Croquignol et Filochard font de la politique

Patrick Destizon et Louis Vial ont frappé à toutes les portes avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq. Une Odyssée qui résume tellement les dérives politiques de la Ville.

L’Histoire aime les héros prêts à tout pour défendre leurs convictions. Il y a eu le général De Gaulle, le 18 juin 1940, pour refuser la défaite et huit décennies plus tard Patrick Destizon et Louis Vial qui ont décidé d’offrir leurs cerveaux à la ville de Biarritz et de sauver la campagne électorale de l’infinie médiocrité qui la menaçait. Et quand les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! vont apprendre l’énergie, la constance et la détermination montrées par Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, ils ne pourront être que béats d’admiration devant tant d’altruisme et de générosité.

Un petit tour chez Maïder

Tout commence avec des signaux à peine subliminaux adressés à Maïder Arostéguy. Avec la discrétion de deux phacochères dansant sur un fil tendu entre le Rocher de la Vierge et l’église Sainte-Eugénie, nos deux larrons de la liste Veunac qui sentent que leur champion a du mal à trouver une famille d’accueil pour le second tour après son score calamiteux du 15 mars, commencent à encenser Maïder Arostéguy à toutes occasions, avant de lui proposer le cadeau suprême : le don de leurs personnes afin de rehausser le niveau de sa liste composée d’incompétents absolus par rapport aux deux politiques expérimentés qu’ils sont. Mais Maïder n’a pas bon goût, c’est bien connu, et elle ose refuser les avances des deux génies définitifs et leur dire qu’elle continue avec sa liste. Bizarrement Destizon et Vial vont se mettre soudainement à dire pis que pendre de la candidate LR. Une crise de lucidité, sans doute.

Un petit tour chez Guillaume

Louis Vial peut être heureux de sa stratégie gagnante et de son nouveau surnom, « Le cerveau ». (Photo Sud Ouest)

Un vent de panique souffle alors sur les membres de la liste Veunac qui se demandent s’ils ne vont pas devoir renoncer à la vie publique… et aux indemnités qui vont avec. Et la jalousie s’en mêle quand Destizon et Vial apprennent que Guillaume Barucq semble prêt à accueillir, sans le moindre état d’âme sur sa liste Éric Bonnamy et Laurent Ortiz. Comment peut-on s’enticher de modestes caporaux comme le spécialiste des mobilités douces et le représentant des surfeurs, quand des généraux comme eux sont sur la touche ? Un peu comme De Gaulle avec Pétain, Croquignol-Destizon et Filochard-Vial décident de remonter les bretelles à leur chef, en train de sombrer dans le défaitisme le plus complet. « Michel, tu dois défendre ton bilan admirable, ce mandat apaisé et magnifique que tu as réalisé.  Laisse-nous négocier en ton nom et nous te promettons que tu vas être accueilli dans une liste avec tous les honneurs dus à l’extraordinaire maire que tu es ».

Persuadés d’être attendus comme des messies, Destizon et Vial viennent donc offrir leurs services, il y a une semaine, au petit médecin à catogan. Sauf que pour repeindre en vert Vial et Destizon, il faut prévoir quelques tonneaux de peinture. Barucq comprend qu’il va droit à la catastrophe et que Lysiann, sa nouvelle conquête abertzale verte et solidaire dont il est si fier, va sérieusement ruer dans les brancards. C’est comme cela que les chômeurs partiels Ortiz et Bonnamy qui étaient tout contents d’avoir retrouvé un petit boulot chez Barucq, se retrouvent sans emploi et éjectés de la liste !

Un petit tour chez Nathalie

Ne doutant décidément de rien, et prêts à mouiller leurs chemises pour que Biarritz soit sauvée, les deux pieds nickelés commencent samedi 30 mai des négociations avec Nathalie Motsch. S’imaginant que « Calamity Nathalie » est un cœur à prendre, fragilisée par le refus inattendu de Barucq de s’allier à elle, ils vont lui prouver qu’ils sont des vrais « mecs » sur qui elle peut compter et qu’ils détiennent la combinaison magique pour gagner les élections. Destizon et Vial lui proposent donc le « plan à trois » qui a horrifié le trop conventionnel Barucq, fusionner sa liste avec celle de Michel Veunac et celle de Jean-Benoît Saint-Cricq. Nathalie Motsch n’en croit pas ses oreilles et informe immédiatement ses colistiers de la démarche des deux Pieds nickelés. Redoutable en politique, ce qu’on savait déjà, elle décide de les laisser s’enfoncer pour voir jusqu’où ils iront dans l’ignominie. Et ce n’est pas triste.

La tête de liste ? La logique voudrait qu’elle revienne à Nathalie Motsch au vu de son score. Mais Destizon, on le sait, a réponse à tout quand il s’agit de sa survie. « Nathalie, Michel a toujours cru en toi et a toujours dit que tu étais la seule à avoir du talent en politique. Michel est le maire sortant. Tu dois lui laisser la tête de liste et devenir numéro deux tandis que Jean-Benoît sera en troisième position. Évidemment, la condition impérative pour que nos listes fusionnent est que tu renonces à ton recours sur l’Hôtel du Palais. Quant à Michel, il est vieux et fatigué et a juste besoin d’un an avant de te laisser la place et de permettre à Jean-Benoît de devenir Premier adjoint ». Allez comprendre pourquoi, mais Nathalie Motsch qui a toujours dit que Veunac est le dernier à qui elle achèterait une voiture d’occasion, n’a pas cru un mot de ces fadaises.

Mais fine mouche, elle se garde bien de les éconduire, se disant qu’elle va les faire poireauter jusqu’à ce qu’ils soient définitivement écartés de la vie publique, et joue donc les vierges effarouchées qui n’ose franchir le pas avant de leur dire non lundi soir. Un tout petit peu trop tôt, comme on va le voir.

Un deuxième tour chez Jean-Benoît

D’où ce communiqué de Michel Veunac publié mardi matin, peu avant la conférence de presse de Guillaume Barucq, annonçant qu’il se retirait de la compétition. Grande liesse des Biarrots, ces inconscients incapables de comprendre qu’ils sont en train de perdre 35 talents d’envergure comme Jocelyne Castaignède, Ghis Haye, Sylvie Claracq, sans compter tous les hommes précédemment cités et notre Mimi-la-Malice-que le-monde-entier nous-envie.

Le 2 juin, alors que l’heure de déjeuner à sonné depuis longtemps, Jean-Benoît Saint-Cricq, persuadé qu’il va se manger un quatrième mandat d’opposant, annonce à Sud Ouest qu’il ne sait pas s’il va maintenir ou non sa liste. C’est compter sans la ténacité légendaire de nos deux infatigables héros Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, qui vont faire entendre raison à l’avocat biarrot. Patrick Destizon, alors flanqué de Maïder Arostéguy, avait trahi Saint-Cricq lors de l’élection de 2008. Mais c’est bien connu, Jean-Benoît aime souffrir et les convictions et la cause de Biarritz doivent prévaloir.

Ils se sont trahis et se sont réconciliés. C’est beau, l’amour! (Photo extraite du Facebook de Jean-Benoît Saint-Cricq)

C’est donc main dans la main qu’on apprend à 16 heures (soit deux heures avant la date limite de dépôt des listes et deux heures après les travaux d’approche enfin réussis), que l’opposant qui ne s’oppose plus Jean-Benoît et le très séduisant bourreau des cœurs Patrick vont convoler en justes noces jusqu’à la sous-préfecture, avec Louis Vial et Jocelyne Castaignède comme témoins du mariage. D’où ce selfie fait autour d’une bière (on est peuple où on ne l’est pas !) des deux compères, épaule contre épaule malgré la menace Covid, et déclarant à qui veut l’entendre : « On va faire perdre Maïder ! »

Eh, les loulous, vous ne vous surestimez pas un peu ?

