Journal d’un buté de campagne (3)

Les cocus au balcon… puis au téléphon

Un ministre aux colistiers absents, des « sans liste » qui cherchent fortune ailleurs, un Veunac KO debout, une Maïder prudente, récit d’une folle semaine biarrote.

DÉNI TOTAL. – Mercredi soir 29 janvier, après l’annonce du retrait des deux ministres, les journalistes locaux se sont précipités pour interviewer les colistiers de Didier Guillaume. Ces derniers, malgré l’information relayée par tous les médias, soutenaient que leur héros allait démissionner dès le lendemain du ministère de l’Agriculture. Pour preuve « il a prévu une réunion publique ce vendredi » Las, le jeudi a permis de constater que l’abandon de Biarritz par le toujours ministre était effectif et que ni Lafite ni Brisson ne se montraient très enthousiastes pour devenir tête de liste. Tous alors de se précipiter vendredi matin, en fonction des affinités, au téléphone pour tenter de trouver place sur une liste encore prête à les accueillir. Les convictions, il n’y a que ça de vrai.  

LES VALISES ÉTAIENT PRÊTES. – Après son entretien mardi avec Emmanuel Macron, Didier Guillaume s’était montré catégorique auprès de ses soutiens : ses valises étaient prêtes, son aller-simple Paris-Biarritz en avion retenu pour mercredi soir, « où il arrivait à plein temps », la réunion prévue avec LaRem devant être une simple formalité. Sauf que notre ministre de l’Agriculture commençait à avoir de sérieux doutes depuis 10 jours. Ses poissons-pilote Michel Poueyts et Guy Lafite lui avaient parlé d’une ville qui n’attendait que lui et promis des salles combles à chacune de ses sorties. La réalité s’était montrée toute autre et de son propre aveu, Didier Guillaume reconnaissait que « l’élection allait être difficile à gagner ». Sur ce, le 24 janvier, le ministre de l’Agriculture apprend que son grand copain Michel Poueyts est mis en examen pour corruption dans une affaire de trafics de billets de rugby. Misant sur la présomption d’innocence, Guillaume décide malgré tout de continuer. Avant de découvrir que le procès du fonctionnaire en prison qui rénovait les permis de conduire contre des places de rugby se tiendra le 11 février prochain à Pau. Avec le risque que le cas de son copain Poueyts qui jure de son innocence sur sa page Facebook soit largement cité par la presse. Voilà comment l’agriculture française a gardé son grand homme.

LA « FRONDINETTE » DE LEMOYNE. – Lors de la réunion de LaRem où devait se traiter les cas des deux ministres concurrents à Biarritz mais aussi celui de Cédric Villani, tout le monde s’attendait à ce que les difficultés proviennent de Didier Guillaume, bien décidé à démissionner. En fait le ministre de l’Agriculture a assez vite abdiqué pour les raisons expliquées un peu plus haut. En revanche, c’est Jean-Baptiste Lemoyne qui a fait des manières en expliquant que son cas n’avait rien à voir avec celui de Didier Guillaume et qu’il était juste un « soutien » de Michel Veunac. Le néo-Biarrot a tellement agacé tout le monde qu’une suspension de séance a été décidée, histoire de laisser le temps à Emmanuel Macron de téléphoner à l’impétrant. En substance, le président de la République, très colère, lui aurait dit : « Tu as une heure pour choisir. Soit tu restes à ton poste, soit tu te présentes à Biarritz. Mais pas les deux ! » Et comme Lemoyne a besoin de ses émoluments de secrétaire d’État, il est soudain devenu docile. Quand on parle pognon, c’est fou comme les choses s’arrangent.

VEUNAC KO DEBOUT. – Convié au débat organisé par France Bleu – Sud Ouest où il s’imaginait en tête du sondage organisé par les deux médias, Michel Veunac a pris une grosse claque en découvrant que Maïder Arostéguy le devançait largement. Le maire sortant s’est efforcé de faire bonne figure au micro en répétant : « Je considère que mon bilan est de bonne qualité ». Mais, au dire de tous les témoins, il était KO debout et incapable, sans le bras secourable de son épouse, de regagner seul sa voiture.

