Mairie au bord de la crise de nerfs

Le prochain conseil municipal s’annonce crucial avec le vote du contrat de gestion pour l’Hôtel du Palais. En attendant, Veunac insulte ses adjoints, trépigne, mais se garde bien de communiquer le moindre chiffre à son équipe.

C’est Guillaume Barucq qui résume le mieux ce surréaliste conseil municipal du 30 juillet dernier : « Avec mon groupe, nous avons beaucoup réfléchi avant de prendre la décision de voter contre la signature d’un bail emphytéotique de 75 ans en faveur de la Socomix. Et naturellement, nous avons regardé tout ce qu’avait dit et écrit Jean-Benoît Saint-Cricq en 2017 sur L’Hôtel du Palais. Toute son argumentation sur les risques que cette décision fait courir à la Ville était très cohérente et pertinente. En votant contre la signature de ce bail, nous ne nous attendions vraiment pas à retrouver Saint-Cricq dans le camp du maire ».

Interrogés par Bisque, Bisque, Basque ! plusieurs journalistes politiques confirment que Biarritz est une ville à part politiquement. « Le changement de camp est monnaie courante en politique. Mais voir les opposants de deux listes du premier tour (NDLR : Saint-Cricq mais aussi Domège, Puyau et probablement Darrigade) voter sans complexe en faveur du maire, je crois que c’est de l’inédit en France, commente ce journaliste du « Canard enchaîné ». Est-ce qu’ils ont cru que leur ralliement allait passer inaperçu un 30 juillet ? On peut imaginer que des promesses ont été faites, car le bon goût pour l’opposition dans une situation comme celle-là où le maire va être mis en minorité par sa propre majorité, c’est a minima de s’abstenir ».

Cet ancien et aimable confrère s’il connaît parfaitement le dicton voulant que « les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient », n’a jamais eu l’occasion de croiser Veunac et de découvrir son sens de la survie. Mettez-le maire de Biarritz avec son conseil municipal dans une île déserte, façon Koh-Lanta, ne laissez qu’une seule noix de coco et vous pouvez être tranquille, elle sera pour lui !

Récit d’un mois d’août terrible où les vacances des conseillers municipaux n’ont pas été tout à fait paisibles.

RÉUNION D’ADJOINTS OU BATAILLE DE COUR D’ÉCOLE ?

Ulcéré par cette victoire à la Pyrrhus 18 voix à 17 qui montre qu’il ne maîtrise plus sa majorité, Veunac décide de convoquer trois jours après le conseil du 30 juillet une réunion d’adjoints. Sans ordre du jour annoncé. Pendant trente secondes environ, Veunac semble calme avant d’exploser aux premières questions : « On n’est pas là pour parler du fond mais de la forme ! » Visiblement, endetter la Ville pour 75 ans n’a rien de grave, mais s’élever contre une décision du maire est un pur scandale. Et les mots doux de voler à l’adresse des supposés félons, Barucq, Motsch et Mimiague, même si cette dernière est absente. « Affaire déloyale… Complot… Coup de poignard à la majorité ». Un participant confie son trouble : « Cette réunion a été d’une violence inouïe. Barucq et Motsch se sont bien défendus et ont argumenté. Ils ont prouvé qu’ils avaient du caractère et méritaient d’être écoutés, mais Veunac était hors de lui. Nous nous sommes rendus compte, lors de cette réunion d’adjoints, que personne n’avait eu le moindre chiffre, la moindre information et qu’on nous a demandés comme l’a courageusement affirmé Madame Motsch de « voter les yeux bandés » sans savoir qui sont les prêteurs, quelles sont les garanties, ou le business-plan. C’est de la folie. »

L’engueulade ou plutôt la bataille de cour d’école va durer près de quatre-vingt dix minutes, sans que jamais le moindre élément d’information ne soit communiqué. Au nom de la discipline de majorité, Veunac ne veut voir qu’une tête et tout le monde doit voter sans comprendre. Si Ghislaine Haye et Patrick Destizon se montrent modérés vis-à-vis de Barucq et Motsch et défendent le pluralisme d’opinion, les autres se déchaînent contre les « traîtres », en particulier Jocelyne Castaignède, Michel Poueyts et Peio Claverie.

« Je me sens particulièrement mal à l’aise, reconnaît l’adjoint qui se confie à Bisque, Bisque, Basque ! Les propos tenus par Lafite et Veunac à l’encontre de Madame Motsch relèvent souvent du sexisme absolu. Veunac s’est permis de parler de « ses ambitions ridicules » et Lafite d’affirmer qu’on ne lui avait pas communiqué les éléments car elle ne les aurait pas compris. Le mépris n’est pas l’idée que je me fais du fonctionnement d’une majorité ».

Tout le monde sort consterné de cette réunion tant le capitaine du navire municipal semble incapable de maîtriser le gros temps.

REDISTRIBUTION TOTALE DES CARTES

Si Veunac n’est pas réélu en 2020 ou si, frappé d’une soudaine crise de lucidité, il décidait de ne pas se représenter, c’est au début du mois d’août 2018 qu’il faudra situer le grand tournant du mandat. Oubliées la majorité et l’opposition avec ce vote où Veunac a voulu forcer le destin et abattu ses cartes beaucoup plus tôt que prévu ! Nombre d’élus sont sortis écoeurés de cette séquence et ont désormais l’impression d’un fossé infranchissable entre la « vieille politique » où tous les coups fourrés sont bons et où les ennemis d’hier deviennent les alliés de demain et une « jeune politique », plus morale, qui se refuse à faire n’importe quoi et à aller contre les intérêts des Biarrots. Des élus qui ne se connaissaient pas ou à peine se parlent désormais et estiment qu’il est urgent de s’unir et de mettre fin à des pratiques déshonorantes. Plusieurs membres de la majorité municipale, même s’ils sont conscients des pressions qu’ils vont subir, envisagent sérieusement de démissionner lors du prochain conseil.

