Maïder Arosteguy veut empêcher un nouveau « mandat de désolation »

La conseillère départementale est persuadée que son bon sens et sa proximité avec les Biarrots vont faire d’elle la favorite de 2020 après le catastrophique intérim de Veunac.

Image extraite de la page Facebook de Maïder Arosteguy.

La conversation qui se déroule au Royalty, le jour de la prise de fonctions de Pascal Ondarts, démarre par un énorme fou-rire : « Sérieusement, vous connaissez un seul Biarrot qui ne vous imagine pas candidate en 2020 ? ». Maïder Arosteguy ne peut s’empêcher de sourire. Elle sait bien qu’elle fait tout actuellement pour préparer la campagne des municipales de 2020 dans les meilleures conditions. « Malgré les apparences, ma décision n’est pas encore totalement prise. Dans l’hypothèse où je serais candidate et dans l’hypothèse où je serais élue maire, contrairement à d’autres, je ne m’imagine pas autrement qu’en maire à plein temps, Et je serai bien évidemment présente à l’Agglo car c’est là que se prennent les décisions qui engagent l’avenir du territoire. »

C’est promis, on saura au plus tard à l’automne si Maïder et son groupe de réflexion se lancent dans la bataille, après onze ans de présence dans l’opposition municipale. « Pour le moment, je ne suis ni en campagne ni candidate. J’ai juste créé « Mon Biarritz » pour établir une ligne directe avec les Biarrots, et avoir une remontée de terrain déconnectée de toute pollution politique ».

« Plus audible depuis le départ de Brisson »

À propos du mandat de Michel Veunac, l’opposante se montre particulièrement féroce : « C’est un mandat de désolation. La fin du cycle Borotra. On a voulu copier les recettes du borotrisme sans en avoir le talent. » Les implosions successives de la majorité ne l’ont guère étonnée : « Ma seule surprise vient du temps que ça a mis à exploser. Cette addition d’egos ne pouvait pas fonctionner » Maïder Arosteguy, avec Richard Tardits est une des rares opposantes à ne pas avoir trahi son mandat. Si elle refuse de commenter l’attitude des Saint-Cricq, Domège ou Darrigade, elle se montre assez nuancée sur son propre bilan : « J’ai le respect du chef et faire entendre ma voix au début a été assez compliqué. Depuis le départ de Max Brisson pour le Sénat, je peux enfin être plus audible ».

Difficile en effet de ne pas parler de Max Brisson. Énorme soupir : « Mon binôme !». Maïder Arosteguy avoue sa perplexité face au sénateur : « Max se dit très heureux au Palais du Luxembourg mais Biarritz bruisse de ses rendez-vous avec des candidats potentiels, c’est assez étonnant ». La presque candidate Maïder Arosteguy affirme qu’elle n’est pas assurée d’avoir l’investiture de son Parti, Les Républicains : « C’est une commission départementale qui se prononcera en septembre, lors d’un vote. Ensuite, une investiture et un logo n’ont jamais été l’alpha et l’oméga pour gagner une élection municipale où les enjeux sont purement locaux. Quant à Max Brisson, il lui appartient désormais de faire un choix… »

« Il est temps pour Veunac de passer à autre chose »

Reste une embarrassante question à un an des élections municipales. Si Maïder arrivait seconde ou troisième avec un maire sortant en tête, serait-elle prête à s’allier avec lui au second tour en échange d’un poste de Première adjointe ? Réponse catégorique : « Michel Veunac, ce n’est tout juste pas possible ; En 2020 j’aurai combattu, mais toujours avec dignité je crois, Michel Veunac. Ce n’est pas pour me retrouver à ses côtés le jour des élections. De plus quelle vision a-t-il de Biarritz et du Pays basque ? Qu’a-t-il fait pour une ville qui se dégrade lentement, je pense notamment à ses quartiers, sauf à proposer des coups médiatiques onéreux ou des chèques en blanc que les prochaines générations devront assumer pour Le Palais ? Il est temps pour lui désormais de passer à autre chose plutôt que de tenter une nouvelle fois de mal gouverner ».

Grosse surprise, alors que la rumeur publique veut que ses relations avec Nathalie Motsch soient exécrables, Maïder se montre très consciente qu’une multiplication des listes pourrait permettre à Veunac de l’emporter et n’est pas hostile à un regroupement des forces en présence : « Il y a des points à discuter avec les autres candidats décidés à faire de la politique autrement. Si Guillaume Barucq, par exemple, me dit que Biarritz doit devenir une ville réservée aux seuls vélos et piétons, nous ferons campagne séparée. Mais j’ai affaire à des gens intelligents et rien ne dit qu’il n’y aura pas de solutions pour empêcher Michel Veunac d’obtenir un deuxième mandat ».

« Pour la vente du fonds et des murs du Palais »

Les grands dossiers de la mandature, comme Le Palais, sont ensuite évoqués.  « Si j’avais été maire, j’aurais organisé un referendum et consulté les Biarrots. Je reconnais avoir évolué sur le sujet. Je pense qu’un palace n’a pas à être géré par une ville et qu’il aurait fallu vendre les murs et le fonds permettant à la Ville de se désendetter massivement et investir pour le quotidien des Biarrots ».