LES CHIFFRES QUI TUENT. – C’est l’analyste politique d’Ipsos, commanditaire du sondage, qui s’est montré le plus sévère pour Michel Veunac, visiblement assez peu populaire parmi les 500 personnes sondées. Si Maïder Arostéguy réunit 63% d’opinions favorables et Guillaume Barucq 53%, Veunac n’est qu’à 44%, un chiffre extraordinairement bas pour un maire sortant. Et quand les sondés jugent le bilan, c’est encore pire. Pour l’analyste d’Ipsos, Veunac est « très sévèrement noté par les Biarrots. Pour qu’un maire sortant puisse être réélu, il lui faut en règle générale 66% de sondés estimant qu’il a un bon bilan » Veunac plafonne à 50% de sondés considérant que son bilan est honorable. Ce qui tient déjà du miracle, compte tenu du mandat calamiteux qu’il a fait vivre à tous.

 LES VACHERIES DE MAÏDER. – Nettement en tête, Maïder Arostéguy s’est gardée au micro de France Bleu Pays Basque de tout triomphalisme à six semaines du premier tour. Quand on évoque le soutien du sénateur Max Brisson qui s’est soudain réveillé à 16 h 58 sur son Facebook, soit deux minutes avant les résultats du sondage, Maïder fait dans la sobriété suave : « J’accepte son soutien avec grand plaisir » Un ange passe… Et quand le journaliste, malicieux lui demande si elle est prête à accueillir dans sa liste des transfuges de la liste Didier Guillaume, Maïder répond tout aussi malicieusement : « Ma liste est bouclée. Mais si certains veulent me rejoindre au sein du comité de soutien, ils sont les bienvenus » Oh, la vilaine, qui veut priver des élus méritants et désintéressés de leur place au chaud au conseil municipal et leur demande de travailler gratos !

BRISSON AU PALMARÈS DU RIRE. – Malgré la concurrence de trois réunions publiques, belle assistance jeudi 30 janvier, à la Maison des Associations, pour la remise des klaxons et des harpes aux élus les plus méritants par l’association RamDam. Alors que les esseulés de la liste Guillaume se réunissaient pour savoir s’ils ne pouvaient trouver un leader de rechange, Max Brisson, lauréat d’un klaxon d’argent pour « la rectitude de ses convictions et son soutien sans faille à la candidate de sa famille politique » a suscité le plus de rires et de moqueries dans l’assistance. C’est François Bayrou, vainqueur du klaxon d’or qui va être jaloux !

LA MENACE QUI FAIT TREMBLER. – Bonne dernière mais pas désarçonnée pour autant, Marine Batiste a stupéfié les participants du débat par son culot : « L’écologie ça ne s’improvise pas. Je n’apporterai, en tout cas, mon soutien à personne. ». Qui va oser dire à la candidate qui a été présentée par « Libération » comme investie par les Verts et s’est pris un cinglant démenti d’EELV, qu’au vu du nombre insignifiant de voix qu’elle représente, tout le monde s’en fout ?

LE VRAI VAINQUEUR ? – Karim Guerdane, journaliste de son métier, a su mettre en évidence son résultat : « Vous devriez titrer sur le score que je réalise, car approcher les 5 %, en moins de trois semaines de campagne c’est enthousiasmant ; ça signifie que dans cette campagne il y a aussi une voix pour le citoyen et je suis content de l’incarner. À mon sens, la question sociale doit être prioritaire. » Derrière la boutade, l’enfant de Saint-Charles a probablement raison. À force de repeindre en vert leurs listes, les candidats semblent avoir un peu oublié les plus démunis et les dégâts que peut faire la politique ultra-libérale de Macron. Gageons que tous les candidats vont soudainement mettre un peu de social dans leurs programmes. De là à le mettre en pratique ensuite…

JANUS VEUNAC. – À croire que le encore maire de Biarritz a eu le temps de prendre quelques pilules magiques entre le siège de France Bleu et le centre-ville de Biarritz ! Vendredi soir, l’ambiance était totalement mortifère au sein de sa permanence après la publication du sondage, Louis Vial et Patrick Destizon, tirant une tête de dix pieds de long comme s’ils venaient d’enterrer leur grand-père. Mais Super-Mimi est arrivé vers 20 heures, remonté comme jamais en rappelant qu’en 2014 Max Brisson était annoncé largement vainqueur. Et le pire, c’est que ses maigres troupes l’ont cru et sont ressorties gonflées à bloc. Ce que c’est d’être un grand leader charismatique !

