Veunac ne fait même plus semblant

Lors du dernier conseil, le maire de Biarritz a montré une fois de plus son mépris pour l’équipe municipale et le peu de cas qu’il fait de la démocratie. Le tout sous un air de samba.

La villa Sion est à nouveau au centre d’une farce municipale.

Didier Borotra cultivait l’art de ne pas répondre lors des conseils municipaux, mais son fils spirituel, Michel Veunac, est en train de le surpasser. À chaque conseil municipal, Mimi-la-Malice inscrit un sujet brûlant sur lequel l’opposition va s’exciter – mercredi dernier, c’était la subvention de 150 000 euros pour le BO omnisports – laisse les snipers se déchaîner sans se départir de son sourire de gendre idéal, avant de conclure par un « Merci mon cher collègue » et d’enchaîner comme si de rien n’était. Une technique bien connue en politique que Jacques Chirac appelait « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ».

Et puis, comme à chaque conseil municipal, quand tout le monde est bien usé par quatre heures de palabres fort inutiles, on glisse en douce une petite délibération en pariant sur la fatigue physique et mentale de tous pour qu’elle passe sans problème.

https://www.youtube.com/watch?v=CR2bhqlUVGk

Cette fois, après le marathon verbal autour de l’omnisports, tout le conseil municipal a laissé filer une subvention de 100 000 euros pour un festival brésilien organisé par Vincent Cassel peu après le G7.  Ce n’est qu’après le conseil que les élus – et on peut les comprendre, tant Veunac sait être soporifique sans avoir à forcer son talent ! – se sont réveillés et ont compris qu’ils ont été mystifiés. Donner 100 000 euros pour ce pseudo-événement qui va se dérouler à quelques semaines du festival Latino, tandis que l’historique Maïder Arosteguy Cup, qui fête ses trente-cinq ans cette année, ne bénéficie que de 6 000 euros d’aide municipale, c’est un peu pousser mémé dans la favela.

Au point qu’Édouard Chazouillères, sans doute parce qu’il est allergique à la samba et aux danseuses brésiliennes, vient de demander officiellement au maire que la délibération soit revotée avec le soutien de sept autres conseillers municipaux.

Bigueyrie et Sion toujours d’actualité

Ceux qui regardent peu les conseils municipaux pourraient penser que les actuels élus sont décidément bien distraits. Il n’en est rien. Veunac et Lafite ont instauré depuis 2014 un système d’une telle opacité, comme tout le monde a pu le constater au moment de la réhabilitation de L’Hôtel du Palais, que chaque délibération doit être scrutée à la loupe en se demandant où est le piège tendu par le duo infernal. Les deux délibérations sur Bigueyrie et Sion, mercredi dernier, le démontrent facilement. Les tentatives pour vendre les écuries de Bigueyrie fin 2017 et la villa Sion en septembre 2018 recouvrent à chaque fois la même réalité : faire plaisir à un copain au détriment de l’intérêt des Biarrots.

Les écuries de Bigueyrie, on s’en souvient, avaient été annoncées non constructibles, alors qu’il est possible d’arriver à 1200 mètres carrés habitables. Mais maintenant que le commanditaire de l’opération ne peut plus apparaître derrière l’acquéreur prête-nom Jimmy Malige, on traîne, on lambine car l’opération urgente n’a plus de raison d’être. Au point où on en est, autant attendre la fin du bail de la société des courses en 2021, pour mieux vendre ce bien.

Manœuvre encore plus tortueuse autour de la villa Sion, comme vous allez pouvoir le vérifier en trois photos. On s’en souvient, la propriétaire du château Boulard, Pierre Delalonde, grand ami du maire, s’était retrouvé face à un problème imprévu. Alors qu’il était en train d’aménager son château pour en faire un lieu d’événementiel, la commission de sécurité avait mis son veto faute d’une sortie de secours suffisante. Qu’à cela ne tienne, la mairie s’était empressée de voler au secours du promoteur en virant précipitamment les associations qui occupaient la villa Sion et en proposant de mettre en vente à 980 000 euros le bien. 8 800 mètres carrés de jardin, même s’il y a une servitude sur une partie et plus de 400 mètres carrés habitables, voilà qui s’appelle un prix d’ami.  Une manœuvre tellement grossière qu’elle avait été retoquée le 28 septembre 2018, jour du conseil municipal.

Explications en trois photos :

LA SITUATION ACTUELLE

En bleu, le périmètre du château Boulard. On comprend pourquoi les services de sécurité ne veulent pas d’un accueil du public, tant l’espace autour du château est restreint. En rouge, la villa Sion avec un jardin qui lui fait face et sur la gauche un jardin public. En rachetant l’ensemble pour 980 000 euros, Pierre Delalonde n’avait plus aucun problème. Malheureusement pour lui, il s’est un peu trop vanté du joli coup qu’il allait faire, ce qui a permis à tous d’être vigilant.

LE NOUVEAU PROJET MUNICIPAL

Veunac a fait plancher les services juridiques pour que le terrain soit débarrassé de ses servitudes, ce qui part d’une louable intention. En bleu en haut, le périmètre du château Boulard inchangé. En bleu en bas, ce qui serait mis en vente, c’est-à-dire la villa Sion et son « terrain d’assiette de 207 mètres carrés ». Le tout pour 1 million d’euros « ou un peu plus si Les Domaines l’évaluent davantage ». Vous avez bien entendu, Veunac demande à ses conseillers municipaux de voter un redécoupage du terrain sans même avoir une estimation du prix. « C’est le dossier Sion ou le dossier brouillon ? » demande Édouard Chazouillères, tandis que Nathalie Motsch affirme « Vous prenez les élus pour des pantins », rappelant que cet ensemble avait été donné à la Ville pour 1 euro et devait rester pour les associations.

Pourquoi ce si étrange découpage qui rend bien peu « sexy » la villa Sion puisqu’elle n’a plus du tout de terrain ? Bisque, Bisque, Basque ! s’est rendu à plusieurs reprises cet hiver villa Sion et a pu constater de visu que les travaux continuaient comme avant au château Boulard avec une importante délégation de maçons étrangers. Comme si son propriétaire, malgré le refus de la commission de sécurité, savait que la mairie allait lui trouver une solution. En effet, en vendant la villa Sion sans terrain, il suffira à la mairie de signer une concession de passage (coût annuel selon les spécialistes 2 000 à 3 000 euros) pour que les problèmes du château Boulard soient résolus. Elle n’est pas belle la vie quand on a des copains ?

