Plutôt bluffante

Maïder Arostéguy a fait preuve de beaucoup d’autorité, et aussi de malice, pour conduire son premier conseil municipal.

La première magistrate a joué sa partition avec beaucoup d’aisance.

Les vieux Biarrots qui ont connu Maïder Arostéguy enfant – on l’imagine très bien petite fille espiègle et pétulante comme elle le laisse encore paraître quand elle oublie de se contrôler – ont dû se frotter les yeux à plusieurs reprises en regardant leur nouvelle maire mener son premier conseil municipal avec la maestria d’un vieux briscard de la politique et se dire : « Elle a parcouru un sacré chemin, la petite ! ». Sans vouloir entacher en quoi que ce soit l’image de la nouvelle élue, il fallait une sacrée imagination en 2008, lorsque la timide Maïder faisait ses premiers pas en politique aux côtés de Destizon et Saint-Cricq, pour voir en elle une future maire. Ses proches affirment que dès 2009, Maïder Arostéguy annonçait qu’elle serait un jour maire de sa ville. Démonstration qu’en politique, il faut une volonté hors du commun alliée à d’heureux concours de circonstance pour réussir.

Tout avait pourtant commencé, le vendredi 3 juillet, lors de l’élection du maire au casino Bellevue, par une petite faute de goût de son équipe. L’une des deux salles qui prolonge la rotonde avait été « privatisée » par les proches de la candidate. Compte-tenu de la taille des salles, chaque citoyen avait pu trouver une place respectant la distanciation sociale et l’on peut comprendre le désir d’une équipe, en campagne depuis deux ans, d’applaudir leur championne, mais le signal envoyé n’était pas très heureux : le jour où l’on revêt l’écharpe tricolore, on ne peut pas adresser un message subliminal à ses concitoyens en leur disant qu’il y aura une salle pour le tout-venant et une autre pour les proches, la stricte égalité devant prévaloir. Hervé Boissier avait dénoncé cet état de fait avec vigueur et il avait raison.

Motsch et Martineau absentes

Vendredi 10 juillet, à l’occasion du premier conseil municipal présidé par notre nouvelle maire, c’est l’opposition qui à son tour a commis une grosse faute de goût. Si dans les rangs de la majorité Louis Bodin, retenu à Paris pour cause de préparatifs du 14 juillet, avait donné procuration à Anne Pinatel, deux figures majeures de l’opposition avaient elles aussi laissé un pouvoir. Nathalie Motsch à son colistier Sébastien Carrère, et Corine Martineau à Guillaume Barucq. Le législateur a prévu ce cas d’espèce, mais la moindre des choses était une explication publique à ces défections. Il arrive à des gens très bien d’être malades ou d’avoir un souci familial, mais, venant de deux figures importantes de l’opposition, qui ont clamé pendant des mois que Biarritz avait besoin d’elles, on espère que c’est n’est pas un simple motif de convenance personnelle ou un désir de vacances qui est à l’origine de ces deux curieuses absences. Le spectateur en restera pour ses frais et n’aura pas le moindre éclaircissement, ce qui est bien dommage.

Une véritable place faite à l’opposition

Toujours courtois, Guillaume Barucq va sans doute lui aussi profondément contribuer à modifier en tant qu’opposant la teneur des débats municipaux.

Surviennent ensuite les classiques figures de style lors d’un premier conseil municipal comme les émoluments de chacun et la distribution des rôles. Avec beaucoup d’habileté, Maïder Arostéguy annonce qu’elle a diminué de 6% son indemnité par rapport à Michel Veunac (un goinfre de première, celui-là !) afin de pouvoir redistribuer la somme à ses adjoints. Divisé par 13, la bonification doit à peu près correspondre au prix d’un paquet de Carambar pour chacun, mais le geste est là.

Très à l’aise, présentation power-point à l’appui, Maïder Arostéguy détaille ensuite le rôle de chacun de ses treize adjoints, de ses huit conseillers délégués et des subdélégués de sa majorité. Avec la courtoisie qui le caractérise, Guillaume Barucq évoque ensuite les « droits de l’opposition » et les demandes qu’il formule comme un bureau à la mairie pour pouvoir réunir son groupe. Arostéguy s’attendait visiblement à cette question et annonce que dès le prochain conseil tout sera réglé, décochant au passage une flèche à Borotra et Veunac : « Vous aurez une visite guidée de la mairie comme je ne l’ai pas eu quand je suis arrivée dans l’opposition et vous rencontrerez tout le personnel communal ».

Puis comme un magicien sortant un lapin de son chapeau « Magic Maïder » va même plus loin dans ses propositions à l’opposition : « Il est logique que l’opposition préside une commission. On pourrait vous confier les Finances, mais compte-tenu de votre parcours, nous vous proposerons la présidence de la commission environnement » Sourire de Guillaume Barucq, qui va vite se rembrunir, suite à une « espièglerie » fort calculée de Maïder : « Je ne veux pas me mêler de la vie de votre groupe, mais je verrai très bien à la tête de cette commission Monsieur Dussaussois Larralde » (Ce colistier de Guillaume Barucq est ingénieur eau et environnement ) Gueule du médecin à catogan qui ne pipe mot et réalise que le maire est en train de mettre le bazar dans son propre groupe en lui créant un rival.

Mais, on le sait d’expérience, lorsqu’on participe à un dîner, les engueulades ont rarement lieu à l’apéritif. Maïder maîtrise visiblement son sujet et amène un ton enjoué qui rend très agréable ce conseil « fluide, apaisé et constructif » selon les mots de la première élue.

Un cabinet musclé s’impose

Sébastien Carrère, en l’absence de Nathalie Motsch, est intervenu sur la composition du futur cabinet du maire.

La seule tension perceptible de la part de l’opposition se produira au moment du vote pour la création d’un cabinet un peu « armé », avec le recrutement d’un chef de cabinet, d’un directeur de cabinet et d’un chargé de mission, « un outil qui n’existait pas ou si peu auparavant ». On s’en souvient, Michel Veunac, à force de piquer les dossiers et de ne dire à personne ce qu’il faisait, avait réussi à dégoûter son propre chef de cabinet qui avait démissionné. On connait la suite et le désastre de la fin de mandat.

Pas encore tout à fait à l’aise dans l’exercice, l’opposant Sébastien Carrère se demande si ces créations de poste sont « justifiées », tandis que Lysiann Brao s’étonne du coût que va impliquer un tel recrutement.

Maïder Arostéguy réplique que « pour être performant, il faut une structure et des ressources humaines » et il semble difficile de lui donner tort, tant la complexité des dossiers à traiter dans une ville comme Biarritz nécessite une interface solide entre les élus et les services.  L’argument du coût que cela entraînera semble tiré par les cheveux, quand les erreurs faites par une mairie mal dirigée se chiffrent vite en milliers d’euros. La mandature précédente est là pour nous le rappeler.

Figures imposées et figures libres

Ce conseil municipal rondement mené se termine sur une note souriante puisque Maïder Arostéguy propose à tous les Biarrots un pique-nique républicain au Lac Marion à l’occasion du 14 juillet où à la fin des agapes « tous les élus nettoieront le site pour qu’il soit propre », avant d’annoncer que le prochain conseil municipal se tiendra le 29 juillet et sera consacré au vote du budget qui avait été retardé pour cause de Covid.

Et il sera intéressant de voir si Maïder Arostéguy réussit à manifester la même fermeté souriante lors de ce conseil où les enjeux seront d’importance. Les patineurs le savent : c’est une chose de réussir les figures imposées que l’on a répété à l’envi, et une toute autre chose de réussir les figures libres. La nouvelle maire a plutôt bien passé la première épreuve. Reste à savoir maintenant si le côté « sympathique gaffeuse » de Maïder ne va pas ressurgir si elle est un peu chahutée par l’opposition et obligée de sortir du fil conducteur manifestement très élaboré qu’elle avait préparé hier soir.

Bisque, Bisque, Basque ! qui souhaite le meilleur pour sa ville va suivre tout cela avec beaucoup d’intérêt et se fera un plaisir de vous le conter à sa façon.

 

À RETENIR :

https://www.youtube.com/watch?v=gezYdfAJh7U

Ce conseil dure 82’ et mérite d’être écouté de bout en bout pour découvrir les nouveaux protagonistes du théâtre municipal et le « style » que cherche à imposer Maïder Arostéguy.

Si vous n’avez pas le temps, vous pouvez toujours jeter un œil sur le « trombinoscope » des élus, publié sur le site de la mairie.

https://ville.biarritz.fr/annuaires/annuaire-des-elus-330.html

 

Des soucis pour Bisque, Bisque, Basque!

Vouloir faire dialoguer un journaliste charentais avec un robot californien pour tenter de réparer le site devenu inaccessible, c’est comme demander à un joueur de badminton et à un rugbyman professionnel de trouver les points communs de leurs deux sports. Heureusement, Aitana design, la femme qui sait apprivoiser les robots et les soumettre à sa volonté a pu solutionner le problème. Il était temps, car vous avez été plusieurs centaines à m’envoyer des messages pour déplorer de ne pouvoir lire cet article. Espérons maintenant qu’il n’y aura plus d’incident technique pour toute la future mandature de Maïder Arostéguy, car il serait bien étonnant que BBB ne trouve rien à dire. 

 

 

 

 

Les vertus du ménage à trois

En refusant une alliance logique qui rassurait les électeurs, Guillaume Barucq a sans doute compromis ses chances de devenir maire de Biarritz.