Quant à Aguilera, le nouveau dossier brûlant, Maïder Arosteguy se montre claire : « J’ai pu voir en détail, en répondant à l’invitation de Jean-Baptiste Aldigé, le projet d’aménagement de la zone d’Aguilera. Il est intéressant et mérite considération. Notre rôle d’élu, désormais, consiste à vérifier qu’on peut élaborer ce projet dans le cadre d’un strict respect de la loi ».

N’était-ce pas gênant pour des élus, de se retrouver un à un dans le bureau du président du Biarritz Olympique ? Maïder ne le pense pas : « Quand on est 35 élus réunis, ce sont un peu toujours les mêmes qui monopolisent la parole. En tête à tête, on s’autorise plus à poser des questions. Et j’en ai posé beaucoup ! ». Le fait que les élus vont se retrouver en commission générale à huis clos pour débattre du projet la rassure, même si elle estime que la population doit être étroitement associée au débat.

Pour la première fois de l’entretien, Maïder estime que Michel Veunac a pris une bonne décision. Ce qui ne change rien à sa détermination : « Franchement, une Biarrote maire de Biarritz, ce ne serait pas mal, non ? »

 

La faute de goût de Brisson

Des Biarrots ont reçu une lettre à en-tête du Sénat contenant un bilan à mi-mandat des conseillers départementaux Max Brisson et Maïder Arosteguy. Étourderie ou petite filouterie ?

Ce n’est pas l’affaire du siècle, mais au moment où le conseil municipal de Biarritz se fracture en deux, avec d’un côté les pratiquants de la politique à l’ancienne spécialistes des alliances improbables et des retournements de veste, contre de plus jeunes élus de la majorité et de l’opposition qui aspirent à une réelle moralisation de la vie publique, l’histoire fait un peu désordre.

Fin juin, plusieurs Biarrots ont la surprise de recevoir dans leur boîte à lettres une enveloppe à en-tête du Sénat, ce qui n’arrive pas tous les jours vous en conviendrez.

À l’intérieur, sur papier officiel du Sénat, un court message de Max Brisson, sénateur des Pyrénées-Atlantiques, et une « newsletter » intitulée « Le point à mi-mandat », où l’ex vice-président du conseil départemental détaille son action, évidemment époustouflante comme le veut la loi du genre, avec son binôme Maïder Arosteguy.

Et voyez comme les contribuables sont grognons de nos jours ! Au lieu de se réjouir de l’honneur qui leur est fait, ces impudents ont le culot d’adresser cet envoi à Bisque, Bisque, Basque ! en protestant contre cette utilisation de l’argent public.

Brisson : « Aucun envoi en nombre, juste un reliquat »

Interrogé sur le sujet, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson, dément catégoriquement un envoi en nombre : « Aucun tirage en grand nombre de ce document n’a été fait. La diffusion s’est faite essentiellement par courriel auprès de fichiers militants, sympathisants et amis personnels. 200 feuillets ont été photocopiés à ma permanence pour la réunion de mi-mandat. À l’occasion d’envoi de courriers à en-tête du Sénat, le solde des documents photocopié par nos soins, a été joint pendant quelques jours et jusqu’à épuisement dans les enveloppes de courriers partant de la permanence. » 

Une argumentation qui laisse un peu perplexe quand on se réclame comme Max Brisson du général de Gaulle, un homme qui avait fait installer un compteur électrique pour sa consommation personnelle dans l’appartement de fonction qu’il occupait à l’Élysée. Le sénateur parle d’un envoi par mail, mais la brochure semble avoir été conçue pour être imprimée. Et les « bonnes âmes » destinataires du courrier du Sénat qui ont fait parvenir ce tract à Bisque, Bisque, Basque ! sont des militants LR depuis fort longtemps, habitués à recevoir tous les messages de leur parti par mail et non par courrier postal.

Maïder Arosteguy : « Jamais je n’aurais accepté cela si je l’avais su »

La conseillère départementale Maïder Arosteguy tombe des nues en découvrant l’enveloppe à en-tête du Sénat : « J’ignorais que cet envoi a été fait via le Sénat, ce que je n’aurais jamais accepté si on m’avait informée ».  Max Brisson confirme que Maïder « n’est au courant de rien puisqu’il n’y a eu aucun envoi en nombre mais la jonction du résiduel des 200 feuillets à des courriers passant par le Sénat ».

Tous ceux qui s’intéressent à la vie politique savent très bien que les jours de manifestation, la CGT et la préfecture de police sont rarement d’accord sur le nombre de manifestants présents dans la rue. Il en est de même pour le nombre d’exemplaires postés subrepticement. Max Brisson parle d’un « reliquat », comme si cela rendait cet envoi excusable tandis que ses détracteurs – surprise, il en compte quelques-uns ! – parlent d’un envoi relativement important. Le sénateur, très en colère, demande à être confronté à l’informateur de Bisque, Bisque, Basque ! sachant très bien que la déontologie journalistique l’interdit. On se contentera donc du « reliquat » de la version officielle.

