Tout-pour-ma-gueule a encore sévi !

Sarko toutpour magueule

Franchement, vous avez envie d’en reprendre pour cinq ans avec lui en 2017 ?

Ah ça, il n’y a pas une caméra de télé qui ne nous a épargné l’image des militants venant, samedi dernier à La Villette, avec un sandwich pour assister au congrès fondateur des Républicains, ce merveilleux mot de la langue française que l’ex UMP vient de s’approprier sans vergogne. Comme si la présence d’un simple jambon-beurre dans la besace du militant de base pouvait suffire à exorciser le bling-bling façon congrès du Bourget, avec le niaiseux « Merci mon papa » du petit Louis, ou à faire oublier la kyrielle de casseroles judiciaires que continue de se trimballer l’ex président de la République, qui voit ses anciens affidés partir un à un en garde à vue.

Et ce congrès qui se voulait d’un coût modeste – 500 000 € selon les organisateurs -,  l’a effectivement été… question assistance. 20 000 personnes attendues, et 7 000 en réalité. Pour le reste, Nicolas Sarkozy a été à la hauteur… si l’on peut dire, en plastronnant à tout va, en balançant des horreurs sur tous ses petits camarades et en se gardant bien d’esquisser le moindre geste quand sa garde rapprochée a sifflé les allocutions d’Alain Juppé ou de Bruno Le Maire. La modestie, c’est pour les autres et il est clair que, à l’image de l’ancienne UMP, la nouvelle machine de guerre dénommée Les Républicains doit désormais être au service exclusif de notre matamore de pacotille, qui veut nous jouer « Nicolas II, le retour« .

Alors que son parti doit encore aux banques 69 millions d’euros et cherche à renégocier sa dette, Nicolas Sarkozy continue à dépenser sans compter. Quatre jours avant le congrès, il s’était offert un meeting au Havre… en jet privé. La capitale se trouvant à moins de deux cents kilomètres, les militants apprécieront avec quel soin le président de leur mouvement utilise l’argent du parti avec cette plaisanterie à 3200 € la soirée. Sans compter la voiture qui a fait le trajet pour les menus déplacements en ville de Monsieur.

Et l’homme à la classe naturelle qui vient d’annoncer cette semaine, à propos du président du MoDem :  » De toute façon, le bègue, je vais le crever « , d’argumenter dans Le Canard enchaîné (3 juin) à  propos de son escapade en avion : « Je ne voulais pas aller me faire chier pendant deux heures en bagnole. je voulais pouvoir bouffer tranquillement dans l’avion de retour sans m’en foutre partout. De toute façon les militants n’en ont rien à faire. ce sera sans conséquence« .

Bel aveu! Si le nouveau président des Ripouxblicains, pardon des Républicains, n’est pas prêt à faire deux heures de bagnole pour aller rencontrer les militants, il ferait peut-être mieux d’oublier l’élection présidentielle de 2017 et de s’installer définitivement avec Carla au Cap-Nègre…

Et comme amuseur public, on le laissera bien volontiers aux gens du Var !

Vos gueules, les politiques!

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Ah ça, où qu’ils soient, ils ont bien dû se fendre la gueule, les Charb, Honoré, Wolinski, Cabu, Tignous, et s’en donner à crayon joie, en entendant les cloches de Notre-Dame sonner le glas, en voyant des milliers de Français entonner la Marseillaise, ou en apprenant que Schwarzenneger vient de s’abonner à Charlie hebdo, et recommande à ses amis d’en faire autant.

En revanche, les feutres ont sans doute grincé sur le papier lorsqu’ils ont découvert à quelle vitesse la récupération a succédé à l’émotion. D’un côté, une France bouleversante de spontanéité, qui se rassemble digne, émue et fraternelle avec des « Je suis Charlie » sur le cœur, de l’autre l’habituelle cohorte des politiciens récupérateurs, uniquement préoccupés par leurs petits fonds de commerce et par leurs prochaines échéances électorales.

Ni dieux, ni maîtres à penser

Prenez l’agité à talonnettes. Vous savez, celui qui nous avait annoncé en 2012 qu’il renonçait à la vie politique après sa défaite face à Hollande. Celui-là même qui n’a pas hésité au moment de l’élection présidentielle à faire appel au très droitier Patrick Buisson et à brandir les épouvantails communautaristes pour tenter d’être élu. À la place de Nicolas Sarkozy, on aurait rasé les murs, on aurait fait silence. Au lieu de cela, déclaration martiale, mouvements de mentons et habituels tressaillements d’épaules devant les caméras. Pour ne rien dire, comme d’habitude.

 Prenez le petit Catalan, celui qui passe les plats à Matignon. La mine grave et gourmande à la fois, à l’idée de ces trois jours de fusillade qui vont être très bons pour sa cote de popularité, Manuel Valls nous invite à descendre dans la rue, en hommage aux victimes. Comme si nous ne sommes pas capables d’avoir l’idée tous seuls et devons attendre les directives de nos dirigeants politiques pour savoir ce que nous avons à faire!

Prenez la pleureuse professionnelle, celle qui geint qu’on ne l’a pas invitée à la grande manifestation républicaine de dimanche. Comme s’il fallait désormais attendre la réception d’un carton d’invitation pour descendre exprimer dans la rue son chagrin et son indignation! Si Marine Le Pen ne se sent pas gênée aux entournures de sa conscience, qu’elle vienne, comme tous les militants du Front national qui le souhaitent, mais discrètement, anonymement, et non en porte-parole d’un parti qui thésaurise sur la haine et la différence avec l’autre.

