Ces artistes qui ne nous déçoivent jamais

En 2020, le confinement a donné des ailes aux politiques et occasionné une rude concurrence pour décrocher les tant convoités klaxons d’or de l’association RamDam 64-40.

Ce n’est pas parce que RamDam 64-40 n’a plus droit aux réunions publiques, que l’association citoyenne se tourne les pouces pour autant. Pour cette quatrième cérémonie de remise des klaxons aux élus ayant légèrement franchi la ligne jaune et des harpes pour ceux qui se sont distingué par leur sens de la vie publique, nous avons collecté tout le mois de décembre les votes de nos nombreux sympathisants avant d’établir ce palmarès tant attendu dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Et nous avons dû nous livrer auparavant à un sacré travail d’investigation avec tous les artistes, connus ou méconnus de notre vie locale. Des artistes tellement timides qu’ils préfèrent en général faire leurs coups en douce, en priant pour que des illuminés comme les membres de RamDam ne les débusquent pas… Dans notre inventaire à la Prévert, vous trouverez aussi bien un député landais qui avait chargé un de ses copains de voter en ignorant qu’il n’avait pas le même point de vue que lui, qu’un maire inamovible qui s’occupait des marchés publics à l’Agglo, tout en servant de conseil à Vinci en Espagne, ce qui lui a valu dix ans d’inéligibilité. Mais aussi les rois des Grands Projets Absurdes au pays des croque-maïs, une sénatrice qui ne fait pas dans le social avec ses salariés ou un maire qui rêve de rendre invisibles les conseils municipaux de sa ville. Sans compter quelque communication politique désopilante à force d’être ratée ou un dialogue peu orthodoxe entre Jean Lassalle et un… perroquet.

Le Palmarès :

LANDES

Klaxon d’or : Lionel Causse

Klaxon d’argent : Jean-Marc Lespade, Xavier Fortinon et le préfet des Landes pour leur Grand Projet Absurde.

Klaxon de bronze : Élisabeth Bonjean, Cathy Delmon et Patrick Guilloteau, &lus battus et démissionnaires.

Harpe : Julien Fichot.

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

Klaxon d’or : Paul Baudry

Klaxon d’argent : Frédérique Espagnac

Klaxon de bronze : Michel Lahorgue

Klaxon spécial et perpétuel : François Bayrou

Klaxon spécial de l’inénarrable : Jean Lassalle

Klaxon spécial de la communication politique ringarde : Nathalie Motsch

Harpe : Joël Adam pour « Oloron blog »

Harpe : George Philip Chartier.

Pour retrouver nos textes, nos vidéos et nos joyeux délires, c’est sur le nouveau blog de RamDam www.ramdam6440.fr. Et vous pouvez au passage en profiter pour vous abonner afin d’être prévenus en temps en en heure de toutes les fantaisies charmantes de nos élus. La démocratie a besoin de vous !

L’INTERVIEW (PRESQUE) IMAGINAIRE DE DIDIER BOROTRA : « Nathalie qui ? »

Didier Borotra, mais qu’est-ce que vous faites là à déambuler un 1er janvier dans les rues de Biarritz ? Et sans masque en plus !

– Hier soir, à la maison de retraite d’Arbonne, à l’occasion du réveillon de 18 heures, j’ai fait exprès d’embrasser toutes les pensionnaires les plus décaties, en espérant qu’il y en aurait bien une pour me refiler le Covid. Pour ma part, je sais que je ne risque rien car je suis increvable, mais si je pouvais refiler cette saloperie à tous les Biarrots que je déteste, dont vous, ça illuminerait ma nouvelle année.

Ce n’est pas très sympa. Vous haïssez donc les Biarrots à ce point ?

– Encore plus que vous ne l’imaginez ! Et je sais de quoi je parle pour les avoir dirigés pendant vingt-trois ans. Alors que je n’ai jamais été qu’altruisme et désintéressement toute ma vie, j’ai même failli me retrouver en prison à cause de ces jobards, c’est dire !

Vous ne seriez pas plutôt un peu fâché de la défaite électorale de votre petite protégée, Nathalie Motsch ?

– Nathalie qui ? Ah oui, celle qui ne sait pas qu’en politique, il faut bosser pour exister. Personne n’imagine tout ce que j’ai dû endurer de la part de Bernard Marie avant de réussir à le dégommer. Vous aussi, mon pauvre garçon, vous ne comprenez décidément rien à la politique. Si je suis monté sur scène au Colisée, juste avant le deuxième tour, c’était pour la faire perdre. Et j’ai réussi au-delà de toute espérance. Elle avait bonne mine à parler de renouveau de la vie politique en m’exhibant sur scène…

– Vous continuez à la voir ou à lui téléphoner de temps en temps ?

– Mais pas du tout ! Je lui ai juste passé un coup de téléphone au lendemain du dernier conseil municipal du 18 décembre pour lui conseiller de mettre fin à ses souffrances… et aux nôtres. Elle devrait laisser sa place à la suivante sur sa liste, car elle fait plus fort que Brisson en 2014 : trois absences et deux présences écourtées en cinq conseils municipaux. C’est un record difficile à battre. C’est un peu comme l’autre gredin de la météo…

Vous voulez parler de Louis Bodin ?

À peu près aussi présent que Nathalie Motsch. On se demande bien pourquoi il s’est fait élire, à part pour faire le beau sur l’affiche.  Il doit se la péter à TF1 en jouant à l’élu biarrot.

