À Biarritz, le curieux licenciement de deux des trois salariés Streeteo

Considérés comme d’excellents éléments en avril, Fabien et William viennent d’être virés en juillet. Parce qu’ils refusaient de verbaliser à tout va ?

William Salles et Fabien Levassor ne remettront plus l’uniforme Streeteo.

Quadragénaire débonnaire, fort de huit ans d’expérience dans la sécurité, William Salles n’est pas près d’oublier son recrutement chez Streeteo Biarritz, début 2019. « Tout de suite, on m’a mis en garde contre Fabien, en me disant : « Méfie-toi de lui, il est membre de la France Insoumise, naturiste et bisexuel ». Ou comment habiller pour l’hiver un collègue… Le propos avait un tel relent d’homophobie que William, le nouveau-venu, s’en est immédiatement ouvert à Fabien Levassor qui a préféré en sourire, « Je n’ai jamais caché mes orientations », conscient qu’il vaut mieux parfois ne pas relever les allusions blessantes des collègues quand on travaille dans une petite équipe.

Streeteo Biarritz, en effet, c’est un chef de service, Éric Crayssac, et, en dehors de Fabien et William, une jeune recrue de 19 ans, chrétien militant dont le papa et la maman travaillent chez Indigo, plus deux vacataires pour l’été. À raison d’un chiffre moyen de soixante prunes quotidiennes infligées aux automobilistes par chaque salarié, vous arrivez à un total annuel situé entre 35 et 40 000 Forfaits post stationnement (FPS), selon les estimations des deux salariés. Comme dit notre énarque favori, surnommé « La Faillite nous voilà ! », avec une indécente gourmandise lors d’un conseil municipal : « L’argent rentre bien ! ».

De l’intelligence dans le métier

Au début tout se passe bien pour William. Il comprend vite qu’il a le même sens du dialogue que Fabien et s’efforce de faire de la pédagogie auprès des touristes venant à Biarritz pour la première fois et un peu déconcertés par ces horodateurs plutôt complexes. Une politique, soulignons-le, encouragée par Jean-Claude Soria, le responsable réglementation et cadre de vie à la mairie, qui les incite à faire preuve de discernement dans la verbalisation.

Une période dont William et Fabien se souviennent avec nostalgie tant ils ont le sentiment d’avoir travaillé avec intelligence. Arrivé fin 2017 chez Streeteo, Fabien se rend à son entretien annuel en avril 2019 avec son supérieur hiérarchique, entretien s’étant déroulé, selon Éric Crayssac « dans un contexte de franchise, de liberté et d’ouverture », ce qui n’est guère étonnant quand on connaît la passion pour son métier de Fabien. Fort logiquement, les notes de ce dernier sont donc excellentes, 4/4 étant le maximum que puisse obtenir un salarié.

Excellent élément en avril 2019. Indésirable en juillet 2019. Comprenne qui pourra !

Un premier incident va doucher l’enthousiasme des deux Streeteomen. Contrairement à ce que Veunac, Lafite et Claverie ont raconté aux foules crédules, lors d’un conseil municipal en mai 2018, les verbalisateurs de Streeteo touchent bien une prime de rendement.

https://jeanyvesviollier.com/2018/05/13/des-elus-menteurs-comme-des-arracheurs-de-parcmetres/

Mauvaise surprise, alors qu’on leur octroyait cette prime quand ils réussissaient à effectuer soixante contrôles de véhicules à l’heure, elle n’est plus versée qu’à partir de quatre-vingts véhicules vérifiés toutes les soixante minutes. Faire de la pédagogie, pour un salarié de Streeteo, c’est l’assurance de perdre désormais sa prime !

« On nous fait payer le fait d’être honnêtes »

On ne rigole pas avec les tirelires municipales.

La nomination d’un nouveau responsable régional, apparemment issu de la grande distribution, change la donne. Alors que le contrat de Streeteo avec la ville de Biarritz arrive sous peu à échéance, faire du chiffre devient la priorité des priorités. William qui est accusé de distribuer moins de FPS que ses collègues, une affirmation apparemment fausse car basée sur quelques jours choisis au hasard, et Fabien qui conteste cette évolution, deviennent les ennemis tandis que l’on encense les vacataires qui distribuent de la prune à tout va.

Le 18 juin, en pleine canicule, William se met subitement à saigner du nez et fait un malaise qui est dûment enregistré par la médecine du travail. William et Fabien demandent à ce qu’on leur fournisse des bouteilles d’eau, ce qui sera fait après quelques réticences.

Et puis le 25 juin, à 16 heures, les deux salariés de Streeteo reçoivent un coup de fil de leur direction, leur signifiant qu’ils sont mis à pied à titre conservatoire et invités à rendre leur matériel et uniforme immédiatement en attendant d’être convoqués pour un entretien préalable de licenciement.

Les deux sont abasourdis, Fabien frôlant même la dépression nerveuse dans les jours qui suivent.

« On nous a fait payer le fait d’être honnêtes » affirme William, tandis que Fabien renchérit : « On était en empathie avec les gens. Ce qui n’était pas le cas des autres »

Des affirmations que je peux corroborer pour avoir vu au travail les deux intéressés à de nombreuses reprises et leur patience à toute épreuve alors que les automobilistes se montraient parfois chagrins.

Un dossier de licenciement ou un guet-apens ?

Quand Streeteo testait son scooter, avant de réaliser qu’il n’est pas fait pour une ville pentue comme Biarritz.

