Le vilain rapport à l’argent de Veunac

À la fin du premier conseil municipal de sa mandature, Michel Veunac a emprunté 6 500 euros à sept de ses adjoints qui attendent toujours leur remboursement. Une distraction, sans doute.

Ce n’est pas un hasard si Michel Veunac est fan d’Enrico Macias et en particulier de sa chanson : « Donnez-moi, donnez-moi, Dieu vous le rendra ». Parfois des mimiques en disent beaucoup plus qu’un long discours. Si vous interrogez ses anciens colistiers sur le rapport à l’argent de Michel Veunac, vous aurez droit à tout une gamme de soupirs éloquents, sourires crispés ou sourcils froncés. En effet nombre d’entre eux ont le sentiment de s’être fait arnaquer en beauté par le maire de Biarritz et n’ont pas digéré sa façon de fuir depuis six ans les questions qui fâchent. Si l’engagement politique du jeune Michel Veunac a sûrement été sincère, très vite l’argent est venu polluer son parcours de sociologue qui n’avait pas beaucoup de travail mais qui trouvait des mains tendues auprès de ses amis politiques, à Pau, à Bayonne ou à Bordeaux.

C’est ainsi qu’en 2012, la ville de Bayonne avait payé 56 000 euros au cabinet MVC (Michel Veunac Consultant) une étude impérissable sur « Les rassemblements festifs des jeunes dans le petit-Bayonne », ce qui avait fait dire à l’élue socialiste Colette Capdevielle que « des pratiques de ce genre ne sont plus acceptables ».

Dans le même genre, on avait découvert que pour financer sa campagne des municipales de 2014, celui qui était à l’époque l’adjoint à la communication et au tourisme de Didier Borotra n’avait pas hésité à emprunter à l’un des principaux fournisseurs de la ville, Jacques Darrigrand, 15 000 euros. Au niveau morale républicaine, on a vu mieux. Il n’était donc guère étonnant que sur l’élan, ce jeune talent prometteur tape tous ceux se trouvant sur sa liste. Et qu’il oublie complètement de les rembourser.

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/i-les-discutables-acrobaties-de-lelu-michel-veunac/

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/ii-un-souciologue-a-bayonne/

Les adjoints, au rapport !

Le piège à gogos désireux d’être élus a fonctionné en deux temps et ceux qui en ont été victimes sont tellement honteux de ce qui leur est arrivé qu’ils préfèrent, par peur du ridicule, raconter sous couvert d’anonymat. Mais que Mimi-la-Malice ne se réjouisse pas trop vite. Certains de ses proches se sont retirés de la vie publique, parfois volontairement, parfois involontairement et les témoignages sont tellement nombreux, tellement précis que l’histoire ne fait pas le moindre doute.

Dans un premier temps, comme nombre de candidats, Michel Veunac souhaite que tous ceux qui peuvent l’aident à financer la campagne. Une démarche habituelle pour un candidat à une élection municipale. La plupart donc, de sortir leur carnet de chèques et de recevoir en retour une attestation leur permettant, comme le prévoit la loi, de déduire une partie de la somme versée de leurs impôts, ce qui va contribuer à les rassurer.

Première surprise à quelques jours du premier tour, lorsque Veunac demande à tous de restituer les attestations distribuées en expliquant qu’on leur rendra dans quelques jours.

Sur ce l’élection arrive et, au deuxième tour, contre toute attente la coalition Veunac-Lafite-Barucq, l’emporte sur Max Brisson et ses alliés Tardits et Saint-Cricq. Dans l’ivresse de la victoire, plus personne ne se soucie des attestations ni du remboursement des frais engagés, persuadé que tout arrivera en son temps.

La deuxième mauvaise surprise survient à la fin du premier conseil municipal. Un ancien adjoint raconte : « Lors de ce premier conseil municipal, où déjà on percevait les futures tensions, Veunac se dirige vers sept d’entre nous et, sans un mot d’explication, nous intime l’ordre de le retrouver dans son bureau. J’étais sidéré par le ton comminatoire qu’il employait et je me souviens que tous les sept nous regardions nos chaussures en nous demandant bien quelle boulette nous avions commise ». Selon tous les témoignages, les sept « punis » étaient Jocelyne Castaignède, Nathalie Motsch, Peio Claverie, Régine Daguerre, Patrick Destizon, Françoise Mimiague et Michel Poueyts. Comme toujours quand il est en tort, Michel Veunac prend alors un air excédé : « Il nous faut boucler nos comptes de campagne. Il me manque 6500 euros et j’ai besoin que vous me fassiez un chèque ».

Aucune échappatoire n’est possible, car Super-Mimi a tout prévu y compris d’exiger des sommes proportionnelles aux revenus de chacun. C’est ainsi que Peio Claverie, Jocelyne Castaignède et Nathalie Motsch seront chacun délestés de 1500 euros, tandis que les « chanceux » Poueyts, Destizon, Daguerre et Mimiague ne sont rançonnés qu’à hauteur de 500 euros. Chacun est éberlué, d’autant plus qu’une fois les chèques empochés Veunac part sans dire un mot. Tout le monde essaie de se rassurer comme il peut face à cette ponction imprévue « Le maire est stressé par ses nouvelles fonctions. Il va nous rendre cet argent dès qu’il sera remboursé de ses frais de campagne ».

« Tu es grassement payé comme adjoint »

Le temps passe et comme sœur Anne, les « simples » conseillers municipaux tout comme les adjoints ne voient rien venir et n’entendent parler de rien. Les premiers ne récupèreront jamais leur attestation qui leur aurait valu une déduction fiscale et les autres se feront sévèrement rembarrer quand ils oseront parler d’argent au maire plus d’un an après, alors que les frais de campagne avaient été remboursés depuis longtemps. Patrick Destizon sera un des plus virulents et protestera à de nombreuses reprises, ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre la liste Veunac 2020… Quand on aime souffrir ! À un autre qui tentera d’évoquer le sujet, la réponse sera cinglante : « Tu oses te plaindre alors que tu es grassement payé comme adjoint ? »  se serait contenté de répliquer Michel Veunac, superbe, en tournant les talons immédiatement. Selon les témoignages, seul Hervé Boissier qui aurait interpellé publiquement l’épouse du maire, aurait été remboursé.

Pas de chance pour les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque !  Michel Veunac a totalement refusé de répondre au SMS que nous lui avons envoyé.

Six ans après et alors que le maire souhaite se faire réélire, la question se pose donc de savoir ce que Michel Veunac a fait de cet argent. Seuls des esprits chagrins pourraient s’imaginer qu’il l’a mis dans sa poche et gardé pour lui. Trois hypothèses demeurent donc :

– Soit le maire sortant a remboursé en douce certains de ses adjoints et pas d’autres et dans ce cas-là, il serait intéressant qu’il nous explique pourquoi.

– Soit Michel Veunac a largement dépassé le plafond légal prévu par la loi pour les frais de campagne. Pour masquer sa tricherie il a fait payer ses colistiers en sachant parfaitement qu’ils ne seraient pas remboursés. Et il s’est bien gardé de leur dire.

– Soit Michel Veunac, trop occupé par son écrasante tâche de maire pendant six ans, a fait preuve d’une distraction totale et il va donc se faire un plaisir de mettre ses comptes à jour avant la fin du mandat et de rembourser ce qu’il doit à ses adjoints involontairement plumés.

Qui osera dire après ce récit que Veunac, ce n’est pas la créativité au pouvoir ?

Cet argent qui pollue totalement la vie municipale

C’est un site que tous les citoyens devraient consulter tant il apporte d’informations sur nos élus. Comme tous les maires, présidents ou vice-présidents d’agglomération, Michel Veunac a dû par deux fois déclarer ses revenus à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique.

https://www.hatvp.fr/

Point n’est besoin d’être inspecteur des impôts pour découvrir, lors de sa première déclaration de 2015, qu’il ne roule pas sur l’or, ce qui arrive à des gens très bien. En revanche, en 2017, lors de sa deuxième déclaration au moment de sa nomination comme vice-président de la communauté d’Agglo Pays basque, tout baigne pour le beau Michel. En 2016, entre ses revenus de maire, son mandat de conseiller régional et sa vice-présidence, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous-envie dépasse les 108 000 euros bruts annuels. Et au même moment, il explique à ses adjoints qu’il ne peut pas les rembourser avec ses modestes émoluments !

Étonnez-vous après cela que Veunac se redécouvre en 2020 une passion brûlante pour les Biarrots et l’envie à 74 ans, après un premier mandat catastrophique aux dires de tous, d’en faire un second qui sera sans nul doute encore pire.

D’autant plus qu’il y a un petit détail mis en avant par les gilets jaunes au moment de la rédaction des cahiers de doléances que les politiques ont malencontreusement oublié en route. Contrairement aux citoyens ordinaires qui paient des impôts sur l’ensemble de leurs revenus annuels, les élus sont prélevés à la source sur chacune de leurs indemnités et bénéficient donc d’une fiscalité beaucoup plus douce que le commun des mortels. Ajoutez à cela pour un maire comme celui de Biarritz, les invitations un peu partout, les buffets gratuits, le plaisir de serrer la louche à Macron et vous comprendrez qu’on est loin de l’indemnisation symbolique voulue par le législateur aux débuts de la Ve République.