LA PROPOSITION DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

En bleu en haut, le périmètre du château Boulard inchangé. En bleu en bas, ce qui serait mis en vente, c’est-à-dire la villa Sion MAIS AUSSI l’espace vert dans le prolongement. En rouge, la partie jardin public restant propriété de la Ville. Dans ce cas de figure, la villa Sion devient très intéressante pour des acquéreurs et peut sans grand souci être vendue 500 000 euros de plus. Une vente aux enchères au lieu d’un gré à gré serait d’ailleurs judicieuse. Seul problème, le propriétaire du château Boulard se trouve dans une situation difficile s’il n’acquiert pas ce bien. Mais quel est le rôle d’un maire, défendre les intérêts des Biarrots ou ceux d’un particulier ?

Le plafond au plancher et inversement

Dernier détail amusant, de ce conseil municipal totalement édifiant sur le mépris qu’affiche Veunac et Lafite pour les élus et les procédures démocratiques et transparentes, le débat autour de l’estimation des Domaines. Rappelons-le encore une fois, l’estimation des Domaines est le prix plancher en dessous duquel une collectivité territoriale n’a pas l’autorisation de vendre. Or à chaque fois, quand il a prévu de refiler un bien communal à un copain, le gestionnaire intelligent « La Faillite nous voilà ! », brandit l’étendard du prix plancher comme une référence absolue, alors qu’il n’est pas interdit d’essayer de viser un prix plafond, surtout dans une ville comme Biarritz où les prix de l’immobilier s’envolent.

Mais après tout, dans une ville qui marche sur la tête, n’est-il pas logique de confondre le plancher et le plafond ?

C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

Encore un exploit du duo Veunac-Lafite qui n’a rien dit et met le conseil municipal devant le fait accompli en demandant le vote d’une subvention exceptionnelle de 150 000 euros.

Une dette qui ne cesse de s’accroître. 385 000 euros de déficit, actuellement, et sans doute plus à la fin de l’année par un effet mécanique.

Si Emmanuel Macron, lors du prochain remaniement, décide de créer un ministère de la cachotterie permanente, il va avoir deux prétendants solides avec le tandem Michel Veunac et Guy Lafite. Les deux élus sont au courant depuis fin 2018 de la situation catastrophique du BO omnisports, mais ils se sont bien gardés d’en parler à quiconque ou de faire ce pour quoi ils ont été élus, c’est-à-dire agir en commandant un audit pour comprendre les raisons de ce trou abyssal. Au contraire, « La Faillite-nous-voilà ! » assume sans complexe dans Sud Ouest (9/4) avoir caché la vérité pendant quatre mois au conseil municipal. L’énarque qui se targue à chaque conseil municipal d’une « gestion intelligente » a une fois de Sud Ouest du 9 avril.plus joué perso. Nos deux cachottiers Veunac et Lafite ont donc soigneusement tourné la tête pendant quatre mois pour ne pas voir ce qui se passait, avant d’être rattrapés par le principe de réalité. En effet, c’est le rugby amateur qui détient le numéro d’agrément du Biarritz Olympique, et si la section amateurs venait à disparaître, le BO coulerait avec lui. Impensable à onze mois des élections municipales !

Résultat de cette incurie, il faut combler le trou d’urgence et voter une subvention exceptionnelle de 150 000 euros, lors du prochain conseil municipal du 10 avril. « On n’a pas le choix ! »  répète sur tous les tons Veunac en guise d’explication, ce qui est tout de même un peu court.

Lors de l’assemblée générale de l’omnisports du 17 décembre 2018, où le président Jean-Philippe Tourgis a annoncé qu’il quittait ses fonctions, l’énarque qui ne se trompe jamais avait même pris la parole pour rassurer au nom de la Ville les participants, ainsi qu’en témoigne le procès-verbal de l’assemblée générale.

 Un timing parfait pour faire diversion ?

Ce document, prouve qu’en décembre 2018 les grands travaux d’aménagement d’Aguilera comme la construction du centre de formation ou la reconstruction de la tribune Blanco n’étaient nullement prévus, la Ville attendant le nouveau PLUI (Plan d’aménagement urbain fait en concertation avec l’Agglo) , ce qui semble plein de bon sens, pour se lancer dans la construction de logements. Et qu’une avance de trésorerie de 100 000 euros avait déjà accordée à l’omnisports. On peut donc se demander si cette mise en lumière des difficultés du BO omnisports relève du pur hasard de calendrier ou si Veunac et Lafite, très favorables au projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, n’ont pas attendu la présentation du projet pour sortir le dossier de l’omnisports et « aider » les conseillers municipaux à faire le bon choix.

Rappelons qu’il y a un an, Lorsque Bruno Ledoux et Benjamin Gufflet, alors alliés avec la famille Gave, avaient sollicité une subvention de la mairie pour remettre à flot l’omnisports, ils s’étaient vertement faits éconduire.

De multiples explications au déficit

Quoiqu’il en soit, il est assez ahurissant de réaliser que l’équipe municipale n’a absolument pas réagi à ces informations alarmantes et a laissé filer le déficit sans chercher à enrayer la mécanique infernale. Si les sections Les amis du BO, le cyclotourisme, le fitness, la musculation et le triathlon présentent des comptes équilibrés, pour d’autres sections c’est la catastrophe. Près de 200 000 euros de pertes prévues pour l’administration qui a beaucoup recruté, 25 000 pour le rink hockey, 30 000 pour le hand, 35 000 pour la natation…

En interne, plusieurs explications qui semblent tenir la route sont avancées, comme une crise du bénévolat, qui oblige à engager des moniteurs payés pour s’occuper des enfants, mais aussi un certain laxisme dans la gestion, les présidents de section étant beaucoup plus décontractés depuis le départ de l’expert-comptable Jean-Philippe Tourgis.

Un bras de fer Aldigé-Veunac

Si Veunac et Lafite ont opté pour le silence radio, ce n’est pas tout à fait par hasard. Michel Veunac, qui ne doute décidément de rien, s’était imaginé au début de l’année que la famille Gave allait boucher le trou. S’ensuivit une réunion houleuse à la mairie, dont les vitres et les murs se souviennent encore tant ils ont tremblé ce jour-là, Jean-Baptiste Aldigé refusant catégoriquement de combler un déficit qui n’est pas de son ressort.