Si William prend les choses avec une certaine philosophie, même s’il est outré des attaques injustifiées portées contre lui, Fabien sort de ses gonds et commet alors l’erreur de menacer par écrit ses collègues en apprenant qu’ils ont fait des témoignages, qui semblent très télécommandés, contre les deux futurs licenciés. Le plus jeune salarié, en particulier, le bon chrétien dénonciateur qu’ils surnomment « Poussin » tant ils ont dû souvent le protéger de la vindicte d’automobilistes en colère, va recevoir de Fabien des messages très violents du genre : « Je suis un petit pédé naturiste qui met du monoï » qui témoignent bien de la souffrance et de l’état de détresse psychologique de Fabien qui se sent injustement exclu.

Des insultes que l’intéressé regrette même s’il estime qu’il n’a fait que répondre aux délations de ses collègues, mais qui sont probablement ce que souhaitait la direction de Streeteo pour couper la tête des deux salariés, dans ce qui ressemble à une provocation grossière.

Le 5 juillet, la Directrice des ressources humaines descend en personne de Paris, avec une liste d’accusation contre les deux malheureux, plus longue que la liste des courses d’une mère de famille de six enfants. On leur reproche de s’être laissé corrompre par les commerçants, ce que les deux salariés démentiront avec aisance, en faisant la liste des passe-droits imposés par leur direction pour ménager les intérêts de tel ou tel. Terrain miné, donc on oublie !

Alors on se rabattra sur le dézonage, c’est-à-dire sur le fait que William et Fabien n’effectuaient pas toujours leurs contrôles dans la zone prévue, une affirmation un peu risible puisqu’ils n’arrivaient pratiquement jamais à joindre leur direction et qu’avec le GPS intégré à leur machine, ils étaient toujours localisables par leur chef de service qui pouvait à tout moment les réorienter sur tel ou tel secteur.

Bien entendu, les insultes de Fabien proférées à l’égard de ses collègues, qui ont porté plainte au commissariat pour injures non publiques, une procédure extrêmement rare compte-tenu du nombre d’accrochages qu’il peut y avoir entre salariés dans une entreprise, deviennent le cœur des reproches formulés contre l’intéressé. Mais alors pourquoi William qui ne semble pas avoir grand-chose à se reprocher en dehors de sa sympathie pour Fabien et d’une altercation avec un automobiliste, subit-il le même sort, si ce n’est par volonté d’éradiquer les deux contestataires de l’entreprise ?

Leur chef de service, Éric Crayssac ayant botté en touche : « Je vous invite à voir ce problème avec la direction » et la direction, contactée par Bisque, Bisque, Basque ! n’ayant pas jugé bon de répondre à mes questions envoyées par mail, il faut donc laisser le temps à la Justice de faire son travail.

Mais que cette affaire sent le délit de sale gueule !

Mail envoyé le 16 juillet à la direction de Streeteo.

La ville de Biarritz indirectement pénalisée

Disons-le tout net, la ville de Biarritz ne semble pas avoir une grande responsabilité dans cette affaire interne à Streeteo. Elle préconise la modération et le bon sens, même si parfois, cela tourne aux « passe-droit » aux dires des deux salariés licenciés. Michel Veunac se fera sans doute un plaisir de détailler la liste de ceux qu’il convient de ne pas de verbaliser.

En revanche, toutes les objections qui avaient été soulevées par les opposants, lorsque Veunac-Lafite et Claverie vantaient les mérites de leur nouvelle politique de stationnement avec Streeteo, s’avèrent totalement exactes.

Tout d’abord, Claude Olive, le maire d’Anglet, se frotte les mains. Il vient de redire à Sud Ouest qu’il n’y aura « jamais un horodateur à Anglet. » Il suffisait de se promener cet hiver et de voir les rues désertes de Biarritz pendant que la Chambre d’amour affichait complet pour comprendre combien ce matraquage financier des automobilistes, voulu par notre trio de penseur, est mortifère pour le commerce. Et, plus drôle encore, Anglet, par le biais de L’Agglomération, se voit ristourner une partie des amendes payées par les malheureux automobilistes qui se sont faits verbaliser à Biarritz. Elle n’est pas belle la vie ?

Mais le problème de fond est encore plus préoccupant. Tandis que Streeteo connaissait beaucoup de difficultés et de contestation au moment de son implantation dans Paris, un certain bon sens semblait prévaloir à Biarritz, grâce notamment à l’intelligence des salariés. Visiblement, le renouvellement du contrat de deux ans approche, et il faut faire du chiffre, remplir encore un peu plus les caisses de la ville en rançonnant les automobilistes. Une politique qui arrondit les fins de mois municipales à court terme mais qui va s’avérer désastreuse à long terme.

D’autant plus que les deux salariés mis à pied actuellement ne sont pas remplacés et que les contrôles sont souvent effectués par un véhicule automobile avec toutes les imprécisions que cela peut amener, comme la non-prise en compte des cartes d’invalidité. Au final, avec cette décision de Streeteo de licencier deux de ses salariés, c’est la Ville qui perd de l’argent.

Bisque, Bisque, Basque ! le répète : il ne faut pas renouveler le contrat de Streeteo et reprendre la main sur le stationnement par le biais de policiers municipaux plus à même de juger de chaque situation. Pour remettre enfin un peu de bon sens dans ce monde de brutes.

 

 

Claverie matraque d’abord et réfléchit ensuite

Consternante intervention de l’adjoint à la Réglementation expliquant à Sud Ouest que la mairie impose le stationnement sans concertation avant de réfléchir et discuter.