Ne pas tisonner, ne pas transiger

Charlie hebdo avait décidé de faire chaque semaine la guerre aux cons. Il faut croire que les Français ne se sentaient guère concernés puisqu’ils n’étaient que 25 000 à le lire, et qu’il aura fallu la mort de la moitié de la rédaction pour que le lectorat se réveille. Pour en avoir souvent discuté avec eux, Charb, Cabu, Wolinski, n’avaient strictement rien contre les croyants, de quelques bords qu’ils soient, du moment qu’ils respectaient la laïcité, ce ciment de notre république. C’est à dire le droit absolu à la liberté de penser et de croire, mais sans emmerder les autres avec ses convictions.

Dignes héritiers de Coluche, ils se moquaient seulement, avec ces armes dérisoires que sont un crayon et une feuille de papier, des donneurs de leçons, des hypocrites, des semeurs de haine, qu’ils soient religieux ou politiques.

Rendre hommage demain, à ces merveilleux gamins attardés, mais aussi aux policiers qui sont morts pour défendre les libertés, aux employés ou aux otages qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, c’est marcher loin des banderoles et des petites chapelles qui vont inévitablement proliférer sur le pavé parisien, les UMP avec les UMP,  les PS avec les PS, et, comme par hasard, tout le monde prêt à s’écharper pour être au premier rang face aux caméras.

Rendre hommage à ceux qui viennent de tomber, c’est être très responsable dans ses propos, éviter les amalgames qui blessent, ne pas attiser les haines entre les communautés, alors que toutes sont composées d’une majorité de gens bien et de quelques fanatiques qui veulent nous obliger à choisir notre camp.

Ne pas tisonner, certes, mais ne pas transiger sur la République, sur la laïcité, sur la liberté d’expression. Ne pas tomber dans le prêt-à-penser qu’on veut nous imposer et rester des hommes libres. Notre pays doit pouvoir continuer à débattre de tout, à rire de tout, à s’écharper joyeusement dans le respect de l’autre. Demain, pendant que des hommes politiques vont faire une courte apparition à la manifestation, descendant de leurs voitures blindées pour être pris en charge par leurs gardes du corps, d’autres, plus anonymes mais beaucoup plus courageux, vont défiler, écrire ou dessiner, malgré la peur, malgré les risques d’attentats,  pour que ces morts ne soient pas inutiles.

Nous sommes tous Charlie!

 

Dominique Mutio, l’auteur du dessin de tête de page, est un enfant d’Arcangues, installé depuis de longues années en région parisienne. Vous pouvez retrouver sa production sur sa page facebook (https://www.facebook.com/pages/Mutio-Dessinateur/213141072184753) ainsi que sur les sites http://www.iconovox.com et http://www.urtikan.net

Les profiteurs de la République

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Bandits peut-être, mais pas manchots, les politiques, lorsqu’il s’agit d’empocher…

Depuis la fin de ses études, en 1980, dans une modeste école appelée l’ENA, cet homme n’a rien fait de ses mains, rien produit, sauf à considérer que la rédaction de notes de synthèse soit une création. En 2017, à la fin probable de sa carrière, ce gros malin, qui affirma jadis  » détester les riches « , émargera pourtant à 36 000 € mensuels de retraite (« Marianne », 5/12). L’inventaire à la Prévert des petits ruisseaux qui font les grosses rentes, mérite d’être détaillé : 6.000 euros de retraite pour ses anciens mandats locaux, 6.800 euros comme ex-parlementaire, 6.000 euros comme ancien président de la République, 12.000 euros d’indemnités comme membre à vie du Conseil constitutionnel et 5.000 euros en tant qu’ancien haut fonctionnaire à la Cour des comptes. Ce dernier chiffre est de loin le plus sujet à controverse. Auditeur à la Cour des Comptes pendant quelques mois, François Hollande (… vous aviez deviné!) a, dès 1981, été recruté comme conseiller par François Mitterrand et n’a plus remis que très occasionnellement les pieds dans l’institution de la rue Cambon. Mais une fois élu, le  » président normal  » s’est bien gardé de se mettre en disponibilité et reste en  » détachement  » de son administration de tutelle. Pourtant, depuis le 1er octobre 2014, les fonctionnaires élus ou membres du gouvernement doivent obligatoirement être en détachement. Mais, c’est ballot !, le législateur n’a rien prévu pour le président de la République. Hollande a promis de régulariser sa situation, mais c’est tellement débordé un président de la République ! Et pendant ce temps, le compteur continue à tourner et notre distrait va empocher mensuellement, en plus de tout le reste,  5 000 € par mois pour un métier qu’il n’a jamais exercé. Les retraités dont les pensions sont gelées depuis des mois apprécieront.

D’autant plus que le démenti du chef de l’État est peut-être encore plus pitoyable que sa désinvolture. Hollande réfute les chiffres de Marianne et assure qu’il va renoncer aux 12 000 € mensuels du Conseil constitutionnel, où il ne siègera pas. Pourquoi ne le fait-il pas dès maintenant et ne met-il pas aussi à exécution l’engagement qu’il avait pris d’être détaché de la Cour des comptes? Parce qu’il est le roi de l’enfumage et qu’il espère bien que tout le monde aura oublié ses promesses dilatoires, une fois qu’il ne sera plus président !

Le meilleur sponsor de Sarkozy ? L’État !

