Journal d’un buté de campagne (5)

Veunac en lévitation, Aldigé en élucubration

Michel Veunac est désormais persuadé qu’il va gagner l’élection, tandis que Jean-Baptiste Aldigé se distingue une fois de plus.

Les pieds de Michel Veunac ne touchaient plus terre, mercredi soir au sortir du conseil municipal après le vote, sans grande difficulté, des trois délibérations « consultatives » en faveur du BO. Et comme Mimi-La-Malice n’a même pas la reconnaissance du bulletin de vote, il ne se montrait pas tendre envers les Arostéguy, Tardits ou Saint-Cricq qui avaient pourtant voté comme le maire : « Ils veulent me piquer la place, mais il faudrait d’abord qu’ils apprennent à faire de la politique ». Et donc à s’abstenir quand Veunac sort les grosses ficelles. Face à sa garde rapprochée, le septuagénaire a écharpe tricolore se montrait encore plus enthousiaste : « Un vote comme celui-là nous fait gagner au minimum mille voix. Je suis désormais certain d’être réélu ». Et quand un de ses proches évoque devant lui la capacité de nuisance du président Aldigé, il éclate de rire : « Quand j’aurai six ans devant moi, on verra bien ce que je décide. Les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ».  Il ne reste plus à Aldigé qu’à différer de six ans l’assemblée générale où il menace de dissoudre le BO.

LA DOUCHE FROIDE. Malheureusement pour Notre-maire-que-la-terre-entière-nous-envie l’euphorie a été de courte durée. Jeudi 13 février à 18 heures, se tenait une réunion publique au casino Bellevue organisé par Michel Veunac, ses boys et ses girls et les chaises vides étaient légion. À peine 75 personnes étaient présentes, ce qui ne fait pas lourd si on ôte les 25 colistiers de Mimi-Imperator qui avaient daigné se déplacer. Et encore au vu de la moyenne d’âge des participants, on pouvait presque croire à une sortie organisée par les maisons de retraite de la ville. Il existe donc encore quelques mémés amoureuses de notre beau maire.

MAÏDER REFUSE DU MONDE. – Presque au même moment, Maïder Arostéguy présentait sa liste au Colisée, à 18 h 30 précisément. À 18 h 10, les 189 places assises de la salle de spectacle étaient occupées et une quarantaine de personnes s’étaient installées debout derrière les sièges ou dans les travées. Au point que le régisseur a ordonné la fermeture des portes pour des raisons de sécurité. Voilà qui va faire des envieux.

BARUCQ, LE GRAND VAINQUEUR. – Il nous avait tellement habitué à ménager le Guy et le Michel, à prôner le « Aimons-nous les uns les autres », et à la jouer « Bisounours », que le docteur Barucq a surpris tout son monde avec une intervention très ferme contre les délibérations présentées par Mimi-La-Malice. Si François Amigorena ou Nathalie Motsch ont été très bons mais dans un registre prévisible, l’intervention du docteur à catogan a visiblement marqué les esprits des Biarrots qui n’ont parlé que de lui pendant trois jours aux halles.

LES PILULES MAGIQUES D’HERVÉ BOISSIER. – Très commentées aussi, les interventions de Brigitte Pradier et Maialen Etcheverry, deux conseillères municipales qui interviennent assez peu, mais qui ont fait preuve de beaucoup de détermination dans leurs propos, la première déplorant les « menaces sur des élus qui posent des questions d’élus » et la seconde rappelant combien « elle voit de Biarrots en difficulté ». Mais la rock star de la soirée a été sans conteste Hervé Boissier qui pour sa dernière intervention s’est offert un feu d’artifice verbal à l’encontre de Veunac. Et tout le monde d’évoquer son allusion au film de Francesco Rossi « Main basse sur la Ville » et de se demander s’il n’a pas quelques pilules magiques à refiler à Michel Veunac, histoire de lui redonner un peu de tonus.

ALDIGÉ SE DISTINGUE. – La semaine aurait pu être excellente pour Jean-Baptiste Aldigé. Victoire mercredi au conseil municipal où le président du BO, général Pinatel à ses côtés, est venu mettre un coup de pression aux élus et victoire du club qu’il dirige vendredi à Vannes. Mais se faire oublier n’est pas le genre du personnage. Alors que Guillaume Barucq se félicitait de la victoire du BO, le très diplomate président lui a répondu en langage fleuri : « Comment peux-tu oser pointer ton nez ici ? Elle est pour toi et ta copine Amigorena ce soir #fossoyeurs ». On savourera la façon dont le président s’adresse aux élus. Et parler de « ta copine Amigorena » quand on a soi-même porté plainte pour homophobie contre des supporters bayonnais est d’un bon goût exquis.

