Un communiqué des Insoumis Biarritz

Bisque, Bisque, Basque !, au lendemain du conseil municipal du 28 septembre, a reçu ce communiqué des Insoumis biarrots et le publie avec plaisir.

Suite au conseil municipal du 28 septembre 2018, le groupe France Insoumise de Biarritz a souhaité réagir en particulier sur deux délibérations, concernant l’Open data d’une part et le projet de renforcement de la falaise à Marbella d’autre part.

Une magnifique vidéo sur l’Open data nous a été présentée, prétendant « mettre à dispositions de tous les citoyens biarrots les données publiques et rendre compréhensibles et accessibles les actions publiques ». Or, si l’intention est louable, nous constatons des contradictions entre cette prétention et le manque de transparence et d’information au sein du conseil municipal, comme l’illustrent par exemple l’absence de convocation des élus à la commission d’urbanisme, ou l’impossibilité d’avoir accès au cahier des charges en amont des décisions, notamment sur les dossiers de la villa Fal, ou de disposer des éléments nécessaires à la délibération comme l’illustrent la vente avortée des écuries de Bigueyrie, le dossier de l’hôtel du Palais et l’expérience douloureuse des anciens conseils de quartier.

Par ailleurs, ce projet numérique, présenté comme un « progrès » par la majorité municipale, privera de fait les Biarrots qui n’ont pas accès à internet de leur droit à l’information publique.

Marbella : la stratégie du chèque en blanc

Concernant la délibération sur le projet Marbella de renforcer la falaise, nous avons été interpellés par plusieurs points.

Tout d’abord, par le manque de concertation des nombreuses parties prenantes à ce projet. Pour rappel, il a été nécessaire d’attendre huit mois et la pression de nombreux citoyens et associations pour qu’un comité de pilotage voit le jour. Or aujourd’hui, le conseil municipal délibère au seul motif que ce comité « trouvera un consensus futur ». L’argument est léger, quand on constate par ailleurs la division des propres membres du conseil sur le sujet (dix votes contre). La stratégie du chèque en blanc et de l’autorité du chef est malheureusement toujours la règle de ce cette équipe municipale.

Nous sommes d’autre part indignés par le gaspillage d’argent public dans cette affaire au seul profit du terrain de deux propriétaires privés, dont la maison n’est même pas menacée par l’effondrement de la falaise. L’aveu de Michel Veunac lors de ce conseil, « protéger les intérêts privés, c’est ce que nous faisons depuis 40 ans », ne fait que confirmer ce constat accablant. La majorité municipale semble de plus méconnaître ce dossier, si l’on considère les chiffres contradictoires et très discutables avancés par Guy Lafite, par exemple, lorsqu’il parle du coût de l’indemnisation des propriétaires concernés par l’évacuation (20 millions d’euros) qui serait plus élevé que le coût de réaménagement de la falaise.

Enfin, d’un point de vue écologique, les membres de la majorité municipale n’avancent aucune certitude ou preuve des avantages et plus-value du renforcement de la falaise. Pourtant, les exemples de travaux effectués à Bidart ou à Anglet devraient nous rappeler l’importance d’évaluer les impacts de ce type de travaux, avec notamment, la disparition de la vague mythique de La Barre suite à la construction de la digue. Pour une ville qui prétend vouloir accueillir les épreuves olympiques de surf et construire une partie de son identité sur cette activité, ce mépris du cri d’alarme des surfeurs est un honteux. Toujours la même autorité et la même morgue des « sachants » et des technocrates qui œuvre systématiquement à bétonner nos côtes et dilapider l’argent public.

Ce n’est qu’un début, le RamDam continue

À l’occasion de sa première réunion publique, l’association RamDam 64-40 a connu une grosse affluence. La moralisation de la vie publique devient l’affaire de tous.

Les pronostiqueurs les plus téméraires estimaient que la « petite » association RamDam 64-40 pourrait rouler des mécaniques si elle réussissait un mardi de septembre à 18 heures, horaire pas très facile à l’évidence, à remplir l’équivalent de trois cabines téléphoniques. Grosse surprise donc, à la maison des Associations de Biarritz, où il a fallu rajouter des chaises, puisque quatre-vingts personnes avaient fait le déplacement. Démonstration que la moralisation de la vie publique n’est pas seulement le dada de quelques illuminés, mais préoccupe de plus en plus les citoyens.

