Veunac fait du vieux avec du vieux

Malgré la présence de Jean-Baptiste Lemoyne, bien planqué derrière Veunac, la liste du maire sortant est consternante et montre à quel point le vide s’est fait autour de lui.

Avec cette ébauche de liste, digne de Pif-Gadget, Veunac nous prend vraiment pour des jambons.

«  La politique est l’art d’arriver par n’importe quel moyen  à une fin dont on ne se vante pas » disait Jules Romain. Pendant tout leur mandat, vous ne les avez jamais entendus, au mieux juste vus opiner du bonnet quand leur seigneur et maître  à écharpe tricolore énonçait une de ses platitudes dont il a le secret. Il est donc normal qu’ils se représentent pour obtenir une nouvelle chance au suffrage. Michel Veunac nous avait annoncé une liste où l’on allait voir ce qu’on allait voir. On voit et on est édifié. Pour faire nombre et arriver à trente-cinq, Michel Veunac, qui n’en est pour le moment qu’à une quinzaine de ralliés, a donc récupéré tous ceux qui n’ont jamais soufflé mot pendant six ans, tous ceux qui n’ont jamais exprimé une idée et se sont contentés d’encaisser leurs indemnités d’adjoints en marchant docilement au pas. En avant donc pour le grand renouvellement avec Jocelyne Castaignède, Sylvie Claracq, Patrick Destizon, Laurent Ortiz ou Louis Vial ! Et c’est avec ça qu’il compte gouverner ? Mais où sont les compétences ?

Pour donner un petit air de nouveauté à ce qui se fait de plus ranci dans la majorité municipale, Veunac a donc été obligé d’aller chercher parmi ses obligés comme Josette Cazaux, la présidente du musée historique ou Olivier Cami-Sarti, l’actuel directeur du centre équestre au terme d’un appel d’offres qui avait fait grincer bien des dents à l’époque. Là aussi, il n’y a vraiment pas de quoi être ébloui.

Reste enfin la présence du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne qui a accepté de figurer en troisième position sur la liste, ce qui n’est pas faire montre d’un grand caractère que d’accepter de servir de caution à un Michel Veunac. En effet, tous ceux qui ont un vrai tempérament de patron, vous diront que « la règle numéro un est de ne jamais accepter d’être numéro deux », surtout quand on se sent intellectuellement supérieur à celui qui vous devance. Il faut donc croire que ce n’est pas le cas et que notre néo-parachuté, inconnu du grand public, mais bien connu de ses pairs pour ses traîtrises successives ( Lire ci-dessous) a gobé la promesse de Veunac de lui laisser son poste en cours de mandat.

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ». se plaisait à dire Édouard Herriot.  Après l’annonce d’une liste aussi pitoyable, les opposants à Veunac peuvent rigoler et se frotter les mains.

JB Lemoyne, alias Mister Nobody

C’est l’un des plus diaphanes parmi les membres du gouvernement et il n’est guère étonnant que vous ne le connaissiez pas. Après une longue carrière dans l’Yonne, marqué par des incessants changements d’écurie, celui qui a commencé en flirtant avec la droite dure, éprouve soudainement un amour immodéré pour le Pays basque depuis qu’il vit avec la sénatrice Frédérique Espagnac. Un petit tour sur le web vous en apprend beaucoup sur la stature morale et la fidélité politique de l’intéressé. Et surprise, ce sont les journaux de droite comme « Les Échos » ou « Valeurs actuelles » qui se montrent les plus sévères :

 

Jean-Baptiste Lemoyne, le “traître” de Marrakech

Aussi ambitieux que discret, Jean-Baptiste Lemoyne a beaucoup trahi avant de devenir cet “obscur secrétaire d’Etat”.

Publié par Raphaël Stainville de « Valeurs actuelles » le 14 décembre 2018 (Extrait)

C’est comme s’ils s’étaient tous passé le mot. Aux Républicains, pas question de faire de la publicité à Jean-Baptiste Lemoyne. Au mieux, lorsqu’ils évoquent le signataire du pacte de Marrakech, dépêché au débotté par Emmanuel Macron pour le représenter au Maroc le 10 décembre, alors que le chef de l’État recevait à tour de bras à l’Elysée pour tenter d’apporter une réponse forte à la colère des gilets jaunes, les députés LR parlent de lui, lors de leurs questions au gouvernement, comme d’« un obscur secrétaire d’État » (Éric Ciotti), « ce je ne sais quel secrétaire d’État » (Constance Le Grip), comme pour mieux le renvoyer à son anonymat. Pas une seule fois, au sein de l’hémicycle, les parlementaires de droite ne s’aventurent à prononcer son nom. Ce serait faire trop d’honneur à celui que beaucoup considèrent encore comme un « traître professionnel ».

