Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

Max Brisson : « Biarritz est la risée du département »

Le sénateur a envisagé un moment d’être lui-même candidat. Mais il ne veut pas rajouter de la confusion à la confusion et estime que « plus le temps passe plus cette volonté s’émousse ».

Ironie de l’histoire ou sentiment que la page est définitivement tournée ?  C’est au « Café de Paris » que Max Brisson me propose de partager un verre, à l’endroit même où nous avions dîné six ans plus tôt, en compagnie de Jean-Philippe Ségot. Et à l’époque aucun de nous trois n’imaginait que Michel Veunac pouvait un jour devenir maire. Cette élection de 2014 est toujours étudiée à Sciences-Po, tant les résultats entre le premier et le deuxième tour ont été surprenants, et en particulier dans deux bureaux de vote, mais visiblement c’est de l’histoire ancienne pour Max Brisson, souriant et détendu en ce début de vacances parlementaires. Il fait comme si cette énorme blessure était définitivement guérie : « La République n’aura pas été mauvaise fille à mon égard », estime-t-il par allusion à son élection au conseil départemental en 2015 et à sa victoire de septembre 2017 aux élections sénatoriales.

« Ce mandat est totalement chaotique »

Brisson et Veunac, en 2014, dans l’attente des résultats. (Photo Sud Ouest)

« On me prête beaucoup d’intentions mais je suis sorti du jeu biarrot pour m’investir pleinement dans mon mandat de sénateur des Pyrénées-Atlantiques. Et dans mes fonctions au quotidien, je m’adresse plus aux maires du département qu’aux acteurs biarrots. Mais je reste un citoyen biarrot, un électeur biarrot et un élu biarrot. Je porte un regard très critique sur les six années qui viennent de s’écouler. En 2014, la mayonnaise a été suffisante pour permettre à Veunac de gagner mais pas pour gouverner. On a eu pendant six ans le résultat du bal des seconds, capables en 48 heures de s’entendre ”contre”, mais pas pour gérer dans la durée une ville comme Biarritz.   D’où l’éparpillement, l’émiettement, la fragmentation à répétition de la majorité issue des alliances contre nature de 2014. Ce qui aurait été naturel, c’est que Michel Veunac reconnaisse qu’il avait fini, avec 17%, deuxième du premier tour et me rejoigne puisque j’étais en tête. Des alliances avec des personnes de sensibilité différentes sont possibles, j’en ai d’ailleurs accompagné, ce qui m’a valu d’être exclu de mon parti quand je me suis rapproché de Didier Borotra, mais les projets étaient travaillés au cordeau et très en amont. Ce sont ces petits arrangements politiciens qui expliquent le mandat totalement chaotique dans lequel Michel Veunac semble se délecter puisqu’il en redemande. »

En ancien bon élève qu’il est, Max Brisson a visiblement préparé cet entretien. Il sort des feuilles manuscrites d’une chemise en carton avec des grands chiffres pour ne pas oublier tous les sujets qu’il veut aborder. Nous évoquons aussi brièvement les « divergences de vue » qui l’opposent parfois à Bisque, Bisque, Basque ! et le sentiment d’injustice qu’il ressent, en particulier quand on lui dit qu’il « fait de la politique à l’ancienne » : « On me reproche parfois de faire de la politique à l’ancienne, mais les conseillers municipaux, les adjoints qui tapent sur le maire, c’est aussi la vieille politique. On a perdu tout sens des règles de l’ancien monde qui fait que la démocratie fonctionne. Dans mon rôle de sénateur, les maires me parlent de Biarritz, c’est vrai, mais pour s’en moquer. On est devenu la risée du département. Ce qui me chagrine c’est que les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Si le maire est le fruit de petits arrangements réglés en vingt-quatre heures au soir du premier tour, on obtiendra le même résultat qu’en 2014. »

 « J’attends un projet d’impulsion »

Conseiller départemental et sénateur apprécié de ses collègues pour sa grosse capacité de travail, Max Brisson va-t-il enfin dire qui il va soutenir lors des prochaines municipales, lui qu’on accuse d’être allé voir toutes les listes ? « Je dirai le moment venu le projet qui me convient le mieux. Pour le moment, je ne connais pas le plat, je ne connais pas la sauce. J’attends un projet d’impulsion. De savoir quelles sont les trois ou quatre idées fortes de la future mandature. J’attends le rassemblement de gens différents qui ont eu des engagements politiques mais qui sont prêts à se retrouver sur une feuille de route partagée. Il faut des figures et de la légitimité. Il faut un patron à la tête d’une mairie, il faut de l’incarnation car le maire dit plus souvent non que oui. » Un portrait en creux de lui-même, tel qu’il se perçoit ?

Max Brisson soupire. Visiblement le destin de Biarritz lui tient toujours à cœur.  « Pour l’instant, je n’ai pris aucune position. Je ne me suis jamais caché de voir souvent Michel Veunac, Maïder Arostéguy ou Didier Guillaume. Je vois, je regarde et je l’assume. Contrairement à une légende tenace, j’ai souvent fait des choix courageux dans ma carrière politique. Je me méfie des solutions restrictives, des idéologies totalement arrêtées. »

« Oui, j’ai envisagé d’être candidat, mais cette volonté s’émousse »

Difficile de résister à la tentation de lui demander s’il a envisagé ou s’il envisage toujours de se porter candidat : « Oui, je l’ai envisagé. Mais plus le temps passe et plus cette volonté s’émousse, car je n’ai pas envie de rajouter à la cacophonie ambiante. Désormais, je suis plus dans l’idée d’un soutien que d’une participation. Mais si un candidat se retirait début janvier, ce qui me paraît fort peu probable, j’envisagerais une éventuelle candidature. » Voilà qui est précis.

La politique est parfois difficile à comprendre pour le novice. Comment se fait-il qu’un sénateur membre des Républicains ne soutienne pas la candidate investie par son parti. ? « Je rappelle tout d’abord que j’étais proche d’Alain Juppé et que je suis proche de Valérie Pécresse qui vient de quitter le parti auquel j’appartiens ».

« La base actuelle de Veunac est étroite »

Maïder Arostéguy, Max Brisson et Philippe Nalpas, lorsqu’ils faisaient liste commune au moment des élections départementales de 2015.

Alors qu’on s’attend à voir Max Brisson un peu en difficulté sur le sujet, il va au contraire passer en revue (presque) tous les candidats déclarés. « J’ai de la sympathie pour la personne et pour la femme politique qu’est Maïder Arostéguy, mais je rappelle qu’elle était à l’UDI il y a peu encore. Je considère que Maïder est de ma famille politique mais que gravitent dans son entourage des personnes représentant la droite que je ne supporte pas. Je la soutiendrai peut-être mais je n’ai pas encore pris de décision et je ne suis pas disposé à recevoir de leçons de fidélité de ma famille politique alors que c’est la mienne depuis que j’ai une conscience politique ».

« Je n’ai aucun problème pour parler librement et publiquement de chacun des candidats. Je suis surpris de l’autosatisfaction de Michel Veunac sur son bilan et sa méthode de gouvernement. Le ressenti majoritaire est celui d’un mandat manqué. Il gagnerait à l’accepter. À sa décharge, l’hallali permanent qu’il subit m’a conduit parfois à voler à son secours. La base de Veunac est à l’heure actuelle étroite et il est devenu clivant. Biarritz n’aime pas les clivages, je sais de quoi je parle. »

« J’ai eu plusieurs rencontres avec Jean-Baptiste Lemoyne et estimé que ça pouvait être quelqu’un capable de réussir à Biarritz. Je l’aurais bien vu incarner une alternative. Il en a décidé autrement ».

