Max et l’EPChips !

Chipstarrak a faim

(Dessin Pierre George)

Ma toute Douce,

La vie est parfois bien cruelle et rien n’est acquis sur cette terre !

Je me souviens des espoirs déçus de notre pauvre Max Brisson, de notre cher Chipstarrak, que nous avons connu tout mioche quand il jouait aux « politiciens et aux entrepreneurs » dans les rues de Boucau. Ah qu’il était mignon, tout frisé, ce jeune et brillant gamin si sage qui travaillait bien à l’école et collait les affiches du général de Gaulle sur les murs de la cité ouvrière avec son tube de colle Uhu. Après des études brillantes et l’agrégation d’histoire ou de géographie – je m’y perds -, le voilà qui s’est lancé dans la vie politique. Conseiller municipal de feu Bernard Marie qu’il appelait « Mon papa« , puis conseiller régional grâce à la bonté de MAM qu’il appelait « Ma grande sœur« , puis conseiller général aux côtés du Parrain de la Côte, l’excellent Claude Olive, qu’il appelait « Mon petit frère« , il les a tous, un jour ou l’autre, fabuleusement trahis avant de se prendre la fameuse pelle (du 18 juin) en plein dans la tronche !

Évidemment, cela fait mal… Mais personne ne l’avait forcé à faire la danse du ventre devant Borotra, puis à mener sa campagne électorale des municipales de 2014 comme on mène un veau à l’abattoir de Mauléon. Non personne…

Aujourd’hui, le bilan est triste (contrairement à Anne du même nom…), car si Ostia et Ostiette – du moins pour le moment – ont beaucoup de galette qui rentre chaque mois, pour Max-la-Mélasse les caisses ont un peu de mal à se remplir et la mise au régime a commencé. Du temps où il glorifiait Borotra soir et matin en venant lui faire des bisous dans son bureau et en saoulant ses proches par des : « Didier, DIDIER MON AMI, m’a dit que j’étais le SEUL, l’UNIQUE, le MEILLEUR » (ce qui faisait alors dire avec un grand sourire à l’élégant Michel Veunac qui armait patiemment ses scuds : « Certes, mais il ne lui a pas dit le meilleur des quoi…« ), le Max s’engrangeait dans le gosier une belle indemnité de premier adjoint, avec un joli bureau vue sur mer et une place de parking gratuite en plein centre-ville. Il cumulait les chips gentiment et voyait son avenir sous les meilleurs auspices (son avenir est-il désormais dans le meilleur des hospices ?) en commentant ainsi les choses à son fidèle Domège-sans-intérêts : « A moi les chips de maire et celles du Conseil général ! A moi les bons gueuletons au Palais. A moi les Chips Gold ! » Oui, la vie est bien cruelle, Chère Thérèse-Marie, et ses derniers espoirs furent déçus quand il s’est fait éjecter d’une position éligible aux régionales par l’insupportable Calmels qui aime mieux aller câliner le beau Mathieu Gallet à la Cité du Vin de Bordeaux que la Chips à la Cité de l’Océan.

Pourtant Chipstarrak avait un dernier espoir ! Oui, un ultime…

Il s’agit de l’EPCI, la future grande institution que doit présider le Lehendakari Etchegaray à partir du mois de janvier… Et notre Chips, qui danse le fandangros à Saint-Pée, prépare la brosse à reluire pour le Ché :

– Jean-René est mon ami ! Il est à la fois mon nouveau père, mon nouveau grand-frère, mon IMMENSE idole. C’est la plus grande des intelligences basques universelles. Il y a chez lui du Napoléon et du De Gaulle. Je conserve d’ailleurs dans ce petit écrin qui ne quitte pas ma poche de chips une mèche sacrée de ses cheveux que je vénère et que j’embrasse chaque matin et chaque soir. C’est un Saint !

Et de rajouter dès qu’il croise le Marco Amestoy, le fameux directeur de cabinet du Ché :

 Marco, MON Marco, toi qui as toujours été mon AMI, MON fils spirituel, à qui j’ai appris au temps de la splendeur du Ostia, l’art de la politique, je compte sur TOI, pour faire partie de l’entourage de notre futur empereur des Basques. Tu me dois bien ça, hein MON MARCO si beau ?

Marco, quelque peu gêné par tant de débordement, la cravate bien droite et scintillante de mille fils de soie, le costume impeccablement coupé, les pompes parfaitement lustrées, les mains méticuleusement manucurées, de fuir vers les toilettes les plus proches à la recherche d’un lavabo :

– Il m’a encore broyé la main ce type ! Mais c’est quoi ce truc qui colle, gras et gluant que j’ai sur les mains ? Mais c’est pas Dieu possible ! Il n’y a pas de gel antiseptique dans ces commodités ? Je crois qu’il va vraiment falloir que je revêtisse mes nobles mains de gants immaculés semblables à ceux de la reine d’Angleterre quand je verrai la Chips me poursuivre dans les couloirs. Mais c’est pas vrai ce truc, ça ne part pas ! Quelqu’un aurait du white-spirit ?

Alors le sort des Basques préoccuperait-il à ce point notre joli Chips ? Un tel cœur pour une si noble cause, cela ne mérite-t-il pas un peu d’indulgence de notre part, Ma Toute Douce ? J’ai failli y croire, jusqu’à ce qu’un proche de notre Max ne me raconte cette petite anecdote des plus croustillantes : « Il y a quelques temps, le Brisson m’a fait des confidences que je vous répète car je connais votre grande discrétion. Toute cette affaire est en fait une affaire de chips ! Figurez-vous qu’il a découvert que l’EPCI aura quinze vice-présidents et qu’ils percevront probablement dans les 2000 euros d’indemnités par mois chacun ! Et il ne se cache pas d’y prétendre et rêve à cet apport de chips supplémentaires pour arrondir ses revenus et son beau bidon ! C’est juste aussi simple que cela… Ma chère Marquise. »

Voilà donc le stratagème ! Toujours une affaire de pognon comme on dit du côté de Bidache. Alors, j’ai fait ma petite enquête pour savoir si notre Chips pourra bientôt festoyer sur le dos de nos impôts… Et le résultat ne va pas lui faire plaisir, vous allez voir… S’il est vrai que la Chips sera obligatoirement membre du futur EPCI, vu qu’il est déjà conseiller de l’Agglo à Bayonne, il ignore peut-être que les postes de vice-présidents seront donnés en priorité aux présidents des agglos sortantes. Il y en a dix sortants, dont neuf qui sont détenus par des hommes ! Si notre bien aimé Jean-René devient Lehendakari comme il se doit, il y aura donc neuf vice-président et une vice-présidente en quelque sorte de droit avant de désigner les cinq autres. Alors, ne peut-on pas penser que très logiquement pour les cinq postes qui resteront à pouvoir, l’on choisisse de les attribuer à des femmes ? Ce serait la moindre des choses dans cette société qui se décide enfin à appliquer la parité depuis peu… Et ce n’est pas au Pays basque, dans le cadre d’une nouvelle institution, que l’on se montrerait ringard ! On arriverait ainsi alors à dixhommes (avec le lehendakari à la présidence) et à six femmes, ce qui se serait déjà très en défaveur de nos condisciples Ma Toute Douce !

