Une pathétique nombriloscopie

Brillant orateur mais piètre écrivain, Didier Borotra, ego démesuré et absence totale de remise en cause, se rate complètement dans ses mémoires.

Qu’attendre en vérité de quelqu’un qui, à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne, a affirmé avoir appris « par hasard » l’engagement de sa fille Sophie par la directrice de La Cité de l’Océan qui travaillait sous ses ordres ? Des approximations et de grandes gesticulations autosatisfaites.

La réalité Borotra, connue de tous les Biarrots, est toute autre que celle racontée dans le livre au titre ampoulé « La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs ». Didier Borotra, c’est d’abord un homme qui rate complètement sa vie professionnelle avant de se raccrocher aux branches la cinquantaine venue grâce à la politique, quelqu’un qui a connu la gêne financière avant de prospérer sur le tard, le cumul des mandats aidant. Mais la vie antérieure du brillant gestionnaire Borotra est expédiée en dix lignes et devient « de graves tensions financières au sein de l’entreprise au mileu des années 1980. Cette responsabilité de gestion, lourde et préoccupante, a été surmontée grâce à la solidarité familiale. » Étonnez-vous après cela que la Ville, au moment de son départ, soit passée à ras de la mise sous tutelle préfectorale pour cause de surendettement !

Élu à regret à Biarritz

Même fable en ce qui concerne son implication dans la vie politique biarrote. À l’en croire, cet inconditionnel de Jean Lecanuet a cédé à la pression affectueuse de ses amis en se présentant à Biarritz : « Je dus une nouvelle fois y aller… plus contraint que porté par une réelle ambition. J’entends bien que ce goût du sacrifice peut paraître suspect ; certes ma sympathie à l’égard de Bernard Marie était nulle et, sincèrement, j’étais fort tranquille à la mairie d’Arbonne et au conseil général ».

Et l’on en arrive au morceau de bravoure de 1991 où l’angélique Borotra dément catégoriquement une quelconque « ambition de devenir maire ». C’est uniquement la peur de voir raser le casino municipal, ce chef d’œuvre de l’art déco, qui l’a poussé à faire sécession contre Bernard Marie. Comme c’est curieux, Borotra oublie totalement de citer les coupures de presse de l’époque où il se déclare, fin 1990, « enthousiasmé » par le projet d’implantation d’un nouveau casino sur la colline des hortensias. Talonné par Michèle Alliot-Marie que tout le monde voyait succéder à son père, le premier adjoint Borotra trahit Marie, car il n’en peut plus d’être vizir et se rêve calife. Mais si on le lit, c’est uniquement par amour de Biarritz et de la belle architecture qu’il a agi ainsi et non par arrivisme forcené.

Des costards à tout va

Et c’est là où « La renaissance de Biarritz » devient une énorme déception. Didier Borotra, même s’il est l’illustration des méfaits liés à vingt-trois de règne sans partage, a incontestablement été un maire qui avait une vision de sa Ville et qui a réveillé la belle endormie de la Cöte basque. Mais à force de ne pas s’attribuer la moindre erreur, le moindre ratage (Il continue à croire que la Cité de l’Océan deviendra « avec le temps, l’un des atouts majeurs de l’image et du développement de Biarritz » !), Borotra en devient totalement ridicule.

Prenez par exemple l’homme qui a été sénateur des Pyrénées-Atlantiques de 1992 à 2011. Un sénateur tellement inexistant que M6 s’était amusé à faire un reportage sur lui, présent par hasard au Sénat et incapable de localiser son bureau. À part Pénélope Fillon, vous connaissez quelqu’un incapable de retrouver son bureau après dix-neuf ans passés au sein de la même entreprise ? Et qu’écrit celui qui devrait raser les murs après avoir si mal accompli son mandat : « Mon expérience de sénateur s’avéra assez décevante en raison de l’âge et du manque de dynamisme d’un grand nombre de mes collègues, du faible poids de l’assemblée dans les grands débats politiques et des difficultés éprouvées à faire émerger les majorités d’idées auxquelles j’aspirais » Si tu avais un peu plus participé au travaux, Didier, peut-être aurais-tu apprécié le Sénat !

Même toupet de plume en ce qui concerne Michèle Alliot-Marie, de la part d’un homme politique dont la renommée n’est guère allée au-delà de Mauléon. Didier Borotra a le droit de détester la famille Marie, mais de là à écrire sur l’un des plus beaux parcours de la République : « Certes, son parcours politique l’a amenée à exercer de hautes responsabilités, la hissant à la tête de quatre ministères régaliens. Mais, quand on regarde de près quelle fut son action, on constate qu’elle aura laissé peu de traces durables de son passage » Vingt ans à faire partie de tous les gouvernements possibles, c’est ce que Didier imperator appelle ne pas laisser de traces ! Mais visiblement, comme l’avocat Robert Bourgui, Borotra a décidé d’offrir des costumes taillés sur mesure à tous ceux qui lui sont chers.

