud se prend de plus en plus d’affection pour le petit fleuri d’Arnaga, comme me le racontait cet élu flamboyant : « Bru est redoutable. C’est le plus exquis des garçons, charmant, délicat, voire primesautier. Il vous complimente toujours sur tout, de sa voix suave… ça c’est la façade, c’est son côté séducteur. Mais, sachez-le, le Pascal Sevran des retraités de Cambo, dès que vous avez le dos tourné, peut tout à fait dire le contraire de ce qu’il vient de vous dire à l’instant. Le seul problème, c’est que ses interlocuteurs le savent, se méfient et n’hésitent pas à confronter les versions. On a même un petit jeu entre certains d’entre nous à ce sujet. Et là, on rigole ! »

 Et de m’expliquer pourquoi Bru est dans les petits papiers de l’ogre du Pays basque : « Du coup Ostia qui est complètement dépassé par les évènements, et dont la popularité ne cesse de chuter,  cherche de nouveaux alliés. Et comme Bru est favorable à l’EPCI, il veut s’en servir pour essayer non seulement d’améliorer son image, mais aussi pour sa future campagne pour le Sénat. »

Il faut dire qu’Ostia confiait à Pierre Lahore, cet esprit lumineux, son petit soleil, son resplendissant Chanteclerc à lui : « Ô soleil ! Toi sans qui sans qui les choses ne seraient pas ce qu’elles sont », sa nouvelle stratégie :

– Je dois me trouver de nouveaux soutiens au Pays Basque depuis que la Chips est devenue un renégat. Je vais donc flatter le petit Bru !

– Ah bon ! Alors que le Fleuri d’Arnaga vote oui à l’EPCI !!?

– Ostaia de ostia, ne m’emmerde pas avec ça, où je te renvoie à ta baballe Copie-Colle !

– Bien Mon Maître… Pourtant il n’a pas marché dans ta combine anti-basque ?

– Laquelle, ô Valet de « La ferme ! » ??

– Eh bien quand tu lui as proposé, pour qu’il change d’avis et vote NON, la présidence d’une grande communauté d’agglo, une vraie principauté où il aurait régné sur Cambo et Hasparren entre autres. Une vraie principauté de prince où il aurait pu porter des culottes en soie !

– Ostia ! C’est vrai qu’il n’a pas voulu marcher dans la combine, mais j’ai d’autres tours dans mon sac de blé pour me le mettre dans la poche…

– Ahhhh !!!

– Oui, fais-moi confiance, nom d’une noiraude !

Et c’est ainsi que le Ostia s’est emparé du petit Bru à qui il confie, de plus en plus, d’importantes missions, relevant notamment du secteur touristique :

– Avec sa vieille baraque d’Arnaga, le petit Lu se rêve d’un grand destin touristique. Alors je vais désormais me le mettre en première ligne pour le tourisme.

Propos qui a quelque peu surpris Copie-Colle, pourtant grand stratège sur un terrain de handball :

– Mais le Brisson est le président du Comité du Tourisme départemental, ô grosse plume rurale ! Il va mal prendre que tu refiles le meilleur à Bru !

– Mais je me fous du Max-la-Mélasse désormais ! Il s’est fait niquer comme un centriste chez les Républicains. Il n’est plus rien ! Je lui donnerai mes fonds de paquets de chips, et ça lui ira très bien comme cela.

– Mais le un-Bru-de-sa-personne est-il si facilement enroulable, ô Mon Comique agricole ?

– Mais oui ! D’ailleurs mon excellent nouveau communiquant que je me suis offert, Mon Philippe Campa-à-moi, m’a expliqué que Bru  était suffisamment vaniteux comme le paon de Chanteclerc de Rostain…

– Euh… Rostand, pas Rostain… Rostain, c’est une boucherie- charcuterie-conserverie des Hautes-Alpes…

– Ah ! Oui, enfin voilà ce qu’il m’a écrit le Campa sur le postille…

– Le post-it !

 Ecoute Copie-Colle au lieu de faire le malin :

« Je suis prêtre-Pétrone et Mécène-Messie,

Volatile volatilisateur de mots,

Et que, juge gemmé, j’aime, emmi mes émaux,

Représenter ce goût dont je suis…

Le… dirai-je gardien ? »

– Je ne comprends pas tout ce qu’il écrit le Rouston ! Mais un argument de poids supplémentaire m’a convaincu !

– Ah oui…

 Tu sais qui admire le paon dans Chanteclerc ?

– Non…

 Eh bien… la pintade ! Ah, ahhhh, ahhhhhhhh…. Ostia de Ostia !

Notre Vincent est donc bien enrôlé et a reçu déjà des missions du Ostia. Il commence à rencontrer, de ci, de là, bien des responsables pour parler tourisme, laissant Max-la-mélasse dans le fossé. Et de plus le Ostia n’a pas manqué d’arguments supplémentaires pour séduire le petit LU :

 J’ai lu que tu voulais te présenter contre la vieille dans la sixième. Parfait ! MAM, je me la déteste comme la grippe-aviaire. Je te soutiendrai donc de tout mon poids, ostia ! Et avec moi, tu vas gagner ces législatives, tu verras…

Le fleuri d’Arnaga, qui sortait de chez la manucure, en a été tout impressionné, et Ostia, goguenard, de commenter à quelques proches :

 Quand j’étais maquignon, j’en ai vendu d’autres ! Bru c’est un littéraire qui fait des phrases avec des mots.

