Antoine Descotte : « Ma boîte à Job, ça fonctionne ! »

ma-boite-a-jobComme si, en matière d’aide aux demandeurs d’emploi, il pouvait y avoir matière à rivalité, comme si toutes les idées nouvelles n’étaient pas bonnes à prendre ! Lorsqu’ils décident de monter une association 1901, en mars 2015, les membres du conseil d’administration de « Ma boîte à Job » Antoine Descotte, Yannick Broussé, Marie-Claire Sallaberry, Marie-Claude Albanesi, Cathy Biscay, n’imaginent pas une seconde qu’ils s’entendront dire un jour, de la bouche du directeur de Pôle emploi Bayonne : « Vous êtes clairement nos concurrents ». Tous, par leurs fonctions, sont au contact de chercheurs d’emploi en détresse et perçoivent bien une évolution du monde du travail que les institutions peinent à suivre. Directrice de Herrikoa, une structure de financement participatif au Pays basque, Marie-Claire Sallaberry constate que peu est fait pour aider ceux qui veulent lancer leur entreprise. Attachée parlementaire de Jean-Jacques Lasserre, Marie-Claude Albanesi décide elle aussi de s’impliquer mais se récrie contre un trop évident mélange des genres. « Ma boîte à Job n’est surtout pas une association politique, mais un outil destiné à aider ceux qui souhaitent retrouver du travail ».

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Inspiré par la mission emploi de Drancy

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Un conseil d’administration de « Ma Boîte à Job ». Yannick Broussé, trésorier, Antoine Descotte président, Cathy Biscay administratrice, Marie-Claude Albanesi secrétaire, Marie-Claire Sallaberry, administratrice et Carole Van Der Loo, administratrice et ancienne salariée.

L’idée de départ est simple « Le Pays basque compte majoritairement des petites entreprises. Nous essayons de mettre en adéquation l’offre et la demande en discutant longuement avec ceux qui recherchent du travail et en les accompagnant dans leurs évolutions ». Les fondateurs ont tous en tête l’exemple de la mission emploi fondée en juillet 2013 à Drancy et qui, aux dires de tous, est un beau succès et le travail effectué par Patrice Hiriart avec sa page Helpworker. Des bénévoles s’attellent au lancement d’une page Facebook qui met en avant des offres d’emploi, jusque-là restée anonymes. Avant d’être mises en ligne, ces offres sont vérifiées et analysées. Parfois, après un échange téléphonique avec l’entreprise, elles sont reformulées et, comme par miracle, le plus souvent la situation se débloque. Très vite la fréquentation des pages s’envole. En juin 2015, l’association reçoit ses premiers chercheurs d’emploi… et se retrouve très vite débordée par les demandes. Aujourd’hui, ils sont plus de 12 000 à avoir exprimé leur enthousiasme pour le travail accompli.

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Une page Facebook très vivante et qui contient des pépites pour les chercheurs d’emploi.

La subvention de 7587,80 euros accordée par le conseil départemental a permis de recruter une personne bénéficiaire du RSA et une nouvelle à venir. Malheureusement du côté de la politique locale, malgré deux longs entretiens avec les 2 derniers présidents de l’Agglo et des promesses formulées à la fin de l’échange, c’est le bide. Comme si aider les gens à retrouver du travail n’était pas du ressort des maires qui devraient se contenter de subventionner les associations macramé ou pâte à sel de leur ville ! Le conseil d’administration de « Ma boîte à Job » déborde de projets comme des ateliers d’insertion où des personnes éloignées de l’emploi pourraient réapprendre les obligations quotidiennes liées au travail. Mais ce sont les finances qui ne suivent pas.

« C’est rageant, constate Marie-Claude Albanesi, car notre mise en relation des chercheurs avec les entreprises fonctionne. On en a fait la preuve ! ». La meilleure démonstration ? Des conseillers Pôle emploi dirigent en douce les chercheurs d’emploi dont ils ont la charge en direction de l’association. Tandis que le directeur de Pôle emploi, au lieu de se réjouir, grince des dents. Il ne doit pas savoir que, lors d’un récent sondage de BVA, huit Français sur dix ont estimé que le gouvernement n’était pas compétent pour réduire le taux de chômage.

 

Les coulisses de ce reportage

Au départ, un fervent lecteur de Bisque, Bisque, Basque ! Patrice Hiriart qui commente souvent les articles du blog et qui est passionné par le sport et la lutte contre le dopage. Lors de notre première rencontre, il me parle de sa page Helpworker destinée à aider les demandeurs d’emploi. La démarche me séduit et je suis intrigué quand il rejoint bénévolement Ma boîte à Job. Ne croyant que ce que je vois, je lui demande de m’organiser un rendez-vous avec les « inventeurs » du projet. Et là, joie rare du reportage, je tombe sur une démarche inspirée et généreuse, et je croise une équipe qui pétille d’intelligence. Bon, vous attendez quoi pour leur filer un coup de main d’une façon ou d’une autre ?

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Biarritz : les faux nez de la liste FN

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Quatre grandes timides, au minimum, se cachent dans cette liste. Par peur d’être reconnues, elles ont repris leurs noms de jeunes filles, comme la loi les y autorise, et parfois leur deuxième prénom. Saurez-vous les retrouver?

