M6 : le courage-fuyons de Veunac et Borotra

Capital

Avant on évoquait Biarritz pour ses plages et sa météo clémente. Maintenant pour son gaspillage d’argent public.

Diffusée dimanche 17 mai, l’émission « Capital » de M6 intitulée « Argent public : le gaspillage continue » aura démontré aux Biarrots qui doutaient encore, que Michel Veunac est bien le fils spirituel de Didier Borotra : même entêtement à ne pas écouter ses concitoyens, même manière de mépriser les journalistes, même façon de botter en touche quand la question embarrasse.

La télévision peut parfois être agaçante dans sa manière de survoler les problèmes et sa façon de rechercher les images spectaculaires, mais elle peut parfois être édifiante. La visite « en caméra discrète »  de la Cité de l’Océan par le journaliste Laurent Dy, correspond bien à ce qu’on imagine de l’extérieur en voyant le parking vide. Une immense nef, totalement déserte, et un salarié qui avoue que le Musée ne survit que grâce à l’argent public.

Si le rôle majeur de Jean-Benoît Saint-Cricq, lucide depuis le premier jour sur le naufrage annoncé, a été vite expédié, le document de M6 vaut surtout pour la prestation de notre grand communicant à sens unique Michel Veunac. Presque aussi convaincant que François Hollande, lorsqu’il promet une baisse du chômage, notre timonier Veunac, le menton volontaire et l’œil résolument fixé sur la ligne bleue de l’Océan, cherche à faire croire qu’il maîtrise le pédalo municipal : « Le concept de la Cité de l’Océan, je le reprends à mon compte, car c’est l’avenir de Biarritz… Moi, je suis en train de réparer » Avec ses petites mains blanches, sa salopette et sa clé à molettes, nul doute que si Michel Veunac met le nez dans le cambouis, la Cité de l’Océan est sauvée…

Veunac barricadé dans son bureau

Malheureusement toutes ces belles postures télégéniques sont quelque peu gâchées par le journaliste de M6 qui a le mauvais goût de poser une question sur la mirifique étude, payée 48 000 euros, effectuée par Sophie Borotra, sur la recherche d’économies à la Cité de l’Océan, alors que son père était président de la société d’économie mixte (SEM), comme l’a raconté Sud Ouest, le 7 février dernier. Et là notre gendre idéal à écharpe tricolore perd soudain son calme et se fait cassant, alors que le premier de ses devoirs de maire lui impose de répondre aux questions des journalistes sur l’utilisation qui est faite de l’argent public. Mais Veunac préfère la jouer colère, façon Borotra : « Monsieur, je ne réponds pas du tout à vos questions. je vois bien quel est le ton de ce reportage. Vous arrêtez maintenant » avant de se barricader piteusement dans son bureau. Va-t-il falloir envoyer le GIGN pour le sortir de là?

http://www.6play.fr/m6#/m6/capital/11484660-argent-public-le-gaspillage-continue (La séquence Biarritz commence à 1h09′)

Le toupet magnifique de Borotra

Nombre de Biarrots, qu’ils soient favorables ou hostiles à Michel Veunac, estiment que Didier Borotra est beaucoup plus intelligent et politique que son successeur. Le reportage de « Capital » semble leur donner raison. On lui donnerait la Cité de l’Océan sans confession à notre paisible retraité de 78 ans qui déambule le long du bord de mer et déplore avec ses concitoyens la saleté des rues de la Ville, comme s’il n’était nullement responsable de l’endettement de Biarritz et du manque de moyens que cela implique désormais. Et quand le journaliste évoque une plainte à son encontre pour prise illégale d’intérêt (Bisque, bisque, Basque! croit connaître l’auteur de cette plainte, mais, par respect pour le travail de la Justice, il attendra la décision du procureur de classer ou non cette plainte pour en parler), Didier Borotra répond aussi paisiblement que si l’on devisait du prix de l’essence en France ou en Espagne.

L’ancien monarque absolu Botrotra était alors président de la Société d’économie mixte de la Cité de l’Océan, sa fille venait d’arriver en France, mais tout cela, à l’en croire, n’a strictement aucune importance et ne le concerne nullement : cette étude «  ne relève pas de la démarche des appels d’offres. C’était une démarche ponctuelle et limitée dans le temps. il n’y a pas de prise illégale d’intérêt et je n’ai pas été mêlé à l’affaire ».

Après des propos aussi convaincants, s’il existe encore des Biarrots pour imaginer que la direction de la Cité de l’Océan a fait appel à Sophie Borotra après en avoir parlé à son père, président de la SEM, c’est vraiment qu’ils ont mauvais esprit!

Demain dans Bisque, bisque, Basque!  : Cité de l’Océan, un referendum s’impose