Sylvie Claracq ou l’inexistence faite élue

La benjamine du conseil municipal, qui s’est distinguée pendant six ans par son absence d’idées, multiplie les bourdes depuis qu’elle est numéro deux de la liste Veunac. Décidément, qui se ressemble s’assemble…

Voix inconnue au téléphone, lundi 11 mai vers midi : « Mais pourquoi vous me persécutez ainsi ? » On m’avait prévenu que Sylvie Claracq adorait jouer les victimes, mais je ne m’attendais pas à une telle réaction, après avoir écrit que Michel Veunac se démenait beaucoup pour recaser la numéro deux de sa liste, ce que nombre de témoins confirmeront. « Vous ne vous rendez pas compte du tort que vous me faites, alors que je suis en couple, en écrivant que je suis proche du fils de Michel Veunac ». Me demandant un moment si je ne suis pas victime d’un canular, j’essaie d’argumenter : « Mais, Madame, vous êtes journaliste comme moi et vous connaissez le sens du mot proche. Il n’y a aucune ambiguïté. Mais si ça peut vous apaiser, je suis prêt à publier un droit de réponse de votre part ».

À ce moment-là, l’adjointe en colère sort l’argument massue pour tenter de m’intimider : « Je vais voir si je vous réponds, mais je vais saisir mon association (Sylvie Claracq est référente pour le département du réseau Élues locales.fr et je l’avais félicitée en 2018 pour cette nomination) et dénoncer votre sexisme ».

J’avoue en être resté sans voix, Bisque, Bisque, Basque ! se voulant observateur de la vie publique et se fichant éperdument du sexe, de la race, de l’orientation sexuelle de celui qui est élu, comme peuvent en témoigner les écrits de ce blog.

La jérémiade de trop arrive : « Mais pourquoi vous m’attaquez ainsi, alors que vous ne m’aviez jamais attaqué auparavant ? » Je suis sidéré : « Mais, Madame, parce que vous êtes devenue numéro deux de la liste Veunac après un mandat où on ne vous a jamais entendue, où vous n’avez jamais exprimé une idée, où vous avez toujours approuvé ce que faisait le maire. En un mot, vous n’avez strictement rien apporté à la vie municipale ».

L’adjointe à la Jeunesse et à la vie scolaire se récrie : « Mais ce n’est pas vrai. J’ai dit parfois en réunion de majorité à Michel Veunac que je n’étais pas d’accord ». Je sais que c’est faux : « Vous trouvez que votre parcours depuis six ans, justifie une place de numéro deux ? Vous avez une idée de ce qu’implique la direction d’une ville quand le maire est absent ? Vous pensez sérieusement avoir les compétences pour cela ? » Sylvie Claracq se cabre : « Mais tout le monde dit que j’ai fait de très bonnes choses à l’Atabal » Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire : « Non, tout le monde ne dit pas cela et si vous pensez que cela suffit à justifier votre place, permettez-moi de sourire ».

Sylvie Claracq ferraille encore : « À part vous, tout le monde m’apprécie ». J’éclate de rire en pensant à ces employés de mairie, très agacés par les grands airs de la dame.

Démocratie façon Claracq

L’échange en restera là. Et puisque la journaliste Sylvie Claracq réclame des faits, Bisque, Bisque, Basque !  va se faire un plaisir de raconter le dernier exploit de l’élue, qui vient de mettre une sacrée pagaille dans toutes les équipes en campagne. Lors de la préparation de la rentrée scolaire post-déconfinement, l’adjointe à la vie scolaire, au mépris de toutes les règles démocratiques en vigueur dans ce pays, va décider que certains représentants des parents d’élèves élus, ne peuvent pas participer au débat… car ils sont membres d’une liste adverse !

Voici donc ce qu’écrit aux autres élus Sylvie Claracq : « Parmi ces parents je lis déjà sur trois noms le nom d’un candidat aux élections (Sic !). Il me semble qu’il est naturel pour un travail sain et une collaboration constructive que les parents délégués soient neutres sur ce dossier, ce sujet étant déjà suffisamment complexe. Je demanderais donc que à ce que les têtes de liste à l’élection n’invitent pas la campagne électorale dans cette crise sanitaire autant que faire se peut et n’avancent pas un colistier dans ce travail complexe afin de pouvoir travailler en confiance dans l’intérêt général ». Mais depuis quand en France est-il interdit d’être à la fois délégué élu des parents d’élèves et candidat sur une liste ?

Autrement dit, Sylvie Claracq est favorable à un échange démocratique mais uniquement avec ceux qui lui plaisent. On comprend mieux pourquoi Michel Veunac l’a choisie entre tous et toutes !

Frédéric Domège, sans doute par pure détestation des femmes et non par passion de la vie publique, estimant « qu’il y en a marre de l’amateurisme », va être le premier à dégainer, jugeant que les méthodes de Claracq ont cours en Corée du Nord mais pas en France.

Maïder Arostéguy, que l’on n’accusera pas de sexisme, va à son tour exprimer son indignation :

Nombre d’autres conseillers vont faire de même, dont Brigitte Pradier et la vigie républicaine de ce conseil municipal, Hervé Boissier : « Être adjointe, ce n’est pas seulement un titre et des indemnités, c’est aussi un job que l’on doit assurer, avec difficulté parfois, mais avec compétence et surtout pas en excluant ceux qui ne sont pas d’accord » Il est bien évident que ce phallocrate de Boissier n’aurait pas dit la même chose si le coupable avait été un homme.

Heureusement pour elle, Sylvie Claracq qui fêtait cette semaine son anniversaire et approche désormais sérieusement de la quarantaine, adore toujours jouer à la petite dernière que les grands protègent. Elle a donc reçu deux soutiens inattendus.

Guillaume Barucq, retrouvant ses réflexes « Tout le monde il est gentil », n’a visiblement pas été très offensé par l’attentat démocratique que voulait commettre Claracq et a volé à son secours :

 Et, surprise, pour quelqu’un qui avait érigé la citoyenneté en cheval de bataille, Nathalie Motsch a fait de même :

Même si ce « réflexe gentil » pour leur collègue est à l’honneur de Guillaume et Nathalie, on ne peut pas d’un côté râler quand Aldigé fausse le jeu démocratique en faisant pression sur les élus et d’un autre cautionner un déni de démocratie comme celui que voulait commettre Claracq. D’où un joli bazar dans les listes, quelques grincements de dents et même des engueulades mémorables !

Qu’on se rassure, tout sexisme mis à part, la vie politique de Sylvie Claracq va bientôt se terminer comme celle de Veunac, et ça c’est une excellente nouvelle pour la Ville.

Le premier tour doit être sacralisé

Pour des raisons éthiques, financières et de bon sens, le vote du premier tour des élections municipales ne doit à aucun prix être annulé.

Je les entends déjà ces Cassandre anonymes des réseaux sociaux affirmer que Bisque, Bisque, Basque ! après avoir été le porte-parole de Nathalie Motsch, de Max Brisson ou de Guillaume Barucq – J’en oublie sûrement ! – est devenu celui de Maïder Arostéguy. Mais ce propos se veut plus vaste que les limites de Biarritz et n’a que faire de considérations électoralistes. Même si le Conseil d’État évoque la nécessité d’un « délai raisonnable » entre les deux tours et n’excédant pas trois mois, Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont trois raisons majeures pour décider que le premier tour doit être sacralisé et que le deuxième tour, dans les 6 000 communes qui n’ont pas encore élu leur maire doit être organisé très vite après la fin du confinement.

http://www.senat.fr/leg/pjl19-376-avis-ce.pdf

Eh les gars, vous êtes morts pour rien !

La première raison est éthique. Les chiffres sont un peu flous, mais cinq maires et une dizaine d’assesseurs ayant tenu un bureau de vote sont décédés des suites du coronavirus. Et beaucoup de ces victimes avaient conscience du risque qu’ils prenaient le 15 mars en tenant un bureau de vote.

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-cinq-maires-et-presidents-d-executifs-locaux-sont-decedes-6803429

De leur côté, nombre de citoyens attachés au suffrage universel ont pris eux aussi leurs responsabilités en allant voter. Et à tous ces gens, l’État s’apprêterait à dire : « C’était une blague ! Les abstentionnistes vous avez eu raison » ?  Par respect pour tous ceux qui ont fait passer l’intérêt national avant leur propre personne, comme Francis Gonzalez le maire de Boucau victime d’un coma de plusieurs jours, ce scrutin ne peut passer à la trappe. À la fin de l’article, vous découvrirez les réactions des candidats biarrots plutôt fatalistes ou qui se réfugient derrière des arguments juridiques comme les deux avocats Nathalie Motsch ou Jean-Benoît Saint-Cricq. Mais, à circonstances exceptionnelles, décisions exceptionnelles. D’autant plus que deux autres points plaident en faveur de la sacralisation du premier tour.

