Une épastrouillante affluence

Plus de 80 personnes étaient présentes à la réunion publique de RamDam 64-40 où Virginie Lannevère et Jean-Pierre Laflaquière ont été chaleureusement applaudis.

Difficile, en dehors d’un exposé sur la reproduction des crabes verts les soirs de pleine lune au rocher de la vierge, de faire plus dissuasif qu’un débat sur les Sociétés d’économie mixte, les sociétés publiques locales et les délégations de service public ! Mais il faut croire que la démarche de RamDam 64-40 consistant à créer un lieu où les citoyens et les élus peuvent se parler sans animosité ni tabou intéresse, puisque 80 personnes étaient présentes, une veille de fête de la Musique et alors que se déroulait dans une salle voisine de la maison des associations de Biarritz un autre débat tout aussi intéressant animé par le comité anti G7. De quoi être totalement épastrouillés, comme le disaient les titis parisiens au XIXe siècle lorsqu’ils voulaient exprimer leur étonnement.

Il convient de préciser aussi que dans ce débat animé par le redoutable « inspecteur de la vie publique » Guy Aubertin, RamDam 64-40, recevait deux personnalités marquantes du monde politique local, Virginie Lannevère, conseillère municipale démissionnaire, administratrice de la SEM Cité de l’Océan puis de la Socomix, et Jean-Pierre Laflaquière, ancien préfet, adjoint au maire d’Anglet et membre du Conseil d’Agglomération du Pays Basque.

Lannevère : « Un risque invraisemblable »

Virginie Lannevère déteste les caméras et les projecteurs et n’aurait jamais imaginé sortir de l’anonymat. Spécialiste du risque financier pour les palaces, elle pensait mettre bénévolement ses compétences au service de la Ville, elle qui compte de nombreux conseils d’administration à son actif.

« Mon exposé sera bien sûr un peu à charge » annonce d’entrée Madame Lannevère qui rappelle que le rôle d’un administrateur est de travailler dans l’intérêt de l’entreprise. Quand le public et le privé se mélangent comme dans les sociétés d’économie mixte, tout devient beaucoup plus complexe car les administrateurs sont souvent aussi des élus qui votent ce qu’on leur demande de voter et arrivent au conseil d’administration sans même avoir ouvert les documents adressés.

C’est ce fonctionnement autocratique avec un maire seul décisionnaire et des élus au pas, qui a conduit Virginie Lannevère, en compagnie d’autres administrateurs comme François Amigorena ou Anne Pinatel, à exprimer publiquement son désaccord. Création de sous-commissions d’où étaient exclus ceux qui n’étaient pas d’accord avec Veunac et Lafite, rétention de l’information avec des dossiers qui arrivaient la veille pour que les administrateurs n’aient pas le temps de les étudier, menaces multiples, Virginie Lannevère raconte avec beaucoup de calme et d’émotion contenue son quotidien d’élue bénévole : « À un moment, je me suis retrouvée à plus consacrer de temps au Palais qu’à mon propre travail »

Sous les applaudissements nourris du public qui salue son courage, Virginie Lannevère, qui souhaite évidemment un avenir radieux pour le Palais, confie son pessimisme : « Les 64 millions empruntés représentent un risque invraisemblable et supposent une rentabilité jamais atteinte par les leaders du marché hôtelier. Les travaux de rénovation et d’investissement dépassent les capacités de la ville et donc, en cas de défaut, l’acteur privé minoritaire (Decaux) absorbera la SEM. »  Comme les élus l’ont dit à l’époque, on se retrouve en présence d’un hold-up organisé par Veunac et Lafite.

Laflaquière : « Peu de brebis galeuses »

Plus orthodoxe et consensuel, Jean-Pierre Laflaquière estime que « malgré quelques brebis galeuses, presque tous les élus effectuent leur mandat avec passion et intégrité », ce que RamDam 64-40 qui suit de près la vie publique locale lui accorde volontiers. Il concède que l’Agglo connaît quelques problèmes de croissance compte-tenu de sa taille, mais affirme que les 170 marchés publics passés en son nom (presque un tous les deux jours !) sont suivis avec beaucoup d’attention, la défense des intérêts des contribuables étant la priorité absolue.