Biarritz, Ciboure, Urrugne, Ascain, mais aussi Lahonce, Villefranque, Ondres, Dax, Pau ou Oloron ont déjà été l’objet en 2017 des attentions de l’association RamDam 64-40 qui se propose de mailler de plus en plus le territoire des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Nombre de citoyens ou représentants d’association sont venus raconter les difficultés qu’ils rencontraient pour obtenir des informations et contrôler des élus en dehors des périodes électorales.

MIchel Gellato, à gauche, et Dominique Lapierre au micro. ( Photo Daniel Velez )

Un propos repris par Dominique Lapierre et Michel Gellato, respectivement président et trésorier de RamDam, qui s’étonnent que les débats de la communauté de communes du Pays basque ne soient pas accessibles par Internet, alors qu’ils sont filmés et qui déplorent que trois ans de marchés publics demeurent invisibles.

Le président de la communauté d’agglomérations Jean-René Etchegaray s’est engagé à rencontrer les représentants de RamDam 64-40 et se fera un plaisir de répondre dans quelques jours aux nombreuses questions évoquées par la salle.

( Photo Daniel Velez )

Les politiques ne sont pas « tous pourris », contrairement à ce que répètent à l’envi certains partis extrémistes, mais le « nouveau monde » promis par Macron est encore fort loin et les citoyens doivent faire preuve de la plus extrême vigilance à l’égard de leurs élus. Ainsi que de compétence car on les noie volontairement sous un jargon technocratique pour qu’ils ne s’approchent pas de la vérité.

En attendant en décembre 2018, la remise des klaxons d’or, d’argent et de béton, récompensant les élus les plus désinvoltes (et il y en a !), ainsi que les harpes pour les élus qui auront manifesté un véritable sens de l’intérêt général, vingt-sept des participants de cette réunion ont manifesté le désir de devenir sympathisants ou adhérents de RamDam 64-40, ce qui démontre à quel point des pratiques qui ont été tolérées pendant des années ne sont plus acceptables en 2018.

Devenir sympathisant ou adhérent de RamDAM 64-40

Plusieurs élus ou personnalités impliquées dans la vie publique sont venus assister à cette première réunion publique, comme François-Xavier Menou, suppléant de Vincent Bru, Mathieu Accoh pour la France Insoumise, Hervé Boissier et François Amigorena, conseillers municipaux de Biarritz, ou Philippe Morel, membre-fondateur de RamDam qui vient de reprendre du service comme secrétaire départemental de l’UDI. Gentleman Philippe, pour lequel nous éprouvons tous beaucoup d’affection à RamDam, a d’ailleurs profité de cette réunion publique pour annoncer qu’il quittait le bureau pour rester simple membre, car il y a à ses yeux incompatibilité entre un engagement militant et un engagement à RamDam.

Effectivement, nous ne souhaitons pas à RamDam avoir des citoyens engagés en politique comme membres actifs, cat tôt ou tard surgiraient des conflits d’intérêt. C’est pour cette raison que nous avons créé deux niveaux d’adhésion.

Celui qui le souhaite et partage notre combat peut devenir sympathisant moyennant 20 euros annuels. Les sympathisants participeront à la désignation des klaxons et des harpes RamDam et recevront tous les deux mois une lettre d’informations détaillant nos actions.

En ce qui concerne les adhérents, nous espérons devenir une sorte de centre de formation permanent de « vigies républicaines » qui surveillent une partie du territoire local et alertent en cas d’anomalies. Pour que l’équilibre des sensibilités politiques soit respecté au sein de l’association et pour que les membres actifs soient véritablement… actifs et ne se mettent pas en péril dans le cadre de leurs activités professionnelles, toutes les adhésions sont soumises à un entretien et un vote des membres du bureau.

Si vous voulez devenir sympathisant ou adhérer, il vous suffit de nous adresser un mail à : ramdam6440@gmail.com

 

 

 

Pourquoi je suis candidat aux législatives

Sylviane Alaux et Maïder Arostéguy ont du souci à se faire. Je vais les défier le 11 juin prochain dans la VIe circonscription.

