Les sous-doués sont de sortie

Incompétences multiples, dissimulations avérées, attentats démocratiques à répétition, la garde rapprochée de Veunac, avec ses nouveaux ralliés, est affligeante.

Michel Veunac a du mal à suivre…

Une fois de plus, le dernier conseil municipal (4h30, tout de même !) aura été accablant, avec son collier de perles, de dissimulations délibérées et de tricheries démocratiques. S’il existe encore un Biarrot qui envisage de reconduire la majorité en place en 2020, nous ne saurions trop lui conseiller d’écouter attentivement l’ensemble du conseil pour se convaincre qu’il fait fausse route. Pour les autres, Bisque, Bisque, Basque ! s’est contenté de vous signaler les grands moments de cette désolante soirée.

https://www.youtube.com/watch?v=aTa2W8db1MI

AGUILERA : PAS DE DOCUMENTS JURIDIQUES POUR LES ÉLUS

The Blond biarrote va encore accuser Bisque, Bisque, Basque ! d’en pincer pour Nathalie Motsch, mais quel punch, quel talent oratoire ! Lorsque « Calamity Nathalie » intervient (59e) après la patouilleuse explication de Veunac affirmant que le projet d’aménagement d’Aguilera est désormais porté par la Ville et non par un opérateur privé et doit donc être soumis à l’Agglo au terme d’une procédure appelée « MECDU 2 », le silence se fait : « Vos explications ne correspondent pas à la réalité juridique. Vous la travestissez. Quand cette farce juridique va-t-elle prendre fin ? (…) Ce n’est plus le projet Pichet ou BO, c’est devenu le projet municipal augmenté. On l’a customisé, histoire que ça fasse propre et crédible. (…) Il faut arrêter de jouer au Monopoly. (…) Ôtez-nous de ce doute insupportable d’engagements que vous avez dû prendre auprès de certains pour manifester un tel entêtement juridique. »

Avec son air de ne pas y toucher et son physique de gendre idéal, il faut se méfier du Chazouillères qui dort. L’ancien adjoint sort du silence (1h13’) et son intervention fait très mal à la majorité : « Les éléments juridiques, on ne les a pas eus. Je m’étonne que ces textes n’aient pas été communiqués au conseil municipal. Les documents liés à une délibération doivent être produits. Surtout quand les conseillers le demandent. « 

Et Veunac, avec un aplomb insurmontable, d’essayer de calmer l’incendie : « on vous les fournira », ce qui est un peu scandaleux une fois que le vote de la délibération a eu lieu. Mais il avait déjà procédé à un tel attentat démocratique au moment des délibérations sur Le Palais.

AMIGORENA FAIT DU DEVOS

Grâce à François Amigorena, les Biarrots ont compris que le dossier est plus plurifonctionnel quand c’est la Ville qui le présente plutôt que l’Agglo.

« L’humour est la politesse du désespoir » dit l’adage. Face à tant d’incompétence, tant de mauvaise foi, François Amigorena vote pour le parti d’en rire afin que tout le monde comprenne à quel point les dés sont pipés dans cette délibération (1h18’). « C’est le caractère plurifonctionnel, joli mot, qui justifie que les services juridiques de l’Agglo refusent de traiter cette MECDU et la transfèrent aux services juridiques de la Ville ? Veunac opine mollement du bonnet tandis qu’Amigorena enchaîne : « Donc le projet présenté à l’Agglo par la Ville est PLUS plurifonctionnel que l’ancien ? » Cette fois Veunac est largué. Amigorena reprend : « Non, c’est le même ! Si le caractère de plurifonctionnalité est identique, quelle est la différence juridique ? Je voudrais avoir une explication claire et convaincante » On l’attend toujours, même si Lafite est obligé de s’y coller tant Veunac reste sans voix.

BARUCQ RELOOKÉ EN PRÉSIDENTIABLE

Tata Corine est passée par là.

On était habitué à ses tenues de surfeur, mais visiblement tata Corine Martineau est passée par là. La veste grise et la chemise blanche font désormais partie de la panoplie du presque candidat docteur, même si la volonté de ne fâcher personne reste la même. : « On a perdu beaucoup trop de temps. Ces grands projets là, il faut les calibrer dès le début du mandat. On a tergiversé infiniment sur la piscine. (…) Il faut préserver le bois de Montorian (…)  On diabolise beaucoup trop le BO à l’heure actuelle. Il est dommage de se déchirer sur un aussi beau projet. » Après avoir distribué une pincée de consensualité à tout le monde, Barucq votera pour cette délibération.

MIMIAGUE FAIT ROUGIR VEUNAC

Françoise Mimiague va ramener un peu de bon sens dans ce monde de brutes en rappelant que son service totalise actuellement « 1400 demandes de logements sociaux rien que pour les Biarrots. » La discrète adjointe précise sa pensée en rappelant que « la commune est propriétaire du terrain et c’est à la commune de décider qui sera le bailleur social » avant de porter le coup décisif « Pourquoi a-t-on fait appel au constructeur Pichet ? » Une excellente question qui fait rougir Veunac. Heureusement pour lui, Ghis Haye s’empresse de prendre la parole pour une intervention décisive « Je ne rentrerai pas dans ce débat qui me dépasse totalement ». Si c’était le seul !

TOUT DÉSORMAIS RAVIT SAINT-CRICQ

C’est quand même formidable la politique ! Pendant quatorze ans, l’avocat biarrot a trouvé que rien n’allait dans Biarritz. Et puis soudain visité par la grâce, il trouve depuis le vote de l’Hôtel du Palais, tout magnifique. Tandis que Maïder Arostéguy, à propos de l’aménagement de la zone d’Iraty s’étonne : « Pourquoi devons-nous dans ce dossier baiser la babouche de l’Agglo ? », celui qui n’a plus d’opposant que le nom prend la parole pour se déclarer « tout à fait favorable à l’aménagement d’Iraty » Qui aurait pu en douter ? Jean-Benoît Saint-Cricq se sent obligé d’être aussi enthousiaste sur la Cité de l’Océan qui totalise tout de même 69 000 entrées en 2019, quand Borotra en 2008 évoquait une perspective de 350 000 visiteurs annuels : « Nous sortons de l’ornière » Et pour prolonger son quart d’heure de gloire d’opposant féroce : « Je ne suis pas mécontent. J’ai l’impression d’avoir participé » Comme disait le baron Pierre de Coubertin, « l’essentiel, c’est de participer ».

VEUNAC ET LES MATHS, ÇA FAIT DEUX

Pour expliquer pourquoi il va falloir voter une nouvelle subvention de 150 000 à la section rugby du BO omnisports, Michel Veunac se lance dans une démonstration mathématique limpide : « Là où il y avait une subvention globale, il a fallu partager, donc ajouter »

Autrement dit, quand Veunac partage une baguette de pain de 200 grammes entre le BO omnisport et la section rugby amateur qui a repris son indépendance, Veunac fait deux morceaux de 150 grammes chacun ?

Heureusement pour le maire, Veunac a des adjoints qui savent le sortir de l’ornière. L’adjointe aux Sports, Stéphanie Ricord monte au créneau : « Le BO n’est pas en dépôt de bilan. C’est très compliqué, mais pas à ce point. Nous faisons un travail d’apurement des comptes. L’Urssaf a aussi mis un coup d’arrêt à certaines pratiques qui étaient dans l’ILLÉGALITÉ… », Le conseil municipal sursaute en entendant parler d’illégalité, tandis que Stéphanie Ricord tente de se reprendre. « Illégalité, ce n’est pas vraiment le terme. Les associations qui n’avaient pas les moyens de salarier quelqu’un, octroyaient des frais de déplacements ; ça se pratique, on le sait. Mais ce n’est pas dans les clous. »

Encore un dossier défendu de façon convaincante !

BOISSIER A MANGÉ DU LION

Pour la cinquième fois de la soirée, Hervé Boissier, le conseiller qui pratique le franc-parler, intervient : « Vous êtes en train de nous dire que tout le monde savait et qu’on n’a rien fait ! Par ailleurs, j’ai cru comprendre que les difficultés venaient essentiellement du rugby. » Stéphanie Ricord tempère : « Le rugby a plus de dettes que les autres, mais toutes les sections n’étaient pas vertueuses pour autant. » De l’art de se faire des amis… Veunac s’efforce de calmer le feu : « Il ne faut pas confondre des maladresses de gestion et de l’affairisme », mais Hervé Boissier n’en peut plus de ces petites manœuvres permanentes : « Depuis que je suis conseiller municipal, chaque année on a une subvention supplémentaire à voter et chaque année, ça tombe sur le rugby ». Monsieur est observateur.