Élu connu pour sa rigueur et son intégrité, Jean-Pierre Laflaquière maîtrise parfaitement son sujet et sait se montrer convaincant, même s’il se trouve un peu plus déstabilisé quand je l’interroge sur « les brebis galeuses » et lui demande pourquoi les élus d’Anglet ont fermé les yeux pendant plusieurs années sur le fait que le premier adjoint Jacques Veunac, ancien médecin de son état, ait bénéficié d’un logement de vacances du promoteur Alday, ce qui fait un peu désordre quand on s’occupe d’urbanisme. « Le problème a été réglé en interne » affirme l’élu. C’est exactement ce que déplore RamDam 64-40, cet entre-soi si prisé des politiques pour régler les affaires un peu troubles, ce qui n’ôte rien aux qualités de Jean-Pierre Laflaquière qui a eu le courage de venir s’expliquer face au public.

Les nombreux élus présents dans la salle se sont contentés de sourire en coin. Maïder Arosteguy, Guillaume Barucq, Nathalie Motsch, candidats potentiels ou déclarés pour 2020, mais aussi François Amigorena, Anne Pinatel, Richard Tardits, Édouard Chazouillères, Françoise Mimiague, Brigitte Pradier avaient fait le déplacement (Mes excuses si certains m’ont échappé).

Seul absent de marque, pour le plus grand regret de Virginie Lannevère, Guy Lafite qui avait annoncé un peu partout qu’il viendrait porter la contradiction à l’ancienne élue, mais qui a été visiblement retenu, comme pronostiqué, par une activité pottok.

Ce qui donne beaucoup de regret à RamDam de ne pas avoir finalement organisé cette conférence sur les crabes verts au lieu de parler de SEM, SPL ou DSP. Car il se serait certainement trouvé un scientifique dans la salle pour expliquer que les vieux crabes deviennent très peureux avec l’âge.

Un jeudi en fanfare

La prochaine réunion publique de RamDam 64-40 promet : Virginie Lannevère a bien l’intention de dire tout ce qu’elle a sur le cœur. On va en apprendre des belles sur La Cité de l’Océan et L’Hôtel du Palais.

RamDam 64-40 ne se compose pas que de saltimbanques impertinents qui distribuent klaxons et harpes aux politiques nécessiteux. L’association compte aussi quelques géomètres rigoureux et passionnés de vie publique qui souhaitent évoquer avec vous les sujets que les élus préfèrent souvent garder pour eux.

Qui pouvait-on trouver de mieux, le 20 juin prochain, que Virginie Lannevère, ancienne conseillère municipale de Biarritz et ancienne administratrice des sociétés d’économie mixte, Cité de l’Océan et Hôtel du Palais pour nous expliquer le fonctionnement de ces entités souvent un peu mystérieuses pour le grand public ? Un débat qui devrait être passionnant puisque notre grand argentier Guy Lafite a d’ores et déjà annoncé qu’il viendrait lui apporter la contradiction. Les mauvaises langues de RamDam ont parié que « La Faillite nous voilà ! » va annoncer sous peu qu’il a pottok ou piscine et se désister. L’avenir le dira.

Jean-Pierre Laflaquière, membre de la CAPB, nous racontera de son côté la façon dont se passent les marchés publics et comment l’Agglo veille sur les intérêts des citoyens.

Enfin l’animateur du débat, Guy Aubertin, évoquera les SPL, les Sociétés Publiques Locales, avec des exemples concrets comme Fort Socoa ou les halles de Pau qui ont recruté, sans que François Bayrou ne le sache, Sophie Borotra.

Comme toujours, l’entrée sera libre et gratuite et la bonne humeur de rigueur. Et vous comprenez désormais pourquoi votre présence est absolument indispensable en cette veille de la fête de la Musique, où un peu de grosse caisse permettra de réveiller les consciences citoyennes.

 

Des vœux mais surtout un aveu

Pendant que les vieilles canailles de RamDam 64-40 distribuaient klaxons et harpes, le maire de Biarritz sortait quelques énormités au casino Bellevue. Une moitié seulement des conseillers municipaux s’était déplacée.

C’est l’histoire du chirurgien qui s’apprête à vous amputer d’un bras et d’une jambe, mais qui vous annonce en salle d’opération qu’à votre réveil votre vie sera comme avant. Ceux qui n’étaient pas venus au casino Bellevue pour les fish and chips ou les verrines de homard (Michel Veunac, rappelons-le est vice-président de l’Agglo en charge de l’attractivité touristique du Pays basque et n’offre donc que des produits typiquement basques comme les sacs Hermès ou les spécialités culinaires anglaises), pour ceux donc qui avaient décidé de venir s’ennuyer aux voeux du maire, une surprise de taille les attendait.

