Les vertus du ménage à trois

En refusant une alliance logique qui rassurait les électeurs, Guillaume Barucq a sans doute compromis ses chances de devenir maire de Biarritz.

Ces temps-ci, que ce soit devant les caméras de France 3 ou face à la presse, lors de sa conférence de presse au phare de Biarritz le mardi 2 juin, Guillaume Barucq s’affirme furieusement monogame et répète à l’envi : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… » Si l’on peut comprendre la pruderie du très sage docteur à catogan, face aux exploits des « libertins » Destizon et Vial qui auront fréquenté tous les clubs échangistes disponibles sur Biarritz avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq, il est dommage que le candidat écologiste n’ait pas compris que les règles qui prévalent ordinairement dans la vie conjugale ne s’appliquent pas à la politique.

Nous avons tous vécu des cérémonies de mariage où une famille est extatique, tandis que l’autre se montre nettement plus réservée. Mardi, pour l’observateur extérieur, le contraste était saisissant entre les mines joyeuses des membres de la liste Abertzale Verte et Solidaire (EHVS) et l’air nettement plus pincé des membres de « Nouvelle Vague Biarritz ». Il faut dire aussi que faire 12,34% des voix au premier tour et se retrouver avec seize candidats sur trente-cinq dans la nouvelle liste recomposée, constitue une aubaine inespérée pour la liste EHVS. Après tout si vous êtes jeune et démuni(e) et qu’un(e) milliardaire vous épouse sans contrat de mariage, il n’est pas interdit d’accepter.

Parfois, les unions les plus improbables s’avèrent les plus durables, mais il est clair que parmi les observateurs extérieurs le scepticisme était de mise. Pour le cas, où Guillaume Barucq l’emporterait, on voit mal comment cette liste qui va de Clémentine Autain  à Bruno Retailleau pourrait fonctionner dans la durée, sans le point d’équilibre que pouvait représenter Nathalie Motsch.

C’est pour ne pas faire peur à Corine Martineau ou aux électeurs que Mathieu Accoh se cache derrière Lysiann Brao sur la photo ?

Vous le savez comme moi, que ce soit à la sortie de l’église pour un couple improbable ou à la fin d’une conférence de presse annonçant la constitution d’une liste de second tour, il est de bon ton de voir la vie en rose. Alors qu’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste « trop à gauche », a claqué la porte et refusé une place éligible, ce qui est à son honneur et démontre un beau caractère, Corine Martineau explique suavement qu’elle ne se sent pas gênée par la présence sur sa liste d’abertzale, d’écologistes ou de membres de  » Ensemble Insoumis « , car « c’est une liste locale qui s’est construite avec un programme local ». On prend les paris que la politique va reprendre ses droits dès l’élection terminée ? Quelques minutes plus tard, c’est Mathieu Accoh, représentant de  » Ensemble insoumis « , qui affirme sans rire qu’il était impossible à sa liste de fusionner avec la liste de Nathalie Motsch car « les programmes étaient trop différents et Nathalie Motsch trop à droite » … Tandis que Tata Corine est une gauchiste bien connue ?

Une erreur politique

En trente-cinquième position, Jakes Abeberry était présent lors de la conférence de presse.

Selon des sources abertzale, les discussions au sein du mouvement auraient été « très violentes » entre les jeunes et les plus anciens, Jakes Abeberry estimant que l’on doit « respecter le suffrage universel » et que la nouvelle liste ne pouvait être articulée autrement qu’avec Guillaume Barucq en numéro 1, suivi de Nathalie Motsch et de Brice Morin. Même s’il était présent à la conférence de presse, le vieux leader n’a visiblement pas été suivi et c’est fort dommage.

Contrairement à Guillaume Barucq, qui décidément ne se montre pas grand stratège, Jakes Abeberry sait que dans la vie publique le trio représente souvent l’équation gagnante et permet l’équilibre des forces, quand le duo est dangereux en cas de conflit. C’est bien en s’appuyant sur des socialistes et des membres de LR qu’Emmanuel Macron a su créer à partir de rien le mouvement En Marche. Plus loin de nous, François Mitterrand est devenu président de la République en 1981 en s’aidant des radicaux de gauche et des communistes. Et en 2014, si le docteur Barucq est devenu adjoint à l’environnement, c’est grâce à un « ménage à trois » avec les listes de Veunac et Lafite.

Une erreur psychologique

Mais plus que l’erreur tactique, c’est l’erreur psychologique qui étonne de la part d’un candidat intelligent comme Guillaume Barucq. Pour la première fois depuis des décennies, cette élection était limpide et traduisait clairement ce que voulaient les Biarrots. Le 15 mars au soir, malgré l’angoisse du Covid, tous les passionnés de vie publique avaient de quoi se réjouir : un personnel politique totalement discrédité à force de tromperies et de trahisons allait prendre une retraite bien méritée, et le ou la futur(e) maire de Biarritz allait incarner un renouvellement considérable. Avec une démarcation claire entre Arostéguy, Veunac et Saint-Cricq, plutôt prêts à discuter avec le BO, Barucq, Motsch, EHVS et Karim Guerdane, plutôt fermes face à Aldigé.

Tous ceux qui se sont mariés savent que l’on a toujours un doute au moment de se dire « oui ». Et tous ceux qui ont travaillé dans une entreprise savent que le charmant collègue que l’on côtoie peut devenir un dictateur odieux après avoir reçu une promotion.

Légitimement, les Biarrots s’interrogent sur leur futur maire, se demandent si Maïder Arostéguy qui n’est à l’évidence pas d’extrême-droite même si elle est très à droite, saura prendre ses distances avec son entourage, si Guillaume Barucq, d’un caractère trop gentil, saura faire preuve de fermeté, si Nathalie Motsch, d’un caractère plus affirmé, ne tombera pas dans l’autocratisme d’un Borotra si elle se retrouve avec l’écharpe tricolore.

Comment Guillaume Barucq a pu proposer une place de numéro 6 à Nathalie Motsch, qui constitue une insulte au résultat du scrutin, sans comprendre que le ticket Barucq-Motsch-Morin s’avérait très rassurant pour les Biarrots, la gentillesse visionnaire de l’un étant équilibrée par la technicité et la pugnacité de la deuxième et les préoccupations basques et sociales du troisième ? Avec le maintien de la liste Saint-Cricq, cette liste recomposée aurait pu poser un sérieux problème à Maïder Arostéguy.

Barucq hué au Royalty

On peut s’étonner que Bisque, Bisque, Basque ! clairement à gauche n’éprouve pas plus d’enthousiasme pour cette liste qui est la plus à gauche des quatre, même si Nathalie Motsch a eu tort dans sa conférence de presse de parler de « liste d’extrême-gauche ». La raison est double : cette liste ne respecte pas le suffrage exprimé par les Biarrots et elle paraît vouée à d’inévitables conflits. Sur les réseaux sociaux beaucoup s’étonnent et se montrent plutôt critiques pour le docteur à catogan. Mercredi 3 juin à 14 h 45, alors que les Biarrots fêtaient le déconfinement en retrouvant leurs cafés favoris, Bisque, Bisque, Basque ! a pu assister à une scène surréaliste à la terrasse du Royalty : trois quadragénaires à la mise soignée que j’ai souvent croisés à Biarritz sans pour autant pouvoir les identifier, chantaient à tue-tête « Barucq montre-nous tes fesses, Barucq montre-nous ton cul ! », juste sous les fenêtres du cabinet du docteur qui devait les maudire s’il était en consultation.

Le gentil Guillaume Barucq ne mérite à l’évidence pas un tel traitement, mais il est vrai que dans les mariages improbables, tôt ou tard il y a toujours un gros malin pour chanter : « Les cocus, au balcon ! » …

L’entourloupe faite à Robert Rabagny

Tout le monde sait à quel point Robert Rabagny aime sa ville. « L’indien », avec son masque aux couleurs du BO, est donc arrivé pendant la conférence de presse de Guillaume Barucq et n’a pu résister au plaisir de prendre la parole : « Tout le monde sait que je soutiens Maïder Arostéguy à 150%, mais je me réjouis de voir disparaître certains élus et de voir une liste composée de jeunes et de surfeurs ». Quelques minutes plus tard, une photo, publiée sur les réseaux sociaux et retirée depuis, montrait Rabagny discutant avec les membres de la liste et remerciait Robert « pour son soutien ». Un procédé plus que discutable.

Croquignol et Filochard font de la politique

Patrick Destizon et Louis Vial ont frappé à toutes les portes avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq. Une Odyssée qui résume tellement les dérives politiques de la Ville.

L’Histoire aime les héros prêts à tout pour défendre leurs convictions. Il y a eu le général De Gaulle, le 18 juin 1940, pour refuser la défaite et huit décennies plus tard Patrick Destizon et Louis Vial qui ont décidé d’offrir leurs cerveaux à la ville de Biarritz et de sauver la campagne électorale de l’infinie médiocrité qui la menaçait. Et quand les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! vont apprendre l’énergie, la constance et la détermination montrées par Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, ils ne pourront être que béats d’admiration devant tant d’altruisme et de générosité.