Même désinvolture totale du côté du nouveau président de l’UMP et ancien chef de l’État. Le législateur, pour protéger les ex présidents de la République de la disette, a décidé de leur allouer, quelles qu’aient été leurs activités antérieures, 6.000 € par mois. Nicolas Sarkozy aurait gagné depuis son départ en 2012, plus de 2 millions d’euros lors de ses conférences à l’étranger, une somme qui ne tient pas compte des dividendes que lui rapporte son cabinet d’avocats. Ce que n’avait pas prévu le législateur, c’est qu’un ancien président puisse reprendre du service actif. Admirable d’abnégation, Nicolas Sarkozy, comme Juppé avant lui, a fait savoir qu’il ne réclamerait pas de salaire en tant que président de l’UMP. Mais il fait totalement la sourde oreille quand des élus socialistes, qui, c’est vrai, regardent ce qui passe dans l’opposition mais deviennent d’une pudeur de rosière en ce qui concerne la majorité, lui demandent de renoncer à son salaire d’ex-président de la République. Rappelons par ailleurs que l’État finance les partis politiques en fonction de leurs résultats obtenus aux élections et a versé 30 millions d’euros à l’UMP en 2012. Ce sont donc les contribuables et non Nicolas Sarkozy qui se montrent, bon gré mal gré, très généreux avec l’UMP.

Lepaon fait la roue devant l’inspecteur du travail

Et allons voir maintenant ce qui se passe dans les petites classes. Thierry Lepaon, est un malheureux salarié que son employeur malmène, ce qui explique pourquoi il accorde tellement d’attention à l’aménagement de son appartement de fonction et à l’acquisition dans son bureau d’un siège en or massif, au cas où il s’avérerait éjectable. Ce paisible salarié coulait des jours heureux en Basse-Normandie, lorsque l’impitoyable maison mère a réclamé ses services à Paris. Quand un salarié doit regagner le siège social de l’entreprise, il réussit dans le meilleur des cas à négocier une légère augmentation de son salaire. Mais Thierry Lepaon est décidément un syndicaliste plein d’imagination. Contraint de quitter la CGT de Basse-Normandie, pour rejoindre le bureau national de… la CGT, qu’il préside désormais, ce syndicaliste modèle a négocié une rupture conventionnelle avec son premier employeur sans que le deuxième ne tousse. Cette rupture qui évite de passer devant les prudhommes doit obligatoirement être approuvée par l’inspecteur du travail local, qui s’assure que le salarié n’est pas malmené. Pensez donc, ce pauvre Thierry Lepaon, n’a touché pour son départ « que » 31 000  €, non imposables bien évidemment, et l’inspecteur du travail ne s’est pas étonné de cette curieuse transaction. À moins qu’en haut lieu, de fermes consignes de mansuétude n’aient été données. Et les camarades syndicalistes, qui parlent pour leur chef de « retraite casquette » par allusion aux « retraites chapeaux » pratiquées par les patrons du CAC 40, de demander la démission de cet humble salarié qui sait naviguer avec les lois! On se demande pourquoi…

Vivement la VIe République !

Charles de Gaulle, en 1958, avait lié son retour à la vie publique à l’adoption d’une nouvelle constitution. Il  ne voulait plus avoir à composer avec la IVe république, avec « le régime des partis« , avec des hommes politiques insubmersibles et corrompus, obnubilés par leurs petits intérêts. La constitution actuelle, écrite par Michel Debré était sans doute bonne, puisqu’elle a réussi à tenir presque soixante ans. Mais Olivier Besancenot a tout à fait raison quand il affirme que, sans un sursaut des politiques, l’actuelle constitution va s’écrouler sur elle-même, tellement elle est vermoulue. Pour sauver le pays, les citoyens peuvent accepter d’être pressés comme des citrons, à condition que leurs hommes politiques soient exemplaires et soient traités comme eux.

Vivement un grand coup de balai et l’adoption d’une VIe république, plus morale et plus équitable, avec une diminution notable du nombre des élus, une fiscalité pour les politiques semblable à celle des citoyens ordinaires et l’impossibilité de cumuler les mandats!

PS : Et pendant ce temps, au tout petit niveau de Biarritz, notre nouveau maire Michel Veunac, pour imiter les grands, ose gémir en conférence de presse, à propos de l’imposition qu’il subit. Prélevé à la source, il ne verse pourtant à l’État que la moitié de ce que verserait, à revenu égal, un citoyen lambda. Mais c’est si bon de se faire plaindre !

Les militants UMP auront ce qu’ils méritent

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Cette détestable façon de passer la main dans le dos, si typiquement sarkozyenne…

Ainsi donc, voilà un homme qui a ruiné l’UMP, pendant sa campagne électorale de 2012, avec plus de 10 millions d’euros évaporés dans des officines douteuses comme Bygmalion. Un homme, qui, malgré ses conférences mondiales à 100 000 euros les deux heures, n’a pas hésité à faire appel à la générosité publique des militants pour rembourser la dette. Un homme qui, fraîchement élu à la tête de l’UMP, retrouve soudain après deux ans de recherche son chéquier au fond de son armoire, pour verser 363 000 euros à son parti, une aumône qui doit correspondre à l’argent de poche d’une semaine pour la famille Sarkozy-Bruni.