L’encensoir sans empathie

Et l’on s’étonne dans ce livre qui fait, disons-le tout net, un peu de peine pour son auteur d’une construction surprenante que l’éditeur aurait dû récuser. D’un côté une sorte de curriculum vitae laborieux où l’on retrace les grandes dates d’une existence sans raconter le dessous des cartes, un peu comme si Jérôme Thion nous rappelait dix ans plus tard le minutage des essais lors du dernier bouclier de Brennus au lieu de nous raconter l’ambiance des vestiaires, de l’autre des portraits qui arrivent sans prévenir au milieu du récit avec une hyperbole de superlatifs et une absence totale d’empathie, qui donnent à penser à une soirée des Césars où le lauréat n’oublie jamais de remercier le moindre décorateur ou preneur de son.

Vous l’aurez compris, derrière « La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs » se cache surtout de la part de son auteur un manque absolu d’humilité qui est révélateur d’un manque total d’humanité. Et l’on plaint ce vieillard au cœur sec pour avoir fait dans ce livre fort loin d’être impérissable inlassablement le tour de son nombril avec sa plume.

« La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs », Didier Borotra, éditions Le Festin, 224 pages, 19 €.

Amnésie consciente et inconsciente…

Borotra évoque longuement le Foro, destiné à propager la gloire de Biarritz en Amérique du Sud mais oublie totalement de préciser aux lecteurs que sa fille qui vivait sur le continent américain touchait un salaire d’attachée parlementaire de sa part, quand il était sénateur, ce qu’elle a confirmé au tribunal. Encore plus fort que Fillon ! Ce qui n’empêche pas notre inénarrable Didier de nous faire un grand couplet sur l’argent et la politique : « Il faut reconnaître que beaucoup d’élus locaux ne font rien, sinon de la présence et touchent des indemnités exagérées » Fallait oser ! Comme il fallait oser affirmer n’être nullement intervenu dans la campagne des municipales de 2014 : « Max Brisson considérait qu’il était imbattable, Veunac qu’il était le plus légitime, tandis que Guy Lafite estimait qu’il était le plus compétent. Tout cela n’était pas faux, mais pas totalement exact non plus ».

D’autres erreurs, comme l’a souligné La Semaine du Pays basque d’aujourd’hui, traduisent une mémoire qui flanche et n’auraient pas dû passer au travers d’une relecture sérieuse. Borotra fait participer De Gaulle aux législatives de 1978 au lieu de 1968, parle de Bernard Marie député en 1993 alors qu’il avait abandonné son mandat en 1981 et le reste à l’avenant. Mais le détail que les Biarrots auront le plus de mal à lui pardonner est sans doute cette légende de photo, page 112, parlant du bouclier de Brénus et non de Brennus. À croire que Didier s’est pris un coup de bouclier sur la tête, lors de la dernière finale…

Bru et Brisson, les futurs dépités de la sixième !

Dessin Pierre George

Ma Toute Douce,

 J’ai trouvé, en rentrant de promenade, votre lettre où vous m’annonciez avec une émotion non contenue que notre Max-la-Chips renouait enfin avec le succès. Une missive dans laquelle vous disiez votre bonheur ! Mais hélas, la vieille dame que vous êtes, s’est trompée lourdement… Ce n’est pas notre Chips, notre Max Vico à nous, qui vient de remporter à Montreuil le 100 mètres, mais le jeune et sémillant Jimmy Vicaut… Il ne faut pas confondre les catégories ni les pochettes de chips !

Pourtant notre Chipstarrak a toujours des ambitions bien ancrées et ne recule devant rien ! C’est même à cela qu’on le reconnait… Au point que ces jours derniers, il s’en est allé à Paris, voir Sarkozy qui l’a reçu aimablement, comme l’on reçoit toujours les victimes d’attentat MAMiste.

Et savez-vous ce que notre ami a demandé au petit teigneux ? Vous ne devinez-pas ?

Eh bien, tout simplement, d’avoir l’investiture pour les législatives dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques… Je ne plaisante pas, Chère Thérèse-Marie !

De retour en terres basques, la Chips n’a pu s’empêcher de confier à Nalpas-plat, tout joyeux : « C’est fait ! Sarko est d’accord ! Ce sera MOI, MOI, MOI !« 

Nalpas en a mouillé tout son kleenex, expliquant à ses amis : « Brisson c’est comme Eurotunnel. Quand l’action ne vaut plus rien, eh bien il faut mieux les garder en portefeuille que de la refiler. Et moi des actions Brisson j’en ai des milliers ! Qui sait, je vais pouvoir peut-être me refaire !« 

Tout cela devient pathétique, Ma Chère, car moi qui ai quelques amitiés en haut lieu chez les Républicains, j’ai, par souci du devoir, vérifié méticuleusement l’information, vous le pensez bien… Et un haut dirigeant de la bande à Sarko m’a bien gentiment expliqué ainsi les choses : « Eh oui, Sarko a vu le gros ! Et Sarko se marrait encore le lendemain en disant : ‘Je n’ai pas pu dire un NON ferme au pauvre Brisson, tu comprends. On se doit de respecter un grand blessé à l’agonie. Mais franchement, comment peut-il y croire qu’on lui donnera finalement l’investiture, lui qui a tout merdé dans sa ville et son département ? Lui le valet de ferme de Bayrou et Lasserre ! De toute façon, la sixième c’est à la vieille, et c’est elle qui décidera. Et si elle n’y va pas, elle y mettra n’importe qui sauf lui ! Enfin, par humanité, il fallait laisser entendre au pauvre Brisson ce qu’il voulait entendre et s’il m’avait demandé s’il serait le prochain président des Etats-Unis ou même la future reine d’Angleterre, je lui aurais dit oui !’ « 