Détail qui ne trompe pas : pour la deuxième fois après l’affaire Bigueyrie, Veunac évoque devant son entourage l’idée de ne pas se représenter en 2020. Coquetterie de vieux politicien qui veut être rassuré (« Michel, t’es le meilleur ! ») et qui n’a pas la moindre envie de renoncer aux avantages dont il bénéficie depuis 2014 ? Sans doute ! Mais Veunac est suffisamment lucide pour savoir que le prochain conseil municipal, avec le vote du contrat de gestion, est loin d’être gagné. L’atmosphère de fin de règne à la mairie est évidente et la petite et de plus en plus mince poignée de fidèles autour de Veunac, passe son temps à compter et recompter les votes possibles de chaque conseiller, à les harceler au téléphone et à envisager les représailles possibles pour les faire changer d’avis en cas de vote défavorable. Quand on vous disait que l’équipe municipale n’a pas passé de bonnes vacances…

LE RECOURS D’AMIGORENA SÈME LA PANIQUE CHEZ HYATT

Les hommes d’affaires comme les banquiers, adorent cultiver la discrétion pour mieux prospérer dans la soie. Le recours au préfet, émis par François Amigorena, pour défaut d’information lors de cette délibération semble tout à fait fondé juridiquement. Et inquiète à juste titre les juristes de la mairie.

En attendant le résultat de cette controverse municipale, l’heureux pressenti pour reprendre les rênes de L’Hôtel du Palais, le consortium américain Hyatt, commence à se demander dans quel palace il vient de se fourrer. Manifestement la lune de miel avec la mairie de Biarritz n’est plus que de l’histoire ancienne et l’enthousiasme actuel pour convoler en justes noces serait des plus modérés. Le groupe Hyatt, sachant qu’il est seul en lice depuis le départ de Four Seasons, devrait donc faire une offre très modique et guère satisfaisante pour la Ville, sachant que le maire est totalement coincé par le calendrier puisqu’il veut un beau Palais tout neuf pour le prochain G7. Pour être bien vu de Macron et, éventuellement, décrocher une investiture LREM aux prochaines municipales, que ne ferait-on pas !

Même manque d’enthousiasme, selon nos informations, du côté des banques qui trouvent le montage financier particulièrement téméraire. Selon nos informations, la Caisse des Dépôts, ne serait pas de la partie et seul le Crédit Agricole, fraîchement réconcilié avec Veunac depuis que la banque a obtenu sans même déposer de dossier à l’Urbanisme l’autorisation de construire à la place de l’ancien garage Honda, participerait encore à la partie sans beaucoup d’enthousiasme.

VEUNAC REGRETTE SON MINITEL

Les emmerdes volant en escadrille, comme aimait à le dire Jacques Chirac, Michel Veunac qui avait voulu faire « d’jeune » en 2014, en ouvrant une page Facebook où il ne mettait plus jamais le nez depuis son élection, vient de découvrir qu’il s’est fait pirater par des petits malins (Sud Ouest, 25/8). Compatissant, Bisque, Bisque, Basque !  est prêt à lui prêter son vieux minitel avec qui le maire se sent manifestement beaucoup plus à l’aise, pour qu’il puisse s’exprimer à nouveau. Après Lafite qui s’était fait piquer son compte Twitter, il ne fait désormais aucun doute que nous avons des champions du numérique à la tête de la Ville.

Plus sérieusement, ce sont les perspectives de nouvelles démissions de membres de la majorité municipale qui inquiètent fortement la garde rapprochée du maire. Peu après le conseil municipal du 30 juillet, Veunac avait décidé, lors du prochain conseil, de retirer leurs délégations à Motsch, Barucq et Mimiague, coupables d’avoir réfléchi par eux-mêmes au lieu de marcher dans les pas du Premier magistrat. Problème, Veunac n’a même plus assez de fidèles à disposition pour occuper tous les postes d’adjoints. Le maire qui ose tout ira-t-il jusqu’à offrir un strapontin aux bons opposants qui l’ont suivi sur ce dossier ? Les paris sont ouverts !

LAFITE COMPLIQUE LE JEU

(Photo Sud Ouest)

S’il est un bon conseil que Bisque, Bisque, Basque ! peut se permettre de donner à Guy et Anne Lafite, c’est de se mettre d’accord sur une version avant d’aller papoter à Biarritz avec les amis. L’affaire paraissait entendue : le brillant argentier municipal ne se représenterait pas en 2020, car sa femme Anne le menaçait de divorce s’il continuait la politique. Mais Anne Lafite, depuis qu’elle a tenu Macron dans ses bras le 15 août 2017 à L’Hôtel du Palais, semble de plus en plus apprécier les fastes de la vie municipale. La menace à l’égard de son mari ne semble plus tout à fait d’actualité.

Pendant ce temps, Guy, l’homme qui ne se trompe jamais, parcourt les rues et s’épanche auprès de ses copains (ou ceux qu’il perçoit comme tels) : « Veunac fait conneries sur conneries. Si je n’étais pas là pour rattraper ses boulettes, je ne sais pas où en serait la Ville ». Sortez vos mouchoirs !

Le hic, c’est que son épouse ne dit pas tout à fait la même chose comme ont pu le vérifier tous ceux qui ont été invités à L’Hôtel du Palais pour le feu d’artifice du 15 août : « Guy va se présenter aux côtés de Michel en 2020. Mon mari a compris qu’il ne serait jamais élu maire de Biarritz, car il est trop à gauche pour les Biarrots ».

Personne n’avait vraiment remarqué le gauchisme de Lafite ni ne l’avait imaginé sur une barricade ou en train de charger les CRS, mais puisque Madame le dit.