Avec 1100 euros pour un adjoint et 600 pour un conseiller municipal en charge d’une délégation, on est là aussi en apparence sur des indemnisations modestes. Mais malheureusement pour certains, à cause de pensions alimentaires à verser, d’une carrière discrète ou de retraites modestes, garder à tout prix cette petite rente mensuelle devient vital. Le vote en faveur de l’Hôtel du Palais s’explique en grande partie ainsi et a été le fait de conseillers bénis-oui-oui qui avaient trop peur de s’opposer au maire et de perdre ce qu’ils touchaient. Et la même explication est sans doute valable pour ces vieux chevaux de retour qui n’ont pas une fois exprimé leur différence dans toute la mandature passée, pas une fois lancé une idée originale et qui continuent leur carrière de courtisans dans la liste Veunac avec l’espoir insensé de manger quelques miettes du gâteau municipal pendant six ans de plus.

Je pense en particulier à ce simple conseiller municipal en 2014 qui ne cessait de qualifier le maire « d’autiste » à chaque fois que nous nous croisions. Devenu subitement adjoint par le jeu des démissions multiples subies par la majorité municipale, il ne tarit plus d’éloges pour le maire actuel et en reprend pour six ans avec enthousiasme.

En politique, c’est bien connu, rien ne vaut les convictions !

 

 

Journal d’un buté de campagne (3)

Les cocus au balcon… puis au téléphon

Un ministre aux colistiers absents, des « sans liste » qui cherchent fortune ailleurs, un Veunac KO debout, une Maïder prudente, récit d’une folle semaine biarrote.

DÉNI TOTAL. – Mercredi soir 29 janvier, après l’annonce du retrait des deux ministres, les journalistes locaux se sont précipités pour interviewer les colistiers de Didier Guillaume. Ces derniers, malgré l’information relayée par tous les médias, soutenaient que leur héros allait démissionner dès le lendemain du ministère de l’Agriculture. Pour preuve « il a prévu une réunion publique ce vendredi » Las, le jeudi a permis de constater que l’abandon de Biarritz par le toujours ministre était effectif et que ni Lafite ni Brisson ne se montraient très enthousiastes pour devenir tête de liste. Tous alors de se précipiter vendredi matin, en fonction des affinités, au téléphone pour tenter de trouver place sur une liste encore prête à les accueillir. Les convictions, il n’y a que ça de vrai.  

LES VALISES ÉTAIENT PRÊTES. – Après son entretien mardi avec Emmanuel Macron, Didier Guillaume s’était montré catégorique auprès de ses soutiens : ses valises étaient prêtes, son aller-simple Paris-Biarritz en avion retenu pour mercredi soir, « où il arrivait à plein temps », la réunion prévue avec LaRem devant être une simple formalité. Sauf que notre ministre de l’Agriculture commençait à avoir de sérieux doutes depuis 10 jours. Ses poissons-pilote Michel Poueyts et Guy Lafite lui avaient parlé d’une ville qui n’attendait que lui et promis des salles combles à chacune de ses sorties. La réalité s’était montrée toute autre et de son propre aveu, Didier Guillaume reconnaissait que « l’élection allait être difficile à gagner ». Sur ce, le 24 janvier, le ministre de l’Agriculture apprend que son grand copain Michel Poueyts est mis en examen pour corruption dans une affaire de trafics de billets de rugby. Misant sur la présomption d’innocence, Guillaume décide malgré tout de continuer. Avant de découvrir que le procès du fonctionnaire en prison qui rénovait les permis de conduire contre des places de rugby se tiendra le 11 février prochain à Pau. Avec le risque que le cas de son copain Poueyts qui jure de son innocence sur sa page Facebook soit largement cité par la presse. Voilà comment l’agriculture française a gardé son grand homme.

LA « FRONDINETTE » DE LEMOYNE. – Lors de la réunion de LaRem où devait se traiter les cas des deux ministres concurrents à Biarritz mais aussi celui de Cédric Villani, tout le monde s’attendait à ce que les difficultés proviennent de Didier Guillaume, bien décidé à démissionner. En fait le ministre de l’Agriculture a assez vite abdiqué pour les raisons expliquées un peu plus haut. En revanche, c’est Jean-Baptiste Lemoyne qui a fait des manières en expliquant que son cas n’avait rien à voir avec celui de Didier Guillaume et qu’il était juste un « soutien » de Michel Veunac. Le néo-Biarrot a tellement agacé tout le monde qu’une suspension de séance a été décidée, histoire de laisser le temps à Emmanuel Macron de téléphoner à l’impétrant. En substance, le président de la République, très colère, lui aurait dit : « Tu as une heure pour choisir. Soit tu restes à ton poste, soit tu te présentes à Biarritz. Mais pas les deux ! » Et comme Lemoyne a besoin de ses émoluments de secrétaire d’État, il est soudain devenu docile. Quand on parle pognon, c’est fou comme les choses s’arrangent.

VEUNAC KO DEBOUT. – Convié au débat organisé par France Bleu – Sud Ouest où il s’imaginait en tête du sondage organisé par les deux médias, Michel Veunac a pris une grosse claque en découvrant que Maïder Arostéguy le devançait largement. Le maire sortant s’est efforcé de faire bonne figure au micro en répétant : « Je considère que mon bilan est de bonne qualité ». Mais, au dire de tous les témoins, il était KO debout et incapable, sans le bras secourable de son épouse, de regagner seul sa voiture.

LES CHIFFRES QUI TUENT. – C’est l’analyste politique d’Ipsos, commanditaire du sondage, qui s’est montré le plus sévère pour Michel Veunac, visiblement assez peu populaire parmi les 500 personnes sondées. Si Maïder Arostéguy réunit 63% d’opinions favorables et Guillaume Barucq 53%, Veunac n’est qu’à 44%, un chiffre extraordinairement bas pour un maire sortant. Et quand les sondés jugent le bilan, c’est encore pire. Pour l’analyste d’Ipsos, Veunac est « très sévèrement noté par les Biarrots. Pour qu’un maire sortant puisse être réélu, il lui faut en règle générale 66% de sondés estimant qu’il a un bon bilan » Veunac plafonne à 50% de sondés considérant que son bilan est honorable. Ce qui tient déjà du miracle, compte tenu du mandat calamiteux qu’il a fait vivre à tous.

 LES VACHERIES DE MAÏDER. – Nettement en tête, Maïder Arostéguy s’est gardée au micro de France Bleu Pays Basque de tout triomphalisme à six semaines du premier tour. Quand on évoque le soutien du sénateur Max Brisson qui s’est soudain réveillé à 16 h 58 sur son Facebook, soit deux minutes avant les résultats du sondage, Maïder fait dans la sobriété suave : « J’accepte son soutien avec grand plaisir » Un ange passe… Et quand le journaliste, malicieux lui demande si elle est prête à accueillir dans sa liste des transfuges de la liste Didier Guillaume, Maïder répond tout aussi malicieusement : « Ma liste est bouclée. Mais si certains veulent me rejoindre au sein du comité de soutien, ils sont les bienvenus » Oh, la vilaine, qui veut priver des élus méritants et désintéressés de leur place au chaud au conseil municipal et leur demande de travailler gratos !

BRISSON AU PALMARÈS DU RIRE. – Malgré la concurrence de trois réunions publiques, belle assistance jeudi 30 janvier, à la Maison des Associations, pour la remise des klaxons et des harpes aux élus les plus méritants par l’association RamDam. Alors que les esseulés de la liste Guillaume se réunissaient pour savoir s’ils ne pouvaient trouver un leader de rechange, Max Brisson, lauréat d’un klaxon d’argent pour « la rectitude de ses convictions et son soutien sans faille à la candidate de sa famille politique » a suscité le plus de rires et de moqueries dans l’assistance. C’est François Bayrou, vainqueur du klaxon d’or qui va être jaloux !

LA MENACE QUI FAIT TREMBLER. – Bonne dernière mais pas désarçonnée pour autant, Marine Batiste a stupéfié les participants du débat par son culot : « L’écologie ça ne s’improvise pas. Je n’apporterai, en tout cas, mon soutien à personne. ». Qui va oser dire à la candidate qui a été présentée par « Libération » comme investie par les Verts et s’est pris un cinglant démenti d’EELV, qu’au vu du nombre insignifiant de voix qu’elle représente, tout le monde s’en fout ?