On se serre la ceinture… sauf pour la politique ?

La deuxième raison est économique. La crise économique qui s’annonce va être terrible avec nombre d’entreprises françaises en grande difficulté. La solidarité qui s’est organisée pendant le confinement, avec des initiatives locales qui ont montré que les Français avaient du cœur, va devoir s’organiser, évoluer vers une solidarité du… portefeuille et des impôts en hausse. Le gouvernement dépense sans compter pour tenter de maintenir à flot le navire France et, dans les mois qui viennent, il va sans doute falloir économiser dans beaucoup de domaines. On ferait des efforts dans tous les domaines et, royalement, on réorganiserait une élection à deux tours pour les municipales avec de nouveaux et importants budgets de campagne alloués à tous les candidats. Est-ce une dépense bien raisonnable ?

Autorisés à travailler mais pas à voter ?

La troisième raison relève du simple bon sens. Personne ne sait encore comment va se dérouler le déconfinement progressif prévu à partir du 11 mai, mais il est clair que pour le bien de tous, le gouvernement va essayer de remettre au travail le maximum de Français. Ces deux mois « d’hibernation » nous ont appris beaucoup de choses sur les « gestes barrière » et les comportements de « distanciation sociale ». Une fois déconfinés, on pourrait donc en prenant des précautions aller travailler, continuer à se rendre au supermarché pour ravitailler les siens, mais il serait impossible d’aller voter ? L’argument ne tient pas. On comprend donc mal ce qui s’oppose à une élection de deuxième tour en juin. Les Français vont avoir des tas de problèmes à régler au moment de leur déconfinement et il paraît donc sage de doter au plus vite les villes orphelines d’une équipe municipale qui pourra gouverner sur le long terme. Cette mesure de bon sens aura aussi le mérite d’éradiquer les rêves de « candidats du troisième tour » qui commencent à se dire qu’il serait peut-être judicieux de pointer le bout de sa frimousse électorale dans cette nouvelle compétition qui aurait lieu en octobre 2020 ou mars 2021. À Biarritz, ils sont déjà deux, absents de la joute électorale du 15 mars, à sonder sérieusement leurs amis pour savoir s’ils ne doivent pas y aller.

Alors  on finit au plus vite ce qu’on a commencé en votant dès le 21 juin ?

Biarritz : Arrêtons le massacre !

Sans le moindre scrupule, Michel Veunac, en engageant l’avenir, est en train d’obérer le mandat de celle ou celui qui va lui succéder.

Un maire sortant « normal », arrivé cinquième au premier tour de l’élection et n’ayant plus aucune chance d’endosser l’écharpe tricolore se contenterait d’expédier les affaires courantes afin de faciliter au maximum la tâche de celui qui lui succèdera. Veunac, lui, profite du sursis inespéré que lui offre la pandémie pour continuer à servir ses petits copains. Il va modifier le capital de L’Hôtel du Palais et, sans complexe, lance un concours d’architectes pour le futur centre de formation du BOPB. Alors que la moitié des entreprises biarrotes risque de mettre la clé sous la porte, est-il acceptable d’investir 12 millions d’euros dans un centre de formation ? La réponse appartiendra au prochain maire et sera suivie de très près par les Biarrots. En attendant notre impayable Veunac fait comme s’il avait un mandat devant lui. Sachant que chaque projet retenu sera rémunéré 48 000 euros, c’est entre 150 000 et 250 000 euros qui vont être engloutis par la Ville à un moment où les économies s’imposent plus que jamais.

Les réponses des candidats

Pensez-vous qu’il faut sacraliser le premier tour, même si le vote final pour les municipales se déroule en octobre 2020 ou mars 2021 ou refaire une nouvelle élection à deux tours ?

Maïder Arostéguy

Je me plierai bien évidemment aux décisions du conseil constitutionnel et aux recommandations du comité scientifique. Aucun risque ne doit être pris mettant en jeu la santé des Biarrots. Mais il devient urgent pour notre ville et pour l’agglomération que nous ayons des exécutifs en état optimal de fonctionnement.   Cet entre-deux ne permet pas de décisions fortes. On gère au mieux les affaires courantes.  J’en profite pour saluer le dévouement des services qui sont au travail, police municipale, services techniques, propreté…

Guillaume Barucq

Je me prépare à tout scénario et je m’y adapterai.
D’un côté, ce scrutin est légitime car il aura permis l’élection de milliers de maires en France. D’un autre, si le second tour est programmé au-delà du mois d’octobre, la déconnexion entre les deux tours posera un problème sur la sincérité du scrutin. Quoiqu’il en soit, que nous repartions sur un premier tour ou un second tour, notre objectif sera d’arriver en tête cette fois pour porter ce rassemblement et cet apaisement dont Biarritz a besoin après ce presque… septennat !

Nathalie Motsch

La tentation est grande, par égard pour ceux et celles qui se sont déplacés le 15 mars dernier, de préserver les résultats du 1er tour. Mais les règles électorales de notre pays s’affranchissent de considérations subjectives, à fortiori dans une période de crise où plus que jamais la loi et son application sont garantes des fondements mêmes de notre démocratie et de ses institutions. Le Conseil d’Etat estime ainsi « qu’une mesure de suspension et de report d’un deuxième tour de scrutin n’est admissible que dans des cas exceptionnels, pour des motifs d’intérêt général impérieux et à la condition que le report envisagé ne dépasse pas, eu égard aux circonstances qui le justifient, un délai raisonnable. » Le report envisagé est strictement encadré dans le temps, puisque le second tour doit se tenir dans un délai de trois mois.  Le Conseil d’Etat observe par ailleurs que si la crise persiste à cette échéance et rend impossible l’organisation du deuxième tour avant l’été, il appartiendra aux pouvoirs publics de reprendre l’ensemble des opérations électorales dans les communes où les conseils municipaux sont incomplets. » Vous comprendrez que seule la loi dicte ma réponse.

Liste EHVS (Brice Morin, Lysiann Brao, Mathieu Accoh)

Vu le contexte actuel, il est envisageable et même souhaitable qu’une nouvelle élection soit organisée. Quelles que soient les incertitudes du calendrier électoral que personne ne peut décemment anticiper, les résultats du premier tour demeurent un bon indicateur. Cependant, nous sortirons de cette crise avec des données nouvelles que ce soit pour le second tour ou pour un nouveau scrutin à deux tours : celle de l’expérience d’une crise majeure et de l’absolue nécessité de repenser notre monde et notre économie. C’est pourquoi nous sommes ouverts à toutes les propositions des biarrot-e-s pour enrichir notre projet.

Michel Veunac

Surprise ! Le maire sortant a refusé de répondre à Bisque, Bisque, Basque !

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pour ce qui est du maintien du premier tour, il me semble illusoire, car la loi électorale et le Conseil d’État s’y opposent. Normalement, la prochaine élection ne pourra avoir lieu avant l’année prochaine, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité des personnes âgées et aussi de financement de la nouvelle campagne car en octobre l’État n’aura pas remboursé les candidats du premier tour annulé.

Karim Guerdane

Ce premier tour doit être annulé : tout a changé, le deuxième tour est complètement déconnecté dans le temps calendaire mais aussi dans le temps moral. Les priorités proposées par mes concurrents ne sont plus acceptables du tout. Je me laisse le droit de porter mon recours pour rupture d’égalité entre candidats à son terme. (Absence par dizaines de mes documents électoraux dans les circulaires). La communication a été le maître mot de cette campagne, et j’en tire les enseignements pour le futur : j’ai joué l’honnêteté et les valeurs, et je les défendrais encore. Je n’ai pas, ni l’envie, ni le besoin de travestir ma liste pour exister ou être « citoyen » : beaucoup sont prêts à s’asseoir sur leurs principes pour des postes : pas moi. 