Ces temps-ci, que ce soit devant les caméras de France 3 ou face à la presse, lors de sa conférence de presse au phare de Biarritz le mardi 2 juin, Guillaume Barucq s’affirme furieusement monogame et répète à l’envi : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… » Si l’on peut comprendre la pruderie du très sage docteur à catogan, face aux exploits des « libertins » Destizon et Vial qui auront fréquenté tous les clubs échangistes disponibles sur Biarritz avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq, il est dommage que le candidat écologiste n’ait pas compris que les règles qui prévalent ordinairement dans la vie conjugale ne s’appliquent pas à la politique.

Nous avons tous vécu des cérémonies de mariage où une famille est extatique, tandis que l’autre se montre nettement plus réservée. Mardi, pour l’observateur extérieur, le contraste était saisissant entre les mines joyeuses des membres de la liste Abertzale Verte et Solidaire (EHVS) et l’air nettement plus pincé des membres de « Nouvelle Vague Biarritz ». Il faut dire aussi que faire 12,34% des voix au premier tour et se retrouver avec seize candidats sur trente-cinq dans la nouvelle liste recomposée, constitue une aubaine inespérée pour la liste EHVS. Après tout si vous êtes jeune et démuni(e) et qu’un(e) milliardaire vous épouse sans contrat de mariage, il n’est pas interdit d’accepter.

Parfois, les unions les plus improbables s’avèrent les plus durables, mais il est clair que parmi les observateurs extérieurs le scepticisme était de mise. Pour le cas, où Guillaume Barucq l’emporterait, on voit mal comment cette liste qui va de Clémentine Autain  à Bruno Retailleau pourrait fonctionner dans la durée, sans le point d’équilibre que pouvait représenter Nathalie Motsch.

C’est pour ne pas faire peur à Corine Martineau ou aux électeurs que Mathieu Accoh se cache derrière Lysiann Brao sur la photo ?

Vous le savez comme moi, que ce soit à la sortie de l’église pour un couple improbable ou à la fin d’une conférence de presse annonçant la constitution d’une liste de second tour, il est de bon ton de voir la vie en rose. Alors qu’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste « trop à gauche », a claqué la porte et refusé une place éligible, ce qui est à son honneur et démontre un beau caractère, Corine Martineau explique suavement qu’elle ne se sent pas gênée par la présence sur sa liste d’abertzale, d’écologistes ou de membres de  » Ensemble Insoumis « , car « c’est une liste locale qui s’est construite avec un programme local ». On prend les paris que la politique va reprendre ses droits dès l’élection terminée ? Quelques minutes plus tard, c’est Mathieu Accoh, représentant de  » Ensemble insoumis « , qui affirme sans rire qu’il était impossible à sa liste de fusionner avec la liste de Nathalie Motsch car « les programmes étaient trop différents et Nathalie Motsch trop à droite » … Tandis que Tata Corine est une gauchiste bien connue ?

Une erreur politique

En trente-cinquième position, Jakes Abeberry était présent lors de la conférence de presse.

Selon des sources abertzale, les discussions au sein du mouvement auraient été « très violentes » entre les jeunes et les plus anciens, Jakes Abeberry estimant que l’on doit « respecter le suffrage universel » et que la nouvelle liste ne pouvait être articulée autrement qu’avec Guillaume Barucq en numéro 1, suivi de Nathalie Motsch et de Brice Morin. Même s’il était présent à la conférence de presse, le vieux leader n’a visiblement pas été suivi et c’est fort dommage.

Contrairement à Guillaume Barucq, qui décidément ne se montre pas grand stratège, Jakes Abeberry sait que dans la vie publique le trio représente souvent l’équation gagnante et permet l’équilibre des forces, quand le duo est dangereux en cas de conflit. C’est bien en s’appuyant sur des socialistes et des membres de LR qu’Emmanuel Macron a su créer à partir de rien le mouvement En Marche. Plus loin de nous, François Mitterrand est devenu président de la République en 1981 en s’aidant des radicaux de gauche et des communistes. Et en 2014, si le docteur Barucq est devenu adjoint à l’environnement, c’est grâce à un « ménage à trois » avec les listes de Veunac et Lafite.

Une erreur psychologique

Mais plus que l’erreur tactique, c’est l’erreur psychologique qui étonne de la part d’un candidat intelligent comme Guillaume Barucq. Pour la première fois depuis des décennies, cette élection était limpide et traduisait clairement ce que voulaient les Biarrots. Le 15 mars au soir, malgré l’angoisse du Covid, tous les passionnés de vie publique avaient de quoi se réjouir : un personnel politique totalement discrédité à force de tromperies et de trahisons allait prendre une retraite bien méritée, et le ou la futur(e) maire de Biarritz allait incarner un renouvellement considérable. Avec une démarcation claire entre Arostéguy, Veunac et Saint-Cricq, plutôt prêts à discuter avec le BO, Barucq, Motsch, EHVS et Karim Guerdane, plutôt fermes face à Aldigé.

Tous ceux qui se sont mariés savent que l’on a toujours un doute au moment de se dire « oui ». Et tous ceux qui ont travaillé dans une entreprise savent que le charmant collègue que l’on côtoie peut devenir un dictateur odieux après avoir reçu une promotion.

Légitimement, les Biarrots s’interrogent sur leur futur maire, se demandent si Maïder Arostéguy qui n’est à l’évidence pas d’extrême-droite même si elle est très à droite, saura prendre ses distances avec son entourage, si Guillaume Barucq, d’un caractère trop gentil, saura faire preuve de fermeté, si Nathalie Motsch, d’un caractère plus affirmé, ne tombera pas dans l’autocratisme d’un Borotra si elle se retrouve avec l’écharpe tricolore.

Comment Guillaume Barucq a pu proposer une place de numéro 6 à Nathalie Motsch, qui constitue une insulte au résultat du scrutin, sans comprendre que le ticket Barucq-Motsch-Morin s’avérait très rassurant pour les Biarrots, la gentillesse visionnaire de l’un étant équilibrée par la technicité et la pugnacité de la deuxième et les préoccupations basques et sociales du troisième ? Avec le maintien de la liste Saint-Cricq, cette liste recomposée aurait pu poser un sérieux problème à Maïder Arostéguy.

Barucq hué au Royalty

On peut s’étonner que Bisque, Bisque, Basque ! clairement à gauche n’éprouve pas plus d’enthousiasme pour cette liste qui est la plus à gauche des quatre, même si Nathalie Motsch a eu tort dans sa conférence de presse de parler de « liste d’extrême-gauche ». La raison est double : cette liste ne respecte pas le suffrage exprimé par les Biarrots et elle paraît vouée à d’inévitables conflits. Sur les réseaux sociaux beaucoup s’étonnent et se montrent plutôt critiques pour le docteur à catogan. Mercredi 3 juin à 14 h 45, alors que les Biarrots fêtaient le déconfinement en retrouvant leurs cafés favoris, Bisque, Bisque, Basque ! a pu assister à une scène surréaliste à la terrasse du Royalty : trois quadragénaires à la mise soignée que j’ai souvent croisés à Biarritz sans pour autant pouvoir les identifier, chantaient à tue-tête « Barucq montre-nous tes fesses, Barucq montre-nous ton cul ! », juste sous les fenêtres du cabinet du docteur qui devait les maudire s’il était en consultation.

Le gentil Guillaume Barucq ne mérite à l’évidence pas un tel traitement, mais il est vrai que dans les mariages improbables, tôt ou tard il y a toujours un gros malin pour chanter : « Les cocus, au balcon ! » …

L’entourloupe faite à Robert Rabagny

Tout le monde sait à quel point Robert Rabagny aime sa ville. « L’indien », avec son masque aux couleurs du BO, est donc arrivé pendant la conférence de presse de Guillaume Barucq et n’a pu résister au plaisir de prendre la parole : « Tout le monde sait que je soutiens Maïder Arostéguy à 150%, mais je me réjouis de voir disparaître certains élus et de voir une liste composée de jeunes et de surfeurs ». Quelques minutes plus tard, une photo, publiée sur les réseaux sociaux et retirée depuis, montrait Rabagny discutant avec les membres de la liste et remerciait Robert « pour son soutien ». Un procédé plus que discutable.

Croquignol et Filochard font de la politique

Patrick Destizon et Louis Vial ont frappé à toutes les portes avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq. Une Odyssée qui résume tellement les dérives politiques de la Ville.

L’Histoire aime les héros prêts à tout pour défendre leurs convictions. Il y a eu le général De Gaulle, le 18 juin 1940, pour refuser la défaite et huit décennies plus tard Patrick Destizon et Louis Vial qui ont décidé d’offrir leurs cerveaux à la ville de Biarritz et de sauver la campagne électorale de l’infinie médiocrité qui la menaçait. Et quand les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! vont apprendre l’énergie, la constance et la détermination montrées par Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, ils ne pourront être que béats d’admiration devant tant d’altruisme et de générosité.

Un petit tour chez Maïder

Tout commence avec des signaux à peine subliminaux adressés à Maïder Arostéguy. Avec la discrétion de deux phacochères dansant sur un fil tendu entre le Rocher de la Vierge et l’église Sainte-Eugénie, nos deux larrons de la liste Veunac qui sentent que leur champion a du mal à trouver une famille d’accueil pour le second tour après son score calamiteux du 15 mars, commencent à encenser Maïder Arostéguy à toutes occasions, avant de lui proposer le cadeau suprême : le don de leurs personnes afin de rehausser le niveau de sa liste composée d’incompétents absolus par rapport aux deux politiques expérimentés qu’ils sont. Mais Maïder n’a pas bon goût, c’est bien connu, et elle ose refuser les avances des deux génies définitifs et leur dire qu’elle continue avec sa liste. Bizarrement Destizon et Vial vont se mettre soudainement à dire pis que pendre de la candidate LR. Une crise de lucidité, sans doute.

