Veunac fait du vieux avec du vieux

Malgré la présence de Jean-Baptiste Lemoyne, bien planqué derrière Veunac, la liste du maire sortant est consternante et montre à quel point le vide s’est fait autour de lui.

Avec cette ébauche de liste, digne de Pif-Gadget, Veunac nous prend vraiment pour des jambons.

«  La politique est l’art d’arriver par n’importe quel moyen  à une fin dont on ne se vante pas » disait Jules Romain. Pendant tout leur mandat, vous ne les avez jamais entendus, au mieux juste vus opiner du bonnet quand leur seigneur et maître  à écharpe tricolore énonçait une de ses platitudes dont il a le secret. Il est donc normal qu’ils se représentent pour obtenir une nouvelle chance au suffrage. Michel Veunac nous avait annoncé une liste où l’on allait voir ce qu’on allait voir. On voit et on est édifié. Pour faire nombre et arriver à trente-cinq, Michel Veunac, qui n’en est pour le moment qu’à une quinzaine de ralliés, a donc récupéré tous ceux qui n’ont jamais soufflé mot pendant six ans, tous ceux qui n’ont jamais exprimé une idée et se sont contentés d’encaisser leurs indemnités d’adjoints en marchant docilement au pas. En avant donc pour le grand renouvellement avec Jocelyne Castaignède, Sylvie Claracq, Patrick Destizon, Laurent Ortiz ou Louis Vial ! Et c’est avec ça qu’il compte gouverner ? Mais où sont les compétences ?

Pour donner un petit air de nouveauté à ce qui se fait de plus ranci dans la majorité municipale, Veunac a donc été obligé d’aller chercher parmi ses obligés comme Josette Cazaux, la présidente du musée historique ou Olivier Cami-Sarti, l’actuel directeur du centre équestre au terme d’un appel d’offres qui avait fait grincer bien des dents à l’époque. Là aussi, il n’y a vraiment pas de quoi être ébloui.

Reste enfin la présence du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne qui a accepté de figurer en troisième position sur la liste, ce qui n’est pas faire montre d’un grand caractère que d’accepter de servir de caution à un Michel Veunac. En effet, tous ceux qui ont un vrai tempérament de patron, vous diront que « la règle numéro un est de ne jamais accepter d’être numéro deux », surtout quand on se sent intellectuellement supérieur à celui qui vous devance. Il faut donc croire que ce n’est pas le cas et que notre néo-parachuté, inconnu du grand public, mais bien connu de ses pairs pour ses traîtrises successives ( Lire ci-dessous) a gobé la promesse de Veunac de lui laisser son poste en cours de mandat.

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ». se plaisait à dire Édouard Herriot.  Après l’annonce d’une liste aussi pitoyable, les opposants à Veunac peuvent rigoler et se frotter les mains.

JB Lemoyne, alias Mister Nobody

C’est l’un des plus diaphanes parmi les membres du gouvernement et il n’est guère étonnant que vous ne le connaissiez pas. Après une longue carrière dans l’Yonne, marqué par des incessants changements d’écurie, celui qui a commencé en flirtant avec la droite dure, éprouve soudainement un amour immodéré pour le Pays basque depuis qu’il vit avec la sénatrice Frédérique Espagnac. Un petit tour sur le web vous en apprend beaucoup sur la stature morale et la fidélité politique de l’intéressé. Et surprise, ce sont les journaux de droite comme « Les Échos » ou « Valeurs actuelles » qui se montrent les plus sévères :

 

Jean-Baptiste Lemoyne, le “traître” de Marrakech

Aussi ambitieux que discret, Jean-Baptiste Lemoyne a beaucoup trahi avant de devenir cet “obscur secrétaire d’Etat”.

Publié par Raphaël Stainville de « Valeurs actuelles » le 14 décembre 2018 (Extrait)

C’est comme s’ils s’étaient tous passé le mot. Aux Républicains, pas question de faire de la publicité à Jean-Baptiste Lemoyne. Au mieux, lorsqu’ils évoquent le signataire du pacte de Marrakech, dépêché au débotté par Emmanuel Macron pour le représenter au Maroc le 10 décembre, alors que le chef de l’État recevait à tour de bras à l’Elysée pour tenter d’apporter une réponse forte à la colère des gilets jaunes, les députés LR parlent de lui, lors de leurs questions au gouvernement, comme d’« un obscur secrétaire d’État » (Éric Ciotti), « ce je ne sais quel secrétaire d’État » (Constance Le Grip), comme pour mieux le renvoyer à son anonymat. Pas une seule fois, au sein de l’hémicycle, les parlementaires de droite ne s’aventurent à prononcer son nom. Ce serait faire trop d’honneur à celui que beaucoup considèrent encore comme un « traître professionnel ».

Un portrait de Jean-Baptiste Lemoyne ? « Vous perdez votre temps. Il ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui », prévient d’emblée l’un de nos interlocuteurs. Christian Jacob, le président du groupe LR au parlement, qui a peu goûté la réponse politicienne que le secrétaire d’État a faite à Claude Goasguen mardi dernier alors que le député demandait au premier ministre qu’un vrai débat sur l’immigration ait lieu et rappelait les conséquences que ne manqueraient pas d’avoir « ce pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est cependant sorti de son silence pour railler celui qui fut pendant quelques années, le secrétaire adjoint du groupe UMP à l’Assemblée nationale. « Il ajoute l’incompétence à la médiocrité », lâche Christian Jacob. 
Guillaume Larrivé, qui n’a pas oublié que l’ancien sénateur de l’Yonne a soutenu un ancien socialiste recyclé LREM aux dernières législatives dans l’Yonne pour tenter de le faire battre, n’est guère plus amène et se fait un malin plaisir de l’habiller pour l’hiver : « Il correspond parfaitement à ce que de Gaulle appelait “les politichiens” : ne pensant rien sur rien, il va à la gamelle. » Non sans un certain cynisme.
D’abord membre du parti Démocratie libérale, il fait ses premières armes dans le Ve arrondissement de Paris auprès de Jean Tibéri, avant de se mettre dans la roue de Jean-François Copé dont il a longtemps épousé la trajectoire. Son CV est impeccable à défaut d’être impressionnant. Classes prépas littéraires, Sciences PO Strasbourg, Essec. Un petit passé militant dans un syndicat classé plus à droite que l’UNI. Il intègre le cabinet de Copé en 2002 quand le maire de Meaux devient ministre de Jacques Chirac et le suit à l’Assemblée nationale, après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Jean-François Copé veut faire de l’Assemblée nationale un contre-pouvoir, le marchepied de ses ambitions élyséennes. Secrétaire général adjoint du groupe UMP, Jean-Baptiste Lemoyne joue volontiers les porte-flingues de son patron et fait la paire avec Jérôme Lavrilleux. Il s’affiche plus à droite que son patron et ne craint pas à l’occasion de jouer les anciens combattants dans les concerts de Jean-Pax Mefret. Il reprend à tue-tête ses chansons « nostAlgériques ». En 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy, il soutient Copé partisan d’une « droite décomplexée » contre François Fillon dans la campagne mortelle pour la présidence de l’UMP (…)

