Une candidature tellement évidente

Avec un bilan aussi somptueux lors de son premier mandat, Michel Veunac ne pouvait que se représenter. Pour le plus grand bonheur des Biarrots.

Michel Veunac, un grand visionnaire pour Biarritz.

Farfelus candidats de l’opposition, blogueurs à la petite semaine, râleurs en tous genres, passez votre chemin et allez ronchonner dans votre coin. La prochaine élection municipale se joue désormais dans la cour des grands. Sans surprise Michel Veunac a annoncé ce matin qu’il se présentait pour un prochain mandat. Une candidature attendue avec soulagement par les Biarrots et qui va transformer en simple formalité l’élection du 15 mars 2020. En effet, il est évident qu’un maire sortant d’une telle qualité ne peut qu’être réélu triomphalement dès le premier tour.

UN HOMME EN PLEINE FORME PHYSIQUE ET INTELLECTUELLE

Qui a vu Michel Veunac, devant la mairie, descendre de sa voiture soutenu par son épouse, sait à quel point notre maire est fringant. En 2020, Michel Veunac n’aura que 74 ans et dans l’état de fraîcheur physique où il est, c’est avec allégresse qu’il va boucler le prochain mandat en fêtant ses 80 printemps. D’autant plus que Michel Veunac a un rêve secret : battre le record de Didier Borotra et réussir à rester plus de 23 ans à la tête de la Ville. Que toutes les mémés amoureuses du « beau Michel », que tous les ignorants de la vie publique bluffés par sa gestion pleine de créativité se rassurent : notre grand timonier a bien l’intention de tenir fermement la barre au moins jusqu’à 2037 !

Et d’abord comment pourrait-on envisager de se séparer d’un homme capable de citer Talleyrand dans le texte à chaque conseil municipal ou presque : « Tout ce qui est excessif est insignifiant » ? Là encore, seuls les esprits chagrins vont s’imaginer que Michel Veunac radote, alors qu’il fait preuve d’une admirable pédagogie en répétant aux buses de l’opposition son adage favori. De la même façon, c’est pour se mettre à la portée des Arosteguy, Motsch, Amigorena ou Chazouillères, ces trublions du conseil qui ne pensent qu’à se faire remarquer, que notre maire utilise des phrases simples truffées de banalités ou qu’il fait semblant de ne pas avoir les réponses aux questions et se tourner vers Christophe Landrin quand on lui demande si le contrat de Streeteo a été renouvelé.

UN GRAND LEADER CHARISMATIQUE

On peut penser ce qu’on veut de Didier Borotra, mais sous son règne, il n’y avait jamais un mot plus haut que l’autre à la mairie. Depuis 2014, le dévoué personnel municipal a l’impression de vivre en permanence dans une pièce de Feydeau où les portes claquent et où les injures volent bas. La liste présentée par Veunac en 2014, liste où se trouvaient des talents certains, n’aura fait illusion que quelques semaines ; « On devrait installer un monument funéraire dans le hall de la mairie, s’amuse sous couvert d’anonymat un fin connaisseur de la vie locale.  Entre les adjoints démissionnaires, ceux qui ont pris leurs distances et ceux qui ne sont plus en phase avec le maire, la liste des « Morts pour Biarritz » est impressionnante ».  D’autant plus que le peintre chargé d’inscrire les noms sur le monument aux morts va avoir du travail, puisque d’autres ralliements aux candidats de l’opposition vont arriver dans les semaines qui viennent. Enfin que penser de ces opposants qui ont trouvé soudain toutes les qualités au maire, en attendant qu’on leur accorde un strapontin sur la future liste électorale, qui va certainement être baptisée « liste naphtaline » au vu de l’âge canonique de ceux qui y postulent ?

UN GROS MALIN QUI NOUS PREND POUR DES IMBÉCILES

Courageux mais pas téméraire, Michel Veunac a annulé ce jour la conférence de presse prévue au « Petit bijou », un terme tout à fait adapté à son triomphal mandat, pour se contenter d’entretiens particuliers avec des journalistes « choisis ». Astucieusement, Mimi-la-Malice se garde bien de citer les noms de ses soutiens, se contentant de promettre à Sud Ouest (10/10) « un large rassemblement faisant une place importante à des acteurs de la société civile et aux jeunes générations« , mais il montre le bout de l’oreille quand il affirme « Je ne suis pas dans le sensationnalisme mais ça viendra ».

Veunac est suffisamment habile pour avoir trois ou quatre fers au feu en même temps et pour dire à chacun ce qu’il souhaite entendre. Le maire n’a pas oublié qu’Emmanuel Macron, malgré sa cour effrénée, s’est bien gardé de citer son nom pendant le G7, ce qui ne témoigne pas d’une adulation absolue du président pour le maire local.

Selon des proches du maire, le scénario serait le suivant : Notre-maire-rien-qu’à-nous que-le-monde-entier-nous-envie ne fait pas campagne jusqu’à la fin de l’année, ni n’annonce un quelconque soutien, se contentant de dire qu’il est « trop occupé en tant que maire ». Veunac a l’intention de mettre à profit cette période pour continuer à faire les yeux doux à la LRM et surtout pour convaincre Jean-Baptiste Lemoyne d’accepter le poste de numéro 3 de sa liste. Parallèlement à cette tentative de drague éhontée à laquelle Lemoyne ne serait pas insensible car Veunac lui a fait miroiter de lui céder son poste en cours de mandat, Veunac va tout faire pour que Guy Lafite ne se représente pas. Ce qui lui permettrait de charger son adjoint aux Finances pendant toute la campagne en le rendant responsable de tous les mauvais choix faits par la Ville. Reste enfin le cas de Max Brisson que Veunac rêve d’incorporer à sa liste. Max, qui craint pour son poste de sénateur, a tellement louvoyé depuis 2014 que tout paraît possible.

Et Biarritz dans tout cela ? Si l’actuel maire s’intéressait aux Biarrots, il y a bien quelqu’un qui aurait fini par s’en apercevoir. Ce n’est à l’évidence pas le cas, et ce sera encore moins le cas dans le prochain mandat…

… Alors vous savez tous ce qu’il vous reste à faire. En mars 2020, donnez un plein temps de liberté à Veunac pour qu’il s’occupe enfin de ses petits-enfants.

 

Le carnet de rugby d’un Angloy au Japon

De père anglais et de mère japonaise, Max Tomlinson a pu assister aux premiers matches de la Coupe du monde de rugby.