Un petit tour chez Guillaume

Louis Vial peut être heureux de sa stratégie gagnante et de son nouveau surnom, « Le cerveau ». (Photo Sud Ouest)

Un vent de panique souffle alors sur les membres de la liste Veunac qui se demandent s’ils ne vont pas devoir renoncer à la vie publique… et aux indemnités qui vont avec. Et la jalousie s’en mêle quand Destizon et Vial apprennent que Guillaume Barucq semble prêt à accueillir, sans le moindre état d’âme sur sa liste Éric Bonnamy et Laurent Ortiz. Comment peut-on s’enticher de modestes caporaux comme le spécialiste des mobilités douces et le représentant des surfeurs, quand des généraux comme eux sont sur la touche ? Un peu comme De Gaulle avec Pétain, Croquignol-Destizon et Filochard-Vial décident de remonter les bretelles à leur chef, en train de sombrer dans le défaitisme le plus complet. « Michel, tu dois défendre ton bilan admirable, ce mandat apaisé et magnifique que tu as réalisé.  Laisse-nous négocier en ton nom et nous te promettons que tu vas être accueilli dans une liste avec tous les honneurs dus à l’extraordinaire maire que tu es ».

Persuadés d’être attendus comme des messies, Destizon et Vial viennent donc offrir leurs services, il y a une semaine, au petit médecin à catogan. Sauf que pour repeindre en vert Vial et Destizon, il faut prévoir quelques tonneaux de peinture. Barucq comprend qu’il va droit à la catastrophe et que Lysiann, sa nouvelle conquête abertzale verte et solidaire dont il est si fier, va sérieusement ruer dans les brancards. C’est comme cela que les chômeurs partiels Ortiz et Bonnamy qui étaient tout contents d’avoir retrouvé un petit boulot chez Barucq, se retrouvent sans emploi et éjectés de la liste !

Un petit tour chez Nathalie

Ne doutant décidément de rien, et prêts à mouiller leurs chemises pour que Biarritz soit sauvée, les deux pieds nickelés commencent samedi 30 mai des négociations avec Nathalie Motsch. S’imaginant que « Calamity Nathalie » est un cœur à prendre, fragilisée par le refus inattendu de Barucq de s’allier à elle, ils vont lui prouver qu’ils sont des vrais « mecs » sur qui elle peut compter et qu’ils détiennent la combinaison magique pour gagner les élections. Destizon et Vial lui proposent donc le « plan à trois » qui a horrifié le trop conventionnel Barucq, fusionner sa liste avec celle de Michel Veunac et celle de Jean-Benoît Saint-Cricq. Nathalie Motsch n’en croit pas ses oreilles et informe immédiatement ses colistiers de la démarche des deux Pieds nickelés. Redoutable en politique, ce qu’on savait déjà, elle décide de les laisser s’enfoncer pour voir jusqu’où ils iront dans l’ignominie. Et ce n’est pas triste.

La tête de liste ? La logique voudrait qu’elle revienne à Nathalie Motsch au vu de son score. Mais Destizon, on le sait, a réponse à tout quand il s’agit de sa survie. « Nathalie, Michel a toujours cru en toi et a toujours dit que tu étais la seule à avoir du talent en politique. Michel est le maire sortant. Tu dois lui laisser la tête de liste et devenir numéro deux tandis que Jean-Benoît sera en troisième position. Évidemment, la condition impérative pour que nos listes fusionnent est que tu renonces à ton recours sur l’Hôtel du Palais. Quant à Michel, il est vieux et fatigué et a juste besoin d’un an avant de te laisser la place et de permettre à Jean-Benoît de devenir Premier adjoint ». Allez comprendre pourquoi, mais Nathalie Motsch qui a toujours dit que Veunac est le dernier à qui elle achèterait une voiture d’occasion, n’a pas cru un mot de ces fadaises.

Mais fine mouche, elle se garde bien de les éconduire, se disant qu’elle va les faire poireauter jusqu’à ce qu’ils soient définitivement écartés de la vie publique, et joue donc les vierges effarouchées qui n’ose franchir le pas avant de leur dire non lundi soir. Un tout petit peu trop tôt, comme on va le voir.

Un deuxième tour chez Jean-Benoît

D’où ce communiqué de Michel Veunac publié mardi matin, peu avant la conférence de presse de Guillaume Barucq, annonçant qu’il se retirait de la compétition. Grande liesse des Biarrots, ces inconscients incapables de comprendre qu’ils sont en train de perdre 35 talents d’envergure comme Jocelyne Castaignède, Ghis Haye, Sylvie Claracq, sans compter tous les hommes précédemment cités et notre Mimi-la-Malice-que le-monde-entier nous-envie.

Le 2 juin, alors que l’heure de déjeuner à sonné depuis longtemps, Jean-Benoît Saint-Cricq, persuadé qu’il va se manger un quatrième mandat d’opposant, annonce à Sud Ouest qu’il ne sait pas s’il va maintenir ou non sa liste. C’est compter sans la ténacité légendaire de nos deux infatigables héros Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, qui vont faire entendre raison à l’avocat biarrot. Patrick Destizon, alors flanqué de Maïder Arostéguy, avait trahi Saint-Cricq lors de l’élection de 2008. Mais c’est bien connu, Jean-Benoît aime souffrir et les convictions et la cause de Biarritz doivent prévaloir.

Ils se sont trahis et se sont réconciliés. C’est beau, l’amour! (Photo extraite du Facebook de Jean-Benoît Saint-Cricq)

C’est donc main dans la main qu’on apprend à 16 heures (soit deux heures avant la date limite de dépôt des listes et deux heures après les travaux d’approche enfin réussis), que l’opposant qui ne s’oppose plus Jean-Benoît et le très séduisant bourreau des cœurs Patrick vont convoler en justes noces jusqu’à la sous-préfecture, avec Louis Vial et Jocelyne Castaignède comme témoins du mariage. D’où ce selfie fait autour d’une bière (on est peuple où on ne l’est pas !) des deux compères, épaule contre épaule malgré la menace Covid, et déclarant à qui veut l’entendre : « On va faire perdre Maïder ! »

Eh, les loulous, vous ne vous surestimez pas un peu ?

Barucq tournicote et Arostéguy rigole

Pendant que Maïder Arostéguy repart avec sa liste du premier tour, Guillaume Barucq discute avec tout le monde et oublie le message des électeurs.

Guillaume Barucq a multiplié les appels du pied et semble désormais en grande difficulté pour présenter une liste cohérente et respectueuse des suffrages exprimés.

Le sport et la politique ont beaucoup de similitudes : quand Serge Blanco, unanimement reconnu comme le meilleur arrière du monde, jouait les phases qualificatives avec son cher Biarritz Olympique et perdait le match, il ne proposait pas ses services au Stade Toulousain pour jouer le dimanche suivant et restait à la maison pour suivre la fin de la compétition. Ce n’est pas faire injure à Éric Bonnamy ou Laurent Ortiz que d’affirmer que s’ils étaient les meilleurs élus du monde, quelqu’un s’en serait sans doute aperçu pendant cette mandature. Si rien ne change d’ici mardi, date limite de dépôt des listes de second tour, les voilà pourtant pressentis pour intégrer la liste recomposée de Guillaume Barucq, tandis que Patrick Destizon et Louis Vial, qui eux non plus n’ont pas grand-chose à voir avec l’aristocratie des adjoints en poste, tapent avec insistance à la porte du docteur à catogan. Les Biarrots sont sauvés !

À toutes les questions de Bisque, Bisque, Basque !  Guillaume Barucq se contente de répondre : « Pas de précipitation. Rien n’est encore acté. Soyez patient » avant de préciser dans un deuxième message : « Vous faites de la politique-fiction. Attendez mardi de découvrir notre liste de renouvellement+++ »

Pour aider les électeurs à s’y retrouver dans ce salmigondis si typiquement biarrot, nous allons donc partager avec vous les informations en notre possession, même si elles changent pratiquement d’heure en heure, et en profiter pour rappeler quelques principes républicains de respect du vote des électeurs.

Veunac essaie de fourguer son entreprise en faillite

Sévèrement fessé au soir du premier tour, Michel Veunac continue néanmoins à manoeuvrer. ( Photo Sud Ouest )

Et commençons par notre champion toutes catégories. Pas un maire sortant d’une ville de plus de vingt mille habitants ne s’est retrouvé cinquième avec 12,22% des voix, mais ce n’est pas ce genre de détail qui va arrêter notre maire-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie, qui essaie à tout prix de tirer encore quelques profits de son entreprise en faillite. La semaine dernière, une réunion houleuse a opposé l’actuel maire à ses colistiers, lui demandant quelle stratégie il compte adopter pour le second tour. Mimi-la-Malice s’est bien gardé de répondre, alors qu’il a fait le tour de toutes les listes pour tenter de négocier son soutien en échange de l’intégration de Claracq, Bonnamy et Ortiz et de l’obtention d’une SEM pour lui, histoire de prendre encore quelque menue monnaie.

Rapidement éconduit par Maïder Arostéguy qui le considère comme une machine à faire perdre des voix, ce qui démontre une lucidité certaine, notre brillant stratège a imaginé une alliance avec Saint-Cricq pour peser sur l’élection. Mais l’avocat biarrot qui a le sentiment de s’être bien fait rouler dans la farine en 2018 au moment du vote de l’Hôtel du Palais, s’est bien gardé de donner suite, décidant de maintenir sa liste pour le deuxième tour.

Veunac savait parfaitement qu’avec Nathalie Motsch, qu’il craint beaucoup, toute alliance était impossible. Sans aucune dignité, il a tout de même envoyé des émissaires qui ont affirmé à « Calamity Nathalie » que le maire sortant était prêt à la soutenir si elle renonçait à son recours contre lui au moment du vote de l’Hôtel du Palais. Tiens, tiens, on a peur ?