DES ÉLUS À INDIGNATION VARIABLE. – La liste abertzale, verte, insoumise emmenée par Brice Morin a fermement réagi aux propos du président du BO : « Biarritz ne devrait pas avoir à traiter avec pareil personnage ». Presque tous les candidats ont officiellement exprimé leur désaccord absolu avec les propos tenus. Sauf erreur de Bisque, Bisque, Basque ! trois têtes de liste se sont pourtant gardés de manifester officiellement leur solidarité républicaine avec les deux élus insultés : Michel Veunac, Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq. Pas très glorieux. Mais quand on accepte le chantage d’un président le mercredi, voilà où cela conduit le samedi.

LE PROMENEUR SOLITAIRE D’ANGLET. – Dimanche en début d’après-midi, Didier Guillaume profitait du beau temps au-dessus du VVF d’Anglet du côté de « Kostaldea ». Curieusement, personne ne l’a vu ce week-end du côté des halles de Biarritz qu’il affectionnait tant il y a peu encore. C’est sûrement parce qu’il ne voulait pas évoquer le cas de Benjamin Griveaux…

DU JEAN LASSALLE EN SAINT-CRICQ. – Jean Lassalle a l’art de faire pleurer de rire les députés même s’ils ne sont pas de son bord politique. Dans ce genre d’exercice, l’avocat biarrot Jean-Benoît Saint-Cricq n’est pas mal non plus et le récit du « mur de la honte » bâti juste en face de son cabinet a fait passer un bon moment au conseil municipal. Dans le bâtiment art déco de la poste, les services de la Ville ont décidé en toute simplicité de transformer une fenêtre en porte d’accès de la police municipale. Mais ils n’avaient pas tenu compte de la pente assez marquée de la rue Jaulery. Il a donc fallu « décaisser le trottoir » et pour que les piétons ne tombent pas bâtir un mur protecteur. Surprise de l’avocat venu avec sa colistière Pierrette Echeverria consulter le permis de construire à la mairie.  Rien, nada, que pouic, et gros embarras des services concernés. « C’est Ubu-roi. On est en pleine science-fiction. Quelqu’un qui ferait ça, se retrouverait en correctionnelle à l’initiative du maire » a asséné l’avocat. « Une erreur des services en voie de règlement, a rétorqué Mimi-Imperator avant de rajouter : Je vais réfléchir à porter plainte contre moi-même. » Et il trouve ça drôle ?

UN BEAU RENFORT POUR KARIM GUERDANE. – La petite musique sociale de la liste « Biarritz bonheur » emmenée par Karim Guerdane a attiré l’attention du parti socialiste, qui a proposé son soutien au candidat. « Et on ne m’a pas posé la moindre condition » affirme le journaliste. Les derniers socialistes en carte, avec à leur tête Laurent Riberolles, devraient donc faire partie de la liste Biarritz Bonheur qui sera dévoilée la semaine prochaine.

GARE À LA BRASSE COULÉE. – Marine Batiste revient sur la promesse qu’avait faite Veunac en 2014 et qu’il n’a jamais tenue : la construction d’une piscine olympique. Une excellente idée qui enchanterait tous les Biarrots. Seul hic : en 2014, la décision n’appartenait qu’à la Ville, elle appartient désormais (comme pour les terrains d’Aguilera) à la communauté d’Agglo du Pays basque. Mais nul doute que les conseillers communautaires ne verseront pas une larme si Veunac venait à partir.

Journal d’un buté de campagne (1)

Le programme électoral de Bisque, Bisque, Basque ! est simple. Faire comprendre aux Biarrots que Michel Veunac est le pire maire de l’histoire de la Ville.

Vous en avez marre d’entendre dans cette campagne électorale mugir ces féroces candidats qui viennent jusque dans nos bras pour nous vendre leurs combats ? Chaque lundi jusqu’au 23 mars, lendemain de l’élection du nouveau maire de Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! va vous offrir sa récolte d’échos insolites.