LE VRAI VAINQUEUR ? – Karim Guerdane, journaliste de son métier, a su mettre en évidence son résultat : « Vous devriez titrer sur le score que je réalise, car approcher les 5 %, en moins de trois semaines de campagne c’est enthousiasmant ; ça signifie que dans cette campagne il y a aussi une voix pour le citoyen et je suis content de l’incarner. À mon sens, la question sociale doit être prioritaire. » Derrière la boutade, l’enfant de Saint-Charles a probablement raison. À force de repeindre en vert leurs listes, les candidats semblent avoir un peu oublié les plus démunis et les dégâts que peut faire la politique ultra-libérale de Macron. Gageons que tous les candidats vont soudainement mettre un peu de social dans leurs programmes. De là à le mettre en pratique ensuite…

JANUS VEUNAC. – À croire que le encore maire de Biarritz a eu le temps de prendre quelques pilules magiques entre le siège de France Bleu et le centre-ville de Biarritz ! Vendredi soir, l’ambiance était totalement mortifère au sein de sa permanence après la publication du sondage, Louis Vial et Patrick Destizon, tirant une tête de dix pieds de long comme s’ils venaient d’enterrer leur grand-père. Mais Super-Mimi est arrivé vers 20 heures, remonté comme jamais en rappelant qu’en 2014 Max Brisson était annoncé largement vainqueur. Et le pire, c’est que ses maigres troupes l’ont cru et sont ressorties gonflées à bloc. Ce que c’est d’être un grand leader charismatique !

IL VA LES TUER ! – Bravant le coronavirus et ne prenant pas en compte l’âge avancé de sa troupe pour un travail aussi matinal, Veunac avait mis tout le monde au boulot dès 9h30 samedi matin aux halles centrales de Biarritz (Le maire ne doit pas savoir qu’il existe des quartiers plus démunis à Biarritz) à distribuer sa propagande. Mamie Jeanine Blanco, Papy Robert ou Tonton Vial haranguaient comme jamais les chalands, vêtus de leurs assez ridicules écharpes blanches (Pour signifier sans doute que le mandat a été vierge de toute bavure). Un seul jeune dans la troupe : l’homme qui se perd encore dans Biarritz, Jean-Baptiste Lemoyne. Il suffisait d’écouter les commentaires peu amènes des Biarrots à quelque distance du groupe des distributeurs de tracts pour constater que Veunac a intérêt à investir dans un remonte-pente haut de gamme s’il veut être réélu.

LA PERLE DE LA LISTE ? – Ayant perdu la seule « nouveauté » de sa liste avec Jean-Baptiste Lemoyne, Michel Veunac se trouve désormais fort démuni avec son équipe de vieux chevaux de retour de la politique qui se sont distingués pendant tout le mandat par leur absence d’idées et leur servilité inégalable. Mais le super vendeur Mimi-la-Malice clame partout que sa liste va étonner et qu’il a une « recrue de choix ». Aux dernières nouvelles, la recrue de choix serait Christian Brocas, l’homme qui a passé six ans à tailler Max Brisson qu’il soutenait en 2014 et Michel Veunac qu’il soutient désormais. C’était notre rubrique : pour une gamelle, je suis prêt à tout.

MONSIEUR X OU MONSIEUR Y ? – Chaque semaine, Bisque, Bisque, Basque ! s’extasie devant la malice de la rubrique politique de La Semaine du Pays basque, avec une Marquise de Vérité très bien informée et un Monsieur X qui, sous couvert de décoder la vie politique biarrote, encense Veunac au-delà de tout. Pas de chance pour l’hebdomadaire local, Bisque, Bisque, Basque ! a son propre informateur, Monsieur Y, très proche du président. Selon Monsieur Y, Macron a compris depuis fort longtemps les limites de Veunac et ne le tient pas en haute estime comme en témoignent les discours d’après G7 où le nom du maire de Biarritz avait été soigneusement biffé. Monsieur X et Monsieur Y ? Sûrement deux collègues de bureau qui se détestent !

ET MAINTENANT LA MOMOBILE. – Maïder Arostéguy sillonne les quartiers avec un monospace gris que ses colistiers surnomment la « Mamamobile ». Depuis ce week-end, Nathalie Motsch a jeté son dévolu sur un véhicule électrique du plus bel effet que l’on surnommera la « Momobile ». En appréciant le clin d’oeil appuyé fait à Jean-Baptiste Aldigé et aux supporters du BO avec les belles couleurs rouge et blanc du véhicule.

Un Didier Guillaume très convenu

Le ministre de l’Agriculture s’est livré à un prêchi-prêcha électoral fort prévisible avec la volonté affirmée de ne surtout fâcher personne.

Non, l’homme au chapeau Serge Istèque n’est pas là par hasard sur la photo, mais au terme d’une stratégie très élaborée.

La déclaration de candidature d’un homme politique est au journalisme ce que la leçon de mathématiques est au cancre. Un moment qui pourrait être d’un ennui mortel si le paysage derrière la fenêtre ne venait sauver le mauvais élève et la succulente comédie humaine qui se déroule dans ces occasions divertir le porteur de stylo. Foule des grands jours, samedi matin, dans le hall du jai-aläï d’Aguilera, à l’occasion de la conférence de presse donnée par Didier Guillaume. Les médias nationaux sont nombreux tandis que, côté supporters, nous assistons à un raccourci saisissant de tout ce qu’est devenue LaRem, cette lessiveuse idéologique apte à lyophiliser toutes les convictions les plus établies, qui permet aux Républicains bon teint, aux rares représentants de la gauche et aux Abertzale de se taper désormais sur le ventre sans complexe.

C’est une cohorte enamourée qui arrive dans le sillage de Didier Guillaume où l’on reconnaît Guy Lafite, Michel Poueyts, mais aussi Régine Daguerre, Frédéric Domège, Alain Pouyau ou la présidente de « Femmes de droite » Maria François.

Un câlin électoral pas très défenestrant

Et c’est là qu’il convient d’admirer, alors que la conférence de presse n’a pas encore démarré, la capacité à jouer placé de certains. Prenez par exemple le président de l’association des commerçants des halles, l’homme au chapeau gris de la photo, Serge Istèque. Négligemment, quinze minutes avant que Didier Guillaume ne prenne la parole, il va s’installer au pied du pupitre juste à côté du micro en devisant avec ceux qui passent. Et bien malin celui qui l’en délogera ! Philippe Nalpas fera une tentative pour que l’espace autour du candidat se dégage mais en vain. Andy Wahrol avait précisé que chaque individu connaitrait son « quart d’heure de célébrité » mais avait oublié de préciser à quelles contorsions il fallait se livrer pour y arriver.

Après des préliminaires aussi prévisibles, il était clair que le « câlin électoral » prodigué par le candidat ministre n’allait pas être du genre défenestrant. Quelques punchline bien troussées afin de donner un peu de picore aux médias « Je ne viens pas là par amour mais par raison ». Des critiques tellement diaphanes, tellement voilées, que seuls les connaisseurs, adeptes de l’entre-soi, peuvent les décoder. « Biarritz a besoin d’une nouvelle impulsion », façon en creux de dire qu’il est grand temps pour papy Veunac de s’occuper de ses petits-enfants. Enfin des promesses de « passer à la vitesse supérieure » pour « faire rayonner notre ville en France et à l’international ». Trop d’imagination tue l’imagination !

Ajoutez au passage un hommage appuyé au premier adjoint : « Je veux saluer le Premier adjoint qui a réussi à ce que les Finances soient très bonnes », ce qui montre bien que Didier Guillaume n’est pas souvent à Biarritz et n’a pas encore découvert les dettes planquées sous le tapis par « La Faillite nous voilà ! », avant de préciser dans un heureux mouvement de balancier « Aucun des adjoints de l’actuelle municipalité ne sera adjoint dans la prochaine ».  

Rajoutez la nécessité de « faire travailler ensemble des hommes et des femmes », la promesse d’une « ville citoyenne » et la belle réponse du présumé parachuté « Les racines les plus fortes sont celles que l’on se choisit ».  Comme vous le découvrez en lisant cet article, vous avez bien fait de rester aux halles à prendre un café plutôt que de monter jusqu’à Aguilera.

Non au parachute de secours

Même sentiment de malaise lors du pot qui suit la déclaration de candidature. De l’attaché de presse qui vient vous expliquer qu’il a beaucoup insisté pour que Bisque, Bisque, Basque ! soit convié, comme si le fait d’être ou non invité allait changer quoi que ce soit à l’esprit d’impertinence assumé par ce blog, à tous ces élus qui vous expliquent que depuis le premier jour ce mandat est un désastre (pourquoi diable ne se sont-ils pas manifestés bruyamment pour dénoncer l’incurie de Veunac aux côtés des Nathalie Motsch ou Maïder Arostéguy ?), on a le sentiment d’être dans le vieux monde des élites qui estiment que le citoyen ordinaire n’a pas à connaître la vérité. Sentiment renforcé par le discours de Didier Guillaume qui ne veut attaquer personne et surtout pas se risquer à faire le bilan de son prédécesseur alors que la population est totalement traumatisée par ce qui s’est passé pendant six ans.

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’exercice est difficile et que l’on a rarement vu un homme politique à son avantage dans cet exercice. On sent que Didier Guillaume en a sous la pédale et serait à la tête de la Ville d’une toute autre dimension que l’actuel maire. En tant qu’homme de gauche, j’ai envie de croire en lui et l’on va donc lui faire crédit au moins jusqu’à sa prochaine réunion publique, en espérant que le candidat va enfin fendre l’armure. Mais certains détails ne trompent pas. Il est des hommes amoureux qui quittent tout du jour au lendemain pour suivre la femme qu’ils aiment. Il en est d’autres qui naviguent de longs mois entre épouse légitime et maîtresse avant de voir comment les événements tourneront. Didier Guillaume a annoncé qu’il démissionnerait du ministère de l’Agriculture s’il était élu. Ce qui est une façon de dire qu’il va faire campagne à Biarritz en fin de semaine tout en occupant son poste de ministre le reste du temps. « Biarritz est la seule ville non capitale connue dans le monde entier » affirme l’intéressé.