Un lecteur de Bisque, Bisque, Basque ! a adressé un message à ce blog en reconnaissant Peio Claverie. C’est à cause de lui qu’enfant, il n’a pas appris le Basque et convaincu sa mère d’arrêter l’ikastola, tellement il était terrorisé par l’enseignant Claverie. On se demande bien pourquoi.

Reconnaissons d’abord une qualité à Peio Claverie, si souvent l’objet de railleries dans ce blog : quand, du fait de son impréparation et de la fronde locale qui perdure, le dossier stationnement sent le roussi et que Veunac et Lafite se planquent, l’adjoint à la réglementation fait front courageusement et répond aux questions des journalistes. Passionnant dossier que celui de Sud Ouest, publié ce matin sous la signature de Raphaëlle Gourin. Les lecteurs peuvent découvrir l’usine à gaz qui est en train de se bâtir autour du stationnement, avec ses cinq zones, ses multiples variantes forfaitaires et, cerise sur le gâteau, se tordre de rire en lisant les réponses pour le moins emberlificotées de Peio Claverie. Bisque, Bisque, Basque ! ne va d’ailleurs pas manquer de lancer un financement participatif pour offrir à l’adjoint à la Réglementation les boîtes d’aspirine qu’il mérite.

Pour commencer, c’est un peu l’histoire du CRS qui se plaint d’avoir mal au bras quand il matraque la tête des manifestants. Peio Claverie essaie d’apitoyer la population sur son dur métier d’adjoint : « C’est d’abord très compliqué à mettre en place ! C’est compliqué pour nous. Et pour les gens aussi ! » Il y avait pourtant un moyen bien facile de se simplifier la vie en créant des zones bleues permettant aux Biarrots de faire leurs courses et en laissant le stationnement gratuit l’hiver quand Biarritz est un village… Mais là, ce n’était sans doute ni assez compliqué ni assez rentable. La Ville rançonne les citoyens de façon éhontée et l’équipe dirigeante voudrait en plus qu’on la plaigne.

Il est fort, ce Claverie !

Le dossier, dans Sud Ouest du 18 mai.

Peio Claverie, qui nous a déjà habitué à ses fulgurantes approximations, enchaîne sur ce qui parait être un gros bobard. « Nous sollicitons Streeteo plusieurs fois par jour quand des problèmes sont soulevés par les usagers et ils sont résolus en direct » Pas de doute, il est vraiment fort, ce Claverie, puisque la direction de Streeteo a été modifiée plusieurs fois et que partout en France les agents sur le terrain se plaignent de ne jamais réussir à obtenir le contact avec leur direction. Mais Streeteo sait visiblement reconnaître qui est important et qui ne l’est pas.

N’étant pas à une contradiction près, Claverie, l’homme qui appelle Streeteo plusieurs fois par jour, fait semblant de découvrir « la prime d’objectif », versée par Streeteo à ses agents. Le vertueux édile s’indigne. Cette politique de stationnement n’a été menée que pour le bien des Biarrots et en aucun cas pour rançonner le contribuable. La plus belle preuve ? « La récolte de FPS part dans les caisses de l’EPCI pas dans celle de la mairie ». Encore mieux ! Ce n’est plus une mairie, mais Ubu-au-pouvoir : on met la ville à feu et à sang, on détruit à petit feu le commerce, on incite les touristes à ne plus venir comme l’a affirmé Michel Veunac à une visiteuse un jour de manifestation, et tout cela pour l’amour du sport, pour faire plaisir à Anglet et Bayonne qui non seulement profitent des touristes éconduits mais en plus touchent de l’argent sur les procès-verbaux payés par les Biarrots. Devant un tel sens de la gestion et une telle défense des intérêts des Biarrots, on ne peut qu’incliner son chapeau bien bas.

Reste enfin le plus drôle pour la fin. « Le système n’est pas figé dans le marbre. Nous interrogerons toutes les parties à l’automne pour améliorer les choses » poursuit l’inénarrable Claverie. Trois pékins, qui ne paient pas leur stationnement en tant qu’élus et dont l’un, Peio Claverie, n’habite même plus Biarritz, décident en catimini, sans même en parler au conseil municipal, de signer un contrat à 1,5 million d’euros avec Streeteo, et, l’automne venu, quand des dégâts irréparables ont été commis et que les touristes, écœurés de s’être fait verbaliser les jours fériés de mai, sont partis à Anglet ou ailleurs, se décident à réfléchir. Et on fait comment pour dénoncer le contrat signé pour deux ans ? Mais quel talent ! Quelle hauteur de vues ! Franchement, ce serait un crime électoral que de ne pas accorder à des élus aussi visionnaires un nouveau petit mandat de six ans en 2020 !

Rendre à Streeteo, ce qui est à Streeteo

De l’avis de tout le monde et même si les prunes tombent actuellement presque intensément que les gouttes de pluie sur les Biarrots, les agents de Streeteo Biarritz ne la jouent pas trop cow-boy aux « pouces magiques », comme se qualifient eux-mêmes les agents parisiens capables de balancer une prune en quatorze secondes, et gardent une certaine humanité malgré leurs obligations chiffrées. Mais Bisque Bisque Basque ! n’a pas été sans noter l’hypocrisie de la mairie qui s’efforce de charger Streeteo quand les choses vont mal. Les recrues biarrotes sont là pour verbaliser… et rien d’autre. Les parcmètres, récupérés à la casse et incapables de fonctionner dans les délais, ce dont personne ne se plaindra, ne sont pas de leur fait. Les adhésifs qui se décollent non plus. Et l’incohérence de la communication de la Ville sur ce sujet, pas davantage.