Un petit tour chez Maïder

Tout commence avec des signaux à peine subliminaux adressés à Maïder Arostéguy. Avec la discrétion de deux phacochères dansant sur un fil tendu entre le Rocher de la Vierge et l’église Sainte-Eugénie, nos deux larrons de la liste Veunac qui sentent que leur champion a du mal à trouver une famille d’accueil pour le second tour après son score calamiteux du 15 mars, commencent à encenser Maïder Arostéguy à toutes occasions, avant de lui proposer le cadeau suprême : le don de leurs personnes afin de rehausser le niveau de sa liste composée d’incompétents absolus par rapport aux deux politiques expérimentés qu’ils sont. Mais Maïder n’a pas bon goût, c’est bien connu, et elle ose refuser les avances des deux génies définitifs et leur dire qu’elle continue avec sa liste. Bizarrement Destizon et Vial vont se mettre soudainement à dire pis que pendre de la candidate LR. Une crise de lucidité, sans doute.

Un petit tour chez Guillaume

Louis Vial peut être heureux de sa stratégie gagnante et de son nouveau surnom, « Le cerveau ». (Photo Sud Ouest)

Un vent de panique souffle alors sur les membres de la liste Veunac qui se demandent s’ils ne vont pas devoir renoncer à la vie publique… et aux indemnités qui vont avec. Et la jalousie s’en mêle quand Destizon et Vial apprennent que Guillaume Barucq semble prêt à accueillir, sans le moindre état d’âme sur sa liste Éric Bonnamy et Laurent Ortiz. Comment peut-on s’enticher de modestes caporaux comme le spécialiste des mobilités douces et le représentant des surfeurs, quand des généraux comme eux sont sur la touche ? Un peu comme De Gaulle avec Pétain, Croquignol-Destizon et Filochard-Vial décident de remonter les bretelles à leur chef, en train de sombrer dans le défaitisme le plus complet. « Michel, tu dois défendre ton bilan admirable, ce mandat apaisé et magnifique que tu as réalisé.  Laisse-nous négocier en ton nom et nous te promettons que tu vas être accueilli dans une liste avec tous les honneurs dus à l’extraordinaire maire que tu es ».

Persuadés d’être attendus comme des messies, Destizon et Vial viennent donc offrir leurs services, il y a une semaine, au petit médecin à catogan. Sauf que pour repeindre en vert Vial et Destizon, il faut prévoir quelques tonneaux de peinture. Barucq comprend qu’il va droit à la catastrophe et que Lysiann, sa nouvelle conquête abertzale verte et solidaire dont il est si fier, va sérieusement ruer dans les brancards. C’est comme cela que les chômeurs partiels Ortiz et Bonnamy qui étaient tout contents d’avoir retrouvé un petit boulot chez Barucq, se retrouvent sans emploi et éjectés de la liste !

Un petit tour chez Nathalie

Ne doutant décidément de rien, et prêts à mouiller leurs chemises pour que Biarritz soit sauvée, les deux pieds nickelés commencent samedi 30 mai des négociations avec Nathalie Motsch. S’imaginant que « Calamity Nathalie » est un cœur à prendre, fragilisée par le refus inattendu de Barucq de s’allier à elle, ils vont lui prouver qu’ils sont des vrais « mecs » sur qui elle peut compter et qu’ils détiennent la combinaison magique pour gagner les élections. Destizon et Vial lui proposent donc le « plan à trois » qui a horrifié le trop conventionnel Barucq, fusionner sa liste avec celle de Michel Veunac et celle de Jean-Benoît Saint-Cricq. Nathalie Motsch n’en croit pas ses oreilles et informe immédiatement ses colistiers de la démarche des deux Pieds nickelés. Redoutable en politique, ce qu’on savait déjà, elle décide de les laisser s’enfoncer pour voir jusqu’où ils iront dans l’ignominie. Et ce n’est pas triste.

La tête de liste ? La logique voudrait qu’elle revienne à Nathalie Motsch au vu de son score. Mais Destizon, on le sait, a réponse à tout quand il s’agit de sa survie. « Nathalie, Michel a toujours cru en toi et a toujours dit que tu étais la seule à avoir du talent en politique. Michel est le maire sortant. Tu dois lui laisser la tête de liste et devenir numéro deux tandis que Jean-Benoît sera en troisième position. Évidemment, la condition impérative pour que nos listes fusionnent est que tu renonces à ton recours sur l’Hôtel du Palais. Quant à Michel, il est vieux et fatigué et a juste besoin d’un an avant de te laisser la place et de permettre à Jean-Benoît de devenir Premier adjoint ». Allez comprendre pourquoi, mais Nathalie Motsch qui a toujours dit que Veunac est le dernier à qui elle achèterait une voiture d’occasion, n’a pas cru un mot de ces fadaises.

Mais fine mouche, elle se garde bien de les éconduire, se disant qu’elle va les faire poireauter jusqu’à ce qu’ils soient définitivement écartés de la vie publique, et joue donc les vierges effarouchées qui n’ose franchir le pas avant de leur dire non lundi soir. Un tout petit peu trop tôt, comme on va le voir.

Un deuxième tour chez Jean-Benoît

D’où ce communiqué de Michel Veunac publié mardi matin, peu avant la conférence de presse de Guillaume Barucq, annonçant qu’il se retirait de la compétition. Grande liesse des Biarrots, ces inconscients incapables de comprendre qu’ils sont en train de perdre 35 talents d’envergure comme Jocelyne Castaignède, Ghis Haye, Sylvie Claracq, sans compter tous les hommes précédemment cités et notre Mimi-la-Malice-que le-monde-entier nous-envie.

Le 2 juin, alors que l’heure de déjeuner à sonné depuis longtemps, Jean-Benoît Saint-Cricq, persuadé qu’il va se manger un quatrième mandat d’opposant, annonce à Sud Ouest qu’il ne sait pas s’il va maintenir ou non sa liste. C’est compter sans la ténacité légendaire de nos deux infatigables héros Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, qui vont faire entendre raison à l’avocat biarrot. Patrick Destizon, alors flanqué de Maïder Arostéguy, avait trahi Saint-Cricq lors de l’élection de 2008. Mais c’est bien connu, Jean-Benoît aime souffrir et les convictions et la cause de Biarritz doivent prévaloir.

Ils se sont trahis et se sont réconciliés. C’est beau, l’amour! (Photo extraite du Facebook de Jean-Benoît Saint-Cricq)

C’est donc main dans la main qu’on apprend à 16 heures (soit deux heures avant la date limite de dépôt des listes et deux heures après les travaux d’approche enfin réussis), que l’opposant qui ne s’oppose plus Jean-Benoît et le très séduisant bourreau des cœurs Patrick vont convoler en justes noces jusqu’à la sous-préfecture, avec Louis Vial et Jocelyne Castaignède comme témoins du mariage. D’où ce selfie fait autour d’une bière (on est peuple où on ne l’est pas !) des deux compères, épaule contre épaule malgré la menace Covid, et déclarant à qui veut l’entendre : « On va faire perdre Maïder ! »

Eh, les loulous, vous ne vous surestimez pas un peu ?

Barucq tournicote et Arostéguy rigole

Pendant que Maïder Arostéguy repart avec sa liste du premier tour, Guillaume Barucq discute avec tout le monde et oublie le message des électeurs.

Guillaume Barucq a multiplié les appels du pied et semble désormais en grande difficulté pour présenter une liste cohérente et respectueuse des suffrages exprimés.

Le sport et la politique ont beaucoup de similitudes : quand Serge Blanco, unanimement reconnu comme le meilleur arrière du monde, jouait les phases qualificatives avec son cher Biarritz Olympique et perdait le match, il ne proposait pas ses services au Stade Toulousain pour jouer le dimanche suivant et restait à la maison pour suivre la fin de la compétition. Ce n’est pas faire injure à Éric Bonnamy ou Laurent Ortiz que d’affirmer que s’ils étaient les meilleurs élus du monde, quelqu’un s’en serait sans doute aperçu pendant cette mandature. Si rien ne change d’ici mardi, date limite de dépôt des listes de second tour, les voilà pourtant pressentis pour intégrer la liste recomposée de Guillaume Barucq, tandis que Patrick Destizon et Louis Vial, qui eux non plus n’ont pas grand-chose à voir avec l’aristocratie des adjoints en poste, tapent avec insistance à la porte du docteur à catogan. Les Biarrots sont sauvés !

À toutes les questions de Bisque, Bisque, Basque !  Guillaume Barucq se contente de répondre : « Pas de précipitation. Rien n’est encore acté. Soyez patient » avant de préciser dans un deuxième message : « Vous faites de la politique-fiction. Attendez mardi de découvrir notre liste de renouvellement+++ »

Pour aider les électeurs à s’y retrouver dans ce salmigondis si typiquement biarrot, nous allons donc partager avec vous les informations en notre possession, même si elles changent pratiquement d’heure en heure, et en profiter pour rappeler quelques principes républicains de respect du vote des électeurs.

Veunac essaie de fourguer son entreprise en faillite

Sévèrement fessé au soir du premier tour, Michel Veunac continue néanmoins à manoeuvrer. ( Photo Sud Ouest )

Et commençons par notre champion toutes catégories. Pas un maire sortant d’une ville de plus de vingt mille habitants ne s’est retrouvé cinquième avec 12,22% des voix, mais ce n’est pas ce genre de détail qui va arrêter notre maire-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie, qui essaie à tout prix de tirer encore quelques profits de son entreprise en faillite. La semaine dernière, une réunion houleuse a opposé l’actuel maire à ses colistiers, lui demandant quelle stratégie il compte adopter pour le second tour. Mimi-la-Malice s’est bien gardé de répondre, alors qu’il a fait le tour de toutes les listes pour tenter de négocier son soutien en échange de l’intégration de Claracq, Bonnamy et Ortiz et de l’obtention d’une SEM pour lui, histoire de prendre encore quelque menue monnaie.