Finalement, avec les réactions favorables au projet Aguilera de la majorité des conseillers municipaux, en attendant la délibération décisive de mai, la tension s’est quelque peu apaisée. La famille Gave vient d’accepter finalement de prendre en charge 200 000 euros du déficit, ce qui semble prouver qu’elle est bien décidée à rester, malgré ses récurrentes menaces de départ. Pendant ce temps, plusieurs ennemis de l’ancien président de l’omnisports affirment que le déficit de l’omnisports n’est pas « structurel » mais lié à des notes de frais un peu trop somptuaires. Une affirmation, comme on le verra, qui semble plutôt destinée à noyer le poisson et qui ne paraît pas avoir de réalité.

Une promesse à 500 000 euros a-t-elle été faite au rugby amateur ?

Clairement dans ce dossier, chaque camp cherche à manipuler l’autre. Les uns chargeant Tourgis, tandis que d’autres estiment que celui qui était surnommé « La Girouette » au sein de l’omnisports, tant il a fait preuve d’opportunisme à l’arrivée de chaque nouvelle équipe dirigeante, s’est montré trop naïf. Y a -t-il eu pour mieux amadouer le président de l’omnisports une promesse non tenue de la part de Jean-Baptiste Aldigé qui serait à l’origine du déficit actuel ? Impossible à savoir puisque cette promesse a été formulée en avril 2018 lors d’un déjeuner en tête à tête dans le restaurant qui fait face au commissariat et qu’aucun des deux intéressés ne veut confirmer ce qui a été dit ce jour-là.

Ils sont pourtant plusieurs à affirmer au sein du BO omnisports sous couvert d’anonymat que le nouveau président du Biarritz Olympique aurait promis un versement de 500 000 euros à la section rugby amateur, versement qui n’aurait finalement jamais eu lieu.

Une copie d’un mail d’un adjoint au maire, écrit fin avril 2018, a circulé et semble confirmer cette hypothèse.

L’adjoint confirme benoîtement : « Notre ami commun Aldigé s’était fait fort de leur accorder une subvention de 500 ke en sus du fonctionnement » Pour les profanes peu versés en économie, 500 ke correspondent à 500 000 euros. Dans ces conditions, on comprend mieux l’imbroglio actuel., l’omnisports ayant peut-être été tenté de recruter et de dépenser un argent qui n’a en fait jamais été encaissé.

La réponse catégorique de Tourgis

Sollicité par Bisque, Bisque, Basque ! Jean-Philippe Tourgis répond immédiatement au téléphone. S’il refuse de faire le moindre commentaire sur le déficit actuel « J’ai rendu mon tablier le 17 décembre 2018 et le commissaire aux comptes a approuvé ma gestion », il se montre en revanche très précis sur le remboursement de ses frais au BO omnisports : « Je suis élu depuis dix-huit ans au BO. Je ne me suis jamais fait rembourser un euro de note de frais. Je paie moi-même mes cotisations à la section « Les amis du BO » et au rugby amateur et en déplacement j’ai toujours payé ma place. Je ne comprends donc pas comment on peut tenir de tels propos à mon sujet ».

Bon courage, maintenant aux conseillers municipaux pour démêler le vrai du faux lors de ce conseil municipal qui verra aussi resurgir la vente des écuries de Bigueyrie et de la villa Sion !

… Encore un beau concert de casseroles en perspective.

Le document complet sur la situation financière de l’omnisports depuis 2014.

« Tu préfères papa ou maman ? »

Ras la casquette de devoir choisir entre deux passions qui ne sont nullement contradictoires : le rugby et la vie publique.

Mon père ne rêvait que plaies, bosses et scandales. Conscrit il avait remplacé le drapeau par deux litres de rouge lors d’une prise d’armes. Rugbyman, montré ses fesses au public. Enseignant, sorti de sa classe l’inspecteur d’un vigoureux coup de pied au derrière. Ma mère ne souhaitait que le calme, la discrétion et la paix des ménages. Ce couple improbable qui aurait dû passer quinze minutes ensemble a mis quinze ans à divorcer. Mais ce que je garde de mon enfance (la diversité, ça forme et enrichit !) c’est la fausse bienveillance des adultes, faisant semblant de s’intéresser à l’enfant un peu malmené que j’étais pour mieux me tirer les vers du nez, et finissant par me couvrir de leur sollicitude poisseuse avec un péremptoire : « Mais au fait, qui tu préfères, ton père ou ta mère ? » Comme si un enfant pouvait choisir entre son père et sa mère !

Dans n’importe quelle ville de France, on peut concilier sans difficulté l’amour du rugby et la passion de la vie publique, mais visiblement pas à Biarritz. Une fois passée l’euphorie de la victoire du BO lors du derby, si l’on se pose des questions légitimes en tant que contribuable sur le projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, si on a le sentiment diffus que la mairie est en train de se faire prendre en otage par une direction du BO qui dit « C’est nous ou le chaos ! », si les décisions qui vont être prises semblent assez éloignées des us et coutumes des communes de France, immédiatement on devient un ennemi irréductible du Biarritz Olympique, désireux de voir son club adoré disparaître. Mais quelle blague !

Désolé, pas plus qu’entre mon père et ma mère par le passé, je ne choisirai entre le rugby et la vie publique. Et si, comme je le soupçonne de plus en plus dans cette ville où rien n’est jamais clair, des manœuvres tortueuses sont en cours, je les raconterai dans ce blog.

Mercredi, à la mairie, va se jouer la première mi-temps du match avec le déficit à combler du BO omnisports. Et des conseillers municipaux à qui on va demander de voter une subvention d’urgence pour boucher les trous.

La deuxième mi-temps, concernant l’aménagement du plateau d’Aguilera devrait se tenir en mai. Un calendrier précipité et étonnant à onze mois des élections municipales.