Des élus menteurs comme des arracheurs de parcmètres

Contrairement à ce qui avait été affirmé en plein conseil municipal, les agents de Streeteo Biarritz touchent bien une prime d’objectif.

Le 8 mai était ensoleillé : Streeteo s’est offert une razzia avec les malheureux touristes qui ont cru, en toute bonne foi, que le stationnement était gratuit un jour férié.

Encore un gros mensonge de la Ville, un de plus diront les Biarrots qui suivent l’actualité municipale. Michel Veunac et ses deux complices Guy Lafite et Peio Claverie nous avaient juré que le contrat passé en douce avec Streeteo n’avait pour but que d’augmenter « le taux de respect » des citoyens pour le stationnement payant. La belle blague ! En effet, un document qui a circulé sur les réseaux sociaux (consultable sur www.indeed.fr) et en particulier sur l’excellente page Facebook « Biarritz notre ville » démontre que nos élus sont prêts à mentir sans vergogne pour faire passer en force ce nouveau plan de stationnement.

Compte-tenu des turbulences autour de Streeteo, les candidats verbalisateurs ne se bousculent pas pour venir se frictionner avec les locaux et les touristes tout l’été. Streeteo doit donc déployer tous ses atours pour convaincre les naïfs qu’ils se préparent à exercer le plus beau métier du monde. Vous admirerez la description du poste, nécessitant « le sens du service et de la relation client ». Qu’en pensent les verbalisés du 8 mai, qui, ignorant de bonne foi que les jours fériés sont désormais payants à Biarritz, se sont vus décerner de jolis FPS à 30 euros ? Si l’objectif de la mairie est de dégoûter les touristes de venir s’agglutiner à Biarritz les jours où il fait beau, alors félicitons-la, car elle est en train de réussir au-delà de toute espérance.

D’autant plus que c’est à la fin de cette annonce que réside l’information qui nous prouve que nous sommes dirigés par de fieffés menteurs.  Dans les conditions financières annoncées, Streeteo se sent obligé de préciser qu’outre la rémunération de 1610 euros mensuels, le justicier verbalisateur, pour peu qu’il fasse cracher la mitraillette à procès-verbaux, se verra doté d’une « prime mensuelle sur objectifs de 250 euros »

Interrogé sur ce sujet, un cadre de Streeteo Paris tente de botter en touche : « Non, ce n’est pas une prime de rendement, car pour l’octroyer nous prenons en compte différents paramètres comme la ponctualité ou la bonne présentation. Mais bien entendu, le nombre de FPS délivrés par l’agent entre aussi en jeu » Nous y voilà ! Michel Veunac, aveuglé par une société qui lui a fait miroiter une cagnotte considérable à encaisser, a signé un contrat qui coûte quatre fois plus cher que le recrutement de policiers municipaux dédiés au stationnement, et, non content de mettre à mal le commerce de sa ville, accepte froidement que les citoyens de Biarritz soient désormais rançonnés par des agents qui dans quelques mois, quand la controverse sur Streeteo se sera éloignée, ne toucheront leurs primes d’objectifs que s’ils se montrent de zélés verbalisateurs. Mais quelle honte !

Sur le même sujet, vous pouvez aussi écouter l’intervention de François Amigorena sur Sud Radio :

https://soundcloud.com/user-693170616/interview-francois-amigorena-sud-radio-stationnement-biarritz-12-mai-2018

 

Constitution d’un comité de salut public : la très bonne idée

Certains lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! s’étonnent que des candidats comme Jacques-André Schneck se déclarent dès 2018 pour les municipales de 2020, ou que des adjoints comme François Amigorena ou Édouard Chazouillères affichent publiquement leurs désaccords avec la politique municipale. Ces citoyens très intéressés par la vie publique ne semblent pas prendre conscience de la gravité de la situation et des dégâts qu’est en train de faire un Michel Veunac à la tête de la Ville. Ce dernier s’apprête en effet à endetter Biarritz, via la Socomix, à hauteur de 70 millions (chiffre officiel annoncé qui finira évidemment autour des 100 millions d’euros) pour rénover l’Hôtel du Palais. Or la Socomix est une coquille vide et c’est bien entendu la Ville qui devra honorer les engagements pris, en cas de désastre comme des attentats qui chasseraient quelques temps les touristes de France. Qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité, ou même extérieurs à l’équipe municipale, tous se rejoignent pour dire qu’il faut absolument empêcher cela.

D’où l’idée de plusieurs grandes figures de la vie politique locale comme Saint-Cricq, Tardits, Amigorena, Chazouillères ou Schneck, de se rassembler en une sorte de « comité de salut public », toutes tendances politiques confondues, pour dénoncer en commun les errances de l’équipe dirigeante actuelle.

Rien n’est encore fait, mais voilà un projet respectueux des intérêts des Biarrots et qui honore la politique. Un projet d’une autre dignité que celui des élus de la majorité qui critiquent Veunac en douce mais le laissent faire en espérant qu’il va se planter et qu’ils pourront se présenter contre lui en 2020.