« Je regrette que Nathalie Motsch ne jure que par Didier Borotra et oublie que j’ai été son premier mentor en politique. »

« Je vois Didier Guillaume, je ne m’en cache pas, aussi bien à Biarritz qu’à Paris. Sa candidature n’est pas encore en place et je ne sais pas pour le moment s’il est capable de sortir du marigot, de s’adresser à tous les Biarrots, de montrer son attachement pour notre ville et la plus-value qu’il pourrait apporter. »

« Quant à Philippe Nalpas, qui a décidé de rejoindre Didier Guillaume, personne ne m’engage, personne n’est mon poisson-pilote, pas même mon collaborateur. Philippe Nalpas a droit à son autonomie politique, à son autonomie d’action mais ça ne préjuge pas de ma position future. »

« Je ne suis pas un superhéros de la politique »

Mais n’est-il pas surprenant, à moins de trois mois des élections qu’un élu expérimenté soit incapable de dire pour qui il va voter ? Max Brisson s’amuse de la question : « Je ne suis pas un super héros de la politique. Je serais Angloy ou Bayonnais, je ne me poserais pas de question. Je serais Hendayais, je sais pour qui je ne voterais pas, même si j’ai de l’estime pour le maire sortant. Mais à Biarritz, la situation est d’une complexité totale et comme tout le monde j’ai vraiment besoin de réfléchir. »

Pressé et légèrement en retard, Max Brisson repart vers un autre rendez-vous. Visiblement, même en vacances, la vie publique n’est jamais loin. L’homme paraît plus détendu, plus apaisé qu’il y a six ans. Sa mémoire, sa culture politique sont fascinantes. La complexité de sa pensée, qui donne le sentiment qu’il est toujours à la manœuvre, tout autant. Malgré ses qualités et ses défauts, on se dit que les Biarrots ont vraiment fait le mauvais choix il y a six ans. Avec Brisson maire, nous aurions sans doute eu un mandat d’une toute autre tenue. L’urgence maintenant étant de ne pas refaire les mêmes erreurs et de ne pas renouveler la catastrophe de 2014. 

Consternation la plus totale

Biarritz est-elle la ville la plus mal dirigée de France ? On peut se poser la question après le désolant conseil municipal du 19 décembre.

Du maire rural mal dégrossi, du conseiller municipal qui n’a toujours pas compris quel est son rôle, de l’arriviste prêt à tuer sa mère pour sa survie politique, ils ont dû en croiser lors de leurs respectives carrières politiques, mais parions que Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, lorsqu’ils se sont isolés chacun de leur côté pour suivre sur Internet le dernier conseil municipal biarrot, ont dû laisser échapper quelques soupirs de désolation et se demander pourquoi ils se sont embarqués dans une galère électorale qui ne s’annonce vraiment pas comme une croisière de rêve.

youtube.com/watch?v=CcKuUswE6rE&t=4347s

Récemment, un internaute, persuadé que j’allais abonder dans son sens, se plaignait du maire d’Anglet, Claude Olive, qui organisait son dernier conseil municipal mi-décembre, se demandant comment la Ville allait être gérée jusqu’aux élections. Ce citoyen de bonne foi ne voyait pas que ce dernier conseil, trois mois avant la fin du mandat, traduit une gestion saine et respectueuse des dossiers qui ont été ficelés à temps afin de laisser à l’équipe suivante la possibilité de prendre ses propres décisions.

Aucun risque qu’une telle situation n’arrive à Biarritz où le duo infernal composé d’un vieux maire de 73 ans, pitoyablement cramponné à la barre du pouvoir comme un mourant accroche la main du curé venu lui délivrer l’extrême onction, et d’un premier adjoint toujours aussi arrogant, misogyne et méprisant, de surcroît bien décidé à soutenir Didier Guillaume et à combattre son propre maire, nous a offert le spectacle le plus pitoyable et le plus indigne de tout ce mandat où ,les électeurs n’ont pourtant guère manqué d’occasions de huer et de conspuer.

Veunac n’a visiblement pas été visité par l’esprit de Noël

Quand les bons élèves font leur sac la veille, le cancre cherche ses affaires à l’heure où il devrait être déjà à l’école. Tenir trois mois avant les élections municipales un conseil municipal de presque cinq heures avec trente-trois délibérations à voter, dont des décisions lourdes de sens pour l’avenir, relève au mieux de la farce électorale et au pire du foutage de gueule absolu. Et pour que les Biarrots regrettent jusqu’au bout leur vote de 2014, un nouveau conseil est prévu en février, où, parions-le, les intérêts particuliers, les copains et les obligés ne seront pas oubliés dans la distribution.

Regrettons aussi l’attitude un peu frileuse d’actuels élus et futurs candidats qui estiment conserver leurs chances en se contentant de critiques modérées dans le but de ratisser large, quand une union de salut public contre les attentats démocratiques à répétition que nous infligent Veunac et Lafite devrait se constituer à chaque conseil. Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq, Édouard Chazouillères ou Anne Pinatel n’ont pas dit des choses inintéressantes, mais sont toujours intervenus avec une volonté de modération dans leurs propos qui nous laisse sur notre faim face à la duplicité de la majorité municipale.

Nathalie Motsch a semblé parfois bien seule face à une majorité qui ose tout.

Il y avait pourtant de quoi hurler dans ce conseil municipal où la volonté de tromper les élus et les Biarrots, la désinformation systématique, les cachotteries, demi-vérités et autres manœuvres insupportables ont été de mise toute la soirée. À quand un fonctionnement normal et respectueux de la démocratie ? Et ce n’est pas la phrase malencontreuse de Veunac sur « l’esprit de Noël », ce qui lui a valu une bronca du public et la consternation de ses propres troupes, qui pouvait donner le sentiment d’une gouvernance apaisée et digne.  

Une fois de plus, seule Nathalie Motsch, technique mais aussi politique et tellement limpide dans ses démonstrations, a eu le courage de monter au front pour tenter d’arrêter l’irréparable, rejointe dans certaines de ces critiques par l’inoxydable Hervé Boissier et par… Jean-Benoît Saint-Cricq qui lui aussi s’est efforcé de mettre en garde le duo de prestidigitateurs Veunac-Lafite contre leur inconscience juridique.

Villa Sion : c’est le moins-disant qui l’a

Et commençons par une question simple pour vérifier vos futures aptitudes d’élus. En effet, il n’y a qu’une dizaine de listes à Biarritz et vous avez encore largement le temps de monter la vôtre. Si deux acquéreurs se manifestent pour le studio que vous vendez, l’un vous proposant 200 000 euros et l’autre 170 000 euros, avec qui signez-vous ? Vous avez répondu avec celui qui offre 200 000 euros ? Passez votre chemin, vous n’êtes pas fait pour la politique !

En ce qui concerne la fameuse villa Sion, que la Ville voulait vendre au prix des Domaines, soit 980 000 euros avec le parc puis 1,1, million d’euros sans le parc (Comprenne qui pourra !) avant qu’Édouard Chazouillères n’obtienne le report de la délibération, deux offres sont parvenues, l’une à 2 millions d’euros et l’autre à 1,7 millions émanant de la société Alaéna Cosmétiques, avec à la clé la promesse d’une trentaine d’emplois crées. Que cette deuxième offre retienne l’attention de politiques responsables ne pose pas de problème, à condition que tout soit transparent. Or, une fois de plus, les conseillers municipaux n’ont pas eu la moindre information sur la société concurrente ni le détail de l’appel d’offres. Et voilà comment on s’assoit sur 300 000 euros qui pouvaient entrer dans l’escarcelle municipale sans avoir le moindre élément d’information !

https://jeanyvesviollier.com/2018/09/30/la-villa-sion-un-nouveau-bigueyrie/

Successivement proposée à 980 000 euros puis à 1,1 million d’euros, la villa SIon va sans doute partir pour 1,7 million d’euros alors qu’un acquéreur en proposait 2 millions d’euros. Pourquoi ce choix surprenant? La mairie n’a daigné donner aucune réponse.

