« Grâce à mon action, des affaires ont été médiatisées »

Il n’y a que Jean-Philippe Ségot pour vous interroger sur vos tee-shirts improbables. Entretien publié dans La Semaine du Pays basque du 6 septembre 2019.

– On pourrait dire que cela a été une mauvaise saison pour vous. Dans l’été, il y a eu un G7 que vous annonciez calamiteux en matière de sécurité et qui s’est déroulé d’une façon assez remarquable, Didier Borotra a été relaxé en appel après un procès très médiatisé, et Michel Veunac semble avoir des chiffres relativement favorables, dans le sondage effectué en juillet, pour être réélu maire de Biarritz s’il se représente…

– Mauvaise saison si on veut… J’ai été effectivement assez agacé de voir que Didier Borotra n’a pas été condamné. Mais cela a été une excellente saison aussi parce que c’est toujours grâce à des événements comme cela que surgissent des vérités imprévues. Parlons du G7. Michel Veunac est définitivement grillé auprès de l’Agglo. Comment peut-on envisager d’être maire de Biarritz en 2020 quand on est haï et détesté du maire de Bayonne, du maire d’Anglet et de l’ensemble de l’Agglo ? Quant à Didier Borotra, OK il a gagné. Mais vous m’accorderez une victoire à la Pyrrhus. Grâce à mon action, ces histoires ont été médiatisées. Tout le monde sait maintenant de quoi il ressort, tout le monde a pris conscience de la qualité du boulot que faisait Sophie Borotra. Je suis content, j’ai gagné.

Justement, il pourrait y avoir des prolongements sur Sophie Borotra après ce que vous avez écrit avec certains de vos confrères ?

– Oui, ça a bougé beaucoup du côté de Pau. Je rappelle qu’elle a déclaré à la barre qu’elle est directrice des halles de Pau, en habitant à Biarritz et en étant vue souvent dans une salle de sport locale. C’est quand même un poste assez intéressant. Je ne sais pas si l’association des contribuables palois va aller jusqu’au bout de sa démarche qui était de saisir le procureur. Je n’en sais rien.

Revenons-en à Michel Veunac avec un chiffre que vous n’avez peut-être pas, parce que vous ne savez pas tout même si vous savez beaucoup de choses. Le sondage donne 62 % de bonnes opinions parmi les gens consultés. On raconte qu’il aurait dans les 27 % d’intentions de vote au premier tour…

Les sondages me font marrer. Au Canard enchaîné, j’en ai vu passer des sondages. En 1994, ce n’était même pas la peine de faire l’élection si on écoutait Le Monde. Balladur était élu. En 2016, c’était Juppé, il n’y avait aucun doute. Début 2017, c’était Fillon. La bataille n’est pas finie. J’ai joué au rugby, j’ai vécu plein de matchs qui paraissaient perdus et que j’ai gagnés. J’ai vécu des matchs que je pensais gagnés et qui ont été perdus.

Vous êtes un garçon intelligent et assez railleur pour se moquer de lui-même, je l’espère. Vous n’avez pas le sentiment d’être d’une mauvaise foi rare, et du coup de tourner un peu en rond ?

– Pas du tout. L’objectivité n’existe pas. Je le dis toujours à mes élèves en école de journalisme. Quand je faisais la rubrique « Couac », je recevais 600 courriers pour prendre trois histoires. Vous auriez pris trois histoires différentes et un autre en aurait encore pris trois autres. Je m’amuse comme jamais. Quand je tapais sur les politiques quand je travaillais au Canard enchaîné, c’était un peu abstrait. Là, j’ai l’impression de labourer mon sillon profondément, d’aller jusqu’au bout d’un combat intéressant. C’est ce qui fait que jusqu’au soir du deuxième tour, je ferai tout pour empêcher Veunac et Lafite d’être élus.

S’ils sont réélus, vous repartez pour un combat de six ans ?

– Oui c’est fort possible. La seule personne qui peut m’empêcher de le faire, c’est Françoise, mon épouse. Si elle me dit « arrête, tu es vieux, tu es con et tu te ridiculises, je l’écouterais. Mais sinon pourquoi pas ?

Donc quand on fait de la politique, il faut envoyer des fleurs à Madame Viollier pour espérer être dans vos bons petits papiers ?

– C’est la seule personne que j’écoute et ça me va très bien.

Votre métier, même localement, est parfois un peu dangereux. J’ai regardé ce qui se passait ces derniers temps. Il semble que le président du Biarritz Olympique avait envie de vous mettre une claque si vous passiez par là. Et puis il y a un autre personnage dont vous allez nous parler aussi qui est président d’une association commerciale à Iraty…

– Il est peut-être aussi vice-président de son conseil syndical dans son immeuble…

Et qui ferait une enquête sur votre patrimoine. Sur vos avoirs en Suisse, j’imagine ?

– On parle de Christian Brocas. Il enquête sérieusement sur mes avoirs en Suisse. Cela m’amuse donc je lui ai répondu que moi aussi j’allais enquêter sérieusement sur ses avoirs. On verra qui gagnera la partie. C’est là aussi tout à fait intéressant.

C’est un peu le sel de la vie ? Vous avez eu un incident de santé important mais pas trop grave il y a quelque temps. C’est vrai que – comme le disent vos amis – continuer le combat est votre meilleur médicament ?

Sans doute. J’ai eu deux accidents graves de santé dans ma vie. Un premier à 30 ans quand j’ai rencontré Françoise. J’ai vraiment pensé que j’allais mourir d’une tumeur de l’oreille interne.

– J’ai craint un moment que ça soit la rencontre avec Françoise qui ait été le premier accident grave !

– Le deuxième accident est l’AVC que j’ai fait. Sincèrement, je ne me faisais aucune illusion parce que mon père avait fait un AVC et il était mort d’une hémorragie massive quelques jours après. Pendant presqu’une semaine j’étais en soin intensif, surveillé toutes les deux heures. Cela laisse le temps de réfléchir. Finalement, cela clarifie les choses. Tout d’abord et pas du tout avec forfanterie, j’étais serein. Je me disais que pour un mec un peu pauvre, j’ai eu une belle vie. Deuxièmement, je me suis dit que j’aimais écrire dans la vie. Et troisièmement, que j’aimais combattre ! Je savais que si je guérissais, je persévérerai dans la direction que j’avais prise. Oui, je vis dangereusement. Oui, Aldigé veut me mettre une claque parce que j’ai travaillé sur une rumeur qui semble-t-il est injustifiée. Brocas me menace avec ses petits muscles et ça me fait rigoler. Mais plus que jamais je continuerai à me battre pour mes idées et mes convictions. En plus, vous m’accorderez que je me bats gratuitement, bénévolement et même, ça me coûte de l’argent. Je ne demande rien et personne ne peut dire que j’ai demandé quoi que ce soit. Je ne vends rien, je n’ai rien. Je le fais par conviction citoyenne. Ramdam rentre dans la même démarche de conviction citoyenne.

RamDam 64-40, c’est une association de défense des citoyens. Viollier, c’est aussi un succès en librairie avec une bande dessinée. Il y a eu trois tomes de Patxaran et Manzana et beaucoup de gens que je rencontre me disent « À quand la suite ? »

– Ma femme ne m’a pas quitté, c’est l’essentiel. Mon dessinateur m’a quitté, il faut faire avec. Je ne sais pas où il est. Cela me fait très drôle parce que quand j’arrive aux urgences de l’hôpital de Bayonne, l’infirmière me dit « ah c’est vous Patxaran et Manzana ! » Alors oui, je regrette parce que j’adorais ce moyen d’expression qu’est la bande dessinée. Le dessinateur, Pierre Georges – qui est aussi passé brièvement par La Semaine – est-il dans l’Est ? Est-il avec son épouse ? Je ne sais pas, je n’ai plus de nouvelles. Sans conflit avec lui, je tiens à le préciser.

– Il y a aussi votre façon d’agresser quasiment quotidiennement le bon goût des Biarrots en portant des T-shirts improbables. Où trouvez-vous des choses pareilles ? Et est-ce que vous allez continuer cette agression permanente, peut-être même l’hiver avec des pulls ?

– Je n’ai pas encore trouvé la solution pour faire des pulls à slogan. Les T-shirts, je me les fais moi-même. J’ai trouvé un site sur internet. Je prends des idées, je prends des morceaux et je les compose. Je préfère cela nettement à porter des marques. Oui, oui, je suis mal sapé et je le revendique. Cela m’amuse par rapport aux Biarrots tellement tirés à quatre épingles. C’est ma façon d’être et de m’exprimer.