Rapidement éconduit par Maïder Arostéguy qui le considère comme une machine à faire perdre des voix, ce qui démontre une lucidité certaine, notre brillant stratège a imaginé une alliance avec Saint-Cricq pour peser sur l’élection. Mais l’avocat biarrot qui a le sentiment de s’être bien fait rouler dans la farine en 2018 au moment du vote de l’Hôtel du Palais, s’est bien gardé de donner suite, décidant de maintenir sa liste pour le deuxième tour.

Veunac savait parfaitement qu’avec Nathalie Motsch, qu’il craint beaucoup, toute alliance était impossible. Sans aucune dignité, il a tout de même envoyé des émissaires qui ont affirmé à « Calamity Nathalie » que le maire sortant était prêt à la soutenir si elle renonçait à son recours contre lui au moment du vote de l’Hôtel du Palais. Tiens, tiens, on a peur ?

Barucq tombe dans le piège

Veunac s’étant fait claquer le museau presque partout, il ne restait plus qu’une porte à tenter d’entrebâiller. Mimi-la-Malice a alors entonné auprès de son adjoint à l’Environnement le grand couplet de « Biarritz ville centriste » qui n’est pas prête à tomber dans les bras d’une candidate de droite mais rêve d’un maire rassembleur comme Didier Borotra ou… lui-même. Une idée que partage visiblement Guillaume Barucq même s’il affirme que rien n’est fait. Lors d’une interview à France 3, le 26 mai, Docteur-surf laisse filtrer un peu sa stratégie : « Ma liste peut se maintenir en créant un grand rassemblement autour de l’écologie, de gauche à droite, avec une équipe de personnes complémentaires et compétentes. » Complexe de l’élève face au maître tacticien ? Visiblement Veunac préoccupe beaucoup Guillaume Barucq : « Va-t-il se maintenir ? Se retirer ? Et dans ce cas-là soutenir une liste ? J’attends de voir. J’ai été son adjoint pendant six ans : je l’ai aidé à gagner en 2014… ». Si ce n’est pas un appel du pied… Avant de laisser pointer le bout du catogan dans cette réflexion finale : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… »

Après l’avoir laissé poireauter une bonne semaine, Guillaume Barucq a rencontré Nathalie Motsch jeudi soir pour lui proposer une… sixième place sur sa liste, tandis que Lysiann Brao pourtant numéro deux de la liste EHVS et devancée de presque deux points par la liste Motsch se retrouve en quatrième position. De façon fort prévisible, Nathalie Motsch a refusé cet affront et a claqué la porte en décidant de maintenir sa liste.

Arostéguy, droite dans ses bottes

Peu de jours après le début du confinement, lors d’un échange téléphonique, Maïder Arostéguy avait confirmé son intention de repartir avec sa liste et de refuser les mains tendues de Michel Veunac et Jean-Benoît Saint-Cricq, estimant qu’ils incarnaient un passé et une façon de faire de la politique dont les Biarrots ne veulent plus. Deux mois plus tard, la candidate n’a pas dévié d’un pouce de la ligne tracée, déposant sa liste quatre jours avant la date limite et réaffirmant lors d’une conférence de presse vendredi sa conviction que les Biarrots n’en peuvent plus des « tripatouillages » permanents que leur a fait vivre Veunac. L’observateur local est bien obligé de reconnaître que la candidate LR a parfaitement saisi le message adressé par les Biarrots le 15 mars et manifeste beaucoup de sens politique. Et comme, pour être élu, il faut comme en sport avoir parfois un peu de chance, il semblerait que le dossier du BO, sujet sur lequel Maïder Arostéguy a parfois semblé mal à l’aise, ne refera pas surface avant le 28 juin, la DNACG, le gendarme financier du rugby, estimant qu’il faut laisser les clubs tranquilles avant de prendre des décisions.

Et si on respectait les électeurs biarrots ?

À mon sens, jamais dans l’histoire de Biarritz, résultat électoral n’a été aussi limpide que celui exprimé par les Biarrots le 15 mars dernier et Guillaume Barucq, en jouant le jeu des alliances improbables sauce Biarritz, commet une énorme erreur. Deux faits sont totalement incontestables. Michel Veunac a pris au premier tour une fessée comme jamais maire sortant n’en a pris. Ce n’est pas seulement sa personne que les Biarrots ont sanctionnée, mais aussi sa façon de faire de la politique.

Discuter, même si cela n’aboutit pas, avec les membres de cette liste, au vu du désastre que nous avons subi pendant six ans, constitue une faute majeure. Tous ceux qui ont soutenu Michel Veunac, tous les bénis oui-oui qui ont choisi de ne rien dire des abominations qui se passaient à la Ville pour sauver leur indemnité d’adjoints ou leurs délégations ne méritent pas d’être repêchés et ne peuvent figurer dans une liste Barucq qui affirme vouloir le renouvellement.

Le ticket-Barucq, Motsch, Morin séduisait les Biarrots. Pourquoi le refuser?

Par ailleurs, les Biarrots ont établi une hiérarchie avec leurs votes, Nathalie Motsch talonnant Guillaume Barucq et devançant la liste EHVS. Un vote très cohérent où tous les partisans de la fermeté républicaine face aux pressions de Jean-Baptiste Aldigé se sont retrouvés au coude-à-coude. Prendre en compte les votes des Biarrots, c’est présenter face à Maïder Arostéguy mardi, une liste où Guillaume Barucq est le numéro 1, suivi par Nathalie Motsch en deuxième position et Brice Morin en troisième position. Avec le soutien de Karim Guerdane, qui souhaitait voir cette liste de tous ses voeux et dont le talent politique doit être utilisé même s’il a fait un score modeste.

Tout le reste, c’est de la petite tambouille électorale, une tentation de « biarrotiser » l’élection avec des alliances improbables et des petits arrangements entre amis que les Biarrots ne supportent plus, c’est enclencher irréversiblement la machine à perdre. C’est bien connu, en sport comme en politique « la peur de gagner » fait commettre parfois des erreurs colossales. Barucq a encore trois jours pour se ressaisir et jouer sa balle de match. 

Tohu-bohu à la mairie

Jusqu’à la dernière minute, il nuira à sa ville ! Sans le moindre scrupule, Michel Veunac continue à prendre des décisions qui engagent l’avenir de Biarritz. Ainsi, avant la date du 28 juin il a prévu de tenir un ultime conseil municipal, où l’adjointe aux Sports Stéphanie Ricord présentera sa démission, car il l’a fait nommer entre temps Directrice des Ressources Humaines de la Ville. Une nomination qui est loin de faire l’unanimité en interne, où l’élue est peu appréciée et qui agace les candidats au poste de maire qui ont l’impression qu’on leur force la main. Dans la rubrique, « C’est un bonheur de travailler à la mairie », notons aussi la démission de la directrice de la communication qui a adressé à tous les chefs de service une lettre où elle détaille ce qu’elle a enduré. En attendant une nouvelle nomination, c’est l’inusable Claire Ripert qui va assurer l’intérim, tandis que la liste des employés tombés au front s’allonge sur le monument aux morts de la mairie.

Journal d’un buté de campagne (3)

Les cocus au balcon… puis au téléphon

Un ministre aux colistiers absents, des « sans liste » qui cherchent fortune ailleurs, un Veunac KO debout, une Maïder prudente, récit d’une folle semaine biarrote.

DÉNI TOTAL. – Mercredi soir 29 janvier, après l’annonce du retrait des deux ministres, les journalistes locaux se sont précipités pour interviewer les colistiers de Didier Guillaume. Ces derniers, malgré l’information relayée par tous les médias, soutenaient que leur héros allait démissionner dès le lendemain du ministère de l’Agriculture. Pour preuve « il a prévu une réunion publique ce vendredi » Las, le jeudi a permis de constater que l’abandon de Biarritz par le toujours ministre était effectif et que ni Lafite ni Brisson ne se montraient très enthousiastes pour devenir tête de liste. Tous alors de se précipiter vendredi matin, en fonction des affinités, au téléphone pour tenter de trouver place sur une liste encore prête à les accueillir. Les convictions, il n’y a que ça de vrai.  

LES VALISES ÉTAIENT PRÊTES. – Après son entretien mardi avec Emmanuel Macron, Didier Guillaume s’était montré catégorique auprès de ses soutiens : ses valises étaient prêtes, son aller-simple Paris-Biarritz en avion retenu pour mercredi soir, « où il arrivait à plein temps », la réunion prévue avec LaRem devant être une simple formalité. Sauf que notre ministre de l’Agriculture commençait à avoir de sérieux doutes depuis 10 jours. Ses poissons-pilote Michel Poueyts et Guy Lafite lui avaient parlé d’une ville qui n’attendait que lui et promis des salles combles à chacune de ses sorties. La réalité s’était montrée toute autre et de son propre aveu, Didier Guillaume reconnaissait que « l’élection allait être difficile à gagner ». Sur ce, le 24 janvier, le ministre de l’Agriculture apprend que son grand copain Michel Poueyts est mis en examen pour corruption dans une affaire de trafics de billets de rugby. Misant sur la présomption d’innocence, Guillaume décide malgré tout de continuer. Avant de découvrir que le procès du fonctionnaire en prison qui rénovait les permis de conduire contre des places de rugby se tiendra le 11 février prochain à Pau. Avec le risque que le cas de son copain Poueyts qui jure de son innocence sur sa page Facebook soit largement cité par la presse. Voilà comment l’agriculture française a gardé son grand homme.

