Croquignol et Filochard font de la politique

Patrick Destizon et Louis Vial ont frappé à toutes les portes avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq. Une Odyssée qui résume tellement les dérives politiques de la Ville.

L’Histoire aime les héros prêts à tout pour défendre leurs convictions. Il y a eu le général De Gaulle, le 18 juin 1940, pour refuser la défaite et huit décennies plus tard Patrick Destizon et Louis Vial qui ont décidé d’offrir leurs cerveaux à la ville de Biarritz et de sauver la campagne électorale de l’infinie médiocrité qui la menaçait. Et quand les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! vont apprendre l’énergie, la constance et la détermination montrées par Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, ils ne pourront être que béats d’admiration devant tant d’altruisme et de générosité.

Un petit tour chez Maïder

Tout commence avec des signaux à peine subliminaux adressés à Maïder Arostéguy. Avec la discrétion de deux phacochères dansant sur un fil tendu entre le Rocher de la Vierge et l’église Sainte-Eugénie, nos deux larrons de la liste Veunac qui sentent que leur champion a du mal à trouver une famille d’accueil pour le second tour après son score calamiteux du 15 mars, commencent à encenser Maïder Arostéguy à toutes occasions, avant de lui proposer le cadeau suprême : le don de leurs personnes afin de rehausser le niveau de sa liste composée d’incompétents absolus par rapport aux deux politiques expérimentés qu’ils sont. Mais Maïder n’a pas bon goût, c’est bien connu, et elle ose refuser les avances des deux génies définitifs et leur dire qu’elle continue avec sa liste. Bizarrement Destizon et Vial vont se mettre soudainement à dire pis que pendre de la candidate LR. Une crise de lucidité, sans doute.

Un petit tour chez Guillaume

Louis Vial peut être heureux de sa stratégie gagnante et de son nouveau surnom, « Le cerveau ». (Photo Sud Ouest)

Un vent de panique souffle alors sur les membres de la liste Veunac qui se demandent s’ils ne vont pas devoir renoncer à la vie publique… et aux indemnités qui vont avec. Et la jalousie s’en mêle quand Destizon et Vial apprennent que Guillaume Barucq semble prêt à accueillir, sans le moindre état d’âme sur sa liste Éric Bonnamy et Laurent Ortiz. Comment peut-on s’enticher de modestes caporaux comme le spécialiste des mobilités douces et le représentant des surfeurs, quand des généraux comme eux sont sur la touche ? Un peu comme De Gaulle avec Pétain, Croquignol-Destizon et Filochard-Vial décident de remonter les bretelles à leur chef, en train de sombrer dans le défaitisme le plus complet. « Michel, tu dois défendre ton bilan admirable, ce mandat apaisé et magnifique que tu as réalisé.  Laisse-nous négocier en ton nom et nous te promettons que tu vas être accueilli dans une liste avec tous les honneurs dus à l’extraordinaire maire que tu es ».

Persuadés d’être attendus comme des messies, Destizon et Vial viennent donc offrir leurs services, il y a une semaine, au petit médecin à catogan. Sauf que pour repeindre en vert Vial et Destizon, il faut prévoir quelques tonneaux de peinture. Barucq comprend qu’il va droit à la catastrophe et que Lysiann, sa nouvelle conquête abertzale verte et solidaire dont il est si fier, va sérieusement ruer dans les brancards. C’est comme cela que les chômeurs partiels Ortiz et Bonnamy qui étaient tout contents d’avoir retrouvé un petit boulot chez Barucq, se retrouvent sans emploi et éjectés de la liste !

Un petit tour chez Nathalie

Ne doutant décidément de rien, et prêts à mouiller leurs chemises pour que Biarritz soit sauvée, les deux pieds nickelés commencent samedi 30 mai des négociations avec Nathalie Motsch. S’imaginant que « Calamity Nathalie » est un cœur à prendre, fragilisée par le refus inattendu de Barucq de s’allier à elle, ils vont lui prouver qu’ils sont des vrais « mecs » sur qui elle peut compter et qu’ils détiennent la combinaison magique pour gagner les élections. Destizon et Vial lui proposent donc le « plan à trois » qui a horrifié le trop conventionnel Barucq, fusionner sa liste avec celle de Michel Veunac et celle de Jean-Benoît Saint-Cricq. Nathalie Motsch n’en croit pas ses oreilles et informe immédiatement ses colistiers de la démarche des deux Pieds nickelés. Redoutable en politique, ce qu’on savait déjà, elle décide de les laisser s’enfoncer pour voir jusqu’où ils iront dans l’ignominie. Et ce n’est pas triste.

La tête de liste ? La logique voudrait qu’elle revienne à Nathalie Motsch au vu de son score. Mais Destizon, on le sait, a réponse à tout quand il s’agit de sa survie. « Nathalie, Michel a toujours cru en toi et a toujours dit que tu étais la seule à avoir du talent en politique. Michel est le maire sortant. Tu dois lui laisser la tête de liste et devenir numéro deux tandis que Jean-Benoît sera en troisième position. Évidemment, la condition impérative pour que nos listes fusionnent est que tu renonces à ton recours sur l’Hôtel du Palais. Quant à Michel, il est vieux et fatigué et a juste besoin d’un an avant de te laisser la place et de permettre à Jean-Benoît de devenir Premier adjoint ». Allez comprendre pourquoi, mais Nathalie Motsch qui a toujours dit que Veunac est le dernier à qui elle achèterait une voiture d’occasion, n’a pas cru un mot de ces fadaises.

Mais fine mouche, elle se garde bien de les éconduire, se disant qu’elle va les faire poireauter jusqu’à ce qu’ils soient définitivement écartés de la vie publique, et joue donc les vierges effarouchées qui n’ose franchir le pas avant de leur dire non lundi soir. Un tout petit peu trop tôt, comme on va le voir.

Un deuxième tour chez Jean-Benoît

D’où ce communiqué de Michel Veunac publié mardi matin, peu avant la conférence de presse de Guillaume Barucq, annonçant qu’il se retirait de la compétition. Grande liesse des Biarrots, ces inconscients incapables de comprendre qu’ils sont en train de perdre 35 talents d’envergure comme Jocelyne Castaignède, Ghis Haye, Sylvie Claracq, sans compter tous les hommes précédemment cités et notre Mimi-la-Malice-que le-monde-entier nous-envie.