Selon des proches du couple, le ralliement à Veunac du Premier adjoint se serait négocié contre la présidence de la Socomix en 2020. On comprend mieux l’enthousiasme des élites dirigeantes de la Ville à refaire un Palais tout neuf aux frais des Biarrots !

Le problème, c’est que ce ralliement n’arrange pas du tout les affaires de Veunac qui s’était promis de se débarrasser de son donneur de leçons favori pour 2020, considérant qu’il ne pèse rien politiquement. Et qui, emporté par l’enthousiasme, avait fait miroiter un poste de premier adjoint à quelque membre de l’opposition fraîchement converti à ses vues.

Difficile de rétrograder un premier adjoint au poste de deuxième adjoint en 2020 et délicat, en ces temps périlleux pour la majorité municipale, d’énerver des alliés de circonstance dont on ne saurait se passer.

Alors vous qui rentrez de vacances, apaisés et détendus, si vous avez une boîte d’aspirine en trop dans votre armoire à pharmacie, n’hésitez pas à la faire parvenir à la mairie. Ils en ont tous bien besoin actuellement !

Nathalie Motsch punie de télé

Fort courageusement l’adjointe à l’Urbanisme a pris clairement position contre le projet du maire le 30 juillet dernier. Malgré des représailles qui durent depuis l’affaire Bigueyrie, où le maire était seul responsable du fiasco. Alors qu’elle avait longuement travaillé sur la stratégie du trait de côte avec le conseil régional, Nathalie Motsch a failli tomber de sa chaise en découvrant mardi dernier l’émission de France 5 « Pays basque : Péril en la demeure ». De Hendaye à Anglet, ce sont des élus pour cette émission tournée il y a plusieurs semaines qui répondent aux questions des journalistes, mais personne n’a daigné informer l’adjointe à l’Urbanisme de ce reportage. « Décision du maire », soupire un fonctionnaire municipal. À la place de Nathalie Motsch, que Veunac a promis de « tuer politiquement », c’est donc Bernard Touret, fonctionnaire responsable de l’urbanisme qui parle sans en avoir référé à sa responsable politique. Démonstration, une nouvelle fois, que plus rien ne fonctionne à la tête de la Ville !

 

 

Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.

Foire d’empoigne au sein de la majorité

 

Les postes d’adjoints de Chazouillères et Amigorena – et les indemnités qui vont avec ! – ont été l’objet d’une guerre sans merci entre Veunac, Lafite et Barucq.

Entre Lafitourix et Barucoqhardix, le dialogue est suave et nuancé. (Dessin Uderzo)

Parce que vous vous imaginez, naïfs que vous êtes, qu’une réunion de majorité sert à évoquer des questions aussi triviales que le discutable plan de stationnement biarrot, la douloureuse rénovation de L’Hôtel du Palais ou la nécessaire transparence des dossiers municipaux ? Passez votre chemin, vous n’avez rien compris à la politique ! Seul sujet de la réunion de majorité du lundi 19 mars au soir, les postes d’adjoints laissés vacants par Chazouillères et Amigorena, les petits « plaçous » à occuper comme on dit en patois limousin, et bien entendu les « sous-sous » qui vont avec.

Lafite et Barucq sur leurs ergots

La bataille fait rage depuis un mois, particulièrement entre Barucq et Lafite, qui ont chacun un pion municipal à avancer en la personne de Sylvie Claracq et Éric Bonnamy. Onctueux à souhait, Veunac se sent donc obligé de calmer ses troupes, lundi soir. En effet, le cas François Amigorena soucie notre Super-Mimi, car il redoute que son turbulent adjoint ne démissionne pas. Il a bien envisagé un duo de tueurs yougoslaves pour le renverser quand il fait du vélo, une bombe à neutrons pour le disperser façon puzzle ou une capsule de cyanure à lui faire avaler la prochaine fois qu’il se trouvera à la mairie, mais il a peur que cette disparition fasse un peu voyante. Alors, Veunac se contente d’admonester ses troupes à propos du point 2.a du prochain conseil du 23 mars, concernant le maintien ou non d’Amigorena dans sa fonction d’adjoint au maire. « Nous devons être unanimes. Si quelqu’un ne veut pas voter cette décision, il doit nous le dire maintenant, les yeux dans les yeux. » Comme si la franchise était la caractéristique première du mandat inauguré en 2014 par Michel Veunac ! Bien évidemment, personne ne moufte, à l’exception de Brigitte Pradier qui, courageusement, annonce qu’elle s’abstiendra.

Vial et Claracq adoubés

Et l’on en arrive à ce qui intéresse tout le monde, à savoir les prébendes à distribuer. Comme dans tout remaniement ministériel, la prudence s’impose, car d’ici à vendredi, avec un indécis chronique comme Veunac, bien des tables peuvent être encore renversées. Si l’on se fie à ce qui a été annoncé lundi soir (« et qui ne doit en aucun cas fuiter à l’extérieur » dixit Veunac), Nathalie Motsch et Michel Poueyts se partageraient le Commerce, en remplacement d’Édouard Chazouillères. Motsch affirme être débordée entre l’urbanisme et l’AVAP et Poueyts, en tentant de caser son fils à « Plazza Berri », a montré son sens très personnel de l’équité, mais les commerçants devront faire avec. Une façon de dire qu’ils n’auront plus d’interlocuteurs jusqu’à 2020. En effet, les visées électorales du maire ont une toute autre importance que le commerce, et dans l’optique de l’élection municipale de 2020, il faut se faire des alliés. Comme adjoint, Veunac a donc décidé de nommer Louis Vial, le fidèle du premier jour du maire actuel, et Sylvie Claracq, protégée de Barucq. Ce sont donc eux qui empocheront chacun 1200 euros d’indemnités mensuelles.