Avant de vous quitter, je dois vous dire un mot de ce qui passionne au plus haut point tout le Pays des Basques ces derniers jours et probablement même en dehors de nos frontières… Figurez-vous que notre bolchévique préféré, cette autre plume de vérité, ce Jean-Yves Viollier, qui préfère les croisières syndicales à celles de la CGT (Compagnie Générale Transatlantiques) que nous fîmes autrefois avec tant de plaisir, nous donne dans son blog des nouvelles de l’éditeur de La Semaine du Pays Basque, hebdomadaire où nous ne sommes plus en odeur de sainteté, alors que nous ne manquâmes pourtant aucune grand-messe en la cathédrale de Bayonne. Et c’est édifiant !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Ostia, du maïs de Bidache au blé de la République…

Lasserre je me voyais déjàMa Toute Douce,

Nous avons connu, vous et moi, notre bien-bidonné de Jean-Jacques Lasserre, notre si croustillant Ostia de Ostia, il y a bien longtemps quand il faisait encore le maïs et l’élevage de la famille de la Noiraude, dans son exploitation de Bidache. Ah ! Qu’il est loin pour notre Bide-au-Chaud, le temps de son BEP agricole en 1961, à Masseube dans le Gers ! Rappelons que notre Ostia, l’heureux propriétaire de la Noiraude et de Max-la-Chips, dit « François de la Mélasse », est né dans ce village de Bidache le 11 mars 1944, exactement le jour même, où pour citer l’historien, « incommodé par des odeurs fétides et de la fumée sortant de l’hôtel particulier rue Le Sueur à Paris les voisins du Docteur Marcel Petiot appellent les pompiers. Ils y découvrent plus de 50 valises, des ossements humains, 655 kilos d’objets divers, des corps à moitié décomposés, des membres, un tas de cheveux. Une chambre à gaz a été aménagée dans l’hôtel, un judas permettait de regarder à l’intérieur et un puits recouvert de chaux vive est rempli de cadavres. »

De quoi donner au grassouillet bambin l’envie de faire de la politique, non ?

Après son BEP agricole, il n’a toutefois pas cherché à faire un doctorat tout aussi agricole dont le thème de sa thèse aurait pu être : « Mutations agricoles, ou du maïs de Bidache au blé de la République », mais a choisi de poursuivre ses études par correspondance pendant trois ans depuis la ferme de Bidache, où le soir à la douce lumière de la lampe à pétrole, il mordillait son crayon de bois, les doigts tortillant le lobe de l’oreille, pour rendre à temps ses devoirs qu’il envoyait à l’école Purpan de Toulouse, con !

A vingt ans, le Ostia rencontre Dieu et devient un fervent militant de la jeunesse agricole chrétienne. Et après sa rencontre avec Dieu, en 1968, le voilà qui va marier la Ostiette. Comme cadeau de mariage, dans cette campagne où la vie est rude et où l’on espère une orange à Noël, on offrira au jeune couple, une belle boîte vide en fer – qui contenait des biscuits Lu – pour y mettre les futures économies des tourtereaux. Cette boîte, désormais quelque peu rouillée, que l’on ferme toujours avec un solide « caoutchouc », après l’avoir emballé dans du papier journal, est toujours cachée dans le vaisselier de la cuisine et Ostiette y ajoute, chaque mois, la retraite de papa et ses cumulables salaires de sénateur et de président. Certains à Bidache disent même, Ma Chère Thérèse-Marie : « M’étonnerait pas que le bestiau en ait d’autres qui soient bien remplies et planquées sous la paille dans le poulailler… »

 Et puis un jour, on lui a payé le costume au camion du « Décroche-moi ça« , qui stationnait devant  la foire agricole de Bidache et tout a changé dans sa vie de dur laboureur. Il a ainsi pu devenir, dans le milieu des années 70, nous dit-on, un administrateur du crédit Agricole, où l’on n’est pas trop regardant sur la couleur des cravates, Dieu merci. Puis également un administrateur de la coopérative Lur Berri. Il y décora son bureau, ostia de ostia, avec de jolis calendriers en couleurs où figuraient de belles images de plats de lasagnes.

Dans ses fonctions, il a découvert l’intégrité, le respect du consommateur, le désintéressement…

Puis vint, ma Toute Douce, la carrière politique qu’on lui a connue. Après avoir été le talentueux « petit chose » partant de rien, voilà qu’il est devenu le gros machin embourbé dans ses contradictions et totalement dépassé par l’EPCI. Entouré par Pierre Lahore, surnommé depuis quelques semaines très poétiquement le cerf-volant au Conseil départemental, et par Max-la-Mélasse – une fine équipe… -, il lui fallait réagir devant les inquiétudes de la Ostiette qui, depuis quelques semaines, regardait d’un air désespéré la boîte en fer de la cuisine où l’on met les biftons à la fin du mois, provenant de la bonne paye du Sénat et du Conseil départemental. Un soir, elle lui a dit, au moment de servir la soupe :

– Papa, comme on disait là-bas dit !, « Le chameau ne voit pas la courbe de son cou ». Si tu continues comme ça avec ton Laurel Lahorre et ton Hardy Brisson, tu vas droit chez Paul Emploi. Et comment je vais continuer à me la remplir, moi, la boîte en fer et me payer la mise en plis à Saint-Palais en m’arrêtant chez la curiosité de Beguios pour parler de Monseigneur pendant des heures ? Hein papa ? »

– Eh bé maman, je sais pas… euh ostia de ostia !

Car Ostia a eu beau faire revenir au Conseil départemental cet esprit brillant de David Haure pour s’occuper de la communication du Conseil départemental, la machine communicante de Ostia ne semble pas vraiment se mettre en marche. Même la Chips – apprenant à réaliser les nœuds les plus coulants avec une corde – n’a pu s’empêcher de lui dire :

– Il est vrai Mon Bide-au-Chaud que dans le dernier numéro de ton magazine « 64 », ton édito ne rend pas compte de ton génie, Oh Mon Seul-Président-qui-me-reste.

– Ah bon Mon Max-la-Mélasse, tu crois ?

– Oui Mon Sublime penseur agricole. Ecrire des phrases comme « La société évolue. Les populations et les territoires changent. Aujourd’hui, les besoins de chacun ne sont pas les mêmes qu’hier », même pour un élève de CP, on trouverait ça faible…

– Ah ostia de ostia ! Haure, sans mon Marco Amestoy que m’a volé ce fourbe d’Etchegaray, c’est vrai que ça ne le fait plus du tout…

– Le Marco tu aurais dû te le récupérer…

– Ah ne me parle pas de ça ! Maintenant il ne me parle même plus. Il me regarde avec l’air d’un hautain aristocrate à qui l’on imposerait de faire le voyage en autocar assis à côté d’un représentant de coopérative agricole. Pourtant maman, elle m’a payé de belles cravates comme lui, non ?

