Un BO aussi gris que son maillot

dax-bo

Défense en porte de saloon pour le BO qui va encaisser cinq essais face à Dax (Photo Sud Ouest)

Gris, c’est gris ! La consternation était telle en ce lundi, que ce soit aux Halles ou au « Txik Txak » de Soso Puleoto, que l’on n’a guère envie d’en rajouter. Le BO nous avait promis monts et merveilles pour son déplacement à Dax. Et au final un score de 41 à 16, avec cinq essais marqués par les diables rouges contre un seul pour les maillots gris de Biarritz. Cette équipe semble tellement en plein mal être, tellement empruntée avec sa façon de faire tomber systématiquement les ballons, qu’elle paraît davantage avoir besoin du divan d’un psy que d’un entraîneur façon David Darricarrère. Qui peut encore croire en une qualification, en avril 2017, pour les phases finales ?

Koxka manque de couleur

Autre sujet d’étonnement, le jeune comédien qui habite la peluche Koxka, les jours de match à Aguilera, était présent dans les tribunes à Dax, mais visiblement il n’a pas l’autorisation de se produire lors des matches à l’extérieur. Une question d’argent, probablement. Personne ne s’en plaindra, tellement ses prestations jusqu’à maintenant ont été peu convaincantes, mais il est dommage que les joueurs, lors de déplacements aussi proches, soient si peu encouragés. Où est le temps où Géronimo mettait le feu dans les stades, lors des matches à l’extérieur ? À propos de Koxka, Bisque, Bisque, Basque !  n’en est toujours pas revenu de ses trouvailles en fouinant sur le site du BO (http://www.bo-pb.com/). Lorsqu’on clique sur la rubrique Koxka – oui, elle existe ! -, on trouve en tout et pour tout … trois dessins à colorier. Étonnez-vous après cela que le BO, tout comme sa mascotte, donne le sentiment de manquer de couleurs !

dax-bo-koxka

En tout cas, on espère que le « créatif » qui a inventé cette rubrique destinée à faire rêver tous les fanatiques du rugby, va être grassement payé. Et qu’il va devenir partie prenante des entraînements du BO pour transmettre un peu de sa débordante imagination aux joueurs.

Géronimo, l’homme libre

dax-bo-rabagnyEt pendant ce temps, Géronimo, alias Robert Rabagny, honteusement chassé du BO en 2015 et de la mairie de Biarritz en 2016, continue à penser et à agir comme un homme libre, et à faire ce qu’il a envie. En République, on a le droit de venir habillé comme on veut au stade. Et même si on est seul, on a le droit d’emprunter le sentier de la guerre pour soutenir son cher BO, particulièrement mal en point en ce moment. Robert Rabagny, qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il n’en fait qu’à sa tête, a donc décidé de ressortir de l’armoire son costume d’indien et de venir encourager des tribunes son cher BO, comme il l’a fait hier à Dax. Et pas de gris dans son costume de guerre, du rouge, du blanc, et un amour du maillot incomparable. Ah, si seulement les joueurs savaient s’inspirer de cet homme libre et convaincu ! Ah si seulement Koxka réussissait à capter le dixième de sa flamme !

La placide cagouille charentaise promène le BO

Si Soyaux-Angoulême reste à ce niveau de jeu, son maintien en Pro D2 est assuré, car les Charentais ont su faire preuve d’un pragmatisme de vieux briscard face au BO.

Les Charentais adorent jouer aux paysans pas très malins : « Oh moi, quand je vois un escargot qui met son clignotant, je le laisse passer ! » et ils ont magnifiquement réussi à endormir le Biarritz olympique en son jardin d’Aguilera. Impossible pour ma part de choisir entre la ville qui m’a appris à jouer au rugby et celle qui m’accueille depuis plus de dix ans, juste le simple souhait de voir un beau match. Pourtant, lorsque Nicolas Brusque s’avance au milieu de la pelouse pour rendre hommage dans un très beau discours au speaker décédé Jean-Louis Berho, lorsqu’on capte l’émotion des joueurs biarrots, on se persuade que les visiteurs charentais ne vont guère peser lourd.

Mais le promu, qui affiche aussi le plus petit budget de Pro D2, ne se montre nullement intimidé et manifeste une solidarité défensive à toute épreuve et une totale placidité sous la grêle biarrote (les escargots, c’est connu, adorent le temps humide !). Ric ouvre le score pour Angoulême dès la deuxième minute. Tandis que les Biarrots font tomber le ballon à plaisir ou les perdent dans les rucks, les Charentais profitent du moindre turn-over pour attaquer avec vivacité. 9 à 6 en leur faveur à la mi-temps et un probable soufflon mémorable dans les vestiaires biarrots de la part de l’entraîneur Darricarère.

