Les vertus du ménage à trois

En refusant une alliance logique qui rassurait les électeurs, Guillaume Barucq a sans doute compromis ses chances de devenir maire de Biarritz.

Ces temps-ci, que ce soit devant les caméras de France 3 ou face à la presse, lors de sa conférence de presse au phare de Biarritz le mardi 2 juin, Guillaume Barucq s’affirme furieusement monogame et répète à l’envi : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… » Si l’on peut comprendre la pruderie du très sage docteur à catogan, face aux exploits des « libertins » Destizon et Vial qui auront fréquenté tous les clubs échangistes disponibles sur Biarritz avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq, il est dommage que le candidat écologiste n’ait pas compris que les règles qui prévalent ordinairement dans la vie conjugale ne s’appliquent pas à la politique.

Nous avons tous vécu des cérémonies de mariage où une famille est extatique, tandis que l’autre se montre nettement plus réservée. Mardi, pour l’observateur extérieur, le contraste était saisissant entre les mines joyeuses des membres de la liste Abertzale Verte et Solidaire (EHVS) et l’air nettement plus pincé des membres de « Nouvelle Vague Biarritz ». Il faut dire aussi que faire 12,34% des voix au premier tour et se retrouver avec seize candidats sur trente-cinq dans la nouvelle liste recomposée, constitue une aubaine inespérée pour la liste EHVS. Après tout si vous êtes jeune et démuni(e) et qu’un(e) milliardaire vous épouse sans contrat de mariage, il n’est pas interdit d’accepter.

Parfois, les unions les plus improbables s’avèrent les plus durables, mais il est clair que parmi les observateurs extérieurs le scepticisme était de mise. Pour le cas, où Guillaume Barucq l’emporterait, on voit mal comment cette liste qui va de Clémentine Autain  à Bruno Retailleau pourrait fonctionner dans la durée, sans le point d’équilibre que pouvait représenter Nathalie Motsch.

C’est pour ne pas faire peur à Corine Martineau ou aux électeurs que Mathieu Accoh se cache derrière Lysiann Brao sur la photo ?

Vous le savez comme moi, que ce soit à la sortie de l’église pour un couple improbable ou à la fin d’une conférence de presse annonçant la constitution d’une liste de second tour, il est de bon ton de voir la vie en rose. Alors qu’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste « trop à gauche », a claqué la porte et refusé une place éligible, ce qui est à son honneur et démontre un beau caractère, Corine Martineau explique suavement qu’elle ne se sent pas gênée par la présence sur sa liste d’abertzale, d’écologistes ou de membres de  » Ensemble Insoumis « , car « c’est une liste locale qui s’est construite avec un programme local ». On prend les paris que la politique va reprendre ses droits dès l’élection terminée ? Quelques minutes plus tard, c’est Mathieu Accoh, représentant de  » Ensemble insoumis « , qui affirme sans rire qu’il était impossible à sa liste de fusionner avec la liste de Nathalie Motsch car « les programmes étaient trop différents et Nathalie Motsch trop à droite » … Tandis que Tata Corine est une gauchiste bien connue ?

Une erreur politique

En trente-cinquième position, Jakes Abeberry était présent lors de la conférence de presse.

Selon des sources abertzale, les discussions au sein du mouvement auraient été « très violentes » entre les jeunes et les plus anciens, Jakes Abeberry estimant que l’on doit « respecter le suffrage universel » et que la nouvelle liste ne pouvait être articulée autrement qu’avec Guillaume Barucq en numéro 1, suivi de Nathalie Motsch et de Brice Morin. Même s’il était présent à la conférence de presse, le vieux leader n’a visiblement pas été suivi et c’est fort dommage.

Contrairement à Guillaume Barucq, qui décidément ne se montre pas grand stratège, Jakes Abeberry sait que dans la vie publique le trio représente souvent l’équation gagnante et permet l’équilibre des forces, quand le duo est dangereux en cas de conflit. C’est bien en s’appuyant sur des socialistes et des membres de LR qu’Emmanuel Macron a su créer à partir de rien le mouvement En Marche. Plus loin de nous, François Mitterrand est devenu président de la République en 1981 en s’aidant des radicaux de gauche et des communistes. Et en 2014, si le docteur Barucq est devenu adjoint à l’environnement, c’est grâce à un « ménage à trois » avec les listes de Veunac et Lafite.

Une erreur psychologique

Mais plus que l’erreur tactique, c’est l’erreur psychologique qui étonne de la part d’un candidat intelligent comme Guillaume Barucq. Pour la première fois depuis des décennies, cette élection était limpide et traduisait clairement ce que voulaient les Biarrots. Le 15 mars au soir, malgré l’angoisse du Covid, tous les passionnés de vie publique avaient de quoi se réjouir : un personnel politique totalement discrédité à force de tromperies et de trahisons allait prendre une retraite bien méritée, et le ou la futur(e) maire de Biarritz allait incarner un renouvellement considérable. Avec une démarcation claire entre Arostéguy, Veunac et Saint-Cricq, plutôt prêts à discuter avec le BO, Barucq, Motsch, EHVS et Karim Guerdane, plutôt fermes face à Aldigé.

Tous ceux qui se sont mariés savent que l’on a toujours un doute au moment de se dire « oui ». Et tous ceux qui ont travaillé dans une entreprise savent que le charmant collègue que l’on côtoie peut devenir un dictateur odieux après avoir reçu une promotion.

Légitimement, les Biarrots s’interrogent sur leur futur maire, se demandent si Maïder Arostéguy qui n’est à l’évidence pas d’extrême-droite même si elle est très à droite, saura prendre ses distances avec son entourage, si Guillaume Barucq, d’un caractère trop gentil, saura faire preuve de fermeté, si Nathalie Motsch, d’un caractère plus affirmé, ne tombera pas dans l’autocratisme d’un Borotra si elle se retrouve avec l’écharpe tricolore.

Comment Guillaume Barucq a pu proposer une place de numéro 6 à Nathalie Motsch, qui constitue une insulte au résultat du scrutin, sans comprendre que le ticket Barucq-Motsch-Morin s’avérait très rassurant pour les Biarrots, la gentillesse visionnaire de l’un étant équilibrée par la technicité et la pugnacité de la deuxième et les préoccupations basques et sociales du troisième ? Avec le maintien de la liste Saint-Cricq, cette liste recomposée aurait pu poser un sérieux problème à Maïder Arostéguy.

Barucq hué au Royalty

On peut s’étonner que Bisque, Bisque, Basque ! clairement à gauche n’éprouve pas plus d’enthousiasme pour cette liste qui est la plus à gauche des quatre, même si Nathalie Motsch a eu tort dans sa conférence de presse de parler de « liste d’extrême-gauche ». La raison est double : cette liste ne respecte pas le suffrage exprimé par les Biarrots et elle paraît vouée à d’inévitables conflits. Sur les réseaux sociaux beaucoup s’étonnent et se montrent plutôt critiques pour le docteur à catogan. Mercredi 3 juin à 14 h 45, alors que les Biarrots fêtaient le déconfinement en retrouvant leurs cafés favoris, Bisque, Bisque, Basque ! a pu assister à une scène surréaliste à la terrasse du Royalty : trois quadragénaires à la mise soignée que j’ai souvent croisés à Biarritz sans pour autant pouvoir les identifier, chantaient à tue-tête « Barucq montre-nous tes fesses, Barucq montre-nous ton cul ! », juste sous les fenêtres du cabinet du docteur qui devait les maudire s’il était en consultation.

Le gentil Guillaume Barucq ne mérite à l’évidence pas un tel traitement, mais il est vrai que dans les mariages improbables, tôt ou tard il y a toujours un gros malin pour chanter : « Les cocus, au balcon ! » …

L’entourloupe faite à Robert Rabagny

Tout le monde sait à quel point Robert Rabagny aime sa ville. « L’indien », avec son masque aux couleurs du BO, est donc arrivé pendant la conférence de presse de Guillaume Barucq et n’a pu résister au plaisir de prendre la parole : « Tout le monde sait que je soutiens Maïder Arostéguy à 150%, mais je me réjouis de voir disparaître certains élus et de voir une liste composée de jeunes et de surfeurs ». Quelques minutes plus tard, une photo, publiée sur les réseaux sociaux et retirée depuis, montrait Rabagny discutant avec les membres de la liste et remerciait Robert « pour son soutien ». Un procédé plus que discutable.