Barucq tombe dans le piège

Veunac s’étant fait claquer le museau presque partout, il ne restait plus qu’une porte à tenter d’entrebâiller. Mimi-la-Malice a alors entonné auprès de son adjoint à l’Environnement le grand couplet de « Biarritz ville centriste » qui n’est pas prête à tomber dans les bras d’une candidate de droite mais rêve d’un maire rassembleur comme Didier Borotra ou… lui-même. Une idée que partage visiblement Guillaume Barucq même s’il affirme que rien n’est fait. Lors d’une interview à France 3, le 26 mai, Docteur-surf laisse filtrer un peu sa stratégie : « Ma liste peut se maintenir en créant un grand rassemblement autour de l’écologie, de gauche à droite, avec une équipe de personnes complémentaires et compétentes. » Complexe de l’élève face au maître tacticien ? Visiblement Veunac préoccupe beaucoup Guillaume Barucq : « Va-t-il se maintenir ? Se retirer ? Et dans ce cas-là soutenir une liste ? J’attends de voir. J’ai été son adjoint pendant six ans : je l’ai aidé à gagner en 2014… ». Si ce n’est pas un appel du pied… Avant de laisser pointer le bout du catogan dans cette réflexion finale : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… »

Après l’avoir laissé poireauter une bonne semaine, Guillaume Barucq a rencontré Nathalie Motsch jeudi soir pour lui proposer une… sixième place sur sa liste, tandis que Lysiann Brao pourtant numéro deux de la liste EHVS et devancée de presque deux points par la liste Motsch se retrouve en quatrième position. De façon fort prévisible, Nathalie Motsch a refusé cet affront et a claqué la porte en décidant de maintenir sa liste.

Arostéguy, droite dans ses bottes

Peu de jours après le début du confinement, lors d’un échange téléphonique, Maïder Arostéguy avait confirmé son intention de repartir avec sa liste et de refuser les mains tendues de Michel Veunac et Jean-Benoît Saint-Cricq, estimant qu’ils incarnaient un passé et une façon de faire de la politique dont les Biarrots ne veulent plus. Deux mois plus tard, la candidate n’a pas dévié d’un pouce de la ligne tracée, déposant sa liste quatre jours avant la date limite et réaffirmant lors d’une conférence de presse vendredi sa conviction que les Biarrots n’en peuvent plus des « tripatouillages » permanents que leur a fait vivre Veunac. L’observateur local est bien obligé de reconnaître que la candidate LR a parfaitement saisi le message adressé par les Biarrots le 15 mars et manifeste beaucoup de sens politique. Et comme, pour être élu, il faut comme en sport avoir parfois un peu de chance, il semblerait que le dossier du BO, sujet sur lequel Maïder Arostéguy a parfois semblé mal à l’aise, ne refera pas surface avant le 28 juin, la DNACG, le gendarme financier du rugby, estimant qu’il faut laisser les clubs tranquilles avant de prendre des décisions.

Et si on respectait les électeurs biarrots ?

À mon sens, jamais dans l’histoire de Biarritz, résultat électoral n’a été aussi limpide que celui exprimé par les Biarrots le 15 mars dernier et Guillaume Barucq, en jouant le jeu des alliances improbables sauce Biarritz, commet une énorme erreur. Deux faits sont totalement incontestables. Michel Veunac a pris au premier tour une fessée comme jamais maire sortant n’en a pris. Ce n’est pas seulement sa personne que les Biarrots ont sanctionnée, mais aussi sa façon de faire de la politique.

Discuter, même si cela n’aboutit pas, avec les membres de cette liste, au vu du désastre que nous avons subi pendant six ans, constitue une faute majeure. Tous ceux qui ont soutenu Michel Veunac, tous les bénis oui-oui qui ont choisi de ne rien dire des abominations qui se passaient à la Ville pour sauver leur indemnité d’adjoints ou leurs délégations ne méritent pas d’être repêchés et ne peuvent figurer dans une liste Barucq qui affirme vouloir le renouvellement.

Le ticket-Barucq, Motsch, Morin séduisait les Biarrots. Pourquoi le refuser?

Par ailleurs, les Biarrots ont établi une hiérarchie avec leurs votes, Nathalie Motsch talonnant Guillaume Barucq et devançant la liste EHVS. Un vote très cohérent où tous les partisans de la fermeté républicaine face aux pressions de Jean-Baptiste Aldigé se sont retrouvés au coude-à-coude. Prendre en compte les votes des Biarrots, c’est présenter face à Maïder Arostéguy mardi, une liste où Guillaume Barucq est le numéro 1, suivi par Nathalie Motsch en deuxième position et Brice Morin en troisième position. Avec le soutien de Karim Guerdane, qui souhaitait voir cette liste de tous ses voeux et dont le talent politique doit être utilisé même s’il a fait un score modeste.

Tout le reste, c’est de la petite tambouille électorale, une tentation de « biarrotiser » l’élection avec des alliances improbables et des petits arrangements entre amis que les Biarrots ne supportent plus, c’est enclencher irréversiblement la machine à perdre. C’est bien connu, en sport comme en politique « la peur de gagner » fait commettre parfois des erreurs colossales. Barucq a encore trois jours pour se ressaisir et jouer sa balle de match. 

Tohu-bohu à la mairie

Jusqu’à la dernière minute, il nuira à sa ville ! Sans le moindre scrupule, Michel Veunac continue à prendre des décisions qui engagent l’avenir de Biarritz. Ainsi, avant la date du 28 juin il a prévu de tenir un ultime conseil municipal, où l’adjointe aux Sports Stéphanie Ricord présentera sa démission, car il l’a fait nommer entre temps Directrice des Ressources Humaines de la Ville. Une nomination qui est loin de faire l’unanimité en interne, où l’élue est peu appréciée et qui agace les candidats au poste de maire qui ont l’impression qu’on leur force la main. Dans la rubrique, « C’est un bonheur de travailler à la mairie », notons aussi la démission de la directrice de la communication qui a adressé à tous les chefs de service une lettre où elle détaille ce qu’elle a enduré. En attendant une nouvelle nomination, c’est l’inusable Claire Ripert qui va assurer l’intérim, tandis que la liste des employés tombés au front s’allonge sur le monument aux morts de la mairie.

Journal d’un buté de campagne (7)

L’esclandre de Rabagny à la mairie

L’ancien animateur n’a pas digéré la façon dont il a été viré de la mairie et il l’a fait savoir en dénonçant les « privilèges » dont a bénéficié le fils de la directrice des ressources humaines.

Vendredi matin, lorsque Robert Rabagny est entré dans la mairie avec une rose rouge à la main, tout le petit personnel de la mairie qui le connaît bien et lui garde beaucoup d’affection, s’est demandé ce qu’il avait en tête. Cette fleur était destinée à la directrice des Ressources Humaines de la Ville, Patricia Dumont, qui partait en retraite. Après l’avoir longuement cherchée, Robert a fini par dénicher l’intéressée dans les bureaux de la réglementation et a pu lui remettre son cadeau devant de nombreux témoins riant sous cape. « Oh, Robert, je suis très touchée. Il ne fallait pas ». Un enthousiasme qui va être vite douché par Robert : « Madame, Je suis courtois et c’est pour cette raison que je vous offre des fleurs. Il y a deux mois, je vous ai demandé de regarder mon dossier de retraite pour voir s’il n’y avait pas une erreur ou si je n’avais pas droit à une aide. Quand vous m’avez imposé en 2015 de partir en préretraite pour raisons médicales, vous saviez très bien que je ne toucherais que 750 euros de retraite par mois, alors que j’ai encore une fille à élever. Vous vous êtes bien gardée de me le dire, même si j’étais en pleine dépression avec tout ce que la mairie m’avait fait subir. Je vous ai demandé d’étudier mon dossier et évidemment vous ne l’avez pas fait. Pourtant, vous aussi vous avez un fils et visiblement vous vous en occupez, ce qui est normal. Votre fils, Clément Guyard, est rentré à la mairie comme chargé de mission au développement économique, un poste qui ne sert strictement à rien aux dires de tous mais que Michel Veunac a imposé. Voilà comment fonctionne la Ville et je tenais à vous remercier, Madame, pour tout ce que vous n’avez pas fait en ma faveur. » Et Robert, superbe, de quitter Patricia Dumont éberluée, avant de rajouter : « Et je vais me faire un plaisir de tout raconter à Bisque, Bisque, Basque ! »

Un esclandre qui en dit long sur les pratiques de la mairie. Et pour faire bonne mesure, rajoutons que le poste que va libérer Patricia Dumont, a déjà été promis à Stéphanie Ricord, cette gentille conseillère municipale qui a eu le bon goût d’approuver toutes les décisions du maire pendant la mandature. Après tout, pourquoi se gêner ?

METTEZ FIN À SES SOUFFRANCES ! – Pas de chance pour Michel Veunac, le soir du débat organisé par France 3 région à Bordeaux, il était totalement aphone et absolument inintelligible pour les téléspectateurs. Le lendemain du côté des halles, des plaisantins affirmaient que Mimi-la-Malice avait fait semblant de ne pas pouvoir parler pour être sûr de ne pas proférer de bêtises, tandis que d’autres faisaient mine de s’inquiéter pour l’avenir en imaginant Veunac atteint du coronavirus, contaminant tous ses rivaux, et Karim Guerdane devenant maire puisqu’il était seul à être en duplex à Bayonne.

LYSIANN BRAO EN PREND POUR SON GRADE – Michel Veunac, qui était accompagné de son fils, est sorti en fureur du débat, – « Vite, une clope ! » – et, sa voix subitement retrouvée, s’en est pris vertement à Lysiann Brao qui aurait raconté n’importe quoi et utilisé des chiffres faux.  La candidate EELV, qui a affiché lors du débat un beau caractère, ne s’est pas démontée. Si elle a suivi les conseils municipaux de ces six dernières années, elle n’a pas dû être surprise de l’agression verbale et sait à quel point le duo Veunac-Lafite tient les femmes en haute estime.

