Veunac ne fait même plus semblant

Lors du dernier conseil, le maire de Biarritz a montré une fois de plus son mépris pour l’équipe municipale et le peu de cas qu’il fait de la démocratie. Le tout sous un air de samba.

La villa Sion est à nouveau au centre d’une farce municipale.

Didier Borotra cultivait l’art de ne pas répondre lors des conseils municipaux, mais son fils spirituel, Michel Veunac, est en train de le surpasser. À chaque conseil municipal, Mimi-la-Malice inscrit un sujet brûlant sur lequel l’opposition va s’exciter – mercredi dernier, c’était la subvention de 150 000 euros pour le BO omnisports – laisse les snipers se déchaîner sans se départir de son sourire de gendre idéal, avant de conclure par un « Merci mon cher collègue » et d’enchaîner comme si de rien n’était. Une technique bien connue en politique que Jacques Chirac appelait « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ».

Et puis, comme à chaque conseil municipal, quand tout le monde est bien usé par quatre heures de palabres fort inutiles, on glisse en douce une petite délibération en pariant sur la fatigue physique et mentale de tous pour qu’elle passe sans problème.

https://www.youtube.com/watch?v=CR2bhqlUVGk

Cette fois, après le marathon verbal autour de l’omnisports, tout le conseil municipal a laissé filer une subvention de 100 000 euros pour un festival brésilien organisé par Vincent Cassel peu après le G7.  Ce n’est qu’après le conseil que les élus – et on peut les comprendre, tant Veunac sait être soporifique sans avoir à forcer son talent ! – se sont réveillés et ont compris qu’ils ont été mystifiés. Donner 100 000 euros pour ce pseudo-événement qui va se dérouler à quelques semaines du festival Latino, tandis que l’historique Maïder Arosteguy Cup, qui fête ses trente-cinq ans cette année, ne bénéficie que de 6 000 euros d’aide municipale, c’est un peu pousser mémé dans la favela.

Au point qu’Édouard Chazouillères, sans doute parce qu’il est allergique à la samba et aux danseuses brésiliennes, vient de demander officiellement au maire que la délibération soit revotée avec le soutien de sept autres conseillers municipaux.

Bigueyrie et Sion toujours d’actualité

Ceux qui regardent peu les conseils municipaux pourraient penser que les actuels élus sont décidément bien distraits. Il n’en est rien. Veunac et Lafite ont instauré depuis 2014 un système d’une telle opacité, comme tout le monde a pu le constater au moment de la réhabilitation de L’Hôtel du Palais, que chaque délibération doit être scrutée à la loupe en se demandant où est le piège tendu par le duo infernal. Les deux délibérations sur Bigueyrie et Sion, mercredi dernier, le démontrent facilement. Les tentatives pour vendre les écuries de Bigueyrie fin 2017 et la villa Sion en septembre 2018 recouvrent à chaque fois la même réalité : faire plaisir à un copain au détriment de l’intérêt des Biarrots.

Les écuries de Bigueyrie, on s’en souvient, avaient été annoncées non constructibles, alors qu’il est possible d’arriver à 1200 mètres carrés habitables. Mais maintenant que le commanditaire de l’opération ne peut plus apparaître derrière l’acquéreur prête-nom Jimmy Malige, on traîne, on lambine car l’opération urgente n’a plus de raison d’être. Au point où on en est, autant attendre la fin du bail de la société des courses en 2021, pour mieux vendre ce bien.

Manœuvre encore plus tortueuse autour de la villa Sion, comme vous allez pouvoir le vérifier en trois photos. On s’en souvient, la propriétaire du château Boulard, Pierre Delalonde, grand ami du maire, s’était retrouvé face à un problème imprévu. Alors qu’il était en train d’aménager son château pour en faire un lieu d’événementiel, la commission de sécurité avait mis son veto faute d’une sortie de secours suffisante. Qu’à cela ne tienne, la mairie s’était empressée de voler au secours du promoteur en virant précipitamment les associations qui occupaient la villa Sion et en proposant de mettre en vente à 980 000 euros le bien. 8 800 mètres carrés de jardin, même s’il y a une servitude sur une partie et plus de 400 mètres carrés habitables, voilà qui s’appelle un prix d’ami.  Une manœuvre tellement grossière qu’elle avait été retoquée le 28 septembre 2018, jour du conseil municipal.

Explications en trois photos :

LA SITUATION ACTUELLE

En bleu, le périmètre du château Boulard. On comprend pourquoi les services de sécurité ne veulent pas d’un accueil du public, tant l’espace autour du château est restreint. En rouge, la villa Sion avec un jardin qui lui fait face et sur la gauche un jardin public. En rachetant l’ensemble pour 980 000 euros, Pierre Delalonde n’avait plus aucun problème. Malheureusement pour lui, il s’est un peu trop vanté du joli coup qu’il allait faire, ce qui a permis à tous d’être vigilant.

LE NOUVEAU PROJET MUNICIPAL

Veunac a fait plancher les services juridiques pour que le terrain soit débarrassé de ses servitudes, ce qui part d’une louable intention. En bleu en haut, le périmètre du château Boulard inchangé. En bleu en bas, ce qui serait mis en vente, c’est-à-dire la villa Sion et son « terrain d’assiette de 207 mètres carrés ». Le tout pour 1 million d’euros « ou un peu plus si Les Domaines l’évaluent davantage ». Vous avez bien entendu, Veunac demande à ses conseillers municipaux de voter un redécoupage du terrain sans même avoir une estimation du prix. « C’est le dossier Sion ou le dossier brouillon ? » demande Édouard Chazouillères, tandis que Nathalie Motsch affirme « Vous prenez les élus pour des pantins », rappelant que cet ensemble avait été donné à la Ville pour 1 euro et devait rester pour les associations.

Pourquoi ce si étrange découpage qui rend bien peu « sexy » la villa Sion puisqu’elle n’a plus du tout de terrain ? Bisque, Bisque, Basque ! s’est rendu à plusieurs reprises cet hiver villa Sion et a pu constater de visu que les travaux continuaient comme avant au château Boulard avec une importante délégation de maçons étrangers. Comme si son propriétaire, malgré le refus de la commission de sécurité, savait que la mairie allait lui trouver une solution. En effet, en vendant la villa Sion sans terrain, il suffira à la mairie de signer une concession de passage (coût annuel selon les spécialistes 2 000 à 3 000 euros) pour que les problèmes du château Boulard soient résolus. Elle n’est pas belle la vie quand on a des copains ?

LA PROPOSITION DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

En bleu en haut, le périmètre du château Boulard inchangé. En bleu en bas, ce qui serait mis en vente, c’est-à-dire la villa Sion MAIS AUSSI l’espace vert dans le prolongement. En rouge, la partie jardin public restant propriété de la Ville. Dans ce cas de figure, la villa Sion devient très intéressante pour des acquéreurs et peut sans grand souci être vendue 500 000 euros de plus. Une vente aux enchères au lieu d’un gré à gré serait d’ailleurs judicieuse. Seul problème, le propriétaire du château Boulard se trouve dans une situation difficile s’il n’acquiert pas ce bien. Mais quel est le rôle d’un maire, défendre les intérêts des Biarrots ou ceux d’un particulier ?

