Le bal des cireurs de pompes

chaussure-glacage

Michel Veunac a pu repartir heureux du dernier conseil municipal. Ses chaussures brillent comme jamais.

Biarrots, vous pensiez vous en tirer avec une nouvelle rallonge de 400.000 €, avec la Cité de l’Océan, comme votre blog favori vous l’avait annoncé? En réalité, il vous en coûtera 800.000 €! En effet, non contente de participer à hauteur de 400.000 € à la recapitalisation de la Société d’Économie Mixte (votée à l’unanimité moins quatre abstentions), la ville de Biarritz vient de réduire  la redevance annuelle que versait la SEM de 1,2 million d’euros à 800.000 euros (Vote à l’unanimité). C’est donc 400.000 € de plus qui s’évaporent des recettes et qui feront défaut aux associations, aux écoles ou à l’entretien.

Croisé peu avant ce conseil municipal, Guillaume Barucq s’était permis un trait d’impertinence : « Heureusement qu’on a des débats contradictoires au sein de la majorité, parce que l’opposition ne nous malmène pas beaucoup ». Le propos était visiblement prémonitoire et le conseil d’hier s’est distingué par la pauvreté des points de vue exprimés et par le surprenant concours de flagorneries adressées à Michel Veunac qui va finir par se prendre pour un grand maire, si ce n’est déjà fait. Un conseil, d’une pauvreté affligeante, à ne regarder que si on n’a vraiment rien d’autre à faire.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

 

19h11, Michel Veunac : « Ces nouveaux actionnaires (La région, l’Agglo, le Conseil départemental) ne sont pas venus pour le sauvetage d’un bateau qui va couler, ils sont venus parce qu’ils y croient« 

… C’est certain, personne ne pensait aux futures régionales!

 

19h15, Michel Veunac : « La SEM a été écrasée par un loyer démesuré et déraisonnable…« 

… Mais qui sont les imbéciles qui ont voté ce loyer?

 

 19h24, Michel Veunac lit une lettre de Max Brisson qui, bien évidemment soutient le maire : « Il faut préserver un outil de gestion qui a dû supporter un certain nombre d’erreurs initiales d’investissement et un équilibre économique irréaliste…« 

… Espérons que les malvoyants qui ont fait couler la Cité de l’Océan, ne font plus de politique!

 

19h32, Nathalie Mosch : « Ce n’est pas un sauvetage, mais un équipement qui a convaincu nos partenaires qu’il pouvait avoir une seconde vie…« 

… Nathalie vient de prononcer sans s’en rendre compte  l’oraison funèbre de la première vie de la Cité de l’océan!

 

19h40, Peio Claverie : « Nous avons dans la mandature précédente, beaucoup combattu ce projet. Nous avons critiqué le PPP, la communication, le contenu pas digne du projet (…) Je sais, Monsieur le maire que vous nous avez mis sur la bonne voie. Je suis persuadé que Biarritz-océan, tel que vous le dessinez, c’est l’avenir. Bien sûr que nous allons voter et, à titre personnel, je vous remercie de votre engagement »« 

Selon que vous serez dans l’opposition ou dans la majorité…

 

19h45, Guillaume Barucq : « Moi aussi, j’ai combattu la Cité de l’océan. Grâce à votre engagement, nous avons enfin des signes encourageants. Surtout, on a les gens qui s’approprient cette cité, qui prennent l’habitude d’y aller…« 

… Venir assister aux concerts gratuits ne signifie pas payer son ticket d’entrée!

 

19h15, Patrick Destizon, à son tour, joue les bourgeois de Calais : « Moi aussi, je me suis opposé à la Cité de l’océan depuis 2005. Mais il y a un certain nombre de levées d’hypothèques qui nous paraissent réalistes. Nous vous remercions..« 

… Un dernier coup de brosse à reluire, et les chaussures de Veunac seront parfaites!

 

19h50, Guy Lafite : « Un quart des recettes de Nausicaa, à Boulogne-sur-mer, viennent des boutiques et de la restauration…« 

… Avec zéro visiteur par jour, ce n’est peut-être pas la peine de faire de gros efforts dans ce domaine…

 Les tours de passe-passe de la majorité

 Grisé par son succès, Michel Veunac s’est même permis de plastronner en fin de conseil : « Quel dommage que Saint-Cricq ne soit pas là! » Effectivement, Jean-Benoît Saint-Cricq, comme Richard Tardits et Maïder Arostéguy s’étaient fait excuser pour cause de vacances. Peu avant, les interventions de Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade, (19h26 et 19h28) se sont montrées pertinentes, en traduisant les inquiétudes des Biarrots, mais n’ont pas soulevé les problèmes de fond posés par cette recapitalisation et cette réduction de la redevance.