On ne remerciera jamais assez Veunac

Ce mandat à la médiocrité abyssale, avec ses attentats démocratiques à répétition et la débandade de la majorité, aura au moins permis de faire éclore des talents. Biarritz est prête à tourner la page.

L’enfumeur public numéro 1, le Lucky Luke de la phrase creuse, l’homme qui profère des lieux communs plus vite que son ombre est prêt à sévir six ans de plus (Photo-montage Bisque, Bisque, Basque !)

Une fois n’est pas coutume, Bisque, Bisque, Basque ! va faire dans la tendresse au lieu de l’ironie lourde. Ils sont 245 dimanche qui vont se confronter à l’une des activités humaines la plus ingrate qui soit, la politique, en se présentant aux suffrages de leurs concitoyens. Si l’on ajoute les membres des comités de soutien, et les proches, ce sont près de cinq cents personnes qui sont concernées à Biarritz par le scrutin municipal. Et à l’exception d’une vingtaine de professionnels de la vie publique, beaucoup plus soucieux du futur de leurs indemnités que du devenir de Biarritz, (… Hasard, ils ont presque tous trouvé refuge dans la liste à Veunac !), il reste donc plusieurs centaines de Biarrots, qui donnent leur temps et leur énergie sans compter depuis des mois, qui réfléchissent au devenir de la Ville et à un bien vivre ensemble, qui se mettent parfois en danger dans leur vie professionnelle ou leur vie de famille, qui prennent souvent des risques financiers énormes puisque, en dessous de 5% des suffrages obtenus, il n’y aura pas de remboursement des frais. Et l’on dira ensuite que la démocratie n’est pas vivace en France !

À vous tous qui avez passé des heures à tracter dans les rues, à faire du porte-à-porte en essuyant parfois les rebuffades de ceux que vous dérangiez, à imaginer un Biarritz meilleur et plus fraternel, à dialoguer jusqu’à l’épuisement avec les uns et les autres, je tiens à adresser un immense merci pour le message d’espoir que vous nous adressez. Et je tiens aussi à féliciter les directeurs de campagne de toutes les listes, qui se sont toujours efforcés, malgré l’enthousiasme parfois débordant de leurs supporters, de rester dans les limites du jeu démocratique en n’oubliant pas que le 15 mars au soir, il faudra négocier avec les autres listes, fusionner et comprendre le sens donné par les Biarrots à ce scrutin.

Le « connardovirus » souvent présent dans les réseaux sociaux

Qu’on ne s’imagine pas pour autant que Bisque, Bisque, Basque ! soudain visité par la grâce démocratique est devenu aveugle et persuadé que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. En tant que témoin actif d’un combat capital pour l’avenir de Biarritz, je me réjouis de l’activité de tous ceux qui, à visage découvert, ont exprimé sur les réseaux sociaux leurs points de vue et leurs attentes. Malheureusement, si le coronavirus pour le moment épargne quelque peu le Pays basque, le connardovirus, bien présent à Biarritz avec ses trolls masqués balançant leur haine anonyme derrière leurs claviers, est devenu la plaie de la vie publique sur les réseaux sociaux. Avec d’une part des supporters qui ont une fois pour toutes débranché leurs cerveaux et refusent d’entendre tout ce qui n’est pas directement favorable au candidat de leur choix. Et plus grave, des petits malins qui profitent de la pagaille ambiante, pour pousser leurs pions en avançant masqués, multiplier les menaces et faire pression sur les futurs candidats dans ce qui ne peut être qualifié que de chantage abject et de jeu pervers contre la démocratie.

Le mandat parfait de Veunac

L’Hôtel du Palais était l’assurance vie des Biarrots avec une valeur estimée à plus de 200 millions d’euros. Michel Veunac l’a rendu impossible à vendre pendant 75 ans avec le risque que Decaux ne s’en empare.

Ce monde étant imparfait comme on le sait tous, il ne nous reste donc plus qu’à remercier Michel Veunac pour le mandat parfait qu’il vient d’accomplir. Il a en effet en six ans de temps réussi à cocher toutes les cases. Incompétence vertigineuse puisque vous ne trouverez pas un élu de cette ville ou de l’Agglo pour déceler en lui la moindre aptitude à la vie publique, colères à répétition, la mairie étant devenu une pétaudière où les salariés sont en souffrance, hésitations permanentes comme en témoigne le plateau d’Aguilera où pas le moindre permis de construire n’a été déposé pendant des années, Veunac pataugeant dans sa piscine olympique fantôme, incapacité à diriger une équipe ainsi qu’en attestent les départs fracassants de François Amigorena, Édouard Chazouillères, Nathalie Motsch, Guillaume Barucq ou Virginie Lannevère, attentats démocratiques à répétition comme les écuries de Bigueyrie, la villa Sion, l’Hôtel du Palais ou l’aménagement du plateau d’Aguilera… Et on rajoutera même un soupçon de malhonnêteté puisque certains des colistiers de Michel Veunac attendent depuis 2014 d’être remboursés de l’argent qu’ils ont prêté au maire. Une histoire racontée par Bisque, Bisque, Basque ! et que le maire a oublié de démentir.

https://jeanyvesviollier.com/2020/02/25/le-vilain-rapport-a-largent-de-veunac/

Vous avez aimé cette série interminable de 2014 à 2020 avec un nouvel épisode presque chaque semaine ? Alors, si par malheur Veunac est réélu, vous allez adorer ce qui va se passer de 2020 à 2026, avec un maire de 74 ans, ivre de sa toute-puissance qui en fera encore plus à sa tête qu’avant. On ne confie pas les clés de sa voiture à un copain qui a éclusé toute la soirée et qui est visiblement à trois grammes. On ne peut pas confier après tout ce que l’on a enduré à Biarritz, les clés du camion à un maire qui a montré tellement d’inaptitude au poste. Vous envisagez néanmoins de voter dimanche pour le maire sortant ? Alors Bisque, Bisque, Basque ! ne peut rien pour vous si vous aimez souffrir et vous conseille une consultation chez le psy.

On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe

Bisque, Bisque, Basque ! pour ce qui sera le dernier papier avant le premier tour, tient donc à remercier chaleureusement Michel Veunac pour tous ses errements. Grâce à lui, les Biarrots se sont intéressés à la vie publique et ont singulièrement modifié leur curseur personnel sur ce qui est acceptable et inacceptable à Biarritz en matière de démocratie locale. Et les occasions de s’indigner n’ont pas manqué pendant ce mandat : 600 pages à lire en deux heures avec interdiction de prendre des notes ou des photos dans une salle où les élus étaient surveillés comme des pensionnaires dans un collège privé ! Voilà ce que Veunac a osé infliger à son conseil municipal en 2018, à propos de L’Hôtel du Palais ! Et au final – du jamais vu dans une autre ville de France ! – un maire qui se retrouve en minorité dans sa propre majorité mais qui est sauvé par une partie de son opposition venue lui sauter sur les genoux à point nommé. Avec des enseignants de Sciences-Po, nous avons cherché des votes similaires dans d’autres villes de France, mais Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie est un créatif et n’a pas d’équivalent. Avec ces mêmes enseignants, nous avons cherché début février, une ville faisant voter aux élus une décision à 12 millions d’euros à cinq semaines de la fin du mandat. Nous n’avons pas trouvé.

La vente de la villa Sion, un des grands scandales du mandat.

Mais, avec son Premier adjoint, La-Faillite-Nous-Voilà, qui lui au moins a le bon goût de quitter la vie publique après son flirt raté avec Didier Guillaume, nous avons pu grâce à ce duo improbable percevoir beaucoup de choses en tant que simples citoyens. « À quelque chose, malheur est bon » affirme un vieil adage populaire. En voulant singer Didier Borotra, élu parfois désinvolte avec la loi, comme l’a prouvé l’affaire des PV, mais qui avait une vision pour sa ville, Michel Veunac, personnage falot et dénué d’imagination, a poussé à bout un système de copinage et de clientélisme dont les Biarrots ne veulent plus entendre parler. Grâce à lui, dans toutes les listes figurent désormais des promesses de transparence et de démocratie participative.

