Festival latino : l’éclairage de Marc Bonduel

L’ancien délégué général a accepté de commenter avec beaucoup de mesure l’agitation autour du festival biarrot. Tout en décochant au passage quelques flèches à Jean-Marie Lemogodeuc.

 » Comme vous le savez depuis la fin de ma mission au Festival Biarritz Amérique Latine je n’ai répondu à aucune question sur l’évolution de ce Festival malgré diverses sollicitations. Ceci d’autant plus que je dirige un autre Festival, le Festival du Film de Sarlat, qui est en plein développement et réclame toute mon attention.

 Cependant depuis quelques temps je crois comprendre que des querelles internes au Conseil d’administration perturbent l’association qui abrite le Festival et je note que mon nom est régulièrement cité d’une manière plutôt flatteuse d’ailleurs. Aujourd’hui ces querelles internes s’étalent dans les médias ce qui m’incite à vous répondre au titre d’ami du Festival.

 J’ai pris la direction d’un Festival en difficulté fin 2004 et il s’est redressé puis développé et tout cela avec des comptes à l’équilibre pendant 10 ans. Pour obtenir ce résultat, j’ai bénéficié du soutien actif de deux Présidents successifs qui avaient une profonde connaissance de l’activité et notamment du monde du cinéma et de l’audiovisuel : Pierre-Henri Arnstam puis Jean-Marie Dupont.   Ils étaient naturellement en contact avec les élus municipaux qui se félicitaient du succès grandissant du Festival mais n’intervenaient jamais dans son fonctionnement. J’ai moi-même participé à des rendez-vous chaleureux avec Monsieur Borotra puis avec Monsieur Veunac où nous les informions de nos développements.

Un nouveau Président est arrivé fin 2014 et après deux années de cohabitation difficile je suis parti. Il semble que celui-ci a des difficultés au sein du Conseil d’administration avec son bilan, puisque les comptes sont dans le rouge et que le Conseil d’administration s’est déjà séparé du Délégué général qu’il avait engagé pour me remplacer. Il n’est d’ailleurs plus Président puisqu’il ne s’est pas représenté mais semble encore très actif.

L’important aujourd’hui c’est de protéger le Festival de tout cela qui ne le concerne pas directement et d’encourager l’équipe en place que j’ai constituée année après année et qui a permis que se déroule correctement la 26 e édition dans ce contexte difficile.

Je n’ai pas à me prononcer sur les candidatures au poste de Délégué général mais je connais Antoine Sebire que j’ai rencontré quand il était en poste à Bogota et que j’ai fait venir une année au Festival pour m’aider à présenter certains films. Il est également venu au Festival du film de Sarlat pour participer à des réunions de travail en tant que responsable au sein de l’agence régionale de cinéma ,il n’est donc pas juste de laisser entendre qu’il n’est qu’un copain. Compte tenu de la situation, il faut essayer d’attirer au sein du Conseil d’administration des personnalités du monde de l’entreprise, du cinéma et/ou de l’audiovisuel qui pourront accompagner ceux qui ont eu des fonctions éminentes dans nos ambassades en Amérique latine et dont la présence est également légitime. Dans tous les cas il faut que le nouveau Président qui sera élu propose l’organisation future du Festival et si le Conseil d’administration estime qu’il faut un Délégué Général c’est au Président de le choisir car un Festival qui réussit c’est toujours dû à un binôme Président/Délégué général qui s’entend bien et dont les destins sont liés.

J’espère vous avoir éclairé et souhaite longue vie au Festival Biarritz Amérique Latine qui a été au centre de ma vie pendant 12 années. « 

 Marc Bonduel

Veunac et Lafite offrent 55 000 € à un copain de copain

Antoine Sebire, ex Quai d’Orsay, va devenir délégué général du festival latino. Au conseil d’administration, il pourra ainsi faire un bridge avec trois autres anciens diplomates.

