Justice pour Lola

Mediabask a réalisé une remarquable interview de la jeune femme qui a eu la mâchoire fracturée, suite à un tir de flashball des forces de l’ordre. Le coupable doit être sanctionné.

On n’arrête décidément pas le progrès : il y a quelques années, on risquait au pire un coup de matraque en allant manifester. Désormais, on risque sa vie. Comment ne pas avoir une pensée pour Lola, la jeune étudiante de l’école Supérieure d’Art du Pays basque, qui filmait tranquillement l’opposition entre gilets jaunes et forces de l’ordre sur la grande plage de Biarritz et qui s’est pris un tir de flashball en pleine face ? Avec beaucoup de sensibilité, beaucoup de tact, Anaiz Aguirre Olhagaray interviewe la jeune blessée pour « Mediabask », ainsi que son père. Le récit est glaçant, car il est évident que la jeune femme a été directement visée, alors qu’elle était en train de filmer les événements. 

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181224/jamais-je-naurais-pense-surtout-a-biarritz-que-ca-tirerait-au-flash-ball

Le propos de Bisque, Bisque, Basque ! n’est pas de fustiger les forces de l’ordre. Elles piétinaient depuis le matin pendant que les officiels banquetaient et recevaient des cadeaux Hermès et l’on peut excuser la fatigue et l’énervement de certains CRS. Mais les vidéos et les photos publiées de cet affrontement inédit en plein centre de Biarritz montrent des attitudes inacceptables. Des tirs tendus de flashball, d’autres latéraux sur des passants qui ne manifestaient pas et des policiers en civil, regagnant leur camp après avoir « chauffé » les manifestants et lançant contre eux des lacrymos. De la même façon que la CGT savait virer les « casseurs » venus mettre le bazar à la périphérie des cortèges parisiens et discréditer les manifestants, la hiérarchie doit prendre des sanctions contre les policiers qui perdent leurs nerfs. Sortir son téléphone portable pour filmer ce qui se passe, n’est pas l’attitude d’un casseur. Le policier coupable de cette exaction doit être sanctionné. Justice doit être rendue à Lola !

Monsieur trois minutes, compassion comprise

À l’époque de sa flamboyance, Jacques Chirac, pour sa propension à embarquer les accortes jeunes femmes qui l’entouraient, était surnommé « Monsieur dix minutes, douche comprise ». Michel Veunac, lui, se contentera modestement du titre de « Monsieur trois minutes, compassion comprise ». Mediabask raconte cette surréaliste visite du maire de Biarritz à Lola, où il ne s’enquiert nullement de l’état mental et physique de la blessée, se contentant d’affirmer que la Ville n’y est pour rien.  Une visite à l’image de son pitoyable mandat.