Peu importe en définitive. Dans cette affaire tellement révélatrice de pratiques politiques qui ne devraient plus exister, la faute de goût du sénateur Brisson, en ces temps de moralisation de la vie publique, ne fait guère de doute. Lésiner sur le prix de quelques timbres et faire payer à l’État l’envoi de sa prose personnelle, au moment où le gouvernement étrangle à plaisir les salariés et les retraités, n’est pas d’une habileté absolue.

 

Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.

Ciao ! Et à bientôt peut-être…

Lassé de publier des informations qui ne sont pas reprises, agacé de la pusillanimité permanente des élus et des médias locaux, Bisque, Bisque, Basque ! s’offre une pause.

Le bonjour du kospei« Il n’est de si bonne compagnie qui ne finisse par se quitter » affirme le proverbe. En mettant en ligne, le 13 août 2013, « Le bonjour du Kospei », Bisque, Bisque, Basque ! n’imaginait pas se lancer dans une aventure de cinq ans, avec 539 articles publiés, 3414 abonnés et plus de 10 000 lecteurs uniques à chaque article publié.

Aucune gloriole à retirer de ce parcours qui m’a beaucoup amusé, même s’il m’a pris une bonne vingtaine d’heures chaque semaine, car une grande part du succès de ce blog est due à l’absence totale -et délibérée ! – de modèle économique.

UNE INFORMATION LIBRE ET CITOYENNE

Les faux nez de la liste FNEn quittant Le Canard enchaîné en 2012, je m’étais juré de ne plus être acteur de l’information et de me contenter de lire les confrères. Ce que j’ai fait consciencieusement avant de découvrir qu’au Pays basque certaines histoires, connues des milieux politiques et journalistiques, n’étaient jamais traitées par les médias locaux ou de façon si diaphane et édulcorée qu’elles en devenaient indéchiffrables pour le lecteur moyen.

D’où la naissance de Bisque Bisque Basque ! qui s’est très vite intéressé à la vie locale avec la volonté de raconter des histoires vraies et de faire rire. Les articles s’accumulant, la très prévisible question de savoir pour qui je roulais et quel but je poursuivais est devenue récurrente.

Brisson concède avoir merdéCinq ans plus tard, vous avez enfin compris que je suis libre et ingérable et que je n’écris pas dans l’optique d’une négociation quelconque ou d’un avantage à retirer. Retraité, je n’ai besoin de rien et si la vie publique me passionne, la politique à titre personnel ne m’intéresse pas.

Mais, face à l’écroulement économique des médias locaux, qui ne survivent que grâce aux aides publiques et aux encarts publicitaires, et se retrouvent dans l’impossibilité de lutter face aux petits potentats locaux, il m’a semblé intéressant de délivrer gratuitement une information citoyenne qui permette à chacun de sortir du prêt-à-penser.

 LA SOLITUDE DU BLOGUEUR DE FOND

Les borotra ces grands pudiquesDes acrobaties de Didier Borotra, lors de son mandat de trop au sournois coup de main donné à la liste du Front national par Michel Veunac en 2014, de l’éviction de Géronimo du BO à l’affaire des terrains prétendument non-constructibles des écuries de Bigueyrie, des mensonges de Max Brisson bloqué par la neige à Bayonne au moment des régionales à ceux de Claverie inventant des directives de l’Éducation nationale, Bisque Bisque Basque !  s’est efforcé de vous faire rire des charmants travers de nos politiques et de dénoncer tous les manquements aux règles de la vie publique. Certains papiers d’humeur n’ont exigé que quelques heures, mais d’autres ont nécessité de longues enquêtes et de minutieuses vérifications. Dans ces moments-là, j’ai pu vérifier, contrairement à l’idée couramment admise, à quel point le journalisme est un sport collectif et non individuel.

Tout au long de ma carrière, mes rapports avec ma hiérarchie n’ont jamais été simples, mais quel confort de pouvoir discuter avec d’autres, qu’ils soient rédacteurs en chef ou avocats, des papiers qu’on s’apprête à publier et que c’est lassant d’être toujours d’accord avec soi-même quand on évolue dans une rédaction… d’une seule personne !

 HÉROS ANONYMES ET MERVEILLEUX

GéronimoBisque, Bisque, Basque ! m’a permis de faire des rencontres exceptionnelles, comme celle de Robert Rabagny, qui restera un ami à vie. J’ai pu aussi découvrir la solidité d’un Jean-Benoît Saint-Cricq, tellement loin de l’idée que s’en fait le grand public, ou l’épaisseur personnelle de candidats potentiels comme Édouard Chazouillères, François Amigorena ou Jacques-André Schneck. Je n’ai aucune animosité personnelle contre Michel Veunac mais demeure convaincu qu’il est une catastrophe à son poste.

Pendant ces cinq années passées à fouiller un peu partout pour comprendre ce qui se passe, il y a eu aussi 2310 commentaires, chaleureux pour la plupart. Ti-Grolasson, Rico, Paul Bismuth, ou Rienquelavérité sont devenus des compagnons de pensée, même si je ne les ai pas tous rencontrés. Et puis il y a aussi tous ces héros anonymes, scandalisés par ce qu’ils voient passer dans le cadre de leurs fonctions, et qui décident un jour, en me confiant des documents, de faire émerger des ténèbres une vérité qui dérange les copains et coquins qui nous dirigent. Je ne peux pas en raconter plus, mais qu’ils sachent l’estime en laquelle je les tiens, car c’est un devoir républicain, de ne pas couvrir les turpitudes de nos élus.