Puis il lâche Copé au profit de Fillon, avant de lâcher Fillon au profit de Macron et termine dans les bras de Veunac… Quand on vous parlait de dégringolade!

La Saint-Barthélémy continue à la mairie

Après avoir longuement hésité, Veunac s’est enfin décidé à couper la tête de Nathalie Motsch, le 8 février prochain. Pendant ce temps, la débandade continue…

Il va bientôt falloir dresser un monument aux morts dans le hall d’accueil de la mairie de Biarritz, en hommage à tous ceux qui sont tombés, épuisés par les errances, indécisions et colères du piètre manager Michel Veunac. Il est très rare qu’un directeur de cabinet ne finisse pas un mandat. En quatre ans de règne, Michel Veunac a déjà fait plus de victimes qu’il n’y a de noyés chaque saison sur la Côte basque. Après le très apprécié Guillaume Snollaert, parti en 2018, c’est la chef de cabinet depuis 13 ans Catherine Mériot qui jette son tablier. En arrêt maladie, elle a demandé à réintégrer Biarritz tourisme et ne veut plus être en première ligne avec le maire. Elle sera remplacée par Nathalie Mineo.

Michel Veunac semble d’ailleurs avoir du mal à travailler avec les femmes, ce qui n’est guère une surprise au vu des horreurs qu’il a parfois lâchées en plein conseil.

Laurence Minier, la directrice de la police municipale, est partie à Bordeaux pour retrouver un peu de sérénité.

Claire Ripert, directrice de la communication, a jeté l’éponge au bout de quinze ans pour partir en Australie.

Même débandade, côté élus, où les démissions de Virginie Lannevère du conseil municipal, d’Anne Pinatel de la Socomix, après celles de François Amigorena et Édouard Chazouillères. de leurs postes d’adjoints, montrent un maire incapable de fédérer et tout juste bon à faire sauter sur ses genoux l’opposition, quand il se retrouve en minorité dans sa majorité.

« Calamity Nathalie » ne cède pas

Reste le cas particulièrement embarrassant pour Veunac de sa turbulente adjointe Nathalie Motsch. Selon les informations de « Bisque, Bisque, Basque ! », l’ancienne adjointe à l’Urbanisme, devenue adjointe à rien du tout, aurait été l’objet de plusieurs réunions restreintes et de vifs échanges entre Lafite et Veunac. Ce dernier considère que la future candidate à la mairie est beaucoup plus dangereuse, une fois sa liberté retrouvée, car elle a démontré un beau tempérament au moment de l’affaire du Palais, tandis que Lafitte, sans doute moins politique, veut à tout prix la tête de « Calamity Nathalie », car elle a le tort de ne pas être bluffée par le grand homme qu’il pense être. Veunac, Lafite et Motsch refusent bien évidemment de le reconnaître, mais, selon plusieurs sources concordantes, le grand maladroit qui nous dirige aurait tenté plusieurs opérations de câlinothérapie en direction de Nathalie Motsch, en lui promettant à chaque fois monts et merveilles… à condition qu’elle retire ses recours devant le tribunal administratif.

Des recours qui semblent terriblement inquiéter le duo Veunac-Lafite. On aurait un peu trop joué avec les règles de la vie publique ?

Heureusement pour les Biarrots, la dame a du caractère et a annoncé à plusieurs reprises qu’elle ne démissionnerait pas et ne retirerait pas ses recours, puisqu’elle n’estime avoir commis aucune faute en dénonçant le curieux montage de L’Hôtel du Palais. À regret, Veunac a donc inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal du 8 février prochain le retrait de délégation de Motsch. Les Biarrots sont vivement invités à venir assister à ce conseil où l’on entendra probablement encore, comme le 15 octobre dernier, des huées et des applaudissements, tant la gestion de cette ville, est extravagante.

Veunac aménage à sa guise le débat national

Vous pouvez retrouver tous les dessins d’Azo sur son blog : azo.centerblog.net

La réunion de majorité qui s’est tenue en début de semaine a déjà donné un avant-goût de l’avidité manifestée par certains élus. Motsch écartée, c’est un poste d’adjoint et l’indemnité mensuelle de 1100 euros qui va avec, dont il faut s’emparer toute affaire cessante ! Et tant pis si on n’a aucune aptitude pour ce poste. Depuis quelques semaines déjà, le très courtisan Destizon sévit à l’Urbanisme. Il fallait donc promouvoir un autre petit jeune méritant et c’est Laurent Ortiz, qui avait très bien voté pour le Palais, le 15 octobre dernier, après s’être montré un peu indiscipliné en juin dernier, qui a décroché la timbale. Au final, les cocus seront une fois de plus les Biarrots qui en perdant Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère et Pinatel à des postes décisionnaires voient s’éloigner les dernières chances de ramener à la raison l’équipage fou qui dirige le paquebot biarrot.