Nous allons terminer par une question un peu plus sérieuse. Quand on vous écoute, avec votre ton de poil à gratter permanent, est-ce que vous respectez les décisions de justice et puis celles des urnes ? Dans l’affaire Borotra, autant il a été condamné dans l’affaire des PV deux fois – il est en Cassation aujourd’hui – autant dans l’histoire de l’emploi de sa fille, il a été relaxé deux fois. Et puis Michel Veunac ou d’autres ont été élus et ont eu une majorité. Est-ce qu’il n’y a pas un moment où pour bien occuper sa place dans la société, on ne doit pas respecter les décisions de justice et celles des électeurs ?

– Je n’ai aucun problème avec cela. Il n’est pas interdit de commenter une décision de justice. Il est interdit d’outrager les magistrats. Ce que je constate dans l’affaire Borotra, c’est que cette prise illégale d’intérêt, n’est pas une « vue de l’esprit de Viollier ». Il y a un procureur à Bayonne qui a estimé ma demande légitime et qui a décidé d’envoyer le trio en correctionnelle. Quand il a été relaxé à Bayonne, le même procureur a décidé de faire appel à Pau. Et à Pau, le procureur a été très sévère avec la famille Borotra. Après, les magistrats ont estimé que l’histoire présentée par Didier Borotra était crédible. Dont acte. C’est terminé. Quant au suffrage des urnes, je le respecte mais je crois que pendant trop de décennies, et surtout au Pays Basque, un maire était élu, on lui foutait la paix pendant six ans et on attendait qu’il soit réélu. Non ! La citoyenneté, c’est d’exercer le contre-pouvoir. Quand il y a quelque chose au hasard, une écurie annoncée inconstructible qui devient constructible, une villa qui semble être promise à un copain et tout… C’est mon rôle de poil à gratter de le dire. Je suis d’autant plus à l’aise que je n’ai aucune ambition politique, que je ne sais absolument pas pour qui je voterai et je respecte profondément le suffrage des urnes.

Les amis qui vous connaissent bien disent que rien n’exclurait dans un second tour que vous votiez pour Michel Veunac selon qui serait en face de lui…

Prêt à voter Veunac, si Lafite se trouvait au deuxième tour face à lui. C’est dire!

Oui. Il n’y a qu’un cas de figure où je peux voter Veunac. Il y en a un que je déteste encore plus que Veunac, c’est Guy Lafite. Veunac a un côté sympa, Lafite a un côté odieux. Imaginons – cataclysme absolu – un deuxième tour Lafite face à Veunac, je vote Veunac. C’est acquis. Sinon, oui, je voterai pour son opposant. Je pense que la ville doit revenir à un fonctionnement normal. Anglet et Bayonne ont des fonctionnements normaux, Biarritz a un fonctionnement anormal. Donc, toute personne susceptible de battre Michel Veunac m’apparaît hyper intéressante et ce sera la ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque !

C’est subjectif de détester Guy Lafite… même si cela amuse beaucoup la Marquise.

C’est une antipathie innée, viscérale et personnelle.

Et vous le revendiquez ?

– Je le revendique totalement. Il y a son mépris permanent, son côté hautain et tout. C’est un personnage que je déteste. Je demande l’asile politique à Anglet ou Bayonne s’il est élu.

Ligne éditoriale et pignes électorales

Soyons clairs : Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne mais suit avec intérêt les candidats susceptibles de faire tomber l’équipe en place.

Les municipales de 2020 promettent une belle foire d’empoigne.

Il se trouvera toujours quelques lecteurs du « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert pour estimer qu’un blog gratuit et citoyen, ouvert il y a sept ans et qui a reçu plus de 10 millions de visites, ne peut que cacher un noir dessein électoral, un intérêt personnel ou une volonté de rouler pour tel ou tel candidat. Bisque, Bisque, Basque ! laissera à ces Bouvard et Pécuchet modernes cette vision manquant grandement de générosité et répétera avec force le principe qui anime depuis le premier jour ce blog qui se veut citoyen : « Y’a que moi dans mon parti et c’est déjà le merdier ». Mais derrière les adorateurs d’idées reçues à la naïveté presque touchante, il y a aussi les cyniques qui espèrent, en salissant, mieux servir leurs petites stratégies électoralistes du moment. À six mois de l’élection municipale, c’est donc le moment ou jamais de rappeler la ligne éditoriale de ce blog avant que les pignes électorales, les marrons de campagne ou les ramponneaux d’entre deux tours ne volent tous azimuts.

Des histoires vraies même si l’objectivité n’existe pas

Neocon n’hésite pas une seconde et associe transparence et nazisme. Bigre!

S’intéresser à une histoire plutôt qu’à une autre, c’est déjà faire preuve de manque d’objectivité. Ne pouvant se démultiplier à l’infini, Bisque, Bisque, Basque ! a regardé de loin jusqu’à maintenant les problèmes scolaires de Biarritz ou le projet Océan Start, tout occupé qu’il était par le G7 ou la villa Sion. Ce qui est parfaitement discutable. Nous sommes tous le résultat d’un parcours, d’une éducation qui va dicter nos choix et nos centres d’intérêt. Lorsque je travaillais au Canard, je recevais en moyenne 600 lettres par semaine et je devais retenir trois d’entre elles pour écrire la rubrique « Couac ». Mon enfance pauvre, mes engagements de gauche, les exploités que j’ai pu croiser, font que mes choix se portaient sur trois histoires sans doute fort différentes de celles qu’aurait choisies un autre collègue issu de la bourgeoisie. C’est pour cette raison que j’ai toujours répété aux étudiants des écoles de journalisme que « L’objectivité n’existe pas ». En revanche, le journalisme consiste à raconter des histoires vraies, et non celles que l’on imagine. Dans le cas contraire, on est romancier.

Incapable de savoir pour qui je vais voter

Ce blog est né d’une indignation, lors du dernier mandat de Didier Borotra, face à des pratiques municipales qui m’ont semblé plus que limites. À l’indignation a succédé la consternation face à l’incompétence du duo Veunac-Lafite et à ses méthodes. La ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque ! demeure claire : contribuer au débat citoyen, faire en sorte que le fonctionnement de la Ville redevienne normal à l’image de ce qui se passe à Bayonne ou Anglet, et empêcher Veunac ou Lafite d’être réélus, car je n’ose imaginer ce qui arriverait si Michel Veunac à 74 ans en reprenait pour six ans, avec le sentiment d’impunité que cela lui confèrerait. Ce que je fais porte un nom : le journalisme d’opinion.

Pour Didic, un journaliste ne peut être qu’un porte-parole d’un candidat.

Mais avoir des opinions quand on est journaliste (ce qui devrait être le cas de tous les titulaires d’une carte de presse) ne veut pas dire qu’on est militant. J’ai horreur des supporters et je ne suis encarté nulle part. Lorsque je regarde un match du XV de France, je souhaite la victoire des Bleus, mais si l’équipe joue mal, ce qui a été le cas plus d’une fois sous les ères Saint-André ou Brunel, je me réjouis de la victoire de son adversaire, parce que la passion du rugby passe avant la couleur du maillot. Très clairement, Bisque Bisque, Basque ! s’intéresse de près à tous les candidats susceptibles de battre Veunac, mais sans perdre pour autant son esprit critique.

– J’apprécie Maïder Arosteguy qui dans un contexte pas facile a fait un bon mandat d’opposante. Elle laboure le terrain électoral biarrot avec opiniâtreté et est proche des gens, ce qui est à son honneur, mais je la trouve un peu fluctuante sur le projet Aguilera.

– Nathalie Motsch a du courage, ce que personne ne lui ôtera, et une tête politique bien faite. Mais le temps passe et elle semble avoir du mal à descendre à hauteur des citoyens les plus simples. Et je grince des dents quand elle se réjouit de la relaxe de Didier et Sophie Borotra. 

– C’est un plaisir d’échanger avec Guillaume Barucq, docteur sympathique et qui a des idées. Malheureusement ça se complique, quand il veut faire de la politique, Guillaume voulant rester bien avec tout le monde tout en maniant des câbles quand il s’imagine tirer les ficelles.

– Je n’ai aucun doute sur les idées et la probité qu’amènerait Jacques-André Schneck à la tête de la Ville, mais peine à cerner son socle électoral. Et je ne parle pas de futures listes Abertzale, France Insoumise ou EELV qui m’intéressent aussi au plus haut point.

Il faut de l’ego pour faire de la politique mais malheureusement trop d’ego tue la politique. Face à la gravité de la situation que connaît Biarritz, dettes planquées sous le tapis et projets foireux à gogo à l’horizon 2020, je regrette que tous ces candidats qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’en tête de liste n’aient pas su faire un front républicain commun dans l’optique de redonner un fonctionnement normal à cette ville.