Bien obligé d’évoquer le G7 à l’orée de cette année 2019, Michel Veunac, avec la désinvolture du chirurgien prêt à tronçonner un bras qui n’est pas le sien, n’y est pas allé par quatre chemins pour annoncer aux Biarrots la saignée qui les attendait.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Le docteur Diafoirus, doté de son écharpe tricolore, est formel : Biarritz ne sera pas « bunkérisée » pendant le G7, vous devrez juste en tant que Biarrots être enregistrés, fichés, répertoriés, avoir l’haleine fraîche et les cheveux bien peignés et présenter des coffres de voitures vides et des sacs à main rangés au cordeau, et – Merci monsieur le maire ! – « jusqu’au 18 août les activités se dérouleront normalement ». Autrement dit les commerçants et tous ceux qui vivent du tourisme à Biarritz vont perdre quinze jours de chiffre d’affaires en haute saison et risquent de devoir mettre la clé sous la porte. Mais visiblement, Veunac s’en fiche, puisque sa photo dans le journal en compagnie des grands de ce monde est assurée. Et que les Biarrots en soient de leurs poches avec les travaux précipités de L’Hôtel du Palais ou la non indemnisation de l’État l’indiffère totalement puisque, lui, va conserver ses indemnités ô combien méritées de maire soucieux de l’intérêt de tous.

Fort malicieusement, Sud Ouest du 17 janvier qui évoque les précédents G7 rappelle que les commerçant lésés au Canada sont indemnisés tandis que rien n’est prévu à cet effet dans notre beau pays, même pas les mouchoirs pour pleurer. Les contribuables biarrots pour leur part ignorent toujours quelle sera la part de l’État et celle de la Ville dans l’addition finale du G7 qui, généralement, tourne autour de 30 millions d’euros. Vous comprenez mieux pourquoi on ne peut guère offrir plus de vingt euros par mois à ces gueux de gilets jaunes, alors que la France est la cinquième puissance économique mondiale.

Bisque, Bisque, Basque ! qui est pour la paix dans le monde et qui sait à quel point Michel Veunac exerce son mandat par pure passion citoyenne et avec un désintérêt total pour les questions matérielles propose donc à notre Premier magistrat de faire don de ses indemnités à la caisse des commerçants pour minimiser le préjudice qu’il leur fait subir. Les pertes ne seront pas totalement compensées, mais le geste sera apprécié.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Enfin dernier détail qui ne trompe pas sur l’ambiance fin de règne qui présidait à ces vœux 2019, seuls 19 conseillers municipaux sur 33, ceux qui tremblent pour leurs indemnités et n’arrivent pas à imaginer après 2020 une existence sans mandat, avaient réussi à trouver le fort difficile chemin d’accès au casino Bellevue.

Une joyeuse remise de klaxons et de harpes

Béatrice Chevé décernant la harpe d’or à Virginie Lannevère.

Cinq conseillers municipaux sont même allés plus loin et ont boycotté les verrines de homard préférant se marrer à la maison des associations plutôt que s’ennuyer ferme au casino Bellevue. Avec les vieilles canailles de RamDam 64-40, accompagnés de jeunes impertinents et impertinentes chargés de les raccompagner le soir jusqu’à la maison de retraite, les quatre-vingts spectateurs présents ont pu vérifier que l’imagination des politiques pouvait être sans limite. D’où ces vigoureux coups de klaxons. Heureusement d’autres élus, par leur implication, leur transparence, leur volonté de respecter le mandat confié par les électeurs ont démontré que notre pays peut aussi espérer des jours meilleurs. Par un hasard curieux, les récipiendaires de harpes étaient presque tous présents quand les bénéficiaires de klaxons se sont montrés plus discrets. La soirée s’est donc terminée avec beaucoup d’émotion et d’applaudissements nourris pour féliciter Hervé Boissier et Virginie Lannevère à Biarritz, Peio Etcheverry-Ainchart et Pierre-Laurent Vanderplancke à Saint-Jean-de-Luz qui repartent avec un magnifique objet d’art et se sont promis de prendre des cours de harpe.

Les spectateurs ont apprécié la soirée. le chien aussi.