Et comme s’il fallait poursuivre la farce jusqu’au bout, Michel Veunac s’est encore illustré lors de cette réunion de majorité quand un conseiller lui demande comment il envisage de contribuer au grand débat national voulu par son ami Macron. Pas question de donner une salle à une association qui souhaiterait débattre, a décrété le grand timonier. On va organiser deux grands débats, mais avec à chaque fois un modérateur et « interdiction absolue de poser des questions sur des sujets locaux »

Les Biarrots avaient déjà constaté que leur maire manifestait un sens un peu particulier de la démocratie, ils découvrent maintenant qu’il a peur des questions. Elles font pourtant bien moins mal aux finances des Biarrots que les décisions du maire.

 

 

Une belle vague de contestation à Marbella

Pour mettre à mal le projet imbécile de la municipalité qui menace la plage de Marbella, une seule solution : rencontrer avant le 4 octobre l’enquêteur public pour qu’il mesure la détermination des Biarrots.

Et l’on dira après que les Biarrots sont incapables de se mobiliser ! Samedi 1er septembre le collectif « Sauvons Marbella » qui appelait à un rassemblement pour protester contre les projets municipaux menaçant la plage, a sans doute été le premier surpris par la vague de mécontentement qui est venue s’exprimer devant la buvette Debololo et le club de surf, tous deux menacés de disparition. L’esplanade était noire de monde, et de nombreux élus de l’opposition comme de la majorité avaient eu le bon goût de venir afficher leur solidarité avec le collectif : Maïder Arosteguy et Anne Pinatel, mais aussi François Amigorena, Eric Bonnamy, Alain Robert ou Laurent Ortiz.

Un Laurent Ortiz, particulièrement touchant dans sa passion pour ce spot de Marbella, qui est intervenu après le président du collectif Julien Paulet et le président de la fédération de surf Jean-Luc Arassus pour dire combien il aimait cet endroit et combien il désapprouvait l’action du maire : « Jean-Pierre Chevènement a dit qu’un ministre devait fermer sa gueule ou démissionner. Pour ma part, je déteste cette phrase et je suis bien décidé à être élu tout en disant ce que je pense ».

Pour que l’enquête publique serve à quelque chose

Tous les intervenants, de Pierre Aldama à Michel Larronde ont ensuite souligné, à quel point le mécontentement suscité par les projets de la municipalité pouvait se transformer en action efficace. L’enquête publique démarre aujourd’hui et durera jusqu’au 4 octobre. En général, les enquêtes publiques sont des espèces d’alibis démocratiques qui se déroulent dans l’indifférence générale et qui permettent ensuite aux gouvernants de dire qu’ils ont consulté le peuple… qui découvre trop tard qu’il s’est fait berner.

Grâce à la vigilance du collectif « Sauvons Marbella », nous sommes tous avisés des dates et pouvons donc agir, puisque l’enquête débute aujourd’hui.

Si vous envoyez un mail pour affirmer votre refus de ce projet, c’est bien.

Si vous poussez la prodigalité, jusqu’à acheter un timbre pour rajouter un courrier traditionnel de protestation, c’est encore mieux.

Si dans un accès de folle témérité, vous vous décidez à prendre votre sac à dos et vos chaussures de randonnée pour rejoindre la mairie et écrire votre mécontentement sur le registre prévu à cet effet, c’est presque parfait.

Enfin, si les 13 et 20 septembre ou le 4 octobre, vous réussissez à prendre une RTT (Le commissaire enquêteur ne doit pas savoir que les Biarrots travaillent et ne reçoit que de 9h à 12h ou de 13h30 à 17h00), ou à vous échapper clandestinement de votre lieu de travail, venez à la salle de réunion du 3e étage de la mairie pour dire de vive voix à l’enquêteur public tout le mal que vous pensez de cette décision municipale.

Imaginez un peu ce qui va se passer, si le commissaire-enquêteur, habitué à ne jamais voir plus de trois notables locaux venir échanger avec lui, se retrouve avec une salle bondée et des passionnés de Marbella bien décidés à lui faire faire des heures supplémentaires…

C’est d’accord, on se retrouve tous à la mairie ?

ENQUÊTE PUBLIQUE MODE D’EMPLOI

(Du mardi 4 septembre au jeudi 4 octobre)

 

Quatre manières de faire entendre sa voix (Il n’est pas interdit d’utiliser les quatre) :

– Email au commissaire enquêteur : 
pref-amenagement@pyrenees-atlantiques.gouv.fr 
– Courrier postal au commissaire enquêteur : 
Monsieur le Commissaire Enquêteur 
Mairie de Biarritz 
BP 58 
64202 Biarritz cedex 
– Observations sur le registre en mairie : 
du lundi au vendredi de 08h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h00 
– Rencontre avec le commissaire enquêteur en mairie, salle de réunion du 3e étage
le mardi 4 septembre de 09h00 à 12h00 
le jeudi 13 septembre de 14h00 à 17h00 
le jeudi 20 septembre de 09h00 à 12h00 

le jeudi 4 octobre de 14h00 à 17h00 
(Source : Facebook Biarritz Notre Ville)

 

 

I.- Entre Groland et la Corée du Nord

Édifiant sur la gouvernance Veunac, le dernier conseil municipal, avec une opposition pugnace et la parole libérée des « dissidents » Amigorena et Chazouillères, mérite vraiment d’être écouté…

Virginie Lannevère n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Elle l’a démontré, jeudi dernier.