C’est pour cette raison que je regarderai aussi avec intérêt une possible candidature de Didier Guillaume. S’il s’appuie sur Guy Lafite ou Michel Poueyts, vieux chevaux de retour qui entraîneront forcément la Ville dans des pratiques d’un autre temps, je le combattrai. S’il montre sa volonté de normaliser et pacifier Biarritz en s’appuyant sur des têtes nouvelles ou sur une des listes actuelles d’opposition, je m’intéresserai de près à lui. Rajoutez à cela des programmes qui sont bien loin d’être établis et vous me croirez peut-être si je vous dis que je suis bien incapable de savoir pour qui je vais voter, contrairement à ce que pensent certains « trolls » sur Twitter, bien planqués derrière leurs pseudos.

Pour Neocon (encore lui!) je confonds Motsch et Jeanne d’Arc… Ah oui, Jeanne d’Arc, l’égérie des gens du Front national.

Journalisme et copinage ne font pas bon ménage

Reste un dernier point à clarifier : à mes yeux un journaliste, quand il traite l’actualité, ne doit avoir ni affect, ni amis. Tous ceux que j’ai interviewés dans le cadre de Bisque, Bisque, Basque ! le savent : si je trouve quelque chose contre eux, je le publierais. Lorsque je me suis écharpé avec Michel Veunac, début 2014 devant sa permanence de la rue du Helder, il m’a tout de suite accusé de « rouler pour Brisson » et m’a promis un dossier sur lui…

J’attends toujours la réalisation de cette promesse, alors que des dossiers sur Veunac, j’en ai de quoi remplir une étagère, ce qui me donne à penser que Max Brisson, malgré ses défauts que l’on connaît tous, aurait fait un bien meilleur maire que Veunac. Et pourtant, je ne suis pas encarté aux Républicains et ne le serai jamais.

De la même façon, j’ai apprécié les quatorze années d’opposition de Jean-Benoît Saint-Cricq et bénéficié de ses talents d’avocat lorsque j’ai été conduit au tribunal par l’ancien propriétaire de la Semaine, Hubert de Caslou. Ce qui ne m’a pas empêché de crier au scandale quand le même Jean-Benoît a sauté sur les genoux de Veunac lors du vote de l’Hôtel du Palais, car j’avais le sentiment que ce point de vue ne correspondait nullement à une conviction mais seulement à une aspiration personnelle à rejoindre la majorité. Du jour au lendemain, Saint-Cricq a cessé de me téléphoner, estimant auprès de proches que « je ne devais pas écrire sur lui puisque nous étions amis ». Est-ce que de mon côté, j’ai reproché à Saint-Cricq de ne pas m’avoir informé à l’avance de son revirement en faveur du maire ? Curieuse conception de la démocratie et de la vie publique que ce souhait de silence complice ! Et curieuse vision de la liberté de la presse qui doit s’incliner devant l’amitié!

Récemment, Richard Tardits, homme que j’apprécie, m’a reproché d’avoir publié un de ses mails sans l’avoir préalablement prévenu auparavant. Même remarque que pour Saint-Cricq. Est-ce que Richard a pris son téléphone pour me donner sa position avant d’envoyer ce mail où il estimait qu’il fallait faire confiance à l’État après le G7 ? Bien sûr que non et je ne lui demandais pas.

Désolé, je ne suis pas omniscient et je n’ai aucune idée du lieu de permanence choisi par les candidats et candidates.

C’est ce curieux rapport entre élus et journalistes que je trouve intéressant d’évoquer. Si vous avez un ami médecin, vous n’allez pas lui demander de violer le secret médical en lui donnant des nouvelles de la santé d’un de ses clients sous prétexte qu’il vous intéresse. Au nom de quelle règle, le journaliste devrait-il informer ses copains de la vie privée qu’il va écrire sur eux dans le cadre de leurs fonctions publiques ?

Voilà mes sources prévenues : donner des informations à Bisque, Bisque, Basque ! ce n’est pas souscrire une assurance-vie. J’apprécie bien évidemment de recevoir des informations et de les publier après vérifications, mais ce n’est pas du tout une garantie de ne pas se voir épinglé à son tour.

Être citoyen, c’est prendre la parole dans le débat public, dire sans crainte ce qu’on pense, au lieu d’attendre que les politiques décident pour nous. Dans ce blog, des contributeurs réguliers comme « Paul Bismuth », « NathB », « Rien que la Vérité » ou « Aux arbres, citoyens », (…et bien d’autres !) enrichissent le débat en débattant et acceptant des avis contradictoires.

En revanche, à l’amorce d’une campagne électorale qui pourrait bien être musclée, se multiplient les comptes Facebook ou Twitter de « trolls » bien décidés à vendre leur camelote électorale ou à insulter sous couvert d’anonymat. Ce qui va sans doute m’amener à rejeter certains commentaires reçus, alors que je les publie tous pour le moment, sauf propos manifestement diffamatoire.

Désolé pour vous, les haineux, mais Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne et cherchera, comme dans les appels d’offres respectables se déroulant dans des municipalités tout aussi respectables, uniquement à détecter le mieux-disant susceptible de redonner un peu de dignité, de moralité et de respectabilité à une ville comme Biarritz, qui par ses méthodes et ses scandales à répétition devient la risée de la Côte basque et fait le désespoir de l’Agglomération.

Je ne rêve que de poser le stylo et de ne plus écrire sur la Ville, mais l’idée que je me fais de la citoyenneté va m’amener à guerroyer jusqu’en mars 2020 au minimum.

Vite, un maire normal pour une ville qui n’en peut plus de Veunac et son équipe !

 

Le clan Veunac a bien tort de plastronner

Le G7 s’est mieux passé que prévu. Mais de là à imaginer Veunac en maire réélu…

Pour sauver la Ville en 2020, Biarritz peut trouver mieux.

On a tous connu ce genre de week-end improbable où l’on se retrouve invité pour trois jours chez des gens qu’on connaît peu. La bouffe est médiocre, les hôtes stupides, le décor kitsch à souhait, mais au moment de prendre congé, avec une belle hypocrisie, on dit merci et on promet de se revoir. Bien entendu, on n’en pense pas un mot et c’est avec soulagement que l’on prend congé définitif. Lundi soir, les lampions du G7 étaient à peine éteints, que les fidèles de Veunac (Ils sont rares, mais il en existe), pavoisaient à qui mieux-mieux : « Avec un tel G7, plus rien ne s’oppose à ce que Michel soit réélu triomphalement en mars 2020 ». Ce sont les mêmes qui en 1994 ne voyaient pas comment Balladur pouvait perdre face à Chirac et en 2016 étaient certains que le futur président de la République se nommerait Alain Juppé avant de clamer leur confiance en François Fillon.

Grillé auprès de Macron

Ce n’est pas un hasard si durant tout le G7 on a vu Michel Veunac tendre le cou pour essayer d’être sur la photo. Pas un hasard non plus si le Président de la République s’est tenu à distance raisonnable de celui qui l’invitait. Et pas un hasard du tout si, en rupture totale avec la tradition républicaine, Emmanuel Macron lors de chacune de ses allocutions télévisées s’est bien gardé de prononcer le nom de Michel Veunac, alors qu’il remerciait le Pays basque pour l’accueil fait aux chefs d’état. Lundi 26 août, alors qu’Emmanuel Macron avait souhaité que les représentants d’association de commerçants assistent à la cérémonie de clôture à la mairie, le chef de l’État a finalement fait défection.

Macron avait largement le temps de s’arrêter à la mairie avant de retrouver Anne-Sophie Lapix au phare : il ne l’a pas fait.

Certes la conférence de presse commune avec Trump avait pris beaucoup de retard, mais de nombreux témoins oculaires ont vu Macron quitter le casino Bellevue à 18 h 55. Sachant qu’il avait besoin de quinze minutes pour mettre ses idées en place avant son interview sur France 2 avec Anne-Sophie Lapix, il pouvait largement passer une tête à la mairie, saluer Veunac et remercier tout le monde. Au lieu de cela, il a préféré envoyer Brigitte son épouse. Un choix qui n’est pas innocent.

Avec des émissaires présents depuis plusieurs mois afin de préparer le G7, le Président de la République cerne assez précisément la personnalité et la compétence de Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-nous-envie. Son mouvement politique, LaREM, a besoin de s’élargir au moment des municipales et Biarritz semble prenable. C’est pour cette raison que Michel Veunac, comme Nathalie Motsch, Guy Lafite ou Jacques-André Schneck (les deux derniers sont membres de LaREM depuis plusieurs mois) se sont démenés pour obtenir l’investiture qui fait figure de sésame à leurs yeux. Sans oublier un certain ministre de l’Agriculture qui pourrait mettre tout le monde d’accord. L’investiture LaREM ne sera accordée que très tardivement, mais une chose est sûre : quand il évoque un lien de proximité avec le président, Veunac prend ses désirs pour des réalités et devrait savoir qu’en politique, personne ne fait jamais de sentiment.

