Mille raisons de ne pas voter Arosteguy

Soutien inconditionnel de Fillon, la descendante de la prestigieuse épicerie biarrotte a déjà adopté tous les travers des politiques les plus roués.

Maïder Arosteguy a fait sienne la devise de Jean-Claude Dusse, le séducteur des Bronzés : sur un malentendu, ça peut passer aux législatives. (Capture d’écran du blog de la candidate)

Surtout ne vous amusez pas à jouer à la marelle avec Maïder Arostéguy, car vous êtes certain de perdre ! Même si le Pays basque, en matière de figures politiques, compte quelques spécialistes réputés de la haute-voltige, on n’a jamais vu une candidate démontrer une aussi incroyable agilité pour passer d’une case à l’autre. Notre Nadia Comaneci locale fait ses débuts en politique à Biarritz en 2008 sur la liste d’un de ses amis personnels, Jean-Benoît Saint-Cricq. Ce qui ne l’empêchera pas de planter là dès le premier conseil municipal le godelureau qui l’a fait élire pour sauter dans les bras de Patrick Destizon. Là aussi les amours vont tourner court et deux séances plus tard, la novice en politique, adepte du trapèze volant, crée son groupe avec une colistière Denise Servy. Pendant six ans, Maïder Arostéguy sera officiellement dans l’opposition sans que personne ne s’en aperçoive, soutenant avec la majorité la Cité de l’Océan chère à Borotra et appliquant un principe simple : se faire oublier et guetter le coup suivant.

Même picorage au sein des partis politiques. Visant le conseil départemental, elle adhère à l’UDI, cette belle maison de passe du département, où à l’exception de quelques convaincus comme Philippe Morel, les ambitieux du suffrage universel viennent se faire ripoliner en centriste avant de se donner au plus offrant, à l’image du marcheur de dernière minute Vincent Bru qui vient de quitter l’UDI pour le MoDem, contre la perspective de devenir député.

L’alliance pour les départementales LR-UDI permet à Max Brisson et Maïder Arosteguy d’être élus en 2015. Mais l’ascenseur ne monte pas assez vite à son gré et Maïder redoute de ne pas obtenir l’investiture de l’UDI pour les législatives 2017. Maline, elle a compris qu’elle possède un nom de famille qui parle aux gens et  remarqué que les grands partis manquent beaucoup de femmes, alors que les amendes pour non respect de la parité ne cessent de croître. Elle quitte donc l’UDI au printemps 2016 pour rejoindre Les Républicains. Grande copine de Corine Martineau, elle a l’intuition de parier Fillon avant les primaires. Bingo ! Maïder  se retrouve investie pour les législatives. Jusque-là, pas grand-chose à dire. L’ambition, le flair et la chance font partie de la panoplie de l’élu potentiel.

Manque de morale

C’est en 2017 que tout se complique et que cette candidate, que j’apprécie à titre personnel mais certainement pas à titre politique, va tomber dans tous les travers des élus les plus roués, alors que l’on attend des novices fraîcheur, enthousiasme et volonté de moraliser la vie publique. Ce qui nous vaudra d’ailleurs un échange téléphonique où je lui annonce que je vais désormais la combattre dans ce blog et où elle conclura impavide : « Merci pour cet échange républicain ». Obtenir une investiture aux législatives à cinquante ans, neuf ans après des débuts comme simple conseillère municipale, relève de l’exploit et Maïder le sait.

Quand le vilain Canard enchaîné, révèle fin janvier que Pénélope est assistante parlementaire de son mari depuis vingt ans, sans que quiconque ou presque ne trouve trace de son activité, c’est la catastrophe pour Maïder qui voit l’appétissant gâteau que lui réserve l’Assemblée nationale s’éloigner d’elle. D’où une page Facebook, un blog, un compte Twitter surréalistes, fustigeant les journalistes, criant au complot et affirmant sans la moindre distance que Fillon est le seul président possible pour la France.

La politique, tous les Français le savent, est un métier difficile et corrupteur, même si tous les élus ne sont pas pourris, loin de là. Ce sont les meilleurs au départ, les plus altruistes, qui s’y intéressent et qui se dévoient avec le temps au fil d’arrangements improbables entre amis. Si on commence à accepter qu’un candidat soit parjure, qu’il se présente à la plus haute fonction de l’État en étant mis en examen pour « escroquerie aggravée » voire « faux en écritures publiques », si on s’égosille à le soutenir parce que c’est son intérêt du moment, alors bien évidemment, quand on se retrouvera une fois élue confrontée à un problème moral, on fera preuve du même manque de rigueur et on franchira la ligne jaune. Cette première raison suffit déjà largement à perdre toute envie de voter Arosteguy. Mais il y a pire.