Lot de consolation pour Bonnamy

Une décision qui a fait hurler Lafite. L’énarque estime que ses troupes sont mal traitées. Alors, magnanime, Veunac abandonne son poste de vice-président du STACBA, le syndicat des transports de l’Agglo, au profit d’Éric Bonnamy, qui, en plus de son mandat, cumule déjà les fonctions d’inspecteur aux Affaires maritimes et de moniteur de surf, mais ne se fera pas prier pour toucher un lot de consolation de 800 euros mensuels.

Et puis, comme les compétences manquent singulièrement dans cette majorité municipale, la benjamine Nathalie Sauzeau va se voir offrir une délégation au numérique non rémunérée. Même sanction pour Hervé Boissier à qui rien n’a été proposé, malgré le colossal travail accompli sur le sujet de la démocratie participative. Furieux, le conseiller municipal claquera d’ailleurs la porte de la réunion avant la fin. Dans la majorité de bric et de broc imaginée par Veunac, il y a effectivement ceux qui bossent et ceux qui touchent. Et ce ne sont pas les mêmes.

Le ridicule engagement de confidentialité de Veunac

Une bonne réunion de majorité ne saurait fonctionner sans une surprise finale et c’est Michel Veunac qui endosse le costume du clown blanc. Veunac se fait grave pour mieux capter l’attention de ses troupes : « Chaque fois que j’ouvre le journal, j’ai peur d’une catastrophe ! », oubliant que la catastrophe, c’est lui et que, s’il était limpide, transparent et respectueux des règles d’une démocratie municipale, il n’y aurait jamais d’article. Toute honte bue, il brandit alors une liasse de feuilles imprimées : « Je fais appel à votre honneur et je vous demande de signer cet engagement de confidentialité » Confondant majorité municipale et école maternelle, le-prince-qui-nous-gouverne poursuit : « Vous devez jurer sur l’honneur que vous n’établirez aucun contact personnel avec les médias locaux ni n’exprimerez de prise de position sur les réseaux sociaux »

Et les CONS-JURÉS d’obtempérer !

Michel Veunac sera ravi en lisant ce blog de voir à quel point il est craint et ce que la majorité pense du texte qui a été signé.

Quant aux Biarrots, de plus en plus convaincus qu’ils vivent en direct le pire mandat de toute l’histoire de la Ville, ils n’oublieront pas de sanctionner en 2020 tous ces coureurs de gamelle qui les ont précipités dans le mur. Quel gâchis, alors qu’il y a dans cette majorité d’authentiques talents qui ne peuvent s’exprimer !

Demain : Et si tout cela finissait au tribunal ?

 

Le conseil de classe des élus biarrots

Conseil municipal Biarritz

Avril 2014 : c’était la rentrée des classes pour l’équipe municipale, le temps des cahiers neufs et des bonnes intentions affichées. Depuis, en dehors de quelques révélations, beaucoup ont montré leurs limites et certains ont franchement déçu, à commencer par le premier magistrat de la Ville.

Alors que l’année scolaire se termine, Bisque, bisque, Basque ! a eu l’idée d’organiser avec quelques passionnés de vie publique le conseil de classe de l’équipe municipale de Biarritz. En se contentant de noter ceux qui participent, car entre les godillots de la majorité qui votent comme on leur demande et les opposants venus faire de la figuration, les citoyens qui suivent tous les conseils municipaux depuis deux ans, ne connaissent pas encore le son de la voix d’un bon tiers de l’assemblée. Revue de détail des progrès et difficultés de chacun.

 FÉLICITATIONS

Saint-Cricq◊ Pertinent, responsable et nuancé, il mérite largement les félicitations du jury. Jean-Benoît Saint-Cricq s’épanouit complètement dans le système Veunac qui laisse la parole à chacun, alors que les échanges avec Didier Borotra finissaient toujours par des éclats de voix et… un micro coupé par l’ancien maire. Pas toujours compris des Biarrots, le premier opposant est pourtant le seul à avoir incontestablement les épaules pour être maire en 2020, alors que la situation financière de la Ville reste délicate. Quand va-t-il vaincre la malédiction qui semble le poursuivre et le cantonner au rôle d’éternel opposant ?

ENCOURAGEMENTS

◊ Elle est loin la conseillère timide et empruntée qui rejoignait le conseil municipal en 2008 et ne savait plus très bien si elle était de l’opposition ou de la majorité ! Coincée par son mandat départemental, qui l’oblige à une certaine réserve, Maïder Arostéguy a fait d’énormes progrès et réussit à faire entendre sa voix et sa différence. Dotée de pragmatisme, de bon sens et de qualité d’écoute, Maïder a tout pour réussir en politique. Avec en plus un nom de famille qui n’est pas pour déplaire aux Biarrots.

◊ Partagé entre son activité de médecin et sa passion pour le surf, Guillaume Barucq ne rêvait sans doute pas en 2013 de devenir adjoint du maire. La première année, déconcerté sans doute par les critiques de ceux qui l’avaient poussé à se présenter, il a un peu flotté, avant de redevenir lui-même et de se montrer très intéressant, avec des points de vue personnels et courageux que ce soit sur l’écologie, la fiscalité, l’EPCI ou les compteurs Linky. Précieux dans une équipe, car il dit ce qu’il pense.

RÉVÉLATIONS ESPÉRÉES

Castagnede◊ Subtile et intelligente, Jocelyne Castaignède a l’œil vif des gens qui comprennent tout mais ne jugent pas forcément utile d’exprimer à voix haute leur ressenti. Parfois, quand Michel Veunac parle, son air entendu en dit long sur ce qu’elle pense. On aimerait que la deuxième adjointe chargée de la Culture sorte un peu de sa réserve et intervienne plus, car on devine un joli potentiel.