– Finalement, vous continuez à vous intéresser à la politique biarrote ?

(Un soupir) À la maison de retraite d’Arbonne, soit j’écoute le conseil municipal de Biarritz, soit c’est atelier macramé avec les mémés…

– Que pensez-vous de l’actuelle opposition ?

– Barucq ? Il ne s’est toujours pas remis d’avoir nagé au Port-vieux aux côtés d’Adriana Karembeu et maintenant, dès qu’il voit une caméra, il frétille. Mais de là à affirmer en public que Maïder a été réélue de justesse… Destizon ? Il est comme les attractions ludo-scientifiques de ma si belle Cité de l’Océan : un peu dépassé avec sa façon de toujours remettre le couvert sur son si beau bilan aux côtés de son Michel Veunac adoré. Quant aux Abertzale, depuis le premier conseil, ils répètent en boucle qu’il faut surtaxer les résidents secondaires et qu’on pourrait ainsi trouver 1,8 million d’euros de recettes supplémentaires. Maintenant, s’ils étaient en mesure d’exprimer une deuxième idée, six mois plus tard, ce serait pas mal…

– L’élection de Maïder Arostéguy vous désespère donc totalement ?

– (Il sursaute !) Moi ? Mais pas du tout ! J’ai toujours été un soutien inconditionnel de Maïder Arostéguy. Une fille que j’ai vu débuter dans mon conseil en 2008 et qui a montré qu’elle avait du goût en quittant immédiatement Saint-Cricq et Destizon et en me soutenant au moment du vote de ma très onéreuse, oh pardon très chère, Cité de l’Océan. Dès le départ, j’étais un fan inconditionnel, quoique caché, de Maïder Arostéguy. (Constatant qu’il peine à convaincre) … Et d’abord, elle me promet depuis juillet que l’avenue Edouard VII va devenir l’avenue Didier Borotra !

– Vous plaisantez ?

– Mais pas du tout ! (Soudain dubitatif) Vous croyez qu’après avoir entubé tant de monde durant ma carrière, je me serais fait avoir à mon tour et que les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ?

(Propos presque recueillis par Jean-Yves Viollier)

Biarritz croit à nouveau au Père Noël

La mairie vient de prendre une sage décision en rendant son traîneau lumineux au Père Noël Robert Rabagny.

Robert Rabagny, lors de son ultime tournée de Père Noël, en 2013.

Savez-vous pourquoi les Biarrots sont les Français qui se font le moins de souci pour les prochaines fêtes de Noël ? Alors qu’il faut tirer au sort les cinq personnes qui partageront notre repas le 25 décembre, envisager de faire manger papy et mamie à la cuisine et pourquoi pas la grande-tante dans la salle de bains, les habitants de Biarritz vont pousser un vrai soupir de soulagement en apprenant qu’une des traditions qui leur est particulièrement chère et qui a souvent fait briller leurs yeux d’enfants va être rétablie.

C’est en 1987 que l’infatigable animateur Rabagny a eu l’idée d’enfiler pour une journée la houppelande du Père Noël. Surpris par le succès rencontré, il récidive pour deux jours en 1988. Avant de se décider à sillonner la ville dans ses moindres ruelles pendant quatre jours d’affilée, conscient de la joie qu’il amène partout avec lui. Ce que Robert Rabagny raconte dans sa biographie « Monsieur Biarritz Bonheur » dans un chapitre intitulé « Quatre fois plus bosseur que le Père Noël ».

Si le Père Noël Rabagny a laissé un tel souvenir dans le cœur des Biarrots c’est aussi et surtout parce qu’il a toujours été le Père Noël de tous, n’hésitant pas à se déplacer dans un endroit éloigné pour arracher un sourire à une personne malade, à rendre visite à un camp de gens du voyage ou à stationner devant la prison de Bayonne, la fameuse Villa chagrin, pour saluer un copain en difficulté passagère. « Je suis heureux quand je vois les gens heureux » raconte avec un certain détachement Robert Rabagny, comme si tout le monde était capable d’en faire autant que lui.

Malgré les embûches que lui ont souvent tendu des élus jaloux de son succès, Robert a continué, vaille que vaille et bénévolement, à enchanter petits et grands jusqu’en 2013. Avant que son éviction houleuse de la mairie en 2014 par Mimi-la-Malice et Beria-Claverie, ne le conduise à passer Noël en maison de repos.

Depuis sept ans, les vieux Biarrots s’étonnaient de voir un Père Noël appointé et ne quittant pas le petit périmètre doré du centre-ville, remplacer celui qu’ils ont tant aimé.

Maïder Arostéguy avait promis de mettre fin à cette incongruité si elle était élue. Elle tient promesse en donnant carte blanche à Robert Rabagny pour ressusciter l’émotion d’antan. Le Père Noël est ravi de ce soutien : « La mairie m’aide beaucoup plus que les autres années. Tous les services de la Ville sont mobilisés pour me donner un coup de main, que ce soit l’éclairage, l’animation ou la méconique et je les en remercie. »

Alors que les animations de Noël vont se compter au compte-gouttes en France, voilà une perspective qui a de quoi nous rendre un peu moins pesant l’actuel confinement. À partir du samedi 19 décembre et jusqu’à Noël, le Père Noël va démarrer son périple chaque jour de la place Clémenceau à 17h30 : « Pour éviter les attroupements à cause du Covid, je ne ferai que passer. De 17h 30 à 20 heures, je ferai le tour de tous les quartiers commerçants de Biarritz. Ensuite, à partir de 20 heures, comme il n’y a évidemment pas de couvre-feu pour le Père Noël, je vais aller voir tout le monde, y compris dans les quartiers les plus reculés de Biarritz. Et je ne m’interdirai pas d’aller aussi faire un petit tour hors les murs pour saluer tous ceux que la présence du Père Noël réconfortera ».