DÉMENTIS.- Il fallait de l’audace pour imaginer Laurent Riberolles et Corine Martineau tracter main dans la main. Sur la foi d’un écho paru dans Sud Ouest, Bisque, Bisque, Basque ! avait cru pouvoir annoncer le ralliement du secrétaire du PS à la liste de Guillaume Barucq. Laurent Riberolles a gentiment démenti par SMS et nous prenons acte. Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz, est lui monté sur ses grands chevaux à propos du même article : « C’est Michel Veunac qui est venu me chercher et non l’inverse. Ce qui tombe bien car j’avais envie de faire de la politique ». Bénéficier d’une délégation de service public, avoir Michel Veunac et comme patron et comme tête de liste ne lui poserait pas le moindre problème ? « Arrêtez de vous prendre pour une star du journalisme. Moi aussi, j’ai gagné dans ma carrière quelques grands concours ». Dont celui de l’anticipation, puisque Camy-Sarthy avait été félicité pour avoir obtenu le Pôle équestre deux jours avant que les appels d’offres ne soient examinés.

https://jeanyvesviollier.com/2020/01/08/et-on-attaque-quand/

JUDICIEUSE PERMANENCE. – Michel Veunac a installé sa permanence électorale dans les locaux de l’ancien pressing tenu par Monique Lajus, juste à côté du cinéma Le Royal. Un local parfait pour défriper un peu les convictions, raviver les couleurs d’une liste bien défraîchie et repasser devant les électeurs biarrots dans l’espoir de faire six ans de plus.

DES VŒUX TRÈS MALICIEUX. – Lors des vœux du maire, Michel Veunac a surpris tout le monde en allant chercher Nathalie Motsch qui se tenait en périphérie pour l’installer près d’elle… et l’avoir ainsi sur la photo. Le rusé Mimi-la-Malice prend un malin plaisir à laisser entendre en petit comité que Calamity Nathalie est prête à se rallier à lui et à accepter un poste de première adjointe. Ce qui est faux évidemment. Mais diviser pour régner est un art.

QUELLE CLAQUE ! – N’ayant pas beaucoup de talents à faire valoir dans sa liste, Michel Veunac, lors de cette même cérémonie, a tenté de faire applaudir Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État qui prend « l’avion pour Biarritz comme on prend le métro ». Deux ou trois applaudissements du bout des doigts de sa garde rapprochée et c’est tout. Si le compagnon de Frédérique Espagnac avait des doutes sur l’enthousiasme qu’il suscite, il n’en a plus. Participer à La Manif pour tous est une chose, convaincre les Biarrots une autre.

FLAGORNEUR DE CLASSE MONDIALE – La lecture du Facebook des élus est souvent édifiante. En réponse à Mathieu BTZ qui se réjouit de la « déconfiture de Veunac », le très zélé Éric Bonnamy qui rempile après un mandat où rares sont les Biarrots qui ont entendu le son de sa voix, s’étouffe d’indignation : « Veunac transpire Biarritz ». Si Veunac a souvent connu des sueurs froides au cours des conseils, ce n’est sans doute pas à cause de son amour pour Biarritz mais à cause de son improbable majorité.

ENFIN UNE LISTE DE GAUCHE- Les Insoumis biarrots, Biarritz Euskal Herrian et EELV ont décidé d’unir leurs forces pour être un rempart « aux politiques d’austérité et aux désordres écologiques ». Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh devraient apparaître dans cet ordre sur une liste que plus d’une soixantaine de personnes souhaitent rejoindre. (Ils vont faire rêver tous ceux qui n’arrivent pas à boucler leur liste !) Fin du cauchemar pour tous les citoyens de gauche qui se demandaient pour qui voter au premier tour.

L’AVENTURIÈRE DE L’URNE PERDUE- La candidate Marine Batiste, fraîchement encartée à EELV et conviée à cette conférence de presse, a brillé par son absence, ce qui a bien fait ricaner tous ceux qui s’étaient déplacés à Plazza Berri. On murmure en effet, que forte de son appartenance pour le moins récente à EELV, la candidate, venue discuter avec les Abertzale et les Insoumis biarrots avait exigé en toute simplicité… la tête de liste. Ce qui lui a valu d’être vertement reconduite. C’était bien la peine de casser sa tirelire en adhérant aux Verts !

Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

Trois renégats socialistes parmi tant d’autres

Lundi soir, c’était bien le scrutin de la honte. Seuls les opposants au projet du maire ont su manifester beaucoup de dignité.