Pour en revenir à notre Chips, et comme il a très peu de chances de changer de sexe avant la fin de l’année, il va encore une fois devoir renoncer à ses folles espérances. Que voulez-vous quand le sort s’acharne…

Gardez bien cette nouvelle pour vous, car je ne voudrais pas casser le moral de notre joli joufflu une fois encore par une « fuite » de notre correspondance. Il semblerait toutefois qu’il pourrait avoir comme lot de consolation un poste de conseiller délégué, ce qui correspond en fait non pas aux bonnes poches de chips Gold qu’il visait chaque mois, mais plutôt à quelques petites miettes un peu molles…

Mais cette histoire de parité, qui fait le malheur de notre Max, semble aussi inquiéter notre si distingué préfet, qui en grand stratège EPCI-pien – et qui voit toujours si loin à des milliers de kilomètres même en plein brouillard – se doute que les recours lancés par les NONistes pourraient trouver une oreille favorable à Paris justement au nom de cette fameuse parité, figurez-vous ! Car dans ce collège de plusieurs centaines de conseillers, l’on ne pourra pas y appliquer une stricte parité. Il se pourrait donc que ce soit là le talon d’Achille de toute l’affaire ! Si la bataille de l’EPCI est gagnée par le vote des conseils municipaux, il se peut qu’elle se prolonge dans des recours plus ou moins interminables au nom de la parité…

Oui, Ma Chère, la vie politique in the Basque Country n’est pas un long fleuve tranquille…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

« Causette » et le Thénardier de Bidache…

Carmen La Marquise

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Chez Ostia et Ostiette, les Thénardier de Bidache à la boîte de fer, on semble avoir très peu le moral ces temps derniers au vu de l’évolution des votes en faveur de l’EPCI :

 Mon pauvre Papa, j’ai peur que tu fasses tchoufa l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que te dit ta Chips, ce tchoupon, qui peut te sauver. Va falloir te remuer le tafanar, parce que cet EPCI, nous a foutu la scoumoune, comme on dit là-bas, dis !

(Ce langage rural de la Ostiette, Ma Douce Thérèse-Marie pouvant se traduire ainsi dans nos cercles :  » J’ai peur que tu échoues l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que dit ton Brisson, ce lèche-cul, qui peut nous sauver le pognon. Va falloir remuer ton gros cul, parce que cette EPCI, nous a foutu le malheur, dis! »)

De quoi donner des insomnies à notre ami Ostia qui, à la maison chaque nuit, se retourne la viande dans le torchon tout dégoulinant de sueur, et qui sait qu’il doit se tenir à carreau devant la Ostiette pour qui, dans la vie, l’important c’est avant tout la galette. Le Jean-Jacques Lasserre essaie donc de voir les choses en positivant :

– Mais bon, qu’avec mon salaire au conseil au Conseil départemental M’mam, nous rest’rait quand même pas mal de pognon à mettre dans la boîte en fer, non ?

– Eh bien ! Si c’est comme ça, dis ! Tu risques d’avoir des biblis plusieurs fois par semaine à l’avenir !

 Ostia, les biblis, ça me fout la cagate !

 Et il faut dire que le Ostia peut effectivement se poser quelques questions quant à son avenir de sénateur, vu qu’il a plus d’ennemis au pays désormais que d’eau dans le lait de la Noiraude pendant l’Occupation, comme l’expliquait cette semaine encore le futur Lehendakari à quelques visiteurs venus lui prêter allégeance dans son bureau :

– L’attitude d’Ostia, que voulez-vous, est celle d’un homme d’un autre temps, d’un autre âge. Lui qui pouvait finir sa carrière sur ce symbole fort d’un Pays Basque uni, réuni et enfin reconnu, se vautre complètement. Il est passé à côté de sa chance, de la grande histoire de sa vie. Cet EPCI qui se fait et qui annonce, un jour prochain, vous le verrez, une collectivité spécifique, aurait pu avoir Lasserre comme père. Il serait resté dans l’Histoire comme un homme remarquable. Or, désormais, il apparaitra comme le type dépassé et buté. Comme l’affreux cumulard. Triste fin dans les poubelles de l’histoire basque…

Et de rajouter à ses visiteurs amusés :

– Evidemment l’UDI que je préside, et les 75% de grands électeurs du Pays Basque qui ont voté oui avec enthousiasme à l’EPCI, ne pourront se reconnaître dans Ostia et sa liste pour les prochaines élections sénatoriales. Il ne pourra compter que sur très peu de voix venant des grands électeurs basques. Quelques-unes dans le voisinage de Bidache, mais ça fera court ! Et il n’est pas dit que les voix centristes du Béarn lui suffisent pour espérer retrouver son confortable matelas au Sénat. Surtout que l’UDI, cette autre sensibilité centriste du département, qui prend de l’élan, aura sa liste et des candidats qui ressembleront au visage d’Iparralde et qui, eux, rassembleront. Ostia peut commencer à mettre des cartons de côté dans sa grange pour son futur déménagement Paris-Bidache !

 Mais les angoisses nocturnes d’Ostia ne sont pas dues qu’aux plans du futur Lehendakari qui saura tuer le cochon comme il se doit. Ostia, en effet, dès qu’il rencontre un élu à qui il pense pouvoir venir en aide, poursuit ainsi son couplet :

– C’est affreux ce que devient ce Pays Basque. De mon temps, le Basque était un type moins rusé que le Charnégou. Il était chrétien et centriste et votait comme un seul homme pour moi et mes amis, sans poser de questions. On lui promettait l’entrecôte et on lui donnait des lasagnes et il était content ! Maintenant, tout cela se radicalise et se gauchise. Et il y a l’épouvantable Espagnac, la Frédérique, LA CAUSETTE (je respecte ici l’orthographe admis par le cerveau de notre ami Jean-Jacques), cette sorcière qu’a dû oublier de brûler le Conseiller Pierre de Rosteguy  de Lancre !

Et l’interlocuteur de lui demander :

– Un de la famille de la petite Maïder Rosteguy ?

– Mais non ostia ! T’as qu’à demander à Campa, c’est lui l’instructionné dans mes cabinets de Pau et de Paris qui me raconte ces histoires. J’ai pas le cœur à plaisanter quand je vois maman, le regard mauvais qu’elle me lance, en regardant la boîte à l’élastique qui va se vider. Mais la petite Arostéguy, celle-là aussi je m’en méfie ! Elle me doit TOUT, elle doit TOUT à la Chips. On en a fait une conseillère départementale et aujourd’hui, elle est une UDIste épouvantable, qui avait déjà pris la place de ma petite Marie-Claude Emballe-colis-du-Senat-en-2017 qui aurait dû être l’associée à la Chips aux départementales. Et voilà la Maïder me regarde avec des yeux moqueurs comme si j’avais de la paille au cul ! Tout cela est insupportable ! Ma vie est un enfer !

– Oui, alors et la Cosette ?

– Ah celle-là ! Personne ne la connaissait ici au Pays Basque ! Elle a été élue grâce au Béarn, la dernière fois. Et voilà qu’elle vient se mêler de ce qui la regarde pas et qui donne l’INDEPENDANCE aux Basques. En plus à ma Ostiette, l’indépendance ça lui donne des cauchemars ! Tu vois à quoi ressemblent mes nuits, ostia de ostia ! Et le Hollande qui n’a fait qu’un seul truc en quatre ans, il fallait que ce soit donner l’indépendance aux Basques ! Putain de ostia de ostia, c’est bien ma chance ! Alors cette sorcière, cette Causette, elle est devenue la Madone des Basques. Tu vas voir qu’ils vont lui élever une chapelle de Notre-Dame-de-la-Espagnac-de-la-Causette ! Et on lui mettra des cierges bientôt ! Oui, la Espagnac elle m’énerve à jouer tout le temps à la Causette qui fait pleurer son monde et moi, du coup, je passe pour le père Té- l’Merdier comme me l’a expliqué Copie-Colle qui a lu Hector Hugo en BD dans Spirou-Junior.