Max (au deuxième plan) est totalement épaté par l’ambiance qui règne au Toshiba Stadium.

C’est dans l’avion me transportant de Hong Kong à Tokyo après une petite escale de trois heures, que je réalise que la « rugbymania » va bientôt déferler sur le Japon. Non loin de moi se trouve un homme vêtu d’un survêtement « Canada Rugby« , avec un gabarit plutôt imposant. Je reconnaîtrai son visage deux semaines plus tard en ouvrant par hasard un vieux numéro de L’Équipe. Ce « beau bébé », c’est Benoît Piffero, l’un des talonneurs du Canada avec plus de 20 sélections.

Le lendemain après avoir passé une nuit à Yokohama dans la partie sud de Tokyo, un ami et moi décidons de faire un tour dans le quartier chinois non loin de l’hôtel, avant de prendre un autre avion vers Okinawa. En marchant devant un petit restaurant chinois, j’ai alors la chance de croiser un autre visage du rugby mais cette fois-ci beaucoup plus célèbre. L’homme est vêtu d’un sobre costume noir décoré d’une petite fougère argentée au niveau de son torse avec écrit « All Blacks » juste en dessous. Ce gentleman est en fait le cerveau de l’équipe gagnante des deux précédentes coupes du monde (2011, 2015), Monsieur Steve Hansen ! Et non, il n’est pas occupé à descendre des bières mais en train d’enchaîner les interviews avec la presse.

Quelques jours plus tard, je me retrouve dans un pub anglais, dans ma ville natale de Toyohashi, pour regarder Japon-Russie, le match d’ouverture.

Ce pub a aussi été choisi par un groupe de banquiers qui ont décidé de regarder le match après une longue journée de travail à la japonaise pour décompresser. Tous sont très enthousiastes avec leurs verres de gin tonic a la main, même s’ils ne comprennent pas très bien les règles. Après comment leur en vouloir de ne pas bien maîtriser les règles quand d’anciens internationaux anglais comme James Haskell ou Dylan Hartley ont démontré lors d’un match contre les Italiens en 2017 où ces derniers avaient décidé de ne pas jouer les rucks, qu’ils avaient eux-mêmes de sérieuses carences ?

Le début du match est intense, avec les Japonais concédant un essai dès les premières minutes. Les spectateurs ressentent que les Japonais ont une grosse pression sur leurs épaules, surtout après leurs exploits durant la coupe du monde 2015 ! Mais juste avant la mi-temps les Japonais reviennent dans le match avec un essai marqué par l’ailier Matsushima qui leur permet de passer devant 12 à 7. En deuxième mi-temps les Japonais déroulent en marquant d’autres essais et s’imposent sur un score final de 30 à 10.

Rien ne pouvait mieux lancer la Coupe du Monde que ce résultat. Le rugby entre petit à petit dans les mœurs des Japonais, avec les parents qui regardent les matches chez eux sur une chaîne grand public (NHK tv), d’autres comme en France sur des chaines câblés (J sport), tandis que les plus jeunes préfèrent vivre le match ensemble au pub. La victoire, superbe et inattendue du Japon contre l’Irlande, va encore accroître l’engouement. Pour preuve : le chiffre de 1,8 millions de billets vendus, qui était annoncé comme presque irréalisable, est déjà atteint à mi Coupe du Monde.

Au tag rugby, les enfants Japonais ridiculisent par leur vivacité les moniteurs qui sont censés leur apprendre le jeu.

Trois jours après le match d’ouverture, je me dirige vers le Toyota Stadium avec en poche un billet pour le match entre les Pays de Galles et la Géorgie, un cadeau qui m’a été offert par mon bon vieux père pour mon anniversaire. Expérience unique ! Toujours accompagné de mon ami, nous sommes arrivés à Toyota Stadium vers 15h pour profiter de l’atmosphère à l’extérieur du stade et pour nous laisser le temps nécessaire pour boire des pintes de bière Asahi. De plus, avant le match nous assistons à des matchs de Tag rugby ou des minots de 7-10 ans ridiculisent par leur vivacité les vieux bénévoles qui les affrontent. Un moment qui symbolise la transmission de valeurs d’une génération à l’autre au travers du rugby.

Une heure avant le match nous rentrons dans le Toyota Stadium, et en prenons plein les yeux. C’est une sensation difficile à décrire mais, pénétrer dans un stade éclairé avec des milliers de supporters, me rappelle mes rêves de petit gosse s’imaginant porter le maillot d’un grand club et marquer un essai qui permet à l’équipe de gagner à la dernière minute.

Même pour une affiche comme Pays de Galles-Géorgie, les Japonais ont réussi à faire stade comble.

D’emblée les Gallois marquent un essai sous l’en-but signé par Jonathan Davies, l’ancien centre clermontois. Ensuite le choc total. La transformation 10 mètres de l’en-but face aux perches est ratée par Dan Biggar ! Un moment d’inattention pour le 10 Gallois, joueur star de l’équipe galloise quatre ans auparavant.  Le match continue avec une promenade de santé pour les Gallois qui s’imposent face aux Géorgiens sur un score de 43-14.

Comme à la fin de tout match la foule de supporters se dirige vers la sortie et les sourires sur les visages, les conversations des gens par rapport à l’ambiance et au match montrent que beaucoup, pour qui le rugby était une découverte, sont en train de se convertir.

La dernière expérience que j’ai eu du rugby au Japon fut le jour de mon départ pour Tokyo, un jour avant mon vol de retour pour la France, où j’assisterai à un passionnant Fidji-Uruguay dans le hall de l’aéroport. Et je ne serai pas le seul à vibrer au spectacle des Uruguayens triomphant 30 à 27 des Fidjiens.

Depuis, j’ai repris le travail en Angleterre, mais je m’arrange pour voir l’essentiel de la Coupe du monde. Quant au rugby au Japon, je crois qu’avec cette Coupe du monde, il va durablement s’installer dans le pays. Surtout si l’équipe nationale bat l’Écosse dimanche et se qualifie pour les quarts de finale.

Max Tomlinson

Veunac louvoie et Motsch se met en ordre de bataille

Tandis que Veunac tente assez pathétiquement de faire monter les enchères, Nathalie Motsch effectue une déclaration de candidature très réussie.