IL VA LES TUER ! – Bravant le coronavirus et ne prenant pas en compte l’âge avancé de sa troupe pour un travail aussi matinal, Veunac avait mis tout le monde au boulot dès 9h30 samedi matin aux halles centrales de Biarritz (Le maire ne doit pas savoir qu’il existe des quartiers plus démunis à Biarritz) à distribuer sa propagande. Mamie Jeanine Blanco, Papy Robert ou Tonton Vial haranguaient comme jamais les chalands, vêtus de leurs assez ridicules écharpes blanches (Pour signifier sans doute que le mandat a été vierge de toute bavure). Un seul jeune dans la troupe : l’homme qui se perd encore dans Biarritz, Jean-Baptiste Lemoyne. Il suffisait d’écouter les commentaires peu amènes des Biarrots à quelque distance du groupe des distributeurs de tracts pour constater que Veunac a intérêt à investir dans un remonte-pente haut de gamme s’il veut être réélu.

LA PERLE DE LA LISTE ? – Ayant perdu la seule « nouveauté » de sa liste avec Jean-Baptiste Lemoyne, Michel Veunac se trouve désormais fort démuni avec son équipe de vieux chevaux de retour de la politique qui se sont distingués pendant tout le mandat par leur absence d’idées et leur servilité inégalable. Mais le super vendeur Mimi-la-Malice clame partout que sa liste va étonner et qu’il a une « recrue de choix ». Aux dernières nouvelles, la recrue de choix serait Christian Brocas, l’homme qui a passé six ans à tailler Max Brisson qu’il soutenait en 2014 et Michel Veunac qu’il soutient désormais. C’était notre rubrique : pour une gamelle, je suis prêt à tout.

MONSIEUR X OU MONSIEUR Y ? – Chaque semaine, Bisque, Bisque, Basque ! s’extasie devant la malice de la rubrique politique de La Semaine du Pays basque, avec une Marquise de Vérité très bien informée et un Monsieur X qui, sous couvert de décoder la vie politique biarrote, encense Veunac au-delà de tout. Pas de chance pour l’hebdomadaire local, Bisque, Bisque, Basque ! a son propre informateur, Monsieur Y, très proche du président. Selon Monsieur Y, Macron a compris depuis fort longtemps les limites de Veunac et ne le tient pas en haute estime comme en témoignent les discours d’après G7 où le nom du maire de Biarritz avait été soigneusement biffé. Monsieur X et Monsieur Y ? Sûrement deux collègues de bureau qui se détestent !

ET MAINTENANT LA MOMOBILE. – Maïder Arostéguy sillonne les quartiers avec un monospace gris que ses colistiers surnomment la « Mamamobile ». Depuis ce week-end, Nathalie Motsch a jeté son dévolu sur un véhicule électrique du plus bel effet que l’on surnommera la « Momobile ». En appréciant le clin d’oeil appuyé fait à Jean-Baptiste Aldigé et aux supporters du BO avec les belles couleurs rouge et blanc du véhicule.

Lâchez-vous, c’est la fête !

RamDam 64 40 organise jeudi 30 janvier sa troisième cérémonie des klaxons. L’occasion ou jamais de venir ovationner nos élus les plus méritants.

Ils sont neuf élus en ce moment à vivre des pannes récurrentes d’oreiller. Il est vrai qu’obtenir un klaxon d’or, d’argent ou de béton à quelques semaines des élections municipales n’est pas du meilleur effet auprès des électeurs. Pourtant la situation est beaucoup plus limpide et la concurrence moins rude qu’il y a un an. Est-ce l’effet RamDam 64-40, avec des politiques qui se méfient désormais, ou le fait d’arriver en année électorale, année toujours propice aux élans de vertu, qui nous a amené à raccourcir notre liste des élus « méritants » ?

C’est en imaginant la tête des lauréats que l’artiste Victor La Licorne a réalisé l’affiche qui vous convie à notre cérémonie, le jeudi 30 janvier 2020, de 18h30 à 20 h 15 précises à la maison des Associations de Biarritz. Une affiche inspirée du « Cri » d’Edvard Munch, sans doute en imaginant les gémissements des futurs lauréats.

Et comme l’an passé, vous retrouverez pendant presque deux heures des rires, de la dérision, de la bonne humeur, agrémentés de photos et extraits vidéos insolites et d’un certain nombre de prix surprise décernés par l’équipe des jeunes et vieilles canailles de RamDam 64-40.

Avec nos habituels klaxons d’or, d’argent et de béton mais aussi la remise d’une harpe d’or qui va sans doute vous faire réfléchir.

Petite précision pour les éventuels fâcheux oublieux de ce qu’est la démocratie locale, RamDam 6440 a envoyé un mail et obtenu de la préfecture l’autorisation de mener à bien cette soirée.

Et si vous pensez que depuis deux ans notre association amène un peu d’air pur à la démocratie, manifestez votre solidarité en étant présents à cette manifestation libre et gratuite et rendez un énorme service à notre trésorier en l’informant de votre venue afin de savoir si nous pouvons nous contenter de la grande salle de la maison des associations (80 places environ) ou si nous devons louer les deux salles en enfilade. (120 places).