Ainsi donc, voilà un homme que l’on entend arriver à un kilomètre à la ronde, tellement il traîne de casseroles judiciaires : Bygmalion, déjà cité, mais aussi le financement libyen de sa campagne de 2007, le trafic d’influence avec le magistrat Gilbert Azibert, les sondages de l’Élysée, l’affaire Tapie, les dessous de table de Karachi. Pas de doute, avec cet homme, on va souvent parler de l’UMP à la rubrique judiciaire, mais est-ce une bonne nouvelle pour ce parti, au moment où les Français font si peu confiance à leurs hommes politiques?

Ainsi donc, voilà un homme qui s’affirme l’autre jour devant Claire Chazal « calme et apaisé »,  avant, contrarié par trois questions anodines, de crisper les mâchoires de colère et de multiplier les tics nerveux, tandis qu’il annonce viser la présidence de l’UMP (Imagine-t-on Charles de Gaulle, après son départ, postuler au ministère des Sports ?). Un homme qui roule des mécaniques, mais se dégonfle devant deux cents cinglés anti mariage pour tous, un homme qui devient fou de colère en découvrant son score minable, dimanche soir, et les presque 30% réussis par Bruno Le Maire. Et l’on croit volontiers « Le Canard enchaîné » (3/12), quand il rapporte ses insultes : « Dans un parti, quand il y a un grand favori, n’importe quel couillon peut faire 30%. (…) Bruno, c’est du pipeau. Il finira en slip kangourou. » Mais alors, pourquoi diable les sarko boy’s avaient annoncé un score à plus de 80% ?

Oui, décidément oui, question pardon des offenses, ces électeurs et électrices de l’UMP, tellement heureux de la victoire de leur favori, méritent vraiment une admiration sans borne pour avoir voté à 64,5% en faveur de Nicolas Sarkozy !

Le petit caporal passe ses troupes en revue

Il paraît, mais j’ai peine à le croire, que les caméras n’existaient pas en mars 1815. Lundi 1er décembre002 Sarko, le retour de l'île d'Elbe 2014, presque deux cents ans plus tard, j’avais pourtant vraiment l’impression de revivre, en direct du siège de l’UMP, le retour de l’île d’Elbe de Napoléon 1er. Même manteau lui battant les chevilles, même façon dès huit heures du matin (« Je travaille, moi, monsieur ! ») de brasser de l’air, de sur-jouer la cordialité, d’accueillir des visiteurs et de les adouber ostensiblement devant témoins, tandis que les intéressés gênés, avaient visiblement du mal à montrer leur joie avec ce cadavre fraîchement sorti du placard. Grand moment comique au moment du départ de l’UMP de Bruno Le Maire, car Dame nature lui a généreusement accordé les centimètres que Sarkozy n’a pas. Mais qu’à cela ne tienne : notre petit caporal, hissé sur ses talonnettes, a tout de même réussi devant les caméras, à poser sa main sur l’épaule de son rival, au lieu de vérifier s’il portait bien le slip kangourou qu’il lui avait promis la veille. Franchement, c’est à cet homme que vous voulez confier les rênes de la France ?

On se souvient comment s’est terminé l’aventure de cent jours de notre premier empereur et on peut se demander si le même destin n’attend pas notre nouveau Napoléon.

Tous cocus et contents

Pour le moment, tout le monde se frotte les mains après cette élection. François Hollande, qui est vraiment le seul à croire en ses chances, est persuadé qu’il l’emportera en 2017 s’il est opposé à Nicolas Sarkozy. On ne voit pas comment, mais c’est beau l’espoir ! L’ancien président de la république et époux de Carla Bruni sait de son côté que cette conquête de l’UMP va bien lui faciliter la vie. D’un tempérament tenace, et habitué à mordre aux mollets tous ceux qui oseraient s’approcher de son pré carré, il va rebaptiser le parti et s’organiser une petite primaire sur mesure. On souhaite bien du plaisir à Alain Juppé, à François Fillon, ou même au président du MoDem François Bayrou,  pour arriver à faire entendre leurs petites musiques face à la grosse caisse de Neuilly ! Quant à Marine Le Pen, confrontée à la gauche la plus nulle du monde et à la droite la plus bête de l’univers, elle peut en rajouter à plaisir sur l’UMPS, multiplier les déclarations poujadistes et réserver d’ores et déjà son ticket pour le second tour des élections présidentielles de 2017.

Au final, c’est la France, une fois de plus, qui va dérouiller, faute d’un rassembleur capable de mobiliser tout le monde au moment d’effectuer les réformes dont ce pays a désespérément besoin. En 2002, Chirac a raté une occasion historique de réconcilier tous les Français, de gauche comme de droite, après sa victoire contre Jean-Marie Le Pen. Quinze ans après, le scénario pourrait être fort semblable. En l’état actuel de déliquescence du gouvernement socialiste, il est fort à craindre qu’il n’y ait pas de candidat de gauche au deuxième tour et que le duel final oppose Marine Le Pen au ténor désigné par l’UMP. C’est donc à gauche et non à droite que se jouera cette élection, pour que le pays reste gouvernable. On traînera des pieds, mais les républicains de gauche, faute d’un Besancenot ou d’un Mélenchon en position éligible, voteront si un Bruno Le Maire ou un Alain Juppé se retrouve face à Marine Le Pen. Mais que cela soit clair : les mêmes iront à la pêche à la ligne en cas de duel Sarkozy-Marine. On ne choisit pas entre la peste et le choléra.

Les rois de la phrase qui tue

Les flingueursOn a l’habitude de dire d’eux qu’ils tueraient leur mère pour un bon mot… Normal, car, dans ce métier, votre destin peut basculer sur une seule phrase et faire de vous aussi bien un  président de la République qu’un recalé de l’Histoire. Le livre de Patrice Duhamel et Jacques Santamaria,  » Les flingueurs « , nous prouve que ce n’est pas la peine d’envisager de se lancer en politique, si l’on s’avère incapable de distiller des vacheries.