Surtout ne dites plus : « Ton permis de conduire, tu l’as eu dans une pochette surprise ? », affirmation très datée. Dites plutôt : « Ta carte de parti, c’était uniquement pour décorer ? », ce qui fait beaucoup plus biarrot. La section socialiste à Biarritz n’est pas la plus importante de France, puisqu’elle ne compte que vingt membres à jour de cotisation. En 2014, Ghislaine Haye, Jeannine Blanco et Alain Robert revendiquaient fièrement leur appartenance au parti de la rose et du poing. Mais allez savoir pourquoi, les militants locaux, depuis le conseil du 30 juillet dernier et les explications particulièrement embrouillées de Ghislaine Haye, subodoraient un mauvais coup.

La semaine dernière, le secrétaire de section Laurent Riberolles a donc décidé d’organiser un vote en interne pour savoir quelle position les élus du parti socialiste devaient adopter face au dossier du Palais. Ils ont seulement été treize à se déplacer, Ghislaine Haye, Jeannine Blanco et Alain Robert n’ayant pas daigné venir car trop occupés sans doute à raser les murs. Onze militants ont demandé à leurs élus de voter contre le projet municipal. Deux ont préféré qu’ils s’abstiennent. Aucun n’a voté pour.

Et qu’ont fait les trois élus, lundi soir en plein conseil ? Méprisant l’avis de leurs camarades socialistes, ils sont allés faire risette à Veunac et voter son scandaleux projet. Ghislaine Haye, expliquant de façon toujours aussi embrouillée que malgré son vote elle « reste de gauche », Jeannine Blanco se faisant discrète et le courageux Alain Robert ayant transmis une procuration à cette dernière.

L’aventure individuelle n’est pas de gauche

Non, Ghislaine, on n’a pas le droit de se dire de gauche quand on privilégie ainsi l’aventure individuelle et que l’on méprise tout autant les électeurs qui t’ont élue que les militants qui t’accompagnent ! Lorsque mon épouse a représenté le PS au conseil municipal en 2008, face à Didier Borotra, elle n’a jamais défendu un autre point de vue que celui de la section Biarritz. Cohérente avec elle-même, lorsque Guy Lafite membre de la majorité municipale a été désigné en 2010 par le PS pour les élections départementales, alors qu’elle était dans l’opposition, elle a démissionné de son mandat de conseillère municipale et quitté le parti socialiste dans la foulée.

Si seulement, ces trois renégats avaient été les seuls ! Mais les cent-cinquante Biarrots présents dans la salle du conseil qui se sont payés stoïquement presque quatre heures de conseil en restant debout – La municipalité ne peut pas refaire Le Palais pour 85 millions d’euros et offrir en plus des chaises à ses administrés ! – ont assisté à une escouade de politiques à l’ancienne aux arguments tous plus calamiteux les uns que les autres pour justifier leur trahison des Biarrots et leur allégeance au plan médiocre concocté par Veunac et Lafite sur Le Palais.

Une opposition qui surjoue

Et on vous passera sous silence, car vous l’avez sans doute vue sur Internet, cette opposition qui n’en est pas une et qui s’est complue dans l’obséquiosité à l’égard du maire, faisant oublier les rois du genre Claverie et Destizon. L’absence totale de démocratie dans ce dossier ? Mais où est le problème ! Le coût astronomique pour une ville de 25 000 habitants ? Si en plus, il faut s’intéresser aux détails ! Les risques de perdre Le Palais ? Pas avec un duo aussi talentueux que Veunac et Lafite ! Tour à tour Domège, Darrigade et Puyau ont fait assaut d’éloquence pour encenser le projet municipal. Ils auraient pu s’abstenir comme le veut la tradition républicaine, lorsqu’on est opposant et qu’un projet de la majorité n’est pas idiot. Eux aussi, manifestant un mépris total de ceux qui les ont élus, ont surjoué pour justifier l’injustifiable et voter oui.

Saint-Cricq hué de toutes parts

Reste le cas le plus douloureux, car s’il est quelqu’un dont je respecte l’intelligence et la capacité de travail, c’est bien Jean-Benoît Saint Cricq qui a été mon avocat l’an passé et m’a remarquablement défendu. Notre dernier échange téléphonique remonte à quelques mois. Venant d’apprendre que pour la deuxième fois notre brillant avocat avait dîné avec le maire, je l’avais gentiment chambré : « Fais gaffe, Jean-Benoît, tu vas finir sur les genoux de Veunac » Réponse catégorique : « Mais non, tu me connais, je voulais juste écouter ce qu’il avait à me dire ».