L’ATTENTAT DÉMOCRATIQUE STREETEO

Veunac en panique :  » Aidez-moi, Landrin, aidez-moi! »

Et l’on est reparti pour le petit roupillon final du conseil municipal, bercé par la douce voix de Jeannine Blanco, lorsque ce vilain garnement de Chazouillères dégaine le pétard qui va mettre le feu à la salle : « Concernant le renouvellement du contrat de Streeteo prévu au 1er janvier 2020 et sa résiliation possible jusqu’au 30 septembre 2019, je voudrais savoir si vous êtes satisfait du bilan économique et social de Streeteo ? » Ne ratez pas ce grand moment (4h03’) ! Peio Claverie, responsable du stationnement : « Je n’ai pas d’idée ! »  Soupir de Veunac : « Il n’a pas d’idée l’adjoint ! Alors, bon ! »  (Il aura fallu six ans à Veunac pour s’en apercevoir !). Panique totale dans l’état-major. Si vous tendez bien l’oreille au moment où Michel Veunac se tourne vers le directeur des services Christophe Landrin, vous allez l’entendre gémir : « Aidez-moi, Landrin, Aidez-moi ! »

Et c’est ainsi que l’on apprend que le contrat de Streeteo a été renouvelé sans que personne ne juge bon de demander son avis au conseil municipal. Un scandale démocratique, un de plus, de cette mandature quand on sait les conséquences économiques désastreuses de la nouvelle politique de stationnement de la Ville.

Vous conviendrez donc avec nous, après écoute de ce conseil, qu’il faut aider Veunac et sa garde rapprochée et mettre fin à leurs souffrances. Cette bande de sous-doués ne doit pas être admise en classe supérieure en 2020 et repartir pour un mandat de six ans.

Libérez-les de leurs fonctions et renvoyez-les chez eux. Ils ont démontré qu’ils n’avaient rien à faire dans une salle de conseil municipal.

Ligne éditoriale et pignes électorales

Soyons clairs : Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne mais suit avec intérêt les candidats susceptibles de faire tomber l’équipe en place.

Les municipales de 2020 promettent une belle foire d’empoigne.

Il se trouvera toujours quelques lecteurs du « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert pour estimer qu’un blog gratuit et citoyen, ouvert il y a sept ans et qui a reçu plus de 10 millions de visites, ne peut que cacher un noir dessein électoral, un intérêt personnel ou une volonté de rouler pour tel ou tel candidat. Bisque, Bisque, Basque ! laissera à ces Bouvard et Pécuchet modernes cette vision manquant grandement de générosité et répétera avec force le principe qui anime depuis le premier jour ce blog qui se veut citoyen : « Y’a que moi dans mon parti et c’est déjà le merdier ». Mais derrière les adorateurs d’idées reçues à la naïveté presque touchante, il y a aussi les cyniques qui espèrent, en salissant, mieux servir leurs petites stratégies électoralistes du moment. À six mois de l’élection municipale, c’est donc le moment ou jamais de rappeler la ligne éditoriale de ce blog avant que les pignes électorales, les marrons de campagne ou les ramponneaux d’entre deux tours ne volent tous azimuts.

Des histoires vraies même si l’objectivité n’existe pas

Neocon n’hésite pas une seconde et associe transparence et nazisme. Bigre!

S’intéresser à une histoire plutôt qu’à une autre, c’est déjà faire preuve de manque d’objectivité. Ne pouvant se démultiplier à l’infini, Bisque, Bisque, Basque ! a regardé de loin jusqu’à maintenant les problèmes scolaires de Biarritz ou le projet Océan Start, tout occupé qu’il était par le G7 ou la villa Sion. Ce qui est parfaitement discutable. Nous sommes tous le résultat d’un parcours, d’une éducation qui va dicter nos choix et nos centres d’intérêt. Lorsque je travaillais au Canard, je recevais en moyenne 600 lettres par semaine et je devais retenir trois d’entre elles pour écrire la rubrique « Couac ». Mon enfance pauvre, mes engagements de gauche, les exploités que j’ai pu croiser, font que mes choix se portaient sur trois histoires sans doute fort différentes de celles qu’aurait choisies un autre collègue issu de la bourgeoisie. C’est pour cette raison que j’ai toujours répété aux étudiants des écoles de journalisme que « L’objectivité n’existe pas ». En revanche, le journalisme consiste à raconter des histoires vraies, et non celles que l’on imagine. Dans le cas contraire, on est romancier.

Incapable de savoir pour qui je vais voter

Ce blog est né d’une indignation, lors du dernier mandat de Didier Borotra, face à des pratiques municipales qui m’ont semblé plus que limites. À l’indignation a succédé la consternation face à l’incompétence du duo Veunac-Lafite et à ses méthodes. La ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque ! demeure claire : contribuer au débat citoyen, faire en sorte que le fonctionnement de la Ville redevienne normal à l’image de ce qui se passe à Bayonne ou Anglet, et empêcher Veunac ou Lafite d’être réélus, car je n’ose imaginer ce qui arriverait si Michel Veunac à 74 ans en reprenait pour six ans, avec le sentiment d’impunité que cela lui confèrerait. Ce que je fais porte un nom : le journalisme d’opinion.

Pour Didic, un journaliste ne peut être qu’un porte-parole d’un candidat.

Mais avoir des opinions quand on est journaliste (ce qui devrait être le cas de tous les titulaires d’une carte de presse) ne veut pas dire qu’on est militant. J’ai horreur des supporters et je ne suis encarté nulle part. Lorsque je regarde un match du XV de France, je souhaite la victoire des Bleus, mais si l’équipe joue mal, ce qui a été le cas plus d’une fois sous les ères Saint-André ou Brunel, je me réjouis de la victoire de son adversaire, parce que la passion du rugby passe avant la couleur du maillot. Très clairement, Bisque Bisque, Basque ! s’intéresse de près à tous les candidats susceptibles de battre Veunac, mais sans perdre pour autant son esprit critique.

– J’apprécie Maïder Arosteguy qui dans un contexte pas facile a fait un bon mandat d’opposante. Elle laboure le terrain électoral biarrot avec opiniâtreté et est proche des gens, ce qui est à son honneur, mais je la trouve un peu fluctuante sur le projet Aguilera.

– Nathalie Motsch a du courage, ce que personne ne lui ôtera, et une tête politique bien faite. Mais le temps passe et elle semble avoir du mal à descendre à hauteur des citoyens les plus simples. Et je grince des dents quand elle se réjouit de la relaxe de Didier et Sophie Borotra. 

– C’est un plaisir d’échanger avec Guillaume Barucq, docteur sympathique et qui a des idées. Malheureusement ça se complique, quand il veut faire de la politique, Guillaume voulant rester bien avec tout le monde tout en maniant des câbles quand il s’imagine tirer les ficelles.

– Je n’ai aucun doute sur les idées et la probité qu’amènerait Jacques-André Schneck à la tête de la Ville, mais peine à cerner son socle électoral. Et je ne parle pas de futures listes Abertzale, France Insoumise ou EELV qui m’intéressent aussi au plus haut point.

Il faut de l’ego pour faire de la politique mais malheureusement trop d’ego tue la politique. Face à la gravité de la situation que connaît Biarritz, dettes planquées sous le tapis et projets foireux à gogo à l’horizon 2020, je regrette que tous ces candidats qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’en tête de liste n’aient pas su faire un front républicain commun dans l’optique de redonner un fonctionnement normal à cette ville.

C’est pour cette raison que je regarderai aussi avec intérêt une possible candidature de Didier Guillaume. S’il s’appuie sur Guy Lafite ou Michel Poueyts, vieux chevaux de retour qui entraîneront forcément la Ville dans des pratiques d’un autre temps, je le combattrai. S’il montre sa volonté de normaliser et pacifier Biarritz en s’appuyant sur des têtes nouvelles ou sur une des listes actuelles d’opposition, je m’intéresserai de près à lui. Rajoutez à cela des programmes qui sont bien loin d’être établis et vous me croirez peut-être si je vous dis que je suis bien incapable de savoir pour qui je vais voter, contrairement à ce que pensent certains « trolls » sur Twitter, bien planqués derrière leurs pseudos.