L’ambiance est si chaude en ce soir de conseil, que pour un peu on se croirait au stade Aguilera, un jour de derby entre le Biarritz Olympique et l’Aviron. Avec une grosse surprise d’entrée dans la composition des équipes. Le nouvel adjoint Louis Vial est obligé de se séparer de son pote Boissier et se retrouve coincé dans le pack des gros – ça lui apprendra ! – entre Destizon et Claverie. Quant aux deux trublions Amigorena et Chazouillères, les voilà exilés à l’aile, là où sévissait l’opposition de gauche sous Borotra.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Et pour reprendre la tradition du derby, le match commence très fort avec une belle « soupe de phalanges », comme les rugbymen qualifient les bagarres, dès la 9e minute. À l’origine de cette mémorable générale, la très discrète Virginie Lannevère qui n’a guère l’habitude de parler pour ne rien dire. Outrée par l’éviction probable de la Socomix des deux adjoints dissidents, Madame Lannevère rappelle qu’elle a passé « neuf années de sa vie à analyser le risque d’un investissement hôtelier » et estime qu’on ne peut « limiter ce débat à une vision binaire et uniquement politique. L’efficacité voudrait qu’on laisse ces deux administrateurs en place. ».  Naïve Virginie, qui s’imagine que l’intérêt des Biarrots doit passer avant l’ego du maire ! La conseillère municipale de la majorité s’interroge aussi sur « des prises de décision questionnables ». Affirmant très calmement que « ce serait une erreur d’interpréter ma parole de façon politique », Madame Lannevère rappelle qu’il était « déraisonnable de rejeter Four Seasons en hystérisant son risque ». N’ayant visiblement pas compris que l’omniscient Veunac a toujours raison et que les études de sociologie mènent à tout à condition d’en sortir, cette impertinente va même jusqu’à demander « un débat en interne » sur L’Hôtel du Palais. Michel Veunac promet et Madame Lannevère persifle : « Il faut donc demander en public pour que ça passe ? »

Ballon sous le bras, Laurent Ortiz fonce ensuite dans le tas pour défendre les deux réprouvés, « On a besoin de toutes les compétences » avant de faire une passe plein champ à Anne Pinatel qui parachève le travail : « Notre casquette d’élus nous a gênés dans notre mandat d’administrateur, L’entreprise Hôtel du Palais n’a que faire de nos règlements de comptes politiques ».

Ce n’est visiblement pas l’avis de Veunac qui fait donner sa garde rapprochée et met le feu au terrain après avoir rappelé les brillants résultats financiers du palace, cette saison. (Une affirmation que l’opposition se fera un plaisir de contrer en rappelant que la redevance reversée aux Biarrots est le dixième de ce qu’elle devrait être). Manque de sens politique ou duplicité extrême, Barucq fait du Barucq, genre bon copain un peu fayoteur : « François, Édouard, vous avez décidé de vous mettre en marge en ne votant pas le budget » avant de reconnaître qu’au vu des décisions importantes à prendre, cette éviction tombe mal car « le timing est mauvais ». Comprenne qui pourra.

Hystérique, Nathalie Motsch, qui a sans doute beaucoup à se faire pardonner, prend le relais : « Quand on est dans une équipe, on y reste et on fait le job. Mon cher Édouard, vous êtes un adjoint qui parle beaucoup mais qui ne fait pas ». Gloussements dans la salle. C’est pourtant elle que les services surnomment « L’éolienne », et non le « cher Édouard ».

L’échappée belle d’Amigorena et Chazouillères

BIarritz vient de découvrir deux voix libérées de plus. Chazouillères et Amigorena se sont montrés très lucides sur le système Veunac.

Heureusement après cette furieuse mêlée, et comme souvent au rugby, le vieil adage « Balle à l’aile, la vie est belle ! » va être vérifié avec les paroles totalement libérées de Chazouillères et Amigorena. Écoutez bien les Biarrots, vous allez en apprendre de belles sur la gouvernance de Kim Jong Veunac (33e minute).

Toujours calme et pondéré, Chazouillères fait mouche : « La décision de nous évincer est une décision qui m’apparaît injuste, quand on considère notre implication et notre assiduité aux conseils d’administration du Palais depuis quatre ans, implication et assiduité qui ne sont, semble-t-il, pas partagées par tous les élus de cette assemblée si l’on en croit les comptes-rendus d’autres conseils, conseils d’agglomération par exemple. Mais surtout c’est une décision qui me semble hors sujet, absurde. »

Tandis que Nathalie Motsch s’étrangle (Pas de chance pour elle, les Biarrots ont tous vu la « débordée » Nathalie soignant son bronzage du côté de la Chambre d’amour peu avant le conseil !), Édouard Chazouillères, qui a décidément de bonnes lectures, poursuit : « Vous considérez, constituez et manœuvrez le conseil d’administration de l’entreprise de l’Hôtel du palais comme vous considérez, constituez et manœuvrez votre majorité au conseil municipal. C’est à dire : « Je ne veux voir aucune tête qui dépasse, aucune contestation, aucune idée qui vienne contredire mon idée ». À ce titre, je vous rappellerai cette phrase que j’ai déjà exprimée ici lors d’un autre débat, cette phrase de votre très cher François Bayrou mais que vous avez tant de mal à vous appliquer : « Quand on commence à penser tous la même chose, c’est que l’on ne pense plus rien ! ».

Après avoir accusé Veunac d’être dans une stratégie électorale pour 2020 (Comme si c’était possible !) Chazouillères franchit la ligne d’avantage et détaille la partie de poker à 50 millions d’euros conduite par Veunac : « Puisque la fin justifie les moyens, on ferme les yeux sur le déclassement en cours de l’hôtel, on qualifie l’offre de Hyatt avec une méthodologie et des critères de choix avec lesquels l’enseigne Four Seasons que vous avez rejetée aurait été qualifié haut la main, on prend des engagements avec l’enseigne Hyatt, avec les entreprises de travaux voire avec des banques choisies. Bref on fait de la cavalerie… qui est interdite dans le monde économique, mais heureusement qui n’est pas interdite dans le monde politique… »

Ce n’est pas grave, une fois de plus à Groland-Biarritz, ce sont les contribuables qui paieront.