 

Mais il est vrai que la sixième attire bien des convoitises et que certains qui, eux, auraient des chances de se faire investir ou élire, sont toujours en grande réflexion… C’est le cas de Paul Baudry, le dynamique maire de Bassussarry, élu pour la première fois en 1995, et réélu avec 75% des voix en 2014, ce qui doit laisser bien rêveur notre Chips… L’ami Paul, qui est l’un des artisans, aux côtés de ce corsaire de Peyuco, de l’apaisement autour de la future EPCI entre OUI-istes et NON-istes, et grand partisan du futur Lehendakari Etchegaray qu’il juge « le plus légitime parmi les légitimes« , était effectivement annoncé comme l’un de ceux qui pourraient surprendre dans cette élection législative. Seulement le Paul, Ma Douce, est un sentimental, attaché à son village comme le Basque obligé de partir aux Amériques, l’était autrefois. Et s’il est flatté de trouver beaucoup de partisans à sa candidature, lui le Gaulliste séguiniste, viré de l’UMP par la Chips pour avoir soutenu la candidature de la petite Candy Darrigade l’année passée aux départementales (la sanction frappant Baudry ayant d’ailleurs été immédiatement annulée par les instances nationales dès que Max-la-Mélasse a été foutu à la porte du secrétariat départemental), confiait l’autre dimanche à quelques proches : « Avec cette histoire du non-cumul, il faudrait que je lâche Bassu. C’est ça qui me fait vraiment hésiter. Ce serait le crève-cœur absolu. Etre député c’est bien, oui évidemment, mais ne pas pouvoir rester un petit maire, chaque jour les mains dans le cambouis, cela me parait absurde ! Pour moi être député, c’est justement être un élu de base et du quotidien qui fait comprendre à Paris la difficulté de notre job de maire ! » Il faut dire que le Paul sera, de plus, l’un des vice-présidents de l’EPCI et qu’il compte bien s’y donner à fond. J’en suis fort marri, mais je pense qu’il faudra compter sans lui cette fois.

 

Heureusement que pour nous distraire, il nous reste notre petit Un-Bru-de-sa-personne, le maire de Cambo. L’impayable petit LU, qui rêvait d’être sénateur et qui n’est que sécateur d’Arnaga, veut toujours croire à ses chances !

Et je me suis laissé dire que le paon de Chanteclerc faisait des pieds et des mains pour être reçu par François Bayrou, histoire de le convaincre de lui attribuer une investiture pour ces législatives. Ce qui explique qu’il fait, jour et nuit, la roue devant Ostia qui lui aurait promis de lui filer un coup de main pour ce faire. Et sans rire, on imagine tout à fait les chances du petit Lu d’être élu député en terres basques en se recommandant d’Ostia ! Je crains bien que le rêve insensé du Vincent de devenir parlementaire ne se réalise jamais, lui qui voudrait pourtant quitter la mairie en 2020 après un long règne qui semble avoir trouvé ses limites.

Au point d’ailleurs que le Pascal Sevran des mamies de Cambo commence à organiser sa succession et semble décidé à filer les clefs de la mairie à un de ses conseillers municipaux, le Peio Etchelecu, patron de la laiterie Agour d’Hélette, alors qu’il les avait pourtant promises à son second adjoint, l’excellent vice-président de l’Aviron bayonnais Christian Devèze. Mais comme ce dernier ne semble pas prêt à se laisser faire (ce qui n’est pas dans son caractère), le Un-Bru-de-sa-personne en devient tout énervé à tout propos et voilà que l’autre jour le Vincent – qui fut d’abord opposé à l’EPCI avant de s’y rallier (il espère une vice-présidence qu’il aura bien du mal à avoir…) – s’est permis de lui couper salement la parole (comme le font tous les grands démocrates) à ce sujet l’autre jour en Conseil municipal, au point de devoir lui faire, par la suite, platement des excuses en devenant tout rouge comme un gratte-cul, peuchère ! Depuis le Christian semble avoir pris ses distances avec son sécateur-maire et lui garde un paonneau de sa paonne… Une fronde au pays du petit Lu nous réjouirait bien dans les prochains mois… La fin de mandat risque d’être joyeuse !

D’autant plus que le paon de Chanteclerc s’il sait si bien faire la roue devant Ostia, rabat vite son caquet et ses plumes dès que l’on lève la voix, comme le racontait autrefois l’excellent maire d’Arcangues Jean-Michel Colo : « Bru c’est bien plus la poule d’eau que le paon pour moi ! Dès qu’il se mettait à faire l’instruit dans une réunion, il me suffisait d’élever un peu la voix et de frapper de mon poing la table. Et t’avait plus qu’à chercher le Vincent dessous où il jouait des castagnettes !« 

Heureusement qu’il a tout l’été pour se détendre dans les jardins d’Arnaga en se faisant des infusions aux plantes… Sa rentrée risque d’être chaude !

