Un camouflet infligé à tout le Pays basque

Au lieu de s’appuyer sur l’artisanat local, Michel Veunac pour accueillir les délégations étrangères achète ses cadeaux chez… Hermès ! Provocation ou inconscience ?

Que voulez-vous, les-à-côté-de-leurs-pompes sont ainsi : ils mangent de la choucroute, le jour où ils visitent Toulouse, du cassoulet quand ils passent à Biarritz et se régalent de chipirons lors de leur séjour à Strasbourg. On le savait déjà et on peut le vérifier encore aujourd’hui, notre immenssissime Michel Veunac n’est pas du bois ordinaire dont on fait les makilas pour touristes. Lorsque notre très original Premier magistrat reçoit en sa bonne ville de Biarritz Jean-Yves Le Drian et 150 représentants de délégations étrangères, ce mardi 18 décembre 2018, il ne va pas comme tous les maires chercher platement à mettre en valeur les artisans et producteurs locaux lors des cadeaux d’usage, mais, en bon nouveau riche, s’efforcer d’en mettre plein la vue avec l’argent des contribuables, comme on peut le découvrir sur Instagram grâce à une touriste parisienne, de passage hier.

Un tweet du journaliste François Berland, très au fait du dessous des cartes, semble confirmer l’information.

Plusieurs témoignages biarrots semblent confirmer que le maire a osé l’impensable : privilégier une maison parisienne dont la réputation n’est plus à faire plutôt que de se tourner vers la production locale. Bisque, Bisque, Basque ! a bien été tenté de contacter la mairie pour vérifier l’information, mais comme Veunac n’a toujours pas montré à quiconque le nouveau contrat signé avec les banques pour L’Hôtel du Palais, ni répondu aux questions de François Amigorena posées lors du dernier conseil, ce blog prendra sagement sa place dans la file et attendra patiemment que le maire nous informe (en 2020 ou en 2021 peut-être) sur le nombre de cadeaux effectués en ce 18 décembre et le prix de l’addition finale.

De nos jours, pour trois salaires mensuels d’ouvrier, tu n’as plus rien… (Extrait du catalogue en ligne Hermès)

Les nombreux gilets jaunes présents dans la ville et qui se battent pour que le Président de la République améliore enfin leur pouvoir d’achat, seront sans doute enchantés d’apprendre cette idée une nouvelle fois fulgurante de notre maire. Les amoureux du Pays basque le seront tout autant en voyant comment Veunac défend haut et fort leurs couleurs.

Le plus drôle étant que Veunac est non seulement maire de Biarritz, mais aussi vice-président de la communauté d’agglo du Pays basque, en charge de… « l’attractivité touristique ». Avec des amis du Pays basque comme lui, plus besoin d’ennemis !

Alors à la place du très militant président de l’agglo Jean-René Etchegaray, après une telle bévue, pas la moindre hésitation possible : retrait immédiat de sa délégation au vice-président irréfléchi. Et pas façon Veunac avec Nathalie Motsch, où on lambine et atermoie… Effet immédiat !

 

Max et l’EPChips !

Chipstarrak a faim

(Dessin Pierre George)

Ma toute Douce,

La vie est parfois bien cruelle et rien n’est acquis sur cette terre !

Je me souviens des espoirs déçus de notre pauvre Max Brisson, de notre cher Chipstarrak, que nous avons connu tout mioche quand il jouait aux « politiciens et aux entrepreneurs » dans les rues de Boucau. Ah qu’il était mignon, tout frisé, ce jeune et brillant gamin si sage qui travaillait bien à l’école et collait les affiches du général de Gaulle sur les murs de la cité ouvrière avec son tube de colle Uhu. Après des études brillantes et l’agrégation d’histoire ou de géographie – je m’y perds -, le voilà qui s’est lancé dans la vie politique. Conseiller municipal de feu Bernard Marie qu’il appelait « Mon papa« , puis conseiller régional grâce à la bonté de MAM qu’il appelait « Ma grande sœur« , puis conseiller général aux côtés du Parrain de la Côte, l’excellent Claude Olive, qu’il appelait « Mon petit frère« , il les a tous, un jour ou l’autre, fabuleusement trahis avant de se prendre la fameuse pelle (du 18 juin) en plein dans la tronche !

Évidemment, cela fait mal… Mais personne ne l’avait forcé à faire la danse du ventre devant Borotra, puis à mener sa campagne électorale des municipales de 2014 comme on mène un veau à l’abattoir de Mauléon. Non personne…

Aujourd’hui, le bilan est triste (contrairement à Anne du même nom…), car si Ostia et Ostiette – du moins pour le moment – ont beaucoup de galette qui rentre chaque mois, pour Max-la-Mélasse les caisses ont un peu de mal à se remplir et la mise au régime a commencé. Du temps où il glorifiait Borotra soir et matin en venant lui faire des bisous dans son bureau et en saoulant ses proches par des : « Didier, DIDIER MON AMI, m’a dit que j’étais le SEUL, l’UNIQUE, le MEILLEUR » (ce qui faisait alors dire avec un grand sourire à l’élégant Michel Veunac qui armait patiemment ses scuds : « Certes, mais il ne lui a pas dit le meilleur des quoi…« ), le Max s’engrangeait dans le gosier une belle indemnité de premier adjoint, avec un joli bureau vue sur mer et une place de parking gratuite en plein centre-ville. Il cumulait les chips gentiment et voyait son avenir sous les meilleurs auspices (son avenir est-il désormais dans le meilleur des hospices ?) en commentant ainsi les choses à son fidèle Domège-sans-intérêts : « A moi les chips de maire et celles du Conseil général ! A moi les bons gueuletons au Palais. A moi les Chips Gold ! » Oui, la vie est bien cruelle, Chère Thérèse-Marie, et ses derniers espoirs furent déçus quand il s’est fait éjecter d’une position éligible aux régionales par l’insupportable Calmels qui aime mieux aller câliner le beau Mathieu Gallet à la Cité du Vin de Bordeaux que la Chips à la Cité de l’Océan.

Pourtant Chipstarrak avait un dernier espoir ! Oui, un ultime…

Il s’agit de l’EPCI, la future grande institution que doit présider le Lehendakari Etchegaray à partir du mois de janvier… Et notre Chips, qui danse le fandangros à Saint-Pée, prépare la brosse à reluire pour le Ché :

– Jean-René est mon ami ! Il est à la fois mon nouveau père, mon nouveau grand-frère, mon IMMENSE idole. C’est la plus grande des intelligences basques universelles. Il y a chez lui du Napoléon et du De Gaulle. Je conserve d’ailleurs dans ce petit écrin qui ne quitte pas ma poche de chips une mèche sacrée de ses cheveux que je vénère et que j’embrasse chaque matin et chaque soir. C’est un Saint !