Le 2 juin, alors que l’heure de déjeuner à sonné depuis longtemps, Jean-Benoît Saint-Cricq, persuadé qu’il va se manger un quatrième mandat d’opposant, annonce à Sud Ouest qu’il ne sait pas s’il va maintenir ou non sa liste. C’est compter sans la ténacité légendaire de nos deux infatigables héros Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, qui vont faire entendre raison à l’avocat biarrot. Patrick Destizon, alors flanqué de Maïder Arostéguy, avait trahi Saint-Cricq lors de l’élection de 2008. Mais c’est bien connu, Jean-Benoît aime souffrir et les convictions et la cause de Biarritz doivent prévaloir.

Ils se sont trahis et se sont réconciliés. C’est beau, l’amour! (Photo extraite du Facebook de Jean-Benoît Saint-Cricq)

C’est donc main dans la main qu’on apprend à 16 heures (soit deux heures avant la date limite de dépôt des listes et deux heures après les travaux d’approche enfin réussis), que l’opposant qui ne s’oppose plus Jean-Benoît et le très séduisant bourreau des cœurs Patrick vont convoler en justes noces jusqu’à la sous-préfecture, avec Louis Vial et Jocelyne Castaignède comme témoins du mariage. D’où ce selfie fait autour d’une bière (on est peuple où on ne l’est pas !) des deux compères, épaule contre épaule malgré la menace Covid, et déclarant à qui veut l’entendre : « On va faire perdre Maïder ! »

Eh, les loulous, vous ne vous surestimez pas un peu ?

Barucq tournicote et Arostéguy rigole

Pendant que Maïder Arostéguy repart avec sa liste du premier tour, Guillaume Barucq discute avec tout le monde et oublie le message des électeurs.

Guillaume Barucq a multiplié les appels du pied et semble désormais en grande difficulté pour présenter une liste cohérente et respectueuse des suffrages exprimés.

Le sport et la politique ont beaucoup de similitudes : quand Serge Blanco, unanimement reconnu comme le meilleur arrière du monde, jouait les phases qualificatives avec son cher Biarritz Olympique et perdait le match, il ne proposait pas ses services au Stade Toulousain pour jouer le dimanche suivant et restait à la maison pour suivre la fin de la compétition. Ce n’est pas faire injure à Éric Bonnamy ou Laurent Ortiz que d’affirmer que s’ils étaient les meilleurs élus du monde, quelqu’un s’en serait sans doute aperçu pendant cette mandature. Si rien ne change d’ici mardi, date limite de dépôt des listes de second tour, les voilà pourtant pressentis pour intégrer la liste recomposée de Guillaume Barucq, tandis que Patrick Destizon et Louis Vial, qui eux non plus n’ont pas grand-chose à voir avec l’aristocratie des adjoints en poste, tapent avec insistance à la porte du docteur à catogan. Les Biarrots sont sauvés !

À toutes les questions de Bisque, Bisque, Basque !  Guillaume Barucq se contente de répondre : « Pas de précipitation. Rien n’est encore acté. Soyez patient » avant de préciser dans un deuxième message : « Vous faites de la politique-fiction. Attendez mardi de découvrir notre liste de renouvellement+++ »

Pour aider les électeurs à s’y retrouver dans ce salmigondis si typiquement biarrot, nous allons donc partager avec vous les informations en notre possession, même si elles changent pratiquement d’heure en heure, et en profiter pour rappeler quelques principes républicains de respect du vote des électeurs.

Veunac essaie de fourguer son entreprise en faillite

Sévèrement fessé au soir du premier tour, Michel Veunac continue néanmoins à manoeuvrer. ( Photo Sud Ouest )

Et commençons par notre champion toutes catégories. Pas un maire sortant d’une ville de plus de vingt mille habitants ne s’est retrouvé cinquième avec 12,22% des voix, mais ce n’est pas ce genre de détail qui va arrêter notre maire-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie, qui essaie à tout prix de tirer encore quelques profits de son entreprise en faillite. La semaine dernière, une réunion houleuse a opposé l’actuel maire à ses colistiers, lui demandant quelle stratégie il compte adopter pour le second tour. Mimi-la-Malice s’est bien gardé de répondre, alors qu’il a fait le tour de toutes les listes pour tenter de négocier son soutien en échange de l’intégration de Claracq, Bonnamy et Ortiz et de l’obtention d’une SEM pour lui, histoire de prendre encore quelque menue monnaie.

Rapidement éconduit par Maïder Arostéguy qui le considère comme une machine à faire perdre des voix, ce qui démontre une lucidité certaine, notre brillant stratège a imaginé une alliance avec Saint-Cricq pour peser sur l’élection. Mais l’avocat biarrot qui a le sentiment de s’être bien fait rouler dans la farine en 2018 au moment du vote de l’Hôtel du Palais, s’est bien gardé de donner suite, décidant de maintenir sa liste pour le deuxième tour.

Veunac savait parfaitement qu’avec Nathalie Motsch, qu’il craint beaucoup, toute alliance était impossible. Sans aucune dignité, il a tout de même envoyé des émissaires qui ont affirmé à « Calamity Nathalie » que le maire sortant était prêt à la soutenir si elle renonçait à son recours contre lui au moment du vote de l’Hôtel du Palais. Tiens, tiens, on a peur ?

Barucq tombe dans le piège

Veunac s’étant fait claquer le museau presque partout, il ne restait plus qu’une porte à tenter d’entrebâiller. Mimi-la-Malice a alors entonné auprès de son adjoint à l’Environnement le grand couplet de « Biarritz ville centriste » qui n’est pas prête à tomber dans les bras d’une candidate de droite mais rêve d’un maire rassembleur comme Didier Borotra ou… lui-même. Une idée que partage visiblement Guillaume Barucq même s’il affirme que rien n’est fait. Lors d’une interview à France 3, le 26 mai, Docteur-surf laisse filtrer un peu sa stratégie : « Ma liste peut se maintenir en créant un grand rassemblement autour de l’écologie, de gauche à droite, avec une équipe de personnes complémentaires et compétentes. » Complexe de l’élève face au maître tacticien ? Visiblement Veunac préoccupe beaucoup Guillaume Barucq : « Va-t-il se maintenir ? Se retirer ? Et dans ce cas-là soutenir une liste ? J’attends de voir. J’ai été son adjoint pendant six ans : je l’ai aidé à gagner en 2014… ». Si ce n’est pas un appel du pied… Avant de laisser pointer le bout du catogan dans cette réflexion finale : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… »

Après l’avoir laissé poireauter une bonne semaine, Guillaume Barucq a rencontré Nathalie Motsch jeudi soir pour lui proposer une… sixième place sur sa liste, tandis que Lysiann Brao pourtant numéro deux de la liste EHVS et devancée de presque deux points par la liste Motsch se retrouve en quatrième position. De façon fort prévisible, Nathalie Motsch a refusé cet affront et a claqué la porte en décidant de maintenir sa liste.

