Le bal des copains continue

???????????????????????????????

Le bâtiment qui abrite le trinquet est communal, mais la mairie a laissé l’association « Biarritztarrak » décider seule du choix de son gérant. Et les trois fils de l’adjoint aux Sports Michel Poueyts remportent l’appel d’offres en compagnie de Jon Curver. Elle n’est pas belle la vie?

Si vous êtes inconditionnel du loto, de la roulette ou de l’illiko morpion de la Française des jeux, vous devriez sérieusement envisager de vous installer à Biarritz, car c’est une ville où le hasard fait merveilleusement bien les choses!

En juin dernier, Michel Veunac avait déclenché des sourires entendus dans tout le conseil municipal au moment de l’attribution de la concession à David Couzinet des « 100 marches » devenues « Etxola bibi« .  » C’est mon premier rugbyman ! «  s’était défendu le nouveau maire, ce qui en dit long au passage sur les pratiques de son prédécesseur. On aurait compris que l’excellent ancien deuxième ligne du Biarritz Olympique obtienne la baraque de marrons chauds devant les galeries Lafayette, car sa compétence dans le domaine ne faisait aucun doute, mais personne n’avait décelé une aptitude particulière à passer les plats chez le porteur du maillot rouge et blanc, même s’il s’est associé dans cette aventure avec un professionnel de la restauration. C’est donc le hasard et lui seul qui a fait que notre trentenaire plein de mérite s’est retrouvé mieux-disant de l’appel d’offres, tandis que seuls les mé… disants ont vu un lien de cause à effet avec son ralliement au candidat Michel Veunac, quelques semaines avant le premier tour des élections municipales. «  J’étais très intéressé par les 100 marches,  reconnait une des figures locales de la restauration biarrote,  mais je n’ai même pas déposé de dossier, car je savais que tout était joué d’avance. « . Les gens sont défaitistes, tout de même!

Une rupture ? Quelle rupture ?

Michel Veunac avait promis une rupture avec les pratiques de l’ère Borotra et, le moins que l’on puisse dire, est qu’elle ne saute pas aux yeux du profane. En son temps, l’attribution d’un bel emplacement aux halles pour la société Balme, spécialisée dans la truffe et ses produits dérivés, dirigée par Thomas Balme et Mikel Poueyts, fils de l’adjoint aux sports de la Ville, avait fait jaser, mais comme l’affirme son père qui ne s’est pas « du tout mêlé de ce dossier « , les deux candidats «  ont été bananés trois fois avant de l’emporter « . Ils sont tenaces, ces petits !

Vous savez ce que c’est, quand vous remportez le gros lot, vous suscitez toujours des jalousies. Alors quand, à quelques mois d’intervalle, le hasard vous sourit deux fois, vous imagez le nombre de commérages vous concernant ! Mikel Poueyts, fils de Michel, est chanceux. Qui pourrait lui reprocher ? Cette fois, il vient de l’emporter, en compagnie de ses deux frères et du pelotari Jon Curver, pour gérer la buvette-restaurant du trinquet de Plaza Berri.

Michel Poueyts, qui n’a fait aucune difficulté pour me répondre par écrit d’abord, puis par téléphone, se montre catégorique :  » La Ville n’est pas intervenue dans cette démarche  et l’adjoint aux sports que je suis, encore moins ! Je vous conseille de vous rapprocher de M le Président du club de Biarritztarrak qui pourra mieux que quiconque vous renseigner sur le choix qui n’appartient qu’au club. »

Aucun appel d’offres officiel

Le bâtiment est communal, la situation financière de Biarritz guère florissante et la municipalité devrait être vigilante sur ses intérêts. Au lieu de cela, rien n’a été fait dans les règles, comme le reconnait le président de Biarritztarrak, Jean-Paul Driollet, fort embêté par les questions de Bisque, bisque, basque!