Et de rajouter dès qu’il croise le Marco Amestoy, le fameux directeur de cabinet du Ché :

 Marco, MON Marco, toi qui as toujours été mon AMI, MON fils spirituel, à qui j’ai appris au temps de la splendeur du Ostia, l’art de la politique, je compte sur TOI, pour faire partie de l’entourage de notre futur empereur des Basques. Tu me dois bien ça, hein MON MARCO si beau ?

Marco, quelque peu gêné par tant de débordement, la cravate bien droite et scintillante de mille fils de soie, le costume impeccablement coupé, les pompes parfaitement lustrées, les mains méticuleusement manucurées, de fuir vers les toilettes les plus proches à la recherche d’un lavabo :

– Il m’a encore broyé la main ce type ! Mais c’est quoi ce truc qui colle, gras et gluant que j’ai sur les mains ? Mais c’est pas Dieu possible ! Il n’y a pas de gel antiseptique dans ces commodités ? Je crois qu’il va vraiment falloir que je revêtisse mes nobles mains de gants immaculés semblables à ceux de la reine d’Angleterre quand je verrai la Chips me poursuivre dans les couloirs. Mais c’est pas vrai ce truc, ça ne part pas ! Quelqu’un aurait du white-spirit ?

Alors le sort des Basques préoccuperait-il à ce point notre joli Chips ? Un tel cœur pour une si noble cause, cela ne mérite-t-il pas un peu d’indulgence de notre part, Ma Toute Douce ? J’ai failli y croire, jusqu’à ce qu’un proche de notre Max ne me raconte cette petite anecdote des plus croustillantes : « Il y a quelques temps, le Brisson m’a fait des confidences que je vous répète car je connais votre grande discrétion. Toute cette affaire est en fait une affaire de chips ! Figurez-vous qu’il a découvert que l’EPCI aura quinze vice-présidents et qu’ils percevront probablement dans les 2000 euros d’indemnités par mois chacun ! Et il ne se cache pas d’y prétendre et rêve à cet apport de chips supplémentaires pour arrondir ses revenus et son beau bidon ! C’est juste aussi simple que cela… Ma chère Marquise. »

Voilà donc le stratagème ! Toujours une affaire de pognon comme on dit du côté de Bidache. Alors, j’ai fait ma petite enquête pour savoir si notre Chips pourra bientôt festoyer sur le dos de nos impôts… Et le résultat ne va pas lui faire plaisir, vous allez voir… S’il est vrai que la Chips sera obligatoirement membre du futur EPCI, vu qu’il est déjà conseiller de l’Agglo à Bayonne, il ignore peut-être que les postes de vice-présidents seront donnés en priorité aux présidents des agglos sortantes. Il y en a dix sortants, dont neuf qui sont détenus par des hommes ! Si notre bien aimé Jean-René devient Lehendakari comme il se doit, il y aura donc neuf vice-président et une vice-présidente en quelque sorte de droit avant de désigner les cinq autres. Alors, ne peut-on pas penser que très logiquement pour les cinq postes qui resteront à pouvoir, l’on choisisse de les attribuer à des femmes ? Ce serait la moindre des choses dans cette société qui se décide enfin à appliquer la parité depuis peu… Et ce n’est pas au Pays basque, dans le cadre d’une nouvelle institution, que l’on se montrerait ringard ! On arriverait ainsi alors à dixhommes (avec le lehendakari à la présidence) et à six femmes, ce qui se serait déjà très en défaveur de nos condisciples Ma Toute Douce !

Pour en revenir à notre Chips, et comme il a très peu de chances de changer de sexe avant la fin de l’année, il va encore une fois devoir renoncer à ses folles espérances. Que voulez-vous quand le sort s’acharne…

Gardez bien cette nouvelle pour vous, car je ne voudrais pas casser le moral de notre joli joufflu une fois encore par une « fuite » de notre correspondance. Il semblerait toutefois qu’il pourrait avoir comme lot de consolation un poste de conseiller délégué, ce qui correspond en fait non pas aux bonnes poches de chips Gold qu’il visait chaque mois, mais plutôt à quelques petites miettes un peu molles…

Mais cette histoire de parité, qui fait le malheur de notre Max, semble aussi inquiéter notre si distingué préfet, qui en grand stratège EPCI-pien – et qui voit toujours si loin à des milliers de kilomètres même en plein brouillard – se doute que les recours lancés par les NONistes pourraient trouver une oreille favorable à Paris justement au nom de cette fameuse parité, figurez-vous ! Car dans ce collège de plusieurs centaines de conseillers, l’on ne pourra pas y appliquer une stricte parité. Il se pourrait donc que ce soit là le talon d’Achille de toute l’affaire ! Si la bataille de l’EPCI est gagnée par le vote des conseils municipaux, il se peut qu’elle se prolonge dans des recours plus ou moins interminables au nom de la parité…

Oui, Ma Chère, la vie politique in the Basque Country n’est pas un long fleuve tranquille…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Le lehendakari se garde l’UDI !

Peyico le Pirate

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Comme vous le savez les jeux sont faits en ce qui concerne le fameux EPCI du Pays Basque. Et d’un score que l’on croyait – ou imaginait – serré, on va vers une assez large victoire du « Oui ».

Cela va, bien entendu, faire le bonheur des partisans du « Oui », camp dans lequel on compte notamment la sénatrice Espagnac et les députées Capdevielle et Alaux. Et puis, évidemment, notre élégant Jean-René, maire de Bayonne et futur roi du Pays Basque. D’où cette formule déjà célèbre qu’il a prononcée l’autre soir (à une heure peu catholique comme dirait Monseigneur Aillet qui  n’arriverait pas à dormir du sommeil du brave après avoir bu une bouteille de Château de l’Hacienda et qui dirait au vicaire général : « Vous avez beau dire, y’a pas seulement que de la pommey’a aut’chose.« ) dans un bar du Petit-Bayonne devant un échantillon de son futur peuple basque :

– L’EPCI c’est MOI !

Dans les partisans du « Non », il reste évidemment notre bien gras d’Ostia, qui digère bien mal l’échec du « Non », vu qu’il risque de le payer le prix fort aux prochaines sénatoriales. Il est vrai que sa position de resplendissant buté reste incompréhensible aux yeux de beaucoup de maires basques, même si cela ne surprend guère le futur lehendakari Jean-René, qui commenta ainsi, entre deux irrintzina, la chose à un observateur qui évoquait ces faits dans ce Petit-Bayonne nocturne où il fait bon fêter les victoires :

– L’attitude du Ostia ? Oh cela ne me surprend pas et me fait penser à un proverbe russe que m’a, un jour dernier, rapporté à son retour de Vichy, en passant par Laval, un vieux consul épuisé de ce pays de neige et de deuils : « Mets un paysan à table, il mettra les pieds dessus« .

