Ne tirez pas sur les lampistes…

Ni Motsch, ni l’urbanisme ne sont responsables du fiasco de la vente ratée du domaine de la Bigueyrie. Tout donne à croire que ce dossier était piloté par Veunac et lui seul.

Décidément ces écuries de Parme ressemblent de plus en plus à des écuries d’Augias et le parfum nauséabond qui en émane ne vient pas que du crottin des chevaux. Le cavalier acrobate qui caracole à la tête de la mairie a juste mis quatre jours pour franchir l’obstacle et annoncer, droit dans ses bottes, qu’il annulait la vente du domaine (« Sud Ouest », 2/12). N’est décidément pas Bartabas qui veut !

Et, après cette série d’approximations, l’on commence à deviner quelle va être la ligne de défense de Michel Veunac, relayée abondamment auprès de tous ceux qui le croient encore, ou du moins font semblant. Dix coups de téléphone, aimablement passés à Bisque, Bisque, Basque ! de la part d’interlocuteurs pliés de rire, racontent exactement la même chose. Michel Veunac adore larmoyer : « Ce poste de maire est dur. Tellement dur ! J’ai pris une équipe trop jeune et en réalité, je suis obligé de tout faire. Si j’avais été un peu plus aidé, cette histoire ne serait jamais arrivée. Je prends conscience que mon service de l’urbanisme n’est pas à la hauteur. Quant à Motsch, si elle suivait ses dossiers au lieu d’être toujours absente, ça ne serait pas arrivé ».  Autrement dit, tout le monde est coupable, sauf moi. Une contre-vérité évidente dans ce dossier, piloté de A à Z par le maire et lui seul.

Opposition et majorité unis contre le maire

Dans cette affaire qui sent effectivement très fort, il convient d’abord de féliciter Frédéric Domège. Avec son métier et ses années passées aux affaires, le conseiller d’opposition a eu le flair de deviner que quelque chose n’était pas clair dans cette histoire. Il est sûr que sans ses remarques le 29 septembre, lors du conseil municipal, jamais Bisque, Bisque, Basque ! n’aurait eu l’idée d’enquêter et tout le monde se serait fait berner. Au fur et à mesure des révélations apportées par ce blog, les téléphones portables ont chauffé entre les membres de l’opposition et de la majorité. Les échanges ont été nombreux, l’indignation vive et la consternation totale.

Samedi matin, l’opposition a trouvé le temps de se réunir pour arriver au même constat que la majorité quelques heures plus tôt. Michel Veunac n’a cessé de mentir et l’urbanisme n’a évidemment aucune responsabilité dans ce fiasco. Comme dans toutes les villes de France, les services municipaux de Biarritz, qui abritent d’indéniables compétences, ont fait ce qu’on leur a demandé de faire. Qui peut croire une seconde que l’urbanisme aurait mis sous le coude une proposition supérieure de 105 000 euros sans en parler au maire ? Et Nathalie Motsch, contrairement à ce que dit Veunac, travaille dur… sur les dossiers qu’on lui confie.

Passionné par le béton, comme ses prédécesseurs

S’estimant trahie par le maire, Nathalie Motsch raconte dans Sud Ouest le fonctionnement bien particulier de la majorité municipale.

Sociologue de métier, Michel Veunac devenu maire aurait dû fort logiquement s’intéresser à l’image de la Ville, à la communication, au rayonnement international de Biarritz. Allez comprendre pourquoi, comme ses prédécesseurs, une fois revêtu de l’écharpe tricolore, il s’est soudain pris de passion pour le béton.

Ne voulant pas porter le chapeau dans une affaire où les faits ont démontré qu’elle n’y était pour rien, l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch met en lumière des pratiques inacceptables au sein de la majorité municipale dans Sud Ouest du 2 décembre. Dans le dossier de la cession des écuries de Bigueyrie, comme dans d’autres dossiers majeurs, (Bisque, Bisque, Basque ! vous promet d’autres surprises de taille sous peu), l’adjointe à l’Urbanisme est soigneusement tenue à l’écart et le dossier devient une « chasse gardée » du maire. Est-ce un fonctionnement logique dans une ville d’importance ? Et que cache cette pratique monarchique ?

