Barucq tournicote et Arostéguy rigole

Pendant que Maïder Arostéguy repart avec sa liste du premier tour, Guillaume Barucq discute avec tout le monde et oublie le message des électeurs.

Guillaume Barucq a multiplié les appels du pied et semble désormais en grande difficulté pour présenter une liste cohérente et respectueuse des suffrages exprimés.

Le sport et la politique ont beaucoup de similitudes : quand Serge Blanco, unanimement reconnu comme le meilleur arrière du monde, jouait les phases qualificatives avec son cher Biarritz Olympique et perdait le match, il ne proposait pas ses services au Stade Toulousain pour jouer le dimanche suivant et restait à la maison pour suivre la fin de la compétition. Ce n’est pas faire injure à Éric Bonnamy ou Laurent Ortiz que d’affirmer que s’ils étaient les meilleurs élus du monde, quelqu’un s’en serait sans doute aperçu pendant cette mandature. Si rien ne change d’ici mardi, date limite de dépôt des listes de second tour, les voilà pourtant pressentis pour intégrer la liste recomposée de Guillaume Barucq, tandis que Patrick Destizon et Louis Vial, qui eux non plus n’ont pas grand-chose à voir avec l’aristocratie des adjoints en poste, tapent avec insistance à la porte du docteur à catogan. Les Biarrots sont sauvés !

À toutes les questions de Bisque, Bisque, Basque !  Guillaume Barucq se contente de répondre : « Pas de précipitation. Rien n’est encore acté. Soyez patient » avant de préciser dans un deuxième message : « Vous faites de la politique-fiction. Attendez mardi de découvrir notre liste de renouvellement+++ »

Pour aider les électeurs à s’y retrouver dans ce salmigondis si typiquement biarrot, nous allons donc partager avec vous les informations en notre possession, même si elles changent pratiquement d’heure en heure, et en profiter pour rappeler quelques principes républicains de respect du vote des électeurs.

Veunac essaie de fourguer son entreprise en faillite

Sévèrement fessé au soir du premier tour, Michel Veunac continue néanmoins à manoeuvrer. ( Photo Sud Ouest )

Et commençons par notre champion toutes catégories. Pas un maire sortant d’une ville de plus de vingt mille habitants ne s’est retrouvé cinquième avec 12,22% des voix, mais ce n’est pas ce genre de détail qui va arrêter notre maire-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie, qui essaie à tout prix de tirer encore quelques profits de son entreprise en faillite. La semaine dernière, une réunion houleuse a opposé l’actuel maire à ses colistiers, lui demandant quelle stratégie il compte adopter pour le second tour. Mimi-la-Malice s’est bien gardé de répondre, alors qu’il a fait le tour de toutes les listes pour tenter de négocier son soutien en échange de l’intégration de Claracq, Bonnamy et Ortiz et de l’obtention d’une SEM pour lui, histoire de prendre encore quelque menue monnaie.

Rapidement éconduit par Maïder Arostéguy qui le considère comme une machine à faire perdre des voix, ce qui démontre une lucidité certaine, notre brillant stratège a imaginé une alliance avec Saint-Cricq pour peser sur l’élection. Mais l’avocat biarrot qui a le sentiment de s’être bien fait rouler dans la farine en 2018 au moment du vote de l’Hôtel du Palais, s’est bien gardé de donner suite, décidant de maintenir sa liste pour le deuxième tour.

Veunac savait parfaitement qu’avec Nathalie Motsch, qu’il craint beaucoup, toute alliance était impossible. Sans aucune dignité, il a tout de même envoyé des émissaires qui ont affirmé à « Calamity Nathalie » que le maire sortant était prêt à la soutenir si elle renonçait à son recours contre lui au moment du vote de l’Hôtel du Palais. Tiens, tiens, on a peur ?

Barucq tombe dans le piège

Veunac s’étant fait claquer le museau presque partout, il ne restait plus qu’une porte à tenter d’entrebâiller. Mimi-la-Malice a alors entonné auprès de son adjoint à l’Environnement le grand couplet de « Biarritz ville centriste » qui n’est pas prête à tomber dans les bras d’une candidate de droite mais rêve d’un maire rassembleur comme Didier Borotra ou… lui-même. Une idée que partage visiblement Guillaume Barucq même s’il affirme que rien n’est fait. Lors d’une interview à France 3, le 26 mai, Docteur-surf laisse filtrer un peu sa stratégie : « Ma liste peut se maintenir en créant un grand rassemblement autour de l’écologie, de gauche à droite, avec une équipe de personnes complémentaires et compétentes. » Complexe de l’élève face au maître tacticien ? Visiblement Veunac préoccupe beaucoup Guillaume Barucq : « Va-t-il se maintenir ? Se retirer ? Et dans ce cas-là soutenir une liste ? J’attends de voir. J’ai été son adjoint pendant six ans : je l’ai aidé à gagner en 2014… ». Si ce n’est pas un appel du pied… Avant de laisser pointer le bout du catogan dans cette réflexion finale : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… »

Après l’avoir laissé poireauter une bonne semaine, Guillaume Barucq a rencontré Nathalie Motsch jeudi soir pour lui proposer une… sixième place sur sa liste, tandis que Lysiann Brao pourtant numéro deux de la liste EHVS et devancée de presque deux points par la liste Motsch se retrouve en quatrième position. De façon fort prévisible, Nathalie Motsch a refusé cet affront et a claqué la porte en décidant de maintenir sa liste.

Arostéguy, droite dans ses bottes

Peu de jours après le début du confinement, lors d’un échange téléphonique, Maïder Arostéguy avait confirmé son intention de repartir avec sa liste et de refuser les mains tendues de Michel Veunac et Jean-Benoît Saint-Cricq, estimant qu’ils incarnaient un passé et une façon de faire de la politique dont les Biarrots ne veulent plus. Deux mois plus tard, la candidate n’a pas dévié d’un pouce de la ligne tracée, déposant sa liste quatre jours avant la date limite et réaffirmant lors d’une conférence de presse vendredi sa conviction que les Biarrots n’en peuvent plus des « tripatouillages » permanents que leur a fait vivre Veunac. L’observateur local est bien obligé de reconnaître que la candidate LR a parfaitement saisi le message adressé par les Biarrots le 15 mars et manifeste beaucoup de sens politique. Et comme, pour être élu, il faut comme en sport avoir parfois un peu de chance, il semblerait que le dossier du BO, sujet sur lequel Maïder Arostéguy a parfois semblé mal à l’aise, ne refera pas surface avant le 28 juin, la DNACG, le gendarme financier du rugby, estimant qu’il faut laisser les clubs tranquilles avant de prendre des décisions.

Et si on respectait les électeurs biarrots ?

À mon sens, jamais dans l’histoire de Biarritz, résultat électoral n’a été aussi limpide que celui exprimé par les Biarrots le 15 mars dernier et Guillaume Barucq, en jouant le jeu des alliances improbables sauce Biarritz, commet une énorme erreur. Deux faits sont totalement incontestables. Michel Veunac a pris au premier tour une fessée comme jamais maire sortant n’en a pris. Ce n’est pas seulement sa personne que les Biarrots ont sanctionnée, mais aussi sa façon de faire de la politique.

Discuter, même si cela n’aboutit pas, avec les membres de cette liste, au vu du désastre que nous avons subi pendant six ans, constitue une faute majeure. Tous ceux qui ont soutenu Michel Veunac, tous les bénis oui-oui qui ont choisi de ne rien dire des abominations qui se passaient à la Ville pour sauver leur indemnité d’adjoints ou leurs délégations ne méritent pas d’être repêchés et ne peuvent figurer dans une liste Barucq qui affirme vouloir le renouvellement.

Le ticket-Barucq, Motsch, Morin séduisait les Biarrots. Pourquoi le refuser?

Par ailleurs, les Biarrots ont établi une hiérarchie avec leurs votes, Nathalie Motsch talonnant Guillaume Barucq et devançant la liste EHVS. Un vote très cohérent où tous les partisans de la fermeté républicaine face aux pressions de Jean-Baptiste Aldigé se sont retrouvés au coude-à-coude. Prendre en compte les votes des Biarrots, c’est présenter face à Maïder Arostéguy mardi, une liste où Guillaume Barucq est le numéro 1, suivi par Nathalie Motsch en deuxième position et Brice Morin en troisième position. Avec le soutien de Karim Guerdane, qui souhaitait voir cette liste de tous ses voeux et dont le talent politique doit être utilisé même s’il a fait un score modeste.

Tout le reste, c’est de la petite tambouille électorale, une tentation de « biarrotiser » l’élection avec des alliances improbables et des petits arrangements entre amis que les Biarrots ne supportent plus, c’est enclencher irréversiblement la machine à perdre. C’est bien connu, en sport comme en politique « la peur de gagner » fait commettre parfois des erreurs colossales. Barucq a encore trois jours pour se ressaisir et jouer sa balle de match. 

Tohu-bohu à la mairie

Jusqu’à la dernière minute, il nuira à sa ville ! Sans le moindre scrupule, Michel Veunac continue à prendre des décisions qui engagent l’avenir de Biarritz. Ainsi, avant la date du 28 juin il a prévu de tenir un ultime conseil municipal, où l’adjointe aux Sports Stéphanie Ricord présentera sa démission, car il l’a fait nommer entre temps Directrice des Ressources Humaines de la Ville. Une nomination qui est loin de faire l’unanimité en interne, où l’élue est peu appréciée et qui agace les candidats au poste de maire qui ont l’impression qu’on leur force la main. Dans la rubrique, « C’est un bonheur de travailler à la mairie », notons aussi la démission de la directrice de la communication qui a adressé à tous les chefs de service une lettre où elle détaille ce qu’elle a enduré. En attendant une nouvelle nomination, c’est l’inusable Claire Ripert qui va assurer l’intérim, tandis que la liste des employés tombés au front s’allonge sur le monument aux morts de la mairie.

15 mars 2020, le jour de la libération de Biarritz

Le confinement a fait oublier à quel point le message des électeurs biarrots a été clair. Un virage historique se dessine pour la Ville.

