Ce 12 février qui fracture Biarritz

Les pressions subies par les élus lors du dernier conseil municipal ne semblent pas poser problème à trois des sept candidats… Mais elles posent problème aux électeurs.

Un président n’a pas à se comporter en simple supporter, distribuant les huées ou les acclamations aux élus.

Il n’y a, selon le dictionnaire Larousse, qu’un petit tiret d’écart entre le maître chanteur et le maître-chanteur, mais il fait toute la différence. Le premier, au sommet de sa maîtrise musicale, va vous faire aimer l’art lyrique. Le second, qui est aussi incontestablement un artiste en son genre, va vous apprivoiser pour mieux vous dévorer, grignotant un doigt, puis la main, puis le bras avant que vous ne compreniez que vous êtes définitivement perdu.

Je n’ai pas de boule de cristal sur mon bureau et je suis bien incapable de dire qui va emporter cette élection, mais toutes les conversations à Biarritz me montrent que depuis le dernier conseil municipal du 12 février une fracture très nette s’est opérée entre les citoyens qui estiment que les élus ne doivent jamais céder au chantage et ceux qui, sans crainte du coronavirus, respirent en estimant le BO sauvé, ce qui reste à prouver. Une fracture qui s’est totalement vérifiée lors de l’excellent débat organisé par Mediabask où l’on constatera que « la bande des trois » du plateau d’Aguilera n’a désormais de divergences que sur les détails

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200305/les-candidats-de-biarritz-debattent

Pour tous les Biarrots, même s’ils n’ont pas encore décidé pour qui ils voteront au final, les choses sont désormais claires : il existe trois listes d’un côté, Veunac, Arostéguy, Saint-Cricq, et quatre de l’autre avec Barucq, Motsch, Morin et Guerdane. Une préfiguration des alliances de second tour ?

On ne transige pas avec les principes républicains

Il faut se méfier des raccourcis hâtifs, surtout en période électorale et je me garderai bien de mettre au même niveau un Michel Veunac qui démontre chaque jour qu’il est plus que temps qu’il s’occupe de ses petits-enfants, une Maïder Arostéguy qui a le sens du terrain et une assise populaire incontestable et un Jean-Benoît Saint-Cricq qui a les qualités requises pour être un bon maire même si je suis totalement en désaccord sur ses choix concernant le BO et Le Palais

Sourires complices et volonté systématique de couper la parole à Nathalie Motsch, lors du débat de Médiabask. La romance entre Veunac et Saint-Cricq continue.

Mais la position de Bisque, Bisque, Basque ! est très claire sur le sujet et j’ai eu l’occasion de m’en expliquer avec les intéressés. Il n’existe plus que quatre listes pour lesquelles je suis susceptible de voter car à mes yeux on ne doit jamais transiger avec les valeurs républicaines et jamais céder à un chantage quand on est un élu et encore moins à un double chantage. Celui du président du Biarritz Olympique, décidant qui sont les bons et les mauvais élus et se comportant comme un porte-flingue en s’invitant au conseil municipal et en demandant à ses troupes de huer les élus qui lui déplaisent. Mais aussi le chantage du maire, faisant voter à quatre semaines de la fin de son mandat, une résolution qui officiellement n’engage personne pour la construction d’un centre de formation à 12 millions d’euros. Après n’avoir jamais, malgré des promesses réitérées pendant six ans, fait déposer le moindre permis de construire concernant l’aménagement d’Aguilera, ce qui en dit long sur la duplicité de Mimi-La-Malice.

Même à Toulon, on se marre !