Des mensonges en série

Même si vous êtes peu au fait de la vie publique, vous pouvez vous poser une question simple. Comment se fait-il qu’un simple citoyen qui ne connaît pas grand monde à Biarritz puisse avoir en quelques minutes et trois coups de téléphone des informations que le maire officiellement ignorait ? Qui peut croire cela une minute ?

Écoutez et réécoutez la vidéo du conseil municipal du 29 septembre 2017. Veunac sait et tente de passer en douce. Et pour ce faire, il envoie son adjointe en première ligne.

Deux mensonges le prouvent :

Quand Veunac répond officiellement à Bisque, Bisque, Basque ! il précise que l’estimation des Domaines s’élève « à 545 000 euros et non 920 000 euros ». Comme si ce dernier chiffre sortait de nulle part ! Mais il ignore à ce moment là qu’une lettre en notre possession et signée de sa main prouve que quatre mois plus tôt, le domaine de la Bigueyrie était encore estimé à 920 000 euros. Une estimation, qui, au vu des informations connues sur la constructibilité de la parcelle, semble on ne peut plus raisonnable.

Et puis, il y a l’ultime mensonge de Veunac à sa majorité pour tenter de sauver sa peau. Quand Nathalie Motsch l’accuse publiquement de ne pas l’avoir informée, Veunac se garde de contredire son adjointe mais cherche à faire croire que l’offre du promoteur Jérôme Rey est arrivée après le conseil, alors que le tampon de la mairie et le certificat du directeur général des services démontrent le contraire.

Alors vous croyez toujours à une simple erreur de l’urbanisme et à un malheureux concours de circonstances ?

L’embarras de la mairie d’Anglet

Et cette affaire pue tellement que la mairie d’Anglet, vendredi dernier, botte en touche. Questionnée par un simple citoyen qui aurait pu, après tout, vouloir se porter acquéreur, elle refuse de communiquer un chiffre aussi simple que les possibilités de construire sur la fameuse parcelle en question.

Le mail adressé par Bisque, Bisque, Basque! à la mairie d’Anglet. La question posée était pourtant simple. Elle n’a pas eu de réponse.

« C’est une affaire purement biarrote. La mairie ne veut pas s’en mêler » affirme un peu gêné le responsable de la communication Philippe Hemmert. On a connu Claude Olive plus inspiré en d’autres temps. À moins que la présence de Jacques Veunac, frère de Michel, au poste d’adjoint, ne l’incite à la discrétion sur ce terrain tellement attractif. Finalement, les grands secrets des politiques ne durent jamais bien longtemps et l’on apprendra très vite que la possibilité totale de la parcelle constructible s’élève bien à 1283 m2. À 545 000 euros, c’était le jackpot assuré pour l’acquéreur… ou son commanditaire.

Testard avoue à demi… puis se rétracte

Bertrand Testard est décidément un garçon changeant. Vendredi, sur sa page Facebook, il écrit : « Vous êtes tous béats devant les écrits de Monsieur Viollier qui se complait à patauger les deux pieds dans la merde ». À quelques mots près, ce que dit le maire.

Samedi, sans doute, un peu paniqué par les propos de Jimmy Malige, publiés la veille, il lâche une bombe, adressée à Bisque, Bisque, Basque !

 

Dimanche, après avoir pris conscience à retardement de ce qu’il vient d’écrire, ou s’être fait morigéner sérieusement par qui de droit, il rétropédale furieusement.

Mais le propos est intéressant et tout le monde remarquera vers qui Monsieur Testard dirige les projecteurs, les « élus ou des spécialistes de l’immobilier ». Mais pourquoi donc un « spécialiste de l’immobilier » serait concerné par cette affaire municipale ?