Vite, à vos claviers, avec un mail adressé à  ramdam6440@gmail.com, en précisant combien vous serez.

Merci d’avance !

Les nominés pour les Landes :

Marie-Ange Delavenne, 7e vice-présidente de la Communauté de Communes du Seignanx

Xavier Fortinon président du Conseil Départemental des Landes

Francis Géraudie, premier vice-président de la Communauté de Communes du Seignanx

Xavier Gaudio, maire de la commune de Soorts Hossegor qui était déjà monté sur la première marche du podium l’an dernier

Éric Guilloteau, président de la Communauté de Communes du Seignanx

Les nominés pour les Pyrénées-Atlantiques :

François Bayrou, maire de Pau

Max Brisson, sénateur des Pyrénées-Atlantiques

Christian Deveze, maire de Cambo.

Jean-Benoît Saint-Cricq, conseiller municipal d’opposition à Biarritz

RamDam 64-40 est décidément tout terrain

La réunion publique de l’association citoyenne a été l’occasion d’échanges passionnants et d’une parole très apaisée entre élus et citoyens.

Et dire que ce nouveau-né prometteur a tout juste vingt-deux mois ! À RamDam, ce n’est pas parce qu’on marche à peine qu’on a peur de la difficulté : faire une réunion publique un jour de pluie basque, dans un lieu bayonnais peu connu du grand public (beaucoup se sont perdus du côté de l’université !) et pendant les vacances scolaires, c’est faire le pari d’une salle vide. Merveilleuse surprise, plus de soixante-dix personnes avaient pris place jeudi soir dans l’amphithéâtre du conseil permanent de la Communauté d’Agglo pour mettre, comme convenu, leur grain de sel dans les futures élections municipales. RamDam 64-40 militant pour que les élus s’engagent et non pour qu’ils dégagent, de nombreux candidats ont honoré ce rendez-vous citoyen, comme Jean-Claude Iriart et Sophie Bussière, Colette Capdevielle, François-Xavier Menou, Nathalie Motsch, Jacques-André Schneck ou Corine Martineau ainsi que de nombreux candidats des Landes.

Est-ce la proximité de l’échéance électorale qui rend tout le monde soudain attentif et à l’écoute des autres ? Tous les élus jouent le jeu en évitant de dérouler leur programme et en faisant des propositions particulièrement intéressantes, destinées à alimenter la future « lettre d’engagement » et la proposition de MDI (Minimum Démocratique Indispensable) que RamDam 64-40 souhaite faire parvenir mi-décembre aux têtes de liste des agglomérations des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Et les « simples citoyens » ne se gênent pas pour faire eux aussi des propositions ébouriffantes.

Première énorme surprise, alors que l’idée d’un contrôle citoyen faisait encore hurler les politiques il y a dix ans, les élus sont désormais unanimes pour estimer que l’action des politiques doit être supervisée par les citoyens. C’est le choix de la méthode qui suscite le débat. Jacques-André Schneck, candidat à Biarritz souhaite nommer un déontologue, tandis que Nathalie Motsch, elle aussi candidate à Biarritz, s’engage à organiser au bout de deux ans de mandat une enquête de satisfaction et promet une « gouvernance partagée » avec un organisme indépendant disposant d’un droit de veto sur les futurs projets municipaux. D’autres parlent de « conseil des sages » ou de citoyens tirés au sort pour superviser l’action municipale.

Le président Michel Gellato, par ailleurs rédacteur du journal satirique « Le panier à salades », n’a pas manqué de mettre son grain de sel dans le débat.

Le respect de l’opposition fait aussi l’unanimité, alors que les exemples palois ou biarrots choisis par RamDam 64-40 montrent qu’on en est fort loin. Jean-Claude Iriart affirme qu’un membre de l’opposition sera systématiquement présent dans toutes les commissions importantes de la Ville, tandis qu’un autre participant suggère que le principal opposant de la majorité municipale soit automatiquement nommé à la tête de la commission des Finances pour qu’un contrôle effectif des dépenses soit effectué.

Les idées fusent de tous côtés et le président Gellato, en s’efforçant de tout noter, est à la peine tant les propositions abondent,. Le cumul des mandats, le manque de transparence, le favoritisme sont évoqués. Colette Capdevielle approuve sans réserve, « même si cela coûte cher », la publicité systématique des débats pour les grandes métropoles et la possibilité que tous puissent les suivre sur Internet. François Amigorena fait rire tout le monde en racontant comment il a dû batailler en 2014 pour convaincre Michel Veunac de laisser filmer les conseils municipaux. Qui aurait mesuré l’étendue du désastre sans cet indispensable outil de la démocratie ?