 

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

MAM et les seconds couteaux…

Ma Toute douce,

MAM cible

(Dessin de Pierre George)

Depuis que notre Chère Michèle Alliot-Marie est de nouveau candidate aux législatives dans la sixième, en 2017, les spéculations vont bon train sur ceux qui pourraient se présenter face à elle. Mais avant de vous en dire plus sur les deux gamins qui désirent lui faire la peau, il me faut répondre à votre interrogation figurant dans votre dernière missive. Vous m’écriviez : « J’ai rencontré MAM à Paris, Chère Marie, et elle ne semble pas avoir encore pris sa décision de se présenter aux législatives comme vous le prétendez ! »

Comme vous avez mis le doute dans mon esprit, j’ai demandé à mon chauffeur de me conduire par une belle journée ensoleillée de la semaine passée, chez mon vieil ami ZZ, qui habite bien au-delà de la Croix Blanche de Senpere, et qui sait bien des choses sur le monde politique local.

Arrivée à la porte de sa bergerie, notre Zuhur Zaharra m’a dit :

– Content de vous voir, je suis ! Ah bai, je sais pourquoi vous montez jusqu’ici nire txikia.  Vous racontez, je vais…

Et mon vieux Basque, esprit brillant, m’a expliqué que ce que vous a dit MAM est en fait dans sa stratégie :

– Té, la vieille est une maline. Un pottok, comme elle, j’avais dans le temps ! Tu croyais le tenir, et hop, le voilà par un buisson qui le camp, me foutait ! La Michèle, à son entourage, a dit depuis des semaines qu’il fallait se tenir prêt pour la bataille. Et les voilà tous qui en ordre, se sont mis. Et là, l’amatxi de la sixième, te leur dit de sa voix autoritaire qu’elle a : « Mais enfin mes amis ! Mais enfin ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire de ma candidature que vous osâtes répandre ! Mais je n’ai jamais rien dit de semblable, me semble t-il. Où êtes vous donc allé chercher ces fadaises ? » Et devant leurs figures étonnées, l’amatxi  a aussitôt lâché : « Eh bien voilà ! C’est malin, maintenant je vais me trouver dans l’obligation de tenir VOS engagements et de me présenter. Ah croyez-vous que c’est malin ! Vous rendez-vous compte dans quelle situation vous me mites ?« 

Voilà l’explication de notre cher vieux Basque, qui s’y connaît bien en matière de coup de chamelle, comme c’est normal dans le Zaharra ! Excusez-ma petite plaisanterie…

Et comme nous parlions de MAM, il est allé plus en avant dans son raisonnement :

– Maintenant, se méfier, la Michèle elle doit ! Mais avantage elle a ! Car avec la loi nouvelle, sur le non cumul des ardi gasna de la République, les grands maires de la Côte n’iront pas contre elle. Ni le Kotte, ni le Peyuco, ni le Mixel. Vous verrez, Dame Marquise, qu’elle aura en face d’elle que des seconds couteaux. Gagner elle pourra ! Mais… Mais…

– Oui cher Zuhur Zaharra ?

– Attention, elle devra faire ! Car pour gagner chez nous, un bon suppléant, avoir elle devra ! Qu’elle ne nous sorte pas encore un politique ! Ici, on aime qu’à côté du gros, un petit, il y ait, té ! Un bon gars de l’intérieur, connu, reconnu, qui a réussi dans la société. Un de chez nous ! De l’intérieur de la sixième, il lui faudra trouver ! Moi, je vous le dis !« 

Ah, et quand le petit-fils de Zuhur Zaharra, Patxi, qui avait assisté à notre entretien, a eu la gentillesse de me raccompagner jusqu’à mon automobile, il m’a résumé en un langage de jeune le fond du problème, avec un sens politique bien proche de celui de son aitaxi :

– L’aitaxi a raison, vous savez Marquise. La mère Alliot-Marie, il faut qu’à 70 berges, elle nous propose un duo un peu plus sexe, quoi ! Il faut tenir compte de la nouvelle mentalité des électeurs, aujourd’hui ! Il faut que cette candidature soit fun ! Comme dirait l’aitaxi « Ecrire une belle fin d’histoire pour sa carrière« .

Voilà donc, ce que je peux vous dire au sujet de vos inquiétudes. Non seulement MAM ira aux législatives, puisqu’elle veut être la première femme dans l’histoire à présider l’Assemblée Nationale, mais elle a aussi grand intérêt à se débusquer le candidat rare qui aura une autre figure que le petit Lu d’Arnaga qu’elle avait choisi en 2012…

À propos du Vincent-un-bru-de-sa-personne, on ne sait s’il va se décider à partir contre MAM avec ses petits muscles de centriste, mais il y aura bien du monde à l’UDI pour se porter candidat et le paon de Cambo va devoir se battre, comme dans Radin-des-Bois qu’il aime tant. Mais il me faut surtout vous parler du couple qui a le vent en poupe ces temps-ci et qui est déjà dans les starting-blocks… Un couple de quadra constitué d’un homme et d’une femme. Et ce n’est pas un pléonasme, car aujourd’hui  les couples, vous le savez, – même si ça traumatise nos amis de Béguios qui jouent de la harpe à Monseigneur – cela peut très bien être deux personnes du même sexe ! Alors du côté de la sixième circonscription à l’UDI, voilà qu’un Luzien, Stéphane Alvarez, président de la Croix Rouge, conseiller municipal de notre bon Peyuco, assureur de son métier, partirait avec une biarrote, Camille Darrasse, notre fameuse hôtesse de l’air, fille de l’adjointe du Parrain de la Côte, Nicole Darrasse.