Et l’on en revient à la personnalité de celui qui a failli acquérir le terrain. Il suffit de discuter dix minutes avec l’intéressé pour comprendre. Jimmy Malige vient d’arriver dans la région et ne connait personne, mais il est allé dénicher un terrain bien caché du côté de Parme sans qu’aucune annonce immobilière ne paraisse. Le même affirme n’avoir jamais su que ce terrain était constructible, ce qui est possible vu son inculture de la région. Il voulait rénover les bâtiments existants, faire huit appartements et avait deux ou trois personnes qui lui avaient promis de l’aide.

Imaginons qu’un grand nom du bâtiment se soit porté acquéreur de la parcelle. Évidemment, tous les conseillers municipaux auraient suivi de près cette cession. Et le pot aux roses, sur cette pépite cachée, aurait été découvert. Tandis qu’avec un inconnu, présenté comme membre de la Société des Courses de Trot, ce qui n’était pas vrai au moment de la transaction, tous les membres du conseil municipal avaient le sentiment d’aider la société sportive.

Si « un de ceux qui lui avait promis de l’aide », avait racheté en 2021 ou 2022, le bâtiment rénové par Jimmy Malige, il pouvait ensuite bâtir 874 m2 de foncier neuf et faire une magnifique culbute. Même en laissant un petit bénéfice à l’acquéreur initial.

Une hypothèse d’école ?

Il est totalement ahurissant que le candidat présenté par Bertrand Testard, inconnu de tous rappelons-le, n’ait jamais été reçu à la mairie avant que Bisque, Bisque, Basque ! ne s’intéresse à l’affaire. Ou alors Monsieur Testard a une sacrée influence dans cette ville ! Vous vendriez, vous, votre appartement à quelqu’un que vous n’avez jamais vu sans même savoir s’il dispose de la surface financière pour le faire ? Si l’urbanisme ne s’est pas inquiété et a dérogé à ses pratiques courantes, c’est bien parce quelqu’un lui a dit de ne pas s’inquiéter. Encore plus révélateur, Jimmy Malige est convoqué lundi dernier à la mairie (où il met les pieds pour la première fois) et on lui suggère soudain de dire qu’il va raser les bâtiments existants. Pourquoi ? Parce que dans ce cas-là la possibilité à construire retombera à 874 m2 au lieu de 1283 et que la « boulette » paraîtra plus acceptable. Si on était sur une simple erreur administrative et une mauvaise estimation du terrain, aurait-on fait tout cela ? Agacé par cette affaire où il regrette d’avoir mis les pieds, le jeune promoteur refuse à juste titre le « témoignage orienté » qu’on lui demande.

Espérons maintenant que la Justice va s’intéresser à cette affaire pour éclaircir les zones d’ombre soulevées par Bisque, Bisque, Basque ! Un souhait que partagera sans doute Michel Veunac, ce chantre absolu de la transparence.

Et pendant ce temps, Veunac pense à 2020 !

Il y a décidément du Hollande chez Veunac ! Début décembre 2016, le seul souci de l’ex-Président de la République était de trouver le moyen de se faire réélire. Notre Michel Veunac bien à nous est tellement convaincu de faire un mandat étincelant qu’il ne parle déjà que de sa réélection. Cette fois, c’est promis, il va se débarrasser de cette majorité éclectique et turbulente qui ne lui vaut que des ennuis et faire une nouvelle alliance au centre et à droite. Et il promet déjà des postes aux imbéciles prêts à le croire. Heureusement, les jeunes talents de la majorité sont en train de comprendre que leur carrière politique pourrait bien se terminer en 2020 avec un tel guide suprême. Il était plus que temps, car la situation de Biarritz mérite autre chose qu’un beau parleur spécialiste du cataplasme verbal et de l’étude inutile pour gagner du temps.

Sur Twitter, un certain Michel VIEUNAC sévit depuis peu. Et quand on regarde les abonnés, on découvre nombre de figures de la vie politique locale. Une parodie qui va faire grincer quelques dents.