Le plafond au plancher et inversement

Dernier détail amusant, de ce conseil municipal totalement édifiant sur le mépris qu’affiche Veunac et Lafite pour les élus et les procédures démocratiques et transparentes, le débat autour de l’estimation des Domaines. Rappelons-le encore une fois, l’estimation des Domaines est le prix plancher en dessous duquel une collectivité territoriale n’a pas l’autorisation de vendre. Or à chaque fois, quand il a prévu de refiler un bien communal à un copain, le gestionnaire intelligent « La Faillite nous voilà ! », brandit l’étendard du prix plancher comme une référence absolue, alors qu’il n’est pas interdit d’essayer de viser un prix plafond, surtout dans une ville comme Biarritz où les prix de l’immobilier s’envolent.

Mais après tout, dans une ville qui marche sur la tête, n’est-il pas logique de confondre le plancher et le plafond ?

Il faut Aguileraison garder

Le projet d’aménagement d’Aguilera présenté par Aldigé est incontestablement séduisant. Aux politiques de nous dire maintenant s’il est juridiquement et économiquement faisable .

La villa rose deviendrait le siège des bureaux du BO.

Cet ancien joueur du BO, génération Bouclier de Brennus, n’a pas perdu la verdeur habituelle des propos de vestiaire : « J’ai un avis très arrêté sur ce projet, mais je me garderai bien de l’exprimer publiquement par crainte de déclencher les ventilateurs à merde dans tous les sens ». Bisque, Bisque, Basque ! qui n’a pas peur de grand-chose va donc enfiler ses bottes d’égoutier pour tenter de vous décrypter la formidable partie de poker qui est en train de se dérouler sous vos yeux.

Un projet global et intéressant

Si je rentre un soir chez moi, en annonçant à mon épouse ; « Chérie, je vais améliorer notre maison en faisant vingt millions de travaux », il y a quelques chances, si je ne suis pas trop branque, pour qu’effectivement la maison que nous occupons se bonifie. Mais tout va se compliquer quand, après avoir admiré les projets de l’architecte, ma tendre moitié va me demander : « Au fait, ces vingt millions, tu les trouves où ? » Le projet que Jean-Baptitste Aldigé a présenté à certains journalistes et à des élus qu’il a convoqués dans les bureaux du BO est incontestablement intelligent et a le mérite de lancer la réflexion sur un aménagement global du plateau d’Aguilera, là où un Veunac se contentait de petits grignotages de parcelles et de quelques constructions sans vision d’ensemble.

Lors de la soirée privée organisée dans les salons de la tribune Kampf, le président du BO a martelé deux phrases « Si vous savez comment on gagne de l’argent dans le rugby, expliquez-moi » et « La famille Gave n’a pas vocation à boucher les trous financiers chaque fin de saison ». L’amoureux du rugby, nostalgique de la splendeur passée du BO, a envie de souscrire à cette évolution de son sport favori et à la nécessité d’amener des recettes supplémentaires au club. Mais n’étant ni élu, ni urbaniste, ni juriste, reste à savoir si ce projet « tient la route » et est faisable, une fois le beau rêve évoqué.

Trois problèmes d’importance à régler

« Bisque, Bisque, Basque !  se gardera donc bien pour l’instant de détailler davantage le projet découvert pour la première fois le jeudi 14 février dans les locaux du BO. Lors de la réunion privée du 5 mars dans les salons Kampf, ce projet a été présenté aux Biarrots qui le souhaitaient, ce qui nous change agréablement des cachotteries vécues lors de la rénovation de L’Hôtel du Palais. Mais aucune image ne circule pour le moment des aménagements prévus par le groupe Pichet ce qui complique le travail des journalistes souhaitant expliquer ce qui se prépare.

1.- Ce projet semble difficilement réalisable légalement. La Ville mais aussi l’Agglo ont incontestablement leurs mots à dire dans la décision. Jean-Baptiste Aldigé estime que le groupe Pichet est le seul capable de lui façonner l’outil de travail dont il rêve. Si dans le privé on peut librement choisir son entrepreneur, dans le public on doit passer par des appels d’offres. Aux dernières nouvelles, les services de la Ville, mettraient en avant des difficultés juridiques dans la réalisation de ce projet. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’aménagement d’Aguilera ne doit pas se faire. Mais les politiques doivent reprendre la main sur le dossier et prendre leurs responsabilités en rendant « juridiquement correct » l’aménagement d’Aguilera.

2.- La Ville doit décider de ses priorités. Si ma fille passe le permis, je peux décider de lui offrir une Ferrari, mais le bon sens économique et la sollicitude de mon banquier font que je vais peut-être opter pour une Clio d’occasion. Le projet d’aménagement de la partie sportive d’Aguilera est intéressant mais mérite nombre d’éclaircissements, car tout le monde a en mémoire qu’il manquait 15 millions d’euros pour boucler le dossier Palais, ce qui a amené Decaux à entrer dans le capital. Encore une fois, Bisque, Bisque, Basque ! déplore que ce palace qui n’a pas à être géré par une Ville, n’ait pas été vendu en 2018, ce qui rendrait plus facile l’aménagement actuel d’Aguilera et aurait permis de remettre les finances de Biarritz d’équerre. Encore un somptueux ratage du mandat Veunac !

Il ne s’agit nullement de rejeter les propositions faites pour pérenniser le BO mais de demander à nos élus de réfléchir avant de prendre position. À eux de faire des propositions et de nous montrer qu’ils ont l’étoffe d’un ou d’une future maire. En ce sens, l’attitude d’un Guillaume Barucq laisse un peu rêveur : découvrir le projet à 10 heures le matin et faire un tweet enthousiaste à 14 heures ne me semble pas très politique, même si j’ai énormément de sympathie pour l’intéressé.  Prenez un peu de temps, Messieurs et Mesdames les élu(e)s, et donnez-nous des réponses précises, techniques et réfléchies.

3.- Des fatwas inacceptables. Reste enfin une stratégie très délibérée de Jean-Baptiste Aldigé qui complique singulièrement la donne. Au lieu d’accepter que la presse et le club local cohabitent même si l’esprit critique est parfois de rigueur, le président entretient une tension délibérée avec certains médias qui nuit complètement à une approche sereine du dossier. La composition d’une tribune de presse n’a jamais regardé le directeur d’un club et Aldigé n’avait strictement aucune raison d’expulser les journalistes de Sud Ouest en début de saison. Interdire l’accès aux médias sous prétexte de « réunion privée » est tout aussi surprenant. Dimanche dernier, lors de la défaite du BO face à Vannes une nouvelle étape a semble-t-il été franchie avec une distribution de casquettes demandant aux journalistes de redevenir honnêtes.  Une attitude que Bisque, Bisque, Basque ! condamne sans la moindre hésitation. Tous les politiques ne sont pas pourris, tous les journalistes malhonnêtes et tous les présidents de clubs allumés. Au diable donc, tous ces raccourcis à la Trump qui ne font que compliquer la donne !