PAUVRES GAMINS – Croisant fortuitement deux jeunes distributeurs de tracts à peine en âge d’être lycéens, Bisque, Bisque, Basque ! n’a pu résister au plaisir de les taquiner quelque peu. « C’est étonnant à votre âge d’être favorables à Michel Veunac » Et l’un d’eux d’avouer piteusement : « Mais, Monsieur, on est payés pour faire ça ! ». La liste Veunac croit tellement fort en lui qu’il ne trouve même pas de volontaires pour aller distribuer gratos sa propagande.

LA CONFUSION TOTALE – Le maire sortant est censé avoir trente-cinq colistiers mais, visiblement, la motivation est telle dans sa « bande à Mimiles », ainsi que les habitants surnomment les vieux chevaux de retour de la liste à Veunac, que personne n’a pris le temps de relire la prose du premier édile qui s’est – une fois de plus ! -sérieusement emmêlé les pinceaux sur les futures dates. Il donne rendez-vous aux électeurs, non le 15 et 22 mars comme tout le monde, mais les 20 et 23 mars prochains. Si vous voulez voter pour Veunac à ces dates, cela convient très bien à Bisque, Bisque, Basque !

UNE BELLE COQUILLE DE SAINT-CRICQ – L’avocat biarrot a lui aussi laissé passer une coquille dans son programme puisqu’il parle du réaménagement du « Jardin Pubique », amenant les Biarrots à se demander si dans son audace, Jean-Benoît Saint-Cricq ne veut pas ratiboiser la toison de l’espace public favori des Biarrots. Une aubaine pour François Amigorena qui s’est auto-proclamé « morpion, coupeur de poils en quatre ». Un humour pile-poil.

LA SURENCHÈRE CONTINUE – Maïder Arostéguy avait annoncé, lors de la présentation de sa liste, avoir laissé quarante personnes à la porte du Colisée. Les troupes de Nathalie Motsch affirment que plus de cent personnes n’ont pu rentrer lors de la présentation de la liste « Biarritz en a besoin ». Étant à l’intérieur de la salle, l’affirmation est impossible à vérifier. Mais une chose est sûre : la salle était bondée et la réunion publique a été un franc succès avec une présentation très enlevée des « binômes » de la liste et des applaudissements nourris pour Didier Borotra, qui est sagement resté au premier rang, et pour Jean-René Etchegaray qui est monté sur scène en tant que président de l’UDI pour dire tout le bien qu’il pense de la candidate biarrote de son parti.

LE BRICE HORTEFEUX DE VEUNAC – Patrick Destizon, dans le rôle du méchant de service, se révèle. Chargé auprès de Michel Veunac des sales besognes, comme l’était Brice Hortefeux auprès de Nicolas Sarkozy, il s’est fendu au lendemain de la réunion publique de Nathalie Motsch d’un post vengeur sur la présence de Jean-René Etchegaray, affirmant qu’en tant qu’immense adjoint du maire actuel il s’impose « un droit de réserve » avant de conclure, martial, : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs ». Une mauvaise foi assez évidente quand on constate l’omniprésence de Jean-Baptiste Lemoyne dans la liste Veunac. Avec au passage, ce qui la fout assez mal pour un ex-universitaire, une magnifique faute d’orthographe sur « l’immixtion flagrante » d’Etchegaray. L’ex-adjoint confond visiblement l’immiscion dans les affaires des autres, la mission impossible qui est la sienne consistant à faire élire Veunac et la miction urgente qui le conduit à soulager sa vessie.

OH, LE VILAIN COUP BAS – Comme si elle faisait peur à tout le monde, Jean-Benoît Saint-Cricq, lui aussi, s’est cru obligé d’en rajouter une couche au lendemain de la réunion publique de Nathalie Motsch en affirmant sur  Facebook que Jean-René Etchegaray est venu « soutenir l’Aviron Bayonnais » avec une « candidate qui s’oppose au BO ». On commence par céder au chantage d’Aldigé le 12 février et pour justifier son choix, on ne se montre pas solidaire des ses collègues élus qui se font insulter par le président du BO deux jours plus tard et on accuse ensuite carrément de traîtrise une candidate, ce qui est indigne, même en période électorale, de la part d’un élu aussi expérimenté et subtil que Jean-Benoît Saint-Cricq.

COURAGE, FUYONS ! –  Après la publication dans Bisque, Bisque, Basque ! mardi 25 février, de l’article « Le vilain rapport à l’argent de Veunac », le maire sortant et ses maigres troupes, qui avaient pourtant été sollicités avant la parution de l’article, se sont bien gardés de rédiger le moindre démenti officiel. Et quand les Biarrots, stupéfaits d’apprendre que le maire a rançonné ses adjoints et ne les a jamais remboursés, interrogent les soutiens de Veunac, ceux-ci se contentent de lever les yeux au ciel en affirmant que Bisque, Bisque, Basque ! veut la perte du maire actuel, ce qui est vrai, et raconte n’importe quoi, ce qui reste à prouver. Chiche que vous venez au tribunal affirmer la même chose !

LA CAMPAGNE EST UNE FÊTE – Bisque, Bisque, Basque ! n’a pu assister, samedi 29 février à la présentation à Plaza Berri de la liste emmenée conjointement par Brice Morin, Lysiann Brao et Matthieu Accoh, mais, aux dires de Jean-Philippe Viaud, numéro quatre de la liste de Nathalie Motsch mais très ami avec tous les membres de cette liste, la fête a été superbe et s’est terminée bien au-delà de minuit. Démonstration que l’on peut défendre avec ardeur ses idées sans perdre sa joie de vivre. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le collectif a eu la bonne idée de créer un site pour permettre à tous de suivre son actualité.

https://www.biarritzvertetsolidaire.eus/fr/

 

 

Le vilain rapport à l’argent de Veunac

À la fin du premier conseil municipal de sa mandature, Michel Veunac a emprunté 6 500 euros à sept de ses adjoints qui attendent toujours leur remboursement. Une distraction, sans doute.

Ce n’est pas un hasard si Michel Veunac est fan d’Enrico Macias et en particulier de sa chanson : « Donnez-moi, donnez-moi, Dieu vous le rendra ». Parfois des mimiques en disent beaucoup plus qu’un long discours. Si vous interrogez ses anciens colistiers sur le rapport à l’argent de Michel Veunac, vous aurez droit à tout une gamme de soupirs éloquents, sourires crispés ou sourcils froncés. En effet nombre d’entre eux ont le sentiment de s’être fait arnaquer en beauté par le maire de Biarritz et n’ont pas digéré sa façon de fuir depuis six ans les questions qui fâchent. Si l’engagement politique du jeune Michel Veunac a sûrement été sincère, très vite l’argent est venu polluer son parcours de sociologue qui n’avait pas beaucoup de travail mais qui trouvait des mains tendues auprès de ses amis politiques, à Pau, à Bayonne ou à Bordeaux.

C’est ainsi qu’en 2012, la ville de Bayonne avait payé 56 000 euros au cabinet MVC (Michel Veunac Consultant) une étude impérissable sur « Les rassemblements festifs des jeunes dans le petit-Bayonne », ce qui avait fait dire à l’élue socialiste Colette Capdevielle que « des pratiques de ce genre ne sont plus acceptables ».

Dans le même genre, on avait découvert que pour financer sa campagne des municipales de 2014, celui qui était à l’époque l’adjoint à la communication et au tourisme de Didier Borotra n’avait pas hésité à emprunter à l’un des principaux fournisseurs de la ville, Jacques Darrigrand, 15 000 euros. Au niveau morale républicaine, on a vu mieux. Il n’était donc guère étonnant que sur l’élan, ce jeune talent prometteur tape tous ceux se trouvant sur sa liste. Et qu’il oublie complètement de les rembourser.

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/i-les-discutables-acrobaties-de-lelu-michel-veunac/

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/ii-un-souciologue-a-bayonne/

Les adjoints, au rapport !

Le piège à gogos désireux d’être élus a fonctionné en deux temps et ceux qui en ont été victimes sont tellement honteux de ce qui leur est arrivé qu’ils préfèrent, par peur du ridicule, raconter sous couvert d’anonymat. Mais que Mimi-la-Malice ne se réjouisse pas trop vite. Certains de ses proches se sont retirés de la vie publique, parfois volontairement, parfois involontairement et les témoignages sont tellement nombreux, tellement précis que l’histoire ne fait pas le moindre doute.

Dans un premier temps, comme nombre de candidats, Michel Veunac souhaite que tous ceux qui peuvent l’aident à financer la campagne. Une démarche habituelle pour un candidat à une élection municipale. La plupart donc, de sortir leur carnet de chèques et de recevoir en retour une attestation leur permettant, comme le prévoit la loi, de déduire une partie de la somme versée de leurs impôts, ce qui va contribuer à les rassurer.

Première surprise à quelques jours du premier tour, lorsque Veunac demande à tous de restituer les attestations distribuées en expliquant qu’on leur rendra dans quelques jours.

Sur ce l’élection arrive et, au deuxième tour, contre toute attente la coalition Veunac-Lafite-Barucq, l’emporte sur Max Brisson et ses alliés Tardits et Saint-Cricq. Dans l’ivresse de la victoire, plus personne ne se soucie des attestations ni du remboursement des frais engagés, persuadé que tout arrivera en son temps.