VIEILLES FAMILLES BIARROTES ET GRANDS LÂCHES

Le gros bobard de ClaverieChaque médaille ayant son revers, il y aussi ceux qui se sont déchaînés à mon encontre sur les réseaux sociaux, oubliant que je ne jouais jamais aussi bien au rugby que lorsque le public me sifflait. Par exemple ce journaliste trentenaire, se présentant sur Facebook tantôt comme journaliste, tantôt comme intermittent du spectacle, ce qui est à peu près aussi cohérent qu’un boucher-cordonnier, écrit « qu’il n’ose pas dire qu’il est journaliste à cause de gens comme moi ». Je lui ai proposé en message privé de partager une bière pour s’expliquer, mais j’attends toujours. Ou cette enseignante, à l’esprit prétendument ouvert puisqu’enseignante, qui estime que « ça ne devait pas être triste dans l’école de journalisme où j’enseignais ». Madame, vous devriez essayer d’apprendre à vos chères têtes blondes l’impertinence plutôt que le conformisme, c’est tellement plus intéressant.

Et puis enfin l’argument qui est censé mettre fin au débat dans l’esprit de mes détracteurs, tous « issus d’une vielle famille biarrote » Comme si le fait d’être Charentais d’origine et d’avoir un peu bourlingué avant de me poser depuis quinze ans à Biarritz me rendait illégitime pour parler de la vie locale. Curieuse conception de la démocratie !

LA DÉFAILLANCE DES ÉLUS ET DES MÉDIAS LOCAUX

Veunac tente de noyer le canassonToutes ces controverses me font plutôt sourire, comme ces marrons échangés autrefois entre joueurs de rugby qui n’empêchaient pas l’amitié. Mais imaginez une seconde avec moi un chercheur d’or penché avec son tamis sur une rivière contenant de précieuses pépites mais ignorant que l’or n’intéresse plus personne dans le monde et ne vaut plus rien. Je considère que Bisque, Bisque, Basque ! effectue localement un travail de lanceur d’alerte, un terme souvent galvaudé mais qui me paraît correspondre à ce qui a été publié. Mais quel est l’intérêt de chercher la pépite informative, de courir des risques réels entre le cassage de gueule qu’on m’a promis à plusieurs reprises et les menaces de procès, si tout le monde détourne pudiquement la tête, une fois l’information sortie de sa gangue, parce que « tu comprends, la nièce du cousin de ma belle-sœur travaille à la mairie et je ne peux rien faire » ?

Lorsque j’ai porté plainte contre Didier Borotra et sa fille pour prise illégale d’intérêt, je savais parfaitement que je ne pouvais pas être partie civile. Mon avocat a proposé de défendre gratuitement l’élu, le citoyen ou l’association qui prendrait mon relais. J’ai frappé à toutes les portes, mais curieusement, tout le monde avait piscine ou pottok ce jour-là. Même chose pour les écuries de Bigueyrie où il y avait matière à ouvrir une enquête policière. Et que dire de Sud Ouest qui, ces dernières semaines, en savait bien plus que moi sur le BO, qui avait toutes les pièces, mais s’est bien gardé de publier quoique ce soit sur le sujet… ni même de reprendre ce que j’avais écrit. Dans ces conditions, c’est vrai, Bisque, Bisque, Basque ! ne m’amuse plus beaucoup. En bon talonneur, j’ai horreur d’aller au combat tout seul.

LIBRE DE FAIRE OU NE PAS FAIRE…

J’ai donc décidé d’arrêter ce blog pour l’instant en attendant que le désir revienne. J’ai quelques livres personnels à finir, le besoin de consacrer plus de temps à ma famille, l’envie de remettre au goût du jour le vieil adage soixante-huitard : « On arrête tout et on réfléchit ». Il y a aussi, cette prometteuse association crée en décembre dernier et intitulée « RamDam 64-40 » où l’on travaille en groupe et qui mérite un peu de disponibilité. En partageant nos savoirs, en nous donnant mutuellement des cours de finance publique, d’urbanisme ou d’observation des réseaux sociaux, nous voulons devenir une efficace école de lanceurs d’alerte.

Mais surtout que la bande à Veunac, apprenant l’arrêt provisoire de Bisque, Bisque, Basque! ne sorte pas le champagne prématurément, que ceux qui m’ont menacé d’un procès ne croient pas qu’ils m’ont fait caler. Libre je suis, libre je resterai. Et s’il faut présenter à la barre les documents qui authentifient mes dires, j’irai avec plaisir. S’il faut reprendre la plume pour ferrailler ou dénoncer de nouvelles turpitudes, je le ferai avec tout autant de plaisir.

J’espère juste vous avoir donné envie de lire autrement l’actualité, donné envie de vous lancer à votre tour. Publier des informations vraies n’est pas si compliqué que cela : il suffit d’observer et d’écouter et surtout de n’être lié ni économiquement ni affectivement à aucun groupe de pression. Et ensuite d’avoir le souci jusqu’à l’obsession de raconter une histoire vraie et non une histoire qui serve vos intérêts du moment.