« Il faut vendre Le Palais ! »

Même rage contenue chez François Amigorena : « Cette délibération est tristement emblématique de votre manière habituelle de faire. Où est la vision pour Biarritz ? Où est le souci de l’intérêt général ? Où est l’impératif d’efficacité que nous devons aux salariés de l’Hôtel du Palais et aux Biarrots ? Où est la compréhension de ce qu’est la vie d’une entreprise ? Car l’Hôtel du Palais est une entreprise et devrait être gérée comme telle. » Membre du conseil d’administration de la Socomix, François Amigorena, tout comme Edouard Chazouillères a pu admirer de près la « méthode » Veunac et pense qu’il faut vendre le palace pour s’éviter d’ultérieurs déboires. « La Ville de Biarritz est véritablement le pire actionnaire que cet hôtel puisse avoir. Il est grand temps de briser les tabous d’un autre temps et de mettre en débat la solution que vous avez toujours refusée de considérer, de la manière la plus arbitraire qui soit : la vente de cet hôtel. » Soudain, la salle se tait.

« Pourquoi vendre cet hôtel ? Au moins pour trois raisons. Tout d’abord, parce qu’héberger des clients fortunés pour leurs vacances n’est absolument pas une mission de service public. Cet hôtel est structurellement déficitaire depuis des dizaines d’années et l’argent des contribuables biarrots serait bien mieux employé ailleurs. Ensuite, parce que le produit de cette vente donnerait à Biarritz la possibilité de se désendetter massivement et de se doter d’une capacité d’investissement qui nous permettrait de transformer et d’embellir cette ville au bénéfice de tous ses habitants, sans aucun recours à l’impôt. Enfin parce que, contrairement à certaines craintes – légitimes – parfois exprimées, des solutions juridiques existent pour garantir que, même vendu, cet hôtel reste un hôtel et un vecteur majeur de l’attractivité touristique de Biarritz. Voilà le véritable débat mes chers collègues, celui que nous devrions avoir tous ensemble, plutôt que d’avoir à nous prononcer sur cette délibération mesquine à laquelle bien sûr je ne participerai pas. »

« J’ai honte de ce que je viens de voir »

Et l’opposition ? Imaginez un match de rugby où une équipe privée de ballon voit son adversaire s’étriper sur le pré et multiplier les bagarres générales entre joueurs portant le même maillot. L’ex trois-quarts centre puciste, Frédéric Domège, est le premier à exploser après presque une heure de jeu. Déjà cité comme exemple par la majorité, car il veille soigneusement aux intérêts de la Ville au sein du conseil d’administration de la Socomix même s’il est membre de l’opposition, Domège remet le ballon au centre du terrain : « Les Biarrots n’en ont rien à faire de vos histoires de majorité ». Maïder Arosteguy est tout aussi remontée : « Si mon collègue ne m’avait pas retenue, je partais. J’ai honte de ce que je viens de voir ». Heureusement l’opposition aura longuement l’occasion de s’exprimer, une heure plus tard, sur la nouvelle politique de stationnement et la pitoyable politique du maire.

Le Palais est sauvé, Destizon est arrivé….

En attendant Veunac, qui a sans doute fait sienne la devise de Chirac, « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », ne daigne même pas répondre aux salves qui fusent de toutes parts et conclut, impavide, les interventions musclées de ceux qui le combattent par un « Merci, cher collègue » avant de passer la parole à un de ses coupeurs de citrons de la majorité, que ce soit Lafite, Claverie ou Destizon.

Dans ces conditions, la nouvelle attribution des postes est presque une formalité, puisque, entre godillots et flagorneurs, la majorité municipale conserve encore une toute petite avance. En avant donc pour Vial et Mimiague au Siazim, Pour Lafite et la surmenée Motsch à l’EPIC tourisme, pour Bonnamy à Biarritz Océan, pour la transparente Ricord au Palais. Et puis comme dans le Destizon tout est bon, il fera lui aussi un très bon administrateur du Palais.

Plus mal élu de tous, il poussera le ridicule jusqu’à remercier ses « chers collègues ».  Arrête, Patrick, tu vas te faire un tour de reins à force de te prosterner !

À suivre : II.- Veunac stationne et papillonne

Encore un exploit de l’incorrigible Veunac

Une fois de plus, le maire de Biarritz a joué perso dans le dossier de l’ancien garage Honda, suscitant la colère de sa majorité qui se demande à quoi elle sert et pourquoi toutes ces cachotteries.

Le projet de bâtiment présenté par le cabinet Camborde. À Biarritz, avec Veunac, une conférence de presse vaut permis de construire !

Tandis que certains ne reculent jamais devant un dernier verre, d’autres ne ratent jamais l’occasion de prononcer une phrase creuse et sentencieuse. Samedi 19 janvier, les membres de la majorité municipale ont eu droit à un séminaire organisé par le duo Veunac-Lafite. Au dire des participants, cette réunion qui avait pour thème « La gouvernance » s’est avérée d’un ennui mortel. Les deux compères, qui ne peuvent pas se blairer, ont monopolisé le crachoir pour expliquer, de lin blanc vêtus, que la majorité est une équipe et que seul le collectif compte. Comme Laurent Ortiz avait jugé bon de s’abstenir, Lafite en a fait dix louches sur l’absent et la nécessaire discipline majoritaire, citant à plaisir Chevènement et son célèbre : « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne », un adage que l’adjoint aux Finances pourrait s’appliquer à lui-même puisqu’il est membre de la communauté de communes qu’il a tant critiquée. Lassée par ce bavardage interminable, Ghislaine Haye pose alors la question qui fâche : « Michel, où en est l’enquête sur les écuries de Bigueyrie ?»  Agacé, le beau parleur à écharpe tricolore, s’énerve et répond sèchement : « ça avance ! » Et prière de ne pas poser d’autre question ! Voilà l’enthousiasmante gouvernance qu’on propose à la majorité municipale !

Panique dans les services

Mais les membres de la majorité n’imaginent pas, en quittant avec soulagement cet interminable séminaire destiné à enfoncer des portes ouvertes, la dure semaine qui les attend et la nouvelle leçon d’ingouvernance que va leur infliger Veunac, En effet le maire de Biarritz, après avoir plaidé en décembre l’erreur qui ne se renouvellera pas, n’a visiblement rien retenu du fiasco des écuries de Bigueyrie et recommence ses petits coups en douce qui lui ont valu toute cette semaine de nouvelles tensions avec ses adjoints.