« Je me réjouis que l’Agglomération, le Conseil départemental et la Région volent au secours de la Cité de l’océan, affirme Frédéric Domège. Mais, comme beaucoup de Biarrots, j’ai l’impression d’avoir été un peu trompé sur la marchandise« . Bénédicte Darrigade, elle non plus, n’a pas beaucoup d’illusions sur cette « opération que l’on pourrait qualifier de hasardeuse, lors de la précédente mandature« . Elle affirme son souhait de « sortie de l’ornière pour ce complexe touristique« , mais est parfaitement consciente que « le besoin financier futur sera colossal »

Deux analyses respectables, suivies d’abstentions logiques, mais qui ne soulignent pas assez les deux tours de passe-passe auxquels se livrent l’actuelle majorité.

Veunac a très bien fait la manche auprès des collectivités. dans la perspective des futures élections régionales, mais est-ce le rôle de la Région, de l’Agglo ou du conseil départemental de dilapider ainsi de l’argent public et de stopper d’autres projets, autrement plus intéressants, et qui concernaient l’ensemble des contribuables?

Par ailleurs, tous les flagorneurs de service, ont salué le virage amorcé par Michel Veunac en direction de l’économie de la mer. C’est sûrement une bonne direction, mais que fait-on en attendant de nos attractions à deux balles « dignes des films de fiction des années cinquante », comme les avaient qualifiées François Amigorena, lors d’un précédent conseil. Le même, qui s’est distingué hier soir par sa discrétion. Comment relie-t-on ce grand bateau désespérément vide et sans le moindre intérêt à ce projet? Sur le sujet, Veunac a été étonnamment court et l’on regrette que son meilleur opposant, l’avocat Saint-Cricq,  n’ait pas pu en découdre avec lui.

En attendant, si vous croisez Michel Veunac demain, mettez surtout vos lunettes de soleil, car ses chaussures brillent tellement avec tous ceux qui se sont escrimés dessus, que vous risquez d’être éblouis.

 

Le toupet de Vinci

 Dans le cadre du PPP, Vinci facturait à la Ville 400.000 € par an de frais de maintenance pour la Cité de l’Océan. Avec la sortie du PPP, la municipalité s’est logiquement lancée dans un appel d’offres pour effectuer la maintenance du bâtiment. Et là, surprise, Vinci a postulé et a proposé un contrat d’entretien pour… 145 000 € annuels. Quel aveu!

C’est vraiment Klébeurkkk!

Kléber

Pour l’adjointe à l’urbanisme, Nathalie Mosch, Kléber est « l’idée d’une architecture non pastiche avec des formes innovantes ». On lui conseille de mettre ses actes en accord avec ses propos et d’acheter toutes affaires cessantes un appartement…

Comique involontaire ou flagornerie d’une élue de la majorité? Ne ratez sous aucun prétexte, dans Biarritz Magazine daté de juillet-août, le dithyrambe de Nathalie Mosch sur le nouveau quartier Kléber : « Biarritz est une ville jardin et Kléber devait s’inscrire dans cette continuité »… « Le projet défend l’idée d’une architecture non pastiche avec des formes innovantes »… « Kléber n’est pas un objet extra-terrestre, il s’intègre pleinement dans Biarritz, car il en reprend les codes »… « Les perspectives sont multiples, le regard n’est jamais arrêté »… Encore faut-il avoir envie de regarder au lieu de déguerpir au plus vite!

Nathalie MotschEn tout cas, quand on écrit aussi bien avec une truelle que Nathalie Mosch, il serait vraiment dommage de s’arrêter à mi-construction : « Je souhaite rendre hommage à Didier Borotra qui a impulsé, porté et dirigé avec une grande exigence ce projet hors norme. » Oui, oui, on parle bien du bétonneur fou à qui on doit aussi ce lumineux et si rentable projet de la Cité de l’Océan.

Arrête de pousser mémé dans le béton, Nathalie, ton Kléber, c’est juste… moche!