Tout cela va être passionnant à observer et je me réjouis de retrouver l’anonymat, de redevenir spectateur et non acteur… Merci à tous ceux qui m’ont lu et à bientôt peut-être.

À qui profite l’agitation ?

Les généraux ont toujours besoin de fantassins pour aller à la guerre. La seule question qui vaille est de savoir pourquoi la mairie et le camp Blanco mettent en péril le BO par leurs prises de position publiques. 

respectbuteurs

Le message affiché sur l’écran du Montpellier Hérault rugby.

Tous ceux qui fréquentent les stades de Top 14 ou de Pro D2 ont déjà vu sur les écrans géants ces messages projetés au moment des pénalités « Merci de respecter les buteurs » ou « Merci de respecter l’ensemble des acteurs du jeu ». Et tous ceux qui ne sont pas dans une loge, coupe de champagne à la main, savent qu’il y aura toujours à ce moment un petit malin dans les tribunes qui imitera le cri du corbeau pour jeter un mauvais sort au buteur adverse. Comme si, un joueur de rugby professionnel de haut niveau, habitué à tenter plus d’une centaine de coups de pied, chaque semaine à l’entraînement, pouvait se laisser perturber par cette agitation puérile !

Vous avez tous souri, la semaine dernière en voyant François Hollande, grosses joues et petites blagues retrouvées, dédicacer avec un plaisir évident au Centre Leclerc de Plerin « Les leçons du Pouvoir » et ne pas résister à jouer les corbeaux en balançant des piques sur son successeur. Démonstration qu’il n’a jamais réussi à endosser le costume présidentiel, car quelqu’un qui a exercé le pouvoir suprême pendant cinq ans et qui en connaît les difficultés, ne devrait jamais s’abaisser à de telles facilités.

BrusqueQu’est donc allé faire Nicolas Brusque, ex-président du BO sur le parking du BO devant des caméras ? L’ancien arrière du Biarritz Olympique, accompagné de Jean-Baptisite Aldigé, démontre avec cette faute de goût que, tout comme François Hollande, il n’a vraiment pas l’étoffe d’un président. Car, quand on aime un club qui traverse une zone de turbulences et se trouve dans une période de négociations difficiles, on ne fait rien, on ne dit rien qui puisse lui nuire… sauf si on est dans une guerre de pouvoir.

(Pour ceux qui n’ont pas vu : https://www.youtube.com/watch?v=puSEfU9Nyt8)

Magnifiques et authentiques supporters

Heureusement le Biarritz Olympique compte de magnifiques et authentiques supporters, d’une sincérité touchante dans leur amour du club. Prenez par exemple l’organisateur de cette manifestation, Jean-Alexandre Barrère et lisez les innombrables réactions de ceux qui le suivent sur Facebook pour mesurer la passion qui anime tous ces gens qui se saignent parfois aux quatre veines pour pouvoir s’offrir les matches. Dans son orthographe si personnelle, Jean-Alexandre Barrère semble estimer que l’article publié dans ce blog, « BO : Le drôle de jeu de Veunac et Blanco » a eu douze lectures (Six seulement, Jean-Alexandre !) et que le but de cet article est une récupération politique. Un propos qui me fait rire, car j’ai toujours dit que j’étais journaliste et que je ne ferai jamais de politique ! Et je crois vraiment aimer le rugby.

Commentaire JA Barrère

Parfois, les commentaires de ces mêmes supporters me vont droit au cœur, même s’ils se veulent satiriques. Ce doit être mon tempérament « bonne pâte », comme l’écrit Aurélia Barella qui se définit comme « Passeuse de livres » et qui a la « patte satirique » bien involontaire, mais j’ai rougi du compliment quand on trouve « digne de Mediapart » ce torchon de Bisque, Bisque, Basque ! »

Digne de Mediapart

Et puis on découvre aussi des supporters plus lucides qui s’interrogent sur la gestion Blanco-Brusque, sur le déficit chronique du club et se demandent si le tandem, soudainement réconcilié Blanco-Gave peut représenter une solution d’avenir.

Réaction anti Blanco

Qu’ils me soient hostiles ou qu’ils apprécient ce que j’écris, je les adore ces supporters, car ils sont passionnés et sincères tout comme moi. Et ils sont incontestablement le plus merveilleux actif du BO. Même si certains ont des stratégies très personnelles comme on le découvrira sous peu.

Un deal très clair

Benoît RaynaudMon point de vue – Mais je n’ai pas de boule de cristal pour le confirmer ! – est que les deux camps sont en passe de trouver l’argent pour sauver le club et éviter la relégation. Face aux grands moulinets de Brusque et Aldigé, j’ai apprécié le courage du président Raynaud qui n’a pas fui ses responsabilités et est venu s’expliquer dans ce qui ressemblait sérieusement à une embuscade. Écoutez bien ce qu’il dit : « Si l’argent n’est pas trouvé avant l’assemblée générale du 6 juin, je partirai ainsi que Ledoux et Gufflet ». Ce qui veut dire que le tandem Blanco-Gave aura les coudées franches pour le plus grand plaisir de la mairie. On ne peut être plus clair. Ensuite, il n’y a pas besoin d’avoir fait une école de commerce pour comprendre qu’un sponsor ne peut pas être annoncé tant que le contrat n’est pas signé. Quand on a l’esprit rugby, on ne siffle pas le buteur adverse. Quand on aime le BO et qu’on veut le soutenir, surtout dans les moments difficiles qu’il traverse, la seule attitude possible est d’attendre les échéances fixées pour voir qui dit la vérité.