Alors peut-être que la moindre des choses était de se consacrer à plein temps à Biarritz et de prouver aux Biarrots, en démissionnant de ses fonctions, qu’on est prêt à prendre tous les risques pour diriger la ville qu’on aime, au lieu de garder… un parachute de secours.

Être de gauche n’est pas une maladie honteuse

À plusieurs reprises, des Biarrots sont venus m’aborder avec la mine de conspirateurs désireux d’évoquer les turpitudes de Gabriel Matzneff avec les adolescents pré-pubères : « On voterait bien pour lui, mais Didier Guillaume est de gauche ». Comme si je n’avais pas l’information ! Je déplore justement que pas une fois lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture n’ait cru bon d’évoquer son long cheminement à gauche ou ses « valeurs de gauche » avant de se rallier à Emmanuel Macron.

Plus que jamais, le communiqué de Mathieu Accoh, au nom des Insoumis biarrots, pose les bonnes questions : « Qui me représente en tant qu’électeur biarrot ? » C’est donc avec plaisir que nous le publions dans son intégralité.

Mathieu Accoh, porte-parole des Insoumis biarrots (Photo Sud Ouest)

« L’électorat de Biarritz soucieux de justice sociale, d’égalité, de transparence démocratique et d’indépendance par rapport aux intérêts économiques peut légitimement se poser cette question : qui me représente ? Qui aujourd’hui parmi les chômeurs, les ouvriers, les employés, les personnels précaires, les retraités aux petits revenus, l’ensemble des classes populaires pour résumer, est représenté au Sénat, à l’Assemblée nationale ou plus près de nous au conseil municipal ? Cette partie de la population est-elle vouée à ne même plus pouvoir se rendre aux urnes dans une ville comme Biarritz ? Des centaines de milliers de Français ont manifesté leur détresse et leur colère pendant des mois sur les ronds-points, ont battu le pavé depuis des semaines pour défendre notre système de retraite. Et pourtant la volonté et les intérêts de cette majorité sont systématiquement piétinés et humiliés. Pour l’instant huit listes semblent se rassembler dans le souci de ne pas paraître « à gauche » comme si l’idéal de services publics de qualité, d’égalité dans la redistribution des richesses, de démocratie, de préservation des biens communs et de nos écosystèmes n’était plus qu’un lointain souvenir et tout sauf un objectif. C’est face à ce trop-plein unicolore qui semble se satisfaire de la contagion de la pauvreté, de l’accumulation insensée et ostentatoire de richesse, de la destruction d’une nature que le capitalisme vert n’enrayera pas, que nous, insoumis biarrots, écologistes, citoyens investis dans la vie associative, décidons de nous engager dans cette campagne électorale. Nous avons le souci de représenter l’électorat de gauche et d’empêcher la division des listes partageant la même fibre écologique et sociale, c’est pourquoi nous allons œuvrer à l’unité dans les prochaines semaines en espérant que les Biarrots soucieux d’une vie plus juste et plus proche de la nature trouveront une réponse dans nos propositions. »

Mathieu Accoh, pour les Insoumis biarrots

Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

Guillaume pose ses couilles sur la table

En annonçant sa candidature, le ministre de l’Agriculture fait sacrément bouger les lignes de la future élection municipale.

Quand votre maison est en feu, vous ne vous préoccupez pas de savoir si votre sauveteur est basque, béarnais ou drômois d’origine. On reproche trop souvent aux politiques de gérer leur carrière comme des petits boutiquiers pour ne pas saluer le panache avec lequel le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume vient d’annoncer qu’il serait candidat aux prochaines élections municipales, précisant même qu’il ne demanderait pas l’investiture LRem, investiture probablement déjà attribuée à Michel Veunac.

La politique consiste à prendre des risques et Didier Guillaume en faisant fi de toutes les conventions et en s’opposant au duo Veunac-Lemoyne démontre un sens de l’analyse politique certain. Si Veunac avait simplement été un maire médiocre, la candidature de Guillaume n’aurait guère été judicieuse. Mais nous venons de vivre le mandat le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz, avec un maire de 74 ans qui souhaite se représenter en compagnie de quelques invendus de la vie municipale façon Destizon ou Castaignède ou du bien fade sous-ministre Jean-Baptiste Lemoyne. Une rupture, un retour à un fonctionnement démocratique et à une transparence de la vie municipale s’imposent et pour toutes ces raisons, la candidature de Didier Guillaume est une bonne nouvelle.

Le moment opportun

Et tout d’abord ayons tous une pensée émue pour tous les professionnels de la gamelle, ceux dont le seul souci d’un mandat à l’autre est de conserver un poste et les indemnités afférentes. Ils ont bien conscience de miser sur une Rossinante en choisissant Veunac. Mais comme ils étaient persuadés que Didier Guillaume n’irait pas à l’affrontement faute d’avoir obtenu l’investiture, nombreux étaient ceux prêts à jouer Veunac pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Or, ce n’est un secret pour personne, Veunac a beaucoup de mal à bâtir sa liste malgré ses tentatives de ratisser large, comme en témoigne la pauvreté de ses quinze soutiens lors de sa conférence de presse aux « Baigneuses », où il a paru en brasse coulée, pérorant sur sa santé et affirmant être en pleine forme comme jamais, ce qui saute aux yeux de tous.

Exemple drôle au possible et tellement révélateur, Michel Veunac a invité jeudi dernier à midi au Bar Jean Serge Istèque pour lui annoncer qu’il était prêt à l’accueillir sur sa liste. Il n’est vraiment pas rancunier, notre Mimi, ou sacrément démuni pour ratisser aussi large avec quelqu’un qui avait dit pis que pendre de lui. Ce n’est plus Biarritz années folles, mais Biarritz élections folles!

En annonçant sa candidature dès le 5 décembre, même s’il ne pourra être actif qu’à partir de janvier, Guillaume joue donc finement le coup et peut espérer coiffer sur le poteau son rival.

Attendre et voir avant de se pâmer

Sud Ouest web du 6 décembre

Qu’on ne se méprenne pas, Bisque, Bisque, Basque ! ne vient pas de tomber en soudaine pâmoison devant un ministre de l’Agriculture qu’il n’a jamais rencontré et à qui il n’a jamais parlé. Comme nombre d’électeurs biarrots, on va attendre les premières déclarations, les premières réunions publiques, l’annonce des premiers soutiens pour se faire une opinion plus précise et décider pour qui voter. Hommage involontaire à Bisque, Bisque, Basque ! ou plus probablement hasard complet, le candidat Guillaume, en réponse à ce blog qui annonçait que Veunac faisait du vieux avec du vieux, affirme dans Sud Ouest (7/12) : « Je ne ferai pas du neuf avec du vieux ».

On le souhaite vivement tant la nécessité d’une rupture avec les pratiques d’un Didier Borotra ou d’un Michel Veunac est vitale. On sait que Michel Poueyts est le grand copain de Didier Guillaume, que Guy Lafite qui a décidément l’âme d’un second fait les yeux de Chimène au nouveau candidat, que Ghis Haye va nous ressortir ses « valeurs de gauche » pour tenter de monter dans le char à bœufs du ministre de l’Agriculture.

Mais, malgré toutes ces réserves, il peut être intéressant d’avoir à la tête de Biarritz un homme d’envergure nationale qui est promis à jouer un rôle décisif aux côtés de Macron dans la future élection présidentielle de 2022 (Guillaume n’a pas de mérite, Macron n’a quasiment personne à gauche et ne peut s’appuyer ni sur Collomb ni sur Ferrand compte tenu de leurs casseroles judiciaires). À condition que les petites souris de la liste ne dansent pas quand il n’est pas là et ne reprennent pas leurs mauvaises habitudes de copinage et coquinage. Si on élit Didier Guillaume comme maire pour avoir Lafite et Poueyts aux commandes, vieux chevaux de retour aussi démonétisés que Destizon ou Castaignède, où est l’intérêt ?

Aller chercher les talents où ils sont

Et l’on en vient à ces listes d’opposition à Veunac pour lesquelles Bisque, Bisque, Basque ! éprouve beaucoup de sympathie. Dans les quadras-quinquas qui se présentent actuellement, il y a incontestablement des talents et des qualités : on aime le sens du contact et la réelle empathie de Maïder Arsotéguy  pour les Biarrots. Malgré son côté Bisounours qui ne veut se fâcher avec personne, on apprécie le côté sympa et les idées de Guillaume Barucq. On a de la sympathie pour la culture politique de François Xavier Menou et pour l’implication de son équipe. On admire aussi l’intelligence, le sens politique et le courage de Nathalie Motsch et, même s’il n’est pas de la même génération que les autres, on apprécie aussi la haute idée que se fait Jacques-André Schneck du rôle de maire.