Pour Neocon (encore lui!) je confonds Motsch et Jeanne d’Arc… Ah oui, Jeanne d’Arc, l’égérie des gens du Front national.

Journalisme et copinage ne font pas bon ménage

Reste un dernier point à clarifier : à mes yeux un journaliste, quand il traite l’actualité, ne doit avoir ni affect, ni amis. Tous ceux que j’ai interviewés dans le cadre de Bisque, Bisque, Basque ! le savent : si je trouve quelque chose contre eux, je le publierais. Lorsque je me suis écharpé avec Michel Veunac, début 2014 devant sa permanence de la rue du Helder, il m’a tout de suite accusé de « rouler pour Brisson » et m’a promis un dossier sur lui…

J’attends toujours la réalisation de cette promesse, alors que des dossiers sur Veunac, j’en ai de quoi remplir une étagère, ce qui me donne à penser que Max Brisson, malgré ses défauts que l’on connaît tous, aurait fait un bien meilleur maire que Veunac. Et pourtant, je ne suis pas encarté aux Républicains et ne le serai jamais.

De la même façon, j’ai apprécié les quatorze années d’opposition de Jean-Benoît Saint-Cricq et bénéficié de ses talents d’avocat lorsque j’ai été conduit au tribunal par l’ancien propriétaire de la Semaine, Hubert de Caslou. Ce qui ne m’a pas empêché de crier au scandale quand le même Jean-Benoît a sauté sur les genoux de Veunac lors du vote de l’Hôtel du Palais, car j’avais le sentiment que ce point de vue ne correspondait nullement à une conviction mais seulement à une aspiration personnelle à rejoindre la majorité. Du jour au lendemain, Saint-Cricq a cessé de me téléphoner, estimant auprès de proches que « je ne devais pas écrire sur lui puisque nous étions amis ». Est-ce que de mon côté, j’ai reproché à Saint-Cricq de ne pas m’avoir informé à l’avance de son revirement en faveur du maire ? Curieuse conception de la démocratie et de la vie publique que ce souhait de silence complice ! Et curieuse vision de la liberté de la presse qui doit s’incliner devant l’amitié!

Récemment, Richard Tardits, homme que j’apprécie, m’a reproché d’avoir publié un de ses mails sans l’avoir préalablement prévenu auparavant. Même remarque que pour Saint-Cricq. Est-ce que Richard a pris son téléphone pour me donner sa position avant d’envoyer ce mail où il estimait qu’il fallait faire confiance à l’État après le G7 ? Bien sûr que non et je ne lui demandais pas.

Désolé, je ne suis pas omniscient et je n’ai aucune idée du lieu de permanence choisi par les candidats et candidates.

C’est ce curieux rapport entre élus et journalistes que je trouve intéressant d’évoquer. Si vous avez un ami médecin, vous n’allez pas lui demander de violer le secret médical en lui donnant des nouvelles de la santé d’un de ses clients sous prétexte qu’il vous intéresse. Au nom de quelle règle, le journaliste devrait-il informer ses copains de la vie privée qu’il va écrire sur eux dans le cadre de leurs fonctions publiques ?

Voilà mes sources prévenues : donner des informations à Bisque, Bisque, Basque ! ce n’est pas souscrire une assurance-vie. J’apprécie bien évidemment de recevoir des informations et de les publier après vérifications, mais ce n’est pas du tout une garantie de ne pas se voir épinglé à son tour.

Être citoyen, c’est prendre la parole dans le débat public, dire sans crainte ce qu’on pense, au lieu d’attendre que les politiques décident pour nous. Dans ce blog, des contributeurs réguliers comme « Paul Bismuth », « NathB », « Rien que la Vérité » ou « Aux arbres, citoyens », (…et bien d’autres !) enrichissent le débat en débattant et acceptant des avis contradictoires.

En revanche, à l’amorce d’une campagne électorale qui pourrait bien être musclée, se multiplient les comptes Facebook ou Twitter de « trolls » bien décidés à vendre leur camelote électorale ou à insulter sous couvert d’anonymat. Ce qui va sans doute m’amener à rejeter certains commentaires reçus, alors que je les publie tous pour le moment, sauf propos manifestement diffamatoire.

Désolé pour vous, les haineux, mais Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne et cherchera, comme dans les appels d’offres respectables se déroulant dans des municipalités tout aussi respectables, uniquement à détecter le mieux-disant susceptible de redonner un peu de dignité, de moralité et de respectabilité à une ville comme Biarritz, qui par ses méthodes et ses scandales à répétition devient la risée de la Côte basque et fait le désespoir de l’Agglomération.

Je ne rêve que de poser le stylo et de ne plus écrire sur la Ville, mais l’idée que je me fais de la citoyenneté va m’amener à guerroyer jusqu’en mars 2020 au minimum.

Vite, un maire normal pour une ville qui n’en peut plus de Veunac et son équipe !

 

Le clan Veunac a bien tort de plastronner

Le G7 s’est mieux passé que prévu. Mais de là à imaginer Veunac en maire réélu…

Pour sauver la Ville en 2020, Biarritz peut trouver mieux.

On a tous connu ce genre de week-end improbable où l’on se retrouve invité pour trois jours chez des gens qu’on connaît peu. La bouffe est médiocre, les hôtes stupides, le décor kitsch à souhait, mais au moment de prendre congé, avec une belle hypocrisie, on dit merci et on promet de se revoir. Bien entendu, on n’en pense pas un mot et c’est avec soulagement que l’on prend congé définitif. Lundi soir, les lampions du G7 étaient à peine éteints, que les fidèles de Veunac (Ils sont rares, mais il en existe), pavoisaient à qui mieux-mieux : « Avec un tel G7, plus rien ne s’oppose à ce que Michel soit réélu triomphalement en mars 2020 ». Ce sont les mêmes qui en 1994 ne voyaient pas comment Balladur pouvait perdre face à Chirac et en 2016 étaient certains que le futur président de la République se nommerait Alain Juppé avant de clamer leur confiance en François Fillon.

Grillé auprès de Macron

Ce n’est pas un hasard si durant tout le G7 on a vu Michel Veunac tendre le cou pour essayer d’être sur la photo. Pas un hasard non plus si le Président de la République s’est tenu à distance raisonnable de celui qui l’invitait. Et pas un hasard du tout si, en rupture totale avec la tradition républicaine, Emmanuel Macron lors de chacune de ses allocutions télévisées s’est bien gardé de prononcer le nom de Michel Veunac, alors qu’il remerciait le Pays basque pour l’accueil fait aux chefs d’état. Lundi 26 août, alors qu’Emmanuel Macron avait souhaité que les représentants d’association de commerçants assistent à la cérémonie de clôture à la mairie, le chef de l’État a finalement fait défection.

Macron avait largement le temps de s’arrêter à la mairie avant de retrouver Anne-Sophie Lapix au phare : il ne l’a pas fait.

Certes la conférence de presse commune avec Trump avait pris beaucoup de retard, mais de nombreux témoins oculaires ont vu Macron quitter le casino Bellevue à 18 h 55. Sachant qu’il avait besoin de quinze minutes pour mettre ses idées en place avant son interview sur France 2 avec Anne-Sophie Lapix, il pouvait largement passer une tête à la mairie, saluer Veunac et remercier tout le monde. Au lieu de cela, il a préféré envoyer Brigitte son épouse. Un choix qui n’est pas innocent.

Avec des émissaires présents depuis plusieurs mois afin de préparer le G7, le Président de la République cerne assez précisément la personnalité et la compétence de Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-nous-envie. Son mouvement politique, LaREM, a besoin de s’élargir au moment des municipales et Biarritz semble prenable. C’est pour cette raison que Michel Veunac, comme Nathalie Motsch, Guy Lafite ou Jacques-André Schneck (les deux derniers sont membres de LaREM depuis plusieurs mois) se sont démenés pour obtenir l’investiture qui fait figure de sésame à leurs yeux. Sans oublier un certain ministre de l’Agriculture qui pourrait mettre tout le monde d’accord. L’investiture LaREM ne sera accordée que très tardivement, mais une chose est sûre : quand il évoque un lien de proximité avec le président, Veunac prend ses désirs pour des réalités et devrait savoir qu’en politique, personne ne fait jamais de sentiment.