Il faut dire, Ma Toute Douce, que la petite Espagnac est redoutable et qu’un esprit éclairé du PS de Boucau  me disait l’autre jour: « En plus Frédérique sait merveilleusement  faire d’un ennemi d’aujourd’hui, un allié de demain ! »

 Enfin, je ne saurais terminer cette missive, Ma toute Douce, sans vous donner des nouvelles de notre bolchévique préféré, milliardaire de la BD, et de son complice notre ami Pierre George, qui viennent de sortir chez l’éditeur Atlantica, le tome 3 des aventures de Manzana et Patxaran (meilleures ventes toute catégorie des éditions Atlantica pour les tomes 1 & 2 !), nos flics biarrot et bayonnais, intitulé « Opération jambon » ! Un grand régal, où j’ai trouvé non sans surprise un nouveau personnage de fiction, un escroc à la petite semaine comme on les aime et les connait chez nous, dénommé Hubert Vindemess. Comme c’est curieux, cet affreux personnage me rappelle quelqu’un, mais qui ? Vous, Thérèse-Marie, dont l’esprit est aiguisé comme le rasoir d’Henri Etcheto au moment des campagnes électorales, vous trouverez peut-être la réponse à mon interrogation. Cet Hubert est ainsi décrit par notre auteur : « Autrefois arrêté pour trafic d’hosties frelatées, cet ancien légionnaire et premier lieutenant de Gaiztoa est prêt à tout pour s’enrichir. Les faux en tous genres sont sa spécialité et même lui n’est plus très sûr de son identité réelle. »  N’hésitez pas à m’aider à résoudre ce mystère. En tout cas nos deux auteurs sont en dédicace aux lieux et dates suivantes : Ce samedi 28 mai, à la librairie Darrigade à Biarritz de 10h30 à 12h30, le samedi 4 juin, centre Leclerc Anglet de 14h à 17 h, le samedi 11 juin, librairie Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz de 11h à 13h et le dimanche 12 juin, à la maison de la presse d’Ascain, de 10h à 12 h.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Que voulez-vous que l’on refuse à une Marquise, qui a le bon goût d’aimer les bandes dessinées ? Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Le lehendakari se garde l’UDI !

Peyico le Pirate

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Comme vous le savez les jeux sont faits en ce qui concerne le fameux EPCI du Pays Basque. Et d’un score que l’on croyait – ou imaginait – serré, on va vers une assez large victoire du « Oui ».

Cela va, bien entendu, faire le bonheur des partisans du « Oui », camp dans lequel on compte notamment la sénatrice Espagnac et les députées Capdevielle et Alaux. Et puis, évidemment, notre élégant Jean-René, maire de Bayonne et futur roi du Pays Basque. D’où cette formule déjà célèbre qu’il a prononcée l’autre soir (à une heure peu catholique comme dirait Monseigneur Aillet qui  n’arriverait pas à dormir du sommeil du brave après avoir bu une bouteille de Château de l’Hacienda et qui dirait au vicaire général : « Vous avez beau dire, y’a pas seulement que de la pommey’a aut’chose.« ) dans un bar du Petit-Bayonne devant un échantillon de son futur peuple basque :

– L’EPCI c’est MOI !

Dans les partisans du « Non », il reste évidemment notre bien gras d’Ostia, qui digère bien mal l’échec du « Non », vu qu’il risque de le payer le prix fort aux prochaines sénatoriales. Il est vrai que sa position de resplendissant buté reste incompréhensible aux yeux de beaucoup de maires basques, même si cela ne surprend guère le futur lehendakari Jean-René, qui commenta ainsi, entre deux irrintzina, la chose à un observateur qui évoquait ces faits dans ce Petit-Bayonne nocturne où il fait bon fêter les victoires :

– L’attitude du Ostia ? Oh cela ne me surprend pas et me fait penser à un proverbe russe que m’a, un jour dernier, rapporté à son retour de Vichy, en passant par Laval, un vieux consul épuisé de ce pays de neige et de deuils : « Mets un paysan à table, il mettra les pieds dessus« .

Mais au-delà de ces réjouissances et de l’esprit taquin de notre futur lehendakari, il faut toutefois se poser des questions quant à l’avenir des rapports entre les « Nonistes » et les « Oui-ouistes », car on a peur que cela laisse des traces sanglantes. Pour ce faire, il fallait donc une bonne volonté et un homme de paix. Et voilà que ce corsaire de Peyuco Duhart, maire de Saint-Jean-de-Luz, avec sa légendaire et diplomatique bonhommie, a décidé de jouer un coup qui peut être méditer comme une grande leçon, par ceux qui mangent des chips à pleine main en racontant des fadaises au lieu d’agir dans l’intérêt général. Ainsi le bon Peyuco a proposé la chose suivante :

– Le temps de l’apaisement et du travailler ensemble est revenu. Je propose donc de réunir les 10 présidents d’intercommunalité actuels du Pays Basque autour d’une bonne table pour réapprendre à se parler, à travailler ensemble, le plus uni possible, au sujet de l’avenir de notre petit coin de France, de notre cher Pays Basque.

Les dix (dont lui) ont donc dit oui, y compris le Parrain de la Côte, pourtant « Noniste » convaincu, notre Cher Claude Olive, ci-devant maire d’Anglet qui, s’il possède caractère et  tempérament, est tout le contraire d’un buté. Et cet accord facilement obtenu, le Peyuco a lancé, l’air de rien, avec ce grand sourire qui séduit tant les Luziennes sexagénaires aux halles :

– Eh bien il ne me reste plus qu’à choisir un bon restaurant pour vous y inviter tous ! Mais à une condition… C’est que le Président du Conseil des élus (c’est à dire, Ma Chère Thérèse-Marie, le futur Lehendakari  Etchégaray ) soit des nôtres !

Coup de maître ! Et tout le monde a accepté y compris le Parrain de la Côte qui a dit en se marrant, beau joueur :

 – Moi, Tchi-Tchi, je ne fais pas de politiqueu… c’est bien connu. Mais je fais bien volontiers de bons repas, Tchi-Tchi…

Ainsi, la semaine dernière, ce déjeuner a eu lieu. Le bon Peyuco, l’âme joyeuse, avait ainsi annoncé aux dix concernés :

– Nous mangerons des mets exquis, je vous le promets. Pour preuve, il n’y aura ni chips ni Château l’Hacienda à cette table !

Et de cette rencontre apaisée, est sorti un bilan optimiste, ainsi traduit par un convive : « Ce fut franc et loyal. On s’est dit les choses. C’était viril comme ambiance, mais on arrivera à s’entendre. » Et un autre de commenter : « Ce déjeuner marque une nouvelle époque. Celle où nous allons faire désormais de la politique en Pays Basque sans Brisson ni Lasserre. Le Pays Basque n’est plus à eux, nous leur avons repris les clés. Et là-dessus, nous sommes tous d’accord ! Comme une grande respiration dans la vie démocratique. »

 Ce dossier réglé, le lehendakari, de retour dans sa mairie, a fait venir en fin de journée  l’élégant Marco Amestoy, éminence grise et prestigieux  directeur de cabinet dans son bureau-à-la-moquette-toujours-pas-changée :

– Mon Marco, maintenant il est temps de me préoccuper des élections départementales de l’UDI du 4 juin prochain !

– Ah oui, évidemment, Sublime et Sublimissime penseur du Pays des Basques ! Toi qui en es le Président intérimaire par la volonté de Lagarde, à qui vas-tu laisser la place alors à la présidence de l’UDI ?

– A qui ? Eh bien à un homme que j’estime grandement. Un homme de projets et de progrès, un esprit lumineux, une belle et grande intelligence, un juste. Un Saint-Just même !