Une partie de haute volée entre Aldigé et Veunac

On l’aura compris : Bisque, Bisque, Basque ! éprouve plutôt de la sympathie pour le dernier président du BO, pour son authentique passion pour le rugby, sa volonté de moderniser le spectacle proposé et de bousculer les codes. Un homme capable, il y a un peu plus d’un mois, de débouler dans le bureau du maire et, au bout de trente secondes de discussion de hurler sur lui, ne peut qu’être sympathique. Mais limiter Jean-Baptiste Aldigé à un président un peu trop cash dans ses relations serait faire une erreur tactique grossière.

L’homme est probablement un stratège remarquable et s’il bouscule ainsi les habitudes biarrotes, c’est avec une idée derrière la tête. Il sait que le temps lui est compté et que la famille Gave ne patientera pas éternellement. Le poste qu’il occupe lui plaît mais le temps de décision des politiques, où il est toujours urgent d’attendre, n’est pas le sien. Alors, comme Tapie en son temps lorsqu’il dirigeait l’Olympique de Marseille, il peut tour à tour se montrer d’une exquise urbanité ou d’une grossièreté achevée. Les attaques en piqué contre Jean-René Etchegaray ou Nathalie Motsch sont ainsi très calculées. Elles n’ont d’autre but que de terroriser les élus peureux qui se disent que c’est eux qui pourraient être ainsi montrés du doigt et de souder les Biarrots, toujours prêts à détester l’ennemi héréditaire bayonnais, autour de ce projet qui va incontestablement dans la bonne direction mais qui n’est peut-être pas la première priorité de la Ville.

Et n’oubliez surtout pas que Veunac et Brisson, alors que la bataille faisait rage entre les clans Ledoux-Gufflet et Les Gave père et fils, soutenus par les « historiques » Blanco et Brusque, n’ont pas hésité à prendre parti en pleine bataille de cour d’école en demandant aux premiers de partir. Du jamais vu ! Sauf que Veunac est aussi vice-président de l’Agglo et que l’aménagement de la Côte basque doit désormais être fait en concertation.  Veunac doit donc manœuvrer avec deux pistolets braqués sur la tempe, l’un par la famille Gave qui souhaite qu’il tienne ses promesses et l’autre par Jean-René Etchegaray qui souhaite que Veunac se montre solidaire avec l’Agglo.

Comme Veunac est un pragmatique prêt à tout pour sa survie politique, il a entrevu le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation en constatant que des élus de tous bords (Arosteguy, Tardits…) semblaient favorables au projet. Résumé de ses discussions avec son entourage proche : Si le G7 se passe bien, j’annoncerai ma candidature pour 2020 dans la semaine qui suit avec une liste recentrée et composée de gens expérimentés (NDLR : probablement Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq). En attendant, après le fiasco du Palais, Veunac a décidé de réunir les élus en commission générale le 28 pour guetter leurs réactions. Et d’envisager dans la foulée d’organiser un referendum pour se faire adouber par la population. Quitte à expliquer ensuite que c’est le méchant Etchegaray, flanqué de la méchante Motsch, qui empêchent les Biarrots de mener à bien ce projet.

Seul hic à ce beau scénario destiné à permettre à Veunac d’être réélu en 2020, les services techniques dirigés par Christophe Landrain jugent difficilement réalisable cet aménagement, tandis que certains élus se demandent s’ils ne sont pas allés un peu vite en besogne.

Cris et engueulades lors de la réunion de majorité

Une fois de plus la réunion de majorité qui s’est tenue lundi 18 mars a tourné à la bataille rangée. Signe d’une déliquescence absolue, ils n’étaient plus que 13 élus à être présents à ce qui ressemble de plus en plus à une mascarade permanente. Et comme la vie municipale ne cesse de se bonifier, cette fois ce sont Veunac et Lafite qui se sont empaillés gravement, Veunac affirmant que cet aménagement était « juridiquement impossible » tandis que « Lafaillite-nous-voilà ! », le roi des montages acrobatiques qui ruinent les Biarrots, levait les yeux au ciel en ayant l’air de penser qu’il fallait être vieux et dépassé comme Veunac pour ne pas foncer. Notre si sympathique énarque ne serait-il pas en train de se dire qu’un petit cavalier seul en 2020 au cas où le G7 se passerait mal et où Veunac ne tenterait pas sa chance, mérite d’être essayé ?

Autre grosse prise de bec du duo infernal, toujours le même soir, à propos de « GL events » qui devrait gérer la nouvelle salle de spectacle attenante à la tribune Blanco. Veunac redoute que cette société vampirise « Biarritz Tourisme » tandis que Lafite est là aussi favorable à l’arrivée de l’entreprise. Même malaise du côté des troupes, Anne Pinatel se montrant très emballée par le projet, tandis que Brigitte Pradier et la supportrice de cœur du BO Jeannine Blanco l’estiment totalement irréaliste.

Comme les lecteurs pourront le constater, le calme, la paix et l’harmonie la plus absolue règnent donc sur Biarritz, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et où personne ne pense à 2020.

Une raison supplémentaire pour aborder avec beaucoup de soin et de minutie ce dossier d’aménagement du plateau d’Aguilera tandis qu’un calendrier difficile attend le BO dans les prochaines semaines. C’est peu probable et personne ne le souhaite, mais vous imaginez la saison prochaine l’ambiance si se tenait un derby BO-Anglet à Aguilera ?

 

Maïder Arosteguy veut empêcher un nouveau « mandat de désolation »

La conseillère départementale est persuadée que son bon sens et sa proximité avec les Biarrots vont faire d’elle la favorite de 2020 après le catastrophique intérim de Veunac.

Image extraite de la page Facebook de Maïder Arosteguy.

La conversation qui se déroule au Royalty, le jour de la prise de fonctions de Pascal Ondarts, démarre par un énorme fou-rire : « Sérieusement, vous connaissez un seul Biarrot qui ne vous imagine pas candidate en 2020 ? ». Maïder Arosteguy ne peut s’empêcher de sourire. Elle sait bien qu’elle fait tout actuellement pour préparer la campagne des municipales de 2020 dans les meilleures conditions. « Malgré les apparences, ma décision n’est pas encore totalement prise. Dans l’hypothèse où je serais candidate et dans l’hypothèse où je serais élue maire, contrairement à d’autres, je ne m’imagine pas autrement qu’en maire à plein temps, Et je serai bien évidemment présente à l’Agglo car c’est là que se prennent les décisions qui engagent l’avenir du territoire. »

C’est promis, on saura au plus tard à l’automne si Maïder et son groupe de réflexion se lancent dans la bataille, après onze ans de présence dans l’opposition municipale. « Pour le moment, je ne suis ni en campagne ni candidate. J’ai juste créé « Mon Biarritz » pour établir une ligne directe avec les Biarrots, et avoir une remontée de terrain déconnectée de toute pollution politique ».