Les sommets de l’invective politique datent de la IIIe République, avec le champion toutes catégories Georges Clémenceau. Le Lyonnais Édouard Herriot, qui s’accommodait de tous les changements, se verra ainsi affublé par le Père-la-Victoire du surnom de  » Discrédit lyonnais « . Le général Boulanger?  » Il mourut comme il avait vécu : en sous-lieutenant « .  Enfin, quand il ne trouvait plus d’adversaire à la mesure de son éloquence, Clémenceau savait aussi se moquer de lui-même :  » Pour mes obsèques, je veux le strict nécessaire, c’est-à-dire moi « .

Autre sniper de premier ordre, ce qui n’est pas très étonnant pour un militaire de carrière, le général de Gaulle. Coup de téléphone du général au ministre de l’Intérieur, Roger Frey, en pleine guerre d’Algérie, après l’arrestation du général Jouhaud :  » Alors, Frey, il vous a fallu un an pour arrêter un chef de l’OAS ? Et, pour comble, vous m’arrêtez le plus con et le plus difficile à fusiller ! « . Au moment de la présidentielle de 1965, évoquant le centriste Jean Lecanuet, :  » C’est l’enfant de chœur qui a bu le vin des burettes et qui s’en est enivré « . Et quand il se retrouvait avec des intimes, le grand Charles se confiait :  » La pire calamité après un général bête, c’est un général intelligent ! « .

Dis-moi qui tu hais, je te dirai qui tu es

Son meilleur adversaire, lors des présidentielles, François Mitterrand, n’était pas non plus démuni d’esprit de répartie. Martine Aubry ?  » Trop méchante pour réussir. un jour, elle se noiera dans son fiel « . Jacques Chirac ?  » Quand Chirac vient me voir à l’Élysée, il monte avec ses idées et redescend avec les miennes. » Et puis, cette magnifique fulgurance sur DSK :  » Un jouisseur sans destin « .

Si Valéry Giscard d’Estaing s’est montré hermétique à l’humour, ne réussissant à faire rire qu’à ses dépens (« Aucun roi de France n’aurait été réélu au bout de sept ans » osera-t-il en 1981), son meilleur ennemi, Jacques Chirac a, lui, manifesté des dispositions certaines. Retrouvez à l’INA cette séquence de 1976, où Giscard pérore sur le pont du porte-avions Clémenceau. Chirac, alors Premier ministre, est tellement énervé par ce qu’il entend, qu’il prend des jumelles pour se donner une contenance devant les caméras… et les utilise à l’envers!

Autre séquence culte, dont les diplomates se régalent encore. Chirac a toujours été un peu sourd et a tendance à parler fort. Lors d’une dure séance de négociations européennes, où Margaret Thatcher s’est montrée intraitable, comme à son habitude, il lance, discrètement croit-il,  » Qu’est-ce qu’elle veut de plus, la ménagère ? Mes couilles sur un plateau ? « . C’est le même, au plus fort de sa détestation du  » traître  » Sarkozy, qui s’exclamera :  » Sarkozy, il faut lui marcher dessus pour deux raisons. D’une part, il ne comprend que cela, et en plus, il paraît que ça porte bonheur! ».

Nicolas Sarkozy, plus colérique que satirique, ne s’est guère illustré dans l’exercice de la phrase qui tue, même si on lui doit un assez visionnaire : « Prenez un sucre, mettez-le dans un verre d’eau, vous aurez Hollande! ».  Son successeur, qui était connu pour ses petites phrases quand il était le patron du PS, semble lui aussi faire profil bas.  Heureusement, le personnel politique, qui concourt chaque année pour le prix annuel de l’humour politique, s’est surpassé en 2014. Jean-Luc Romero, à propos du mariage pour tous :  » Un gay qui vote pour la droite, c’est comme une dinde qui vote pour Noël « .  Pas mal, non plus, cette monumentale vacherie d’Arnaud Montebourg :  » Un retour de Nicolas Sarkozy ? Peut-être, mais menotté ! « .  D’autres en revanche font rire bien involontairement. La gaffeuse Nadine Morano explique les chiffres en hausse de la délinquance : « On a une recrudescence de violence, par exemple le vol des portables à l’arraché. ça n’existait pas avant que les portables existent !  »  C’est cela, Nadine!

Vous l’avez compris, un bon politique doit être un vrai tonton flingueur, ce que Clémenceau résumait à sa façon : «  Ne craignez jamais de vous faire des ennemis. Si vous n’en avez pas, c’est que vous n’avez rien fait! ».

Regrettons seulement que les deux auteurs des  » Flingueurs «  l’aient joué un peu fainéant, avec la solution de facilité d’un abécédaire qui entraîne d’inévitables redites, alors que nous aurions volontiers accepté un livre plus construit.

  « Les flingueurs, anthologie des cruautés politiques », Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, éditions Plon, – 286 pages, 19,90 €.

Son Rachidada, c’est le toupet!

RachidadaC’est une amie parfaite, présente et attentionnée… du moins tant qu’elle a besoin de vous. Albin Chalandon, qui l’a aidée à faire ses premiers pas dans le grand monde, ou Simone Weil, qui lui a confiée sa robe d’avocate  le jour où elle a prêté serment, peuvent en témoigner. Si l’expression toupet d’airain ne vous est pas totalement familière, alors lisez Rachida ne meurt jamais d’Élisabeth Chavelet, rédactrice en chef de Paris Match et vous comprendrez.