À ce sujet, la réaction de l’ancien président du RC Toulon, Mourad Boudjellal, qui se moque comme de ses premières chaussettes de rugby de l’élection municipale biarrote, est totalement édifiante : « Le président Jean-Baptiste Aldigé a annoncé qu’une Assemblée Générale allait avoir lieu le 3 mars en disant que si la mairie n’accordait pas le bail immobilier voulu par le club, il allait déposer le bilan. Mais je vais t’expliquer, Jean-Baptiste : il faut être un spécialiste pour faire du chantage. Quand tu menaces de faire déposer le bilan à ton club, évite de signer des joueurs pour la saison d’après car ça ne fait pas crédible. C’est un métier que de faire du chantage. » On ne saurait mieux résumer la situation et, visiblement, Boudjellal met un trait d’union entre maître et chanteur.

https://twitter.com/F_Amigorena/status/1227974108476006400

Et comme si cet affront démocratique ne suffisait pas, Aldigé se permet de multiplier les pieds de nez dans les jours qui suivent, comme ce commentaire où il insulte Barucq « et sa copine Amigorena » sans que le trio Veunac-Arostéguy-Saint-Cricq, ne réagisse. C’est tout l’art du chantage : on vous fait accepter un petit truc équivoque, puis on vous en demande un peu plus et encore un peu plus. Et comme si ce « foutage de gueule » ne suffisait pas, Aldigé annonce peu après qu’il reporte au… 1er avril (Non, ce n’est pas un gag !) l’assemblée générale prévue le 3 mars pour décider de l’avenir du club. Ce qui montre bien que la situation n’avait rien d’urgent et que les élus qui se sont rangés aux côtés du maire auraient beaucoup mieux fait de dire que leur premier conseil municipal, une fois élus maire, serait consacré au sauvetage du BO.

Guillaume Barucq :  » On leur donne ça, ils demandent ça « .

Avec beaucoup de dignité et de calme, Guillaume Barucq, lors du débat qui s’est tenu dans les locaux de Mediabask, a expliqué son point de vue : « C’est mon arrière-grand-père qui a fondé ce club. Ce qui me choque, c’est que Jean-Baptiste Aldigé dise : « Tu n’es plus chez toi au BO » avant de rajouter en mimant le geste d’un bras qui coupe l’autre : « Avec ce genre d’entrepreneur, quand vous leur donnez ça, ils veulent ça ! » On ne saurait faire un meilleur résumé de la situation actuelle.

Saint-Cricq et Arostéguy ne regrettent rien

Trois semaines après ce conseil houleux sur lequel l’élection se jouera probablement, il était intéressant de demander à Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq s’ils ne regrettaient pas leurs votes. (Il y a longtemps que Veunac a cessé de répondre à mes questions…). Saluons d’abord le courage des deux intéressés qui ne se sont nullement échappés et ont fort courtoisement répondu comme on doit le faire dans une démocratie apaisée. Jean-Benoît Saint-Cricq reste parfaitement droit dans ses mocassins : « Concernant mon intervention du 12 février, je n’ai rien à ajouter ni à retrancher. Ma position est toujours la même : le montage est bon et cette affaire n’avait que trop duré. Il s’agissait de lancer l’opération et de rattraper le temps perdu avec la procédure MECDU ». Pour les profanes, la Mise en Conformité des documents d’Urbanisme.

Avec son franc parler légendaire, Maïder Arostéguy qui annonce clairement qu’elle ne s’alliera pas à Michel Veunac au second tour, ne fuit pas la discussion : « Pour moi, Aldigé n’a pas fait de chantage. Ça fait des mois que Veunac le balade. Je me suis engagée a minima sur le centre de formation mais pour moi rien n’est figé » La candidate des Républicains reconnaît que le président du Biarritz Olympique est clivant : « Si on peut avoir un autre interlocuteur qu’Aldigé, je ne serai pas traumatisée. Par ses excès verbaux, Aldigé est grandement coupable, mais en face, ce n’est pas mieux. »  

Maïder Arostéguy affirme avoir apporté son soutien en « off » à Guillaume Barucq et « ne pas vouloir entrer dans la guéguerre d’Aldigé », un propos qui laisse un peu rêveur. Jean-Benoît Saint-Cricq affirme pour sa part « avoir réagi trop tardivement auprès de Sud Ouest qui n’a pas publié son texte », tandis que Veunac prétend avoir engueulé Aldigé en privé.