Arostéguy, droite dans ses bottes

Peu de jours après le début du confinement, lors d’un échange téléphonique, Maïder Arostéguy avait confirmé son intention de repartir avec sa liste et de refuser les mains tendues de Michel Veunac et Jean-Benoît Saint-Cricq, estimant qu’ils incarnaient un passé et une façon de faire de la politique dont les Biarrots ne veulent plus. Deux mois plus tard, la candidate n’a pas dévié d’un pouce de la ligne tracée, déposant sa liste quatre jours avant la date limite et réaffirmant lors d’une conférence de presse vendredi sa conviction que les Biarrots n’en peuvent plus des « tripatouillages » permanents que leur a fait vivre Veunac. L’observateur local est bien obligé de reconnaître que la candidate LR a parfaitement saisi le message adressé par les Biarrots le 15 mars et manifeste beaucoup de sens politique. Et comme, pour être élu, il faut comme en sport avoir parfois un peu de chance, il semblerait que le dossier du BO, sujet sur lequel Maïder Arostéguy a parfois semblé mal à l’aise, ne refera pas surface avant le 28 juin, la DNACG, le gendarme financier du rugby, estimant qu’il faut laisser les clubs tranquilles avant de prendre des décisions.

Et si on respectait les électeurs biarrots ?

À mon sens, jamais dans l’histoire de Biarritz, résultat électoral n’a été aussi limpide que celui exprimé par les Biarrots le 15 mars dernier et Guillaume Barucq, en jouant le jeu des alliances improbables sauce Biarritz, commet une énorme erreur. Deux faits sont totalement incontestables. Michel Veunac a pris au premier tour une fessée comme jamais maire sortant n’en a pris. Ce n’est pas seulement sa personne que les Biarrots ont sanctionnée, mais aussi sa façon de faire de la politique.

Discuter, même si cela n’aboutit pas, avec les membres de cette liste, au vu du désastre que nous avons subi pendant six ans, constitue une faute majeure. Tous ceux qui ont soutenu Michel Veunac, tous les bénis oui-oui qui ont choisi de ne rien dire des abominations qui se passaient à la Ville pour sauver leur indemnité d’adjoints ou leurs délégations ne méritent pas d’être repêchés et ne peuvent figurer dans une liste Barucq qui affirme vouloir le renouvellement.

Le ticket-Barucq, Motsch, Morin séduisait les Biarrots. Pourquoi le refuser?

Par ailleurs, les Biarrots ont établi une hiérarchie avec leurs votes, Nathalie Motsch talonnant Guillaume Barucq et devançant la liste EHVS. Un vote très cohérent où tous les partisans de la fermeté républicaine face aux pressions de Jean-Baptiste Aldigé se sont retrouvés au coude-à-coude. Prendre en compte les votes des Biarrots, c’est présenter face à Maïder Arostéguy mardi, une liste où Guillaume Barucq est le numéro 1, suivi par Nathalie Motsch en deuxième position et Brice Morin en troisième position. Avec le soutien de Karim Guerdane, qui souhaitait voir cette liste de tous ses voeux et dont le talent politique doit être utilisé même s’il a fait un score modeste.

Tout le reste, c’est de la petite tambouille électorale, une tentation de « biarrotiser » l’élection avec des alliances improbables et des petits arrangements entre amis que les Biarrots ne supportent plus, c’est enclencher irréversiblement la machine à perdre. C’est bien connu, en sport comme en politique « la peur de gagner » fait commettre parfois des erreurs colossales. Barucq a encore trois jours pour se ressaisir et jouer sa balle de match. 

Tohu-bohu à la mairie

Jusqu’à la dernière minute, il nuira à sa ville ! Sans le moindre scrupule, Michel Veunac continue à prendre des décisions qui engagent l’avenir de Biarritz. Ainsi, avant la date du 28 juin il a prévu de tenir un ultime conseil municipal, où l’adjointe aux Sports Stéphanie Ricord présentera sa démission, car il l’a fait nommer entre temps Directrice des Ressources Humaines de la Ville. Une nomination qui est loin de faire l’unanimité en interne, où l’élue est peu appréciée et qui agace les candidats au poste de maire qui ont l’impression qu’on leur force la main. Dans la rubrique, « C’est un bonheur de travailler à la mairie », notons aussi la démission de la directrice de la communication qui a adressé à tous les chefs de service une lettre où elle détaille ce qu’elle a enduré. En attendant une nouvelle nomination, c’est l’inusable Claire Ripert qui va assurer l’intérim, tandis que la liste des employés tombés au front s’allonge sur le monument aux morts de la mairie.

Veunac fait du vieux avec du vieux

Malgré la présence de Jean-Baptiste Lemoyne, bien planqué derrière Veunac, la liste du maire sortant est consternante et montre à quel point le vide s’est fait autour de lui.

Avec cette ébauche de liste, digne de Pif-Gadget, Veunac nous prend vraiment pour des jambons.

«  La politique est l’art d’arriver par n’importe quel moyen  à une fin dont on ne se vante pas » disait Jules Romain. Pendant tout leur mandat, vous ne les avez jamais entendus, au mieux juste vus opiner du bonnet quand leur seigneur et maître  à écharpe tricolore énonçait une de ses platitudes dont il a le secret. Il est donc normal qu’ils se représentent pour obtenir une nouvelle chance au suffrage. Michel Veunac nous avait annoncé une liste où l’on allait voir ce qu’on allait voir. On voit et on est édifié. Pour faire nombre et arriver à trente-cinq, Michel Veunac, qui n’en est pour le moment qu’à une quinzaine de ralliés, a donc récupéré tous ceux qui n’ont jamais soufflé mot pendant six ans, tous ceux qui n’ont jamais exprimé une idée et se sont contentés d’encaisser leurs indemnités d’adjoints en marchant docilement au pas. En avant donc pour le grand renouvellement avec Jocelyne Castaignède, Sylvie Claracq, Patrick Destizon, Laurent Ortiz ou Louis Vial ! Et c’est avec ça qu’il compte gouverner ? Mais où sont les compétences ?