Antoine Sebire peut plastronner. Grâce à ses copains, il va venir pantoufler à Biarritz comme délégué général du festival latino (Photo Le Républicain)

Si nous gérions nos comptes familiaux comme Veunac et Lafite gèrent les finances de la Ville, nul doute que nous serions un paquet à nous retrouver interdits bancaires et inscrits au fichier de la banque de France ! Vieux routier du journalisme et de l’audiovisuel public, Jean-Pierre Laborde n’a guère de considération pour les titres ou les galons. Membre du conseil d’administration du festival Biarritz-Amérique Latine, il demande à réfléchir quand on lui propose, en novembre dernier, de devenir président. En effet, la situation financière du Festival est plus que préoccupante.  En 2015 l’association possédait une réserve de 4 463 €.  Avant de réussir, sous la présidence de Jean-Marie Lemogodeuc, à totaliser 25 253 € de pertes en 2016, et 34 410 € en 2017, soit une dette de 59 663 €, un chiffre validé par le commissaire aux comptes. Et ceci, alors que la Ville augmentait en trois ans la subvention de 50 000€, de 300 000€ à 350 000€ en 2017.

Jean-Pierre Laborde, va donc voir tous ses copains du conseil d’administration en leur disant : « Surtout, ne votez pas pour moi si vous n’adoptez pas le plan d’économie que je propose, ça ne me vexera pas ». Il est finalement élu avec 10 voix sur 12, tout comme le vice-président Pierre Jocou.

L’article de Sud Ouest du 1er février.

L’idée du duo est simple et exprimée dans un document distribué à tous, intitulé « Objectif : 30 ans ». La directrice artistique et directrice de la programmation Lucile de Calan, qui officie depuis huit ans et décide seule depuis deux ans, devient déléguée générale, ce qui économise un poste rémunéré à hauteur de 45 000 € et l’autre salariée de l’association, Stéphanie Loustau voit elle aussi ses responsabilités élargies et son salaire réévalué.

Un plan de bon sens pour une association lourdement endettée, mais qui va être vite mis à mal par les interventions intempestives des grands argentiers Lafite et Veunac, encore une fois fort peu soucieux de l’argent public dans cette affaire.

D’où cette démission fracassante du duo Laborde-Jocou, le 30 janvier, fort bien racontée par Sud Ouest et Mediabask.

http://www.sudouest.fr/2018/01/30/la-demission-du-president-du-festival-latino-de-biarritz-4155571-4018.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20180201/biarritz-le-festival-latino-recycle-des-anciens-diplomates

Veunac et Lafite s’invitent au conseil d’administration

L’article de Mediabask.

Au tour de Bisque, Bisque, Basque ! maintenant de vous donner le dessous des cartes, de bridge évidemment, et quelques éclairages inédits. L’épouse de Guy Lafite est membre du conseil d’administration et l’ancien président qui a si bien géré les finances de l’association, Jean-Marie Lemogodeuc, un de ses grands copains. Les deux alertent immédiatement le grand argentier municipal sur la volonté des deux nouveaux élus de faire des économies. Comme si c’était important, alors qu’ils avaient déjà en tête de faire venir un petit jeune passé par le Quai d’Orsay qui se morfond au Conseil régional ! Veunac et Lafite vont donc tour à tour, au mépris de toutes les règles, s’inviter au conseil d’administration. Le 9 novembre, Veunac entame le forcing « Il faut un grand délégué général » clame-t-il devant les administrateurs un peu éberlués. Et un grand maire, c’est pour bientôt ?

Lafite, alias la Voix de son maître, fait de même un peu plus tard : « Il faut un grand délégué général, un grand chef d’orchestre ». On ne fait pas plus sympa pour Lucile de Calan dont le travail est pourtant unanimement salué par les professionnels. Mais quand on a un copain à caser et que ça urge… Pendant ce temps, Laborde et Jocou, comprenant qu’un sale coup se prépare, demandent le 12 novembre un rendez-vous à Michel Veunac. Ils attendent toujours !