Le rouge et blanc est toujours allé à merveille à Robert Rabagny, qu’il soit déguisé en Géronimo, l’indien inconditionnel du BO, ou en Père Noël.  « Monsieur Biarritz bonheur » sillonnant à nouveau les rues de la ville sur son char lumineux et c’est tout l’avenir qui nous paraît soudain moins sombre.

Déconfinez vos zygomatiques

Le duo infernal Patxaran et Manzana sera en dédicace dimanche 13 à Biarritz, samedi 19 à Hendaye et Bayonne, lundi 21 à Saint-Palais.

Si le projet de surfpark de Saint-Jean-de-luz semble bien prendre l’eau, celui imaginé par Gaiztoa dans l’Adour tourne à plein régime. Après une séance de dédicaces à Anglet samedi dernier, où des lecteurs sont parfois venus de loin pour nous dire avec quel plaisir ils retrouvaient le policier biarrot et son homologue bayonnais dans cette quatrième aventure, nous faisons escale à Biarritz dimanche 13 décembre à 15 heures à la maison de la presse Darrigade, une librairie chaleureuse qui nous a accueillis à chacun de nos albums.

Comme dans les trois tomes précédents, les deux policiers sont en butte à une hiérarchie obtuse et impatiente, tandis que les maires d’Anglet, Bayonne et Biarritz se chacaillent à qui mieux mieux. Etchepagaille, le maire de Bayonne, se permet même de dire à notre regretté Koudjarnac, qu’à « Biarritz, le seul endroit où il y a des vagues toute l’année, c’est à la mairie ».  

Heureusement, pendant que nos maires se battent comme des écoliers, Jérôme Thion est là pour prêter main-forte aux deux policiers. Et quand on parle de main forte… En cette période un peu morose, nous ne pouvons donc que vous conseiller de suivre les préconisations de la faculté de médecine et de ne pas rater cette occasion de vous détendre un peu les zygomatiques.

« Nouvelle vague à Bayonne », Pierre George et Jean-Yves Viollier, éditions Atlantica, – 56 pages, 16 euros.

Dimanche 13 décembre, 15 heures, librairie Darrigade à Biarritz.

Samedi 19 décembre à 11 heures, librairie le Banc dessiné, rue du pilori à Bayonne.

Samedi 19 décembre à 15 heures, librairie ikas leku, Hendaye.

Lundi 21 décembre à 10 heures, maison de la presse de Saint-Palais.

La mort d’un imposteur

Contrairement à un Chirac à qui on pouvait reconnaître certaines qualités, l’inventeur de la communication politique VGE avait tout faux, à commencer par sa particule.

(Photo La Provence)

Mais que c’est bon d’être vieux, le jour de la mort de Valéry Giscard d’Estaing et quelle rigolade en entendant des politiques et des journalistes réécrire une histoire que l’on a vécue en direct ! Car le défunt Giscard était tout sauf ce que l’on vient de vous raconter. « Président moderne, réformateur, défenseur de la cause des femmes », c’est fou comme les Elkabbach, Duhamel et autres commentateurs enamourés de l’époque peuvent avoir la mémoire sélective. La seule modernité de Giscard aura été de copier les méthodes électorales de John Fitzgerald Kennedy et de développer à partir de 1970 une communication tout à fait inédite pour l’époque : match de football contre les commerçants de Chamalières, duo d’accordéon avec Yvette Horner sur le tour de France et une fois élu, pour asseoir son côté peuple, un petit-déjeuner de Noël avec trois éboueurs et deux repas chez des Français soigneusement choisis.

On met aussi au crédit de Giscard deux réformes majeures, la majorité à dix-huit ans et le droit à l’avortement des femmes. La réalité est tout autre. En 1974, beaucoup n’avaient toujours pas digéré la façon dont Pompidou et la CGT avaient remis la France au travail et la rue restait très turbulente avec, en particulier en 1973 des affrontements très violents entre la police et les manifestants opposés à la loi Debré. Il fallait donc bien donner un gadget aux jeunes chevelus.

Quant à l’épique bataille menée par Simone Weil épaulée par Françoise Giroud pour l’avortement, Giscard a lui-même reconnu qu’il n’y était pas favorable et qu’il avait simplement cédé à l’air du temps et au fait que les femmes avaient voté en nombre pour lui.

À l’image d’un Sarkozy, annonçant en 2007 que s’il était élu, il irait se retirer dans un monastère pour réfléchir avant de se retrouver au lendemain de sa victoire sur le yacht de Bolloré, il ne fallut que quelques semaines en 1974 pour découvrir le vrai Giscard. Alors que la tradition française voulait lors des réceptions internationales que l’on serve les femmes en premier, Giscard a fait rétablir l’ordre monarchique datant des rois de France et exigé d’être servi en premier. Dans le même style, lorsqu’il invite à Brégançon son Premier ministre Jacques Chirac accompagné de Bernadette, il les reçoit avec Anne-Aymone, son épouse, installés dans de confortables fauteuils tandis que le chef du gouvernement se contente d’une chaise. Naïf, le chef du gouvernement s’attendait à avoir une ample discussion politique avec le Président. Giscard, pour sa part, avait jugé bon d’inviter en même temps son moniteur de ski. On ne peut mieux illustrer le peu de considération que Giscard pouvait éprouver pour tout autre que lui.

