Biarritz s’agite tous azimuts

Manif anti-G7, Veunac, Brisson, Lafite, Saint-Cricq, Arosteguy, la partie de billard à douze bandes est lancée dans la cité balnéaire.

Quelques gilets jaunes avaient pris place dans cette manifestation anti G7 qui a réuni plus de 500 personnes.

Comme un homard géant négligé par des convives de l’hôtel de Lassay et livré en pâture au petit personnel, la préfecture avait fait l’aumône aux organisateurs d’une seule et unique manifestation anti-G7, samedi dernier, dans les rues de Biarritz. Première très bonne surprise, ce rassemblement organisé à une date difficile pour les mobilisations par G7 Ez ! et Alternatives G7 a regroupé un demi-millier de personnes. Une estimation qui n’émane ni de la CGT ni de source policière, mais basée sur l’observation d’une place Sainte-Eugénie remplie à ras bord, tandis que la tête de cortège se trouvait déjà sous les fenêtres de l’Hôtel d’Angleterre.

Un cortège sympa et bon enfant où l’on croisait aussi bien des membres de Bizi, que du parti communiste, ainsi que des altermondialistes d’Attac, des écologistes, quelques anarchistes et trois black blocks, vêtus de noir des rangers à la cagoule, s’efforçant d’allumer des fumigènes dans le kiosque à musique de Saint-Eugénie sans susciter la moindre réaction.

Deuxième bonne surprise, les commentaires plutôt amusés et favorables des locaux comme des vacanciers à cette répétition générale de ce qui nous attend dans six semaines, nombre de maillots de bain-huile solaire engageant la conversation avec les manifestants pour déplorer la stupidité d’un tel sommet à une telle date dans une cité balnéaire.

Enfin, et c’est sans surprise, pas un élu biarrot n’avait daigné venir dialoguer avec les manifestants. Il faut dire aussi que nos élus ont tant à faire actuellement pour assurer leur avenir qu’on a presque envie de leur rédiger un mot d’excuse.

Sondage : Veunac avoue à demi-mot

Sud Ouest, 13 juillet.

Et l’on commence par celui qui la joue vieux-usé-fatigué, mais qui continue à tirer toutes les ficelles, notre Mimi-la-Malice que la terre entière nous envie. Si on vous interroge à propos d’un sondage dont vous n’êtes pas à l’origine, vous allez tout de suite dire au journaliste que vous n’êtes pas le commanditaire, ce qui n’est pas exactement ce qu’a répondu le maire de Biarritz à Sud Ouest : « Qui a fait ce sondage ? Je n’ai pas à répondre à ça. Mais je sais que pas un centime de la Ville n’est ou ne sera utilisé pour une quelconque enquête d’opinion. Le commanditaire paie ». Si ce n’est pas un aveu, ça y ressemble. Les messages laissés sur répondeur prouvent que le sondage est réalisé par « Acticall-Opinionway » deux sociétés bien connues dans le monde du sondage politique. D’après plusieurs recoupements, l’ardoise minimale dans ce genre de prestation s’élève à 15 000 euros. Et un sondage « aux frais des contribuables » était bien prévu par la mairie. Grâce à Sud Ouest et à Bisque, Bisque, Basque ! Veunac pourrait se retrouver à faire le chèque final et devenir, contraint et forcé, vertueux avec l’argent public. Mais le connaissant, un arrangement avec la société de sondage pourrait aussi intervenir. En attendant, nul doute que notre cher maire se fera un plaisir de nous détailler tout cela et de nous communiquer les résultats du sondage lors du prochain conseil municipal.

Saint-Cricq s’enflamme en vain

Avec un opposant comme celui-là, le maire n’a plus besoin de majorité. Dans le dernier « Biarritz-Magazine », Jean-Benoît Saint-Cricq, l’homme qui a incarné pendant quatorze ans une opposition de fer à Borotra puis à Veunac avant de succomber aux délices du compromis, s’enflamme totalement.

« Biarritz Magazine », juillet-août 2019.

En planquant les dettes sous le tapis, comme pour le Palais, il est facile d’avoir une « embellie des comptes », mais l’avocat biarrot n’en a cure et ne se souvient plus des fondamentaux de l’opposition. Enthousiaste, il nous promet un futur mandat de prospérité à partir de 2020 où l’on va enfin « s’attaquer aux vrais problèmes des Biarrots ». Avec lui dans la liste Veunac ? On se demande vraiment ce qu’a fait Veunac de 2014 à 2020 pour qu’il se décide enfin à se mettre au travail, mais l’ex-opposant devenu manieur de brosse à reluire se moque de ces détails triviaux.

Et que croyez-vous qu’il advint de tant de courtisanerie ? Veunac considère désormais tellement Saint-Cricq comme « sa chose » qu’il n’a même pas eu l’idée de le mentionner dans le sondage d’opinion qu’il a commandité. Pourtant, aux dernières nouvelles, Saint-Cricq fait toujours partie de l’opposition. Un « oubli » risible à dégoûter définitivement de la flagornerie.

Brisson et Lafite en alerte

Le look énarque prétendument à gauche, face au look luxembourgeois en vacances.

Le jour où se tenait la manif anti-G7, un lecteur au smartphone véloce a surpris cette longue discussion entre Brisson et Lafite, côte des Basques. Les deux en effet doivent consulter frénétiquement toutes les voyantes de la Côte basque pour savoir ce que Veunac leur réserve. Et c’est sans doute en application de la méthode Coué qu’ils annoncent à tout va que Veunac ne se représentera pas. « La Faillite-nous-voilà ! », on le sait, rêve d’être calife à la place du calife, même si comme l’avoue ingénument son épouse, « il a peu de chance d’être élu car il est trop à gauche pour les Biarrots ». Un état de fait qui n’avait pas sauté aux yeux des observateurs de la vie locale, contrairement à l’agacement que ses haussements de sourcils, ses mimiques méprisantes et ses grimaces à la De Funès suscitent.