– Hum… De la cravate aux savates, il y a encore du travail ! En fait, tu devrais prendre un pro de la communication, même mieux, un homme de l’information !

– Ah oui ostia ! Le petit Fleuri de Cambo me parle souvent d’un futur nouvel ami à moi, qui s’rait un grand capitaine d’industrie et qui a justement quelqu’un à me proposer, du côté de Domezain…

– Là… laisse tomber Mon gros ! Sinon tu vas te recevoir un coup de bec d’un canard que je connais qui te fera regretter d’en avoir gavé tant et tant par le passé…

– Ostia, mais qui alors ???

Et c’est là qu’est apparu dans le paysage, Philippe Campa, journaliste et ancien directeur de l’agence Sud Ouest du Pays Basque jusqu’en 2012, avant d’aller diriger L’l’Indépendant, du côté de Narbonne, qu’il a quitté quand Jean-Michel Baylet en a pris le contrôle.

Et comme me le dit une amie religieuse : « Chacun doit trouver la voie pour gagner son paradis ». Ainsi  Philippe Campa, bon vivant, amateur de tauromachie et de rugby, homme avenant et affable, qui a laissé un bon souvenir à Sud Ouest, a pris le Chemin de Compostelle en sens inverse…

Il faut dire que celui qui a déclaré lors de sa prise de fonction à L’Indépendant « Je suis un pur journaliste », aura bien du travail à réaliser pour redorer l’image de Ostia chez ses anciens confrères ! Mais Campa, s’il est aussi décrit comme un opportuniste et un carriériste – ce qui n’est pas d’ailleurs un reproche sous ma plume – a aussi des qualités rares d’écoute et sait parfaitement dire à celui qu’il veut conquérir ce qu’il a envie d’entendre, à en croire ses anciens collègues qui le connaissent parfaitement et rigolent en douce en évoquant sa nomination comme directeur de la communication du département au Ostia :  » Sacré Philippe ! Oui, c’est un type avenant, plaisant et séducteur au possible. Pour attraper ce poste, il a dû expliquer à Ostia qu’il était un homme d’immense envergure, une sorte de Bonaparte pour le Pays Basque face aux Chouans, un sénateur qui avait devant lui un immense avenir ministériel. Et pour s’assurer du soutien de La Chips, il a dû lui expliquer qu’il serait maire de Biarritz en 2020, qu’il en faisait son affaire. Il a même pu faire croire à Vincent Un-Bru-de-sa-personne qu’il siégerait au Palais Bourbon l’année prochaine. Et vous verrez, il est même capable de passer des soirées avec Pierre Lahore à jouer au « Cochon qui rit » en lui disant qu’il porte des pompes superbes. »

Pourtant, il semblerait qu’un esprit malin ait accroché dans le bureau du nouveau patron de la com’ ce proverbe : « On ne fait pas d’un âne, un cheval de course« . Ostia !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

La Marquise de Vérité a été exclue de La Semaine du Pays basque. Combattez la censure, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Lasserre du tracteur au scooter !

scooter 001Ma toute Douce,

Avec le retour de la pluie, je dois vous avouer que je me distrais beaucoup à cette correspondance avec vous. Dieu merci, heureusement que mes lettres ne sont lues que par vous ! Car toutes ces petites affaires politiques de notre cher Pays basque et Béarn réunis feraient bien des remous si elles étaient rendues publiques !

A Bidache, sur les terres de notre bien confit de Jean-Jacques Lasserre, il y a longtemps que l’on dit : « Si t’as un malheur, appelle le Ostia, il te prêtera son tracteur ! ». Il faut dire que le clientélisme est à la base de tout le système Lasserre. Et notre Bide-au-chaud, même s’il confond la noblesse du paysan avec la « plouc-attitude » – ce que je déplore – continue lors des week-ends à la ferme, à faire des tours de tracteur sans fin tandis que maman compte les sous dans la boîte en fer : « Ostiette de ostiette, mon gros Jacquot de cumulard, il me rapporte plus que le maïs cette année encore ! »

Après ces joies de la vie pastorale, Ma très Chère Thérèse-Marie, il me faut vous raconter la dernière des acquisitions du Ostia. Car figurez-vous que loin de Bidache et de Pau, Ostia a une vie à Paris en tant que sénateur. Enfin une vie oui… « De sénateur », c’est autre chose, à écouter ce que m’en a dit ce collègue au Ostia : « On ne peut pas dire dans notre groupe qu’Ostia soit une feignasse… Non, ce n’est pas ça. Il voudrait même en faire plus, mais franchement, il ne comprend pas grand-chose dès que cela devient technique. Et la loi, c’est technique. Alors on le cantonne à des choses du secteur PRIMAIRE. » Il faut dire que ces sénateurs sont parfois bien vaches entre eux, comme dirait la Noiraude !!

Donc pour se distraire, notre bel Ostia s’est offert un scooter rutilant qu’il appelle d’ailleurs curieusement « MON Scoue-terre » !

Et on le voit ainsi sortir à toute allure du Sénat sur son engin qu’il maîtrise, il faut le dire, avec bien plus de mal que son tracteur. Ce qui me fait penser à ces éléphants que l’on voyait dans les cirques, au temps de notre enfance, pédaler sur de tous petits vélos à trois roues… L’effet est assez hilarant, dois-je vous avouer pour avoir assisté à la scène l’autre jour alors que j’allais délicieusement déjeuner au palais du Luxembourg.