Plaza Berri 03

Les réponses de Michel Poueyts

« Vous pouvez me reprocher de ne pas avoir lancé un appel d’offres officiel et je vous dis mea culpa »  Selon le président, tout s’est passé de façon informelle. « Nous nous sommes retrouvés, fin août 2013 sans gérant. Notre cuisine n’était pas tout à fait aux normes et nous avons dû effectuer d’importants travaux. Une douzaine de personnes se sont renseignées spontanément en novembre et décembre, mais nous ne pouvions pas leur dire à l’époque à quelle date précise leur activité allait pouvoir démarrer. Certains candidats se sont donc effacés et il ne restait plus que six dossiers définitifs. Nous nous sommes réunis à quatre membres du comité directeur pour auditionner les candidats et le projet de Jon Curver et des trois fils Poueyts nous a semblé le plus intéressant, car, avec ces mordus de pelote basque, nous savions qu’ils allaient aussi s’occuper de l’animation du fronton ». Et le président de conclure : « J’espère avoir été le plus objectif possible, même si j’aurais dû lancer un appel d’offres officiel ».

 Raconté comme cela, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes hasardeux, même s’il est curieux que la Ville, très présente pendant les travaux de réhabilitation de Plaza Berri, se soit ensuite désintéressée de la question de savoir qui allait gérer le local rénové. Une des quatre personnes chargées d’examiner les dossiers, donne peut-être l’explication quand elle affirme, sous couvert d’anonymat : « Dès le départ, on savait parfaitement pour qui on devait voter ».

Michel Poueyts retrouve les accents du politique habitué à convaincre les foules, lorsqu’on lui demande si on n’est pas en présence d’un regrettable mélange des genres et si ses enfants n’auraient pas dû s’abstenir de postuler à Biarritz, alors que leur père est un élu implanté depuis des lustres :  » Je  suis quelqu’un issu d’un milieu modeste et qui a été éduqué dans des valeurs de solidarité, de partages et d’écoute sociale. Mon engagement n’a jamais changé et ne changera pas… Je me bats pour ma Ville et pour, qu’entre autre, nos jeunes puissent se loger et travailler au pays.  Cela dure  depuis 23 ans et les Biarrots le savent  bien.  » Et lorsqu’on lui rapporte qu’il est l’élu le plus souvent accusé de mélanger les genres, il avoue tomber de sa chaise : « Il ne me viendrait jamais à l’idée d’utiliser de l’argent public à des fins personnelles ! « .

L’enquête est donc bouclée et Bisque, bisque, basque  peut se montrer catégorique avec ses lecteurs : Michel Veunac l’avait promis et Michel Veunac l’a fait.  La rupture avec l’ère Borotra est  totale et absolue en matière d’appel d’offres et c’est uniquement le hasard, ce hasard que nous, pauvres humains, ne maîtrisons pas, qui fait que les derniers lauréats sont tous très proches de la majorité municipale en place.

Nous voilà grandement rassurés ! Le changement, c’est bien pour aujourd’hui !

Plaza Berri 04

Elle n’est pas neuve, celle-là !

Tous les mercredis matins, c’était le concours de pronostics au Canard pour savoir lequel d’entre nous allait se retrouver menacé de procès. Des menaces qui ne voyaient pratiquement jamais le jour, Le Canard prenant un malin plaisir à mettre les rieurs de son côté, quand, par hasard, il se retrouvait à la barre.  La sportivité de Michel Poueyts, face à mes questions, doit être saluée. L’homme ne s’est pas échappé, a répondu longuement, et a mis sur le compte de son amitié pour Didier Borotra certaines des calomnies qu’il affirme endurer. Mais, en bon politique, il ne s’est pas gêné pour manier la carotte et le bâton avec le journaliste que je suis. Dès que possible, nous partagerons un café, ce dont je me réjouis, car il est toujours intéressant de discuter avec des responsables politiques, sachant que ce n’est pas un verre partagé qui m’empêchera d’écrire contre l’intéressé, si des faits avérés me parviennent.  En revanche, j’ai souri à la menace implicite, en lisant, à la fin de la réponse de l’élu « Nous avons communiqué à Maître Malo, avocat en droit public« . Qui est derrière ce nous? Michel Poueyts et un autre Michel ? Le candidat victorieux à la mairie avait, en son temps, longuement consulté son avocat pour tenter d’endiguer le flot de mauvaises nouvelles publiées par Bisque, bisque, basque! L’auteur du blog adore qu’on lui agite le chiffon rouge devant le stylo et comme, jusqu’à preuve du contraire, il ne publie que des faits avérés, sachez qu’il est droit dans ses espadrilles et prêt, en bon marin, à tenir fermement la barre…