Des provocations très calculées

Je l’ai dit précédemment, Jean-Baptiste Aldigé est un homme intelligent, créatif et animé d’une vraie passion du rugby. Mais force est de constater que les élus ont peur de lui et, à quelques heureuses exceptions près, fuient l’affrontement, ce dont le président du BO a parfaitement conscience. En distribuant lors des matches contre Vannes puis contre Oyonnax des casquettes siglées « Make Journalism honest again », y compris en tribune officielle où nos élus sont invités, Jean-Baptiste Aldigé savait parfaitement ce qu’il faisait. Comme un talonneur qui teste la réactivité de son vis-à-vis en multipliant les provocations à la première mêlée, le président du BO prépare la suite de la partie. Lorsque Louis-Vincent Gave, aux côtés d’Aldigé a enfilé cette casquette à la Trump ou à la con, j’hésite ! – personne n’a moufté et le sénateur Max Brisson s’est contenté de twitter sur la belle soirée qu’il venait de passer, en oubliant qu’être un élu, c’est aussi accepter un pacte républicain qui prévoit de veiller à la liberté de la presse. Il ne suffit pas de dire « Je suis Charlie ! » le 7 janvier 2015. Cracher sur la presse, c’est comme cracher sur Marianne.

Il n’est pas interdit d’avoir un conflit avec des journalistes et le cas d’espèce a même été prévu par le législateur avec la possibilité d’un droit de réponse ou d’un procès en diffamation. Mais les raccourcis abusifs, les simplifications hasardeuses, les appels à la guerre ne sont pas dignes d’un responsable, de la même façon que les silences des politiques sont une façon de cautionner l’inacceptable. Bisque, Bisque, Basque ! sait se montrer acide souvent mais n’écrira jamais que les politiques sont tous pourris, les présidents de clubs tous tarés ou les Bayonnais tous stupides. Car la réalité est autrement plus complexe et intéressante.

J’espère vivement que le syndicat des journalistes sportifs portera plainte contre ces agissements d’un autre temps. Pour ma part, clairement, j’en ai ras la casquette de ces méthodes et peu m’importe si quelques trolls aux doigts agiles et aux idées courtes se déchaînent sur les réseaux sociaux. Jusqu’à preuve du contraire, même à Biarritz, nous sommes encore en démocratie et la liberté d’expression doit prévaloir.

C’est pour ces raisons que je souhaite un examen calme et serein de la situation du BO omnisports et de la proposition d’aménagement du plateau d’Aguilera. Mais quand on voit l’émoi qui s’est emparé de la ville pour un titre de Sud Ouest, (« Les Biarrots sont gais ») au lendemain d’une victoire qui aurait dû rendre tout le monde euphorique, un titre que pour ma part j’aurais aimé trouver et qui m’a fait éclater de rire car le rugby, jusqu’à preuve du contraire, doit être le sport de l’humour et du second degré, j’avoue que je suis assez inquiet sur la capacité de nos élus à examiner avec la distance qui convient ces dossiers à venir.

Mardi : C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

 

Les jeux de l’amour et du bazar

Quinze mois seulement séparent ces deux vidéos, mais quelle différence de ton  entre Saint-Cricq et Veunac, désormais en plein marivaudage…

Veunac évoque les « voieries d’intérêt districal » et le bon élève Saint-Cricq s’empresse de sortir le schéma de son cartable, tandis que Maïder Arosteguy semble consternée. Aucun doute, l’ex-opposant va être admis en classe supérieure.

Le 20 décembre 2017, fait inhabituel, l’opposant Jean-Benoît Saint-Cricq se félicitait que les conseils municipaux, grâce à la vidéo, soient désormais accessibles à tous. Dirait-il la même chose aujourd’hui ? Ce n’est pas tout à fait sûr. Bisque, Bisque, Basque ! s’est donc amusé à comparer les vidéos de décembre 2017 (le premier conseil municipal d’après l’affaire des écuries de Bigueyrie) et le dernier conseil en date, celui du 26 mars 2018 et vous propose de jouer au jeu des cinquante erreurs.

Il y a les différences évidentes comme le changement de look de l’avocat biarrot, cheveux courts et poil rasé quand il était dans l’opposition et désormais barbe de trois jours et frisotis dans le cou. On notera que de son côté Michel Veunac reste toujours le même, malgré cette nouvelle romance : phrases creuses et joues roses. Il nous a ressorti mardi pour la cinquième fois de son mandat « Tout ce qui est excessif et insignifiant » tandis que son conseil échangeait des regards consternés.

Mais il est des différences plus subtiles. En décembre 2017, alors que Jean-Benoît Saint-Cricq était encore opposé au maire et à la gestion de l’Hôtel du Palais, l’avocat biarrot lui donnait du « Monsieur le maire, vous… »

En mars 2019, plus besoin de se cacher. Tous les collègues de bureau des deux élus sont désormais au courant de l’idylle et Veunac, après avoir félicité le bon élève Saint-Cricq pour avoir exhumé « le plan des voieries d’intérêt districal », passe inconsciemment du « Vous » au « Voilà, tu as le schéma » en s’adressant à celui qui ne lui inspire désormais plus aucune crainte.

Il faut dire aussi que notre pauvre maire, désormais veuf de sa majorité et qui n’a plus personne sur qui s’appuyer à l’exception de deux ou trois flagorneurs, fait de plus en plus appel aux lumières juridiques de Saint-Cricq.

Si tout cela ne finit pas en grand mariage électoral en 2020, c’est à désespérer de l’amour et de Marivaux… À moins que les électeurs, en guise de cadeau de mariage, n’offrent une veste aux deux tourtereaux ?

Nathalie Motsch garde la tête froide

Pas de triomphalisme, même si les faits montrent que l’ex-adjointe à l’Urbanisme avait raison sur Aguilera. La (presque) candidate pour 2020 veut avant tout jouer collectif.

Nathalie Motsch avec sa veste rouge BO, le jour où Veunac lui a retiré sa délégation.

L’entretien se déroule le vendredi 22 mars, au lendemain d’une réunion de majorité consacrée au projet Aguilera. La veille, le maire Michel Veunac et le directeur des services Christophe Landrin ont confirmé point par point ce que Nathalie Motsch affirme depuis le début, à savoir l’impossibilité légale de réaliser le projet tel qu’il est conçu. On s’attend donc à rencontrer Nathalie Motsch avec des petites ailes aux pieds après ce revirement surprise et on est surpris par le sérieux et la gravité de la presque déclarée candidate. « Si mes enfants ou mon mari me le demandent, je réfléchirai à arrêter la politique » affirme l’ex-adjointe à l’urbanisme qui rajoute dans un sourire « … Mais rassurez-vous, ça ne semble pas être le cas ».