Grillé auprès des commerçants

De son métier de sociologue, Michel Veunac a gardé l’habitude de croire qu’une incantation peut ressembler à une action. On l’a vu avec sa phrase fétiche, répétée jusqu’à l’inanité : « Biarritz ne sera pas bunkérisé ». On connaît la suite. Autre mantra dit et redit : « Les commerçants seront indemnisés ». Et comme Veunac n’a vraiment pas honte, il essaie même de faire croire, selon Sud Ouest du 2 septembre, qu’il est soudain devenu un grand défenseur des Biarrots, empêchant les services de sécurité d’enlever les poubelles trop tôt ou l’État rapace de trop spolier les malheureux commerçants qui ont vu pratiquement quinze jours de leur chiffre d’affaires du mois d’août s’envoler.

Sud Ouest, 30 août.

Patrick Darrigade, le très pondéré libraire et marchand de journaux du centre-ville estime avoir perdu « 28 000 euros de chiffre d’affaires pendant le G7 ». Quand la secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, annonce une enveloppe globale de 350 000 euros pour les commerçants biarrots, tout le monde commence à comprendre qu’une petite aumône sera accordée à chacun, mais que les pertes réelles ne seront jamais compensées. Et que dire du reste de la Côte basque, elle aussi sévèrement impactée par le G7 ?

Veunac n’en a cure. Jeudi, alors qu’Agnès Pannier-Runacher écoutait les commerçants qui exprimaient leurs craintes, Mimi-la-suffisance ne cessait de les interrompre en évoquant l’image de Biarritz grâce au G7 et les mirifiques retombées à venir. On a connu plus adroit, même si le mandat presque écoulé nous a prouvé que le maire ne savait pas très bien compter.

Grillé auprès de l’Agglo

Jean-René Etchegaray et Claude Olive n’ont guère apprécié la désinvolture de Veunac à l’égard de Bayonne et Anglet.

De Didier Guillaume à Max Brisson, Michel Veunac a leurré tout le monde cet été en annonçant qu’il ne se représenterait pas. Pour lui, après ce G7 qui s’est bien déroulé, les planètes sont alignées et rien ne pourra désormais empêcher sa réélection. Logiquement, il va donc annoncer fin septembre qu’il va être à nouveau candidat. Mais si, par un hasard extraordinaire, il se trouvait un Biarrot envisageant de voter pour lui, il devra tout de même se poser une question avant de glisser son bulletin dans l’urne. Comment Biarritz peut fonctionner avec l’hostilité de toute l’Agglo ? Aucun des élus du Pays basque ne pardonne à Veunac d’avoir ainsi fait cavalier seul alors qu’il est vice-président de l’Agglo. Lundi dernier à la mairie, il suffisait d’écouter les remarques acides de Claude Olive et Jean-René Etchegaray, maires pondérés et responsables s’il en est, pour comprendre que la rancune ne partira pas avec l’eau du G7.

Veunac ne s’est soucié que de lui-même et de sa réélection quand Macron lui a demandé si un G7 était jouable en août à Biarritz. Il n’a échangé avec aucun des autres élus et ne s’est nullement préoccupé des dommages collatéraux que sa décision pouvait entraîner. Il est clair que si, par un hasard extraordinaire, il attaquait un deuxième mandat après la brillantissime démonstration qu’il nous a faite depuis 2014, il n’obtiendra jamais rien à chaque fois qu’il devra solliciter l’Agglo. C’est d’autant plus ballot que le plan local d’urbanisme, l’aménagement d’un stade ou l’attribution d’une piscine relèvent désormais de l’Agglo où Veunac ne compte que des ennemis. Le choix est donc clair : si l’on ne veut rien pour BIarritz de 2020 à 2026, date à laquelle notre pimpant élu aura 80 ans, il faut voter Veunac.

Croisée en centre-ville, une conseillère municipale qui espère probablement repartir avec Veunac l’an prochain, joue la voix de la sagesse : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on aura », ce qui est tout de même une curieuse façon de défendre le bilan du maire. Il existe pourtant une autre variante, bien plus intéressante de cet adage : « On sait ce qu’on perd mais on est sûr que ça ne peut pas être pire ».

Bien seule Arosteguy

Au lendemain du G7, Maïder Arosteguy, craignant que les commerçants de Biarritz ne soient mal indemnisés, a le réflexe de demander à Michel Veunac la création d’une commission de suivi des procédures d’indemnisation. Un réflexe plutôt logique pour une élue. Maïder ne devait pas s’attendre à la volée de bois vert que lui a valu son initiative.

Tout commence avec Richard Tardits, pourtant à ses côtés dans les rangs de l’opposition. Pour lui, les « retombées commerciales sont incommensurables et personne ne dira jamais merci » et il est donc urgent de ne rien faire. Richard va donc se faire un plaisir d’accompagner les commerçants en difficulté chez leur banquier pour expliquer que leurs pertes ne sont pas « incommensurables ».

Louis Vial, devenu pro-Veunac inconditionnel depuis que ce dernier a eu la bonne idée de le nommer adjoint, y va à son tour de son petit couplet. On se demande ce que vient faire le « Biarritz bashing » quand on parle des pertes des commerçants, mais l’évocation des « esprits chagrins » va enchanter Veunac :

Et puis, Patrick Destizon n’est jamais très loin quand se déroule un bal des flagorneurs. Il attaque très fort avec un « Je souscrit » du plus bel effet universitaire, avant de se laver les mains du sort des commerçants : « La présence d’élus n’est ni utile ni souhaitable » :

Biarrots, voilà ce qu’écrivent les élus qui sont censés veiller sur vos intérêts. Souvenez-vous d’eux lorsqu’ils viendront faire la danse du ventre devant vous en mars prochain !

Biarritz s’agite tous azimuts

Manif anti-G7, Veunac, Brisson, Lafite, Saint-Cricq, Arosteguy, la partie de billard à douze bandes est lancée dans la cité balnéaire.

Quelques gilets jaunes avaient pris place dans cette manifestation anti G7 qui a réuni plus de 500 personnes.

Comme un homard géant négligé par des convives de l’hôtel de Lassay et livré en pâture au petit personnel, la préfecture avait fait l’aumône aux organisateurs d’une seule et unique manifestation anti-G7, samedi dernier, dans les rues de Biarritz. Première très bonne surprise, ce rassemblement organisé à une date difficile pour les mobilisations par G7 Ez ! et Alternatives G7 a regroupé un demi-millier de personnes. Une estimation qui n’émane ni de la CGT ni de source policière, mais basée sur l’observation d’une place Sainte-Eugénie remplie à ras bord, tandis que la tête de cortège se trouvait déjà sous les fenêtres de l’Hôtel d’Angleterre.

Un cortège sympa et bon enfant où l’on croisait aussi bien des membres de Bizi, que du parti communiste, ainsi que des altermondialistes d’Attac, des écologistes, quelques anarchistes et trois black blocks, vêtus de noir des rangers à la cagoule, s’efforçant d’allumer des fumigènes dans le kiosque à musique de Saint-Eugénie sans susciter la moindre réaction.

Deuxième bonne surprise, les commentaires plutôt amusés et favorables des locaux comme des vacanciers à cette répétition générale de ce qui nous attend dans six semaines, nombre de maillots de bain-huile solaire engageant la conversation avec les manifestants pour déplorer la stupidité d’un tel sommet à une telle date dans une cité balnéaire.

Enfin, et c’est sans surprise, pas un élu biarrot n’avait daigné venir dialoguer avec les manifestants. Il faut dire aussi que nos élus ont tant à faire actuellement pour assurer leur avenir qu’on a presque envie de leur rédiger un mot d’excuse.

Sondage : Veunac avoue à demi-mot

Sud Ouest, 13 juillet.