De quoi provoquer ces commentaires d’Henri Levrero, le Tonton-Flingueur de MAM :

– Manquait plus que ça ! L’assureur peut se prendre une assurance sur la vie avec moi et une bonne ! Avec sa tronche de premier de la classe, je vais te le renvoyer au fond des bancs près du poêle, se réchauffer les fesses. Quand à l’hôtesse de l’air, l’assureur va pouvoir lui chanter du Dutronc,  avant que je lui scotche les lèvres avec du chatterton rouge : « Fini le pilotage, Mais vive le pelotage. » et la gamine lui répondra : « Fini le décollage, mais vive le collage. »

Il faut dire que le bel Alavarez, surnommé par ses collègues au conseil municipal Brett Sinclair, a quelques chances de faire un joli tour de piste, comme me le confiait ce maire d’un village de la Côte : « Il est sympa, gentil et tendre. C’est un mec bien qui fait un gros boulot avec la Croix-Rouge. Et ça se sait, y compris dans les villages de l’intérieur. Lui, aurait fait bon suppléant pour MAM, car on sait qui c’est… Mieux que le Bru qui fut une erreur autant politique que poétique ! Il sait y faire avec les vieilles, un peu comme Bru, mais en beaucoup moins ringard, tasse de thé et petit doigt en l’air en moins !« 

Certes le Brett Sinclair luzien est un peu passé dans tous les partis politiques de droite et du centre, et court après un poste, mais après tout est-ce un drame ? Et au moins, il sait ce qu’est la misère des pauvres gens lui, contrairement à Ostia qui préfère le coup que la Croix. Rouge, s’entend… Ostia de ostia ! :

– Maman, t’as donné mes vieilles cravates aux pauvres ?

– Eh non, Papa, ils en veulent pas !

– Mais on peut essayer de leur refiler le vieil imper à la Chips qu’il avait oublié chez nous et avec lequel tu avais couvert la Noiraude cet hiver… je vais le passer à laver dans la Vedette et il fera tout propre. Et avec le tissu, ils pourront habiller aux moins douze sans-dents !

Quant à la Camille, on l’a dit très dynamique, volontaire et engagée très tôt dans le militantisme politique chez les centristes… de quoi rajeunir les cadres et ringardiser le Pascal Sevran des mamies de Cambo qui devra, s’il se présente, abandonner ses vestes de chez Thiery & Sipetit pour s’offrir des pantalons de chez G-Star, et de courir chaque matin et chaque soir dans les allées d’Arnaga pour, comme le dit le petit neveu de mon jardinier, « se mouler un peu le cul » !

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.

Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Visiblement la liberté réussit à La Marquise de Vérité, qui n’a jamais été aussi percutante que depuis son départ de La Semaine. Comme dirait De Gaulle, c’est désormais « La Marquise outragée, La Marquise brisée, La Marquise martyrisée, mais La Marquise libérée ». Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les censeurs à l’eau bénite et les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

« Faut reconnaître… C’est du brutal »

Parachute MarquiseMa Toute Douce,

J’ai été la première à vous annoncer la fin de Brisson-la-Chips et vous aviez eu la bonté de me croire. Je vous annonce aujourd’hui le retour de Michèle Alliot-Marie aux élections législatives de 2017, dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques et vous pouvez tout aussi bien me faire l’honneur de prendre cela pour argent comptant, même si cela rendra certains pas du tout contents…

Il faut dire que c’est aussi la suite logique du limogeage de la Chips façon « Tontons Flingueurs« , ce qui sera d’ailleurs le ton précis que MAM compte donner à cette année de combat pré-électoral, puis à la campagne électorale des législatives où elle devrait faire face à bien des coups bas. D’ailleurs le très croustillant Henri Levrero, dit « Tonton Flingueur number one« , bras armé de MAM, secrétaire de la sixième chez les Républicains, responsable du Chêne, n’est pas en reste quand il s’agit de défendre « la patronne » et de citer les répliques cultes du film de Lautner. Ne l’avait-on pas entendu dire chez le parrain de la Côte, l’excellent Claude Olive, il y a quelques semaines devant une citronnade en craquant des chips d’un coup de mâchoire au bruit de guillotine, suite à la ruine du parti orchestré par Max la Mélasse : « Ecoute Parrain, moi les dingues, j’les soigne, j’m’en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j’vais lui montrer qui c’est Henri à la Chips. Aux quatre coins d’la Côte qu’on va l’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle… Moi quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite… j’disperse… et j’ventile… »

Du clair, du dur et du précis.