Le gros bobard de Peio Claverie

Un adjoint au maire qui ment en plein conseil municipal ? C’est à Biarritz et nulle part ailleurs…

Tranquille, à la Cahuzac, Peio Claverie s’est moqué de tout le monde lors du conseil municipal du 23 mars.

Avec sa voix rocailleuse, ses effets de sourcil et son débit posé, l’ancien instituteur Peio Claverie devait exceller quand il racontait « Les trois petits cochons » à ses élèves qui tous se mettaient à chercher le loup sous leurs pupitres. Le seul problème est que l’ancien enseignant est devenu adjoint au maire et que, les yeux dans les yeux, avec un toupet confondant, il continue à raconter aux électeurs biarrots des histoires à dormir debout. Illustration avec le conseil municipal du 23 mars dernier.

Fort malicieusement, Jean-Benoît Saint-Cricq a rappelé que Peio Claverie, opposant dans une vie intérieure, avait signé avec lui le recours juridique contre la Cité de l’Océan. Sortant de sa torpeur, l’élu abertzale estime alors qu’il doit expliquer son évolution. Et il attaque très fort avec le mot « flagorneur » qu’il utilise presque à chaque conseil et, au passage, une belle faute de français qui fait désordre pour un enseignant : « Au titre de paraître pour un flagorneur… »  L’ami Peio doit avoir visiblement la conscience qui le gratte devant sa propre bassesse et il en perd son français.  Il n’y a pourtant nul risque qu’il « passe pour » autre chose qu’un courtisan de la pire espèce, puisqu’il cire les pompes du maire à chaque conseil. Et question brosse à reluire, à part Destizon, il n’y a pas meilleur à Biarritz !

 Peio enchaîne donc : « Je suis heureux que le maire ait fait ce qu’il fallait pour qu’enfin les enfants rentrent dans ce bidule »

Vient enfin le morceau de bravoure du conteur magnifique : « Quand j’étais enseignant, j’avais des consignes écrites de ma hiérarchie qui me disait de ne pas emmener les enfants à la Cité de l’Océan » Et pour que tout le monde partage l’indignation de l’élu qui dit la vérité, Peio de rajouter « Je n’ai jamais vu ça de ma vie ».

L’éducation nationale : « Nous n’émettons jamais d’interdiction »

Le sénateur Max Brisson qui reste un observateur attentif de la vie biarrote émet des doutes au récit de l’ami Peio : « J’ai du mal à imaginer que la Cité de l’Océan ait pu être ciblée et citée » Max Brisson se souvient même avoir discuté avec le recteur de l’époque et « n’avoir entendu aucun argument hostile à l’utilisation pédagogique de l’outil »

Sylvie Cuculou, inspectrice de l’éducation nationale pour Biarritz, en poste depuis trois ans, estime l’affirmation de l’instituteur abertzale « difficilement imaginable » Cette inspectrice, qui est aussi conseillère culture pour le département, se montre très claire : « Je suis pour le libre choix des écoles pour décider des lieux où ils doivent envoyer leurs élèves. Je ne fais pas de marketing touristique, mais nous n’émettons jamais d’interdiction pour fréquenter des lieux de culture, sauf raison de sécurité ». L’inspectrice précise même que dans son équipe, Madame Laxague et Monsieur Strill s’efforcent d’aider les enseignants à proposer des projets pédagogiques à partir des ressources culturelles existantes, comme la Cité de l’Océan.

Pour retrouver cette fameuse note qui aura « marqué à vie » l’ami Peio, le plus simple est donc de se tourner vers l’adjoint puisqu’il est évident que, quand quelque chose vous marque à vie, vous avez tendance à le conserver. Bisque, Bisque, Basque ! s’est donc fendu d’un SMS pour avoir quelques explications :

Mais fort bizarrement, le très volubile Peio Claverie a opté depuis ce SMS pour le silence radio absolu.  Après cet article, il va sans doute se faire un plaisir de nous prouver qu’il n’a pas menti en nous fournissant le document évoqué. Car qui imaginerait  qu’un élu, en public, puisse inventer de toutes pièces une telle histoire pour se faire mousser ?

Domège et Amigorena sonnent la charge

Les deux élus réclament à Michel Veunac de revoir sa copie sur Streeteo.

Et pendant ce temps, Streeteo, imperturbable, poursuit ses essais avec un « scooter à prunes » léger et adapté aux rues en pente de Biarritz, les deux caméras à l’arrière permettant de scanner à grande vitesse les plaques des automobilistes.

Décidément, les mauvaises nouvelles tombent sur le bureau de Michel Veunac presque aussi vite que les contraventions sous l’essuie-glace des malheureux automobilistes biarrots. Alors qu’une partie des commerçants semble se satisfaire des maigres avancées obtenues (lire Sud Ouest du 9 mars) tandis que l’autre partie considère que le nouveau dispositif de stationnement va tuer complètement l’activité commerciale, les élus de Biarritz font un constat très simple : le dispositif technique mis en place par Streeteo ne marche pas et le contrat qui lie la Ville à cette filiale de Vinci doit être suspendu ou dénoncé.

Frédéric Domège, comme tous ceux qui circulent à Biarritz, a pu constater de visu les errances du système Streeteo. Dans son mail adressé au maire, l’élu d’opposition souligne que les agents recrutés sur place font très bien leur travail, contrairement à ce que laisse entendre le maire, toujours prêt à se défausser sur les autres. Mais, compte-tenu des errances du système, il demande de « stopper immédiatement la verbalisation des automobilistes ».