Ce n’est plus un maire, ce n’est plus un probable futur candidat aux municipales de 2020, c’est juste un commissaire-priseur de seconde zone qui tente de faire monter les enchères autour de sa bien immodeste personne. Bisque, Bisque, Basque ! partage en effet tout à fait l’analyse de La Semaine du Pays basque (28/9) estimant que la candidature de Michel Veunac est suspendue à un feu vert de l’Élysée, avec un Emmanuel Macron pas très enthousiaste à l’idée d’un Mimi-la-Malice portant les couleurs de LRM et entraînant dans son sillage le secrétaire d’État et compagnon de Frédérique Espagnac, Jean-Baptiste Lemoyne. Selon ce qui se murmure, ce dernier hériterait du poste de maire dans deux ou trois ans, au terme d’une élection interne après une opportune démission de notre Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie. (C’est la solution pour éviter un parachutage hasardeux, mais se fier à une promesse de Veunac semble tout de même d’une rare témérité).

Au passage, les Biarrots auront noté qu’une fois de plus, Michel Veunac n’a pas tenu sa promesse d’annoncer sa candidature ou son départ fin septembre. Mais le commissaire-priseur est tellement occupé à tenter de faire monter les enchères avec un poste honorifique et rémunérateur qu’il ne se souvient même plus de ce qu’il a dit quelques semaines auparavant. D’autant plus que, pour montrer aux foules ébahies l’œuvre immense qu’il a accomplie pendant son mandat, Veunac monte en épingle tout ce qui est possible. Mardi 3 octobre après-midi, il inaugurait… le hall d’accueil de l’office de tourisme. Et la semaine suivante, la porte repeinte à neuf des toilettes publiques de la grande plage ? Et la semaine suivante, le nouveau portail du château Boulard donnant sur la villa Sion ?

Lannevère, Pradier, Boissier au soutien

Dans ce climat de désespérance citoyenne, l’annonce de la candidature de Nathalie Motsch, trois heures avant l’inauguration par Veunac du hall d’accueil de l’Office de tourisme, même si elle ne constitue pas à proprement parler une surprise, ne peut qu’intéresser tous ceux qui pensent qu’il est grand temps pour le maire actuel de s’occuper de ses petits-enfants. Le rendez-vous était fixé dans les locaux de l’ancienne libraire « Le Festin nu ». Est-ce à dire que « Calamity Nathalie » envisage de ne faire qu’une bouchée du duo Veunac-Lafite ? Bisque, Bisque, Basque ! n’ira pas jusque-là mais a été très agréablement surpris par ce qu’il a vu et entendu.

En effet un trio majeur a effectué son « outing » lors de cette déclaration de candidature. Non pour parler de sa vie intime, mais pour déplorer un mandat où la démocratie a sans cesse été bafouée. Hervé Boissier, Brigitte Pradier et Virginie Lannevère ont tous les trois fait partie de la majorité aux côtés de Nathalie Motsch et ce qu’ils ont vu et entendu les a scandalisés. Leur parole a d’autant plus de poids qu’aucun des trois ne se représentera à la prochaine élection. Pour Hervé Boissier qui a accepté la présidence du comité de soutien à Nathalie Motsch : « Un mot est un mot. Une parole est une parole. Il faut recréer une ville apaisée et bienveillante et retrouver ce bien vivre ensemble qui caractérise Biarritz ».

Hervé Boissier et Brigitte Pradier ne se représenteront pas. De même que Virginie Lannevère. Mais ils vont soutenir Nathalie Motsch pour que les Biarrots n’aient pas à revivre un mandat aussi pénible que l’actuel.

Vice-présidente du comité de soutien, Brigitte Pradier tape encore plus fort, parlant « d’une majorité en pleine débâcle ». L’élue a visiblement été traumatisée par ce mandat et a besoin de le dire : « Nathalie Motsch a été insultée et bousculée lorsqu’elle prenait la parole. À chaque fois, j’ai eu honte » C’est Virginie Lannevère qui se charge d’habiller pour l’hiver le duo Veunac-Lafite : « La politique, ce n’est pas une carrière, ce n’est pas un trip, ce n’est pas une revanche narcissique. Un élu est là pour servir ses concitoyens. En ce sens, une page doit se tourner. Et une page doit aussi se tourner sur le sexisme archaïque qui a prévalu au sein du conseil municipal. Nous les femmes, n’avons pas à nous excuser d’être légitimes et compétentes ».

Motsch : « Une ville plus verte pour une eau plus bleue »

Un peu émue, mais ne perdant pas le sens de la formule qui la caractérise, Nathalie Motsch évoque ses débuts au conseil municipal en 2008, puis son poste d’adjointe à l’Urbanisme : « Dans cette délégation, j’ai beaucoup grandi. » Silence, sourire : « Oui, je sais, ça ne se voit pas » L’élue évoque brièvement le calamiteux mandat qui se termine : « Un processus démocratique en panne, des décisions prises sans concertation ». Ce qui l’intéresse surtout, c’est demain : « Nous ne ferons pas un mandat de transition, mais un mandat d’ambition. » Avec deux axes majeurs : « La démocratie participative et l’excellence environnementale ».

Une permanence fin prête à l’emplacement de l’ancienne librairie « Le Festin nu ».

Nathalie Motsch l’affirme : « Pour toutes les décisions majeures, les Biarrots seront consultés ». Quant à l’environnement, la candidate veut créer à Biarritz un Conseil supérieur de l’Environnement avec un adjoint qui aura droit de veto sur toutes les décisions prises par la Ville, dans le but de faire de l’écologie non un gadget mais une réalité. Ainsi, pour améliorer la qualité des eaux de baignade, Nathalie Motsch veut désimperméabiliser la ville, pour que les pluies torrentielles partent dans la terre et non dans l’océan. Avec la création d’une coulée verte, Nathalie Motsch et Éric Ménard, membre d’EELV, sont persuadés qu’il est possible d’avoir une ville « plus verte avec une eau plus bleue ».

Après cette déclaration de candidature rondement menée – une heure montre en main toutes interventions confondues ! – et ce programme très vert, on passe fort traditionnellement aux… verres et aux petits fours de fin de réunion.

Avec juste un détail qui semble avoir échappé à beaucoup et qui va sans doute intéresser tous ceux que la candidature de Motsch agace. « On va créer Biarritz à votre écoute, une structure où on pourra échanger ou téléphoner et qui sera ouverte 24 heures sur 24 », annonce la candidate.