Avec, en tête de ce blog, un bandeau intitulé «  Dans mon parti, y a qu’moi et c’est déjà l’merdier », je pensais être totalement à l’abri de ce genre de mésaventure. Mais il faut croire que le métier de député est tellement difficile et mal payé qu’il suscite peu de vocations. Trois partis, et non des moindres, m’ont rendu visite ces dernières semaines pour me convaincre de devenir un futur parlementaire.

Jean Lassalle a été le premier à toquer à ma porte. Venu à pied de son village de Lourdios-Ichère qui n’est qu’à 137 kilomètres de Biarritz, il m’a proposé l’investiture pour être député de son mouvement « Résistons ! » Fervent lecteur du blog, il trouve que j’ai des aptitudes. Malheureusement, quand il m’a demandé d’entonner avec lui un chant béarnais, il a soudain été beaucoup moins convaincu.

Ensuite, ce sont des émissaires de Macron qui sont arrivés avec une liste de tous les randonneurs licenciés du département des Pyrénées-Atlantiques. Ils connaissent tellement peu de monde en dehors du XVIe arrondissement de Paris qu’ils ont estimé que les adeptes du godillot montant comme moi ne pouvaient qu’adhérer à « En marche »  et les représenter. Mais ils ont fui en courant en apprenant que je ne payais même pas l’ISF.

J’aurais adoré être démarché par Mathieu Accoh, charmant professeur de philosophie croisé quelques fois à Biarritz, car « La France insoumise » de Mélenchon, ça me parle et me plaît, mais je n’ai rien vu venir. Alors, en désespoir de cause, je me suis rallié à « Debout la France », parce que ça sonne viril et fait très lever des couleurs pour l’ancien militariste convaincu que je suis. Comme Dupont-Aignan n’avait pas de candidat prévu dans la VIe circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le marché a été vite conclu.

Des aptitudes évidentes

Bien sûr, je n’ai pas parlé de cette investiture à mes amis, car je sais que certains vont être déçus. Mais ils vont vite revenir à moi quand je serai élu, car je me prépare très méthodiquement, comme un futur député de haut niveau. Et plus les jours passent, plus je constate que j’ai des atouts à faire valoir pour défendre tous ces électeurs qui ne vont pas manquer de voter pour moi.

– Ma carrière politique est toute jeune, mais s’il est nécessaire pour réussir de changer de casaque aussi souvent que Maïder Arostéguy ou d’être aussi transparent à l’Assemblée nationale que Sylviane Alaux, je suis prêt.

– Pénélope Fillon n’aide son mari que depuis vingt ans. Pour ma part, ça fait trente ans que mon épouse répond au téléphone quand je ne suis pas là et récupère le courrier dans la boîte à lettres. Sans le savoir, elle exerce donc un emploi d’assistante parlementaire à plein temps et comme elle a plus d’ancienneté dans le métier que Pénélope, je lui donnerai l’intégralité de l’enveloppe prévue pour rémunérer mes collaborateurs.

– Mes deux enfants ne sont plus ni collégien, ni lycéen, ils ont même eu le bon goût de décrocher des diplômes et je ne vais donc avoir aucune difficulté à les refiler à un collègue démuni qui les paiera à hauteur de leur mérite, c’est-à-dire beaucoup.

– Un ami, membre du lobby de l’espadrille de Mauléon, m’a déjà donné un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara. C’est peu, mais c’est un début. Si vous voulez que je porte beau, n’hésitez donc surtout pas à m’offrir deux costumes à 13 000 €, mais, s’il vous plaît, pas chez Arnys, car ça fait trop catholique réactionnaire.

– Bien évidemment, juste avant mon élection du 11 juin prochain, je vais ouvrir un cabinet de conseil pour faire fructifier l’immense carnet d’adresses que j’ai pu bâtir grâce à Bisque, Bisque, Basque !  Avec un manque d’imagination confondant, certains se contentent pour 50 000  € de vous mettre en relation avec Poutine, tandis que moi je peux pour la moitié vous présenter l’irremplaçable Géronimo, qui vous assurera le succès dans toutes vos entreprises.