– Oh mais sublime échauguette des confluences du génie et de la stratégie, ce portrait correspond trait pour trait à toi !

– Eh bien, Mon Marco… Tu as trouvé !

– Oh j’en tremble de bonheur, en frémis d’émotion, en éclate de volupté et de joie.

– N’en fais pas trop quand même ! On dirait du Chipstarrak à qui l’on proposerait une nouvelle indemnité d’élu !

– Es-tu taquin Mon Maître !! Regarde mes menottes, elles ne sont point huileuses !

 Certes oui. Tiens je ne te connaissais pas cette cravate aux couleurs si chipsiennes…

– Je l’ai acquise chez Charvet pour célébrer la victoire du « Oui ». Mais dis-moi, Ponts du Génie et de Saint-Esprit réunis, pourquoi te présenter à cette présidence ?

 Eh bien pour quatre raisons. La première, c’est que  je suis le meilleur !

 Oui, je l’avoue.

 La seconde Bayrou ne doit plus avoir le monopole du centre dans ce département. J’aime bien François, mais cette situation n’a que trop duré…

– Oui et puis avec Ostia comme seul métayer, cela fait trop artisanal.

– On est bien d’accord ! Troisièmement parce que je serai le seul candidat, et que cela évitera des guerres fratricides dans la famille.

 Oui, on n’a pas besoin de cela ! Déjà la Durruty me donne assez de boutons avec ses malices.

– Enfin, le Président de l’UDI dans ce département, sera l’homme fort des législatives et des sénatoriales pour le centre et la droite en 2017. Il donnera les investitures !

– Voilà une stratégie que j’approuve. Tu me fais penser à mes belles années auprès d’Ostia, où j’appliquais MES stratégies de cet acabit, ce qui lui donnait la mine agricole et ravie. Oui, Glorieux Lehendakari, tout recommence ! Nous allons connaître, une fois encore, l’ivresse du vrai pouvoir. Tout recommence… Oh grande est ma joie ! TOUT RECOMMENCE ! je vais aller m’acheter une nouvelle cravate.

Et le Lehendakari, brusquement songeur et regardant par la fenêtre au-dessus de l’Adour la citadelle de Vauban, de murmurer :

 Vois-tu Mon Marco, dans cette affaire, il y a des moments où j’ai été bien seul… Le combat fut rude, ce qui rend la victoire plus belle. Moi, je savais le chemin. Je n’ai pas d’amertume, mais je garde dans la poche de ma veste une liste précieuse où j’ai inscrit, jour après jour, le nom de tous ceux qui ont voulu me tuer. J’ai du respect pour l’adversaire loyal et même brutal. Mais les fourbes, les traitres, les lâches me le paieront, si tel est mon bon plaisir. Certains, les mêmes évidemment, dès demain me parleront de mon triomphe et de ma gloire. Je ne les connais que trop bien ! Alors, je leur dirai ces mots de Sébastien le Preste de Vauban qui a bâti cette citadelle qui est là, intacte : « La véritable gloire ne vole pas comme le papillon ; elle ne s’acquiert que par des actions réelles et solides. Elle veut toujours remplir ses devoirs à la lettre. Son premier et véritable principe est la vérité…« 

Alors sans bruit, tel Louvois sachant s’éclipser quand Louis XIV demeurait solitaire dans ses songes, Marco quitta le cabinet de travail du futur Lehendakari, refermant avec mille précautions, et sans le moindre bruit  la porte capitonnée. Ainsi, Ma Chère, s’écrit aussi l’histoire politique et celles des hommes…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise. Et n’hésitez pas à lui écrire, à la féliciter ou à lui raconter vos petits secrets. Comme vous avez pu le constater, elle adore ça…

La Chips chez Henri Hourra

Fandango Brisson

(Dessin Pierre George)

Ma Toute Douce,

Ces chroniques, que vous me faites le plaisir de lire et de commenter chaque semaine, semblent attirer, de-ci, de-là, quelques lectures… Et je dois bien vous avouer que la vieille dame que je suis, aime à recevoir, par la magie de l’Internet, du courrier de quelques-uns de mes fidèles lecteurs. Je fais mon miel de ces lectures, que je garde en général pour moi. Mais cette semaine, je m’en voudrais de ne pas vous faire partager cette correspondance reçue d’un lecteur camboar, suite à la publication de quelques écrits sur le petit Lu d’Arnaga, le si précieux Vincent-Un-Bru-de-sa-Personne…

« Mes hommages Chère Marquise,

Je serais très honoré de pouvoir recevoir régulièrement dans ma misérable masure Votre Lettre hebdomadaire. Les premières dont j’ai eu connaissance, ont été captivantes et ô combien enrichissantes pour le manant que je suis. Il se trouve que j’appartiens au tiers-état de bas-étage de la charmante cité de Cambo-les-bains et donc, vous l’aurez deviné Chère Marquise, vous qui semblez plus puissante que l’oracle de Delphes, je m’intéresse de très près au destin régional et national, voire international, du petit-lu local, ci-devant petit duc d’Arnaga et roitelet de la Mairie depuis le siècle dernier … Néanmoins, je n’ose l’imaginer, comme vous le susurrez, courir en petites foulées sur les sentiers rostandiens en collant moulant afin de se mouler les fesses. Il s’en dégagerait un érotisme tel, que même les angelots asexués veillant au bord du jardin à la française en rougiraient, si bien que la facture de 180 000 € votée dernièrement au Conseil municipal pour les restaurer s’en trouverait conséquemment alourdie… Ne pourriez-vous intercéder afin que ses muscles fessiers se moulassent de façon plus aristocratique et moins roturière ? La populace kanboarde vous en saurait infiniment gré…

Dans l’attente de lire vos délicieux propos dans une prochaine Lettre, recevez honorable Marquise l’expression de ma profonde révérence plébéienne.

 Ilargi »

Vous comprendrez combien cette prose m’a amusée… Qu’Ilargi m’écrive quand bon lui semble ! Et je dois également vous livrer le commentaire quelque peu trivial que me fit mon vieux jardinier, Balthazar, à qui je parlais de justement de cet envoi charmant l’autre après-midi : « Té M’am la Marquise… 180.000 zeuros pour se muscler le cul… Qui l’eût cru ! »

 Mais à propos de musculation et de vie sportive, laissez-moi donc vous parler de notre ami Max-La-Chips qui poursuit sa dure vie de chercheur de subsides… Tout d’abord, il s’est décidé à faire quelques efforts vestimentaires et s’est amené, l’autre jour, à une réunion biarrote des Républicains avec une chemise immaculée du plus bel effet, sous l’œil éperdu d’admiration de Nalpas-Plat et de son non moins joyeux drille, le gracieux FX-qui-s’fixe.

Oui, ces deux cerveaux brissoniens, ont pu admirer la blancheur inhabituelle (presque suspecte, pourrions-nous dire…) de la chemise de notre Max-la-Mélasse et la particularité de la confection des manches de la chose, qui donnèrent l’impression de provenir des terres espagnoles voisines.