Manque de courage

Le soir du premier tour, c’est comme si la lumière s’était soudain éteinte dans la maison Arosteguy. D’un seul coup les écrits de la candidate potentielle ne s’intéressent plus à la vie publique, mais affichent des clochettes de muguet, des vues de ce Pays basque si beau et si ensoleillé et de ces gens si merveilleux qui vont voter immanquablement pour vous aux prochaines législatives. Pourtant, il reste deux candidats en lice qui devraient mobiliser tout politique digne de ce nom. D’un côté Macron avec son mouvement hybride ni droite ni gauche mais républicain, de l’autre la représentante d’un parti antirépublicain et raciste, qui cherche à dédiaboliser son mouvement et ne dupe personne. On ne rigole pas avec le Front national, on le combat !

 L’attitude ambigüe d’un Jean-Luc Mélenchon m’a scandalisé, celle de Maïder Arosteguy tout autant. Quand des Brisson ou Olive se montrent très clairs dans leurs choix, même si ça ne leur a sans doute pas fait plus plaisir qu’à moi de voter Macron, notre ambitieuse se complaît dans une équivoque ambiguïté, histoire de ratisser le plus large possible et de ne pas se mettre à dos pour les législatives des militants républicains susceptibles de voter Marine Le Pen.

Le vrai courage en politique, c’est d’être devant ses électeurs et non planquée derrière, c’est d’anticiper, d’annoncer clairement ses décisions et quand on n’est pas suivi de savoir en tirer les conclusions qui s’imposent. Face au parti de la haine, ce n’est pas très glorieux de rester ainsi silencieuse. Pour la même raison, je ne voterai pas Vincent Bru, arriviste de la dernière heure, qui pour justifier son investiture, annonce qu’il va adhérer à En Marche (Il est temps !) et affirme avoir voté Macron à deux reprises. Un politique ne vote pas à titre personnel. Il éclaire les citoyens moins avertis que lui et rend publique la couleur de son vote.

Manque de convictions

Morale, courage et convictions, voilà ce qu’on attend d’un politique et ce que l’on cherche vainement dans cette candidature Arosteguy. Si Maïder avait assisté à quelques débats à l’Assemblée Nationale, elle aurait une petite idée du niveau requis, de la culture historique et politique des participants, du talent oratoire nécessaire et du rythme infernal demandé à ceux qui participent véritablement à toutes les séances, comme la députée Colette Capdevielle (Quel dommage, que je ne dépende pas de la Ve circonscription, mon choix serait vite fait !). J’avoue que je ne peux pas imaginer un élu qui ne soit pas passionné par la vie publique, qui ne pense pas qu’à cela.

Le lendemain du débat de deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tout Biarritz ne parlait que du Facebook de Maïder Arosteguy, qui assistait à une représentation des ballets Malandain à l’heure où Macron pilonnait Marine. Un peu comme si le président de la fédération française de rugby Bernard Laporte publiait un selfie de lui juché sur un âne à l’heure de la finale du top 14. Et beaucoup de se demander sérieusement si la candidate des Républicains n’est pas beaucoup plus intéressée par son devenir personnel, par les avantages liés à la députation, que par l’avenir de la France. Dans l’opposition municipale depuis trois ans, Maïder brille par une navrante absence de convictions et une prudence absolue quand il s’agit d’émettre un avis ou de faire de la peine à ce cher Michel Veunac. Mais dans ses tracts électoraux, la nouvelle venue nous annonce en toute modestie que « La France a besoin d’un changement majeur en 2017 » … et qu’il faut donc voter pour elle.

Le changement avec les vieilles pratiques d’antan, serait donc incarné par notre sémillante candidate ?  Entre l’école où on joue à la marelle et l’Assemblée où l’on pratique souvent la corde raide, il est long, très long le chemin. Sans doute beaucoup trop long pour la « petite » Arosteguy, comme on l’appelle ici, même si à Biarritz on a tendance à élire tout ce qui porte l’étiquette « À droite ».