Et l’on commence par celui qui la joue vieux-usé-fatigué, mais qui continue à tirer toutes les ficelles, notre Mimi-la-Malice que la terre entière nous envie. Si on vous interroge à propos d’un sondage dont vous n’êtes pas à l’origine, vous allez tout de suite dire au journaliste que vous n’êtes pas le commanditaire, ce qui n’est pas exactement ce qu’a répondu le maire de Biarritz à Sud Ouest : « Qui a fait ce sondage ? Je n’ai pas à répondre à ça. Mais je sais que pas un centime de la Ville n’est ou ne sera utilisé pour une quelconque enquête d’opinion. Le commanditaire paie ». Si ce n’est pas un aveu, ça y ressemble. Les messages laissés sur répondeur prouvent que le sondage est réalisé par « Acticall-Opinionway » deux sociétés bien connues dans le monde du sondage politique. D’après plusieurs recoupements, l’ardoise minimale dans ce genre de prestation s’élève à 15 000 euros. Et un sondage « aux frais des contribuables » était bien prévu par la mairie. Grâce à Sud Ouest et à Bisque, Bisque, Basque ! Veunac pourrait se retrouver à faire le chèque final et devenir, contraint et forcé, vertueux avec l’argent public. Mais le connaissant, un arrangement avec la société de sondage pourrait aussi intervenir. En attendant, nul doute que notre cher maire se fera un plaisir de nous détailler tout cela et de nous communiquer les résultats du sondage lors du prochain conseil municipal.

Saint-Cricq s’enflamme en vain

Avec un opposant comme celui-là, le maire n’a plus besoin de majorité. Dans le dernier « Biarritz-Magazine », Jean-Benoît Saint-Cricq, l’homme qui a incarné pendant quatorze ans une opposition de fer à Borotra puis à Veunac avant de succomber aux délices du compromis, s’enflamme totalement.

« Biarritz Magazine », juillet-août 2019.

En planquant les dettes sous le tapis, comme pour le Palais, il est facile d’avoir une « embellie des comptes », mais l’avocat biarrot n’en a cure et ne se souvient plus des fondamentaux de l’opposition. Enthousiaste, il nous promet un futur mandat de prospérité à partir de 2020 où l’on va enfin « s’attaquer aux vrais problèmes des Biarrots ». Avec lui dans la liste Veunac ? On se demande vraiment ce qu’a fait Veunac de 2014 à 2020 pour qu’il se décide enfin à se mettre au travail, mais l’ex-opposant devenu manieur de brosse à reluire se moque de ces détails triviaux.

Et que croyez-vous qu’il advint de tant de courtisanerie ? Veunac considère désormais tellement Saint-Cricq comme « sa chose » qu’il n’a même pas eu l’idée de le mentionner dans le sondage d’opinion qu’il a commandité. Pourtant, aux dernières nouvelles, Saint-Cricq fait toujours partie de l’opposition. Un « oubli » risible à dégoûter définitivement de la flagornerie.

Brisson et Lafite en alerte

Le look énarque prétendument à gauche, face au look luxembourgeois en vacances.

Le jour où se tenait la manif anti-G7, un lecteur au smartphone véloce a surpris cette longue discussion entre Brisson et Lafite, côte des Basques. Les deux en effet doivent consulter frénétiquement toutes les voyantes de la Côte basque pour savoir ce que Veunac leur réserve. Et c’est sans doute en application de la méthode Coué qu’ils annoncent à tout va que Veunac ne se représentera pas. « La Faillite-nous-voilà ! », on le sait, rêve d’être calife à la place du calife, même si comme l’avoue ingénument son épouse, « il a peu de chance d’être élu car il est trop à gauche pour les Biarrots ». Un état de fait qui n’avait pas sauté aux yeux des observateurs de la vie locale, contrairement à l’agacement que ses haussements de sourcils, ses mimiques méprisantes et ses grimaces à la De Funès suscitent.

Lafite est donc sous la gouttière en attendant la décision de son seigneur et maître. Pour donner un peu de lustre à la future liste, il promène avec lui le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, qui a une maison à Biarritz et est le grand copain de Michel Poueyts. Encore un qui se demande à quelle branche il va pouvoir se raccrocher pour poursuivre sa brillante carrière municipale maintenant que les abertzale ne souhaitent plus le voir se représenter !

 Le sénateur Max Brisson de son côté après avoir fait le tour de toutes les listes potentielles en se déclarant « prêt à rendre service », semblait s’être décidé à rallier Veunac et partir en 2020 comme simple conseiller municipal ce que la loi sur le cumul des mandats lui permet. Pour preuve, les communications avec Maïder Arosteguy, avec qui il avait un moment envisagé de faire équipe, brutalement interrompues à son initiative. Pas de chance pour lui, Veunac depuis quelque temps ne le prend plus au téléphone, officiellement « trop occupé » par le G7. En fait, Veunac cherche à recomposer sa liste avec des figures de La République En Marche, histoire de donner un peu de lustre au ramassis de vieux politiques qui usent leurs fonds de culotte sur les bancs municipaux depuis des décennies avec qui il est prêt à partir. Didier Guillaume pourrait en être, mais aussi Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’état au Tourisme, très proche de la sénatrice Frédérique Espagnac. Et dans ce cas-là, la présence du sénateur Brisson, menacé par une réforme constitutionnelle qui verrait les Pyrénées-Atlantiques se contenter de deux sénateurs, n’a plus beaucoup d’utilité. D’autant plus que Veunac, malin, annonce qu’il n’ira pas au bout de son mandat et est prêt à céder sa place en 2022. Une date susceptible de faire frétiller d’aise les deux membres du gouvernement, jamais à l’abri d’un remaniement ministériel après l’élection présidentielle.

Quand on vous disait qu’on ne s’ennuie pas à Biarritz !

Et pendant ce temps Arosteguy pique-nique !

Tandis que Guillaume Barucq rame à Bidart pour une planète plus propre en compagnie de ses troupes de la « Nouvelle vague », tandis que Nathalie Motsch se fait on ne peut plus discrète pour l’instant, se contentant d’une communication institutionnelle un peu surprenante, Maïder Arosteguy, seule candidate officiellement déclarée, laboure inlassablement le terrain. Dernier événement en date, un pique-nique au lac Marion où chacun était invité à venir avec sa bouteille et un plat à partager. Plus de soixante personnes étaient présentes, samedi à 18 heures, ce qui est plutôt une belle réussite en cette période estivale.

Bisque, Bisque, Basque ! a bien cherché mais n’a vu ni Brisson ni Veunac, ni Lafite. Un empoisonnement est si vite arrivé !

Un très vague « Biarritz nouvelle vague »

Le presque quasi-certain candidat Guillaume Barucq a présenté son mouvement citoyen « Biarritz nouvelle vague ». Mais a parfois eu du mal à surfer sur ses contradictions.

Allez, avouez-le, vous avez tous eu droit le jour de la fête des mères ou des pères à un collier de nouilles de votre chérubin préféré et vous vous êtes extasiés sur ce cadeau amoureusement confectionné, comme le veut la bienséance familiale. Sauf qu’à la quatorzième injonction de la chair de votre chair vous demandant si ce collier vous plaît et quand vous allez le porter, vous avez ressenti comme un léger découragement.

Pour le lancement de son mouvement citoyen, « Biarritz Nouvelle vague », (Truffaut et Godard étaient excusés), Guillaume Barucq avait fait dans la symbolique lourde avec une conférence de presse à Olatua, la vague en langue basque, et dans le viseur des photographes le rocher de la vierge (Pour le cas où un miracle se produirait en 2020).

Qu’on ne s’y trompe pas : Bisque, Bisque, Basque ! regarde avec beaucoup de sympathie la candidature de Guillaume Barucq. Quant à la garde rapprochée qui a été présentée à la presse, composée de Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt, elle est tout à fait intéressante et susceptible d’apporter des idées nouvelles à Biarritz.

Mais de la même façon qu’il est préférable de prendre quelques cours de surf à la Côte des Basques avant de se coltiner la vague de Parlementia, on ne peut pas en politique balayer d’un revers de main ce qui s’est passé avant, comme a cherché à le faire la journaliste et néo-biarrote depuis 2018 Aube Chatrier affirmant que « la politique, ça n’intéresse pas les gens ». Bien sûr que si !

C’est donc à une déclaration de candidature beaucoup plus normande que biarrote, tant elle était sinueuse et chantournée, qu’a pu assister la presse.

Dans le bateau naufragé de la majorité ou dans le canot des secours ?

Avec le rocher de la Vierge en arrière-plan.