Et je fus ravie d’entendre un de ses collègues, hilare, me dire : « Chère Marquise, vous croyez que le Jean-Jacques en profite pour aller voir Julie Gayet ou Denise Saint-Pé ? »

Mais loin de ces réjouissances parisiennes, loin de maman, de la ferme, du tracteur, Ostia continue de sévir à Pau, en son Parlement de Navarre, où les temps sont bien durs pour ceux qui attendent une politique généreuse dans le domaine social. Car il y a quelques jours, se déroulait dans ces murs historiques, le débat sur les orientations budgétaires, où Ostia, avec la complicité de son laquais servile de Chipstarrak, a sérieusement commencé à tailler méchamment dans la politique sociale mise en place par le Président Labazée. Déjà dans les rangs de l’opposition, on constate une grande carence au niveau  du discours : « Lasserre a fait un discours d’une pauvreté aussi exemplaire que sa politique sociale. D’affligeantes banalités sans aucun souffle. Il faut dire qu’il n’a jamais été fichu d’écrire un discours tout seul. Mais autrefois, c’est-à-dire lors de sa précédente présidence, il avait tout le talent d’un Marc Amestoy pour ce faire. Amestoy a une plume brillante et un sens politique des plus affinés. Il ne laissait rien passer et donnait habilement l’illusion que Lasserre en avait dans le cigare. Aujourd’hui, c’est le pauvre Copie-Colle, alias Pierre Lahore, qui s’y colle. Et il a beau transpirer, s’angoisser, tempêter et demander à son assistante sociale de mère de l’aider dans la syntaxe, les discours produits sont affligeants. Il a eu beau récupérer David Haure à la communication institutionnelle du Conseil départemental, la communication politique du cabinet est d’un niveau effroyablement nul ! »

De plus, il a confié la politique sociale à Josy Poueyto, surnommée dans les couloirs du Parlement de Navarre la  « Reinette » ou « Rainette ». Je ne suis pas arrivée à savoir comment l’écrire… Vous me le pardonnerez. Enfin sa vice-présidente, également première adjointe au maire de Pau, n’hésite pas à appliquer la politique anti-pauvre du Ostia, comme me le racontait un charmant élu de gauche : « Poueyto, il ne faut pas l’oublier est l’une de celles qui a trahi la gauche pour faire élire Castaings face à Labazée, autrefois. Elle qui vient de la gauche de la gauche, est brusquement devenue pire qu’une femme de droite ! Elle applique avec un zèle étonnant les coupes si sombres de Lasserre. Ainsi, par exemple, a-t-elle réduit de 40%, comme ça, l’aide aux écoles en difficulté. Et en commission des affaires sociales qu’elle préside, elle se comporte d’une façon agressive. Elle en devient méchante. Cela doit aussi tenir au fait qu’elle maîtrise mal les choses et s’énerve vite ! Elle s’entoure d’une armada de chefs de service pour essayer de l’épauler. Mais quand on l’interroge sur le fond de ses décisions, elle ne répond pas. On voit bien qu’elle n’est qu’un petit soldat zélé, qui fait ce que Lasserre et Brisson lui disent de faire. Elle n’a aucun respect pour l’opposition et nous sommes très loin de « l’esprit du Parlement de Navarre »… Pour coasser, la rainette coasse… »

Et il faut bien avouer, Ma Toute Douce, que la Rainette rêve désormais de se faire aussi grosse que le bœuf, ostia de ostia ! Au point que celle qui, ancienne adjointe d’André Labarrère, fut si déçue de ne pas lui succéder à la mairie de Pau (ce qui explique sa trahison passée), espère devenir maire de Pau si jamais François Bayrou devient Premier ministre de Juppé en 2017. Mais à écouter ce membre du cabinet de Bayrou, que j’ai eu la chance de croiser l’autre jour dans la bonne ville d’Henri IV, m’a expliqué différemment les choses : « Bayrou sait ce que vaut Poueyto ! S’il était appelé à de hautes fonctions, le maire laisserait sa place soit à Marc Cabane, soit à Jean-Paul Brin. Il n’est pas fou François ! »

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Comme un millier d’entre vous, vous pouvez recevoir chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr.

Brisson concède avoir un peu merdé

Brisson 22

Max Brisson, malgré sa défaite aux élections régionales, semble reverdir ces derniers temps. Il affirme avoir à nouveau « très envie de Biarritz ». Après presque deux ans de transparence, il était temps.

C’est sans doute la saison qui veut ça : les feuilles des arbres tombent et les hommes politiques se repentent. Jean-François Copé l’assure, il n’est plus le même depuis l’affaire Bygmalion. Nicolas Sarkozy, dont l’ego et la capacité à l’autosatisfaction sont loin d’être négligeables, n’hésite pas lui aussi à reconnaître quelques erreurs dans son livre, « La France pour la vie« . Retrouvailles un peu tendues, au Bar des Colonnes à Biarritz, avec le secrétaire départemental des Républicains, Max Brisson. Chacun tient à réaffirmer à l’autre, les yeux dans les yeux, ses positions, « Vous êtes un journaliste populiste « , « Votre communication est catastrophique « , avant un entretien-vérité de plus d’une heure, où le candidat malheureux aux municipales de Biarritz semble fendre l’armure avec soulagement. Évolution d’un homme politique intelligent et cultivé, malmené par son échec, ou nouvelle stratégie de communication pour tenter de se repositionner? Å vous de juger *.

« Après un an et demi de tergiversations,

je vais désormais jouer mon rôle « 

Comprenez-vous que les électeurs qui ont voté pour vous en 2014, aux élections municipales, soient un peu déroutés par ce qui ressemble à des atermoiements?

–   En 1995, j’ai déjà été candidat aux municipales, je savais que je serai battu et que je siègerai dans l’opposition. Pendant six ans, j’ai pleinement rempli, je crois, le rôle de leader de l’opposition à Didier Borotra. En 2014, la situation était différente. Je n’ai jamais été candidat pour me retrouver dans l’opposition mais pour exercer les fonctions de maire. Je n’avais pas imaginé la défaite et c’est vrai que je l’ai mal vécue. J’aurais dû immédiatement démissionner de mon poste de conseiller municipal et j’accepte la critique. Après un an et demi de tergiversations certainement regrettables, beaucoup de Biarrots les jugent en tous les cas ainsi, je vais désormais jouer mon rôle d’opposant, puisque c’est la tâche que m’ont confiée les électeurs.