Brice Hortefeux, qui ne l’aime guère et qui est un spécialiste des dérapages racistes, la résume ainsi : « Cette fille aurait dû voler des mobylettes dans la banlieue de Chalon. elle termine Garde des Sceaux de la cinquième puissance mondiale. Quand on voit le chemin qu’elle a fait, on est fasciné. Quand on voit comme elle l’a fait, on est atterré. » Il faut aussi préciser que l’ami Brice, dont le courage n’est pas la vertu première, s’est fait alpaguer à la sortie de l’Élysée par Rachida Dati qui lui a lancé, devant les photographes de presse médusés, « Tu veux que je te casse les tibias ? ».

Car cette crevette médiatique, qui pratique la boxe assidûment, n’a peur de rien, ce qui lui vaut autant d’inconditionnels que d’ennemis. Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob et Dominique Bussereau ne jurent que par elle, estimant que c’est la seule véritable star à l’UMP. François Fillon et une liste interminable d’UMP bon teint la détestent.

Fidèle à sa famille, sur laquelle elle veille farouchement pour qu’ils ne manquent de rien, Rachida sait jouer comme personne de ses origines populaires pour se gagner le cœur du petit personnel, indispensable à sa réussite. À partir de 2007, elle multiplie les petits cadeaux destinés à Nathalie, l’assistante dévouée de Claude Guéant et peut ainsi connaître tous les rendez-vous de … Nicolas Sarkozy. Quand le couple Cécilia-Nicolas tangue, elle comprend tout de suite qu’elle doit devenir l’alliée de Cécilia partie vivre ses amours à New-York, pour avoir un accès privilégié à Nicolas en devenant l’intermédiaire indispensable du couple en plein naufrage. Et quand Sarkozy tombe raide dingue de Carla, qui prend tout de suite la mesure de l’intrigante, elle joue les petits oiseaux apeurés en Conseil des ministres, tout en sortant l’artillerie lourde auprès de la presse, au moment où Pierre Charon l’accuse de colporter des rumeurs sur les infidélités réciproques du couple avec Benjamin Biolay et Chantal Jouanno.

Démonstration que l’artillerie lourde est efficace, c’est Carla qui devra s’y coller au micro d’Europe 1, en rappelant que la garde des Sceaux est une amie, avant que Rachida n’annule tous les rendez-vous prévus avec les journalistes.

Rachida est ainsi faite que tout ce qui brille l’attire : Jamel Debbouze, Patrick Bruel et Jean-Claude Darmon l’adorent. Dany Boon, Gad Elmaleh et Johnny Halliday sont ses potes… et même Alain Delon, au compliment rarissime : « C’est une femme extraordinaire, explosive. Elle a un tempérament de hyène. Elle se bat comme un fauve, toujours sur ses gardes. » Un compliment vraiment ?

Multipliant les aventures amoureuses avec le grand patronat (… l’argent, il n’y a que ça de vrai!), Rachida vit son élection européenne comme une punition absolue. jusqu’au jour où elle oublie de fermer son micro devant les caméras de M6 : « Je n’en peux plus! Je n’en peux plus! Je pense qu’il va y avoir un drame avant la fin de mon mandat! ». Classée pour la présence 73e sur les 74 députés français et  727 e sur 736 député européen, Dati n’apparait que lorsque les caméras sont présentes et fuit comme la peste tout travail de fond… Ce qui  ne l’empêche pas de gagner au Parlement européen 3209 euros par journée de travail, de cumuler son mandat avec une lucrative activité d’avocate d’affaires et de chercher à obtenir du père putatif de sa fille une plus que conséquente pension alimentaire.

Rachida sera toujours Rachida. Et si, par malheur, Nicolas Sarkozy devait revenir dans le jeu en 2017, la petite beurette revisitée par Dior sera sur le porte-bagages de la mobylette présidentielle. Car ces deux-là en savent visiblement beaucoup trop l’un sur l’autre pour pouvoir se lâcher.

 « Rachida ne meurt jamais », Élisabeth Chavelet, éditions du Moment, – 190 pages, 16,5 euros.

Le bon temps de Neuilly-sur-fric

french-corruption_4109032C’est une dupe qui parle, un obscur porteur de valises et d’enveloppes bourrées d’argent liquide, un inconnu qui a vu toutes les magouilles, les corruptions à son poste de directeur de l’office des HLM des Hauts-de-Seine, mais qui a mis près de vingt ans à comprendre, à quel point il avait été le jouet de ses anciens amis. Par chance Didier Schuller est vaniteux, intelligent et revanchard et les talent des deux grands reporters du Monde, auteurs de ce décoiffant « French corruption » est d’avoir senti qu’un peu de prison avait attendri la bête et délié la langue de celui qui est resté muet devant les juges.

On commence très fort. C’est l’histoire d’un bon petit soldat du RPR, qui va très vite devenir ami avec tout ce qui compte dans les Hauts-de-Seine, le parrain Pasqua, l’ambitieux Sarkozy, les mégalomanes époux Balkany. Pas question, en 1981, de voter Giscard. Pasqua a fait la leçon à ses troupes :  » Notre seule chance, c’est de voter Mitterrand. Si le candidat socialiste gagne, on peut survivre ; si l’autre est réélu, c’est foutu « . Ensuite le gamin Schuller apprend la vie, hume les gâteaux qu’il voit passer sous son nez, avant d’en croquer gaillardement :  » Quand j’étais candidat à Clichy, pourquoi Bouygues ou la SAE m’ont donné de la thune? Parce qu’ils espéraient, si j’étais maire, qu’il y aurait un retour sur investissement, c’est évident « .