LA « FRONDINETTE » DE LEMOYNE. – Lors de la réunion de LaRem où devait se traiter les cas des deux ministres concurrents à Biarritz mais aussi celui de Cédric Villani, tout le monde s’attendait à ce que les difficultés proviennent de Didier Guillaume, bien décidé à démissionner. En fait le ministre de l’Agriculture a assez vite abdiqué pour les raisons expliquées un peu plus haut. En revanche, c’est Jean-Baptiste Lemoyne qui a fait des manières en expliquant que son cas n’avait rien à voir avec celui de Didier Guillaume et qu’il était juste un « soutien » de Michel Veunac. Le néo-Biarrot a tellement agacé tout le monde qu’une suspension de séance a été décidée, histoire de laisser le temps à Emmanuel Macron de téléphoner à l’impétrant. En substance, le président de la République, très colère, lui aurait dit : « Tu as une heure pour choisir. Soit tu restes à ton poste, soit tu te présentes à Biarritz. Mais pas les deux ! » Et comme Lemoyne a besoin de ses émoluments de secrétaire d’État, il est soudain devenu docile. Quand on parle pognon, c’est fou comme les choses s’arrangent.

VEUNAC KO DEBOUT. – Convié au débat organisé par France Bleu – Sud Ouest où il s’imaginait en tête du sondage organisé par les deux médias, Michel Veunac a pris une grosse claque en découvrant que Maïder Arostéguy le devançait largement. Le maire sortant s’est efforcé de faire bonne figure au micro en répétant : « Je considère que mon bilan est de bonne qualité ». Mais, au dire de tous les témoins, il était KO debout et incapable, sans le bras secourable de son épouse, de regagner seul sa voiture.

LES CHIFFRES QUI TUENT. – C’est l’analyste politique d’Ipsos, commanditaire du sondage, qui s’est montré le plus sévère pour Michel Veunac, visiblement assez peu populaire parmi les 500 personnes sondées. Si Maïder Arostéguy réunit 63% d’opinions favorables et Guillaume Barucq 53%, Veunac n’est qu’à 44%, un chiffre extraordinairement bas pour un maire sortant. Et quand les sondés jugent le bilan, c’est encore pire. Pour l’analyste d’Ipsos, Veunac est « très sévèrement noté par les Biarrots. Pour qu’un maire sortant puisse être réélu, il lui faut en règle générale 66% de sondés estimant qu’il a un bon bilan » Veunac plafonne à 50% de sondés considérant que son bilan est honorable. Ce qui tient déjà du miracle, compte tenu du mandat calamiteux qu’il a fait vivre à tous.

 LES VACHERIES DE MAÏDER. – Nettement en tête, Maïder Arostéguy s’est gardée au micro de France Bleu Pays Basque de tout triomphalisme à six semaines du premier tour. Quand on évoque le soutien du sénateur Max Brisson qui s’est soudain réveillé à 16 h 58 sur son Facebook, soit deux minutes avant les résultats du sondage, Maïder fait dans la sobriété suave : « J’accepte son soutien avec grand plaisir » Un ange passe… Et quand le journaliste, malicieux lui demande si elle est prête à accueillir dans sa liste des transfuges de la liste Didier Guillaume, Maïder répond tout aussi malicieusement : « Ma liste est bouclée. Mais si certains veulent me rejoindre au sein du comité de soutien, ils sont les bienvenus » Oh, la vilaine, qui veut priver des élus méritants et désintéressés de leur place au chaud au conseil municipal et leur demande de travailler gratos !

BRISSON AU PALMARÈS DU RIRE. – Malgré la concurrence de trois réunions publiques, belle assistance jeudi 30 janvier, à la Maison des Associations, pour la remise des klaxons et des harpes aux élus les plus méritants par l’association RamDam. Alors que les esseulés de la liste Guillaume se réunissaient pour savoir s’ils ne pouvaient trouver un leader de rechange, Max Brisson, lauréat d’un klaxon d’argent pour « la rectitude de ses convictions et son soutien sans faille à la candidate de sa famille politique » a suscité le plus de rires et de moqueries dans l’assistance. C’est François Bayrou, vainqueur du klaxon d’or qui va être jaloux !

LA MENACE QUI FAIT TREMBLER. – Bonne dernière mais pas désarçonnée pour autant, Marine Batiste a stupéfié les participants du débat par son culot : « L’écologie ça ne s’improvise pas. Je n’apporterai, en tout cas, mon soutien à personne. ». Qui va oser dire à la candidate qui a été présentée par « Libération » comme investie par les Verts et s’est pris un cinglant démenti d’EELV, qu’au vu du nombre insignifiant de voix qu’elle représente, tout le monde s’en fout ?

LE VRAI VAINQUEUR ? – Karim Guerdane, journaliste de son métier, a su mettre en évidence son résultat : « Vous devriez titrer sur le score que je réalise, car approcher les 5 %, en moins de trois semaines de campagne c’est enthousiasmant ; ça signifie que dans cette campagne il y a aussi une voix pour le citoyen et je suis content de l’incarner. À mon sens, la question sociale doit être prioritaire. » Derrière la boutade, l’enfant de Saint-Charles a probablement raison. À force de repeindre en vert leurs listes, les candidats semblent avoir un peu oublié les plus démunis et les dégâts que peut faire la politique ultra-libérale de Macron. Gageons que tous les candidats vont soudainement mettre un peu de social dans leurs programmes. De là à le mettre en pratique ensuite…

JANUS VEUNAC. – À croire que le encore maire de Biarritz a eu le temps de prendre quelques pilules magiques entre le siège de France Bleu et le centre-ville de Biarritz ! Vendredi soir, l’ambiance était totalement mortifère au sein de sa permanence après la publication du sondage, Louis Vial et Patrick Destizon, tirant une tête de dix pieds de long comme s’ils venaient d’enterrer leur grand-père. Mais Super-Mimi est arrivé vers 20 heures, remonté comme jamais en rappelant qu’en 2014 Max Brisson était annoncé largement vainqueur. Et le pire, c’est que ses maigres troupes l’ont cru et sont ressorties gonflées à bloc. Ce que c’est d’être un grand leader charismatique !

IL VA LES TUER ! – Bravant le coronavirus et ne prenant pas en compte l’âge avancé de sa troupe pour un travail aussi matinal, Veunac avait mis tout le monde au boulot dès 9h30 samedi matin aux halles centrales de Biarritz (Le maire ne doit pas savoir qu’il existe des quartiers plus démunis à Biarritz) à distribuer sa propagande. Mamie Jeanine Blanco, Papy Robert ou Tonton Vial haranguaient comme jamais les chalands, vêtus de leurs assez ridicules écharpes blanches (Pour signifier sans doute que le mandat a été vierge de toute bavure). Un seul jeune dans la troupe : l’homme qui se perd encore dans Biarritz, Jean-Baptiste Lemoyne. Il suffisait d’écouter les commentaires peu amènes des Biarrots à quelque distance du groupe des distributeurs de tracts pour constater que Veunac a intérêt à investir dans un remonte-pente haut de gamme s’il veut être réélu.

LA PERLE DE LA LISTE ? – Ayant perdu la seule « nouveauté » de sa liste avec Jean-Baptiste Lemoyne, Michel Veunac se trouve désormais fort démuni avec son équipe de vieux chevaux de retour de la politique qui se sont distingués pendant tout le mandat par leur absence d’idées et leur servilité inégalable. Mais le super vendeur Mimi-la-Malice clame partout que sa liste va étonner et qu’il a une « recrue de choix ». Aux dernières nouvelles, la recrue de choix serait Christian Brocas, l’homme qui a passé six ans à tailler Max Brisson qu’il soutenait en 2014 et Michel Veunac qu’il soutient désormais. C’était notre rubrique : pour une gamelle, je suis prêt à tout.

MONSIEUR X OU MONSIEUR Y ? – Chaque semaine, Bisque, Bisque, Basque ! s’extasie devant la malice de la rubrique politique de La Semaine du Pays basque, avec une Marquise de Vérité très bien informée et un Monsieur X qui, sous couvert de décoder la vie politique biarrote, encense Veunac au-delà de tout. Pas de chance pour l’hebdomadaire local, Bisque, Bisque, Basque ! a son propre informateur, Monsieur Y, très proche du président. Selon Monsieur Y, Macron a compris depuis fort longtemps les limites de Veunac et ne le tient pas en haute estime comme en témoignent les discours d’après G7 où le nom du maire de Biarritz avait été soigneusement biffé. Monsieur X et Monsieur Y ? Sûrement deux collègues de bureau qui se détestent !

ET MAINTENANT LA MOMOBILE. – Maïder Arostéguy sillonne les quartiers avec un monospace gris que ses colistiers surnomment la « Mamamobile ». Depuis ce week-end, Nathalie Motsch a jeté son dévolu sur un véhicule électrique du plus bel effet que l’on surnommera la « Momobile ». En appréciant le clin d’oeil appuyé fait à Jean-Baptiste Aldigé et aux supporters du BO avec les belles couleurs rouge et blanc du véhicule.

