Des essais racés

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Wesley Fofana qui brille et Nadine Morano qui trépigne. Merci le XV de France pour cette très belle réponse.

Ils sont chambreurs, ces Bleus! Certes la Meurthe-et-Moselle n’est pas spécifiquement une terre de rugby et la has been de race blonde Nadine Morano n’était probablement pas devant son téléviseur vendredi soir, mais ils n’ont pas oublié de lui envoyer un signal très clair. Eux qui ont toujours un mal fou à marquer à l’entame du match, ont réussi à envoyer en terre promise le bleu Fofana, un Français qui n’est pourtant même pas de race blanche, dès la quatrième minute. Et, comme si ça ne suffisait pas, après un  essai collectif à la 28e minute, c’est Slimani, le pilier qui joue comme un ailier… de la première ligne qui s’offrait à la 38e minute, son deuxième essai de la Coupe du Monde. Si après cela, et le spectacle des pénalités réussies par Hirayama, un ouvreur canadien aux yeux bridés, Nadine Morano ne renonce pas aux élections régionales, faute d’évoluer dans son racisme bébête, c’est à ne plus rien y comprendre!

Pour son troisième match, le bien nommé XV tricolore a montré que contrairement aux politiques, il pouvait jouer sérieux et livrer une partie aboutie, face à une équipe canadienne au jeu plaisant qui a paru dotée de plus de qualités que l’Italie. Michalak dans un grand jour, Spedding et Dulin, complices comme jamais dans les relances, ont mis le feu au Stadium Milton Keynes, tandis que devant, à l’image d’un excellent Thierry Dusautoir, tout le monde envoyait du bois face aux bucherons canadiens.

Cette Coupe du monde est décidément pleine de surprises, avec des mêlées plutôt disciplinées et le retour des talonneurs râtisseurs qui essaient d’envoyer très vite le ballon en troisième ligne pour ne pas subir la poussée adverse. Sur les réseaux sociaux, les esprits chagrins ont déploré l’abus des ballons portés (qui auront tout de même rapporté deux essais!), comme si le rugby ne consistait pas à… porter le fer là où ça fait mal. Cinq essais, un bonus offensif récolté et une ossature d’équipe qui se dessine, on a connu des entames de Coupe du Monde plus délicates.

Et ce n’est pas Mathieu Bastareaud qui a échappé un ballon vingt centimètres avant la ligne d’essai qui vous dira qu’il préfère les essais ratés aux essais racés!

Quant à Mourad Boudjellal (encore un  Français qui n’est pas de race blanche, mais quel esprit, quelle intelligence contrairement à notre blonde Mosellane!) il en a profité pour gentiment chambrer son joueur sur Canal plus, en annonçant qu’il renégociait aujourd’hui le contrat de Bastareaud et qu’il le remerciait d’avoir raté l’essai, car ça lui aurait coûté plus cher.

Avant de nous rappeler que c’est un tout autre match qui nous attend le 11 octobre prochain contre l’Irlande : « La Coupe Mickey est terminée. Ce soir la Coupe du monde commence ».

Joli résumé.

Per il momento, va tutto bene

France Italie 02

Puisque les trois-quarts centre français jouent désormais comme des piliers, Slimani a décidé de jouer comme un trois-quarts, ramassant le ballon au sol, sur un superbe jeu au pied de Michalak, avant d’aller aplatir entre les poteaux.

La France a suffisamment gardé de souvenirs cuisants de ses matches d’ouverture de Coupe du monde, pour qu’on se réjouisse de sa victoire sans suspense contre l’Italie par 32 à 10. Et ce n’est pas l’Afrique du Sud, défaite contre toute attente 34 à 32 par le Japon, qui dira le contraire!

Grosse surprise, au moment des hymnes, dans un stade de Twickenham, totalement acquis à la cause française : contrairement à la tradition, les joueurs français ne s’alignent pas en fonction du numéro qu’ils portent dans le dos, mais trois-quarts et avants se mêlent joyeusement, Huget se retrouvant à donner l’accolade à Maestri. Est-ce pour affirmer une envie de rugby total à la néo-zélandaise? La suite se chargera de doucher nos illusions.

Dans ce match où le seul suspense a été provoqué par les deux pénalités de Michalak frappant le poteau, (9 à 3 seulement à la 34e minute, alors que les Français dominaient nettement), on a vu une équipe bien en place, avec un Ben Arous créant la surprise face à Castrogiovanni, un Picamoles, capable de fracasser n’importe qui, un Michalak plutôt dans un bon jour et une paire de centres décidée à découper tout ce qui passe à portée. Mais une fois de plus, la France a été incapable d’aller chercher le bonus offensif et a dû se contenter de deux essais, face à une bien faible équipe d’Italie, méconnaissable sans son leader Sergio Parisse.

Des gros qui se veulent gazelles

Et il est tout à fait révélateur que les deux essais inscrits aient été marqués par des piliers. Comme si les premières lignes, lassées de voir Saint-André sélectionner des déménageurs de pianos aux postes de centres, s’étaient soudain passé le mot pour marquer des essais de gazelle. Un grand merci donc, à Slimani et à Mas pour avoir mis un peu de couleur dans un match assez gris, où il était vraiment difficile d’imaginer que la future équipe championne du monde puisse être sur la pelouse.

La Coupe du monde étant une épreuve fort longue avec ses six semaines de joute et toutes les surprises qui peuvent en découler (… Ce n’est pas le malheureux Huget qui dira le contraire!), il va désormais falloir expédier les affaires courantes contre la Roumanie et le Canada, avant le match décisif du 11 octobre contre l’Irlande, qui ne s’est pas gênée pour étriller le Canada (50 à 7) et s’emparer du bonus offensif.

Et comment, face à la satisfaction un peu béate de Saint-André, ne pas penser à ce parachutiste italien, qui vient de sauter par mégarde de l’avion sans se rendre compte qu’il a oublié son parachute et qui, pour se rassurer, en voyant approcher le sol, répète sans arrêt « Per il momento, va tutto bene » (Pour le moment, tout va bien! »).

Le XV de France nous a tellement fait souffrir ces dernières années qu’il faut savoir se contenter des petits bonheurs qu’il nous offre… et regarder les Néo-zélandais pour voir du rugby complet.