On le sait Guillaume Barucq a de nombreuses idées intéressantes pour la Ville, mais, en voulant être ami avec tout le monde et en s’efforçant de réconcilier les inconciliables au cours du mandant 2014-2020, il est souvent apparu comme un élu « bisounours » très loin des réalités politiques.

Sans surprise, les axes forts de sa campagne vont tourner autour du logement des jeunes à Biarritz (plus de la moitié du groupe impulsé par Guillaume Barucq en 2014 a été contraint de déménager), les mobilités douces et la pollution des eaux de baignade.

C’est ensuite que cela se complique. Guillaume Barucq peut-il faire abstraction du mandat qui vient de s’écouler, le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz aux yeux de Bisque, Bisque, Basque ? Guillaume Barucq oscille entre des peut-être bien que oui, peut-être bien que non, très normands. « J’ai annoncé ma décision à Michel Veunac et à Guy Lafite. Ils l’ont très bien comprise ». Les acrobaties et l’absence de convictions, ils connaissent ! « Je ne suis pas encore candidat déclaré officiel, même si… » Qui aurait pu penser le contraire ? « Le docteur Barucq et le docteur Veunac ont peut-être des préconisations différentes pour l’avenir de la Ville » Nul n’en doute et c’est bien là le problème.

La garde rapprochée : de gauche à droite, Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Guillaume Barucq, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt,

Alors que Michel Veunac a annoncé qu’il se déclarera en septembre et que Guy Lafite est prêt à prendre son relais si les circonstances contraignaient Veunac à ne pas se présenter, comment peut-on être décidé à rester jusqu’au bout dans la majorité tout en conduisant une liste qui va s’opposer au maire sortant ?

Là encore, le représentant du bien-nommé « Biarritz nouvelle vague », demeure on ne peut plus… vague. « Je ne vais pas critiquer le passé » … « La carte du parti, on ne la sortira à aucun moment, le but est de favoriser la proximité avec les Biarrots » avant de conclure par une phrase mille fois entendue : « Je préfère rester à l’intérieur de la majorité car c’est là que je suis le plus utile ».  Une minute après, le futur candidat raconte comment il a été écarté d’un dossier environnemental ! Comme Motsch de l’Urbanisme, Amigorena du tourisme ou Chazouillères du commerce !

Hélas en politique, il faut choisir son camp à un moment donné. Porter son collier de nouilles pour faire plaisir à son enfant ou le contrarier. Guillaume Barucq est intelligent. Nul doute qu’il va comprendre qu’on ne peut être ici et ailleurs en même temps, dans le bateau naufragé de la majorité et dans le canot des sauveteurs en mer décidés à porter secours aux Biarrots en péril.

Pas de mouette rieuse à l’horizon

Heureusement, il est des signes qui ne trompent pas. Alors que la canicule était annoncée sur Biarritz, quelques gouttes de pluie se sont invitées au début de la conférence de presse, obligeant à sortir les parasols. Avec son humour habituel, Guillaume Barucq a parlé de la malédiction de François Hollande qui ne pouvait prononcer un discours sans se faire doucher. Mais contrairement au président malheureux et dépassé que la France a connu de 2012 à 2017, pas une mouette rieuse n’est venue viser le polo vert du candidat pendant son allocution. La preuve que le médecin biarrot peut échapper à la malédiction hollandaise et a un bel avenir devant lui s’il réussit à s’allier avec les autres opposants au duo infernal Veunac-Lafite et à comprendre que les Biarrots n’en peuvent plus des combines d’appareil, des alliances improbables, des négociations de soir de premier tour et qu’ils souhaitent des candidats qui soient déterminés à ne pas reconduire les errances des deux derniers mandats. Chiche, Guillaume !

 

Questions pour un fripon

Au niveau de l’ellipse, de la dissimulation et des demi-vérités, Veunac s’avère décidément un candidat imbattable. La preuve avec le dernier conseil municipal.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » affirmait la grand-mère de Martine Aubry. Ceux qui ont eu le courage d’assister jusqu’au bout au dernier conseil municipal, 3 h 46 tout de même, sont ressortis avec le sentiment de ne pas avoir été confrontés à un loup solitaire, mais à une meute innombrable, propre à donner des insomnies à n’importe quel berger pyrénéen. Avec un Veunac, visiblement gonflé à bloc par les résultats des européennes, rasé de près même s’il affirme ne pas penser tous les matins aux prochaines élections municipales et devenu un orfèvre dans l’art de promener son conseil municipal. Bisque, Bisque, Basque ! va donc s’efforcer de débusquer avec votre aide tous les loups probables dissimulés derrière les phrases onctueuses de Mimi-la-malice.

https://www.youtube.com/watch?v=40QjG-qWbgQ

On le sait, avant d’attaquer le gros morceau représenté par le dossier Aguilera, il est toujours nécessaire de chauffer la salle avec un intermède comique. Une fois de plus, c’est l’inénarrable Ghislaine Haye qui s’y est collée avec un vibrant hommage au disparu Coco Léglise, « homme discret et humaniste » et symbole « du militantisme et de l’engagement vrai » Ce petit couplet sur l’engagement vrai prononcé par la militante socialiste Haye, celle qui a refusé lors du vote de l’Hôtel du Palais de se conformer à la décision de refus prise par les militants de son parti et s’est empressée de cajoler le maire pour sauver ses émoluments d’adjointe, était un pur bonheur et laissait bien augurer de la suite.

Et effectivement, les Biarrots ne vont pas être déçus avec la prestation d’un Veunac très en forme et qui va promener son monde avec une maestria confondante. Avec, au final, la perspective pour les Biarrots d’être une fois de plus cocus.

Loup n° 1 : la fausse repentance

Le débat sur Aguilera s’engage à la 51e minute. Calme et posé, Veunac explique que le retard sur l’aménagement du plateau d’Aguilera, inscrit dans son programme électoral de 2014, est lié aux hésitations autour de la piscine. Il affirme que le projet global d’aménagement proposé par Jean-Baptiste Aldigé est « non recevable » car soumis à des « obstacles juridiques de toute nature » et qu’on se dirige donc en concertation avec le BO vers « un projet de coproduction ».

Le commentaire de BBB : Dès l’annonce du projet Aguilera, Nathalie Motsch avait souligné l’impossibilité juridique de le mener à bien, ce qui lui avait valu d’être insultée.  Mais Veunac n’a pas un mot d’excuse pour saluer la lucidité de son élue ou regretter ce qui s’est passé. Par ailleurs la piscine a bon dos pour excuser le retard. Un article très documenté de Sud Ouest à propos du réaménagement de Jean-Dauger intitulé « La refonte du stade pourrait aller vite » nous apprend que Jean-René Etchegaray a déposé un permis de construire dès le début de son mandat ce qui lui permet de lancer les travaux maintenant. Veunac, qui avait inscrit ce réaménagement d’Aguilera à son programme, a pour sa part lambiné et tergiversé comme à son habitude sans déposer le moindre permis.

Loup n° 2 : un projet global voulu par l’Agglo (55e minute)

Veunac explique ensuite qu’il va falloir passer par une procédure MECDU (Mise en compatibiliité des documents d’urbanisme) : « Nous sommes allés voir l’Agglo qui nous a conseillé de raisonner sur un aménagement global », c’est-à-dire de lancer une seule demande pour la partie logement et pour la réhabilitation de l’enceinte sportive.

Le commentaire de BBB : Tout cela semble parfaitement raisonnable. Sauf qu’il y a un léger problème. Selon plusieurs sources internes à l’Agglo, la ville de Biarritz n’aurait jamais fait la moindre demande en ce sens, les échanges ces derniers temps se limitant à de grosses engueulades entre Veunac et l’Agglo. Bisque, Bisque, Basque ! a donc contacté vendredi le service de presse de l’Agglo pour savoir à quelle date les représentants de la ville de Biarritz avaient rencontré les responsables de l’Agglo, et si des documents écrits avaient été rédigés. Pas de réponse pour le moment, mais il est évident que Michel Veunac se fera un plaisir de mettre tous les éléments prouvant ses dires à disposition de la presse.

Loup n° 3 : un prochain conseil bien hâtif (60e minute)

Avec son air de ne pas y toucher, Veunac annonce ensuite qu’un conseil municipal aura lieu le 3 juillet prochain : « Si les choses n’avancent pas trop mal, nous pourrons avoir des éléments sur la programmation et le financement possibles ».