Lafite est donc sous la gouttière en attendant la décision de son seigneur et maître. Pour donner un peu de lustre à la future liste, il promène avec lui le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, qui a une maison à Biarritz et est le grand copain de Michel Poueyts. Encore un qui se demande à quelle branche il va pouvoir se raccrocher pour poursuivre sa brillante carrière municipale maintenant que les abertzale ne souhaitent plus le voir se représenter !

 Le sénateur Max Brisson de son côté après avoir fait le tour de toutes les listes potentielles en se déclarant « prêt à rendre service », semblait s’être décidé à rallier Veunac et partir en 2020 comme simple conseiller municipal ce que la loi sur le cumul des mandats lui permet. Pour preuve, les communications avec Maïder Arosteguy, avec qui il avait un moment envisagé de faire équipe, brutalement interrompues à son initiative. Pas de chance pour lui, Veunac depuis quelque temps ne le prend plus au téléphone, officiellement « trop occupé » par le G7. En fait, Veunac cherche à recomposer sa liste avec des figures de La République En Marche, histoire de donner un peu de lustre au ramassis de vieux politiques qui usent leurs fonds de culotte sur les bancs municipaux depuis des décennies avec qui il est prêt à partir. Didier Guillaume pourrait en être, mais aussi Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’état au Tourisme, très proche de la sénatrice Frédérique Espagnac. Et dans ce cas-là, la présence du sénateur Brisson, menacé par une réforme constitutionnelle qui verrait les Pyrénées-Atlantiques se contenter de deux sénateurs, n’a plus beaucoup d’utilité. D’autant plus que Veunac, malin, annonce qu’il n’ira pas au bout de son mandat et est prêt à céder sa place en 2022. Une date susceptible de faire frétiller d’aise les deux membres du gouvernement, jamais à l’abri d’un remaniement ministériel après l’élection présidentielle.

Quand on vous disait qu’on ne s’ennuie pas à Biarritz !

Et pendant ce temps Arosteguy pique-nique !

Tandis que Guillaume Barucq rame à Bidart pour une planète plus propre en compagnie de ses troupes de la « Nouvelle vague », tandis que Nathalie Motsch se fait on ne peut plus discrète pour l’instant, se contentant d’une communication institutionnelle un peu surprenante, Maïder Arosteguy, seule candidate officiellement déclarée, laboure inlassablement le terrain. Dernier événement en date, un pique-nique au lac Marion où chacun était invité à venir avec sa bouteille et un plat à partager. Plus de soixante personnes étaient présentes, samedi à 18 heures, ce qui est plutôt une belle réussite en cette période estivale.

Bisque, Bisque, Basque ! a bien cherché mais n’a vu ni Brisson ni Veunac, ni Lafite. Un empoisonnement est si vite arrivé !

Un très vague « Biarritz nouvelle vague »

Le presque quasi-certain candidat Guillaume Barucq a présenté son mouvement citoyen « Biarritz nouvelle vague ». Mais a parfois eu du mal à surfer sur ses contradictions.

Allez, avouez-le, vous avez tous eu droit le jour de la fête des mères ou des pères à un collier de nouilles de votre chérubin préféré et vous vous êtes extasiés sur ce cadeau amoureusement confectionné, comme le veut la bienséance familiale. Sauf qu’à la quatorzième injonction de la chair de votre chair vous demandant si ce collier vous plaît et quand vous allez le porter, vous avez ressenti comme un léger découragement.

Pour le lancement de son mouvement citoyen, « Biarritz Nouvelle vague », (Truffaut et Godard étaient excusés), Guillaume Barucq avait fait dans la symbolique lourde avec une conférence de presse à Olatua, la vague en langue basque, et dans le viseur des photographes le rocher de la vierge (Pour le cas où un miracle se produirait en 2020).

Qu’on ne s’y trompe pas : Bisque, Bisque, Basque ! regarde avec beaucoup de sympathie la candidature de Guillaume Barucq. Quant à la garde rapprochée qui a été présentée à la presse, composée de Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt, elle est tout à fait intéressante et susceptible d’apporter des idées nouvelles à Biarritz.

Mais de la même façon qu’il est préférable de prendre quelques cours de surf à la Côte des Basques avant de se coltiner la vague de Parlementia, on ne peut pas en politique balayer d’un revers de main ce qui s’est passé avant, comme a cherché à le faire la journaliste et néo-biarrote depuis 2018 Aube Chatrier affirmant que « la politique, ça n’intéresse pas les gens ». Bien sûr que si !

C’est donc à une déclaration de candidature beaucoup plus normande que biarrote, tant elle était sinueuse et chantournée, qu’a pu assister la presse.

Dans le bateau naufragé de la majorité ou dans le canot des secours ?

Avec le rocher de la Vierge en arrière-plan.

On le sait Guillaume Barucq a de nombreuses idées intéressantes pour la Ville, mais, en voulant être ami avec tout le monde et en s’efforçant de réconcilier les inconciliables au cours du mandant 2014-2020, il est souvent apparu comme un élu « bisounours » très loin des réalités politiques.

Sans surprise, les axes forts de sa campagne vont tourner autour du logement des jeunes à Biarritz (plus de la moitié du groupe impulsé par Guillaume Barucq en 2014 a été contraint de déménager), les mobilités douces et la pollution des eaux de baignade.

C’est ensuite que cela se complique. Guillaume Barucq peut-il faire abstraction du mandat qui vient de s’écouler, le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz aux yeux de Bisque, Bisque, Basque ? Guillaume Barucq oscille entre des peut-être bien que oui, peut-être bien que non, très normands. « J’ai annoncé ma décision à Michel Veunac et à Guy Lafite. Ils l’ont très bien comprise ». Les acrobaties et l’absence de convictions, ils connaissent ! « Je ne suis pas encore candidat déclaré officiel, même si… » Qui aurait pu penser le contraire ? « Le docteur Barucq et le docteur Veunac ont peut-être des préconisations différentes pour l’avenir de la Ville » Nul n’en doute et c’est bien là le problème.

La garde rapprochée : de gauche à droite, Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Guillaume Barucq, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt,

Alors que Michel Veunac a annoncé qu’il se déclarera en septembre et que Guy Lafite est prêt à prendre son relais si les circonstances contraignaient Veunac à ne pas se présenter, comment peut-on être décidé à rester jusqu’au bout dans la majorité tout en conduisant une liste qui va s’opposer au maire sortant ?