Avant d’évoquer le mandat de Michel Veunac, revenons sur ces élections départementales. Était-ce votre rôle de vous présenter ?

– J’étais sortant ! Comme Michel Veunac aux régionales, à qui personne n’a d’ailleurs jamais posé la question alors qu’il avait dit, en 2014 pendant les municipales, qu’il se consacrerait à son seul mandat de maire et qu’il démissionnerait du Conseil régional en cas de victoire aux municipales. En ce qui me concerne, il était très difficile pour moi de poursuivre sans une nouvelle marque de confiance des Biarrots. Je ne pouvais rester sur un échec et cette victoire électorale m’a redonné le moral. En plus, je suis passionné par ce que je fais au conseil départemental et je m’entends très bien avec Jean-Jacques Lasserre. Je me félicite d’avoir pris cette décision, même si mon leadership sur Biarritz, à ce moment-là, a été durement secoué par un certain nombre de personnes qui m’étaient très proches.  Les Biarrots ont remis les pendules à l’heure. Cette victoire, un an après ma défaite des municipales, m’a donné une nouvelle légitimité et montré que certains m’avaient peut être enterré un peu vite

« Le coup de pied au cul reçu aux moment des régionales

m’a redonné envie de Biarritz »

– En vous présentant ensuite aux élections régionales dans la même liste que Michel Veunac, vous avez pris le risque de donner l’image d’un  candidat-à-tout. Et en plus, trois jours après la défaite, vous dites partout dans la presse que la candidate Virginie Calmels n’était pas à la hauteur. ça ne fait pas un peu mauvais joueur?

– D’être candidat aux régionales, ce n’est certainement pas ce que j’ai fait de mieux au cours de ces derniers mois, je vous l’accorde. Les derniers arbitrages sur la liste Calmels dans le département m’ont été imposés et je n’étais donc pas très convaincu par cette liste. Mais je n’ai pas voulu trahir mon camp, j’ai fermé ma gueule pendant la campagne où j’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. Je doute que la présence d’autant de centristes dans les six premiers – dont Veunac et Aguerre – était une bonne chose. Je pense qu’une liste Jean Lassalle-Max Brisson aurait connu plus de succès dans le département. Je me suis incliné mais le « coup de pied au cul » reçu m’a fait du bien, car il m’a fait prendre conscience à quel point le seul endroit où j’avais ma propre légitimité, sans rien avoir à demander aux états-majors parisien et bordelais, c’était Biarritz. J’espérais être élu conseiller régional et j’aurais démissionné du Conseil municipal. J’aurais travaillé différemment les dossiers biarrots à Pau et Bordeaux. En définitive, je suis ravi de ne pas avoir à partir du conseil, car cela aurait été un déchirement, et je pense que je vais y être beaucoup plus présent. J’ai en effet à nouveau grande envie de Biarritz, car je sais que le lien avec les Biarrots est le plus fort, en tous les cas bien plus solide que les « fidélités » politiques partisanes. J’espère que vous ne me trouvez pas populiste lorsque je dis cela (sourire).

Est-ce à dire que vous allez enfin devenir combattif lors des prochains conseils municipaux ?

– Dans mon esprit, je n’ai jamais cessé de l’être, mais j’ai été dérouté de me retrouver sur un siège de l’opposition. Mon attitude a sans doute été le reflet de mon propre désappointement. Je ne vais pas me lancer dans une opposition permanente et systématique, d’autant plus que le groupe d’opposition, issu de ma liste, est aujourd’hui très divers. Mais on va se retrouver sur des dossiers comme celui d’Aguilera et nous montrer fermes et déterminés dans notre opposition. De la même façon, en ce qui concerne la Cité de l’Océan, j’aurais plutôt fait le choix de réorienter le bâtiment. Mais c’est Michel Veunac qui est aux manettes et, pour les finances des Biarrots, je souhaite que les idées qu’il préconise soient les bonnes.

« EPCI : on ne va pas laisser

des bouts de Navarre ou de Soule abandonnés »

Votre principale divergence de vues avec Michel Veunac, concerne l’EPCI, cette communauté d’agglomérations qui va regrouper les 158 communes du Pays basque. Vous demeurez très favorable à ce regroupement?

– J’ai toujours été gaulliste et je fus longtemps centralisateur et jacobin, mais j’ai beaucoup évolué en trente ans de vie publique. Je suis aujourd’hui très girondin, très décentralisateur. Le parti socialiste était, depuis le non brutal de Manuel Valls à une collectivité à statut particulier, dans une impasse au Pays basque. Il a tendu un piège à la droite et au centre. Le PS était persuadé que les élus de droite refuseraient ce projet et que les Abertzale allaient à nouveau se jeter dans ses bras. Il n’en a rien été puisque qu’avec moi, d’autres élus de la droite et du centre sont restés fidèles à leur engagement pour une reconnaissance institutionnelle du Pays basque et militent aujourd’hui pour un EPCI unique. Mais au-delà du piège socialiste, se dessine surtout une occasion unique de réconcilier la République et le Pays basque, et se pose aussi une question majeure de solidarité territoriale. On pourrait bien sûr se contenter de fédérer le Pays basque utile en rejetant les parties les plus pauvres du territoire et ainsi laisser à son destin une partie de la Navarre ou de la Soule. Cela je ne peux l’accepter. De toute façon, il faut bouger. Les intercommunalités à cinq, comme  l’ACBA, sont totalement obsolètes, mais si on commence à tronçonner le Pays basque, on ouvre la boîte de Pandore. J’aimerais d’ailleurs que les adversaires de l’EPCI, comme Michel Veunac, aient un découpage alternatif à présenter. Quel morcellement du Pays basque proposent-ils ? Ils se gardent bien de le dire. Le point où je donne raison à mon ami Claude Olive, c’est lorsqu’il réclame l’élection des conseillers communautaires au suffrage universel,  ce qui aurait permis de régler la question de la représentativité de chaque territoire et à chaque citoyen de prendre ses responsabilités.

