Pour Brisson, le mensonge d’un maire n’a rien de grave

Les administrateurs de l’Hôtel du Palais sont-ils des plantes vertes qui doivent se taire au nom de la raison municipale ? Le premier opposant semble le penser.

Max Brisson semble perplexe sur le dossier de l’Hôtel du Palais : on le comprend.

Si par un hasard improbable Nadine Morano avait été élue Présidente de la République, pensez-vous qu’Emmanuel Macron aurait accepté de devenir son Premier Ministre ? Probablement non. Dire de Max Brisson qu’il aurait fait un tout autre maire pour Biarritz que Michel Veunac frise l’insulte, tant les capacités de l’un mettent en évidence les cruelles limites de l’autre. De la même façon, dire que Max Brisson fera un bon sénateur s’il est désigné en septembre prochain par les grands électeurs du département relève de la même tranquille évidence, quand on connait sa passion pour sa ville et sa région et son sens du dialogue. Et ce n’est pas un membre des Républicains qui le dit !

Mais alors pourquoi diable, si ce n’est au nom d’un pacte de solidarité entre anciens adjoints, Max Brisson se sent-il obligé de voler au secours de notre Nadine Morano à nous, notre Michel Veunac bien-aimé, même quand son attitude est totalement indéfendable ?

Félicitations à Sud Ouest

Félicitons tout d’abord Sud Ouest pour sa façon de ne pas planquer l’information sous le tapis et pour son traitement très éclairé du dossier de L’Hôtel du Palais depuis des semaines. Sans le quotidien régional, les Biarrots ne sauraient pas grand-chose de ce qui se trame, pas plus que des soubresauts qui agitent le conseil d’administration de la Socomix, puisque, lors du dernier conseil municipal, personne ne s’est hasardé à évoquer les sujets qui fâchent.

Les faits sont désormais avérés et, selon les informations de Bisque, Bisque, Basque !, c’est la deuxième fois qu’ils se produisent. Tous les éléments concernant L’Hôtel du Palais et sa nécessaire rénovation n’ont pas été portés à la connaissance des administrateurs à qui l’on demande de faire de la figuration et de voter sans réfléchir comme leur maire. Arrivé quelques heures avant le dernier conseil d’administration, un document du cabinet d’études Price Waterhouse Cooper démontrant la pertinence du projet Four Seasons est délibérément resté sous le coude du maire qui voulait ouvrir les pourparlers à d’autres groupes hôteliers et en particulier à Accor.

Le Premier adjoint Guy Lafite, qui n’a vraiment rien d’un va-t-en guerre, estime que le vote « ne s’est pas fait à partir de données objectives » Il s’est abstenu ainsi que Marc Dhospital, tandis que Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères votaient contre et faisaient publiquement part de leur indignation pour des méthodes qui, en droit pénal, pourraient valoir à Michel Veunac une condamnation pour « abus de pouvoir » si l’un d’entre eux portait plainte.

Et c’est alors qu’intervient le très étrange communiqué de Max Brisson, publié le 10 juillet sur sa page Facebook. Max se soucie du personnel et il a raison. Il propose même sur le sujet de l’Hôtel du Palis un referendum populaire, ce qui est une excellente initiative. Mais malheureusement, dans son rôle d’opposant ou prétendu tel au maire de la ville, il pousse son sens de la nuance à un point tel qu’on peut avoir le sentiment qu’il dit tout et son contraire.

Alerter ou mentir, qu’est-ce qui est le plus détestable?

Ce sont surtout les premières lignes de son communiqué qui laissent rêveur : « Le débat sur l’hôtel du Palais prend une tournure détestable. Ne peut-on obtenir des élus-administrateurs un peu plus de retenue et un traitement du dossier qui évite la polémique au grand jour ? L’hôtel du Palais est une entreprise, c’est à dire avant tout des salariés et ceux-ci méritent mieux que le spectacle que se livre au grand jour la majorité municipale. »

Pas un mot sur l’omission de Veunac qui relèverait pourtant du pénal si un des administrateurs la jouait combatif. Pas un mot sur son propre silence lors du dernier conseil municipal. Mais une pique totalement injuste envers les lanceurs d’alerte qu’ont été les administrateurs. Alors qu’ils ont refusé de se prêter à cette mascarade, Max semble les considérer comme des plantes vertes qui devraient se taire et se réjouir de leur simple jeton de présence. C’est l’école Borotra ?

Curieuse vision de la politique que celle qui, au nom de la raison d’État ou plutôt de la raison communale, voudrait qu’on taise tous les errements d’un élu. Curieuse vision que celle d’un conseil municipal ou d’un conseil d’administration où on ne verrait qu’une tête.

Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères, en alertant l’opinion publique, ont parfaitement joué leurs rôles d’élus. Désolé, Max, mais ils méritent toutes nos félicitations.