«  Mon mari ? Le jour des élections, je l’enferme pour être sûre qu’il n’aille pas voter «  … Rama Yade, la brillante administratrice du Sénat devenue ministre de Sarkozy, avait mis les rieurs de son côté, avec cette boutade concernant son mari Joseph Zimet, militant du parti socialiste. On peut très bien en effet avoir des sentiments communs et faire bulletins séparés, le jour de l’élection.

Mais l’affaire devient autrement plus gênante quand l’épouse se souvient soudain qu’elle a été une jeune fille et exhume de la naphtaline son deuxième prénom et son patronyme originel pour avancer masquée.

Dernière à s’inscrire en préfecture, la liste du front national intrigue beaucoup les Biarrots. Il est étonnant que dans une si petite ville, beaucoup de candidates soient totalement inconnues de tous. Le soupçon se renforce lorsqu’on effectue quelques recherches sur Internet, surtout quand on ne retrouve les noms de la liste ni sur google ni sur les pages blanches. Par chance pour le journaliste et par malchance pour l’intéressée, une des candidates, Dominique Girardi, a gardé son nom de jeune fille accolé à son nom de femme mariée sur sa page facebook, et il est donc aisé de déduire que Chantal Piton, et Dominique Girardi ne sont qu’une seule et même personne. Coup de téléphone à Madame Piton. Alitée, ce que j’ignorais, elle reconnait sa présence sur la liste FN avant de se cabrer : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Chacun fait ce qu’il veut. Je n’ai rien à vous dire. Je ne vous demande pas ce que vous pensez du Front national ».  La dame est tellement paniquée que je préfère raccrocher. En effet, son mari, sur sa propre page facebook, affiche un soutien inconditionnel pour … Michel Veunac. Mais après tout, peut-être que le couple évite de parler politique!

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On en dit toujours trop sur sa page facebook…

Outre son incontestable amour de Biarritz, Frank Perrin, la tête de liste du Front national a une autre qualité : il sait que nous ne partageons absolument pas les mêmes idées mais il répond avec franchise à toutes les questions et, fidèle à la tactique de Marine le Pen, se montre très courtois avec les journalistes. «  Comme il y a une diabolisation du Front national, ce sont des gens qui souhaitent nous aider, mais qui ne veulent pas être reconnus. » Sur ses multiples sites de campagne, le Front national, n’oublie pas  de rappeler que les femmes ont le droit de se présenter sous leur nom de jeune fille et sous leur deuxième prénom. « C’est la loi, sourit Frank Perrin,  les hommes, eux, ne peuvent pas se cacher ». Merci pour le terme, c’est exactement celui que j’aurais employé. Le candidat du Front national ne dissimule pas qu’il a eu beaucoup de mal à boucler sa liste. « « Nous avons deux ou trois hommes sans étiquette, car ils partagent nos idées mais ne sont pas membres du Front national et quatre femmes, pas plus, qui ont utilisé leur nom d’origine ».

La photo intime de Marie-Claude Albanesi

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Pour Gérard Piton, le choix est clair…

Mais le plus savoureux reste à venir. Frank Perrin est bien conscient que sa présence dans la joute électorale arrange bien des candidats et que quelque lieutenant, avec ou sans l’accord de son grand chef, lui a donné un bon coup de pouce pour dénicher ces fameuses femmes qui manquaient à sa liste et la boucler dans les délais. Le candidat FN n’a pas du tout apprécié les dénégations de Marie-Claude Albanesi, numéro 10 sur la liste Veunac, et il sort tranquillement ses pétards : « Ma téléphonie est à la disposition de la presse. Elle prouvera que c’est cette dame qui m’a contacté la première pour me proposer des noms de femmes prêtes à rallier ma liste. » Frank Perrin se montre même plus précis. « Lorsque nous nous sommes rencontrés, à 18h30 un soir à La Coupole, un de mes amis se trouvait par hasard juste à la table à côté et il l’a vu sortir son téléphone et me montrer une photo où elle se trouvait aux côtés de Marine Le Pen. Cette dame a cherché à me mettre en confiance avec cette photo mais il ne faut pas qu’elle me prenne pour un imbécile. »

Appel à la permanence de Michel Veunac pour joindre Marie-Claude Albanesi. Celle-ci, sans doute trop prise par ses obligations, est introuvable, mais se fera sans doute un plaisir de s’expliquer dès qu’elle le voudra sur ce blog. C’est Jean-Philippe Viaud qui décroche et qui ne peut s’empêcher de lâcher du venin : « Je déteste la façon dont vous pratiquez le journalisme ». ça tombe bien, je déteste pour ma part les journalistes de clique et de claque, dont le principal titre de gloire est de s’être fait souffleter par William Leymergie, et je déteste encore plus les politiques qui se livrent à des petits jeux complaisants avec le Front national pour tenter de distancer un rival.-JYV

« On va te foutre à l’eau! »

Être journaliste à « Bisque, bisque, basque! » est décidément beaucoup plus dangereux qu’au « Canard enchaîné ». Trente minutes après mon bref échange téléphonique avec Chantal Piton, je reçois sur mon portable un appel haineux : « Tu vas arrêter ton cirque et cesser d’embêter ma femme, parce que, avec mes copains, on va te choper, te conduire au phare et te jeter à l’eau! »… Si vous pouviez attendre le mois de juin, ce serait sympa, car je ne suis vraiment pas un inconditionnel de l’eau froide.

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Copie de la main-courante déposée au commissariat de Biarritz aujourd’hui.