La majeure partie de mes adversaires ont atteint leurs plafonds de verre, avec des moyens et une logistique optimale, avec des résultats que je juge faibles. Pour nous, les bases sont jetées, avec 2 mois de campagne et 2 500 euros de budget (10 fois moins à minima que toutes les listes) : cela nous laisse une marge gigantesque quand on apprécie les pourcentages assez faibles réalisés par l’ensemble de listes. Contrairement à ce que pensent beaucoup, c’est notre électorat cible qui s’est le moins déplacé.

Le besoin d’une présence d’une alternative humaniste, solidaire et moderne est d’autant plus criante en ce jour.  Mon message allait déjà dans ce sens, et je n’aurai pas à adapter beaucoup de mesures si ce vote se jouait aujourd’hui ; les programmes de mes concurrents, eux, devraient être totalement chamboulés. Mes premières phrases dans cette campagne ont été : «  Il n’existe pas d’autres alternatives crédibles, donner du sens à notre quotidien…Nous faisons le pari de l’Humain, le seul qui mérite d’être tenté « . C’est d’autant plus vrai trois mois après. 

15 mars 2020, le jour de la libération de Biarritz

Le confinement a fait oublier à quel point le message des électeurs biarrots a été clair. Un virage historique se dessine pour la Ville.

La rumeur affirme – Comment la vérifier en ces temps de confinement ? – que Michel Veunac, dès qu’il a un peu de temps libre, branche son magnétoscope à cassettes pour voir et revoir « Les Bronzés font du ski ». Et quand arrive la réplique culte de Michel Blanc, alias Jean-Claude Dusse dans le film, « On ne sait jamais. Sur un malentendu, ça peut marcher ! », tout le monde est prié de faire silence dans son salon, alors que Notre-encore-maire-que-la-Terre-entière-nous-envie affiche un sourire extatique. Fait-il semblant pour raviver la flamme chez ses maigres troupes ou y croit-il vraiment ? Difficile à dire, mais Michel Veunac s’agite beaucoup au téléphone ces derniers temps, affirmant que si une nouvelle élection à deux tours est organisée, il va « mettre Jean-Baptiste Lemoyne en avant » et « surprendre tout le monde par le score qu’il va réaliser ».

Laissons à notre plus que septuagénaire ses illusions un peu pitoyables, alors que la fin du confinement se dessine et qu’il est temps d’analyser les très clairs signaux que les électeurs biarrots ont envoyé au soir du premier tour. En effet, jamais premier tour n’aura été aussi limpide dans l’histoire politique de Biarritz.

Ce renouvellement que les « jeunes » candidats, Arostéguy, Barucq, Motsch ou Morin appelaient de tous leurs vœux, correspond visiblement aux souhaits des Biarrots. Trouvez-moi un maire sortant en France, un seul qui se soit retrouvé en cinquième position avec le score de 12,22% des suffrages exprimés ! Plus personne ne veut du « système Veunac », qui est en droite ligne avec le système Borotra des derniers mandats, les neurones en moins. Opacité autocratique, renvoi d’ascenseur aux copains, dissimulations aux autres élus, plus personne n’estime que cette façon de gouverner a un avenir possible. Et rien que pour cela, parce que le 15 mars 2020, correspond à une sorte de libération de Biarritz, le champagne mérite d’être sorti.  

Les électeurs âgés ont voté comme d’habitude

Et, même s’il est un peu moins facile que d’habitude de recouper une information, tous les témoignages de ceux qui étaient présents dans les bureaux de vote coïncident : les plus de soixante ans habitant Biarritz ont voté comme d’habitude. C’est la clientèle des quadras-quinquas, ayant encore des enfants sous leur responsabilité, qui a fait défaut. Alors que le confinement se profilait à l’horizon, le 15mars, tous ceux qui avaient de la famille à protéger ont préféré s’abstenir de voter pour mettre les leurs à l’abri. De la même façon tous ceux qui se partagent entre Biarritz, où ils sont inscrits sur les listes électorales, et une grande métropole ont hésité à venir alors que la pandémie devenait de plus en plus menaçante. Michel Veunac raconte donc un gros bobard, un de plus, lorsqu’il affirme qu’il a été pénalisé par l’absence de l’électorat âgé. Ce sont au contraire les plus jeunes élus qui ont pâti de la situation et à l’évidence, si le scrutin avait pu se dérouler dans des conditions plus normales, l’écart avec Veunac aurait été encore plus grand.

Le très beau score de Maïder

Attention à ne pas réécrire l’histoire et à ne pas énoncer a posteriori des évidences qui ne l’étaient pas tout à fait avant le vote. Maïder Arostéguy en obtenant près de huit points de plus que Max Brisson en 2014 (31,47% contre 23, 35%) montre qu’elle a fait une campagne méthodique où elle a su amalgamer le socle traditionnellement important des Républicains et la sympathie personnelle qu’elle a inspirée à des Biarrots qui pensent qu’elle fera un bon maire de rupture après les catastrophiques années Veunac. Avec 16,22% des voix, alors qu’il s’était contenté de 7,26% en 2014, Guillaume Barucq a montré qu’il avait progressé en crédibilité dans l’esprit des Biarrots. Tout en durcissant le ton, il s’est tenu éloigné de toutes les polémiques qui ont enflammé les réseaux sociaux et a mené avec sa liste une campagne très intelligente. Reste Nathalie Motsch qui se retrouve en troisième position à 177 voix seulement de Guillaume Barucq, alors qu’on l’annonçait dans certains sondages à 6% d’intentions de vote. On ne m’ôtera pas de l’idée, alors que les Biarrots voulaient à tout prix une « nouvelle gouvernance » que « Calamity Nathalie » qui offrait dans son programme toutes les garanties demandées par les citoyens de « transparence » et de respect de la démocratie, a commis une erreur stratégique de première importance en faisant monter Didier Borotra sur scène. La fidélité en amitié est respectable, mais les Biarrots ont été déroutés par cette contradiction apparente entre volonté de transparence et référence au passé, même si son score de 14,24% montre que les Biarrots voyaient en l’ancienne adjointe à l’Urbanisme une élue pugnace et compétente tout à fait apte à diriger la Ville.

Des alliances qui ne dureront qu’un temps

Si le deuxième tour s’était déroulé le 22 mars comme prévu, Maïder Arostéguy aurait-elle été élue facilement ? Difficile à dire, mais ce n’est pas si sûr. En effet, contrairement aux élections municipales précédentes, qui avaient vu des alliances improbables comme celle de Max Brisson avec Jean-Benoît Saint-Cricq, alors que tout Biarritz savait qu’ils se détestaient, pour une fois les alliances entre candidats étaient très naturelles et articulées autour de la conduite à tenir face au chantage des dirigeants du Biarritz Olympique. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Nathalie Motsch était prête à rallier Guillaume Barucq, de même que la liste de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh, tandis que Karim Guerdane aurait appelé à voter pour ce « front républicain du refus ».

Du côté de Maïder Arostéguy, les choses s’avèrent plus compliquées. Jean-Benoît Saint-Cricq avait annoncé, dès le dimanche 20 heures, son intention de se rallier à la lauréate du premier tour. Du jamais vu en politique, où en général on fait au minimum semblant pendant une journée de réfléchir ou de consulter ses troupes. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Michel Veunac aurait lui aussi fait des propositions à Maïder. Qui sagement, et après avoir consulté ses colistiers, aurait décidé de garder sa liste telle qu’elle est, estimant que Veunac comme Saint-Cricq lui feraient perdre plus de voix qu’en gagner. Une décision sage mais qui pouvait laisser imaginer un duel très serré au soir du 22 mars entre Arostéguy et Barucq. Après tout, Michel Veunac est bien devenu maire de Biarritz en 2014 en ne recueillant que 17,43% des suffrages au premier tour. Toutes ces supputations électorales vont sans doute être balayées par la décision d’Emmanuel Macron de recommencer à zéro les élections municipales dans les villes qui n’ont pas choisi leur maire dès le premier tour. En cas de nouvelle élection en octobre 2020 ou mars 2021, qui peut dire si Nathalie Motsch retentera sa chance ou partira derrière Barucq ? Qui peut dire si de nouveaux candidats ne vont pas profiter de l’aubaine ?