Mais au-delà de ces réjouissances et de l’esprit taquin de notre futur lehendakari, il faut toutefois se poser des questions quant à l’avenir des rapports entre les « Nonistes » et les « Oui-ouistes », car on a peur que cela laisse des traces sanglantes. Pour ce faire, il fallait donc une bonne volonté et un homme de paix. Et voilà que ce corsaire de Peyuco Duhart, maire de Saint-Jean-de-Luz, avec sa légendaire et diplomatique bonhommie, a décidé de jouer un coup qui peut être méditer comme une grande leçon, par ceux qui mangent des chips à pleine main en racontant des fadaises au lieu d’agir dans l’intérêt général. Ainsi le bon Peyuco a proposé la chose suivante :

– Le temps de l’apaisement et du travailler ensemble est revenu. Je propose donc de réunir les 10 présidents d’intercommunalité actuels du Pays Basque autour d’une bonne table pour réapprendre à se parler, à travailler ensemble, le plus uni possible, au sujet de l’avenir de notre petit coin de France, de notre cher Pays Basque.

Les dix (dont lui) ont donc dit oui, y compris le Parrain de la Côte, pourtant « Noniste » convaincu, notre Cher Claude Olive, ci-devant maire d’Anglet qui, s’il possède caractère et  tempérament, est tout le contraire d’un buté. Et cet accord facilement obtenu, le Peyuco a lancé, l’air de rien, avec ce grand sourire qui séduit tant les Luziennes sexagénaires aux halles :

– Eh bien il ne me reste plus qu’à choisir un bon restaurant pour vous y inviter tous ! Mais à une condition… C’est que le Président du Conseil des élus (c’est à dire, Ma Chère Thérèse-Marie, le futur Lehendakari  Etchégaray ) soit des nôtres !

Coup de maître ! Et tout le monde a accepté y compris le Parrain de la Côte qui a dit en se marrant, beau joueur :

 – Moi, Tchi-Tchi, je ne fais pas de politiqueu… c’est bien connu. Mais je fais bien volontiers de bons repas, Tchi-Tchi…

Ainsi, la semaine dernière, ce déjeuner a eu lieu. Le bon Peyuco, l’âme joyeuse, avait ainsi annoncé aux dix concernés :

– Nous mangerons des mets exquis, je vous le promets. Pour preuve, il n’y aura ni chips ni Château l’Hacienda à cette table !

Et de cette rencontre apaisée, est sorti un bilan optimiste, ainsi traduit par un convive : « Ce fut franc et loyal. On s’est dit les choses. C’était viril comme ambiance, mais on arrivera à s’entendre. » Et un autre de commenter : « Ce déjeuner marque une nouvelle époque. Celle où nous allons faire désormais de la politique en Pays Basque sans Brisson ni Lasserre. Le Pays Basque n’est plus à eux, nous leur avons repris les clés. Et là-dessus, nous sommes tous d’accord ! Comme une grande respiration dans la vie démocratique. »

 Ce dossier réglé, le lehendakari, de retour dans sa mairie, a fait venir en fin de journée  l’élégant Marco Amestoy, éminence grise et prestigieux  directeur de cabinet dans son bureau-à-la-moquette-toujours-pas-changée :

– Mon Marco, maintenant il est temps de me préoccuper des élections départementales de l’UDI du 4 juin prochain !

– Ah oui, évidemment, Sublime et Sublimissime penseur du Pays des Basques ! Toi qui en es le Président intérimaire par la volonté de Lagarde, à qui vas-tu laisser la place alors à la présidence de l’UDI ?

– A qui ? Eh bien à un homme que j’estime grandement. Un homme de projets et de progrès, un esprit lumineux, une belle et grande intelligence, un juste. Un Saint-Just même !

– Oh mais sublime échauguette des confluences du génie et de la stratégie, ce portrait correspond trait pour trait à toi !

– Eh bien, Mon Marco… Tu as trouvé !

– Oh j’en tremble de bonheur, en frémis d’émotion, en éclate de volupté et de joie.

– N’en fais pas trop quand même ! On dirait du Chipstarrak à qui l’on proposerait une nouvelle indemnité d’élu !

– Es-tu taquin Mon Maître !! Regarde mes menottes, elles ne sont point huileuses !

 Certes oui. Tiens je ne te connaissais pas cette cravate aux couleurs si chipsiennes…

– Je l’ai acquise chez Charvet pour célébrer la victoire du « Oui ». Mais dis-moi, Ponts du Génie et de Saint-Esprit réunis, pourquoi te présenter à cette présidence ?

 Eh bien pour quatre raisons. La première, c’est que  je suis le meilleur !

 Oui, je l’avoue.

 La seconde Bayrou ne doit plus avoir le monopole du centre dans ce département. J’aime bien François, mais cette situation n’a que trop duré…

– Oui et puis avec Ostia comme seul métayer, cela fait trop artisanal.

– On est bien d’accord ! Troisièmement parce que je serai le seul candidat, et que cela évitera des guerres fratricides dans la famille.

 Oui, on n’a pas besoin de cela ! Déjà la Durruty me donne assez de boutons avec ses malices.

– Enfin, le Président de l’UDI dans ce département, sera l’homme fort des législatives et des sénatoriales pour le centre et la droite en 2017. Il donnera les investitures !

– Voilà une stratégie que j’approuve. Tu me fais penser à mes belles années auprès d’Ostia, où j’appliquais MES stratégies de cet acabit, ce qui lui donnait la mine agricole et ravie. Oui, Glorieux Lehendakari, tout recommence ! Nous allons connaître, une fois encore, l’ivresse du vrai pouvoir. Tout recommence… Oh grande est ma joie ! TOUT RECOMMENCE ! je vais aller m’acheter une nouvelle cravate.