 

Le palmarès des klaxons et harpes 2018

Proclamation des Klaxons pour les Landes

5.- Christian PLANTIER

4.- ÉRIC GUILLOTEAU

3.- Lionel CAUSSE klaxon de bronze

2.- Élisabeth BONJEAN klaxon d’argent

1.- Xavier GAUDIO et Patrick LACLEDÈRE klaxon d’or

 

Proclamation des Klaxons pour les Pyrénées-Atlantiques

8.- Ghis HAYE

7.- Odile DE CORAL

6.- François BAYROU

5.- Jacques VEUNAC

 4.-Guy POULOU et Jean-Jacques GOUAILLARDET

3.- Hervé LUCBEREILH klaxon de bronze

2.- Jean-Louis FOURNIER et Anita LACARRA klaxon d’argent

1.- Guy LAFITE klaxon d’or

Michel VEUNAC, Grand prix spécial du jury

 

Proclamation des harpes

3.- Hervé BOISSIER harpe de bronze

2.- Peio Etcheverry-AINCHART et Pierre-Laurent VANDERPLANCKE harpes d’argent

1.- Virginie LANNEVÈRE harpe d’or

Ce n’est qu’un début, le RamDam continue

À l’occasion de sa première réunion publique, l’association RamDam 64-40 a connu une grosse affluence. La moralisation de la vie publique devient l’affaire de tous.

Les pronostiqueurs les plus téméraires estimaient que la « petite » association RamDam 64-40 pourrait rouler des mécaniques si elle réussissait un mardi de septembre à 18 heures, horaire pas très facile à l’évidence, à remplir l’équivalent de trois cabines téléphoniques. Grosse surprise donc, à la maison des Associations de Biarritz, où il a fallu rajouter des chaises, puisque quatre-vingts personnes avaient fait le déplacement. Démonstration que la moralisation de la vie publique n’est pas seulement le dada de quelques illuminés, mais préoccupe de plus en plus les citoyens.

Biarritz, Ciboure, Urrugne, Ascain, mais aussi Lahonce, Villefranque, Ondres, Dax, Pau ou Oloron ont déjà été l’objet en 2017 des attentions de l’association RamDam 64-40 qui se propose de mailler de plus en plus le territoire des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Nombre de citoyens ou représentants d’association sont venus raconter les difficultés qu’ils rencontraient pour obtenir des informations et contrôler des élus en dehors des périodes électorales.

MIchel Gellato, à gauche, et Dominique Lapierre au micro. ( Photo Daniel Velez )

Un propos repris par Dominique Lapierre et Michel Gellato, respectivement président et trésorier de RamDam, qui s’étonnent que les débats de la communauté de communes du Pays basque ne soient pas accessibles par Internet, alors qu’ils sont filmés et qui déplorent que trois ans de marchés publics demeurent invisibles.

Le président de la communauté d’agglomérations Jean-René Etchegaray s’est engagé à rencontrer les représentants de RamDam 64-40 et se fera un plaisir de répondre dans quelques jours aux nombreuses questions évoquées par la salle.

( Photo Daniel Velez )

Les politiques ne sont pas « tous pourris », contrairement à ce que répètent à l’envi certains partis extrémistes, mais le « nouveau monde » promis par Macron est encore fort loin et les citoyens doivent faire preuve de la plus extrême vigilance à l’égard de leurs élus. Ainsi que de compétence car on les noie volontairement sous un jargon technocratique pour qu’ils ne s’approchent pas de la vérité.

En attendant en décembre 2018, la remise des klaxons d’or, d’argent et de béton, récompensant les élus les plus désinvoltes (et il y en a !), ainsi que les harpes pour les élus qui auront manifesté un véritable sens de l’intérêt général, vingt-sept des participants de cette réunion ont manifesté le désir de devenir sympathisants ou adhérents de RamDam 64-40, ce qui démontre à quel point des pratiques qui ont été tolérées pendant des années ne sont plus acceptables en 2018.

Devenir sympathisant ou adhérent de RamDAM 64-40

Plusieurs élus ou personnalités impliquées dans la vie publique sont venus assister à cette première réunion publique, comme François-Xavier Menou, suppléant de Vincent Bru, Mathieu Accoh pour la France Insoumise, Hervé Boissier et François Amigorena, conseillers municipaux de Biarritz, ou Philippe Morel, membre-fondateur de RamDam qui vient de reprendre du service comme secrétaire départemental de l’UDI. Gentleman Philippe, pour lequel nous éprouvons tous beaucoup d’affection à RamDam, a d’ailleurs profité de cette réunion publique pour annoncer qu’il quittait le bureau pour rester simple membre, car il y a à ses yeux incompatibilité entre un engagement militant et un engagement à RamDam.