– Enfin, je viens de faire un tour dans ma cuisine où je n’ai recensé que trois casseroles, ce qui est un bon début, car je ne cesse de recevoir des promesses de dons depuis que ma candidature commence à être prise très au sérieux dans les milieux politiques. Détail qui ne trompe pas et qui me comble de plaisir, Didier Borotra et Michel Veunac m’ont déjà promis de faire campagne pour moi, tandis que Paul Bismuth hésite encore.

Et comme j’ai toujours été très sport, c’est promis, si je ne suis pas député, je ne serai pas dépité.

… Et, avant de maugréer,  je regarderai toujours la date d’un article publié par un de ces journalistes toujours prêts à raconter n’importe quoi.

TVPI : un débat instructif… et désespérant!

Débat TVPI

Dans ce débat, chacun a eu le temps de s’exprimer et d’écouter ses adversaires. Mais dans une terre de rugby comme le Pays basque, on aurait aimé que la fameuse courtoisie biarrote s’estompe un peu au profit de la combativité et des convictions. (Photo Antoine Doury)

Grosse surprise pour la poignée d’invités venus assister, lundi 17 mars, au débat organisé par TVPI, entre les huit prétendants au titre suprême de la ville de Biarritz : Mathieu Accoh, le candidat du Front de gauche, côtoie Frank Perrin du Front national. Jean-Benoît Saint-Cricq est exilé à l’extrême gauche et les deux animateurs du débat, Jean-Philippe Ségot et Pierre Lasterra, sont positionnés entre Michel Veunac et Max Brisson, comme s’il y avait le moindre risque qu’ils en viennent aux mains! Renseignements pris, les candidats ont simplement pris place dans le magnifique salon du château de Brindos en fonction du tirage au sort.

Malheureusement, au bout de cinq minutes, tous les spectateurs amateurs de rugby, qui espéraient quelques placages bien sentis entre adversaires politiques, ont compris qu’ils allaient assister à un match à toucher, où chaque participant, obsédé par la hantise de perdre des voix, se garde bien d’adresser le moindre ramponneau à ses rivaux et s’efforce de couvrir un maximum de terrain… électoral. La dette de Biarritz qui va terriblement limiter la marge de manœuvre du vainqueur? Il faut croire qu’elle s’est creusée toute seule sur ses petites jambes et que personne n’y est pour rien! La gestion calamiteuse de la Ville, lors du dernier mandat 2008-2014? Personne ne semble se souvenir que trois des concurrents ont été adjoints et ont une grosse part de responsabilité dans le désastre. Le nom de Didier Borotra? Une obscénité prononcée du bout des lèvres, comme un enfant qui profère une insanité à une table d’adultes.

Heureusement le pétillant Jean-Philippe Ségot réussit à animer le débat avec brio, tandis que le rédacteur en chef  de « La Semaine du pays basque », Pierre Lasterra distille des questions qui complètent bien le débat de « Sud-Ouest », mercredi dernier au casino Bellevue. La sécurité, l’animation des quartiers, le logement, l’aménagement de la Côte des Basques, les modèles en politique et les alliances inenvisageables au deuxième tour, rythmeront un débat où chacun s’exprime le pied sur le frein.

Seul l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq, sans doute plus rompu que les autres à la prise de parole en public, s’offrira quelques malices de prétoire pour se mettre les électeurs dans sa poche. Mais tout comme ses rivaux, à la question des alliances possibles et impossibles au second tour, il bottera en touche, estimant que tout dépendra des scores. L’auditeur espère, qu’à un moment ou l’autre les convictions vont l’emporter sur l’envie absolue de s’emparer du pouvoir, il tend l’oreille, il désespère, mais rien ne vient. Dans un pitoyable souci de ratisser large, les représentants de l’UMP, pas plus que celui du MoDem ou du Parti socialiste n’oseront dire haut et fort qu’ils excluent toute alliance avec le Front national au second tour. De la même façon, il n’y en aura pas un pour préférer ses convictions à un poste de maire et exclure de ses petits calculs électoraux Michel Veunac, compte tenu du manque de rigueur qu’il a manifesté lors de son dernier mandat.