Grillé auprès des commerçants

De son métier de sociologue, Michel Veunac a gardé l’habitude de croire qu’une incantation peut ressembler à une action. On l’a vu avec sa phrase fétiche, répétée jusqu’à l’inanité : « Biarritz ne sera pas bunkérisé ». On connaît la suite. Autre mantra dit et redit : « Les commerçants seront indemnisés ». Et comme Veunac n’a vraiment pas honte, il essaie même de faire croire, selon Sud Ouest du 2 septembre, qu’il est soudain devenu un grand défenseur des Biarrots, empêchant les services de sécurité d’enlever les poubelles trop tôt ou l’État rapace de trop spolier les malheureux commerçants qui ont vu pratiquement quinze jours de leur chiffre d’affaires du mois d’août s’envoler.

Sud Ouest, 30 août.

Patrick Darrigade, le très pondéré libraire et marchand de journaux du centre-ville estime avoir perdu « 28 000 euros de chiffre d’affaires pendant le G7 ». Quand la secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, annonce une enveloppe globale de 350 000 euros pour les commerçants biarrots, tout le monde commence à comprendre qu’une petite aumône sera accordée à chacun, mais que les pertes réelles ne seront jamais compensées. Et que dire du reste de la Côte basque, elle aussi sévèrement impactée par le G7 ?

Veunac n’en a cure. Jeudi, alors qu’Agnès Pannier-Runacher écoutait les commerçants qui exprimaient leurs craintes, Mimi-la-suffisance ne cessait de les interrompre en évoquant l’image de Biarritz grâce au G7 et les mirifiques retombées à venir. On a connu plus adroit, même si le mandat presque écoulé nous a prouvé que le maire ne savait pas très bien compter.

Grillé auprès de l’Agglo

Jean-René Etchegaray et Claude Olive n’ont guère apprécié la désinvolture de Veunac à l’égard de Bayonne et Anglet.

De Didier Guillaume à Max Brisson, Michel Veunac a leurré tout le monde cet été en annonçant qu’il ne se représenterait pas. Pour lui, après ce G7 qui s’est bien déroulé, les planètes sont alignées et rien ne pourra désormais empêcher sa réélection. Logiquement, il va donc annoncer fin septembre qu’il va être à nouveau candidat. Mais si, par un hasard extraordinaire, il se trouvait un Biarrot envisageant de voter pour lui, il devra tout de même se poser une question avant de glisser son bulletin dans l’urne. Comment Biarritz peut fonctionner avec l’hostilité de toute l’Agglo ? Aucun des élus du Pays basque ne pardonne à Veunac d’avoir ainsi fait cavalier seul alors qu’il est vice-président de l’Agglo. Lundi dernier à la mairie, il suffisait d’écouter les remarques acides de Claude Olive et Jean-René Etchegaray, maires pondérés et responsables s’il en est, pour comprendre que la rancune ne partira pas avec l’eau du G7.

Veunac ne s’est soucié que de lui-même et de sa réélection quand Macron lui a demandé si un G7 était jouable en août à Biarritz. Il n’a échangé avec aucun des autres élus et ne s’est nullement préoccupé des dommages collatéraux que sa décision pouvait entraîner. Il est clair que si, par un hasard extraordinaire, il attaquait un deuxième mandat après la brillantissime démonstration qu’il nous a faite depuis 2014, il n’obtiendra jamais rien à chaque fois qu’il devra solliciter l’Agglo. C’est d’autant plus ballot que le plan local d’urbanisme, l’aménagement d’un stade ou l’attribution d’une piscine relèvent désormais de l’Agglo où Veunac ne compte que des ennemis. Le choix est donc clair : si l’on ne veut rien pour BIarritz de 2020 à 2026, date à laquelle notre pimpant élu aura 80 ans, il faut voter Veunac.

Croisée en centre-ville, une conseillère municipale qui espère probablement repartir avec Veunac l’an prochain, joue la voix de la sagesse : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on aura », ce qui est tout de même une curieuse façon de défendre le bilan du maire. Il existe pourtant une autre variante, bien plus intéressante de cet adage : « On sait ce qu’on perd mais on est sûr que ça ne peut pas être pire ».

Bien seule Arosteguy

Au lendemain du G7, Maïder Arosteguy, craignant que les commerçants de Biarritz ne soient mal indemnisés, a le réflexe de demander à Michel Veunac la création d’une commission de suivi des procédures d’indemnisation. Un réflexe plutôt logique pour une élue. Maïder ne devait pas s’attendre à la volée de bois vert que lui a valu son initiative.

Tout commence avec Richard Tardits, pourtant à ses côtés dans les rangs de l’opposition. Pour lui, les « retombées commerciales sont incommensurables et personne ne dira jamais merci » et il est donc urgent de ne rien faire. Richard va donc se faire un plaisir d’accompagner les commerçants en difficulté chez leur banquier pour expliquer que leurs pertes ne sont pas « incommensurables ».

Louis Vial, devenu pro-Veunac inconditionnel depuis que ce dernier a eu la bonne idée de le nommer adjoint, y va à son tour de son petit couplet. On se demande ce que vient faire le « Biarritz bashing » quand on parle des pertes des commerçants, mais l’évocation des « esprits chagrins » va enchanter Veunac :

Et puis, Patrick Destizon n’est jamais très loin quand se déroule un bal des flagorneurs. Il attaque très fort avec un « Je souscrit » du plus bel effet universitaire, avant de se laver les mains du sort des commerçants : « La présence d’élus n’est ni utile ni souhaitable » :

Biarrots, voilà ce qu’écrivent les élus qui sont censés veiller sur vos intérêts. Souvenez-vous d’eux lorsqu’ils viendront faire la danse du ventre devant vous en mars prochain !

Selon que vous serez ancien maire ou gilet jaune…

Didier Borotra a été relaxé par la Cour d’appel de Pau. Sa fille Sophie et l’ancienne directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel aussi.

Candide père et Candide fille, ici à la barre du tribunal de Pau, sont désormais totalement blanchis.

L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. La relaxe de Didier Borotra, de sa fille Sophie et de l’ancienne directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel prononcée par la Cour d’appel de Pau jeudi dernier, deux ans après le jugement similaire du tribunal correctionnel de Bayonne, lave donc de tout soupçon de prise illégale d’intérêt ou de complicité de prise illégale d’intérêt le trio.

De la même façon que l’on a répété pendant des générations aux petits Antillais que leurs ancêtres étaient des Gaulois, au nom de la cohésion nationale, voici donc l’histoire en sept points que la Justice a validée :

1.- Didier Borotra, maire de Biarritz, ne savait pas que sa fille Sophie avait été engagée par Françoise Pautrizel, qui travaillait sous ses ordres, en tant que directrice de la Cité de l’Océan.

2.- Didier Borotra n’a appris que fin décembre 2013 l’engagement de sa fille et en a été « très contrarié ». Pour autant, la contrariété n’a pas été jusqu’à faire cesser la mission, avant son départ en avril 2014, ce qui ressemble fortement à une prise illégale d’intérêt.

3.- Michel Veunac, immédiatement informé de la situation par Madame Pautrizel le jour de son élection, a décidé de continuer pendant près d’un an avec Sophie avant que Guy Lafite ne panique et ne révèle la situation à la presse. Là aussi, personne n’a estimé qu’il pouvait s’agir d’une complicité de prise illégale d’intérêt.

4.- Sophie Borotra n’avait pas de bureau, n’a jamais écrit une ligne, s’est contenté de « préconisations orales » mais seul des mauvais esprits peuvent s’imaginer qu’il s’agit d’un emploi fictif.

5.- La Cité de l’Océan avait signé un contrat de recherche d’économies avec Suez environnement de 120 000 euros pour des prestations identiques à ce que proposait AGC, l’entreprise montée pour l’occasion par Sophie Borotra, entreprise qui n’avait ni assurance ni garantie professionnelle.