« Je déteste le Sarkobashing

et la Juppémania »

Sur votre page Facebook et votre compte Twitter, j’ai le sentiment que vous vous affichez de plus en plus sarkoziste…

– … Ce n’est pas tout à fait exact. Je me refuse simplement à participer à l’actuel Sarkobashing qui m’insupporte. Je ne succombe pas plus à la Juppémania, ce qui ne veut pas dire qu’Alain Juppé n’a aucune chance de devenir président de la République.

Je vais essayer d’être un des pivots de mon parti dans l’organisation de primaires exemplaires.

Michèle Alliot-Marie vient d’être élue présidente départementale des Républicains avec 83% des suffrages. On dit que vous n’êtes pas les meilleurs amis du monde. Pensez-vous que vous allez conserver votre poste de secrétaire départemental?

– Tout le monde sait qu’un fort contentieux, lié à Didier Borotra, m’a opposé à Michèle Alliot-Marie. Tout cela est de l’histoire très ancienne. Depuis 2010, nous avons trouvé un modus vivendi.  Je me réjouis de sa belle réélection. C’est d’ailleurs moi qui le lui ai annoncée et qui l’ai félicitée le premier. La fonction de secrétaire départemental, elle, n’a rien à voir avec le processus électoral que nous venons de connaitre et qui s’est d’ailleurs traduit par un fort renouvellement de nos cadres. Aujourd’hui, quatre des six délégués de circonscription sont des trentenaires comme mes deux adjoints. Le secrétaire départemental dépend directement du président national du parti qui le désigne. À ce poste, on sait quand on est nommé, mais on ne sait jamais quand on s’arrête. Beaucoup, c’est vrai, essaient de m’opposer à Michèle Alliot-Marie et ont dit qu’elle n’était pas étrangère à ma rétrogradation à la huitième place non éligible sur la liste aux élections des régionales. Ils perdent leur temps, moi je sais comment cela s’est passé et donc que c’est faux. »

À quand la machine

à mesurer la sincérité des politiques?

Max Brisson reconnaissant ses erreurs, voilà qui n’est pas banal! Bien sûr, à certains moments de l’entretien, j’ai eu envie de rire sous cape. Les hommes politiques, adeptes des sincérités successives, cèdent toujours « à la pression affectueuse de leurs amis » lorsqu’ils annoncent leur candidature et se résignent à rester sur des listes qui ne leur conviennent pas, uniquement pour ne pas faire de tort à leur parti. Mais derrière ces postures de politiques, assez semblables aux postures que peuvent prendre des journalistes ou des avocats dans l’exercice de leurs métiers, il y a aussi le talent indéniable de l’homme et ses convictions. La reconquête de Biarritz et de ses électeurs ne va pas être simple pour Max Brisson, après ses absences et son pas de deux avec Michel Veunac. Mais l’agrégé d’histoire qu’est Max sait bien qu’en sport comme en politique, les rebondissements les plus extraordinaires sont toujours possibles. Et que, sans forfanterie, il dispose d’une dimension intellectuelle bien supérieure à celle du maire actuel, Michel Veunac, espèce de gendre idéal sans charisme ni idées. Sur l’EPCI, où il y a plus de coups à prendre que de mandats à récolter, l’animal politique qu’est Max Brisson m’a semblé totalement sincère et convaincu. Je l’ai aussi trouvé très « cash », et inhabituellement lucide, dans sa façon de reconnaître ses erreurs. Il faut dire aussi que l’horizon électoral est totalement dégagé jusqu’à la présidentielle et les législatives de 2017 et qu’il sera désormais plus facile de s’opposer. Les prochains débats au conseil municipal seront donc à suivre avec attention.

Malheureusement, Michel Veunac reste le roi des coups en douce. La date du débat sur les orientations budgétaires, l’un des plus importants conseils municipaux de l’année, vient d’être successivement modifiée deux fois, interdisant à Max Brisson et à Maïder Arostéguy d’être présents, du fait de leurs obligations professionnelles. À Anglet, la date des conseils municipaux est connue un an à l’avance et ne change jamais. Pourquoi Michel Veunac ne s’impose-t-il pas la même règle au lieu de se livrer à ces coups de vice d’un autre âge?

* Cet entretien s’est déroulé le dimanche 24 janvier, à Biarritz. Lorsque j’ai perçu la véritable envie de s’expliquer de Max Brisson, (Un politique qui reconnait des erreurs, c’est tellement rare!), je lui ai proposé d’amender l’entretien, c’est à dire de le relire et de me proposer des corrections, pratique plutôt inhabituelle entre journalistes et politiques, mais qui me paraissait adaptée aux circonstances. Max a reçu une première ébauche de ce papier, dimanche 31 janvier, vers 16 heures. À 18 heures, il me renvoyait quelques précisions dans son interview, sans chercher à modifier tout ce qui correspond à mon propre regard, à savoir les titres, l’entame et la fin du papier, n’hésitant pas à préciser dans son mail : « Je crois sur mes propos n’avoir rien retiré sur le fond par rapport à ce que je vous avais dit aux Colonnes. J’ai juste précisé certains points et même cogné un peu plus. « 

Brisson continue la politique à la papa

Brisson Calmels

Comme le prouve cette photo de Sud Ouest, Max Brisson a beaucoup souffert aux côtés de Virginie Calmels « qui n’était pas en phase » ni avec la région, ni avec lui… Et c’est par pur dévouement qu’il est resté!