Le septennat de Giscard a peut-être été celui du lancement du TGV, conçu et imaginé par son prédécesseur, mais il a été surtout celui des scandales à répétition et d’assassinats jamais élucidés, au point que le très estimé sénateur Pierre Marcilhacy, s’étonnera dans Le Matin de Paris du 29 octobre 1980 : « On meurt beaucoup et beaucoup trop mystérieusement sous la Ve République. Je n’aime pas ça » Assassinat de Jean De Broglie, grand copain de Giscard, de l’ancien ministre gaulliste Joseph Fontanet ou de Robert Boulin, tous ces crimes n’ayant jamais été élucidés. Sans compter l’affaire des diamants de Bokassa qui lui coûtera sa réélection en 1981 au profit de François Mitterrand.

Et n’allez surtout pas croire que Giscard a cessé d’être ridicule ou a oublié sa rapacité naturelle, une fois évincé de l’Élysée. Pendant quarante ans, il a émargé au conseil constitutionnel, histoire d’ajouter à sa retraite d’ancien inspecteur des Finances, et à sa retraite de Président de la République (6000 euros par mois) 12 000 euros par mois d’argent de poche. Même chose avec les gardes du corps qui veillaient sur lui dans sa résidence d’Authon où il s’est éteint. Le monarque en retraite disposait de quinze gendarmes à son service pour un coût annuel de 1,1 million de francs, mais quand au moment des attentats de Charlie Hebdo, le ministre de l’Intérieur lui a timidement demandé s’il pouvait récupérer un ou deux gendarmes pour les affecter à la lutte anti-terroriste, Giscard s’est récrié et a refusé, en affirmant que l’on s’attaquait à la République.

Même cuistrerie pédante avec cette fausse particule achetée dans la même solderie que celle d’un célèbre chroniqueur russophile de la Côte basque, ou ce poste d’académicien obtenu en 2003, malgré une production littéraire digne d’une bibliothèque de collège. Dans ses brefs opuscules que son éditeur qualifiait de romans, le septuagénaire émoustillé se complaisait à raconter sans aucun talent ses émois amoureux, que ce soit dans « Le Passage » (1994) ou dans « Mathilda » (2011). Dans ce dernier ouvrage, il laissait entendre que la princesse Diana n’avait pas été insensible à son charme. Ce qui lui avait valu une réflexion vacharde de Chirac en plein Conseil constitutionnel.  Pendant un soporifique discours de Giscard, Chichi qui en connaissait un rayon en matière de séduction, avait demandé à voix haute à son voisin immédiat : « Tu trouves qu’il a une tête à avoir baisé une princesse ? ». Éclat de rire général. Écarlate, Giscard était parti en claquant la porte, avant de revenir très vite histoire de percevoir ses émoluments.

Les sept ans au pouvoir de Giscard ? Une des pires périodes de la Ve République et une série de contes à dormir debout, n’en doutez pas, que l’on va vous servir jusqu’au jour de ses obsèques. Là où Chirac, par pudeur, dissimulait l’empathie qu’il éprouvait pour ses semblables, l’imposteur Giscard, par pur calcul, mimait une empathie qu’il n’éprouvait en fait que pour lui-même. Et le pire, c’est qu’il existe encore quelques idiots pour se proclamer Giscardiens !

https://www.liberation.fr/france/2015/09/11/ces-morts-mysterieux-de-la-ve-republique_1380270

http://polemitique.blogspot.com/2011/03/fausse-noblesse-et-vrais-imposteurs.html

https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20150128trib86bcce70f/valery-giscard-d-estaing-le-plus-couteux-des-anciens-presidents.html

LA PAROLE À L’OPPOSITION

Comme promis, Bisque, Bisque, Basque! ouvrira tous les premiers du mois ses colonnes à l’opposition, limitée à 1000 signes dans le bulletin municipal. Pour cette première édition, seul Patrick Destizon a souhaité s’exprimer. Comme convenu, le texte n’a pas été retouché et les propos sont sous la seule responsabilité de leur auteur.

Qui connait Madame Arostéguy ?

¨Maider Arostéguy ou plutôt Marie Eder Arostéguy de son véritable prénom est issue d’une ancienne famille de commerçants biarrots. Déjà le simple fait de modifier son prénom pour créer une confusion avec celui de sa tante, une femme remarquable amoureuse de Biarritz et du surf, nous donne une indication sur sa personnalité. Car madame Arostéguy est une excellente communicante, ce qui lui a permis de devenir maire. Parce que pour ce qui est du programme, il faut bien admettre que la campagne municipale de 2020 restera dans les annales de l’histoire biarrote comme d’une indigence mortelle en termes de projets. Moi qui me suis longtemps opposé à Didier Borotra, je dois reconnaître qu’au moins avec lui, nous pouvions nous opposer, argumenter, confronter les projets et les contre projets dans un débat démocratique, certes très rude mais riche. Par contre là, le débat fut terriblement médiocre et décevant. Seule l’équipe sortante portait deux projets nouveaux, la création d’un centre de bio mimétisme marin et le projet Aguiléra, mal expliqués, mal compris et durement combattus au sein de l’ancienne majorité. Le premier est aujourd’hui abandonné au profit d’une autre ville et le second fortement contesté mais au moins nous proposions quelque chose car du côté de Madame Arostéguy, c’était un vide sidéral !