La deuxième mauvaise surprise survient à la fin du premier conseil municipal. Un ancien adjoint raconte : « Lors de ce premier conseil municipal, où déjà on percevait les futures tensions, Veunac se dirige vers sept d’entre nous et, sans un mot d’explication, nous intime l’ordre de le retrouver dans son bureau. J’étais sidéré par le ton comminatoire qu’il employait et je me souviens que tous les sept nous regardions nos chaussures en nous demandant bien quelle boulette nous avions commise ». Selon tous les témoignages, les sept « punis » étaient Jocelyne Castaignède, Nathalie Motsch, Peio Claverie, Régine Daguerre, Patrick Destizon, Françoise Mimiague et Michel Poueyts. Comme toujours quand il est en tort, Michel Veunac prend alors un air excédé : « Il nous faut boucler nos comptes de campagne. Il me manque 6500 euros et j’ai besoin que vous me fassiez un chèque ».

Aucune échappatoire n’est possible, car Super-Mimi a tout prévu y compris d’exiger des sommes proportionnelles aux revenus de chacun. C’est ainsi que Peio Claverie, Jocelyne Castaignède et Nathalie Motsch seront chacun délestés de 1500 euros, tandis que les « chanceux » Poueyts, Destizon, Daguerre et Mimiague ne sont rançonnés qu’à hauteur de 500 euros. Chacun est éberlué, d’autant plus qu’une fois les chèques empochés Veunac part sans dire un mot. Tout le monde essaie de se rassurer comme il peut face à cette ponction imprévue « Le maire est stressé par ses nouvelles fonctions. Il va nous rendre cet argent dès qu’il sera remboursé de ses frais de campagne ».

« Tu es grassement payé comme adjoint »

Le temps passe et comme sœur Anne, les « simples » conseillers municipaux tout comme les adjoints ne voient rien venir et n’entendent parler de rien. Les premiers ne récupèreront jamais leur attestation qui leur aurait valu une déduction fiscale et les autres se feront sévèrement rembarrer quand ils oseront parler d’argent au maire plus d’un an après, alors que les frais de campagne avaient été remboursés depuis longtemps. Patrick Destizon sera un des plus virulents et protestera à de nombreuses reprises, ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre la liste Veunac 2020… Quand on aime souffrir ! À un autre qui tentera d’évoquer le sujet, la réponse sera cinglante : « Tu oses te plaindre alors que tu es grassement payé comme adjoint ? »  se serait contenté de répliquer Michel Veunac, superbe, en tournant les talons immédiatement. Selon les témoignages, seul Hervé Boissier qui aurait interpellé publiquement l’épouse du maire, aurait été remboursé.

Pas de chance pour les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque !  Michel Veunac a totalement refusé de répondre au SMS que nous lui avons envoyé.

Six ans après et alors que le maire souhaite se faire réélire, la question se pose donc de savoir ce que Michel Veunac a fait de cet argent. Seuls des esprits chagrins pourraient s’imaginer qu’il l’a mis dans sa poche et gardé pour lui. Trois hypothèses demeurent donc :

– Soit le maire sortant a remboursé en douce certains de ses adjoints et pas d’autres et dans ce cas-là, il serait intéressant qu’il nous explique pourquoi.

– Soit Michel Veunac a largement dépassé le plafond légal prévu par la loi pour les frais de campagne. Pour masquer sa tricherie il a fait payer ses colistiers en sachant parfaitement qu’ils ne seraient pas remboursés. Et il s’est bien gardé de leur dire.

– Soit Michel Veunac, trop occupé par son écrasante tâche de maire pendant six ans, a fait preuve d’une distraction totale et il va donc se faire un plaisir de mettre ses comptes à jour avant la fin du mandat et de rembourser ce qu’il doit à ses adjoints involontairement plumés.

Qui osera dire après ce récit que Veunac, ce n’est pas la créativité au pouvoir ?

Cet argent qui pollue totalement la vie municipale

C’est un site que tous les citoyens devraient consulter tant il apporte d’informations sur nos élus. Comme tous les maires, présidents ou vice-présidents d’agglomération, Michel Veunac a dû par deux fois déclarer ses revenus à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique.

https://www.hatvp.fr/

Point n’est besoin d’être inspecteur des impôts pour découvrir, lors de sa première déclaration de 2015, qu’il ne roule pas sur l’or, ce qui arrive à des gens très bien. En revanche, en 2017, lors de sa deuxième déclaration au moment de sa nomination comme vice-président de la communauté d’Agglo Pays basque, tout baigne pour le beau Michel. En 2016, entre ses revenus de maire, son mandat de conseiller régional et sa vice-présidence, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous-envie dépasse les 108 000 euros bruts annuels. Et au même moment, il explique à ses adjoints qu’il ne peut pas les rembourser avec ses modestes émoluments !

Étonnez-vous après cela que Veunac se redécouvre en 2020 une passion brûlante pour les Biarrots et l’envie à 74 ans, après un premier mandat catastrophique aux dires de tous, d’en faire un second qui sera sans nul doute encore pire.

D’autant plus qu’il y a un petit détail mis en avant par les gilets jaunes au moment de la rédaction des cahiers de doléances que les politiques ont malencontreusement oublié en route. Contrairement aux citoyens ordinaires qui paient des impôts sur l’ensemble de leurs revenus annuels, les élus sont prélevés à la source sur chacune de leurs indemnités et bénéficient donc d’une fiscalité beaucoup plus douce que le commun des mortels. Ajoutez à cela pour un maire comme celui de Biarritz, les invitations un peu partout, les buffets gratuits, le plaisir de serrer la louche à Macron et vous comprendrez qu’on est loin de l’indemnisation symbolique voulue par le législateur aux débuts de la Ve République.

Avec 1100 euros pour un adjoint et 600 pour un conseiller municipal en charge d’une délégation, on est là aussi en apparence sur des indemnisations modestes. Mais malheureusement pour certains, à cause de pensions alimentaires à verser, d’une carrière discrète ou de retraites modestes, garder à tout prix cette petite rente mensuelle devient vital. Le vote en faveur de l’Hôtel du Palais s’explique en grande partie ainsi et a été le fait de conseillers bénis-oui-oui qui avaient trop peur de s’opposer au maire et de perdre ce qu’ils touchaient. Et la même explication est sans doute valable pour ces vieux chevaux de retour qui n’ont pas une fois exprimé leur différence dans toute la mandature passée, pas une fois lancé une idée originale et qui continuent leur carrière de courtisans dans la liste Veunac avec l’espoir insensé de manger quelques miettes du gâteau municipal pendant six ans de plus.

Je pense en particulier à ce simple conseiller municipal en 2014 qui ne cessait de qualifier le maire « d’autiste » à chaque fois que nous nous croisions. Devenu subitement adjoint par le jeu des démissions multiples subies par la majorité municipale, il ne tarit plus d’éloges pour le maire actuel et en reprend pour six ans avec enthousiasme.

En politique, c’est bien connu, rien ne vaut les convictions !

 

 

Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

Veunac fait du vieux avec du vieux

Malgré la présence de Jean-Baptiste Lemoyne, bien planqué derrière Veunac, la liste du maire sortant est consternante et montre à quel point le vide s’est fait autour de lui.

Avec cette ébauche de liste, digne de Pif-Gadget, Veunac nous prend vraiment pour des jambons.

«  La politique est l’art d’arriver par n’importe quel moyen  à une fin dont on ne se vante pas » disait Jules Romain. Pendant tout leur mandat, vous ne les avez jamais entendus, au mieux juste vus opiner du bonnet quand leur seigneur et maître  à écharpe tricolore énonçait une de ses platitudes dont il a le secret. Il est donc normal qu’ils se représentent pour obtenir une nouvelle chance au suffrage. Michel Veunac nous avait annoncé une liste où l’on allait voir ce qu’on allait voir. On voit et on est édifié. Pour faire nombre et arriver à trente-cinq, Michel Veunac, qui n’en est pour le moment qu’à une quinzaine de ralliés, a donc récupéré tous ceux qui n’ont jamais soufflé mot pendant six ans, tous ceux qui n’ont jamais exprimé une idée et se sont contentés d’encaisser leurs indemnités d’adjoints en marchant docilement au pas. En avant donc pour le grand renouvellement avec Jocelyne Castaignède, Sylvie Claracq, Patrick Destizon, Laurent Ortiz ou Louis Vial ! Et c’est avec ça qu’il compte gouverner ? Mais où sont les compétences ?

Pour donner un petit air de nouveauté à ce qui se fait de plus ranci dans la majorité municipale, Veunac a donc été obligé d’aller chercher parmi ses obligés comme Josette Cazaux, la présidente du musée historique ou Olivier Cami-Sarti, l’actuel directeur du centre équestre au terme d’un appel d’offres qui avait fait grincer bien des dents à l’époque. Là aussi, il n’y a vraiment pas de quoi être ébloui.

Reste enfin la présence du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne qui a accepté de figurer en troisième position sur la liste, ce qui n’est pas faire montre d’un grand caractère que d’accepter de servir de caution à un Michel Veunac. En effet, tous ceux qui ont un vrai tempérament de patron, vous diront que « la règle numéro un est de ne jamais accepter d’être numéro deux », surtout quand on se sent intellectuellement supérieur à celui qui vous devance. Il faut donc croire que ce n’est pas le cas et que notre néo-parachuté, inconnu du grand public, mais bien connu de ses pairs pour ses traîtrises successives ( Lire ci-dessous) a gobé la promesse de Veunac de lui laisser son poste en cours de mandat.

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ». se plaisait à dire Édouard Herriot.  Après l’annonce d’une liste aussi pitoyable, les opposants à Veunac peuvent rigoler et se frotter les mains.