 

François Amigorena, qui a réagi quelques heures après Frédéric Domège et a lu dans « Le Canard enchaîné » la confirmation de toutes ses craintes concernant Streeteo, déplore « le manque de transparence » de la mairie dans ce dossier et demande une résiliation pure et simple du contrat qui lie la Ville à Streeteo.

On espère que d’autres élus vont eux aussi manifester leur mécontentement. À Biarritz, et surtout depuis l’avènement de Michel Veunac, le grand guignol est permanent. Nul doute qu’on va encore avoir du spectacle, le 23 mars, lors du prochain conseil municipal. Comme disait le grand comique Peio Claverie, « On va avoir une semaine ou deux de grogne avant que tout ne rentre dans l’ordre« . Encore raté!

L’homme jamais au courant de rien

Premier magistrat de la ville, Michel Veunac affirme toujours être dans l’ignorance quand ses « coups en douce » apparaissent au grand jour. Démonstration avec un article du « Canard » qui éreinte Streeteo.

Depuis plusieurs mois, Streeteo est dans le collimateur des médias, mais Veunac va affirmer une fois de plus qu’il n’était pas informé.

Les écuries de Bigueyrie ? « Un terrain inconstructible ». Les faits ont montré le contraire.

L’acquéreur de ce terrain ? « Un membre de la Société des Courses de trot ». Les faits ont montré le contraire.

La valeur du terrain. « 545 000 euros selon Les Domaines » Les faits ont montré le contraire.

Qui peut encore croire les élus quand ils alignent autant de contre-vérités en si peu de temps ?

Il y a donc de sérieuses raisons de s’inquiéter quand Guy Lafite – Mozart de la Finance ou joueur de pipeau ? – annonce avoir trouvé un « modèle économique » pertinent sur Streeteo. L’article publié ce matin par « Le Canard enchaîné » a dû sérieusement donner mal à la tête au trio de comploteurs du stationnement payant Veunac-Lafite-Claverie. Et ils n’ont pas fini de se faire du souci car plusieurs médias nationaux sont en train d’enquêter sur Streeteo.

« Le Canard enchaîné » du 7 mars : un numéro à lire impérativement.

Au moment où la délibération sur le stationnement à Biarritz était votée, partout dans la presse fleurissaient des articles sur cette étrange société Streeteo, ses recrutements pour le moins curieux, son matériel techniquement défaillant, et ses méthodes de séduction des villes pour le moins insolites. Mais, c’est bien connu, Veunac ne lit jamais la presse. Et c’est tout à fait par hasard qu’il s’est gardé de donner en public le nom de cette filiale de Vinci et la somme qu’il lui a versée.

On imagine déjà Veunac, avec ces deux comparses arrogants et donneurs de leçons, expliquer lors du prochain conseil qu’ils ont fait confiance à la filiale de Vinci, qu’ils n’étaient pas au courant des problèmes et croyaient avoir affaire à un partenaire sérieux. Et pourquoi pas, comme dans l’affaire des écuries de Bigueyrie, remercier en public Bisque, Bisque, Basque ! d’avoir lancé l’alerte, même s’il est paradoxal qu’un particulier en retraite soit informé de ce que le maire ne sait soi-disant pas ?

Au conseil municipal de jouer !

Bisque, Bisque, Basque !  a reçu depuis hier de nombreux coups de téléphone d’élus qui ont effectivement le sentiment d’avoir été abusés, lors du conseil municipal du 20 décembre.

(https://jeanyvesviollier.com/2018/03/06/retour-sur-un-enfumage-total/)

Malheureusement pour ces élus qui se réveillent soudain, il est trop tard pour demander l’annulation de la délibération, puisque le délai légal de soixante jours est passé.

En revanche, il est manifeste que Streeteo est bien incapable de tenir ses promesses, à Paris comme à Biarritz, et que le matériel utilisé n’est pas au point. Il y a quelques jours, tandis que la police nationale, prenait un malin plaisir à verbaliser la voiture du maire, une fois de plus mal garée, deux agents de Streeteo se livraient à une amusante expérience. Côte à côte, ils testaient la même voiture avec leur appareil. L’une des machines autorisait la verbalisation, tandis que l’autre l’interdisait. Ce n’est plus un stationnement payant mais une loterie municipale !

Dans ces conditions, si les élus du conseil municipal actuel ont Biarritz comme préoccupation prioritaire, au lieu de marcher honteusement au pas, ils seraient bien inspirés de demander une résiliation du contrat souscrit par le maire, puisque ce qui était promis par Streeteo n’est pas respecté.

Ce qui permettrait de remettre enfin l’église au centre du village et le parcmètre à sa place, au lieu de lâcher du lest en catastrophe, comme le fait le maire actuellement, qui est en train d’inventer cinquante tarifs de stationnement différents, histoire de mieux noyer le poisson avec les commerçants et de transformer Biarritz, avec sa zone rouge, sa verte et sa jaune, en ville totalement dissuasive pour le profane.

Avant de décider, on se concerte, on discute, puis on met en place une politique de stationnement permettant de faire la guerre aux voitures ventouses et d’augmenter le « taux de respect » si cher au maire, au moins les jours où il n’est pas lui-même au volant. Le but étant de créer une véritable « pédagogie du stationnement », sans pour autant tuer le commerce dans la ville. Et quoi de mieux dans ce cas-là que de faire appel à des policiers municipaux ou des Agents de Surveillance de la Voie Publique (ASVP), au lieu de privatiser le stationnement avec les conséquences que l’on peut imaginer ? Une solution qui permettrait d’économiser sur deux ans plus d’un million d’euros.