Et le Lehendakari, brusquement songeur et regardant par la fenêtre au-dessus de l’Adour la citadelle de Vauban, de murmurer :

 Vois-tu Mon Marco, dans cette affaire, il y a des moments où j’ai été bien seul… Le combat fut rude, ce qui rend la victoire plus belle. Moi, je savais le chemin. Je n’ai pas d’amertume, mais je garde dans la poche de ma veste une liste précieuse où j’ai inscrit, jour après jour, le nom de tous ceux qui ont voulu me tuer. J’ai du respect pour l’adversaire loyal et même brutal. Mais les fourbes, les traitres, les lâches me le paieront, si tel est mon bon plaisir. Certains, les mêmes évidemment, dès demain me parleront de mon triomphe et de ma gloire. Je ne les connais que trop bien ! Alors, je leur dirai ces mots de Sébastien le Preste de Vauban qui a bâti cette citadelle qui est là, intacte : « La véritable gloire ne vole pas comme le papillon ; elle ne s’acquiert que par des actions réelles et solides. Elle veut toujours remplir ses devoirs à la lettre. Son premier et véritable principe est la vérité…« 

Alors sans bruit, tel Louvois sachant s’éclipser quand Louis XIV demeurait solitaire dans ses songes, Marco quitta le cabinet de travail du futur Lehendakari, refermant avec mille précautions, et sans le moindre bruit  la porte capitonnée. Ainsi, Ma Chère, s’écrit aussi l’histoire politique et celles des hommes…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise. Et n’hésitez pas à lui écrire, à la féliciter ou à lui raconter vos petits secrets. Comme vous avez pu le constater, elle adore ça…

Moi, je ne fais pas de politiqueu…

Moi je ne fais pas de politiqueMa Toute Douce,

 L’endroit où il fallait être cette semaine, c’était bien à l’élection du nouveau Président de l’Agglo. Qui allait succéder à notre futur Lehendakari de Jean-René ?

On n’avait jamais vu foule aussi importante dans les rangées et sur les bancs des journalistes… Il faut dire que l’élection prévue jeudi avait déjà été décalée en raison de quelques problèmes juridiques. Fixée donc à ce lundi à 17h30, curieusement au même horaire que la réunion du Comité de pilotage de la gouvernance des élus du Pays Basque – ce qui était une jolie gaffe ! -, il a donc été décidé de décaler le Comité en question à 16 heures et l’élection du nouveau président d’une demi-heure. Tout le monde était donc présent à l’heure sauf le futur Lehendakari et ancien président… Allait-il venir ou pas ? Comme les grands acteurs, il se faisait attendre ! Eh hop, sourire aux lèvres, l’air aussi doux et amical que s’il ne retrouvait là que des amis et non des assassins, il est venu sagement s’assoir au milieu de ses quatre meurtriers…

Il faut bien dire que cette histoire est depuis le début une guerre psychologique, où la pression a monté, monté, monté… et où l’on continue de se faire quelques coups tordus avec de grands sourires. Un peu comme ce que me racontait ma vieille Eulalie : « Le Chinois qui a tué mon père s’est approché de lui tout souriant comme l’ami qu’il était. Quand il s’est penché pour l’embrasser, la main gauche posée sur l’épaule de mon père, la droite le poignardait d’un coup. »

Mais les quatre Chinois du Jean-René n’ont pas empêché ce dernier de continuer ses petites conversations avec son directeur de cabinet préféré qui, aujourd’hui, ne cumule plus ses fonctions avec celles de directeur de cabinet de l’Agglo. Mais Marco n’est pas un sentimental et commentait : « Ces quatre Chinois, je les réduirai en poudre au fond de mon pilon de marbre quand je dirigerai la Maison du Lehendakari dans son palais de granit basque et que les têtes tomberont les unes après les autres. Tous les traitres périront ainsi… Je tiens à jour la liste, élu par élu, service par service… »

Et dans le bureau du maire de Bayonne, le week-end dernier, la conversation allait bon train entre J-R et son directeur de cabinet, le Marco Amestoy, devenu du coup un demi-solde provisoire :

– Ô sublime image d’Epinal de mes rêves les plus fous. Ô gloire bouillonnante déjouant tous les complots. Ô illustre empereur de mon cœur, qui vont-ils élire comme ton successeur ?

– Successeur, dis-tu mon frêle Marco ?!!!

– Oh pardon sublime rayon de soleil de l’Adour et de la Nive réunis ! Ô Echauguette de la confluence de l’intelligence et de la stratégie ! Oui, pardon, personne n’est digne de te succéder. Ce ne sera qu’un USURPATEUR !

– Je préfère cela, mon croustillant et intriguant phénomène des coulisses de l’esprit. Tu sais, la bataille fait rage entre Veunac dans lequel j’ai autant confiance que dans l’Emprunt Russe et l’infernal Olive dont je me méfie comme la pibale du pêcheur… A mon avis, la lutte sera sanglante, mais de toute façon ils viendront unis devant le conseil. Et puis cette huile d’Olive est IMPITOYABLE !

Et ce qui s’est produit, puisqu’il n’y eut qu’un seul candidat, le maire d’Anglet, notre sémillant gaulliste pour lequel, vous et moi, avons de la tendresse, avouons-le. Il faut dire que nous qui l’avons connu gamin toujours souriant, puis militant de la première heure, lui chez qui on se levait quand le Général parlait à la télévision, mérite bien les bonheurs qui lui arrivent. Quel chemin tout de même ! Un vrai Bernadotte quand on y pense… Et comme me le disait le toujours aussi beau Pierre Lasterra, Claude Olive avait d’ailleurs les yeux quelque peu embués de larmes et rougis quand il a été proclamé nouveau Président.

Mais, cela ne veut pas dire que notre Claude Olive est une midinette. Bien loin de là même, car s’il a montré parfois ses émotions, il y a longtemps qu’il a comme devise la phrase célèbre de Georges Frêche, le défunt maire de Montpellier et Président de la région Languedoc-Roussillon : « Moi d’abord je tue, après je pleure« .

D’ailleurs notre petit Claude est considéré désormais comme le « parrain » de la Côte, voire du Pays Basque. Et il fait dire que ses méthodes et son discours ont de quoi amuser de vieilles femmes comme nous.

Ainsi dit-il dans les dîners à ses convives, avec un accent qui nous rappelle un peu nos amis corses : « Moi, je ne fais pas de politiqueu… Tchi-Tchi. Moi je ne m’occupe que de la Familleu ! »

A l’en croire, on pourrait même prétendre qu’il est presque retiré de la vie politique. Sauf qu’au Pays Basque, à droite, rien ne peut se faire sans venir lui demander son adoubement.

D’ailleurs notre jolie Sylvie Durruty, notre Ford des Halles, qui veut l’investiture aux prochaines législatives, sait que tout passe par une visite chez le parrain. Ainsi était-il installé sous un pin dans une confortable chaise longue, quand notre Bayonnaise, entre deux voyages au Québec, où Céline Dion lui donne des leçons de chant, est venue lui demander sa protection :

– A c’est toi, Sylvieu… Approche, Tchi-Tchi, ma belle et robusteu…

– Oh bonjour Cher Parrain.

– Bonjour ma belleu… Qu’est-ce qui t’amèneu… Tchi-Tchi.

– Oh, je viens te voir pour te parler de l’avenir. Je me permets de te déranger…

– Tu ne me déranges pas Sylvie… Je bois ma citronnadeu. Et j’en profite pour nettoyer un peu mon canifeu…

– Oh mais je vois, Cher Parrain, que la lame est un peu rouge, non ?