Avec ces ultimes acrobaties municipales, nous avons aussi pu mesurer quels sont les élus et candidats sensibles aux pressions (Jean-Baptiste Aldigé a repoussé d’un mois l’assemblée générale où la « faillite » du BO devait être évoquée, ce qui montre bien qu’il s’agissait d’un chantage pur et simple) et quels sont ceux décidés à y résister. On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe et quand on est un citoyen raisonnable on ne peut pas donner son bulletin de vote à des gens qui, avant même d’endosser l’écharpe tricolore, ont montré leur propension à céder. Bisque, Bisque, Basque ! espère que les scores décevants qu’obtiendront dimanche 15 mars, les listes Arostéguy et Saint-Cricq, élus qui par ailleurs ne manquent pas de qualités, leur permettront de comprendre qu’ils se sont trompés.

Des talents qui émergent et qui rassurent

Et, la nature ayant horreur du vide, on ne remerciera jamais assez Michel Veunac de « la pépinière de talents » qu’il a engendrée en obligeant ses adjoints à prendre leurs responsabilités et à progresser très vite. Qui se souvient de la diaphane Nathalie Motsch, qui a joué les bonnes élèves de la majorité de 2008 à 2014 avant de devenir une élue pugnace, réfléchie et compétente, qui a fait preuve d’un courage remarquable lors de ce mandat après avoir compris le fonctionnement, disons un peu particulier de son chef de file ? Qui se rappelle du Guillaume Barucq de ses débuts, persuadé que la gentillesse et le dialogue pouvaient tout résoudre avant de comprendre que la politique et les bons sentiments ne font jamais bon ménage et de devenir un élu clairvoyant et lucide, n’hésitant pas à exprimer ce qu’il pense ? Pas d’inquiétude à avoir, ces deux élus ont désormais les épaules pour gouverner la Ville, et si d’aventure « la grosse tête » s’emparait d’eux en devenant maire, il y a suffisamment de talents et d’expérience dans les listes qu’ils ont constituées pour les ramener à la raison.

Si la situation n’était pas devenue aussi folle à Biarritz, est-ce que nous aurions eu la chance d’avoir un Karim Guerdane avec ses convictions de gauche, son bon sens et ses idées novatrices comme candidat ?

Si le duo Veunac-Lafite n’avait pas désespéré Pétricot, Parme ou La Négresse, est-ce que nous aurions eu cette intéressante alliance entre les Abertzale, les Verts et la France Insoumise, avec les belles personnalités de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh ?

C’est à Veunac que l’on doit tout cela, avec ces quatre listes de rupture qui présentent bien des convergences et qui pourraient, au soir du premier tour, constituer la force susceptible de mettre fin à des années de dysfonctionnement à Biarritz et à un retour au dialogue et à la démocratie apaisée. C’est à vous de choisir entre ces quatre listes pour désigner celui ou celle qui doit être chef de file des espoirs biarrots au deuxième tour.

Et comme il convient de remercier Michel Veunac pour tous ces talents qui ont pu éclore grâce à lui, faisons-lui un beau cadeau en le renvoyant chez lui pour lui laisser enfin le temps de s’occuper de ses petits-enfants. Non, non, ne me remerciez pas, Michel, ce sera un plaisir de vous voir quitter la vie publique.

Merci l’ami !

Hasard de la vie, un de mes copains vient de me signer une procuration et son vote, que j’aurais respecté quel qu’il soit, vient à merveille compléter le mien. C’est peut-être idiot, mais j’ai très envie de voir une femme à la tête de Biarritz, car il me semble que sa nomination pourrait profondément changer les vilaines pratiques en cours. Et quand je constate que tous les élus les plus impliqués et combatifs de la majorité comme Hervé Boissier, François Amigorena, Françoise Mimiague ou Brigitte Pradier viennent au soutien de cette candidate, je me dis que Biarritz tient là une opportunité intéressante, car incontestablement il faut du caractère et de la technicité pour être maire et la dame ne manque ni de l’un ni de l’autre. Mais l’égalité des sexes implique aussi que le fait d’être un homme ou une femme ne soit pas un critère déterminant, au moins dans un monde idéal où la parité serait une réalité. Cet autre candidat au stéthoscope et à la planche de surf milite pour un renouvellement profond, il a des idées, de la sincérité et une liste prometteuse autour de lui. Grâce à la loi, je vais pouvoir déposer un bulletin en faveur de chacun de ces deux candidats, en espérant qu’ils fusionnent au deuxième tour, tant ils me semblent proches dans leur vision de l’avenir de Biarritz. Quelle bonne idée, ce copain a eu de s’absenter !

Ce trio qui n’engendre pas la mélancolie

Ils sont trois à diriger la liste Euskal Herrian Vert et Solidaire et visiblement, ce fonctionnement ne pose pas le moindre problème.

Brice Morin, Mathieu Accoh et Lysiann Brao dans leur permanence de l’avenue Kennedy.

Lorsqu’on demande à Lysiann Brao, Brice Morin et Mathieu Accoh à partir de quel score ils feront la fête le 15 mars au soir, le trio éclate de rire : « On fera la fête quoiqu’il arrive ». Dans leur permanence de l’avenue du président Kennedy, les trois militants, bien que venus d’horizons politiques assez éloignés, ont visiblement trouvé une façon de réfléchir ensemble harmonieuse. Pour Bisque, Bisque, Basque ! ils ont accepté de répondre sans détours à toutes les questions.

– On a le sentiment que votre liste a un peu patiné au départ, a eu du mal à trouver ses marques. C’est exact ?

Brice Morin : C’est tout simplement parce que nous n’avons pas procédé comme les autres et que l’élaboration du programme nous a paru essentielle avant d’annoncer des noms. Ensuite, il a été compliqué de faire travailler ensemble des groupes déjà constituées et des personnes isolées.

Mathieu Accoh : Je suis engagé en politique depuis 2005 à cause du déni de démocratie dont les Français ont été victimes au moment du référendum pour le Traité Constitutionnel Européen. Cette question est fondamentale pour moi. On peut ne pas être d’accord mais la volonté populaire, une fois qu’elle s’est exprimée, doit être entendue et suivie. En tant que militant du Parti de Gauche, puis du Front de gauche et de la France Insoumise, je suis confronté à la crise de la représentation et je cherche un outil politique qui me permette de faire avancer mes idées. Soutenir un mouvement citoyen comme l’association Biarritz Euskal herrian paraissait la meilleure démarche. Pour nous, cette rencontre est un événement politique à plusieurs niveaux. D’abord parce que cela fait bouger les lignes entre jacobinisme et culture locale. Ensuite parce que de nombreux symptômes de notre monde malade trouvent une solution évidente à l’échelle locale. Pour ne prendre qu’un exemple l’eusko, monnaie locale basque, est une solution à la fraude ou l’évasion fiscale, cela participe à la relocalisation de l’économie et donc aux circuits courts et donc à l’écologie.  

– Vous diriez que votre trio fonctionne bien ?

Lysiann Brao : C’est une évidence. Le fonctionnement à trois va nous protéger d’un fonctionnement vertical et il évite les conflits d’ego. C’est une immense responsabilité de porter officiellement les valeurs de l’écologie, d’avoir à construire une ville qui protège les plus démunis à un moment où notre système de protection est violemment attaqué. De plus nous sommes à un moment où Biarritz risque de devenir une ville hors-sol, terrain de jeu des touristes et des spéculateurs. Il fallait être au moins trois pour porter une telle responsabilité ! Pour les élections municipales de 2014, j’ai été sollicitée pour travailler sur les questions autour de la jeunesse par l’association Biarritz Autrement pour proposer des actions pour faire revenir des jeunes à Biarritz. L’association a choisi de partir avec Michel Veunac au 1er tour et j’ai donc intégré cette liste. La manière dont se sont passés les évènements, m’a fait me dire que plus jamais je ne repartirai dans un tel contexte politique, vertical et déconnecté

« Croire en l’intelligence collective »

– Parmi les élus abertzale de la précédente mandature, vous n’avez retenu que Maialen Etcheverry. Pourquoi elle et pas Régine Daguerre ou Peio Claverie ?

Brice Morin : Parce que Maialen est la seule qui est restée en contact avec nous. Elle voulait démissionner compte tenu des soubresauts qui agitaient la majorité. C’est nous qui lui avons demandé de rester, de défendre nos idées, ce qu’elle a fait avec beaucoup de conviction même si la situation était très difficile pour elle. Quant aux autres élus que vous citez, ils ont disparu de la circulation et nous n’avons plus eu la moindre nouvelle d’eux après leur élection. Grâce à Maialen Etcheverry, nous avons une partie des clés du fonctionnement de la mairie et nous pourrons aller plus vite lorsque nous serons en position de gouverner.