Veunac fait du vieux avec du vieux

Malgré la présence de Jean-Baptiste Lemoyne, bien planqué derrière Veunac, la liste du maire sortant est consternante et montre à quel point le vide s’est fait autour de lui.

Avec cette ébauche de liste, digne de Pif-Gadget, Veunac nous prend vraiment pour des jambons.

«  La politique est l’art d’arriver par n’importe quel moyen  à une fin dont on ne se vante pas » disait Jules Romain. Pendant tout leur mandat, vous ne les avez jamais entendus, au mieux juste vus opiner du bonnet quand leur seigneur et maître  à écharpe tricolore énonçait une de ses platitudes dont il a le secret. Il est donc normal qu’ils se représentent pour obtenir une nouvelle chance au suffrage. Michel Veunac nous avait annoncé une liste où l’on allait voir ce qu’on allait voir. On voit et on est édifié. Pour faire nombre et arriver à trente-cinq, Michel Veunac, qui n’en est pour le moment qu’à une quinzaine de ralliés, a donc récupéré tous ceux qui n’ont jamais soufflé mot pendant six ans, tous ceux qui n’ont jamais exprimé une idée et se sont contentés d’encaisser leurs indemnités d’adjoints en marchant docilement au pas. En avant donc pour le grand renouvellement avec Jocelyne Castaignède, Sylvie Claracq, Patrick Destizon, Laurent Ortiz ou Louis Vial ! Et c’est avec ça qu’il compte gouverner ? Mais où sont les compétences ?

Pour donner un petit air de nouveauté à ce qui se fait de plus ranci dans la majorité municipale, Veunac a donc été obligé d’aller chercher parmi ses obligés comme Josette Cazaux, la présidente du musée historique ou Olivier Cami-Sarti, l’actuel directeur du centre équestre au terme d’un appel d’offres qui avait fait grincer bien des dents à l’époque. Là aussi, il n’y a vraiment pas de quoi être ébloui.

Reste enfin la présence du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne qui a accepté de figurer en troisième position sur la liste, ce qui n’est pas faire montre d’un grand caractère que d’accepter de servir de caution à un Michel Veunac. En effet, tous ceux qui ont un vrai tempérament de patron, vous diront que « la règle numéro un est de ne jamais accepter d’être numéro deux », surtout quand on se sent intellectuellement supérieur à celui qui vous devance. Il faut donc croire que ce n’est pas le cas et que notre néo-parachuté, inconnu du grand public, mais bien connu de ses pairs pour ses traîtrises successives ( Lire ci-dessous) a gobé la promesse de Veunac de lui laisser son poste en cours de mandat.

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ». se plaisait à dire Édouard Herriot.  Après l’annonce d’une liste aussi pitoyable, les opposants à Veunac peuvent rigoler et se frotter les mains.

JB Lemoyne, alias Mister Nobody

C’est l’un des plus diaphanes parmi les membres du gouvernement et il n’est guère étonnant que vous ne le connaissiez pas. Après une longue carrière dans l’Yonne, marqué par des incessants changements d’écurie, celui qui a commencé en flirtant avec la droite dure, éprouve soudainement un amour immodéré pour le Pays basque depuis qu’il vit avec la sénatrice Frédérique Espagnac. Un petit tour sur le web vous en apprend beaucoup sur la stature morale et la fidélité politique de l’intéressé. Et surprise, ce sont les journaux de droite comme « Les Échos » ou « Valeurs actuelles » qui se montrent les plus sévères :

 

Jean-Baptiste Lemoyne, le “traître” de Marrakech

Aussi ambitieux que discret, Jean-Baptiste Lemoyne a beaucoup trahi avant de devenir cet “obscur secrétaire d’Etat”.

Publié par Raphaël Stainville de « Valeurs actuelles » le 14 décembre 2018 (Extrait)

C’est comme s’ils s’étaient tous passé le mot. Aux Républicains, pas question de faire de la publicité à Jean-Baptiste Lemoyne. Au mieux, lorsqu’ils évoquent le signataire du pacte de Marrakech, dépêché au débotté par Emmanuel Macron pour le représenter au Maroc le 10 décembre, alors que le chef de l’État recevait à tour de bras à l’Elysée pour tenter d’apporter une réponse forte à la colère des gilets jaunes, les députés LR parlent de lui, lors de leurs questions au gouvernement, comme d’« un obscur secrétaire d’État » (Éric Ciotti), « ce je ne sais quel secrétaire d’État » (Constance Le Grip), comme pour mieux le renvoyer à son anonymat. Pas une seule fois, au sein de l’hémicycle, les parlementaires de droite ne s’aventurent à prononcer son nom. Ce serait faire trop d’honneur à celui que beaucoup considèrent encore comme un « traître professionnel ».

Un portrait de Jean-Baptiste Lemoyne ? « Vous perdez votre temps. Il ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui », prévient d’emblée l’un de nos interlocuteurs. Christian Jacob, le président du groupe LR au parlement, qui a peu goûté la réponse politicienne que le secrétaire d’État a faite à Claude Goasguen mardi dernier alors que le député demandait au premier ministre qu’un vrai débat sur l’immigration ait lieu et rappelait les conséquences que ne manqueraient pas d’avoir « ce pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est cependant sorti de son silence pour railler celui qui fut pendant quelques années, le secrétaire adjoint du groupe UMP à l’Assemblée nationale. « Il ajoute l’incompétence à la médiocrité », lâche Christian Jacob. 
Guillaume Larrivé, qui n’a pas oublié que l’ancien sénateur de l’Yonne a soutenu un ancien socialiste recyclé LREM aux dernières législatives dans l’Yonne pour tenter de le faire battre, n’est guère plus amène et se fait un malin plaisir de l’habiller pour l’hiver : « Il correspond parfaitement à ce que de Gaulle appelait “les politichiens” : ne pensant rien sur rien, il va à la gamelle. » Non sans un certain cynisme.
D’abord membre du parti Démocratie libérale, il fait ses premières armes dans le Ve arrondissement de Paris auprès de Jean Tibéri, avant de se mettre dans la roue de Jean-François Copé dont il a longtemps épousé la trajectoire. Son CV est impeccable à défaut d’être impressionnant. Classes prépas littéraires, Sciences PO Strasbourg, Essec. Un petit passé militant dans un syndicat classé plus à droite que l’UNI. Il intègre le cabinet de Copé en 2002 quand le maire de Meaux devient ministre de Jacques Chirac et le suit à l’Assemblée nationale, après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Jean-François Copé veut faire de l’Assemblée nationale un contre-pouvoir, le marchepied de ses ambitions élyséennes. Secrétaire général adjoint du groupe UMP, Jean-Baptiste Lemoyne joue volontiers les porte-flingues de son patron et fait la paire avec Jérôme Lavrilleux. Il s’affiche plus à droite que son patron et ne craint pas à l’occasion de jouer les anciens combattants dans les concerts de Jean-Pax Mefret. Il reprend à tue-tête ses chansons « nostAlgériques ». En 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy, il soutient Copé partisan d’une « droite décomplexée » contre François Fillon dans la campagne mortelle pour la présidence de l’UMP (…)

Puis il lâche Copé au profit de Fillon, avant de lâcher Fillon au profit de Macron et termine dans les bras de Veunac… Quand on vous parlait de dégringolade!

Le clan Veunac a bien tort de plastronner

Le G7 s’est mieux passé que prévu. Mais de là à imaginer Veunac en maire réélu…

Pour sauver la Ville en 2020, Biarritz peut trouver mieux.

On a tous connu ce genre de week-end improbable où l’on se retrouve invité pour trois jours chez des gens qu’on connaît peu. La bouffe est médiocre, les hôtes stupides, le décor kitsch à souhait, mais au moment de prendre congé, avec une belle hypocrisie, on dit merci et on promet de se revoir. Bien entendu, on n’en pense pas un mot et c’est avec soulagement que l’on prend congé définitif. Lundi soir, les lampions du G7 étaient à peine éteints, que les fidèles de Veunac (Ils sont rares, mais il en existe), pavoisaient à qui mieux-mieux : « Avec un tel G7, plus rien ne s’oppose à ce que Michel soit réélu triomphalement en mars 2020 ». Ce sont les mêmes qui en 1994 ne voyaient pas comment Balladur pouvait perdre face à Chirac et en 2016 étaient certains que le futur président de la République se nommerait Alain Juppé avant de clamer leur confiance en François Fillon.

Grillé auprès de Macron

Ce n’est pas un hasard si durant tout le G7 on a vu Michel Veunac tendre le cou pour essayer d’être sur la photo. Pas un hasard non plus si le Président de la République s’est tenu à distance raisonnable de celui qui l’invitait. Et pas un hasard du tout si, en rupture totale avec la tradition républicaine, Emmanuel Macron lors de chacune de ses allocutions télévisées s’est bien gardé de prononcer le nom de Michel Veunac, alors qu’il remerciait le Pays basque pour l’accueil fait aux chefs d’état. Lundi 26 août, alors qu’Emmanuel Macron avait souhaité que les représentants d’association de commerçants assistent à la cérémonie de clôture à la mairie, le chef de l’État a finalement fait défection.

Macron avait largement le temps de s’arrêter à la mairie avant de retrouver Anne-Sophie Lapix au phare : il ne l’a pas fait.