Pour donner un petit air de nouveauté à ce qui se fait de plus ranci dans la majorité municipale, Veunac a donc été obligé d’aller chercher parmi ses obligés comme Josette Cazaux, la présidente du musée historique ou Olivier Cami-Sarti, l’actuel directeur du centre équestre au terme d’un appel d’offres qui avait fait grincer bien des dents à l’époque. Là aussi, il n’y a vraiment pas de quoi être ébloui.

Reste enfin la présence du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne qui a accepté de figurer en troisième position sur la liste, ce qui n’est pas faire montre d’un grand caractère que d’accepter de servir de caution à un Michel Veunac. En effet, tous ceux qui ont un vrai tempérament de patron, vous diront que « la règle numéro un est de ne jamais accepter d’être numéro deux », surtout quand on se sent intellectuellement supérieur à celui qui vous devance. Il faut donc croire que ce n’est pas le cas et que notre néo-parachuté, inconnu du grand public, mais bien connu de ses pairs pour ses traîtrises successives ( Lire ci-dessous) a gobé la promesse de Veunac de lui laisser son poste en cours de mandat.

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ». se plaisait à dire Édouard Herriot.  Après l’annonce d’une liste aussi pitoyable, les opposants à Veunac peuvent rigoler et se frotter les mains.

JB Lemoyne, alias Mister Nobody

C’est l’un des plus diaphanes parmi les membres du gouvernement et il n’est guère étonnant que vous ne le connaissiez pas. Après une longue carrière dans l’Yonne, marqué par des incessants changements d’écurie, celui qui a commencé en flirtant avec la droite dure, éprouve soudainement un amour immodéré pour le Pays basque depuis qu’il vit avec la sénatrice Frédérique Espagnac. Un petit tour sur le web vous en apprend beaucoup sur la stature morale et la fidélité politique de l’intéressé. Et surprise, ce sont les journaux de droite comme « Les Échos » ou « Valeurs actuelles » qui se montrent les plus sévères :

 

Jean-Baptiste Lemoyne, le “traître” de Marrakech

Aussi ambitieux que discret, Jean-Baptiste Lemoyne a beaucoup trahi avant de devenir cet “obscur secrétaire d’Etat”.

Publié par Raphaël Stainville de « Valeurs actuelles » le 14 décembre 2018 (Extrait)

C’est comme s’ils s’étaient tous passé le mot. Aux Républicains, pas question de faire de la publicité à Jean-Baptiste Lemoyne. Au mieux, lorsqu’ils évoquent le signataire du pacte de Marrakech, dépêché au débotté par Emmanuel Macron pour le représenter au Maroc le 10 décembre, alors que le chef de l’État recevait à tour de bras à l’Elysée pour tenter d’apporter une réponse forte à la colère des gilets jaunes, les députés LR parlent de lui, lors de leurs questions au gouvernement, comme d’« un obscur secrétaire d’État » (Éric Ciotti), « ce je ne sais quel secrétaire d’État » (Constance Le Grip), comme pour mieux le renvoyer à son anonymat. Pas une seule fois, au sein de l’hémicycle, les parlementaires de droite ne s’aventurent à prononcer son nom. Ce serait faire trop d’honneur à celui que beaucoup considèrent encore comme un « traître professionnel ».

Un portrait de Jean-Baptiste Lemoyne ? « Vous perdez votre temps. Il ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui », prévient d’emblée l’un de nos interlocuteurs. Christian Jacob, le président du groupe LR au parlement, qui a peu goûté la réponse politicienne que le secrétaire d’État a faite à Claude Goasguen mardi dernier alors que le député demandait au premier ministre qu’un vrai débat sur l’immigration ait lieu et rappelait les conséquences que ne manqueraient pas d’avoir « ce pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est cependant sorti de son silence pour railler celui qui fut pendant quelques années, le secrétaire adjoint du groupe UMP à l’Assemblée nationale. « Il ajoute l’incompétence à la médiocrité », lâche Christian Jacob. 
Guillaume Larrivé, qui n’a pas oublié que l’ancien sénateur de l’Yonne a soutenu un ancien socialiste recyclé LREM aux dernières législatives dans l’Yonne pour tenter de le faire battre, n’est guère plus amène et se fait un malin plaisir de l’habiller pour l’hiver : « Il correspond parfaitement à ce que de Gaulle appelait “les politichiens” : ne pensant rien sur rien, il va à la gamelle. » Non sans un certain cynisme.
D’abord membre du parti Démocratie libérale, il fait ses premières armes dans le Ve arrondissement de Paris auprès de Jean Tibéri, avant de se mettre dans la roue de Jean-François Copé dont il a longtemps épousé la trajectoire. Son CV est impeccable à défaut d’être impressionnant. Classes prépas littéraires, Sciences PO Strasbourg, Essec. Un petit passé militant dans un syndicat classé plus à droite que l’UNI. Il intègre le cabinet de Copé en 2002 quand le maire de Meaux devient ministre de Jacques Chirac et le suit à l’Assemblée nationale, après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Jean-François Copé veut faire de l’Assemblée nationale un contre-pouvoir, le marchepied de ses ambitions élyséennes. Secrétaire général adjoint du groupe UMP, Jean-Baptiste Lemoyne joue volontiers les porte-flingues de son patron et fait la paire avec Jérôme Lavrilleux. Il s’affiche plus à droite que son patron et ne craint pas à l’occasion de jouer les anciens combattants dans les concerts de Jean-Pax Mefret. Il reprend à tue-tête ses chansons « nostAlgériques ». En 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy, il soutient Copé partisan d’une « droite décomplexée » contre François Fillon dans la campagne mortelle pour la présidence de l’UMP (…)

Puis il lâche Copé au profit de Fillon, avant de lâcher Fillon au profit de Macron et termine dans les bras de Veunac… Quand on vous parlait de dégringolade!