Matthieu Accoh : Ce mandat de Veunac a été catastrophique. Je me suis engagé avec enthousiasme dans les conseils de quartiers dont j’ai été l’un des présidents (Bibi-Beaurivage, Milady Colline). On a vite vu les limites dues, non pas au dispositif ou à la volonté des participants mais aux freins qui résidaient entièrement dans le refus du maire d’appliquer la charte qu’il avait lui-même écrite ! Hervé Boissier a fait un très bon travail pour promouvoir la démocratie participative mais le problème, c’est que Veunac n’en voulait pas. Je crois encore plus qu’avant à l’intelligence collective et notre projet de démocratie participative a tiré le meilleur des expériences d’autres villes.

Lysiann Brao : La participation, c’est la capacité à être agile, à adapter sa façon de gouverner à la demande des citoyens.

– Quelle est la mesure phare de votre programme ?

Brice Morin : il n’y a pas une mesure phare mais toute une série pour remettre les Biarrots au centre des préoccupations municipales. La démocratie participative sera évidemment omniprésente dans toutes les décisions que nous prendrons. Nous avons prévu de faire des conseils extra-municipaux pour toutes les décisions importantes à prendre et un conseil municipal de la jeunesse pour responsabiliser très vite les jeunes Biarrots.

Lysiann Brao : Nous consacrerons beaucoup de soin au logement pour permettre aux jeunes Biarrots de rester dans leur ville. La situation actuelle est inacceptable. Nous appliquerons une surtaxe maximale de 60% aux résidences secondaires. Bidart et Guéthary ont pris cette décision avant nous et pourtant les chars russes ne sont pas à nos portes !

Matthieu Accoh : Et bien évidemment la transition écologique nous préoccupe beaucoup et nous prendrons des mesures radicales pour préserver le futur comme la signature d’un contrat avec un fournisseur d’électricité 100% renouvelable ou la relance au phare d’un projet d’énergie houlomotrice. Mais l’enjeu de cette élection c’est de savoir si l’écologie n’est ni de droite ni de gauche ou bien si au contraire c’est le système libéral qui a pour objectif de vendre tout, partout et dans la plus grande quantité qui est la cause des problèmes. Vous aurez compris que nous dénonçons l’illusion du capitalisme vert et du greenwashing portés par de nombreux candidats.

« Le pouvoir de l’argent a demandé aux élus de se soumettre »

– J’imagine que vous avez suivi avec attention le conseil municipal du 12 février dernier et les débats autour du Biarritz Olympique…

Brice Morin : Ce débat a ouvert les yeux à tout le monde. Un club professionnel ne peut pas affirmer de cette façon ses demandes. C’est un signal fort que le pouvoir de l’argent a voulu envoyer en demandant aux élus de se soumettre. Bien évidemment, nous ne l’accepterons pas.

– Avez-vous déjà pris une décision sur ce que vous allez faire au soir du premier tour ?

Lysiann Brao : Nous avons pris une décision de fonctionnement. Il faudra qu’une proposition obtienne l’approbation des deux tiers de la liste pour qu’elle soit adoptée et, si nous dépassons les 10% de suffrages obtenus, nous devrons décider si nous nous maintenons pour faire une opposition constructive ou si nous rejoignons une autre liste.

– Est qu’il y a des listes avec lesquelles vous ne vous allierez jamais ?

Les trois, unanimes : Arostéguy, Saint-Cricq, Veunac, ce n’est pas pour nous !

Quand on vous disait que cette liste ne manque pas de caractère et ne louvoie pas pour dire ce qu’elle pense.

 Pour lire le programme en détail : https://www.biarritzvertetsolidaire.eus/fr/ehvs-biarritz/

Journal d’un buté de campagne (1)

Le programme électoral de Bisque, Bisque, Basque ! est simple. Faire comprendre aux Biarrots que Michel Veunac est le pire maire de l’histoire de la Ville.

Vous en avez marre d’entendre dans cette campagne électorale mugir ces féroces candidats qui viennent jusque dans nos bras pour nous vendre leurs combats ? Chaque lundi jusqu’au 23 mars, lendemain de l’élection du nouveau maire de Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! va vous offrir sa récolte d’échos insolites.

DÉMENTIS.- Il fallait de l’audace pour imaginer Laurent Riberolles et Corine Martineau tracter main dans la main. Sur la foi d’un écho paru dans Sud Ouest, Bisque, Bisque, Basque ! avait cru pouvoir annoncer le ralliement du secrétaire du PS à la liste de Guillaume Barucq. Laurent Riberolles a gentiment démenti par SMS et nous prenons acte. Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz, est lui monté sur ses grands chevaux à propos du même article : « C’est Michel Veunac qui est venu me chercher et non l’inverse. Ce qui tombe bien car j’avais envie de faire de la politique ». Bénéficier d’une délégation de service public, avoir Michel Veunac et comme patron et comme tête de liste ne lui poserait pas le moindre problème ? « Arrêtez de vous prendre pour une star du journalisme. Moi aussi, j’ai gagné dans ma carrière quelques grands concours ». Dont celui de l’anticipation, puisque Camy-Sarthy avait été félicité pour avoir obtenu le Pôle équestre deux jours avant que les appels d’offres ne soient examinés.

https://jeanyvesviollier.com/2020/01/08/et-on-attaque-quand/

JUDICIEUSE PERMANENCE. – Michel Veunac a installé sa permanence électorale dans les locaux de l’ancien pressing tenu par Monique Lajus, juste à côté du cinéma Le Royal. Un local parfait pour défriper un peu les convictions, raviver les couleurs d’une liste bien défraîchie et repasser devant les électeurs biarrots dans l’espoir de faire six ans de plus.

DES VŒUX TRÈS MALICIEUX. – Lors des vœux du maire, Michel Veunac a surpris tout le monde en allant chercher Nathalie Motsch qui se tenait en périphérie pour l’installer près d’elle… et l’avoir ainsi sur la photo. Le rusé Mimi-la-Malice prend un malin plaisir à laisser entendre en petit comité que Calamity Nathalie est prête à se rallier à lui et à accepter un poste de première adjointe. Ce qui est faux évidemment. Mais diviser pour régner est un art.

QUELLE CLAQUE ! – N’ayant pas beaucoup de talents à faire valoir dans sa liste, Michel Veunac, lors de cette même cérémonie, a tenté de faire applaudir Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État qui prend « l’avion pour Biarritz comme on prend le métro ». Deux ou trois applaudissements du bout des doigts de sa garde rapprochée et c’est tout. Si le compagnon de Frédérique Espagnac avait des doutes sur l’enthousiasme qu’il suscite, il n’en a plus. Participer à La Manif pour tous est une chose, convaincre les Biarrots une autre.

FLAGORNEUR DE CLASSE MONDIALE – La lecture du Facebook des élus est souvent édifiante. En réponse à Mathieu BTZ qui se réjouit de la « déconfiture de Veunac », le très zélé Éric Bonnamy qui rempile après un mandat où rares sont les Biarrots qui ont entendu le son de sa voix, s’étouffe d’indignation : « Veunac transpire Biarritz ». Si Veunac a souvent connu des sueurs froides au cours des conseils, ce n’est sans doute pas à cause de son amour pour Biarritz mais à cause de son improbable majorité.

ENFIN UNE LISTE DE GAUCHE- Les Insoumis biarrots, Biarritz Euskal Herrian et EELV ont décidé d’unir leurs forces pour être un rempart « aux politiques d’austérité et aux désordres écologiques ». Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh devraient apparaître dans cet ordre sur une liste que plus d’une soixantaine de personnes souhaitent rejoindre. (Ils vont faire rêver tous ceux qui n’arrivent pas à boucler leur liste !) Fin du cauchemar pour tous les citoyens de gauche qui se demandaient pour qui voter au premier tour.

L’AVENTURIÈRE DE L’URNE PERDUE- La candidate Marine Batiste, fraîchement encartée à EELV et conviée à cette conférence de presse, a brillé par son absence, ce qui a bien fait ricaner tous ceux qui s’étaient déplacés à Plazza Berri. On murmure en effet, que forte de son appartenance pour le moins récente à EELV, la candidate, venue discuter avec les Abertzale et les Insoumis biarrots avait exigé en toute simplicité… la tête de liste. Ce qui lui a valu d’être vertement reconduite. C’était bien la peine de casser sa tirelire en adhérant aux Verts !