À la peine physiquement, les Charentais encaissent coup sur coup deux essais de Nabou (47e) et Vaka (51e) et se replient momentanément dans leur coquille, sans pour autant oublier les fondamentaux du jeu.  Le match semble plié. Mais c’est mal connaître la mentalité de l’escargot charentais, modèle d’obstination quand il trace sa route. Pénalité après pénalité, Soyaux-Angoulême grignote son retard, fait déjouer Biarritz, avant que Ric, à la 75e minute, ne parachève le désastre 21 à 20.

Et le public biarrot, qui ne se sera manifesté qu’au moment où les Rouges et Blancs menaient au score, de se lever et quitter en masse l’arène, laissant les supporters angoumoisins clamer leur joie, alors qu’il reste encore cinq minutes à jouer et que tout est possible. Quel signal encourageant pour les joueurs sur le terrain !

Oui, décidément, Jean-Louis Berho méritait beaucoup mieux pour son ultime hommage.

 

Koxka et les puceaux

angouleme-01À chaque visite à Aguilera, l’ineptie de la mascotte Koxka, corsaire d’opérette à la langueur adolescente, me frappe davantage. C’est ça le symbole de Biarritz ? Après une brève apparition sur la pelouse avec une main molle agitée, Koxka a passé ensuite son temps à tortiller des fesses dans les travées des spectateurs, les empêchant de voir le match et leur cassant bien les koxkoï. Qu’on l’enferme ! De la même façon, il est parfaitement naturel que le club donne des places à ses jeunes joueurs… à condition qu’ils respectent les cochons de payants ! Juste derrière nous, travée B, rang 9, trois puceaux en short, qui venaient visiblement de s’entraîner, ivres de la permission de 23 heures accordée par leurs parents, sont venus débiter leurs niaiseries pendant toute la fin du match, racontant à haute voix leurs exploits amoureux d’onanistes invétérés tombés sous le charme de leur couette. Il y avait 5 678 spectateurs seulement à Aguilera, dont nombre d’invitations gratuites. Au vu du spectacle proposé et du mépris pour ceux qui ont payé leur place dans les tribunes, le chiffre ne devrait guère décoller lors des prochaines rencontres…

Ce Bo, confondant d’amateurisme

Zef-Koxka

Le Biarritz Olympique l’affirme sans rire : il n’y a pas la moindre ressemblance entre sa mascotte et celle du Stade brestois. (Photo http://www.mensquare.com)

J’imagine la scène comme si j’y étais. Gonflette-en-chef et Gonflette-adjoint, tous deux dirigeants du Biarritz Olympique, se retrouvent sur un coin de table, un crayon à la main. Ils ont deux heures pour remplacer Géronimo, l’indien emblématique du BO, car il ne faut pas contrarier les désirs du maire de la Ville, grand distributeur de subventions du club. Décision a donc été prise de plumer la mascotte.

Gonflette-adjoint :  « Chef, vous avez une idée comment qu’on va s’y prendre? »

Gonflette-en-chef, majestueux : « Un chef a toujours une idée, c’est d’ailleurs pour ça qu’il est chef… »

Tendant une photographie chiffonnée à son adjoint : « Qu’est-ce que tu dis de ça?« 

Gonflette-adjoint :  « C’est quoi ce gus? Et ce drapeau avec S.B. dessus? »

Gonflette-en-chef : « Ignare, c’est Zef le pirate. Et le SB c’est pour le Stade Brestois« …

Gonflette-adjoint, horrifié :  « Mais c’est un club de foot! »

Gonflette-en-chef : « Admire un peu la subtilité de ton chef, au lieu de te récrier. Tu as déjà vu un footeux s’intéresser au rugby?« … « Et en plus, il faut au moins six jours de chars à bœufs aux Bretons pour venir jusqu’au Pays basque. Aucun souci.« 

Gonflette-adjoint, muet et pensif :  « Si je lui dis qu’en un clic de souris, on peut aller partout dans le monde, il va le prendre mal »

Gonflette-en-chef, sortant ses crayons de couleur : « Regarde l’artiste à l’œuvre. Tu vas une fois de plus comprendre pourquoi je suis chef… »

Gonflette-adjoint, horrifié :  « Mais c’est un dessinateur qui a fait cela. Et la propriété intellectuelle? »

KoxkoiGonflette-en-chef, catégorique : «  Tout juste un trop payé de barbouilleur. Je vais lui rectifier le portrait, moi, à sa mascotte. Quant à ta prétendue propreté intellectuelle, je me lave les cheveux tous les matins, moi! »

Et Gonflette-en-chef, se sentant soudain l’âme d’un Léonard de Vinci de détailler son travail : « Des belles dents à la place des chicots de ce Breton aviné, un foulard du plus bel effet plutôt qu’un bandana, une ceinture à la taille et des boutons sur la gueule et le tour est joué »

 Gonflette-adjoint, muet d’admiration :  « Oh, chef, mais où vous allez chercher tout cela. Au fait, comment on va l’appeler cette mascotte? »

Gonflette-en-chef, agacé : «  Arrête un peu de me casser les koxkoi… C’est peut-être à toi de trouver… (soudain, enthousiaste) Koxka! Koxka! Mais c’est magnifique comme nom de mascotte! Mon propre génie m’impressionne!« 

C’est Bousquier qui régale!