Des politiques à la manœuvre…

Et la vraie question à se poser est de se demander à qui profite l’agitation actuelle ? Bien sûr que ce dossier est politique quand on sait que nombre de négociations sensibles de la Ville se traitent dans les tribunes présidentielles, les soirs de match, comme en témoigne cette étrange tentative de Veunac de convaincre son conseil municipal de racheter 400 000 euros le local à Kleber que le promoteur Mindurry n’avait pas réussi à vendre ! Bien sûr qu’une relégation possible du Biarritz Olympique, club emblématique du monde de l’Ovalie, concerne tout le monde du rugby, surtout quand un Serge Blanco, candidat évincé à la présidence de la fédération française de Rugby, éprouve sans doute des envies de revenez-y !

Les guerres sont toujours le fait des généraux. Mais, comme ces galonnés détestent le plus souvent se salir les mains, il leur faut des troupes pour servir de chair à canon. Et les manipuler un peu pour qu’elles aillent se faire tuer en chantant.

Cette prise de position indécente de Veunac pour le camp Blanco-Gave, ces politiques qui se rallient soudainement, ce tintamarre médiatique ne sont que des postures pour reprendre le pouvoir et faire fuir d’éventuels sponsors d’envergure susceptibles de rejoindre Ledoux et Gufflet. Et les bobards racontés à longueur de journée, comme le prétendu salaire de Raynaud, ne sont là que pour créer une agitation propre à décourager les sauveurs potentiels.

Provisoirement au moins, on vous épargnera le nom des politiques locaux qui assurent les deux camps de leur soutien, même si c’est pitoyable et l’on se contentera de l’exemple de Max Brisson.  Le sénateur parle sur son Facebook d’un « curieux papier ». Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de « décoder » son soutien au camp Blanco.

Max Brisson facebook

En 2014, le candidat aux élections municipales battu par Michel Veunac s’était fâché avec Serge Blanco. Max Brisson a toujours estimé que cette fâcherie lui avait coûté le poste de maire. Depuis 2017, Max candidat-à-tout se retrouve dans ses petits souliers sénatoriaux. Élu d’extrême justesse aux sénatoriales (Il a même cru un instant avoir perdu), Max voit arriver avec inquiétude la réforme constitutionnelle qui va ramener de trois à deux le nombre des sénateurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

Sachant qu’il mourrait dans les trente secondes s’il se retrouvait sans mandat, il commence donc à mettre des fers au feu dans l’optique des élections municipales de 2020 (Ces informations ne sont pas de mon cru, elles sont racontées de façon désopilante dans La Semaine du Pays Basque sous la plume de la Marquise de Vérité). Lors des dernières fêtes de Hendaye, un ami charitable a placé le sénateur à côté de Serge Blanco pour un déjeuner de réconciliation. Et depuis Max ne jure plus que par Blanco.

Voilà les vraies raisons des prises de position de tel ou tel.

Le grand public ne doit pas être dupe et ne doit pas avaler des couleuvres grosses comme des ballons de rugby par amour de son club. Mes années L’Équipe sont loin derrière moi et je n’avais pas l’intention a priori d’écrire sur le BO. Mais j’ai été scandalisé de voir que le goût du pouvoir et les stratégies personnelles ou politiques pouvaient conduire des hommes à préférer le BO relégué en fédérale plutôt que sauvé et dirigé par des mains autres que les leurs.

En attendant l’heureuse réponse dont nous rêvons tous, une seule question à se poser.  Qui est le chef d’orchestre du bazar ambiant et à qui profite cette agitation ?

Une manifestation totalement « spontanée »

JABIl est attendrissant, ce Jean-Alexandre Barrère qui se présente comme un supporter désireux de sauver son club… Attendrissant, mais peut-être un peu plus coquin qu’il ne le dit ! Comme beaucoup de gens de sa génération, il laisse beaucoup de traces sur Internet de ses exploits. Le sémillant patron de la société « Appli pour tous », au capital social de 100 euros, fermée le 21 février 2018 (Source : societe.com), a en tous cas les moyens si l’on se fie au groupe Facebook « Pour tous ceux qui aiment le BO ». Le 18 mai dernier, Jean-Alexandre Barrère n’a pas résisté au plaisir d’adresser aux foules ébahies son billet d’avion pour Hong Kong. C’est probablement l’amour des Dim Sum, ces raviolis à la vapeur locaux, qui l’a conduit là-bas. Et c’est un pur hasard si le 24 mai, il organisait une manifestation « très spontanée » sur le parking d’Aguilera, flanqué de Brusque et d’Aldigé.

Billet d'avion JAB

Comme Jean-Alexandre Barrère se pique d’honnêteté intellectuelle, il va se faire un plaisir d’expliquer si sa passion du BO l’a conduit à ses frais jusqu’à Hong Kong ou s’il a accepté une invitation de la famille Gave.