 Cette affaire réglée et la Chips au fond de son seau, on peut se demander pourquoi notre élégante MAM redébarque au Pays, ma Chère Thérèse-Marie ? L’explication est assez simple en fait…

Figurez-vous qu’elle veut désormais, en cas de victoire de la droite aux prochaines législatives, décrocher ce que l’on appelle le Perchoir, c’est à dire la présidence de l’Assemblée nationale. Ainsi après avoir occupé tous les ministères régaliens, il ne lui manque plus à son palmarès pour achever une carrière prestigieuse que de devenir la première femme dans l’histoire de France à présider l’Assemblée ! C’est vrai que cela aurait une drôle de gueule et la consolerait d’avoir loupé Matignon de peu, il y a quelques années…

On m’a dit qu’elle aurait dealé cela avec Sarkozy sans trop de problèmes. Le petit énervé n’étant pas forcément la tasse de thé des vrais gaullistes, mais avec lui on peut toujours s’arranger, comme l’expliquait MAM – façon Audiard elle aussi ! – à quelques interlocuteurs privilégiés réunis dernièrement sous un chêne du Pays Basque par un bel après-midi :  » J’dis pas que Sarkozy était toujours très social, non, il avait l’esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t’aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité. »

Mais évidemment, avec Juppé cela sera une autre affaire, car ces deux-là s’aiment comme l’huile aime le vinaigre. MAM prépare donc les choses avec application et envisage toutes les hypothèses. La voilà qui vient donc de lancer un nouveau parti ou plus exactement une sorte de « plateforme » (et il faut dire que la Chips n’avait pas sa place là où la forme est plate…) baptisée « Nouvelle France » qui a comme emblème provisoire le coquelicot sur son compte Twitter. D’ailleurs notre Tonton Flingueur de Levrero en expliquait le choix à quelques militants du Chêne avec beaucoup de poésie : « C’est une sorte d’hommage à la Chips que MAM choisisse le coquelicot, voyez-vous. Car dans l’Antiquité, les Égyptiens utilisaient les pétales de coquelicot pour les disposer un peu partout dans les tombeaux afin que les défunts puissent avoir de bons et doux sommeils. Le gros gisant va pouvoir dormir du plus doux des sommeils. Et le Prince charmant va pas venir réveiller Cendrillon, croyez-moi ! »

De plus MAM communique tous azimuts et elle fait aussi le buzz depuis qu’elle parle « d’orgasme« … Vous vous rendez compte Ma Chère !!

En effet une journaliste du Point qui publie un livre « Quelques minutes de vérité » chez Grasset raconte ce que lui a confié notre MAM, elle qui éprouve un plaisir physique lors des meetings politiques qui pourtant sont bien fatigants, du moins quand on doit écouter les discours des autres. Et voilà notre MAM qui confie à la journaliste : « Quand c’est vous l’orateur, ce n’est pas la même fatigue. Faire un meeting, ça vous donne de la force, de l’énergie. C’est comme un orgasme. »

Oh… mon poudrier m’en est tombé des mains !

Et MAM de rajouter cela :  » Ne le dites pas à Patrick [Ollier, son compagnon]. Il n’imagine pas que c’est pour ça que j’adore faire des réunions publiques. Les hommes croient qu’ils sont les seuls à jouir de la politique. S’ils savaient… »

Eh bien Ma Toute Douce, dites-moi… Un peu plus, et ça nous donnerait l’envie de faire des meetings nous aussi ! Et c’est vrai qu’un meeting de MAM est plus excitant que le gros Ostia sur son scooter en train de tourner dans les rues de Paris à la recherche de bestiaux…

 La candidature de MAM aux prochaines législatives dans la sixième ne se pose donc plus. Et tous les espoirs de la Chips d’être candidat aux législatives sont donc définitivement évanouis… Mais il va falloir que MAM se bouge quelque peu, comme me l’expliquait ce conseiller municipal à l’œil perspicace : « La vieille va devoir d’abord jouer la femme dans le coup ! Elle aura 70 ans au moment de la campagne des législatives. Et on va l’attaquer cruellement sur son âge, vous verrez Ma Chère Marquise ! ». Là, Chère Thérèse-Marie, il me semble que l’on manipule un peu l’opinion publique… cette affreuse dictature du « jeunisme » est franchement un peu ridicule, non ? Rappelons-nous que le Général de Gaulle est revenu au pouvoir à l’âge de 68 ans, qu’il y est resté onze ans ! Et à l’époque, comparé à la nôtre où nous vivons plus en forme et plus vieux, 68 ans cela correspondrait à 78 ans de nos jours ! Mais revenons à ces confidences : « Ensuite, elle aura face à elle Sylviane Alaux, la sortante. Vous me direz que c’est un autre style, c’est une mamie-blue mais très en forme. Et elle bénéficie la Sylviane d’une bonne cote de popularité. Elle est partout, laboure sa circonscription tous les week-ends en tous sens. On la voit à plein de manifestations, chez les commerçants faire ses courses, boire l’apéro au café. Elle est devenue une super pro… Même dans un contexte de victoire de la droite aux présidentielles, le match sera rude ! La Sylviane est organisée et aura des troupes de militants à sa disposition. Elle va combattre pied à pied, ne lâchant rien. Et la candidature de MAM, ça la stimule encore plus que si cela avait été un autre ou une autre ! »