… Mais s’il n’y avait que cela. Si vous êtes un citoyen ordinaire vendant votre studio, vous allez faire en sorte que tous les contentieux juridiques possibles avec vos voisins soient réglés avant de vendre. Démonstration, une fois de plus, que vous n’êtes pas fait pour la politique. Pierre Delalonde, le propriétaire du Château-Boulart, l’ancien « ami personnel » du maire qui fait percer des sorties sans accord sur le parc municipal, a déposé deux recours juridiques contre cette vente. Mais Veunac et Lafite balaient tout cela d’un revers de main en disant que « les juristes de la Ville sont confiants et qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

Un point de vue qui va faire sursauter les deux avocats présents dans la salle. Nathalie Motsch conseille à la Ville de surseoir à sa décision, avis partagé par Jean-Benoît Saint-Cricq. Les deux soulignent aussi qu’une quarantaine de voitures vont être autorisées chaque jour à stationner dans le parc appartenant à la Ville, alors que les règlements municipaux imposent une place de parking pour 60 mètres carrés. « Cet avantage a été négocié dans le prix » balaie d’un revers de main Mimi-Imperator qui va se faire des copains avec toutes les victimes des pruneurs fous de Streeteo.

Et la farce continue, la majorité municipale mentant avec un aplomb sidérant : « Ce bien n’est pas utilisé depuis deux ans et est une charge pour la Ville » affirme Veunac. Effectivement, on a viré dare-dare les associations qui fréquentaient la villa Sion et tenté de le vendre en douce à un propriétaire-ami, qui désormais fait des recours contre la Ville. Sentant son maître en difficulté, Peio Claverie en fait dix louches : « On a sorti les associations du bâtiment pour raison de sécurité ! ». Rappelons donc à notre cireur de pompes municipales qu’à l’époque le directeur de cabinet de Michel Veunac, Guillaume Snollaerts, résidait villa Sion et qu’il  ne s’est jamais plaint d’occuper un galetas.  

«  Quand c’est pas clair, c’est qu’il y a un loup ! »  aime à répéter Martine Aubry. Dans le cas de Biarritz, ce n’est pas un loup solitaire mais une meute entière qui sévit à chaque délibération municipale.

Ne leur achetez pas une voiture d’occasion !

Et l’on en vient à L’Hôtel du Palais, dossier traité délibérément à plus de 22 heures, en misant sur la légitime fatigue des conseillers municipaux. En 2018, tout était clair. Veunac et Lafite nous détaillaient leur mirifique opération pour éviter un prêt bancaire alors que L’Hôtel du Palais devait être rénové : confier un bail emphytéotique de 75 ans à la Socomix pour la rendre sexy et qu’elle puisse emprunter l’argent nécessaire. Autrement dit, une façon éhontée de planquer la dette municipale sous le tapis, en perdant le contrôle du palace et en laissant entrer JC Decaux dans le montage financier, le puissant homme d’affaires guettant le moment où la Ville ne pourra plus suivre financièrement pour s’emparer du palace à bon compte.

Mais le savant ravaudage imaginé par l’énarque qui ne se trompe jamais mais n’arrive pas à duper grand monde avec ses invraisemblables raccommodages n’aura même pas tenu jusqu’au prochain mandat électoral. La Compagnie Financière du Louvre a décidé de quitter le navire et pour ne pas perdre le contrôle de l’entreprise, il faut racheter ses actions à hauteur de 1,7 millions d’euros, somme que notre génie financier qui aime Veunac, Didier Guillaume et les Biarrots, souhaite emprunter, tout en nous annonçant que la Caisse des Dépôts et Consignations désire entrer dans la capital et racheter les actions. Vous avez suivi ? Ce n’est pas grave car ce qu’on nous explique n’est probablement pas la vérité ! Nathalie Motsch, dénonce à juste titre « L’Arlésienne » que constitue cette Caisse des Dépôts et Consignations, toujours annoncée et jamais présente, comme si Veunac et Lafite étaient capables de nous baratiner quelque peu…

Quant au citoyen vendeur de studio qui ne comprend pas pourquoi, lorsqu’on est sûr de toucher 1,700 million d’euros avec la vente de la villa Sion, (dixit Veunac) on emprunte 1,750 million d’euros à la banque pour racheter des actions de l’Hôtel du Palais, actions qui, de surcroît, doivent être rachetées immédiatement par un autre établissement, nous avons la démonstration qu’il n’est décidément pas fait pour la politique.

Bisque, Bisque, Basque ! pour sa part a trop de respect pour la lucidité, l’abnégation et le sens de l’argent public de nos actuels dirigeants pour s’imaginer que la vérité puisse être autre que celle exprimée dans l’enceinte du conseil municipal.

Avec tout de même une certitude : si Lafite ou Veunac me proposent de racheter une voiture d’occasion, je crois que je vais passer mon chemin, tant est grande la conviction que le compteur sera trafiqué et les révisions négligées.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Quelqu’un de chez nous »

La candidature du ministre de l’Agriculture fait enrager tous ceux qui ne voient pas plus loin que leur chauvinisme.

La Une de Sud Ouest du 10 décembre.

Sauf à avoir vécu depuis le jour de sa naissance dans son village natal, on a tous pratiqué le parachutisme à un moment ou l’autre de son existence que ce soit pour des raisons scolaires, professionnelles ou électorales. Merci donc a tous ceux qui m’ont copieusement insulté après la publication de « Guillaume pose ses couilles sur la table » avec des attaques qui volaient parfois… en dessous de la ceinture. Je leur dois un délicieux dimanche, tellement leur colère et la faiblesse de leur argumentation m’ont fait rire et rappelé ces matches de rugby disputés en terre adverse où le public me sifflait pour quelques marrons distribués et sublimait complètement le joueur médiocre que j’étais.

Pour principal exemple, ce général local, bon copain de surcroît, qui s’est efforcé de faire coup double en un seul SMS, histoire d’économiser les cartouches, m’alignant et alignant le directeur de La Semaine en ayant visiblement complètement oublié comment doit fonctionner  la presse d’opinion. Mais peut-être a-t-il tout simplement peur que son épouse  ne soit pas réélue avec la nouvelle carte électorale qui se dessine ?

Non, Bisque, Bisque, Basque !, pas plus qu’il n’a été auparavant celui de Nathalie Motsch, n’est devenu le porte-parole de Didier Guillaume en affirmant que la candidature du ministre de l’Agriculture changeait complètement la donne et faisait bouger les lignes. Mais j’ai bien conscience qu’avec mon général favori, un mot de plus et c’était la corvée de bois. À quoi tient un destin !

Saga vendéenne

Et tout d’abord pour clôturer ce débat que je trouve totalement scandaleux sur les « purs Biarrots », les « à peu près Biarrots » et les « pas du tout Biarrots », discours que je récuserai toujours car on voit où il peut nous conduire au niveau national, quelques bribes de mon histoire familiale.

En 1954, ma famille labourait encore la terre avec des boeufs.