Les lenteurs de la Justice, la possibilité d’accéder aux documents administratifs grâce à la CADA, mais aussi les prises illégales d’intérêt sont passées en revue.

Un des participants, saisi d’enthousiasme, propose même que RamDam 64-40  dépose des projets de lois au Parlement pour aider à la représentation des citoyens face aux élus. RamDam va en parler à Richard Ferrand mais a conscience d’avoir encore un peu de travail devant lui.

Seul regret de cette soirée véritablement enthousiasmante, alors que Mediabask et La Semaine du Pays basque étaient présents, Sud Ouest a boudé RamDam 64-40 et n’a même pas daigné répondre ni à mes mails ni à mes coups de téléphone.

Mais dans ce dur métier de journaliste, on ne peut pas tout faire : compter les palombes et s’intéresser aux actions citoyennes.

Le débat a été animé par Dominique Lapierre, farouche surveillant des dérives landaises.

L’ex-députée Colette Capdevielle considère que toutes les villes d’importance doivent permettre l’accès aux conseils municipaux par la vidéo.

 

Plus que jamais le moment de se faire entendre

RamDam 64-40 organise la plus importante réunion publique de sa (courte) existence le 24 octobre à Bayonne.

Tous ou presque sont en train de devenir fous dans la perspective des élections municipales, mais les vieilles canailles de RamDam 64-40 ne vont pas pour autant baisser pavillon ! Au contraire, en ces périodes d’élection, les candidats ont les oreilles qui s’allongent et ils deviennent soudain aptes à écouter. Il convient donc d’en profiter, même si nous éprouvons quelque compassion pour ces têtes de liste potentielles, déclarées ou semi-déclarées, qui sont tellement nombreuses dans des villes comme Biarritz, qu’il n’est pas sûr qu’il va rester assez de citoyens disponibles pour remplir leurs listes.

Créée il y a bientôt deux ans, RamDam 64-40, l’association citoyenne pour la moralisation de la vie publique, n’a jamais milité pour que les politiques dégagent, mais au contraire pour qu’ils s’engagent.

L’entrée de la Communauté d’Agglo du Pays Basque.

Lors de sa prochaine réunion publique, qui se déroulera le jeudi 24 octobre, de 18 heures à 20 heures, dans la salle du conseil permanent de la Communauté d’Agglo du Pays basque (CAPB) à Bayonne, l’association propose donc aux citoyens de mettre leur grain de sel dans les futures élections municipales. L’occasion aussi pour vous de découvrir le « cœur du réacteur » de la communauté d’Agglo et l’endroit où sont prises les décisions majeures concernant le Pays basque. Ce qui ne nous empêchera pas non plus de parler de nos amis landais.

La salle du conseil permanent.

Avec vous, nous souhaitons élaborer un Minimum Démocratique Indispensable (MDI) destiné aux futurs élus. Comme pour les remises des harpes et klaxons, le débat sera illustré par des exemples de tout ce qu’il ne faut pas faire quand on est maire. Et nous ne manquerons pas d’anecdotes pour le moins surprenantes en matière de conflits d’intérêt, de favoritisme ou de non-respect de l’opposition !

À la suite de cette réunion publique, une lettre d’engagement, comprenant une trentaine de points et reprenant vos propositions, sera adressée mi-décembre aux candidats des principales agglomérations des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Chaque candidat sera libre de ne pas s’engager sur tel ou tel point et les réponses seront publiées dès qu’elles nous parviendront sur notre page Facebook.

Quand on vous disait qu’on va bien rire dans les semaines qui viennent !

Vous souhaitez venir ? Vous êtes les bienvenus ! Et si vous pouvez nous adresser un mail à ramdam6440@gmail.com pour confirmer votre présence, c’est encore mieux.

 

 

Une épastrouillante affluence

Plus de 80 personnes étaient présentes à la réunion publique de RamDam 64-40 où Virginie Lannevère et Jean-Pierre Laflaquière ont été chaleureusement applaudis.