Mais le plus comique de l’histoire, fut le côté « coupe slim » du nouvel habit qui semblait quelque peu manquer d’ampleur pour l’auguste ventre de l’ami d’Ostia. Et à écouter le récit plein d’humour de cet aimable participant, je n’ai pu m’empêcher de pouffer : « Comment vous dire Chère Marquise… Max était comme compressé du bas ! Du coup, on pariait sur la résistance des boutons, nous attendant à tout moment à les voir traverser la pièce telles des ogives nucléaires. En fait, cette coupe slim lui donnait un peu la silhouette d’un artichaut, si vous voyez ce que je veux dire… Et cette blancheur si éclatante du tissu, est-ce un investissement bien raisonnable dans le fond ? Car, à mon humble avis, les futures taches finalement s’y verront beaucoup plus qu’avant encore… »

Toutefois sa nouvelle chemise blanche, le Max-la-Mélasse a pu l’essayer l’autre dimanche, 8 mai, à la Fête des Ikastolas, lors de la 33e édition d’Herri Urrats qui a accueilli pas loin de 50.000 participants. Et personne ne pourra lui reprocher de venir faire de la politicaille chez les Basques dont il espère les bonnes grâces pour la suite de sa carrière. Mais en revanche du côté de Biarritz, très peu de « Compagnons » des Républicains biarrots ont apprécié qu’il aille danser le fandango du côté de Saint-Pée, choisissant ainsi incompréhensiblement de sécher purement et simplement les cérémonies du 8 mai au Monument aux Morts de Biarritz, comme l’expliquait cet ancien bien énervé : « Franchement Brisson qui se dit gaulliste et qui nous serine depuis quelques mois son amour retrouvé pour Biarritz, qui veut à nouveau en être maire après avoir été foutu à la porte de partout, ose, lui le soi-disant gaulliste, sécher les cérémonies anniversaires de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Pourtant pour un gaulliste, rien n’est plus sacré que cela ! Le maire Michel Veunac lui était bien là, ainsi que plusieurs de ses adjoints et pour l’opposition heureusement qu’il y avait  Maïder Arostéguy, une vraie Biarrote elle !»

Eh oui, que voulez-vous ma chère, notre Chips a inventé du côté de Senpere, le fandango-bras-d’honneur au Général, qui ne manquera pas d’être apprécié comme il se doit par ceux qui ont encore des valeurs conformes à leur engagement…

Et il faut dire que ce choix de la Chips a toute une histoire, comme me l’a raconté ce proche de l’inimitable champion de la dextérité intellectuelle qu’est le modeste et humble Pierre Lahore, directeur de cabinet de Ostia : « En fait, Lasserre qui aime les Basques comme le baigneur aime le cambouis à la plage, n’avait pas du tout l’intention d’aller salir son nouveau costume que lui a payé la Ostiette chez Toto Tissu, en allant chez ces sauvages de Saint-Pée. Du coup, il avait désigné une élue du Conseil départemental, Bénédicte Luberriaga, pour aller faire causette aux peuplades reculées et leur raconter ses habituelles inepties. Mais là, le Brisson qui est jaloux de ses petites prérogatives et si respectueux de la parité et de la place des femmes dans la vie politique, a commenté ainsi les choses au Ostia :

– Ecoute, celle-là elle est gentille mais elle est nulle. Personne ne la connaît à part sa coiffeuse. C’est pas parce qu’elle est élue du territoire, parce qu’il fallait des bonnes femmes, qu’elle peut parler comme ça aux Basques, MES amis. Tu vois, je préfère que ce soit moi que tu désignes. Je suis premier Vice-Président, après tout. »

Du coup la Bénédicte (un prénom qui décidément pose des problèmes à la Chips…), qui est pourtant une brave fille, a été écartée sans ménagements au profit du gros qui se réjouissait auprès de ses proches au Conseil départemental :

–  C’est moi qui irai chez Henri Hourra ! L’autre nouille, je l’ai dégagée. C’est bon pour mon image ! C’est bon pour être dans la presse ! C’est bon que ce soit MOI chez les Basques ! 

Mais à Pau, du côté de chez Ostia, l’ambiance fut d’un coup moins bonne et le maquignon de Bidache était tout coupe-morose :

– La Chips qui n’est plus rien m’a encore joué un tour de cochon. Ah je n’aurai jamais dû lui céder. Ostia de ostia, merde alors ! En plus la Bénédicte va m’en vouloir.

Et là, Lahore ou Campa, a expliqué au Ostia :

– Il y a une solution ! Il te suffit de dire que TOI tu t’y rendras finalement. Comme ça, c’est TOI qui parles en tant que président et la Chips devra la fermer…

Et figurez-vous, Ma Chère Thérèse-Marie, qu’ainsi il fut fait. Et notre pauvre déserteur gaulliste de Max-la-Mélasse n’a eu finalement que le droit de se taire au lieu de se faire remarquer devant SES amis basques, préparant ainsi sa future vice-présidence à l’EPCI, comme le disait l’excellent directeur de cabinet de Claude Olive, GP Chartier, l’autre jour dans un commentaire Facebook devenu célèbre : « Mais oui Max, tu vas l’avoir ta vice-présidence« .

Ce qui a fait rigoler bien du monde ! Mais de cela je vous en reparlerai bientôt, car là aussi la Chips imagine pouvoir se faire un peu de pognon bien facilement…

Lasserre a donc fait son discours de traitre à Herri Urrats dans l’indifférence la plus totale. Il pourra toutefois se consoler au repas de la kermesse de Bidache ce week-end en dégustant son potage aux perles du Japon et son cochon grillé. Ostia de ostia, un bon coup de rouge là-dessus et il ne pensera plus à cette histoire désolante.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

 

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise. Et n’hésitez pas à lui écrire. Comme vous avez pu le constater, elle adore ça…

MAM et les seconds couteaux…

Ma Toute douce,

MAM cible

(Dessin de Pierre George)

Depuis que notre Chère Michèle Alliot-Marie est de nouveau candidate aux législatives dans la sixième, en 2017, les spéculations vont bon train sur ceux qui pourraient se présenter face à elle. Mais avant de vous en dire plus sur les deux gamins qui désirent lui faire la peau, il me faut répondre à votre interrogation figurant dans votre dernière missive. Vous m’écriviez : « J’ai rencontré MAM à Paris, Chère Marie, et elle ne semble pas avoir encore pris sa décision de se présenter aux législatives comme vous le prétendez ! »

Comme vous avez mis le doute dans mon esprit, j’ai demandé à mon chauffeur de me conduire par une belle journée ensoleillée de la semaine passée, chez mon vieil ami ZZ, qui habite bien au-delà de la Croix Blanche de Senpere, et qui sait bien des choses sur le monde politique local.

Arrivée à la porte de sa bergerie, notre Zuhur Zaharra m’a dit :

– Content de vous voir, je suis ! Ah bai, je sais pourquoi vous montez jusqu’ici nire txikia.  Vous racontez, je vais…

Et mon vieux Basque, esprit brillant, m’a expliqué que ce que vous a dit MAM est en fait dans sa stratégie :

– Té, la vieille est une maline. Un pottok, comme elle, j’avais dans le temps ! Tu croyais le tenir, et hop, le voilà par un buisson qui le camp, me foutait ! La Michèle, à son entourage, a dit depuis des semaines qu’il fallait se tenir prêt pour la bataille. Et les voilà tous qui en ordre, se sont mis. Et là, l’amatxi de la sixième, te leur dit de sa voix autoritaire qu’elle a : « Mais enfin mes amis ! Mais enfin ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire de ma candidature que vous osâtes répandre ! Mais je n’ai jamais rien dit de semblable, me semble t-il. Où êtes vous donc allé chercher ces fadaises ? » Et devant leurs figures étonnées, l’amatxi  a aussitôt lâché : « Eh bien voilà ! C’est malin, maintenant je vais me trouver dans l’obligation de tenir VOS engagements et de me présenter. Ah croyez-vous que c’est malin ! Vous rendez-vous compte dans quelle situation vous me mites ?« 

Voilà l’explication de notre cher vieux Basque, qui s’y connaît bien en matière de coup de chamelle, comme c’est normal dans le Zaharra ! Excusez-ma petite plaisanterie…

Et comme nous parlions de MAM, il est allé plus en avant dans son raisonnement :

– Maintenant, se méfier, la Michèle elle doit ! Mais avantage elle a ! Car avec la loi nouvelle, sur le non cumul des ardi gasna de la République, les grands maires de la Côte n’iront pas contre elle. Ni le Kotte, ni le Peyuco, ni le Mixel. Vous verrez, Dame Marquise, qu’elle aura en face d’elle que des seconds couteaux. Gagner elle pourra ! Mais… Mais…

– Oui cher Zuhur Zaharra ?