 De plus, il y aura bien du monde probablement face à MAM. D’autres femmes bien entendu, on l’imagine, mais aussi des hommes… Et l’on me dit que le petit maire de Cambo, le Vincent Un-Bru-de-sa-personne (dont je n’ai pas fini de vous parler dans les semaines à venir…), après sa défaite HONTEUSE aux dernières législatives aux côtés de MAM (y compris dans son fief de Cambo-eh-bein !), où il jouait au petit chiot léchant la main de sa mémère, veut sa revanche et ambitionne – dit-on du côté du Conseil départemental où il siège – de se présenter contre MAM dans la sixième, probablement sous une étiquette UDI. Inutile de dire que cela inspire « au plus haut poing » le Tonton Flingueur de MAM, qui n’apprécie pas ce projet de candidature et qui sait le dire en termes toujours fleuri au Un-Bru-de-sa-personne : « Écoute, on t’connaît pas, mais laisse nous t’dire que tu t’prépares des nuits blanches… des migraines… des « nervous breakdown », comme on dit de nos jours. »

Et de rajouter : » Il va pouvoir aller cueillir avec son petit panier au bras les herbes aromatiques à Arnaga. Parce que les tisanes, les décoctions, les plantes miraculeuses, il va en avoir besoin ! J’vais même venir lui réciter du Rostand sous son balcon la nuit moi si ça suffit pas ! »

L’ambiance va donc être chaude, torride, voire Bru-tale pour ces législatives. Et je ne vous parle pas de la cinquième circonscription où j’aurai bien des choses à vous raconter dans de prochains jours…

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité.

La Marquise de Vérité a été exclue de La Semaine du Pays basque. En attendant que la tête du propriétaire du journal roule dans le panier de son, combattez la censure, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.

Europe : le bal des pleureuses

Elections-europeennes-2014François Hollande, aux abois, n’a décidément plus aucun sens politique : alors que l’actualité lui souriait enfin, lundi 26 mai, avec la mise en garde à vue de Claude Guéant dans l’affaire Tapie, et la bombe Bygmalion – plus de 10 millions d’euros de fausses factures destinées à financer la campagne électorale de Sarkozy en 2012 ! – le Président de la République, au lieu de rester paisiblement dans son bureau élyséen à écouter les journalistes dire du mal de la droite, a voulu faire l’ouverture des journaux télévisés, pour débiter quatre minutes de fadaises larmoyantes sur sa nouvelle défaite électorale. « L’Europe est devenue illisible, j’en suis conscient! ». Et, comme si les Français n’étaient pas suffisamment agacés par le sujet, France 2 s’est cru obligée de passer la deuxième couche avec le bon point adressé à notre pays par Angela Merkel : « La France est sur une bonne voie ». Madame la chancelière est bien bonne avec le petit peuple impécunieux !

Tout aussi pitoyable avait été, la veille, ce défilé de politiques, dégoulinant de bons sentiments et n’hésitant pas à expliquer le sidérant résultat du scrutin européen, avec le Front national largement en tête, par l’inculture politique des Français.

Comme s’ils n’étaient pas prioritairement les responsables ! Deux ou trois rappels semblent s’imposer.

– Quand le PS ne sait plus quoi faire de Harlem Désir, son secrétaire national, jugé incompétent absolu par tous, et le nomme, pour le consoler, secrétaire d’État aux Affaires européennes à quelques semaines du scrutin, on ne peut pas dire qu’un signal fort soit adressé aux électeurs et on doit moins s’étonner du résultat catastrophique des socialistes.

– Alors que cette élection devrait être la plus importante de toutes en France, quand tous les recalés du gouvernement ou des scrutins précédents se recasent aux élections européennes, qu’ils se nomment Peillon ou Michèle Alliot-Marie, l’électeur est capable de se rendre compte qu’on lui refile du second choix. Surtout quand  l’ex-ministre des Affaires étrangères trouve, en plus, le moyen de pleurer sur son sort et sur l’argent qu’elle perd en se présentant!

– Quand, enfin, des sympathisants de l’Europe ont voté non, avec les eurosceptiques, à une constitution européenne totalement illisible et antidémocratique en 2005, ils n’ont guère apprécié de voir les politiques, la ratifier en douce en 2007, au mépris du suffrage universel, lors du traité de Lisbonne, et il n’est guère étonnant qu’ils aient eu envie, hier, de glisser quelques pétards dans l’urne.

Combattons le FN sur le terrain politique !

Comme beaucoup de Français, je me sens triste du signal envoyé aux autres pays d’Europe, avec un Front national à 25%. mais là encore, les discours tenus par tous ceux venus fanfaronner sur les plateaux télé, qu’ils soient de l’UMP ou du PS, me semblent consternants.

Le Front national est, qu’on s’en agace ou non, devenu un parti comme les autres. Le diaboliser, jeter l’anathème sur lui, évoquer un front républicain contre lui, c’est comme interdire à des enfants de jouer aux allumettes. À visages découverts, des commerçants ayant pignon sur rue, des enseignants, des agriculteurs ont expliqué aux journalistes devant des caméras, pourquoi ils avaient voté Front national, ce qui ne se serait jamais vu, il y a dix ans. Traiter ce parti de raciste et d’antisémite et s’arrêter à cela est désormais trop court. Les tribunaux sont là pour juger sans la moindre clémence les actes ou les propos délictueux, mais c’est sur le terrain politique que ce parti doit être combattu. Le temps des invectives qui parsemaient les discours de Jean-Marie Le Pen est bien révolu. Marine Le Pen et Florian Philippot ont eu l’habileté de rendre le parti présentable, de chanter la Marseillaise à tue-tête à chaque occasion et de se qualifier de  » patriotes « . Ce qui permet de rassembler sous leurs couleurs nombre de ceux qui veulent émettre un vote protestataire.