Les électeurs biarrots n’en peuvent plus du système Borotra basé sur des alliances improbables, mais visiblement les huit candidats n’en ont cure. Pour prendre le pouvoir, ils sont prêts à tout. Ne ratez donc ce débat sous aucun prétexte. Vous allez beaucoup en apprendre sur les gens qui aspirent à vous diriger… Et sur leur navrante absence de convictions!

Le débat sera diffusé sur TVPI, jeudi 20 mars à 19 heures.

Bernard Ithurbide : « Pourquoi, j’ai choisi Lafite »

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Sculpteur malicieux et amoureux de sa ville, Bernard Ithurbide vaut bien plus
que tous les clichés véhiculés sur l’élu communiste de Biarritz. (Photo Sud Ouest)

Bernard Ithurbide est un risque-tout. On le croise parfois, du côté de la Côte des Basques ou de la Villa Belza, vantant sa ville avec une conviction toute militante devant une petite troupe de collègues d’EDF/GDF, en vacances dans la région. Se doute-t-il, ce téméraire, que le conservateur du Musée de la mer, rêve depuis des lustres de le mettre dans une bouteille de formol, au titre des espèces en voie de disparition ? Un communiste à Biarritz, c’est presque aussi rare qu’un cœlacanthe dans le Golfe de Gascogne, cette espèce de poisson fossile que les scientifiques croyaient à jamais disparue! L’homme est singulier : l’élu municipal peut se montrer aussi rigide et doctrinaire, que le sculpteur, qui expose chaque année au Brouillarta à Biarritz, est chaleureux et créatif.  Bernard a des principes et ne transige pas avec, ce qui est plutôt rare en politique. Assistant en 2013 à une réunion publique qu’il animait, dans le quartier de Pétricot, à un moment où il s’efforçait de recueillir les avis de ses concitoyens, j’avais été surpris par la qualité des interventions de l’assistance, comme si, en présence d’un élu communiste, on pouvait enfin exprimer son ras-le-bol de la politique menée par Didier Borotra et sa propre vision de la ville. De loin la plus tonique et la plus vivifiante de toutes les réunions publiques auxquelles j’ai participé. Il est vrai que nous nous connaissons bien, puisque Bernard a remplacé en 2010 au conseil municipal, mon épouse démissionnaire. Entretien, sans faucille, ni marteau… ni langue de bois avec un vrai personnage.

Quand tu as intégré, en 2010, le conseil municipal qu’est-ce qui t’a frappé?

– Tout semble fait à Biarritz pour que les observateurs ne puissent pas suivre la teneur des débats. La salle est malcommode et les spectateurs n’entendent quasiment rien, contrairement à Anglet ou à Bayonne. Ensuite, ce conseil municipal est troublant puisque tous les partis sont représentés à la fois dans l’opposition et la majorité. Il y a des UMP, des socialistes ou des abertzale dans les deux camps. Finalement, j’étais le seul, en tant que représentant du parti communiste à ne pas avoir un « clone » dans la majorité.

– Le fonctionnement était compliqué?

– Ce qui m’horripile encore maintenant, c’est d’entendre régulièrement après mes interventions : « On ne fait pas de politique dans une commune ». Mais toutes les décisions d’un maire sont politiques! Dans les choix de Didier Borotra, il y a eu des choses intéressantes et d’autres dramatiques, comme la politique du logement. Je n’avais pas mesuré, avant d’arriver au conseil, le pouvoir exorbitant du maire. Il se laisse parfois chatouiller par l’opposition, mais, quand il en a marre, il coupe le micro et c’est fini. Le 13 décembre 2013, alors que nous discutions de l’aide à apporter aux jeunes pour passer le permis de conduire, il m’a répliqué que lui seul déciderait de recours éventuels et je  ne suis pas sûr qu’il plaisantait quand il a conclu son intervention :  » Je veux justifier mon rôle d’autocrate ».

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La Dame blanche

Qu’est-ce qui t’a marqué dans ce dernier mandat de Didier Borotra?

– Je suis arrivé alors que les grandes décisions avaient déjà été votées. Je partageais complètement les craintes de l’opposition. Les faits ont montré que la Cité de l’océan est un projet complètement mégalomaniaque.

