Sophie Bussière : « Macron, c’est l’illusion du renouveau »

Secrétaire départementale, la candidate malheureuse des Vert aux législatives 2017 croit dur comme fer au renouveau de son parti.

Pull bleu et verre de grenadine, la représentante des Verts, Sophie Bussière, refuse les clichés. « Nous sommes un parti politique et pas seulement un mouvement environnementaliste ».

Avocate et membre du barreau de Bayonne, spécialiste du droit du travail et du droit de l’environnement, Sophie Bussière est réputée pour son franc-parler, une qualité bien agréable à l’heure de la langue de bois généralisée, pratiquée par les politiques. Convaincue et convaincante, la jeune quadragénaire qui a fait ses études de droit à Pau avant d’ouvrir son cabinet à Anglet en 2004, vit avec sérénité la déroute électorale que vient de subir son parti. « Nicolas Hulot est une prise de guerre. On est dans le marketing. On prend les paris sur le nombre de mois qu’il va passer au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire avant de claquer la porte ? » Adhérente d’Europe Écologie Les Verts (EELV) depuis 2011, Sophie Bussière n’est visiblement pas conquise par l’actuel Président de la République : « Macron, c’est l’illusion du renouveau ».

« J’adore faire campagne »

Avec 3,5 % des suffrages recueillis, lors des dernières législatives dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, la représentante écologiste pourrait manifester quelques signes de découragement. Il n’en est rien. « Il y avait beaucoup de candidats et un contexte politique complètement incohérent. Dans le département, nous avons un socle de militants qui a cru bon de voter utile dès le premier tour, alors qu’ils soutenaient habituellement pour les écologistes. Et malgré cela, nous avons recueilli 1 824 suffrages soit 40 voix de plus qu’en 2012 ».

La candidate reprend son souffle et a du mal à masquer sa passion : « Malgré mon emploi du temps compliqué, j’adore faire campagne. On m’avait dit que le porte à porte était une épreuve particulièrement difficile. En fait, nous avons été bien accueillis partout et les questions que nous posaient nos interlocuteurs étaient très pertinentes. »

Le fait de ne plus avoir d’élus EELV à l’Assemblée nationale ne semble pas trop inquiéter l’avocate. Pour un peu elle y verrait presque une chance de faire repartir son parti sur des bases solides.

« J’ai décidé d’adhérer chez les Verts pour les idées. Je me sentais politiquement proche de personnages comme Alain Lipietz ou Éva Joly. Je pense qu’il ne sert pas à grand-chose, comme on a pu le vivre entre 2012 et 2014, d’avoir des ministres avant de compter un grand nombre d’élus locaux. » Pour la secrétaire départementale, qui se dit très favorable à « une dose de proportionnelle », l’avenir des Verts passe par « une galaxie plus large » avec de solides implantations locales et des lanceurs d’alerte au niveau national.

Sophie Bussière, qui ne nie pas les errances de certains dirigeants des Verts (Elle ne donne pas de nom, mais comment ne pas songer à Jean-Vincent Placé ou Cécile Duflot ?) est persuadée qu’une nouvelle génération de dirigeants, comme Julien Bayou, l’actuel porte-parole d’EELV, va émerger et revivifier le parti. Dans ses fonctions départementales, elle apprécie la liberté d’action qu’on lui laisse et estime ne pas manquer de sujets à traiter entre la LGV, les mines d’or ou la qualité des eaux de baignade.

Mais a-t-elle suffisamment de militants pour l’épauler sur tous ces sujets ? « C’est vrai, nous ne sommes pas très nombreux dans le département »

Quand on vous disait que Sophie Bussière était d’une désarmante franchise…

Hollande en pleine déchéance de rationalité…

Eemaniement-du-gouvernement

Je n’ai pas confiance en toi, et toi non plus, donc rien ne s’oppose à ce que nous continuions la comédie…

Remercions vivement François Hollande et Manuel Valls d’avoir douché l’enthousiasme des Français, au cas improbable où il existerait encore un ou deux de nos concitoyens s’imaginant qu’un remaniement ministériel puisse servir à améliorer l’équipe dirigeante du pays et à mieux gouverner la France. Voilà un homme, élu en 2012 sur sa bonhommie, sa capacité fort momentanée à l’amaigrissement et sa placidité, ce qui nous changeait agréablement du petit nerveux qui l’avait précédé, et qui -propos incroyable!- demandait à être jugé sur les résultats obtenus. Presque quatre ans plus tard,  l’ancien président du conseil général de Corrèze, qui avait annoncé qu’il allait créer 500.000 emplois avec la mesure phare de son quinquennat, le contrat génération, en a tout juste obtenu 40.000, selon le rapport de la Cour des Comptes. Quant à l’inversion de la courbe du chômage, toujours promise mais jamais réalisée, qui devait conditionner sa décision de se représenter en 2017, elle culmine sur les sommets malgré les deux milliards d’euros que Hollande s’apprête à injecter, au cas où un miracle de dernière minute se produirait.

