C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

Encore un exploit du duo Veunac-Lafite qui n’a rien dit et met le conseil municipal devant le fait accompli en demandant le vote d’une subvention exceptionnelle de 150 000 euros.

Une dette qui ne cesse de s’accroître. 385 000 euros de déficit, actuellement, et sans doute plus à la fin de l’année par un effet mécanique.

Si Emmanuel Macron, lors du prochain remaniement, décide de créer un ministère de la cachotterie permanente, il va avoir deux prétendants solides avec le tandem Michel Veunac et Guy Lafite. Les deux élus sont au courant depuis fin 2018 de la situation catastrophique du BO omnisports, mais ils se sont bien gardés d’en parler à quiconque ou de faire ce pour quoi ils ont été élus, c’est-à-dire agir en commandant un audit pour comprendre les raisons de ce trou abyssal. Au contraire, « La Faillite-nous-voilà ! » assume sans complexe dans Sud Ouest (9/4) avoir caché la vérité pendant quatre mois au conseil municipal. L’énarque qui se targue à chaque conseil municipal d’une « gestion intelligente » a une fois de Sud Ouest du 9 avril.plus joué perso. Nos deux cachottiers Veunac et Lafite ont donc soigneusement tourné la tête pendant quatre mois pour ne pas voir ce qui se passait, avant d’être rattrapés par le principe de réalité. En effet, c’est le rugby amateur qui détient le numéro d’agrément du Biarritz Olympique, et si la section amateurs venait à disparaître, le BO coulerait avec lui. Impensable à onze mois des élections municipales !

Résultat de cette incurie, il faut combler le trou d’urgence et voter une subvention exceptionnelle de 150 000 euros, lors du prochain conseil municipal du 10 avril. « On n’a pas le choix ! »  répète sur tous les tons Veunac en guise d’explication, ce qui est tout de même un peu court.

Lors de l’assemblée générale de l’omnisports du 17 décembre 2018, où le président Jean-Philippe Tourgis a annoncé qu’il quittait ses fonctions, l’énarque qui ne se trompe jamais avait même pris la parole pour rassurer au nom de la Ville les participants, ainsi qu’en témoigne le procès-verbal de l’assemblée générale.

 Un timing parfait pour faire diversion ?

Ce document, prouve qu’en décembre 2018 les grands travaux d’aménagement d’Aguilera comme la construction du centre de formation ou la reconstruction de la tribune Blanco n’étaient nullement prévus, la Ville attendant le nouveau PLUI (Plan d’aménagement urbain fait en concertation avec l’Agglo) , ce qui semble plein de bon sens, pour se lancer dans la construction de logements. Et qu’une avance de trésorerie de 100 000 euros avait déjà accordée à l’omnisports. On peut donc se demander si cette mise en lumière des difficultés du BO omnisports relève du pur hasard de calendrier ou si Veunac et Lafite, très favorables au projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, n’ont pas attendu la présentation du projet pour sortir le dossier de l’omnisports et « aider » les conseillers municipaux à faire le bon choix.

Rappelons qu’il y a un an, Lorsque Bruno Ledoux et Benjamin Gufflet, alors alliés avec la famille Gave, avaient sollicité une subvention de la mairie pour remettre à flot l’omnisports, ils s’étaient vertement faits éconduire.

De multiples explications au déficit

Quoiqu’il en soit, il est assez ahurissant de réaliser que l’équipe municipale n’a absolument pas réagi à ces informations alarmantes et a laissé filer le déficit sans chercher à enrayer la mécanique infernale. Si les sections Les amis du BO, le cyclotourisme, le fitness, la musculation et le triathlon présentent des comptes équilibrés, pour d’autres sections c’est la catastrophe. Près de 200 000 euros de pertes prévues pour l’administration qui a beaucoup recruté, 25 000 pour le rink hockey, 30 000 pour le hand, 35 000 pour la natation…

En interne, plusieurs explications qui semblent tenir la route sont avancées, comme une crise du bénévolat, qui oblige à engager des moniteurs payés pour s’occuper des enfants, mais aussi un certain laxisme dans la gestion, les présidents de section étant beaucoup plus décontractés depuis le départ de l’expert-comptable Jean-Philippe Tourgis.