Nathalie Motsch évoque ses débuts en politique, en 2008, quand elle était conseillère municipale, travaillant avec « un très grand maire » Didier Borotra : « Il a tenu sa majorité et fait du consensus permanent. Sinon ça n’aurait pas duré vingt-quatre ans ». « Calamity Nathalie » comme la surnomme l’actuelle majorité n’en dira pas plus mais on devine que derrière cet éloge adressé à Borotra se cache tout ce qui manque à la gouvernance Veunac.

« J’écoute, je rencontre »

L’intéressée ne peut pas préciser à quel moment précis elle a considéré qu’elle était la plus à même de présider aux destinées de Biarritz. Les psychodrames permanents de cette majorité hétéroclite, les remarques sexistes, et « une gestion qui a manqué de transparence » y sont sans doute pour beaucoup. « Je suis frappée par l’appétence des citoyens à participer à la vie publique. Pour le moment je rassemble une équipe, j’écoute et je rencontre. Il est encore un peu tôt pour formuler des propositions ». Les propositions ne sont pas encore écrites, mais elles semblent déjà claires dans la tête de l’intéressée : « Mon projet est de remettre de la transparence et de l’écoute dans la vie quotidienne des administrés, et viser ensemble à une qualité de ville pour une qualité de vie. La bonne décision est toujours prise collectivement ». Voilà qui ressemble fortement à un futur programme électoral !

« Raisonnablement optimiste pour les recours »

Nathalie Motsch se montre réticente à évoquer le passé, même si ses prises de position sur l’Hôtel du Palais lui ont valu une soudaine notoriété auprès des Biarrots : « Je ne veux pas ressasser. La séquence a été hallucinante et au final on arrive à une privatisation déguisée du Palais sans réelle participation des citoyens ». Ne cherchant pas à réécrire l’histoire, Nathalie Motsch affirme « ne pas avoir vu venir le choix de l’opposition » de se rallier (en partie) à Veunac dès juillet 2018 et se contente de lever les yeux au ciel quand on lui demande si les Saint-Cricq, Domège ou Darrigade ont fait ce choix par conviction.

En revanche, elle ne regrette pas d’avoir déposé un recours contre les délibérations qui s’ensuivirent : « Michel Veunac a insisté plusieurs fois pour que je retire mes recours. Il ne pouvait en être question et je suis raisonnablement optimiste quant à l’issue juridique ».

« Je suis une femme d’équipe »

Elle affirme n’avoir jamais su que Veunac avait été bluffé lors de son mémorable discours du 15 octobre 2018 qui lui avait valu une salve d’applaudissements des Biarrots présents dans la salle du conseil municipal et sourit quand l’entourage du maire rapporte qu’elle était à ses yeux la « plus politique » de l’équipe : « C’est dommage qu’il ne s’en soit pas aperçu avant ! ». Surprise, celle qu’on présente comme une « dame de fer », celle qui ne laisse personne indifférent, aimée ou détestée suivant les interlocuteurs qu’on rencontre, reste très touchée par cet épisode : « Ce dossier me coûte très cher à titre personnel. Je perds ma délégation à l’Urbanisme que j’adorais et une équipe avec qui j’avais plaisir à travailler ». On en vient au caractère de l’intéressée, à sa réputation de jouer toujours perso et de rechercher la lumière médiatique. « C’est totalement faux. Je ne cherche pas à me retrouver seule contre tous, car je suis d’un tempérament profondément collectif. » Nathalie Motsch estime que la vie publique nécessite des connaissances très pointues et que c’est sans doute sa formation d’avocate qui l’amène à réagir avant d’autres élus.

« Je ne suis pas opposée au BO »

Force est de constater que dans le dossier d’Aguilera, avant que Michel Veunac ne se rapproche de ses positions, elle s’est retrouvée encore une fois seule contre tous. Soupir de l’intéressée, visiblement très touchée par les attaques subies : « On m’a fait le procès de ne pas aimer notre club, alors que je ne suis pas opposée au BO mais juste à la méthode utilisée. Pour prouver mes dires, je vais d’ailleurs rendre publique une lettre que j’ai écrite à Jean-Baptiste Aldigé le 15 février dernier ». (Document à la fin de l’article)

La passionnée d’urbanisme commence à tracer des lignes imaginaires dans toutes les directions : « Ce qui est porté dans le projet PICHET pour la plaine sportive d’Aguilera c’est un quartier avec 375 logements concentrés autour de la piste d’athlétisme. Or, ça pose un problème. Un quartier doit être pensé, réfléchit, il doit intégrer tous les usages, répondre aux attentes des habitants, privilégier une faible densité au sol pour valoriser des espaces verts, viser un urbanisme durable et raisonnable, il y a de très nombreux enjeux à relever. Ce ne peut pas être juste du bétonnage, il faut tenir compte de l’écosystème, de l’environnement, du paysage architectural et végétal. Ce n’est pas à un promoteur de concevoir un quartier. C’est à la Ville de le porter avec les biarrots en transparence et en respectant des mises en concurrence. En réalité, le sujet n’est pas de dire si on est pour ou contre ce projet mais qu’est-ce qui est faisable ou pas au regard des règles de droit et de la nécessaire maitrise d’aménagement urbain par la collectivité ».

Nathalie Motsch s’excuse de devenir technique : Je suis la première à le déplorer mais on est face à un mille-feuilles administratif avec lequel on doit composer. Ce projet est intéressant mais il bute comme l’ont souligné Michel Veunac et Christophe Landrin sur des « impossibilités juridiques » Des exemples s’imposent pour rendre le discours plus concret. « On passe de 220/250 logements dans ce qui était initialement prévu par la ville à 375 logements dans le projet du promoteur privé, ce qui est plutôt une bonne idée. Mais la MECDU (la Mise En Conformité des Documents d’Urbanisme) nécessite du coup d’être modifiée et les délais sont longs, au minimum douze mois. Je le déplore mais on n’a pas le choix. Autre exemple : le projet Pichet prévoit entre 2500 et 3000 mètres carrés de galeries commerciales, ce qui pose un problème de compatibilité avec le SCOT (le Schéma de Cohérence Territoriale) et le Schéma d’Armature Commerciale. Ces réglementations s’imposent, c’est la loi et elle a été faite dans le but de protéger les commerces de centre ville, en évitant de créer de la commercialité en périphérie pour lutter contre la désertification des centres-villes. Le projet commercial du promoteur PICHET devra être diminué en le limitant probablement à une surface inférieure à 1000 m2.  Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les textes. Ceci dit, en tant qu’élue je suis naturellement très attentive à toutes ces questions. »

« Je ne comprends pas la position de Guy Lafite »

Quant à la polémique qui voudrait qu’elle roule aux côtés de Jean-René Etchegaray en faveur de l’Aviron et contre le BO, l’intéressée la juge tout simplement « ridicule » : « Mon cœur est à Biarritz et rien qu’à Biarritz, et la Biarotte que je suis depuis 18 ans a encore en tête la fête que nous avions fait, comme tout le monde, pour le bouclier de Brennus ». Nathalie Motsch s’engage au contraire à « tout faire pour aider le BO, club que tout le monde aime dans la ville » si elle est élue maire « à condition d’être dans le respect des lois existantes ».