Maider Arostéguy qui se noiera au large du port des pêcheurs, était la tante de l’actuelle maire.

Madame Arostéguy entre en politique en mars 2008 lorsque Jean Benoît Saint-Cricq avec qui j’animais l’opposition de centre droit à Didier Borotra depuis 2001 va la chercher. La campagne va se focaliser sur le projet de Didier Borotra de création d’une Cité de l’Océan à laquelle nous nous opposions farouchement, la jugeant financièrement démesurée pour les finances communales, hasardeuse en termes de fréquentation et dont le mode de réalisation à l’aide d’un Partenariat Public Privé (PPP) s’annonçait ruineux. Mais voilà qu’à peine élue, le 23 juillet, madame Arosteguy se désolidarise de la position qu’elle défendait durant la campagne et vote à notre stupéfaction le projet en déclarant : « Dormez tranquilles chers concitoyens, le PPP veille sur nous ! » Quand on sait que cette affaire va coûter 63 millions d’euros au contribuable, on fait mieux comme capacité de discernement.

Biarritz vaut bien que l’on renie ses convictions

Madame Arostéguy rejoint alors en 2008 un nouveau parti centriste, le Nouveau Centre qui rejoindra plus tard l’U.D.I. Elle manœuvre pour écarter son premier président départemental qui avait fait l’erreur de faire rentrer le loup dans la bergerie et devient la déléguée de ce parti pour Biarritz. Forte de sa nouvelle étiquette centriste, elle se présente aux cantonales de 2011 et échoue mais intègre en 2014 la liste conduite par Max Brisson et se fait réélire au conseil municipal. Puis toujours grâce à son étiquette U.D.I et au soutien du maire de Bayonne qui préside ce parti au niveau départemental devient la binôme de Max Brisson aux élections départementales de mars 2015, les accords départementaux prévoyant qu’un des deux sièges était fléché pour une élue centriste. Là voilà donc conseillère départementale de Biarritz et elle se met à croire en ses chances de devenir maire. Mais voilà l’U.D.I est un petit parti dans ce département dominé par le MODEM et il lui faut un grand parti pour devenir maire. Henri IV aurait déclaré que Paris valait bien une messe lorsqu’il s’est converti pour devenir roi, alors Biarritz vaut bien que l’on renie des convictions que l’on n’a pas. Donc voilà qu’à peine élue, madame Arostéguy adhère au parti Les Républicains et vous connaissez la suite. Chacun pourra apprécier la force des convictions de notre nouvelle maire.

Mais ce qui m’inquiète le plus pour les années à venir, c’est l’absence de vision de Madame Arostéguy. Depuis cinq mois qu’elle a été élue, qu’a-t-elle réalisé ou même proposé ?

Pour l’instant, elle s’évertue à casser ce qu’on fait ses prédécesseurs :

Elle chasse l’association ZUEKIN qui gère l’accueil jour des SDF de son local de l’allée du chanoine Manterola ainsi que l’association des 3A de son local historique de l’Age d’or square d’Ixelles que l’association occupait depuis 1975, Le fait que ces deux associations soient présidées par deux anciennes conseillères municipales des municipalités Borotra et Veunac est probablement une coïncidence fortuite.   

Elle résilie tout aussi brutalement le bail de l’auberge de jeunesse rue Philippe Veyrin qui fonctionne depuis 22 ans dans ces locaux et restreint les droits et l’expression des oppositions, etc.

Plus récemment, elle lance une seconde prolongation de la DSP du cinéma Le Royal de six mois car elle ne sait pas quoi faire alors que l’ancienne équipe avait déjà prolongé de six mois pour laisser ce choix à la nouvelle majorité. Outre le fait qu’une seconde prolongation est limite sur le plan légal, que compte t’elle faire de ce cinéma pour lequel nous avons déjà engagé plusieurs centaines de milliers d’euros de rénovation des fauteuils et des moquettes ?

Madame Arostéguy détricote les réalisations de ses prédécesseurs mais ne propose rien. Nous commençons d’ailleurs à nous demander si elle a quelque chose à proposer. La crise sanitaire que nous traversons ne peut pas tout justifier et il faut déjà préparer l’après crise du Covid. Cette ville a besoin, surtout en ce moment, d’un cap qu’à ce jour nous n’avons pas et le navire Biarritz part à la dérive.

Patrick DESTIZON   

Le coup de pouce de Castex à Patxaran et Manzana

Le Premier ministre, en apprenant la sortie le 28 novembre du quatrième tome des aventures de Patxaran et Manzana, a décidé de rouvrir les libraires.

C’est un bon gars tout de même que ce Jean Castex ! Alors que la police est en plein divorce avec la population, il a compris que les aventures de Patxaran et Manzana étaient capables de réconcilier tous les Français. Découvrant que le quatrième tome devait paraître le 28 novembre, il a donc décidé de rouvrir les librairies le jour même. Merci, Monsieur le Premier ministre !