Ce qui renvoie à la question initiale posée par Bisque, Bisque, basque ! Pourquoi ne pas réagir publiquement quand on est un élu de la République et qu’un autre élu se fait insulter publiquement ? Par peur du maître-chanteur ? Parce qu’électoralement, ça arrange bien d’avoir un sniper qui arrose les adversaires politiques tandis qu’on fait semblant de ne rien remarquer ? Parce que, quand on s’est fait dévorer la main, on est terrorisé et on redoute d’y laisser le bras ?

Biarritz a besoin d’élus indépendants et cette zone d’ombre qui entoure trois des sept candidats pose un sacré problème.

Pour retrouver les  » Vues sur maire  » de François Amigorena : www.amigorena.fr

Maurice Goldring et l’effet papillon

En 1972, le météorologue Edward Lorenz avait un peu stupéfait la communauté scientifique en affirmant que le battement d’ailes d’un papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade au Texas.  Insultes, trolls déchaînés sur les réseaux sociaux, rancunes tenances, Biarritz semble un peu être l’illustration de la « théorie du chaos » qu’évoquait alors Edward Lorenz. Et le papillon de service, celui qui a déréglé le fonctionnement démocratique de la Ville, pourrait bien être Jean-Baptiste Aldigé, avec ses propos clivants, ses maladresses verbales, ses dérapages qui ont amené tout le monde à tomber dans l’excès. Au départ, début février, un propos particulièrement malheureux de Maïder Arostéguy à Mediapart estimant que la famille Gave n’avait « construit ni Auschwitz ni Buchenwald ». Consciente de sa maladresse, en voulant défendre l’équipe dirigeante du BO, Maïder s’était immédiatement excusée. Mais le propos avait eu le don de mettre en colère Maurice Goldring, un universitaire qui a eu la douleur de vivre en direct la déportation. Ironique, il avait parodié la candidate sur sa page Facebook en écrivant que « Jean-Baptiste Aldigé était très fréquentable parce qu’il n’avait jamais imposé le triangle rose aux homosexuels ».  

Et à partir de là, par un effet papillon, tout est parti en vrille. Les supporters s’en sont mêlés, insultant l’universitaire et lui conseillant d’aller se faire enc… Et Maïder, deuxième erreur à mes yeux, au lieu de laisser le soufflé retomber, s’est empressée d’aller au commissariat pour déposer une main courante contre… Maurice Goldring !

Interrogée à ce sujet, Maïder estime qu’elle n’avait pas d’autre choix, car il fallait que la polémique cesse. Maurice Goldring pour sa part se montre très caustique : « J’aime Biarritz, car c’est une ville très tolérante. J’ai apprécié par exemple la façon dont Didier Borotra avait envoyé bouler Monseigneur Aillet, quand il lui demandait de ne pas autoriser des manifestations en faveur du mariage pour tous. Je pense que Maïder Arostéguy a agi sous le coup de la colère, car mon intervention a montré combien au fond d’elle-même, elle est d’extrême-droite ».

Nous voilà loin, très loin de la tolérance, du bien vivre ensemble et de la démocratie apaisée que souhaitent les Biarrots après la catastrophique mandature Veunac. À chaque électeur désormais de se demander quels sont les candidats en mesure de défendre ces valeurs.

Pour comprendre cette polémique, lire : http://mauricegoldring.blogspot.com/

Un aveu qui plombe encore plus Veunac et Lafite

Les révélations continuent : c’est plus de deux millions d’euros que Michel Veunac a avancés avant même que le conseil municipal n’entérine le dossier Hôtel du Palais.

L’article de Mediabask où Veunac annonce que l’addition est encore plus salée que prévue.