Là encore, le représentant du bien-nommé « Biarritz nouvelle vague », demeure on ne peut plus… vague. « Je ne vais pas critiquer le passé » … « La carte du parti, on ne la sortira à aucun moment, le but est de favoriser la proximité avec les Biarrots » avant de conclure par une phrase mille fois entendue : « Je préfère rester à l’intérieur de la majorité car c’est là que je suis le plus utile ».  Une minute après, le futur candidat raconte comment il a été écarté d’un dossier environnemental ! Comme Motsch de l’Urbanisme, Amigorena du tourisme ou Chazouillères du commerce !

Hélas en politique, il faut choisir son camp à un moment donné. Porter son collier de nouilles pour faire plaisir à son enfant ou le contrarier. Guillaume Barucq est intelligent. Nul doute qu’il va comprendre qu’on ne peut être ici et ailleurs en même temps, dans le bateau naufragé de la majorité et dans le canot des sauveteurs en mer décidés à porter secours aux Biarrots en péril.

Pas de mouette rieuse à l’horizon

Heureusement, il est des signes qui ne trompent pas. Alors que la canicule était annoncée sur Biarritz, quelques gouttes de pluie se sont invitées au début de la conférence de presse, obligeant à sortir les parasols. Avec son humour habituel, Guillaume Barucq a parlé de la malédiction de François Hollande qui ne pouvait prononcer un discours sans se faire doucher. Mais contrairement au président malheureux et dépassé que la France a connu de 2012 à 2017, pas une mouette rieuse n’est venue viser le polo vert du candidat pendant son allocution. La preuve que le médecin biarrot peut échapper à la malédiction hollandaise et a un bel avenir devant lui s’il réussit à s’allier avec les autres opposants au duo infernal Veunac-Lafite et à comprendre que les Biarrots n’en peuvent plus des combines d’appareil, des alliances improbables, des négociations de soir de premier tour et qu’ils souhaitent des candidats qui soient déterminés à ne pas reconduire les errances des deux derniers mandats. Chiche, Guillaume !

 

Questions pour un fripon

Au niveau de l’ellipse, de la dissimulation et des demi-vérités, Veunac s’avère décidément un candidat imbattable. La preuve avec le dernier conseil municipal.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » affirmait la grand-mère de Martine Aubry. Ceux qui ont eu le courage d’assister jusqu’au bout au dernier conseil municipal, 3 h 46 tout de même, sont ressortis avec le sentiment de ne pas avoir été confrontés à un loup solitaire, mais à une meute innombrable, propre à donner des insomnies à n’importe quel berger pyrénéen. Avec un Veunac, visiblement gonflé à bloc par les résultats des européennes, rasé de près même s’il affirme ne pas penser tous les matins aux prochaines élections municipales et devenu un orfèvre dans l’art de promener son conseil municipal. Bisque, Bisque, Basque ! va donc s’efforcer de débusquer avec votre aide tous les loups probables dissimulés derrière les phrases onctueuses de Mimi-la-malice.

https://www.youtube.com/watch?v=40QjG-qWbgQ

On le sait, avant d’attaquer le gros morceau représenté par le dossier Aguilera, il est toujours nécessaire de chauffer la salle avec un intermède comique. Une fois de plus, c’est l’inénarrable Ghislaine Haye qui s’y est collée avec un vibrant hommage au disparu Coco Léglise, « homme discret et humaniste » et symbole « du militantisme et de l’engagement vrai » Ce petit couplet sur l’engagement vrai prononcé par la militante socialiste Haye, celle qui a refusé lors du vote de l’Hôtel du Palais de se conformer à la décision de refus prise par les militants de son parti et s’est empressée de cajoler le maire pour sauver ses émoluments d’adjointe, était un pur bonheur et laissait bien augurer de la suite.

Et effectivement, les Biarrots ne vont pas être déçus avec la prestation d’un Veunac très en forme et qui va promener son monde avec une maestria confondante. Avec, au final, la perspective pour les Biarrots d’être une fois de plus cocus.

Loup n° 1 : la fausse repentance

Le débat sur Aguilera s’engage à la 51e minute. Calme et posé, Veunac explique que le retard sur l’aménagement du plateau d’Aguilera, inscrit dans son programme électoral de 2014, est lié aux hésitations autour de la piscine. Il affirme que le projet global d’aménagement proposé par Jean-Baptiste Aldigé est « non recevable » car soumis à des « obstacles juridiques de toute nature » et qu’on se dirige donc en concertation avec le BO vers « un projet de coproduction ».

Le commentaire de BBB : Dès l’annonce du projet Aguilera, Nathalie Motsch avait souligné l’impossibilité juridique de le mener à bien, ce qui lui avait valu d’être insultée.  Mais Veunac n’a pas un mot d’excuse pour saluer la lucidité de son élue ou regretter ce qui s’est passé. Par ailleurs la piscine a bon dos pour excuser le retard. Un article très documenté de Sud Ouest à propos du réaménagement de Jean-Dauger intitulé « La refonte du stade pourrait aller vite » nous apprend que Jean-René Etchegaray a déposé un permis de construire dès le début de son mandat ce qui lui permet de lancer les travaux maintenant. Veunac, qui avait inscrit ce réaménagement d’Aguilera à son programme, a pour sa part lambiné et tergiversé comme à son habitude sans déposer le moindre permis.

Loup n° 2 : un projet global voulu par l’Agglo (55e minute)

Veunac explique ensuite qu’il va falloir passer par une procédure MECDU (Mise en compatibiliité des documents d’urbanisme) : « Nous sommes allés voir l’Agglo qui nous a conseillé de raisonner sur un aménagement global », c’est-à-dire de lancer une seule demande pour la partie logement et pour la réhabilitation de l’enceinte sportive.