Amigorena◊ Bisque, bisque, Basque! a eu quelques prises de bec avec François Amigorena, mais l’homme est intelligent, a des capacités oratoires et des idées. Seul problème, il n’a pas de troupes pour le moment et se retrouve dans une situation inconfortable après s’être engueulé avec Lafite et Veunac. S’il réussit à fédérer autour de lui, il peut devenir une composante intéressante de l’élection de 2020.

Daguerre◊ Passionnée par son métier de médecin, Régine Daguerre consacre le temps qui lui reste au social et aux dires de tous réussit remarquablement dans cette tâche. Claire et carrée dans ses convictions, on la verrait très bien occuper un poste plus important dans la prochaine équipe municipale où sa capacité de travail ferait merveille.

 TABLEAU D’HONNEUR

Claverie◊ Il a les convictions changeantes et ses ennemis parleront d’opportunisme quand lui évoquera un simple pragmatisme. Peio Claverie a incontestablement un vrai talent politique et le système Veunac, avec un maire dépassé qui ne dirige pas grand-chose, fait de lui une pièce majeure de l’équipe municipale. Pour ces raisons, il aurait pu nous épargner quelques numéros de flagornerie publique à l’égard de son maire adoré qui ne sont pas dignes de lui et ne dupent personne.

Blanco◊ Aussi réservée en public que Peio Claverie est exubérant, Jeanine Blanco a une très noble idée du rôle d’un élu et fait son job avec ferveur. Toujours présente dans les manifestations publiques, toujours à l’écoute des gens, elle rend sympathique la politique, ce qui n’est pas un mince compliment. Précieuse dans une équipe pour sa disponibilité.

 ◊ Mélangeant parfois allègrement le municipal et le national dans sa détestation de l’actuel gouvernement socialiste, Frédéric Domège a le mérite de faire avec constance et application son métier d’opposant. Comme la droite est totalement divisée à Biarritz, surtout depuis les élections départementales, Frédéric a rarement l’occasion de travailler en équipe et cela se sent parfois dans ses interventions de franc-tireur.

Pinatel◊ Mais quand donc les femmes obtiendront les places qui leur reviennent de droit en politique ? Anne Pinatel a des idées, de la personnalité, de la trempe comme en témoigne son opposition à une hausse de la fiscalité locale, mais n’intéresse guère les machos de cour d’école de ce conseil municipal. Dommage, Biarritz aurait bien besoin de personnalités comme elle.

Boissier◊ Voilà un vrai malin, qui sait poser les bonnes questions en ayant l’air de ne pas y toucher. Engoncé dans une majorité municipale où les conseillers municipaux ont peu l’autorisation de s’exprimer, Hervé Boissier a osé, à propos de la prise en charge des frais de justice de Xavier Blaisot et Didier Borotra par la mairie, demander si les deux cas pouvaient être dissociés. Et on a même vu un ange traverser la salle du conseil municipal, les ailes chargées de procès-verbaux.

 APPLIQUÉ, MAIS PEU DOUÉ

◊ Il n’a même plus besoin d’ennemis politiques avec tous ses amis de la majorité municipale qui ne supportent plus ses indécisions chroniques, ses discours sentencieux et ses colères répétitives. À l’image de François Hollande, Michel Veunac a revêtu un costume dix fois trop grand pour lui. Alors, il gère la ville en petit boutiquier sans aucune vision d’avenir et, faute d’imagination, multiplie les bêtises comme la non-réorientation de la Cité de l’Océan ou le grignotage du Parc des sports d’Aguilera. Alors oui, Michel Veunac est plutôt sympathique et fait encore rêver quelques mamies biarrotes, mais est-ce suffisant pour diriger une ville aussi complexe que Biarritz ? D’autant que quelques flatteurs l’ont d’ores et déjà convaincu qu’il devait se représenter en 2020, époque où il n’aura « que » 74 ans. Malin, il annonce qu’il va se débarrasser de Lafite et des abertzale pour « ouvrir à droite ». Il n’y a que Brisson pour le croire, mais pour Veunac comme pour nous, tout plutôt qu’une nouvelle candidature !

 PEUT MIEUX FAIRE

◊ Par son parcours singulier de sportif de haut niveau et de chef d’entreprise formé à l’école américaine, Richard Tardits aurait pu constituer un renfort de poids pour une majorité municipale. Auteur d’une magnifique campagne électorale en 2014, il s’ennuie visiblement dans un rôle d’opposant qui n’est pas fait pour lui, alors qu’il a dix idées quand Veunac n’en a pas une. Quel dommage !

◊ Après des bons débuts, Bénédicte Darrigade, qui avait pris l’initiative malheureuse de s’allier à Louis Vial pour les élections départementales, s’est petit à petit étiolée. Accaparée par ses activités professionnelles, elle est devenue plus discrète, alors qu’elle a du sens pratique et de la pertinence quant à l’avenir de Biarritz. Si l’envie de « faire le job » d’opposante lui revient, elle réussira à coup sûr.

 DÉCEPTION ÉVIDENTE

◊ Talentueux et doté d’une belle intelligence scolaire, Guy Lafite pourrait être un élément brillant de cette assemblée, s’il ne se montrait pas aussi hautain et méprisant. D’autant que ses résultats, même s’il amorce incontestablement le redressement financier actuel de Biarritz, ne plaident pas toujours en sa faveur. Qui sous Borotra nous a vanté les vertus de ce PPP désastreux souscrit pour la Cité de l’Océan ? Le bobo en cachemire déteste viscéralement Michel Veunac, mais se croit obligé de faire semblant en public, ce qui n’est pas très respectable. Il s’affirme aussi de gauche, mais ne manifeste jamais dans ses discours la moindre fibre sociale, ce qui est encore pire.