6.- Sophie Borotra, lors de l’audience en correctionnelle, a reconnu avoir été assistante parlementaire de son père lorsqu’elle vivait en Amérique du Sud, ce qui était légal à l’époque mais pas très moral, et n’avoir en dehors de la Cité de l’Océan obtenu pour son entreprise AGC qu’un seul contrat… avec la ville de Pau. Ville où, après son départ de Biarritz, elle finira directrice des Halles sans que François Bayrou ne soit officiellement informé de sa nomination. Quand on vous dit que l’Histoire balbutie…

7.- Les investigations financières de la police ont montré qu’au titre « de la solidarité familiale » Didier Borotra versait 3500 euros mensuellement à sa fille. Miracle de la télépathie, alors que Didier Borotra n’était absolument pas au courant de l’engagement de sa fille, il a cessé les versements à l’instant même où elle démarrait son magnifique travail à La Cité de l’Océan.

Vous le constatez comme moi, le dossier ne tenait donc absolument pas la route et malgré les réquisitions des procureurs Vuelta-Simon à Bayonne, réclamant pour Didier Borotra 35 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis, et Boiron à Pau réclamant pour Didier Borotra 35 000 euros d’amende et trois mois de prison avec sursis, le verdict ne pouvait être qu’une relaxe générale.

À l’heure où on embastille à tout-va le moindre gilet jaune découvert en possession d’une « arme par destination » ou l’auteur d’un selfie devant une voiture qui brûle, il est donc rassurant de constater que les tribunaux ont su montrer de la bienveillance à l’égard d’une malheureuse jeune fille un peu écrasée par l’ombre tutélaire de son papa et n’ont pas estimé que les propos tenus à la barre relevaient du conte à dormir debout.

l Pour ceux qui n’auraient pas suivi, les comptes-rendus d’audience fait à l’époque par Bisque Bisque, Basque ! :

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/01/les-borotra-ces-grands-pudiques/

https://jeanyvesviollier.com/2019/05/17/chez-les-borotra-on-se-fait-des-cheques-mais-on-ne-se-parle-pas/

Bayrou et les « diffamateurs »

Voir François Bayrou, l’homme qui a dû abandonner précipitamment le ministère de la Justice tant les menaces judiciaires pesaient sur lui, fanfaronner sur Twitter et écrire « Les diffamateurs en seront pour leurs frais » relève du surréalisme.

On notera au passage le mépris de caste du maire de Pau qui s’enthousiasme de la relaxe de ses amis Sophie et Didier mais oublie la grande victime de ce procès, Françoise Pautrizel.

Si le propos sur « les diffamateurs » me vise, puisque je suis à l’origine en compagnie de maître Malherbe, de la plainte qui a conduit le trio au tribunal, je me sens particulièrement à l’aise : la « citoyenneté » pour laquelle nous militons à RamDam 64-40 implique de contrôler les faits et gestes de nos élus et de signaler ce qui nous paraît relever de manquements à la loi.

La possible prise illégale d’intérêt que nous avons transmise au procureur de Bayonne n’était pas une vue de l’esprit puisqu’après une enquête policière, le procureur Samuel Vuelta-Simon a décidé d’expédier le trio au tribunal correctionnel en janvier 2017.

Et si, quand il parle de « diffamateurs », François Bayrou pense aux deux procureurs Vuelta-Simon et Boiron pour qui la prise illégale d’intérêt ne semblait faire aucun doute lors de leurs réquisitoires, il démontre une bien curieuse idée de la Justice.

Les manants et les dominants

Chronique d’une ville assiégée.

Malgré l’important déploiement policier, le détecteur de tee-shirt subversif n’a visiblement pas fonctionné.

Ah ils peuvent être amers les gilets jaunes, les demandeurs d’emploi et tous les salariés français à qui on explique benoîtement qu’il est impossible de les augmenter, devant la gabegie de moyens mise en place à l’occasion de ce G7, aussi inutile que les précédents. Sans un mot pour le maire de Biarritz, ce qui a bien fait rire les locaux, Emmanuel Macron, lors de son allocution aux Français samedi à 13 heures, a remercié le Pays basque pour son accueil malgré « quelques désagréments ». C’est bien la moindre des choses ce merci du bout des lèvres quand on n’a pour sa part aucun désagrément, qu’on pète dans la soie pendant trois jours et qu’une bonne partie des frais engagés par la Ville de Biarritz seront pris directement dans la poche des contribuables biarrots.

Si pour le manant de base, simple habitant du centre-ville, les désagréments sont largement compensés par toutes les occasions de rire que nous offrent les envahisseurs actuels ne comprenant rien de rien à Biarritz, pour les commerçants que l’on a menacés de ne pas indemniser s’ils fermaient boutique pendant le G7, cette désinvolture de nouveaux seigneurs féodaux piétinant leur récolte de fin août a de quoi les indigner au-delà de tout.

À pied, à cheval et en voiture…

Alors en attendant de pleurer quand il nous faudra sortir nos picaillons pour régler les folies municipales, profitons de ces trois jours pour rire un maximum devant cette opérette permanente et ce faux décor de ville censée vivre normalement. Jeudi soir, dans un bar désert de la place Clémenceau, dix golgoths, taillés façon deuxièmes lignes de l’équipe de France de rugby, font irruption. Et quand un des rares clients s’avise de leur demander en anglais s’ils font partie de la sécurité d’une délégation étrangère, l’un d’eux, de lin blanc vêtu, affirme qu’ils sont des touristes américains en vacances à Biarritz qui ignoraient que le G7 allait avoir lieu. Crédible comme du Veunac faisant une promesse de piscine olympique à ses administrés !

C’est bête, mais il y a des côtes à Biarritz et il faut parfois mettre pied à terre.

Mêmes fous rires en série avec les unités cyclistes. Les têtes pensantes policières qui les dirigent n’avaient visiblement pas anticipé les côtes fort nombreuses dans Biarritz, ce qui oblige parfois nos policiers d’élite qui pédalent en uniforme avec le pistolet visible à la ceinture à mettre pied à terre. Avouez que cela fait désordre pour des cow-boys.

Le fumier pendant le G7, c’est en prime?

Si les manants en uniforme, communément appelés forces de l’ordre, sont absolument adorables avec les manants locaux et vont même jusqu’à avouer discrètement à quel point ils jugent imbécile ce G7, ils nous offrent parfois un spectacle de première grandeur : dans les airs, sur mer, sur terre aux moyens de véhicules rugissants, de motos gyrofardées, ou de chevaux, ils nous emmerdent quotidiennement et pas seulement au sens figuré. Quel est l’intérêt d’avoir fait venir quarante canassons de la garde républicaine, actuellement logés au centre équestre d’Ilbarritz, si c’est pour laisser des souvenirs fumants et odorants dans une ville où la moindre déjection de chihuahua peut vous valoir une amende record ? À quand Veunac et Lafite avec des poches plastiques pour nettoyer la ville pas bunkerisée pour deux sous qu’ils nous ont annoncée ?  

Le sale samedi de Veunac

Contrairement aux autres médias, Sud Ouest a laissé un peu de place sur la photo aux gloires locales Brisson et Veunac.

Une journée à dégoûter le moindre flagorneur de flagorner ! Si vous croisez Michel Veunac un peu défait et souffrant d’un sévère torticolis, ne vous étonnez pas. Son grand ami Emmanuel Macron a multiplié samedi les camouflets à son égard, ce qui montre bien qu’il ne faut jamais s’abaisser à cirer les pompes des puissants comme l’a fait Mimi-la-Malice, pas très malin en l’occurrence. Premier camouflet avec l’allocution présidentielle où Macron s’est bien gardé de le citer alors que la lippe frémissante et la bajoue rosissante notre premier élu attendait l’onction présidentielle. Il s’agit peut-être d’un simple oubli, mais tous les commentateurs de la parole politique présidentielle y ont vu un signe sérieux pour la future élection municipale. D’autant plus que Didier Guillaume était du voyage !

Il n’est pas né celui qui me piquera mon bout de fromage.

Si Sud Ouest a charitablement mis sur la photo le flagorneur en chef municipal et le tout aussi flagorneur sénateur Max Brisson, d’autres médias ont pris soin de les ignorer soigneusement. Plusieurs chaînes nous ont montré des images désopilantes d’un Veunac se comportant comme un vulgaire quidam de bêtisier télévisé et tendant le cou en direction de Macron pour avoir une chance d’être dans le cadre. Étonnez-vous après cela de ses douleurs aux cervicales ! Quant au sénateur Brisson, c’est au bras droit qu’il a mal tant il l’a laissé tendu longtemps en attendant le top départ du buffet présidentiel. Regardez-le sur la photo, il fait semblant d’écouter mais il est prêt et il n’est pas né celui qui lui piquera son bout de fromage. Quel dommage qu’il ne se soit pas montré aussi rapide à dégainer des critiques contre Michel Veunac quand il était dans l’opposition !