Ce n’est pas le média le plus tapageur de la Côte basque, mais il fait un sacré bon travail sur le dossier de L’Hôtel du Palais. L’article de Goizeder Taberna paru dans Mediabask le 13 novembre dernier est passé un peu inaperçu des Biarrots, ce qui est fort dommage. Il contient en effet son lot de révélations savoureuses. De lin blanc vêtu, notre Mimi-la-Malice municipal nous annonce que les avances consenties aux fournisseurs, avant même que les travaux ne soient votés par le conseil municipal ne s’élèvent pas à 656 000 euros, comme tout un chacun le croyait, mais au total à près de deux millions d’euros.

Cette nouvelle somme de 1,2 million d’euros, jusque-là jamais évoquée, serait destinée à payer le bois des huisseries du palace.

 

Et comme Michel Veunac est un grand spécialiste de l’enfumage, il nous sort une version qui relève du conte de fées pour citoyens trop crédules. « Les administrateurs de la Socomix étaient parfaitement au courant ». La réalité est toute autre. En dehors des zélateurs forcenés du maire, qui répéteront à l’envi qu’on leur a tout dit, les autres membres du conseil d’administration, comme Virginie Lannevère, François Amigorena ou Anne Pinatel, déplorent l’opacité dans laquelle on les a maintenus.

C’est par hasard qu’ils ont découvert pendant l’été que les commerciaux de L’Hôtel du Palais avaient ordre depuis janvier 2018 de cesser la commercialisation du palace à partir du 18 octobre. Et ils s’étonnent que ces factures qui ont été payées rubis sur l’ongle n’aient jamais été présentées aux administrateurs. Virginie Lannevère estime d’ailleurs que 2,6 millions d’euros ont été engagés.

Allez, Michel, encore un effort et la mémoire va te revenir ! En attendant, le roi de la phrase creuse se contente pour sa défense d’une de ces formules à l’emporte-pièces dont il a le secret : « Depuis le début, nous travaillons avec un certain nombre de prestataires de service, de maîtres d’œuvre, qui nous aident. Il faut bien les payer. »

Il ne viendrait à l’idée de personne de reprocher au maire sa vertu. Mais se souvient-il que quand on est premier magistrat d’une Ville, on n’a pas le droit d’engager des dépenses sans les avoir faites approuver par son conseil municipal ? Tout décidément, dans ce dossier de l’Hôtel du Palais, relève au minimum de l’attentat démocratique. Voire beaucoup plus, si la Justice s’en mêle.

(Pour les retardataires : https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181109/michel-veunac-assume-les-avances-faites-pour-lhotel-du-palais )

L’ANALYSE DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

Une communication soigneusement réfléchie

Michel Veunac n’est pas du genre à dévoiler spontanément ses agissements. Les écuries de Bigueyrie, la villa Sion ou le confortement de la Côte des Basques ont démontré qu’il ne reconnaissait les faits que contraint et forcé. Cette interview donnée à Mediabask où il augmente spontanément l’addition des sommes versées avant le vote des élus est donc en apparence très surprenante.

En apparence, seulement.

En effet, un secret de polichinelle agite actuellement la communauté politique de la Côte basque. Les méthodes du duo Veunac-Lafite dans ce dossier dépassent largement le cadre du tribunal administratif et pourraient finir au pénal.

Jacques-André Schneck sur sa page Facebook écrit : « On peut sérieusement se demander aujourd’hui si Michel Veunac et Guy Lafite ne sont pas susceptibles d’être poursuivis pour détournement de fonds publics ou pour abus de biens sociaux ou les deux. »

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck/posts/10213636490412819

Colette Capdevielle s’interroge pour sa part. Les faits ne relèvent-ils pas « d’une plainte avec constitution de partie civile devant le Doyen des juges d’instruction du TGI de Bayonne ? »

Interrogé par le préfet et la Chambre Régionale des Comptes, Michel Veunac doit avoir conscience qu’il est allé trop loin et qu’il joue gros. Alors, en bon animal politique, il en avoue un peu plus pour pouvoir dire s’il se retrouve un jour à la barre du tribunal : « Mais je n’ai jamais rien caché et je peux vous en donner la preuve avec cette interview à Mediabask »  Et l’élu ne manquera pas alors de sortir le couplet sur la difficulté de sa tâche et sur le fait, lui le pauvre sociologue, qu’il ne savait pas qu’il devait d’abord faire approuver cette décision par ces élus ou par les membres du conseil d’administration de la Socomix.