« Nouvelle vague à Bayonne », ne doit pas grand-chose à François Truffaut ou Jean-Luc Godard, mais beaucoup à Gaiztoa, le méchant récurrent qui a décidé de ruiner la Côte basque. Et l’on comprend mieux sa vindicte dans cet album où l’on découvre que sa mère a été autrefois séduite puis abandonnée par un tonton surfeur (Vilains curieux, on ne vous dira pas lequel !) Haro donc, sur l’activité surf avec des tentes qui brûlent, du matériel saboté et de méchants requins à l’horizon ! Heureusement, Manzana le policier biarrot et Patxaran le Bayonnais, même s’ils éprouvent une estime plus que limitée l’un pour l’autre, vont être chargés de l’enquête, aidés par leur grand copain, l’ancien international de rugby Jérôme Thion.

La situation presse et Patxaran va même devoir prendre des cours de surf, car une vague aussi puissante que mystérieuse se forme dans l’Adour faisant de « Bayonne nouvelle vague » La Mecque du surf pour la plus grande colère des maires d’Anglet et de Biarritz. Mais de là à imaginer affronter un jour la terrible vague de Belharra…

« Nouvelle vague à Bayonne », Pierre George et Jean-Yves Viollier, éditions Atlantica, – 56 pages, 16 euros.

Comment Veunac et Lafite viennent de perdre leur petit boulot à la Socomix

Encore un drame du chômage ! L’ancien duo, pas gêné par les dégâts commis pendant six ans, pensait pouvoir prendre l’air et éventuellement un peu de monnaie à L’Hôtel du Palais. Ils viennent de se faire retoquer.

Guy Lafite et Michel Veunac regardant de concert la porte de sortie.

Une chose est sûre : quand Veunac pouvait mettre un mois pour décider s’il est préférable de ranger les feuilles mortes côté face ou côté pile, Maïder Arostéguy se montre sacrément réactive et n’hésite pas à trancher dans le vif en quarante-huit heures. Reprenons donc la chronologie précise de cette nomination et dénomination comme censeurs de Michel Veunac et Guy Lafite à la Socomix, tandis que les imbéciles des réseaux sociaux se sont déchaînés en accusant « Bisque, Bisque, Basque ! » de colporter des fake news.

Mardi 17 novembre, à 14 h 49 : mail du service communication de la mairie à BBB : « Pour répondre à votre question, Michel Veunac est censeur auprès de la SOCOMIX, au titre d’ancien président de cette dernière et ancien Maire de la Ville. En tant que censeur, il peut apporter un éclairage au sein des débats mais ne participe pas au vote. Son rôle n’est que consultatif. »

Mercredi 18 novembre à 9 h 54 : BBB publie « Arostéguy ressort Veunac du formol » et les réactions sont immédiates. À son entourage proche, Maïder Arostéguy explique que Veunac lui a demandé et qu’elle n’a pas osé lui refuser, mais elle mesure vite la bronca que suscite sa décision et l’impopularité durable du maire sortant.

Jeudi 19 novembre 20 h 13 : Après s’être excusée pour sa journée chargée du mercredi, terminée par plusieurs heures de conseil municipal, Maïder Arostéguy répond à BBB et confirme ses informations avant d’annoncer une grande nouvelle : « L’habitude biarrotte voulait que le Président sortant de la Socomix devienne censeur, comme le Général Zeisser l’est aujourd’hui. À ce jour, Michel Veunac N’EST PAS censeur, contrairement à l’information communiquée. En effet c’est lors de la prochaine AG en fin d’année que pourrait s’offrir l’opportunité d’en nommer un. En concertation avec les administrateurs de ma majorité, nous ne donnerons pas suite à la nomination de Michel Veunac au rôle de censeur lors de cette prochaine Assemblée Générale. »

Vendredi 20 novembre, 7 h 40 :  Au lieu de s’apitoyer sur le sort d’un pauvre homme qui se retrouve soudain au chômage alors qu’il pouvait imaginer avoir réussi le « casse du siècle » en se retrouvant au conseil d’administration de la Socomix (Un peu comme si Albert Spaggiari avait intégré après son hold-up le conseil d’administration de la Société Générale), Bisque Bisque Basque ! pose une nouvelle question au maire : « Guy Lafite et Jean-Bernard Pinatel devaient aussi être nommés censeurs. Pouvez-vous me le confirmer ? » et raconte au passage l’étonnant conseil d’administration du 10 mai 2020 où l’ancien maire et son adjoint ont cru assurer leur avenir avec l’adoption d’une clause particulièrement astucieuse… pour eux !

Vendredi 20 novembre, 8 h 00 :  Décidément ultra-réactive, la première magistrate de Biarritz répond vingt minutes plus tard : « Je me suis engagée pendant la campagne auprès de Jean-Bernard Pinatel dont je soutiendrai la nomination en tant que censeur. Plusieurs autres noms avaient été envisagés dont celui de Guy Lafite. Ce dernier nous a mis en relation avec la région et le Président Rousset dont nous attendons une aide substantielle. Son nom n’a pas été retenu. Je n’étais pas au courant pour la clause que vous mentionnez. En aucune façon il ne sera question de rémunération car c’est une tradition de permettre à d’anciens membres de rester dans la place ».

Et en plus, ils ont tenté d’être rémunérés !

Avec ce refus d’Arostéguy de les nommer censeurs, c’est tout un plan minutieusement préparé par les deux acolytes qui tombe à l’eau. Tout commence le 10 mai 2020, alors que Maïder Arostéguy est arrivée en tête au premier tour et que Mimi-la-Malice et Lafaillite-nous-voilà  se disent qu’il serait temps qu’ils pensent à leur avenir. Vu de loin, le point 15 de l’ordre du jour semble bien anodin : « Création du statut de censeur et insertion d’une clause en ce sens dans les statuts ».