 Rencontre avec les Balkany puis, en 1986, avec Nicolas Sarkozy, qui lui annonce tout de go qu’il veut être Président de la République. Schuller fait allégeance et s’en portera bien pendant des années.

Et puis c’est la tuile quand éclate en 1994, l’affaire Schuller-Maréchal où le beau-père du juge Halphen se fait coincer avec une valise de billets donné par le directeur des HLM. Croyant qu’il a des amis au sein du RPR, Schuller fuit aux Bahamas puis à Saint-Domingue. On lui remet un faux passeport et de l’argent, mais il ne réalise pas que tous les barons du RPR veulent surtout le tenir éloigné de la France, car il est un danger pour tous. « Aux Bahamas, puis à Saint-Domingue, j’avais des nouvelles de Sarko par l’intermédiaire de certains de nos amis communs. Par affection? Moi, l’affection, chez tous ces braves gens, je n’y crois pas beaucoup! Particulièrement avec Sarko. J’étais surtout une bombe volante. « 

Car c’est Sarko qui a présenté à Schuller un certain Jacques Heyer, un banquier suisse qui s’est occupé de planquer l’argent du fuyard et qui s’est toujours vanté d’avoir Sarko comme client.

Schuller, malgré la prison à son retour en France, malgré tous ce qu’il a vécu en politique, a décidé de se représenter aux municipales à Clichy, en 2014, mais cette-fois, jure-t-il, sans argent occulte.

En attendant, à la fin de ce livre que tout citoyen républicain devrait lire, il tire un bilan sans concession de sa singulière aventure :  » Comme la Justice n’a rien trouvé, elle n’a pas condamné les principaux organisateurs, ni les vrais bénéficiaires. elle a condamné le connard qui s’est barré! Comment j’ai pu être aussi con? « 

On ne lui fait pas dire.

◊ « French corruption », Gérard Davet et Fabrice Lhomme, éditions Stock, – 310 pages, 19 euros.

Les illusions de Mollasson II

Les illusions de Mollasson

Ce ne sont pas les questions de « Match » qui auront malmené la mèche bien ordonnée du châtelain de la Sarthe…

Si vous adorez le second degré, ne ratez pour rien au monde l’interview de François Fillon dans Match, où l’ex  » collaborateur  » de Nicolas Sarkozy, n’ayant pas la moindre question incisive à redouter, s’efforce de prendre une posture présidentielle dans l’optique de 2017 :  » Je ne vois pas d’acte de ma vie politique qui puisse étayer l’idée d’une quelconque indécision ou d’un caractère velléitaire « . Effectivement, la façon dont Jean-François Copé a piqué l’UMP, au nez et à la barbe du notable de la Sarthe, qui a couiné pour la forme avant de baisser piteusement pavillon, est tout à fait révélatrice de la combativité de celui qui s’imagine présidentiable.

François Fillon, en passionné de l’histoire politique qu’il est, devrait pourtant savoir que, sous la Ve République, les Français ont systématiquement pratiqué la rupture, d’une élection présidentielle à l’autre.

C’est la rondeur de Georges Pompidou qui a plu aux électeurs après la rigidité du général de Gaulle. Difficile à imaginer, mais, en 1974, Valéry Giscard d’Estaing incarne la modernité, avec sa façon de venir en pull au Conseil des ministres, de jouer de l’accordéon ou d’exhiber ses mollets maigrelets sur un terrain de football… On connait la suite et le pitoyable mandat de l’homme aux diamants. François Mitterrand s’est ensuite efforcé de redonner du sens à la République avant de devenir un sphinx hiératique et hautain. Logiquement, les Français ont alors choisi Jacques Chirac, bon vivant rigolard amateur de Corona, avant de se lasser, douze ans plus tard, du roi fainéant. Rupture encore avec le petit nerveux Nicolas Sarkozy, énergique en apparence, velléitaire en fait, qui court dans tous les sens sans même savoir où il va. Et nouvelle désillusion en 2012 avec François Hollande, les Français l’ayant imaginé volontaire, sous prétexte qu’il avait laissé en route trois kilos de bedaine.  Avant de découvrir que, derrière les fredaines de Mollasson 1er, à la ligne politique aussi hésitante que le personnage, se cachait un matraquage fiscal tous azimuts.

Difficile donc d’imaginer que les Français, sous prétexte d’alternance, vont s’infliger la même punition en 2017, avec l’indécis de droite Fillon. Ils vont vouloir du dur et du méchant, façon Jean-François Copé ou Marine Le Pen… Ce qui n’est pas franchement une bonne nouvelle.

Predator Fillon, le rebelle pour rire

Montre Rebellion Predator2Comment ne pas penser à ces bobos qui se baladent avec des tee-shirts à l’effigie de Che Guevara, qui ont des idées définitives sur tout, mais qui n’ont jamais levé le petit doigt pour les mettre en pratique? À droite où l’on préfère les cachemires aux textiles made in Taiwan, il est de bon ton d’afficher ses convictions à travers sa montre. C’est ainsi qu’en 2008, Nicolas Sarkozy abandonna sa Rolex tape à l’oeil offerte par Cécilia (… 13 000 euros, tout de même!) pour une Patex de Carla, tellement plus chic… et plus chère (55 000 euros).