Chiche ?

Le mécano Michel resserre les boulons

Péril oblige, une réunion de la majorité s’est déroulée hier soir pour tenter de calmer les grognements des godillots de la majorité que ce soit sur le stationnement ou sur le local à Kleber, appartenant au promoteur Mindurry, que Veunac et Lafite persistent à vouloir racheter. Et pour couronner les festivités, Veunac a annoncé pour ce vendredi après-midi une « réunion de recomposition » de la majorité.

Réunion de « décomposition de la majorité », ça ne faisait pas assez chic ?

Retour sur un enfumage total

Lors de la délibération du 20 décembre sur le stationnement, Veunac ne parle ni de Streeteo ni du coût de l’opération, soit 1,5 million d’euros sur deux ans. Du grand art !

Veunac a mis 1 384 637 euros sur la table pour un contrat de deux ans avec Streeteo. Mais il s’est bien gardé d’évoquer la somme ou le nom de la société en plein conseil municipal.

Veunac plus fort que Chirac ! Si l’ancien président du RPR était surnommé « Monsieur dix minutes, douche comprise » par son bataillon de secrétaires, qui ne pratiquaient le « balancetonporc » qu’auprès de quelques journalistes amis, le maire de Biarritz, qui a dû être apiculteur dans une vie antérieure pour être ainsi devenu le roi des enfumeurs, a réussi en huit minutes, vote à l’unanimité compris, à faire avaliser à l’équipe municipale un plan de stationnement absurde et ruineux. En se gardant bien de donner aux intéressés la moindre information susceptible de leur permettre de comprendre les enjeux de la partie qui se jouait.

Chacun pourra vérifier cette affirmation, puisque le conseil municipal du 20 décembre dernier est toujours à portée de clic et que tout se joue entre 3h26’ et 3h34’.

https://www.youtube.com/watch?v=nRZiXE9WEa0

L’objectivité oblige à reconnaître que, contrairement à l’ancien Président de la République qui avait l’effusion sommaire et le reculottage rapide, notre Michel Veunac, que le monde entier nous envie, a soigné quelque peu les préliminaires en amusant la galerie sur l’extension de la zone de stationnement de 3h09’ à 3h25’. Seize minutes de câlinothérapie municipale où Peio Claverie explique recevoir de nombreuses lettres de Biarrots souhaitant que leur quartier devienne payant (sic !) pour éviter les voitures-ventouses tandis que Jean-Benoît Saint Cricq exprime haut et fort son étonnement et pronostique (à juste titre) un mouvement de colère. Sur cette délibération, l’opposition votera contre et Hervé Boissier s’abstiendra.

Une présentation elliptique, voire mensongère

Mais le grand numéro de virtuose commence ensuite. Il faut d’abord se souvenir du contexte de ce conseil municipal très particulier du 20 décembre. Après des semaines de tohu-bohu sur la vente des écuries de Bigueyrie, Veunac décide de retirer de la vente le terrain litigieux. Ce qui permet à l’opposition de s’en donner à cœur joie et à la majorité d’affirmer qu’elle est plus unie que jamais derrière son maire. Défense de rire !

Peio Claverie milite pour des parcmètres « intelligents et modernes ». Tout comme lui…

La délibération 22, intitulée « Dépénalisation du stationnement payant sur voirie : autorisation de signature des conventions de mandat et convention pour la gestion des forfaits post stationnement » arrive au bout de 3h30’ de conseil. Tout le monde ne pense plus qu’à l’imminente pause-pipi ou aux vacances prochaines, ce qui va permettre à Mimi l’embrouille ce numéro de haute-voltige, avec la complicité du faire-valoir Claverie. « L’Abertzalo », comme le surnomme ses copains indépendantistes, prévient tout de suite le conseil que « le dossier est très technique et pas très sexy ». Il poursuit ensuite son numéro de clown blanc en interpellant Madame Pradier, qui a l’impudence de bavarder avec sa voisine pendant que le grand homme intervient, avant de conclure, avec un culot phénoménal « J’appelle à un peu plus de vigilance » Sûr que si on avait expliqué aux conseillers que la Ville s’apprêtait à claquer 1,5 millions d’euros pour un contrat de deux ans, le silence se serait fait dans les rangs ! L’inénarrable Claverie se contente d’évoquer pour ces amendes une « sécurité pour le citoyen avec des horodateurs intelligents et modernes », tandis que Veunac, patelin, explique ensuite que dans « les 60 horodateurs de la Ville des éléments nouveaux vont être intégrés »

Le trio infernal Veunac-Lafite-Claverie, qui a fomenté ce complot parle au conseil municipal d’Indigo, une société bien connue à Biarritz, sans jamais prononcer le nom de Streeteo qui aurait fait sursauter nombre d’observateurs. De la même façon, Veunac évoque les 200 000 euros investis pour mettre à niveau les parcmètres. Mais ce grand pudique oublie juste de dire qu’il a mis en plus 1 384 637 euros sur la table en signant un contrat de deux ans avec la société qui balance des prunes plus vite que son ombre. Qui va croire à une maladresse ou une étourderie du maire face à ces omissions délibérées ?

Et le 15 février, lorsque le conseil approuve le procès-verbal, même silence pudique sur les sommes engagées. Du grand art, on vous dit, qui a permis de duper des conseillers municipaux aussi aguerris que Jean-Benoît Saint-Cricq, Frédéric Domège ou Maïder Arosteguy, qui auraient réagi tout à fait autrement si on s’était donné la peine de leur communiquer un minimum d’informations sur ce dossier.