Cet homme est sidérant avec ses manœuvres d’un autre temps, sa façon de ne jamais honorer ses mandats et de jouer le coup suivant, qui rappellent la Quatrième République. Dimanche soir, après la victoire indiscutable du Front national aux élections régionales, même si le parti de Marine Le Pen n’a remporté aucune région, les hommes politiques de gauche ou de droite ont tous été d’accord pour dire qu’il fallait « faire de la politique autrement« . Et certains, comme Xavier Bertrand ont donné l’exemple en démissionnant de tous leurs mandats pour se consacrer à la présidence de la Région qu’ils viennent d’emporter. Mais pour d’autres, comme Max Brisson, notre dinosaure local, les jeux d’appareil et les postures l’emporteront toujours sur le fond. Si notre homme perd une élection, ce qui lui arrive plus souvent qu’à son tour, c’est toujours la faute des autres, comme il l’affirme sans vergogne dans Mediabask et La République des Pyrénées.

Tout le monde a vu Max Brisson, pendant des semaines, jouer des coudes pour être sur la photo aux côtés de Virginie Calmels, mais à en croire notre Richard Virenque biarrot, c’est à l’insu de son plein gré qu’il s’est dévoué à être présent sur cette liste qui souffrait d’un « déficit de notoriété » et d’une « priorité trop forte donnée aux besoins de renouvellement, de rajeunissement et de féminisation.« . Et en plus « le choix de Virginie Calmels n’était pas en phase avec une région dont la tradition est le radical-socialisme et la tempérance ». Mais qui a entendu Tartarin de chez Brisson dire cela pendant la campagne? Et quand on n’est pas en phase avec une liste, quand on affirme n’y avoir jamais cru, le plus simple n’est-il pas de tout simplement se retirer?

La Semaine du Pays basque, où la rubrique politique est toujours de grande qualité, entre l’impertinente Marquise et les interviews XXL d’hommes politiques locaux, ne dit pas autre chose. Pour Jean-Philippe Ségot, qui a accepté de voir publiée son analyse, Brisson et Lasserre sont les responsables de la défaite de la droite et du centre au Pays basque.

Voilà au moins qui est clair.

Régionales : Lasserre et Brisson, les fossoyeurs du centre et de la droite

Au soir du second tour des élections régionales, en comparant les choses et surtout les chiffres dans notre département, il semble clair que la même sauce concoctée par les mêmes sauciers, a tourné et offre un goût d’aigreur peu ragoûtant ! Des douze départements de la nouvelle grande région, le PS réalise chez nous son meilleur score !

Lasserre, ravagé, a beau dire « Il va falloir tirer les leçons de notre camp pour ces élections », et Brisson « Les têtes de listes centristes n’ont pas réalisé un bon score », il est déjà trop tard pour ce duo qui prétend continuer à bricoler en politique pour ses petits intérêts. Les deux compères ont bien commencé leur dégringolade… Et la principale leçon à tirer de tout cela, est que ces deux personnages font désormais bien partie de cette frange de politiciens dont les électeurs ne veulent plus ! Exactement, ce que disait avec une gravité toute gaullienne, et fort à propos, Bruno Le Maire sur les plateaux de télévision dimanche soir.

La véritable beigne que se ramassent le centre et la droite dans notre département n’est en rien étrangère à la politique départementale déplorable mise en œuvre par Lasserre et appliquée en petit télégraphiste zélé par Brisson, depuis neuf mois. En si peu de temps, le sabordage systématique de la politique sociale et associative (notamment dans le secteur culturel) installée avec volontarisme par le président Labazée et sa majorité d’alors, crée dans l’ensemble de notre département un réel traumatisme et une immense défiance à l’encontre de cette gouvernance.

On sait également, qu’en 2016, Lasserre et Brisson augmenteront par des subterfuges – qu’il conviendra de dénoncer alors méthodiquement – la pression fiscale, manquant ainsi à toutes leurs promesses.

De plus Lasserre, ancien président du Conseil des élus, a trahi beaucoup de ses amis centristes basques avec son petit manège visant à torpiller le projet de l’EPCI. Entouré d’esprits limités au sein même de son cabinet, d’une bande de piètres stratèges en politique – dont le talent est très loin de celui d’un Marc Amestoy – Lasserre n’a pas vu venir le désamour dont il est la victime et qu’il a tant de mal à supporter ces dernières semaines… On sait d’ailleurs qu’il renoncera probablement à se représenter au Sénat, à sa propre succession en 2017. Isolé, rejeté, il se replie déjà en terres béarnaises…

Brisson son complice, quant à lui, porte la responsabilité de l’échec de cette droite républicaine forte et pétrie de valeurs, qui existe depuis toujours au Pays Basque et qu’il a offerte comme une fille facile aux centristes, provoquant un réel écœurement dans son propre camp. La présence d’une Sylvie Durruty en troisième place sur la liste départementale n’a même pas réussi à éviter que la gauche (dans une triangulaire !) dépasse les 50 % des voix à Bayonne.

On imagine ce que les vrais gaullistes, à l’exemple du maire d’Anglet Claude Olive, doivent penser de cette bérézina. Il semble donc grand  temps de reprendre les choses en mains et le Pays Basque mérite une droite de courage et de talent qui traite d’égal à égal avec le centre et non plus en valet servile et soumis.

Après son échec à la mairie de Biarritz en 2014, Brisson n’a finalement tiré les leçons de rien. Dans quelques semaines, fin janvier, les élections départementales internes auront lieu chez Les Républicains. Puis le président du parti, Nicolas Sarkozy, nommera le secrétaire départemental, poste qu’occupe aujourd’hui Brisson et dont il s’est servi goulûment pour son intérêt personnel, même s’il s’est fait finalement et spectaculairement « couillonner » au dernier moment – après avoir pourtant fait toutes les concessions possibles – par les basses manœuvres de Lasserre (imposant Barthélémy Aguerre, le reléguant ainsi en place inéligible). Il n’est donc pas étonnant que le vent de la colère gronde chez beaucoup d’élus des Républicains, chez beaucoup de militants, qui désirent que Brisson ne soit pas reconduit dans ses fonctions et qui comptent désormais sur MAM – candidate à sa propre succession à la présidence du 64 – pour remettre, sitôt réélue, de l’ordre dans la maison départementale.