La rumeur affirme – Comment la vérifier en ces temps de confinement ? – que Michel Veunac, dès qu’il a un peu de temps libre, branche son magnétoscope à cassettes pour voir et revoir « Les Bronzés font du ski ». Et quand arrive la réplique culte de Michel Blanc, alias Jean-Claude Dusse dans le film, « On ne sait jamais. Sur un malentendu, ça peut marcher ! », tout le monde est prié de faire silence dans son salon, alors que Notre-encore-maire-que-la-Terre-entière-nous-envie affiche un sourire extatique. Fait-il semblant pour raviver la flamme chez ses maigres troupes ou y croit-il vraiment ? Difficile à dire, mais Michel Veunac s’agite beaucoup au téléphone ces derniers temps, affirmant que si une nouvelle élection à deux tours est organisée, il va « mettre Jean-Baptiste Lemoyne en avant » et « surprendre tout le monde par le score qu’il va réaliser ».

Laissons à notre plus que septuagénaire ses illusions un peu pitoyables, alors que la fin du confinement se dessine et qu’il est temps d’analyser les très clairs signaux que les électeurs biarrots ont envoyé au soir du premier tour. En effet, jamais premier tour n’aura été aussi limpide dans l’histoire politique de Biarritz.

Ce renouvellement que les « jeunes » candidats, Arostéguy, Barucq, Motsch ou Morin appelaient de tous leurs vœux, correspond visiblement aux souhaits des Biarrots. Trouvez-moi un maire sortant en France, un seul qui se soit retrouvé en cinquième position avec le score de 12,22% des suffrages exprimés ! Plus personne ne veut du « système Veunac », qui est en droite ligne avec le système Borotra des derniers mandats, les neurones en moins. Opacité autocratique, renvoi d’ascenseur aux copains, dissimulations aux autres élus, plus personne n’estime que cette façon de gouverner a un avenir possible. Et rien que pour cela, parce que le 15 mars 2020, correspond à une sorte de libération de Biarritz, le champagne mérite d’être sorti.  

Les électeurs âgés ont voté comme d’habitude

Et, même s’il est un peu moins facile que d’habitude de recouper une information, tous les témoignages de ceux qui étaient présents dans les bureaux de vote coïncident : les plus de soixante ans habitant Biarritz ont voté comme d’habitude. C’est la clientèle des quadras-quinquas, ayant encore des enfants sous leur responsabilité, qui a fait défaut. Alors que le confinement se profilait à l’horizon, le 15mars, tous ceux qui avaient de la famille à protéger ont préféré s’abstenir de voter pour mettre les leurs à l’abri. De la même façon tous ceux qui se partagent entre Biarritz, où ils sont inscrits sur les listes électorales, et une grande métropole ont hésité à venir alors que la pandémie devenait de plus en plus menaçante. Michel Veunac raconte donc un gros bobard, un de plus, lorsqu’il affirme qu’il a été pénalisé par l’absence de l’électorat âgé. Ce sont au contraire les plus jeunes élus qui ont pâti de la situation et à l’évidence, si le scrutin avait pu se dérouler dans des conditions plus normales, l’écart avec Veunac aurait été encore plus grand.

Le très beau score de Maïder

Attention à ne pas réécrire l’histoire et à ne pas énoncer a posteriori des évidences qui ne l’étaient pas tout à fait avant le vote. Maïder Arostéguy en obtenant près de huit points de plus que Max Brisson en 2014 (31,47% contre 23, 35%) montre qu’elle a fait une campagne méthodique où elle a su amalgamer le socle traditionnellement important des Républicains et la sympathie personnelle qu’elle a inspirée à des Biarrots qui pensent qu’elle fera un bon maire de rupture après les catastrophiques années Veunac. Avec 16,22% des voix, alors qu’il s’était contenté de 7,26% en 2014, Guillaume Barucq a montré qu’il avait progressé en crédibilité dans l’esprit des Biarrots. Tout en durcissant le ton, il s’est tenu éloigné de toutes les polémiques qui ont enflammé les réseaux sociaux et a mené avec sa liste une campagne très intelligente. Reste Nathalie Motsch qui se retrouve en troisième position à 177 voix seulement de Guillaume Barucq, alors qu’on l’annonçait dans certains sondages à 6% d’intentions de vote. On ne m’ôtera pas de l’idée, alors que les Biarrots voulaient à tout prix une « nouvelle gouvernance » que « Calamity Nathalie » qui offrait dans son programme toutes les garanties demandées par les citoyens de « transparence » et de respect de la démocratie, a commis une erreur stratégique de première importance en faisant monter Didier Borotra sur scène. La fidélité en amitié est respectable, mais les Biarrots ont été déroutés par cette contradiction apparente entre volonté de transparence et référence au passé, même si son score de 14,24% montre que les Biarrots voyaient en l’ancienne adjointe à l’Urbanisme une élue pugnace et compétente tout à fait apte à diriger la Ville.

Des alliances qui ne dureront qu’un temps

Si le deuxième tour s’était déroulé le 22 mars comme prévu, Maïder Arostéguy aurait-elle été élue facilement ? Difficile à dire, mais ce n’est pas si sûr. En effet, contrairement aux élections municipales précédentes, qui avaient vu des alliances improbables comme celle de Max Brisson avec Jean-Benoît Saint-Cricq, alors que tout Biarritz savait qu’ils se détestaient, pour une fois les alliances entre candidats étaient très naturelles et articulées autour de la conduite à tenir face au chantage des dirigeants du Biarritz Olympique. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Nathalie Motsch était prête à rallier Guillaume Barucq, de même que la liste de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh, tandis que Karim Guerdane aurait appelé à voter pour ce « front républicain du refus ».

Du côté de Maïder Arostéguy, les choses s’avèrent plus compliquées. Jean-Benoît Saint-Cricq avait annoncé, dès le dimanche 20 heures, son intention de se rallier à la lauréate du premier tour. Du jamais vu en politique, où en général on fait au minimum semblant pendant une journée de réfléchir ou de consulter ses troupes. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Michel Veunac aurait lui aussi fait des propositions à Maïder. Qui sagement, et après avoir consulté ses colistiers, aurait décidé de garder sa liste telle qu’elle est, estimant que Veunac comme Saint-Cricq lui feraient perdre plus de voix qu’en gagner. Une décision sage mais qui pouvait laisser imaginer un duel très serré au soir du 22 mars entre Arostéguy et Barucq. Après tout, Michel Veunac est bien devenu maire de Biarritz en 2014 en ne recueillant que 17,43% des suffrages au premier tour. Toutes ces supputations électorales vont sans doute être balayées par la décision d’Emmanuel Macron de recommencer à zéro les élections municipales dans les villes qui n’ont pas choisi leur maire dès le premier tour. En cas de nouvelle élection en octobre 2020 ou mars 2021, qui peut dire si Nathalie Motsch retentera sa chance ou partira derrière Barucq ? Qui peut dire si de nouveaux candidats ne vont pas profiter de l’aubaine ?

Le Palais en danger et Biarritz en difficulté

Pour Biarritz l’aboutissement de cette élection et le départ tant attendu des Veunac et Lafite relèvent de l’urgence absolue. Lors de la visio-conférence qui s’est tenue avec les élus, jeudi 16 avril au matin, les deux ont pris leur voix la plus pleurnicharde pour annoncer aux élus ce que les Amigorena, Lannevère, Motsch, Pinatel, Boissier et d’autres pronostiquaient depuis 2018. Le confinement empêche les travaux de se dérouler à L’Hôtel du Palais. Ce dernier n’ouvrira donc pas cet été et la Ville de Biarritz ne touchera donc aucune redevance, alors qu’elle doit faire face à d’importantes échéances bancaires. « C’est la faute au corona-virus ! »  ont gémi en chœur Mimi-Imperator et La Faillite-nous-voilà !  Comme si l’activité touristique était linéaire ! En 1929 déjà, suite à la crise financière, plusieurs grands hôtels de Biarritz s’étaient retrouvés en difficulté. L’activité touristique n’est jamais planifiable à l’avance et une guerre, une crise financière, la fermeture des frontières peuvent mettre en difficulté un palace.

En 2018, plusieurs élus avaient mis en garde le maire et son adjoint aux Finances contre les risques courus par le montage aventureux proposé. Nous y voilà, et plus vite que prévu ! « Ce n’est pas grave, on va recapitaliser » a affirmé Guy-Lafite-réponse-à-tout. Tout en se gardant bien d’expliquer à qui il compte ouvrir le capital tout en ne perdant pas le contrôle du Palais. À un certain Jean-Claude Decaux ? Comme en 2018, les Biarrots, tout comme les élus, sont jugés trop bêtes pour qu’on leur donne les explications qui s’imposent. Et pendant ce temps-là, Veunac continue à s’agiter en tous sens persuadé que lors d’une nouvelle élection « sur un malentendu, ça peut marcher ! ». Nous ne saurions donc trop lui conseiller de regarder la filmographie intégrale de Michel Blanc. À chaque fois, le comédien mise sur un malentendu pour parvenir à ses fins, mais ça ne marche jamais.

Veunac n’a donc plus qu’une chose à faire au vu de la fessée électorale qu’il vient de prendre : quitter la politique biarrote avec dignité. Mais en est-il capable ?

Mardi : Le premier tour doit être sacralisé

Les réponses des candidats

Quel commentaire vous inspire le résultat de votre liste et éventuellement les résultats obtenus par les autres listes ?

Maïder Arostéguy

Il s’agit d’un résultat très encourageant et très net qui confirme la dynamique des sondages de juin et surtout de janvier   Proximité, actions de terrain et travail participatif ont fait la différence.

Guillaume Barucq

Nous avons plus que rempli notre objectif du premier tour qui était de placer notre liste Biarritz Nouvelle vague sur le podium. Avec cette deuxième place nous étions bien positionnés pour mener une large coalition sur un projet écologique et social et jouer la mairie au second tour. Le message envoyé par les électeurs biarrots est clair : place au renouvellement.