À la place de ses rivaux politiques, on téléphonerait toutes les nuits vers 3 heures du matin pour tester la solidité de l’engagement et faire en sorte que l’impressionnant bataillon de soutiens qu’a réuni Nathalie Motsch ne puisse plus mettre un pied devant l’autre dans la journée. Mais surtout, ne le répétez à personne.

 

Les sous-doués sont de sortie

Incompétences multiples, dissimulations avérées, attentats démocratiques à répétition, la garde rapprochée de Veunac, avec ses nouveaux ralliés, est affligeante.

Michel Veunac a du mal à suivre…

Une fois de plus, le dernier conseil municipal (4h30, tout de même !) aura été accablant, avec son collier de perles, de dissimulations délibérées et de tricheries démocratiques. S’il existe encore un Biarrot qui envisage de reconduire la majorité en place en 2020, nous ne saurions trop lui conseiller d’écouter attentivement l’ensemble du conseil pour se convaincre qu’il fait fausse route. Pour les autres, Bisque, Bisque, Basque ! s’est contenté de vous signaler les grands moments de cette désolante soirée.

https://www.youtube.com/watch?v=aTa2W8db1MI

AGUILERA : PAS DE DOCUMENTS JURIDIQUES POUR LES ÉLUS

The Blond biarrote va encore accuser Bisque, Bisque, Basque ! d’en pincer pour Nathalie Motsch, mais quel punch, quel talent oratoire ! Lorsque « Calamity Nathalie » intervient (59e) après la patouilleuse explication de Veunac affirmant que le projet d’aménagement d’Aguilera est désormais porté par la Ville et non par un opérateur privé et doit donc être soumis à l’Agglo au terme d’une procédure appelée « MECDU 2 », le silence se fait : « Vos explications ne correspondent pas à la réalité juridique. Vous la travestissez. Quand cette farce juridique va-t-elle prendre fin ? (…) Ce n’est plus le projet Pichet ou BO, c’est devenu le projet municipal augmenté. On l’a customisé, histoire que ça fasse propre et crédible. (…) Il faut arrêter de jouer au Monopoly. (…) Ôtez-nous de ce doute insupportable d’engagements que vous avez dû prendre auprès de certains pour manifester un tel entêtement juridique. »

Avec son air de ne pas y toucher et son physique de gendre idéal, il faut se méfier du Chazouillères qui dort. L’ancien adjoint sort du silence (1h13’) et son intervention fait très mal à la majorité : « Les éléments juridiques, on ne les a pas eus. Je m’étonne que ces textes n’aient pas été communiqués au conseil municipal. Les documents liés à une délibération doivent être produits. Surtout quand les conseillers le demandent. « 

Et Veunac, avec un aplomb insurmontable, d’essayer de calmer l’incendie : « on vous les fournira », ce qui est un peu scandaleux une fois que le vote de la délibération a eu lieu. Mais il avait déjà procédé à un tel attentat démocratique au moment des délibérations sur Le Palais.

AMIGORENA FAIT DU DEVOS

Grâce à François Amigorena, les Biarrots ont compris que le dossier est plus plurifonctionnel quand c’est la Ville qui le présente plutôt que l’Agglo.

« L’humour est la politesse du désespoir » dit l’adage. Face à tant d’incompétence, tant de mauvaise foi, François Amigorena vote pour le parti d’en rire afin que tout le monde comprenne à quel point les dés sont pipés dans cette délibération (1h18’). « C’est le caractère plurifonctionnel, joli mot, qui justifie que les services juridiques de l’Agglo refusent de traiter cette MECDU et la transfèrent aux services juridiques de la Ville ? Veunac opine mollement du bonnet tandis qu’Amigorena enchaîne : « Donc le projet présenté à l’Agglo par la Ville est PLUS plurifonctionnel que l’ancien ? » Cette fois Veunac est largué. Amigorena reprend : « Non, c’est le même ! Si le caractère de plurifonctionnalité est identique, quelle est la différence juridique ? Je voudrais avoir une explication claire et convaincante » On l’attend toujours, même si Lafite est obligé de s’y coller tant Veunac reste sans voix.

BARUCQ RELOOKÉ EN PRÉSIDENTIABLE

Tata Corine est passée par là.

On était habitué à ses tenues de surfeur, mais visiblement tata Corine Martineau est passée par là. La veste grise et la chemise blanche font désormais partie de la panoplie du presque candidat docteur, même si la volonté de ne fâcher personne reste la même. : « On a perdu beaucoup trop de temps. Ces grands projets là, il faut les calibrer dès le début du mandat. On a tergiversé infiniment sur la piscine. (…) Il faut préserver le bois de Montorian (…)  On diabolise beaucoup trop le BO à l’heure actuelle. Il est dommage de se déchirer sur un aussi beau projet. » Après avoir distribué une pincée de consensualité à tout le monde, Barucq votera pour cette délibération.

MIMIAGUE FAIT ROUGIR VEUNAC

Françoise Mimiague va ramener un peu de bon sens dans ce monde de brutes en rappelant que son service totalise actuellement « 1400 demandes de logements sociaux rien que pour les Biarrots. » La discrète adjointe précise sa pensée en rappelant que « la commune est propriétaire du terrain et c’est à la commune de décider qui sera le bailleur social » avant de porter le coup décisif « Pourquoi a-t-on fait appel au constructeur Pichet ? » Une excellente question qui fait rougir Veunac. Heureusement pour lui, Ghis Haye s’empresse de prendre la parole pour une intervention décisive « Je ne rentrerai pas dans ce débat qui me dépasse totalement ». Si c’était le seul !

TOUT DÉSORMAIS RAVIT SAINT-CRICQ

C’est quand même formidable la politique ! Pendant quatorze ans, l’avocat biarrot a trouvé que rien n’allait dans Biarritz. Et puis soudain visité par la grâce, il trouve depuis le vote de l’Hôtel du Palais, tout magnifique. Tandis que Maïder Arostéguy, à propos de l’aménagement de la zone d’Iraty s’étonne : « Pourquoi devons-nous dans ce dossier baiser la babouche de l’Agglo ? », celui qui n’a plus d’opposant que le nom prend la parole pour se déclarer « tout à fait favorable à l’aménagement d’Iraty » Qui aurait pu en douter ? Jean-Benoît Saint-Cricq se sent obligé d’être aussi enthousiaste sur la Cité de l’Océan qui totalise tout de même 69 000 entrées en 2019, quand Borotra en 2008 évoquait une perspective de 350 000 visiteurs annuels : « Nous sortons de l’ornière » Et pour prolonger son quart d’heure de gloire d’opposant féroce : « Je ne suis pas mécontent. J’ai l’impression d’avoir participé » Comme disait le baron Pierre de Coubertin, « l’essentiel, c’est de participer ».