Une défense astucieuse mais qui pourrait mettre à mal son brillant adjoint aux Finances, toujours prêt à faire mousser sa carrière. Si celui-ci se retrouvait à la barre en compagnie de son « ami » Michel Veunac, « La Faillite nous voilà », comme le surnomment les Biarrots, aurait du mal à plaider l’incompétence en tant qu’ancien secrétaire-général adjoint des mairies de Marseille et Paris et à expliquer pourquoi les procédures normales de passation des marchés, où on informe les élus avant de prendre une décision et de signer des chèques, n’ont pas été respectées.

Lundi dernier, lors de la réunion de majorité, les élus ont été surpris par l’inhabituelle nervosité de Guy Lafite qui s’est mis à hurler sur Nathalie Motsch à l’origine après François Amigorena d’une deuxième procédure contre le dossier Palais, affirmant même que Michel Veunac « devait prendre ses responsabilités » et qu’il « refusait de travailler avec elle ».

Alors, Guy, on commence à envisager des lendemains qui déchantent ?

 

 

 

Parfois, la presse se fout de nous…

Info ou intox ? On peut se poser la question en lisant certains échos de notre quotidien régional favori…  Et s’étonner du silence absolu sur les écuries de Parme de La Semaine du Pays basque.

Cinq jours ! C’est le temps qu’il aura fallu à Sud Ouest pour prendre contact avec moi, alors que dès le mardi 27 novembre, je les avais alertés au moment de la première publication sur ce blog d’un article sur les écuries de la Bigueyrie, en leur disant que tous les éléments recueillis étaient à disposition. Un adjoint du maire et un élu d’opposition décident de s’opposer à la vente dès le lendemain, mais Sud Ouest ne publie son premier papier que le samedi 1er décembre, sans m’interroger et en s’appuyant uniquement sur les réactions du maire. Comme si ce dernier allait tout dire ! Vous avez déjà vu un braqueur pas encore attrapé par la police, confier aux journalistes les détails de son dernier casse ?

Sud Ouest a ensuite honorablement traité l’affaire, mais cette religion du communiqué, ce souci de ménager les notables en place, est perçu par les lecteurs et agace. Il en va de même avec certains échos de la page basque du samedi qui tendent à la désinformation absolue ou à « l’opération brouillarta ». Dire que Michel Veunac aurait dû accepter l’offre d’Anglet à 400 000 € pour les écuries de Parme, même sur le ton de la plaisanterie, c’est accréditer l’idée auprès du grand public que le maire de Biarritz en trouvant un acquéreur à 545 000 € ne se montrait pas si mauvais vendeur, ce qui est pour le moins discutable.

Mais si Sud Ouest a traité, même avec retard, même avec beaucoup de prudence, cette affaire, si Mediabask  a fait honorablement le job, d’autres ont carrément zappé. Est-ce le rôle d’un support de presse de ne pas parler d’une information quand elle gêne ?

« Si La Semaine du Pays basque avait eu huit pages de plus, c’est certain on aurait traité l’affaire » m’a affirmé en souriant le directeur de la publication, qui s’est montré au téléphone passionné par cette enquête mais s’est bien gardé de faire quoi que ce soit sur le sujet. Évidemment quand on a été inconditionnel de Brisson, avant de trouver subitement en 2014 Veunac « humaniste et moderne », il est plus sage de botter en touche et d’éviter les sujets qui fâchent.