Un portrait de Jean-Baptiste Lemoyne ? « Vous perdez votre temps. Il ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui », prévient d’emblée l’un de nos interlocuteurs. Christian Jacob, le président du groupe LR au parlement, qui a peu goûté la réponse politicienne que le secrétaire d’État a faite à Claude Goasguen mardi dernier alors que le député demandait au premier ministre qu’un vrai débat sur l’immigration ait lieu et rappelait les conséquences que ne manqueraient pas d’avoir « ce pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est cependant sorti de son silence pour railler celui qui fut pendant quelques années, le secrétaire adjoint du groupe UMP à l’Assemblée nationale. « Il ajoute l’incompétence à la médiocrité », lâche Christian Jacob. 
Guillaume Larrivé, qui n’a pas oublié que l’ancien sénateur de l’Yonne a soutenu un ancien socialiste recyclé LREM aux dernières législatives dans l’Yonne pour tenter de le faire battre, n’est guère plus amène et se fait un malin plaisir de l’habiller pour l’hiver : « Il correspond parfaitement à ce que de Gaulle appelait “les politichiens” : ne pensant rien sur rien, il va à la gamelle. » Non sans un certain cynisme.
D’abord membre du parti Démocratie libérale, il fait ses premières armes dans le Ve arrondissement de Paris auprès de Jean Tibéri, avant de se mettre dans la roue de Jean-François Copé dont il a longtemps épousé la trajectoire. Son CV est impeccable à défaut d’être impressionnant. Classes prépas littéraires, Sciences PO Strasbourg, Essec. Un petit passé militant dans un syndicat classé plus à droite que l’UNI. Il intègre le cabinet de Copé en 2002 quand le maire de Meaux devient ministre de Jacques Chirac et le suit à l’Assemblée nationale, après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Jean-François Copé veut faire de l’Assemblée nationale un contre-pouvoir, le marchepied de ses ambitions élyséennes. Secrétaire général adjoint du groupe UMP, Jean-Baptiste Lemoyne joue volontiers les porte-flingues de son patron et fait la paire avec Jérôme Lavrilleux. Il s’affiche plus à droite que son patron et ne craint pas à l’occasion de jouer les anciens combattants dans les concerts de Jean-Pax Mefret. Il reprend à tue-tête ses chansons « nostAlgériques ». En 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy, il soutient Copé partisan d’une « droite décomplexée » contre François Fillon dans la campagne mortelle pour la présidence de l’UMP (…)

Puis il lâche Copé au profit de Fillon, avant de lâcher Fillon au profit de Macron et termine dans les bras de Veunac… Quand on vous parlait de dégringolade!

Le clan Veunac a bien tort de plastronner

Le G7 s’est mieux passé que prévu. Mais de là à imaginer Veunac en maire réélu…

Pour sauver la Ville en 2020, Biarritz peut trouver mieux.

On a tous connu ce genre de week-end improbable où l’on se retrouve invité pour trois jours chez des gens qu’on connaît peu. La bouffe est médiocre, les hôtes stupides, le décor kitsch à souhait, mais au moment de prendre congé, avec une belle hypocrisie, on dit merci et on promet de se revoir. Bien entendu, on n’en pense pas un mot et c’est avec soulagement que l’on prend congé définitif. Lundi soir, les lampions du G7 étaient à peine éteints, que les fidèles de Veunac (Ils sont rares, mais il en existe), pavoisaient à qui mieux-mieux : « Avec un tel G7, plus rien ne s’oppose à ce que Michel soit réélu triomphalement en mars 2020 ». Ce sont les mêmes qui en 1994 ne voyaient pas comment Balladur pouvait perdre face à Chirac et en 2016 étaient certains que le futur président de la République se nommerait Alain Juppé avant de clamer leur confiance en François Fillon.

Grillé auprès de Macron

Ce n’est pas un hasard si durant tout le G7 on a vu Michel Veunac tendre le cou pour essayer d’être sur la photo. Pas un hasard non plus si le Président de la République s’est tenu à distance raisonnable de celui qui l’invitait. Et pas un hasard du tout si, en rupture totale avec la tradition républicaine, Emmanuel Macron lors de chacune de ses allocutions télévisées s’est bien gardé de prononcer le nom de Michel Veunac, alors qu’il remerciait le Pays basque pour l’accueil fait aux chefs d’état. Lundi 26 août, alors qu’Emmanuel Macron avait souhaité que les représentants d’association de commerçants assistent à la cérémonie de clôture à la mairie, le chef de l’État a finalement fait défection.

Macron avait largement le temps de s’arrêter à la mairie avant de retrouver Anne-Sophie Lapix au phare : il ne l’a pas fait.

Certes la conférence de presse commune avec Trump avait pris beaucoup de retard, mais de nombreux témoins oculaires ont vu Macron quitter le casino Bellevue à 18 h 55. Sachant qu’il avait besoin de quinze minutes pour mettre ses idées en place avant son interview sur France 2 avec Anne-Sophie Lapix, il pouvait largement passer une tête à la mairie, saluer Veunac et remercier tout le monde. Au lieu de cela, il a préféré envoyer Brigitte son épouse. Un choix qui n’est pas innocent.

Avec des émissaires présents depuis plusieurs mois afin de préparer le G7, le Président de la République cerne assez précisément la personnalité et la compétence de Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-nous-envie. Son mouvement politique, LaREM, a besoin de s’élargir au moment des municipales et Biarritz semble prenable. C’est pour cette raison que Michel Veunac, comme Nathalie Motsch, Guy Lafite ou Jacques-André Schneck (les deux derniers sont membres de LaREM depuis plusieurs mois) se sont démenés pour obtenir l’investiture qui fait figure de sésame à leurs yeux. Sans oublier un certain ministre de l’Agriculture qui pourrait mettre tout le monde d’accord. L’investiture LaREM ne sera accordée que très tardivement, mais une chose est sûre : quand il évoque un lien de proximité avec le président, Veunac prend ses désirs pour des réalités et devrait savoir qu’en politique, personne ne fait jamais de sentiment.

Grillé auprès des commerçants

De son métier de sociologue, Michel Veunac a gardé l’habitude de croire qu’une incantation peut ressembler à une action. On l’a vu avec sa phrase fétiche, répétée jusqu’à l’inanité : « Biarritz ne sera pas bunkérisé ». On connaît la suite. Autre mantra dit et redit : « Les commerçants seront indemnisés ». Et comme Veunac n’a vraiment pas honte, il essaie même de faire croire, selon Sud Ouest du 2 septembre, qu’il est soudain devenu un grand défenseur des Biarrots, empêchant les services de sécurité d’enlever les poubelles trop tôt ou l’État rapace de trop spolier les malheureux commerçants qui ont vu pratiquement quinze jours de leur chiffre d’affaires du mois d’août s’envoler.

Sud Ouest, 30 août.

Patrick Darrigade, le très pondéré libraire et marchand de journaux du centre-ville estime avoir perdu « 28 000 euros de chiffre d’affaires pendant le G7 ». Quand la secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, annonce une enveloppe globale de 350 000 euros pour les commerçants biarrots, tout le monde commence à comprendre qu’une petite aumône sera accordée à chacun, mais que les pertes réelles ne seront jamais compensées. Et que dire du reste de la Côte basque, elle aussi sévèrement impactée par le G7 ?