VEUNAC ET LES MATHS, ÇA FAIT DEUX

Pour expliquer pourquoi il va falloir voter une nouvelle subvention de 150 000 à la section rugby du BO omnisports, Michel Veunac se lance dans une démonstration mathématique limpide : « Là où il y avait une subvention globale, il a fallu partager, donc ajouter »

Autrement dit, quand Veunac partage une baguette de pain de 200 grammes entre le BO omnisport et la section rugby amateur qui a repris son indépendance, Veunac fait deux morceaux de 150 grammes chacun ?

Heureusement pour le maire, Veunac a des adjoints qui savent le sortir de l’ornière. L’adjointe aux Sports, Stéphanie Ricord monte au créneau : « Le BO n’est pas en dépôt de bilan. C’est très compliqué, mais pas à ce point. Nous faisons un travail d’apurement des comptes. L’Urssaf a aussi mis un coup d’arrêt à certaines pratiques qui étaient dans l’ILLÉGALITÉ… », Le conseil municipal sursaute en entendant parler d’illégalité, tandis que Stéphanie Ricord tente de se reprendre. « Illégalité, ce n’est pas vraiment le terme. Les associations qui n’avaient pas les moyens de salarier quelqu’un, octroyaient des frais de déplacements ; ça se pratique, on le sait. Mais ce n’est pas dans les clous. »

Encore un dossier défendu de façon convaincante !

BOISSIER A MANGÉ DU LION

Pour la cinquième fois de la soirée, Hervé Boissier, le conseiller qui pratique le franc-parler, intervient : « Vous êtes en train de nous dire que tout le monde savait et qu’on n’a rien fait ! Par ailleurs, j’ai cru comprendre que les difficultés venaient essentiellement du rugby. » Stéphanie Ricord tempère : « Le rugby a plus de dettes que les autres, mais toutes les sections n’étaient pas vertueuses pour autant. » De l’art de se faire des amis… Veunac s’efforce de calmer le feu : « Il ne faut pas confondre des maladresses de gestion et de l’affairisme », mais Hervé Boissier n’en peut plus de ces petites manœuvres permanentes : « Depuis que je suis conseiller municipal, chaque année on a une subvention supplémentaire à voter et chaque année, ça tombe sur le rugby ». Monsieur est observateur.

L’ATTENTAT DÉMOCRATIQUE STREETEO

Veunac en panique :  » Aidez-moi, Landrin, aidez-moi! »

Et l’on est reparti pour le petit roupillon final du conseil municipal, bercé par la douce voix de Jeannine Blanco, lorsque ce vilain garnement de Chazouillères dégaine le pétard qui va mettre le feu à la salle : « Concernant le renouvellement du contrat de Streeteo prévu au 1er janvier 2020 et sa résiliation possible jusqu’au 30 septembre 2019, je voudrais savoir si vous êtes satisfait du bilan économique et social de Streeteo ? » Ne ratez pas ce grand moment (4h03’) ! Peio Claverie, responsable du stationnement : « Je n’ai pas d’idée ! »  Soupir de Veunac : « Il n’a pas d’idée l’adjoint ! Alors, bon ! »  (Il aura fallu six ans à Veunac pour s’en apercevoir !). Panique totale dans l’état-major. Si vous tendez bien l’oreille au moment où Michel Veunac se tourne vers le directeur des services Christophe Landrin, vous allez l’entendre gémir : « Aidez-moi, Landrin, Aidez-moi ! »

Et c’est ainsi que l’on apprend que le contrat de Streeteo a été renouvelé sans que personne ne juge bon de demander son avis au conseil municipal. Un scandale démocratique, un de plus, de cette mandature quand on sait les conséquences économiques désastreuses de la nouvelle politique de stationnement de la Ville.

Vous conviendrez donc avec nous, après écoute de ce conseil, qu’il faut aider Veunac et sa garde rapprochée et mettre fin à leurs souffrances. Cette bande de sous-doués ne doit pas être admise en classe supérieure en 2020 et repartir pour un mandat de six ans.

Libérez-les de leurs fonctions et renvoyez-les chez eux. Ils ont démontré qu’ils n’avaient rien à faire dans une salle de conseil municipal.

Un Le Gall magistral

Jean Le Gall est du style à arriver sur le Titanic en passager cravaté comme un milord, et, au moment où le bateau sombre, à prendre place au milieu de l’orchestre pour être certain de jouer la dernière note émise par le paquebot. Si « L’île introuvable » est en apparence le roman du triangle amoureux, avec un écrivain raté Olivier Ravanec, une forte femme éditrice Dominique Bremmer, et un truand somptueux Vincent Zaid qui va être visité en prison par la grâce et la littérature, c’est aussi le récit haletant de l’agonie de l’écrit, celui des marchands triomphant des créateurs, et aussi celui des « Quarante merdeuses », série en cours, qui ont succédé aux « Trente glorieuses » pour le plus grand regret de l’auteur.

Jean Le Gall, c’est une construction diabolique du récit, mais aussi et surtout le droit au chemin inattendu, à l’effet de surprise, à la phrase qui fait mouche. Comme l’affirme Ravanec à la fin du livre : « Je veux faire un roman romanesque où le sujet serait celui de la littérature. Où tout ce qui est proscrit dans les recettes habituelles serait autorisé : l’humour, la digression, le commentaire de commentaire, le mélange des genres, les longs dialogues, une pointe d’aventure, et même la politique. Une sorte de roman total, totalement emmêlé. »

Mais Jean Le Gall, c’est aussi une écriture nerveuse et incisive avec des bonheurs de lecture à chaque page ou presque : « Maxwell, les cheveux affolés par le vent, la chemise de lin claquant sur ses hanches, semblait descendre de la branche imbécile des hommes ». Et que dire de ce merveilleux : « La vie des hommes, quel mensonge : à la fin, on les met dans des boîtes placées sous la terre et on leur dit qu’ils vont au ciel. Tenez-vous bien : ils y croient ». À moins que vous ne préfériez : « L’imagination, tu le découvriras bientôt, ce n’est pas la faculté de former des images, mais celle de les DÉFORMER ».