Nerveux, persuadé que la salle a été « faite » pour le siffler, ce qui est faux car il y avait des Biarrots de toutes tendances politiques, Saint-Cricq est hué dès qu’il prend le micro et perd ses nerfs très vite lundi soir avant de s’enliser dans une longue explication sur la Cité de l’Océan qu’il a été pratiquement seul à combattre. Ce qui est vrai, même si les abertzale et les socialistes de l’époque étaient aussi de la partie, mais ne justifie pas cet enthousiasme soudain pour le Palais. Jusqu’à cette expression malheureuse qui a un peu glacé l’assistance : « Je ne suis pas un vendu », ce que personne n’avait dit. 

… Que c’est triste, une carrière politique qui se termine ainsi.

Merci à vous quinze

Il n’y a plus de majorité, plus d’opposition à Biarritz. Juste des politiques à l’ancienne qui essaient de sauvegarder leurs places pour 2020 face à une génération plus jeune et plus soucieuse des Biarrots. Lundi soir, le calme, le sens pratique, le respect de la démocratie étaient clairement du côté des opposants. Merci à François Amigorena, Maider Arosteguy, Guillaume Barucq, Frédéric de Bailliencourt, Hervé Boissier, Édouard Chazouillères, Maialen Etcheverry, Marie Hontas Virginie Lannevère, Françoise Mimiague, Nathalie Motsch, Anne Pinatel, Brigitte Pradier, Nathalie Sauzeau et Richard Tardits pour l’opposition.

Vous avez été l’honneur de Biarritz et nous n’oublierons pas.

Veunac citant Einstein, c’est un peu comme Nabilla évoquant Marguerite Duras…

 

 

 

Un gougnafier socialiste, un de plus…

Petit socialiste deviendra grand… à condition d’apprendre un minimum la courtoisie. (Photo Sud ouest)

Souvent l’information vous tend les bras au coin de la rue. Un jour, en, sortant des halles de Biarritz, je croise un militant distribuant des tracts. Il m’apprend qu’il est le nouveau secrétaire de la section socialiste de Biarritz. Ce que je peux vérifier peu après grâce à Sud Ouest (27/06/2015). Le nouveau nominé, Laurent Riberolles, semble bien décidé à traverser les murs : « Je vais m’atteler à ouvrir les portes et les fenêtres. Il faut un vent d’air frais et montrer aux Biarrots qu’on est à l’écoute, que nous ne sommes pas là que pour les militants ».

http://www.sudouest.fr/2015/06/27/un-vent-d-air-frais-1968200-4037.php

Un an plus tard, le sens de l’écoute de Lolo-les-grandes-oreilles et sa capacité d’empathie avec les Biarrots méritent vraiment d’être contés.

Alors que je n’avais plus eu de nouvelles de Laurent-le-Magnifique depuis plusieurs mois, je reçois un message privé sur Twitter.

Riberolles

Je ne suis pas plus surpris que cela car je sais que cela tangue à la section socialiste. L’énarque en pull mohair Guy Lafite, à peu près aussi à gauche que Macron, provoque des éruptions cutanées chez nombre de militants, en particulier avec ses prises de position anti-EPCI. J’ai beaucoup de travail, le rendez-vous ne m’arrange pas tellement, mais je considère que me déplacer relève de l’obligation morale.

Quand on est un responsable socialiste de premier plan, on ne discute pas avec la plèbe et on prend les initiatives. L’omnipotent Laurent, sans chercher à savoir où j’habite, m’assigne à verre partagé, chez Kostaldea, au-dessus de la chambre d’amour à Anglet, le mardi 24 mai à 18 heures. Je me mets au garde-à-vous, j’enfile mes rangers, la droite ornée d’une rose rouge, la gauche d’un pédalo avec son capitaine, et j’obtempère en notant consciencieusement le rendez-vous sur mon agenda.

Le jour dit, je poireaute une bonne demie heure avant de dégainer le téléphone portable. Le très surmené secrétaire de section concède qu’il a complètement oublié le rendez-vous et qu’il est en pleine réunion. Ce qui peut arriver, même à des gens très biens.

Agacé d’avoir perdu presque deux heures, je rentre chez moi. Et depuis le 19 mai ? Rien, ni twitt, ni SMS, ni mail et encore moins un coup de téléphone d’excuse ! Ce qui est beaucoup moins acceptable.