Le Front national doit être combattu sans trêve, sans relâche, mais à la loyale, sur le terrain des idées. Mitterrand, qui se plaignait du parti communiste, a tout fait pour aider le parti de Jean-Marie Le Pen, histoire d’embêter la droite. De leur côté, les partis de droite, ont eux aussi, tout en arguant d’improbables pactes républicains, bien souvent fait des mamours aux élus de Marine le Pen, quand leurs sièges étaient en jeu. Alors que le Front national devient depuis 2002 une force politique importante dans ce pays, il est risible qu’il n’ait que deux représentants à l’Assemblée nationale. Là aussi, au lieu de larmoyer sur les incompréhensions dont il se croit victime, François Hollande serait bien avisé de réfléchir à une dose de proportionnelle, pour que les petits partis soient mieux représentés et pour que Marine n’ait plus à crier au loup sur « l’UMPS ».

Mais, c’est demander aux politiques de se comporter en responsables avisés et non en sales gosses qui adorent craquer des allumettes. Dimanche 26 mai, nous avons assisté, avec ce score du Front national, à la défaite des pyromanes.

Oui, Daniel Cohn-Bendit a mille fois raison quand il s’exclame, avec cette fougue qui est la sienne ; « Ce n’est pas l’Europe qu’il faut mettre au placard, mais ceux qui la font! »

Européennes, le débat escamoté

HollandeBourdin

Visiblement, le drapeau européen affiché dans les studios de BFM TV n’était là que pour décorer. En réponse à une question de Jean-Jacques Bourdin, Hollande bâcle le sujet européen en moins de trois minutes.

Comme une vieille bigote qui se délecte à l’avance à l’idée d’aller confesser ses turpitudes au curé de la paroisse, François Hollande s’est livré face à Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV et RMC, à un recensement méticuleux et interminable de ses propres défaillances pendant les deux premières années de son mandat. Et il n’est pas sûr que les promesses, répétées comme des mantras par le président de la République, de lendemains meilleurs pour notre nation aient convaincu beaucoup de Français.

Il aura fallu attendre en tout cas trente minutes et une question de Jean-Jacques Bourdin pour que François Hollande se décide à parler enfin de l’Europe. Et de quelle façon! En moins de trois minutes, sur plus d’une heure d’entretien, Hollande a fait le constat de l’incapacité de l’Europe à s’entendre face au problème posé par l’Ukraine, avant de se glorifier de son action au Mali… un pays où la même Europe a brillé par son absence. Et c’est tout ! Voilà vraiment qui donne envie de voter aux élections européennes !

On ne s’étonnera donc pas, alors que nous allons choisir nos députés européens dans un peu plus de deux semaines, si le taux d’abstention pour cette élection est vertigineux.

Les médias français font d’ailleurs souvent preuve de la même stupéfiante désinvolture sur le sujet européen que notre roi de l’escapade nocturne en scooter. Une fois de plus, on va donner la parole aux  pro et anti-européens, déplorer le nombre important d’abstentionnistes et … ignorer totalement cette part importante de la population française, pro-européenne, mais souhaitant une institution plus démocratique et moins bureaucratique. Quel est l’homme de la rue qui est capable actuellement d’expliquer en détail le fonctionnement de cet obscur machin dénommé Europe et de citer les figures marquantes de l’institution ?

Le malentendu date de 1992 et du traité de Maastricht et le moins que l’on puisse dire, c’est que rien n’a été fait depuis pour nous permettre de comprendre et apprécier le travail fait par l’Europe, le sommet ayant été atteint avec le referendum sur la Constitution européenne de 2005, rejetée à 54% par les Français et … appliquée quand même. Philippe Séguin ou Laurent Fabius, deux hommes que l’on ne peut soupçonner d’antipatriotisme primaire, ont tenté en leur temps d’alerter les Français sur les dérives européennes avant de rentrer dans le rang et de se faire oublier, jugeant le combat trop risqué politiquement.

Une fois de plus, tous ceux qui souhaitent une Europe au fonctionnement beaucoup plus limpide seront écartelés, le 25 mai, entre la tentation de ne pas aller voter, faute d’avoir été pris en compte, et celle, plus patriotique, de déposer un bulletin malgré la médiocrité des candidats proposés.

On se souvient de Rachida Dati, élue députée européenne et clamant son désespoir face à une telle punition. Dans le même registre, on félicitera Michèle Alliot-Marie qui ne trouve rien d’autre à dire sur les élections européennes que la perte de revenus que représenterait une victoire pour elle.

L’irréprochable député européen écologiste Yannick Jadot a malheureusement raison, lorsqu’il constate, un peu amer : « L’Europe devrait être une Ligue des champions, elle est plutôt une Ligue pour recalés ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est visiblement pas la désinvolture de François Hollande à l’égard de l’Europe qui risque de changer les choses.