Difficile, en dehors d’un exposé sur la reproduction des crabes verts les soirs de pleine lune au rocher de la vierge, de faire plus dissuasif qu’un débat sur les Sociétés d’économie mixte, les sociétés publiques locales et les délégations de service public ! Mais il faut croire que la démarche de RamDam 64-40 consistant à créer un lieu où les citoyens et les élus peuvent se parler sans animosité ni tabou intéresse, puisque 80 personnes étaient présentes, une veille de fête de la Musique et alors que se déroulait dans une salle voisine de la maison des associations de Biarritz un autre débat tout aussi intéressant animé par le comité anti G7. De quoi être totalement épastrouillés, comme le disaient les titis parisiens au XIXe siècle lorsqu’ils voulaient exprimer leur étonnement.

Il convient de préciser aussi que dans ce débat animé par le redoutable « inspecteur de la vie publique » Guy Aubertin, RamDam 64-40, recevait deux personnalités marquantes du monde politique local, Virginie Lannevère, conseillère municipale démissionnaire, administratrice de la SEM Cité de l’Océan puis de la Socomix, et Jean-Pierre Laflaquière, ancien préfet, adjoint au maire d’Anglet et membre du Conseil d’Agglomération du Pays Basque.

Lannevère : « Un risque invraisemblable »

Virginie Lannevère déteste les caméras et les projecteurs et n’aurait jamais imaginé sortir de l’anonymat. Spécialiste du risque financier pour les palaces, elle pensait mettre bénévolement ses compétences au service de la Ville, elle qui compte de nombreux conseils d’administration à son actif.

« Mon exposé sera bien sûr un peu à charge » annonce d’entrée Madame Lannevère qui rappelle que le rôle d’un administrateur est de travailler dans l’intérêt de l’entreprise. Quand le public et le privé se mélangent comme dans les sociétés d’économie mixte, tout devient beaucoup plus complexe car les administrateurs sont souvent aussi des élus qui votent ce qu’on leur demande de voter et arrivent au conseil d’administration sans même avoir ouvert les documents adressés.

C’est ce fonctionnement autocratique avec un maire seul décisionnaire et des élus au pas, qui a conduit Virginie Lannevère, en compagnie d’autres administrateurs comme François Amigorena ou Anne Pinatel, à exprimer publiquement son désaccord. Création de sous-commissions d’où étaient exclus ceux qui n’étaient pas d’accord avec Veunac et Lafite, rétention de l’information avec des dossiers qui arrivaient la veille pour que les administrateurs n’aient pas le temps de les étudier, menaces multiples, Virginie Lannevère raconte avec beaucoup de calme et d’émotion contenue son quotidien d’élue bénévole : « À un moment, je me suis retrouvée à plus consacrer de temps au Palais qu’à mon propre travail »

Sous les applaudissements nourris du public qui salue son courage, Virginie Lannevère, qui souhaite évidemment un avenir radieux pour le Palais, confie son pessimisme : « Les 64 millions empruntés représentent un risque invraisemblable et supposent une rentabilité jamais atteinte par les leaders du marché hôtelier. Les travaux de rénovation et d’investissement dépassent les capacités de la ville et donc, en cas de défaut, l’acteur privé minoritaire (Decaux) absorbera la SEM. »  Comme les élus l’ont dit à l’époque, on se retrouve en présence d’un hold-up organisé par Veunac et Lafite.

Laflaquière : « Peu de brebis galeuses »

Plus orthodoxe et consensuel, Jean-Pierre Laflaquière estime que « malgré quelques brebis galeuses, presque tous les élus effectuent leur mandat avec passion et intégrité », ce que RamDam 64-40 qui suit de près la vie publique locale lui accorde volontiers. Il concède que l’Agglo connaît quelques problèmes de croissance compte-tenu de sa taille, mais affirme que les 170 marchés publics passés en son nom (presque un tous les deux jours !) sont suivis avec beaucoup d’attention, la défense des intérêts des contribuables étant la priorité absolue.

Élu connu pour sa rigueur et son intégrité, Jean-Pierre Laflaquière maîtrise parfaitement son sujet et sait se montrer convaincant, même s’il se trouve un peu plus déstabilisé quand je l’interroge sur « les brebis galeuses » et lui demande pourquoi les élus d’Anglet ont fermé les yeux pendant plusieurs années sur le fait que le premier adjoint Jacques Veunac, ancien médecin de son état, ait bénéficié d’un logement de vacances du promoteur Alday, ce qui fait un peu désordre quand on s’occupe d’urbanisme. « Le problème a été réglé en interne » affirme l’élu. C’est exactement ce que déplore RamDam 64-40, cet entre-soi si prisé des politiques pour régler les affaires un peu troubles, ce qui n’ôte rien aux qualités de Jean-Pierre Laflaquière qui a eu le courage de venir s’expliquer face au public.