C’est tout d’abord l’annonce d’une conférence de presse, mercredi matin, organisée par la Caisse régionale du Crédit agricole pour présenter son projet de bâtiment flambant neuf, à la place de l’ancien garage Honda, qui sème la panique dans le service urbanisme, sur le qui-vive depuis qu’on a voulu lui faire porter un chapeau beaucoup trop grand pour lui, avec les écuries de Parme.

Tout le monde ne peut que se réjouir de la création d’une pépinière d’entreprises, mais l’urbanisme s’étonne de voir un bâtiment dessiné par le cabinet Camborde architectes, sans la moindre concertation avec la Ville. Prudents, on fouille et refouille les dossiers en cours, avant de constater que pas la moindre demande de permis de construire n’a été déposée. Une carence d’autant plus agaçante que plusieurs élus de la Ville avaient imaginé profiter de cet emplacement disponible pour imposer aux acquéreurs une petite placette, avec un bâtiment en retrait.

Engueulades entre élus

L’article de Sud Ouest, (25/1)

Cette surprenante absence de dossier et de permis de construire remonte par l’intermédiaire des services juqu’aux élus. Lafite, Motsch, Barucq affirment n’être au courant de rien et s’étonnent.  Jusqu’à ce que Michel Veunac survienne en affirmant que c’est lui et lui seul qui suit ce dossier et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes communaux. Grosse colère de Lafite et de ses adjoints qui en ont marre d’être systématiquement mis devant le fait accompli. Les noms d’oiseaux fusent, preuve que le séminaire sur la gouvernance de la majorité n’avait peut-être pas beaucoup de raisons d’être. Veunac, face à la fronde, tente de minimiser l’affaire, sachant qu’une nouvelle réunion de majorité aura lieu lundi prochain et qu’elle pourrait être animée : « Vous ne comprenez rien. J’ai besoin du Crédit Agricole !» Oh, le bel aveu que voilà !

Les yeux de Chimène pour le Crédit Agricole

Tous ceux qui ont patienté des mois avant d’obtenir un permis de construire, vont sans doute s’étonner des facilités faites par la Ville au Crédit Agricole.  Et sourire un peu jaune quand ils apprendront que c’est cette banque qui a avancé l’argent permettant de financer les travaux extérieurs de l’Hôtel du Palais. Et que c’est probablement cette même banque, les postulants ne se bousculant visiblement pas au portillon, qui prêtera les fonds nécessaires à la Socomix pour la deuxième tranche de travaux, qui devrait flirter avec les cinquante millions d’euros.

Le maire de Biarritz continue d’être la risée des réseaux sociaux, en particulier sur Twitter avec l’excellent « Michel Vieunac »…

On comprend mieux maintenant la câlinothérapie appuyée pratiquée par Michel Veunac. Mais pourquoi ne pas associer ses adjoints à la réflexion, ce qui écarterait tout doute et suspicion, à une époque où la moralisation de la vie publique devient plus que jamais une nécessité ?

Incapable de tirer les leçons du passé, Veunac qui veut faire du Borotra, sans en avoir les capacités, avait décidé de faire cavalier seul dans le dossier des écuries de Bigueyrie. Cette fois, pour faire plaisir à ses amis du Crédit Agricole, le sociologue qui adore le béton, faisant fi des compétences de ses services, n’en fait qu’à sa truelle.

La farce va encore durer longtemps ?

La dure condition du godillot

Lettre ouverte à Laurent Ortiz qui vient de prendre ses distances avec Guy Lafite et de quitter le groupe « Esprit Biarritz », tout en conservant précieusement ses mandats.

Laurent Ortiz a les épaules solides, mais la démarche politique hésitante.

Mon cher Laurent,

Pardonne-moi ce tutoiement alors que nous ne nous connaissons pas. Comme je te regarde à l’occasion de chaque conseil municipal, j’ai vraiment le sentiment que tu fais partie de mon paysage familier. Certes, tu n’es pas le plus volubile des conseillers municipaux et l’aumône de la parole t’est rarement accordée par ceux qui dirigent la ville aujourd’hui. Mais comme tu as un visage expressif et du mal à cacher tes sentiments, ce qui est un défaut en politique mais une qualité dans la vie courante, je me suis souvent amusé, lorsque le caméraman municipal condescend à accorder quelques secondes d’image aux godillots de la majorité, à détailler tes colères rentrées, tes indignations et tout ce que tu endures depuis 2014. Et j’ai constaté, Laurent, que tu avais souvent la fumée qui sortait des oreilles, lors des conseils municipaux, ce que je comprends sans peine.

Alerté par Sud Ouest (20/1), j’ai lu avec beaucoup d’intérêt ton texte sur ta page Facebook où tu annonces, ce qui est à ton honneur, que tu vas te « positionner aux côtés de tes amis d’enfance », plutôt qu’aux côtés de cette majorité improbable qui tire à hue et à dia depuis des mois. J’ai aussi scruté ton interview dans Mediabask et je dois reconnaître, malgré la sympathie que j’éprouve pour ta démarche, que j’ai souvent eu le sentiment de me retrouver dans le journal intime d’un puceau venant de découvrir les joies de la chair et vivant son premier chagrin d’amour.

L’illusoire équipe municipale

Voilà bientôt quatre ans que tu as été élu et je suis surpris que tu aies mis aussi longtemps à comprendre. Que pouvais-tu attendre d’une majorité aussi improbable composée de centristes, de transfuges de l’UMP, de gens de gauche et d’abertzale ? Comme le guetteur devant une banque, tu as contribué à ce que des braqueurs sans convictions ni programmes s’emparent de la Ville et des avantages sonnants et trébuchants qui vont avec. Et, depuis, comme il n’y a ni grand timonier, ni programme, ni envie de faire ensemble, tu manges régulièrement ton chapeau, obligé que tu es au nom d’un illusoire pacte de la majorité, de voter comme ton groupe, que ce soit sur l’EPCI ou le confortement des falaises de Marbella. Tu n’as pas un peu le sentiment d’avoir été le dindon de la farce électorale ?