Nous avons subi nous aussi l’abstention avec une part non-négligeable de notre électorat conscient de la situation émergente liée au Covid-19et qui a fait le choix de ne pas venir voter. Au pire cette élection aura servi de sondage en conditions réelles et     servi de révélateur pour bon nombre d’électeurs qui ont vu que notre projet était réaliste et que notre équipe avait les moyens de prendre des responsabilités à la mairie de Biarritz

Nathalie Motsch

Un commentaire enthousiaste et reconnaissant de la confiance des Biarrots : 14,23% des suffrages exprimés pour une toute première élection est un résultat honorable qui nous a rendus heureux. Il démontre la crédibilité de notre équipe et du programme environnemental que nous avions proposé aux biarrots. Nous avons ainsi fait taire les mauvaises langues qui nous créditaient d’à peine 4% ! Nous sommes fiers de ce résultat et surtout très touchés de la confiance que les Biarrots nous ont témoignée.

177 voix nous séparent de Guillaume Barucq, c’est un écart infime qui démontre l’appétence des Biarrots pour nos programmes écologiques et durables. C’est une belle nouvelle qui prend tout son sens dans le contexte actuel : nos modes de vies vont changer et « le bons sens » portera, enfin, des politiques environnementales inédites sur nos territoires. Je note aussi l’arrivée de Karim Guerdane dans le paysage politique biarrot, sa présence démontre l’envie des Biarrots de renouveler le paysage politique.

Liste EHVS (Brice Morin, Lysiann Brao, Mathieu Accoh)

Nous faisons le constat que l’écologie représente a minima 30 % des suffrages sans tenir compte de la grande abstention du premier tour. Alors même que nos têtes de liste, très investis dans notre cité depuis des décennies mais non « professionnels de la politique » ont recueilli 12,34 % des suffrages des votants. C’est un bon score et nous en sommes fiers.

Plus que jamais, cette crise sanitaire et économique sans précédent confirme l’urgence et la nécessité de mettre en place dès aujourd’hui des mesures inédites. L’humilité s’impose face à l’ampleur de ce qui nous frappe. Pour autant, l’ensemble de notre projet en sort renforcé : consommer et agir local, construire une véritable économie circulaire à l’échelle du pays basque y compris au niveau de l’industrie et de la production de matériel de santé (un appel à projet a été lancé par la CAPB pour la production de matériels de santé.), aide aux plus démunis.

L’ensemble des enjeux de transition écologique peuvent être sereinement abordés avec notre liste grâce à un mouvement de gauche progressiste, écologiste et abertzale qui se renforce élection après élection au sein de l’agglomération pays basque. Ensemble nous pèserons !

Biarritz a vocation à mener la barque.

Alors que certains pouvaient encore nous stigmatiser et nous qualifier d’utopistes ou de radicaux, ils doivent se résoudre au constat que la mise en place de nos propositions ne peut attendre plus longtemps.

Les mesures de confinement n’ont fait qu’exacerber les inégalités sociales. Le respect de notre environnement et de notre territoire va de pair avec toutes formes de solidarité et de lien social. L’un ne peut aller sans l’autre. Plus qu’un changement de gouvernants c’est aujourd’hui un changement de gouvernance qui s’impose, d’un mode dépassé d’exercice du pouvoir : plus de démocratie directe et participative.

Michel Veunac : Surprise ! Le maire sortant a refusé de répondre à Bisque, Bisque, Basque !

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pas de commentaire particulier à faire. La participation étant faible a peut-être faussé le résultat mais personne ne peut savoir ce qu’auraient voté les 18% qui manquaient.

Karim Guerdane

Le résultat de la liste Biarritz Bonheur me ramène à une certaine logique de moyens, et je m’interroge sur l’abstention inédite qui nous a frappés ; certains de mes colistiers ne sont pas même allés voter à cause des annonces contre-productives du gouvernement, et je ne peux les blâmer. J’assume également ma part de responsabilité et j’avoue ne pas avoir pris la mesure de cet appel au vote. 

La communication a été le maître mot de cette campagne, et j’en tire les enseignements pour le futur : j’ai joué l’honnêteté et les valeurs, et je les défendrais encore. Je n’ai pas, ni l’envie, ni le besoin de travestir ma liste pour exister ou être « citoyen » : beaucoup sont prêts à s’asseoir sur leurs principes pour des postes : pas moi. La majeure partie de mes adversaires ont atteint leurs plafonds de verre, avec des moyens et une logistique optimale, avec des résultats que je juge faibles.

Pour nous, les bases sont jetées, avec 2 mois de campagne et 2 500 euros de budget (10 fois moins à minima que toutes les listes) : cela nous laisse une marge gigantesque quand on apprécie les pourcentages assez faibles réalisés par l’ensemble de listes. Contrairement à ce que pensent beaucoup, c’est notre électorat cible qui s’est le moins déplacé.

Le besoin d’une présence d’une alternative humaniste, solidaire et moderne est d’autant plus criante en ce jour. Mon message allait déjà dans ce sens, et je n’aurai pas à adapter beaucoup de mesures si ce vote se jouait aujourd’hui ; les programmes de mes concurrents, eux, devraient être totalement chamboulés. Mes premières phrases dans cette campagne ont été : «  Il n’existe pas d’autres alternatives crédibles, donner du sens à notre quotidien…Nous faisons le pari de l’Humain, le seul qui mérite d’être tenté « . C’est d’autant plus vrai trois mois après. 

On ne remerciera jamais assez Veunac

Ce mandat à la médiocrité abyssale, avec ses attentats démocratiques à répétition et la débandade de la majorité, aura au moins permis de faire éclore des talents. Biarritz est prête à tourner la page.

L’enfumeur public numéro 1, le Lucky Luke de la phrase creuse, l’homme qui profère des lieux communs plus vite que son ombre est prêt à sévir six ans de plus (Photo-montage Bisque, Bisque, Basque !)

Une fois n’est pas coutume, Bisque, Bisque, Basque ! va faire dans la tendresse au lieu de l’ironie lourde. Ils sont 245 dimanche qui vont se confronter à l’une des activités humaines la plus ingrate qui soit, la politique, en se présentant aux suffrages de leurs concitoyens. Si l’on ajoute les membres des comités de soutien, et les proches, ce sont près de cinq cents personnes qui sont concernées à Biarritz par le scrutin municipal. Et à l’exception d’une vingtaine de professionnels de la vie publique, beaucoup plus soucieux du futur de leurs indemnités que du devenir de Biarritz, (… Hasard, ils ont presque tous trouvé refuge dans la liste à Veunac !), il reste donc plusieurs centaines de Biarrots, qui donnent leur temps et leur énergie sans compter depuis des mois, qui réfléchissent au devenir de la Ville et à un bien vivre ensemble, qui se mettent parfois en danger dans leur vie professionnelle ou leur vie de famille, qui prennent souvent des risques financiers énormes puisque, en dessous de 5% des suffrages obtenus, il n’y aura pas de remboursement des frais. Et l’on dira ensuite que la démocratie n’est pas vivace en France !

À vous tous qui avez passé des heures à tracter dans les rues, à faire du porte-à-porte en essuyant parfois les rebuffades de ceux que vous dérangiez, à imaginer un Biarritz meilleur et plus fraternel, à dialoguer jusqu’à l’épuisement avec les uns et les autres, je tiens à adresser un immense merci pour le message d’espoir que vous nous adressez. Et je tiens aussi à féliciter les directeurs de campagne de toutes les listes, qui se sont toujours efforcés, malgré l’enthousiasme parfois débordant de leurs supporters, de rester dans les limites du jeu démocratique en n’oubliant pas que le 15 mars au soir, il faudra négocier avec les autres listes, fusionner et comprendre le sens donné par les Biarrots à ce scrutin.

Le « connardovirus » souvent présent dans les réseaux sociaux

Qu’on ne s’imagine pas pour autant que Bisque, Bisque, Basque ! soudain visité par la grâce démocratique est devenu aveugle et persuadé que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. En tant que témoin actif d’un combat capital pour l’avenir de Biarritz, je me réjouis de l’activité de tous ceux qui, à visage découvert, ont exprimé sur les réseaux sociaux leurs points de vue et leurs attentes. Malheureusement, si le coronavirus pour le moment épargne quelque peu le Pays basque, le connardovirus, bien présent à Biarritz avec ses trolls masqués balançant leur haine anonyme derrière leurs claviers, est devenu la plaie de la vie publique sur les réseaux sociaux. Avec d’une part des supporters qui ont une fois pour toutes débranché leurs cerveaux et refusent d’entendre tout ce qui n’est pas directement favorable au candidat de leur choix. Et plus grave, des petits malins qui profitent de la pagaille ambiante, pour pousser leurs pions en avançant masqués, multiplier les menaces et faire pression sur les futurs candidats dans ce qui ne peut être qualifié que de chantage abject et de jeu pervers contre la démocratie.

Le mandat parfait de Veunac

L’Hôtel du Palais était l’assurance vie des Biarrots avec une valeur estimée à plus de 200 millions d’euros. Michel Veunac l’a rendu impossible à vendre pendant 75 ans avec le risque que Decaux ne s’en empare.

Ce monde étant imparfait comme on le sait tous, il ne nous reste donc plus qu’à remercier Michel Veunac pour le mandat parfait qu’il vient d’accomplir. Il a en effet en six ans de temps réussi à cocher toutes les cases. Incompétence vertigineuse puisque vous ne trouverez pas un élu de cette ville ou de l’Agglo pour déceler en lui la moindre aptitude à la vie publique, colères à répétition, la mairie étant devenu une pétaudière où les salariés sont en souffrance, hésitations permanentes comme en témoigne le plateau d’Aguilera où pas le moindre permis de construire n’a été déposé pendant des années, Veunac pataugeant dans sa piscine olympique fantôme, incapacité à diriger une équipe ainsi qu’en attestent les départs fracassants de François Amigorena, Édouard Chazouillères, Nathalie Motsch, Guillaume Barucq ou Virginie Lannevère, attentats démocratiques à répétition comme les écuries de Bigueyrie, la villa Sion, l’Hôtel du Palais ou l’aménagement du plateau d’Aguilera… Et on rajoutera même un soupçon de malhonnêteté puisque certains des colistiers de Michel Veunac attendent depuis 2014 d’être remboursés de l’argent qu’ils ont prêté au maire. Une histoire racontée par Bisque, Bisque, Basque ! et que le maire a oublié de démentir.

https://jeanyvesviollier.com/2020/02/25/le-vilain-rapport-a-largent-de-veunac/

Vous avez aimé cette série interminable de 2014 à 2020 avec un nouvel épisode presque chaque semaine ? Alors, si par malheur Veunac est réélu, vous allez adorer ce qui va se passer de 2020 à 2026, avec un maire de 74 ans, ivre de sa toute-puissance qui en fera encore plus à sa tête qu’avant. On ne confie pas les clés de sa voiture à un copain qui a éclusé toute la soirée et qui est visiblement à trois grammes. On ne peut pas confier après tout ce que l’on a enduré à Biarritz, les clés du camion à un maire qui a montré tellement d’inaptitude au poste. Vous envisagez néanmoins de voter dimanche pour le maire sortant ? Alors Bisque, Bisque, Basque ! ne peut rien pour vous si vous aimez souffrir et vous conseille une consultation chez le psy.