 Oui c’est vraieu Tchi-Tchi. C’est le Jean René… Le pauvreu qui a glissé à l’ACBA sur la lameu… Il s’est un peu blessé quand la lameu est entrée dans le cœureu… Mais rien de graveu… Mais dis-moi ma pouletteu, pourquoi viens-tu me voir un dimancheu… Le Ugaldeu te ferait des misères ou ce serait le gros Philippe Neilseu qui te ferait de l’ombreu. Tu veux que je le metteu au régime au fond du port de Bayonne celui-là ?

– Non, non ! Le Philippe s’amuse bien avec son CNPF. Ca lui va très bien pour le moment. Le CNPF et des bons coups de Rioja avec le Francis lui font la vie belle.

– Ah bon alors je ne m’inquièteu pas…

– En fait, je viens te voir pour savoir si je peux espérer avoir ta bénédiction pour être candidate dans la cinquième aux prochaines législatives ?

– Oh moi tu sais, je suis retiré du mondeu Tchi-Tchi. Je ne fais plus de politiqueu…

– Mais tu as quand même bien décapsulé la Chips, le gros Maxou !

– Oh la Chipseu s’est pendu tout seuleu. C’est vrai que je lui ai payé la cordeu pour faire un geste. Mais tu sais…  Dans la cinquième, vous ferez ce que vous voulez. Moi je ne fais pas de politiqueu…

– Ah !?

– Allez, viens tout de même me baiser la bagueu. ça te portera bonheur. Et je vais te donner une petite claqueu sur la joue Tchi-Tchi. Allez voilà ma fille, tu as ma bénédiction.

– Oh Merci Parrain !

Tout cela nous prouve bien que toutes les cartes sont redistribuées ces temps-ci et que les semaines et les mois à venir ne vont pas manquer de nous distraire.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

 

Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous pouvez recevoir chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr.

La Marquise adore les têtes coupées

 

Saint Le-onVoilà qui devait arriver avec un gouvernement de gauche qui mène une politique de droite! La Marquise de Vérité finit par devenir révolutionnaire et se réjouit cette semaine de voir la tête du président de l’ACBA rouler dans le panier de son. En attendant, plaisir suprême, qu’on lui remette celle du patron de La Semaine du Pays basque. Comme un millier d’entre vous, vous pouvez recevoir chaque semaine, par mail, les lettres de la marquise, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr.

Le martyr de Saint-Léon Etchegaray

Ma Toute Douce,

La démission de Ché de la présidence de l’Agglo aurait pu ramener la double dose de chips à notre Chipstarrak en d’autres temps ! C’est ce que raconte cet élu d’une municipalité membre de l’agglo dans une conversation au lendemain des aventures du Lehendakari-jaune : « La Chips, au lendemain de son effroyable échec à la mairie de Biarritz en 2014 aurait déjà presque pu être président de l’Agglo, car il en avait été élu conseiller malgré sa défaite. Certains, dont son ami de l’époque Claude Olive, avaient en effet envisagé la possibilité que le Max Brisson avec les voix des UMPistes de l’époque, accède à cette présidence. Mais le J-R étant aussi candidat – et on voulait lui faire plaisir à l’époque – la chose ne s’était pas faite. Et s’il n’avait pas déconné en devenant un pro-EPCI, lui le soi-disant gaulliste, et n’avait pas léché la nouille à Batera du soir au matin, s’il n’avait pas ridiculisé son image aux élections régionales, s’il n’avait pas semé la zizanie chez les Républicains, enfin s’il avait été bon, cette fois on aurait pu lui refiler cette présidence, dans quelques jours, et le pognon qui va avec! » Et une élue importante des Républicains, hilare, de me confier l’autre jour sous les arceaux de Bayonne :« Oui, on lui aurait même dit avec plaisir : Oui, tu seras Président de là… gros ! »

Tout cela, ma toute Douce, est un peu trivial. Mais je dois vous dire que j’en ai bien ri… Avec l’âge, nous devenons cruelles, que voulez-vous ! Toutefois, nous ne faisons pas encore brûler en place de Grève (de la faim…) l’effigie de notre Chips, comme ce pauvre évêque de Bayonne l’autre jour à Saint-Jean-de-Luz ! L’évêque de Bayonne qui a le feu aux fesses, qui l’aurait dit ?

Pour en revenir à notre Chips, le laquais servile d’Ostia qui n’aime pas les pauvres (il ne faut pourtant pas insulter son propre avenir…), j’ai eu quelques nouvelles parisiennes assez insistantes quant à son avenir qui ne font que corroborer ce que ce membre influent d’un cabinet m’a expliqué cette semaine : « Le gros est sous tente à oxygène. Et le robinet est à notre portée. C’est nous qui contrôlons. Et comme nous, on n’aime pas voir souffrir les gens, on pourrait vite mettre fin à ses souffrances ! » Et un autre, encore plus flingueur de rajouter : « Oh, de toute façon, les bouteilles d’oxygène sont vides ! C’est la fin. »

Car figurez-vous, et malgré ce que l’on a pu lui dire lors de son dernier déplacement à Paris, les jours de la Chips semblent plus comptés que jamais en tant que secrétaire départemental des Républicains. Et le nom de son successeur, un jeune et sémillant élu du département, est déjà choisi pour lui succéder. C’est une question de jours dit-on, voire de courtes semaines. Et comme par hasard, notre jolie MAM, qui a fait un score très honorable de 45% des voix face au candidat de Sarkozy (Luc Chatel) à l’élection à la présidence du parlement des Républicains, n’aurait pas mis toutes ses forces pour sauver la Chips et lui laisser continuer à assassiner les bonnes volontés dans le parti. Elle aurait même confié à une de ses connaissances dans un salon de thé luzien l’autre week-end : « Je ne le supporte pas ! Il met des miettes partout dans ma voiture et postillonne sur mes vitres, ce qui oblige mes officiers de sécurité à avoir toujours de l’Ajax Vitres avec eux ! Un peu d’élégance au secrétariat départemental, qui rime avec compétence, ne ferait pas de mal ! » Oui, bientôt, notre gros, poupon aura tout son temps à consacrer à ruiner les pauvres avec son ami Ostia, dont je vous conterai quelques nouvelles aventures savoureuses dès la semaine prochaine…

Pour en revenir à la démission de notre saint Léon Etchegaray, le joli nom qu’on lui donne, depuis que ces vikings de la bande des quatre lui ont coupé la tête – ce qui ne l’empêche pas de continuer à  marcher – , je me suis renseignée, justement, sur la légende du martyr de saint Léon. On en dit ceci : « Selon la légende, Léon a marché plusieurs centaines de mètres tenant sa propre tête dans les mains, et à l’endroit de sa chute a jailli une source, dont l’eau a des vertus bienfaisantes pour les femmes prêtes à accoucher et pour soigner des maladies des yeux. »