Jean Le Gall, c’est enfin une œuvre qui se construit sous nos yeux, avec un auteur au centre d’un univers très personnel et qui progresse de roman en roman. J’avais bien aimé « New York sous l’occupation », puis adoré « Les lois de l’apogée ». « L’île introuvable », malgré sa couverture plutôt dissuasive à mes yeux, est un roman tout simplement magistral.

Il existe un moyen imparable pour reconnaître un excellent livre. La façon entêtante avec laquelle il vous poursuit, une fois que vous l’avez refermé. Dix jours plus tard, alors que je ne lis pratiquement plus de fiction et découvre avec ce livre à quel point j’ai tort, je suis toujours sous le charme de « L’île introuvable ».

« L’île introuvable« , par Jean Le Gall, éditions Robert Laffont, 420 pages, 21 €.

Tout sauf un « spécial copinage »

Jean Le Gall a été mon éditeur chez Atlantica à l’occasion de six livres. Un éditeur agréable et humain qui dialogue avec ses auteurs, suggère au lieu d’imposer et n’est jamais à court d’idées. Je regrette son départ. Mais, malgré les apparences, nous nous connaissons très peu tant nos univers et centres d’intérêt sont différents. Fidèle à l’esprit de ce blog où je ne parle que des livres que j’adore, je n’aurais donc rien écrit sur « L’île introuvable » si je n’avais pas eu le sentiment que ce livre mérite vraiment d’être découvert. Et, pour m’être abstenu auparavant, j’ai quelques copains ou confrères qui me gardent un soupçon de rancœur d’avoir « oublié » leurs livres. Mais la littérature, contrairement à la vie municipale, est quelque chose de trop sérieux…

La Ville plutôt que vos nombrils

Gros malaise face à la multiplication de candidatures qui semblent relever de l’aventure personnelle et de la volonté de monter une petite boutique électorale à vendre au plus offrant.

(Toute ressemblance avec des nombrils connus dans la Ville serait pure coïncidence)

Si vous êtes un citoyen ou une citoyenne en manque de câlins ces derniers temps à Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! a un truc infaillible pour vous. Descendez dans le centre-ville avec un panneau accroché autour du cou : « Prêt à être sur une liste. Place indifférente ». Vous n’allez pas patienter une minute avant que quelqu’un ne vienne vous cajoler, vous encenser et vous affirmer que vous êtes exactement la personne qu’il recherche. Vous êtes stupide, raciste ou homophobe, ce n’est pas grave, il faut de tout pour faire un monde et c’est tellement dur de trouver trente-cinq personnes pour faire une liste. En effet, pas une semaine ne se passe sans qu’un nouveau candidat ne se déclare. Avec à chaque fois le même discours : « Il est trop tôt pour vous en parler, mais vous allez être surpris par mes soutiens » (Celle-là, elle n’est pas neuve !) avant de conclure : « Avec mon équipe, nous travaillons d’arrache-pied à un programme qui va émerveiller les Biarrots ».

Tête de liste, sinon rien !

Et bien évidemment, avec un manque de modestie un peu sidérant quand on connaît la complexité actuelle d’un poste de maire, tous les candidats et candidates qui pensent à la mairie de Biarritz tous les matins en se rasant ne peuvent imaginer un autre poste que celui de tête de liste. Ils sont déjà six à s’être déclarés, autant à être presque déclarés en guettant la fenêtre de tir idéale, et presque autant à se demander comment ils pourraient faire partie du futur casting, en occupant évidemment un poste… de tête de liste. Comme le disait Didier Borotra, « la politique, c’est simple. Il faut trouver trente couillons prêts à vous suivre et après vous faites à peu près ce que vous voulez ».  

Ce bal des ego est insupportable pour le citoyen lambda. Tous les futurs candidats, que ce soient ceux qui se sont déjà déclarés ou ceux qui trépignent d’en être, estiment qu’un deuxième mandat de Veunac serait catastrophique. Mais, il n’y en a pas un pour se montrer capable de fédérer, pas un pour accepter de se joindre à l’autre en reculant dans la hiérarchie de la liste, pas un pour sacrifier son ego et envisager une sorte de liste de salut public qui, au prix d’une concession individuelle et d’un peu d’humilité, regrouperait les talents et tenterait de sortir la Ville de son marasme actuel. Au lieu de cela, on va droit vers des aventures personnelles qui finiront piteusement en ralliements contraints et forcés au soir du premier tour. Ce que Biarritz a déjà vécu en 2014. Une mécanique bien connue des politologues qui s’appelle la machine à perdre.

Malaise sur le fond

Alors oui, des dents vont grincer à la lecture de cet article, mais je ressens un énorme malaise face à la mascarade électorale qui semble se dessiner. Pour moi, un bon candidat, c’est un candidat qui se retrouve éligible presque par hasard. Des mois, voire des années avant l’échéance électorale, il porte un projet, rameute les citoyens, se bat pour ses idées et fédère, avant de prendre conscience que personne ne saura mieux défendre ses idées que lui-même, ce qui le décide à être candidat.

Mon sentiment est que tous les candidats actuels s’y prennent à l’envers. On monte un petit groupe, on compose avec les sensibilités de chacun et ensuite, après avoir annoncé triomphalement sa candidature, on élabore à la hâte un programme pour avoir l’air crédible. Une sorte de Meccano improbable où pour contenter tout le monde on s’efforce de faire rentrer des pièces carrées dans des trous ronds. La plus sûre façon de se planter si on veut vraiment gouverner une Ville en harmonie avec les citoyens au lieu de se contenter de la satisfaction de porter l’écharpe tricolore.

Malaise sur la forme

Sur la façon de se déclarer soudain candidat, je suis tout aussi heurté. Dans ce blog, j’ai répété pendant sept ans que, mon père et mon grand-père ayant été maire, j’arrêtais là la malédiction familiale et que je ne serais jamais autre chose qu’un commentateur de la vie publique. S’il me venait soudain à l’idée de succomber à la mode du moment et de monter une liste, je crois que certains fidèles de ce blog se manifesteraient. Ils auraient totalement raison.

La candidature de Marine Batiste, alias The Blond Biarrote, annoncée samedi dernier, n’est pas plus ridicule que d’autres, car il est nécessaire que la vie publique se renouvelle. Mais elle ne l’est pas moins quand on affirme sur tous les tons qu’il faut empêcher Veunac d’être réélu et qu’on sait parfaitement qu’on affaiblit le camp des opposants. Au point que Sud Ouest, à l’heure où cet article est publié, n’a consacré à cette candidature que quelques lignes dans Le Piéton.