On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe

Bisque, Bisque, Basque ! pour ce qui sera le dernier papier avant le premier tour, tient donc à remercier chaleureusement Michel Veunac pour tous ses errements. Grâce à lui, les Biarrots se sont intéressés à la vie publique et ont singulièrement modifié leur curseur personnel sur ce qui est acceptable et inacceptable à Biarritz en matière de démocratie locale. Et les occasions de s’indigner n’ont pas manqué pendant ce mandat : 600 pages à lire en deux heures avec interdiction de prendre des notes ou des photos dans une salle où les élus étaient surveillés comme des pensionnaires dans un collège privé ! Voilà ce que Veunac a osé infliger à son conseil municipal en 2018, à propos de L’Hôtel du Palais ! Et au final – du jamais vu dans une autre ville de France ! – un maire qui se retrouve en minorité dans sa propre majorité mais qui est sauvé par une partie de son opposition venue lui sauter sur les genoux à point nommé. Avec des enseignants de Sciences-Po, nous avons cherché des votes similaires dans d’autres villes de France, mais Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie est un créatif et n’a pas d’équivalent. Avec ces mêmes enseignants, nous avons cherché début février, une ville faisant voter aux élus une décision à 12 millions d’euros à cinq semaines de la fin du mandat. Nous n’avons pas trouvé.

La vente de la villa Sion, un des grands scandales du mandat.

Mais, avec son Premier adjoint, La-Faillite-Nous-Voilà, qui lui au moins a le bon goût de quitter la vie publique après son flirt raté avec Didier Guillaume, nous avons pu grâce à ce duo improbable percevoir beaucoup de choses en tant que simples citoyens. « À quelque chose, malheur est bon » affirme un vieil adage populaire. En voulant singer Didier Borotra, élu parfois désinvolte avec la loi, comme l’a prouvé l’affaire des PV, mais qui avait une vision pour sa ville, Michel Veunac, personnage falot et dénué d’imagination, a poussé à bout un système de copinage et de clientélisme dont les Biarrots ne veulent plus entendre parler. Grâce à lui, dans toutes les listes figurent désormais des promesses de transparence et de démocratie participative.

Avec ces ultimes acrobaties municipales, nous avons aussi pu mesurer quels sont les élus et candidats sensibles aux pressions (Jean-Baptiste Aldigé a repoussé d’un mois l’assemblée générale où la « faillite » du BO devait être évoquée, ce qui montre bien qu’il s’agissait d’un chantage pur et simple) et quels sont ceux décidés à y résister. On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe et quand on est un citoyen raisonnable on ne peut pas donner son bulletin de vote à des gens qui, avant même d’endosser l’écharpe tricolore, ont montré leur propension à céder. Bisque, Bisque, Basque ! espère que les scores décevants qu’obtiendront dimanche 15 mars, les listes Arostéguy et Saint-Cricq, élus qui par ailleurs ne manquent pas de qualités, leur permettront de comprendre qu’ils se sont trompés.

Des talents qui émergent et qui rassurent

Et, la nature ayant horreur du vide, on ne remerciera jamais assez Michel Veunac de « la pépinière de talents » qu’il a engendrée en obligeant ses adjoints à prendre leurs responsabilités et à progresser très vite. Qui se souvient de la diaphane Nathalie Motsch, qui a joué les bonnes élèves de la majorité de 2008 à 2014 avant de devenir une élue pugnace, réfléchie et compétente, qui a fait preuve d’un courage remarquable lors de ce mandat après avoir compris le fonctionnement, disons un peu particulier de son chef de file ? Qui se rappelle du Guillaume Barucq de ses débuts, persuadé que la gentillesse et le dialogue pouvaient tout résoudre avant de comprendre que la politique et les bons sentiments ne font jamais bon ménage et de devenir un élu clairvoyant et lucide, n’hésitant pas à exprimer ce qu’il pense ? Pas d’inquiétude à avoir, ces deux élus ont désormais les épaules pour gouverner la Ville, et si d’aventure « la grosse tête » s’emparait d’eux en devenant maire, il y a suffisamment de talents et d’expérience dans les listes qu’ils ont constituées pour les ramener à la raison.

Si la situation n’était pas devenue aussi folle à Biarritz, est-ce que nous aurions eu la chance d’avoir un Karim Guerdane avec ses convictions de gauche, son bon sens et ses idées novatrices comme candidat ?

Si le duo Veunac-Lafite n’avait pas désespéré Pétricot, Parme ou La Négresse, est-ce que nous aurions eu cette intéressante alliance entre les Abertzale, les Verts et la France Insoumise, avec les belles personnalités de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh ?

C’est à Veunac que l’on doit tout cela, avec ces quatre listes de rupture qui présentent bien des convergences et qui pourraient, au soir du premier tour, constituer la force susceptible de mettre fin à des années de dysfonctionnement à Biarritz et à un retour au dialogue et à la démocratie apaisée. C’est à vous de choisir entre ces quatre listes pour désigner celui ou celle qui doit être chef de file des espoirs biarrots au deuxième tour.

Et comme il convient de remercier Michel Veunac pour tous ces talents qui ont pu éclore grâce à lui, faisons-lui un beau cadeau en le renvoyant chez lui pour lui laisser enfin le temps de s’occuper de ses petits-enfants. Non, non, ne me remerciez pas, Michel, ce sera un plaisir de vous voir quitter la vie publique.

Merci l’ami !

Hasard de la vie, un de mes copains vient de me signer une procuration et son vote, que j’aurais respecté quel qu’il soit, vient à merveille compléter le mien. C’est peut-être idiot, mais j’ai très envie de voir une femme à la tête de Biarritz, car il me semble que sa nomination pourrait profondément changer les vilaines pratiques en cours. Et quand je constate que tous les élus les plus impliqués et combatifs de la majorité comme Hervé Boissier, François Amigorena, Françoise Mimiague ou Brigitte Pradier viennent au soutien de cette candidate, je me dis que Biarritz tient là une opportunité intéressante, car incontestablement il faut du caractère et de la technicité pour être maire et la dame ne manque ni de l’un ni de l’autre. Mais l’égalité des sexes implique aussi que le fait d’être un homme ou une femme ne soit pas un critère déterminant, au moins dans un monde idéal où la parité serait une réalité. Cet autre candidat au stéthoscope et à la planche de surf milite pour un renouvellement profond, il a des idées, de la sincérité et une liste prometteuse autour de lui. Grâce à la loi, je vais pouvoir déposer un bulletin en faveur de chacun de ces deux candidats, en espérant qu’ils fusionnent au deuxième tour, tant ils me semblent proches dans leur vision de l’avenir de Biarritz. Quelle bonne idée, ce copain a eu de s’absenter !

Journal d’un buté de campagne (8)

Veunac, gonflé de chez gonflé

Les promesses n’engagent que les électeurs imbéciles qui y croient. Le maire sortant en a fait une fois de plus la démonstration avec autorité.

Michel Veunac qui n’avait pas pu défendre ses chances lors du débat de France 3 tant il était aphone, avait retrouvé toute sa superbe lors de l’excellent débat de Médiabask qui est consultable en ligne depuis jeudi. Et qui dit parole intelligible, dit aussi capacité à mentir avec un aplomb absolu. Treize minutes ne s’étaient pas écoulées, que le maire sortant de Biarritz affirmait, avec le culot dont il est capable : « Un bon bilan c’est un mandat où les engagements qui ont été pris ont été tenus ». Un propos tellement énorme que les autres candidats en sont restés bouche bée, tant ce mandat a été celui des promesses non tenues.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200305/les-candidats-de-biarritz-debattent

Conscient d’avoir un peu poussé mémé dans la colline aux hortensias, Mimi-La-Malice, quelques minutes plus tard, parlera de « 70 à 80% de promesses tenues », sans que personne ne relève ce demi-aveu. Pour rafraîchir la mémoire des Biarrots ou de ceux qui n’étaient pas là en 2014, Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de rappeler tout ce qui a été laissé en route dans le programme de celui qui était alors deuxième adjoint de Didier Borotra :

– Ne pas toucher à la fiscalité locale, promesse non tenue sous prétexte de baisse des dotations de l’État, une baisse largement compensée à Biarritz par les droits de mutation sur l’immobilier encaissés par la Ville.

– Aménager le plateau d’Aguilera et construire à cet endroit des logements sociaux. Il a fallu six ans de tergiversations à Veunac pour ne rien faire avant de soudain se réveiller quand Aldigé lui a mis un pistolet sur la tempe. À quatre semaines de la fin de son mandat !

– Construire un bassin olympique de 50 mètres qui manque cruellement dans les Pyrénées-Atlantiques. Promesse annulée après avoir confié une étude à des « experts » rémunérés par la mairie jugeant la réalisation « trop chère ». Effectivement, avec la rénovation du Palais et la construction d’un centre de formation du BO, cet équipement qui contentait tous les Biarrots n’avait plus aucune raison d’être.

Et on vous fait grâce des promesses de respect de la démocratie, de transparence ou de travail en équipe !

Alors, pour tous ceux qui n’ont pas lu une œuvre de fiction depuis longtemps, plongez-vous vite dans le programme de Veunac, vous y découvrirez tout ce qui ne se fera pas entre 2020 et 2026.