Le commentaire de BBB : Pourquoi tant de hâte, alors que la procédure MECDU prend au minimum dix-huit mois ? Veunac a visiblement quelque chose à faire voter le 3 juillet prochain mais se garde bien d’expliquer à ses conseillers ce qu’il a en tête. Nous y reviendrons.

Loup n° 4 : la phrase de trop (105e minute)

Calme et posé, comme à son habitude, Édouard Chazouillères demande au maire de préciser le calendrier des travaux. Entre les dix-huit mois de la procédure MECDU puis le dépôt spécifique des permis de construire, il faut compter deux ans au minimum. Raisonnablement, on peut donc envisager les premiers coups de pioche fin 2020 voir mi 2021. Agacé, Veunac ne dément pas mais ajoute : « Tout ce qui pourra avancer avant cette date avancera ».

Le commentaire de BBB : Avec cet aveu, qui relève sans doute plus de la maladresse que d’une confidence délibérée, on arrive sans doute au cœur du dossier Aguilera. Lors de la conférence de presse de présentation de l’équipe, le président du BO Jean-Baptiste Aldigé s’est montré étonnamment calme, alors que le retard de deux ans sur le projet, implique que le famille Gave remette au pot trois millions d’euros, somme qui correspondra probablement au déficit du club pour les deux saisons à venir. Qu’est-ce qui se cache donc derrière ce « Tout ce qui pourra avancer » ? Les Biarrots aimeraient le savoir, un maire étant garant de la loi et ne pouvant autoriser des travaux sans permis de construire.

Loup n° 5 : Veunac s’abrite à nouveau derrière l’Agglo (107e minute)

Dans une intervention de très haute volée, Nathalie Motsch déplore qu’on ait « vendu du rêve aux Biarrots » et estime « qu’on ne décide pas à dix mois des élections municipales de ce que sera Aguilera » Il semble assez logique en effet que ce soit l’équipe élue pour six ans en 2020 qui prenne en charge ce dossier. Nathalie Motsch revient aussi sur la stratégie prévue et affirme qu’il est impossible de regrouper dans une seule procédure des modifications qui relèvent de l’intérêt général avec les logements sociaux et d’autres qui sont d’ordre commercial avec la création de boutiques dans l’enceinte sportive. Visiblement Veunac n’a cure de ces propos et réitère : « Moi les conseils que j’ai, ce sont ceux de l’Agglo. Ils ont mis trois semaines pour me répondre ».

Le commentaire de BBB : Avant le très précipité conseil municipal du 3 juillet, nous espérons pouvoir avoir les réponses. Veunac se conforme-t-il comme il le dit aux desiderata de l’Agglo ou cherche-t-il à faire, comme semble le penser Nathalie Motsch, un paquet-cadeau d’Aguilera, la construction de logements sociaux et l’aménagement de l’enceinte sportive devenant indissolublement liés.

Un nouveau bail emphytéotique le 3 juillet prochain ?

Motsch et Chazouillères se retrouvent dans la détestation des méthodes du duo Veunac et Lafite.

Comme les lecteurs pourront le constater, ce conseil municipal relevait donc plus d’un spectacle de prestidigitation que d’une assemblée de sages où l’on débat en toute transparence. Le courage des élus qui ont flairé le piège, en votant contre comme Hervé Boissier, en s’abstenant comme Maialen Etcheverry, ou en refusant de participer au vote comme Nathalie Motsch doit être salué. Trop de dissimulations cachent à l’évidence un plan d’ensemble, comme dans le cas de l’Hôtel du Palais, que l’on se refuse à dévoiler aux élus.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc avancer quelques hypothèses, à charge pour le maire de rassurer les élus et les citoyens biarrots, si elles s’avèrent de pures élucubrations.

Quand Lafite parle, Françoise Mimiague est visiblement passionnée.

Veunac n’a pas dit pourquoi il convoquait à une date tout à fait inhabituelle les élus. On va le savoir sous peu, mais je verrais bien une extension du bail emphytéotique alloué au BO et comprenant toute la zone où des réaménagements sont prévus. Ainsi, les modifications prévues ne seraient plus du ressort de la Ville et tout pourrait aller beaucoup plus vite. Et s’il se trouve un opérateur – au hasard Pichet – qui accepte de faire les travaux sans que cela ne coûte un sou aux Biarrots, pourquoi se priver. Et si, au terme d’un appel d’offres en bonne et due forme, Pichet était retenu pour construire les logements sociaux d’Aguilera – le hasard fait si bien les choses parfois ! -, alors tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes et au final on se retrouverait tout près du projet initial voulu par la famille Gave. Comme l’a dit Jean-Baptiste Aldigé lors de sa conférence de presse « les travaux à Aguilera ont déjà commencé avec l’aménagement de Bender et du stade d’athlétisme »

Toutes ces hypothèses ne sont peut-être que pure construction d’esprit. On va pouvoir très vite vérifier dans les jours à venir si l’Agglo et Veunac marchent main dans la main et si les procédures publiques vont être respectées.

Mais, avec des Veunac et Lafite qui depuis 2014 n’ont cessé de mentir, de ruser ou de louvoyer, comment ne pas avoir envie de crier au loup à chaque dossier qui se présente ?

Arosteguy-Chazouillères, un ticket intéressant

Au lendemain de ce conseil municipal, Maïder Arosteguy a annoncé qu’elle serait candidate pour 2020, ce qui ne constitue pas une véritable surprise. Ce qui est intéressant en revanche est de voir que tous les candidats opposés à Veunac, que ce soit Barucq, Motsch ou Maïder semblent décidés à faire de la morale publique leur cheval de bataille. Après les dernières années de Borotra et le calamiteux mandat du duo Veunac-Lafite, il était plus que temps ! Maïder Arosteguy a choisi le sympathique Thomas Habas comme directeur de campagne et s’est montrée très entourée lors de sa conférence de presse. On notait en particulier la présence de Philippe Domège, de Jean-Bernard Pinatel ou de son épouse Anne Laffolé-Pinatel. Mais c’est surtout Édouard Chazouillères qui aura marqué les esprits avec une intervention très musclée sur le respect : respect des institutions, respect des lois, respect des élus et de l’opposition. Nul doute qu’avec le dossier Aguilera, qui ne semble pas tout à fait dans les clous de l’orthodoxie, en matière de règles publiques, Édouard va avoir beaucoup à dire.

Chazouillères, belle gueule et ironie mordante

Courtois et pondéré, l’ancien adjoint au commerce manifeste beaucoup de talent pour les petites phrases et estime que « Veunac fait le mandat de trop ».

Le rendez-vous, pris au Royalty, tient un peu de retrouvailles entre adversaires de rugby qui partagent une bière après s’être sérieusement chamaillés pendant le match. En 2014, alors qu’il était le directeur de campagne de Michel Veunac, Édouard Chazouillères avait lancé, au détour d’une conversation « off » avec un journaliste, à propos de ceux qu’il pensait « monter une affaire » contre son candidat, « ils finiront, comme disait l’autre, sur un croc de boucher » en référence aux propos privés rapporté de Sarkozy à l’endroit des instigateurs de l’affaire Clearstream ». Déjà la dent dure ! Il reconnaît un propos malheureux, une envolée bravache, une imprudence, bref un écart de jeunesse. Depuis, alors que nous ne nous connaissions pas, nous nous sommes parlés… et appréciés, car Édouard Chazouillères est très politique et réfléchi.

Le jour de sa démission de son poste d’adjoint.

Visiblement l’ancien adjoint, malgré sa démission de son poste au commerce, a marqué les esprits, car les électeurs locaux demandent souvent de ses nouvelles ou s’interrogent sur ses intentions en 2020. « Je ne suis pas très surpris que les Biarrots se retrouvent dans mes préoccupations actuelles. Le rôle que je me suis fixé depuis ma démission et ce, jusqu’à la fin du mandat, est d’être, avec d’autres, dans une vigilance totale vis-à-vis des décisions mauvaises voire litigieuses du maire. 
Ceci dit, repérer, dénoncer et rattraper les bêtises de Veunac, cela devient un job à plein temps ! ». On l’a vu récemment avec son action pour obtenir l’annulation in extremis de la subvention de 100.000€ au festival brésilien de Vincent Cassel Onda Carioca.