Le Palais en danger et Biarritz en difficulté

Pour Biarritz l’aboutissement de cette élection et le départ tant attendu des Veunac et Lafite relèvent de l’urgence absolue. Lors de la visio-conférence qui s’est tenue avec les élus, jeudi 16 avril au matin, les deux ont pris leur voix la plus pleurnicharde pour annoncer aux élus ce que les Amigorena, Lannevère, Motsch, Pinatel, Boissier et d’autres pronostiquaient depuis 2018. Le confinement empêche les travaux de se dérouler à L’Hôtel du Palais. Ce dernier n’ouvrira donc pas cet été et la Ville de Biarritz ne touchera donc aucune redevance, alors qu’elle doit faire face à d’importantes échéances bancaires. « C’est la faute au corona-virus ! »  ont gémi en chœur Mimi-Imperator et La Faillite-nous-voilà !  Comme si l’activité touristique était linéaire ! En 1929 déjà, suite à la crise financière, plusieurs grands hôtels de Biarritz s’étaient retrouvés en difficulté. L’activité touristique n’est jamais planifiable à l’avance et une guerre, une crise financière, la fermeture des frontières peuvent mettre en difficulté un palace.

En 2018, plusieurs élus avaient mis en garde le maire et son adjoint aux Finances contre les risques courus par le montage aventureux proposé. Nous y voilà, et plus vite que prévu ! « Ce n’est pas grave, on va recapitaliser » a affirmé Guy-Lafite-réponse-à-tout. Tout en se gardant bien d’expliquer à qui il compte ouvrir le capital tout en ne perdant pas le contrôle du Palais. À un certain Jean-Claude Decaux ? Comme en 2018, les Biarrots, tout comme les élus, sont jugés trop bêtes pour qu’on leur donne les explications qui s’imposent. Et pendant ce temps-là, Veunac continue à s’agiter en tous sens persuadé que lors d’une nouvelle élection « sur un malentendu, ça peut marcher ! ». Nous ne saurions donc trop lui conseiller de regarder la filmographie intégrale de Michel Blanc. À chaque fois, le comédien mise sur un malentendu pour parvenir à ses fins, mais ça ne marche jamais.

Veunac n’a donc plus qu’une chose à faire au vu de la fessée électorale qu’il vient de prendre : quitter la politique biarrote avec dignité. Mais en est-il capable ?

Mardi : Le premier tour doit être sacralisé

Les réponses des candidats

Quel commentaire vous inspire le résultat de votre liste et éventuellement les résultats obtenus par les autres listes ?

Maïder Arostéguy

Il s’agit d’un résultat très encourageant et très net qui confirme la dynamique des sondages de juin et surtout de janvier   Proximité, actions de terrain et travail participatif ont fait la différence.

Guillaume Barucq

Nous avons plus que rempli notre objectif du premier tour qui était de placer notre liste Biarritz Nouvelle vague sur le podium. Avec cette deuxième place nous étions bien positionnés pour mener une large coalition sur un projet écologique et social et jouer la mairie au second tour. Le message envoyé par les électeurs biarrots est clair : place au renouvellement.

Nous avons subi nous aussi l’abstention avec une part non-négligeable de notre électorat conscient de la situation émergente liée au Covid-19et qui a fait le choix de ne pas venir voter. Au pire cette élection aura servi de sondage en conditions réelles et     servi de révélateur pour bon nombre d’électeurs qui ont vu que notre projet était réaliste et que notre équipe avait les moyens de prendre des responsabilités à la mairie de Biarritz

Nathalie Motsch

Un commentaire enthousiaste et reconnaissant de la confiance des Biarrots : 14,23% des suffrages exprimés pour une toute première élection est un résultat honorable qui nous a rendus heureux. Il démontre la crédibilité de notre équipe et du programme environnemental que nous avions proposé aux biarrots. Nous avons ainsi fait taire les mauvaises langues qui nous créditaient d’à peine 4% ! Nous sommes fiers de ce résultat et surtout très touchés de la confiance que les Biarrots nous ont témoignée.

177 voix nous séparent de Guillaume Barucq, c’est un écart infime qui démontre l’appétence des Biarrots pour nos programmes écologiques et durables. C’est une belle nouvelle qui prend tout son sens dans le contexte actuel : nos modes de vies vont changer et « le bons sens » portera, enfin, des politiques environnementales inédites sur nos territoires. Je note aussi l’arrivée de Karim Guerdane dans le paysage politique biarrot, sa présence démontre l’envie des Biarrots de renouveler le paysage politique.

Liste EHVS (Brice Morin, Lysiann Brao, Mathieu Accoh)

Nous faisons le constat que l’écologie représente a minima 30 % des suffrages sans tenir compte de la grande abstention du premier tour. Alors même que nos têtes de liste, très investis dans notre cité depuis des décennies mais non « professionnels de la politique » ont recueilli 12,34 % des suffrages des votants. C’est un bon score et nous en sommes fiers.

Plus que jamais, cette crise sanitaire et économique sans précédent confirme l’urgence et la nécessité de mettre en place dès aujourd’hui des mesures inédites. L’humilité s’impose face à l’ampleur de ce qui nous frappe. Pour autant, l’ensemble de notre projet en sort renforcé : consommer et agir local, construire une véritable économie circulaire à l’échelle du pays basque y compris au niveau de l’industrie et de la production de matériel de santé (un appel à projet a été lancé par la CAPB pour la production de matériels de santé.), aide aux plus démunis.

L’ensemble des enjeux de transition écologique peuvent être sereinement abordés avec notre liste grâce à un mouvement de gauche progressiste, écologiste et abertzale qui se renforce élection après élection au sein de l’agglomération pays basque. Ensemble nous pèserons !

Biarritz a vocation à mener la barque.

Alors que certains pouvaient encore nous stigmatiser et nous qualifier d’utopistes ou de radicaux, ils doivent se résoudre au constat que la mise en place de nos propositions ne peut attendre plus longtemps.

Les mesures de confinement n’ont fait qu’exacerber les inégalités sociales. Le respect de notre environnement et de notre territoire va de pair avec toutes formes de solidarité et de lien social. L’un ne peut aller sans l’autre. Plus qu’un changement de gouvernants c’est aujourd’hui un changement de gouvernance qui s’impose, d’un mode dépassé d’exercice du pouvoir : plus de démocratie directe et participative.

Michel Veunac : Surprise ! Le maire sortant a refusé de répondre à Bisque, Bisque, Basque !

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pas de commentaire particulier à faire. La participation étant faible a peut-être faussé le résultat mais personne ne peut savoir ce qu’auraient voté les 18% qui manquaient.

Karim Guerdane

Le résultat de la liste Biarritz Bonheur me ramène à une certaine logique de moyens, et je m’interroge sur l’abstention inédite qui nous a frappés ; certains de mes colistiers ne sont pas même allés voter à cause des annonces contre-productives du gouvernement, et je ne peux les blâmer. J’assume également ma part de responsabilité et j’avoue ne pas avoir pris la mesure de cet appel au vote. 

La communication a été le maître mot de cette campagne, et j’en tire les enseignements pour le futur : j’ai joué l’honnêteté et les valeurs, et je les défendrais encore. Je n’ai pas, ni l’envie, ni le besoin de travestir ma liste pour exister ou être « citoyen » : beaucoup sont prêts à s’asseoir sur leurs principes pour des postes : pas moi. La majeure partie de mes adversaires ont atteint leurs plafonds de verre, avec des moyens et une logistique optimale, avec des résultats que je juge faibles.

Pour nous, les bases sont jetées, avec 2 mois de campagne et 2 500 euros de budget (10 fois moins à minima que toutes les listes) : cela nous laisse une marge gigantesque quand on apprécie les pourcentages assez faibles réalisés par l’ensemble de listes. Contrairement à ce que pensent beaucoup, c’est notre électorat cible qui s’est le moins déplacé.

Le besoin d’une présence d’une alternative humaniste, solidaire et moderne est d’autant plus criante en ce jour. Mon message allait déjà dans ce sens, et je n’aurai pas à adapter beaucoup de mesures si ce vote se jouait aujourd’hui ; les programmes de mes concurrents, eux, devraient être totalement chamboulés. Mes premières phrases dans cette campagne ont été : «  Il n’existe pas d’autres alternatives crédibles, donner du sens à notre quotidien…Nous faisons le pari de l’Humain, le seul qui mérite d’être tenté « . C’est d’autant plus vrai trois mois après. 