En 1932 mon grand-père,  alors âgé de vingt-cinq ans, n’arrivant plus à vivre de la minuscule ferme familiale héritée de ses parents qu’il cultivait avec son jeune frère en Vendée du côté de Bourg-sous-La-Roche, décide de tout vendre et de reprendre comme métayer une ferme abandonnée depuis trente ans, juste à côté de Saintes, à La Chapelle-des-Pots. Les deux frères, mais aussi ma grand-mère, ses parents et beaux-parents feront à pied les 140 kilomètres qui séparent les deux communes avec les six vaches qui étaient leur seule fortune. Dormant dans les fossés, laissant au bétail le temps de paître, ma famille mettra une semaine pour accomplir ce périple et arriver dans un village beaucoup plus riche que le sien où elle se fera traiter de « Ventrachoux », le surnom aimable que les Charentais donnaient aux Vendéens. Malgré cela ma famille fera petit à petit sa place au soleil, avec mon grand-père qui sera remobilisé pendant la guerre et obtiendra en tant que sergent-chef plusieurs citations pour faits de bravoure. Il me semble même qu’il était croix de guerre, mais les breloques ne nous intéressant guère dans la famille, j’ai trop peur de mon général favori pour l’affirmer.

Conseiller municipal à la Libération, il deviendra premier adjoint pendant deux mandats  et, au moment où le maire à qui il est resté fidèle jusqu’au bout  passera la main (Voilà qui nous change de Biarritz !), il postulera pour l’écharpe tricolore.

Élu en  1965 maire de sa commune sur un score étriqué, trente-deux ans après son arrivée dans ce village charentais, il racontera jusqu’à sa mort combien il avait été blessé par les propos de bons copains qui lui avaient affirmé pendant la campagne électorale : « Auguste, on ne peut pas voter pour toi. Tu es un migrant ».

Pour toutes ces raisons, et vous pouvez bien tempêter et tambouriner autant que vous voulez, je ne reprocherai jamais à Didier Guillaume ses origines, car la question qui m’importe est de savoir s’il est un bon maire potentiel pour Biarritz. Sachant que si j’estime qu’il est nul, je l’écrirai aussi sans le moindre état d’âme. Pour ma part, résidant depuis quinze ans à Biarritz, je me considère toujours comme un invité du Pays basque, ce qui ne m’empêche, comme la loi m’y autorise et comme doivent le faire les journalistes d’opinion, à donner haut et fort mon avis. Sachant qu’un non-parachuté qui n’a jamais rien vu, rien vécu et n’a jamais quitté son village ne me paraît pas plus attirant qu’un parachuté plein d’envie.

Voici donc, par « quelqu’un qui n’est pas de chez nous », mais qui professionnellement a vécu nombre d’élections, ma lecture de la partie électorale qui est en train de se jouer.

Le G7 a tout faussé

Se déclarer candidat avant ou après le G7 ? Seule Maïder Arostéguy s’est lancée dès juin et a eu un peu de temps pour ratisser la Ville. Pour tous les autres qui sont partis après le G7, il était difficile de prévoir qu’ils allaient se retrouver au centre d’une « drôle de guerre » ne leur laissant que peu de visibilité. En effet, avec le sens de la manoeuvre consommé qu’on lui connaît, Veunac a mobilisé l’attention de tous en faisant semblant d’hésiter (Certains dans ce blog m’ont parié jusqu’à 100 euros qu’il n’irait pas !), puis en multipliant les voyages à Paris pour tenter de négocier l’investiture tandis que Macron souhaitait le débrancher en douceur. Puis en exhibant comme une prise de guerre le pâlichon secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne, tandis que Didier Guillaume se tortillait de plus en plus sur son tracteur ministériel pour tenter de faire savoir que Biarritz l’intéressait. Et pendant ce temps, les candidats déclarés, à l’abri de la mitraille derrière les fortifications de la ligne Maginot, comptaient les semaines sans pouvoir se permettre la moindre sortie ni la moindre visibilité.

Les cigales locales se trouvent soudain fort démunies

Certains messages de candidats ou candidates déclarés,  très vindicatifs à mon égard, ne m’ont guère étonné. La politique est une discipline cruelle, une des activités humaines les plus injustes avec le sport, car ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Max Brisson peut en parler. L’alignement des planètes fait que parfois l’échec sera au bout de la campagne électorale, même si on est excellent. Je comprends que, quand on travaille à longueur de journée pour l’emporter, que l’on engage des frais de campagne importants pour sa permanence et sa communication, on frémisse en voyant tous ses efforts mis à mal.

Mais même si le temps de l’instrospective cruelle n’est pas encore venu pour ces candidats, j’estime pour ma part qu’ils ont une grande part de responsabilité dans la situation surréaliste que connaît Biarritz et je leur conseille d’urgence de relire la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi ».

En effet, à l’exception notable de Jacques-André Schneck qui depuis le premier jour prône la nécessité d’alliances pour vaincre Veunac, chacune des cigales locales a cru que la bataille allait être relativement facile avec un Veunac démonétisé et peinant à faire sa liste. Chacun s’est imaginé vainqueur et tout le monde a chanté tout l’automne en attendant de danser au printemps, proposant aux autres des alliances à la condition expresse d’être tête de liste et que les autres candidats intègrent le rang.

À se demander pour l’observateur extérieur si ces candidats, qui prônent tous une nouvelle façon de faire de la politique, qui affirment tous qu’un nouveau mandat de Veunac serait catastrophique et qui nous promettent tous moralisation de la vie publique à gogo, nouvelle gouvernance et respect des droits de l’opposition, ne s’aiment pas en définitive beaucoup plus qu’ils n’aiment les Biarrots et ne sont pas beaucoup plus préoccupés par le devenir de leurs fonds de commerce que par une gouvernance de salut public pour permettre à Biarritz de sortir de l’ornière.

La nature a horreur du vide et Guillaume s’engouffre

Ils ne l’avoueront jamais, car ce serait terrible pour eux, mais c’est leur incapacité à s’allier, à avancer ensemble et le risque majeur que Veunac soit réélu, avec leurs divergences à deux sous d’habitants d’un village gaulois, qui a provoqué la déclaration de candidature de Guillaume. En politique, le vide ne pardonne pas. Macron l’a compris en 2017 quand il a vu l’espace entre un parti socialiste exsangue et des Républicains à la ramasse. Didier Guillaume fait de même et comment lui donner tort ? Tous les supporters des écuries déclarées peuvent bien s’agiter désormais sur les évolutions politiques du ministre de l’Agriculture, sur son absence d’implantation locale ou sur les défaillances de ses soutiens, cette candidature fait considérablement bouger les lignes et oblige les candidats déclarés à un sacré examen de conscience.

Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas de boule de cristal, ne connait pas le candidat Guillaume pour savoir s’il tient la route ou non. Mais quand une personnalité de niveau national, de surcroît vieux routier de la politique, décide de se lancer dans l’arène biarrote , difficile de ne pas s’intéresser à ce qu’il va dire et à ce qu’il propose. Et qu’on ne vienne pas nous sortir l’argument du parachuté dont on sait ce que je pense. Si Antoine Dupont ou Gaël Fickou décidaient de venir jouer pour le BO, est-ce qu’on les refuserait sous prétexte qu’ils ne sont pas Biarrots d’origine ?