Ce qui a épaté notre joli Marco Amestoy, le bondissant directeur de cabinet du Ché :

– Oh illustre illustré de ma jeunesse. Oh cadeau Bonux des Basques des terres les plus reculées, tu as vu ça ? Tu es devenu un saint parmi les saints, même si je ne comprends pas trop le rapport entre toi, les femmes enceintes et les aveugles, Grand Mamamouchi d’un peuple si fier d’être fier…

– Mais c’est simple Mon Marco-voiturage ! « A jailli une source », cela veut dire qu’après que les arriérés m’ont coupé la tête et alors que je marche toujours, jaillit la source pure du grand Pays Basque, dont je serai le plus grand des rois après Eneko Arista. « Vertus bienfaisantes pour les femmes prêtes à accoucher », c’est une parabole. Le Pays des Basques est prêt à accoucher d’une belle EPCI, et grâce à mon sacrifice cela se fera… Et en enfin « soigner des maladies des yeux », veut dire qu’à tous les partisans des arriérés, aveuglés par leur méprisable discours, je redonnerai la vue. Oui, saint Léon Etchegaray a parlé…

De quoi émouvoir le petit Marco – âme sensible – qui est tombé à genoux devant son maître au moment où une sainte auréole éclairait le bureau du maire Bayonne…

Du coup, j’ai su que notre Etché a joué, toute la journée de l’autre jeudi, jour de sa démission, les filles de l’air. Le matin, il avait vu les quatre maires pour mettre au point son communiqué de démission. Ils se mettent donc  d’accord et le communiqué devait être envoyé à midi. Et puis RIEN. Les quatre commencent à s’impatienter, et voilà qu’ils appellent le Ché, puis son directeur de cabinet. Pas de réponse… et messagerie vocale chez les deux compères !

On s’énerve, on s’énerve… Et on téléphone au secrétariat privé du maire à Bayonne. L’assistance, redoutable comme une porte de prison de dire : « Nous ne savons pas où est le maire de Bayonne ! Il a disparu, voilà ! Arrêtez de nous importuner avec vos histoires de communiqué ! Il le signera lundi… si le cœur lui en dit. »

Le ton monte vite et chez la bande des quatre on commente : « Mais c’est quoi ce type ! Il se prend pour le général ! Il est parti en hélico avec Marco à Baden-Baden ou quoi? »

Et là, on a l’idée de téléphoner à un membre des Républicains présent à la mairie de Bayonne : « Alors le Ché a disparu ? On le cherche partout !! » Et de s’entendre répondre : « Disparu !!! Non, il est en train de prendre le thé avec Marco dans son bureau et ils regardent un catalogue de cravates de chez Charvet ». Du coup, la bande des quatre a missionné un envoyé spécial, jouant à cache-cache avec les huissiers de la mairie de Bayonne pour accéder jusqu’au bureau du maire de Bayonne qui l’a accueilli avec ses grand yeux d’enfant innocent et qui lui a dit : « Ah, vous avez essayé de me téléphoner, AH BON ???  Je ne sais pas moi, mon téléphone ne doit pas bien fonctionner. Ah Marco, tu as oublié le tien à Mac-Do ? Pas de chance ! »

Enfin, maintenant, il faut trouver un successeur au Ché. Et s’il est certain que l’élégant maire de Biarritz va assurer l’intérim, on murmure de plus en plus que l’un des adjoints du « Patron » de  la Côte – notre Cher Claude Olive – qui n’est autre que l’ancien et très impressionnant préfet et très Laflaquière pourrait faire le job… De quoi faire sourire le futur Lenhendakari qui en dit la chose suivante : « Lui, c’est une sorte de paire de bottes droites dans ses propres bottes ! »

 Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

 

La Marquise en pince pour Che Garay

La Marquise et Che Garay« Bisque, bisque, basque! » qui ne désespère pas de voir un jour la Marquise de Vérité pendre le propriétaire de La Semaine avec les tripes du premier évêque venu, se fait un plaisir de publier ses lettres, si délicieusement inspirées par Jean-Philippe Ségot. D’autant plus que cette semaine, la Marquise tombe en pamoison devant le révolutionnaire bayonnais Che Garay. N’hésitez pas à soutenir une presse libre et impertinente et le noble combat de la marquise de Vérité, en envoyant un mail à herculepoirot@hotmail.fr et vous pourrez recevoir gratuitement et automatiquement sa prose, chaque semaine.

La bande des quatre sort l’arme nucléaire !

Ma Toute Douce,

J’en tremble encore en vous écrivant cette lettre ! Notre joli futur Lendakari, l’élégant maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, vient de démissionner de son poste de Président de l’Agglomération ! Quelle histoire, mais quelle histoire ! Si j’étais bide-au-chaud comme qui vous savez, je vous dirais même « Ostia de ostia de ostia !« 

Figurez-vous que j’avais appris qu’en toute fin de semaine dernière, les maires d’Anglet, de Biarritz, de Bidart et de Boucau, tous vice-présidents de l’Agglomération, avaient décidé de passer à la vitesse très supérieure en expliquant dans un climat pas spécialement des plus tendres – on l’imagine – à notre futur Lehendakari de Jean-René, au cours d’une réunion top secrète, que s’il maintenait sa position de pro-EPCI envers et contre tous, eh bien ils arrivaient au constat TERRIBLE qu’il ne pouvait pas continuer à prétendre présider plus longtemps l’Agglomération toute puissante ! Le compte à rebours semblait bien lancé !