Sans contact mais pas sans tact

Notre combat contre le virus doit passer par l’humour et une plus grande attention portée aux autres.

Adaptation nécessaire pour les adeptes de la pêche dans le Golfe de Gascogne.

Autant notre génération s’imaginait finir ses jours en se prenant une bombe atomique sur le coin du portrait, autant elle n’envisageait pas se retrouver un jour confinée en même temps que trois milliards de Terriens, jouant à chat avec un ennemi invisible et microscopique. Et s’il n’y avait ces milliers de morts, la crainte de perdre un être cher ou d’être soi-même durement éprouvé, cette période serait fascinante à observer pour les vieux soixante-huitards que nous sommes. À l’époque, nous taguions les murs avec des slogans comme « On arrête tout et on réfléchit », mais nous n’avions au fond de nous aucune envie de nous arrêter, trop occupés par nos jubilatoires activités : narguer le pouvoir, emmerder les bourgeois et faire courir des forces de l’ordre mal équipées et beaucoup moins agiles que nous. Presque cinquante ans après la publication de la bande dessinée de Gébé « L’an 01 » où le dessinateur reprenait ce slogan « On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste », nous voilà cette fois bien obligés de stopper la course infernale qui a souvent caractérisé nos existences et de réfléchir aux choix que nous avons faits, à ceux parmi nos proches que nous n’avons pas assez embrassés, aux modifications encore possibles de nos fins de vie. Tout cela en ne s’autorisant, quand on n’est pas directement impliqué dans l’appareil productif de l’État, qu’une seule sortie par jour nous donnant l’absurde sentiment d’être un héros quand on revient du supermarché.

L’illusoire savoir d’Internet, l’inutile rabâchage des journaux télés

Et, sans doute parce que je suis devenu un vieux con, je dois avouer ma surprise en découvrant que notre pays se compose désormais de presque soixante millions de chefs d’entreprise qui savent tous comment ensevelir la population sous les masques protecteurs, de soixante millions de chercheurs de pointe en médecine ayant un avis très tranché sur l’hydroxychloroquine, et de soixante millions de chefs d’État en puissance capables, comme au bon vieux temps du nuage de Tchernobyl, d’arrêter le virus à nos frontières.

Dans le petit village rural de mon enfance, le maréchal-ferrant n’expliquait pas au viticulteur comment lutter contre le mildiou et le cordonnier à l’éleveur comment traire ses vaches. Mais Internet, cette formidable invention qui nous permet de nous sentir reliés aux autres malgré l’isolement, est passé par là et désormais tout le monde a lu trois lignes sur le moindre sujet et se sent donc autorisé à émettre un avis définitif.

Même chose avec les journaux d’information continue qui, en dehors du Covid 19 n’ont pas grand-chose à nous raconter.  En avant donc, du matin au soir, pour des tartines de poncifs de prétendus « experts » qui alignent les approximations et créent un effet « d’anxyogénéité » permanente !

Et je n’aurais que mépris pour ces « trolls », beaucoup plus redoutables à Biarritz que le coronavirus, qui estiment que c’est toujours le moment de taper via les réseaux sociaux sur Maïder Arostéguy ou Nathalie Motsch, comme par hasard les deux têtes de liste féminines aux élections municipales à Biarritz… Ou comment masquer sa haine des femmes derrière un alibi politique.

Positif et discipliné, une obligation morale

Est-ce le vieux con ou l’ancien joueur de rugby qui parle ? Il ne nous serait jamais venu à l’idée de contester la stratégie du capitaine de l’équipe pendant notre match du dimanche. Au mieux, on l’évoquait le soir ou le lendemain de la défaite, après le coup de sifflet final. « Nous sommes en guerre » a dit le président Macron et au vu de la situation dans les hôpitaux, on ne peut que lui donner raison. Ce n’est plus le moment de gloser sur l’absence de tel ou tel produit, sur les raisons qui ont entraîné une pénurie. « À la guerre comme à la guerre » dit l’adage. Nous devons nous débrouiller avec ce que nous avons, nos atouts et nos faiblesses et, sans tomber dans le patriotisme bêlant, nous devons nous interdire pour le moment les propos qui divisent, les polémiques qui font perdre du temps. Sans parler des imbéciles qui volent des respirateurs ou fustigent les infirmières en leur demandant de décamper. À notre modeste niveau, nous devons nous interroger sans cesse, par égard pour ceux qui sont au front, sur ce que nous pouvons faire pour notre pays, mais aussi pour notre ville, pour le quartier où nous habitons, pour les plus défavorisés qui nous entourent. Et surtout, essayer de rire de tout, car cela donne des rides et des cheveux blancs aux vilains virus envahisseurs. Quand la crise sera passée, nous aurons tout le temps voulu pour  regarder en détail si notre gouvernement ou notre maire miraculeusement prolongé ont bien ou mal agi.

Cultiver les petits bonheurs

En attendant, contentons-nous des petits bonheurs du quotidien. Au lieu de vous angoisser sur ce qui peut vous arriver, lisez L’Équipe ou écoutez France Bleu Pays basque. Le quotidien sportif n’a plus la moindre compétition sportive à se mettre sous la dent, mais avec ses 550 collaborateurs, il réussit à offrir tous les jours aux lecteurs des pages érudites et intéressantes qui nous font oublier notre situation. Même volonté d’embellir le quotidien chez nos amis de France Bleu qui plus que jamais cherchent à mettre en valeur le côté joyeux et optimiste des gens du Sud-Ouest. À une auditrice qui s’inquiète pour son magnolia dévoré par les cochenilles, le spécialiste maison du jardinage, explique longuement comment faire fuir les bestioles avant de conclure, théâtral, « Et avec ça, votre magnolia, il sera pété de rire ! » Suite à ce grand moment de bonheur radiophonique, c’est promis, dès la fin du confinement, je pars à la recherche des magnolias qui rigolent le soir au fond du jardin.

Surtout ne pas oublier

Cette période est fascinante à observer, car elle permet de découvrir sous un jour nouveau ceux que nous avons côtoyés auparavant sans trop y prêter attention. Le quartier Saint-Martin n’a qu’une boulangerie, Le Fournil de la Baleine, ainsi qu’un dépôt de pain Le Café de la Baleine, les deux établissements appartenant à la même famille. Sans prévenir, et sans doute à cause de la peur que nous éprouvons tous, le couple propriétaire des deux établissements a décidé de tirer le rideau le 20 mars dernier, obligeant les habitants du quartier à aller chercher le pain à plus d’un kilomètre, à La Négresse ou au centre-ville. La loi n’interdit pas une telle attitude. Mais les consommateurs que nous sommes n’oublieront pas et, une fois la vie normale revenue, continueront, je l’espère, à aller acheter leur pain chez ceux qui ont poursuivi leur mission pendant les périodes difficiles. Et tant pis pour ceux qui ont fui !

. Le Fournil de la Baleine a réouvert ses portes le 2 avril. 

Mission presque accomplie

Avec le retrait quasi-certain de Michel Veunac de la vie publique, Bisque Bisque Basque ! va enfin pouvoir se consacrer à autre chose.

(Photo Sud Ouest )

Prononcer son oraison funèbre de son vivant n’est pas chose courante. Dimanche soir, dans le bureau de vote de la mairie, Michel Veunac, sidéré par le résultat qui prend forme petit à petit sous ses yeux et cette cinquième place avec 12,22% des suffrages exprimés, en oublie la présence à ses côtés de la journaliste de Sud Ouest Raphaëlle Gourin et murmure à voix haute : « Pour une gamelle, c’est une gamelle ! » Un propos révélateur pour un homme dont toute la carrière politique a été marquée par une « chasse à la gamelle » effrénée.

Même si depuis sept ans Bisque, Bisque, Basque ! s’efforce de montrer aux lecteurs qui est Veunac, même si une nette évolution des esprits est perceptible (En 2014, on souriait des turpitudes de Veunac en me disant : « À sa place, on ferait pareil ». En 2020, plus personne n’a envie de rire), ce blog très anti-Veunac, ou les vieux qui auraient omis de voter dimanche 15 mars, ne constituent pas des explications suffisantes à ce camouflet mémorable que vient de prendre cet homme aussi fait pour être maire que François Hollande pour devenir Mister Univers.