Une fois de plus, en 2013, François Fillon qui ne se privait pas de critiquer les goûts de luxe de son patron de l’Élysée, nous démontre qu’il est fait pour jouer dans la cour des petits. Depuis son passage dans les paddocks des 24 Heures du Mans et en particulier dans celui de l’écurie Rébellion qui s’est empressée de lui offrir le modèle Predator Rebellion (… 16 000 euros seulement, sympa tout de même le métier d’ex-Premier ministre!), le notable de la Sarthe bassine tous ses copains de l’UMP en leur rappelant le nom de sa montre et en leur annonçant qu’ils vont voir ce qu’ils vont voir. D’où ce discours de Saint-Cloud où François lui-même s’est extasié de son audace après avoir osé quelques allusions voilées  » Chacun a le droit de vouloir servir son pays et chacun aura le droit d’être candidat aux primaires, mais personne ne peut dire : Circulez ! Il n’y a rien à voir, le recours c’est moi ! « .

Le révolté de 2013 a décidément des progrès à faire et, au vu de la façon dont il s’est fait piquer sans vergogne l’UMP par le peu scrupuleux Jean-François Copé, on ne saurait donc trop conseiller à l’ex-Premier ministre de s’acheter une autre Predator Rebellion pour son poignet vide, tellement il a intérêt à doubler les doses.

Car, pour le moment, comme rebelle, François Fillon n’a strictement rien … montré!

Un vilain petit Qatar déchaîné

Le vilain petit Qatar

C’est «  une presqu’île si petite qu’une pointe de crayon posée sur une carte suffit à la masquer.«  Avec 150 000 habitants, le Qatar, qui était il y a moins d’un siècle un repaire de pêcheur de perles, aurait dû rester un émirat discret. Mais le gaz est passé par là et ce territoire grand comme la Corse est désormais en mesure, avec ses milliards de dollars, de racheter le PSG, de financer des plans de sauvetage pour les banlieues ou d’entrer au capital de nos entreprises avec la bénédiction de la classe politique.

Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget dans «  Le vilain petit Qatar, cet ami qui nous veut du mal «  ont le mérite d’éclairer d’un jour singulier cet émirat mal connu et de faire la chasse aux idées reçues. Lessiveuse à argent sale, cet État qui s’est montré très actif à l’occasion du printemps arabe n’est pas un adepte d’un Islam tolérant. Le Qatar fascine pourtant la classe politique française, de gauche comme de droite. C’est le député UDI de Seine Saint-Denis, Jean-Christophe Lagarde, qui affirme péremptoire «  Critiquer le Qatar, c’est faire du racisme anti-musulman « . C’est Dominique de Villepin qui reçoit les dirigeants qataris à tout propos lorsqu’il occupe Matignon avant de devenir, après 2007, conseiller du roi en matière de «  restructuration constitutionnelle « .  Un conseiller particulièrement efficace puisque «  la Constitution du Qatar, pays sans droit, attend toujours d’être totalement appliquée. La faute à un trop long temps de réflexion pris par Dominique ? «   C’est enfin Nicolas Sarkozy, qui hurle au téléphone, après cette nomination de Dominique de Villepin «  Pourquoi vous financez mes ennemis ? « , obligeant le cheik Hamad bin Khalifa Al-Thani à venir faire un voyage en catastrophe à Paris.

A gauche, même fascination pour cet état si riche! Le Qatar est classé au 138e rang des démocraties, juste derrière la Biélorussie, mais sur le site du ministère des Affaires étrangères, dirigé par Laurent Fabius, on trouve cette mention élogieuse «  Ce pays fait désormais prévaloir la liberté d’expression, d’association et de culte « .  Qu’en pense le poète Mohamed Al-Ajani condamné à quinze ans de prison pour avoir brocardé l’émir ?

Quand en 2006, le Qatar commence à lorgner sur le PSG, Bertrand Delanoë s’interroge à voix haute sur la provenance de ces «  fonds exotiques « , avant de devenir tout miel en 2009 : «  Le Qatar a réussi le pari de la modernité sans sacrifier ses riches traditions issues d’une longue histoire « .  Avec l’aide de Nicolas Sarkozy, organisant une réunion dans son bureau de l’Élysée avec le président de l’UEFA Michel Platini, le Qatar va même se voir attribuer l’organisation de la Coupe du monde de football 2022. Et le fils de notre plus célèbre footballeur trouver un travail de conseiller juridique auprès des Qataris !

Il n’y a aucune tradition de football au Qatar, il fait 50° l’été et le record pour un match de championnat est de 7236 spectateurs, mais il faut croire que les dirigeants ont su trouver les arguments sonnants et trébuchants pour convaincre la FIFA. Et qu’importe la santé des joueurs qui auront sans doute du mal à s’accoutumer à une telle fournaise. En toute simplicité le Qatar propose de bâtir des stades fermés … et climatisés et de bouleverser le calendrier des grandes nations du football pour que la compétition se déroule en hiver quand il fait (un peu) plus frais.

Pour les deux auteurs, pas le moindre doute, le Qatar, par le biais du football, s’achète actuellement une visibilité dans les grandes démocraties occidentales pour mieux pouvoir ensuite soutenir les Islamistes radicaux de ces pays. On n’en finira donc jamais avec les guerres de religion !

« Le vilain petit Qatar », Nicolas Beau, Jacques-Marie Bourget, éditions Fayard- 300 pages,

19 euros.