De la pure logique pour eux qui expliquaient alors à quelques proches : « Même si le vote de l’Agglomération n’était que consultatif, on a tout de même voté ! Et le Etché a été mis largement en minorité. A Bayonne, il a réussi à avoir une majorité de voix en faveur de son EPCI, mais à l’Agglo il ne doit pas oublier que c’est nous qui avons la majorité CONTRE l’EPCI et du coup CONTRE LUI !« 

Il faut dire que notre joli Lehendakari expliquait pourtant à son fidèle Marco-pilote ce qu’il retenait comme analyse de ce vote consultatif, il y a quelques semaines de cela : « Tu comprends Mon Marco-co, ils peuvent bien s’agiter, s’énerver, râler, fulminer, ronchonner, ce vote à l’Agglo n’a aucune importance, puisque seules les voix des conseils municipaux compteront. Il y a de la logique dans tout ça ! Puisqu’ils ont voté NON comme des arriérés dans leurs mairies, eux évidemment en tant que conseillers d’Agglo ils votent NON ici aussi. Et alors, je vais te dire mon Marco, ça me fait une belle jambe tout ça ! On verra s’ils vont tenter le putsch contre moi !« 

Et le Marco de commenter : « Oh ! Tu es courageux Oh Mon Splendide Spectre Lumineux de l’Âme de tout un Peuple noble et fier ! Car, vois-tu, s’ils tentent le putsch, tu seras sur le moment peut être une citrouille, mais d’où sortira très vite une superbe Cendrillon !« 

Cette dernière réplique, Ma Chère Thérèse-Marie, laissa un instant notre joli Jean-René quelque peu surpris, même s’il a entendu bien des choses curieuses dans sa vie. Mais nous le savons, nous qui sommes des grands-mères attentives, que le petit Marco garde encore des références liées à l’univers magique des contes de fée, lui qui a cru longtemps et longtemps que le sublime potiron de Bidache pourrait un jour se transformer en un être plein de délicatesse et de subtilité, d’un simple coup de baguette magique par la formule toute aussi magique : « Abracadabra d’ostia de ostia et de la Noiraude réunis ! Sors de ce potiron et devient un génie lunaire et spectaculaire ! » Mais rien n’y fit et notre potiron resta tout confit.
Enfin, tout cela pour vous dire que la crise est devenue bien réelle, même si en avocat au sang aussi froid que l’Adour en période de fonte des neiges, notre Che-Garay, analyse désormais les choses ainsi : « Oui, ils ont durci le ton ! Mais je ne veux pas plier. Je reste droit dans mes bottes comme un Juppé-père ! Ah, si l’on m’a présenté comme un plat de nouilles pendant les municipales, et aussi comme un tout mou, eh bien moi je leur dis que je suis bien plus dur qu’ils ne le pensent. Et je garde intacte mon image de futur lehendakari, être de courage et de sacrifice !« 

Et le petit Marco quelque peu choqué de ce séisme – et qui probablement ne sera plus directeur de cabinet de son maire préféré à l’Agglo en solidarité avec son maître – vit alors son maître, en ce sinistre jeudi soir, revêtir son costume de torero et déclarer l’épée en main, et son communiqué de démission dans l’autre : « En résumé. Ils ont voulu me faire chier ! Mais ils vont voir que les beignes, moi aussi, je sais en distribuer et des sévères ! »

Un avis partagé par la Coco-au-JR, alias Colette Capdevielle, qui avec sa copine la redoutable Fredoche Espagnac, sont des partisantes inconditionnelles de l’EPCI. Au point que Colette expliquait avec force depuis quelques jours à tous ses visiteurs la chose suivante : « Cette affaire de l’EPCI, cette cabale contre le Ché-Garay, me rapproche de lui. Car, tous les deux, nous avons un point commun. Nous sommes des anciens avocats qui ne sont jamais aussi bons que quand le procureur fait un réquisitoire impitoyable. Au lieu de nous mettre par terre, nous démultiplions nos forces et notre talent. L’épreuve nous rend EXCEPTIONNELS. Le Etché ne cédera sur rien, RIEN. Pas le genre à mettre un genou à terre. Et moi, ce maire de Bayonne, je commence à le trouver vraiment bon aussi bien à Bayonne, que demain bon à la tête de l’EPCI ! Vous allez voir, son image grandira bien au-delà de la droite et du centre. Il sera aussi une sorte de saint laïque d’une partie de la gauche ! »

Du côté de la bande des quatre, on n’analyse pas la chose de la même façon, vous, l’imaginez bien :  » Il fallait que le J-R soit cohérent. Son EPCI, c’est la mort programmée de notre Agglo à nous au 31 décembre de cette année. Du moins si les communes votent OUI dans quelques semaines, ce qui n’est pas gagné pour le Ché. Car de plus en plus d’élus comprennent que nous allons être tous baisés dans cette affaire, surtout en matière de fiscalité. Donc il était logique qu’il en tire les conclusions et qu’il se casse de l’Agglo ! De toute façon, au moment de voter le budget, on pouvait le niquer et on l’aurait fait ! C’est tout !« 

Du coup, au plus haut sommet de l’Etat, on se dit ceci : « Nous avons mis depuis des semaines en place une vraie cellule de soutien psychologique au maire de Bayonne. On a étudié toutes les hypothèses, y compris celles des pires trahisons de certains des élus. A l’Agglo, comme à la Mairie. Pour oser le dégager de la mairie, il faudrait que se noue une redoutable alliance entre conseillers de la majorité favorable au non et l’opposition pour arriver à le dézinguer ! Cela paraît impossible à mettre en place. Le tout, après cette affaire, c’est qu’il tienne comme le roseau sous la tempête et se replie à la manœuvre sur sa présidence du Conseil des Élus.« 

L’affaire est donc sérieuse et la bande des quatre a mis toutes ses forces dans ce combat. C’est le maire de Biarritz en personne qui a pris le porte-parolat de l’affaire et ce garçon si bien élevé et si redoutable dans l’expression orale semble pouvoir ramener des puissantes personnalités à leur cause. Et du coup, toujours dans les plus hauts sommets, on redoute maintenant que certains élus et conseils qui avaient voté pour le oui, puissent changer d’avis devant les arguments du quatuor : « On sent bien que ça bouge chez certains. Notamment un élu comme Paul Baudry, le maire de Bassu et président d’Errobi, pourrait basculer vers les partisans du non. Et s’il entraine le maire de Cambo et quelques autres, alors ça peut être la CATASTROPHE !« 

Voilà donc où nous en sommes, ma Douce Amie, dans ce dossier qui devrait connaître bien d’autres rebondissements dans les semaines à venir. Il faudra notamment élire le nouveau président de l’Agglo. On parle aussi bien de Michel Veunac que du « Patron » de la Côte, l’excellent Claude Olive, pour lui succéder. Et les partisans du NON, membres de la bande des quatre, disent d’un ton ironique : « Même s’il arrive à obtenir le OUI, qu’il se méfie de ce qui va se passer par la suite ! Qu’est-ce qui dit qu’il sera élu Lehendakari une fois le machin en marche ? N’oublions pas que ce sont les Basques de l’intérieur qui auront la majorité absolue des voix. Et ils mettront l’un des leurs à la présidence, vous verrez !« 

Voilà ce que je peux écrire de cette terrible affaire qui me donne bien des insomnies, moi qui suis une vieille aristocrate qui craint plus que tout les révoltes qui se transforment, souvent en Révolution !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de vérité

Cité de l’océan : les Biarrots vont encore payer

Cité de l'océan

400 000 € vont encore être engloutis par la Ville pour tenter d’attirer quelques visiteurs-fantôme, qui vont repartir en hurlant qu’on ne les y reprendra plus…

Veunac plus fort que Blanco! Alors que l’ancien meilleur arrière du monde n’a finalement pas convaincu les Bayonnais de venir mettre au pot pour son cher BO, le gendre idéal qui dirige Biarritz vient de réussir un fort joli fric-frac à l’Agglomération, après avoir cajolé ses collègues et permis à Jean-René Etchegaray de prendre pied au Conseil des élus du Pays basque, comme Bisque, bisque, Basque! l’a raconté le 27 mai dernier.