Ambiance irrespirable dans l’équipe de Veunac

Deux anecdotes datant de quelques jours, montrent bien l’inconscience, le cynisme et la rouerie de celui qui nous a dirigés pendant six ans. En début de semaine, Michel Veunac convoque individuellement à la mairie tous les candidats, à l’exception de Nathalie Motsch, pour les recevoir dans son bureau : « J’ai des infos. Je suis nettement en tête des sondages. C’est le moment ou jamais de te rallier à moi, car après le premier tour il sera trop tard ». Veunac ayant bluffé pendant six ans, personne ne tombe dans le panneau.

Un des colistiers de Veunac, scandalisé par ce qu’il a vécu au quotidien, s’est aussi décidé à contacter Bisque, Bisque, Basque ! Avec le recul, il se réjouit de la « déculottée » subie par Mimi-Imperator et jure, mais un peu tard qu’on ne l’y reprendra plus à jouer les faire-valoir du maire.

Son témoignage écrit est accablant : « Comment peut-on vouloir gérer la Ville si on ne sait même pas gérer sa propre équipe ? Qui plus est quand on est psychologue de métier ! La campagne électorale de Michel Veunac est à l’image de son mandat écoulé : colères violentes contre les membres de sa liste qui sont sommés d’être sur le terrain du matin au soir sous peine d’exclusion de la liste au second tour, omniprésence de Marie-Lou Veunac qui fait office de directeur de campagne-bis, présence du fils, notamment comme chauffeur, confortant la perception d’une PME familiale, promesses de postes de futurs adjoints aux membres les plus subordonnés, notamment d’un point de vue matériel, relégation de quelques membres de la liste ayant une certaine personnalité, mise en valeur purement circonstancielle des benjamins de la liste pour en réalité favoriser le maintien au pouvoir d’un vieillard de 74 ans ». 

Avec de telles pelletées de terre sur le cercueil, Veunac n’a plus besoin de fossoyeurs. Bisque, Bisque, Basque ! n’en rajoutera donc pas et, comme tout le monde, va désormais se soucier du confinement des siens et se consacrer, avec le sentiment d’une mission accomplie, à des travaux littéraires personnels ou à des écrits beaucoup plus espacés sur ce blog.

Ne pas confondre confinés et cons finis

En effet, celui ou celle qui triomphera le 21 juin, au soir du deuxième tour, amènera à la ville un renouveau dont elle avait plus que besoin, après les trop nombreux mandats de Didier Borotra et le calamiteux de son successeur. Si Maïder Arostéguy l’emporte, ce ne sera pas Veunac. Et si Barucq s’empare de l’écharpe tricolore, ce sera encore mieux ! Nous en reparlerons quand la permission de sortie nous sera redonnée et la campagne électorale relancée, en faisant confiance entre temps aux trolls anonymes qui ont pollué toute cette campagne pour continuer à insulter tout le monde bien à l’abri derrière leur clavier et leur anonymat.

Ainsi le bien nommé « Néocon » a découvert que de « manière subliminale », j’avais soutenu Nathalie Motsch et que j’allais me prononcer en faveur de Guillaume Barucq. Ayant signé sous mon nom et expliqué que j’étais plus séduit par le front de la fermeté républicaine que par le trio qui avait cédé à Aldigé, je suis bluffé par la capacité de déduction de ce troll qui ne doit pas connaître le sens du mot subliminal. Le confinement va lui laisser le temps d’ouvrir le dictionnaire.

Et pour notre part, virus ou pas, nous allons avec citoyenneté continuer notre tri sélectif entre confinés et… cons finis.

 

 

 

On ne remerciera jamais assez Veunac

Ce mandat à la médiocrité abyssale, avec ses attentats démocratiques à répétition et la débandade de la majorité, aura au moins permis de faire éclore des talents. Biarritz est prête à tourner la page.

L’enfumeur public numéro 1, le Lucky Luke de la phrase creuse, l’homme qui profère des lieux communs plus vite que son ombre est prêt à sévir six ans de plus (Photo-montage Bisque, Bisque, Basque !)

Une fois n’est pas coutume, Bisque, Bisque, Basque ! va faire dans la tendresse au lieu de l’ironie lourde. Ils sont 245 dimanche qui vont se confronter à l’une des activités humaines la plus ingrate qui soit, la politique, en se présentant aux suffrages de leurs concitoyens. Si l’on ajoute les membres des comités de soutien, et les proches, ce sont près de cinq cents personnes qui sont concernées à Biarritz par le scrutin municipal. Et à l’exception d’une vingtaine de professionnels de la vie publique, beaucoup plus soucieux du futur de leurs indemnités que du devenir de Biarritz, (… Hasard, ils ont presque tous trouvé refuge dans la liste à Veunac !), il reste donc plusieurs centaines de Biarrots, qui donnent leur temps et leur énergie sans compter depuis des mois, qui réfléchissent au devenir de la Ville et à un bien vivre ensemble, qui se mettent parfois en danger dans leur vie professionnelle ou leur vie de famille, qui prennent souvent des risques financiers énormes puisque, en dessous de 5% des suffrages obtenus, il n’y aura pas de remboursement des frais. Et l’on dira ensuite que la démocratie n’est pas vivace en France !

À vous tous qui avez passé des heures à tracter dans les rues, à faire du porte-à-porte en essuyant parfois les rebuffades de ceux que vous dérangiez, à imaginer un Biarritz meilleur et plus fraternel, à dialoguer jusqu’à l’épuisement avec les uns et les autres, je tiens à adresser un immense merci pour le message d’espoir que vous nous adressez. Et je tiens aussi à féliciter les directeurs de campagne de toutes les listes, qui se sont toujours efforcés, malgré l’enthousiasme parfois débordant de leurs supporters, de rester dans les limites du jeu démocratique en n’oubliant pas que le 15 mars au soir, il faudra négocier avec les autres listes, fusionner et comprendre le sens donné par les Biarrots à ce scrutin.

Le « connardovirus » souvent présent dans les réseaux sociaux

Qu’on ne s’imagine pas pour autant que Bisque, Bisque, Basque ! soudain visité par la grâce démocratique est devenu aveugle et persuadé que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. En tant que témoin actif d’un combat capital pour l’avenir de Biarritz, je me réjouis de l’activité de tous ceux qui, à visage découvert, ont exprimé sur les réseaux sociaux leurs points de vue et leurs attentes. Malheureusement, si le coronavirus pour le moment épargne quelque peu le Pays basque, le connardovirus, bien présent à Biarritz avec ses trolls masqués balançant leur haine anonyme derrière leurs claviers, est devenu la plaie de la vie publique sur les réseaux sociaux. Avec d’une part des supporters qui ont une fois pour toutes débranché leurs cerveaux et refusent d’entendre tout ce qui n’est pas directement favorable au candidat de leur choix. Et plus grave, des petits malins qui profitent de la pagaille ambiante, pour pousser leurs pions en avançant masqués, multiplier les menaces et faire pression sur les futurs candidats dans ce qui ne peut être qualifié que de chantage abject et de jeu pervers contre la démocratie.

Le mandat parfait de Veunac

L’Hôtel du Palais était l’assurance vie des Biarrots avec une valeur estimée à plus de 200 millions d’euros. Michel Veunac l’a rendu impossible à vendre pendant 75 ans avec le risque que Decaux ne s’en empare.