Difficile de ne pas évoquer Guy Lafite qui devrait être à ses côtés dans ce dossier puisque ses anciennes fonctions de secrétaire général des mairies de Marseille et Paris lui donnent une bonne connaissance des contraintes juridiques inhérentes à une ville : « Je ne m’explique pas sa position ».

Notre grand argentier aurait-il une petite stratégie électoraliste derrière tout cela ?

 

15 février : la lettre de Nathalie Motsch à Jean-Baptiste Aldigé :

Il faut Aguileraison garder

Le projet d’aménagement d’Aguilera présenté par Aldigé est incontestablement séduisant. Aux politiques de nous dire maintenant s’il est juridiquement et économiquement faisable .

La villa rose deviendrait le siège des bureaux du BO.

Cet ancien joueur du BO, génération Bouclier de Brennus, n’a pas perdu la verdeur habituelle des propos de vestiaire : « J’ai un avis très arrêté sur ce projet, mais je me garderai bien de l’exprimer publiquement par crainte de déclencher les ventilateurs à merde dans tous les sens ». Bisque, Bisque, Basque ! qui n’a pas peur de grand-chose va donc enfiler ses bottes d’égoutier pour tenter de vous décrypter la formidable partie de poker qui est en train de se dérouler sous vos yeux.

Un projet global et intéressant

Si je rentre un soir chez moi, en annonçant à mon épouse ; « Chérie, je vais améliorer notre maison en faisant vingt millions de travaux », il y a quelques chances, si je ne suis pas trop branque, pour qu’effectivement la maison que nous occupons se bonifie. Mais tout va se compliquer quand, après avoir admiré les projets de l’architecte, ma tendre moitié va me demander : « Au fait, ces vingt millions, tu les trouves où ? » Le projet que Jean-Baptitste Aldigé a présenté à certains journalistes et à des élus qu’il a convoqués dans les bureaux du BO est incontestablement intelligent et a le mérite de lancer la réflexion sur un aménagement global du plateau d’Aguilera, là où un Veunac se contentait de petits grignotages de parcelles et de quelques constructions sans vision d’ensemble.

Lors de la soirée privée organisée dans les salons de la tribune Kampf, le président du BO a martelé deux phrases « Si vous savez comment on gagne de l’argent dans le rugby, expliquez-moi » et « La famille Gave n’a pas vocation à boucher les trous financiers chaque fin de saison ». L’amoureux du rugby, nostalgique de la splendeur passée du BO, a envie de souscrire à cette évolution de son sport favori et à la nécessité d’amener des recettes supplémentaires au club. Mais n’étant ni élu, ni urbaniste, ni juriste, reste à savoir si ce projet « tient la route » et est faisable, une fois le beau rêve évoqué.

Trois problèmes d’importance à régler

« Bisque, Bisque, Basque !  se gardera donc bien pour l’instant de détailler davantage le projet découvert pour la première fois le jeudi 14 février dans les locaux du BO. Lors de la réunion privée du 5 mars dans les salons Kampf, ce projet a été présenté aux Biarrots qui le souhaitaient, ce qui nous change agréablement des cachotteries vécues lors de la rénovation de L’Hôtel du Palais. Mais aucune image ne circule pour le moment des aménagements prévus par le groupe Pichet ce qui complique le travail des journalistes souhaitant expliquer ce qui se prépare.

1.- Ce projet semble difficilement réalisable légalement. La Ville mais aussi l’Agglo ont incontestablement leurs mots à dire dans la décision. Jean-Baptiste Aldigé estime que le groupe Pichet est le seul capable de lui façonner l’outil de travail dont il rêve. Si dans le privé on peut librement choisir son entrepreneur, dans le public on doit passer par des appels d’offres. Aux dernières nouvelles, les services de la Ville, mettraient en avant des difficultés juridiques dans la réalisation de ce projet. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’aménagement d’Aguilera ne doit pas se faire. Mais les politiques doivent reprendre la main sur le dossier et prendre leurs responsabilités en rendant « juridiquement correct » l’aménagement d’Aguilera.

2.- La Ville doit décider de ses priorités. Si ma fille passe le permis, je peux décider de lui offrir une Ferrari, mais le bon sens économique et la sollicitude de mon banquier font que je vais peut-être opter pour une Clio d’occasion. Le projet d’aménagement de la partie sportive d’Aguilera est intéressant mais mérite nombre d’éclaircissements, car tout le monde a en mémoire qu’il manquait 15 millions d’euros pour boucler le dossier Palais, ce qui a amené Decaux à entrer dans le capital. Encore une fois, Bisque, Bisque, Basque ! déplore que ce palace qui n’a pas à être géré par une Ville, n’ait pas été vendu en 2018, ce qui rendrait plus facile l’aménagement actuel d’Aguilera et aurait permis de remettre les finances de Biarritz d’équerre. Encore un somptueux ratage du mandat Veunac !

Il ne s’agit nullement de rejeter les propositions faites pour pérenniser le BO mais de demander à nos élus de réfléchir avant de prendre position. À eux de faire des propositions et de nous montrer qu’ils ont l’étoffe d’un ou d’une future maire. En ce sens, l’attitude d’un Guillaume Barucq laisse un peu rêveur : découvrir le projet à 10 heures le matin et faire un tweet enthousiaste à 14 heures ne me semble pas très politique, même si j’ai énormément de sympathie pour l’intéressé.  Prenez un peu de temps, Messieurs et Mesdames les élu(e)s, et donnez-nous des réponses précises, techniques et réfléchies.