« Plus audible depuis le départ de Brisson »

À propos du mandat de Michel Veunac, l’opposante se montre particulièrement féroce : « C’est un mandat de désolation. La fin du cycle Borotra. On a voulu copier les recettes du borotrisme sans en avoir le talent. » Les implosions successives de la majorité ne l’ont guère étonnée : « Ma seule surprise vient du temps que ça a mis à exploser. Cette addition d’egos ne pouvait pas fonctionner » Maïder Arosteguy, avec Richard Tardits est une des rares opposantes à ne pas avoir trahi son mandat. Si elle refuse de commenter l’attitude des Saint-Cricq, Domège ou Darrigade, elle se montre assez nuancée sur son propre bilan : « J’ai le respect du chef et faire entendre ma voix au début a été assez compliqué. Depuis le départ de Max Brisson pour le Sénat, je peux enfin être plus audible ».

Difficile en effet de ne pas parler de Max Brisson. Énorme soupir : « Mon binôme !». Maïder Arosteguy avoue sa perplexité face au sénateur : « Max se dit très heureux au Palais du Luxembourg mais Biarritz bruisse de ses rendez-vous avec des candidats potentiels, c’est assez étonnant ». La presque candidate Maïder Arosteguy affirme qu’elle n’est pas assurée d’avoir l’investiture de son Parti, Les Républicains : « C’est une commission départementale qui se prononcera en septembre, lors d’un vote. Ensuite, une investiture et un logo n’ont jamais été l’alpha et l’oméga pour gagner une élection municipale où les enjeux sont purement locaux. Quant à Max Brisson, il lui appartient désormais de faire un choix… »

« Il est temps pour Veunac de passer à autre chose »

Reste une embarrassante question à un an des élections municipales. Si Maïder arrivait seconde ou troisième avec un maire sortant en tête, serait-elle prête à s’allier avec lui au second tour en échange d’un poste de Première adjointe ? Réponse catégorique : « Michel Veunac, ce n’est tout juste pas possible ; En 2020 j’aurai combattu, mais toujours avec dignité je crois, Michel Veunac. Ce n’est pas pour me retrouver à ses côtés le jour des élections. De plus quelle vision a-t-il de Biarritz et du Pays basque ? Qu’a-t-il fait pour une ville qui se dégrade lentement, je pense notamment à ses quartiers, sauf à proposer des coups médiatiques onéreux ou des chèques en blanc que les prochaines générations devront assumer pour Le Palais ? Il est temps pour lui désormais de passer à autre chose plutôt que de tenter une nouvelle fois de mal gouverner ».

Grosse surprise, alors que la rumeur publique veut que ses relations avec Nathalie Motsch soient exécrables, Maïder se montre très consciente qu’une multiplication des listes pourrait permettre à Veunac de l’emporter et n’est pas hostile à un regroupement des forces en présence : « Il y a des points à discuter avec les autres candidats décidés à faire de la politique autrement. Si Guillaume Barucq, par exemple, me dit que Biarritz doit devenir une ville réservée aux seuls vélos et piétons, nous ferons campagne séparée. Mais j’ai affaire à des gens intelligents et rien ne dit qu’il n’y aura pas de solutions pour empêcher Michel Veunac d’obtenir un deuxième mandat ».

« Pour la vente du fonds et des murs du Palais »

Les grands dossiers de la mandature, comme Le Palais, sont ensuite évoqués.  « Si j’avais été maire, j’aurais organisé un referendum et consulté les Biarrots. Je reconnais avoir évolué sur le sujet. Je pense qu’un palace n’a pas à être géré par une ville et qu’il aurait fallu vendre les murs et le fonds permettant à la Ville de se désendetter massivement et investir pour le quotidien des Biarrots ».

Quant à Aguilera, le nouveau dossier brûlant, Maïder Arosteguy se montre claire : « J’ai pu voir en détail, en répondant à l’invitation de Jean-Baptiste Aldigé, le projet d’aménagement de la zone d’Aguilera. Il est intéressant et mérite considération. Notre rôle d’élu, désormais, consiste à vérifier qu’on peut élaborer ce projet dans le cadre d’un strict respect de la loi ».

N’était-ce pas gênant pour des élus, de se retrouver un à un dans le bureau du président du Biarritz Olympique ? Maïder ne le pense pas : « Quand on est 35 élus réunis, ce sont un peu toujours les mêmes qui monopolisent la parole. En tête à tête, on s’autorise plus à poser des questions. Et j’en ai posé beaucoup ! ». Le fait que les élus vont se retrouver en commission générale à huis clos pour débattre du projet la rassure, même si elle estime que la population doit être étroitement associée au débat.

Pour la première fois de l’entretien, Maïder estime que Michel Veunac a pris une bonne décision. Ce qui ne change rien à sa détermination : « Franchement, une Biarrote maire de Biarritz, ce ne serait pas mal, non ? »

 

Mauvaise foi, désinformation et ligne jaune

Saint-Cricq rase les murs après ses maladroites accusations, Sud Ouest a la mémoire courte et la campagne électorale prend une vilaine tournure avec des faux grossiers.

Sud Ouest du 23 février.

Surtout n’alertez pas inutilement les services municipaux si vous êtes surpris de voir dans Biarritz ce qui ressemble à des épines de porc-épic fichées dans la muraille. Rien d’anormal, c’est juste Jean-Benoît Saint-Cricq qui à force de raser les murs finit par sérieusement écorner sa barbe. Il avait clamé sur tous les tons que l’incendiaire de sa maison ne pouvait être qu’un « allumé » qui lui en voulait politiquement. Au final, la pyromane était une ressortissante allemande, relevant de la psychiatrie et se moquant de la politique locale et des réseaux sociaux comme de son premier strudel aux pommes.

Dans sa page Facebook, l’avocat biarrot fait amende honorable et présente ses « plates excuses à la blogosphère ». Qu’il sache que personne ne lui en a jamais voulu, car bien malin celui qui peut affirmer que ses mots n’auraient pas dépassé sa pensée après avoir subi plusieurs tentatives d’incendie.

www.facebook.com/jean.saintcricq

En revanche, à la lecture du post de Saint-Cricq, je repense à un de mes rédacteurs en chef du Canard enchaîné qui aimait répéter « un peu de mauvaise foi n’a jamais nui ».

Benoîtement, l’avocat biarrot nous explique que l’attentat n’était pas politique… mais qu’il aurait pu l’être : « les circonstances me dédouanent quelque peu, car le premier incendie est survenu à l’issue d’un conseil municipal enflammé » Que Jean-Benoît Saint-Cricq se rassure : il n’est pas encore d’exemple dans la Ve République où un élu local a vu sa maison incendiée après avoir disserté sur les déjections canines. Ce qu’a vécu l’élu local est abominable et je partage totalement son indignation. Mais, même si je garde toute ma sympathie à l’homme, je sais aussi que l’élu adore la peinture et je lui conseillerai vivement d’oublier la politique, où plus personne ne le prend au sérieux, et de se consacrer pleinement à son art à partir de 2020.