◊ Et on en arrive au plus gros ratage de ce groupe municipal ! Max Brisson avait toutes les qualités requises pour être maire et, ce qui est légitime, il a eu du mal à se remettre de son échec. Mais sa boulimie politique l’entraîne à vouloir être systématiquement candidat à tout, sans se soucier des contradictions que sa lubie électorale du moment peut provoquer et des dégâts faits à son image dans l’opinion publique. Contrairement à Jean-Benoît Saint-Cricq, Max Brisson a toujours bâclé son travail de premier opposant, multipliant les absences, les calculs à court terme ou les déclarations plus ou moins alambiquées. Une conception de la politique d’un autre temps.

 RÉORIENTATION SOUHAITABLE

Haye◊ Certes, les socialistes sont bien pâles en ce moment, mais être à ce point diaphane ! La dixième adjointe, Ghislaine Haye est l’alibi de gauche de Veunac et par son absence d’idées et son inexistence, alors qu’elle a visiblement une très haute idée de sa personne, elle réussit à faire de la transparence un art !

◊ Il fait partie de l’équipe municipale depuis le XIXe siècle ou presque, mais l’expression « homme public » n’a visiblement pas été inventée pour lui, car il traîne un ennui visible en conseil municipal, préférant agir en coulisses. Féru de pelote, Michel Poueyts devrait songer à passer la main…

◊ Il s’était fait remarquer, pendant la campagne électorale, en voulant « pendre à des crocs de boucher », les journalistes qui disaient du mal de son camp. Au vu du niveau infantile de ses interventions au conseil municipal, il est probable que le jeune Édouard Chazouillères, qui est le seul à penser qu’un brillant destin politique l’attend, a confondu un croc de boucher avec une épingle à nourrice.

◊ Ce gros malin qui s’imagine qu’on n’a pas remarqué ses manigances, s’arrange toujours pour parler le dernier, truffant ses propos de chiffres pour rappeler qu’il est un brillant économiste, ou de références culturelles qu’il étale comme de la confiture. Patrick Destizon ne voit pas qu’il rase tout le monde avec son ego mal contenu et ses propos décalés. Si Didier Borotra a une place dans sa maison de retraite…

(En photos, le premier de la classe et les conseillers municipaux les moins connus du grand public)

Comment désavouer son adjoint, sans le désavouer, tout en le désavouant…

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Agacé par tous les bruits qui circulent, Michel Veunac vient de rappeler qui est le patron à l’association Biarritztarrak.

Décidément, il se passe toujours quelque chose à Biarritz et s’il est une ville où les retraités ne risquent pas de s’ennuyer, c’est bien celle-là! La défense de l’adjoint aux Sports Michel Poueyts, affirmant n’être strictement pour rien dans l’attribution à ses fils de la gérance de Plaza Berri, a sérieusement fait sourire tous ceux qui connaissent un peu le fonctionnement de la Ville, et a provoqué, si nos informations sont bonnes, une sérieuse explication de gravure entre le maire et son adjoint.

« Bisque, bisque, basque! » n’est pas du genre à mettre de l’huile sur le feu dans ce genre de conflit, mais il a pensé que quelques questions au maire s’imposaient, pour tenter d’y voir un peu plus clair. La réponse ne s’est guère faite attendre, puisque quatre heures plus tard, un communiqué très précis de Michel Veunac nous parvenait. On admirera l’habileté de l’élu centriste, à louvoyer  et à ne pas avoir l’air de désavouer son adjoint, tout en reconnaissant les faits et en laissant entendre que la copie actuelle nécessite de sérieuses retouches. On notera aussi l’affirmation au point 3 quePlaza Berri, questions Veunac JPG_page_001 Biarritztarrak est libre de son choix, avant que les points 4 et 5 ne nous ramènent à plus de réalisme :  » Pour autant, aucune attribution de services ne peut être faite par l’association, sans accord express de la Ville.

A ce jour, la Ville n’a donné aucun accord à une quelconque attribution par Biarritztarrak de la gestion du bar et de la cuisine de Plaza Berri. Tout contrat entre Biarritztarrak et un prestataire doit donc être soumis à l’agrément de la Ville qui a envoyé, dans ce sens, un courrier à Biarritztarrak et attend, en retour, sa proposition avant tout accord. »

 Bonne nouvelle pour les contribuables, Michel Veunac s’est donc enfin décidé à mettre un peu d’ordre dans les détestables habitudes d’arrangements entre amis qui prévalaient jusque-là et à lutter contre ceux qui préfèrent se servir que servir.
communiqueplazaberriJPG_page_001Mais, en même temps, ce communiqué pose problème. Soit Michel Veunac a découvert à qui avait été attribué la gérance de Plaza Berri grâce à Bisque, bisque, basque! et cela prouve qu’il ne tient pas ses troupes, qui font ce qu’elles veulent dans leur coin. Soit, il était parfaitement au courant et cela démontre qu’il ne réagit qu’à la pression populaire.

Nous allons donc tous guetter avec attention la fumée blanche qui va prochainement sortir de Plaza Berri pour nous annoncer le nom du nouveau lauréat. Mais ce n’est pas ce nouvel épisode peu glorieux, et qui serait peut-être passé inaperçu sans ce blog, qui va rassurer les Biarrots sur l’amateurisme de la nouvelle équipe élue dans le sillage de Michel Veunac…

Les super pouvoirs de la mairie

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 Ils sont trop forts dans cette mairie! Le message, envoyé au service communication à 11h08, me revient, le même jour, lu à … 11 h 05 ! Si l’équipe municipale décide d’utiliser ses super pouvoirs pour renflouer la Cité de l’Océan, nul doute que nous allons passer de deux à quatre visiteurs par jour.

Le bal des copains continue

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Le bâtiment qui abrite le trinquet est communal, mais la mairie a laissé l’association « Biarritztarrak » décider seule du choix de son gérant. Et les trois fils de l’adjoint aux Sports Michel Poueyts remportent l’appel d’offres en compagnie de Jon Curver. Elle n’est pas belle la vie?