Borotra et Veunac fessés par la Chambre Régionale des Comptes

Irrégularités, malfaçons, dissimulation de pièces, les magistrats viennent de rédiger un rapport de 114 pages accablant pour « l’inventeur » de la Cité de l’Océan comme pour son successeur.

La Cité de l’Océan, l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire, selon les magistrats chargés de surveiller les Finances publiques.

Une volée de bois vert comme il est rare d’en lire ! Les magistrats de la Chambre régionale des Comptes, plutôt adeptes de la périphrase ou de la tournure ampoulée, n’ont pas vraiment fait dans la nuance au moment de remettre leurs conclusions. Dans les 114 pages de ce rapport consacré à la Cité de l’Océan, tout y passe, de l’inanité du projet, aux malfaçons et aux mensonges répétés sur la billetterie. Sud Ouest (14/3) a fort bien raconté l’affaire, mais le détail de ce qui a été écrit par les magistrats mérite d’être révélé.

Dès la page 3, le ton est donné et les chimères de papy Borotra sont épinglées, puisque la Chambre Régionale des Comptes (CRC) évoque « un modèle économique ambitieux mais irréaliste »

En termes feutrés, la CRC dénonce le fonctionnement cautionné par Borotra et ses adjoints de l’époque, Brisson, Veunac et Lafite d’une société à la gestion « marquée par de nombreuses irrégularités ».

Et ce n’est pas le plan de relance de Michel Veunac et son fameux : « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan ! » qui changera grand-chose à la situation catastrophique de la Cité naufragée.

Au contraire, la mairie a visiblement joué l’obstruction et a traîné des palmes pour transmettre les procès-verbaux du conseil d’administration de la Cité de l’Océan.

Borotra avait eu au moment du vote de la Cité de l’Océan, des propos très méprisants pour ceux qui s’opposaient à l’édification de son joujou. Dix ans plus tard la CRC donne raison à ces derniers.

Et depuis 2014, comme le souligne l’opposition actuelle, le nombre réel de visiteurs est très en dessous de ce qui est annoncé. 57 000 entrées pour la Cité de l’Océan, ce n’est vraiment pas glorieux.

Alors, pour compenser, on a distribué à tour de bras des entrées gratuites, comme l’a souligné à de nombreuses reprises Jean-Benoît Saint-Cricq.

« Irréalisme » semble décidément être le mot préféré des magistrats de la CRC dans ce rapport.

Rien n’a été fait dans les règles de l’art et la scénographie n’a pas plus été au niveau que le reste.

Et pour couronner le tout, de nombreuses irrégularités ont été commises dans ce dossier où aucune des règles concernant les marchés publics n’ont été respectées. Quant à la gouvernance « de type moniste » (autrement dit, le maire décide et le conseil d’administration approuve), elle est en droite ligne avec tout ce qui se pratique à Biarritz.

Quand on est responsable de l’argent public, on défend les contribuables en s’élevant contre les malfaçons. La scénographie n’a absolument pas tenu ses promesses. Mais, comme la société était dépourvue d’assurance professionnelle (sic !), aucun recours contentieux n’a été effectué. On croit rêver.

Didier Borotra a été le « père » du projet, mais les trois adjoints Brisson, Veunac et Lafite n’ont rien fait pour l’empêcher. Pour ce désastre que les contribuables biarrots n’ont pas fini de payer, ils doivent être sanctionnés en 2020 s’ils ont l’impudence de vouloir prétendre se présenter à nouveau devant les électeurs. La conclusion du rapport de la Chambre Régionale des Comptes est limpide : le premier imbécile venu n’aurait pas fait pire qu’eux dans ce dossier.

Après le fiasco des écuries de la Bigueyrie, Michel Veunac avait annoncé, lors du conseil municipal du 20 décembre, qu’il allait demander aux magistrats de la Chambre Régionale des Comptes d’enquêter. Nul doute que ces derniers vont s’empresser de revenir pour saluer les performances du gestionnaire hors pair Veunac.

« Sud Ouest » ne doit pas connaitre Saint-Cricq

S’il y a dans l’opposition municipale un leader tenace et compétent, c’est bien l’avocat biarrot. Mais – hasard ? -, le quotidien régional n’a même pas le réflexe de le citer.

Pour une fois majorité et opposition sont parfaitement d’accord pour annoncer que le prochain conseil municipal, vendredi 17 novembre à 18 heures, sera copieux. Entre L’Hôtel du Palais et l’aménagement d’Aguilera, le menu s’annonce bourratif et les douceurs de fin de repas risquent de se faire attendre. Et côté condiments, on risque d’assister à une belle course à l’échalotte entre d’un côté les élus de la majorité qui s’efforceront de faire entendre leurs voix malgré le marmiton en chef Veunac, grand spécialiste de la cuisine à l’étouffé, et de l’autre les élus de l’opposition qui tenteront de prendre la place qu’occupait Max Brisson, même si ce dernier n’a guère montré d’enthousiasme et d’alacrité dans ce rôle de premier opposant.

Mais visiblement, notre quotidien régional favori ne doit pas assister aux mêmes conseils municipaux que Bisque, Bisque, Basque ! affirmant, le 9 novembre dernier, « L’opposition se cherche un leader », après avoir interrogé les seuls élus Républicains, Maïder Arostéguy et Frédéric Domège.