Le commentaire de BBB : Tout cela semble parfaitement raisonnable. Sauf qu’il y a un léger problème. Selon plusieurs sources internes à l’Agglo, la ville de Biarritz n’aurait jamais fait la moindre demande en ce sens, les échanges ces derniers temps se limitant à de grosses engueulades entre Veunac et l’Agglo. Bisque, Bisque, Basque ! a donc contacté vendredi le service de presse de l’Agglo pour savoir à quelle date les représentants de la ville de Biarritz avaient rencontré les responsables de l’Agglo, et si des documents écrits avaient été rédigés. Pas de réponse pour le moment, mais il est évident que Michel Veunac se fera un plaisir de mettre tous les éléments prouvant ses dires à disposition de la presse.

Loup n° 3 : un prochain conseil bien hâtif (60e minute)

Avec son air de ne pas y toucher, Veunac annonce ensuite qu’un conseil municipal aura lieu le 3 juillet prochain : « Si les choses n’avancent pas trop mal, nous pourrons avoir des éléments sur la programmation et le financement possibles ».

Le commentaire de BBB : Pourquoi tant de hâte, alors que la procédure MECDU prend au minimum dix-huit mois ? Veunac a visiblement quelque chose à faire voter le 3 juillet prochain mais se garde bien d’expliquer à ses conseillers ce qu’il a en tête. Nous y reviendrons.

Loup n° 4 : la phrase de trop (105e minute)

Calme et posé, comme à son habitude, Édouard Chazouillères demande au maire de préciser le calendrier des travaux. Entre les dix-huit mois de la procédure MECDU puis le dépôt spécifique des permis de construire, il faut compter deux ans au minimum. Raisonnablement, on peut donc envisager les premiers coups de pioche fin 2020 voir mi 2021. Agacé, Veunac ne dément pas mais ajoute : « Tout ce qui pourra avancer avant cette date avancera ».

Le commentaire de BBB : Avec cet aveu, qui relève sans doute plus de la maladresse que d’une confidence délibérée, on arrive sans doute au cœur du dossier Aguilera. Lors de la conférence de presse de présentation de l’équipe, le président du BO Jean-Baptiste Aldigé s’est montré étonnamment calme, alors que le retard de deux ans sur le projet, implique que le famille Gave remette au pot trois millions d’euros, somme qui correspondra probablement au déficit du club pour les deux saisons à venir. Qu’est-ce qui se cache donc derrière ce « Tout ce qui pourra avancer » ? Les Biarrots aimeraient le savoir, un maire étant garant de la loi et ne pouvant autoriser des travaux sans permis de construire.

Loup n° 5 : Veunac s’abrite à nouveau derrière l’Agglo (107e minute)

Dans une intervention de très haute volée, Nathalie Motsch déplore qu’on ait « vendu du rêve aux Biarrots » et estime « qu’on ne décide pas à dix mois des élections municipales de ce que sera Aguilera » Il semble assez logique en effet que ce soit l’équipe élue pour six ans en 2020 qui prenne en charge ce dossier. Nathalie Motsch revient aussi sur la stratégie prévue et affirme qu’il est impossible de regrouper dans une seule procédure des modifications qui relèvent de l’intérêt général avec les logements sociaux et d’autres qui sont d’ordre commercial avec la création de boutiques dans l’enceinte sportive. Visiblement Veunac n’a cure de ces propos et réitère : « Moi les conseils que j’ai, ce sont ceux de l’Agglo. Ils ont mis trois semaines pour me répondre ».

Le commentaire de BBB : Avant le très précipité conseil municipal du 3 juillet, nous espérons pouvoir avoir les réponses. Veunac se conforme-t-il comme il le dit aux desiderata de l’Agglo ou cherche-t-il à faire, comme semble le penser Nathalie Motsch, un paquet-cadeau d’Aguilera, la construction de logements sociaux et l’aménagement de l’enceinte sportive devenant indissolublement liés.

Un nouveau bail emphytéotique le 3 juillet prochain ?

Motsch et Chazouillères se retrouvent dans la détestation des méthodes du duo Veunac et Lafite.

Comme les lecteurs pourront le constater, ce conseil municipal relevait donc plus d’un spectacle de prestidigitation que d’une assemblée de sages où l’on débat en toute transparence. Le courage des élus qui ont flairé le piège, en votant contre comme Hervé Boissier, en s’abstenant comme Maialen Etcheverry, ou en refusant de participer au vote comme Nathalie Motsch doit être salué. Trop de dissimulations cachent à l’évidence un plan d’ensemble, comme dans le cas de l’Hôtel du Palais, que l’on se refuse à dévoiler aux élus.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc avancer quelques hypothèses, à charge pour le maire de rassurer les élus et les citoyens biarrots, si elles s’avèrent de pures élucubrations.

Quand Lafite parle, Françoise Mimiague est visiblement passionnée.

Veunac n’a pas dit pourquoi il convoquait à une date tout à fait inhabituelle les élus. On va le savoir sous peu, mais je verrais bien une extension du bail emphytéotique alloué au BO et comprenant toute la zone où des réaménagements sont prévus. Ainsi, les modifications prévues ne seraient plus du ressort de la Ville et tout pourrait aller beaucoup plus vite. Et s’il se trouve un opérateur – au hasard Pichet – qui accepte de faire les travaux sans que cela ne coûte un sou aux Biarrots, pourquoi se priver. Et si, au terme d’un appel d’offres en bonne et due forme, Pichet était retenu pour construire les logements sociaux d’Aguilera – le hasard fait si bien les choses parfois ! -, alors tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes et au final on se retrouverait tout près du projet initial voulu par la famille Gave. Comme l’a dit Jean-Baptiste Aldigé lors de sa conférence de presse « les travaux à Aguilera ont déjà commencé avec l’aménagement de Bender et du stade d’athlétisme »

Toutes ces hypothèses ne sont peut-être que pure construction d’esprit. On va pouvoir très vite vérifier dans les jours à venir si l’Agglo et Veunac marchent main dans la main et si les procédures publiques vont être respectées.

Mais, avec des Veunac et Lafite qui depuis 2014 n’ont cessé de mentir, de ruser ou de louvoyer, comment ne pas avoir envie de crier au loup à chaque dossier qui se présente ?