L’Agglo fait silence radio

La majorité municipale n’a pas eu droit elle non plus au moindre éclaircissement sur le sujet, comme Bisque, Bisque, Basque ! l’a écrit il y a deux jours. Ce qui est bien dommage, car il se serait trouvé certainement un petit malin qui aurait joué de la calculette. Pour rentabiliser les 750 000 euros versés chaque année, il faut dresser annuellement 37500 procès-verbaux à 20 euros. Certes, les automobilistes, quand la prune atterrit sous l’essuie-glace beaucoup plus vite que le ticket ne sort de l’horodateur, ont tendance à mettre un peu plus d’argent dans le parcmètre qu’auparavant, ce qui enrichit la Ville. Mais avant d’atteindre cette somme…

https://jeanyvesviollier.com/2018/03/04/ces-adjoints-qui-decident-les-yeux-bandes/

Comme la plus grande partie du Forfait Post Stationnement (FPS) est récupérée par l’Agglo, partons de l’hypothèse, sans doute hautement optimiste, où 10 euros reviendraient à la Ville. Ce sont alors plus de 70 000 contraventions qu’il faut dresser pour équilibrer les comptes. Une folie totale dans un village comme Biarritz.

Bisque, Bisque, Basque ! ne peut se montrer guère plus précis sur les chiffres, car, comme tous les élus de la majorité, qui ont dû faire confiance et voter pour un projet sans que le moindre élément de réflexion ne leur soit communiqué, ce blog s’est heurté à un parcmètre en béton armé lorsqu’il a voulu savoir comment s’effectuait la répartition des FPS entre l’Agglo et la Ville.

Interrogée le 21 février à 15h17, et malgré des relances tous les deux jours, l’Agglo opte pour le silence radio, avant de m’annoncer hier par téléphone qu’elle « ne souhaite pas communiquer sur le sujet » Une telle opacité est-elle vraiment normale dans une démocratie ?

Un choix économique aberrant

Je vais encore me faire quelques copains du côté des membres de l’association Ramdam 64-40, mais il n’est rien de pire qu’un énarque qui se met en tête de vendre des congélateurs à des esquimaux. Lorsque les élus tentent de questionner le Mozart des Finances Guy Lafite sur cette nouvelle politique de stationnement, l’adjoint sentencieux coupe court à la conversation d’un péremptoire : « On a trouvé un modèle économique ». Avant de rajouter, les jours de loquacité extrême « Et moins on en parle, mieux ce sera ». On le sait, Streeteo a promis une pluie d’or qui va se déverser sur les villes, ce qui explique son implantation étonnamment rapide dans des grandes métropoles comme Paris où Strasbourg. On le sait aussi, la société essuie un déluge de protestations pour son système informatique qui ne marche pas bien et doit subir des démissions en cascade (17 départs à Strasbourg, la semaine dernière). Et l’on finit par se demander, tant les chiffres restent improbables et le modèle économique incertain au vu des dégâts qu’il fait dans les villes, si le trio infernal Veunac-Lafite-Claverie, n’a pas mordu un peu vite à l’appât qui lui était tendu.

La très modérée Association des Maires de France a multiplié les notes sur la nouvelle réglementation du stationnement. Elle rappelle que des Agents de Surveillance de la Voie Publique (ASVP) et les policiers municipaux peuvent remplir ce rôle tout aussi bien que des agents salariés d’un prestataire.

 

Un rapide calcul laisse un peu songeur sur « le modèle économique » dont se gargarise Lafite. L’actuelle brigade Streeteo sur Biarritz se compose de deux salariés touchant le salaire minimum et d’un cadre à environ 1500 euros par mois. Trois vacataires sont prévus en renfort pendant les quatre mois estivaux, soit l’équivalent d’un poste annuel. Avec les charges patronales, la masse salariale se situe donc nettement au-dessous des 150 000 euros annuels. Difficile de croire que les 600 000 euros d’écart avec l’option Streeteo, se justifient par la quincaillerie défaillante fournie par le prestataire ou par les frais d’écriture pour ceux qui « oublient » de payer.

À Biarritz, on pouvait donc faire beaucoup mieux pour beaucoup moins cher.

Anecdote qui fera sans doute rire jaune les futurs verbalisés, à Paris, les Streeteo se surnomment entre eux « les pouces magiques » et affirment être capables de verbaliser en quatorze secondes. Mais contrairement à des policiers municipaux qui tout en verbalisant font au quotidien un travail de quadrillage, d’information et de prévention, signalement d’un dépôt d’ordures illicites ou d’un SDF en difficulté, les cow-boys de Streeteo, pour certains ex-fichiers S, fumeurs de shit ou inconnus au fichier des permis de conduire, n’amènent rien en dehors du matraquage des automobilistes.

Alors que Veunac, dépassé par la fronde qu’il a lui-même provoquée, lâche du lest avec les commerçants et les salariés travaillant à plein temps sur Biarritz, n’importe quel observateur de la vie publique, au vu des éléments de réponse collectés et du coût de l’opération, est bien obligé de se poser les deux seules questions qui vaillent dans ce dosser traité une fois de plus avec une opacité magnifique : Pourquoi cette présentation totalement fallacieuse en plein conseil municipal ? À qui profite le crime ?

À coup sûr pas aux Biarrots !