Et puis comme il n’est de bonne compagnie qui ne finisse par se quitter, Macron a très vite sifflé la fin de la récré et a dit à notre Mimi-rien-qu’à-nous-et-que-le-monde-nous-envie, « Maintenant, tu me files ta ville et tu vas jouer ailleurs ». Samedi soir, alors qu’une petite cérémonie à destination de la presse étrangère était organisée aux Halles, plusieurs confrères étrangers se sont étonnés de la solitude du maire qui n’avait que quelques élus locaux pour l’accompagner et personne pour converser avec lui. Comme si les Biarrots avaient une dent contre lui pour la façon dont il les a sacrifiés au profit de son seul intérêt !

Une image déplorable de la Ville

Le vélo à hydrogène, quand on ne peut pas visiter le centre-ville, ne sert pas à grand chose.

La mer démontée de Rayond Devos (Extrait).

L’argument choc de Veunac quand les Biarrots s’inquiétaient des conséquences du G7 était d’annoncer des retombées mirifiques pour Biarritz avec les journalistes « du monde entier qui allaient venir ». La réalité est toute autre. Il suffit de se promener du côté du centre de presse à la Halle d’Iraty pour comprendre. Nos confrères ont été dotés de fringants vélos à hydrogène, histoire de faire de la pub à un fabricant local. On peut donc les voir errer du côté de la gare de la Négresse et pour les plus téméraires s’aventurer jusqu’au PC sécurité du collège Fal avant de rebrousser chemin, dissuadés par la quantité de forces de l’ordre présente. Quelle idée vont-ils avoir de Biarritz après une telle expédition ? Quant aux plus téméraires, aux aventuriers, aux vrais qui se risquent jusqu’au centre de Biarritz, ils ont l’impression de se retrouver dans un sketch de Devos puisque la mer n’est plus visible nulle part tant elle a été privatisée pour les grands de ce monde.

Tout ce qui fait notre façon de vivre, ce mélange rare entre passion sportive, sens aigu de la dérision et conscience de vivre dans un pays de Cocagne va donc échapper complètement aux journalistes, tandis que tous les téléspectateurs qui découvrent Biarritz pour la première fois en garderont l’image d’une ville fermée, barricadée et dissuasive au possible. Biarritz, ville magnifique comme tout le Pays basque, n’avait pas besoin d’une contre-publicité comme celle-là. Heureusement quelques confrères s’efforcent d’échapper aux chemins tout tracés qu’on voudrait leur faire emprunter pour raconter un autre Biarritz que le décor d’opérette fabriqué actuellement où les facteurs roulent à vide pour faire croire à une activité et où les commerçants sont obligés de rester ouverts s’ils veulent espérer une – problématique ! – indemnisation de leurs pertes.

Mensonges d’état et autres approximations

Voilà l’accès réservé aux clients des commerces de la place Bellevue. « Restez ouverts » avait dit le préfet.

Et l’on en revient à l’éternelle histoire des manants et des seigneurs féodaux qui les méprisent. Le préfet qui sait qu’il joue gros sur ce G7 n’a cessé de délivrer des demi-vérités aux commerçants. On est parti d’une indemnisation évidente pour tous, à une indemnité pour ceux dont l’entreprise existe depuis plus de trois ans, puis à une indemnisation uniquement pour ceux qui sont restés ouverts. « On a fait un petit samedi de février » affirme le charcutier Pascal Manoux aux halles. Le fromager pour sa part a préféré fermer à midi tant il s’ennuyait. En encore les halles sont dans la zone bleue avec un minimum de clients sur place. Mais que dire des commerçants de la zone rouge, place Bellevue, qui ont vu avec horreur une palissade opaque être tendue devant leurs vitrines jeudi soir. Une petite plaisanterie dont on s’est bien gardé de les avertir auparavant. Pour accéder chez eux, il faut désormais emprunter une sorte de tranchée qui rappelle la guerre de 14. Tous commencent à comprendre qu’ils ont été menés en bateau, le seul souci du préfet étant de s’assurer de leur calme jusqu’à la date fatidique.

« Qu’est-ce qu’il a mon poisson? Il est pas frais? « . Contrairement aux autres samedis, les poissonniers ont le temps de discuter.

Mais un jour ou l’autre, le bal s’arrête, l’orchestre cesse de jouer et les lampions s’éteignent. Et il conviendra, alors que les élus s’apprêtent à faire une nouvelle danse du ventre devant les électeurs, de se souvenir de ces minuscules représentants qui ont méprisé le travail des Biarrots pour satisfaire leur petite gloriole personnelle. Pour protester contre le traitement infligé au Pays basque, Claude Olive et Jean-René Etchegaray ne sont pas venus saluer Macron, car ils préféraient être présents dans les PC de sécurité de leurs villes pour protéger les habitants. Notre maire collabo, ivre de son importance par chef d’état interposé, n’a jamais émis pour sa part la moindre protestation, n’a jamais rien tenté pour défendre Biarritz et empêcher l’occupant élyséen de saccager la cité balnéaire à l’heure de la récolte

 Nous n’oublierons pas.

Guillaume Barucq en a entendu des mûres et des pas vertes, ce qui est normal pour un écologiste, mais a eu le cran contrairement à bien d’autres élus d’aller au contact des commerçants en colère.

 

Heureusement, l’esprit de résistance est là, avec des restaurateurs qui ne perdent pas leur humour.

Chronique d’un Biarrot assiégé mais pas désespéré

Face à la guignolade mondiale qui se prépare, mieux vaut rire que pleurer.

Du poulet sur-vitaminé, du poulet bien imbibé, du poulet bodybuildé, j’en aurais croisé dans ma carrière, de mes lancers de pavés soixante-huitards à mes années « Canard ». L’honnêteté m’oblige aussi à reconnaître que j’ai aussi côtoyé du poulet passionné, du poulet profondément républicain et du poulet désespéré par l’incurie de l’État, même si je ne pensais pas vivre un jour à Biarritz une telle densité policière au mètre carré.  Alors que le flot des nouveaux arrivants en uniforme ne cesse de grossir (ils vont finir à 13 200 !), celui des Biarrots pur sucre enfermés dans le petit périmètre de sécurité ne cesse de décroître tant les contraintes deviennent nombreuses. Même si on est loin, très loin de ce que voudraient nous faire dire nos charmants confrères de la télévision (Les plus courageux descendent en personne, les autres font leur reportage de leur bureau parisien par Skype) qui adoreraient nous entendre raconter que nous mourons de faim dans notre ville assiégée et en sommes réduits à manger les rats qui s’attaquent à nos sacs poubelle.

La réalité est évidemment plus drôle et plus nuancée et donne lieu à des scènes parfois charmantes. Nos bikers en uniforme de police tout comme nos CRS qui doivent maudire leur harnachement en ces temps de canicule, semblent plutôt désœuvrés avant l’arrivée des grands de ce monde et ont tendance à s’agglutiner en grappes dans la ville (les CRS avec les CRS, les gendarmes avec les gendarmes, les militaires avec les militaires, car chez ces gens-là on ne se mélange pas !) pour échanger des nouvelles de la famille, parler du délabrement de leur commissariat ou caserne d’origine, ou lorgner avec insistance sur les dernières touristes légères et courtes vêtues qui ne vont par tarder à fuir la sarabande infernale qui nous attend.

Lors de sa visite, mardi, Christophe Castaner a assuré que les troupes étaient bien nourries et mangeaient local, affirmation qui prête à discussion si j’en crois ce CRS timide, croisé en bas de chez moi qui m’a demandé discrètement où il pouvait « acheter un kebab halal » avant de me remercier, malgré mon incapacité à lui répondre, d’un vigoureux et attendrissant « Salam Aleykoum, mon frère ! ».

Les blacks blocks opèrent aux heures ouvrables

Et le folklore de se poursuivre lorsqu’on quitte Biarritz en voiture. Mercredi, vers 14 heures, je pars rejoindre le contre-sommet du G7 à Urrugne. Pas un rond-point sans son duo de motards prêts à traquer le féroce black-block, l’activiste bien connu des services de police ou l’inévitable terroriste. Aux péages de l’autoroute, les mitraillettes sont bien visibles et l’automobiliste se garde bien d’éternuer de peur de faire sursauter un agité de la gâchette. Avec mon physique rondouillard de grand-père amateur de ventrèche, je passe évidemment sans le moindre problème, mais m’agace comme tout le monde de ces convois de motards à gyrophares précédant des berlines noires toutes sirènes hurlantes et intimant l’ordre de se rabattre aux trois pékins qui se sont aventurés sur la voie rapide, alors qu’il n’y a manifestement aucune raison de s’exciter ainsi, tant la circulation est inexistante.