Arosteguy-Chazouillères, un ticket intéressant

Au lendemain de ce conseil municipal, Maïder Arosteguy a annoncé qu’elle serait candidate pour 2020, ce qui ne constitue pas une véritable surprise. Ce qui est intéressant en revanche est de voir que tous les candidats opposés à Veunac, que ce soit Barucq, Motsch ou Maïder semblent décidés à faire de la morale publique leur cheval de bataille. Après les dernières années de Borotra et le calamiteux mandat du duo Veunac-Lafite, il était plus que temps ! Maïder Arosteguy a choisi le sympathique Thomas Habas comme directeur de campagne et s’est montrée très entourée lors de sa conférence de presse. On notait en particulier la présence de Philippe Domège, de Jean-Bernard Pinatel ou de son épouse Anne Laffolé-Pinatel. Mais c’est surtout Édouard Chazouillères qui aura marqué les esprits avec une intervention très musclée sur le respect : respect des institutions, respect des lois, respect des élus et de l’opposition. Nul doute qu’avec le dossier Aguilera, qui ne semble pas tout à fait dans les clous de l’orthodoxie, en matière de règles publiques, Édouard va avoir beaucoup à dire.

Chazouillères, belle gueule et ironie mordante

Courtois et pondéré, l’ancien adjoint au commerce manifeste beaucoup de talent pour les petites phrases et estime que « Veunac fait le mandat de trop ».

Le rendez-vous, pris au Royalty, tient un peu de retrouvailles entre adversaires de rugby qui partagent une bière après s’être sérieusement chamaillés pendant le match. En 2014, alors qu’il était le directeur de campagne de Michel Veunac, Édouard Chazouillères avait lancé, au détour d’une conversation « off » avec un journaliste, à propos de ceux qu’il pensait « monter une affaire » contre son candidat, « ils finiront, comme disait l’autre, sur un croc de boucher » en référence aux propos privés rapporté de Sarkozy à l’endroit des instigateurs de l’affaire Clearstream ». Déjà la dent dure ! Il reconnaît un propos malheureux, une envolée bravache, une imprudence, bref un écart de jeunesse. Depuis, alors que nous ne nous connaissions pas, nous nous sommes parlés… et appréciés, car Édouard Chazouillères est très politique et réfléchi.

Le jour de sa démission de son poste d’adjoint.

Visiblement l’ancien adjoint, malgré sa démission de son poste au commerce, a marqué les esprits, car les électeurs locaux demandent souvent de ses nouvelles ou s’interrogent sur ses intentions en 2020. « Je ne suis pas très surpris que les Biarrots se retrouvent dans mes préoccupations actuelles. Le rôle que je me suis fixé depuis ma démission et ce, jusqu’à la fin du mandat, est d’être, avec d’autres, dans une vigilance totale vis-à-vis des décisions mauvaises voire litigieuses du maire. 
Ceci dit, repérer, dénoncer et rattraper les bêtises de Veunac, cela devient un job à plein temps ! ». On l’a vu récemment avec son action pour obtenir l’annulation in extremis de la subvention de 100.000€ au festival brésilien de Vincent Cassel Onda Carioca.

La conversation roule sur la liste élaborée par le futur maire au soir du premier tour de 2014 et sur les nombreux talents qu’elle recelait, talents qui ont tous à un moment ou l’autre décidé de démissionner de leurs fonctions. « Le bon manager, c’est celui qui recrute des meilleurs que lui et qui n’en a pas peur ». Michel, pourquoi tu tousses ?

Depuis sa démission, Chazouillères affirme que ses rapports avec le maire confinent au « néant absolu » et ajoute « qu’ils étaient déjà proches de zéro avant sa démission ! » Curieusement, Michel Poueyts qui lui a succédé au commerce ne l’a jamais contacté sur le moindre dossier. Parce qu’il est omniscient ou parce qu’il ne fait rien ?

« Il faut établir des règles saines »

 Chazouillères ne veut pas épiloguer estimant que « comme c’est, hélas, souvent le cas chez les maires – Veunac fait le mandat de trop », ce qui est particulièrement cruel si l’on se souvient que Veunac en est à son premier mandat de maire. Quant aux rares élus qui suivent inconditionnellement le maire, ils ne trouvent pas plus grâce à ses yeux : « Tous les élus, non démissionnaires, issus de la majorité sont solidaires du maire et comptables de son bilan et par conséquent, étant donné la médiocrité de ce mandat, aucun élu sortant ne dispose, à mes yeux, de la légitimité pour prétendre à la fonction de Maire en 2020. »

On ne saurait être plus clair. Édouard Chazouillères veut se projeter au-delà de 2020 : « Je n’ai aucun regret sur ce qui s’est passé. Je vais travailler pour que le ou la future maire soit l’antithèse de ce qu’a été Veunac. Il faut que l’élection de 2020 permette de changer totalement le système. Changer le système pour remettre le citoyen au cœur de tout. »

Soudain passionné, l’ex-adjoint énumère tout ce qu’il faut changer : « Contrairement à ce qui se passe dans ce mandat, il faut établir des règles saines de respect de l’argent public, des lois, des citoyens, des élus et des salariés de la mairie » La démonstration se poursuit : « En France, le maire est le dernier élu à bénéficier encore de la confiance des citoyens. C’est extrêmement important qu’il participe, par son action, à préserver l’espoir que les citoyens croient encore en la politique et en leurs élus. Or on constate que très souvent le maire utilise les failles de la loi, des réglementations et des procédures, obligeant les services de la mairie à « tordre » ces règles, pour imposer ses vues politiques et ses choix personnels ». A la question « mais vous ne croyez pas que tous les maires font un peu cela ? », Chazouillères répond « si des maires le font c’est fort dommage ! Car je crois foncièrement qu’un élu, et qu’un maire en particulier, doit scrupuleusement garantir la bonne application des procédures et des lois ; sinon on accroît la crise du politique et les citoyens finiront par ne plus croire en personne. Regardez l’exemple de l’attribution de la subvention à Onda Carioca dans l’irrespect total des procédures pourtant imposées à l’ensemble des associations de la ville ; c’est l’iniquité totale, résultat les dirigeants d’association sont en colère et n’ont plus ni confiance ni respect pour la mairie. »