Un Didier Guillaume très convenu

Le ministre de l’Agriculture s’est livré à un prêchi-prêcha électoral fort prévisible avec la volonté affirmée de ne surtout fâcher personne.

Non, l’homme au chapeau Serge Istèque n’est pas là par hasard sur la photo, mais au terme d’une stratégie très élaborée.

La déclaration de candidature d’un homme politique est au journalisme ce que la leçon de mathématiques est au cancre. Un moment qui pourrait être d’un ennui mortel si le paysage derrière la fenêtre ne venait sauver le mauvais élève et la succulente comédie humaine qui se déroule dans ces occasions divertir le porteur de stylo. Foule des grands jours, samedi matin, dans le hall du jai-aläï d’Aguilera, à l’occasion de la conférence de presse donnée par Didier Guillaume. Les médias nationaux sont nombreux tandis que, côté supporters, nous assistons à un raccourci saisissant de tout ce qu’est devenue LaRem, cette lessiveuse idéologique apte à lyophiliser toutes les convictions les plus établies, qui permet aux Républicains bon teint, aux rares représentants de la gauche et aux Abertzale de se taper désormais sur le ventre sans complexe.

C’est une cohorte enamourée qui arrive dans le sillage de Didier Guillaume où l’on reconnaît Guy Lafite, Michel Poueyts, mais aussi Régine Daguerre, Frédéric Domège, Alain Pouyau ou la présidente de « Femmes de droite » Maria François.

Un câlin électoral pas très défenestrant

Et c’est là qu’il convient d’admirer, alors que la conférence de presse n’a pas encore démarré, la capacité à jouer placé de certains. Prenez par exemple le président de l’association des commerçants des halles, l’homme au chapeau gris de la photo, Serge Istèque. Négligemment, quinze minutes avant que Didier Guillaume ne prenne la parole, il va s’installer au pied du pupitre juste à côté du micro en devisant avec ceux qui passent. Et bien malin celui qui l’en délogera ! Philippe Nalpas fera une tentative pour que l’espace autour du candidat se dégage mais en vain. Andy Wahrol avait précisé que chaque individu connaitrait son « quart d’heure de célébrité » mais avait oublié de préciser à quelles contorsions il fallait se livrer pour y arriver.

Après des préliminaires aussi prévisibles, il était clair que le « câlin électoral » prodigué par le candidat ministre n’allait pas être du genre défenestrant. Quelques punchline bien troussées afin de donner un peu de picore aux médias « Je ne viens pas là par amour mais par raison ». Des critiques tellement diaphanes, tellement voilées, que seuls les connaisseurs, adeptes de l’entre-soi, peuvent les décoder. « Biarritz a besoin d’une nouvelle impulsion », façon en creux de dire qu’il est grand temps pour papy Veunac de s’occuper de ses petits-enfants. Enfin des promesses de « passer à la vitesse supérieure » pour « faire rayonner notre ville en France et à l’international ». Trop d’imagination tue l’imagination !

Ajoutez au passage un hommage appuyé au premier adjoint : « Je veux saluer le Premier adjoint qui a réussi à ce que les Finances soient très bonnes », ce qui montre bien que Didier Guillaume n’est pas souvent à Biarritz et n’a pas encore découvert les dettes planquées sous le tapis par « La Faillite nous voilà ! », avant de préciser dans un heureux mouvement de balancier « Aucun des adjoints de l’actuelle municipalité ne sera adjoint dans la prochaine ».  

Rajoutez la nécessité de « faire travailler ensemble des hommes et des femmes », la promesse d’une « ville citoyenne » et la belle réponse du présumé parachuté « Les racines les plus fortes sont celles que l’on se choisit ».  Comme vous le découvrez en lisant cet article, vous avez bien fait de rester aux halles à prendre un café plutôt que de monter jusqu’à Aguilera.

Non au parachute de secours

Même sentiment de malaise lors du pot qui suit la déclaration de candidature. De l’attaché de presse qui vient vous expliquer qu’il a beaucoup insisté pour que Bisque, Bisque, Basque ! soit convié, comme si le fait d’être ou non invité allait changer quoi que ce soit à l’esprit d’impertinence assumé par ce blog, à tous ces élus qui vous expliquent que depuis le premier jour ce mandat est un désastre (pourquoi diable ne se sont-ils pas manifestés bruyamment pour dénoncer l’incurie de Veunac aux côtés des Nathalie Motsch ou Maïder Arostéguy ?), on a le sentiment d’être dans le vieux monde des élites qui estiment que le citoyen ordinaire n’a pas à connaître la vérité. Sentiment renforcé par le discours de Didier Guillaume qui ne veut attaquer personne et surtout pas se risquer à faire le bilan de son prédécesseur alors que la population est totalement traumatisée par ce qui s’est passé pendant six ans.

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’exercice est difficile et que l’on a rarement vu un homme politique à son avantage dans cet exercice. On sent que Didier Guillaume en a sous la pédale et serait à la tête de la Ville d’une toute autre dimension que l’actuel maire. En tant qu’homme de gauche, j’ai envie de croire en lui et l’on va donc lui faire crédit au moins jusqu’à sa prochaine réunion publique, en espérant que le candidat va enfin fendre l’armure. Mais certains détails ne trompent pas. Il est des hommes amoureux qui quittent tout du jour au lendemain pour suivre la femme qu’ils aiment. Il en est d’autres qui naviguent de longs mois entre épouse légitime et maîtresse avant de voir comment les événements tourneront. Didier Guillaume a annoncé qu’il démissionnerait du ministère de l’Agriculture s’il était élu. Ce qui est une façon de dire qu’il va faire campagne à Biarritz en fin de semaine tout en occupant son poste de ministre le reste du temps. « Biarritz est la seule ville non capitale connue dans le monde entier » affirme l’intéressé.

Alors peut-être que la moindre des choses était de se consacrer à plein temps à Biarritz et de prouver aux Biarrots, en démissionnant de ses fonctions, qu’on est prêt à prendre tous les risques pour diriger la ville qu’on aime, au lieu de garder… un parachute de secours.

Être de gauche n’est pas une maladie honteuse

À plusieurs reprises, des Biarrots sont venus m’aborder avec la mine de conspirateurs désireux d’évoquer les turpitudes de Gabriel Matzneff avec les adolescents pré-pubères : « On voterait bien pour lui, mais Didier Guillaume est de gauche ». Comme si je n’avais pas l’information ! Je déplore justement que pas une fois lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture n’ait cru bon d’évoquer son long cheminement à gauche ou ses « valeurs de gauche » avant de se rallier à Emmanuel Macron.

Plus que jamais, le communiqué de Mathieu Accoh, au nom des Insoumis biarrots, pose les bonnes questions : « Qui me représente en tant qu’électeur biarrot ? » C’est donc avec plaisir que nous le publions dans son intégralité.

Mathieu Accoh, porte-parole des Insoumis biarrots (Photo Sud Ouest)

« L’électorat de Biarritz soucieux de justice sociale, d’égalité, de transparence démocratique et d’indépendance par rapport aux intérêts économiques peut légitimement se poser cette question : qui me représente ? Qui aujourd’hui parmi les chômeurs, les ouvriers, les employés, les personnels précaires, les retraités aux petits revenus, l’ensemble des classes populaires pour résumer, est représenté au Sénat, à l’Assemblée nationale ou plus près de nous au conseil municipal ? Cette partie de la population est-elle vouée à ne même plus pouvoir se rendre aux urnes dans une ville comme Biarritz ? Des centaines de milliers de Français ont manifesté leur détresse et leur colère pendant des mois sur les ronds-points, ont battu le pavé depuis des semaines pour défendre notre système de retraite. Et pourtant la volonté et les intérêts de cette majorité sont systématiquement piétinés et humiliés. Pour l’instant huit listes semblent se rassembler dans le souci de ne pas paraître « à gauche » comme si l’idéal de services publics de qualité, d’égalité dans la redistribution des richesses, de démocratie, de préservation des biens communs et de nos écosystèmes n’était plus qu’un lointain souvenir et tout sauf un objectif. C’est face à ce trop-plein unicolore qui semble se satisfaire de la contagion de la pauvreté, de l’accumulation insensée et ostentatoire de richesse, de la destruction d’une nature que le capitalisme vert n’enrayera pas, que nous, insoumis biarrots, écologistes, citoyens investis dans la vie associative, décidons de nous engager dans cette campagne électorale. Nous avons le souci de représenter l’électorat de gauche et d’empêcher la division des listes partageant la même fibre écologique et sociale, c’est pourquoi nous allons œuvrer à l’unité dans les prochaines semaines en espérant que les Biarrots soucieux d’une vie plus juste et plus proche de la nature trouveront une réponse dans nos propositions. »

Mathieu Accoh, pour les Insoumis biarrots

Un communiqué des Insoumis Biarritz

Bisque, Bisque, Basque !, au lendemain du conseil municipal du 28 septembre, a reçu ce communiqué des Insoumis biarrots et le publie avec plaisir.