Liberté de la presse façon Arosteguy

À l’image du grand démocrate Veunac qui refuse de répondre à mes questions de journaliste, Maïder Arosteguy a décidé que je n’aurai plus accès à son compte Twitter. Un peu plus habile en matière de réseaux sociaux que Vincent Bru qui ne sait toujours pas comment ça marche, comme se plaît à le raconter François Amigorena, Maïder n’a visiblement pas réalisé que créer un nouveau compte Twitter prend trente secondes. J’ai donc une nouvelle identité, fort discrète celle-là, qui me permet en tant qu’abonné de tout savoir des commentaires visionnaires et définitifs de la candidate.

Et ce n’est pas triste !  

Le document qui disculpe (sur un point) Maïder Arosteguy

« Je me suis engagée dès réception du courriel à représenter le Président dans le cadre de ma délégation. Votre critique de mon absence au débat ne me paraît pas justifiée… » La candidate aux législatives conteste formellement un point et le document qu’elle adresse à Bisque, Bisque, Basque ! montre sa bonne foi  sur son absence au débat de deuxième tour.  Dont acte, ce qui n’excuse pas pour autant le grand silence face à Marine Le Pen.

 

Face à la haine et la bêtise, nul doute possible

Pas de quoi sauter au plafond avec Macron… Mais voter blanc ou s’abstenir, c’est renforcer le Front national.

« On ne débat pas avec le Front national, on le combat » avait dit Jacques Chirac en 2002. Face à la dédiabolisation du Front national, Emmanuel Macron, quinze ans plus tard, a pourtant bien fait d’accepter la confrontation avec Marine Le Pen, permettant à tout Français doté d’un peu de bon sens de percevoir, lors du débat d’hier, la nullité abyssale de celle qui postule sans complexe à la présidence de la République, sans être seulement capable de lire (et comprendre !) les fiches préparées par son entourage.

Deux heures de débat ont suffi à sérieusement écailler le vernis de la bonne mère de famille proche du peuple, et à laisser apparaître la femme haineuse prête à toutes les contradictions (l’euro, les retraites…) pour faire prospérer sa petite chapelle.

La députée Colette Capdevielle a tout à fait raison de rappeler sur Twitter que l’extrême-droite, quand elle prend le pouvoir, ne le rend jamais. L’affaire de la présidence du Front national est ainsi totalement édifiante et montre bien à quel point ce parti a du mal à dénicher des candidats présentables. Obligée de passer la main le temps de la présidentielle, Marine le Pen avait confié les clés du parti dans un premier temps à Jean-François Jalkh. Pas de chance, ce charmant garçon a été contraint de démissionner au bout de quatre jours pour avoir tenu des propos négationnistes et commémoré la mort de Pétain. Steeve Briois, son successeur, ne s’est rendu coupable « que » de diffamation raciale et devra en répondre devant un tribunal. Quant aux deux grands copains de Marine, Frédéric Chatillon et Axel Loustau, ils sont, selon Le Canard enchaîné du 3 mai, adeptes des commémorations hitlériennes et des soirées déguisées en pyjama de déporté juif.

Voilà ce qu’est le Front national qui essaie d’endormir la population et de surfer sur les mécontentements ! Et vous êtes prêts à conforter cette bande de joyeux drilles en vous abstenant ou en votant blanc, ce qui aura pour effet mécanique d’augmenter le score du Front National ?

Arrêter le « to vote or not to vote » !

Alors oui, comme beaucoup, l’ultralibéral Macron, ne me fait guère rêver, même si l’objectivité oblige à reconnaître que dans cette campagne électorale d’une rare médiocrité, il a su garder son flegme et contre-attaquer avec un certain panache. Mais comment peut-on minauder, tergiverser, barguigner, atermoyer ou se poser des questions devant sa glace « To vote or not to vote ? », quand la peste brune est en passe de gangréner notre démocratie. Le silence de Jean-Luc Mélenchon, que l’on a connu plus inspiré en d’autres temps, relève de la faute politique absolue. Un leader politique est là pour exprimer haut et fort son avis et non pour se planquer derrière ceux qui le suivent. Commençons dimanche soir par élire un président respectueux des valeurs républicaines. Après, il sera toujours temps au moment des législatives, d’exprimer à nouveau ses convictions et de doter Macron d’une majorité susceptible de calmer sa libido libérale.

Mais avant cela, faisons le boulot en votant Macron : plus le Front national sera bas et mieux se portera notre démocratie !