Visiblement, les administrateurs n’y verront que du feu et vont s’empresser de voter les deux clauses par lesquelles Veunac et Lafite ont cru assurer leur avenir. Tout d’abord le conseil d’administration entérine l’idée que l’on peut désormais monter jusqu’à six censeurs. Comme il y en a déjà trois, voilà trois nouvelles places gardées bien au chaud pour la future assemblée générale prévue en décembre 2020. Mais il y a un avenant bien plus délicieux qui sera aussi voté dans la foulée. Alors que la tradition veut que le censeur soit un sage qui amène gratuitement ses lumières au conseil d’administration, les « pauvres » Veunac et Lafite ont tout prévu et le conseil d’administration, sans doute persuadé que la Socomix est riche à millions, entérine l’idée que « l’assemblée générale ordinaire peut décider d’attribuer une rémunération aux censeurs ».

Pas de chance pour nos deux gros malins, l’émoi suscité par l’article de BBB, les réactions outrées de l’entourage proche de Maïder, et la découverte tardive de la vilaine entourloupe qui se préparait ont amené la nouvelle maire à réviser fort sagement sa copie et à éconduire les deux candidats au travail.

On l’a échappé belle !

À vos claviers, les agités !

Que c’est bon de recevoir des leçons de journalisme de planqués du clavier, aussi ignorants que péremptoires !

Seul point positif, ces invectiveurs déchaînés ne risquent visiblement pas d’attraper la Covid 19 en sortant pour aller vérifier ce qu’ils écrivent (… Si on peut appeler cela écrire !)

La proposition citoyenne de Bisque, Bisque, Basque !

Réduits à la portion congrue dans « Biarritz Magazine », les élus d’opposition de Biarritz pourront s’exprimer chaque mois confortablement dans ce blog.

La situation actuelle telle que la voit le Docteur Oualam.

Bisque, Bisque, Basque ! adore les contre-pieds. Patrick Destizon a sans doute été surpris de recevoir un SMS lui proposant, comme à tous les membres de l’opposition d’être hébergé tous les premiers du mois dans « Bisque, Bisque, Basque ! ». Et la liberté d’expression ne saurant être restreinte, l’élu aura même le droit d’écrire que je suis un imbécile qui n’a écrit que des bêtises à son sujet, sans craindre la moindre censure. Et en plus il disposera chaque mois pour sa tribune de 4500 signes, (trois feuillets dans le jargon de la presse), soit quatre fois et demi la place qui lui est allouée dans « Biarritz magazine ».

« C’est royal ! », s’est exclamé par retour de SMS Guillaume Barucq.

Les autres opposants n’ont pas été encore contactés, mais la proposition de Bisque, Bisque, Basque ! est valable pour tous, sans faire de distinguo, contrairement au conseil municipal de mercredi soir, entre les membres et les non-membres d’un parti politique, les têtes de liste ou les dissidents, les possesseurs de page Facebook et les non-possesseurs. Et si un élu de la majorité, peu satisfait des 38 pages du magazine qui lui sont réservées, éprouve le besoin d’écrire, il sera lui aussi bien accueilli. La vie publique est passionnante et mérite d’être partagée avec le plus grand nombre, car elle est l’affaire de tous.

Arostéguy : « Bravo pour cette initiative »

En effet, on reproche trop souvent aux élus d’être simplistes, voire populistes, pour accepter comme seule possibilité d’expression de l’opposition un court billet de 1000 signes. Le politique a besoin d’exprimer ses idées, de les développer, de les nuancer et ne doit pas être réduit à deux ou trois « petites phrases ».

La proposition de Bisque, Bisque, Basque ! est très simple et peut prendre effet dès le 1er décembre pour ceux qui le souhaitent. Tout texte d’opposant qui me parviendra par mail (jeanyvesviollier@gmail.com) avant le 28 du mois en cours sera publié le 1er du mois suivant.

Comme indiqué précédemment, le texte ne devra pas excéder les 4500 signes, être accompagné d’un document d’illustration et si possible d’un ou deux intertitres pour amener une respiration dans le récit.

Contactée sur cette proposition par courtoisie républicaine, Maïder Arostéguy a répondu par mail : « Bravo pour cette initiative ! ».  Puisque tout le monde semble intéressé par cette initiative, il ne vous reste plus, Mesdames et Messieurs de l’opposition, qu’à sortir votre plus beau stylo. On attend avec impatience vos tribunes.

Barucq et Destizon manquent de caractères

Les droits de l’opposition ont été sérieusement malmenés lors du dernier conseil municipal.

Ce n’est pas parce qu’on s’est fait sérieusement talocher dans notre enfance que nous avons à notre tour taloché nos propres enfants. L’argumentation de Maïder Arostéguy, lors du conseil municipal du 18 novembre, répliquant à Guillaume Barucq et Patrick Destizon qu’ils n’auraient plus désormais que 1000 signes dans « Biarritz magazine » pour s’exprimer parce qu’il en avait toujours été ainsi à Biarritz, a créé un sérieux malaise parmi tous ceux qui avaient cru voir une volonté de renouveau et espéré un dialogue plus apaisé entre majorité et opposition, surtout de la part d’une élue qui avait prôné la rupture avec les anciennes pratiques pendant sa campagne électorale.

https://ville.biarritz.fr/ma-ville-nere-hiria/vie-municipale/conseils-municipaux-432.html

Pour 1000 signes, t’as plus rien !