Les nombreux élus présents dans la salle se sont contentés de sourire en coin. Maïder Arosteguy, Guillaume Barucq, Nathalie Motsch, candidats potentiels ou déclarés pour 2020, mais aussi François Amigorena, Anne Pinatel, Richard Tardits, Édouard Chazouillères, Françoise Mimiague, Brigitte Pradier avaient fait le déplacement (Mes excuses si certains m’ont échappé).

Seul absent de marque, pour le plus grand regret de Virginie Lannevère, Guy Lafite qui avait annoncé un peu partout qu’il viendrait porter la contradiction à l’ancienne élue, mais qui a été visiblement retenu, comme pronostiqué, par une activité pottok.

Ce qui donne beaucoup de regret à RamDam de ne pas avoir finalement organisé cette conférence sur les crabes verts au lieu de parler de SEM, SPL ou DSP. Car il se serait certainement trouvé un scientifique dans la salle pour expliquer que les vieux crabes deviennent très peureux avec l’âge.

Un jeudi en fanfare

La prochaine réunion publique de RamDam 64-40 promet : Virginie Lannevère a bien l’intention de dire tout ce qu’elle a sur le cœur. On va en apprendre des belles sur La Cité de l’Océan et L’Hôtel du Palais.

RamDam 64-40 ne se compose pas que de saltimbanques impertinents qui distribuent klaxons et harpes aux politiques nécessiteux. L’association compte aussi quelques géomètres rigoureux et passionnés de vie publique qui souhaitent évoquer avec vous les sujets que les élus préfèrent souvent garder pour eux.

Qui pouvait-on trouver de mieux, le 20 juin prochain, que Virginie Lannevère, ancienne conseillère municipale de Biarritz et ancienne administratrice des sociétés d’économie mixte, Cité de l’Océan et Hôtel du Palais pour nous expliquer le fonctionnement de ces entités souvent un peu mystérieuses pour le grand public ? Un débat qui devrait être passionnant puisque notre grand argentier Guy Lafite a d’ores et déjà annoncé qu’il viendrait lui apporter la contradiction. Les mauvaises langues de RamDam ont parié que « La Faillite nous voilà ! » va annoncer sous peu qu’il a pottok ou piscine et se désister. L’avenir le dira.

Jean-Pierre Laflaquière, membre de la CAPB, nous racontera de son côté la façon dont se passent les marchés publics et comment l’Agglo veille sur les intérêts des citoyens.

Enfin l’animateur du débat, Guy Aubertin, évoquera les SPL, les Sociétés Publiques Locales, avec des exemples concrets comme Fort Socoa ou les halles de Pau qui ont recruté, sans que François Bayrou ne le sache, Sophie Borotra.

Comme toujours, l’entrée sera libre et gratuite et la bonne humeur de rigueur. Et vous comprenez désormais pourquoi votre présence est absolument indispensable en cette veille de la fête de la Musique, où un peu de grosse caisse permettra de réveiller les consciences citoyennes.

 

Des vœux mais surtout un aveu

Pendant que les vieilles canailles de RamDam 64-40 distribuaient klaxons et harpes, le maire de Biarritz sortait quelques énormités au casino Bellevue. Une moitié seulement des conseillers municipaux s’était déplacée.

C’est l’histoire du chirurgien qui s’apprête à vous amputer d’un bras et d’une jambe, mais qui vous annonce en salle d’opération qu’à votre réveil votre vie sera comme avant. Ceux qui n’étaient pas venus au casino Bellevue pour les fish and chips ou les verrines de homard (Michel Veunac, rappelons-le est vice-président de l’Agglo en charge de l’attractivité touristique du Pays basque et n’offre donc que des produits typiquement basques comme les sacs Hermès ou les spécialités culinaires anglaises), pour ceux donc qui avaient décidé de venir s’ennuyer aux voeux du maire, une surprise de taille les attendait.

Bien obligé d’évoquer le G7 à l’orée de cette année 2019, Michel Veunac, avec la désinvolture du chirurgien prêt à tronçonner un bras qui n’est pas le sien, n’y est pas allé par quatre chemins pour annoncer aux Biarrots la saignée qui les attendait.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Le docteur Diafoirus, doté de son écharpe tricolore, est formel : Biarritz ne sera pas « bunkérisée » pendant le G7, vous devrez juste en tant que Biarrots être enregistrés, fichés, répertoriés, avoir l’haleine fraîche et les cheveux bien peignés et présenter des coffres de voitures vides et des sacs à main rangés au cordeau, et – Merci monsieur le maire ! – « jusqu’au 18 août les activités se dérouleront normalement ». Autrement dit les commerçants et tous ceux qui vivent du tourisme à Biarritz vont perdre quinze jours de chiffre d’affaires en haute saison et risquent de devoir mettre la clé sous la porte. Mais visiblement, Veunac s’en fiche, puisque sa photo dans le journal en compagnie des grands de ce monde est assurée. Et que les Biarrots en soient de leurs poches avec les travaux précipités de L’Hôtel du Palais ou la non indemnisation de l’État l’indiffère totalement puisque, lui, va conserver ses indemnités ô combien méritées de maire soucieux de l’intérêt de tous.

