Le conseil de classe des élus biarrots

Conseil municipal Biarritz

Avril 2014 : c’était la rentrée des classes pour l’équipe municipale, le temps des cahiers neufs et des bonnes intentions affichées. Depuis, en dehors de quelques révélations, beaucoup ont montré leurs limites et certains ont franchement déçu, à commencer par le premier magistrat de la Ville.

Alors que l’année scolaire se termine, Bisque, bisque, Basque ! a eu l’idée d’organiser avec quelques passionnés de vie publique le conseil de classe de l’équipe municipale de Biarritz. En se contentant de noter ceux qui participent, car entre les godillots de la majorité qui votent comme on leur demande et les opposants venus faire de la figuration, les citoyens qui suivent tous les conseils municipaux depuis deux ans, ne connaissent pas encore le son de la voix d’un bon tiers de l’assemblée. Revue de détail des progrès et difficultés de chacun.

 FÉLICITATIONS

Saint-Cricq◊ Pertinent, responsable et nuancé, il mérite largement les félicitations du jury. Jean-Benoît Saint-Cricq s’épanouit complètement dans le système Veunac qui laisse la parole à chacun, alors que les échanges avec Didier Borotra finissaient toujours par des éclats de voix et… un micro coupé par l’ancien maire. Pas toujours compris des Biarrots, le premier opposant est pourtant le seul à avoir incontestablement les épaules pour être maire en 2020, alors que la situation financière de la Ville reste délicate. Quand va-t-il vaincre la malédiction qui semble le poursuivre et le cantonner au rôle d’éternel opposant ?

ENCOURAGEMENTS

◊ Elle est loin la conseillère timide et empruntée qui rejoignait le conseil municipal en 2008 et ne savait plus très bien si elle était de l’opposition ou de la majorité ! Coincée par son mandat départemental, qui l’oblige à une certaine réserve, Maïder Arostéguy a fait d’énormes progrès et réussit à faire entendre sa voix et sa différence. Dotée de pragmatisme, de bon sens et de qualité d’écoute, Maïder a tout pour réussir en politique. Avec en plus un nom de famille qui n’est pas pour déplaire aux Biarrots.

◊ Partagé entre son activité de médecin et sa passion pour le surf, Guillaume Barucq ne rêvait sans doute pas en 2013 de devenir adjoint du maire. La première année, déconcerté sans doute par les critiques de ceux qui l’avaient poussé à se présenter, il a un peu flotté, avant de redevenir lui-même et de se montrer très intéressant, avec des points de vue personnels et courageux que ce soit sur l’écologie, la fiscalité, l’EPCI ou les compteurs Linky. Précieux dans une équipe, car il dit ce qu’il pense.

RÉVÉLATIONS ESPÉRÉES

Castagnede◊ Subtile et intelligente, Jocelyne Castaignède a l’œil vif des gens qui comprennent tout mais ne jugent pas forcément utile d’exprimer à voix haute leur ressenti. Parfois, quand Michel Veunac parle, son air entendu en dit long sur ce qu’elle pense. On aimerait que la deuxième adjointe chargée de la Culture sorte un peu de sa réserve et intervienne plus, car on devine un joli potentiel.

Amigorena◊ Bisque, bisque, Basque! a eu quelques prises de bec avec François Amigorena, mais l’homme est intelligent, a des capacités oratoires et des idées. Seul problème, il n’a pas de troupes pour le moment et se retrouve dans une situation inconfortable après s’être engueulé avec Lafite et Veunac. S’il réussit à fédérer autour de lui, il peut devenir une composante intéressante de l’élection de 2020.

Daguerre◊ Passionnée par son métier de médecin, Régine Daguerre consacre le temps qui lui reste au social et aux dires de tous réussit remarquablement dans cette tâche. Claire et carrée dans ses convictions, on la verrait très bien occuper un poste plus important dans la prochaine équipe municipale où sa capacité de travail ferait merveille.

 TABLEAU D’HONNEUR

Claverie◊ Il a les convictions changeantes et ses ennemis parleront d’opportunisme quand lui évoquera un simple pragmatisme. Peio Claverie a incontestablement un vrai talent politique et le système Veunac, avec un maire dépassé qui ne dirige pas grand-chose, fait de lui une pièce majeure de l’équipe municipale. Pour ces raisons, il aurait pu nous épargner quelques numéros de flagornerie publique à l’égard de son maire adoré qui ne sont pas dignes de lui et ne dupent personne.

Blanco◊ Aussi réservée en public que Peio Claverie est exubérant, Jeanine Blanco a une très noble idée du rôle d’un élu et fait son job avec ferveur. Toujours présente dans les manifestations publiques, toujours à l’écoute des gens, elle rend sympathique la politique, ce qui n’est pas un mince compliment. Précieuse dans une équipe pour sa disponibilité.

 ◊ Mélangeant parfois allègrement le municipal et le national dans sa détestation de l’actuel gouvernement socialiste, Frédéric Domège a le mérite de faire avec constance et application son métier d’opposant. Comme la droite est totalement divisée à Biarritz, surtout depuis les élections départementales, Frédéric a rarement l’occasion de travailler en équipe et cela se sent parfois dans ses interventions de franc-tireur.

Pinatel◊ Mais quand donc les femmes obtiendront les places qui leur reviennent de droit en politique ? Anne Pinatel a des idées, de la personnalité, de la trempe comme en témoigne son opposition à une hausse de la fiscalité locale, mais n’intéresse guère les machos de cour d’école de ce conseil municipal. Dommage, Biarritz aurait bien besoin de personnalités comme elle.