Si les deux élus déplorent unanimement la valse-hésitation permanente de Veunac : « C’est difficile de s’investir pour ou contre un dossier quand il y a si peu de projets qui sortent », le propos reste fort policé et l’on sent bien que personne ne tient à montrer ses cartes dans la perspective de 2020, ou pire de 2021 car il est question de repousser d’un an la date de l’élection municipale (Une bonne nouvelle pour le portefeuille personnel de Veunac, mais certainement pas pour les Biarrots !).

L’opposition très suave de Maïder Arosteguy

Fraîchement élue en 2008, Maïder Arostéguy, après avoir successivement lâché Saint-Cricq puis Destizon, s’était distinguée par une opposition… très suave à Didier Borotra, n’hésitant pas à voter avec la majorité municipale en faveur de la Cité de l’Océan. Depuis, notre sémillante conseillère a fait prospérer sa petite entreprise. Un petit tour à l’UDI, avant de bien vite se rabattre sur Les Républicains, à ses yeux beaucoup plus porteurs. Si Fillon avait moins aimé l’argent, le coup aurait pu être parfait et Maïder se retrouver députée au lieu de se contenter d’un mandat de conseillère départementale. Ce département, où il est prudent politiquement de n’indisposer personne, ce qui explique des interventions toujours très nuancées, voire timorées lors des conseils municipaux. Si Maïder Arostéguy a des idées novatrices pour l’avenir de Biarritz, le moins que l’on puisse dire est qu’elle les cache bien.

 Frédéric Domège, le bon copain

Fin connaisseur de la ville, ayant participé à la gestion de Biarritz sous Borotra, Frédéric Domège, et c’est une de ses grandes qualités, a gardé de solides amitiés dans tous les camps. « Veunac échange sans doute beaucoup plus avec moi qu’avec ses troupes » s’amuse-t-il. Et le malicieux Frédéric n’est pas loin de la vérité. Mais l’ancien joueur du PUC qu’il est doit savoir que le temps du match au moins, il faut savoir détester ses adversaires même si on boit une bière avec eux après le coup de sifflet final. Pertinent dans ses interventions que ce soit sur le tram ou la circulation, indispensable dans une équipe par le liant qu’il met, Domège ne s’est jamais attaqué frontalement à Veunac et à sa façon de gérer la Ville, persuadé sans doute qu’il pourrait être de la prochaine recomposition municipale et se retrouver à nouveau du bon côté de la barrière.

Richard Tardits l’intermittent

Sa très belle campagne de terrain en 2014 est désormais bien loin. Richard Tardits a toujours dit qu’une cure d’opposition ne le tentait guère et il participe aux séances du conseil municipal avec l’enthousiasme d’un buveur repenti prenant son Baclofène. Dommage, car avec un maire aussi inexistant que Veunac, avec un Max Brisson à l’opposition plutôt fluctuante et imprévisible, il pouvait profiter du boulevard politique qui s’offrait à lui et montrer aux Biarrots qu’il avait plein d’idées (ce qui est une évidence pour ceux qui le connaissent !) Au lieu de cela, il prend son mal en patience, intervenant peu et ne proposant guère. On en connaît un certain nombre au sein de la majorité, les Amigorena, Barucq ou Chazouillères, obligés de ronger leurs freins en silence et de couvrir les boulettes du patron, qui adoreraient être à sa place pour montrer qu’ils ont du talent !

Le patron, c’est Saint-Cricq

Reste le grand oublié de Sud Ouest. L’homme a pourtant été le premier à s’opposer à la Cité de l’Océan quand tout le monde croyait, dans le sillage de Borotra, qu’allait sortir de terre une machine à cash. Le même a fait gagner de l’argent, beaucoup d’argent aux contribuables biarrots grâce à ses recours en justice. Depuis plusieurs mandats, il dénonce l’utilisation faite par la Ville de L’Hôtel du Palais et là aussi les faits lui donnent raison. Il est des signaux qui ne trompent pas. Vous remarquerez, quand il prend la parole, comme le silence se fait dans les rangs de l’opposition comme de la majorité. Et Veunac a beau lever les yeux au ciel ou simuler une de ses fausses colères qu’il affectionne, le verbe est ciselé, les faits énoncés vérifiés et le bon sens de sortie. Car en plus de son talent d’orateur, Jean-Benoît Saint-Cricq est un gros bosseur qui a une haute idée de son mandat et n’arrive jamais les mains dans les poches. Fin juriste, il cherche, fouille et met immanquablement la majorité municipale face à ses contradictions.

La cure d’opposition a l’immense avantage de permettre de repérer les talents et les caractères : Saint-Cricq a tout connu, les micros coupés avec Borotra, les ricanements satisfaits des imbéciles qui ne savent plus comment se dépêtrer de La Cité de l’Océan ou même les invectives à son encontre, mais il n’a jamais flanché ni tenté de pactiser avec la majorité. Sur tous les dossiers majeurs de la Ville, il a toujours eu raison avant tout le monde et ne s’est jamais trompé.

Mais son talent est tellement évident qu’il a dû échapper à Sud Ouest !