Une joute électorale qui se bipolarise, qu’on le veuille ou non

Et l’on reste parfois confondu par la naïveté affichée de cetains candidats. Quand un ministre et un secrétaire d’État, issus du même parti, s’affrontent dans la ville qui a accueilli le G7, comment voulez-vous que les médias locaux mais aussi nationaux ne s’intéressent pas à la joute ? Guillaume Barucq a raison dans un tweet publié aujourd’hui de déplorer que le duel Lemoyne-Guillaume rende « les autres candidats invisibles », mais c’est un fait inéluctable et les imprécations n’y changeront rien. Il a tort quand il s’est imaginé, étant bien avec tout le monde, qu’il pouvait devenir un faiseur de roi au soir du premier tour.

Dans une ville qui compte 22 500 inscrits sur les listes électorales, dont beaucoup de résidents secondaires votant à Biarritz mais peu au fait de la vie politique locale, ce duel entre membres du gouvernement va « mécaniquement » affaiblir les autres listes. La tentation de voter « utile » dès le premier tour sera grande.

Je ne me réjouis nullement de cette situation mais c’est un fait. Et en dehors d’une alliance de dernière minute entre les Arostéguy, Motsch, Barucq, Schneck et éventuellement Tardits, alliance qui paraîtra sans doute suspecte aux électeurs car bien trop tardive, chacun en restant enfermé dans son pré carré me paraît en grand péril.

Même si dans une élection tout reste possible jusqu’au soir du deuxième tour, ce qui nous a valu un désastre absolu de six ans avec Veunac et Lafite. Franchement, vous avez envie qu’on recommence les mêmes erreurs ?

Guillaume pose ses couilles sur la table

En annonçant sa candidature, le ministre de l’Agriculture fait sacrément bouger les lignes de la future élection municipale.

Quand votre maison est en feu, vous ne vous préoccupez pas de savoir si votre sauveteur est basque, béarnais ou drômois d’origine. On reproche trop souvent aux politiques de gérer leur carrière comme des petits boutiquiers pour ne pas saluer le panache avec lequel le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume vient d’annoncer qu’il serait candidat aux prochaines élections municipales, précisant même qu’il ne demanderait pas l’investiture LRem, investiture probablement déjà attribuée à Michel Veunac.

La politique consiste à prendre des risques et Didier Guillaume en faisant fi de toutes les conventions et en s’opposant au duo Veunac-Lemoyne démontre un sens de l’analyse politique certain. Si Veunac avait simplement été un maire médiocre, la candidature de Guillaume n’aurait guère été judicieuse. Mais nous venons de vivre le mandat le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz, avec un maire de 74 ans qui souhaite se représenter en compagnie de quelques invendus de la vie municipale façon Destizon ou Castaignède ou du bien fade sous-ministre Jean-Baptiste Lemoyne. Une rupture, un retour à un fonctionnement démocratique et à une transparence de la vie municipale s’imposent et pour toutes ces raisons, la candidature de Didier Guillaume est une bonne nouvelle.

Le moment opportun

Et tout d’abord ayons tous une pensée émue pour tous les professionnels de la gamelle, ceux dont le seul souci d’un mandat à l’autre est de conserver un poste et les indemnités afférentes. Ils ont bien conscience de miser sur une Rossinante en choisissant Veunac. Mais comme ils étaient persuadés que Didier Guillaume n’irait pas à l’affrontement faute d’avoir obtenu l’investiture, nombreux étaient ceux prêts à jouer Veunac pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Or, ce n’est un secret pour personne, Veunac a beaucoup de mal à bâtir sa liste malgré ses tentatives de ratisser large, comme en témoigne la pauvreté de ses quinze soutiens lors de sa conférence de presse aux « Baigneuses », où il a paru en brasse coulée, pérorant sur sa santé et affirmant être en pleine forme comme jamais, ce qui saute aux yeux de tous.

Exemple drôle au possible et tellement révélateur, Michel Veunac a invité jeudi dernier à midi au Bar Jean Serge Istèque pour lui annoncer qu’il était prêt à l’accueillir sur sa liste. Il n’est vraiment pas rancunier, notre Mimi, ou sacrément démuni pour ratisser aussi large avec quelqu’un qui avait dit pis que pendre de lui. Ce n’est plus Biarritz années folles, mais Biarritz élections folles!

En annonçant sa candidature dès le 5 décembre, même s’il ne pourra être actif qu’à partir de janvier, Guillaume joue donc finement le coup et peut espérer coiffer sur le poteau son rival.

Attendre et voir avant de se pâmer

Sud Ouest web du 6 décembre

Qu’on ne se méprenne pas, Bisque, Bisque, Basque ! ne vient pas de tomber en soudaine pâmoison devant un ministre de l’Agriculture qu’il n’a jamais rencontré et à qui il n’a jamais parlé. Comme nombre d’électeurs biarrots, on va attendre les premières déclarations, les premières réunions publiques, l’annonce des premiers soutiens pour se faire une opinion plus précise et décider pour qui voter. Hommage involontaire à Bisque, Bisque, Basque ! ou plus probablement hasard complet, le candidat Guillaume, en réponse à ce blog qui annonçait que Veunac faisait du vieux avec du vieux, affirme dans Sud Ouest (7/12) : « Je ne ferai pas du neuf avec du vieux ».

On le souhaite vivement tant la nécessité d’une rupture avec les pratiques d’un Didier Borotra ou d’un Michel Veunac est vitale. On sait que Michel Poueyts est le grand copain de Didier Guillaume, que Guy Lafite qui a décidément l’âme d’un second fait les yeux de Chimène au nouveau candidat, que Ghis Haye va nous ressortir ses « valeurs de gauche » pour tenter de monter dans le char à bœufs du ministre de l’Agriculture.

Mais, malgré toutes ces réserves, il peut être intéressant d’avoir à la tête de Biarritz un homme d’envergure nationale qui est promis à jouer un rôle décisif aux côtés de Macron dans la future élection présidentielle de 2022 (Guillaume n’a pas de mérite, Macron n’a quasiment personne à gauche et ne peut s’appuyer ni sur Collomb ni sur Ferrand compte tenu de leurs casseroles judiciaires). À condition que les petites souris de la liste ne dansent pas quand il n’est pas là et ne reprennent pas leurs mauvaises habitudes de copinage et coquinage. Si on élit Didier Guillaume comme maire pour avoir Lafite et Poueyts aux commandes, vieux chevaux de retour aussi démonétisés que Destizon ou Castaignède, où est l’intérêt ?

Aller chercher les talents où ils sont

Et l’on en vient à ces listes d’opposition à Veunac pour lesquelles Bisque, Bisque, Basque ! éprouve beaucoup de sympathie. Dans les quadras-quinquas qui se présentent actuellement, il y a incontestablement des talents et des qualités : on aime le sens du contact et la réelle empathie de Maïder Arsotéguy  pour les Biarrots. Malgré son côté Bisounours qui ne veut se fâcher avec personne, on apprécie le côté sympa et les idées de Guillaume Barucq. On a de la sympathie pour la culture politique de François Xavier Menou et pour l’implication de son équipe. On admire aussi l’intelligence, le sens politique et le courage de Nathalie Motsch et, même s’il n’est pas de la même génération que les autres, on apprécie aussi la haute idée que se fait Jacques-André Schneck du rôle de maire.

Bisque, Bisque, Basque !  n’a qu’un reproche à formuler à tous ces candidats qui pensent à juste titre que Biarritz va dans le mur en continuant avec Veunac et qu’il convient désormais de moraliser la vie publique. Il ne suffit pas d’être jeune pour faire de la politique autrement. Chacun affirme avoir tout tenté pour s’allier avec les autres, ce qui reste à vérifier. Mais ces « jeunes » candidats pratiquent un peu une politique à l’ancienne en estimant qu’ils doivent obligatoirement être têtes de liste et que les autres doivent s’allier à eux. Et compte tenu de la « prime au sortant » dont bénéficie tout maire qui sollicite un renouvellement de mandat, on pouvait redouter que la machine à perdre soit en marche, chacun affirmant que la pire catastrophe serait d’avoir Veunac à la tête de la Ville pour un deuxième mandat, mais ne faisant concrètement rien pour remédier à cette tuile prévisible.