Quatre adjoints de la majorité en course pour les prochaines municipales, ça t’étonne?

– Il y a eu un étonnant suivisme de la part des adjoints. Brisson s’efforce de se démarquer mais il a voté sans états d’âme toutes les décisions de Didier Borotra. Veunac envisage de gouverner avec des gens de tous bords, mais je ne suis pas sûr qu’il ait la finesse politique de Borotra pour manœuvrer. Tu vas dire que je suis partisan, mais je pense que Guy Lafite, est moins coupable parce qu’il est là depuis moins longtemps.

Et l’affaire des PV?

– C’est du clientélisme absolu et l’un des problèmes majeurs de cette ville!

Lors du dernier conseil, tu t’es élevé contre le renouvellement anticipé  pour dix ans de la concession « Bleu Café »

– C’est la première fois que je vois un renouvellement de concession anticipé sous prétexte de travaux. La vraie raison de cette hâte, c’est que le propriétaire Roland Héguy est un ami du maire. Comme par hasard, il n’y a eu qu’un seul appel d’offres. J’ai fait remarquer au maire que personne n’avait eu connaissance de l’appel d’offres public, mais il n’a pas daigné répondre. En fait, nous sommes mis devant le fait accompli.

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De deux choses Lune

Changeons de sujet. Vois-tu d’un bon œil les candidatures de Richard Tardits et Guillaume Barucq?

 J’éprouve plutôt de la bienveillance pour eux. Je suis ravi que de nouveaux Biarrots s’impliquent  dans leur ville. Mais dans l’esprit où ils y vont, leur démarche est probablement vouée à l’échec.

Est-ce que c’est facile d’être communiste, à l’approche de ces élections municipales?

Clairement non! Je te rappelle qu’aucune décision n’a été prise au niveau national pour ces élections. Ce sont les communistes locaux qui décident, en fonction de ce qui se passe dans leur ville, s’ils partent avec le Front de gauche ou le parti socialiste. Mais pour le grand public, c’est un peu déroutant.

Justement, explique-moi pourquoi tu te retrouves sur la liste de Guy Lafite, plutôt que sur celle de Mathieu Accoh?

– Je n’ai aucun problème à te répondre. Les communistes de la ville, nous avons d’abord rencontré Mathieu Accoh. Il nous a affirmé qu’il était hors de question pour sa liste de s’allier au deuxième tour avec le candidat socialiste. C’était un vrai problème pour nous, car nous avons le sentiment que les communistes, par leurs préoccupations, amènent de l’humain avec leur présence dans un conseil…

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Rêve de Cyclades

C’est donc pour cette raison que tu as rencontré Guy Lafite?

– Un point important à rectifier. Contrairement à ce qu’a écrit la presse, c’est Guy Lafite qui nous a sollicités et non l’inverse. Je suis venu avec deux camarades, militants à Biarritz et Guy avait deux de ses lieutenants. Sur beaucoup de points, comme l’idée de faire 30% de logements sociaux à Iraty, nous nous sommes retrouvés d’accord. Guy a aussi le souci de revitaliser les quartiers et de développer les transports en commun. Nous essayons d’amener nos idées, comme le développement des jardins familiaux. Nous avons donc décidé de faire liste commune avec lui.

– Est-ce que tu as envisagé le cas de figure où Lafite s’associerait à Veunac au deuxième tour?

Je ne fais pas de politique pour obtenir un quelconque strapontin, mais pour amener des idées. Si les deux listes fusionnaient, je ne pense pas que les communistes poursuivraient l’aventure.

Bernard, se lève, en retard, tout comme moi. Il aime débattre et convaincre et est venu flanqué d’un volumineux dossier. Je ne doute pas une seconde de ce qu’il m’avance, mais à chaque fois, il tient à me montrer une preuve écrite de ses affirmations. Nous quittons le café La Coupole pour regagner la place Clémenceau, et je m’apprête, conformément à ma mauvaise habitude à traverser en slalomant entre les voitures. Bernard m’admoneste gentiment : « Un élu se doit de donner l’exemple. Désolé, mais j’emprunte les passages cloutés« .

Décidément, on ne le changera jamais!