Veunac n’en a cure. Jeudi, alors qu’Agnès Pannier-Runacher écoutait les commerçants qui exprimaient leurs craintes, Mimi-la-suffisance ne cessait de les interrompre en évoquant l’image de Biarritz grâce au G7 et les mirifiques retombées à venir. On a connu plus adroit, même si le mandat presque écoulé nous a prouvé que le maire ne savait pas très bien compter.

Grillé auprès de l’Agglo

Jean-René Etchegaray et Claude Olive n’ont guère apprécié la désinvolture de Veunac à l’égard de Bayonne et Anglet.

De Didier Guillaume à Max Brisson, Michel Veunac a leurré tout le monde cet été en annonçant qu’il ne se représenterait pas. Pour lui, après ce G7 qui s’est bien déroulé, les planètes sont alignées et rien ne pourra désormais empêcher sa réélection. Logiquement, il va donc annoncer fin septembre qu’il va être à nouveau candidat. Mais si, par un hasard extraordinaire, il se trouvait un Biarrot envisageant de voter pour lui, il devra tout de même se poser une question avant de glisser son bulletin dans l’urne. Comment Biarritz peut fonctionner avec l’hostilité de toute l’Agglo ? Aucun des élus du Pays basque ne pardonne à Veunac d’avoir ainsi fait cavalier seul alors qu’il est vice-président de l’Agglo. Lundi dernier à la mairie, il suffisait d’écouter les remarques acides de Claude Olive et Jean-René Etchegaray, maires pondérés et responsables s’il en est, pour comprendre que la rancune ne partira pas avec l’eau du G7.

Veunac ne s’est soucié que de lui-même et de sa réélection quand Macron lui a demandé si un G7 était jouable en août à Biarritz. Il n’a échangé avec aucun des autres élus et ne s’est nullement préoccupé des dommages collatéraux que sa décision pouvait entraîner. Il est clair que si, par un hasard extraordinaire, il attaquait un deuxième mandat après la brillantissime démonstration qu’il nous a faite depuis 2014, il n’obtiendra jamais rien à chaque fois qu’il devra solliciter l’Agglo. C’est d’autant plus ballot que le plan local d’urbanisme, l’aménagement d’un stade ou l’attribution d’une piscine relèvent désormais de l’Agglo où Veunac ne compte que des ennemis. Le choix est donc clair : si l’on ne veut rien pour BIarritz de 2020 à 2026, date à laquelle notre pimpant élu aura 80 ans, il faut voter Veunac.

Croisée en centre-ville, une conseillère municipale qui espère probablement repartir avec Veunac l’an prochain, joue la voix de la sagesse : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on aura », ce qui est tout de même une curieuse façon de défendre le bilan du maire. Il existe pourtant une autre variante, bien plus intéressante de cet adage : « On sait ce qu’on perd mais on est sûr que ça ne peut pas être pire ».

Bien seule Arosteguy

Au lendemain du G7, Maïder Arosteguy, craignant que les commerçants de Biarritz ne soient mal indemnisés, a le réflexe de demander à Michel Veunac la création d’une commission de suivi des procédures d’indemnisation. Un réflexe plutôt logique pour une élue. Maïder ne devait pas s’attendre à la volée de bois vert que lui a valu son initiative.

Tout commence avec Richard Tardits, pourtant à ses côtés dans les rangs de l’opposition. Pour lui, les « retombées commerciales sont incommensurables et personne ne dira jamais merci » et il est donc urgent de ne rien faire. Richard va donc se faire un plaisir d’accompagner les commerçants en difficulté chez leur banquier pour expliquer que leurs pertes ne sont pas « incommensurables ».

Louis Vial, devenu pro-Veunac inconditionnel depuis que ce dernier a eu la bonne idée de le nommer adjoint, y va à son tour de son petit couplet. On se demande ce que vient faire le « Biarritz bashing » quand on parle des pertes des commerçants, mais l’évocation des « esprits chagrins » va enchanter Veunac :

Et puis, Patrick Destizon n’est jamais très loin quand se déroule un bal des flagorneurs. Il attaque très fort avec un « Je souscrit » du plus bel effet universitaire, avant de se laver les mains du sort des commerçants : « La présence d’élus n’est ni utile ni souhaitable » :

Biarrots, voilà ce qu’écrivent les élus qui sont censés veiller sur vos intérêts. Souvenez-vous d’eux lorsqu’ils viendront faire la danse du ventre devant vous en mars prochain !

Folles nuits municipales …

Même à 3 heures du matin, Michel Veunac et Guy Lafite marquent à la culotte les opposants Maïder Arosteguy et François Amigorena.

Car chez ces gens-là, ma pauvre dame, la haine, mâchée et remâchée jusqu’à la nausée depuis 2014, ne s’arrête pas à la tombée du jour. Elle se poursuit toute la nuit, comme ont pu le vérifier fort récemment Maïder Arosteguy et François Amigorena. Surpris par l’interminable grève des policiers municipaux, les deux opposants avaient demandé, comme la loi les y autorise, à accompagner la brigade de nuit pour la voir dans le cadre de sa mission. Initiative qu’on ne peut que louer, car c’est en allant sur le terrain qu’on comprend mieux les choses.

Rendez-vous avait donc été pris pour le 22 août, à 21h30 au bar des Colonnes. Là, une surprise de taille attend les deux conseillers municipaux. Michel Veunac est présent, flanqué de Louis Vial. « On s’est retrouvés à sept, raconte sous couvert d’anonymat un policier municipal. Ce qui nous a posé un sacré problème, car nous avons dû prendre deux voitures pour faire notre patrouille. Le maire a pris place dans une voiture complètement délabrée où le gyrophare ne marche pas. Nous n’avions qu’une trouille, avoir un accident à ses côtés ».