Retour vers 20 heures et tout autre spectacle. Visiblement tout ce qui compte un uniforme sur la Côte basque est en train de dîner ou d’échanger avec la famille et l’on ne fait plus la moindre mauvaise rencontre, si ce n’est deux pauvres gendarmes au péage de la Négresse. Je suis ravi de découvrir que nous vivons dans une France disciplinée où les potentiels casseurs ont la gentillesse de se déplacer à l’heure où la maréchaussée est de service, sans se permettre de s’agiter en dehors des heures conventionnelles.

L’espionnage légal et illégal va bon train

D’autres pratiques sont beaucoup plus agaçantes. Pendant que la crème de la crème de la sécurité découvre nos spécialités locales ou dort tranquillement après avoir emmerdé la ville à plaisir, les machines elles continuent leur surveillance passive. Des caméras du plus bel effet ont été installées sur les axes autoroutiers, des antennes déployées un peu partout et les riverains habitués à bien connaître leur environnement remarquent parfois d’étranges machines installées dans des appartement qui ont été loués le temps du G7. Concrètement, le Biarrot assiégé subit des coupures d’électricité et d’Internet à répétition, ne peut envisager une conversation durable avec son téléphone portable sans s’y reprendre à cinq ou six reprises et doit subir parfois des lumières rouges braquées nuit et jour sur son appartement. « Chaque service de sécurité a ses propres règles, les services américains étant les pires. On est obligés de fermer les yeux sur des pratiques manifestement illégales » me confie un policier. Renseignement pris, la petite lumière rouge provenant de l’appartement loué par les services de sécurité d’un grand pays européen serait celle d’un micro multidirectionnel capable de capter les conversations dans un rayon de trois cent mètres. Voilà qui fait plaisir quand on habite en face !

Des facteurs?  Non, des figurants !

Heureusement le Biarrot qui a le « bonheur » d’habiter dans le périmètre ultra-sécurisé où les grands de ce monde vont être amenés à se baguenauder pendant trois jours, du casino Bellevue à l’Hôtel du Palais, ne peut que s’amuser de la farce qui se prépare sous ses yeux avant que l’on ne cadenasse définitivement ce périmètre sacré à partir de vendredi. C’est en effet une fausse ville, avec une fausse activité « normale » qui est en train de se préparer. Des portes closes feraient mauvais effet et l’on a donc annoncé suavement aux commerçants qu’ils ne pouvaient espérer une indemnisation de leurs pertes que s’ils restaient ouverts. Et quand un restaurateur de bon sens a demandé comment allaient faire ses livreurs puisqu’ils ne sont pas badgés, le préfet de service a soulevé sa casquette à dorures pour annoncer qu’il allait réfléchir à la question. On attend toujours la réponse.

Même blague avec les facteurs. Ils sont onze habituellement à distribuer le courrier dans le centre-ville qui va être bunkerisé sous peu. La Poste, unilatéralement, en a choisi quatre d’entre eux, les plus propres sur eux, les moins syndicalistes, les très peu indépendantistes basques, pour sillonner la ville tandis que les autres sont invités à aller voir ce qui se passe en périphérie. Gag ! Les gares et l’aéroport étant fermés, il n’y aura aucun courrier à distribuer, mais nos braves facteurs, si typiquement français, sont invités à faire prendre l’air à leurs vélos électriques à sacoches vides dans les avenues désertes pour faire croire que l’activité est la même que d’habitude. Quant aux rares piétons décidés à faire de la résistance, nous nous attendons à ce qu’on nous demande à descendre dans la rue avec la serviette sur l’épaule, avec ordre de se rendre à la plage quand un réalisateur nous criera « Moteur ! » Quand on vous disait que Biarritz faisait son cinéma…

C’est le G7 ou un club de rencontres ?

Tout cela prêterait plutôt à l’indulgence si les Biarrots assiégés n’étaient confrontés à l’incurie crasse de leurs élus. Plus de poubelles, des services d’aide à la personne quasi inexistants pendant trois jours, des commerces de bouche fermés, alors que des personnes très âgées vont devoir rester calfeutrées dans leurs appartements. Et face à cela, des élus qui n’ont absolument rien prévu et se soucient comme d’une guigne de leurs administrés. Rien n’a été mis en place par la Ville pour ramasser les poubelles des personnes qui n’ont pas la force de les porter jusqu’en zone bleue, veiller à la sécurité de ceux qui sont isolés ou prévoir un ravitaillement d’urgence. La mairie s’est contentée de dire que la solidarité entre les habitants devait jouer et que ce serait « l’occasion de belles rencontres ».  Heureusement, la solidarité n’est pas un vain mot au Pays basque et immeuble par immeuble, et à l’aide des pages Facebook « SOS G7 » et « Entraide G7 », chacun s’est organisé pour venir en aide à son voisin. Reste un sentiment de rancune tenance à l’égard du maire et de sa clique. À 73 ans, malgré un mandat calamiteux au-delà de tout imaginable, Michel Veunac annonce son intention de se représenter en mars 2020. Pour le moment, comme tous les élus qui ne se sont guère souciés des Biarrots, il ne rêve que des belles rencontres qu’il va faire pendant le G7 avec Emmanuel et Brigitte. Mais en mars, il pourrait faire de très mauvaises rencontres avec les bulletins de vote des électeurs qui n’oublieront pas son égoïsme et son incompétence.

Comme quoi, le G7, même si nous avons l’impression actuellement d’être enfermés dans un élevage industriel de poulets, peut avoir du bon.

Etchegaray roi du contre-pied et du contre-sommet 

Ne croyez surtout pas que la « drôlerie » du G7 se limite à Biarritz. À Bayonne comme à Hendaye, on rigole bien de cet événement mondial et les politiques se comportent parfois comme ces chefs d’entreprise qui avant les élections, arrosent tous les partis pour être sûrs de s’y retrouver le soir du deuxième tour. L’affaire qui agite le milieu politique, ne semble pas de prime abord d’une excessive importance, mais elle peut prêter à sourire sur la duplicité dont savent faire preuve les politiques. Les organisateurs du contre-sommet du G7, basés à Urrugne et qui prévoient de manifester samedi à Hendaye, sont venus récupérer à Bayonne 50 tables et 400 chaises, gracieusement fournies par la municipalité.

Interrogé à ce sujet, le très courtois maire de Bayonne ne nie absolument pas les faits : « La ville de Bayonne répond souvent à des demandes logistiques de cette nature formulées par des associations.  Le contre-sommet G7, organisé par des personnes responsables et pacifiques que j’ai pu rencontrer méritait ce soutien de notre collectivité. Les rencontres qui vont s’y dérouler font honneur à notre démocratie ».

Tout cela serait admirable et parfaitement respectable si notre rusé Jean-René Etchegaray, maire UDI et par ailleurs président de la communauté d’Agglo, n’avait usé de toute son influence auprès du préfet pour que le contre-sommet initialement prévu à Bayonne ne se déroule ailleurs et de préférence chez le maire socialiste Kotte Ecenarro, qui hurle au scandale depuis que le préfet lui a imposé sa décision.

Et c’est uniquement parce qu’il est débordé que Jean-René Etchegaray s’est bien gardé d’avertir son homologue hendayais du soutien logistique qu’il apportait au contre-sommet ?

 

 

Veunac et la malédiction des deux Didier

Chacun de leur côté, Didier Borotra comme Didier Guillaume semblent bien décidés à obtenir les deux oreilles de Veunac au final de la corrida municipale de 2020.

Si Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture en charge de la protection animale, n’a pas eu l’idée du siècle en s’affichant aux arènes de Bayonne, l’association des Citoyens-habitués-à-se-faire-mener-en-bateau-par-les-politiques va néanmoins pouvoir lui décerner une couronne de lauriers qui sera du plus bel effet sur son beau front dégarni. En effet, en annonçant avec de plus en plus d’insistance qu’il envisage de devenir maire de Biarritz, notre parachuté ministériel a obligé notre Mimi-la-Malice-rien-qu’à-nous-et-qu’on-ne-rêve-pas-de-le-garder à brûler ses vaisseaux et à dévoiler sa stratégie.

Depuis plusieurs mois, Michel Veunac la jouait vieux, malade et fatigué, au point que le tout Biarritz, notre sénateur Max Brisson en tête, annonçait que c’était une certitude et que notre alerte septuagénaire n’allait pas faire le mandat de trop après son si « brillant » premier brouillon de six ans. Dans ces colonnes, une commentatrice assidue qui signe Nath B. s’était même déclarée prête à parier avec moi 100 euros sur ce fait, ce qui d’après Christian Brocas aurait constitué une dilapidation inconsidérée de mon patrimoine.