Chez les socialistes, on a dit dimanche soir que Virginie Calmels fut dans cette élection, « le pire porte-flambeau possible » pour la droite. Dans notre département, ceux qui ont justement porté les flambeaux de la droite et du centre n’ont rien à lui envier… Il est grand temps que la droite basque et béarnaise reparte du bon pied et reconstruise, avec fierté et dignité, sa famille pour espérer demain de nouvelles conquêtes. Et ce dans le cadre éventuel d’un accord avec le centre, mais cette fois, sans y perdre son âme et sa dignité.

Jean-Philippe Ségot, directeur de la rédaction de La Semaine du Pays basque

« Chipsable ou pas… chipsable ! »

max brisson 001La Marquise revient dans La Semaine du Pays basque. Sa plume délicieusement acide nous a beaucoup manqué tout l’été et tous les impertinents du Pays basque ne peuvent que se réjouir de son grand retour.

Ma toute douce,

Me voici de retour dans notre cher pays. 

Après deux mois d’absence, je reprends avec bonheur la plume pour vous tenir au courant de la vie de ceux qui nous gouvernent et je ne saurais ne pas commencer cette nouvelle correspondance sans vous donner des nouvelles de notre joli poupon de Max Brisson.

Vous vous souvenez qu’avec notre rural ami le sénateur et président Lasserre, notre baigneur cracheur avait voulu vendre la résidence paloise privée de notre distingué et si élégant préfet, la villa Sainte-Hélène à Pau ! Vengeance quand tu nous tiens, Ostia de Ostia !

Mais le préfet qui est loin d’être un sot a profité du début de l’été pour inviter à déjeuner, justement en sa résidence, notre mignon poupon. Notre bien-nourri a accepté l’invitation, car s’il est colérique et devient vite rouge écarlate à la moindre contrariété, il ne faut pas nier qu’il a bon cœur et ne sait pas ce que c’est la rancune, comme il le confiait d’ailleurs l’autre jour : « Eh bien, Domège, mon ami, mon frère qui m’a trahi, je veux bien le reprendre prochainement aux Républicains. Car un homme comme lui avec sa langue de… me sera très utile pour coller les enveloppes ! »

Donc notre beau Max a honoré l’invitation préfectorale. Déjeuner raffiné et succulent et préfet brillant d’esprit séduisant le poupon qui confiait à son chauffeur en rentrant en son palais : « Ce préfet est un type finalement épatant et sa table est SUCCULENTE et COPIEUSE ! Même que je n’ai pas envie de ce paquet de chips que vous m’avez déposé sur le siège arrière. C’est pas de la vulgaire tambouille chez lui, pas comme quand la MAM me recevait comme un miséreux au Ministère. Ca tient son homme chez le préfet Durand ! »

Du coup, en retrouvant le Jean-Jacques en son palais, le moral était au beau fixe :

Alors Mon Max, Mon Républicain bask-tarrak à moi, tu lui as dit au Durand qu’on lui reprenait sa masure ?

– Oh Mon Jeannot, Mon Bide-au-chaud que Non ! Ma  Splendeur centriste et humaniste, Mon Bayrou-de-secours départemental, j’ai changé d’avis vois-tu !

– Quoi ? Ostia de Ostia ! Où sont mes pilules pour mon palpitant avant que je me fasse l’AVC!?

– Ne t’énerve pas ma splendeur-pyrénéenne-et-atlantique-réunie ! Ecoute-moi ! La table du préfet, c’est Versailles au temps de Vatel et pas avec la Vitel, crois-moi ! Pas du Château Décrasse-ça ! Que des grands crus, que du sublime quoi !

– Oh OSTIA ! Alors dis-moi tout ton repas en détail mon bouffeur de socialistes !

Et notre Max de lui raconter par le menu le menu. Et de conclure :

Alors voilà, on lui laisse sa baraque à la condition qu’il nous invite chacun une fois par mois à bouffer !

Mais un autre épisode gastronomique attendait notre poupon lors de la corrida des Fêtes à Bayonne. Car notre Yves Ugalde, le Saint-Simon Facebook du règne glorieux de l’élégant et frétillant Jean-René 1er, toujours très inspiré par l’esprit de Pampelune, avait décidé d’organiser un entracte après les trois premiers taureaux. Et dans la loge municipale, le distingué directeur de cabinet du maire de Bayonne, avait eu l’attention des plus délicates, d’offrir un panier de pique-nique garni aux invités de son hidalgo de maire. Du grand art !

Et notre poupon de s’en réjouir :

Veunac lui ne nous donne rien à becqueter pendant ses séances épouvantables du conseil municipal où il nous raconte pendant des heures interminables ses histoires de Cité de l’Océan ! Et dormir le ventre vide, je n’aime pas ça ! Au moins à Bayonne, le Etché il sait vivre. Il connait les usages Mon Etché-tarrak. Et j’ai eu mon joli panier garni pour me régaler. Bon seule chose, j’ai trouvé un énorme paquet de chips dedans ! Je me demande toutefois si ce n’était pas un rien moqueur, une sorte d’allusions aux lettres de cette vieille chipie de Marquise, cette déplumée de la plume !

Il faut dire que cela a effectivement fait se marrer tous les invités présents, cette pochette de chips républicaines (je me suis laissé dire qu’elle aurait été offerte par l’excellent Michel Hoff, invité du maire). Mais ceux qui se marrèrent moins, ce sont les manants (dont les membres de l’opposition) qui étaient dans la partie haute de la tribune municipale, car rien ne fut prévu pour eux ! Commentaire d’un fin observateur :

Si tu comptes aux yeux de Jean-René 1er, tu es en bas de la loge avec lui et câliné. Si tu es dans la partie haute, tu n’es pas chipsable !

Eh oui, ma toute douce, la vie est parfois bien cruelle et notre joli Poupon n’est, de plus, pas prêteur pour une chips :

Je veux bien donner des investitures à tous ces miséreux, même à la Sylvie et avec bon cœur croyez-moi ! Mais personne, PERSONNE, vous m’entendez, n’aura mes chips ! Car dans la vie politique, on est chipsable ou on ne l’est pas !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Votre Marie, Marquise de vérité.