Boissier◊ Voilà un vrai malin, qui sait poser les bonnes questions en ayant l’air de ne pas y toucher. Engoncé dans une majorité municipale où les conseillers municipaux ont peu l’autorisation de s’exprimer, Hervé Boissier a osé, à propos de la prise en charge des frais de justice de Xavier Blaisot et Didier Borotra par la mairie, demander si les deux cas pouvaient être dissociés. Et on a même vu un ange traverser la salle du conseil municipal, les ailes chargées de procès-verbaux.

 APPLIQUÉ, MAIS PEU DOUÉ

◊ Il n’a même plus besoin d’ennemis politiques avec tous ses amis de la majorité municipale qui ne supportent plus ses indécisions chroniques, ses discours sentencieux et ses colères répétitives. À l’image de François Hollande, Michel Veunac a revêtu un costume dix fois trop grand pour lui. Alors, il gère la ville en petit boutiquier sans aucune vision d’avenir et, faute d’imagination, multiplie les bêtises comme la non-réorientation de la Cité de l’Océan ou le grignotage du Parc des sports d’Aguilera. Alors oui, Michel Veunac est plutôt sympathique et fait encore rêver quelques mamies biarrotes, mais est-ce suffisant pour diriger une ville aussi complexe que Biarritz ? D’autant que quelques flatteurs l’ont d’ores et déjà convaincu qu’il devait se représenter en 2020, époque où il n’aura « que » 74 ans. Malin, il annonce qu’il va se débarrasser de Lafite et des abertzale pour « ouvrir à droite ». Il n’y a que Brisson pour le croire, mais pour Veunac comme pour nous, tout plutôt qu’une nouvelle candidature !

 PEUT MIEUX FAIRE

◊ Par son parcours singulier de sportif de haut niveau et de chef d’entreprise formé à l’école américaine, Richard Tardits aurait pu constituer un renfort de poids pour une majorité municipale. Auteur d’une magnifique campagne électorale en 2014, il s’ennuie visiblement dans un rôle d’opposant qui n’est pas fait pour lui, alors qu’il a dix idées quand Veunac n’en a pas une. Quel dommage !

◊ Après des bons débuts, Bénédicte Darrigade, qui avait pris l’initiative malheureuse de s’allier à Louis Vial pour les élections départementales, s’est petit à petit étiolée. Accaparée par ses activités professionnelles, elle est devenue plus discrète, alors qu’elle a du sens pratique et de la pertinence quant à l’avenir de Biarritz. Si l’envie de « faire le job » d’opposante lui revient, elle réussira à coup sûr.

 DÉCEPTION ÉVIDENTE

◊ Talentueux et doté d’une belle intelligence scolaire, Guy Lafite pourrait être un élément brillant de cette assemblée, s’il ne se montrait pas aussi hautain et méprisant. D’autant que ses résultats, même s’il amorce incontestablement le redressement financier actuel de Biarritz, ne plaident pas toujours en sa faveur. Qui sous Borotra nous a vanté les vertus de ce PPP désastreux souscrit pour la Cité de l’Océan ? Le bobo en cachemire déteste viscéralement Michel Veunac, mais se croit obligé de faire semblant en public, ce qui n’est pas très respectable. Il s’affirme aussi de gauche, mais ne manifeste jamais dans ses discours la moindre fibre sociale, ce qui est encore pire.

◊ Et on en arrive au plus gros ratage de ce groupe municipal ! Max Brisson avait toutes les qualités requises pour être maire et, ce qui est légitime, il a eu du mal à se remettre de son échec. Mais sa boulimie politique l’entraîne à vouloir être systématiquement candidat à tout, sans se soucier des contradictions que sa lubie électorale du moment peut provoquer et des dégâts faits à son image dans l’opinion publique. Contrairement à Jean-Benoît Saint-Cricq, Max Brisson a toujours bâclé son travail de premier opposant, multipliant les absences, les calculs à court terme ou les déclarations plus ou moins alambiquées. Une conception de la politique d’un autre temps.

 RÉORIENTATION SOUHAITABLE

Haye◊ Certes, les socialistes sont bien pâles en ce moment, mais être à ce point diaphane ! La dixième adjointe, Ghislaine Haye est l’alibi de gauche de Veunac et par son absence d’idées et son inexistence, alors qu’elle a visiblement une très haute idée de sa personne, elle réussit à faire de la transparence un art !

◊ Il fait partie de l’équipe municipale depuis le XIXe siècle ou presque, mais l’expression « homme public » n’a visiblement pas été inventée pour lui, car il traîne un ennui visible en conseil municipal, préférant agir en coulisses. Féru de pelote, Michel Poueyts devrait songer à passer la main…

◊ Il s’était fait remarquer, pendant la campagne électorale, en voulant « pendre à des crocs de boucher », les journalistes qui disaient du mal de son camp. Au vu du niveau infantile de ses interventions au conseil municipal, il est probable que le jeune Édouard Chazouillères, qui est le seul à penser qu’un brillant destin politique l’attend, a confondu un croc de boucher avec une épingle à nourrice.

◊ Ce gros malin qui s’imagine qu’on n’a pas remarqué ses manigances, s’arrange toujours pour parler le dernier, truffant ses propos de chiffres pour rappeler qu’il est un brillant économiste, ou de références culturelles qu’il étale comme de la confiture. Patrick Destizon ne voit pas qu’il rase tout le monde avec son ego mal contenu et ses propos décalés. Si Didier Borotra a une place dans sa maison de retraite…

(En photos, le premier de la classe et les conseillers municipaux les moins connus du grand public)