Mais il est vrai que lorsqu’on est le responsable d’une section politique aussi imposante que celle du parti socialiste à Biarritz (trente adhérents, les jours de grand beau), on ne s’appartient plus et qu’il est parfaitement normal de s’affranchir des règles de la bienséance et de la courtoisie les plus élémentaires. Après tout l’exemple vient d’en haut et l’ambitieux Laurent, qui n’a pas des yeux dans le dos, ne peut à la fois scruter le sommet de la pyramide socialiste et sa base… Le mépris de Hollande pour ceux qui l’ont élu, le mépris de Valls à l’égard des salariés avec sa loi Travail qu’il veut passer en force, n’ont finalement d’égal que celui de l’immense secrétaire de la section de Biarritz qui ne va pas commencer une carrière politique en s’abaissant à être poli… Il réussira, ce petit !

Un jour, peut-être, petit Lafite deviendra grand…

Lafite 037

Guy Lafite est trop débordé pour gérer son blog, mais il ne perd pas le sens des réalités. Si vous loupez la mention  » Je fais un don « , courez vite chez l’opticien…

À quelques semaines des municipales, la lecture de Sud Ouest s’avère décidément presque aussi délicieuse qu’une escapade nocturne en scooter dans la bien-nommée rue du Cirque…  présidentiel.

De tout temps, les enfants se sont efforcés de singer les grands pour se convaincre que le poil allait leur pousser aux pattes beaucoup plus vite. Dans ma génération, on ne révérait  que les frères Boniface, leurs feintes, leurs esquives, leurs passes croisées. Une autre génération n’a juré que par Chabal, s’efforçant de foncer droit et de tout fracasser sur son passage. En politique aussi, les petits candidats s’efforcent de singer les grands… même si, pour l’instant à Biarritz, on ne leur connait pas quelque enlèvement en motocyclette d’une des danseuses du ballet Malandain, à la sortie du théâtre de la gare du Midi.

Ainsi qu’apprend-on dans le Sud Ouest daté du 17 janvier, intitulé  » Ils surfent pour leur champion  » ? Que le candidat Guy Lafite est absolument DÉ-BOR-DÉ et qu’il est obligé de confier sa communication sur les réseaux sociaux à deux personnes, François Amigorena, le patron de l’agence IS décision, et Laurent Riberolles, qui avait fait campagne à ses côtés quand notre surfeur militait dans le sillage de Bertrand Delanoë.

Et si on en croit l’équipe communicante, c’est un plein temps que vivent ces deux esclaves du clavier d’ordinateur dans le sillage du sémillant homme de gauche : « Les bonnes pratiques nous conduisent à ne pas poster plus de deux messages par jour sur Facebook et pas plus de cinq ou six tweets »

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Capture d’écran effectuée le samedi 18 janvier à 15 heures : 420 signes, rédigés à deux en quatre jours, c’est effectivement insurmontable

Rappelons tout de même aux profanes qu’un tweet n’excède jamais 140 signes et que les messages sur Facebook ne sont guère plus longs et l’on mesurera mieux les cadences infernales. vécues par l’équipe communicante.

Les électeurs qui réfléchissent un peu avant de se décider pour qui voter, tomberont sans doute des nues après cet aveu, mais ils devront s’y faire : les tweets signés Guy Lafite sont à peu près aussi authentiques que la couleur noir corbeau des cheveux de François Hollande.

Heureusement le contenu sauve tout, avec des pensées lafitiennes de haute volée comme :  » Notre local est modeste. Et c’est un choix délibéré : décence et gestion rigoureuse...  » ou  » Ma carte de voeux pour 2014. Excellente année à toutes et à tous « . Mais où vont-ils chercher tout ça? On comprend désormais pourquoi l’homme qui a quitté précipitamment la mairie de Paris en 2004, a besoin de deux communicants pour l’aider à diffuser un programme aussi révolutionnaire!

Tout cela n’est tout de même pas très rassurant sur la résistance physique et morale du candidat. Si Guy Lafite est déjà « au taquet« , alors que la campagne vient à peine de commencer, qu’en sera-t-il si, par un hasard extraordinaire, il se retrouve maire de la ville avec trois dossiers à gérer dans la même journée? Il va prendre sa planche de surf et ramer, ramer jusqu’en Amérique pour ne pas avoir à affronter la réalité?

C’est idiot, mais 140 signes de temps en temps écrits par Guy Lafite en personne, rassureraient tout le monde. Car rien n’empêche le candidat, à l’image de certains de ses rivaux, d’ignorer les réseaux sociaux au profit du terrain. Là au moins il n’y a pas tromperie sur la marchandise et, en politique plus encore qu’ailleurs, on ne se méfie jamais assez des contrefaçons…