Sud Ouest écrit… puis oublie

Sud Ouest du 12 février.

Si je n’en veux nullement à Saint-Cricq pour ses dérapages, comment ne pas être perplexe face à l’article de Sud Ouest daté du 23 février ? Le quotidien régional raconte l’histoire de l’incendiaire allemande en oubliant totalement ce qu’il avait écrit onze jours plus tôt, où les réseaux sociaux étaient à l’évidence les coupables ou les inspirateurs de ce crime. Il ne doit pas y avoir de service archives dans ce journal ! J’avais déjà eu l’occasion de dire que je pardonnais des propos excessifs tenus sous le coup de l’émotion, mais que j’avais du mal à accepter qu’un journaliste ne garde pas la tête froide et aille plus loin que le communiqué de l’avocat biarrot en me désignant nommément comme un inspirateur possible. Une ligne d’excuse ou un coup de téléphone du responsable régional pour cette mise au pilori pas très confraternelle ? J’attends toujours ! J’apprécie ce quotidien, mais je ne pense pas qu’il sorte grandi de cette histoire. 

Un photomontage scandaleux

Mais il y a beaucoup plus grave, car on touche aux fondamentaux de la démocratie. Cette semaine un photomontage montrant Nathalie Motsch et Jean-René Etchegaray devant le panneau publicitaire de l’Aviron bayonnais a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Que ce soit un imbécile qui n’a pas mesuré la gravité de ce qu’il faisait ou un gros malin qui a parfaitement compris qu’on peut faire perdre une candidate avec une salissure, l’acte est abject et mérite une sanction exemplaire. Les deux élus ont à juste titre porté plainte car ils n’ont jamais parlé rugby publiquement. Ni sans doute en privé. Pour sa part, Bisque Bisque Basque ! espère que la police judiciaire saura faire aussi vite la lumière sur cette affaire que sur les tentatives d’incendie du domicile de Jean-Benoît Saint-Cricq. Mais ce qui me gêne, c’est de voir que l’acte n’a pas été condamné par la classe politique avec la même unanimité que les méfaits commis à l’encontre de Saint-Cricq. Un élu biarrot ricane : « Il n’y a pas de fumée sans feu » et un autre estime qu’il faut « avoir de l’humour ». Curieuse conception de la démocratie !

Je n’ai pas la moindre idée de qui sera maire en 2020, mais je souhaite que cette campagne soit loyale, que tous les candidats soient à égalité sur la ligne de départ, que les Biarrots puissent être sereins le soir du deuxième tour, que le vainqueur soit Veunac ou un de ses adversaires. Dans la passion d’une campagne électorale, il y a toujours un peu de mauvaise foi. Mais si boules puantes il y a, elles doivent correspondre à des faits. Ce n’est à l’évidence pas le cas pour ce photomontage, où la ligne jaune a très nettement été franchie. Quand je vois comment des Biarrots, plusieurs jours après, continuent de maugréer à propos de cette image totalement fictive et de ce qu’elle suggère, j’espère que le coupable pour cette offense à la démocratie sera très sévèrement condamné.

Bisque, Bisque, Basque ! : une ligne éditoriale claire

On ne reproche pas à L’Humanité d’être proche du parti communiste. Bisque, Bisque, Basque !, blog gratuit et qui ne se réfugie pas derrière l’anonymat, n’a jamais caché son point de vue local ni ses convictions de gauche. Je souhaite tous les bonheurs possibles aux hommes Veunac et Lafite dans leur vie personnelle, mais je suis persuadé qu’ils ne sont pas aptes à exercer les mandats qu’ils occupent actuellement et je ferai tout pour qu’ils se consacrent à leurs familles dès 2020. C’est mon droit absolu de citoyen vivant dans une démocratie d’écrire cela. Et si je dérape ou allègue de faits inexacts, je serai condamné par les tribunaux comme la loi le prévoit. Comme tous les journalistes, je fais preuve parfois de mauvaise foi en forçant le trait, ce qui est le propre de la satire. Je vais essayer d’être plus vigilant et équitable dans la perspective d’une campagne électorale 2020 qui s’annonce pour le moins « musclée ». Mais depuis 2013, date du lancement de ce blog, je me suis toujours interdit de publier quelque chose quand je sais que c’est faux. Les réseaux sociaux, quand ils ne se réfugient pas derrière des masques, sont l’oxygène de la démocratie. Battons-nous pour qu’ils le restent !

 

 

 

 

Saint-Cricq au fond du seau

Quelle tristesse de voir le superbe opposant d’hier obligé, pour exister sans offenser ses nouveaux amis, de disserter sur… les déjections canines. Le jour où on parle orientations budgétaires!

Avec une opposition comme celle-là, avec des Saint-Cricq, Puyau, Domège totalement enamourés, Michel Veunac n’a même plus besoin de majorité… ça tombe très bien puisqu’à l’évidence il n’en a plus, ce qui ne soucie guère celui qui est devenu aux dires de ses détracteurs « la risée de la Côte basque ». Le vieil homme à écharpe tricolore semble toujours aussi perdu, est capable de se tromper dans ses votes en arguant d’une procuration qu’il n’avait pas, utilise des ficelles de la taille de câbles, mais il sait faire de la politique ! Et vendredi soir, lors de ce dernier conseil municipal édifiant et désespérant à la fois, notre Mimi-la-Malice a une fois de plus royalement enfumé tout le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=L2e4pLO4WHA

En plaçant en quatrième point de l’ordre du jour le retrait de délégation de Nathalie Motsch, braquant sur elle les projecteurs des médias à un horaire idéal pour les bouclages, et en point vingt-huit le débat d’orientation budgétaire, à l’heure où tout le monde dort, Super-Mimi a magnifiquement joué le coup, à la manière des adversaires du XV de France qui laissent le pack bleu cracher son venin la première mi-temps en attendant tranquillement la suite pour reprendre le contrôle du match. Une ruse que Maïder Arosteguy, trop contente au passage de montrer le peu de cas qu’elle fait de Nathalie Motsch, dénoncera dans l’indifférence.

Sans adversaire, la partie est difficile

En laissant tous les soutiens de Nathalie Motsch s’exprimer et en interdisant à ses troupes de répliquer, Michel Veunac, sous les yeux de son épouse vêtue de rouge tout comme Nathalie Motsch, a subi pendant quarante-cinq minutes une volée de bois vert mémorable qui semble l’avoir laissé parfaitement indifférent.

Une fois Nathalie Motsch partie, Super Mimi, comme à l’accoutumée, s’est emmêlé les pinceaux sur à peu près tous les sujets, que ce soit l’élection du nouvel adjoint Laurent Ortiz, promu pour avoir bien voté sur le dossier du Palais en octobre, ou la nouvelle politique de stationnement, la notion de taux de rotation des véhicules le laissant à peu près aussi démuni qu’un gallinacé devant un couteau.