Suite au conseil municipal du 28 septembre 2018, le groupe France Insoumise de Biarritz a souhaité réagir en particulier sur deux délibérations, concernant l’Open data d’une part et le projet de renforcement de la falaise à Marbella d’autre part.

Une magnifique vidéo sur l’Open data nous a été présentée, prétendant « mettre à dispositions de tous les citoyens biarrots les données publiques et rendre compréhensibles et accessibles les actions publiques ». Or, si l’intention est louable, nous constatons des contradictions entre cette prétention et le manque de transparence et d’information au sein du conseil municipal, comme l’illustrent par exemple l’absence de convocation des élus à la commission d’urbanisme, ou l’impossibilité d’avoir accès au cahier des charges en amont des décisions, notamment sur les dossiers de la villa Fal, ou de disposer des éléments nécessaires à la délibération comme l’illustrent la vente avortée des écuries de Bigueyrie, le dossier de l’hôtel du Palais et l’expérience douloureuse des anciens conseils de quartier.

Par ailleurs, ce projet numérique, présenté comme un « progrès » par la majorité municipale, privera de fait les Biarrots qui n’ont pas accès à internet de leur droit à l’information publique.

Marbella : la stratégie du chèque en blanc

Concernant la délibération sur le projet Marbella de renforcer la falaise, nous avons été interpellés par plusieurs points.

Tout d’abord, par le manque de concertation des nombreuses parties prenantes à ce projet. Pour rappel, il a été nécessaire d’attendre huit mois et la pression de nombreux citoyens et associations pour qu’un comité de pilotage voit le jour. Or aujourd’hui, le conseil municipal délibère au seul motif que ce comité « trouvera un consensus futur ». L’argument est léger, quand on constate par ailleurs la division des propres membres du conseil sur le sujet (dix votes contre). La stratégie du chèque en blanc et de l’autorité du chef est malheureusement toujours la règle de ce cette équipe municipale.

Nous sommes d’autre part indignés par le gaspillage d’argent public dans cette affaire au seul profit du terrain de deux propriétaires privés, dont la maison n’est même pas menacée par l’effondrement de la falaise. L’aveu de Michel Veunac lors de ce conseil, « protéger les intérêts privés, c’est ce que nous faisons depuis 40 ans », ne fait que confirmer ce constat accablant. La majorité municipale semble de plus méconnaître ce dossier, si l’on considère les chiffres contradictoires et très discutables avancés par Guy Lafite, par exemple, lorsqu’il parle du coût de l’indemnisation des propriétaires concernés par l’évacuation (20 millions d’euros) qui serait plus élevé que le coût de réaménagement de la falaise.

Enfin, d’un point de vue écologique, les membres de la majorité municipale n’avancent aucune certitude ou preuve des avantages et plus-value du renforcement de la falaise. Pourtant, les exemples de travaux effectués à Bidart ou à Anglet devraient nous rappeler l’importance d’évaluer les impacts de ce type de travaux, avec notamment, la disparition de la vague mythique de La Barre suite à la construction de la digue. Pour une ville qui prétend vouloir accueillir les épreuves olympiques de surf et construire une partie de son identité sur cette activité, ce mépris du cri d’alarme des surfeurs est un honteux. Toujours la même autorité et la même morgue des « sachants » et des technocrates qui œuvre systématiquement à bétonner nos côtes et dilapider l’argent public.

Ce n’est qu’un début, le RamDam continue

À l’occasion de sa première réunion publique, l’association RamDam 64-40 a connu une grosse affluence. La moralisation de la vie publique devient l’affaire de tous.

Les pronostiqueurs les plus téméraires estimaient que la « petite » association RamDam 64-40 pourrait rouler des mécaniques si elle réussissait un mardi de septembre à 18 heures, horaire pas très facile à l’évidence, à remplir l’équivalent de trois cabines téléphoniques. Grosse surprise donc, à la maison des Associations de Biarritz, où il a fallu rajouter des chaises, puisque quatre-vingts personnes avaient fait le déplacement. Démonstration que la moralisation de la vie publique n’est pas seulement le dada de quelques illuminés, mais préoccupe de plus en plus les citoyens.

Biarritz, Ciboure, Urrugne, Ascain, mais aussi Lahonce, Villefranque, Ondres, Dax, Pau ou Oloron ont déjà été l’objet en 2017 des attentions de l’association RamDam 64-40 qui se propose de mailler de plus en plus le territoire des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Nombre de citoyens ou représentants d’association sont venus raconter les difficultés qu’ils rencontraient pour obtenir des informations et contrôler des élus en dehors des périodes électorales.

MIchel Gellato, à gauche, et Dominique Lapierre au micro. ( Photo Daniel Velez )

Un propos repris par Dominique Lapierre et Michel Gellato, respectivement président et trésorier de RamDam, qui s’étonnent que les débats de la communauté de communes du Pays basque ne soient pas accessibles par Internet, alors qu’ils sont filmés et qui déplorent que trois ans de marchés publics demeurent invisibles.

Le président de la communauté d’agglomérations Jean-René Etchegaray s’est engagé à rencontrer les représentants de RamDam 64-40 et se fera un plaisir de répondre dans quelques jours aux nombreuses questions évoquées par la salle.

( Photo Daniel Velez )

Les politiques ne sont pas « tous pourris », contrairement à ce que répètent à l’envi certains partis extrémistes, mais le « nouveau monde » promis par Macron est encore fort loin et les citoyens doivent faire preuve de la plus extrême vigilance à l’égard de leurs élus. Ainsi que de compétence car on les noie volontairement sous un jargon technocratique pour qu’ils ne s’approchent pas de la vérité.

En attendant en décembre 2018, la remise des klaxons d’or, d’argent et de béton, récompensant les élus les plus désinvoltes (et il y en a !), ainsi que les harpes pour les élus qui auront manifesté un véritable sens de l’intérêt général, vingt-sept des participants de cette réunion ont manifesté le désir de devenir sympathisants ou adhérents de RamDam 64-40, ce qui démontre à quel point des pratiques qui ont été tolérées pendant des années ne sont plus acceptables en 2018.

Devenir sympathisant ou adhérent de RamDAM 64-40

Plusieurs élus ou personnalités impliquées dans la vie publique sont venus assister à cette première réunion publique, comme François-Xavier Menou, suppléant de Vincent Bru, Mathieu Accoh pour la France Insoumise, Hervé Boissier et François Amigorena, conseillers municipaux de Biarritz, ou Philippe Morel, membre-fondateur de RamDam qui vient de reprendre du service comme secrétaire départemental de l’UDI. Gentleman Philippe, pour lequel nous éprouvons tous beaucoup d’affection à RamDam, a d’ailleurs profité de cette réunion publique pour annoncer qu’il quittait le bureau pour rester simple membre, car il y a à ses yeux incompatibilité entre un engagement militant et un engagement à RamDam.

Effectivement, nous ne souhaitons pas à RamDam avoir des citoyens engagés en politique comme membres actifs, cat tôt ou tard surgiraient des conflits d’intérêt. C’est pour cette raison que nous avons créé deux niveaux d’adhésion.

Celui qui le souhaite et partage notre combat peut devenir sympathisant moyennant 20 euros annuels. Les sympathisants participeront à la désignation des klaxons et des harpes RamDam et recevront tous les deux mois une lettre d’informations détaillant nos actions.

En ce qui concerne les adhérents, nous espérons devenir une sorte de centre de formation permanent de « vigies républicaines » qui surveillent une partie du territoire local et alertent en cas d’anomalies. Pour que l’équilibre des sensibilités politiques soit respecté au sein de l’association et pour que les membres actifs soient véritablement… actifs et ne se mettent pas en péril dans le cadre de leurs activités professionnelles, toutes les adhésions sont soumises à un entretien et un vote des membres du bureau.