Lafite sera toujours Lafite

Accablé par ton récent chagrin d’amour, tu sembles aussi découvrir qui est le vrai Guy Lafite : « Il n’y a au sein du groupe aucune place pour le débat, pour la concertation. Nous devons obligatoirement penser comme lui », affirmes-tu à Mediabask. Mais comment se fait-il que tu sois le dernier à découvrir ce que tout le monde sait à Biarritz ? Lafite est insupportable d’arrogance et n’a l’esprit d’équipe que lorsqu’il a besoin qu’on roule pour lui. S’estimant d’intelligence supérieure, il ne cache jamais son mépris pour la base et les demeurés qui peuplent sa liste. Tu étais un de ces godillots de la majorité, Laurent, un de ces pions à qui on demande de la fermer et de marcher au pas. François Amigorena, qui était le plus à même de faire de l’ombre à l’énarque vaniteux en a fait les frais le premier, il était normal que ton tour arrive un jour. Bienvenue en politique !

La parole libre devrait être la norme

Ensuite, tu annonces, comme quelqu’un qui prépare un exploit retentissant, que tu vas rester « fidèle à tes amis d’enfance » et retrouver ta « liberté de parole et de vote ». L’ancien rugbyman que je suis, fort de deux décennies de plus que toi, te dira que l’amitié est une vertu suprême et que rien ne doit mettre en péril son lien avec ses amis. Je t’approuve donc pleinement. Mais tu ne te sens pas un peu gêné aux entournures quand tu annonces que tu vas voter librement ? Tu es donc en train de nous dire que depuis quatre ans, la majorité municipale vote « aux ordres » ? Figure-toi que cela s’est vu. Est-ce qu’un conseil municipal ne devrait pas être une assemblée de « sages » où chacun dans son désir de servir au mieux la ville exprime en toute simplicité ses convictions au lieu de se plier au diktat d’une majorité municipale plus préoccupée par ses intérêts que par les citoyens ? Si tu as obtenu des suffrages, c’est pour que tu donnes ton opinion, je te le rappelle, et non pour devenir le porte-serviette des Veunac ou Lafite. Il est vraiment dommage de constater qu’il t’a fallu presque quatre ans pour le comprendre.

Casser les chaînes, toutes les chaînes

Ligoté à ton fauteuil municipal, tu as décidé de te libérer et tous les amoureux de la vie publique ne peuvent que s’en réjouir, tant le fonctionnement de cette majorité municipale, où les coups-fourrés succèdent aux défections, pose problème. Malheureusement, si tu as réussi à retrouver le contrôle d’une main, tu as gardé tes entraves et tes boulets aux pieds, comme tu l’avoues toi-même avec une certaine ingénuité dans ta page Facebook : « Je reste toujours membre de la majorité municipale tout en continuant avec engagement et respect ma délégation aux Sports de glisse, mes mandats au sein de l’Agglomération Pays basque et de l’Association nationale des Elus de Sport ».  Et tu crois nous faire plaisir en te drapant dans tes mandats que, bien entendu, tu poursuis par pur dévouement ? Tu penses sincèrement que tes nouveaux amis Veunac et Lafite vont te faciliter la vie auprès des surfeurs et te laisser briller ? En politique, encore plus qu’ailleurs la demi-mesure est impossible. En 2008, mon épouse s’est retrouvée élue de l’opposition. Peu après le parti socialiste lui a demandé de devenir porte-parole en remplacement de Galery Gouret-Houssein. Avant d’investir Guy Lafite (encore lui !) aux départementales de 2010, alors qu’il fricotait avec Borotra dans la majorité. Tu crois que mon épouse est restée en affirmant qu’elle voterait librement dans l’intérêt des Biarrots ? Elle est partie immédiatement, cédant sa place à Bernard Ithurbide, et j’admire sa façon de faire de la politique.

La politique est l’activité humaine la plus cruelle qui soit. Je sais que ta peine est sincère, Laurent, ainsi que ta révolte, mais la liberté à moitié, ça n’existe pas. Tu n’aurais été crédible dans tes propos qu’en renonçant à tous tes mandats, quitte à te représenter en 2020 dans une liste qui te corresponde, avec des convictions encore plus établies. Là, comme tes amis, j’aurais dit chapeau ! Car entre nous, tu ne prends pas grand risque en conservant tes mandats, puisque Veunac, comme l’a démontré le conflit l’opposant à Nathalie Motsch dans l’affaire des écuries de Bigueyrie, n’est même plus majoritaire au sein de sa majorité et dans l’incapacité de retirer sa délégation à quiconque. Ce que tu fais en reprenant ta liberté tout en conservant tes mandats, n’a pas grand sens, Laurent, et ressemble juste à une posture.

Si tu es capable de percevoir au-delà des mots mordants la sympathie que j’éprouve pour toi, Laurent, partageons une bière et je te raconterai l’histoire d’un chanteur des années soixante-dix, Henri Tachan. Son héros affirmait : « Dans mon parti, Y’a qu’moi et c’est déjà l’merdier ! ». Assez prophétique, non, et tout à fait adapté à Biarritz ?

Biarrots, vous êtes jugés trop cons pour savoir

Aguilera et le Palais, deux dossiers où la Ville joue son avenir, ont soigneusement été évités dans ce conseil municipal insipide où tout le monde a fait un gros dodo.

Pour les messes basses et les coups fourrés, pas de doute possible : Veunac est le champion.