BARUCQ, LE SNIPER – C’est un détail auquel les spectateurs ne pensent jamais, mais le tirage au sort des emplacements attribués peut s’avérer crucial. Nathalie Motsch en a fait l’expérience lors du débat de Médiabask en se retrouvant aux côtés de Saint-Cricq et Veunac qui ont pris un malin plaisir à la rendre difficilement audible lors de ses interventions en créant un brouhaha sonore à chaque fois. De son côté, Guillaume Barucq a pu bénéficier d’un environnement plus calme et s’exprimer dans le silence, ce qui lui a permis de sortir largement vainqueur de la confrontation. Où est-il le temps où Guillaume Barucq trouvait des excuses à tout le monde et voulait croire à un dialogue possible entre composantes de la majorité ?   L’homme a changé en étant beaucoup plus ferme dans ses propos. Ne fuyant nullement ses responsabilités d’adjoint, il a tout de même adressé un scud à Michel Veunac en parlant d’un « mandat de transition » Et cette fois, le maire-qui-a-réponse-à-tout en est resté sans voix face à ce « Dégage Pépère ! » de son ancien adjoint.

MORIN, LE MAUVAIS ESPRIT – Les huées dans la salle du conseil municipal, le 12 février dernier, étaient donc une simple vue de l’esprit ? C’est Brice Morin, lors du débat de Médiabask, qui a le mieux réussi à faire dégoupiller Veunac. Du haut de ses 74 printemps, le maire pour quelques jours encore s’est permis de tancer le jeunot : « Ce n’est pas correct de dire que le 12 février les élus ont voté sous la menace et ls pressions », avant de conclure à destination de l’insolent : « Vous êtes obsédé par l’opacité ». On se demande bien pourquoi au vu de la transparence avec laquelle ont été menées les opérations concernant les écuries de Bigueyrie, la vente de la villa Sion, le dossier de cession à Decaux de l’Hôtel du Palais ou les aides multiples et répétées au BO.  

ROBERT CE HÉROS – Tous ceux qui ont dans leur entourage proche un fonctionnaire de la mairie, savent à quel point le personnel n’en peut plus de Veunac et de ses colères permanentes qui n’ont d’égales que ses constantes hésitations. Robert Rabagny avait osé, le 28 février lors de son départ à la retraite, venir dire avec des fleurs à la directrice des ressources humaines ce qu’il pensait de son comportement (lire le Journal d’un buté de campagne 7). Revenu, tout à fait par hasard, mardi dernier à la mairie, Rabagny a provoqué à chaque fois qu’il arrivait dans un bureau des applaudissements nourris. Le 14 juillet 1789 est-t-il sur le point d’être revécu à la mairie ?

LE GROGNARD FAIT PSCHITTT ! – Connu sur les réseaux sociaux pour ses éructations permanentes et sa façon d’être parfois dans la diffamation (au point que Bisque, Bisque, Basque ! a été obligé de le virer du blog), Guy Husson avait annoncé dès le mercredi 3 février qu’il allait distribuer un tract concernant la « malhonnêteté » de Borotra et de Veunac. Et pour que la surprise ne soit pas totale, l’homme qui m’avait jadis insulté en découvrant que j’avais été membre des comités de soldats, avait mis en ligne son tract en invitant ceux qui partageaient son point de vue à le photocopier à leur tour. Mais, jeudi matin, il aura suffi que Louis Vial et un policier municipal fassent les gros yeux au grognard napoléonien pour que la garde meure et décampe au plus vite…

LA SUPERBE MANŒUVRE DE MARTINEAU – Les listes de Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq s’enorgueillissent d’avoir un général dans leur entourage, mais c’est bien la fille de militaire et numéro deux de la liste Barucq, Corine Martineau, qui en a remontré à ces messieurs au niveau de la stratégie d’occupation du terrain, lors du débat organisé au casino par Sud Ouest et France Bleu Pays basque. Arrivés les premiers, les membres de l’équipe « Biarritz Nouvelle vague » avaient pris la précaution de se munir d’un coupe-vent vert fluo aux couleurs de leur champion et de s’emparer des premiers rangs, ce qui fait qu’on ne voyait qu’eux dans la salle quand les autres équipes étaient beaucoup plus dispersées. Une manœuvre comme celle-là, il faut au moins avoir fait l’école militaire de Saint-Cyr pour la réussir !

LE FRANC PARLER DE LYSIANN BRAO – La candidate de Euskal Herrian Vert et Solidaire a laissé parler son tempérament lors du débat au casino municipal. Évoquant le denier mandat de Didier Borotra et le calamiteux mandat de Veunac, elle s’est soudain muée en médecin urgentiste en traitant le problème du logement : « Pendant six ans, voire douze ans, Biarritz a fait un arrêt cardiaque. Le cadavre est encore chaud et d’un seul coup il y a urgence. Il y a autant de logements que d’habitants dans cette ville, mais 42% sont des résidences secondaires. » Même absence de langue de bois, quand Michel Veunac se targuait de ses bons résultats en matière d’eaux de baignade : « Nous les Biarrots, qui allons nous baigner tous les jours, nous pouvons vous dire, cette eau est dégueulasse ! » Michel, tu peux renfiler ton peignoir !

https://www.sudouest.fr/2020/03/04/municipales-a-biarritz-assistez-au-debat-entre-les-sept-candidats-ce-vendredi-au-casino-7276303-4037.php

LE COUP BAS DE SAINT-CRICQ – Le marivaudage entre Saint-Cricq et Veunac, visible de tous lors du débat de Mediabask, s’est poursuivi au casino municipal, avec la volonté très affirmée de clouer le bec à Nathalie Motsch. Alors que l’ex-adjointe à l’Urbanisme affirmait sa volonté de désimperméabiliser la ville, l’avocat biarrot s’est permis de « dénoncer le caractère fantaisiste de ce qu’on vient d’entendre » avant de faire semblant d’être magnanime : « Madame, vous êtes excusable, car vous n’êtes pas d’ici » … Un propos qui rejoint celui de Michel Veunac qui évoque souvent en réunion de majorité « Les Biarrots de souche ». À ce sujet, le troisième opus de François Amigorenan « Vues sur maire » où il évoque les « Vrais Biarrots et Français de souche » est à ne rater sous aucun prétexte.

www.amigorena.fr

QUI SONT LES ENFOIRÉS ? – Le débat au casino a été mené avec beaucoup d’autorité par le trio de journalistes Véronique Fourcade, Michel Garicoïx et, en meneur de jeu, le rédacteur en chef de France Bleu Yves Tusseau. Ce dernier a suscité les rires de l’assistance au moment de conclure à 19 h 57 en souhaitant à tous une « bonne soirée des enfoirés » Et tout le monde de se demander s’il évoquait le débat passé ou la soirée à venir.

EMBOUTEILLAGE SUR LE PARVIS DES HALLES – Ce dimanche 8 mars, Jean-Benoît Saint-Cricq a été le plus rapide à s’installer, tandis qu’un peu partout dans la ville des militants sillonnaient les rues à la recherche de rares électeurs disposés à les écouter. Karim Guerdane, tout comme Guillaume Barucq avaient choisi la grande plage, tandis que l’équipe de Nathalie Motsch se partageait entre la rue Mazagran, les contre-allées du marché et le parvis. Maïder Arostéguy avait dispersé ses militants un peu partout après une présence massive aux Halles le samedi, tandis que l’équipe du maire sortant était représentée par Sylvie Claracq et Éric Bonamy. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’attiraient pas la grande foule. Face à la densité des distributeurs de tracts, un commerçant des halles pestait : « Heureusement que ce cirque se termine bientôt. Il va bientôt y avoir plus de candidats que de clients ».

Journal d’un buté de campagne (7)

L’esclandre de Rabagny à la mairie

L’ancien animateur n’a pas digéré la façon dont il a été viré de la mairie et il l’a fait savoir en dénonçant les « privilèges » dont a bénéficié le fils de la directrice des ressources humaines.

Vendredi matin, lorsque Robert Rabagny est entré dans la mairie avec une rose rouge à la main, tout le petit personnel de la mairie qui le connaît bien et lui garde beaucoup d’affection, s’est demandé ce qu’il avait en tête. Cette fleur était destinée à la directrice des Ressources Humaines de la Ville, Patricia Dumont, qui partait en retraite. Après l’avoir longuement cherchée, Robert a fini par dénicher l’intéressée dans les bureaux de la réglementation et a pu lui remettre son cadeau devant de nombreux témoins riant sous cape. « Oh, Robert, je suis très touchée. Il ne fallait pas ». Un enthousiasme qui va être vite douché par Robert : « Madame, Je suis courtois et c’est pour cette raison que je vous offre des fleurs. Il y a deux mois, je vous ai demandé de regarder mon dossier de retraite pour voir s’il n’y avait pas une erreur ou si je n’avais pas droit à une aide. Quand vous m’avez imposé en 2015 de partir en préretraite pour raisons médicales, vous saviez très bien que je ne toucherais que 750 euros de retraite par mois, alors que j’ai encore une fille à élever. Vous vous êtes bien gardée de me le dire, même si j’étais en pleine dépression avec tout ce que la mairie m’avait fait subir. Je vous ai demandé d’étudier mon dossier et évidemment vous ne l’avez pas fait. Pourtant, vous aussi vous avez un fils et visiblement vous vous en occupez, ce qui est normal. Votre fils, Clément Guyard, est rentré à la mairie comme chargé de mission au développement économique, un poste qui ne sert strictement à rien aux dires de tous mais que Michel Veunac a imposé. Voilà comment fonctionne la Ville et je tenais à vous remercier, Madame, pour tout ce que vous n’avez pas fait en ma faveur. » Et Robert, superbe, de quitter Patricia Dumont éberluée, avant de rajouter : « Et je vais me faire un plaisir de tout raconter à Bisque, Bisque, Basque ! »

Un esclandre qui en dit long sur les pratiques de la mairie. Et pour faire bonne mesure, rajoutons que le poste que va libérer Patricia Dumont, a déjà été promis à Stéphanie Ricord, cette gentille conseillère municipale qui a eu le bon goût d’approuver toutes les décisions du maire pendant la mandature. Après tout, pourquoi se gêner ?