Et puis, aujourd’hui, patatras, notre finaud à écharpe tricolore, dans la foulée de la visite de Christophe Castaner, vient de dévoiler involontairement un pan de la future partie électorale en estimant « déplacé » que le ministre de l’Agriculture annonce son intention de candidature (Sud Ouest / 20 août) : « La moindre correction, c’est d’attendre que le maire sortant se soit prononcé, et comme je l’ai toujours dit, je me prononcerai à la fin du mois de septembre ». Et si Michel Veunac n’annonce sa candidature qu’en février 2020, personne ne se présente ?

Sud Ouest, 20 août.

Admirable déclaration qui en dit long sur ce que Mimi-la-malice pense de Didier Guillaume, un homme qui, selon lui, ne lui arrive même pas à hauteur de ses chaussettes. Et croyez-vous vraiment qu’un maire comme Veunac, dont la capacité d’empathie pour les autres ne peut aller au-delà de son propre nombril, réagirait ainsi s’il n’envisageait pas de se représenter ? Après tout, notre exceptionnel talent local n’aura que 74 ans en 2020, Lafite 71 ans, et le duo infernal a démontré un tel brio dans la gestion d’une ville et d’une équipe municipale qu’il serait vraiment dommage de ne pas en reprendre pour six ans avec des artistes de ce calibre. En privé, Veunac s’affirme agréablement surpris par le sondage « pas si mauvais que cela » qu’il a commandité. Ce qui accrédite encore un peu plus, sauf G7 catastrophique, la piste d’une candidature. Nous ne remercierons donc jamais assez Didier Guillaume d’avoir permis à la vérité d’éclater et de nous faire gagner plusieurs semaines. En nous offrant une opportunité qui mérite d’être regardée de près.

Une idylle de courte durée avec Didier Borotra

Complices au soir du deuxième tour, Didier et Michel vont vite rompre.

Pas de doute, Michel Veunac doit faire des cauchemars la nuit et hurler « Non, Didier ! » sans que son épouse ne sache s’il rêve de Didier Guillaume ou de… Didier Borotra. Car, même s’ils ont eu une courte idylle en 2014 qui a permis au vieux sénateur MoDem de passer le flambeau à son adjoint du même parti, très vite le mariage de raison a tourné court, Veunac refusant même de prendre Didier Borotra au téléphone. Un Michel Veunac, ivre de son nouveau pouvoir et bien décidé à faire payer à « Old Didier » toutes les humiliations qu’il lui a fait subir tout au long de sa carrière. Car avant de devenir ce maire qui pique des colères toutes les cinq minutes, Veunac a été un jeune politique aux convictions fluctuantes et à la colonne vertébrale d’une souplesse totale à force de génuflexions devant les puissants du moment. Veunac, c’était l’homme auquel on pensait systématiquement dès qu’il y avait un tract à distribuer, une corvée à faire, ou une personnalité à aller chercher à l’aéroport un dimanche matin à huit heures, à charge pour lui de l’occuper jusqu’à 11 heures, le temps que les grands de cette Ville finissent de se réveiller. Étonnez-vous après cela qu’il soit encore ivre de sa toute-puissance, totalement habité depuis 2014 par un sentiment de revanche vis-à-vis de tous ceux qui l’ont humilié à plaisir et qu’il ait très vite décidé de ne plus écouter les conseils du « vieux » Didier Borotra.

La politique est une drogue dure et Borotra, comme nombre de retraités de la vie publique n’y échappe pas. Grand copain de François Bayrou, même s’il ignore que ce dernier a engagé sa fille Sophie comme directrice des Halles de Pau, il ne rate jamais une occasion de dire tout le mal qu’il pense de son successeur. Au point que le jour de son procès en appel à Pau pour prise illégale d’intérêt, suite à l’engagement de sa fille à La Cité de l’Océan, les journalistes n’arrivaient pas à le faire parler de son avenir judiciaire tant il avait besoin d’évacuer sa colère contre l’occupant actuel de la mairie de Biarritz. Didier Borotra considère que parmi tous les prétendants au trône de Biarritz, une seule personne a la capacité de diriger cette ville : Nathalie Motsch. Et il est clair que si cette dernière, après avoir multiplié les banderilles en 2019, pouvait s’offrir en mars 2020 les deux oreilles de Veunac, le vieux sénateur ne pleurerait pas dans sa modeste chaumière d’Arbonne.

Didier Guillaume va devoir surveiller ses fréquentations

Pour voir si l’idée de sa candidature prend, Didier Guillaume s’offre un galop d’essai dans tous les médias nationaux.

Reste l’hypothèse Didier Guillaume avec une question de taille. Se présentera-t-il avec le soutien de La REM ou fait-il le forcing alors que rien n’est encore décidé, tant le G7 peut changer la donne ? La tournée des médias et les confidences mollement annoncées en off sur une éventuelle candidature constituent un des grands classiques des politiques désireux de voir comment les citoyens réagissent. Macron en avait fait de même en son temps quand il était un ministre des Finances à états d’âme de François Hollande. Guillaume, le parachuté possible, même s’il a des attaches biarrotes et pris soin de passer ses vacances ici, devra faire gaffe à l’atterrissage s’il se déclare réellement candidat, compte-tenu des lourdes casseroles qu’il trimballe dans son havresac. Sénateur de la Drôme, il avait annoncé sa décision de se retirer de la vie publique pour devenir directeur de la Coupe du Monde de rugby 2023, avant de constater que le poste était purement honorifique. D’où un rétropédalage vigoureux pour revenir dans cette « vie publique » qu’il avait tant décriée et la nécessité de changer d’air, le Drômois pouvant se montrer fort rancunier.

Didier Guillaume est plutôt considéré avec sympathie par les Biarrots, qui cherchent l’homme providentiel ou la femme providentielle qui pourrait permettre à Biarritz de redevenir une Ville normale, à la gestion transparente. À l’exception des candidats déclarés qui trouvent évidemment tous les défauts de la terre à Didier Guillaume, les Biarrots se demandent si un maire qui serait en même temps ministre de l’Agriculture (Ce n’est pas encore clair, mais le cumul devrait être autorisé pour les villes de moins de 30 000 habitants) n’aurait pas quelque capacité à accélérer les dossiers délicats, et, très pris par ses fonctions, peu de temps à consacrer aux copinages permanents qui sont devenus la plaie permanente de la mairie de Biarritz. Un double bénéfice.

Cet avis peut s’entendre et la candidature de Didier Guillaume est tout de même d’un tout autre calibre que celle d’un Veunac ou pire encore d’un Lafite. Reste une interrogation d’importance. Quand on arrive dans une ville qu’on ne connaît pas bien, on a tendance à s’appuyer sur les premières personnes qu’on rencontre et à avoir du mal à appréhender la complexité d’une situation. En panne d’avenir abertzale (les patriotes basques ne veulent pas de lui dans leur liste) et grand copain du ministre de l’Agriculture, Michel Poueyts, cette vieille connaissance, est une fois de plus à la manœuvre. C’est lui, brave homme, qui ouvre son carnet d’adresses au ministre en quête d’avenir électoral, lui qui le présente à Guy Lafite.

Après l’affaire des écuries de Bigueyrie, de l’Hôtel du Palais ou de la villa Sion, les Biarrots n’en peuvent plus des magouilles permanentes et approximations absolues. Guillaume, s’il n’est présent qu’en fin de semaine à Biarritz, devra avoir des hommes de confiance sur qui s’appuyer à Biarritz. Sa liste, s’il en monte une, sera donc encore plus clairement examinée que celle de ses concurrents. Et il a à peu près autant de chances de gagner avec Lafite ou Poueyts dans son sillage, que de passer inaperçu des militants de la cause animale en se rendant aux arènes de Bayonne.

Pour espérer l’emporter, Guillaume devra donc faire attention à ses choix et patienter jusqu’à la fin du G7, car les trois jours d’enfer qui nous sont promis peuvent changer considérablement la donne. Dernier point, l’actuel ministre et potentiel candidat devra vite s’adapter à cet humour biarrot qui consiste à rire de tout et surtout de ses malheurs, à l’image de cet octogénaire découvrant que tous les gendarmes couchés de la ville ont été arasés afin de permettre aux grands de ce monde de mépriser allégrement les limitations de vitesse : « Les gens râlent sur ce G7, mais il a du bon. Certes, on n’a jamais vu à Biarritz autant de CRS debout. Mais grâce à cet événement, on n’a plus de gendarmes couchés ». Et, comme disent les Biarrots, mieux vaut un gendarme couché qu’un gendarme bouché. Ou pire, un gendarme bourré.