La Saint-Barthélémy continue à la mairie

Après avoir longuement hésité, Veunac s’est enfin décidé à couper la tête de Nathalie Motsch, le 8 février prochain. Pendant ce temps, la débandade continue…

Il va bientôt falloir dresser un monument aux morts dans le hall d’accueil de la mairie de Biarritz, en hommage à tous ceux qui sont tombés, épuisés par les errances, indécisions et colères du piètre manager Michel Veunac. Il est très rare qu’un directeur de cabinet ne finisse pas un mandat. En quatre ans de règne, Michel Veunac a déjà fait plus de victimes qu’il n’y a de noyés chaque saison sur la Côte basque. Après le très apprécié Guillaume Snollaert, parti en 2018, c’est la chef de cabinet depuis 13 ans Catherine Mériot qui jette son tablier. En arrêt maladie, elle a demandé à réintégrer Biarritz tourisme et ne veut plus être en première ligne avec le maire. Elle sera remplacée par Nathalie Mineo.

Michel Veunac semble d’ailleurs avoir du mal à travailler avec les femmes, ce qui n’est guère une surprise au vu des horreurs qu’il a parfois lâchées en plein conseil.

Laurence Minier, la directrice de la police municipale, est partie à Bordeaux pour retrouver un peu de sérénité.

Claire Ripert, directrice de la communication, a jeté l’éponge au bout de quinze ans pour partir en Australie.

Même débandade, côté élus, où les démissions de Virginie Lannevère du conseil municipal, d’Anne Pinatel de la Socomix, après celles de François Amigorena et Édouard Chazouillères. de leurs postes d’adjoints, montrent un maire incapable de fédérer et tout juste bon à faire sauter sur ses genoux l’opposition, quand il se retrouve en minorité dans sa majorité.

« Calamity Nathalie » ne cède pas

Reste le cas particulièrement embarrassant pour Veunac de sa turbulente adjointe Nathalie Motsch. Selon les informations de « Bisque, Bisque, Basque ! », l’ancienne adjointe à l’Urbanisme, devenue adjointe à rien du tout, aurait été l’objet de plusieurs réunions restreintes et de vifs échanges entre Lafite et Veunac. Ce dernier considère que la future candidate à la mairie est beaucoup plus dangereuse, une fois sa liberté retrouvée, car elle a démontré un beau tempérament au moment de l’affaire du Palais, tandis que Lafitte, sans doute moins politique, veut à tout prix la tête de « Calamity Nathalie », car elle a le tort de ne pas être bluffée par le grand homme qu’il pense être. Veunac, Lafite et Motsch refusent bien évidemment de le reconnaître, mais, selon plusieurs sources concordantes, le grand maladroit qui nous dirige aurait tenté plusieurs opérations de câlinothérapie en direction de Nathalie Motsch, en lui promettant à chaque fois monts et merveilles… à condition qu’elle retire ses recours devant le tribunal administratif.

Des recours qui semblent terriblement inquiéter le duo Veunac-Lafite. On aurait un peu trop joué avec les règles de la vie publique ?

Heureusement pour les Biarrots, la dame a du caractère et a annoncé à plusieurs reprises qu’elle ne démissionnerait pas et ne retirerait pas ses recours, puisqu’elle n’estime avoir commis aucune faute en dénonçant le curieux montage de L’Hôtel du Palais. À regret, Veunac a donc inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal du 8 février prochain le retrait de délégation de Motsch. Les Biarrots sont vivement invités à venir assister à ce conseil où l’on entendra probablement encore, comme le 15 octobre dernier, des huées et des applaudissements, tant la gestion de cette ville, est extravagante.

Veunac aménage à sa guise le débat national

Vous pouvez retrouver tous les dessins d’Azo sur son blog : azo.centerblog.net

La réunion de majorité qui s’est tenue en début de semaine a déjà donné un avant-goût de l’avidité manifestée par certains élus. Motsch écartée, c’est un poste d’adjoint et l’indemnité mensuelle de 1100 euros qui va avec, dont il faut s’emparer toute affaire cessante ! Et tant pis si on n’a aucune aptitude pour ce poste. Depuis quelques semaines déjà, le très courtisan Destizon sévit à l’Urbanisme. Il fallait donc promouvoir un autre petit jeune méritant et c’est Laurent Ortiz, qui avait très bien voté pour le Palais, le 15 octobre dernier, après s’être montré un peu indiscipliné en juin dernier, qui a décroché la timbale. Au final, les cocus seront une fois de plus les Biarrots qui en perdant Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère et Pinatel à des postes décisionnaires voient s’éloigner les dernières chances de ramener à la raison l’équipage fou qui dirige le paquebot biarrot.

Et comme s’il fallait poursuivre la farce jusqu’au bout, Michel Veunac s’est encore illustré lors de cette réunion de majorité quand un conseiller lui demande comment il envisage de contribuer au grand débat national voulu par son ami Macron. Pas question de donner une salle à une association qui souhaiterait débattre, a décrété le grand timonier. On va organiser deux grands débats, mais avec à chaque fois un modérateur et « interdiction absolue de poser des questions sur des sujets locaux »

Les Biarrots avaient déjà constaté que leur maire manifestait un sens un peu particulier de la démocratie, ils découvrent maintenant qu’il a peur des questions. Elles font pourtant bien moins mal aux finances des Biarrots que les décisions du maire.

 

 

Une belle vague de contestation à Marbella

Pour mettre à mal le projet imbécile de la municipalité qui menace la plage de Marbella, une seule solution : rencontrer avant le 4 octobre l’enquêteur public pour qu’il mesure la détermination des Biarrots.

Et l’on dira après que les Biarrots sont incapables de se mobiliser ! Samedi 1er septembre le collectif « Sauvons Marbella » qui appelait à un rassemblement pour protester contre les projets municipaux menaçant la plage, a sans doute été le premier surpris par la vague de mécontentement qui est venue s’exprimer devant la buvette Debololo et le club de surf, tous deux menacés de disparition. L’esplanade était noire de monde, et de nombreux élus de l’opposition comme de la majorité avaient eu le bon goût de venir afficher leur solidarité avec le collectif : Maïder Arosteguy et Anne Pinatel, mais aussi François Amigorena, Eric Bonnamy, Alain Robert ou Laurent Ortiz.

Un Laurent Ortiz, particulièrement touchant dans sa passion pour ce spot de Marbella, qui est intervenu après le président du collectif Julien Paulet et le président de la fédération de surf Jean-Luc Arassus pour dire combien il aimait cet endroit et combien il désapprouvait l’action du maire : « Jean-Pierre Chevènement a dit qu’un ministre devait fermer sa gueule ou démissionner. Pour ma part, je déteste cette phrase et je suis bien décidé à être élu tout en disant ce que je pense ».