Effectivement, nous ne souhaitons pas à RamDam avoir des citoyens engagés en politique comme membres actifs, cat tôt ou tard surgiraient des conflits d’intérêt. C’est pour cette raison que nous avons créé deux niveaux d’adhésion.

Celui qui le souhaite et partage notre combat peut devenir sympathisant moyennant 20 euros annuels. Les sympathisants participeront à la désignation des klaxons et des harpes RamDam et recevront tous les deux mois une lettre d’informations détaillant nos actions.

En ce qui concerne les adhérents, nous espérons devenir une sorte de centre de formation permanent de « vigies républicaines » qui surveillent une partie du territoire local et alertent en cas d’anomalies. Pour que l’équilibre des sensibilités politiques soit respecté au sein de l’association et pour que les membres actifs soient véritablement… actifs et ne se mettent pas en péril dans le cadre de leurs activités professionnelles, toutes les adhésions sont soumises à un entretien et un vote des membres du bureau.

Si vous voulez devenir sympathisant ou adhérer, il vous suffit de nous adresser un mail à : ramdam6440@gmail.com

 

 

 

Un nouveau monde pire que l’ancien 

Que ce soit au niveau national comme au niveau local, la moralisation de la vie politique tarde à se mettre en place. D’où cette première réunion publique de l’association RamDam 64-40.

RamDam 64-40 est une association qui rêve de s’auto-dissoudre. Mais entre la nomination de Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée nationale, l’audition devant le Sénat d’un Alexandre Benalla qui s’est consciencieusement payé la tête de ses interlocuteurs, ou les problèmes récurrents de PLU (Plan Local d’Urbanisme) dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, les signaux envoyés par l’Élysée et par les élus ne vont pas du tout dans le sens d’une plus grande moralisation de la vie publique.

À chaque génération, son opération marketing pour enfumer l’électeur. Giscard nous a fait le coup de l’accordéon en compagnie d’Yvette Horner pour nous démontrer à quel point il était près du peuple. Tonton Mitterrand, après s’être auto-proclamé « force tranquille » nous l’a joué « farce tranquille » en faisant espionner les actrices qui le faisaient rêver et en organisant aux frais de la République sa double vie. Chirac, pour nous convaincre de sa ruralité, n’a pas hésité à mettre la main au cul des vaches, tandis que son successeur, l’agité de chez agité Nicolas Sarkozy, la jouait « Casse-toi, pauvre con ! ». On a presque soupiré de soulagement en voyant arriver après lui, Droopy, alias la fraise des bois, l’homme qui s’évade en scooter de l’Élysée, fait tomber la pluie à chacun de ses discours et se prend une merde de pigeon sur le costume présidentiel, le jour où un million de personnes défilent à Paris.  Mais le maître incontesté de l’enfumage politique, le roi de la promesse qui n’engage que les imbéciles qui y croient, c’est bien le petit banquier sorti de nulle part qui a blousé tous ses chevronnés rivaux en 2017 en racontant une histoire à faire ronronner de bonheur toutes les midinettes qui estiment que voter est un devoir civique.

Emmanuel Macron avait promis une moralisation de la vie publique, mais les promesses de 2017 qui lui ont permis de devenir le chouchou des Français sont bien loin.

La nomination de Richard Ferrand est une honte

Dans tout établissement digne de ce nom, que ce soit à l’Élysée ou à l’Assemblée Nationale, il faut un surveillant général pour gronder les trublions ou distribuer les heures de colle. Richard Ferrand, qui avait débuté une carrière d’une rare discrétion au PS, est devenu ce « surgé » redouté de tous les marcheurs en changeant de camp avant tout le monde et en devenant président du groupe parlementaire LREM à l’Assemblée après avoir été éphémère Ministre de la Cohésion des Territoires. Jusqu’à ce que ses agissements à la tête des Mutuelles de Bretagne ne le rattrapent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Ferrand

L’homme a été blanchi provisoirement par la Justice, mais quand on a fait travailler son fils comme assistant parlementaire ou quand on aide sa maîtresse à s’enrichir sur les dos des Mutualistes de Bretagne peut-on accéder au poste de quatrième personnage de l’État et devenir président de l’Assemblée nationale ? Pas gêné, Emmanuel Macron vient de répondre que oui. Décidément, le « nouveau monde » annoncé par le président ressemble furieusement à l’ancien.