Tempête à l’extérieur des murs de la mairie mais doux zéphyr à l’intérieur ! Si le système de désenfumage est tombé en panne, hier, pendant le conseil municipal, l’enfumage des citoyens, lui, continue de plus belle. Les contribuables biarrots savent depuis plusieurs semaines que la Ville s’apprête à doubler sa dette et emprunter l’équivalent de son budget annuel pour l’Hôtel du Palais, ils découvrent par Sud Ouest que cinq figures de la majorité municipale, et non des moindres, sont en désaccord profond avec la stratégie de Michel Veunac. Mais de tout cela pas un mot, hier soir !

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Il va donc vous falloir un sacré appétit pour vous engloutir les 4h30 de ce conseil, où les élus de la majorité comme de l’opposition ont pratiqué un détestable entre-soi, sourires entendus et petites phrases anodines, en se gardant bien d’évoquer les préoccupations des Biarrots et en laissant sous le tapis les sujets qui fâchent.

Fronde en coulisses de la majorité

Tout commence pourtant par un de ces tours de prestidigitations dont notre Majax local s’est fait une spécialité. Avec la Cité de l’Océan, l’aménagement du plateau d’Aguilera constitue un des dossiers majeurs du développement de Biarritz.

D’entrée de jeu, Michel Veunac annonce que le point 38 de l’ordre du jour est reporté à septembre. Tout le monde s’attend à ce qu’un conseiller de l’opposition demande la raison de ce report, mais visiblement personne ne sursaute. Difficile de croire pourtant que majorité et opposition n’ont jamais l’occasion de se parler.

Bisque, Bisque, Basque !  va donc se faire un plaisir de vous révéler les raisons de cette dérobade inopinée. Il faut savoir tout d’abord que depuis 2014 Michel Veunac a beaucoup plus de soucis avec sa turbulente majorité qu’avec son opposition. Lors de la dernière réunion du groupe majoritaire, le projet présenté par le maire pour l’aménagement de la ZAC d’Aguilera était tellement ruineux que la réunion a tourné au pugilat verbal et que les conseillers ont annoncé qu’ils voteraient contre s’il était présenté au conseil municipal. D’où cette retraite en rase campagne, qui agace le maire, tandis que l’opposition a raté une belle occasion de se montrer taquine.

Ortiz à la place de Saint-Cricq

Élection du conseiller communautaire.

Seule bonne nouvelle de la soirée pour Veunac, il est encore légèrement majoritaire dans son propre camp. L’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq s’étant aperçu qu’il ne peut continuer à être conseiller communautaire pour des raisons professionnelles, puisqu’il défend une des communes concernées, il faut donc procéder à une nouvelle élection. L’élégance aurait voulu qu’on laisse le poste à Frédéric Domège de l’opposition, mais c’est Laurent Ortiz qui l’emporte avec douze voix, tandis qu’Édouard Chazouillères, peu en cour auprès du maire, et Frédéric Domège ne recueillent que dix voix. S’ensuit alors un très long débat à fleurets mouchetés sur le budget où un Max Brisson amaigri et donc plus agile se livrera, avec le talent qu’on lui connaît, à un grand numéro ondoyant dont il a le secret entre « l’effet d’aubaine » et « le poids de la dette qui demande de la vigilance ». Les sénatoriales approchent et il s’agit de ne fâcher personne.

Jean-Benoît Saint-Cricq évoquera bien « Le David Copperfield des Finances locales » Guy Lafite, mais visiblement tout le monde s’ennuie ferme dans ce conseil, alors que depuis des semaines, tout Biarrot qui se respecte sait que les langues sont agiles, les propos acides et les condamnations définitives entre élus pour fustiger l’incompétence de Veunac ou la lâcheté de tel ou tel.

Hôtel du Palais : seuls les élus ont le droit de savoir

Et ce n’est pas l’intervention de Maïder Arosteguy demandant au maire de recevoir les élus pour faire le point sur les négociations en cours de l’Hôtel du Palais qui vont réveiller la salle ou amener l’opposition à exiger des précisions publiques. Veunac promet de recevoir tout le monde en réunion privée la semaine prochaine, ce qui permettra à chacun de briller dans les dîners en ville, mais personne ne s’étonne que le maire ne fasse pas le moindre point public sur ce dossier brûlant.

Entre les repus qui ont obtenu le fromage qu’ils convoitaient, les factieux qui attendent leur heure pour sortir les couteaux et « tuer » Veunac, les prudents qui ne veulent pas insulter l’avenir et les lucides qui ont compris qu’ils ne servaient à rien, ce conseil de copains et de coquins a été désespérant de non-dits et de faux-semblants.

Contribuables biarrots, hier soir vous avez été jugés trop cons pour que l’on se soucie de vous donner des informations, comme on doit le faire dans une démocratie. Mais, soyez tranquilles, comme pour la Cité de l’Océan, on se souviendra de votre existence au moment de vous présenter l’addition.

 Lettre ouverte à la magnifique opposante Maïder Arosteguy

 Chère Maïder,

Lors de la très brève séquence consacrée à L’Hôtel du Palais, pendant ce conseil municipal, vous avez fustigé les « blogs de gens qui n’y connaissent absolument rien, » (Jacques-André Schneck et moi, je suppose) et demandé au maire à être tenue informée des négociations en cours. Vous avez tout à fait raison, Maïder, je n’y connais absolument rien, en dehors de ce que je paie comme impôt. C’est pour cette raison que je me garderai bien de me présenter à une quelconque élection, car je n’ai ni votre culture, ni votre intelligence, ni votre hauteur de vues.

Opposante farouche de la majorité municipale depuis vos débuts politiques en 2008, vous avez toujours manifesté, que ce soit sous Borotra ou Veunac, une fermeté dans vos convictions, une constance dans l’engagement politique, un souci de la moralisation de la vie publique au moment de l’affaire Fillon qui font rêver. Et je ne vous cache pas que j’ai une admiration particulière pour le combat de tous les instants que vous avez mené contre le Front national entre les deux tours de la présidentielle.

La politique est décidément injuste : comment un talent comme le vôtre a -t-il pu être aussi sévèrement battu lors des législatives 2017 ? À moins que dans votre domaine, vous non plus n’y connaissiez pas grand-chose.