Les journaux se plaignent d’une désaffection de leurs lecteurs, mais est-ce si étonnant avec une façon aussi surréaliste de traiter l’information ?

Dormez, braves gens…

Voici un autre exemple d’information qui relève du brouillarta délibéré. Diriez-vous, si vous gagnez 3 000 € par mois et dépensez 6 000 €, que votre situation financière est excellente ? Certes L’Hôtel du Palais a connu un bel été, ce qui réjouira tous les contribuables biarrots. Certes Sud Ouest a traité la saga Hôtel du Palais avec vigilance, mais quand on sait que d’ici quatre ans, il va falloir pour conserver la norme palace effectuer entre 50 et 70 millions d’euros de travaux, somme dont ne dispose pas la Socomix, est-il raisonnable de diffuser sans la moindre nuance des messages aussi optimistes ?

Décidément, la presse oppresse Veunac

Veunac conférence de presse

Une fois de plus, lors du conseil des élus, Michel Veunac s’est ridiculisé en jouant au matamore et en affichant son ignorance absolue du fonctionnement de la presse.

Est-ce sa faute si cet homme développe une allergie totale à la plume, que ce soit celles de l’indien Géronimo ou celle des journalistes ? Faire la liste des colères de Michel Veunac, depuis qu’il a été élu maire, c’est comme vouloir compter le nombre de pages d’un roman d’Umberto Eco ! Mais au hit-parade des vitupérations veunaciennes, nul doute que les journalistes ne figurent dans le trio de tête, avec Guy Lafite et les élus de la majorité qui refusent une hausse de la fiscalité.

Vendredi, lors du conseil des élus, c’est la jeune et prometteuse journaliste de Mediabask, Bénédicte Saint-André, qui a dû essuyer les foudres du professeur de vertu Veunac, comme le raconte avec beaucoup de verve, notre confrère Untxia dans BAB Info (http://babinfo.com/bien-faire-laisser-braire/).

L’article qui a déchaîné l’ire veunacienne était pourtant bien tourné et plutôt équilibré. Quant au titre « Les chiens aboient et la caravane passe », il était judicieux, puisqu’une grande majorité des maires de l’intérieur est favorable à une EPCI unique Pays basque, tandis que les maires de la Côte sont plutôt réticents et regardent passer le convoi qui se met en marche.

Faut-il une carte du PS pour demander des subventions à Rousset ?

Courageux mais pas téméraire, Veunac qui ne prend le risque d’attaquer que lorsqu’il n’y a pas de péril (Face aux caméras de M6, il avait fui lâchement, tout comme il esquive quand Bisque, bisque, Basque ! l’asticote), a ressorti son habituel et très limité répertoire sur les journalistes : « Vous avez une carte de presse ? ». Notre bon Michel, qui m’avait déjà fait ce coup, en 2014, au moment des élections municipales, affirmant que j’étais un « vague collaborateur du Canard enchaîné », ne doit pas savoir que la carte de presse n’est nullement obligatoire pour écrire dans un titre et qu’elle cautionne simplement le fait que 51% des revenus annuels sont d’origine journalistique. Quand Jean d’Ormesson ou Daniel Picouly publient des chroniques dans la presse parisienne, ils ne sont nullement titulaires d’une carte de presse, ce qui ne les empêche pas d’être journalistes en même temps qu’écrivains. À ce propos, est-ce que le brillant sociologue Michel Veunac était titulaire d’une carte professionnelle lorsqu’il a écrit l’étude de complaisance sur « Les débordements festifs de la jeunesse à Bayonne » payée 56.000 euros (une étude « à la lisière du conflit d’intérêt », selon Colette Capdevielle) ou détenteur d’une carte du parti socialiste lorsqu’il a réussi à piquer des subventions à Alain Rousset pour sa piteuse Cité de l’Océan ?