Pour que l’enquête publique serve à quelque chose

Tous les intervenants, de Pierre Aldama à Michel Larronde ont ensuite souligné, à quel point le mécontentement suscité par les projets de la municipalité pouvait se transformer en action efficace. L’enquête publique démarre aujourd’hui et durera jusqu’au 4 octobre. En général, les enquêtes publiques sont des espèces d’alibis démocratiques qui se déroulent dans l’indifférence générale et qui permettent ensuite aux gouvernants de dire qu’ils ont consulté le peuple… qui découvre trop tard qu’il s’est fait berner.

Grâce à la vigilance du collectif « Sauvons Marbella », nous sommes tous avisés des dates et pouvons donc agir, puisque l’enquête débute aujourd’hui.

Si vous envoyez un mail pour affirmer votre refus de ce projet, c’est bien.

Si vous poussez la prodigalité, jusqu’à acheter un timbre pour rajouter un courrier traditionnel de protestation, c’est encore mieux.

Si dans un accès de folle témérité, vous vous décidez à prendre votre sac à dos et vos chaussures de randonnée pour rejoindre la mairie et écrire votre mécontentement sur le registre prévu à cet effet, c’est presque parfait.

Enfin, si les 13 et 20 septembre ou le 4 octobre, vous réussissez à prendre une RTT (Le commissaire enquêteur ne doit pas savoir que les Biarrots travaillent et ne reçoit que de 9h à 12h ou de 13h30 à 17h00), ou à vous échapper clandestinement de votre lieu de travail, venez à la salle de réunion du 3e étage de la mairie pour dire de vive voix à l’enquêteur public tout le mal que vous pensez de cette décision municipale.

Imaginez un peu ce qui va se passer, si le commissaire-enquêteur, habitué à ne jamais voir plus de trois notables locaux venir échanger avec lui, se retrouve avec une salle bondée et des passionnés de Marbella bien décidés à lui faire faire des heures supplémentaires…

C’est d’accord, on se retrouve tous à la mairie ?

ENQUÊTE PUBLIQUE MODE D’EMPLOI

(Du mardi 4 septembre au jeudi 4 octobre)

 

Quatre manières de faire entendre sa voix (Il n’est pas interdit d’utiliser les quatre) :

– Email au commissaire enquêteur : 
pref-amenagement@pyrenees-atlantiques.gouv.fr 
– Courrier postal au commissaire enquêteur : 
Monsieur le Commissaire Enquêteur 
Mairie de Biarritz 
BP 58 
64202 Biarritz cedex 
– Observations sur le registre en mairie : 
du lundi au vendredi de 08h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h00 
– Rencontre avec le commissaire enquêteur en mairie, salle de réunion du 3e étage
le mardi 4 septembre de 09h00 à 12h00 
le jeudi 13 septembre de 14h00 à 17h00 
le jeudi 20 septembre de 09h00 à 12h00 

le jeudi 4 octobre de 14h00 à 17h00 
(Source : Facebook Biarritz Notre Ville)

 

 

I.- Entre Groland et la Corée du Nord

Édifiant sur la gouvernance Veunac, le dernier conseil municipal, avec une opposition pugnace et la parole libérée des « dissidents » Amigorena et Chazouillères, mérite vraiment d’être écouté…

Virginie Lannevère n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Elle l’a démontré, jeudi dernier.

L’ambiance est si chaude en ce soir de conseil, que pour un peu on se croirait au stade Aguilera, un jour de derby entre le Biarritz Olympique et l’Aviron. Avec une grosse surprise d’entrée dans la composition des équipes. Le nouvel adjoint Louis Vial est obligé de se séparer de son pote Boissier et se retrouve coincé dans le pack des gros – ça lui apprendra ! – entre Destizon et Claverie. Quant aux deux trublions Amigorena et Chazouillères, les voilà exilés à l’aile, là où sévissait l’opposition de gauche sous Borotra.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Et pour reprendre la tradition du derby, le match commence très fort avec une belle « soupe de phalanges », comme les rugbymen qualifient les bagarres, dès la 9e minute. À l’origine de cette mémorable générale, la très discrète Virginie Lannevère qui n’a guère l’habitude de parler pour ne rien dire. Outrée par l’éviction probable de la Socomix des deux adjoints dissidents, Madame Lannevère rappelle qu’elle a passé « neuf années de sa vie à analyser le risque d’un investissement hôtelier » et estime qu’on ne peut « limiter ce débat à une vision binaire et uniquement politique. L’efficacité voudrait qu’on laisse ces deux administrateurs en place. ».  Naïve Virginie, qui s’imagine que l’intérêt des Biarrots doit passer avant l’ego du maire ! La conseillère municipale de la majorité s’interroge aussi sur « des prises de décision questionnables ». Affirmant très calmement que « ce serait une erreur d’interpréter ma parole de façon politique », Madame Lannevère rappelle qu’il était « déraisonnable de rejeter Four Seasons en hystérisant son risque ». N’ayant visiblement pas compris que l’omniscient Veunac a toujours raison et que les études de sociologie mènent à tout à condition d’en sortir, cette impertinente va même jusqu’à demander « un débat en interne » sur L’Hôtel du Palais. Michel Veunac promet et Madame Lannevère persifle : « Il faut donc demander en public pour que ça passe ? »

Ballon sous le bras, Laurent Ortiz fonce ensuite dans le tas pour défendre les deux réprouvés, « On a besoin de toutes les compétences » avant de faire une passe plein champ à Anne Pinatel qui parachève le travail : « Notre casquette d’élus nous a gênés dans notre mandat d’administrateur, L’entreprise Hôtel du Palais n’a que faire de nos règlements de comptes politiques ».

Ce n’est visiblement pas l’avis de Veunac qui fait donner sa garde rapprochée et met le feu au terrain après avoir rappelé les brillants résultats financiers du palace, cette saison. (Une affirmation que l’opposition se fera un plaisir de contrer en rappelant que la redevance reversée aux Biarrots est le dixième de ce qu’elle devrait être). Manque de sens politique ou duplicité extrême, Barucq fait du Barucq, genre bon copain un peu fayoteur : « François, Édouard, vous avez décidé de vous mettre en marge en ne votant pas le budget » avant de reconnaître qu’au vu des décisions importantes à prendre, cette éviction tombe mal car « le timing est mauvais ». Comprenne qui pourra.