– Attention, elle devra faire ! Car pour gagner chez nous, un bon suppléant, avoir elle devra ! Qu’elle ne nous sorte pas encore un politique ! Ici, on aime qu’à côté du gros, un petit, il y ait, té ! Un bon gars de l’intérieur, connu, reconnu, qui a réussi dans la société. Un de chez nous ! De l’intérieur de la sixième, il lui faudra trouver ! Moi, je vous le dis !« 

Ah, et quand le petit-fils de Zuhur Zaharra, Patxi, qui avait assisté à notre entretien, a eu la gentillesse de me raccompagner jusqu’à mon automobile, il m’a résumé en un langage de jeune le fond du problème, avec un sens politique bien proche de celui de son aitaxi :

– L’aitaxi a raison, vous savez Marquise. La mère Alliot-Marie, il faut qu’à 70 berges, elle nous propose un duo un peu plus sexe, quoi ! Il faut tenir compte de la nouvelle mentalité des électeurs, aujourd’hui ! Il faut que cette candidature soit fun ! Comme dirait l’aitaxi « Ecrire une belle fin d’histoire pour sa carrière« .

Voilà donc, ce que je peux vous dire au sujet de vos inquiétudes. Non seulement MAM ira aux législatives, puisqu’elle veut être la première femme dans l’histoire à présider l’Assemblée Nationale, mais elle a aussi grand intérêt à se débusquer le candidat rare qui aura une autre figure que le petit Lu d’Arnaga qu’elle avait choisi en 2012…

À propos du Vincent-un-bru-de-sa-personne, on ne sait s’il va se décider à partir contre MAM avec ses petits muscles de centriste, mais il y aura bien du monde à l’UDI pour se porter candidat et le paon de Cambo va devoir se battre, comme dans Radin-des-Bois qu’il aime tant. Mais il me faut surtout vous parler du couple qui a le vent en poupe ces temps-ci et qui est déjà dans les starting-blocks… Un couple de quadra constitué d’un homme et d’une femme. Et ce n’est pas un pléonasme, car aujourd’hui  les couples, vous le savez, – même si ça traumatise nos amis de Béguios qui jouent de la harpe à Monseigneur – cela peut très bien être deux personnes du même sexe ! Alors du côté de la sixième circonscription à l’UDI, voilà qu’un Luzien, Stéphane Alvarez, président de la Croix Rouge, conseiller municipal de notre bon Peyuco, assureur de son métier, partirait avec une biarrote, Camille Darrasse, notre fameuse hôtesse de l’air, fille de l’adjointe du Parrain de la Côte, Nicole Darrasse.

De quoi provoquer ces commentaires d’Henri Levrero, le Tonton-Flingueur de MAM :

– Manquait plus que ça ! L’assureur peut se prendre une assurance sur la vie avec moi et une bonne ! Avec sa tronche de premier de la classe, je vais te le renvoyer au fond des bancs près du poêle, se réchauffer les fesses. Quand à l’hôtesse de l’air, l’assureur va pouvoir lui chanter du Dutronc,  avant que je lui scotche les lèvres avec du chatterton rouge : « Fini le pilotage, Mais vive le pelotage. » et la gamine lui répondra : « Fini le décollage, mais vive le collage. »

Il faut dire que le bel Alavarez, surnommé par ses collègues au conseil municipal Brett Sinclair, a quelques chances de faire un joli tour de piste, comme me le confiait ce maire d’un village de la Côte : « Il est sympa, gentil et tendre. C’est un mec bien qui fait un gros boulot avec la Croix-Rouge. Et ça se sait, y compris dans les villages de l’intérieur. Lui, aurait fait bon suppléant pour MAM, car on sait qui c’est… Mieux que le Bru qui fut une erreur autant politique que poétique ! Il sait y faire avec les vieilles, un peu comme Bru, mais en beaucoup moins ringard, tasse de thé et petit doigt en l’air en moins !« 

Certes le Brett Sinclair luzien est un peu passé dans tous les partis politiques de droite et du centre, et court après un poste, mais après tout est-ce un drame ? Et au moins, il sait ce qu’est la misère des pauvres gens lui, contrairement à Ostia qui préfère le coup que la Croix. Rouge, s’entend… Ostia de ostia ! :

– Maman, t’as donné mes vieilles cravates aux pauvres ?

– Eh non, Papa, ils en veulent pas !

– Mais on peut essayer de leur refiler le vieil imper à la Chips qu’il avait oublié chez nous et avec lequel tu avais couvert la Noiraude cet hiver… je vais le passer à laver dans la Vedette et il fera tout propre. Et avec le tissu, ils pourront habiller aux moins douze sans-dents !

Quant à la Camille, on l’a dit très dynamique, volontaire et engagée très tôt dans le militantisme politique chez les centristes… de quoi rajeunir les cadres et ringardiser le Pascal Sevran des mamies de Cambo qui devra, s’il se présente, abandonner ses vestes de chez Thiery & Sipetit pour s’offrir des pantalons de chez G-Star, et de courir chaque matin et chaque soir dans les allées d’Arnaga pour, comme le dit le petit neveu de mon jardinier, « se mouler un peu le cul » !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Visiblement la liberté réussit à La Marquise de Vérité, qui n’a jamais été aussi percutante que depuis son départ de La Semaine. Comme dirait De Gaulle, c’est désormais « La Marquise outragée, La Marquise brisée, La Marquise martyrisée, mais La Marquise libérée ». Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les censeurs à l’eau bénite et les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Cette exquise Marquise…

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

« Les meilleurs sont les vers qu’on ne finit jamais » – Edmond Rostand
« Les meilleurs sont les verres qu’on ne finit jamais » – Château de l’Hacienda

PaonMa Toute Douce,

Comme les aventures du petit maire de Cambo, notre Vincent-un-Bru-de-sa-personne, semblent vous distraire, je m’en voudrais de ne pas vous donner quelques nouvelles de ce précieux personnage… Tout d’abord, il semble avoir eu connaissance de mes dernières lettres (ne seriez-vous pas aussi discrète que vous me l’affirmez et gardez-vous bien cette correspondance pour votre seul usage, Chère Thérèse-Marie ?). Notre précieux Vincent a, figurez-vous, passé bien des jours au Conseil départemental à pleurnicher sur ce que l’on écrit à son sujet auprès de bien des élus de la majorité qu’il a croisé et qui ont bien ri de son courroux, coucou !

Espérons toutefois qu’il a quand même des moments de détente nocturne et qu’il peut se délecter de quelques bouteilles de Château de l’Hacienda, le soir, dans sa jolie maison, en se récitant du Rostand, notamment ce vers de Cyrano : « La peur d’être raillé, toujours au cœur me serre ». En fait, reconnaissons-le, boire un petit coup ne fait jamais de mal à personne du moment que l’on ne prend pas le volant après… Et cela peut bien consoler de la dureté de la vie politique. Mais si pour le fleuri d’Arnaga son cœur se serre… heureusement qu’il se desserre quand il pense à son ami Lasserre même si leurs goûts littéraires ne sont pas exactement les mêmes.