Certes la conférence de presse commune avec Trump avait pris beaucoup de retard, mais de nombreux témoins oculaires ont vu Macron quitter le casino Bellevue à 18 h 55. Sachant qu’il avait besoin de quinze minutes pour mettre ses idées en place avant son interview sur France 2 avec Anne-Sophie Lapix, il pouvait largement passer une tête à la mairie, saluer Veunac et remercier tout le monde. Au lieu de cela, il a préféré envoyer Brigitte son épouse. Un choix qui n’est pas innocent.

Avec des émissaires présents depuis plusieurs mois afin de préparer le G7, le Président de la République cerne assez précisément la personnalité et la compétence de Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-nous-envie. Son mouvement politique, LaREM, a besoin de s’élargir au moment des municipales et Biarritz semble prenable. C’est pour cette raison que Michel Veunac, comme Nathalie Motsch, Guy Lafite ou Jacques-André Schneck (les deux derniers sont membres de LaREM depuis plusieurs mois) se sont démenés pour obtenir l’investiture qui fait figure de sésame à leurs yeux. Sans oublier un certain ministre de l’Agriculture qui pourrait mettre tout le monde d’accord. L’investiture LaREM ne sera accordée que très tardivement, mais une chose est sûre : quand il évoque un lien de proximité avec le président, Veunac prend ses désirs pour des réalités et devrait savoir qu’en politique, personne ne fait jamais de sentiment.

Grillé auprès des commerçants

De son métier de sociologue, Michel Veunac a gardé l’habitude de croire qu’une incantation peut ressembler à une action. On l’a vu avec sa phrase fétiche, répétée jusqu’à l’inanité : « Biarritz ne sera pas bunkérisé ». On connaît la suite. Autre mantra dit et redit : « Les commerçants seront indemnisés ». Et comme Veunac n’a vraiment pas honte, il essaie même de faire croire, selon Sud Ouest du 2 septembre, qu’il est soudain devenu un grand défenseur des Biarrots, empêchant les services de sécurité d’enlever les poubelles trop tôt ou l’État rapace de trop spolier les malheureux commerçants qui ont vu pratiquement quinze jours de leur chiffre d’affaires du mois d’août s’envoler.

Sud Ouest, 30 août.

Patrick Darrigade, le très pondéré libraire et marchand de journaux du centre-ville estime avoir perdu « 28 000 euros de chiffre d’affaires pendant le G7 ». Quand la secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, annonce une enveloppe globale de 350 000 euros pour les commerçants biarrots, tout le monde commence à comprendre qu’une petite aumône sera accordée à chacun, mais que les pertes réelles ne seront jamais compensées. Et que dire du reste de la Côte basque, elle aussi sévèrement impactée par le G7 ?

Veunac n’en a cure. Jeudi, alors qu’Agnès Pannier-Runacher écoutait les commerçants qui exprimaient leurs craintes, Mimi-la-suffisance ne cessait de les interrompre en évoquant l’image de Biarritz grâce au G7 et les mirifiques retombées à venir. On a connu plus adroit, même si le mandat presque écoulé nous a prouvé que le maire ne savait pas très bien compter.

Grillé auprès de l’Agglo

Jean-René Etchegaray et Claude Olive n’ont guère apprécié la désinvolture de Veunac à l’égard de Bayonne et Anglet.

De Didier Guillaume à Max Brisson, Michel Veunac a leurré tout le monde cet été en annonçant qu’il ne se représenterait pas. Pour lui, après ce G7 qui s’est bien déroulé, les planètes sont alignées et rien ne pourra désormais empêcher sa réélection. Logiquement, il va donc annoncer fin septembre qu’il va être à nouveau candidat. Mais si, par un hasard extraordinaire, il se trouvait un Biarrot envisageant de voter pour lui, il devra tout de même se poser une question avant de glisser son bulletin dans l’urne. Comment Biarritz peut fonctionner avec l’hostilité de toute l’Agglo ? Aucun des élus du Pays basque ne pardonne à Veunac d’avoir ainsi fait cavalier seul alors qu’il est vice-président de l’Agglo. Lundi dernier à la mairie, il suffisait d’écouter les remarques acides de Claude Olive et Jean-René Etchegaray, maires pondérés et responsables s’il en est, pour comprendre que la rancune ne partira pas avec l’eau du G7.

Veunac ne s’est soucié que de lui-même et de sa réélection quand Macron lui a demandé si un G7 était jouable en août à Biarritz. Il n’a échangé avec aucun des autres élus et ne s’est nullement préoccupé des dommages collatéraux que sa décision pouvait entraîner. Il est clair que si, par un hasard extraordinaire, il attaquait un deuxième mandat après la brillantissime démonstration qu’il nous a faite depuis 2014, il n’obtiendra jamais rien à chaque fois qu’il devra solliciter l’Agglo. C’est d’autant plus ballot que le plan local d’urbanisme, l’aménagement d’un stade ou l’attribution d’une piscine relèvent désormais de l’Agglo où Veunac ne compte que des ennemis. Le choix est donc clair : si l’on ne veut rien pour BIarritz de 2020 à 2026, date à laquelle notre pimpant élu aura 80 ans, il faut voter Veunac.

Croisée en centre-ville, une conseillère municipale qui espère probablement repartir avec Veunac l’an prochain, joue la voix de la sagesse : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on aura », ce qui est tout de même une curieuse façon de défendre le bilan du maire. Il existe pourtant une autre variante, bien plus intéressante de cet adage : « On sait ce qu’on perd mais on est sûr que ça ne peut pas être pire ».

Bien seule Arosteguy

Au lendemain du G7, Maïder Arosteguy, craignant que les commerçants de Biarritz ne soient mal indemnisés, a le réflexe de demander à Michel Veunac la création d’une commission de suivi des procédures d’indemnisation. Un réflexe plutôt logique pour une élue. Maïder ne devait pas s’attendre à la volée de bois vert que lui a valu son initiative.

Tout commence avec Richard Tardits, pourtant à ses côtés dans les rangs de l’opposition. Pour lui, les « retombées commerciales sont incommensurables et personne ne dira jamais merci » et il est donc urgent de ne rien faire. Richard va donc se faire un plaisir d’accompagner les commerçants en difficulté chez leur banquier pour expliquer que leurs pertes ne sont pas « incommensurables ».

Louis Vial, devenu pro-Veunac inconditionnel depuis que ce dernier a eu la bonne idée de le nommer adjoint, y va à son tour de son petit couplet. On se demande ce que vient faire le « Biarritz bashing » quand on parle des pertes des commerçants, mais l’évocation des « esprits chagrins » va enchanter Veunac :

Et puis, Patrick Destizon n’est jamais très loin quand se déroule un bal des flagorneurs. Il attaque très fort avec un « Je souscrit » du plus bel effet universitaire, avant de se laver les mains du sort des commerçants : « La présence d’élus n’est ni utile ni souhaitable » :

Biarrots, voilà ce qu’écrivent les élus qui sont censés veiller sur vos intérêts. Souvenez-vous d’eux lorsqu’ils viendront faire la danse du ventre devant vous en mars prochain !

Folles nuits municipales …

Même à 3 heures du matin, Michel Veunac et Guy Lafite marquent à la culotte les opposants Maïder Arosteguy et François Amigorena.

Car chez ces gens-là, ma pauvre dame, la haine, mâchée et remâchée jusqu’à la nausée depuis 2014, ne s’arrête pas à la tombée du jour. Elle se poursuit toute la nuit, comme ont pu le vérifier fort récemment Maïder Arosteguy et François Amigorena. Surpris par l’interminable grève des policiers municipaux, les deux opposants avaient demandé, comme la loi les y autorise, à accompagner la brigade de nuit pour la voir dans le cadre de sa mission. Initiative qu’on ne peut que louer, car c’est en allant sur le terrain qu’on comprend mieux les choses.

Rendez-vous avait donc été pris pour le 22 août, à 21h30 au bar des Colonnes. Là, une surprise de taille attend les deux conseillers municipaux. Michel Veunac est présent, flanqué de Louis Vial. « On s’est retrouvés à sept, raconte sous couvert d’anonymat un policier municipal. Ce qui nous a posé un sacré problème, car nous avons dû prendre deux voitures pour faire notre patrouille. Le maire a pris place dans une voiture complètement délabrée où le gyrophare ne marche pas. Nous n’avions qu’une trouille, avoir un accident à ses côtés ».

Veunac s’écroule à 1h30 avant de revenir, pimpant, à 3h30

Arosteguy et Amigorena tentent bien de poser quelques questions aux policiers, mais à chaque fois ce sont Veunac et Vial qui répondent. Les deux décident de patienter.

Effectivement, vers une heure du matin, Veunac commence à sérieusement dodeliner de la tête. À 1h30, il annonce qu’il va se coucher. Hasard absolu, c’est Guy Lafite qui passe par là pour animer la garderie des deux turbulents conseillers municipaux.

« Ils nous ont complètement perturbés dans notre travail, confie le même policier municipal. Nous étions contents de montrer à des élus qui s’intéressaient enfin à notre mission pourquoi nous estimons avoir besoin d’armes et de matériel. Mais le retard a été tel que nous n’avons jamais pu être au bon endroit au bon moment et leur faire découvrir les dangers encourus. »

Solides au poste, Arosteguy et Amigorena, voient avec plaisir Lafite et Vial montrer à leur tour des signes de déclin. Et là, surprise totale. À 3h30 du matin, c’est Veunac, deux heures de sommeil à peine, qui revient et laisse ses deux acolytes aller dormir. Impossible pour les deux conseillers municipaux d’avoir le dialogue qu’ils espèrent avec les policiers. Ce qui démontre la défiance dans laquelle ils sont tenus.