L’histoire de la création de Koxka ne s’est peut-être pas exactement déroulée comme cela, mais, si l’on suit la défense du directeur administratif Pierre Bousquier dans L’Équipe (8/12), on ne doit guère être éloigné de la vérité :  » Il y a quelques coïncidences qui peuvent paraître troublantes mais ça s’arrête là. Zef le pirate a besoin d’un orthodontiste, nous ce n’est pas le cas. Il a un bandana, nous c’est un foulard… Si on est de bonne foi quand on regarde les mascottes, elles n’ont rien à voir. Si quelqu’un me dit que les deux têtes se ressemblent, je lui paye des churros jusqu’à la retraite. « 

Biarrots gourmands amateurs de churros, précipitez-vous, c’est Bousquier qui régale, car 74% des lecteurs de Sud Ouest ont vu une ressemblance certaine entre les deux mascottes!

Le Stade Brestois, apprenant que le club basque a lancé une collection de vêtements à l’effigie de Koxka, ne rigole plus du tout pour sa part et vient de missionner un avocat pour ramener à la raison les copieurs. Avec à la clé, soit une forte indemnité à verser au Stade Brestois, soit un procès pour plagiat que le BO a toutes les chances de perdre.

Se souvenant de l’époque où il jouait arrière, Le président Nicolas Brusque tente un long dégagement en touche dans l’édition du soir de Sud Ouest (9/12). « Nous ne pratiquons pas le même sport. On ne veut pas leur faire de l’ombre. » Yvon Kermarec, le président du Stade Brestois, n’est pas d’humeur à transiger : «  On va leur demander de changer leur mascotte. Quand on a fait Zef, on avait regardé les mascottes des autres clubs pour voir s’il n’y avait pas de ressemblances. Ils auraient pu faire la même chose. Mais on va trouver un accord. »

Et, comme pour la COP 21, on arrive aux sujets qui fâchent, c’est à dire une histoire de gros sous, les dirigeants du BO se résignant mal à devoir jeter à la poubelle, pour cause de plagiat, tout le textile qu’ils viennent de faire fabriquer. Les contribuables biarrots vont être ravis de voir à quoi servent les subventions octroyées à la mairie.

Rabagny se fait brusquer

Mais le pire dans cette histoire d’un amateurisme confondant, c’est le petit coup vicieux que Nicolas Brusque, que l’on a connu autrement plus adroit sur un terrain, s’est permis d’adresser dans Sud Ouest et France 3, à Robert Rabagny qui, selon lui,  serait derrière « tout cela ».

Non seulement le BO s’est montré d’une inélégance totale avec son meilleur ambassadeur, n’organisant même pas un hommage à celui qui a porté si haut les couleurs du club pendant vingt ans, non seulement il ne l’a pas associé à la conception de la nouvelle mascotte alors que Serge Blanco, en personne, lui avait toujours promis, mais en plus, quand on connait l’homme, son amour immodéré pour son club et sa Ville, l’accuser de tramer quoi que ce soit contre son club est d’une indignité totale. Qui peut sérieusement imaginer Géronimo prendre son téléphone pour appeler le Stade Brestois?

Robert Rabagny, ulcéré par ce qu’il a entendu, n’exclut d’ailleurs pas de porter plainte contre Nicolas Brusque pour diffamation, et on peut le comprendre.

Et on finit par se demander si le choix de Koxka comme symbole du club, n’est pas en fait parfaitement judicieux : cette mascotte de grand adolescent boutonneux, tout juste tombé du lit est presque aussi laide dans sa négation des valeurs du rugby que les dirigeants incompétents qui l’ont conçue.

Koxkoi bis

Pour défendre Géronimo, la mobilisation des réseaux sociaux a été impressionnante.

Ce BO n’a ni cœur, ni mémoire, ni imagination

BO-Lyon 01

Deux responsables de la sécurité n’ont pas lâché d’un mocassin Géronimo, pendant tout le match contre Lyon. Comme si, celui qui a été pendant vingt ans la mascotte du BO pouvait faire quoi que ce soit contre son club de cœur! (Photos de Daniel Velez)

Géronimo, venu assister au stade Aguilera à un match de son cher BO, et surveillé pendant quatre-vingts minutes par deux agents de la sécurité, c’est aussi incongru que des syndicalistes d’Air France traités par le pouvoir comme des bandits! C’est pourtant le spectacle incroyable qui a été offert aux trop rares spectateurs du match BO-Lyon, qui n’en revenaient pas de voir Robert Rabagny ainsi traité, et qui sont repartis en maugréant après la cinquième défaite consécutive de leur club favori, 16-19.