Avec seulement trois ans de présence à Biarritz, le bon sens politique aurait été de faire ses classes en défendant ses idées au sein d’une liste proche de ses convictions. Et de ne pas duper ses lecteurs avec un blog à la ligne éditoriale fluctuante qui n’était qu’une sorte de cheval de Troie journalistique pour mieux lancer sa candidature.

Futurs candidats, si vous voulez battre Veunac ou son clone Lafite, ce qui pour nombre de Biarrots constitue la priorité des priorités au vu du mandat désastreux qu’ils viennent d’accomplir, tous autant que vous êtes, arrêtez de jouer perso et unissez-vous. Et cessez une bonne fois pour toutes de vous contempler le nombril tous les matins dans la glace. Même si les électeurs biarrots ont bien compris qu’il n’y a que des surdoués qui se présentent pour conquérir leur ville.

 

 « Grâce à mon action, des affaires ont été médiatisées »

Il n’y a que Jean-Philippe Ségot pour vous interroger sur vos tee-shirts improbables. Entretien publié dans La Semaine du Pays basque du 6 septembre 2019.

– On pourrait dire que cela a été une mauvaise saison pour vous. Dans l’été, il y a eu un G7 que vous annonciez calamiteux en matière de sécurité et qui s’est déroulé d’une façon assez remarquable, Didier Borotra a été relaxé en appel après un procès très médiatisé, et Michel Veunac semble avoir des chiffres relativement favorables, dans le sondage effectué en juillet, pour être réélu maire de Biarritz s’il se représente…

– Mauvaise saison si on veut… J’ai été effectivement assez agacé de voir que Didier Borotra n’a pas été condamné. Mais cela a été une excellente saison aussi parce que c’est toujours grâce à des événements comme cela que surgissent des vérités imprévues. Parlons du G7. Michel Veunac est définitivement grillé auprès de l’Agglo. Comment peut-on envisager d’être maire de Biarritz en 2020 quand on est haï et détesté du maire de Bayonne, du maire d’Anglet et de l’ensemble de l’Agglo ? Quant à Didier Borotra, OK il a gagné. Mais vous m’accorderez une victoire à la Pyrrhus. Grâce à mon action, ces histoires ont été médiatisées. Tout le monde sait maintenant de quoi il ressort, tout le monde a pris conscience de la qualité du boulot que faisait Sophie Borotra. Je suis content, j’ai gagné.

Justement, il pourrait y avoir des prolongements sur Sophie Borotra après ce que vous avez écrit avec certains de vos confrères ?

– Oui, ça a bougé beaucoup du côté de Pau. Je rappelle qu’elle a déclaré à la barre qu’elle est directrice des halles de Pau, en habitant à Biarritz et en étant vue souvent dans une salle de sport locale. C’est quand même un poste assez intéressant. Je ne sais pas si l’association des contribuables palois va aller jusqu’au bout de sa démarche qui était de saisir le procureur. Je n’en sais rien.

Revenons-en à Michel Veunac avec un chiffre que vous n’avez peut-être pas, parce que vous ne savez pas tout même si vous savez beaucoup de choses. Le sondage donne 62 % de bonnes opinions parmi les gens consultés. On raconte qu’il aurait dans les 27 % d’intentions de vote au premier tour…

Les sondages me font marrer. Au Canard enchaîné, j’en ai vu passer des sondages. En 1994, ce n’était même pas la peine de faire l’élection si on écoutait Le Monde. Balladur était élu. En 2016, c’était Juppé, il n’y avait aucun doute. Début 2017, c’était Fillon. La bataille n’est pas finie. J’ai joué au rugby, j’ai vécu plein de matchs qui paraissaient perdus et que j’ai gagnés. J’ai vécu des matchs que je pensais gagnés et qui ont été perdus.

Vous êtes un garçon intelligent et assez railleur pour se moquer de lui-même, je l’espère. Vous n’avez pas le sentiment d’être d’une mauvaise foi rare, et du coup de tourner un peu en rond ?

– Pas du tout. L’objectivité n’existe pas. Je le dis toujours à mes élèves en école de journalisme. Quand je faisais la rubrique « Couac », je recevais 600 courriers pour prendre trois histoires. Vous auriez pris trois histoires différentes et un autre en aurait encore pris trois autres. Je m’amuse comme jamais. Quand je tapais sur les politiques quand je travaillais au Canard enchaîné, c’était un peu abstrait. Là, j’ai l’impression de labourer mon sillon profondément, d’aller jusqu’au bout d’un combat intéressant. C’est ce qui fait que jusqu’au soir du deuxième tour, je ferai tout pour empêcher Veunac et Lafite d’être élus.

S’ils sont réélus, vous repartez pour un combat de six ans ?

– Oui c’est fort possible. La seule personne qui peut m’empêcher de le faire, c’est Françoise, mon épouse. Si elle me dit « arrête, tu es vieux, tu es con et tu te ridiculises, je l’écouterais. Mais sinon pourquoi pas ?

Donc quand on fait de la politique, il faut envoyer des fleurs à Madame Viollier pour espérer être dans vos bons petits papiers ?

– C’est la seule personne que j’écoute et ça me va très bien.

Votre métier, même localement, est parfois un peu dangereux. J’ai regardé ce qui se passait ces derniers temps. Il semble que le président du Biarritz Olympique avait envie de vous mettre une claque si vous passiez par là. Et puis il y a un autre personnage dont vous allez nous parler aussi qui est président d’une association commerciale à Iraty…

– Il est peut-être aussi vice-président de son conseil syndical dans son immeuble…

Et qui ferait une enquête sur votre patrimoine. Sur vos avoirs en Suisse, j’imagine ?

– On parle de Christian Brocas. Il enquête sérieusement sur mes avoirs en Suisse. Cela m’amuse donc je lui ai répondu que moi aussi j’allais enquêter sérieusement sur ses avoirs. On verra qui gagnera la partie. C’est là aussi tout à fait intéressant.

C’est un peu le sel de la vie ? Vous avez eu un incident de santé important mais pas trop grave il y a quelque temps. C’est vrai que – comme le disent vos amis – continuer le combat est votre meilleur médicament ?

Sans doute. J’ai eu deux accidents graves de santé dans ma vie. Un premier à 30 ans quand j’ai rencontré Françoise. J’ai vraiment pensé que j’allais mourir d’une tumeur de l’oreille interne.