Veunac s’écroule à 1h30 avant de revenir, pimpant, à 3h30

Arosteguy et Amigorena tentent bien de poser quelques questions aux policiers, mais à chaque fois ce sont Veunac et Vial qui répondent. Les deux décident de patienter.

Effectivement, vers une heure du matin, Veunac commence à sérieusement dodeliner de la tête. À 1h30, il annonce qu’il va se coucher. Hasard absolu, c’est Guy Lafite qui passe par là pour animer la garderie des deux turbulents conseillers municipaux.

« Ils nous ont complètement perturbés dans notre travail, confie le même policier municipal. Nous étions contents de montrer à des élus qui s’intéressaient enfin à notre mission pourquoi nous estimons avoir besoin d’armes et de matériel. Mais le retard a été tel que nous n’avons jamais pu être au bon endroit au bon moment et leur faire découvrir les dangers encourus. »

Solides au poste, Arosteguy et Amigorena, voient avec plaisir Lafite et Vial montrer à leur tour des signes de déclin. Et là, surprise totale. À 3h30 du matin, c’est Veunac, deux heures de sommeil à peine, qui revient et laisse ses deux acolytes aller dormir. Impossible pour les deux conseillers municipaux d’avoir le dialogue qu’ils espèrent avec les policiers. Ce qui démontre la défiance dans laquelle ils sont tenus.

Maïder Arosteguy, fatiguée, lâche l’affaire et part se coucher à 4h30

Michel Veunac continue à surveiller de près François Amigorena.

La patrouille se termine à 5h30 sur la grande plage, pour éviter qu’un dormeur ne soit présent au moment où passent les engins.

Amigorena triomphe par ruse

La suite, désopilante et surréaliste, est contée par un policier municipal. Veunac propose à Amigorena de le raccompagner jusque chez lui. François Amigorena affirme préférer rentrer à pied. Soulagé, Veunac part chez lui pour un deuxième round de sommeil : « François Amigorena, raconte ce policier, est revenu nous rejoindre au poste, raconte le policier municipal, et nous voir dans la rédaction des procédures afin de comprendre la partie administrative de notre métier. Il est le seul à être resté de 21h à 7 h et nous a également apporté des croissants pour nous témoigner sa reconnaissance ».

Et dire que pendant ce temps-là Veunac dormait du sommeil du juste, persuadé d’avoir neutralisé son ennemi juré !

Puisque la majorité municipale a décidé de se livrer à de tels enfantillages, puisque Veunac préfère éluder plutôt que d’informer ses élus, la stratégie de l’opposition est désormais simple. Demander chaque soir à accompagner les policiers municipaux, pour que Veunac, qui ne fait décidément confiance à personne, s’écroule de fatigue à force de veiller.

Courage, les gars, vous allez l’avoir à l’usure !

Policiers à tout faire

Les élus ont été étonnés lors de cette visite par les barrières que les agents passent leur temps à ouvrir et fermer et par les relèves d’ASVP qu’ils font pour pallier au manque d’effectif. Tout cela s’effectuant, bien évidemment, au détriment de leurs missions de sécurité et de tranquillité publique. En juin 2018, l’adjoint Louis Vial avait qualifié les policiers municipaux de « shérifs ». Cette visite d’un soir a montré aux élus que les revendications de ces hommes à tout faire de la sécurité publique étaient parfaitement légitimes et qu’ils travaillent dans des conditions indignes d’une ville comme Biarritz.

Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.

La grande souffrance de la police municipale

Référent national de la Fédération interco CFDT police, Serge Haure, au nom des policiers municipaux en grève, dénonce l’hypocrisie du maire de Biarritz et de Louis Vial.

Ce sont les grands discrets de la Ville. Comme on les croise souvent et qu’ils sont d’un abord agréable, tout le monde croit les connaître, mais bien peu seraient capables de décrire avec précision leurs missions. Si les policiers municipaux de Biarritz sont en grève reconductible depuis le vendredi 16 mars, ce n’est pas par hasard. Comme nombre de fonctionnaires municipaux de la Ville, ils ont le sentiment d’être confrontés à un mépris incommensurable de la majorité en place.

Lorsque Michel Veunac a été élu en 2014, les syndicats de police ont adressé sept courriers au nouveau maire pour être reçus et entendus. Ils n’ont eu droit qu’à une seule réponse, au bout d’un an. Quatre ans plus tard, ne voyant toujours aucune amélioration venir, ils se sont décidés à faire grève, Michel Veunac a joué l’étonné devant les médias, se déclarant « surpris » et affirmant « ne pas comprendre ce mouvement ». Si seulement, c’était le seul domaine !

Les policiers municipaux en grève devant la mairie de Biarritz (Photo Sud Ouest)

Mais avant de détailler les revendications de nos policiers municipaux, il est urgent de remettre à jour ses connaissances et de réinitialiser son logiciel personnel. Que penseriez-vous d’un conférencier qui viendrait parler de téléphonie en 2018 et n’évoquerait que l’appareil de notre enfance, fixé au mur avec le combiné relié par un fil ? Pour la police municipale, il y a à l’évidence un avant et après 2015, date des attentats de Charlie Hebdo. Si la police municipale est cantonnée au contrôle du stationnement, ce qui n’est pratiquement plus le cas, elle n’a pas besoin d’un équipement sophistiqué. Si elle se retrouve dans des missions de sécurité publique, voisines de celles de la police, il est normal qu’elle bénéficie des mêmes équipements. La récente tuerie du supermarché de Trèbes, près de Carcassonne, prouve que Biarritz, comme toutes les villes de France, n’est à l’abri de rien.