Un bras de fer Aldigé-Veunac

Si Veunac et Lafite ont opté pour le silence radio, ce n’est pas tout à fait par hasard. Michel Veunac, qui ne doute décidément de rien, s’était imaginé au début de l’année que la famille Gave allait boucher le trou. S’ensuivit une réunion houleuse à la mairie, dont les vitres et les murs se souviennent encore tant ils ont tremblé ce jour-là, Jean-Baptiste Aldigé refusant catégoriquement de combler un déficit qui n’est pas de son ressort.

Finalement, avec les réactions favorables au projet Aguilera de la majorité des conseillers municipaux, en attendant la délibération décisive de mai, la tension s’est quelque peu apaisée. La famille Gave vient d’accepter finalement de prendre en charge 200 000 euros du déficit, ce qui semble prouver qu’elle est bien décidée à rester, malgré ses récurrentes menaces de départ. Pendant ce temps, plusieurs ennemis de l’ancien président de l’omnisports affirment que le déficit de l’omnisports n’est pas « structurel » mais lié à des notes de frais un peu trop somptuaires. Une affirmation, comme on le verra, qui semble plutôt destinée à noyer le poisson et qui ne paraît pas avoir de réalité.

Une promesse à 500 000 euros a-t-elle été faite au rugby amateur ?

Clairement dans ce dossier, chaque camp cherche à manipuler l’autre. Les uns chargeant Tourgis, tandis que d’autres estiment que celui qui était surnommé « La Girouette » au sein de l’omnisports, tant il a fait preuve d’opportunisme à l’arrivée de chaque nouvelle équipe dirigeante, s’est montré trop naïf. Y a -t-il eu pour mieux amadouer le président de l’omnisports une promesse non tenue de la part de Jean-Baptiste Aldigé qui serait à l’origine du déficit actuel ? Impossible à savoir puisque cette promesse a été formulée en avril 2018 lors d’un déjeuner en tête à tête dans le restaurant qui fait face au commissariat et qu’aucun des deux intéressés ne veut confirmer ce qui a été dit ce jour-là.

Ils sont pourtant plusieurs à affirmer au sein du BO omnisports sous couvert d’anonymat que le nouveau président du Biarritz Olympique aurait promis un versement de 500 000 euros à la section rugby amateur, versement qui n’aurait finalement jamais eu lieu.

Une copie d’un mail d’un adjoint au maire, écrit fin avril 2018, a circulé et semble confirmer cette hypothèse.

L’adjoint confirme benoîtement : « Notre ami commun Aldigé s’était fait fort de leur accorder une subvention de 500 ke en sus du fonctionnement » Pour les profanes peu versés en économie, 500 ke correspondent à 500 000 euros. Dans ces conditions, on comprend mieux l’imbroglio actuel., l’omnisports ayant peut-être été tenté de recruter et de dépenser un argent qui n’a en fait jamais été encaissé.

La réponse catégorique de Tourgis

Sollicité par Bisque, Bisque, Basque ! Jean-Philippe Tourgis répond immédiatement au téléphone. S’il refuse de faire le moindre commentaire sur le déficit actuel « J’ai rendu mon tablier le 17 décembre 2018 et le commissaire aux comptes a approuvé ma gestion », il se montre en revanche très précis sur le remboursement de ses frais au BO omnisports : « Je suis élu depuis dix-huit ans au BO. Je ne me suis jamais fait rembourser un euro de note de frais. Je paie moi-même mes cotisations à la section « Les amis du BO » et au rugby amateur et en déplacement j’ai toujours payé ma place. Je ne comprends donc pas comment on peut tenir de tels propos à mon sujet ».

Bon courage, maintenant aux conseillers municipaux pour démêler le vrai du faux lors de ce conseil municipal qui verra aussi resurgir la vente des écuries de Bigueyrie et de la villa Sion !

… Encore un beau concert de casseroles en perspective.

Le document complet sur la situation financière de l’omnisports depuis 2014.