Un volontaire pour informer Arosteguy !

Michel Veunac, Max Brisson ou Claude Olive ont été très clairs en lançant des appels à voter Macron. Mais visiblement, la malheureuse candidate aux législatives Maïder Arostéguy ignore totalement qu’une élection présidentielle se déroule cette semaine. Postulant à d’importantes fonctions nationales, elle ne se serait pas permis sinon d’afficher sa présence aux ballets Malandain à l’heure où les Français étaient tous devant leur poste à l’occasion d’un débat qui engage l’avenir de notre pays.

Qui va parler avec elle et faire en sorte qu’elle cesse de se ridiculiser ?

Interdiction de laisser Mariner…

Entre une raciste incompétente et un illuminé ultralibéral, le choix est vite fait. Ce sera Macron… sans illusions.

À Biarritz, un électeur sur trois a trouvé acceptable les turpitudes de François Fillon. Comme si dans notre pays, la morale n’avait plus d’importance !

Biarritz a toujours manifesté beaucoup d’indulgence pour les élus un peu désinvoltes avec l’argent public, mais à ce point ! Alors que François Fillon ne récoltait que 28% de votes en sa faveur dans son département, les Biarrots, visiblement peu sensibles à la morale en politique, se sont tristement illustrés avec un tiers des votes accordés au mis en examen Fillon. Heureusement, et c’est là une des grandes consolations de cette bien triste élection, les Français ont fait preuve de bon sens en écartant le Tartuffe de la Sarthe du second tour de la présidentielle pour lui permettre, face à la Justice, de faire tranquillement la démonstration de son innocence et du complot à son encontre ourdi par la presse, ce qui devrait nous valoir quelques moments de franche rigolade.

Pas glamour le second tour

Et de rigolade on a bien besoin au vu des résultats nationaux de cette élection. On a connu plus sexy qu’un sprint final avec une représentante du Front national et un ectoplasme au programme tellement flou qu’il en devient très prévisible comme en témoignent la hausse de la Bourse au lendemain des résultats et les cris de joie, mal dissimulés, du Medef.

Pour leur part, les partisans d’une gauche radicale déplorent toux ceux qui, tentés par Mélenchon, ont cru malin de voter Macron dès le premier tour « pour faire barrage au Front national ». Mais il ne sert à rien de refaire le match. La règle du scrutin présidentiel étant connue de tous, il faut désormais se concentrer sur le second tour et se décider pour le moins pire des candidats, qui est évidemment Emmanuel Macron.

À ce sujet, Jean-Luc Mélenchon ne s’est guère montré inspiré. Ses tergiversations et sa façon de se planquer derrière la décision des militants relèvent de la posture. Face au Front national, le réflexe républicain doit être immédiat, le combat sans nuance et les petites manœuvres oubliées. Bravo au PS mais aussi à Raffarin, Juppé, NKM ou même François Fillon pour avoir donné des consignes claires dès dimanche soir.

Et honte à tous ceux, qu’ils soient membres de Lutte Ouvrière ou des Républicains, qui se perdent dans les méandres du ni-ni, en laissant aux autres le soin de faire le sale boulot électoral !

Marine la joue peuple, Macron people

Stéphane Bern, mais aussi Line Renaud, Pierre Arditi, Erik Orsenna sont venus faire la cour au nouveau chouchou des médias.

Car une élection, jusqu’au jour du vote n’est jamais gagnée et le jeune paon Macron, ivre de lui-même et de son parcours météorique, ferait bien de s’en souvenir. Pendant qu’il se pavane à La Rotonde et contemple avec Brigitte son image dans les magazines, pendant qu’il essaie de nous faire croire à une nouvelle politique en exhumant du formol Bayrou ou Collomb, Marine se retrousse les manches et fait le job, que ce soit dans le Nord ou à Rungis. Malgré son passé de châtelaine de Montretout, elle arrive à convaincre les plus démunis qu’elle est à leurs côtés. Ce ne sont pas les people qui tournent autour du jeune énarque comme des papillons éblouis par la lumière qui feront gagner le candidat d’En marche. Et même si les sondages lui sont très favorables, un tour rapide sur les réseaux sociaux montre que beaucoup de militants chez Les Républicains sont restés dans la haine recuite de Hollande et affirment vouloir voter Marine Le Pen.