METTEZ FIN À SES SOUFFRANCES ! – Pas de chance pour Michel Veunac, le soir du débat organisé par France 3 région à Bordeaux, il était totalement aphone et absolument inintelligible pour les téléspectateurs. Le lendemain du côté des halles, des plaisantins affirmaient que Mimi-la-Malice avait fait semblant de ne pas pouvoir parler pour être sûr de ne pas proférer de bêtises, tandis que d’autres faisaient mine de s’inquiéter pour l’avenir en imaginant Veunac atteint du coronavirus, contaminant tous ses rivaux, et Karim Guerdane devenant maire puisqu’il était seul à être en duplex à Bayonne.

LYSIANN BRAO EN PREND POUR SON GRADE – Michel Veunac, qui était accompagné de son fils, est sorti en fureur du débat, – « Vite, une clope ! » – et, sa voix subitement retrouvée, s’en est pris vertement à Lysiann Brao qui aurait raconté n’importe quoi et utilisé des chiffres faux.  La candidate EELV, qui a affiché lors du débat un beau caractère, ne s’est pas démontée. Si elle a suivi les conseils municipaux de ces six dernières années, elle n’a pas dû être surprise de l’agression verbale et sait à quel point le duo Veunac-Lafite tient les femmes en haute estime.

PAUVRES GAMINS – Croisant fortuitement deux jeunes distributeurs de tracts à peine en âge d’être lycéens, Bisque, Bisque, Basque ! n’a pu résister au plaisir de les taquiner quelque peu. « C’est étonnant à votre âge d’être favorables à Michel Veunac » Et l’un d’eux d’avouer piteusement : « Mais, Monsieur, on est payés pour faire ça ! ». La liste Veunac croit tellement fort en lui qu’il ne trouve même pas de volontaires pour aller distribuer gratos sa propagande.

LA CONFUSION TOTALE – Le maire sortant est censé avoir trente-cinq colistiers mais, visiblement, la motivation est telle dans sa « bande à Mimiles », ainsi que les habitants surnomment les vieux chevaux de retour de la liste à Veunac, que personne n’a pris le temps de relire la prose du premier édile qui s’est – une fois de plus ! -sérieusement emmêlé les pinceaux sur les futures dates. Il donne rendez-vous aux électeurs, non le 15 et 22 mars comme tout le monde, mais les 20 et 23 mars prochains. Si vous voulez voter pour Veunac à ces dates, cela convient très bien à Bisque, Bisque, Basque !

UNE BELLE COQUILLE DE SAINT-CRICQ – L’avocat biarrot a lui aussi laissé passer une coquille dans son programme puisqu’il parle du réaménagement du « Jardin Pubique », amenant les Biarrots à se demander si dans son audace, Jean-Benoît Saint-Cricq ne veut pas ratiboiser la toison de l’espace public favori des Biarrots. Une aubaine pour François Amigorena qui s’est auto-proclamé « morpion, coupeur de poils en quatre ». Un humour pile-poil.

LA SURENCHÈRE CONTINUE – Maïder Arostéguy avait annoncé, lors de la présentation de sa liste, avoir laissé quarante personnes à la porte du Colisée. Les troupes de Nathalie Motsch affirment que plus de cent personnes n’ont pu rentrer lors de la présentation de la liste « Biarritz en a besoin ». Étant à l’intérieur de la salle, l’affirmation est impossible à vérifier. Mais une chose est sûre : la salle était bondée et la réunion publique a été un franc succès avec une présentation très enlevée des « binômes » de la liste et des applaudissements nourris pour Didier Borotra, qui est sagement resté au premier rang, et pour Jean-René Etchegaray qui est monté sur scène en tant que président de l’UDI pour dire tout le bien qu’il pense de la candidate biarrote de son parti.

LE BRICE HORTEFEUX DE VEUNAC – Patrick Destizon, dans le rôle du méchant de service, se révèle. Chargé auprès de Michel Veunac des sales besognes, comme l’était Brice Hortefeux auprès de Nicolas Sarkozy, il s’est fendu au lendemain de la réunion publique de Nathalie Motsch d’un post vengeur sur la présence de Jean-René Etchegaray, affirmant qu’en tant qu’immense adjoint du maire actuel il s’impose « un droit de réserve » avant de conclure, martial, : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs ». Une mauvaise foi assez évidente quand on constate l’omniprésence de Jean-Baptiste Lemoyne dans la liste Veunac. Avec au passage, ce qui la fout assez mal pour un ex-universitaire, une magnifique faute d’orthographe sur « l’immixtion flagrante » d’Etchegaray. L’ex-adjoint confond visiblement l’immiscion dans les affaires des autres, la mission impossible qui est la sienne consistant à faire élire Veunac et la miction urgente qui le conduit à soulager sa vessie.

OH, LE VILAIN COUP BAS – Comme si elle faisait peur à tout le monde, Jean-Benoît Saint-Cricq, lui aussi, s’est cru obligé d’en rajouter une couche au lendemain de la réunion publique de Nathalie Motsch en affirmant sur  Facebook que Jean-René Etchegaray est venu « soutenir l’Aviron Bayonnais » avec une « candidate qui s’oppose au BO ». On commence par céder au chantage d’Aldigé le 12 février et pour justifier son choix, on ne se montre pas solidaire des ses collègues élus qui se font insulter par le président du BO deux jours plus tard et on accuse ensuite carrément de traîtrise une candidate, ce qui est indigne, même en période électorale, de la part d’un élu aussi expérimenté et subtil que Jean-Benoît Saint-Cricq.

COURAGE, FUYONS ! –  Après la publication dans Bisque, Bisque, Basque ! mardi 25 février, de l’article « Le vilain rapport à l’argent de Veunac », le maire sortant et ses maigres troupes, qui avaient pourtant été sollicités avant la parution de l’article, se sont bien gardés de rédiger le moindre démenti officiel. Et quand les Biarrots, stupéfaits d’apprendre que le maire a rançonné ses adjoints et ne les a jamais remboursés, interrogent les soutiens de Veunac, ceux-ci se contentent de lever les yeux au ciel en affirmant que Bisque, Bisque, Basque ! veut la perte du maire actuel, ce qui est vrai, et raconte n’importe quoi, ce qui reste à prouver. Chiche que vous venez au tribunal affirmer la même chose !

LA CAMPAGNE EST UNE FÊTE – Bisque, Bisque, Basque ! n’a pu assister, samedi 29 février à la présentation à Plaza Berri de la liste emmenée conjointement par Brice Morin, Lysiann Brao et Matthieu Accoh, mais, aux dires de Jean-Philippe Viaud, numéro quatre de la liste de Nathalie Motsch mais très ami avec tous les membres de cette liste, la fête a été superbe et s’est terminée bien au-delà de minuit. Démonstration que l’on peut défendre avec ardeur ses idées sans perdre sa joie de vivre. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le collectif a eu la bonne idée de créer un site pour permettre à tous de suivre son actualité.

https://www.biarritzvertetsolidaire.eus/fr/

 

 

Ce trublion qui fait l’unanimité

Contrairement à sa blonde voisine, dont la candidature était vouée à l’échec, Karim Guerdane a commencé par avoir un programme avant de se décider à se présenter. Et tous ses rivaux reconnaissent qu’il a vu juste.

Petite piqûre de rappel à tous ceux qui ne circulent que dans le périmètre doré de Biarritz : Plus de 3 000 Biarrots vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit 13% des habitants de cette ville. Ce chiffre, tout proche de la moyenne nationale qui est à 14,7% a été évoqué lors du débat télévisé de France 3 et il ne doit plus sortir de l’esprit de tous les candidats qui seraient tentés de s’imaginer que Biarritz est une ville d’ultra-privilégiés. Karim Guerdane a été le premier à se rendre compte que l’environnement, le débat sur les eaux de baignade ou le tourisme de masse, sujets municipaux majeurs qui méritent réflexion, ne devraient pas faire oublier tous les laissés pour compte de la Macronie triomphante, ceux qui vivent les fins et parfois les débuts de mois difficiles et qui voient l’écart avec les plus riches s’accroître sans cesse.

Fort de la conviction que le devoir d’un futur maire est d’aider ces plus démunis, Karim Guerdane a eu la modestie d’aller d’abord frapper à toutes les portes où on l’a accueilli avec parfois un peu de condescendance.

Discussions chaleureuses avec les Abertzale, mais « le poids de leur structure a fait que je ne pouvais m’intégrer » puis tentative de liste commune avec Marine Batiste, sa voisine de Saint-Charles, avant de se rendre compte que lui seul pouvait incarner les valeurs de gauche qu’il porte. Avec un effet inattendu et qui l’enchante. Le parti socialiste s’est allié à lui « sans condition ». Les autres listes se sont aussi rendus compte de la justesse de son propos et ont réinjecté des mesures sociales dans leur programme. Rencontre au « Cyrano » avec ce candidat qui gagne vraiment à être connu.

 – Tu es né à Biarritz ?

– Je suis né en 1976 à Bayonne, mais j’ai été élevé à Biarritz. Je suis un enfant de la grande plage.

– Tu as été politisé très jeune ?

– Je suis passé entre les gouttes très longtemps. Biarritz était un cocon. Mais j’ai eu le déclic au collège Rostand avec mon prof d’histoire, Monsieur Filho, puis en première au lycée Malraux avec une professeur de français, Madame Libaros. Les deux m’ont donné envie de lire et d’apprendre.

– Concrètement, ça a donné quoi ?

– La littérature m’a ouvert des horizons, m’a fait penser la société autrement. J’ai dévoré Camus mais aussi les grands auteurs américains avec une conscience sociale comme John Steinbeck. Comme beaucoup de familles maghrébines, mes parents lisaient peu, car ils n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Et, comme beaucoup, ils ont travaillé durement toute leur vie et n’ont pas eu le temps de se former à autre chose.

« J’étais juste quelqu’un qui aimait parler politique à l’apéro »

– Et l’histoire ?