Biarritz n’est à l’abri de rien

Ceux qui imaginent que le gauchiste qui anime Bisque, Bisque, Basque ! ne peut être qu’anti-police vont être surpris, mais j’ai été très choqué en juillet et août 2016 de voir des policiers municipaux organiser des barrages routiers et interdire tous les accès sensibles de la ville, en ne disposant que d’une matraque télescopique et d’une bombe lacrymogène. Si une voiture-bélier avait foncé dans la foule, il se passait quoi ?

Partout ailleurs qu’à Biarritz, une révolution considérable est en train de s’opérer que le sociologue qui nous dirige n’a visiblement pas captée. Savez-vous qu’actuellement 82% des policiers municipaux sont armés et que l’État aide les villes à acquérir des gilets pare-balles et des revolvers ou pistolets semi-automatiques 9mm, les mêmes armes que les policiers nationaux et gendarmes.

https://infos.emploipublic.fr/article/securite-les-policiers-municipaux-sont-ils-armes-eea-7715

« Ils sont gérés par des administratifs »

Référent national, Secrétaire Fédéral chargé de mission forces de sécurité publique de la Fédération interco CFDT police, Serge Haure a accepté de parler au nom de ses collègues biarrots, tenus au devoir de réserve. Son propos est d’autant plus intéressant qu’il a été informé des négociations menées avec Michel Veunac, Louis Vial et Christophe Landrin, le directeur général des Services et qu’il en est ressorti totalement effaré : « Je suis amené par mes fonctions syndicales à beaucoup circuler en France. Pour ne prendre que l’exemple de Pau ou de Bayonne, les policiers municipaux sont parfaitement équipés pour leur mission et disposent de tasers, de flashball et de pistolets. Il n’y a quasiment plus qu’à Biarritz que le folklore continue. » Le syndicaliste rappelle que le gouvernement et les préfets ont rappelé à de nombreuses reprises que les policiers municipaux étaient engagés tout comme leurs collègues nationaux dans la lutte anti-terrorisme. « Chaque policier municipal reçoit désormais une formation initiale de six à 12 mois avec des stages d’application, comme pour la police nationale. Il est également prévu des formations préalables aux armes à feu, aux gestes techniques d’intervention et a l’obligation de suivre une formation de remise à niveau tous les cinq ans »

Le policier syndicaliste lève les bras au ciel quand il évoque l’équipement de ses collègues biarrots : « Les agents de la police municipale de Biarritz sont gérés par des administratifs qui ne comprennent rien à notre métier. Les policiers demandent des gilets pare-balles depuis 2015. La loi prévoit de les changer tous les cinq ans. Lors de la réunion avec Monsieur Veunac, l’un des policiers a dit que son gilet pare-balles avait quatorze ans d’ancienneté et ressemblait à du carton bouilli. Tout ce que Monsieur Veunac a trouvé à répondre c’est de demander pourquoi il ne prend pas celui d’un collègue ».

Même triste farce pour le parc automobile. « Biarritz doit être une des seules villes de France, poursuit Serge Haure, dotée d’un véhicule à boîte de vitesses automatique. Avec un tel engin, les agents ne peuvent même pas imaginer rattraper un scooter. Quant aux deux autres véhicules, ils passent leur temps au garage vu leur ancienneté et même si les mécaniciens du service technique font un travail remarquable, les réparations nécessaires ne peuvent pas toujours êtes effectuées faute de pièces et de budget (boîte de vitesse en fin de vie), mais aussi car la direction générale a un mépris certain pour les policiers ». Et c’est la même histoire pour tout le matériel : « Les policiers municipaux ne disposent que de dix matraques télescopiques pour 25 ! Les autres prennent leurs vieux tonfas » Étonnez-vous après cela qu’il y ait un peu de grogne dans les rangs.

« Louis Vial n’est plus du tout policier »

Mais aux yeux du syndicaliste, là n’est pas le plus grave : « Biarritz n’est pas Paris et les Biarrots vivent parfois dans un illusoire sentiment de quiétude. Pourtant au Pays basque comme ailleurs la délinquance progresse. Il y a vingt ans, le promenoir de la grande plage était noir de monde l’été. Maintenant, passé 23 heures, plus grand monde ne s’y aventure. Les équipes de policiers municipaux qui patrouillent la nuit à Biarritz pourraient raconter des histoires qui feraient frémir les Biarrots. La drogue, les armes et les violences sont fréquentes à Biarritz. Les voies de fait sur les policiers aussi. Lorsque qu’il a été demandé au nom de mes collègues à ce qu’au minimum les patrouilles de nuit soient armées, Monsieur Vial s’est perdu dans des considérations métaphysiques en expliquant que depuis 2015 le Maire avait demandé à un groupe de sociologues de réfléchir au sujet. Si la police n’était pas plus prompte à arrêter les voleurs, que les sociologues à prendre une décision, la délinquance serait tranquille. »

Ironie du sort, La CFDT travaille depuis bien longtemps en lien étroit avec des sociologues tel que Jacques de Maillard ou Sébastien Roché. Ce travail a pour but de faire évoluer les conditions de travail des forces de sécurité publique afin de s’adapter à la diversité des menaces (délinquance, terrorisme) et de proposer des transformations et réformes !

Serge Haure raconte ensuite des anecdotes dont les Biarrots n’ont jamais trouvé le moindre écho dans les médias. « Il y a quelques semaines, des videurs d’une boîte de nuit biarrote ont appelé mes collègues pour leur dire qu’ils avaient aperçu une arme dans le vêtement d’un de leurs clients. Le policier municipal n’avait en sa possession qu’une bombe lacrymogène et un bâton télescopique pour arrêter le délinquant. Est-ce normal ? Un autre collègue s’est pris une grosse balafre au front lors d’une intervention musclée sur un groupe de jeunes qui était ivre et très agressif. Et l’an dernier un des policiers municipaux biarrots s’est fait charger et a manqué de se faire renverser délibérément par une voiture. Heureusement sans trop de dégâts » Serge Haure ne peut s’empêcher d’exprimer son amertume quant à l’attitude de l’ancien commandant de police, désormais en charge de la sécurité au sein de l’équipe municipale : « Louis Vial a tout oublié. Il n’est plus du tout policier » L’intéressé appréciera.