Si vous êtes inconditionnel du loto, de la roulette ou de l’illiko morpion de la Française des jeux, vous devriez sérieusement envisager de vous installer à Biarritz, car c’est une ville où le hasard fait merveilleusement bien les choses!

En juin dernier, Michel Veunac avait déclenché des sourires entendus dans tout le conseil municipal au moment de l’attribution de la concession à David Couzinet des « 100 marches » devenues « Etxola bibi« .  » C’est mon premier rugbyman ! «  s’était défendu le nouveau maire, ce qui en dit long au passage sur les pratiques de son prédécesseur. On aurait compris que l’excellent ancien deuxième ligne du Biarritz Olympique obtienne la baraque de marrons chauds devant les galeries Lafayette, car sa compétence dans le domaine ne faisait aucun doute, mais personne n’avait décelé une aptitude particulière à passer les plats chez le porteur du maillot rouge et blanc, même s’il s’est associé dans cette aventure avec un professionnel de la restauration. C’est donc le hasard et lui seul qui a fait que notre trentenaire plein de mérite s’est retrouvé mieux-disant de l’appel d’offres, tandis que seuls les mé… disants ont vu un lien de cause à effet avec son ralliement au candidat Michel Veunac, quelques semaines avant le premier tour des élections municipales. «  J’étais très intéressé par les 100 marches,  reconnait une des figures locales de la restauration biarrote,  mais je n’ai même pas déposé de dossier, car je savais que tout était joué d’avance. « . Les gens sont défaitistes, tout de même!

Une rupture ? Quelle rupture ?

Michel Veunac avait promis une rupture avec les pratiques de l’ère Borotra et, le moins que l’on puisse dire, est qu’elle ne saute pas aux yeux du profane. En son temps, l’attribution d’un bel emplacement aux halles pour la société Balme, spécialisée dans la truffe et ses produits dérivés, dirigée par Thomas Balme et Mikel Poueyts, fils de l’adjoint aux sports de la Ville, avait fait jaser, mais comme l’affirme son père qui ne s’est pas « du tout mêlé de ce dossier « , les deux candidats «  ont été bananés trois fois avant de l’emporter « . Ils sont tenaces, ces petits !

Vous savez ce que c’est, quand vous remportez le gros lot, vous suscitez toujours des jalousies. Alors quand, à quelques mois d’intervalle, le hasard vous sourit deux fois, vous imagez le nombre de commérages vous concernant ! Mikel Poueyts, fils de Michel, est chanceux. Qui pourrait lui reprocher ? Cette fois, il vient de l’emporter, en compagnie de ses deux frères et du pelotari Jon Curver, pour gérer la buvette-restaurant du trinquet de Plaza Berri.

Michel Poueyts, qui n’a fait aucune difficulté pour me répondre par écrit d’abord, puis par téléphone, se montre catégorique :  » La Ville n’est pas intervenue dans cette démarche  et l’adjoint aux sports que je suis, encore moins ! Je vous conseille de vous rapprocher de M le Président du club de Biarritztarrak qui pourra mieux que quiconque vous renseigner sur le choix qui n’appartient qu’au club. »

Aucun appel d’offres officiel

Le bâtiment est communal, la situation financière de Biarritz guère florissante et la municipalité devrait être vigilante sur ses intérêts. Au lieu de cela, rien n’a été fait dans les règles, comme le reconnait le président de Biarritztarrak, Jean-Paul Driollet, fort embêté par les questions de Bisque, bisque, basque!

Plaza Berri 03

Les réponses de Michel Poueyts

« Vous pouvez me reprocher de ne pas avoir lancé un appel d’offres officiel et je vous dis mea culpa »  Selon le président, tout s’est passé de façon informelle. « Nous nous sommes retrouvés, fin août 2013 sans gérant. Notre cuisine n’était pas tout à fait aux normes et nous avons dû effectuer d’importants travaux. Une douzaine de personnes se sont renseignées spontanément en novembre et décembre, mais nous ne pouvions pas leur dire à l’époque à quelle date précise leur activité allait pouvoir démarrer. Certains candidats se sont donc effacés et il ne restait plus que six dossiers définitifs. Nous nous sommes réunis à quatre membres du comité directeur pour auditionner les candidats et le projet de Jon Curver et des trois fils Poueyts nous a semblé le plus intéressant, car, avec ces mordus de pelote basque, nous savions qu’ils allaient aussi s’occuper de l’animation du fronton ». Et le président de conclure : « J’espère avoir été le plus objectif possible, même si j’aurais dû lancer un appel d’offres officiel ».

 Raconté comme cela, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes hasardeux, même s’il est curieux que la Ville, très présente pendant les travaux de réhabilitation de Plaza Berri, se soit ensuite désintéressée de la question de savoir qui allait gérer le local rénové. Une des quatre personnes chargées d’examiner les dossiers, donne peut-être l’explication quand elle affirme, sous couvert d’anonymat : « Dès le départ, on savait parfaitement pour qui on devait voter ».

Michel Poueyts retrouve les accents du politique habitué à convaincre les foules, lorsqu’on lui demande si on n’est pas en présence d’un regrettable mélange des genres et si ses enfants n’auraient pas dû s’abstenir de postuler à Biarritz, alors que leur père est un élu implanté depuis des lustres :  » Je  suis quelqu’un issu d’un milieu modeste et qui a été éduqué dans des valeurs de solidarité, de partages et d’écoute sociale. Mon engagement n’a jamais changé et ne changera pas… Je me bats pour ma Ville et pour, qu’entre autre, nos jeunes puissent se loger et travailler au pays.  Cela dure  depuis 23 ans et les Biarrots le savent  bien.  » Et lorsqu’on lui rapporte qu’il est l’élu le plus souvent accusé de mélanger les genres, il avoue tomber de sa chaise : « Il ne me viendrait jamais à l’idée d’utiliser de l’argent public à des fins personnelles ! « .