Si vous voulez devenir sympathisant ou adhérer, il vous suffit de nous adresser un mail à : ramdam6440@gmail.com

 

 

 

Pourquoi je suis candidat aux législatives

Sylviane Alaux et Maïder Arostéguy ont du souci à se faire. Je vais les défier le 11 juin prochain dans la VIe circonscription.

Avec, en tête de ce blog, un bandeau intitulé «  Dans mon parti, y a qu’moi et c’est déjà l’merdier », je pensais être totalement à l’abri de ce genre de mésaventure. Mais il faut croire que le métier de député est tellement difficile et mal payé qu’il suscite peu de vocations. Trois partis, et non des moindres, m’ont rendu visite ces dernières semaines pour me convaincre de devenir un futur parlementaire.

Jean Lassalle a été le premier à toquer à ma porte. Venu à pied de son village de Lourdios-Ichère qui n’est qu’à 137 kilomètres de Biarritz, il m’a proposé l’investiture pour être député de son mouvement « Résistons ! » Fervent lecteur du blog, il trouve que j’ai des aptitudes. Malheureusement, quand il m’a demandé d’entonner avec lui un chant béarnais, il a soudain été beaucoup moins convaincu.

Ensuite, ce sont des émissaires de Macron qui sont arrivés avec une liste de tous les randonneurs licenciés du département des Pyrénées-Atlantiques. Ils connaissent tellement peu de monde en dehors du XVIe arrondissement de Paris qu’ils ont estimé que les adeptes du godillot montant comme moi ne pouvaient qu’adhérer à « En marche »  et les représenter. Mais ils ont fui en courant en apprenant que je ne payais même pas l’ISF.

J’aurais adoré être démarché par Mathieu Accoh, charmant professeur de philosophie croisé quelques fois à Biarritz, car « La France insoumise » de Mélenchon, ça me parle et me plaît, mais je n’ai rien vu venir. Alors, en désespoir de cause, je me suis rallié à « Debout la France », parce que ça sonne viril et fait très lever des couleurs pour l’ancien militariste convaincu que je suis. Comme Dupont-Aignan n’avait pas de candidat prévu dans la VIe circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le marché a été vite conclu.

Des aptitudes évidentes

Bien sûr, je n’ai pas parlé de cette investiture à mes amis, car je sais que certains vont être déçus. Mais ils vont vite revenir à moi quand je serai élu, car je me prépare très méthodiquement, comme un futur député de haut niveau. Et plus les jours passent, plus je constate que j’ai des atouts à faire valoir pour défendre tous ces électeurs qui ne vont pas manquer de voter pour moi.

– Ma carrière politique est toute jeune, mais s’il est nécessaire pour réussir de changer de casaque aussi souvent que Maïder Arostéguy ou d’être aussi transparent à l’Assemblée nationale que Sylviane Alaux, je suis prêt.

– Pénélope Fillon n’aide son mari que depuis vingt ans. Pour ma part, ça fait trente ans que mon épouse répond au téléphone quand je ne suis pas là et récupère le courrier dans la boîte à lettres. Sans le savoir, elle exerce donc un emploi d’assistante parlementaire à plein temps et comme elle a plus d’ancienneté dans le métier que Pénélope, je lui donnerai l’intégralité de l’enveloppe prévue pour rémunérer mes collaborateurs.

– Mes deux enfants ne sont plus ni collégien, ni lycéen, ils ont même eu le bon goût de décrocher des diplômes et je ne vais donc avoir aucune difficulté à les refiler à un collègue démuni qui les paiera à hauteur de leur mérite, c’est-à-dire beaucoup.

– Un ami, membre du lobby de l’espadrille de Mauléon, m’a déjà donné un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara. C’est peu, mais c’est un début. Si vous voulez que je porte beau, n’hésitez donc surtout pas à m’offrir deux costumes à 13 000 €, mais, s’il vous plaît, pas chez Arnys, car ça fait trop catholique réactionnaire.

– Bien évidemment, juste avant mon élection du 11 juin prochain, je vais ouvrir un cabinet de conseil pour faire fructifier l’immense carnet d’adresses que j’ai pu bâtir grâce à Bisque, Bisque, Basque !  Avec un manque d’imagination confondant, certains se contentent pour 50 000  € de vous mettre en relation avec Poutine, tandis que moi je peux pour la moitié vous présenter l’irremplaçable Géronimo, qui vous assurera le succès dans toutes vos entreprises.

– Enfin, je viens de faire un tour dans ma cuisine où je n’ai recensé que trois casseroles, ce qui est un bon début, car je ne cesse de recevoir des promesses de dons depuis que ma candidature commence à être prise très au sérieux dans les milieux politiques. Détail qui ne trompe pas et qui me comble de plaisir, Didier Borotra et Michel Veunac m’ont déjà promis de faire campagne pour moi, tandis que Paul Bismuth hésite encore.

Et comme j’ai toujours été très sport, c’est promis, si je ne suis pas député, je ne serai pas dépité.

… Et, avant de maugréer,  je regarderai toujours la date d’un article publié par un de ces journalistes toujours prêts à raconter n’importe quoi.

TVPI : un débat instructif… et désespérant!

Débat TVPI

Dans ce débat, chacun a eu le temps de s’exprimer et d’écouter ses adversaires. Mais dans une terre de rugby comme le Pays basque, on aurait aimé que la fameuse courtoisie biarrote s’estompe un peu au profit de la combativité et des convictions. (Photo Antoine Doury)

Grosse surprise pour la poignée d’invités venus assister, lundi 17 mars, au débat organisé par TVPI, entre les huit prétendants au titre suprême de la ville de Biarritz : Mathieu Accoh, le candidat du Front de gauche, côtoie Frank Perrin du Front national. Jean-Benoît Saint-Cricq est exilé à l’extrême gauche et les deux animateurs du débat, Jean-Philippe Ségot et Pierre Lasterra, sont positionnés entre Michel Veunac et Max Brisson, comme s’il y avait le moindre risque qu’ils en viennent aux mains! Renseignements pris, les candidats ont simplement pris place dans le magnifique salon du château de Brindos en fonction du tirage au sort.

Malheureusement, au bout de cinq minutes, tous les spectateurs amateurs de rugby, qui espéraient quelques placages bien sentis entre adversaires politiques, ont compris qu’ils allaient assister à un match à toucher, où chaque participant, obsédé par la hantise de perdre des voix, se garde bien d’adresser le moindre ramponneau à ses rivaux et s’efforce de couvrir un maximum de terrain… électoral. La dette de Biarritz qui va terriblement limiter la marge de manœuvre du vainqueur? Il faut croire qu’elle s’est creusée toute seule sur ses petites jambes et que personne n’y est pour rien! La gestion calamiteuse de la Ville, lors du dernier mandat 2008-2014? Personne ne semble se souvenir que trois des concurrents ont été adjoints et ont une grosse part de responsabilité dans le désastre. Le nom de Didier Borotra? Une obscénité prononcée du bout des lèvres, comme un enfant qui profère une insanité à une table d’adultes.

Heureusement le pétillant Jean-Philippe Ségot réussit à animer le débat avec brio, tandis que le rédacteur en chef  de « La Semaine du pays basque », Pierre Lasterra distille des questions qui complètent bien le débat de « Sud-Ouest », mercredi dernier au casino Bellevue. La sécurité, l’animation des quartiers, le logement, l’aménagement de la Côte des Basques, les modèles en politique et les alliances inenvisageables au deuxième tour, rythmeront un débat où chacun s’exprime le pied sur le frein.

Seul l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq, sans doute plus rompu que les autres à la prise de parole en public, s’offrira quelques malices de prétoire pour se mettre les électeurs dans sa poche. Mais tout comme ses rivaux, à la question des alliances possibles et impossibles au second tour, il bottera en touche, estimant que tout dépendra des scores. L’auditeur espère, qu’à un moment ou l’autre les convictions vont l’emporter sur l’envie absolue de s’emparer du pouvoir, il tend l’oreille, il désespère, mais rien ne vient. Dans un pitoyable souci de ratisser large, les représentants de l’UMP, pas plus que celui du MoDem ou du Parti socialiste n’oseront dire haut et fort qu’ils excluent toute alliance avec le Front national au second tour. De la même façon, il n’y en aura pas un pour préférer ses convictions à un poste de maire et exclure de ses petits calculs électoraux Michel Veunac, compte tenu du manque de rigueur qu’il a manifesté lors de son dernier mandat.