Maïder Arosteguy, fatiguée, lâche l’affaire et part se coucher à 4h30

Michel Veunac continue à surveiller de près François Amigorena.

La patrouille se termine à 5h30 sur la grande plage, pour éviter qu’un dormeur ne soit présent au moment où passent les engins.

Amigorena triomphe par ruse

La suite, désopilante et surréaliste, est contée par un policier municipal. Veunac propose à Amigorena de le raccompagner jusque chez lui. François Amigorena affirme préférer rentrer à pied. Soulagé, Veunac part chez lui pour un deuxième round de sommeil : « François Amigorena, raconte ce policier, est revenu nous rejoindre au poste, raconte le policier municipal, et nous voir dans la rédaction des procédures afin de comprendre la partie administrative de notre métier. Il est le seul à être resté de 21h à 7 h et nous a également apporté des croissants pour nous témoigner sa reconnaissance ».

Et dire que pendant ce temps-là Veunac dormait du sommeil du juste, persuadé d’avoir neutralisé son ennemi juré !

Puisque la majorité municipale a décidé de se livrer à de tels enfantillages, puisque Veunac préfère éluder plutôt que d’informer ses élus, la stratégie de l’opposition est désormais simple. Demander chaque soir à accompagner les policiers municipaux, pour que Veunac, qui ne fait décidément confiance à personne, s’écroule de fatigue à force de veiller.

Courage, les gars, vous allez l’avoir à l’usure !

Policiers à tout faire

Les élus ont été étonnés lors de cette visite par les barrières que les agents passent leur temps à ouvrir et fermer et par les relèves d’ASVP qu’ils font pour pallier au manque d’effectif. Tout cela s’effectuant, bien évidemment, au détriment de leurs missions de sécurité et de tranquillité publique. En juin 2018, l’adjoint Louis Vial avait qualifié les policiers municipaux de « shérifs ». Cette visite d’un soir a montré aux élus que les revendications de ces hommes à tout faire de la sécurité publique étaient parfaitement légitimes et qu’ils travaillent dans des conditions indignes d’une ville comme Biarritz.

Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.

La grande souffrance de la police municipale

Référent national de la Fédération interco CFDT police, Serge Haure, au nom des policiers municipaux en grève, dénonce l’hypocrisie du maire de Biarritz et de Louis Vial.

Ce sont les grands discrets de la Ville. Comme on les croise souvent et qu’ils sont d’un abord agréable, tout le monde croit les connaître, mais bien peu seraient capables de décrire avec précision leurs missions. Si les policiers municipaux de Biarritz sont en grève reconductible depuis le vendredi 16 mars, ce n’est pas par hasard. Comme nombre de fonctionnaires municipaux de la Ville, ils ont le sentiment d’être confrontés à un mépris incommensurable de la majorité en place.

Lorsque Michel Veunac a été élu en 2014, les syndicats de police ont adressé sept courriers au nouveau maire pour être reçus et entendus. Ils n’ont eu droit qu’à une seule réponse, au bout d’un an. Quatre ans plus tard, ne voyant toujours aucune amélioration venir, ils se sont décidés à faire grève, Michel Veunac a joué l’étonné devant les médias, se déclarant « surpris » et affirmant « ne pas comprendre ce mouvement ». Si seulement, c’était le seul domaine !

Les policiers municipaux en grève devant la mairie de Biarritz (Photo Sud Ouest)

Mais avant de détailler les revendications de nos policiers municipaux, il est urgent de remettre à jour ses connaissances et de réinitialiser son logiciel personnel. Que penseriez-vous d’un conférencier qui viendrait parler de téléphonie en 2018 et n’évoquerait que l’appareil de notre enfance, fixé au mur avec le combiné relié par un fil ? Pour la police municipale, il y a à l’évidence un avant et après 2015, date des attentats de Charlie Hebdo. Si la police municipale est cantonnée au contrôle du stationnement, ce qui n’est pratiquement plus le cas, elle n’a pas besoin d’un équipement sophistiqué. Si elle se retrouve dans des missions de sécurité publique, voisines de celles de la police, il est normal qu’elle bénéficie des mêmes équipements. La récente tuerie du supermarché de Trèbes, près de Carcassonne, prouve que Biarritz, comme toutes les villes de France, n’est à l’abri de rien.

Biarritz n’est à l’abri de rien

Ceux qui imaginent que le gauchiste qui anime Bisque, Bisque, Basque ! ne peut être qu’anti-police vont être surpris, mais j’ai été très choqué en juillet et août 2016 de voir des policiers municipaux organiser des barrages routiers et interdire tous les accès sensibles de la ville, en ne disposant que d’une matraque télescopique et d’une bombe lacrymogène. Si une voiture-bélier avait foncé dans la foule, il se passait quoi ?

Partout ailleurs qu’à Biarritz, une révolution considérable est en train de s’opérer que le sociologue qui nous dirige n’a visiblement pas captée. Savez-vous qu’actuellement 82% des policiers municipaux sont armés et que l’État aide les villes à acquérir des gilets pare-balles et des revolvers ou pistolets semi-automatiques 9mm, les mêmes armes que les policiers nationaux et gendarmes.

https://infos.emploipublic.fr/article/securite-les-policiers-municipaux-sont-ils-armes-eea-7715

« Ils sont gérés par des administratifs »

Référent national, Secrétaire Fédéral chargé de mission forces de sécurité publique de la Fédération interco CFDT police, Serge Haure a accepté de parler au nom de ses collègues biarrots, tenus au devoir de réserve. Son propos est d’autant plus intéressant qu’il a été informé des négociations menées avec Michel Veunac, Louis Vial et Christophe Landrin, le directeur général des Services et qu’il en est ressorti totalement effaré : « Je suis amené par mes fonctions syndicales à beaucoup circuler en France. Pour ne prendre que l’exemple de Pau ou de Bayonne, les policiers municipaux sont parfaitement équipés pour leur mission et disposent de tasers, de flashball et de pistolets. Il n’y a quasiment plus qu’à Biarritz que le folklore continue. » Le syndicaliste rappelle que le gouvernement et les préfets ont rappelé à de nombreuses reprises que les policiers municipaux étaient engagés tout comme leurs collègues nationaux dans la lutte anti-terrorisme. « Chaque policier municipal reçoit désormais une formation initiale de six à 12 mois avec des stages d’application, comme pour la police nationale. Il est également prévu des formations préalables aux armes à feu, aux gestes techniques d’intervention et a l’obligation de suivre une formation de remise à niveau tous les cinq ans »

Le policier syndicaliste lève les bras au ciel quand il évoque l’équipement de ses collègues biarrots : « Les agents de la police municipale de Biarritz sont gérés par des administratifs qui ne comprennent rien à notre métier. Les policiers demandent des gilets pare-balles depuis 2015. La loi prévoit de les changer tous les cinq ans. Lors de la réunion avec Monsieur Veunac, l’un des policiers a dit que son gilet pare-balles avait quatorze ans d’ancienneté et ressemblait à du carton bouilli. Tout ce que Monsieur Veunac a trouvé à répondre c’est de demander pourquoi il ne prend pas celui d’un collègue ».

Même triste farce pour le parc automobile. « Biarritz doit être une des seules villes de France, poursuit Serge Haure, dotée d’un véhicule à boîte de vitesses automatique. Avec un tel engin, les agents ne peuvent même pas imaginer rattraper un scooter. Quant aux deux autres véhicules, ils passent leur temps au garage vu leur ancienneté et même si les mécaniciens du service technique font un travail remarquable, les réparations nécessaires ne peuvent pas toujours êtes effectuées faute de pièces et de budget (boîte de vitesse en fin de vie), mais aussi car la direction générale a un mépris certain pour les policiers ». Et c’est la même histoire pour tout le matériel : « Les policiers municipaux ne disposent que de dix matraques télescopiques pour 25 ! Les autres prennent leurs vieux tonfas » Étonnez-vous après cela qu’il y ait un peu de grogne dans les rangs.

« Louis Vial n’est plus du tout policier »

Mais aux yeux du syndicaliste, là n’est pas le plus grave : « Biarritz n’est pas Paris et les Biarrots vivent parfois dans un illusoire sentiment de quiétude. Pourtant au Pays basque comme ailleurs la délinquance progresse. Il y a vingt ans, le promenoir de la grande plage était noir de monde l’été. Maintenant, passé 23 heures, plus grand monde ne s’y aventure. Les équipes de policiers municipaux qui patrouillent la nuit à Biarritz pourraient raconter des histoires qui feraient frémir les Biarrots. La drogue, les armes et les violences sont fréquentes à Biarritz. Les voies de fait sur les policiers aussi. Lorsque qu’il a été demandé au nom de mes collègues à ce qu’au minimum les patrouilles de nuit soient armées, Monsieur Vial s’est perdu dans des considérations métaphysiques en expliquant que depuis 2015 le Maire avait demandé à un groupe de sociologues de réfléchir au sujet. Si la police n’était pas plus prompte à arrêter les voleurs, que les sociologues à prendre une décision, la délinquance serait tranquille. »

Ironie du sort, La CFDT travaille depuis bien longtemps en lien étroit avec des sociologues tel que Jacques de Maillard ou Sébastien Roché. Ce travail a pour but de faire évoluer les conditions de travail des forces de sécurité publique afin de s’adapter à la diversité des menaces (délinquance, terrorisme) et de proposer des transformations et réformes !