Evidemment le Ostia, l’homme à la boîte de fer, préfère lire le soir le catalogue Ducatillon, « Le catalogue des éleveurs », et rêver devant la Couveuse Ducat 60 à 499€ :

– Tu crois maman qu’on peut s’en payer une ? Regarde dans la boîte, Ma Ostiette, s’il reste de la galette !

Pourtant, il trouverait bien de l’inspiration chez Rostand, si cher à son Vincent d’épaule : « Ce sont les cadets de Gascogne, De Carbon, de Castel-Jaloux, bretteurs et menteurs sans vergogne », « Eh bien ! oui c’est mon vice. Déplaire est mon plaisir. J’aime qu’on me haïsse ».

Peu importe au fond, car notre Bide-au-chaud se prend de plus en plus d’affection pour le petit fleuri d’Arnaga, comme me le racontait cet élu flamboyant : « Bru est redoutable. C’est le plus exquis des garçons, charmant, délicat, voire primesautier. Il vous complimente toujours sur tout, de sa voix suave… ça c’est la façade, c’est son côté séducteur. Mais, sachez-le, le Pascal Sevran des retraités de Cambo, dès que vous avez le dos tourné, peut tout à fait dire le contraire de ce qu’il vient de vous dire à l’instant. Le seul problème, c’est que ses interlocuteurs le savent, se méfient et n’hésitent pas à confronter les versions. On a même un petit jeu entre certains d’entre nous à ce sujet. Et là, on rigole ! »

 Et de m’expliquer pourquoi Bru est dans les petits papiers de l’ogre du Pays basque : « Du coup Ostia qui est complètement dépassé par les évènements, et dont la popularité ne cesse de chuter,  cherche de nouveaux alliés. Et comme Bru est favorable à l’EPCI, il veut s’en servir pour essayer non seulement d’améliorer son image, mais aussi pour sa future campagne pour le Sénat. »

Il faut dire qu’Ostia confiait à Pierre Lahore, cet esprit lumineux, son petit soleil, son resplendissant Chanteclerc à lui : « Ô soleil ! Toi sans qui sans qui les choses ne seraient pas ce qu’elles sont », sa nouvelle stratégie :

– Je dois me trouver de nouveaux soutiens au Pays Basque depuis que la Chips est devenue un renégat. Je vais donc flatter le petit Bru !

– Ah bon ! Alors que le Fleuri d’Arnaga vote oui à l’EPCI !!?

– Ostaia de ostia, ne m’emmerde pas avec ça, où je te renvoie à ta baballe Copie-Colle !

– Bien Mon Maître… Pourtant il n’a pas marché dans ta combine anti-basque ?

– Laquelle, ô Valet de « La ferme ! » ??

– Eh bien quand tu lui as proposé, pour qu’il change d’avis et vote NON, la présidence d’une grande communauté d’agglo, une vraie principauté où il aurait régné sur Cambo et Hasparren entre autres. Une vraie principauté de prince où il aurait pu porter des culottes en soie !

– Ostia ! C’est vrai qu’il n’a pas voulu marcher dans la combine, mais j’ai d’autres tours dans mon sac de blé pour me le mettre dans la poche…

– Ahhhh !!!

– Oui, fais-moi confiance, nom d’une noiraude !

Et c’est ainsi que le Ostia s’est emparé du petit Bru à qui il confie, de plus en plus, d’importantes missions, relevant notamment du secteur touristique :

– Avec sa vieille baraque d’Arnaga, le petit Lu se rêve d’un grand destin touristique. Alors je vais désormais me le mettre en première ligne pour le tourisme.

Propos qui a quelque peu surpris Copie-Colle, pourtant grand stratège sur un terrain de handball :

– Mais le Brisson est le président du Comité du Tourisme départemental, ô grosse plume rurale ! Il va mal prendre que tu refiles le meilleur à Bru !

– Mais je me fous du Max-la-Mélasse désormais ! Il s’est fait niquer comme un centriste chez les Républicains. Il n’est plus rien ! Je lui donnerai mes fonds de paquets de chips, et ça lui ira très bien comme cela.

– Mais le un-Bru-de-sa-personne est-il si facilement enroulable, ô Mon Comique agricole ?

– Mais oui ! D’ailleurs mon excellent nouveau communiquant que je me suis offert, Mon Philippe Campa-à-moi, m’a expliqué que Bru  était suffisamment vaniteux comme le paon de Chanteclerc de Rostain…

– Euh… Rostand, pas Rostain… Rostain, c’est une boucherie- charcuterie-conserverie des Hautes-Alpes…

– Ah ! Oui, enfin voilà ce qu’il m’a écrit le Campa sur le postille…

– Le post-it !

 Ecoute Copie-Colle au lieu de faire le malin :

« Je suis prêtre-Pétrone et Mécène-Messie,

Volatile volatilisateur de mots,

Et que, juge gemmé, j’aime, emmi mes émaux,

Représenter ce goût dont je suis…

Le… dirai-je gardien ? »

– Je ne comprends pas tout ce qu’il écrit le Rouston ! Mais un argument de poids supplémentaire m’a convaincu !

– Ah oui…

 Tu sais qui admire le paon dans Chanteclerc ?

– Non…

 Eh bien… la pintade ! Ah, ahhhh, ahhhhhhhh…. Ostia de Ostia !

Notre Vincent est donc bien enrôlé et a reçu déjà des missions du Ostia. Il commence à rencontrer, de ci, de là, bien des responsables pour parler tourisme, laissant Max-la-mélasse dans le fossé. Et de plus le Ostia n’a pas manqué d’arguments supplémentaires pour séduire le petit LU :

 J’ai lu que tu voulais te présenter contre la vieille dans la sixième. Parfait ! MAM, je me la déteste comme la grippe-aviaire. Je te soutiendrai donc de tout mon poids, ostia ! Et avec moi, tu vas gagner ces législatives, tu verras…

Le fleuri d’Arnaga, qui sortait de chez la manucure, en a été tout impressionné, et Ostia, goguenard, de commenter à quelques proches :

 Quand j’étais maquignon, j’en ai vendu d’autres ! Bru c’est un littéraire qui fait des phrases avec des mots.

Avant de vous quitter, je dois vous dire un mot de ce qui passionne au plus haut point tout le Pays des Basques ces derniers jours et probablement même en dehors de nos frontières… Figurez-vous que notre bolchévique préféré, cette autre plume de vérité, ce Jean-Yves Viollier, qui préfère les croisières syndicales à celles de la CGT (Compagnie Générale Transatlantiques) que nous fîmes autrefois avec tant de plaisir, nous donne dans son blog des nouvelles de l’éditeur de La Semaine du Pays Basque, hebdomadaire où nous ne sommes plus en odeur de sainteté, alors que nous ne manquâmes pourtant aucune grand-messe en la cathédrale de Bayonne. Et c’est édifiant !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Et dire qu’ils s’affirmaient Charlie…

Vous vous doutez bien que ce n’est pas l’auteur de ce blog qui écrirait « L’élégant Michel Veunac qui a démontré un réel talent… » Mais « Bisque, bisque Basque ! » n’oublie pas ce début d’année 2015, où tous les politiques, la main sur le cœur, répétaient « Je suis Charlie ! »… Des paroles aussitôt oubliées, dès qu’un écrit les a dérangés. Et le journaliste Jean-Philippe Ségot, auteur de cette hilarante Marquise de Vérité, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui politiquement, possède deux qualités rares : il écrit bien et il dérange.  Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les pisse-froid qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, et combattez la censure, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi gratuitement, chaque semaine par mail, les lettres de la Marquise.