Guillaume Barucq et Patrick Destizon, les deux esseulés de l’opposition se sont donc fort logiquement insurgés contre le nouveau règlement intérieur du conseil municipal qui veut qu’un groupe politique ne soit reconnu que s’il se compose de deux membres au minimum. 1000 signes et c’est tout à Guillaume Barucq qui totalisait 26,30% des voix le 28 juin au soir et à Patrick Destizon (8,74% avec la liste Saint-Cricq). Même si l’explosion de sa liste était prévisible dès le premier jour tant l’attelage politique créé pour la circonstance était improbable, Guillaume Barucq fait preuve de bon sens quand il suggère, au vu de l’émiettement de l’opposition, que « chaque groupe ait le même espace ».

Destizon a totalement raison

Et, une fois n’est pas coutume, Patrick Destizon a totalement raison quand il proteste contre cette mauvaise manière et ressort un jugement de la Cour administrative de Versailles, datant du 8 mai 2007, où les juges avaient estimé que dans un magazine municipal de trente pages, un opposant devait au minimum bénéficier de 1600 signes. L’élu Destizon remarque au passage qu’il n’a jamais reçu la moindre convocation pour la commission des Finances dont il est membre, un détail qui n’a visiblement soucié personne. Il conclut en affirmant qu’il envisage d’engager un référé liberté si ses droits continuent à être bafoués et Bisque, Bisque, Basque ! ne peut que l’approuver.

Car vous ne réalisez peut-être pas ce que peut représenter 1000 signes, espaces compris. Au moment où vous lisez cet article, 2459 signes ont déjà été couchés sur le papier, soit deux fois et demi ce à quoi ont droit Barucq ou Destizon.

1000 signes, c’est possible pour raconter « une blagounette » pour reprendre une expression utilisée par Lysiann Brao hier soir, mais certainement pas pour exprimer une pensée politique détaillée.

Dans la presse écrite traditionnelle, vous ne trouverez jamais un éditorialiste politique qui exprimera son opinion en moins de 3 000 signes. Et pour tout dire cet argument paraît totalement ridicule. On se réfugie derrière la règle et on ne veut pas voir l’esprit de la règle. Pourquoi ne pas imposer à l’opposition tant qu’on y est l’obligation d’utiliser un certain nombre de i et de l, lettres étroites, et de limiter le nombre de m ou de w, lettres gloutonnes qui occupent beaucoup trop d’espace ?

Va-t-on bientôt imposer à l’opposition le nombre de i à utiliser, car cette lettre prend moins d’espace qu’un m ?

Le vilain signal envoyé par Arostéguy et Boudousse

Anecdote très révélatrice hier soir juste après le conseil, une sympathisante de RamDam 64-40 qui nous avait adressé une proposition pour qu’une harpe soit décernée à Maïder Arostéguy pour ses bons débuts municipaux, nous a demandé d’annuler sa proposition, tellement elle avait le sentiment que toutes les belles paroles prononcées par la nouvelle élue sur « les droits de l’opposition » ne reposaient plus sur rien. Car des arguties, on en a entendu et des belles de la part du maire et de son adjoint : il en a toujours été ainsi, on n’a pas de place dans le magazine, Jean-Benoît Saint-Cricq en 2008 s’est bien plié à la règle. On ne peut pas prôner la rupture quand ça arrange et la tradition à d’autres moments. !

Si l’équipe municipale en place veut vraiment respecter la démocratie, pourquoi ne balaie-t-elle pas tous ces arguments spécieux d’un revers de manche en laissant quatre pages à son opposition au lieu de deux et en accordant à chacun 3 000 signes pour qu’il puisse préciser sa pensée. Quelles sont donc les pages de « Biarritz Magazine » si indispensables aux Biarrots qui peuvent justifier que l’opposition municipale n’ait pas de place pour s’exprimer ?

Quant à la question du coût engendré par deux pages supplémentaires, là aussi quelle blague ! Si la presse écrite était gérée comme le sont les magazines municipaux, il y a longtemps qu’elle aurait fait faillite. Piles de magazines posées sur les boîtes à lettres dans certains immeubles et partant directement à la poubelle, tirage surabondant, appel à des studios graphiques au lieu de tout faire en interne, rendent un peu risibles cet argument. Quand on se pique d’écologie, au moins le temps de la campagne électorale, la première chose à faire est de recenser tous les Biarrots qui souhaitent télécharger le magazine en PDF pour ne plus distribuer la version papier, beaucoup plus onéreuse, qu’aux personnes qui le souhaitent soit parce qu’elles sont âgées ou qu’elles ne maîtrisent pas Internet.

« Biarritz Magazine » est une publication de qualité, mais museler l’opposition semble beaucoup plus urgent que réaliser des économies dans ce domaine !

Triste journée en vérité pour la démocratie locale que celle où l’on apprend que Veunac revient dans le jeu à la Socomix, ce qui est mépriser le vote des Biarrots, et où le soir même on voit un maire qui a donné des espérances utiliser des vieilles ficelles politiciennes pour ne pas laisser son opposition s’exprimer.  

Et pour vous raconter tout cela, et alors que je n’ai pas parlé de la vente de la villa Sion et de la très percutante intervention de Nathalie Motsch face à ce déni de bon sens, il m’a tout de même fallu 5704 caractères, espaces compris, soit près de six fois ce que l’on autorisera désormais une fois par mois à Barucq ou Destizon. De qui se moque-t-on ?