L’essentiel était ailleurs et à 22 h 30, l’homme qui ne se trompe jamais et qui d’année en année cumule les exploits financiers, à se demander comment la Ville peut se retrouver dans une telle situation avec tous les miracles qu’il réalise, vous avez compris que l’on parle de « La-Faillite-nous voilà », s’est lancé, sous prétexte d’orientation budgétaire, dans une apologie de son action à faire pleurer de rire n’importe quel étudiant en première année d’économie.

Le grand show de l’énarque fanfaron

Le livre que tous les Biarrots devraient lire.

Si pour équilibrer mon budget, je vends la maison qui m’appartient et explique le même jour à mes copains que je pratique de « la gestion intelligente », ils vont sans doute sourire. Quand on sort du budget municipal l’emprunt pour rénover le Palais en le planquant dans la coquille vide qu’est la Socomix, on peut jouer à l’énarque fanfaron. Surtout quand la bulle spéculative immobilière vous est favorable et gonfle mécaniquement – pour quelques temps du moins ! – vos recettes. Et comme décidément, notre brillant argentier a tous les toupets, il nous explique dans la foulée avoir réalisé un emprunt auprès des banques, car « les taux étaient particulièrement intéressants ». Un peu comme un mari qui rentre à la maison et annonce à son épouse et ses cinq enfants qu’au lieu d’acheter la berline prévue, il a fait l’acquisition d’une Ferrari car elle était en soldes.

Toutes ces rodomontades de petit coq ivre de lui-même auraient mérité d’être reprises, mais la fatigue, l’heure tardive et le fort légitime sentiment d’user de la salive pour rien avec un tandem qui n’écoute personne auront eu raison des plus endurants conseillers. Silence radio de François Amigorena, d’Édouard Chazouillères et même de Maïder Arosteguy qui avait déjà bien bataillé pendant les quatre premières heures du conseil.

Heureusement, trois opposants féroces étaient là pour défendre l’honneur des Biarrots après les fadaises entendues sur les prévisions budgétaires.

Des opposants d’une férocité extrême

C’est Alain Puyau qui lance la première flèche et frappe l’équipe dirigeante en plein cœur. « Les chiffres et les taux sont peu critiquables », mais le rapport qui a été remis aux élus est « peu lisible » et il aurait fallu « changer les polices de caractère ». Tout le monde sait que le brave Puyau n’a aucun caractère, mais malmener l’équipe dirigeante à ce point-là !

C’est ensuite Frédéric Domège qui intervient pour dire que les choix budgétaires vont dans le « bon sens » et qu’il approuve les propos de ses collègues. Domège, c’est connu, c’est le bon sens près de chez nous.

Le match de trop de Saint-Cricq

Mais, à l’image de ces sportifs qui ne savent pas s’arrêter à temps et s’obstinent à revenir dans les stades où ils se sont couverts de gloire alors qu’ils n’y ont plus leur place, les sourires se dissipent et laissent place à une profonde tristesse au moment de l’intervention de Jean-Benoît Saint-Cricq. Comment le brillant opposant dont les interventions pertinentes et travaillées étaient toujours attendues avec impatience et crainte pendant quatorze ans, peut-il s’être tiré une balle dans le pied à ce point-là ?

 Dans la droite ligne de son ralliement à la majorité sur le dossier du Palais en juin et octobre, « l’opposant » Saint-Cricq trouve désormais remarquables toutes les décisions de l’équipe dirigeante : « Ce qui compte, c’est la direction qui a été prise. Elle est incontestablement bonne ». Heureux de distribuer les bons points, Saint-Cricq ajoute même à l’égard du tandem Veunac-Lafite : « Vous êtes sur la bonne voie ».  Mais comme il faut exister tout de même, montrer son indépendance sans fâcher ses nouveaux amis, le brillant avocat biarrot va se permettre une critique terrible sur la façon dont est dirigée cette ville : « On voit fleurir dans nos belles rues des déjections canines qui vivent leur belle vie jusqu’à ce que la pluie ait fait son œuvre et que tout ça se délite. Ce n’est pas très agréable de suivre la vie d’un étron sur le trottoir biarrot pendant une quinzaine de jours. »

Les Biarrots en avaient déjà conscience, mais après cette désespérante séance de bénis oui-oui qui a duré près de cinq heures, ils repartent avec une certitude : la Ville est dans une merde noire !

Quelle dégelée !

Si vous voulez avoir une idée exacte de ce qui se passe à la mairie, prenez quarante-cinq minutes pour écouter tous les griefs adressés au maire. Et vous pourrez au passage admirer ses talents d’encaisseur (De la minute 13 à 1h02, moment où Veunac décide de couper le micro de Nathalie Motsch).

Des griefs littéraires, façon Amigorena, qui avec son talent habituel évoque « La cour du roi Pétaud avec ses bouffons tristes et son monarque acariâtre ». Des envolées humanistes avec un texte très touchant de Guillaume Barucq qui pleure « la dream team que nous formions en 2014 » et « le psychodrame permanent ». Du réalisme avec Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui constate que « comme aux Galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose » à la mairie. Des interventions plus nuancées comme celles d’Anne Pinatel évoquant le général de Villiers ou d’Édouard Chazouillères qui pense que Nathalie Motsch, comme le préconisait Jean-Pierre Chevènement en son temps (« Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ») aurait dû partir d’elle-même.

Et puis, Nathalie Motsch qui, l’émotion aidant, a commis un discours un peu trop long mais remarquable dans sa partie centrale, évoquant « un management à l’envers, rétrograde, et c’est probablement le seul fait d’arme de ce mandat : l’exceptionnelle réussite de l’échec au moment de fracasser une équipe en quatre ans. » « Calamity Nathalie » s’en est ensuite prise à son grand copain l’énarque sarcastique : « Écoutez-moi bien, Monsieur le Premier adjoint, moi qui n’ai à vos yeux que des « ambitions ridicules ». Je ne vous reconnais aucune légitimité, votre équipe part en miettes et vous resterez pour la postérité le fossoyeur du Palais »

45 minutes pour vous convaincre que ce mandat est un désastre à nul autre pareil (À 23 heures, dans la salle ne restaient plus que l’épouse du maire et une journaliste de Mediabask, tous les autres avaient jeté l’éponge, écœurés). Un désastre qui n’empêche pas Michel Veunac d’avoir des chances d’être réélu en 2020 si des ententes ne se font pas et que chaque opposant y va de sa liste. Comme dirait mon confrère de L’Équipe Pierre Michel Bonnot à propos du manager du XV de France Jacques Brunel, l’opposition à Veunac est actuellement « aussi emmerdée qu’un caméléon atterrissant sur un tissu écossais ». Il va falloir s’adapter, et vite !

 

Chacun compte sur ses doigts

Le prochain conseil municipal promet d’être animé. Pour le moment chaque camp fait des additions, car l’éviction de Nathalie Motsch n’est pas encore totalement acquise.

Si Veunac veut compter ses amis au sein du conseil municipal, il peut faire appel à la Vénus de Milo.