Quand Brisson veut chipser sa place à Veunac !

Brisson Lasserre vendent le Pays basqueMa Toute Douce,

Au conseil départemental, où l’on n’a pas de sous pour les petites gens et où l’on préfère donner 300.000 euros pour le Tour de France, chaque année, pour les trois prochaines éditions, l’on a aussi des rêves de grandeur pour dépoussiérer notre cher Pays Basque ! Oui, ma Chère Thérèse-Marie, nous sommes des « poussiéreuses », et le président du Comité départemental du tourisme, qui n’est autre que notre inévitable ami Max Brisson (il doit là aussi toucher quelque indemnité, non ?), engage donc les sous des contribuables que nous sommes pour ainsi jouer à l’aspirateur à Paris. Espérons que cela ramènera quelques richesses au Pays et que notre Chips n’en profitera pas trop pour grossir sa note de frais… à nos frais ! Enfin ne soyons pas de mauvaises langues comme dirait la Pantxika à la boîte de fer de Bidache ou la petite idole des mémés de Cambo. Nous verrons bien…

En attendant notre Chips qui n’a plus que son mandat de vice-président du Conseil départemental s’inquiète de son avenir et ne lâche décidément pas prise… Cela pourrait en agacer certains, moi cela m’amuse beaucoup. Car notre Max-la-Mélasse est l’un des principaux sujets qui vous réjouissent dans ma correspondance et il est vrai qu’il serait dommage de se priver du plaisir de continuer à raconter ses aventures.

Ainsi la Chips se lance depuis quelque temps déjà dans des déjeuners biarrots avec quelques « personnalités » politiques de la ville, quelques acteurs associatifs, quelques personnages qui aiment recevoir ses confidences et me téléphoner juste après, pour évoquer son avenir biarrot. Car il faut bien reconnaître à notre Chips une envie irrésistible de sortir de la tombe politique le pied que MAM lui a déjà mis dedans. Pour cela, il ne voit plus qu’une solution… devenir maire de Biarritz dans un futur plus ou moins éloigné. Il n’en démord pas et semble y tenir comme à une poche de chips à la guimauve. Un de ses premiers déjeuners a été pour renouer le contact avec son ancien « bras droit » (qui était plutôt le « gauche », vu le résultat des dernières municipales…) Frédéric Domège. Au demeurant un charmant garçon, mais qui s’est fait « couillonner » plus d’une fois par la Chips, qui l’a fait virer des Républicains, début 2015, pour avoir osé se présenter face à lui aux élections départementales. En fait, l’invitation à déjeuner au Domège, était motivée par le fait que la Chips – qui joue au malin sur les réseaux sociaux en faveur de l’EPCI – voulait obtenir de celui-ci, toujours conseiller municipal de l’opposition à ses côtés à Biarritz, un vote pour le OUI. Et la Chips de lui avancer un argument de poids : « Je sais que tu veux voter NON. Mais si tu votes OUI, moi qui suis SECRETAIRE DÉPARTEMENTAL, je te ferai réintégrer illico et presto !« . Un argument qui a quelque peu ébranlé le Domège qui confiait à quelques proches en sortant de ce gueuleton : « Le gros est toujours aussi gros. Mais il me la joue sentimental, m’a rappelé le temps où nous étions comme des frères, où nous mangions des chips sur mon canapé pur skaï à la maison devant les matchs de rugby. Mais bon, je ne vais quand même pas me laisser avoir une fois encore !« 

Et d’autant plus, que quelques jours plus tard, la Chips a été virée du secrétariat départemental avec pertes et fracas !

Du coup le Domège-sans-intérêts a voté NON en disant avec un sourire des plus satisfaits : « NON, ça rime avec Brisson ! Et désormais ce sera mon mot préféré à son encontre… » La Chips avait pourtant expliqué alors avec enthousiasme au chouchou des curés de Cambo : « Avec Domège, tu verras je vais inverser le vote à Biarritz, et Veunac sera battu. Alors, ce sera le début de la pagaille dans son équipe et on le sortira, sous peu, comme on a sorti Bernard Marie. Moi je triompherai et je reprendrai cette mairie, tu verras Mon Vincent d’épaule ! »  Et il s’était entendu répondre par le petit Lu d’Arnaga : « Comme le disait Edmond Rostand, c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière« . Sauf que la nuit est aussi longue pour le Brisson qu’un jour sans chips…

Du coup Domège a été réintégré ces derniers jours aux Républicains mais non pas par la Chipstarrak, mais tout simplement par ce Tonton Flingueur de Levrero, qui veut de l’unité dans le parti et la fin de la purge brissonnienne et qui, de joyeuse humeur, a lancé : « Dire qu’il lui avait promis une réintégration s’il votait oui… Les Brisson ça ose tout ! C’est même à ça qu’on les reconnait« , avant de sortir de sa cave une bouteille de Château de l’Hacienda : « On a dû arrêter la fabrication, y a des clients qui devenaient aveugles : ça faisait des histoires.« 

Un humour ce Riton !

Mais dans les autres déjeuners, la Chips a dévoilé sa stratégie. En fait son raisonnement mérite que l’on s’y arrête : « Veunac va se représenter en 2020. J’en ai la certitude. Il m’a foutu la branlée en 2014. Et en 2020, si je n’ai que Nalpas-Plat et ses idées fumeuses, je vais encore me prendre une dérouillée. Alors voilà ce que je vais faire… comme je suis conseiller départemental de Biarritz, tout comme la Maïder-qui-me-doit-tout mais me méprise comme une vieille chaussette trouée, moi je vais me présenter sagement derrière Veunac, en l’encensant dès 2019, et je serai son premier adjoint en 2020 ! Là, je toucherai mes chips chaque mois, je retrouverai mon beau bureau avec vue sur la mer, ma secrétaire, ma place de parking et j’attendrai peinard la place. Comme il ne se fera plus tout jeune, pas dit qu’il aille au bout de son mandat. Je n’aurai alors plus qu’à sortir du bois et avec mes copains les Basques, hop je serai maire à la place du maire !« 

Evidemment cela a subjugué Nalpas-Plat, mais ce n’est pas, entre nous Ma Toute Douce, un échantillon très représentatif de la prospective en matière politique…

Et dites-vous que pour faire rentrer le gros dans l’équipe de Veunac en 2020, il faudrait faire de la place. Brisson, que rien n’arrête, a sa stratégie : « Veunac va se débarrasser de Lafite et des gauchos. On ne gardera que les Basques, du moins ceux que j’aime… Et le virage à droite amorcé, je n’aurais plus qu’à attendre que le paquet de chips me tombe tout droit dans la gueule ! Malin, non ?« 

Déjà pas si malin que ça de le dire à des gens qui se font un plaisir de le répéter en se bidonnant, et d’autre part l’élégant Michel Veunac a démontré avec un réel talent, qu’il n’avait pas besoin des Républicains (surtout version Chips) pour diriger Biarritz et s’en sortir pas mal du tout… D’autre part Guy Lafite, premier adjoint en poste, est non seulement un excellent ministre des finances et un esprit brillant, mais aussi un homme qui a plus d’un tour dans son sac pour émietter les chips !

Et puis surtout, pour les vieilles dames comme nous qui connaissons bien le maire de Biarritz, nous savons qu’il ne déteste rien de plus qu’on lui force la main. Et la main huileuse subitement amicale et tendue de la Chips risque de retomber dans le seau de mélasse que lui a offert MAM pour son dernier petit Pâques, avant qu’il n’ait pu réussir à la mettre dans celle du beau Michel !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.