L’enquête est donc bouclée et Bisque, bisque, basque  peut se montrer catégorique avec ses lecteurs : Michel Veunac l’avait promis et Michel Veunac l’a fait.  La rupture avec l’ère Borotra est  totale et absolue en matière d’appel d’offres et c’est uniquement le hasard, ce hasard que nous, pauvres humains, ne maîtrisons pas, qui fait que les derniers lauréats sont tous très proches de la majorité municipale en place.

Nous voilà grandement rassurés ! Le changement, c’est bien pour aujourd’hui !

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Elle n’est pas neuve, celle-là !

Tous les mercredis matins, c’était le concours de pronostics au Canard pour savoir lequel d’entre nous allait se retrouver menacé de procès. Des menaces qui ne voyaient pratiquement jamais le jour, Le Canard prenant un malin plaisir à mettre les rieurs de son côté, quand, par hasard, il se retrouvait à la barre.  La sportivité de Michel Poueyts, face à mes questions, doit être saluée. L’homme ne s’est pas échappé, a répondu longuement, et a mis sur le compte de son amitié pour Didier Borotra certaines des calomnies qu’il affirme endurer. Mais, en bon politique, il ne s’est pas gêné pour manier la carotte et le bâton avec le journaliste que je suis. Dès que possible, nous partagerons un café, ce dont je me réjouis, car il est toujours intéressant de discuter avec des responsables politiques, sachant que ce n’est pas un verre partagé qui m’empêchera d’écrire contre l’intéressé, si des faits avérés me parviennent.  En revanche, j’ai souri à la menace implicite, en lisant, à la fin de la réponse de l’élu « Nous avons communiqué à Maître Malo, avocat en droit public« . Qui est derrière ce nous? Michel Poueyts et un autre Michel ? Le candidat victorieux à la mairie avait, en son temps, longuement consulté son avocat pour tenter d’endiguer le flot de mauvaises nouvelles publiées par Bisque, bisque, basque! L’auteur du blog adore qu’on lui agite le chiffon rouge devant le stylo et comme, jusqu’à preuve du contraire, il ne publie que des faits avérés, sachez qu’il est droit dans ses espadrilles et prêt, en bon marin, à tenir fermement la barre…

Les carpins vous saluent bien !

Les carpins_page_001

Peio Claverie, Patrick Destizon et Michel Poueyts viennent de rallier Michel Veunac, après, pour les deux premiers, s’être opposés à lui pendant toute la mandature précédente… Comme si le mariage de la carpe et du lapin pouvait faire une équipe municipale présentable!

S’il ne s’agissait d’une ville en grand péril financier, ce serait à pleurer… de rire! Au rythme où vont les ralliements, en vue des élections municipales, il ne va bientôt plus y avoir un seul opposant en état de marche dans Biarritz et d’ici peu le dernier mandat de Didier Borotra va être jugé tout à fait exceptionnel. (Jean-Benoît Saint-Cricq, Bernard Ithurbide, tenez-bon!)

Il faut croire que la gamelle municipale est décidément succulente pour expliquer tous ces reniements et cette bande d’affamés qui, soudain lassés de l’opposition, veulent se retrouver à tout prix du bon côté du manche. Petit rappel des épisodes précédents pour ceux qui on un peu de mal à suivre :

Michel Veunac a décidé qu’il allait enfiler les pantoufles de Didier Borotra et faire du borotrisme tranquille. C’est discutable au vu des bévues commises ces dernières années par l’instigateur de la Cité naufragée, mais c’est un choix parfaitement respectable.

Peio Claverie s’est opposé pendant six ans aux décisions du maire et de son deuxième adjoint, Michel Veunac. Il est donc logique qu’il saute au cou du candidat MoDem. Le roi de Bibi Beaurivage a toujours affirmé son aversion pour l’abertzale de droite Poueyts. Il est donc tout aussi normal qu’il fasse liste commune avec son ennemi intime. Le même, à l’idéologie décidément gravée dans le marbre, expliquait à Sud Ouest, le 3 janvier 2012 ses convictions  : « Je ne manque pas de lucidité au point de penser que je serai un jour maire de Biarritz ! J’ai toujours dit que notre rôle est d’aider la gauche à conquérir le pouvoir dans cette ville « . Vite, un ostéopathe pour qu’il remette d’équerre l’ami Peio, qui doit souffrir de sérieux torticolis à force de se contorsionner!

Grande déclaration martiale de Patrick Destizon, cet été, lors d’un échange téléphonique informel : «  J’ai ma liste et je serai un opposant résolu. Moi, contrairement aux autres, je ne pactise pas « . L’homme au menton avantageux, déclarait dans Sud Ouest du 4 février 2013 qu’il n’était « nullement comptable des années Borotra »  et fanfaronnait : « C’est la première fois que je pars comme tête de liste. Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre que les idées et les projets ne sont pas dissociables des hommes. Donc cette fois-ci, j’y vais ! » Démonstration que, lorsqu’on est un second dans l’âme, on le reste.

Un propos qui vaut aussi pour Michel Veunac, dont les choix tactiques laissent un peu perplexes. Serge Blanco sait bien, comme tous les amateurs de rugby, que trois joueurs de fédérale ne font pas un bon joueur de top 14. En politique, les voix ne s’additionnent pas toujours et l’étrange liste Veunac pourrait vite devenir un repoussoir pour les électeurs. Une carpe mariée à un lapin ça donne un être hybride, inadapté à la nage comme à la course…

… Même s’ils sont très mignons et presque attendrissants, nos trois petits carpins qui, toute honte bue, sont allés courber les oreilles et frétiller de la nageoire caudale pour faire allégeance au deuxième adjoint !