Depuis huit mois, Marie-Lou n’en peut plus à l’heure du coucher. Au début, en voyant son mari, Michel Veunac, agiter ses doigts dans tous les sens au moment d’éteindre la lumière, elle a cru que c’était sa façon bien à lui de pratiquer son jogging. Avant de déchanter en comprenant depuis les deux conseils municipaux houleux sur L’Hôtel du Palais qu’il fait simplement ses comptes. Oh, certes, notre rusé politique ne s’amuse pas avec les doigts de ses mains, à chiffrer le nombre de ses amis à la mairie, car, il a assez de lucidité pour savoir que la Vénus de Milo suffirait amplement à la tâche. Michel Veunac fait juste le compte de ses affidés, courtisans, obligés et autres cireurs de pompes qui lui doivent quelque chose, en se disant qu’une fois de plus, ça devrait le faire lors du vote. Et tant pis si, une fois de plus, les Biarrots sont les dindons de la farce.

Tous les témoignages à l’intérieur de la mairie sont unanimes pour dire que Veunac et Lafite sont très nerveux et que le conseil du 8 février prochain est beaucoup plus important qu’il n’en a l’air. Lors de la réunion des adjoints, en début de semaine, Veunac a piqué une grosse rogne en apprenant que Peio Claverie, l’homme qui est capable de vous démontrer que la lune est violette si le maire lui demande, serait absent. L’excuse diplomatique d’un Abertzale habile qui a conscience de s’être ridiculisé à force de flagornerie ? Deuxième colère de Mimi-Imperator en découvrant que Laurent Ortiz, qui normalement doit être « promu » à un poste d’adjoint, serait absent lui aussi. Et comme Veunac sait compter jusqu’à trois, troisième colère en découvrant sur les réseaux sociaux de nombreux appels à venir en nombre à ce « conseil de la honte » où le duo Lafite-Veunac est bien décidé à faire payer à Nathalie Motsch ses prises de position sur le Palais. Tout le monde est prévenu, au moindre bruit, au moindre mouvement de foule, le grand timonier fera évacuer la salle. Pour inciter Veunac à un peu plus de modestie face au mécontentement des Biarrots, Bisque, Bisque, Basque ! qui ne souhaite nullement des perturbations pendant ce conseil, se contentera de rappeler qu’un vendredi à 18 heures, Veunac dispose en tout et pour tout de… trois policiers municipaux en service.

Un débat musclé d’entrée de jeu

Pour toutes ces raisons, ce conseil municipal qui signe incontestablement le coup d’envoi de la campagne électorale de 2020, sera absolument passionnant à suivre. D’autant plus que le retrait de délégation de Nathalie Motsch est prévu au point quatre d’un ordre du jour qui en compte… trente-cinq (Comment s’y retrouver quand on n’a que dix doigts ?) et que les hostilités probables devraient donc démarrer dès 18 h30. Et l’observateur ne va pas savoir où donner de la tête entre les membres de la majorité qui ne voteront pas comme le maire, les anciens membres de la majorité devenus opposants, les opposants ralliés au maire, les opposants qui s’opposent toujours et les opposants qui s’opposent mais n’ont pas envie d’aider Motsch. Dans un tel foutoir, deux mains ne suffiront pas et il est prudent de prévoir le boulier chinois.

Barucq prend de la hauteur

Le docteur Barucq a longtemps cru que la politique pouvait se faire autrement, sur la base du rassemblement de compétences et non de la courtisanerie. Le gentil surfeur commence à comprendre qu’évoluer au sein d’un conseil municipal harmonieux est un art parfois plus difficile que prendre une vague un 15 août à la Côte des Basques. Malmené par le départ de Virginie Lannevère, Guillaume Barucq s’est nettement élevé contre l’éviction de Nathalie Motsch. Interrogé par Bisque, Bisque, Basque!, l’adjoint  parti se mettre au vert en haut de la montagne pour échapper à « l’atmosphère toxique » n’y va pas par quatre chemins : « Je voterai contre l’éviction de la quatrième adjointe qui a grandement participé à la victoire inespérée de 2014 et a tenu sa délégation avec compétence et détermination. J’ai tout tenté pour qu’on n’en arrive pas là… Sans succès ».  D’autres voix habituées à dire ce qu’elles pensent se feront probablement entendre en faveur de Madame Motsch. On pense par exemple à Hervé Boissier qui n’a jamais cessé haut et fort de défendre les Biarrots ou à Françoise Mimiague. Quant aux interventions probables des Destizon, Haye et compagnie, qui ne vont certainement pas rater une occasion de se faire bien voir auprès de leur fournisseur de délégation, on sait d’avance à quoi elles vont ressembler.

Opposants ralliés et pas contents

Ils ont fait basculer le vote en faveur du Palais en juin dernier et estiment, à juste titre, qu’ils ont été payés en monnaie de singe par le grand distributeur de promesses Veunac. En trahissant, ils se sont ridiculisés auprès des Biarrots et… n’ont rien obtenu en retour pour leur surprenant revirement. S’il est difficile d’imaginer l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq, voler au secours de Nathalie Motsch qu’il déteste à peu près autant que le pape François les médecins avorteurs, d’autres surprises pourraient venir de Bénédicte Darrigade ou Frédéric Domège qui n’ont strictement rien contre l’ex-adjointe à l’Urbanisme et pourraient profiter de l’occasion pour montrer qu’ils ne sont pas tout à fait inféodés à Veunac. Quand Mimi Imperator a des insomnies et fait ses comptes sur ses petits doigts, ou quand il se confie à ses proches, c’est une hypothèse qu’il n’exclut pas du tout.

Maïder Arosteguy en embuscade

Elles font semblant de « réfléchir » pour 2020 et prennent les Biarrots pour des jambons ou pire pour des Bayonnais. Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch seront sans nul doute rivales dans quatorze mois et mettent déjà leurs équipes en place. Et au lieu de se conformer à ce lieu commun de la politique qui consiste à affirmer qu’on est uniquement concentré sur son mandat, elles feraient mieux de dire qu’elles disputeront la joute municipale quoi qu’il arrive et feront tout pour gagner en 2020, ce qui rassurerait les Biarrots qui se demandent comment mettre fin au tandem maléfique « Super-Mimi et Lafaillite nous voilà ». Le lancement par Maïder du groupe de réflexion « Mon Biarritz » (quel nom peu collectif, comme si le pouvoir municipal n’était que l’affaire d’une seule ! Pourquoi pas « Mon nombril » pendant qu’on y est !), n’a d’autre but que d’alimenter la campagne électorale par avance. Vendredi soir, il est certain que Maïder Arosteguy va être observée à la loupe. Ayant à son actif un irréprochable mandat d’opposante, va-t-elle au nom des principes défendre l’exclue, s’abstenir de voter en estimant que c’est une affaire de majorité ou au contraire ne pas résister à la tentation de balancer quelques coups de griffe, soit directement soit par l’intermédiaire de quelques proches comme Anne Pinatel. Nul doute que tous les commentateurs sportifs du département seront là pour assister à ce prometteur duel de dames.

Un grand show « Calamity Nathalie »?