Clairement visés, les dossiers du Palais mais aussi d’Aguilera, « le plus gros échec de la mandature ! Cinq ans que ça devait avancer et ça n’a pas bougé d’un pouce ! ». L’embarras du maire face au projet porté par Jean-Baptiste Aldigé et le promoteur Pichet ne le surprend pas : « Quand un maire n’avance pas, qu’il ne fait pas émerger de projets, un investisseur, lui, avance avec son projet, projet qui est du coup subi et qui ne correspond pas tout à fait à ce que le maire aurait imaginé ». Sur la conduite de ce dossier, l’élu n’a pas le moindre doute : « La gestion du foncier public relève de la compétence de la Ville. Le projet doit être retravaillé avec le porteur de projet sous la direction de la Ville et en respectant les règles qui régissent la vie publique.» Voilà qui est clair.  

« Oui, je soutiendrai un ou une candidate »

 Avec des idées aussi précises, est-ce une future tête de liste pour 2020 qui parle ? Édouard Chazouillères réfute catégoriquement l’hypothèse, car «  mes priorités sont familiales et professionnelles ». Passionné de vie publique, Édouard Chazouillères ne s’imagine pourtant pas sans mandat : « Oui, je serai derrière un ou une candidate, je discute en ce moment avec les prétendants ». Une façon de faire monter les enchères ? L’hypothèse est balayée d’un revers de main et, sans complexe aucun, l’ancien adjoint détaille les qualités et défauts de chacune des supposées têtes de liste.

« Nathalie Motsch ? J’apprécie son esprit critique. Je lui reconnais un certain talent et le sens de la communication, quand elle n’en fait pas trop… Je goûte moins le rôle qu’elle tente de jouer depuis quelques temps de critiqueur en chef avec beaucoup d’effets de manches ; c’est un peu le nouveau Saint-Cricq…en jupon !» Bien évidemment, le Saint-Cricq évoqué est celui qui s’est opposé pendant quatorze ans aux maires de Biarritz et non celui qui vient piteusement de se rallier à Veunac.

Le défilé continue : « Guillaume Barucq ? J’aime sa fraîcheur, son côté rêveur, son écoute, sa simplicité. En politique, il en faut. Il faudra clarifier quelques points pour travailler ensemble. » Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes des Bisounours ? « J’aime le Guillaume habituellement anticonformiste. J’aime moins celui qui met un costume et une cravate pour accueillir Macron ! 

 Reste Maïder dont la rumeur le dit très proche : « Maïder Arosteguy ? J’apprécie sa personnalité, son relationnel, sa grande qualité d’écoute et notamment sa capacité à prendre l’avis des uns et des autres et d’entendre des positions parfois très opposées à la sienne avant de décider. Elle connaît par cœur Biarritz et pour les électeurs, s’appeler Barucq ou Arosteguy ça compte».

Édouard évoque aussi François Amigorena: « C’est un talent et nous avons eu  une certaine complicité depuis le début du mandat. Les Biarrots ne savent pas par exemple que nous sommes à l’origine tous les deux de la mise en ligne des conseils municipaux, en ayant, dans la lancée de la campagne, contacté un prestataire de service alors que Veunac y était dans un premier temps opposé, nous lançant un « Hors de question ! » et souhaitait que la décision (de ne pas diffuser les conseils) passe par le service communication ; avant de s’y résoudre sous notre insistance appuyée par d’autres collègues élus.». Les Biarrots, qui ont pu mesurer sur Internet l’étendue du désastre à chaque conseil, seront donc éternellement reconnaissants aux deux larrons d’avoir réussi à obtenir la publicité des débats.

Édouard Chazouillères poursuit une réflexion en solitaire avant de décider qui il va suivre.

En attendant 2026 et un duel qui pourrait, entre autres, opposer Édouard à François, est-ce qu’un front commun des opposants à Veunac et Lafite ne serait pas dans l’immédiat la solution pour ne pas subir le duo infernal six ans de plus ? Chazouillères lève les yeux au ciel, un peu résigné. Comme Bisque, Bisque, Basque !, il vient d’apprendre que Guillaume Barucq va annoncer sa candidature en juin et qu’il ira seul car il veut voir ce qu’il pèse politiquement.

« Pour avoir une chance de vaincre, il faudra s’allier au soir du premier tour mais il faudra travailler les choses en amont et surtout se respecter pendant la campagne. Chacun va vivre sa vie et présenter son projet, ce qui n’est pas inintéressant ».

 Édouard Chazouillères évoque les élections de Hollande ou de Macron et estime que les surprises sont nombreuses en politique. Pour lui, rien n’est encore joué pour 2020, le G7, suivant qu’il se déroule bien ou mal, pouvant considérablement changer la donne. Alors qu’il n’est plus membre d’aucun parti, l’ancien adjoint reste passionné par la chose publique : « Mon engagement politique, je le vois au niveau local et sur la durée. Je n’ai pas d’ambition particulière, je n’ai pas de plan de carrière – c’est ce que je combats en politique – mais si je peux être utile, je m’impliquerai. À quel poste, je n’en sais rien, mais ce que je veux éviter, c’est que les mauvais ne l’emportent ! »

Vaste programme, comme aurait dit De Gaulle !

Réalisme biarrot contre foutaises brésiliennes

Ne pas confondre les 100 000 euros attribués au budget participatif, initiative remarquable, et les 100 000 à Onda Carioca, foutage de gueule absolu…

Les Biarrots sont invités à faire leur choix entre treize projets tous plus intéressants les uns que les autres. Une belle créativité qui mérite d’être saluée.