JB Lemoyne, alias Mister Nobody

C’est l’un des plus diaphanes parmi les membres du gouvernement et il n’est guère étonnant que vous ne le connaissiez pas. Après une longue carrière dans l’Yonne, marqué par des incessants changements d’écurie, celui qui a commencé en flirtant avec la droite dure, éprouve soudainement un amour immodéré pour le Pays basque depuis qu’il vit avec la sénatrice Frédérique Espagnac. Un petit tour sur le web vous en apprend beaucoup sur la stature morale et la fidélité politique de l’intéressé. Et surprise, ce sont les journaux de droite comme « Les Échos » ou « Valeurs actuelles » qui se montrent les plus sévères :

 

Jean-Baptiste Lemoyne, le “traître” de Marrakech

Aussi ambitieux que discret, Jean-Baptiste Lemoyne a beaucoup trahi avant de devenir cet “obscur secrétaire d’Etat”.

Publié par Raphaël Stainville de « Valeurs actuelles » le 14 décembre 2018 (Extrait)

C’est comme s’ils s’étaient tous passé le mot. Aux Républicains, pas question de faire de la publicité à Jean-Baptiste Lemoyne. Au mieux, lorsqu’ils évoquent le signataire du pacte de Marrakech, dépêché au débotté par Emmanuel Macron pour le représenter au Maroc le 10 décembre, alors que le chef de l’État recevait à tour de bras à l’Elysée pour tenter d’apporter une réponse forte à la colère des gilets jaunes, les députés LR parlent de lui, lors de leurs questions au gouvernement, comme d’« un obscur secrétaire d’État » (Éric Ciotti), « ce je ne sais quel secrétaire d’État » (Constance Le Grip), comme pour mieux le renvoyer à son anonymat. Pas une seule fois, au sein de l’hémicycle, les parlementaires de droite ne s’aventurent à prononcer son nom. Ce serait faire trop d’honneur à celui que beaucoup considèrent encore comme un « traître professionnel ».

Un portrait de Jean-Baptiste Lemoyne ? « Vous perdez votre temps. Il ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui », prévient d’emblée l’un de nos interlocuteurs. Christian Jacob, le président du groupe LR au parlement, qui a peu goûté la réponse politicienne que le secrétaire d’État a faite à Claude Goasguen mardi dernier alors que le député demandait au premier ministre qu’un vrai débat sur l’immigration ait lieu et rappelait les conséquences que ne manqueraient pas d’avoir « ce pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est cependant sorti de son silence pour railler celui qui fut pendant quelques années, le secrétaire adjoint du groupe UMP à l’Assemblée nationale. « Il ajoute l’incompétence à la médiocrité », lâche Christian Jacob. 
Guillaume Larrivé, qui n’a pas oublié que l’ancien sénateur de l’Yonne a soutenu un ancien socialiste recyclé LREM aux dernières législatives dans l’Yonne pour tenter de le faire battre, n’est guère plus amène et se fait un malin plaisir de l’habiller pour l’hiver : « Il correspond parfaitement à ce que de Gaulle appelait “les politichiens” : ne pensant rien sur rien, il va à la gamelle. » Non sans un certain cynisme.
D’abord membre du parti Démocratie libérale, il fait ses premières armes dans le Ve arrondissement de Paris auprès de Jean Tibéri, avant de se mettre dans la roue de Jean-François Copé dont il a longtemps épousé la trajectoire. Son CV est impeccable à défaut d’être impressionnant. Classes prépas littéraires, Sciences PO Strasbourg, Essec. Un petit passé militant dans un syndicat classé plus à droite que l’UNI. Il intègre le cabinet de Copé en 2002 quand le maire de Meaux devient ministre de Jacques Chirac et le suit à l’Assemblée nationale, après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Jean-François Copé veut faire de l’Assemblée nationale un contre-pouvoir, le marchepied de ses ambitions élyséennes. Secrétaire général adjoint du groupe UMP, Jean-Baptiste Lemoyne joue volontiers les porte-flingues de son patron et fait la paire avec Jérôme Lavrilleux. Il s’affiche plus à droite que son patron et ne craint pas à l’occasion de jouer les anciens combattants dans les concerts de Jean-Pax Mefret. Il reprend à tue-tête ses chansons « nostAlgériques ». En 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy, il soutient Copé partisan d’une « droite décomplexée » contre François Fillon dans la campagne mortelle pour la présidence de l’UMP (…)

Puis il lâche Copé au profit de Fillon, avant de lâcher Fillon au profit de Macron et termine dans les bras de Veunac… Quand on vous parlait de dégringolade!

Le clan Veunac a bien tort de plastronner

Le G7 s’est mieux passé que prévu. Mais de là à imaginer Veunac en maire réélu…

Pour sauver la Ville en 2020, Biarritz peut trouver mieux.

On a tous connu ce genre de week-end improbable où l’on se retrouve invité pour trois jours chez des gens qu’on connaît peu. La bouffe est médiocre, les hôtes stupides, le décor kitsch à souhait, mais au moment de prendre congé, avec une belle hypocrisie, on dit merci et on promet de se revoir. Bien entendu, on n’en pense pas un mot et c’est avec soulagement que l’on prend congé définitif. Lundi soir, les lampions du G7 étaient à peine éteints, que les fidèles de Veunac (Ils sont rares, mais il en existe), pavoisaient à qui mieux-mieux : « Avec un tel G7, plus rien ne s’oppose à ce que Michel soit réélu triomphalement en mars 2020 ». Ce sont les mêmes qui en 1994 ne voyaient pas comment Balladur pouvait perdre face à Chirac et en 2016 étaient certains que le futur président de la République se nommerait Alain Juppé avant de clamer leur confiance en François Fillon.

Grillé auprès de Macron

Ce n’est pas un hasard si durant tout le G7 on a vu Michel Veunac tendre le cou pour essayer d’être sur la photo. Pas un hasard non plus si le Président de la République s’est tenu à distance raisonnable de celui qui l’invitait. Et pas un hasard du tout si, en rupture totale avec la tradition républicaine, Emmanuel Macron lors de chacune de ses allocutions télévisées s’est bien gardé de prononcer le nom de Michel Veunac, alors qu’il remerciait le Pays basque pour l’accueil fait aux chefs d’état. Lundi 26 août, alors qu’Emmanuel Macron avait souhaité que les représentants d’association de commerçants assistent à la cérémonie de clôture à la mairie, le chef de l’État a finalement fait défection.

Macron avait largement le temps de s’arrêter à la mairie avant de retrouver Anne-Sophie Lapix au phare : il ne l’a pas fait.

Certes la conférence de presse commune avec Trump avait pris beaucoup de retard, mais de nombreux témoins oculaires ont vu Macron quitter le casino Bellevue à 18 h 55. Sachant qu’il avait besoin de quinze minutes pour mettre ses idées en place avant son interview sur France 2 avec Anne-Sophie Lapix, il pouvait largement passer une tête à la mairie, saluer Veunac et remercier tout le monde. Au lieu de cela, il a préféré envoyer Brigitte son épouse. Un choix qui n’est pas innocent.

Avec des émissaires présents depuis plusieurs mois afin de préparer le G7, le Président de la République cerne assez précisément la personnalité et la compétence de Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-nous-envie. Son mouvement politique, LaREM, a besoin de s’élargir au moment des municipales et Biarritz semble prenable. C’est pour cette raison que Michel Veunac, comme Nathalie Motsch, Guy Lafite ou Jacques-André Schneck (les deux derniers sont membres de LaREM depuis plusieurs mois) se sont démenés pour obtenir l’investiture qui fait figure de sésame à leurs yeux. Sans oublier un certain ministre de l’Agriculture qui pourrait mettre tout le monde d’accord. L’investiture LaREM ne sera accordée que très tardivement, mais une chose est sûre : quand il évoque un lien de proximité avec le président, Veunac prend ses désirs pour des réalités et devrait savoir qu’en politique, personne ne fait jamais de sentiment.

Grillé auprès des commerçants

De son métier de sociologue, Michel Veunac a gardé l’habitude de croire qu’une incantation peut ressembler à une action. On l’a vu avec sa phrase fétiche, répétée jusqu’à l’inanité : « Biarritz ne sera pas bunkérisé ». On connaît la suite. Autre mantra dit et redit : « Les commerçants seront indemnisés ». Et comme Veunac n’a vraiment pas honte, il essaie même de faire croire, selon Sud Ouest du 2 septembre, qu’il est soudain devenu un grand défenseur des Biarrots, empêchant les services de sécurité d’enlever les poubelles trop tôt ou l’État rapace de trop spolier les malheureux commerçants qui ont vu pratiquement quinze jours de leur chiffre d’affaires du mois d’août s’envoler.

Sud Ouest, 30 août.

Patrick Darrigade, le très pondéré libraire et marchand de journaux du centre-ville estime avoir perdu « 28 000 euros de chiffre d’affaires pendant le G7 ». Quand la secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, annonce une enveloppe globale de 350 000 euros pour les commerçants biarrots, tout le monde commence à comprendre qu’une petite aumône sera accordée à chacun, mais que les pertes réelles ne seront jamais compensées. Et que dire du reste de la Côte basque, elle aussi sévèrement impactée par le G7 ?

Veunac n’en a cure. Jeudi, alors qu’Agnès Pannier-Runacher écoutait les commerçants qui exprimaient leurs craintes, Mimi-la-suffisance ne cessait de les interrompre en évoquant l’image de Biarritz grâce au G7 et les mirifiques retombées à venir. On a connu plus adroit, même si le mandat presque écoulé nous a prouvé que le maire ne savait pas très bien compter.

Grillé auprès de l’Agglo

Jean-René Etchegaray et Claude Olive n’ont guère apprécié la désinvolture de Veunac à l’égard de Bayonne et Anglet.