« Oh, mon bon maire adoré ! », ça va comme titre ?

La suite du dialogue entre Michel Veunac et Bénédicte Saint- André, que vous pourrez écouter en direct sur BAB Info, est tout aussi impayable :

« Qui êtes-vous, Madame ?

– Je suis celle qui a écrit le papier.

– Et vous pensez qu’un titre “les chiens aboient, la caravane passe”, vous pensez que c’est un titre… hein ?

– Je tiens à assurer le plus grand respect que j’ai pour votre fonction et votre opinion…
– Et vous trouvez que c’est un titre respectueux ?

– C’est une expression à lire évidemment au sens figuré.

– Ah oui mais moi je lis les choses au sens propre, Madame. Enfin vous avez votre opinion j’ai la mienne. Et donc c’est quelque chose de scandaleux !”

 À part « Oh, mon bon maire adoré »,  on voit mal quel titre d’article pourrait convenir à l’irascible Veunac et on mesure bien là toute la morgue de l’élu pour la corporation des journalistes. On regrettera juste que l’inexpérience relative de Bénédicte Saint-André l’ait amené à se justifier, ce qu’elle n’avait pas à faire. Pour se remettre les idées en place, Veunac ferait bien de lire l’ouvrage du journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, chroniqué dans ce blog, « Informer n’est pas un délit ».

https://jeanyvesviollier.com/2016/02/09/le-journaliste-ce-facteur-dintranquillite/)

La presse est libre et le journaliste n’a pas à être admonesté par un élu. Si ce dernier n’est pas content de l’article publié, il n’a qu’un recours, comme tous les citoyens : assigner l’auteur de l’article au tribunal pour diffamation. Mais où est la diffamation dans ce qu’écrit Bénédicte de Saint-André ? Heureusement, la jeune journaliste de Mediabask, jointe au téléphone, affirme n’être nullement traumatisée par ce coup de gueule et se dit déterminée à écrire comme elle l’entend.  Elle ira loin, et Michel Veunac n’a pas fini de grincer des dents !

C’est triste, un élu qui n’imprime plus…

En revanche, l’élu a l’obligation démocratique de répondre aux questions du journaliste. Quand Veunac refuse de répondre à Bisque, bisque Basque ! sur des questions aussi simples que le budget d’Halloween, ou les raisons qui l’amènent à stationner sur le trottoir devant chez lui en plein virage, il ne respecte pas son écharpe tricolore.

Ancien syndicaliste, très militant sur la profession de journaliste, je déplore que les confrères n’aient pas eu le réflexe de me soutenir dans ce légitime combat. Tant que le maire Michel Veunac ne répondra pas à mes questions, je continuerai donc à taper comme un sourd (et question surdité, je m’y connais !) sur cet élu qui ne respecte pas les obligations démocratiques de son mandat. Mais décidément l’exercice du métier de journaliste n’est pas simple sur la Côte basque. Le plus cocasse dans cette histoire étant que notre bon maire de Biarritz, se souvient fort opportunément, quand ça l’arrange, que sa fille Caroline est journaliste. Fifille doit être horrifiée en entendant son père et peut-être qu’une formation en accéléré sur les droits et devoirs des élus vis-à-vis des journalistes, lui éviterait de se ridiculiser régulièrement. À moins, qu’il ne soit définitivement trop tard et qu’il n’imprime plus…

À La Semaine du Pays basque, aussi, ça tangue !

On me raconte qu’il s’en passe des belles aussi à La Semaine du Pays basque, cet hebdomadaire dirigé par un nobliau, ancien pilote d’hélicoptère, qui multiplie les voltiges aériennes lorsqu’il s’agit de signer des contrats aux journalistes ou aux correspondants, et les trous d’air au moment de les rémunérer. N’hésitez-pas, confrères, Bisque, bisque Basque ! se fera un plaisir de relayer vos déboires et de tout raconter en détails, si vous le souhaitez…