Il n’est pas déshonorant de s’allier

La candidature de Didier Guillaume modifie profondément la donne, car elle laisse entrevoir une défaite possible de Veunac, ce qui constitue l’espoir suprême de tous ceux qui suivent de près la vie politique biarrote. Celui qui est encore ministre de l’Agriculture annonce qu’il va bâtir une liste élargie. Ce qui est absolument nécessaire compte tenu de la prévisible dispersion des voix. Il n’est pas déshonorant d’être le numéro deux d’un ministre, son relais biarrot quand ses fonctions le retiennent à Paris. Et c’est probablement là une occasion unique d’apprendre son métier de futur maire et de comprendre la complexité du mille-feuilles administratif français où seuls les plus malins décrochent des subventions.

En ce sens, les semaines qui s’annoncent vont être passionnantes, même si la vie pour les « petites » listes va désormais être difficile car les médias vont se focaliser sur le duel opposant un ministre à un secrétaire d’État planqué derrière un vieux maire. Biarritz a besoin d’un gouvernement de salut public pour mettre fin à toutes les dérives municipales et l’arrivée de Dider Guillaume devrait permettre de créer des alliances susceptibles de faire espérer la victoire.

Pour ma part, je ne sais pas encore pour qui je vais voter mais si au deuxième tour, on retrouvait face à face un Drômois parachuté vivant sur la Côte basque depuis trente ans face à un pur Biarrot septuagénaire et incompétent, le choix serait vite fait. Quand la maison est en feu, il ne faut surtout pas mégoter.

La gauche si gauche de Haye. La droite si maladroite de Brisson

C’est bien connu, en période électorale, les bonnes paroles n’engagent que les imbéciles qui y croient.

Sud Ouest du 18 novembre.

L’époque étant à la grandiloquence et aux contre-vérités absolues prononcées avec le culot qui convient aux périodes préélectorales, nous ne saurions trop conseiller à tous les passionnés de la vie publique biarrote d’équiper jusqu’en mars leurs sièges de ceintures de sécurité afn d’éviter de choir par surprise en lisant leurs journaux favoris.

Prenez par exemple Jean-Baptiste Lemoyne, ce secrétaire d’État au Tourisme qui n’est connu que de sa concierge et de la sénatrice Frédérique Espagnac mais qui se découvre une passion soudaine pour Biarritz. Est-on vraiment crédible en sortant des bêtises comme « Michel Veunac n’est pas un diseur, c’est un faiseur. Il a réalisé de grandes choses pour Biarritz : l’aéroport, l’hôtel du Palais… Il laisse le « tout à l’égo » aux autres car il a plus d’ambition pour sa ville que pour lui  » ? Tous ceux qui ont pu suivre de près les dossiers évoqués auront du mal à ne pas sourire de cette couronne de lauriers adressée à un homme qui n’aurait aucune ambition personnelle. Si Macron crée un ministère de la Flagornerie lors du prochain remaniement, il va avoir un prétendant de classe mondiale avec Jean-Baptiste Lemoyne.

Que pense le PS de « la gauche loyale » de Ghis Haye ?

Et il ne se passe désormais pas une journée à Biarritz sans son lot de candidats plus ou moins déclarés qui sont visiblement persuadés que c’est en racontant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui. Ghislaine Haye, cette élue qui met en avant ses valeurs de gauche les rares fois où elle prend la parole au conseil municipal, en est un magnifique exemple. Dégoûtée par l’ambiance qui règne au sein de la majorité, elle avait annoncé qu’elle se retirait de la vie politique.

Grand revirement dans Sud Ouest du 18 novembre. Notre brave Ghis’ va finalement donner son corps à la science électorale : « Il est inacceptable pour moi que cette gauche loyale, qui travaille efficacement ne soit pas présente ». On reste confondu devant tant d’abnégation et de dévouement et on savoure particulièrement l’évocation de « la gauche loyale » faite par celle qui, avec Alain Robert et Jeanine Blanco, n’a absolument pas respecté le vote interne des militants socialistes au moment du débat sur L’Hôtel du Palais et s’est ralliée au maire pour sauver son indemnité d’adjointe. On sortirait presque les mouchoirs quand la même geint sur l’attitude du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume qui « ne l’a jamais contactée » bien qu’elle soit « la seule élue socialiste de l’exécutif… Et pourtant, il sollicite tout le monde à Biarritz ! ». Seule explication pour la pathétique adjointe socialiste : « Son mépris pour les petits élus et les femmes ». Et si, tout simplement, Didier Guillaume manifestait du bon sens en fuyant ce genre d’élue et en ne l’estimant pas digne de représenter la Ville ?

Brisson ne se souvient plus qu’il est élu des Républicains

Mediabask du 18 novembre.

À droite, cela ne va pas mieux si l’on se fie à l’interview un peu surréaliste donné par Max Brisson à Mediabask (18/11). Le sénateur biarrot fait une fois de plus de la politique à sa façon, c’est-à-dire détestable, en affirmant que « Les Biarrots attendent une impulsion nouvelle », ce qui ne mange pas de pain, avant d’affirmer que « L’offre actuelle me déçoit, elle ne me convient pas, donc je ne procède pour l’instant à aucune élimination. ». Rappelons tout de même que Max Brisson a été élu sénateur sous l’étiquette Les Républicains, qu’une des candidates, Maïder Arostéguy, a obtenu l’investiture LR et que la moindre des choses dans ce cas-là, quand on respecte le maillot que l’on porte, est de s’abstenir de tout commentaire contre la candidate de son camp, même si l’on n’est pas capable d’imaginer quelqu’un d’autre que soi à la mairie.

Mais il y a plus fort encore. Si l’on en croit La Semaine du Pays basque (22/11) Max Brisson, en compagnie de Michel Poueyts, aurait signé une lettre destinée à Macron pour que Didier Guillaume reçoive l’investiture LARem. Et plus fort encore, des signataires se sont retrouvés à l’insu de leur plein gré mentionnés dans la lettre, comme Laurent Borotra qui avait refusé catégoriquement l’idée. Un sénateur républicain qui vole au secours d’un socialiste repeint aux couleurs En Marche, ça doit être ça l’ouverture façon Biarritz.

Heureusement que Christian Jacob ne doit plus avoir grand monde sur qui compter car on a connu des élus exclus de leur parti pour beaucoup moins que ça.

Papy manœuvre comme un chef

Bisque, Bisque, Basque ! l’a souvent écrit : prenez tout ce petit monde qui s’agite actuellement pour décrocher l’écharpe tricolore et expédiez-le dans un des îlots où s’est tourné Koh Lanta. À la dizaine de candidats affamés qui vont concourir en mars prochain, ne laissez à manger qu’une seule noix de coco. Vous pouvez être certains que c’est Veunac qui s’en emparera.

Difficile de décrire avec précision, une situation particulièrement mouvante même si beaucoup d’informations filtrent de Paris. G7 oblige, Macron souhaite « débrancher » Veunac en douceur, ce qu’a bien compris notre Mimi-La-Malice local. Le week-end dernier il était encore à Paris pour négocier son cas et tenter d’obtenir l’investiture LaREM. Et il clame partout qu’il se présentera quoi qu’il arrive. Info ou intox ? Les deux probablement et une très belle manière de faire monter les enchères.