Tous les passionnés de vie publique ont encore en mémoire l’intervention de Nathalie Motsch lors du conseil municipal du 15 octobre et le morceau d’éloquence qu’elle avait prononcé, devant un conseil municipal et une assistance médusés. Tandis que Lafite ne quittait pas sa moue dédaigneuse qui est son uniforme quand une femme parle, Veunac avait eu une réaction étonnante et sympathique, comme un sportif chevronné qui reconnaît le talent de son adversaire. En privé, il avait même confié : « J’ai vu naître une femme politique sous mes yeux », ce qui est à son honneur. Depuis, il a pu vérifier que « Calamity Nathalie » sait être coriace : refus catégorique de démissionner, et refus tout aussi catégorique de retirer ses recours devant le tribunal administratif malgré les flatteries et promesses multiples de Mimi-la-Malice. Nathalie Motsch observe un silence total sur ce qu’elle va faire, mais on peut penser qu’elle souhaite retrouver sa liberté et va nous gratifier d’un discours de politique générale qui ira bien au-delà de sa simple éviction, pour dénoncer l’état de déliquescence absolu de l’actuelle majorité et les acrobaties financières à haut risque décidées en 2018. C’est ce que les Biarrots, lassés de cette gouvernance sans vision ni talent, souhaitent. Un duel électoral à la loyale, un retour à des pratiques démocratiques où le conseil municipal ne serait plus mis devant le fait accompli, une transparence totale en matière d’urbanisme et d’appel d’offres…. La politique, c’est aussi fait pour rêver.

En attendant, si dans la nuit de jeudi à vendredi, vous êtes réveillés par des bruits anormaux, ne sursautez pas, ne téléphonez pas aux pompiers : ce sont juste les craquements des jointures des doigts de tous ceux qui comptent et espèrent qui vous auront tiré de votre sommeil.

 

La Saint-Barthélémy continue à la mairie

Après avoir longuement hésité, Veunac s’est enfin décidé à couper la tête de Nathalie Motsch, le 8 février prochain. Pendant ce temps, la débandade continue…

Il va bientôt falloir dresser un monument aux morts dans le hall d’accueil de la mairie de Biarritz, en hommage à tous ceux qui sont tombés, épuisés par les errances, indécisions et colères du piètre manager Michel Veunac. Il est très rare qu’un directeur de cabinet ne finisse pas un mandat. En quatre ans de règne, Michel Veunac a déjà fait plus de victimes qu’il n’y a de noyés chaque saison sur la Côte basque. Après le très apprécié Guillaume Snollaert, parti en 2018, c’est la chef de cabinet depuis 13 ans Catherine Mériot qui jette son tablier. En arrêt maladie, elle a demandé à réintégrer Biarritz tourisme et ne veut plus être en première ligne avec le maire. Elle sera remplacée par Nathalie Mineo.

Michel Veunac semble d’ailleurs avoir du mal à travailler avec les femmes, ce qui n’est guère une surprise au vu des horreurs qu’il a parfois lâchées en plein conseil.

Laurence Minier, la directrice de la police municipale, est partie à Bordeaux pour retrouver un peu de sérénité.

Claire Ripert, directrice de la communication, a jeté l’éponge au bout de quinze ans pour partir en Australie.

Même débandade, côté élus, où les démissions de Virginie Lannevère du conseil municipal, d’Anne Pinatel de la Socomix, après celles de François Amigorena et Édouard Chazouillères. de leurs postes d’adjoints, montrent un maire incapable de fédérer et tout juste bon à faire sauter sur ses genoux l’opposition, quand il se retrouve en minorité dans sa majorité.

« Calamity Nathalie » ne cède pas

Reste le cas particulièrement embarrassant pour Veunac de sa turbulente adjointe Nathalie Motsch. Selon les informations de « Bisque, Bisque, Basque ! », l’ancienne adjointe à l’Urbanisme, devenue adjointe à rien du tout, aurait été l’objet de plusieurs réunions restreintes et de vifs échanges entre Lafite et Veunac. Ce dernier considère que la future candidate à la mairie est beaucoup plus dangereuse, une fois sa liberté retrouvée, car elle a démontré un beau tempérament au moment de l’affaire du Palais, tandis que Lafitte, sans doute moins politique, veut à tout prix la tête de « Calamity Nathalie », car elle a le tort de ne pas être bluffée par le grand homme qu’il pense être. Veunac, Lafite et Motsch refusent bien évidemment de le reconnaître, mais, selon plusieurs sources concordantes, le grand maladroit qui nous dirige aurait tenté plusieurs opérations de câlinothérapie en direction de Nathalie Motsch, en lui promettant à chaque fois monts et merveilles… à condition qu’elle retire ses recours devant le tribunal administratif.

Des recours qui semblent terriblement inquiéter le duo Veunac-Lafite. On aurait un peu trop joué avec les règles de la vie publique ?

Heureusement pour les Biarrots, la dame a du caractère et a annoncé à plusieurs reprises qu’elle ne démissionnerait pas et ne retirerait pas ses recours, puisqu’elle n’estime avoir commis aucune faute en dénonçant le curieux montage de L’Hôtel du Palais. À regret, Veunac a donc inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal du 8 février prochain le retrait de délégation de Motsch. Les Biarrots sont vivement invités à venir assister à ce conseil où l’on entendra probablement encore, comme le 15 octobre dernier, des huées et des applaudissements, tant la gestion de cette ville, est extravagante.

Veunac aménage à sa guise le débat national

Vous pouvez retrouver tous les dessins d’Azo sur son blog : azo.centerblog.net

La réunion de majorité qui s’est tenue en début de semaine a déjà donné un avant-goût de l’avidité manifestée par certains élus. Motsch écartée, c’est un poste d’adjoint et l’indemnité mensuelle de 1100 euros qui va avec, dont il faut s’emparer toute affaire cessante ! Et tant pis si on n’a aucune aptitude pour ce poste. Depuis quelques semaines déjà, le très courtisan Destizon sévit à l’Urbanisme. Il fallait donc promouvoir un autre petit jeune méritant et c’est Laurent Ortiz, qui avait très bien voté pour le Palais, le 15 octobre dernier, après s’être montré un peu indiscipliné en juin dernier, qui a décroché la timbale. Au final, les cocus seront une fois de plus les Biarrots qui en perdant Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère et Pinatel à des postes décisionnaires voient s’éloigner les dernières chances de ramener à la raison l’équipage fou qui dirige le paquebot biarrot.

Et comme s’il fallait poursuivre la farce jusqu’au bout, Michel Veunac s’est encore illustré lors de cette réunion de majorité quand un conseiller lui demande comment il envisage de contribuer au grand débat national voulu par son ami Macron. Pas question de donner une salle à une association qui souhaiterait débattre, a décrété le grand timonier. On va organiser deux grands débats, mais avec à chaque fois un modérateur et « interdiction absolue de poser des questions sur des sujets locaux »

Les Biarrots avaient déjà constaté que leur maire manifestait un sens un peu particulier de la démocratie, ils découvrent maintenant qu’il a peur des questions. Elles font pourtant bien moins mal aux finances des Biarrots que les décisions du maire.