À Biarritz, on paie d’abord et on réfléchit ensuite. Comme une pie un peu snobinarde, attirée par tout ce qui brille, notre bon Michel Veunac s’est donc totalement laissé embobiner par Vincent Cassel et a estimé que la possibilité de pouvoir faire un selfie avec le célèbre acteur valait bien 100 000 euros d’argent public. Et fidèle à ses méthodes habituelles, Mimi-la-Malice a tenté de jouer le coup en douce lors du dernier conseil municipal. Heureusement que les conseillers municipaux se sont réveillés et grâce à Bénédicte Darrigade, Richard Tardits puis Édouard Chazouillères, Maïder Arosteguy, Nathalie Motsch, François Amigorena, Hervé Boissier, Anne Pinatel et Françoise Mimiague nous ont permis d’apprendre de quoi il retournait exactement. Et une fois de plus, les contribuables biarrots ont de quoi être effarés par la désinvolture du maire. Comme l’ont confirmé Sud Ouest et Mediabask, ce festival brésilien souhaité par Vincent Cassel était un simple projet qui n’avait encore ni date, ni lieu, ni programmation.

https://www.sudouest.fr/2019/04/20/biarritz-rien-n-est-decide-pour-le-festival-de-vincent-cassel-6006410-4037.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190423/onda-carioca-un-festival-pas-comme-les-autres-a-biarritz

Avec un dossier aussi bien ficelé, il était donc logique de se précipiter et de sortir le carnet de chèques, une décision qui n’a visiblement pas ému tous les flagorneurs qui gravitent autour du maire et se soucient comme d’une guigne des intérêts des contribuables biarrots !

Le projet de Vincent Cassel est peut-être intéressant, mais pourquoi ne serait-il pas soumis aux règles habituelles de la vie publique où l’on établit un budget prévisionnel avant d’obtenir de l’aide de la Ville ?

Plus qu’une semaine pour voter

Heureusement, l’argent public n’est pas toujours aussi mal géré et certaines initiatives méritent d’être saluées. Hervé Boissier est un tenace. Ce fervent militant de la démocratie participative a su faire preuve d’une obstination admirable pour mener à bien son idée : regrouper toutes les suggestions des Biarrots, puis procéder à un vote et financer les projets lauréats à hauteur de 100 000 euros.

https://www.jeparticipe-biarritz.fr/project/budget-participatif-1/presentation/presentation

Bisque, Bisque, Basque ! avait fait une proposition de collecte de mémoire auprès des octogénaires mais a été écarté dès le premier tour, ce qui ne l’empêche pas de soutenir à fond cette initiative citoyenne. Vous êtes actuellement un peu plus de 900 à avoir voté pour l’instant, ce qui est bien mais insuffisant pour une ville de 25 000 habitants. Il vous reste encore une semaine pour découvrir les 13 projets en concurrence et faire votre choix.

Pour une fois que quelque chose est clair, limpide et respectueux de la démocratie dans cette ville, ce serait vraiment dommage de ne pas le soutenir, même si le constat est un peu amer, car pour une pépite de démocratie participative qui réussit à survivre combien d’occasions gâchées : il y avait beaucoup de talent dans la liste présentée par Veunac en 2014, beaucoup de gens qui étaient très pointus dans leur domaine. Mais les indécisions, les dissimulations permanentes et l’incapacité du duo Veunac-Lafite à manager ont pulvérisé cette dream team, obligé les adjoints à faire sécession et transformé ces six ans de règne Veunac en mandat le plus calamiteux de l’histoire de la Ville. Vivement 2020 !

 

Les jeux de l’amour et du bazar

Quinze mois seulement séparent ces deux vidéos, mais quelle différence de ton  entre Saint-Cricq et Veunac, désormais en plein marivaudage…

Veunac évoque les « voieries d’intérêt districal » et le bon élève Saint-Cricq s’empresse de sortir le schéma de son cartable, tandis que Maïder Arosteguy semble consternée. Aucun doute, l’ex-opposant va être admis en classe supérieure.

Le 20 décembre 2017, fait inhabituel, l’opposant Jean-Benoît Saint-Cricq se félicitait que les conseils municipaux, grâce à la vidéo, soient désormais accessibles à tous. Dirait-il la même chose aujourd’hui ? Ce n’est pas tout à fait sûr. Bisque, Bisque, Basque ! s’est donc amusé à comparer les vidéos de décembre 2017 (le premier conseil municipal d’après l’affaire des écuries de Bigueyrie) et le dernier conseil en date, celui du 26 mars 2018 et vous propose de jouer au jeu des cinquante erreurs.

Il y a les différences évidentes comme le changement de look de l’avocat biarrot, cheveux courts et poil rasé quand il était dans l’opposition et désormais barbe de trois jours et frisotis dans le cou. On notera que de son côté Michel Veunac reste toujours le même, malgré cette nouvelle romance : phrases creuses et joues roses. Il nous a ressorti mardi pour la cinquième fois de son mandat « Tout ce qui est excessif et insignifiant » tandis que son conseil échangeait des regards consternés.

Mais il est des différences plus subtiles. En décembre 2017, alors que Jean-Benoît Saint-Cricq était encore opposé au maire et à la gestion de l’Hôtel du Palais, l’avocat biarrot lui donnait du « Monsieur le maire, vous… »

En mars 2019, plus besoin de se cacher. Tous les collègues de bureau des deux élus sont désormais au courant de l’idylle et Veunac, après avoir félicité le bon élève Saint-Cricq pour avoir exhumé « le plan des voieries d’intérêt districal », passe inconsciemment du « Vous » au « Voilà, tu as le schéma » en s’adressant à celui qui ne lui inspire désormais plus aucune crainte.

Il faut dire aussi que notre pauvre maire, désormais veuf de sa majorité et qui n’a plus personne sur qui s’appuyer à l’exception de deux ou trois flagorneurs, fait de plus en plus appel aux lumières juridiques de Saint-Cricq.

Si tout cela ne finit pas en grand mariage électoral en 2020, c’est à désespérer de l’amour et de Marivaux… À moins que les électeurs, en guise de cadeau de mariage, n’offrent une veste aux deux tourtereaux ?

Maïder Arosteguy veut empêcher un nouveau « mandat de désolation »

La conseillère départementale est persuadée que son bon sens et sa proximité avec les Biarrots vont faire d’elle la favorite de 2020 après le catastrophique intérim de Veunac.