Bisque, Bisque, Basque !  n’a qu’un reproche à formuler à tous ces candidats qui pensent à juste titre que Biarritz va dans le mur en continuant avec Veunac et qu’il convient désormais de moraliser la vie publique. Il ne suffit pas d’être jeune pour faire de la politique autrement. Chacun affirme avoir tout tenté pour s’allier avec les autres, ce qui reste à vérifier. Mais ces « jeunes » candidats pratiquent un peu une politique à l’ancienne en estimant qu’ils doivent obligatoirement être têtes de liste et que les autres doivent s’allier à eux. Et compte tenu de la « prime au sortant » dont bénéficie tout maire qui sollicite un renouvellement de mandat, on pouvait redouter que la machine à perdre soit en marche, chacun affirmant que la pire catastrophe serait d’avoir Veunac à la tête de la Ville pour un deuxième mandat, mais ne faisant concrètement rien pour remédier à cette tuile prévisible.

Il n’est pas déshonorant de s’allier

La candidature de Didier Guillaume modifie profondément la donne, car elle laisse entrevoir une défaite possible de Veunac, ce qui constitue l’espoir suprême de tous ceux qui suivent de près la vie politique biarrote. Celui qui est encore ministre de l’Agriculture annonce qu’il va bâtir une liste élargie. Ce qui est absolument nécessaire compte tenu de la prévisible dispersion des voix. Il n’est pas déshonorant d’être le numéro deux d’un ministre, son relais biarrot quand ses fonctions le retiennent à Paris. Et c’est probablement là une occasion unique d’apprendre son métier de futur maire et de comprendre la complexité du mille-feuilles administratif français où seuls les plus malins décrochent des subventions.

En ce sens, les semaines qui s’annoncent vont être passionnantes, même si la vie pour les « petites » listes va désormais être difficile car les médias vont se focaliser sur le duel opposant un ministre à un secrétaire d’État planqué derrière un vieux maire. Biarritz a besoin d’un gouvernement de salut public pour mettre fin à toutes les dérives municipales et l’arrivée de Dider Guillaume devrait permettre de créer des alliances susceptibles de faire espérer la victoire.

Pour ma part, je ne sais pas encore pour qui je vais voter mais si au deuxième tour, on retrouvait face à face un Drômois parachuté vivant sur la Côte basque depuis trente ans face à un pur Biarrot septuagénaire et incompétent, le choix serait vite fait. Quand la maison est en feu, il ne faut surtout pas mégoter.

Décidément, tout le monde en pince pour Didier Guillaume

Un mail « secret » de Serge Istèque nous apprend que ce sont maintenant les élus abertzale Poueyts et Daguerre qui se désolidarisent de Veunac pour faire du gringue au ministre de l’Agriculture.

Ourdir des plans secrets et se faire gauler comme un débutant à cause d’une simple erreur d’adressage mail ! C’est la mésaventure qui vient d’arriver à notre sémillant Serge Istèque. Le président de l’association des commerçants Biarritz les Halles, mais aussi président de l’Office de commerce et de l’artisanat de Biarritz et président de l’association Biarritz années folles, devrait observer une stricte neutralité politique compte tenu de ses fonctions. On va voir que ce n’est pas tout à fait le cas et qu’il peut légitimement postuler à la présidence des sous-mariniers lanceurs de torpilles.

 En effet, l’homme qui souhaite que la villa Fal devienne une école de mode a visiblement une très haute opinion de Michel Veunac et l’exprime dans un mail signé aussi par Michel Poueyts et Régine Daguerre, Peio Abeberry et Maguy Mirande.

Lundi 25 novembre, Serge Istèque ouvre donc son ordinateur pour envoyer « aux amis politiques susceptibles de nous soutenir dès maintenant » son projet d’appel à la candidature de Didier Guillaume. Mais quand on veut éviter de l’adresser « aux personnes dont les idées sont déjà arrêtées », mieux vaut ne pas s’emmêler la souris dans les adresses mails, ce qui n’a pas été le cas. Après Michel Poueyts qui ne lâche pas d’une semelle Didier Guillaume lors de ses visites à Biarritz, ce nouvel épisode, révélateur de l’amateurisme qui règne actuellement dans la vie politique biarrote nous montre l’état totalement délétère de la majorité municipale.

Mais ça, les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! le savent depuis longtemps. Si Michel Veunac réussit à se faire réélire en mars 2020, ce sera le plus grand hold-up de la Côte basque.

Le texte de Serge Istèque signé par Poueyts et Daguerre

L’orthographe, même si elle peut surprendre (Lemoine au lieu de Lemoyne) a été laissée telle quelle.

Serge Istèque avec Michel Poueyts et Régine Daguerre. (Photo Sud Ouest)

Adixkide Maiteak,

Nous souhaitons vous informer personnellement, avant la presse, que nous sommes signataires de l’appel que vous découvrirez en pièce attachée. Nous vous invitons (voir liste des destinataires) à nous accompagner dans cette démarche et à signer cet appel avec nous !

Pourquoi ?

La manière d’aborder les municipales à Biarritz n’est pas actuellement compatible avec celle de Bayonne, St Jean de Luz ou St Jean Pied de Port.

Chaque ville à son histoire et sa manière singulière, plurielle ou particulière, de gérer, d’administrer et d’organiser la vie d’une commune. Biarritz Autrement, Elkartu, chacun à sa manière avec ses différences, ont prouvé, en son temps, qu’à chaque élection municipale, il y a une nouvelle vague à prendre à Biarritz.

Le principe d’une liste abertzale ouverte avait été adopté en novembre 2018 à l’unanimité des personnes présentes ou représentées à la maison des associations de Biarritz.

Cette démarche n’a pas été suivie par la majorité des 29 personnes présentes à cette réunion. La raison essentielle fait suite à l’annonce, au printemps 2019, dans la presse, sans concertation avec la base, d’un communiqué des responsables politiques de la section locale EH BAI, de la création d’une liste EH BAI abertzale de gauche à Biarritz. Ainsi la liste ouverte désirée par les uns et les autres était morte née ; car annoncer une démarche électorale à Biarritz, apparentée à une organisation politique abertzale degauche devient dans la foulée de la déclaration, un repoussoir pour tous ceux qui ne veulent pas être encartés politiquement. Ne nous trompons pas d’élection ! Nous savons de quoi nous parlons puisque aux départementales de 2015, Régine Daguerre et Serge Isteque étaient les candidats EH BAI BIARRITZ. Si tous les autres RDV électoraux sont politisés, les municipales sont des élections de proximité où le vivre ensemble demeure la première valeur de tout électeur.

Repartir comme en 14 avec Michel Veunac, n’ést plus, aujourd’hui sérieusement et politiquement opportun. Très honnêtement vis-à-vis des électeurs, celui qui veut rester coute que coute 1er magistrat de la ville, 6 ans de plus, n’est plus en capacité de le l’être. Il le dit lui-même puisqu’il a décidé tout seul, de faire appel à Monsieur Lemoine, secrètaire d’Etat, inconnu au Pays Basque, mais reconnu pour ses positions de la droite dure traditionnelle LR. Actif représentant LR aux manifestations pour tous, avec pour leitmotivs : l’IVG le droit de la famille et le respect de l’enfant, la PMA, l’homoparentalité, le mariage pour tous etc.  Michel Veunac lui laisserait sa place au bout de deux ans. Aussi, la démarche dans laquelle nous étions associé à MV en 2014 « Mon parti c’est Biarritz » devient pour 2020 « Mon parti c’est Veunac » pour devenir dans 2 ans « Mon parti c’est Lemoine »

À moins de quatre mois des élections municipales, la ville de Biarritz est plongée dans une grande incertitude politique.

Les Biarrots observent incrédules la multiplication des listes.

Ils constatent qu’elles ne reposent que sur des ambitions personnelles et ne recherchent dès à présent, par de petits arrangements futurs, qu’un accord de second tour pour pouvoir se placer. Tout cela interpelle les Biarrots et donne une image dégradée de notre ville au Pays Basque.

Biarritz a besoin d’autre chose que d’une telle inconséquence et d’un tel émiettement. Aucune des candidatures actuellement déclarée n’est en effet à même de créer le rassemblement nécessaire à Biarritz et attendu par les Biarrots. Leur seul point commun est de faire battre le maire sortant pour prendre sa place.

Les Biarrots exigent que l’on regroupe nos forces pour réfléchir à ce qui fonde la fierté d’être Biarrot, à ce qui constitue l’identité de notre ville, à ce qui lui donne des atouts pour affirmer la place de notre ville au Pays Basque et à l’international. Toutes les politiques sectorielles découleront de cette réflexion préalable et indispensable: la politique du logement et celle des solidarités, la quête d’une réelle exemplarité dans notre rapport à l’océan et à la transition écologique, l’exploration des voies innovantes du tourisme durable, la recherche de nouvelles dynamiques culturelles et sportives afin de renforcer le sentiment de faire cité tout en assurant le rayonnement de notre ville.

C’est dans ce cadre politique précis, que nous, (par ordre alphabétique) Peio Abeberry, Régine Daguerre, Serge Isteque, Maguy Mirande, Michel Poueyts, de sensibilités aberzale ouvertes et d’horizons professionnels différents. Nous sommes rassemblés par la seule volonté de mener des politiques publiques avec du lien permanent Biarritz-Pays Basque dans notre ville et à l’agglomération. Et en même temps faire que l’Euskara soit le ciment de ce lien naturel.