En 2002, les gens de gauche ont connu l’épreuve de devoir voter Chirac. La droite va découvrir, à l’issue de cette élection a priori imperdable pour elle, l’effet que cela fait d’aller à Canossa devant une urne. Mais voter pour ne veut pas dire adhérer : le Front national doit être combattu sans faiblesse, la tentation de la pêche à la ligne oubliée et le bulletin de votre où figurera le nom de Macron ne sera qu’un suffrage contre Marine.

… En attendant la belle bagarre des législatives pour faire triompher ses idées, la pâte à modeler Macron étant bien obligée de composer avec la majorité idéologique élue par les Français.

À lire sur Facebook la très intéressante réaction de Jacques-André Schneck, membre des Républicains, qui très tôt a pris ses distances avec Fillon et ne se pose pas de questions face au danger Front national :

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck

La France des partis vermoulus

Le mensonge et le non-respect de la parole donnée deviennent la règle dans tous les partis. Triste spectacle !

Le Comité politique des Républicains, pour des questions de gros sous, a décidé lundi soir de ne pas débrancher le candidat Fillon, ce qui n’est guère à son honneur. Mais, avant de le laisser repartir en campagne, il serait peut-être sage de l’envoyer consulter un neurologue, car qui peut raisonnablement envisager d’élire à la tête de l’État un président qui oublie tout ? Le donneur de leçons de morale de la primaire de droite ne se souvenait plus que son épouse avait collaboré avec lui avant 1997. Il pensait ses enfants avocats, alors qu’ils n’étaient qu’étudiants, quand il les a rémunérés comme assistants parlementaires. Il a passé sous silence la légion d’honneur attribuée à Marc Ladreit de Lacharrière, l’employeur de Pénélope à La Revue des Deux mondes. Il a aussi évité de parler de son rôle de conseil auprès d’Axa et de sa société 2F conseil, où il monnaie son carnet d’adresses d’ancien Premier ministre. Annoncé un seul compte en banque alors qu’il en possède quinze. Et, comme c’est bête, « oublié » de déclarer à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) un prêt à taux zéro de 50 000 euros de son ami Marc Ladreit de Lacharrière ( Le Prix de la légion d’honneur ? ). Vous imaginez un peu le résultat pour la France si nous sommes en train d’élire un candidat en pleine confusion mentale ? Et comme l’homme n’en est plus à une guignolade près, François Fillon en meeting à Orléans a osé déclarer, défiant la Justice : « Je repense à cette réplique de Jeanne d’Arc face à ses juges : « Passez outre, je vous prie. » Aurait-il, à l’occasion de la journée de la femme, l’intention de faire enfin bûcher Pénélope ?

Sarkozy torpille l’hypothèse Juppé

Sarko enthousiaste à l’idée de laisser la place à Juppé.

Un pendant ce temps qui ne perd pas la tête, même s’il fait passer son intérêt personnel avant l’intérêt du pays, c’est bien Nicolas Sarkozy. Il faut dire qu’il a tout pour s’entendre avec son ancien « collaborateur » Fillon, car au vu des casseroles que les deux se trimballent, ils vont bientôt pouvoir fonder un orchestre philarmonique. La solution Juppé était une solution honorable pour tout le monde, avec une forte probabilité de victoire pour la droite, mais elle avait l’inconvénient d’écarter encore un peu plus des manettes du pouvoir celui qui revient par la fenêtre quand on le chasse par la porte. Alors notre Nicolas à talonnettes s’est démené pour imposer Baroin. Un homme qui, aux dires du maire de Bordeaux, « n’a pas d’idées et ne fait rien », ce qui semble bien vu. Et Juppé, lassé, de jeter fort dignement l’éponge, au vu des pièges que lui préparent ses « amis ». Si Marine Le Pen est élue, grâce à ces détestables jeux politiciens, nous n’oublierons pas la responsabilité prise par Les Républicains et par son ancien chef qui continue à être nuisible pour le pays, même en ayant quitté le pouvoir.

Des centristes achetés à bas prix

Pour Jean-Christophe Lagarde, la morale en politique, c’est bien… Mais il préfère avoir des députés que des dépités.