Une chipolata plantée sur une brochette

Mais décidément, ça devient une spécialité biarrote d’aller chercher très loin ce qu’on a sous la main. Pendant que le maire s’entête dans sa désolante Cité de l’Océan à racheter des attractions qui n’intéressent personne et à payer à prix d’or une exposition chinoise sur les abysses, au lieu de raconter aux visiteurs le gouf de Capbreton, le BO sérieusement en difficulté depuis le grandguignolesque épisode de la fusion ratée, au lieu de resserrer les rangs, vire son porte-bonheur et engage, en guise de mascotte, un grand dadais boutonneux, aussi mobile qu’une chipolata plantée sur une brochette.

BO-Lyon 02 bis

Koxka, la nouvelle mascotte du Bo (à gauche) ressemble furieusement à la mascotte du Stade Brestois.

BO-Lyon 02

C’est Pottoka qui rigole! Autant un Indien, sur le sentier de la guerre à la poursuite des tuniques bleues bayonnaises, avait du sens dans une ville rouge et blanc, autant un corsaire à Biarritz relève de la pure et simple opération de marketing. À moins que le BO n’envisage de fusionner la saison prochaine avec Saint-Jean-de-Luz, vraie ville corsaire, et lui lance des appels du pied?

Quand au choix d’un enfant déluré, il peut être adapté à l’équipe de foot du Stade Brestois, mais certainement pas à un match de rugby. Est-ce à dire que désormais les parties de rugby vont se jouer à toucher à Aguilera? Au passage, on ne donne d’ailleurs pas cher des chances judiciaires du BO, si le créateur de la mascotte brestoise s’avisait de faire un procès pour contrefaçon. Mais, c’est bien connu, les caisses du club sont pleines à ras bord et l’imagination est au pouvoir.

Venu pour dire merci

BO-Lyon 04Homme incontestablement généreux, Robert Rabagny était simplement venu dire merci au BO pour les vingt ans de bonheur qu’il lui doit et pour souhaiter bonne chance à son successeur. Il fallait avoir l’esprit sacrément tordu pour penser qu’il pouvait en être autrement. Dès l’achat de son billet, la sécurité s’est concertée pour savoir si elle devait le laisser passer, ce qui aurait été tout de même une grande première dans une enceinte sportive.

BO-Lyon 06En effet, contrairement aux commentaires que l’on peut entendre à droite ou à gauche, Robert Rabagny n’a jamais été rémunéré pour faire la mascotte et y a souvent été de sa poche, lorsqu’il fallait conduire le camion transportant l’indien jusqu’à Bourgoin ou Toulon.

C’est pour cette raison que ceux qui le connaissent bien sont révoltés par l’ingratitude du club à son égard, comme en témoigne l’épisode de la veste.

Comment ça, vous ne connaissez pas l’épisode de la veste? Il mérite pourtant d’être raconté.

Une midinette du rugby

Derrière son air hâbleur, le porteur du costume de Géronimo est resté une midinette du monde du rugby. Comme il se plait à le répéter, il a trois B dans son cœur : Blanco, le BO et Biarritz. Joueur à l’école de rugby avec Serge Blanco, il est ensuite devenu la première mascotte d’un club de rugby professionnel avant d’accompagner les « Galactiques » (heureuse époque!) dans la conquête de leurs trois derniers titres de champions de France. Mais il n’a jamais été autorisé à porter le blazer du BO.

Pour son mariage avec Patricia en 2013, il a tout fait pour obtenir ce blazer, car il ne pouvait s’imaginer habillé autrement pour ce grand jour. Mais le club n’a jamais daigné lui offrir la fameuse veste et il a fallu qu’un joueur lui prête en douce son blazer pour la cérémonie.

C’est une histoire minuscule mais qui montre les dérives de ce rugby professionnel où l’attention à l’autre, le respect des hommes ne sont plus la priorité. Quand les gens s’aimeront dans ce club, auront plaisir à travailler, à vivre et à jouer ensemble, nul doute que le BO abandonnera cette dernière place qui fait désordre dans son histoire.

Mais est-ce pour bientôt?

 ◊ Un très grand merci au photographe Daniel Velez, qui était à L’Équipe, dix ans avant moi, pour ce très beau reportage photos.

BO-Lyon 03

On connait un petit corsaire qui va devoir aller à l’abordage avant d’être aussi populaire que Géronimo.