Pour gagner les élections avec une majorité absolue, nous nous rassemblons dés le 1er tour des prochaines élections municipales du 22 mars 2020.

Didier Guillaume vit au Pays le Pays Basque depuis 30 ans. Son épouse a fait une carrière d’enseignante en Soule, à Chéraute. Aujourd’hui, elle la poursuit sur le BAB à Anglet où elle parle le basque.

DG maitrise parfaitement bien tous les tenants et les aboutissants des dossiers biarrots.

Nous voulons d’une gouvernance plus transparente, plus efficace et plus participative. Nous avons besoin d’un maire qui sache gérer en pratiquant une gouvernance éclairée et diriger avec doigté et fermeté une majorité soudée.

Didier GUILLAUME est l’homme de la situation.

Merci de signer l’appel en pièce attachée en nous adressant, par retour de ce courriel, votre accord.

Berriz Milesker, Agur bero eta zintzoena deneri !

Hautagaiak : Régine, Maguy, Serge, Michel eta Peio.

La gauche si gauche de Haye. La droite si maladroite de Brisson

C’est bien connu, en période électorale, les bonnes paroles n’engagent que les imbéciles qui y croient.

Sud Ouest du 18 novembre.

L’époque étant à la grandiloquence et aux contre-vérités absolues prononcées avec le culot qui convient aux périodes préélectorales, nous ne saurions trop conseiller à tous les passionnés de la vie publique biarrote d’équiper jusqu’en mars leurs sièges de ceintures de sécurité afn d’éviter de choir par surprise en lisant leurs journaux favoris.

Prenez par exemple Jean-Baptiste Lemoyne, ce secrétaire d’État au Tourisme qui n’est connu que de sa concierge et de la sénatrice Frédérique Espagnac mais qui se découvre une passion soudaine pour Biarritz. Est-on vraiment crédible en sortant des bêtises comme « Michel Veunac n’est pas un diseur, c’est un faiseur. Il a réalisé de grandes choses pour Biarritz : l’aéroport, l’hôtel du Palais… Il laisse le « tout à l’égo » aux autres car il a plus d’ambition pour sa ville que pour lui  » ? Tous ceux qui ont pu suivre de près les dossiers évoqués auront du mal à ne pas sourire de cette couronne de lauriers adressée à un homme qui n’aurait aucune ambition personnelle. Si Macron crée un ministère de la Flagornerie lors du prochain remaniement, il va avoir un prétendant de classe mondiale avec Jean-Baptiste Lemoyne.

Que pense le PS de « la gauche loyale » de Ghis Haye ?

Et il ne se passe désormais pas une journée à Biarritz sans son lot de candidats plus ou moins déclarés qui sont visiblement persuadés que c’est en racontant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui. Ghislaine Haye, cette élue qui met en avant ses valeurs de gauche les rares fois où elle prend la parole au conseil municipal, en est un magnifique exemple. Dégoûtée par l’ambiance qui règne au sein de la majorité, elle avait annoncé qu’elle se retirait de la vie politique.

Grand revirement dans Sud Ouest du 18 novembre. Notre brave Ghis’ va finalement donner son corps à la science électorale : « Il est inacceptable pour moi que cette gauche loyale, qui travaille efficacement ne soit pas présente ». On reste confondu devant tant d’abnégation et de dévouement et on savoure particulièrement l’évocation de « la gauche loyale » faite par celle qui, avec Alain Robert et Jeanine Blanco, n’a absolument pas respecté le vote interne des militants socialistes au moment du débat sur L’Hôtel du Palais et s’est ralliée au maire pour sauver son indemnité d’adjointe. On sortirait presque les mouchoirs quand la même geint sur l’attitude du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume qui « ne l’a jamais contactée » bien qu’elle soit « la seule élue socialiste de l’exécutif… Et pourtant, il sollicite tout le monde à Biarritz ! ». Seule explication pour la pathétique adjointe socialiste : « Son mépris pour les petits élus et les femmes ». Et si, tout simplement, Didier Guillaume manifestait du bon sens en fuyant ce genre d’élue et en ne l’estimant pas digne de représenter la Ville ?

Brisson ne se souvient plus qu’il est élu des Républicains

Mediabask du 18 novembre.

À droite, cela ne va pas mieux si l’on se fie à l’interview un peu surréaliste donné par Max Brisson à Mediabask (18/11). Le sénateur biarrot fait une fois de plus de la politique à sa façon, c’est-à-dire détestable, en affirmant que « Les Biarrots attendent une impulsion nouvelle », ce qui ne mange pas de pain, avant d’affirmer que « L’offre actuelle me déçoit, elle ne me convient pas, donc je ne procède pour l’instant à aucune élimination. ». Rappelons tout de même que Max Brisson a été élu sénateur sous l’étiquette Les Républicains, qu’une des candidates, Maïder Arostéguy, a obtenu l’investiture LR et que la moindre des choses dans ce cas-là, quand on respecte le maillot que l’on porte, est de s’abstenir de tout commentaire contre la candidate de son camp, même si l’on n’est pas capable d’imaginer quelqu’un d’autre que soi à la mairie.

Mais il y a plus fort encore. Si l’on en croit La Semaine du Pays basque (22/11) Max Brisson, en compagnie de Michel Poueyts, aurait signé une lettre destinée à Macron pour que Didier Guillaume reçoive l’investiture LARem. Et plus fort encore, des signataires se sont retrouvés à l’insu de leur plein gré mentionnés dans la lettre, comme Laurent Borotra qui avait refusé catégoriquement l’idée. Un sénateur républicain qui vole au secours d’un socialiste repeint aux couleurs En Marche, ça doit être ça l’ouverture façon Biarritz.

Heureusement que Christian Jacob ne doit plus avoir grand monde sur qui compter car on a connu des élus exclus de leur parti pour beaucoup moins que ça.

Papy manœuvre comme un chef

Bisque, Bisque, Basque ! l’a souvent écrit : prenez tout ce petit monde qui s’agite actuellement pour décrocher l’écharpe tricolore et expédiez-le dans un des îlots où s’est tourné Koh Lanta. À la dizaine de candidats affamés qui vont concourir en mars prochain, ne laissez à manger qu’une seule noix de coco. Vous pouvez être certains que c’est Veunac qui s’en emparera.

Difficile de décrire avec précision, une situation particulièrement mouvante même si beaucoup d’informations filtrent de Paris. G7 oblige, Macron souhaite « débrancher » Veunac en douceur, ce qu’a bien compris notre Mimi-La-Malice local. Le week-end dernier il était encore à Paris pour négocier son cas et tenter d’obtenir l’investiture LaREM. Et il clame partout qu’il se présentera quoi qu’il arrive. Info ou intox ? Les deux probablement et une très belle manière de faire monter les enchères.

Comme en témoigne sa déclaration de patrimoine déposée en 2014 au moment de son élection, Veunac était loin de rouler sur l’or en 2014. Quand on a pris l’habitude d’être invité partout et de gagner 8 000 euros par mois, il doit être assez difficile de renoncer à ce genre de facilité. Il suffit alors de dire qu’on est uniquement préoccupé par « l’intérêt supérieur des Biarrots »  pour se représenter en se drapant dans la vertu. La République regorge de fromages qui offrent beaucoup d’argent pour peu de travail et Macron a probablement réfléchi à cette hypothèse, seule capable de faire renoncer ce maire décrié de 74 ans qui semble incapable de mener à bien un second mandat.

Mais le pouvoir est une drogue dure et Michel Veunac savoure certainement la revanche qu’il prend sur tous ceux qui l’ont méprisé de Borotra à Brisson. Et il est fort possible que rien ne puisse le convaincre de renoncer à l’élection. D’autant plus qu’il va intégrer Jean-Baptiste Lemoyne, et probablement l’ex-patron de la SNCF et néoretraité biarrot, Guillaume Pepy dans sa liste. Et force est de constater que ce maire au bilan catastrophique aura une fois de plus manœuvré comme un chef.

Didier Guillaume de son côté est totalement coincé. Il est prêt, sa candidature intéresse les Biarrots même si certains crient au parachutage, et l’actuel ministre de l’Agriculture se déclare persuadé de gagner la Ville. On espère seulement s’il l’emporte qu’il n’invitera pas dans sa liste des candidats de l’ancien monde comme Guy Lafite ou Michel Poueyts, tant ces deux-là incarnent tout ce que détestent les Biarrots.

Mais Didier Guillaume, qui va jouer un rôle majeur dans la future campagne présidentielle de Macron (ses soutiens à gauche sont plutôt rares) ne peut pas se permettre le luxe d’un affrontement avec Veunac et Lemoyne. Il se présentera, comme le souhaite Macron, uniquement si Veunac accepte un poste honorifique et se laisse débrancher en douceur.

Ce qui est loin d’être fait.

Et comme Max Brisson, qui rêve d’un poste de conseiller communautaire pour s’emparer à terme de l’Agglo, a bien compris que Veunac, avec Lemoyne et Pepy, n’a pas vraiment besoin de lui, il pose des jalons dans toutes les listes pour tenter de faire partie de l’équipée gagnante.