Hystérique, Nathalie Motsch, qui a sans doute beaucoup à se faire pardonner, prend le relais : « Quand on est dans une équipe, on y reste et on fait le job. Mon cher Édouard, vous êtes un adjoint qui parle beaucoup mais qui ne fait pas ». Gloussements dans la salle. C’est pourtant elle que les services surnomment « L’éolienne », et non le « cher Édouard ».

L’échappée belle d’Amigorena et Chazouillères

BIarritz vient de découvrir deux voix libérées de plus. Chazouillères et Amigorena se sont montrés très lucides sur le système Veunac.

Heureusement après cette furieuse mêlée, et comme souvent au rugby, le vieil adage « Balle à l’aile, la vie est belle ! » va être vérifié avec les paroles totalement libérées de Chazouillères et Amigorena. Écoutez bien les Biarrots, vous allez en apprendre de belles sur la gouvernance de Kim Jong Veunac (33e minute).

Toujours calme et pondéré, Chazouillères fait mouche : « La décision de nous évincer est une décision qui m’apparaît injuste, quand on considère notre implication et notre assiduité aux conseils d’administration du Palais depuis quatre ans, implication et assiduité qui ne sont, semble-t-il, pas partagées par tous les élus de cette assemblée si l’on en croit les comptes-rendus d’autres conseils, conseils d’agglomération par exemple. Mais surtout c’est une décision qui me semble hors sujet, absurde. »

Tandis que Nathalie Motsch s’étrangle (Pas de chance pour elle, les Biarrots ont tous vu la « débordée » Nathalie soignant son bronzage du côté de la Chambre d’amour peu avant le conseil !), Édouard Chazouillères, qui a décidément de bonnes lectures, poursuit : « Vous considérez, constituez et manœuvrez le conseil d’administration de l’entreprise de l’Hôtel du palais comme vous considérez, constituez et manœuvrez votre majorité au conseil municipal. C’est à dire : « Je ne veux voir aucune tête qui dépasse, aucune contestation, aucune idée qui vienne contredire mon idée ». À ce titre, je vous rappellerai cette phrase que j’ai déjà exprimée ici lors d’un autre débat, cette phrase de votre très cher François Bayrou mais que vous avez tant de mal à vous appliquer : « Quand on commence à penser tous la même chose, c’est que l’on ne pense plus rien ! ».

Après avoir accusé Veunac d’être dans une stratégie électorale pour 2020 (Comme si c’était possible !) Chazouillères franchit la ligne d’avantage et détaille la partie de poker à 50 millions d’euros conduite par Veunac : « Puisque la fin justifie les moyens, on ferme les yeux sur le déclassement en cours de l’hôtel, on qualifie l’offre de Hyatt avec une méthodologie et des critères de choix avec lesquels l’enseigne Four Seasons que vous avez rejetée aurait été qualifié haut la main, on prend des engagements avec l’enseigne Hyatt, avec les entreprises de travaux voire avec des banques choisies. Bref on fait de la cavalerie… qui est interdite dans le monde économique, mais heureusement qui n’est pas interdite dans le monde politique… »

Ce n’est pas grave, une fois de plus à Groland-Biarritz, ce sont les contribuables qui paieront.

« Il faut vendre Le Palais ! »

Même rage contenue chez François Amigorena : « Cette délibération est tristement emblématique de votre manière habituelle de faire. Où est la vision pour Biarritz ? Où est le souci de l’intérêt général ? Où est l’impératif d’efficacité que nous devons aux salariés de l’Hôtel du Palais et aux Biarrots ? Où est la compréhension de ce qu’est la vie d’une entreprise ? Car l’Hôtel du Palais est une entreprise et devrait être gérée comme telle. » Membre du conseil d’administration de la Socomix, François Amigorena, tout comme Edouard Chazouillères a pu admirer de près la « méthode » Veunac et pense qu’il faut vendre le palace pour s’éviter d’ultérieurs déboires. « La Ville de Biarritz est véritablement le pire actionnaire que cet hôtel puisse avoir. Il est grand temps de briser les tabous d’un autre temps et de mettre en débat la solution que vous avez toujours refusée de considérer, de la manière la plus arbitraire qui soit : la vente de cet hôtel. » Soudain, la salle se tait.

« Pourquoi vendre cet hôtel ? Au moins pour trois raisons. Tout d’abord, parce qu’héberger des clients fortunés pour leurs vacances n’est absolument pas une mission de service public. Cet hôtel est structurellement déficitaire depuis des dizaines d’années et l’argent des contribuables biarrots serait bien mieux employé ailleurs. Ensuite, parce que le produit de cette vente donnerait à Biarritz la possibilité de se désendetter massivement et de se doter d’une capacité d’investissement qui nous permettrait de transformer et d’embellir cette ville au bénéfice de tous ses habitants, sans aucun recours à l’impôt. Enfin parce que, contrairement à certaines craintes – légitimes – parfois exprimées, des solutions juridiques existent pour garantir que, même vendu, cet hôtel reste un hôtel et un vecteur majeur de l’attractivité touristique de Biarritz. Voilà le véritable débat mes chers collègues, celui que nous devrions avoir tous ensemble, plutôt que d’avoir à nous prononcer sur cette délibération mesquine à laquelle bien sûr je ne participerai pas. »

« J’ai honte de ce que je viens de voir »

Et l’opposition ? Imaginez un match de rugby où une équipe privée de ballon voit son adversaire s’étriper sur le pré et multiplier les bagarres générales entre joueurs portant le même maillot. L’ex trois-quarts centre puciste, Frédéric Domège, est le premier à exploser après presque une heure de jeu. Déjà cité comme exemple par la majorité, car il veille soigneusement aux intérêts de la Ville au sein du conseil d’administration de la Socomix même s’il est membre de l’opposition, Domège remet le ballon au centre du terrain : « Les Biarrots n’en ont rien à faire de vos histoires de majorité ». Maïder Arosteguy est tout aussi remontée : « Si mon collègue ne m’avait pas retenue, je partais. J’ai honte de ce que je viens de voir ». Heureusement l’opposition aura longuement l’occasion de s’exprimer, une heure plus tard, sur la nouvelle politique de stationnement et la pitoyable politique du maire.

Le Palais est sauvé, Destizon est arrivé….

En attendant Veunac, qui a sans doute fait sienne la devise de Chirac, « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », ne daigne même pas répondre aux salves qui fusent de toutes parts et conclut, impavide, les interventions musclées de ceux qui le combattent par un « Merci, cher collègue » avant de passer la parole à un de ses coupeurs de citrons de la majorité, que ce soit Lafite, Claverie ou Destizon.