De Didier Guillaume à Max Brisson, Michel Veunac a leurré tout le monde cet été en annonçant qu’il ne se représenterait pas. Pour lui, après ce G7 qui s’est bien déroulé, les planètes sont alignées et rien ne pourra désormais empêcher sa réélection. Logiquement, il va donc annoncer fin septembre qu’il va être à nouveau candidat. Mais si, par un hasard extraordinaire, il se trouvait un Biarrot envisageant de voter pour lui, il devra tout de même se poser une question avant de glisser son bulletin dans l’urne. Comment Biarritz peut fonctionner avec l’hostilité de toute l’Agglo ? Aucun des élus du Pays basque ne pardonne à Veunac d’avoir ainsi fait cavalier seul alors qu’il est vice-président de l’Agglo. Lundi dernier à la mairie, il suffisait d’écouter les remarques acides de Claude Olive et Jean-René Etchegaray, maires pondérés et responsables s’il en est, pour comprendre que la rancune ne partira pas avec l’eau du G7.

Veunac ne s’est soucié que de lui-même et de sa réélection quand Macron lui a demandé si un G7 était jouable en août à Biarritz. Il n’a échangé avec aucun des autres élus et ne s’est nullement préoccupé des dommages collatéraux que sa décision pouvait entraîner. Il est clair que si, par un hasard extraordinaire, il attaquait un deuxième mandat après la brillantissime démonstration qu’il nous a faite depuis 2014, il n’obtiendra jamais rien à chaque fois qu’il devra solliciter l’Agglo. C’est d’autant plus ballot que le plan local d’urbanisme, l’aménagement d’un stade ou l’attribution d’une piscine relèvent désormais de l’Agglo où Veunac ne compte que des ennemis. Le choix est donc clair : si l’on ne veut rien pour BIarritz de 2020 à 2026, date à laquelle notre pimpant élu aura 80 ans, il faut voter Veunac.

Croisée en centre-ville, une conseillère municipale qui espère probablement repartir avec Veunac l’an prochain, joue la voix de la sagesse : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on aura », ce qui est tout de même une curieuse façon de défendre le bilan du maire. Il existe pourtant une autre variante, bien plus intéressante de cet adage : « On sait ce qu’on perd mais on est sûr que ça ne peut pas être pire ».

Bien seule Arosteguy

Au lendemain du G7, Maïder Arosteguy, craignant que les commerçants de Biarritz ne soient mal indemnisés, a le réflexe de demander à Michel Veunac la création d’une commission de suivi des procédures d’indemnisation. Un réflexe plutôt logique pour une élue. Maïder ne devait pas s’attendre à la volée de bois vert que lui a valu son initiative.

Tout commence avec Richard Tardits, pourtant à ses côtés dans les rangs de l’opposition. Pour lui, les « retombées commerciales sont incommensurables et personne ne dira jamais merci » et il est donc urgent de ne rien faire. Richard va donc se faire un plaisir d’accompagner les commerçants en difficulté chez leur banquier pour expliquer que leurs pertes ne sont pas « incommensurables ».

Louis Vial, devenu pro-Veunac inconditionnel depuis que ce dernier a eu la bonne idée de le nommer adjoint, y va à son tour de son petit couplet. On se demande ce que vient faire le « Biarritz bashing » quand on parle des pertes des commerçants, mais l’évocation des « esprits chagrins » va enchanter Veunac :

Et puis, Patrick Destizon n’est jamais très loin quand se déroule un bal des flagorneurs. Il attaque très fort avec un « Je souscrit » du plus bel effet universitaire, avant de se laver les mains du sort des commerçants : « La présence d’élus n’est ni utile ni souhaitable » :

Biarrots, voilà ce qu’écrivent les élus qui sont censés veiller sur vos intérêts. Souvenez-vous d’eux lorsqu’ils viendront faire la danse du ventre devant vous en mars prochain !

Destizon s’agace à son tour

« J’ai fait tout ce que je pouvais pour faire cesser les travaux du château Boulart » affirme l’adjoint à l’Urbanisme qui sort de sa réserve pour « Mediabask ». Il était temps.

Patrick Destizon, nouvel adjoint à l’Urbanisme, est en train de perdre le sourire avec le propriétaire du château Boulart qui effectue des travaux sans permis tout en affirmant qu’il n’a pas d’autorisation à demander.

Surtout ne demandez pas à Christian Brocas s’il a le temps d’aller à la plage. Le sémillant président de l’association Biarritz Iraty est un homme très occupé en ce moment. En effet, dès qu’il aura fini d’étudier mon patrimoine, Brocas devra s’intéresser à celui de Patrick Destizon, l’adjoint à l’Urbanisme, qui semble penser beaucoup de mal de Pierre Delalonde et nous en raconte de bien belles à propos du château Boulart et de la villa Sion dans Mediabask. À l’en croire, la Ville aurait interpellé à plusieurs reprises le propriétaire du château Boulart sur des travaux réalisés sans permis de construire ni autorisation de la Direction régionale des affaires culturelles.

Le préfet saisi début août

Patrick Destizon, rappelons-le, n’avait pas souhaité répondre il y a deux semaines aux questions de Bisque, Bisque, Basque ! En lisant le reportage de notre excellent confrère, on comprend mieux pourquoi : « Aucun permis n’a été accordé par la Ville pour ces portails (NDLR : Les passages aménagés en direction de la villa Sion), pas plus que pour une partie des aménagements réalisés depuis 2016. Or, le propriétaire poursuit les travaux malgré les avertissements. Désemparée, la Ville a saisi l’Administration et la Justice au début du mois d’août. ». Un courrier a même été adressé au préfet, car « la municipalité considère que les travaux sur cette demeure du XIXe siècle se font de façon illégale ».

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190814/le-chateau-boulart-se-fait-une-beaute-sans-permis

Les travaux ont duré tout l’hiver au château Boulart, ainsi que les riverains peuvent en attester.

Bisque, Bisque, Basque ! se réjouit de voir que la mairie se rallie enfin à son point de vue, mais est bien obligé de constater que la Ville aura mis du temps avant de se décider à agir. Tout l’hiver, d’importants travaux se sont déroulés au château Boulart, ce que n’importe quel promeneur pouvait constater. Mais, malgré les pétitions des riverains de l’allée du château, excédés par les nuisances sonores qu’ils subissaient et les risques que couraient leurs enfants avec les engins de chantier, personne n’a cru bon de réagir. Sauf que l’affaire est devenue un peu trop voyante ces derniers temps et ne pouvait plus être ignorée par la mairie.

Surtout dans un château où les Affaires culturelles et les Bâtiments de France ont leur mot à dire. Comme le raconte Goizeder Taberna dans « Mediabask » : « Les deux permis déposés en mairie dernièrement par le propriétaire n’ont pas abouti. La première demande a été adressée fin 2018, mais les travaux auraient commencé avant même un éventuel accord. La Ville a alors saisi le procureur de la République. La demande a vite été retirée et la procédure judiciaire classée sans suite. Un second permis a été déposé puis refusé, « car les travaux étaient réalisés sans l’accord ni de la Drac ni des Bâtiments de France », précise l’adjoint. Mais les coups de marteau ont continué. L’arrêté interruptif émis par la mairie n’a pas suffi pour les stopper. « J’ai fait tout ce que je pouvais pour faire cesser les travaux », se désole Patrick Destizon ».

La laborieuse défense de Delalonde

Fin juillet, l’ouverture barrée par de simples barrières ne semblait pas poser de problème au propriétaire du château Boulart.

Et comme Bisque, Bisque, Basque ! adore les contorsions sémantiques et autres grands moments d’équilibrisme intellectuel, comment ne pas se réjouir des réactions de Pierre Delalonde qui n’en est visiblement pas à une contradiction près ? Pour l’homme d’affaires biarrot, aucun permis de construire n’est nécessaire car « Nous sommes dans des travaux de recherches et de mise en valeur du patrimoine, de réparations ordinaires et de mise en conformité ». Mais alors pourquoi diable avoir déposé depuis 2016 sept permis de construire, ainsi que l’intéressé le reconnaît lui-même. Par amour de la paperasse ? Pour occuper des fonctionnaires désœuvrés ? Pour le plaisir de s’entendre dire non ?

Et c’est bien entendu dans le cadre des travaux de recherche et de mise en valeur du patrimoine que les deux grandes ouvertures donnant sur le jardin de la villa Sion ont été percées, ouvertures qui viennent d’être précipitamment fermées avec des végétaux, même si le propriétaire s’est bien gardé de détruire les piles en ciment qu’il avait fait ériger.

https://jeanyvesviollier.com/2019/08/02/faut-surtout-pas-se-gener-avec-la-villa-sion/

Mi août, Pierre Dealonde a revégétalisé les ouvertures, tout en conservant les piles en ciment prêtes à accueillir un portail. Officiellement pour raisons de sécurité.

Là aussi l’explication vaut son pesant de sacs de ciment. « C’est par précaution », pour que personne ne se blesse que des arbustes ont été plantés. Un souci de sécurité qui n’animait visiblement pas le châtelain en juillet quand BBB avait publié les photos.

Mais n’allez surtout pas vous imaginer, mauvais esprits que vous êtes, que le propriétaire du château Boulart s’apprêtait à commettre la moindre illégalité. Delalonde est catégorique : un document rédigé il y a cinquante ans lors de la cession à la Ville de la villa Sion et du parc aurait prévu un droit de passage. Dans ce cas-là pourquoi avoir laissé des ouvertures béantes à l’arrière du château pendant plusieurs jours avant de se décider soudainement à revégétaliser ces deux passages avec des arbustes voués à la destruction une fois les portails fabriqués ?

Après BBB et la Ville, ce sont donc les écologistes qui vont peut-être tomber sur le râble du châtelain pour « mauvais traitement à végétaux ». Et ce pauvre Brocas qui va avoir encore un peu plus de travail pour défendre son indéfendable copain Delalonde !