Comme en témoigne sa déclaration de patrimoine déposée en 2014 au moment de son élection, Veunac était loin de rouler sur l’or en 2014. Quand on a pris l’habitude d’être invité partout et de gagner 8 000 euros par mois, il doit être assez difficile de renoncer à ce genre de facilité. Il suffit alors de dire qu’on est uniquement préoccupé par « l’intérêt supérieur des Biarrots »  pour se représenter en se drapant dans la vertu. La République regorge de fromages qui offrent beaucoup d’argent pour peu de travail et Macron a probablement réfléchi à cette hypothèse, seule capable de faire renoncer ce maire décrié de 74 ans qui semble incapable de mener à bien un second mandat.

Mais le pouvoir est une drogue dure et Michel Veunac savoure certainement la revanche qu’il prend sur tous ceux qui l’ont méprisé de Borotra à Brisson. Et il est fort possible que rien ne puisse le convaincre de renoncer à l’élection. D’autant plus qu’il va intégrer Jean-Baptiste Lemoyne, et probablement l’ex-patron de la SNCF et néoretraité biarrot, Guillaume Pepy dans sa liste. Et force est de constater que ce maire au bilan catastrophique aura une fois de plus manœuvré comme un chef.

Didier Guillaume de son côté est totalement coincé. Il est prêt, sa candidature intéresse les Biarrots même si certains crient au parachutage, et l’actuel ministre de l’Agriculture se déclare persuadé de gagner la Ville. On espère seulement s’il l’emporte qu’il n’invitera pas dans sa liste des candidats de l’ancien monde comme Guy Lafite ou Michel Poueyts, tant ces deux-là incarnent tout ce que détestent les Biarrots.

Mais Didier Guillaume, qui va jouer un rôle majeur dans la future campagne présidentielle de Macron (ses soutiens à gauche sont plutôt rares) ne peut pas se permettre le luxe d’un affrontement avec Veunac et Lemoyne. Il se présentera, comme le souhaite Macron, uniquement si Veunac accepte un poste honorifique et se laisse débrancher en douceur.

Ce qui est loin d’être fait.

Et comme Max Brisson, qui rêve d’un poste de conseiller communautaire pour s’emparer à terme de l’Agglo, a bien compris que Veunac, avec Lemoyne et Pepy, n’a pas vraiment besoin de lui, il pose des jalons dans toutes les listes pour tenter de faire partie de l’équipée gagnante.

Vous l’avez compris, en politique, la seule chose qui compte ce sont les convictions.

La triple angoisse de l’électeur biarrot

Globalement décevantes, les réunions publiques des futurs candidats se contentent souvent de vagues promesses à propos des trottoirs délabrés ou des navettes. Alors que trois grandes questions se posent.

Les réunions publiques de précampagne électorale ont ceci en commun avec les réunions de famille qu’on y évite soigneusement les sujets qui fâchent et qu’on se contente le plus souvent de deviser sur l’accessoire. Bisque, Bisque, Basque ! s’efforce d’assister aux déclarations de candidature et aux premiers rassemblements de tous ceux qui visent la mairie en 2020. Tandis que Michel Veunac se réfugie dans son splendide isolement, candidat déclaré bien incapable de dire avec qui il va partir, que Guy Lafite frétille et que Didier Guillaume se souvient soudain que Biarritz est désirable, Maïder Arostéguy, Nathalie Motsch et Jacques-André Schneck (par ordre d’apparition sur la scène médiatique) en attendant Guillaume Barucq la semaine prochaine et sans doute bientôt Marine Batiste et François-Xavier Menou, s’efforcent de tenir un maximum de réunions publiques pour aller à la rencontre des Biarrots.

On commence souvent à s’intéresser à la vie publique lorsqu’on rencontre des difficultés. Il est donc normal que dans ces réunions publiques se trouve toujours un riverain pour déplorer l’état du trottoir devant sa porte ou un autre souhaitant que la navette passe devant chez lui et non dans la rue à côté. Et il est donc normal que le ou la candidate déclarée hoche gravement de la tête pour bien faire sentir combien la question le passionne et fasse une promesse qui ne vaudra au mieux qu’en cas de triomphe électoral.

Mais, même si ces réunions permettent d’avoir une meilleure idée du « style » de chacun, Bisque, Bisque, Basque ! éprouve globalement une assez grande déception, tant il a le sentiment que ce qui préoccupe véritablement tous les Biarrots suivant de près ou de loin la vie municipale, est délibérément occulté par les candidats. Voici donc les trois sujets que Bisque, Bisque, Basque ! souhaiterait voir évoqués lors des réunions publiques.

COMMENT RESTAURER LA CONFIANCE ?

Aurait-il quelque chose à craindre ? Ces jours derniers, Michel Veunac a pris langue avec les principaux candidats pour leur demander de mener une campagne électorale propre. Venant de sa part, il fallait oser ! Il faut dire qu’après le mandat calamiteux qu’il vient d’accomplir, Mimi-La-Malice a quelque raison de redouter l’ironie de ses rivaux électoraux. Quel changement en six ans à Biarritz ! On est passé d’un maire un peu fripon sur les bords, qui avait à l’évidence effectué le mandat de trop mais qui était respecté de la plupart des Biarrots, à un maire désastre absolu, incapable d’imposer son autorité et qui a transformé la Ville en vaude…ville permanent. Dossiers planqués, donnés à la dernière minute au conseil municipal, opérations qui ne semblent destinées qu’à favoriser des copains, adjoints qui démissionnent en série, opposition qui trahit et vient voler au secours de Veunac. Après un mandat aussi réussi, on comprend que Veunac souhaite en accomplir un second !

Bien évidemment, tous les futurs candidats promettent « de la transparence » et certains avancent même des idées originales : un « déontologue » pour Jacques-André Schneck, une commission qui aurait droit de veto sur les projets municipaux pour Nathalie Motsch, des représentants de l’opposition dans toutes les commissions importantes pour Maïder Arostéguy. Tout cela va dans le bon sens et Bisque, Bisque, Basque ! ne peut que s’en féliciter. Ce qui n’empêche pas le spectateur qui assiste aux réunions électorales de ressentir un certain malaise tant il a le sentiment que tout ce petit monde politique qui s’agite en période électorale reste dans l’entre-soi.

Les Biarrots ont besoin d’entendre dire de la bouche des candidats que le dernier mandat a été un désastre absolu, de se faire confirmer qu’en aucun cas une alliance avec Veunac au soir du premier tour n’est envisageable, de savoir qu’ils ne vivront plus jamais cela. Les errances d’un Brisson, les trahisons d’un Saint-Cricq, les flagorneries d’un Claverie leur ont fait totalement perdre confiance en leurs élus et ils ont besoin de rupture avec les pratiques anciennes. Quand Guillaume Barucq affirme qu’il « s’entend bien avec tout le monde », quand Nathalie Motsch évoque Didier Borotra avec des trémolos dans la voix ou quand Jacques-André Schneck, par élégance sans doute, ne parle quasiment pas du mandat Veunac lors de sa première réunion publique, l’électeur qui a pris la peine de se déplacer se demande si on n’est pas en train de lui préparer un nouvel emballage pour habiller des manières de fonctionner fort anciennes.