Image extraite de la page Facebook de Maïder Arosteguy.

La conversation qui se déroule au Royalty, le jour de la prise de fonctions de Pascal Ondarts, démarre par un énorme fou-rire : « Sérieusement, vous connaissez un seul Biarrot qui ne vous imagine pas candidate en 2020 ? ». Maïder Arosteguy ne peut s’empêcher de sourire. Elle sait bien qu’elle fait tout actuellement pour préparer la campagne des municipales de 2020 dans les meilleures conditions. « Malgré les apparences, ma décision n’est pas encore totalement prise. Dans l’hypothèse où je serais candidate et dans l’hypothèse où je serais élue maire, contrairement à d’autres, je ne m’imagine pas autrement qu’en maire à plein temps, Et je serai bien évidemment présente à l’Agglo car c’est là que se prennent les décisions qui engagent l’avenir du territoire. »

C’est promis, on saura au plus tard à l’automne si Maïder et son groupe de réflexion se lancent dans la bataille, après onze ans de présence dans l’opposition municipale. « Pour le moment, je ne suis ni en campagne ni candidate. J’ai juste créé « Mon Biarritz » pour établir une ligne directe avec les Biarrots, et avoir une remontée de terrain déconnectée de toute pollution politique ».

« Plus audible depuis le départ de Brisson »

À propos du mandat de Michel Veunac, l’opposante se montre particulièrement féroce : « C’est un mandat de désolation. La fin du cycle Borotra. On a voulu copier les recettes du borotrisme sans en avoir le talent. » Les implosions successives de la majorité ne l’ont guère étonnée : « Ma seule surprise vient du temps que ça a mis à exploser. Cette addition d’egos ne pouvait pas fonctionner » Maïder Arosteguy, avec Richard Tardits est une des rares opposantes à ne pas avoir trahi son mandat. Si elle refuse de commenter l’attitude des Saint-Cricq, Domège ou Darrigade, elle se montre assez nuancée sur son propre bilan : « J’ai le respect du chef et faire entendre ma voix au début a été assez compliqué. Depuis le départ de Max Brisson pour le Sénat, je peux enfin être plus audible ».

Difficile en effet de ne pas parler de Max Brisson. Énorme soupir : « Mon binôme !». Maïder Arosteguy avoue sa perplexité face au sénateur : « Max se dit très heureux au Palais du Luxembourg mais Biarritz bruisse de ses rendez-vous avec des candidats potentiels, c’est assez étonnant ». La presque candidate Maïder Arosteguy affirme qu’elle n’est pas assurée d’avoir l’investiture de son Parti, Les Républicains : « C’est une commission départementale qui se prononcera en septembre, lors d’un vote. Ensuite, une investiture et un logo n’ont jamais été l’alpha et l’oméga pour gagner une élection municipale où les enjeux sont purement locaux. Quant à Max Brisson, il lui appartient désormais de faire un choix… »

« Il est temps pour Veunac de passer à autre chose »

Reste une embarrassante question à un an des élections municipales. Si Maïder arrivait seconde ou troisième avec un maire sortant en tête, serait-elle prête à s’allier avec lui au second tour en échange d’un poste de Première adjointe ? Réponse catégorique : « Michel Veunac, ce n’est tout juste pas possible ; En 2020 j’aurai combattu, mais toujours avec dignité je crois, Michel Veunac. Ce n’est pas pour me retrouver à ses côtés le jour des élections. De plus quelle vision a-t-il de Biarritz et du Pays basque ? Qu’a-t-il fait pour une ville qui se dégrade lentement, je pense notamment à ses quartiers, sauf à proposer des coups médiatiques onéreux ou des chèques en blanc que les prochaines générations devront assumer pour Le Palais ? Il est temps pour lui désormais de passer à autre chose plutôt que de tenter une nouvelle fois de mal gouverner ».

Grosse surprise, alors que la rumeur publique veut que ses relations avec Nathalie Motsch soient exécrables, Maïder se montre très consciente qu’une multiplication des listes pourrait permettre à Veunac de l’emporter et n’est pas hostile à un regroupement des forces en présence : « Il y a des points à discuter avec les autres candidats décidés à faire de la politique autrement. Si Guillaume Barucq, par exemple, me dit que Biarritz doit devenir une ville réservée aux seuls vélos et piétons, nous ferons campagne séparée. Mais j’ai affaire à des gens intelligents et rien ne dit qu’il n’y aura pas de solutions pour empêcher Michel Veunac d’obtenir un deuxième mandat ».

« Pour la vente du fonds et des murs du Palais »

Les grands dossiers de la mandature, comme Le Palais, sont ensuite évoqués.  « Si j’avais été maire, j’aurais organisé un referendum et consulté les Biarrots. Je reconnais avoir évolué sur le sujet. Je pense qu’un palace n’a pas à être géré par une ville et qu’il aurait fallu vendre les murs et le fonds permettant à la Ville de se désendetter massivement et investir pour le quotidien des Biarrots ».

Quant à Aguilera, le nouveau dossier brûlant, Maïder Arosteguy se montre claire : « J’ai pu voir en détail, en répondant à l’invitation de Jean-Baptiste Aldigé, le projet d’aménagement de la zone d’Aguilera. Il est intéressant et mérite considération. Notre rôle d’élu, désormais, consiste à vérifier qu’on peut élaborer ce projet dans le cadre d’un strict respect de la loi ».

N’était-ce pas gênant pour des élus, de se retrouver un à un dans le bureau du président du Biarritz Olympique ? Maïder ne le pense pas : « Quand on est 35 élus réunis, ce sont un peu toujours les mêmes qui monopolisent la parole. En tête à tête, on s’autorise plus à poser des questions. Et j’en ai posé beaucoup ! ». Le fait que les élus vont se retrouver en commission générale à huis clos pour débattre du projet la rassure, même si elle estime que la population doit être étroitement associée au débat.

Pour la première fois de l’entretien, Maïder estime que Michel Veunac a pris une bonne décision. Ce qui ne change rien à sa détermination : « Franchement, une Biarrote maire de Biarritz, ce ne serait pas mal, non ? »