Quatre jours de vertu avant de revenir manger dans la main de François Fillon ! Début mars, Jean-Christophe Lagarde décide de quitter le bateau qui semble prêt à sombrer et « suspend » la participation de l’UDI à la campagne, parlant même de « défaite assurée ». Il faut croire que la présence de quelques cars de cathos intégristes, dimanche place du Trocadéro, ainsi que l’éventualité de perdre les quarante sièges de députés réservés à l’UDI, ont balayé tout état d’âme et toute considération morale. Le bureau exécutif du parti centriste a finalement validé l’accord conclu avec Les Républicains sur les investitures pour les élections législatives. Mais il attend encore des « initiatives » de François Fillon sur le « rassemblement de la droite et du centre » pour rallier (de nouveau) le candidat. Pure posture, car certains dans le parti s’impatientent déjà. « Attendre encore » pour le soutenir « n’apportera rien » aux centristes, estime ainsi, mercredi 8 mars, le patron des députés UDI, Philippe Vigier, mettant en garde certains de ses camarades sur le risque de « nouvelles tergiversations ». Allons, ce n’est pas parce qu’un candidat ment comme un arracheur de dents qu’on va s’abstenir de le soutenir, si à l’arrivée la soupe est bonne !

Peu reluisant spectacle à gauche

Le « gendre idéal » François de Rugy a menti devant tous les Français. Même pas honte !

Le spectacle n’est guère plus reluisant à gauche où les mensonges, les coups fourrés et le non-respect de la parole donnée deviennent la règle. Oubliez Cahuzac et prenez le premier communiant François de Rugy. Rêve de belle-mère, avec son côté bien propre sur lui et sa façon de vous regarder droit dans les yeux quand les caméras sont braquées sur lui, il s’engage à soutenir le vainqueur de la primaire de gauche, quel qu’il soit… avant d’annoncer le 22 février qu’il saute au cou d’Emmanuel Macron. Dans un pays où le mensonge n’est pas la règle absolue, pour un tel manquement public à sa parole, plus un électeur ne voterait pour lui. En France, on sourit de cette virevolte. Prenez un Bertrand Delanoë qui s’était comporté avec beaucoup de dignité depuis son départ volontaire de la mairie de Paris. Et que fait-il pour la première fois où il sort de son silence ? Il appelle à voter Macron qui a refusé de participer à la primaire de gauche ! Tout en clamant son « amitié » pour Benoît Hamon !

Et une preuve de plus de la stupidité incommensurable des primaires, qu’elles soient de droite et de gauche !

Le mensonge élevé au rang d’œuvre d’art 

Et, que dire pour l’image de notre pays, de la candidate Marine Le Pen refusant de se rendre aux convocations du Parlement européen ou de l’opération de ratissage tous azimuts d’Emmanuel Macron passant des coups de téléphone à Nathalie Kosciusko-Morizet ou à Christian Estrosi pour les inciter à se ranger aux côtés de Gérard Collomb. ou François Bayrou. Mais quelle tambouille ! Le tout sous les yeux atterrés de tous les autres nations européennes qui constatent que le pays des droits de l’homme est devenu celui du mensonge élevé au rang d’œuvre d’art et des attaques en règle contre la Justice et la Presse, ces deux piliers de la démocratie.

« Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? », fanfaronnait il y a quelques semaines un des candidats. Quel est le Français qui n’imagine pas actuellement le général de Gaulle en train de se retourner dans sa tombe avec une élection d’une telle médiocrité?

 

Jean-Marie, Marine, Florian, Louis : l’aviez-vous lu comme cela?

???????????????????????????????Quel dommage que l’université française, pour aiguiser le sens critique des citoyens, ne propose pas des cours de journalisme comparé, comme il existe des cours de littérature comparée! Prenez par exemple la querelle très médiatique qui oppose le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen à sa fille Marine, avec dans les seconds rôles, Florian Philippot, le conseiller, et Louis Aliot, le compagnon. Dans vos kiosques favoris, vous pouvez trouver deux excellents papiers sur le sujet. L’un dans Le Canard enchaîné intitulé « Le Front vire à l’extrême foire » et l’autre dans L’Express sous le titre  « Les dessous d’un meurtre ». Seul petit hiatus, sur le rôle de chacun des protagonistes, le récit fait par les deux hebdomadaires est… totalement contradictoire.

Aliot, l’instigateur pour L’Express

Christophe Nobili, de loin la plus belle plume du Canard, nous raconte en compagnie d’Anne-Sophie Mercier, comment le mouvement qui se voulait « le premier parti de France », le 22 mars est devenu, trois semaines plus tard, « le premier merdier de France »  et détaille le bureau exécutif houleux qui s’est tenu après l’interview du patriarche, donné à Rivarol : « Les divisions éclatent au grand jour. Marine Le Pen écoute, Louis Aliot est opposé à l’exclusion du père« .