Les Bayonnais, mais aussi les habitants d’Anglet, de Bidart et de Boucau, vont donc être tout à fait ravis d’apprendre que leurs impôts vont servir à boucher le trou sans fin de la Cité de l’Océan, à hauteur de 400 000€. Ce symbole absolu des dépenses somptueusement bêtes de la ville de Biarritz, Didier Borotra l’avait voulu seul contre tous et on ne voit pas bien pourquoi les habitants de l’Agglomération doivent désormais payer pour les lubies du monarque déchu et un équipement pseudo-culturel spécifiquement biarrot… Mais les maires, très occupés par leurs petites stratégies personnelles, ont décidé, en contribuant partiellement à une recapitalisation d’un montant prévu de 1,6 million d’euros, de venir en aide à ce pauvre Michel Veunac qui sait si bien tendre la main et faire pleurer l’auditoire quand il évoque sa Cité naufragée.

Borotra décide, les Bayonnais (et les autres) paient

Bêtement, on s’imaginait que le rôle d’une agglomération consistait à mutualiser le ramassage des ordures ménagères ou à organiser le transport scolaire pour générer des économies bénéfiques à tous, mais visiblement nos élus ceints de tricolore en ont décidé autrement. Quant à la préfecture, interrogée par nos soins sur cette étrange utilisation de l’argent public, elle affirme ne rien trouver à redire à ce gaspillage, puisque « le développement économique fait partie des attributions de l’Agglomération« . Il n’est pas prêt de sortir du marasme, le Pays basque, avec de tels investissements!

Poursuivant sa quête désespérée de fonds, Michel Veunac s’est aussi tourné vers la Région. Et, voyez, comme ça tombe bien, Alain Rousset vient de se souvenir que des élections régionales allaient avoir lieu et que l’aide du MoDem pouvait lui permettre de conserver son trône. Il ira donc de sa consistante obole. Ajoutez un petit peu d’argent de poche du Conseil départemental, où sévit le terrifiant opposant à Veunac, Max Brisson, toujours présent sauf les jours de chutes de neige, et l’on approche de la recapitalisation de 1,6 million d’€ souhaitée par notre grand communicant. Pour faire chic, Michel Veunac avait aussi évoqué une participation de Suez et de la Caisse des Dépôts, mais elle ne semble plus d’actualité. C’est bien de l’argent public et uniquement de l’argent public qui va être jeté dans ce puits sans fond qu’est la Cité de l’Océan.

Et pan! 400 000 € à sortir pour les Biarrots

Mais les Biarrots auraient bien tort de sourire des malheurs de leurs voisins, car eux aussi vont mettre la main à la poche, et pas qu’un peu! Comme Tsipras face à ses créanciers européens, Michel Veunac a été prié de participer à l’effort collectif pour sauver la Cité de la noyade.

Si nos informations sont bonnes, lors du prochain conseil municipal du 23 juillet, le bon Michel va expliquer son plan de relance et demander à sa majorité et à ceux de son opposition qui ne trouvent rien à redire sur sa gestion, de voter une subvention de 400 000 €. Compte tenu de la situation financière actuelle, et de l’endettement de la Ville (lire l’analyse de Jean-Benoît Saint-Cricq dans l’impertinent déchaîné), c’est une vraie folie, mais ce n’est pas le genre de détails susceptible d’arrêter les deux rois de la planche à billets que sont Veunac et Lafite.

Veunac persiste dans les attractions des années cinquante

réalité virtuelle

Le problème de Veunac et Lafite, c’est qu’ils ne quittent jamais leurs casques de réalité virtuelle et refusent de voir que la Cité de l’océan, telle qu’elle est conçue, est vouée à l’échec.

Lors du dernier conseil municipal du 17 juin, le débat sur la Cité de l’Océan a complètement été occulté par la subvention d’1,5 million d’€ versée aux BO. Pourtant, François Amigorena, qui se lâche beaucoup plus depuis qu’il s’est fait retirer ses délégations d’adjoint, a tenu des propos fort intéressants sur le sujet, rappelant que le déficit s’élève à 682 000 € pour l’exercice 2013 et 597 000 € en 2014 : « Dans ces conditions, les 1,6 millions de recapitalisation seront consommés en deux ans, au rythme des pertes actuelles » François Amigorena enfonce ensuite le clou sur l’affligeant contenu proposé au public : « Nous sommes en 2015. Un Français sur trois possède une tablette numérique. Inutile donc, de compter les séduire avec des animations sorties d’un film de science-fiction des années cinquante » . Et il fustige par avance l’attraction sur laquelle compte Michel Veunac pour faire enfin entrer les visiteurs : « Les casques de réalité virtuelle, qui serviront à la dimension surf, seront disponibles auprès du grand public, début 2016, pour un prix compris entre 400 et 500 €, prix qui va baisser très vite ».  Avec un peu de chance, Biarritz va réussir à attirer trois visiteurs en deux jours avant que cette attraction ne soit périmée.

 Nous voilà loin des incantations de Michel Veunac « Je vais vous faire aimer la Cité de l’océan ». Une fois de plus, jeudi prochain, les Biarrots vont voir leur argent s’évaporer dans un projet voué à l’échec, tant qu’il ne sera pas totalement repensé… Mais si Veunac avait des idées originales, ou même des idées tout simplement, il y a bien quelqu’un dans cette ville qui s’en serait aperçu.

Quand Borotra soignait l’addition  à plaisir

Le monde des spécialistes des aquariums est étroit et tout finit par se savoir. Les entrepreneurs qui ont postulé au réaménagement du Musée de la Mer en 2008, ne sont toujours pas revenus des négociations qu’ils ont menées avec l’ancien maire de Biarritz et ils en parlent encore. Quand ils présentaient un devis, Didier leur répondait : « Ce n’est pas assez cher! ». Le grand bâtisseur visionnaire était bien décidé à laisser à ses successeurs l’addition à payer pour le Musée de la Mer et la Cité de l’Océan, en souscrivant un partenariat public-privé (PPP). Pour justifier la manœuvre, jugée par la suite illégale, il fallait bien que la somme dépensée soit rondelette. Et on s’étonne maintenant de l’état des Finances de la Ville!