La conversation roule sur la liste élaborée par le futur maire au soir du premier tour de 2014 et sur les nombreux talents qu’elle recelait, talents qui ont tous à un moment ou l’autre décidé de démissionner de leurs fonctions. « Le bon manager, c’est celui qui recrute des meilleurs que lui et qui n’en a pas peur ». Michel, pourquoi tu tousses ?

Depuis sa démission, Chazouillères affirme que ses rapports avec le maire confinent au « néant absolu » et ajoute « qu’ils étaient déjà proches de zéro avant sa démission ! » Curieusement, Michel Poueyts qui lui a succédé au commerce ne l’a jamais contacté sur le moindre dossier. Parce qu’il est omniscient ou parce qu’il ne fait rien ?

« Il faut établir des règles saines »

 Chazouillères ne veut pas épiloguer estimant que « comme c’est, hélas, souvent le cas chez les maires – Veunac fait le mandat de trop », ce qui est particulièrement cruel si l’on se souvient que Veunac en est à son premier mandat de maire. Quant aux rares élus qui suivent inconditionnellement le maire, ils ne trouvent pas plus grâce à ses yeux : « Tous les élus, non démissionnaires, issus de la majorité sont solidaires du maire et comptables de son bilan et par conséquent, étant donné la médiocrité de ce mandat, aucun élu sortant ne dispose, à mes yeux, de la légitimité pour prétendre à la fonction de Maire en 2020. »

On ne saurait être plus clair. Édouard Chazouillères veut se projeter au-delà de 2020 : « Je n’ai aucun regret sur ce qui s’est passé. Je vais travailler pour que le ou la future maire soit l’antithèse de ce qu’a été Veunac. Il faut que l’élection de 2020 permette de changer totalement le système. Changer le système pour remettre le citoyen au cœur de tout. »

Soudain passionné, l’ex-adjoint énumère tout ce qu’il faut changer : « Contrairement à ce qui se passe dans ce mandat, il faut établir des règles saines de respect de l’argent public, des lois, des citoyens, des élus et des salariés de la mairie » La démonstration se poursuit : « En France, le maire est le dernier élu à bénéficier encore de la confiance des citoyens. C’est extrêmement important qu’il participe, par son action, à préserver l’espoir que les citoyens croient encore en la politique et en leurs élus. Or on constate que très souvent le maire utilise les failles de la loi, des réglementations et des procédures, obligeant les services de la mairie à « tordre » ces règles, pour imposer ses vues politiques et ses choix personnels ». A la question « mais vous ne croyez pas que tous les maires font un peu cela ? », Chazouillères répond « si des maires le font c’est fort dommage ! Car je crois foncièrement qu’un élu, et qu’un maire en particulier, doit scrupuleusement garantir la bonne application des procédures et des lois ; sinon on accroît la crise du politique et les citoyens finiront par ne plus croire en personne. Regardez l’exemple de l’attribution de la subvention à Onda Carioca dans l’irrespect total des procédures pourtant imposées à l’ensemble des associations de la ville ; c’est l’iniquité totale, résultat les dirigeants d’association sont en colère et n’ont plus ni confiance ni respect pour la mairie. »

Clairement visés, les dossiers du Palais mais aussi d’Aguilera, « le plus gros échec de la mandature ! Cinq ans que ça devait avancer et ça n’a pas bougé d’un pouce ! ». L’embarras du maire face au projet porté par Jean-Baptiste Aldigé et le promoteur Pichet ne le surprend pas : « Quand un maire n’avance pas, qu’il ne fait pas émerger de projets, un investisseur, lui, avance avec son projet, projet qui est du coup subi et qui ne correspond pas tout à fait à ce que le maire aurait imaginé ». Sur la conduite de ce dossier, l’élu n’a pas le moindre doute : « La gestion du foncier public relève de la compétence de la Ville. Le projet doit être retravaillé avec le porteur de projet sous la direction de la Ville et en respectant les règles qui régissent la vie publique.» Voilà qui est clair.  

« Oui, je soutiendrai un ou une candidate »

 Avec des idées aussi précises, est-ce une future tête de liste pour 2020 qui parle ? Édouard Chazouillères réfute catégoriquement l’hypothèse, car «  mes priorités sont familiales et professionnelles ». Passionné de vie publique, Édouard Chazouillères ne s’imagine pourtant pas sans mandat : « Oui, je serai derrière un ou une candidate, je discute en ce moment avec les prétendants ». Une façon de faire monter les enchères ? L’hypothèse est balayée d’un revers de main et, sans complexe aucun, l’ancien adjoint détaille les qualités et défauts de chacune des supposées têtes de liste.

« Nathalie Motsch ? J’apprécie son esprit critique. Je lui reconnais un certain talent et le sens de la communication, quand elle n’en fait pas trop… Je goûte moins le rôle qu’elle tente de jouer depuis quelques temps de critiqueur en chef avec beaucoup d’effets de manches ; c’est un peu le nouveau Saint-Cricq…en jupon !» Bien évidemment, le Saint-Cricq évoqué est celui qui s’est opposé pendant quatorze ans aux maires de Biarritz et non celui qui vient piteusement de se rallier à Veunac.

Le défilé continue : « Guillaume Barucq ? J’aime sa fraîcheur, son côté rêveur, son écoute, sa simplicité. En politique, il en faut. Il faudra clarifier quelques points pour travailler ensemble. » Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes des Bisounours ? « J’aime le Guillaume habituellement anticonformiste. J’aime moins celui qui met un costume et une cravate pour accueillir Macron ! 

 Reste Maïder dont la rumeur le dit très proche : « Maïder Arosteguy ? J’apprécie sa personnalité, son relationnel, sa grande qualité d’écoute et notamment sa capacité à prendre l’avis des uns et des autres et d’entendre des positions parfois très opposées à la sienne avant de décider. Elle connaît par cœur Biarritz et pour les électeurs, s’appeler Barucq ou Arosteguy ça compte».

Édouard évoque aussi François Amigorena: « C’est un talent et nous avons eu  une certaine complicité depuis le début du mandat. Les Biarrots ne savent pas par exemple que nous sommes à l’origine tous les deux de la mise en ligne des conseils municipaux, en ayant, dans la lancée de la campagne, contacté un prestataire de service alors que Veunac y était dans un premier temps opposé, nous lançant un « Hors de question ! » et souhaitait que la décision (de ne pas diffuser les conseils) passe par le service communication ; avant de s’y résoudre sous notre insistance appuyée par d’autres collègues élus.». Les Biarrots, qui ont pu mesurer sur Internet l’étendue du désastre à chaque conseil, seront donc éternellement reconnaissants aux deux larrons d’avoir réussi à obtenir la publicité des débats.

Édouard Chazouillères poursuit une réflexion en solitaire avant de décider qui il va suivre.

En attendant 2026 et un duel qui pourrait, entre autres, opposer Édouard à François, est-ce qu’un front commun des opposants à Veunac et Lafite ne serait pas dans l’immédiat la solution pour ne pas subir le duo infernal six ans de plus ? Chazouillères lève les yeux au ciel, un peu résigné. Comme Bisque, Bisque, Basque !, il vient d’apprendre que Guillaume Barucq va annoncer sa candidature en juin et qu’il ira seul car il veut voir ce qu’il pèse politiquement.

« Pour avoir une chance de vaincre, il faudra s’allier au soir du premier tour mais il faudra travailler les choses en amont et surtout se respecter pendant la campagne. Chacun va vivre sa vie et présenter son projet, ce qui n’est pas inintéressant ».

 Édouard Chazouillères évoque les élections de Hollande ou de Macron et estime que les surprises sont nombreuses en politique. Pour lui, rien n’est encore joué pour 2020, le G7, suivant qu’il se déroule bien ou mal, pouvant considérablement changer la donne. Alors qu’il n’est plus membre d’aucun parti, l’ancien adjoint reste passionné par la chose publique : « Mon engagement politique, je le vois au niveau local et sur la durée. Je n’ai pas d’ambition particulière, je n’ai pas de plan de carrière – c’est ce que je combats en politique – mais si je peux être utile, je m’impliquerai. À quel poste, je n’en sais rien, mais ce que je veux éviter, c’est que les mauvais ne l’emportent ! »

Vaste programme, comme aurait dit De Gaulle !