Christophe Landrin : « Vous êtes un service lambda »

Serge Haure a visiblement été marqué, et pas en bien, par les récits de ses collègues, lors de la rencontre avec l’équipe municipale de Biarritz : « Monsieur Veunac a servi des phrases creuses et ne savait visiblement pas de quoi il parlait. Monsieur Vial était un peu silencieux dans son coin et visiblement « emmerdé ». Et celui qui tenait le crachoir, c’était le directeur général des services Christophe Landrin. Quand a été évoquée la question du stationnement, il a tout de suite dit : « que le service de la police municipal était un service comme les autres » ce qui a sidéré les agents. Finalement, Monsieur Veunac a proposé de ramener le coût du stationnement mensuel (NDLR : initialement fixé à 60€ mensuels pour les policiers municipaux) à 30 € l’hiver et 40 l’été » Une mesure pour Serge Haure qui démontre une fois de plus la méconnaissance absolue du métier de policier. « Les policiers sont des citoyens comme les autres qui paient leur stationnement quand ils utilisent leurs véhicules personnels. Mais ce sont aussi des hommes et des femmes qui se font tirer dessus, simplement parce qu’ils portent un uniforme marqué police, comme le démontrent les assassinats de Clarissa Jean-Philippe ou d’Aurélie Fouquet. Lorsqu’un policier termine son service et revient à son véhicule, il peut devenir la cible d’un mécontent (comme les CRS de Carcassonne, en tenue de sport, visés par ce terroriste).  À Ondres, à Bayonne, les municipaux ont un parking fermé ou sécurisé à leur disposition.  À Biarritz, Monsieur Veunac nous propose de stationner les véhicules à Iraty. Cherchez l’erreur ! »

Le policier chargé par une voiture s’est défendu à ses frais !

Reste ce qui constitue sans doute la pire arête en travers de la gorge des policiers municipaux biarrots. Lorsque Didier Borotra a été convoqué au tribunal correctionnel pour prise illégale d’intérêt puisqu’il faisait travailler sa fille à la Cité de l’Océan, la Ville n’a pas hésité une seconde à prendre en charge ses frais de justice, ce qui est pour le moins discutable. Lorsque le malheureux policier municipal, dans le cadre de son travail, a manqué de se faire renverser et perdre la vie du fait d’un chauffard mécontent, la Ville lui a refusé la moindre assistance juridique et c’est à ses frais qu’il a dû se payer un avocat.

Étonnez-vous après cela qu’il y ait comme un peu de friture sur la ligne entre la mairie et les policiers municipaux !

Le silence radio de Louis Vial et les contre-vérités de Veunac

Louis Vial est un homme avenant qui ne refuse pas d’habitude le dialogue. Pourtant, lorsque Bisque, Bisque, Basque ! lui fait savoir le mercredi 21 mars qu’il est sévèrement mis en cause par les syndicats de police, le conseiller municipal en charge de la sécurité explique que, « dans les circonstances actuelles », il préfère ne pas commenter. Parce qu’il doit être désigné comme adjoint, lors du conseil municipal du 23 mars ?

Serge Haure rappelle que Michel Veunac avait assuré aux agents de la police municipale de Biarritz que leur indemnité administrative et technique (IAT), serait revalorisée pour atteindre celle des autres services, soit environ 100 euros par mois à la fin de son mandat. A ce jour le compte n’y est pas car les municipaux ont vu leur salaire augmenté de 15 euros seulement en 4 ans.

Le syndicaliste de la CFDT accepte ensuite fort courtoisement d’écouter sur Internet le conseil municipal du 23 mars. Le sujet police municipale est évoqué au bout de 2 h 43’. Serge Haure est un peu sidéré par ce qu’il entend, entre méconnaissance totale de la fonction et approximations plus qu’évidentes : « Tout d’abord il est surprenant de découvrir que le maire ignore l’actualité du jour, à savoir la fusillade dans un supermarché qui entraînera la mort d’un officier de gendarmerie lors d’une attaque terroriste. Le maire déclare ensuite qu’une convention a été créée avec la police nationale pour rehausser le sentiment d’importance…. C’est faux, car la Convention de coordination est obligatoire dès lors que votre police municipale comporte au moins 5 agents. Elle est justifiée également dans le cas où vous travaillez 24 h/24h, 7 jours sur 7.

Monsieur le Maire déclare ensuite avoir attribué une indemnité administrative et technique, IAT, à la police municipale qui n’y a pas droit. Faux, les agents de police municipale sont éligibles à l’IAT. Les critères d’attribution sont fixés par l’assemblée délibérante. Cette indemnité est même cumulable avec les IHTS et l’ISMF. 

Monsieur le Maire évoque le recrutement de 8 renforts saisonniers de policiers municipaux pour amener les effectifs à 32. Faux, les fonctions d’agents de police municipale ne peuvent être exercées que par des fonctionnaires territoriaux recrutés à cet effet et non par des contractuels (article 5 du décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006). Seuls les agents temporaires de police municipale ATPM peuvent renforcer les policiers municipaux sans pouvoir relever aucune infraction, à l’exception du stationnement. Ils n’ont aucune formation de police. Ce sont généralement des emplois saisonniers pour des étudiants, mais pas des policiers ! Les recrutements saisonniers à Biarritz que nous voyons chaque été, sont des agents de surveillance de voie publique, ASVP, cantonnés aux barrières et au stationnement.

Monsieur le Maire déclare ne pas être fermé au dialogue concernant l’armement. Faux, ses déclarations à la presse prouvent le contraire. Monsieur Vial laisse entendre lors du conseil qu’il existe une solution alternative au pistolet lors du conseil. Les moyens alternatifs au pistolet, Taser ou Flashball, ne sont pas des armes de protection individuelle, ce sont des armes à létalité réduite qui ne répondent pas au contexte actuel.