Fort malicieusement, Sud Ouest du 17 janvier qui évoque les précédents G7 rappelle que les commerçant lésés au Canada sont indemnisés tandis que rien n’est prévu à cet effet dans notre beau pays, même pas les mouchoirs pour pleurer. Les contribuables biarrots pour leur part ignorent toujours quelle sera la part de l’État et celle de la Ville dans l’addition finale du G7 qui, généralement, tourne autour de 30 millions d’euros. Vous comprenez mieux pourquoi on ne peut guère offrir plus de vingt euros par mois à ces gueux de gilets jaunes, alors que la France est la cinquième puissance économique mondiale.

Bisque, Bisque, Basque ! qui est pour la paix dans le monde et qui sait à quel point Michel Veunac exerce son mandat par pure passion citoyenne et avec un désintérêt total pour les questions matérielles propose donc à notre Premier magistrat de faire don de ses indemnités à la caisse des commerçants pour minimiser le préjudice qu’il leur fait subir. Les pertes ne seront pas totalement compensées, mais le geste sera apprécié.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Enfin dernier détail qui ne trompe pas sur l’ambiance fin de règne qui présidait à ces vœux 2019, seuls 19 conseillers municipaux sur 33, ceux qui tremblent pour leurs indemnités et n’arrivent pas à imaginer après 2020 une existence sans mandat, avaient réussi à trouver le fort difficile chemin d’accès au casino Bellevue.

Une joyeuse remise de klaxons et de harpes

Béatrice Chevé décernant la harpe d’or à Virginie Lannevère.

Cinq conseillers municipaux sont même allés plus loin et ont boycotté les verrines de homard préférant se marrer à la maison des associations plutôt que s’ennuyer ferme au casino Bellevue. Avec les vieilles canailles de RamDam 64-40, accompagnés de jeunes impertinents et impertinentes chargés de les raccompagner le soir jusqu’à la maison de retraite, les quatre-vingts spectateurs présents ont pu vérifier que l’imagination des politiques pouvait être sans limite. D’où ces vigoureux coups de klaxons. Heureusement d’autres élus, par leur implication, leur transparence, leur volonté de respecter le mandat confié par les électeurs ont démontré que notre pays peut aussi espérer des jours meilleurs. Par un hasard curieux, les récipiendaires de harpes étaient presque tous présents quand les bénéficiaires de klaxons se sont montrés plus discrets. La soirée s’est donc terminée avec beaucoup d’émotion et d’applaudissements nourris pour féliciter Hervé Boissier et Virginie Lannevère à Biarritz, Peio Etcheverry-Ainchart et Pierre-Laurent Vanderplancke à Saint-Jean-de-Luz qui repartent avec un magnifique objet d’art et se sont promis de prendre des cours de harpe.

Les spectateurs ont apprécié la soirée. le chien aussi.

 

Le palmarès des klaxons et harpes 2018

Proclamation des Klaxons pour les Landes

5.- Christian PLANTIER

4.- ÉRIC GUILLOTEAU

3.- Lionel CAUSSE klaxon de bronze

2.- Élisabeth BONJEAN klaxon d’argent

1.- Xavier GAUDIO et Patrick LACLEDÈRE klaxon d’or

 

Proclamation des Klaxons pour les Pyrénées-Atlantiques

8.- Ghis HAYE

7.- Odile DE CORAL

6.- François BAYROU

5.- Jacques VEUNAC

 4.-Guy POULOU et Jean-Jacques GOUAILLARDET

3.- Hervé LUCBEREILH klaxon de bronze

2.- Jean-Louis FOURNIER et Anita LACARRA klaxon d’argent

1.- Guy LAFITE klaxon d’or

Michel VEUNAC, Grand prix spécial du jury

 

Proclamation des harpes

3.- Hervé BOISSIER harpe de bronze

2.- Peio Etcheverry-AINCHART et Pierre-Laurent VANDERPLANCKE harpes d’argent

1.- Virginie LANNEVÈRE harpe d’or