Sans vergogne le nouveau président Ferrand commence d’ailleurs sa fonction avec classe, en proférant une imbécilité sexiste devant les journalistes « Vous me pardonnerez de ne pas être une dame », allusion à sa rivalité pour le poste avec Barbara Pompili et en annonçant qu’il ne renoncera pas à la fonction s’il est mis en examen. On rêve !

Seule la vigilance citoyenne…

RamDam 64-40 ne se bat pas seulement pour les comportements illégaux en politique, mais aussi pour les comportements immoraux, estimant que les politiques doivent être plus exemplaires que les autres. L’association des citoyens décidés à se faire entendre s’intéresse aussi bien aux élus nationaux mis en examen et promus qu’aux élus locaux qui font des acrobaties avec le PLU ou inventent pour leur majorité une « charte de confidentialité » totalement farfelue.

Comme vous pouvez le constater, les sujets de discussions ne manqueront donc pas, mardi soir, à la maison des associations de Biarritz avec un débat organisé autour des communautés d’agglomération.

Visiblement, RamDam 64-40 n’est pas près de s’auto-dissoudre. Et visiblement sans la vigilance des citoyens et donc sans votre présence à cette réunion publique, les comportements des élus locaux n’évolueront guère. Allez, bougez-vous, on vous attend !

L’entrée est libre, mais si pouvez nous envoyer un mail à ramdam6440@gmail.com pour confirmer votre présence, c’est parfait.

À Ondres, on est sérieusement outillé

Il ne faut pas remonter bien loin dans l’arbre généalogique de chacun d’entre nous pour retrouver des ancêtres paysans. Les journées du patrimoine offrent donc une magnifique occasion de vivifier ses racines. Présentée il y a deux ans, et encore améliorée depuis, cette collection d’outils anciens, visible à Ondres samedi et dimanche, propose un merveilleux voyage à travers le temps et les régions de France.

Collectionneur passionné qui met la même minutie à traquer l’outil improbable pour enrichir sa collection qu’à détecter les approximations des élus en tant que président de RamDam 64-40, Dominique Lapierre détaille soigneusement chaque objet et explique son usage.

Grâce à Dominique, j’ai enfin pu comprendre l’usage qui était fait de certains outils présents à la ferme familiale et dont personne ne semblait plus se servir. Une visite inoubliable.

Jacques-André Schneck : « Je constate que Biarritz souffre »

Le premier candidat déclaré à la mairie de Biarritz détaille son programme pour Bisque, Bisque, Basque !

Passionné par « la chose publique », Jacques-André Schneck a une vision très claire de ce qu’il peut apporter à Biarritz.

Il occupe près du jardin public un appartement cossu sans ostentation où les livres tiennent une place non négligeable. Premier candidat à faire publiquement dans Sud Ouest une « offre » aux Biarrots pour 2020, Jacques-André Schneck se livre à un entretien sans concession avec Bisque, Bisque, Basque !

– Jacques-André, on ne va pas se vouvoyer alors qu’on se tutoie dans la vraie vie. Comment les Biarrots ont vécu ta candidature ?

J’ai reçu des encouragements de personnes qui me connaissent et aussi subi quelques ricanements du genre : « J’attends votre score avec impatience ». Tout cela est parfaitement normal. Les handicaps de ma candidature, je les connais et ma faible notoriété à Biarritz en est un. Mais, à cette occasion, je découvre un petit nombre d’amis prêts à travailler avec moi. Aujourd’hui Biarritz souffre et l’amoureux de cette ville que je suis en est malheureux. C’est la raison pour laquelle je fais aux Biarrots une proposition restauratrice et rénovatrice. Ma stratégie n’est pas de commencer par faire une liste, mais de dire ce qui ne va pas et ce que j’imagine pour Biarritz. Il m’a semblé utile de démarrer assez tôt pour permettre à mes concitoyens de réfléchir à ce que je propose et de se rallier à moi éventuellement. Je ne me suis pas fixé de délai, mais si je vois que mes propositions ne prennent pas, je me retirerai.

– Dans Sud Ouest, tu as fait des propositions plutôt décoiffantes comme refuser toute indemnité si tu es élu maire. N’est-ce pas un peu démagogique ?