Concernant les éthylotests Louis Vial déclare qu’il y a 300 ballons en magasin. Faux, d’après les déclarations aux médias, les stocks sont périmés depuis novembre 2017. Les policiers demandent un éthylotest électronique depuis 2 ans car les ballons ne sont pas fiables.

Concernant les déclarations de monsieur ViaL sur les agents syndiqués à la CFDT, seuls les agents de nuits seraient concernés. Faux, des agents de jour sont également à la CFDT qui représente aujourd’hui plus d’un tiers des effectifs de la police municipale. »

Autrement dit, Louis Vial et Michel Veunac ont tout faux… Et c’est la police qui le dit !

Veunac même pas capable de faire la circulation

Le maire de Biarritz a eu le courage de descendre dans la rue pour dialoguer avec des manifestants très en colère. Mais il annonce qu’il ne changera rien. On prend les paris ?

La tentative de dialogue de Veunac avec les manifestants en colère a tourné au monologue.

Malgré un froid mordant, plus de deux cents manifestants, très remontés contre la nouvelle politique de stationnement de la mairie, se sont retrouvés vendredi 2 février à 14 heures, devant le commissariat de police. Sans doute galvanisé par la lecture du Sud Ouest du jour qui relatait comment, il y a sept ans, Lucien Harinordoquy n’avait pas hésité à sauter sur la pelouse d’Aguilera lors du derby BO-Aviron, Michel Veunac a quitté le confort douillet de son bureau pour venir affronter une foule très remontée, ce qui démontre un certain courage. Même si l’honnêteté intellectuelle oblige à dire que son ami Louis Vial l’accompagnait et que quelques policiers municipaux format XXL n’étaient pas loin.

Accueilli aux cris de « Un referendum ! », mais aussi de « La liste ! La liste ! » par allusion aux fait relatés dans ce blog, Michel Veunac s’est bien gardé de répondre aux questions des manifestants et a sidéré tous ceux qui ont tenté de dialoguer avec lui. « 30 euros d’amende ? Mais c’est beaucoup plus cher à Paris ! » Évidemment, quand on ne paie pas son propre stationnement ! Et notre grand démocrate de poursuivre : « Nous ne changerons rien… » « C’est voté » et autres fadaises du genre « Mais Madame, si vous ne vous plaisez pas à Biarritz, vous n’avez qu’à partir. »

Au point qu’une partie de la foule en colère, dans laquelle se trouvaient de nombreux commerçants, s’est mise à crier « Démission ! Démission ! »… Jusqu’à ce qu’un farceur, suscitant l’hilarité générale ne lance : « Borotra, reviens ! »

 Voir aussi sur Facebook : https://www.facebook.com/blondbiarrote/

Sans démocratie, l’EPCI n’a pas de sens

EPCI 02

Un vote à bulletin secret qui a été suivi attentivement par tout le conseil municipal…

 « Je veux bien me faire traiter d’énarque, de comptable, Je m’en fiche. On n’a pas été élus pour faire des paris, mais pour défendre les Biarrots! » Jeudi soir, à l’image d’un Lionel Jospin du temps où il était Premier ministre, le Premier adjoint Guy Lafite a fendu l’armure et a parlé avec ses tripes. Et comme nombre de conseillers municipaux en ont fait autant, qu’ils soient favorables ou non à l’EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale, qui regrouperait les 158 communes du Pays basque), le public a pu assister à un conseil municipal de très haute volée. Pour tous ceux qui ont encore du mal à saisir ce que sera l’EPCI, il suffit d’écouter les 207 minutes du débat, marqué par 19 interventions aussi riches que différentes, pour comprendre l’enjeu qui anime tout le Pays basque.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Un fossé plus large que l’Adour entre les pour et les contre

Il est évident dans ce débat qu’aucun procès d’intention ne peut être fait à quiconque, car tous les conseillers présents souhaitent une mise en valeur du Pays basque. Mais entre ceux qui voient une opportunité à saisir quels que soient les risques, et ceux qui pensent que la copie préparée par le préfet est plutôt médiocre, le fossé est actuellement bien plus large que l’Adour. C’est ainsi que dans la même coalition des pour, on retrouve les oui convaincus de Max Brisson, Peio Claverie et Édouard Chazouillères, épaulés par Michel Poueyts, Régine Daguerre, Maialen Etcheverry ou Laurent Ortiz et les oui mais de Maïder Arostéguy ou Ghislaine Haye.

Max Brisson (minute 53 sur la vidéo) : « Il faut dire chiche au préfet car la situation de morcellement du Pays basque n’est plus tenable. Pour certains, le moment n’est pas venu. Le problème, c’est que pour le Pays basque, le moment n’est jamais venu ».

EPCI Chazouillères

Edouard Chazouillères en compagnie de Ghislaine Haye. Pour tous les deux.

Édouard Chazouillères (1h37′), excellent, laisse parler ses tripes, lui qui n’est pas né au Pays basque : « Est-ce qu’on la joue petit bras? Il faut saisir cette occasion unique de rassembler tout le territoire. »  Et l’adjoint chargé du commerce de rejeter l’argument de la précipitation : « Si on nous donnait trente ans pour  faire l’EPCI, nous commencerions la trentième année« .