Les électeurs biarrots n’en peuvent plus du système Borotra basé sur des alliances improbables, mais visiblement les huit candidats n’en ont cure. Pour prendre le pouvoir, ils sont prêts à tout. Ne ratez donc ce débat sous aucun prétexte. Vous allez beaucoup en apprendre sur les gens qui aspirent à vous diriger… Et sur leur navrante absence de convictions!

Le débat sera diffusé sur TVPI, jeudi 20 mars à 19 heures.

Bernard Ithurbide : « Pourquoi, j’ai choisi Lafite »

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Sculpteur malicieux et amoureux de sa ville, Bernard Ithurbide vaut bien plus
que tous les clichés véhiculés sur l’élu communiste de Biarritz. (Photo Sud Ouest)

Bernard Ithurbide est un risque-tout. On le croise parfois, du côté de la Côte des Basques ou de la Villa Belza, vantant sa ville avec une conviction toute militante devant une petite troupe de collègues d’EDF/GDF, en vacances dans la région. Se doute-t-il, ce téméraire, que le conservateur du Musée de la mer, rêve depuis des lustres de le mettre dans une bouteille de formol, au titre des espèces en voie de disparition ? Un communiste à Biarritz, c’est presque aussi rare qu’un cœlacanthe dans le Golfe de Gascogne, cette espèce de poisson fossile que les scientifiques croyaient à jamais disparue! L’homme est singulier : l’élu municipal peut se montrer aussi rigide et doctrinaire, que le sculpteur, qui expose chaque année au Brouillarta à Biarritz, est chaleureux et créatif.  Bernard a des principes et ne transige pas avec, ce qui est plutôt rare en politique. Assistant en 2013 à une réunion publique qu’il animait, dans le quartier de Pétricot, à un moment où il s’efforçait de recueillir les avis de ses concitoyens, j’avais été surpris par la qualité des interventions de l’assistance, comme si, en présence d’un élu communiste, on pouvait enfin exprimer son ras-le-bol de la politique menée par Didier Borotra et sa propre vision de la ville. De loin la plus tonique et la plus vivifiante de toutes les réunions publiques auxquelles j’ai participé. Il est vrai que nous nous connaissons bien, puisque Bernard a remplacé en 2010 au conseil municipal, mon épouse démissionnaire. Entretien, sans faucille, ni marteau… ni langue de bois avec un vrai personnage.

Quand tu as intégré, en 2010, le conseil municipal qu’est-ce qui t’a frappé?

– Tout semble fait à Biarritz pour que les observateurs ne puissent pas suivre la teneur des débats. La salle est malcommode et les spectateurs n’entendent quasiment rien, contrairement à Anglet ou à Bayonne. Ensuite, ce conseil municipal est troublant puisque tous les partis sont représentés à la fois dans l’opposition et la majorité. Il y a des UMP, des socialistes ou des abertzale dans les deux camps. Finalement, j’étais le seul, en tant que représentant du parti communiste à ne pas avoir un « clone » dans la majorité.

– Le fonctionnement était compliqué?

– Ce qui m’horripile encore maintenant, c’est d’entendre régulièrement après mes interventions : « On ne fait pas de politique dans une commune ». Mais toutes les décisions d’un maire sont politiques! Dans les choix de Didier Borotra, il y a eu des choses intéressantes et d’autres dramatiques, comme la politique du logement. Je n’avais pas mesuré, avant d’arriver au conseil, le pouvoir exorbitant du maire. Il se laisse parfois chatouiller par l’opposition, mais, quand il en a marre, il coupe le micro et c’est fini. Le 13 décembre 2013, alors que nous discutions de l’aide à apporter aux jeunes pour passer le permis de conduire, il m’a répliqué que lui seul déciderait de recours éventuels et je  ne suis pas sûr qu’il plaisantait quand il a conclu son intervention :  » Je veux justifier mon rôle d’autocrate ».

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La Dame blanche

Qu’est-ce qui t’a marqué dans ce dernier mandat de Didier Borotra?

– Je suis arrivé alors que les grandes décisions avaient déjà été votées. Je partageais complètement les craintes de l’opposition. Les faits ont montré que la Cité de l’océan est un projet complètement mégalomaniaque.

Quatre adjoints de la majorité en course pour les prochaines municipales, ça t’étonne?

– Il y a eu un étonnant suivisme de la part des adjoints. Brisson s’efforce de se démarquer mais il a voté sans états d’âme toutes les décisions de Didier Borotra. Veunac envisage de gouverner avec des gens de tous bords, mais je ne suis pas sûr qu’il ait la finesse politique de Borotra pour manœuvrer. Tu vas dire que je suis partisan, mais je pense que Guy Lafite, est moins coupable parce qu’il est là depuis moins longtemps.

Et l’affaire des PV?

– C’est du clientélisme absolu et l’un des problèmes majeurs de cette ville!

Lors du dernier conseil, tu t’es élevé contre le renouvellement anticipé  pour dix ans de la concession « Bleu Café »

– C’est la première fois que je vois un renouvellement de concession anticipé sous prétexte de travaux. La vraie raison de cette hâte, c’est que le propriétaire Roland Héguy est un ami du maire. Comme par hasard, il n’y a eu qu’un seul appel d’offres. J’ai fait remarquer au maire que personne n’avait eu connaissance de l’appel d’offres public, mais il n’a pas daigné répondre. En fait, nous sommes mis devant le fait accompli.

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De deux choses Lune

Changeons de sujet. Vois-tu d’un bon œil les candidatures de Richard Tardits et Guillaume Barucq?

 J’éprouve plutôt de la bienveillance pour eux. Je suis ravi que de nouveaux Biarrots s’impliquent  dans leur ville. Mais dans l’esprit où ils y vont, leur démarche est probablement vouée à l’échec.

Est-ce que c’est facile d’être communiste, à l’approche de ces élections municipales?

Clairement non! Je te rappelle qu’aucune décision n’a été prise au niveau national pour ces élections. Ce sont les communistes locaux qui décident, en fonction de ce qui se passe dans leur ville, s’ils partent avec le Front de gauche ou le parti socialiste. Mais pour le grand public, c’est un peu déroutant.

Justement, explique-moi pourquoi tu te retrouves sur la liste de Guy Lafite, plutôt que sur celle de Mathieu Accoh?

– Je n’ai aucun problème à te répondre. Les communistes de la ville, nous avons d’abord rencontré Mathieu Accoh. Il nous a affirmé qu’il était hors de question pour sa liste de s’allier au deuxième tour avec le candidat socialiste. C’était un vrai problème pour nous, car nous avons le sentiment que les communistes, par leurs préoccupations, amènent de l’humain avec leur présence dans un conseil…

Ithur 04  reve de Cyclades

Rêve de Cyclades

C’est donc pour cette raison que tu as rencontré Guy Lafite?

– Un point important à rectifier. Contrairement à ce qu’a écrit la presse, c’est Guy Lafite qui nous a sollicités et non l’inverse. Je suis venu avec deux camarades, militants à Biarritz et Guy avait deux de ses lieutenants. Sur beaucoup de points, comme l’idée de faire 30% de logements sociaux à Iraty, nous nous sommes retrouvés d’accord. Guy a aussi le souci de revitaliser les quartiers et de développer les transports en commun. Nous essayons d’amener nos idées, comme le développement des jardins familiaux. Nous avons donc décidé de faire liste commune avec lui.

– Est-ce que tu as envisagé le cas de figure où Lafite s’associerait à Veunac au deuxième tour?

Je ne fais pas de politique pour obtenir un quelconque strapontin, mais pour amener des idées. Si les deux listes fusionnaient, je ne pense pas que les communistes poursuivraient l’aventure.

Bernard, se lève, en retard, tout comme moi. Il aime débattre et convaincre et est venu flanqué d’un volumineux dossier. Je ne doute pas une seconde de ce qu’il m’avance, mais à chaque fois, il tient à me montrer une preuve écrite de ses affirmations. Nous quittons le café La Coupole pour regagner la place Clémenceau, et je m’apprête, conformément à ma mauvaise habitude à traverser en slalomant entre les voitures. Bernard m’admoneste gentiment : « Un élu se doit de donner l’exemple. Désolé, mais j’emprunte les passages cloutés« .

Décidément, on ne le changera jamais!