La gravité de la situation à Biarritz aurait exigé un « mandat de salut public » où tous les opposants à Veunac se regroupent pour redonner à la Ville une gouvernance saine pendant six ans. Au lieu de cela, le bal des égos est en marche et chacun est convaincu de pouvoir sauver la patrie tout seul et use ses forces à combattre des adversaires aux idées souvent très proches, au lieu de combattre l’équipe en place. En mars prochain, les électeurs biarrots devraient avoir le choix entre une dizaine de listes. C’est la meilleure façon de faire réélire le maire sortant.

COMMENT RÉTABLIR LES FINANCES ?

Si je promets à mes enfants un scooter neuf au cas où je gagnerais le gros lot de la Loterie nationale, suis-je un bon père ou un enfumeur de première ? On sait tous ce qu’il advint de la piscine olympique annoncée par Veunac en 2014. Chaque candidat a un magnifique programme… de dépenses à proposer aux Biarrots : Ville écologique, Ville débarrassée de son viaduc à La Négresse, Ville où les jeunes pourraient enfin s’installer grâce aux logements sociaux… Les idées ne manquent pas et c’est logique en période électorale. Mais quand on évoque le financement de ces mesures, chaque candidat balaie le problème d’un large revers de la main : « Des ressources, on en trouvera ! » Est-ce si sûr ?

Petit rappel historique : Biarritz est une ville riche qui ne devrait avoir aucun souci d’argent. Entre ce que rapporte le tourisme, le casino et les droits de mutation liés aux transactions immobilières, le budget de la Ville devrait s’équilibrer sans problème. Malheureusement la folie des grandeurs de Didier Borotra et le gouffre financier représenté par La Cité de l’Océan, ont conduit la Ville à une situation très préoccupante, puisqu’elle était tout près en 2014 de la mise sous tutelle (Dans ce cas-là le préfet est seul habilité à autoriser les dépenses), lorsque Veunac et Lafite sont arrivés aux manettes. Situation d’autant plus grave que tous les fondamentaux de la Ville ont été négligés lors du dernier mandat de Borotra : voieries à l’abandon, taux de logements sociaux tellement bas que nous payons 600 000 euros d’amende à l’État chaque année, on en passe et des meilleures.

Si l’on en croit le discours officiel du sémillant « Lafaillite-Nous-Voilà ! », les finances municipales ont été rétablies de façon brillante par le pas qu’un peu énarque qui dirige en second la Ville. Et l’on pourrait imaginer qu’il dit vrai, puisque l’opposant historique Jean-Benoît Saint-Cricq, qui depuis juillet 2018 et le vote de L’Hôtel du Palais est en pamoison devant la majorité municipale après en avoir dit pis que pendre, ne cesse de souligner la rigueur budgétaire manifestée par l’équipe en place. Mais quelle blague !

De la même façon que le Français moyen possède un livret de Caisse d’Épargne pour les imprévus de l’existence, les Biarrots avaient un petit pécule pour se prémunir en cas de difficulté : la propriété de L’Hôtel du Palais. Un bien estimé autour de 200 millions d’euros et qui aurait facilement trouvé preneur. Au lieu de cela, les lambeaux de la majorité municipale, aidée de cinq opposants qui les ont rejoints, ont opté pour un bail emphytéotique de soixante-quinze ans qui fait perdre toute marge de manœuvre à la Ville et pour un emprunt assumé par la coquille vide qu’est la Socomix. Qui serait bien incapable de rembourser les traites si le prévisionnel établi par Hyatt s’avérait trop optimiste, ce que semble penser la spécialiste de l’économie des palaces Virginie Lannevère, ainsi que plusieurs anciens administrateurs comme Anne Pinatel ou François Amigorena.

C’est facile de présenter un budget en équilibre quand on planque la dette sous le tapis !

Les Biarrots ne sont pas des enfants à qui on ne doit rien dire pour ne pas les inquiéter. Les candidats en piste pour les prochaines municipales au lieu de s’étendre sur leurs projets, qu’ils auront un mal fou à financer, feraient mieux, comme le faisait Winston Churchill au sortir de la guerre, de promettre « du sang et des larmes », tant la situation financière de la Ville s’annonce délicate pour le mandat à venir avec une Cité de l’Océan bien loin d’être sauvée avec ses chiffres de fréquentation dérisoires. Mais comme le sujet n’est pas porteur électoralement, il est tellement plus facile de glisser, d’éluder et de faire croire qu’on se prépare à un mandat normal dans une ville normale.

COMMENT RAVIVER LES ALLIANCES ?

En 2020, les maires français seront voués à la schizophrénie. Pour ses administrés, le maire est celui qui décide de tout localement, alors qu’il est surtout le porte-drapeau de sa Ville au sein d’une entité qui prend toutes les décisions importantes. Et quand l’entité est XXL, comme la Communauté d’Agglo du Pays Basques (CAPB) avec ses 158 communes, on comprend mieux la nécessité impérative d’avoir des rapports harmonieux avec ses collègues pour obtenir des arbitrages en faveur de sa Ville.

En apparence, en apparence seulement, le G7 est une grande réussite pour Michel Veunac. Si ce grand raout mondain et planétaire s’est déroulé sans trop de casse pour le Pays basque, malgré une indemnisation scandaleusement faible des commerçants, il n’en va pas de même pour notre Mimi-Imperator-que-le-monde-entier nous-envie.

D’abord les services élyséens, qui ont longtemps séjourné à Biarritz pour préparer l’événement, ont pu prendre la mesure du maire qui nous dirige. Et visiblement, si l’on se fie aux discours où Macron a soigneusement évité de prononcer le nom de Veunac et à cette investiture LaREM tant convoitée que le maire semble en peine d’obtenir, l’État n’a pas été franchement bluffé par notre porteur d’écharpe tricolore.

Mais il y a bien pire pour l’avenir immédiat de Biarritz. Officiellement vice-président de l’Agglo, Veunac n’a prévenu personne lorsque Macron lui a demandé d’avancer la date du G7 fin août, à cause des élections canadiennes. Tous ses collègues de l’Agglo ont été mis devant le fait accompli. Jean-René Etchegaray et Claude Olive, les maires de Bayonne et Anglet, qui sont les alliés naturels de Biarritz au sein de la CAPB face aux maires du Pays basque intérieur, ne décolèrent pas sur la façon de procéder de Veunac. Résultat : toute demande qui viendra de Biarritz, et en particulier si Veunac est réélu, sera examinée à la loupe et rejetée chaque fois que ce sera possible tant la rancune demeure tenace. On en a la preuve sur le dossier Aguilera et la procédure MECDU (Mise en Conformité des Document D’Urbanisme) en cours. Veunac a cru pouvoir faire accélérer les choses. Il devra patienter 18 à 21 mois et rien ne prouve que son projet ne sera pas encore retoqué.

Ce sujet de l’Agglo, de la pacification nécessaire des relations avec les autres maires, doit être évoqué par les candidats même s’il n’est pas très sexy et parfois difficilement compréhensible par les Biarrots, tant l’avenir de Biarritz est lié à un fonctionnement harmonieux au sein de la CAPB. Là aussi, le sujet passionnerait sans doute les auditeurs s’il était traité publiquement par les candidats au lieu d’être évoqué du bout des lèvres.

En fait, comme dans les réunions de famille, c’est parfois le premier pas qui coûte le plus. Soit on fait de la politique comme avant, le candidat et l’auditoire se contentant de banalités prudentes et on rentre le soir un peu frustré de ne s’être rien dit avant de se séparer. Soit on prend le risque de voir les assiettes voler, et on se dit ce qu’on a à se dire avec franchise pour pouvoir repartir sur des bases saines.

Allez, encore un effort, Messieurs et Mesdames les candidats !