Peio Claverie (2h16′), sans surprise, prévient son auditoire : « Le lyrisme dans le débat public, c’est le sel de la soupe. Mon avis sera favorable même si l’EPCI n’est pas un projet abertzale. L’heure est au réalisme afin de saisir ce que le destin et les hommes nous proposent au Pays basque. La future région aura la taille de l’Autriche, alors, si nous voulons peser, regroupons-nous! »

Maïder Artosteguy (2h32′), se montre plus nuancée et regrette « un timing très précipité« . Malgré cela, elle a envie de croire en cette EPCI, car « l’innovation comporte des risques, mais ils sont moindres que l’immobilisme« . Avant de conclure avec cette citation de Nelson Mandela : « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse! »

Des textes ciselés

On l’aura compris, chacun a soigneusement travaillé son intervention et le camp des opposants au projet actuel d’EPCI, a lui aussi des arguments à faire valoir. Les lecteurs assidus de ce blog ne vont pas manquer de sourire de ce compliment, mais Michel Veunac, Guy Lafite et François Amigorena, entre autres, vont avoir des interventions remarquables. Michel Veunac est décidément une énigme : ce maire a une capacité étonnante à conduire un débat apaisé et à accepter que ses colistiers ne soient pas d’accord avec lui. Quel dommage qu’il n’élargisse pas son sens de la démocratie jusqu’aux citoyens biarrots, lors de grandes décisions à prendre comme la relance de la Cité de l’océan! Jeudi soir, son intervention a été limpide (33′). Après avoir rappelé à quel point, il souhaite connaître un jour une entité basque, il a tenu à s’expliquer : « Le graal est à portée de la main, mais nous ne rendrons pas service au Pays basque avec une solution aussi précipitée et mal préparée« , avant d’annoncer qu’il allait proposer au préfet un scénario fédératif qui pourrait constituer une étape intermédiaire. Frédéric Domège s’est retrouvé sur la même position (1h08′) : « Il s’agit d’engager tout le Pays basque dans un nouveau mode de gouvernance. La méthode et l’agenda donnent l’impression d’un passage en force du gouvernement. Je ne vois pas où est l’intérêt des Biarrots dans cette proposition d’EPCI« .

Jean-Benoît Saint-Cricq, pour une fois, approuve totalement le maire (1h12′) : « Seule une consultation des citoyens aurait du sens. Il s’agit de saborder le navire ACBA. Ce machin sera ingouvernable et les villages de l’intérieur seront rattrapés par la fiscalité de la côte ».

EPCI Amigorena

François Amigorena. Contre.

François Amigorena, (1h18′) après avoir évoqué son père Jean et son militantisme basque à la fin des années 30, se fait lyrique : « Quel principe plus fondateur de la République que « Un homme, une voix ». Le projet d’intercommunalité proposé par le préfet bafoue sans vergogne ce principe puisque notre agglomération qui représente 42% de la population n’aura que 24% de conseillers dans la nouvelle assemblée »

Hervé Boissier (1h21′) est du même avis que son collègue et voit dans cette consultation « un piège, volontaire ou non, qui nous est tendu par monsieur le préfet »

Guillaume Barucq (2h48′) a constaté que les petites communes de l’intérieur étaient favorables à ce projet. Le surfeur convaincu s’est amusé de « cette grande vague qui, pour une fois, vient de l’intérieur. Biarritz ne peut pas être sourde à cette volonté. » Bien qu’il n’ait pas envie « de dire non à une communauté unique« , il décide de s’abstenir, car «  nous rêvions d’un pays et on nous propose un EPCI« .

Guy Lafite, enfin, en bon argentier (2h04′) estime que « l’intercommunalité n’a jamais été faite pour résoudre des problèmes d’identité. »  Il sourit quand on lui parle d’économies d’échelle. En effet, avec une EPCI organisant la vie de 195 000 habitants, «  le niveau d’indemnité des 232 conseillers sera beaucoup plus élevé et ça intéresse beaucoup certains »

À quoi tient l’enthousiasme en politique!

Après un vote à bulletin secret, 20 conseillers se prononceront contre le projet d’EPCI, 12 pour et 3 s’abstiendront.

Un déni de démocratie

EPCI Vial

Hervé Boissier, Louis Vial. Contre.

Mais c’est peut-être Louis Vial, opposé à ce projet, qui a eu la comparaison la plus heureuse de la soirée, même s’il affirme « ne pas être orateur » : « Nous avons l’Europe que nous avons. En sommes-nous vraiment fiers. Je ne suis pas sûr ».  L’ancien policier tape juste quand il compare la future EPCI à l’actuelle Europe : « On est dans un chantage et je ne l’accepte pas. J’ai un mandat et je n’ai pas été élu pour ça ». La nécessité de grandir, l’opportunité, tous ces arguments peuvent faire sens, s’il n’y avait ce curieux calendrier choisi. Rappelons que le vote de jeudi n’était que consultatif, et qu’un prochain vote aura lieu au printemps 2016, définitif celui-là, avant que le préfet ne prenne une décision début 2017. Et que se passe-t-il en 2017? Il y a une élection présidentielle avec un certain François Hollande qui rêve de se représenter et qui va utiliser comme argument de campagne sa simplification du mille-feuilles français. Voilà pourquoi on avance à marche forcée!

Lorsque nous avons voté en 2014 pour nos conseillers municipaux, il n’était nullement question d’intercommunalité. Pourquoi un Biarrot va-t-il valoir dans cet EPCI la moitié d’un habitant de Mauléon? Pourquoi une décision aussi importante n’est-elle pas prise au suffrage universel? Voilà où le bât blesse! L’EPCI, pourquoi pas, mais à condition qu’il n’y ait pas hold-up sur la démocratie, à condition qu’on ne nous refasse pas le coup de l’Europe, avec cette Constitution incompréhensible, rejetée par les Français et validée en douce par les politiques, au mépris du verdict des urnes.

L’EPCI peut être une chance pour le Pays basque. L’excellent débat que nous ont proposé nos élus jeudi soir, montre à quel point la décision à prendre est complexe. Mais, c’est peut-être le moment de jouer groupé.  Alors que le préfet observe les réactions et les hostilités, avant de s’efforcer de rendre une copie présentable, tout en ne mécontentant pas le pouvoir en place, les élus biarrots doivent profiter de cette période et de leur poids dans la future EPCI pour obtenir beaucoup plus. Car comment peut-on demander à des électeurs dont on n’a pas sollicité l’avis d’accepter les réussites et les échecs de ce gros machin, qui ne sera qu’une baudruche dénuée de sens, si tout le monde ne se sent pas concerné?