Vous l’avez compris, en politique, la seule chose qui compte ce sont les convictions.

Saint-Cricq, toute honte bue…

Inconscience totale ou billard à douze bandes, l’avocat biarrot, malgré le mandat controversé qu’il vient d’accomplir, se déclare candidat.

Les livres d’histoire sont formels : quand Jésus, suite aux ennuis que vous connaissez, a dû abandonner la présidence du parti démocrate chrétien, son copain Judas s’est contenté de raser les murs et ne s’est pas porté candidat pour lui succéder.

Vingt et un siècles plus tard, les hommes restent toujours autant pétris de contradictions. Prenez par exemple l’avocat Saint-Cricq. Une décennie d’opposition admirable à Borotra puis à Veunac, un combat dantesque contre la Cité de l’Océan, un solide bon sens dans la lecture des budgets, une façon plus que respectable d’être le porte-parole des citoyens. Et puis soudain, à partir de juillet 2018, alors que Michel Veunac va être mis en minorité dans sa propre majorité à propos de L’Hôtel du Palais, le grand pourfendeur des dérives municipales saute sur les genoux du maire, trouve étonnament que « tout va dans le bon sens » et se met à louer les finances rétablies et à applaudir la cité de l’Océan enfin sauvée.

L’élu explique qu’il est un homme de conviction qui dit ce qu’il pense.

La population, avec son mauvais esprit habituel, perçoit comme une totale traîtrise l’attitude de celui qui était le meilleur opposant et lui en garde une rancune certaine. Jamais, de mémoire de Biarrot, un élu n’avait été hué comme cela en plein conseil municipal.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, notre homme, après une tentative d’incendie début 2019 de sa maison dans la nuit suivant un conseil municipal où il avait brillé par son inexistence, avait cru bon d’affirmer qu’il s’agissait probablement d’une vengeance politique. La police ne tardera pas à découvrir la coupable, une SDF allemande n’ayant jamais entendu parler des exploits politiques du conseiller municipal Saint-Cricq. La vie est cruelle, parfois !

Après un tel palmarès, à la place de Jean-Benoît Saint-Cricq, on aurait rasé les murs, en visant au mieux une place au chaud dans la liste conduite par Veunac, l’homme  à qui il trouve désormais toutes les qualités. Mais Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé qu’un grand destin l’attend et il se lance donc lui aussi dans cette course électorale qui, à Biarritz, ressemble de plus en plus à une guignolade permanente avec chaque semaine un nouveau candidat.

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent  » (Edgar Faure)

Trois lectures sont possibles pour expliquer cette décision :

– Veunac a toujours adoré les petites listes qui « pompent » des voix à ses rivaux. Avec l’amabilité qui le caractérise, pour nuire à Brisson, il avait aidé en 2014 Frank Perrin à boucler sa liste du Front National de l’époque en envoyant quelques épouses de ses propres candidats qui s’étaient présentées sous leurs noms de jeunes filles et leurs deuxièmes prénoms. On imagine très bien Veunac flatter Saint-Cricq et lui dire qu’ils se rallieront au soir du deuxième tour. Toutes les voix qu’il prendra à Arostéguy ou Motsch seront les bienvenues dans cette course à l’écharpe tricolore.

– Saint-Cricq a compris que Veunac n’allait pas se présenter malgré ses déclarations et se contenter du hochet présidentiel que LaRem cherche à lui donner pour prix de son effacement. Difficile pour l’avocat biarrot de partir sur une liste Didier Guillaume-Lafite-Poueyts. Saint-Cricq va donc chercher à faire prospérer sa petite boutique en espérant pouvoir bien la vendre au soir du premier tour et hériter enfin de ce poste d’adjoint à la Culture dont il rêve tant.

– Enfin, de la même façon que Judas répétait à qui voulait l’entendre, « Je suis un mec bien ! », contre toute évidence, et en dépit de tout ce qu’il a fait lors du dernier mandat, l’avocat biarrot croit réellement en ses chances électorales. « Je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je veux emporter l’adhésion des Biarrots », confie-t-il à Sud Ouest, tandis qu’il avoue à sa garde rapprochée « Je veux mesurer mon poids !».

L’avocat semble juste oublier que le vent souffle souvent beaucoup plus fort à Biarritz qu’à Jérusalem et qu’à la première bourrasque le poids plume politique qu’il est devenu pourrait bien être emporté à tout jamais.

 

Repères : Vous mesurerez les changements de ton entre 2017, 2018 et 2019

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

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https://jeanyvesviollier.com/2019/09/27/les-sous-doues-sont-de-sortie/

Mairie au bord de la crise de nerfs

Le prochain conseil municipal s’annonce crucial avec le vote du contrat de gestion pour l’Hôtel du Palais. En attendant, Veunac insulte ses adjoints, trépigne, mais se garde bien de communiquer le moindre chiffre à son équipe.

C’est Guillaume Barucq qui résume le mieux ce surréaliste conseil municipal du 30 juillet dernier : « Avec mon groupe, nous avons beaucoup réfléchi avant de prendre la décision de voter contre la signature d’un bail emphytéotique de 75 ans en faveur de la Socomix. Et naturellement, nous avons regardé tout ce qu’avait dit et écrit Jean-Benoît Saint-Cricq en 2017 sur L’Hôtel du Palais. Toute son argumentation sur les risques que cette décision fait courir à la Ville était très cohérente et pertinente. En votant contre la signature de ce bail, nous ne nous attendions vraiment pas à retrouver Saint-Cricq dans le camp du maire ».

Interrogés par Bisque, Bisque, Basque ! plusieurs journalistes politiques confirment que Biarritz est une ville à part politiquement. « Le changement de camp est monnaie courante en politique. Mais voir les opposants de deux listes du premier tour (NDLR : Saint-Cricq mais aussi Domège, Puyau et probablement Darrigade) voter sans complexe en faveur du maire, je crois que c’est de l’inédit en France, commente ce journaliste du « Canard enchaîné ». Est-ce qu’ils ont cru que leur ralliement allait passer inaperçu un 30 juillet ? On peut imaginer que des promesses ont été faites, car le bon goût pour l’opposition dans une situation comme celle-là où le maire va être mis en minorité par sa propre majorité, c’est a minima de s’abstenir ».

Cet ancien et aimable confrère s’il connaît parfaitement le dicton voulant que « les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient », n’a jamais eu l’occasion de croiser Veunac et de découvrir son sens de la survie. Mettez-le maire de Biarritz avec son conseil municipal dans une île déserte, façon Koh-Lanta, ne laissez qu’une seule noix de coco et vous pouvez être tranquille, elle sera pour lui !

Récit d’un mois d’août terrible où les vacances des conseillers municipaux n’ont pas été tout à fait paisibles.

RÉUNION D’ADJOINTS OU BATAILLE DE COUR D’ÉCOLE ?

Ulcéré par cette victoire à la Pyrrhus 18 voix à 17 qui montre qu’il ne maîtrise plus sa majorité, Veunac décide de convoquer trois jours après le conseil du 30 juillet une réunion d’adjoints. Sans ordre du jour annoncé. Pendant trente secondes environ, Veunac semble calme avant d’exploser aux premières questions : « On n’est pas là pour parler du fond mais de la forme ! » Visiblement, endetter la Ville pour 75 ans n’a rien de grave, mais s’élever contre une décision du maire est un pur scandale. Et les mots doux de voler à l’adresse des supposés félons, Barucq, Motsch et Mimiague, même si cette dernière est absente. « Affaire déloyale… Complot… Coup de poignard à la majorité ». Un participant confie son trouble : « Cette réunion a été d’une violence inouïe. Barucq et Motsch se sont bien défendus et ont argumenté. Ils ont prouvé qu’ils avaient du caractère et méritaient d’être écoutés, mais Veunac était hors de lui. Nous nous sommes rendus compte, lors de cette réunion d’adjoints, que personne n’avait eu le moindre chiffre, la moindre information et qu’on nous a demandés comme l’a courageusement affirmé Madame Motsch de « voter les yeux bandés » sans savoir qui sont les prêteurs, quelles sont les garanties, ou le business-plan. C’est de la folie. »

L’engueulade ou plutôt la bataille de cour d’école va durer près de quatre-vingt dix minutes, sans que jamais le moindre élément d’information ne soit communiqué. Au nom de la discipline de majorité, Veunac ne veut voir qu’une tête et tout le monde doit voter sans comprendre. Si Ghislaine Haye et Patrick Destizon se montrent modérés vis-à-vis de Barucq et Motsch et défendent le pluralisme d’opinion, les autres se déchaînent contre les « traîtres », en particulier Jocelyne Castaignède, Michel Poueyts et Peio Claverie.

« Je me sens particulièrement mal à l’aise, reconnaît l’adjoint qui se confie à Bisque, Bisque, Basque ! Les propos tenus par Lafite et Veunac à l’encontre de Madame Motsch relèvent souvent du sexisme absolu. Veunac s’est permis de parler de « ses ambitions ridicules » et Lafite d’affirmer qu’on ne lui avait pas communiqué les éléments car elle ne les aurait pas compris. Le mépris n’est pas l’idée que je me fais du fonctionnement d’une majorité ».