Les Français ont compris depuis fort longtemps que le costume de président est beaucoup trop ample pour le fugueur en scooter et que n’est pas Mitterrand qui veut. Mais, se croyant toujours à la manœuvre rue de Solférino, Hollande clame son mépris de la France et bâtit un gouvernement « spécial présidentielles de 2017« , qui inévitablement va lui péter à la gueule. Revue de détail de toutes les absurdités et de toutes les déchéances de rationalité contenues dans cette nouvelle équipe ministérielle.

Elle a bon dos la parité!

C’est un homme qui écrit cela, mais je ne supporte plus cette prétendue parité en politique qui n’existe pas dans la réalité. « 19 hommes et 19 femmes, car le président tenait à la parité » ont ronronné en boucle les radios et les télés. Mais qui occupe les ministères régaliens de la Justice, de l’Intérieur et de l’Armée? Des hommes bien sûr!

Et qui se retrouve avec des secrétariats d’État aux titres aussi improbables que chargée de la Biodiversité (Barbara Pompili), chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion (Ségolène Neuville), chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie (Pascale Boistard) ou de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage  (Clotilde Valter)? Des femmes, bien sûr! Alors, qu’on arrête un peu avec la parité, tant que l’on n’aura pas, sans que cela ne suscite le moindre commentaire ni le moindre étonnement, des femmes aux plus hautes responsabilités de l’État et à la présidence de la République.

Des écolos lamentables… comme d’habitude!

Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili, Jean-Baptiste Placé : tous attendaient le grand jour où ils allaient enfin pouvoir bénéficier de la voiture de fonction et de la sirène à deux tons. Ah, ça, ils vont le payer cher leur moment de griserie, avec toutes les couleuvres que Valls va leur faire avaler! On a déjà vécu le film avec Cécile Duflot, plutôt mordante et sympathique à ses débuts et totalement dépassée, lorsqu’elle s’est retrouvée au cœur de l’appareil d’État. Hollande qui redoute de voir surgir une candidature Nicolas Hulot qui lui compliquerait sérieusement la réélection, pense avoir bien joué en s’assurant le soutien des Verts. Mais il devrait savoir que chez les écolos ou prétendus tels – car lequel d’entre eux se préoccupe encore d’écologie? – il y a autant de courants et de micro-partis que d’individus. Même manœuvre, en conviant à la table gouvernementale le vieux cheval de retour Jean-Michel Baylet et son lilliputien Parti radical de Gauche, dont les assemblées générales tiennent dans une cabine téléphonique. Encore une fois, on est dans un calcul à courte vue, où les intérêts de notre pays seront malmenés par les exigences de petits marquis qui ont démontré depuis fort longtemps leur inexistence politique.

Valls-Ayrault : bonjour l’ambiance!

Même perversité dans le traitement réservé à Jean-Marc Ayrault. Premier ministre appliqué et loyal, il a payé pour l’indécision chronique de son président et a été injustement écarté par le jeune arriviste Valls, qui était sous ses ordres et bien décidé à lui faire la peau. Et, comme toujours, Hollande avait flanché malgré les mises en garde de Valérie Trierweiler, qui lui avait dit : « Si tu files les clés à Valls, tôt ou tard il partira avec le camion« . Ce n’est que justice de voir Jean-Marc Ayrault, homme sincère et convaincu, revenir au gouvernement, à un moment où ses liens privilégiés avec Angela Merkel seront plus que précieux. Mais, vous tous qui subissez des injustices dans le cadre de votre travail, essayez d’imaginer ce qui se passerait si votre actuel patron se retrouvait sous vos ordres. Couinements, grincements de dents et cacophonies, sont à prévoir, mais Hollande n’en a cure : il veut être réélu en 2017 et le reste l’indiffère.

Un « traître » plus facile à surveiller

Valls peut se féliciter de la mollesse de Hollande. Mis en garde par ses amis, sur une trahison de plus en plus évidente de son Premier Sinistre,  comme Coluche qualifiait le chef du gouvernement, le capitaine de pédalo n’a pas osé trancher. Ou s’est dit que Valls serait plus facile à contrôler à Matignon qu’à l’extérieur du périmètre gouvernemental. Valls ne manque pas de culture politique et sait très bien que, si Hollande est réélu en 2017, il est fort probable que les Français choisiront un homme de droite en 2022. Ce qui ne satisferait guère ses rêves élyséens. En droitisant exagérément ses positions, ce qui ne lui est pas trop difficile, vous en conviendrez, Valls fait coup double. Il s’attire des sympathies chez les électeurs de droite qui pourraient s’avérer fort utiles si Juppé était élu en 2017 et tenait sa promesse de ne faire qu’un mandat, et coupe le président de son électorat naturel… Qu’il sera toujours temps de regagner, quand la présidentielle sera venue. On peut accuser Hollande d’être dépassé par sa fonction, mais tout le monde conviendra qu’il sait faire de la politique et qu’il se montre sans doute fort habile en faisant semblant de faire confiance au petit matamore catalan.

Voilà donc le gouvernement improbable que François Hollande est venu défendre devant les caméras de TF1 et FR2. Un gouvernement qui ne peut pas être efficace et fonctionner et qui n’est qu’une machine de guerre destinée à servir les intérêts personnels du futur candidat. Difficile d’afficher plus beau mépris de la France et des Français qu’avec cette nouvelle équipe, bancale et dénuée de toute homogénéité!