3.- Des fatwas inacceptables. Reste enfin une stratégie très délibérée de Jean-Baptiste Aldigé qui complique singulièrement la donne. Au lieu d’accepter que la presse et le club local cohabitent même si l’esprit critique est parfois de rigueur, le président entretient une tension délibérée avec certains médias qui nuit complètement à une approche sereine du dossier. La composition d’une tribune de presse n’a jamais regardé le directeur d’un club et Aldigé n’avait strictement aucune raison d’expulser les journalistes de Sud Ouest en début de saison. Interdire l’accès aux médias sous prétexte de « réunion privée » est tout aussi surprenant. Dimanche dernier, lors de la défaite du BO face à Vannes une nouvelle étape a semble-t-il été franchie avec une distribution de casquettes demandant aux journalistes de redevenir honnêtes.  Une attitude que Bisque, Bisque, Basque ! condamne sans la moindre hésitation. Tous les politiques ne sont pas pourris, tous les journalistes malhonnêtes et tous les présidents de clubs allumés. Au diable donc, tous ces raccourcis à la Trump qui ne font que compliquer la donne !

Une partie de haute volée entre Aldigé et Veunac

On l’aura compris : Bisque, Bisque, Basque ! éprouve plutôt de la sympathie pour le dernier président du BO, pour son authentique passion pour le rugby, sa volonté de moderniser le spectacle proposé et de bousculer les codes. Un homme capable, il y a un peu plus d’un mois, de débouler dans le bureau du maire et, au bout de trente secondes de discussion de hurler sur lui, ne peut qu’être sympathique. Mais limiter Jean-Baptiste Aldigé à un président un peu trop cash dans ses relations serait faire une erreur tactique grossière.

L’homme est probablement un stratège remarquable et s’il bouscule ainsi les habitudes biarrotes, c’est avec une idée derrière la tête. Il sait que le temps lui est compté et que la famille Gave ne patientera pas éternellement. Le poste qu’il occupe lui plaît mais le temps de décision des politiques, où il est toujours urgent d’attendre, n’est pas le sien. Alors, comme Tapie en son temps lorsqu’il dirigeait l’Olympique de Marseille, il peut tour à tour se montrer d’une exquise urbanité ou d’une grossièreté achevée. Les attaques en piqué contre Jean-René Etchegaray ou Nathalie Motsch sont ainsi très calculées. Elles n’ont d’autre but que de terroriser les élus peureux qui se disent que c’est eux qui pourraient être ainsi montrés du doigt et de souder les Biarrots, toujours prêts à détester l’ennemi héréditaire bayonnais, autour de ce projet qui va incontestablement dans la bonne direction mais qui n’est peut-être pas la première priorité de la Ville.

Et n’oubliez surtout pas que Veunac et Brisson, alors que la bataille faisait rage entre les clans Ledoux-Gufflet et Les Gave père et fils, soutenus par les « historiques » Blanco et Brusque, n’ont pas hésité à prendre parti en pleine bataille de cour d’école en demandant aux premiers de partir. Du jamais vu ! Sauf que Veunac est aussi vice-président de l’Agglo et que l’aménagement de la Côte basque doit désormais être fait en concertation.  Veunac doit donc manœuvrer avec deux pistolets braqués sur la tempe, l’un par la famille Gave qui souhaite qu’il tienne ses promesses et l’autre par Jean-René Etchegaray qui souhaite que Veunac se montre solidaire avec l’Agglo.

Comme Veunac est un pragmatique prêt à tout pour sa survie politique, il a entrevu le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation en constatant que des élus de tous bords (Arosteguy, Tardits…) semblaient favorables au projet. Résumé de ses discussions avec son entourage proche : Si le G7 se passe bien, j’annoncerai ma candidature pour 2020 dans la semaine qui suit avec une liste recentrée et composée de gens expérimentés (NDLR : probablement Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq). En attendant, après le fiasco du Palais, Veunac a décidé de réunir les élus en commission générale le 28 pour guetter leurs réactions. Et d’envisager dans la foulée d’organiser un referendum pour se faire adouber par la population. Quitte à expliquer ensuite que c’est le méchant Etchegaray, flanqué de la méchante Motsch, qui empêchent les Biarrots de mener à bien ce projet.

Seul hic à ce beau scénario destiné à permettre à Veunac d’être réélu en 2020, les services techniques dirigés par Christophe Landrain jugent difficilement réalisable cet aménagement, tandis que certains élus se demandent s’ils ne sont pas allés un peu vite en besogne.

Cris et engueulades lors de la réunion de majorité

Une fois de plus la réunion de majorité qui s’est tenue lundi 18 mars a tourné à la bataille rangée. Signe d’une déliquescence absolue, ils n’étaient plus que 13 élus à être présents à ce qui ressemble de plus en plus à une mascarade permanente. Et comme la vie municipale ne cesse de se bonifier, cette fois ce sont Veunac et Lafite qui se sont empaillés gravement, Veunac affirmant que cet aménagement était « juridiquement impossible » tandis que « Lafaillite-nous-voilà ! », le roi des montages acrobatiques qui ruinent les Biarrots, levait les yeux au ciel en ayant l’air de penser qu’il fallait être vieux et dépassé comme Veunac pour ne pas foncer. Notre si sympathique énarque ne serait-il pas en train de se dire qu’un petit cavalier seul en 2020 au cas où le G7 se passerait mal et où Veunac ne tenterait pas sa chance, mérite d’être essayé ?

Autre grosse prise de bec du duo infernal, toujours le même soir, à propos de « GL events » qui devrait gérer la nouvelle salle de spectacle attenante à la tribune Blanco. Veunac redoute que cette société vampirise « Biarritz Tourisme » tandis que Lafite est là aussi favorable à l’arrivée de l’entreprise. Même malaise du côté des troupes, Anne Pinatel se montrant très emballée par le projet, tandis que Brigitte Pradier et la supportrice de cœur du BO Jeannine Blanco l’estiment totalement irréaliste.

Comme les lecteurs pourront le constater, le calme, la paix et l’harmonie la plus absolue règnent donc sur Biarritz, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et où personne ne pense à 2020.

Une raison supplémentaire pour aborder avec beaucoup de soin et de minutie ce dossier d’aménagement du plateau d’Aguilera tandis qu’un calendrier difficile attend le BO dans les prochaines semaines. C’est peu probable et personne ne le souhaite, mais vous imaginez la saison prochaine l’ambiance si se tenait un derby BO-Anglet à Aguilera ?