La musique est toute autre dans L’Express, sous la plume de Denis Tuqdal : Louis Aliot n’y va pas par quatre chemins : « L’entretien de Jean-Marie Le Pen dans ce torchon antisémite est parfaitement scandaleux et nos désaccords politiques désormais irréconciliables« . Et le journaliste de préciser : « Tonton Louis, comme certains le surnomment dans la famille, a toujours eu du mal avec celui qui ne l’a jamais officiellement considéré comme son gendre ».  (Anecdote amusante que les journalistes se sont bien gardés de raconter : Jean-Marie Le Pen avait retrouvé un de ses anciens gendres dans les bras… d’un garde-républicain).

Florian Philippot, en revanche, l’autre figure marquante du Front national, n’apparait quasiment pas dans le récit de Denis Tuqdal. Tout juste est-il cité pour un tweet écrit au moment de la plus forte tension entre le père et sa fille : « La rupture politique avec Jean-Marie Le Pen est désormais totale et définitive. Sous l’impulsion de Marine Le Pen, des décisions seront prises rapidement ».

Philippot le cerveau, pour Le Canard

Pour Le Canard, en revanche, le maître d’œuvre de toute cette comédie n’est autre que Florian Philippot, qui aurait malmené Marine lors du fameux bureau exécutif : « Si tu ne vires pas Le Pen, ta présidentielle est plantée aussi! Tu dois annoncer ce soir, au journal de TF1, qu’il est exclu! Et Anne-Sophie Mercier de préciser qu’un membre de la direction, sous couvert d’anonymat, lui a confié : « La virulence de Philippot en a mis plus d’un mal à l’aise » avant de conclure dans le portrait consacré au numéro deux du Front national : « Marine Le Pen a son Patrick Buisson. Cet autre marionnettiste politique s’appelle Florian Philippot. Il a été à la manœuvre toute la semaine pour faire virer le vieux. »

Non, ça ne coule pas toujours de source…

Surtout, ne tombez pas dans le mépris définitif des journalistes, après cet exemple de violons visiblement désaccordés entre les deux hebdomadaires, qui ont pourtant, l’un et l’autre, publié un excellent papier. Vous touchez là du doigt toute la difficulté du métier, et en particulier en matière de journalisme politique, avec des « sources » rompues à la communication et championnes du billard à trois bandes. Il est clair, au sein d’un Front national soucieux de dédiabolisation, que tout le monde souhaite que le patriarche prenne de la distance et garde pour lui ses éructations racistes. Comme personne ne veut prendre la responsabilité du « meurtre », il est évident que Le Canard a été informé par un membre du clan Aliot, qui s’est chargé de savonner la planche à Florian Philippot, tandis que l’entourage du numéro deux du Front donnait des tuyaux à L’Express, tout en chargeant le camp rival. Et si on se pose la question de savoir à qui profite le crime, on notera au passage que dans les deux papiers, Marion Maréchal Le Pen apparait fort peu, alors qu’elle est visiblement la grand gagnante de cette opération, avec l’adoubement de son grand-père pour aller conquérir la région PACA.

Finalement, la parole des journalistes, même si ils sont d’une totale honnêteté intellectuelle dans l’exercice de leur métier, c’est comme la parole d’évangile : elle peut être sujette à caution.

Vos gueules, les politiques!

Charlie Muttio 2

Ah ça, où qu’ils soient, ils ont bien dû se fendre la gueule, les Charb, Honoré, Wolinski, Cabu, Tignous, et s’en donner à crayon joie, en entendant les cloches de Notre-Dame sonner le glas, en voyant des milliers de Français entonner la Marseillaise, ou en apprenant que Schwarzenneger vient de s’abonner à Charlie hebdo, et recommande à ses amis d’en faire autant.

En revanche, les feutres ont sans doute grincé sur le papier lorsqu’ils ont découvert à quelle vitesse la récupération a succédé à l’émotion. D’un côté, une France bouleversante de spontanéité, qui se rassemble digne, émue et fraternelle avec des « Je suis Charlie » sur le cœur, de l’autre l’habituelle cohorte des politiciens récupérateurs, uniquement préoccupés par leurs petits fonds de commerce et par leurs prochaines échéances électorales.