Dans ces conditions, la nouvelle attribution des postes est presque une formalité, puisque, entre godillots et flagorneurs, la majorité municipale conserve encore une toute petite avance. En avant donc pour Vial et Mimiague au Siazim, Pour Lafite et la surmenée Motsch à l’EPIC tourisme, pour Bonnamy à Biarritz Océan, pour la transparente Ricord au Palais. Et puis comme dans le Destizon tout est bon, il fera lui aussi un très bon administrateur du Palais.

Plus mal élu de tous, il poussera le ridicule jusqu’à remercier ses « chers collègues ».  Arrête, Patrick, tu vas te faire un tour de reins à force de te prosterner !

À suivre : II.- Veunac stationne et papillonne

Encore un exploit de l’incorrigible Veunac

Une fois de plus, le maire de Biarritz a joué perso dans le dossier de l’ancien garage Honda, suscitant la colère de sa majorité qui se demande à quoi elle sert et pourquoi toutes ces cachotteries.

Le projet de bâtiment présenté par le cabinet Camborde. À Biarritz, avec Veunac, une conférence de presse vaut permis de construire !

Tandis que certains ne reculent jamais devant un dernier verre, d’autres ne ratent jamais l’occasion de prononcer une phrase creuse et sentencieuse. Samedi 19 janvier, les membres de la majorité municipale ont eu droit à un séminaire organisé par le duo Veunac-Lafite. Au dire des participants, cette réunion qui avait pour thème « La gouvernance » s’est avérée d’un ennui mortel. Les deux compères, qui ne peuvent pas se blairer, ont monopolisé le crachoir pour expliquer, de lin blanc vêtus, que la majorité est une équipe et que seul le collectif compte. Comme Laurent Ortiz avait jugé bon de s’abstenir, Lafite en a fait dix louches sur l’absent et la nécessaire discipline majoritaire, citant à plaisir Chevènement et son célèbre : « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne », un adage que l’adjoint aux Finances pourrait s’appliquer à lui-même puisqu’il est membre de la communauté de communes qu’il a tant critiquée. Lassée par ce bavardage interminable, Ghislaine Haye pose alors la question qui fâche : « Michel, où en est l’enquête sur les écuries de Bigueyrie ?»  Agacé, le beau parleur à écharpe tricolore, s’énerve et répond sèchement : « ça avance ! » Et prière de ne pas poser d’autre question ! Voilà l’enthousiasmante gouvernance qu’on propose à la majorité municipale !

Panique dans les services

Mais les membres de la majorité n’imaginent pas, en quittant avec soulagement cet interminable séminaire destiné à enfoncer des portes ouvertes, la dure semaine qui les attend et la nouvelle leçon d’ingouvernance que va leur infliger Veunac, En effet le maire de Biarritz, après avoir plaidé en décembre l’erreur qui ne se renouvellera pas, n’a visiblement rien retenu du fiasco des écuries de Bigueyrie et recommence ses petits coups en douce qui lui ont valu toute cette semaine de nouvelles tensions avec ses adjoints.

C’est tout d’abord l’annonce d’une conférence de presse, mercredi matin, organisée par la Caisse régionale du Crédit agricole pour présenter son projet de bâtiment flambant neuf, à la place de l’ancien garage Honda, qui sème la panique dans le service urbanisme, sur le qui-vive depuis qu’on a voulu lui faire porter un chapeau beaucoup trop grand pour lui, avec les écuries de Parme.

Tout le monde ne peut que se réjouir de la création d’une pépinière d’entreprises, mais l’urbanisme s’étonne de voir un bâtiment dessiné par le cabinet Camborde architectes, sans la moindre concertation avec la Ville. Prudents, on fouille et refouille les dossiers en cours, avant de constater que pas la moindre demande de permis de construire n’a été déposée. Une carence d’autant plus agaçante que plusieurs élus de la Ville avaient imaginé profiter de cet emplacement disponible pour imposer aux acquéreurs une petite placette, avec un bâtiment en retrait.

Engueulades entre élus

L’article de Sud Ouest, (25/1)

Cette surprenante absence de dossier et de permis de construire remonte par l’intermédiaire des services juqu’aux élus. Lafite, Motsch, Barucq affirment n’être au courant de rien et s’étonnent.  Jusqu’à ce que Michel Veunac survienne en affirmant que c’est lui et lui seul qui suit ce dossier et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes communaux. Grosse colère de Lafite et de ses adjoints qui en ont marre d’être systématiquement mis devant le fait accompli. Les noms d’oiseaux fusent, preuve que le séminaire sur la gouvernance de la majorité n’avait peut-être pas beaucoup de raisons d’être. Veunac, face à la fronde, tente de minimiser l’affaire, sachant qu’une nouvelle réunion de majorité aura lieu lundi prochain et qu’elle pourrait être animée : « Vous ne comprenez rien. J’ai besoin du Crédit Agricole !» Oh, le bel aveu que voilà !

Les yeux de Chimène pour le Crédit Agricole

Tous ceux qui ont patienté des mois avant d’obtenir un permis de construire, vont sans doute s’étonner des facilités faites par la Ville au Crédit Agricole.  Et sourire un peu jaune quand ils apprendront que c’est cette banque qui a avancé l’argent permettant de financer les travaux extérieurs de l’Hôtel du Palais. Et que c’est probablement cette même banque, les postulants ne se bousculant visiblement pas au portillon, qui prêtera les fonds nécessaires à la Socomix pour la deuxième tranche de travaux, qui devrait flirter avec les cinquante millions d’euros.

Le maire de Biarritz continue d’être la risée des réseaux sociaux, en particulier sur Twitter avec l’excellent « Michel Vieunac »…

On comprend mieux maintenant la câlinothérapie appuyée pratiquée par Michel Veunac. Mais pourquoi ne pas associer ses adjoints à la réflexion, ce qui écarterait tout doute et suspicion, à une époque où la moralisation de la vie publique devient plus que jamais une nécessité ?

Incapable de tirer les leçons du passé, Veunac qui veut faire du Borotra, sans en avoir les capacités, avait décidé de faire cavalier seul dans le dossier des écuries de Bigueyrie. Cette fois, pour faire plaisir à ses amis du Crédit Agricole, le sociologue qui adore le béton, faisant fi des compétences de ses services, n’en fait qu’à sa truelle.

La farce va encore durer longtemps ?