Serge Haure raconte ensuite des anecdotes dont les Biarrots n’ont jamais trouvé le moindre écho dans les médias. « Il y a quelques semaines, des videurs d’une boîte de nuit biarrote ont appelé mes collègues pour leur dire qu’ils avaient aperçu une arme dans le vêtement d’un de leurs clients. Le policier municipal n’avait en sa possession qu’une bombe lacrymogène et un bâton télescopique pour arrêter le délinquant. Est-ce normal ? Un autre collègue s’est pris une grosse balafre au front lors d’une intervention musclée sur un groupe de jeunes qui était ivre et très agressif. Et l’an dernier un des policiers municipaux biarrots s’est fait charger et a manqué de se faire renverser délibérément par une voiture. Heureusement sans trop de dégâts » Serge Haure ne peut s’empêcher d’exprimer son amertume quant à l’attitude de l’ancien commandant de police, désormais en charge de la sécurité au sein de l’équipe municipale : « Louis Vial a tout oublié. Il n’est plus du tout policier » L’intéressé appréciera.

Christophe Landrin : « Vous êtes un service lambda »

Serge Haure a visiblement été marqué, et pas en bien, par les récits de ses collègues, lors de la rencontre avec l’équipe municipale de Biarritz : « Monsieur Veunac a servi des phrases creuses et ne savait visiblement pas de quoi il parlait. Monsieur Vial était un peu silencieux dans son coin et visiblement « emmerdé ». Et celui qui tenait le crachoir, c’était le directeur général des services Christophe Landrin. Quand a été évoquée la question du stationnement, il a tout de suite dit : « que le service de la police municipal était un service comme les autres » ce qui a sidéré les agents. Finalement, Monsieur Veunac a proposé de ramener le coût du stationnement mensuel (NDLR : initialement fixé à 60€ mensuels pour les policiers municipaux) à 30 € l’hiver et 40 l’été » Une mesure pour Serge Haure qui démontre une fois de plus la méconnaissance absolue du métier de policier. « Les policiers sont des citoyens comme les autres qui paient leur stationnement quand ils utilisent leurs véhicules personnels. Mais ce sont aussi des hommes et des femmes qui se font tirer dessus, simplement parce qu’ils portent un uniforme marqué police, comme le démontrent les assassinats de Clarissa Jean-Philippe ou d’Aurélie Fouquet. Lorsqu’un policier termine son service et revient à son véhicule, il peut devenir la cible d’un mécontent (comme les CRS de Carcassonne, en tenue de sport, visés par ce terroriste).  À Ondres, à Bayonne, les municipaux ont un parking fermé ou sécurisé à leur disposition.  À Biarritz, Monsieur Veunac nous propose de stationner les véhicules à Iraty. Cherchez l’erreur ! »

Le policier chargé par une voiture s’est défendu à ses frais !

Reste ce qui constitue sans doute la pire arête en travers de la gorge des policiers municipaux biarrots. Lorsque Didier Borotra a été convoqué au tribunal correctionnel pour prise illégale d’intérêt puisqu’il faisait travailler sa fille à la Cité de l’Océan, la Ville n’a pas hésité une seconde à prendre en charge ses frais de justice, ce qui est pour le moins discutable. Lorsque le malheureux policier municipal, dans le cadre de son travail, a manqué de se faire renverser et perdre la vie du fait d’un chauffard mécontent, la Ville lui a refusé la moindre assistance juridique et c’est à ses frais qu’il a dû se payer un avocat.

Étonnez-vous après cela qu’il y ait comme un peu de friture sur la ligne entre la mairie et les policiers municipaux !

Le silence radio de Louis Vial et les contre-vérités de Veunac

Louis Vial est un homme avenant qui ne refuse pas d’habitude le dialogue. Pourtant, lorsque Bisque, Bisque, Basque ! lui fait savoir le mercredi 21 mars qu’il est sévèrement mis en cause par les syndicats de police, le conseiller municipal en charge de la sécurité explique que, « dans les circonstances actuelles », il préfère ne pas commenter. Parce qu’il doit être désigné comme adjoint, lors du conseil municipal du 23 mars ?

Serge Haure rappelle que Michel Veunac avait assuré aux agents de la police municipale de Biarritz que leur indemnité administrative et technique (IAT), serait revalorisée pour atteindre celle des autres services, soit environ 100 euros par mois à la fin de son mandat. A ce jour le compte n’y est pas car les municipaux ont vu leur salaire augmenté de 15 euros seulement en 4 ans.

Le syndicaliste de la CFDT accepte ensuite fort courtoisement d’écouter sur Internet le conseil municipal du 23 mars. Le sujet police municipale est évoqué au bout de 2 h 43’. Serge Haure est un peu sidéré par ce qu’il entend, entre méconnaissance totale de la fonction et approximations plus qu’évidentes : « Tout d’abord il est surprenant de découvrir que le maire ignore l’actualité du jour, à savoir la fusillade dans un supermarché qui entraînera la mort d’un officier de gendarmerie lors d’une attaque terroriste. Le maire déclare ensuite qu’une convention a été créée avec la police nationale pour rehausser le sentiment d’importance…. C’est faux, car la Convention de coordination est obligatoire dès lors que votre police municipale comporte au moins 5 agents. Elle est justifiée également dans le cas où vous travaillez 24 h/24h, 7 jours sur 7.

Monsieur le Maire déclare ensuite avoir attribué une indemnité administrative et technique, IAT, à la police municipale qui n’y a pas droit. Faux, les agents de police municipale sont éligibles à l’IAT. Les critères d’attribution sont fixés par l’assemblée délibérante. Cette indemnité est même cumulable avec les IHTS et l’ISMF. 

Monsieur le Maire évoque le recrutement de 8 renforts saisonniers de policiers municipaux pour amener les effectifs à 32. Faux, les fonctions d’agents de police municipale ne peuvent être exercées que par des fonctionnaires territoriaux recrutés à cet effet et non par des contractuels (article 5 du décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006). Seuls les agents temporaires de police municipale ATPM peuvent renforcer les policiers municipaux sans pouvoir relever aucune infraction, à l’exception du stationnement. Ils n’ont aucune formation de police. Ce sont généralement des emplois saisonniers pour des étudiants, mais pas des policiers ! Les recrutements saisonniers à Biarritz que nous voyons chaque été, sont des agents de surveillance de voie publique, ASVP, cantonnés aux barrières et au stationnement.

Monsieur le Maire déclare ne pas être fermé au dialogue concernant l’armement. Faux, ses déclarations à la presse prouvent le contraire. Monsieur Vial laisse entendre lors du conseil qu’il existe une solution alternative au pistolet lors du conseil. Les moyens alternatifs au pistolet, Taser ou Flashball, ne sont pas des armes de protection individuelle, ce sont des armes à létalité réduite qui ne répondent pas au contexte actuel.

Concernant les éthylotests Louis Vial déclare qu’il y a 300 ballons en magasin. Faux, d’après les déclarations aux médias, les stocks sont périmés depuis novembre 2017. Les policiers demandent un éthylotest électronique depuis 2 ans car les ballons ne sont pas fiables.

Concernant les déclarations de monsieur ViaL sur les agents syndiqués à la CFDT, seuls les agents de nuits seraient concernés. Faux, des agents de jour sont également à la CFDT qui représente aujourd’hui plus d’un tiers des effectifs de la police municipale. »

Autrement dit, Louis Vial et Michel Veunac ont tout faux… Et c’est la police qui le dit !

Veunac même pas capable de faire la circulation

Le maire de Biarritz a eu le courage de descendre dans la rue pour dialoguer avec des manifestants très en colère. Mais il annonce qu’il ne changera rien. On prend les paris ?

La tentative de dialogue de Veunac avec les manifestants en colère a tourné au monologue.

Malgré un froid mordant, plus de deux cents manifestants, très remontés contre la nouvelle politique de stationnement de la mairie, se sont retrouvés vendredi 2 février à 14 heures, devant le commissariat de police. Sans doute galvanisé par la lecture du Sud Ouest du jour qui relatait comment, il y a sept ans, Lucien Harinordoquy n’avait pas hésité à sauter sur la pelouse d’Aguilera lors du derby BO-Aviron, Michel Veunac a quitté le confort douillet de son bureau pour venir affronter une foule très remontée, ce qui démontre un certain courage. Même si l’honnêteté intellectuelle oblige à dire que son ami Louis Vial l’accompagnait et que quelques policiers municipaux format XXL n’étaient pas loin.

Accueilli aux cris de « Un referendum ! », mais aussi de « La liste ! La liste ! » par allusion aux fait relatés dans ce blog, Michel Veunac s’est bien gardé de répondre aux questions des manifestants et a sidéré tous ceux qui ont tenté de dialoguer avec lui. « 30 euros d’amende ? Mais c’est beaucoup plus cher à Paris ! » Évidemment, quand on ne paie pas son propre stationnement ! Et notre grand démocrate de poursuivre : « Nous ne changerons rien… » « C’est voté » et autres fadaises du genre « Mais Madame, si vous ne vous plaisez pas à Biarritz, vous n’avez qu’à partir. »

Au point qu’une partie de la foule en colère, dans laquelle se trouvaient de nombreux commerçants, s’est mise à crier « Démission ! Démission ! »… Jusqu’à ce qu’un farceur, suscitant l’hilarité générale ne lance : « Borotra, reviens ! »

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