Le gamin est gourmand

Interrogé, sur la possible nomination d’Antoine Sebire au poste de délégué général, Jean-Pierre Laborde s’étrangle de stupéfaction : « Comment avez-vous su cela ? Je n’ai pas caché que le profil de ce délégué général pressenti, plus culturel qu’économique ne me paraissait pas judicieux, mais je me suis engagé à ne pas donner son nom » Pas de chance pour l’ex-président, Bisque, Bisque, Basque ! a des copains qui se sont fait un plaisir de de lui susurrer le nom de l’heureux pressenti et de lui donner le courrier bien senti qu’il a adressé au maire : « Certains administrateurs, écrit l’ancien journaliste, avaient comme priorité, non pas la construction d’un nouveau modèle économique, mais l’embauche d’un délégué général ami ». Mais qu’est-ce qu’il est mesquin et près de ses sous, l’ancien président !

Antoine Sebire, lui, ne doute visiblement de rien. Une enveloppe de 45 000 euros avec 5 000 euros de prime en cas de retour aux bénéfices avait été prévue pour ce poste qui est très loin d’être un plein temps, mais le gamin gourmand, sans doute bien conseillé par ses amis du conseil d’administration, n’hésite pas à demander 60 000 euros. Ce n’est tout de même pas parce qu’une association est en déficit qu’on va se restreindre ! Et finalement, la mairie qui a piloté de A à Z cette pitoyable opération lui accordera 55 000 € et 5 000 € de prime.

Des faits confirmés en filigrane dans le courrier de Jean-Pierre Laborde : « Une campagne de dénigrement a permis de masquer tout débat autour du plan « objectif 30 ans » et de l’écarter. Elle a été orchestrée sur le thème Laborde supprime le délégué général pour être président et délégué général. L’adjoint aux Finances et l’adjointe à la Culture (Jocelyne Castaignède) se sont prêtés à ce jeu (…) Quant à l’adjointe à la culture, elle a suscité ma stupéfaction quand je l’ai entendu dire que l’argent était le nerf de la guerre, puis, quelques minutes plus tard : il ne faut pas être obsédé par le fait que le délégué général aille chercher des financements. »  Et Laborde de conclure ironique : « Merci l’argent public providence ! »

 Décidément, il dramatise vraiment tout ce Laborde : 55 000 € d’argent public gaspillé annuellement, ça ne représente jamais que 1833 procès-verbaux supplémentaires à 30 euros à infliger aux automobilistes biarrots.

EXCLUSIF : LA LETTRE DE LABORDE À VEUNAC

Récupéré de façon un peu « acrobatique », les en-têtes et autres marques pouvant indiquer la provenance de ce document daté du 30 janvier ont été délibérément supprimés. Malgré la qualité médiocre de l’ensemble, lisez et vous allez en apprendre de belles.

(Capture d’écran, Arte)

Antoine Sebire, le taiseux

Une prudence de sioux, ou plutôt… de diplomate. Sans doute agacé d’avoir été débusqué, Antoine Sebire a fort gentiment accepté de répondre aux questions de Bisque, Bisque, Basque ! Comme vous pourrez le constater, les réponses n’ont pas dû lui prendre un temps infini même si elles contiennent quelques approximations et mensonges.

 

– Sur la première question Antoine Sebire a partiellement raison. C’est professionnellement qu’il a connu l’un des membres du conseil d’administration. Ce qui n’empêche pas d’avoir développé des liens personnels depuis !

– Sur la deuxième, le futur délégué général, nous promène totalement. L’ECLA où il travaille actuellement est une organisation annexe du conseil régional d’Aquitaine. Elle est vouée à disparaître, en avril prochain, où plus précisément à être fusionnée avec d’autres entités. L’avenir professionnel d’Antoine Sebire devenait donc très incertain et cette proposition biarrote tombe miraculeusement bien.

– Gros éclat de rire pour la troisième réponse. C’est bien entendu par hasard qu’Antoine Sebire, très conscient de sa valeur a demandé 60 000 euros à Biarritz. Et pas un de ses copains ne l’aurait informé sur ce qu’il pouvait obtenir ?