Mais pas du tout ! J’estime que je touche une retraite suffisamment correcte, en tant qu’ancien énarque et ancien ingénieur des travaux publics pour ne pas peser sur les finances de Biarrots moins chanceux que moi. Ensuite, je procéderai au cas par cas dans ma liste, en fonction des ressources financières de chacun.

– Tes écrits, en particulier au moment de l’affaire Fillon, alors que tu étais membre des Républicains, prouvent que tu es très attaché à la moralisation de la vie publique…

Je te rappelle que je suis membre fondateur, tout comme toi d’ailleurs, de l’association RamDam 64-40, désireuse de contribuer à une plus grande transparence de la vie publique et que ce n’est pas par hasard. En ce qui concerne les marchés publics, j’ai été maître d’ouvrage et je connais les règles. Dans toute ma carrière, je n’ai jamais eu la moindre difficulté avec les contrôleurs de l’État. C’est bien la moindre des choses que l’on doit aux Biarrots que de leur redonner confiance en ceux qui les dirigent.  (Jacques-André cherche ses mots pour être précis et bien compris. Ses yeux pétillent) On peut aussi évoquer l’urbanisme local, un monde de tentations permanentes et de conflits d’intérêts. Je peux garantir à tous que la transparence et l’intégrité totale seront la règle.

– Si tu es élu, que fais-tu de l’opposition ?

Je respecterai ceux qui ne partagent pas mon point de vue et je n’exclus pas de confier un poste d’adjoint à un membre de l’opposition. Je ne serai pas le maire qui décide de tout sans en parler à personne. Regarde par exemple le projet de démocratie participative d’Hervé Boissier. J’ignore s’il se représentera en 2020, mais si c’est le cas et qu’il se retrouve dans l’opposition, je lui ferai une place immédiatement, car il a toujours parlé en fonction de l’intérêt des Biarrots. Ce n’est pas de la fausse modestie, mais je pense par mon parcours avoir une vision un peu globale pour Biarritz. Ce que je vois ne me satisfait pas. L’exemple de l’aménagement de la Côte des Basques est frappant car la municipalité s’est lancée sans la moindre concertation en disant à ceux qui récriminaient : « Je sais ce qui est bien pour vous » Ce fonctionnement n’a plus lieu d’être.

( Lire aussi le CV de l’intéressé : https://www.jacques-andre-schneck.fr/a-propos/)

 Quelle va être ton action les prochains mois ?

 Je vais essayer de mettre en place avant la fin de l’année un « shadow cabinet », pour que chacun des futurs membres de la liste soit responsabilisé à ce qui l’attend bien avant 2020. Mes coéquipiers vont devenir les interlocuteurs des Biarrots, car je refuse d’être celui qui a réponse à tout, tout seul.

Si ce rassemblement ne s’opère pas, es-tu prêt à te rallier à une des listes qui sera en course ?

Bien évidemment, je serai déçu, mais je te rappelle que je ne suis plus encarté nulle part. Donc, tout s’étudie.

Venons-en à ce projet de rendre le ciel aux habitants du quartier de La Négresse. Il suscite à l’évidence beaucoup de sympathie et de curiosité. Mais plusieurs m’ont dit : « Il n’est pas bien l’énarque, c’est deux hôtels du Palais qu’il faudrait vendre pour réaliser un tel projet » Cette réalisation se chiffre vraiment en centaines de millions d’euros ?

– Je vais te répondre, mais je veux d’abord que tous les Biarrots sachent que mon projet numéro un n’est pas celui-là. Biarritz étouffe et il faut avant tout élaborer un plan de mobilité et de stationnement. La première mesure que je prends en tant que maire, c’est de résilier le contrat de Streeteo. Ensuite, établir un nouveau plan de circulation, ce n’est pas se contenter de mettre quelques panneaux de stationnement interdit à droite ou à gauche. Il faut se concerter avec la population et faire appel à des urbanistes et des ingénieurs. Lorsque Jean Lecanuet à Rouen puis Michel Crépeau à La Rochelle ont rendu leur ville piétonne, les commerçants et la population ont hurlé de concert. Maintenant, personne ne voudrait revenir en arrière. Avant toute chose, il faut réfléchir à la gestion de la circulation des habitants, à la desserte des commerçants, créer des parkings supplémentaires.

Et tu ne crains pas de te retrouver confronté à une fronde comme celle que traverse Veunac en ce moment ?