– J’ai lu beaucoup de choses concernant la seconde guerre mondiale, les guerres coloniales et naturellement l’histoire m’a entraîné en direction de la politique. Je suis passé entre les gouttes longtemps, comme je te le disais, mais en même temps dès la première ou la terminale, je commençais à m’intéresser aux mouvements basques. Ensuite, j’ai cherché à comprendre ce que faisaient Julien Dray ou Harlem Désir, mais j’étais trop jeune pour percevoir le mouvement SOS racisme. D’un point de vue personnel, et même s’il a apporté beaucoup, je l’ai trouvé réducteur et manipulé ensuite.

– Tu as eu des engagements politiques auprès d’un parti ou d’un mouvement ?

– Non, je n’ai jamais pris ma carte à un parti. (Rires) J’étais juste quelqu’un qui aimait beaucoup parler politique à l’apéro. Mes activités professionnelles étaient accaparantes. J’ai été journaliste et éditeur avant d’avoir une pizzeria, puis de redevenir journaliste. Avec la naissance de mon deuxième enfant, j’ai pris conscience de beaucoup de choses et j’ai estimé que je devais m’engager pour tenter d’offrir à ma descendance un monde meilleur.

– Concrètement, tu as fait quoi ?

– J’ai pris mon bâton de pèlerin et je suis allé voir les gens. Je me suis rendu compte que beaucoup partageaient mon point de vue, avaient le sentiment d’une société injuste et sans pitié pour les plus démunis, avec une insupportable mainmise des notables sur les strates de la vie locale. Mais de là à s’engager, il restait un sacré pas à faire. Il a fallu que je dise aux gens « C’est le moment, on y va ! ». Finalement, j’ai pu constituer un groupe de réflexion d’environ soixante-dix personnes et, malgré les pressions ou les menaces bien réelles que certains de mes colistiers ont subies, nous avons pu déposer notre liste en préfecture.

– Tu vas axer ta campagne sur les plus pauvres ?

– Nous avons appelé notre liste Biarritz-Bonheur car nous voulons que la bienveillance soit toujours présente entre élus et citoyens. Le social pour moi ce n’est pas que les plus démunis. La classe moyenne à Biarritz c’est une précarité qui ne dit pas son nom ! Mais mon grand projet, dans une logique de social et de progrès est un projet numérique ultra-innovant. Je veux prouver que social et modernité peuvent coexister. Que le numérique peut servir l’humanisme. Je vais dévoiler tout cela la semaine prochaine.

– La campagne électorale se passe bien ?

– C’est une campagne électorale avec son lot de bonnes et de mauvaises surprises. Il y a des gens, au vu de ma photo, qui me répondent : « Niet ! », parce qu’un arabe ne saurait être un candidat valable à la mairie. Mais, de la même façon que j’ai assez peu souffert du racisme dans mon enfance et que je me suis toujours senti un petit Biarrot, la majorité des réactions nous sont très favorables. On nous félicite d’oser nous lancer, de soutenir les plus pauvres. Le ralliement du Parti socialiste, sans poser la moindre condition, nous a fait un plaisir énorme et nous nous sommes sentis légitimés dans nos revendications. En fait, cette campagne me fait énormément de bien dans mon identité et en croisant les électeurs, je peux me dire : « Je suis Biarrot ».

– Et si au soir du premier tour, tu ne l’emportes pas, tu fais quoi ?

(Karim se marre franchement) Au cas improbable où je ne serais pas élu maire dès le premier tour, je verrai comment faire perdurer alliance constructive ou combat en parallèle sous d’autres formes.

Un candidat plus préoccupé par le triomphe de ses idées que par son propre triomphe électoral, voilà qui est rare en politique. Il n’a décidément rien à voir avec sa blonde voisine de Saint-Charles et son apparition météorique dans la campagne électorale avant un pitoyable retrait. 

Journal d’un buté de campagne (6)

Motsch, catégorique : « Ni Veunac, ni Arostéguy »

L’ex-adjointe à l’Urbanisme ne louvoie pas sur son positionnement au second tour tandis que la liste Veunac se fait copieusement arroser et que Saint-Cricq prépare un grand coup de balai.

C’est un petit jeu délicieux que nous vous conseillons vivement de pratiquer pendant les dernières semaines de cette campagne électorale. Allez assister à la réunion publique d’un des huit candidats et, la bouche en cœur, demandez-lui ce qui se passera s’il n’arrive pas en tête au soir du premier tour. Pudeur de rosière au moment de passer à l’acte, mouvement de menton martial, grand moment de solitude, vous aurez droit à toutes les postures humaines traduisant l’embarras, alors que les citoyens avant de voter devraient clairement savoir avec qui les candidats sont prêts à s’allier ou ne pas s’allier le 15 mars au soir : « J’ai besoin de réfléchir » … « Je ne peux pas envisager la défaite » …  « C’est une question dont je dois débattre avec mon équipe ». Et en plus, on nous prend pour des imbéciles !

Avec le beau tempérament qui la caractérise, Nathalie Motsch est la seule à se montrer on ne peut plus précise sur le sujet : « Depuis le conseil municipal du 12 février, nous sentons une dynamique en notre faveur et les gens nous disent qu’ils ont apprécié mes positions très claires que ce soit sur le Palais ou Aguilera. Mais, si je devais être battue, nous sommes tous d’accord dans mon équipe et n’aurons pas une seconde d’hésitation. Nous ne nous rallierons ni à Michel Veunac ni à Maider Arostéguy ». Voilà Michel Veunac, qui laisse entendre partout qu’il a passé un accord de deuxième tour avec Nathalie Motsch et qu’il en fera sa première adjointe, une fois de plus pris en flagrant délit de mensonge.

LA LISTE VEUNAC PREND L’EAU – Lorsqu’il a pris la pose pour les journalistes avec son équipe devant le parapet de la Côte des Basques, Michel Veunac a juste oublié un détail : vérifier la force et l’horaire de la marée. Résultat, pour la plus grande joie des journalistes présents, la liste a copieusement été douchée. Avec le sens de la phrase creuse qui le caractérise, Michel Veunac a voulu badiner sur le sujet au micro de France Bleu Pays basque : « Les éléments sont venus nous rafraîchir. C’est une bonne chose ! Je le vois comme quelque chose de bon aloi ! »  D’autres y verront plutôt le signe d’un prévisible naufrage.

RENOUVELLEMENT FAÇON VIEUXNAC – Avec six septuagénaires dans la liste dont les inusables Castaignède, Vial et Blanco et neuf sexagénaires dont Ghis Haye, on ne peut vraiment pas dire que le maire fasse dans le rajeunissement massif, même s’il s’est offert l’attaché parlementaire de Vincent Bru, François-Xavier Menou en invité surprise. Quant à la numéro deux de cette liste, Sylvie Claracq, qui s’est distinguée pendant six ans par son inféodation totale au maire, son mutisme et son absence d’idées, son amitié avec le fils de Michel Veunac n’est peut-être pas étrangère à cette inespérée promotion. Visiblement, si par malheur il est réélu, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous envie est bien décidé à gouverner plus seul que jamais.

BARUCQ TRANSCENDENTAL – Même s’il affiche toujours les mêmes valeurs de dialogue et de concertation, le changement qui s’opère actuellement chez Guillaume Barucq frappe les observateurs. Mardi 18 février au Colisée, lors de la présentation de sa liste, le docteur surfeur se montre beaucoup plus incisif qu’à l’accoutumée : « Ce qui s’est passé lors du dernier conseil municipal est inacceptable. Tout le long de la mandature, à chaque conseil on se disait : ça va aller mieux. Et à chaque fois, c’était pire. Nous ne voulons plus de ce fonctionnement et notre liste, cohérente et compétente est faite pour gagner et non pour se rallier ». Un peu plus tard, Guillaume Barucq, qui se déclare très fier à juste titre de son action pour le sport-santé au Pays basque, estime que « cinq minutes de méditation pour tous les élus avant le conseil seraient sans doute une bonne solution ». Et si Veunac fait le poirier, c’est promis, la presse fait de même.

SAINT-CRICQ VEUT DU BALAI – L’avocat biarrot qui a réuni jeudi 20 février une petite chambrée à la Maison des associations pour la présentation de sa liste, concurrence du rugby oblige, a décidé comme première mesure de son programme, de doter les employés municipaux… d’un balai, parce que « les trottoirs sont dégueulasses, on n’en peut plus ». Peu convaincu par les outils actuels qui déplacent la saleté au lieu de l’enlever, Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé de la justesse de l’investissement. Et si au passage, il pouvait profiter de ces balais neufs pour permettre un grand ménage dans l’équipe municipale actuelle, Bisque, Bisque, Basque ! approuverait totalement.

LES ÉTOILES, C’EST TELLEMENT CHIC – Décidément, il est du dernier chic cette année d’avoir dans son comité de soutien ou sa liste un général dûment étoilé. Jean-Benoît Saint-Cricq n’échappe pas à la règle avec en dernière position de sa liste le général Francis Lenne, connu pour ses prises de position contre l’arme nucléaire. Peut-être va-t-il réussir à faire cesser les bombardements incessants à chaque conseil municipal ?

FAIS BISOU À BIZI – Bisque, Bisque, Basque ! est totalement fan des actions de Bizi et de la façon dont cette association sait mettre les rieurs de son côté. Et pour circuler lui-même en vélo dans la ville, il approuve totalement l’occupation momentanée du hall de la mairie par des vélos, seule piste cyclable non dangereuse de la ville. Une initiative qui a mis hors de ses gonds Michel Veunac comme en témoigne la photo prise ce jour-là, qu’un internaute farceur a légendé : « Ta piste cyclable, tu la veux sur la joue droite ou sur la joue gauche ? » Quel est le médecin qui va convaincre Michel Veunac de ne plus se mettre dans cet état et d’arrêter toutes affaires cessantes la politique ?

IL N’Y A PAS QUE LE CENTRE-VILLE – Toutes les listes déplorent la politique qui a été conduite pendant les deux derniers mandats où seul le petit périmètre sacré, allant du Palais au casino Bellevue en passant par le jardin public a été entretenu, mais presque tous les candidats ont choisi ce même périmètre pour leurs permanences. En s’installant 140 avenue du président Kennedy, la liste emmenée par Brice Morin, Lysiann Brao et Matthieu Accoh, affiche sa volonté de rester au contact de tous les Biarrots. Belle initiative.