Tout le monde sort consterné de cette réunion tant le capitaine du navire municipal semble incapable de maîtriser le gros temps.

REDISTRIBUTION TOTALE DES CARTES

Si Veunac n’est pas réélu en 2020 ou si, frappé d’une soudaine crise de lucidité, il décidait de ne pas se représenter, c’est au début du mois d’août 2018 qu’il faudra situer le grand tournant du mandat. Oubliées la majorité et l’opposition avec ce vote où Veunac a voulu forcer le destin et abattu ses cartes beaucoup plus tôt que prévu ! Nombre d’élus sont sortis écoeurés de cette séquence et ont désormais l’impression d’un fossé infranchissable entre la « vieille politique » où tous les coups fourrés sont bons et où les ennemis d’hier deviennent les alliés de demain et une « jeune politique », plus morale, qui se refuse à faire n’importe quoi et à aller contre les intérêts des Biarrots. Des élus qui ne se connaissaient pas ou à peine se parlent désormais et estiment qu’il est urgent de s’unir et de mettre fin à des pratiques déshonorantes. Plusieurs membres de la majorité municipale, même s’ils sont conscients des pressions qu’ils vont subir, envisagent sérieusement de démissionner lors du prochain conseil.

Détail qui ne trompe pas : pour la deuxième fois après l’affaire Bigueyrie, Veunac évoque devant son entourage l’idée de ne pas se représenter en 2020. Coquetterie de vieux politicien qui veut être rassuré (« Michel, t’es le meilleur ! ») et qui n’a pas la moindre envie de renoncer aux avantages dont il bénéficie depuis 2014 ? Sans doute ! Mais Veunac est suffisamment lucide pour savoir que le prochain conseil municipal, avec le vote du contrat de gestion, est loin d’être gagné. L’atmosphère de fin de règne à la mairie est évidente et la petite et de plus en plus mince poignée de fidèles autour de Veunac, passe son temps à compter et recompter les votes possibles de chaque conseiller, à les harceler au téléphone et à envisager les représailles possibles pour les faire changer d’avis en cas de vote défavorable. Quand on vous disait que l’équipe municipale n’a pas passé de bonnes vacances…

LE RECOURS D’AMIGORENA SÈME LA PANIQUE CHEZ HYATT

Les hommes d’affaires comme les banquiers, adorent cultiver la discrétion pour mieux prospérer dans la soie. Le recours au préfet, émis par François Amigorena, pour défaut d’information lors de cette délibération semble tout à fait fondé juridiquement. Et inquiète à juste titre les juristes de la mairie.

En attendant le résultat de cette controverse municipale, l’heureux pressenti pour reprendre les rênes de L’Hôtel du Palais, le consortium américain Hyatt, commence à se demander dans quel palace il vient de se fourrer. Manifestement la lune de miel avec la mairie de Biarritz n’est plus que de l’histoire ancienne et l’enthousiasme actuel pour convoler en justes noces serait des plus modérés. Le groupe Hyatt, sachant qu’il est seul en lice depuis le départ de Four Seasons, devrait donc faire une offre très modique et guère satisfaisante pour la Ville, sachant que le maire est totalement coincé par le calendrier puisqu’il veut un beau Palais tout neuf pour le prochain G7. Pour être bien vu de Macron et, éventuellement, décrocher une investiture LREM aux prochaines municipales, que ne ferait-on pas !

Même manque d’enthousiasme, selon nos informations, du côté des banques qui trouvent le montage financier particulièrement téméraire. Selon nos informations, la Caisse des Dépôts, ne serait pas de la partie et seul le Crédit Agricole, fraîchement réconcilié avec Veunac depuis que la banque a obtenu sans même déposer de dossier à l’Urbanisme l’autorisation de construire à la place de l’ancien garage Honda, participerait encore à la partie sans beaucoup d’enthousiasme.

VEUNAC REGRETTE SON MINITEL

Les emmerdes volant en escadrille, comme aimait à le dire Jacques Chirac, Michel Veunac qui avait voulu faire « d’jeune » en 2014, en ouvrant une page Facebook où il ne mettait plus jamais le nez depuis son élection, vient de découvrir qu’il s’est fait pirater par des petits malins (Sud Ouest, 25/8). Compatissant, Bisque, Bisque, Basque !  est prêt à lui prêter son vieux minitel avec qui le maire se sent manifestement beaucoup plus à l’aise, pour qu’il puisse s’exprimer à nouveau. Après Lafite qui s’était fait piquer son compte Twitter, il ne fait désormais aucun doute que nous avons des champions du numérique à la tête de la Ville.

Plus sérieusement, ce sont les perspectives de nouvelles démissions de membres de la majorité municipale qui inquiètent fortement la garde rapprochée du maire. Peu après le conseil municipal du 30 juillet, Veunac avait décidé, lors du prochain conseil, de retirer leurs délégations à Motsch, Barucq et Mimiague, coupables d’avoir réfléchi par eux-mêmes au lieu de marcher dans les pas du Premier magistrat. Problème, Veunac n’a même plus assez de fidèles à disposition pour occuper tous les postes d’adjoints. Le maire qui ose tout ira-t-il jusqu’à offrir un strapontin aux bons opposants qui l’ont suivi sur ce dossier ? Les paris sont ouverts !

LAFITE COMPLIQUE LE JEU

(Photo Sud Ouest)

S’il est un bon conseil que Bisque, Bisque, Basque ! peut se permettre de donner à Guy et Anne Lafite, c’est de se mettre d’accord sur une version avant d’aller papoter à Biarritz avec les amis. L’affaire paraissait entendue : le brillant argentier municipal ne se représenterait pas en 2020, car sa femme Anne le menaçait de divorce s’il continuait la politique. Mais Anne Lafite, depuis qu’elle a tenu Macron dans ses bras le 15 août 2017 à L’Hôtel du Palais, semble de plus en plus apprécier les fastes de la vie municipale. La menace à l’égard de son mari ne semble plus tout à fait d’actualité.

Pendant ce temps, Guy, l’homme qui ne se trompe jamais, parcourt les rues et s’épanche auprès de ses copains (ou ceux qu’il perçoit comme tels) : « Veunac fait conneries sur conneries. Si je n’étais pas là pour rattraper ses boulettes, je ne sais pas où en serait la Ville ». Sortez vos mouchoirs !

Le hic, c’est que son épouse ne dit pas tout à fait la même chose comme ont pu le vérifier tous ceux qui ont été invités à L’Hôtel du Palais pour le feu d’artifice du 15 août : « Guy va se présenter aux côtés de Michel en 2020. Mon mari a compris qu’il ne serait jamais élu maire de Biarritz, car il est trop à gauche pour les Biarrots ».

Personne n’avait vraiment remarqué le gauchisme de Lafite ni ne l’avait imaginé sur une barricade ou en train de charger les CRS, mais puisque Madame le dit.

Selon des proches du couple, le ralliement à Veunac du Premier adjoint se serait négocié contre la présidence de la Socomix en 2020. On comprend mieux l’enthousiasme des élites dirigeantes de la Ville à refaire un Palais tout neuf aux frais des Biarrots !

Le problème, c’est que ce ralliement n’arrange pas du tout les affaires de Veunac qui s’était promis de se débarrasser de son donneur de leçons favori pour 2020, considérant qu’il ne pèse rien politiquement. Et qui, emporté par l’enthousiasme, avait fait miroiter un poste de premier adjoint à quelque membre de l’opposition fraîchement converti à ses vues.

Difficile de rétrograder un premier adjoint au poste de deuxième adjoint en 2020 et délicat, en ces temps périlleux pour la majorité municipale, d’énerver des alliés de circonstance dont on ne saurait se passer.

Alors vous qui rentrez de vacances, apaisés et détendus, si vous avez une boîte d’aspirine en trop dans votre armoire à pharmacie, n’hésitez pas à la faire parvenir à la mairie. Ils en ont tous bien besoin actuellement !

Nathalie Motsch punie de télé

Fort courageusement l’adjointe à l’Urbanisme a pris clairement position contre le projet du maire le 30 juillet dernier. Malgré des représailles qui durent depuis l’affaire Bigueyrie, où le maire était seul responsable du fiasco. Alors qu’elle avait longuement travaillé sur la stratégie du trait de côte avec le conseil régional, Nathalie Motsch a failli tomber de sa chaise en découvrant mardi dernier l’émission de France 5 « Pays basque : Péril en la demeure ». De Hendaye à Anglet, ce sont des élus pour cette émission tournée il y a plusieurs semaines qui répondent aux questions des journalistes, mais personne n’a daigné informer l’adjointe à l’Urbanisme de ce reportage. « Décision du maire », soupire un fonctionnaire municipal. À la place de Nathalie Motsch, que Veunac a promis de « tuer politiquement », c’est donc Bernard Touret, fonctionnaire responsable de l’urbanisme qui parle sans en avoir référé à sa responsable politique. Démonstration, une nouvelle fois, que plus rien ne fonctionne à la tête de la Ville !

 

 

Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.