Ce monde étant imparfait comme on le sait tous, il ne nous reste donc plus qu’à remercier Michel Veunac pour le mandat parfait qu’il vient d’accomplir. Il a en effet en six ans de temps réussi à cocher toutes les cases. Incompétence vertigineuse puisque vous ne trouverez pas un élu de cette ville ou de l’Agglo pour déceler en lui la moindre aptitude à la vie publique, colères à répétition, la mairie étant devenu une pétaudière où les salariés sont en souffrance, hésitations permanentes comme en témoigne le plateau d’Aguilera où pas le moindre permis de construire n’a été déposé pendant des années, Veunac pataugeant dans sa piscine olympique fantôme, incapacité à diriger une équipe ainsi qu’en attestent les départs fracassants de François Amigorena, Édouard Chazouillères, Nathalie Motsch, Guillaume Barucq ou Virginie Lannevère, attentats démocratiques à répétition comme les écuries de Bigueyrie, la villa Sion, l’Hôtel du Palais ou l’aménagement du plateau d’Aguilera… Et on rajoutera même un soupçon de malhonnêteté puisque certains des colistiers de Michel Veunac attendent depuis 2014 d’être remboursés de l’argent qu’ils ont prêté au maire. Une histoire racontée par Bisque, Bisque, Basque ! et que le maire a oublié de démentir.

https://jeanyvesviollier.com/2020/02/25/le-vilain-rapport-a-largent-de-veunac/

Vous avez aimé cette série interminable de 2014 à 2020 avec un nouvel épisode presque chaque semaine ? Alors, si par malheur Veunac est réélu, vous allez adorer ce qui va se passer de 2020 à 2026, avec un maire de 74 ans, ivre de sa toute-puissance qui en fera encore plus à sa tête qu’avant. On ne confie pas les clés de sa voiture à un copain qui a éclusé toute la soirée et qui est visiblement à trois grammes. On ne peut pas confier après tout ce que l’on a enduré à Biarritz, les clés du camion à un maire qui a montré tellement d’inaptitude au poste. Vous envisagez néanmoins de voter dimanche pour le maire sortant ? Alors Bisque, Bisque, Basque ! ne peut rien pour vous si vous aimez souffrir et vous conseille une consultation chez le psy.

On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe

Bisque, Bisque, Basque ! pour ce qui sera le dernier papier avant le premier tour, tient donc à remercier chaleureusement Michel Veunac pour tous ses errements. Grâce à lui, les Biarrots se sont intéressés à la vie publique et ont singulièrement modifié leur curseur personnel sur ce qui est acceptable et inacceptable à Biarritz en matière de démocratie locale. Et les occasions de s’indigner n’ont pas manqué pendant ce mandat : 600 pages à lire en deux heures avec interdiction de prendre des notes ou des photos dans une salle où les élus étaient surveillés comme des pensionnaires dans un collège privé ! Voilà ce que Veunac a osé infliger à son conseil municipal en 2018, à propos de L’Hôtel du Palais ! Et au final – du jamais vu dans une autre ville de France ! – un maire qui se retrouve en minorité dans sa propre majorité mais qui est sauvé par une partie de son opposition venue lui sauter sur les genoux à point nommé. Avec des enseignants de Sciences-Po, nous avons cherché des votes similaires dans d’autres villes de France, mais Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie est un créatif et n’a pas d’équivalent. Avec ces mêmes enseignants, nous avons cherché début février, une ville faisant voter aux élus une décision à 12 millions d’euros à cinq semaines de la fin du mandat. Nous n’avons pas trouvé.

La vente de la villa Sion, un des grands scandales du mandat.

Mais, avec son Premier adjoint, La-Faillite-Nous-Voilà, qui lui au moins a le bon goût de quitter la vie publique après son flirt raté avec Didier Guillaume, nous avons pu grâce à ce duo improbable percevoir beaucoup de choses en tant que simples citoyens. « À quelque chose, malheur est bon » affirme un vieil adage populaire. En voulant singer Didier Borotra, élu parfois désinvolte avec la loi, comme l’a prouvé l’affaire des PV, mais qui avait une vision pour sa ville, Michel Veunac, personnage falot et dénué d’imagination, a poussé à bout un système de copinage et de clientélisme dont les Biarrots ne veulent plus entendre parler. Grâce à lui, dans toutes les listes figurent désormais des promesses de transparence et de démocratie participative.

Avec ces ultimes acrobaties municipales, nous avons aussi pu mesurer quels sont les élus et candidats sensibles aux pressions (Jean-Baptiste Aldigé a repoussé d’un mois l’assemblée générale où la « faillite » du BO devait être évoquée, ce qui montre bien qu’il s’agissait d’un chantage pur et simple) et quels sont ceux décidés à y résister. On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe et quand on est un citoyen raisonnable on ne peut pas donner son bulletin de vote à des gens qui, avant même d’endosser l’écharpe tricolore, ont montré leur propension à céder. Bisque, Bisque, Basque ! espère que les scores décevants qu’obtiendront dimanche 15 mars, les listes Arostéguy et Saint-Cricq, élus qui par ailleurs ne manquent pas de qualités, leur permettront de comprendre qu’ils se sont trompés.

Des talents qui émergent et qui rassurent

Et, la nature ayant horreur du vide, on ne remerciera jamais assez Michel Veunac de « la pépinière de talents » qu’il a engendrée en obligeant ses adjoints à prendre leurs responsabilités et à progresser très vite. Qui se souvient de la diaphane Nathalie Motsch, qui a joué les bonnes élèves de la majorité de 2008 à 2014 avant de devenir une élue pugnace, réfléchie et compétente, qui a fait preuve d’un courage remarquable lors de ce mandat après avoir compris le fonctionnement, disons un peu particulier de son chef de file ? Qui se rappelle du Guillaume Barucq de ses débuts, persuadé que la gentillesse et le dialogue pouvaient tout résoudre avant de comprendre que la politique et les bons sentiments ne font jamais bon ménage et de devenir un élu clairvoyant et lucide, n’hésitant pas à exprimer ce qu’il pense ? Pas d’inquiétude à avoir, ces deux élus ont désormais les épaules pour gouverner la Ville, et si d’aventure « la grosse tête » s’emparait d’eux en devenant maire, il y a suffisamment de talents et d’expérience dans les listes qu’ils ont constituées pour les ramener à la raison.

Si la situation n’était pas devenue aussi folle à Biarritz, est-ce que nous aurions eu la chance d’avoir un Karim Guerdane avec ses convictions de gauche, son bon sens et ses idées novatrices comme candidat ?

Si le duo Veunac-Lafite n’avait pas désespéré Pétricot, Parme ou La Négresse, est-ce que nous aurions eu cette intéressante alliance entre les Abertzale, les Verts et la France Insoumise, avec les belles personnalités de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh ?

C’est à Veunac que l’on doit tout cela, avec ces quatre listes de rupture qui présentent bien des convergences et qui pourraient, au soir du premier tour, constituer la force susceptible de mettre fin à des années de dysfonctionnement à Biarritz et à un retour au dialogue et à la démocratie apaisée. C’est à vous de choisir entre ces quatre listes pour désigner celui ou celle qui doit être chef de file des espoirs biarrots au deuxième tour.

Et comme il convient de remercier Michel Veunac pour tous ces talents qui ont pu éclore grâce à lui, faisons-lui un beau cadeau en le renvoyant chez lui pour lui laisser enfin le temps de s’occuper de ses petits-enfants. Non, non, ne me remerciez pas, Michel, ce sera un plaisir de vous voir quitter la vie publique.

Merci l’ami !

Hasard de la vie, un de mes copains vient de me signer une procuration et son vote, que j’aurais respecté quel qu’il soit, vient à merveille compléter le mien. C’est peut-être idiot, mais j’ai très envie de voir une femme à la tête de Biarritz, car il me semble que sa nomination pourrait profondément changer les vilaines pratiques en cours. Et quand je constate que tous les élus les plus impliqués et combatifs de la majorité comme Hervé Boissier, François Amigorena, Françoise Mimiague ou Brigitte Pradier viennent au soutien de cette candidate, je me dis que Biarritz tient là une opportunité intéressante, car incontestablement il faut du caractère et de la technicité pour être maire et la dame ne manque ni de l’un ni de l’autre. Mais l’égalité des sexes implique aussi que le fait d’être un homme ou une femme ne soit pas un critère déterminant, au moins dans un monde idéal où la parité serait une réalité. Cet autre candidat au stéthoscope et à la planche de surf milite pour un renouvellement profond, il a des idées, de la sincérité et une liste prometteuse autour de lui. Grâce à la loi, je vais pouvoir déposer un bulletin en faveur de chacun de ces deux candidats, en espérant qu’ils fusionnent au deuxième tour, tant ils me semblent proches dans leur vision de l’avenir de Biarritz. Quelle bonne idée, ce copain a eu de s’absenter !