LA BOULETTE DE FRANCE 3 – Alors que la rédaction de Sud Ouest Biarritz traite remarquablement bien cette campagne municipale avec un grand souci d’équité et des thématiques de fond qui permettent de mieux comprendre les programmes des candidats, la chaîne publique France 3 se montre visiblement beaucoup plus décontractée avec la démocratie. Elle a prévu d’organiser un débat mercredi prochain avec… cinq des huit candidats déclarés à Biarritz. Jean-Benoît Saint-Cricq, Karim Guerdane et Marine Batiste ont ainsi appris qu’ils n’étaient pas conviés. Une injustice qui a fait bondir l’avocat biarrot qui a immédiatement saisi le CSA. On espère que les candidats retenus uniront leurs protestations à celle des évincés pour ce fâcheux manquement à la démocratie.

LAPSUS RÉVÉLATEUR – Lors de la première rédaction de son communiqué, annonçant le report de son assemblée générale au… 1er avril, histoire de bien souligner le côté farce de l’opération de chantage menée par Aldigé, le Biarritz Olympique s’est livré à un lapsus très révélateur, en affirmant qu’il attendait, avant de procéder à la liquidation du club, le résultat de l’élection municipale et le nom du prochain « idylle » (au lieu d’édile). Le BO et la mairie, ça a toujours été une histoire d’amour compliquée.

L’HUMOUR D’AMIGORENA – Fustigé aussi bien par la Ligue professionnelle de rugby que par le magazine « Têtu » pour ses commentaires sur « Barucq et sa copine Amigorena », Jean-Baptiste Aldigé s’est livré à une esquisse de laborieuse repentance en affirmant que ses mots avaient dépassé sa pensée et qu’il n’est nullement homophobe. Sur sa page Facebook, François Amigorena s’est surtout étonné du manque de solidarité de certains élus qui n’ont pas cru bon de s’indigner face aux propos du président du BO. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se montre autrement percutant qu’Aldigé.

Journal d’un buté de campagne (5)

Veunac en lévitation, Aldigé en élucubration

Michel Veunac est désormais persuadé qu’il va gagner l’élection, tandis que Jean-Baptiste Aldigé se distingue une fois de plus.

Les pieds de Michel Veunac ne touchaient plus terre, mercredi soir au sortir du conseil municipal après le vote, sans grande difficulté, des trois délibérations « consultatives » en faveur du BO. Et comme Mimi-La-Malice n’a même pas la reconnaissance du bulletin de vote, il ne se montrait pas tendre envers les Arostéguy, Tardits ou Saint-Cricq qui avaient pourtant voté comme le maire : « Ils veulent me piquer la place, mais il faudrait d’abord qu’ils apprennent à faire de la politique ». Et donc à s’abstenir quand Veunac sort les grosses ficelles. Face à sa garde rapprochée, le septuagénaire a écharpe tricolore se montrait encore plus enthousiaste : « Un vote comme celui-là nous fait gagner au minimum mille voix. Je suis désormais certain d’être réélu ». Et quand un de ses proches évoque devant lui la capacité de nuisance du président Aldigé, il éclate de rire : « Quand j’aurai six ans devant moi, on verra bien ce que je décide. Les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ».  Il ne reste plus à Aldigé qu’à différer de six ans l’assemblée générale où il menace de dissoudre le BO.

LA DOUCHE FROIDE. Malheureusement pour Notre-maire-que-la-terre-entière-nous-envie l’euphorie a été de courte durée. Jeudi 13 février à 18 heures, se tenait une réunion publique au casino Bellevue organisé par Michel Veunac, ses boys et ses girls et les chaises vides étaient légion. À peine 75 personnes étaient présentes, ce qui ne fait pas lourd si on ôte les 25 colistiers de Mimi-Imperator qui avaient daigné se déplacer. Et encore au vu de la moyenne d’âge des participants, on pouvait presque croire à une sortie organisée par les maisons de retraite de la ville. Il existe donc encore quelques mémés amoureuses de notre beau maire.

MAÏDER REFUSE DU MONDE. – Presque au même moment, Maïder Arostéguy présentait sa liste au Colisée, à 18 h 30 précisément. À 18 h 10, les 189 places assises de la salle de spectacle étaient occupées et une quarantaine de personnes s’étaient installées debout derrière les sièges ou dans les travées. Au point que le régisseur a ordonné la fermeture des portes pour des raisons de sécurité. Voilà qui va faire des envieux.

BARUCQ, LE GRAND VAINQUEUR. – Il nous avait tellement habitué à ménager le Guy et le Michel, à prôner le « Aimons-nous les uns les autres », et à la jouer « Bisounours », que le docteur Barucq a surpris tout son monde avec une intervention très ferme contre les délibérations présentées par Mimi-La-Malice. Si François Amigorena ou Nathalie Motsch ont été très bons mais dans un registre prévisible, l’intervention du docteur à catogan a visiblement marqué les esprits des Biarrots qui n’ont parlé que de lui pendant trois jours aux halles.

LES PILULES MAGIQUES D’HERVÉ BOISSIER. – Très commentées aussi, les interventions de Brigitte Pradier et Maialen Etcheverry, deux conseillères municipales qui interviennent assez peu, mais qui ont fait preuve de beaucoup de détermination dans leurs propos, la première déplorant les « menaces sur des élus qui posent des questions d’élus » et la seconde rappelant combien « elle voit de Biarrots en difficulté ». Mais la rock star de la soirée a été sans conteste Hervé Boissier qui pour sa dernière intervention s’est offert un feu d’artifice verbal à l’encontre de Veunac. Et tout le monde d’évoquer son allusion au film de Francesco Rossi « Main basse sur la Ville » et de se demander s’il n’a pas quelques pilules magiques à refiler à Michel Veunac, histoire de lui redonner un peu de tonus.

ALDIGÉ SE DISTINGUE. – La semaine aurait pu être excellente pour Jean-Baptiste Aldigé. Victoire mercredi au conseil municipal où le président du BO, général Pinatel à ses côtés, est venu mettre un coup de pression aux élus et victoire du club qu’il dirige vendredi à Vannes. Mais se faire oublier n’est pas le genre du personnage. Alors que Guillaume Barucq se félicitait de la victoire du BO, le très diplomate président lui a répondu en langage fleuri : « Comment peux-tu oser pointer ton nez ici ? Elle est pour toi et ta copine Amigorena ce soir #fossoyeurs ». On savourera la façon dont le président s’adresse aux élus. Et parler de « ta copine Amigorena » quand on a soi-même porté plainte pour homophobie contre des supporters bayonnais est d’un bon goût exquis.

DES ÉLUS À INDIGNATION VARIABLE. – La liste abertzale, verte, insoumise emmenée par Brice Morin a fermement réagi aux propos du président du BO : « Biarritz ne devrait pas avoir à traiter avec pareil personnage ». Presque tous les candidats ont officiellement exprimé leur désaccord absolu avec les propos tenus. Sauf erreur de Bisque, Bisque, Basque ! trois têtes de liste se sont pourtant gardés de manifester officiellement leur solidarité républicaine avec les deux élus insultés : Michel Veunac, Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq. Pas très glorieux. Mais quand on accepte le chantage d’un président le mercredi, voilà où cela conduit le samedi.

LE PROMENEUR SOLITAIRE D’ANGLET. – Dimanche en début d’après-midi, Didier Guillaume profitait du beau temps au-dessus du VVF d’Anglet du côté de « Kostaldea ». Curieusement, personne ne l’a vu ce week-end du côté des halles de Biarritz qu’il affectionnait tant il y a peu encore. C’est sûrement parce qu’il ne voulait pas évoquer le cas de Benjamin Griveaux…

DU JEAN LASSALLE EN SAINT-CRICQ. – Jean Lassalle a l’art de faire pleurer de rire les députés même s’ils ne sont pas de son bord politique. Dans ce genre d’exercice, l’avocat biarrot Jean-Benoît Saint-Cricq n’est pas mal non plus et le récit du « mur de la honte » bâti juste en face de son cabinet a fait passer un bon moment au conseil municipal. Dans le bâtiment art déco de la poste, les services de la Ville ont décidé en toute simplicité de transformer une fenêtre en porte d’accès de la police municipale. Mais ils n’avaient pas tenu compte de la pente assez marquée de la rue Jaulery. Il a donc fallu « décaisser le trottoir » et pour que les piétons ne tombent pas bâtir un mur protecteur. Surprise de l’avocat venu avec sa colistière Pierrette Echeverria consulter le permis de construire à la mairie.  Rien, nada, que pouic, et gros embarras des services concernés. « C’est Ubu-roi. On est en pleine science-fiction. Quelqu’un qui ferait ça, se retrouverait en correctionnelle à l’initiative du maire » a asséné l’avocat. « Une erreur des services en voie de règlement, a rétorqué Mimi-Imperator avant de rajouter : Je vais réfléchir à porter plainte contre moi-même. » Et il trouve ça drôle ?

UN BEAU RENFORT POUR KARIM GUERDANE. – La petite musique sociale de la liste « Biarritz bonheur » emmenée par Karim Guerdane a attiré l’attention du parti socialiste, qui a proposé son soutien au candidat. « Et on ne m’a pas posé la moindre condition » affirme le journaliste. Les derniers socialistes en carte, avec à leur tête Laurent Riberolles, devraient donc faire partie de la liste Biarritz Bonheur qui sera dévoilée la semaine prochaine.

GARE À LA BRASSE COULÉE. – Marine Batiste revient sur la promesse qu’avait faite Veunac en 2014 et qu’il n’a jamais tenue : la construction d’une piscine olympique. Une excellente idée qui enchanterait tous les Biarrots. Seul hic : en 2014, la décision n’appartenait qu’à la Ville, elle appartient désormais (comme pour les terrains d’Aguilera) à la communauté d’Agglo du Pays basque. Mais nul doute que les conseillers communautaires ne verseront pas une larme si Veunac venait à partir.