– J’ai craint un moment que ça soit la rencontre avec Françoise qui ait été le premier accident grave !

– Le deuxième accident est l’AVC que j’ai fait. Sincèrement, je ne me faisais aucune illusion parce que mon père avait fait un AVC et il était mort d’une hémorragie massive quelques jours après. Pendant presqu’une semaine j’étais en soin intensif, surveillé toutes les deux heures. Cela laisse le temps de réfléchir. Finalement, cela clarifie les choses. Tout d’abord et pas du tout avec forfanterie, j’étais serein. Je me disais que pour un mec un peu pauvre, j’ai eu une belle vie. Deuxièmement, je me suis dit que j’aimais écrire dans la vie. Et troisièmement, que j’aimais combattre ! Je savais que si je guérissais, je persévérerai dans la direction que j’avais prise. Oui, je vis dangereusement. Oui, Aldigé veut me mettre une claque parce que j’ai travaillé sur une rumeur qui semble-t-il est injustifiée. Brocas me menace avec ses petits muscles et ça me fait rigoler. Mais plus que jamais je continuerai à me battre pour mes idées et mes convictions. En plus, vous m’accorderez que je me bats gratuitement, bénévolement et même, ça me coûte de l’argent. Je ne demande rien et personne ne peut dire que j’ai demandé quoi que ce soit. Je ne vends rien, je n’ai rien. Je le fais par conviction citoyenne. Ramdam rentre dans la même démarche de conviction citoyenne.

RamDam 64-40, c’est une association de défense des citoyens. Viollier, c’est aussi un succès en librairie avec une bande dessinée. Il y a eu trois tomes de Patxaran et Manzana et beaucoup de gens que je rencontre me disent « À quand la suite ? »

– Ma femme ne m’a pas quitté, c’est l’essentiel. Mon dessinateur m’a quitté, il faut faire avec. Je ne sais pas où il est. Cela me fait très drôle parce que quand j’arrive aux urgences de l’hôpital de Bayonne, l’infirmière me dit « ah c’est vous Patxaran et Manzana ! » Alors oui, je regrette parce que j’adorais ce moyen d’expression qu’est la bande dessinée. Le dessinateur, Pierre Georges – qui est aussi passé brièvement par La Semaine – est-il dans l’Est ? Est-il avec son épouse ? Je ne sais pas, je n’ai plus de nouvelles. Sans conflit avec lui, je tiens à le préciser.

– Il y a aussi votre façon d’agresser quasiment quotidiennement le bon goût des Biarrots en portant des T-shirts improbables. Où trouvez-vous des choses pareilles ? Et est-ce que vous allez continuer cette agression permanente, peut-être même l’hiver avec des pulls ?

– Je n’ai pas encore trouvé la solution pour faire des pulls à slogan. Les T-shirts, je me les fais moi-même. J’ai trouvé un site sur internet. Je prends des idées, je prends des morceaux et je les compose. Je préfère cela nettement à porter des marques. Oui, oui, je suis mal sapé et je le revendique. Cela m’amuse par rapport aux Biarrots tellement tirés à quatre épingles. C’est ma façon d’être et de m’exprimer.

Nous allons terminer par une question un peu plus sérieuse. Quand on vous écoute, avec votre ton de poil à gratter permanent, est-ce que vous respectez les décisions de justice et puis celles des urnes ? Dans l’affaire Borotra, autant il a été condamné dans l’affaire des PV deux fois – il est en Cassation aujourd’hui – autant dans l’histoire de l’emploi de sa fille, il a été relaxé deux fois. Et puis Michel Veunac ou d’autres ont été élus et ont eu une majorité. Est-ce qu’il n’y a pas un moment où pour bien occuper sa place dans la société, on ne doit pas respecter les décisions de justice et celles des électeurs ?

– Je n’ai aucun problème avec cela. Il n’est pas interdit de commenter une décision de justice. Il est interdit d’outrager les magistrats. Ce que je constate dans l’affaire Borotra, c’est que cette prise illégale d’intérêt, n’est pas une « vue de l’esprit de Viollier ». Il y a un procureur à Bayonne qui a estimé ma demande légitime et qui a décidé d’envoyer le trio en correctionnelle. Quand il a été relaxé à Bayonne, le même procureur a décidé de faire appel à Pau. Et à Pau, le procureur a été très sévère avec la famille Borotra. Après, les magistrats ont estimé que l’histoire présentée par Didier Borotra était crédible. Dont acte. C’est terminé. Quant au suffrage des urnes, je le respecte mais je crois que pendant trop de décennies, et surtout au Pays Basque, un maire était élu, on lui foutait la paix pendant six ans et on attendait qu’il soit réélu. Non ! La citoyenneté, c’est d’exercer le contre-pouvoir. Quand il y a quelque chose au hasard, une écurie annoncée inconstructible qui devient constructible, une villa qui semble être promise à un copain et tout… C’est mon rôle de poil à gratter de le dire. Je suis d’autant plus à l’aise que je n’ai aucune ambition politique, que je ne sais absolument pas pour qui je voterai et je respecte profondément le suffrage des urnes.

Les amis qui vous connaissent bien disent que rien n’exclurait dans un second tour que vous votiez pour Michel Veunac selon qui serait en face de lui…

Prêt à voter Veunac, si Lafite se trouvait au deuxième tour face à lui. C’est dire!

Oui. Il n’y a qu’un cas de figure où je peux voter Veunac. Il y en a un que je déteste encore plus que Veunac, c’est Guy Lafite. Veunac a un côté sympa, Lafite a un côté odieux. Imaginons – cataclysme absolu – un deuxième tour Lafite face à Veunac, je vote Veunac. C’est acquis. Sinon, oui, je voterai pour son opposant. Je pense que la ville doit revenir à un fonctionnement normal. Anglet et Bayonne ont des fonctionnements normaux, Biarritz a un fonctionnement anormal. Donc, toute personne susceptible de battre Michel Veunac m’apparaît hyper intéressante et ce sera la ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque !

C’est subjectif de détester Guy Lafite… même si cela amuse beaucoup la Marquise.

C’est une antipathie innée, viscérale et personnelle.

Et vous le revendiquez ?

– Je le revendique totalement. Il y a son mépris permanent, son côté hautain et tout. C’est un personnage que je déteste. Je demande l’asile politique à Anglet ou Bayonne s’il est élu.