Ni dieux, ni maîtres à penser

Prenez l’agité à talonnettes. Vous savez, celui qui nous avait annoncé en 2012 qu’il renonçait à la vie politique après sa défaite face à Hollande. Celui-là même qui n’a pas hésité au moment de l’élection présidentielle à faire appel au très droitier Patrick Buisson et à brandir les épouvantails communautaristes pour tenter d’être élu. À la place de Nicolas Sarkozy, on aurait rasé les murs, on aurait fait silence. Au lieu de cela, déclaration martiale, mouvements de mentons et habituels tressaillements d’épaules devant les caméras. Pour ne rien dire, comme d’habitude.

 Prenez le petit Catalan, celui qui passe les plats à Matignon. La mine grave et gourmande à la fois, à l’idée de ces trois jours de fusillade qui vont être très bons pour sa cote de popularité, Manuel Valls nous invite à descendre dans la rue, en hommage aux victimes. Comme si nous ne sommes pas capables d’avoir l’idée tous seuls et devons attendre les directives de nos dirigeants politiques pour savoir ce que nous avons à faire!

Prenez la pleureuse professionnelle, celle qui geint qu’on ne l’a pas invitée à la grande manifestation républicaine de dimanche. Comme s’il fallait désormais attendre la réception d’un carton d’invitation pour descendre exprimer dans la rue son chagrin et son indignation! Si Marine Le Pen ne se sent pas gênée aux entournures de sa conscience, qu’elle vienne, comme tous les militants du Front national qui le souhaitent, mais discrètement, anonymement, et non en porte-parole d’un parti qui thésaurise sur la haine et la différence avec l’autre.

Ne pas tisonner, ne pas transiger

Charlie hebdo avait décidé de faire chaque semaine la guerre aux cons. Il faut croire que les Français ne se sentaient guère concernés puisqu’ils n’étaient que 25 000 à le lire, et qu’il aura fallu la mort de la moitié de la rédaction pour que le lectorat se réveille. Pour en avoir souvent discuté avec eux, Charb, Cabu, Wolinski, n’avaient strictement rien contre les croyants, de quelques bords qu’ils soient, du moment qu’ils respectaient la laïcité, ce ciment de notre république. C’est à dire le droit absolu à la liberté de penser et de croire, mais sans emmerder les autres avec ses convictions.

Dignes héritiers de Coluche, ils se moquaient seulement, avec ces armes dérisoires que sont un crayon et une feuille de papier, des donneurs de leçons, des hypocrites, des semeurs de haine, qu’ils soient religieux ou politiques.

Rendre hommage demain, à ces merveilleux gamins attardés, mais aussi aux policiers qui sont morts pour défendre les libertés, aux employés ou aux otages qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, c’est marcher loin des banderoles et des petites chapelles qui vont inévitablement proliférer sur le pavé parisien, les UMP avec les UMP,  les PS avec les PS, et, comme par hasard, tout le monde prêt à s’écharper pour être au premier rang face aux caméras.

Rendre hommage à ceux qui viennent de tomber, c’est être très responsable dans ses propos, éviter les amalgames qui blessent, ne pas attiser les haines entre les communautés, alors que toutes sont composées d’une majorité de gens bien et de quelques fanatiques qui veulent nous obliger à choisir notre camp.

Ne pas tisonner, certes, mais ne pas transiger sur la République, sur la laïcité, sur la liberté d’expression. Ne pas tomber dans le prêt-à-penser qu’on veut nous imposer et rester des hommes libres. Notre pays doit pouvoir continuer à débattre de tout, à rire de tout, à s’écharper joyeusement dans le respect de l’autre. Demain, pendant que des hommes politiques vont faire une courte apparition à la manifestation, descendant de leurs voitures blindées pour être pris en charge par leurs gardes du corps, d’autres, plus anonymes mais beaucoup plus courageux, vont défiler, écrire ou dessiner, malgré la peur, malgré les risques d’attentats,  pour que ces morts ne soient pas inutiles.

Nous sommes tous Charlie!

 

Dominique Mutio, l’auteur du dessin de tête de page, est un enfant d’Arcangues, installé depuis de longues années en région parisienne. Vous pouvez retrouver sa production sur sa page facebook (https://www.facebook.com/pages/Mutio-Dessinateur/213141072184753) ainsi que sur les sites http://www.iconovox.com et http://www.urtikan.net