 

Maïder Arosteguy veut empêcher un nouveau « mandat de désolation »

La conseillère départementale est persuadée que son bon sens et sa proximité avec les Biarrots vont faire d’elle la favorite de 2020 après le catastrophique intérim de Veunac.

Image extraite de la page Facebook de Maïder Arosteguy.

La conversation qui se déroule au Royalty, le jour de la prise de fonctions de Pascal Ondarts, démarre par un énorme fou-rire : « Sérieusement, vous connaissez un seul Biarrot qui ne vous imagine pas candidate en 2020 ? ». Maïder Arosteguy ne peut s’empêcher de sourire. Elle sait bien qu’elle fait tout actuellement pour préparer la campagne des municipales de 2020 dans les meilleures conditions. « Malgré les apparences, ma décision n’est pas encore totalement prise. Dans l’hypothèse où je serais candidate et dans l’hypothèse où je serais élue maire, contrairement à d’autres, je ne m’imagine pas autrement qu’en maire à plein temps, Et je serai bien évidemment présente à l’Agglo car c’est là que se prennent les décisions qui engagent l’avenir du territoire. »

C’est promis, on saura au plus tard à l’automne si Maïder et son groupe de réflexion se lancent dans la bataille, après onze ans de présence dans l’opposition municipale. « Pour le moment, je ne suis ni en campagne ni candidate. J’ai juste créé « Mon Biarritz » pour établir une ligne directe avec les Biarrots, et avoir une remontée de terrain déconnectée de toute pollution politique ».

« Plus audible depuis le départ de Brisson »

À propos du mandat de Michel Veunac, l’opposante se montre particulièrement féroce : « C’est un mandat de désolation. La fin du cycle Borotra. On a voulu copier les recettes du borotrisme sans en avoir le talent. » Les implosions successives de la majorité ne l’ont guère étonnée : « Ma seule surprise vient du temps que ça a mis à exploser. Cette addition d’egos ne pouvait pas fonctionner » Maïder Arosteguy, avec Richard Tardits est une des rares opposantes à ne pas avoir trahi son mandat. Si elle refuse de commenter l’attitude des Saint-Cricq, Domège ou Darrigade, elle se montre assez nuancée sur son propre bilan : « J’ai le respect du chef et faire entendre ma voix au début a été assez compliqué. Depuis le départ de Max Brisson pour le Sénat, je peux enfin être plus audible ».

Difficile en effet de ne pas parler de Max Brisson. Énorme soupir : « Mon binôme !». Maïder Arosteguy avoue sa perplexité face au sénateur : « Max se dit très heureux au Palais du Luxembourg mais Biarritz bruisse de ses rendez-vous avec des candidats potentiels, c’est assez étonnant ». La presque candidate Maïder Arosteguy affirme qu’elle n’est pas assurée d’avoir l’investiture de son Parti, Les Républicains : « C’est une commission départementale qui se prononcera en septembre, lors d’un vote. Ensuite, une investiture et un logo n’ont jamais été l’alpha et l’oméga pour gagner une élection municipale où les enjeux sont purement locaux. Quant à Max Brisson, il lui appartient désormais de faire un choix… »

« Il est temps pour Veunac de passer à autre chose »

Reste une embarrassante question à un an des élections municipales. Si Maïder arrivait seconde ou troisième avec un maire sortant en tête, serait-elle prête à s’allier avec lui au second tour en échange d’un poste de Première adjointe ? Réponse catégorique : « Michel Veunac, ce n’est tout juste pas possible ; En 2020 j’aurai combattu, mais toujours avec dignité je crois, Michel Veunac. Ce n’est pas pour me retrouver à ses côtés le jour des élections. De plus quelle vision a-t-il de Biarritz et du Pays basque ? Qu’a-t-il fait pour une ville qui se dégrade lentement, je pense notamment à ses quartiers, sauf à proposer des coups médiatiques onéreux ou des chèques en blanc que les prochaines générations devront assumer pour Le Palais ? Il est temps pour lui désormais de passer à autre chose plutôt que de tenter une nouvelle fois de mal gouverner ».

Grosse surprise, alors que la rumeur publique veut que ses relations avec Nathalie Motsch soient exécrables, Maïder se montre très consciente qu’une multiplication des listes pourrait permettre à Veunac de l’emporter et n’est pas hostile à un regroupement des forces en présence : « Il y a des points à discuter avec les autres candidats décidés à faire de la politique autrement. Si Guillaume Barucq, par exemple, me dit que Biarritz doit devenir une ville réservée aux seuls vélos et piétons, nous ferons campagne séparée. Mais j’ai affaire à des gens intelligents et rien ne dit qu’il n’y aura pas de solutions pour empêcher Michel Veunac d’obtenir un deuxième mandat ».

« Pour la vente du fonds et des murs du Palais »

Les grands dossiers de la mandature, comme Le Palais, sont ensuite évoqués.  « Si j’avais été maire, j’aurais organisé un referendum et consulté les Biarrots. Je reconnais avoir évolué sur le sujet. Je pense qu’un palace n’a pas à être géré par une ville et qu’il aurait fallu vendre les murs et le fonds permettant à la Ville de se désendetter massivement et investir pour le quotidien des Biarrots ».

Quant à Aguilera, le nouveau dossier brûlant, Maïder Arosteguy se montre claire : « J’ai pu voir en détail, en répondant à l’invitation de Jean-Baptiste Aldigé, le projet d’aménagement de la zone d’Aguilera. Il est intéressant et mérite considération. Notre rôle d’élu, désormais, consiste à vérifier qu’on peut élaborer ce projet dans le cadre d’un strict respect de la loi ».

N’était-ce pas gênant pour des élus, de se retrouver un à un dans le bureau du président du Biarritz Olympique ? Maïder ne le pense pas : « Quand on est 35 élus réunis, ce sont un peu toujours les mêmes qui monopolisent la parole. En tête à tête, on s’autorise plus à poser des questions. Et j’en ai posé beaucoup ! ». Le fait que les élus vont se retrouver en commission générale à huis clos pour débattre du projet la rassure, même si elle estime que la population doit être étroitement associée au débat.

Pour la première fois de l’entretien, Maïder estime que Michel Veunac a pris une bonne décision. Ce qui ne change rien à sa détermination : « Franchement, une Biarrote maire de Biarritz, ce ne serait pas mal, non ? »