Non, parce que je ne travaillerai que dans la concertation et parce que je sais, par mon ancien métier, qu’établir un nouveau plan de circulation est une discipline en soi. J’ai les compétences et je sais sur qui m’appuyer pour réussir un tel projet. Et j’en arrive à l’aménagement du quartier de La Négresse. L’accès ferroviaire à Biarritz n’est pas digne de la ville. Je suis frappé par la laideur de ce viaduc qui nuit à l’environnement. Tout ce quartier doit être réaménagé. Je sais que Didier Borotra était farouchement contre ce viaduc mais qu’il n’a pu s’y opposer. Quant à ceux qui savent à l’avance combien coûteraient de tels travaux, ils me font sourire. J’ai été ingénieur pour des travaux publics d’État comme la construction de la ligne de TGV est. L’investissement à faire se chiffre en dizaines de millions, mais certainement pas en centaines ; Par ailleurs, ce n’est pas une voie communale qui passe sur ce viaduc mais la D 810. Ce sera donc un aménagement multi-financeurs où le département et la région prendront leur part.

Tu me confirmes que les Finances de la Ville ne sont guère brillantes ?

C’est pour cette raison que je milite depuis des mois, mon Facebook peut le prouver, pour la vente du fonds et des murs de L’Hôtel du Palais. La charge à payer est insupportable pour les Biarrots, alors qu’en le vendant, on peut réduire la dette, faire des investissements et diminuer l’imposition des Biarrots, ce que je promets de faire dès la vente du palace. Je te rappelle aussi que la relance de la Cité de l’Océan passe à mon sens par l’installation d’autres équipements ou établissements pour créer un véritable pôle d’attractivité autour de la thématique de l’océan et des sports nautiques. La piscine de 50 mètres donc, mais aussi une école de surf et l’incitation à la pratique d’autres sports nautiques comme le sauvetage côtier, le paddle ou l’initiation au maniement des traînières. Et pourquoi pas une entreprise tertiaire, créatrice de logiciels en relation avec la thématique générale ? Sans oublier que tous ces aménagements devront respecter la loi littoral…

Nous aurons l’occasion de reparler dans ce blog de l’avancée de ta candidature. Pour te poser une question plus personnelle, quel est le bouquin que tu relis régulièrement ?

« Je dirai malgré tout que cette vie fut belle » de Jean d’Ormesson. Dans dix ou vingt ans, j’espère bien pouvoir affirmer à mon sujet la même chose.

 

Les coulisses d’une interview

Jacques-André Schneck, devant une reproduction du TGV Est.

Au sein de Ramdam 64-40, nous nous qualifions mutuellement, avec ironie et affection de « petit homme vert », tant l’écart entre l’ancien géomètre-grand commis de l’État et l’ancien saltimbanque-journaliste est grand. Mais c’est le charme de cette association : elle a été fondée par huit personnes opposées politiquement, mais résolues à lutter ensemble en vue d’une plus grande moralisation de la vie publique. Et bien évidemment, si l’aventure électorale se poursuit, Jacques-André, qui sera traité dans Bisque, Bisque, Basque ! comme tous les candidats capables de mettre fin au pire mandat que la ville ait connu, démissionnera du bureau de l’association le temps des élections. De sa propre initiative, cela va sans dire, tant est grand son souci de rigueur et d’exemplarité.

L’histoire de notre amitié amusera sans doute les lecteurs car nous avons commencé par un sévère pugilat verbal, Bisque, Bisque, Basque !  s’étant permis d’évoquer le « douillet confort des cabinets ministériels ». Colère de Jacques-André qui se souvient encore de ses nuits blanches passées au ministère des Finances. Les échanges, qui doivent encore pouvoir se retrouver dans les profondeurs de ce blog, furent plutôt musclés. Et puis, un jour, où j’étais en pleine séance de dédicace, un inconnu avec une petite flamme dans l’œil a attiré mon attention dans la file d’attente. C’était Jacques-André. J’ai trouvé l’attitude très rugby, et quelques bières plus tard, j’ai commencé à lire ce qu’il écrivait et à me retrouver souvent en accord avec ses positions. Drame du grand âge ou crise de gâtisme prématuré, grâce à lui, je découvre sur le tard qu’on peut s’entendre avec un énarque, même si, malgré ses qualités de gros bosseur et son humour, je confirme qu’il a parfois… tout d’un petit homme vert !