Un Didier Guillaume très convenu

Le ministre de l’Agriculture s’est livré à un prêchi-prêcha électoral fort prévisible avec la volonté affirmée de ne surtout fâcher personne.

Non, l’homme au chapeau Serge Istèque n’est pas là par hasard sur la photo, mais au terme d’une stratégie très élaborée.

La déclaration de candidature d’un homme politique est au journalisme ce que la leçon de mathématiques est au cancre. Un moment qui pourrait être d’un ennui mortel si le paysage derrière la fenêtre ne venait sauver le mauvais élève et la succulente comédie humaine qui se déroule dans ces occasions divertir le porteur de stylo. Foule des grands jours, samedi matin, dans le hall du jai-aläï d’Aguilera, à l’occasion de la conférence de presse donnée par Didier Guillaume. Les médias nationaux sont nombreux tandis que, côté supporters, nous assistons à un raccourci saisissant de tout ce qu’est devenue LaRem, cette lessiveuse idéologique apte à lyophiliser toutes les convictions les plus établies, qui permet aux Républicains bon teint, aux rares représentants de la gauche et aux Abertzale de se taper désormais sur le ventre sans complexe.

C’est une cohorte enamourée qui arrive dans le sillage de Didier Guillaume où l’on reconnaît Guy Lafite, Michel Poueyts, mais aussi Régine Daguerre, Frédéric Domège, Alain Pouyau ou la présidente de « Femmes de droite » Maria François.

Un câlin électoral pas très défenestrant

Et c’est là qu’il convient d’admirer, alors que la conférence de presse n’a pas encore démarré, la capacité à jouer placé de certains. Prenez par exemple le président de l’association des commerçants des halles, l’homme au chapeau gris de la photo, Serge Istèque. Négligemment, quinze minutes avant que Didier Guillaume ne prenne la parole, il va s’installer au pied du pupitre juste à côté du micro en devisant avec ceux qui passent. Et bien malin celui qui l’en délogera ! Philippe Nalpas fera une tentative pour que l’espace autour du candidat se dégage mais en vain. Andy Wahrol avait précisé que chaque individu connaitrait son « quart d’heure de célébrité » mais avait oublié de préciser à quelles contorsions il fallait se livrer pour y arriver.

Après des préliminaires aussi prévisibles, il était clair que le « câlin électoral » prodigué par le candidat ministre n’allait pas être du genre défenestrant. Quelques punchline bien troussées afin de donner un peu de picore aux médias « Je ne viens pas là par amour mais par raison ». Des critiques tellement diaphanes, tellement voilées, que seuls les connaisseurs, adeptes de l’entre-soi, peuvent les décoder. « Biarritz a besoin d’une nouvelle impulsion », façon en creux de dire qu’il est grand temps pour papy Veunac de s’occuper de ses petits-enfants. Enfin des promesses de « passer à la vitesse supérieure » pour « faire rayonner notre ville en France et à l’international ». Trop d’imagination tue l’imagination !

Ajoutez au passage un hommage appuyé au premier adjoint : « Je veux saluer le Premier adjoint qui a réussi à ce que les Finances soient très bonnes », ce qui montre bien que Didier Guillaume n’est pas souvent à Biarritz et n’a pas encore découvert les dettes planquées sous le tapis par « La Faillite nous voilà ! », avant de préciser dans un heureux mouvement de balancier « Aucun des adjoints de l’actuelle municipalité ne sera adjoint dans la prochaine ».  

Rajoutez la nécessité de « faire travailler ensemble des hommes et des femmes », la promesse d’une « ville citoyenne » et la belle réponse du présumé parachuté « Les racines les plus fortes sont celles que l’on se choisit ».  Comme vous le découvrez en lisant cet article, vous avez bien fait de rester aux halles à prendre un café plutôt que de monter jusqu’à Aguilera.

Non au parachute de secours

Même sentiment de malaise lors du pot qui suit la déclaration de candidature. De l’attaché de presse qui vient vous expliquer qu’il a beaucoup insisté pour que Bisque, Bisque, Basque ! soit convié, comme si le fait d’être ou non invité allait changer quoi que ce soit à l’esprit d’impertinence assumé par ce blog, à tous ces élus qui vous expliquent que depuis le premier jour ce mandat est un désastre (pourquoi diable ne se sont-ils pas manifestés bruyamment pour dénoncer l’incurie de Veunac aux côtés des Nathalie Motsch ou Maïder Arostéguy ?), on a le sentiment d’être dans le vieux monde des élites qui estiment que le citoyen ordinaire n’a pas à connaître la vérité. Sentiment renforcé par le discours de Didier Guillaume qui ne veut attaquer personne et surtout pas se risquer à faire le bilan de son prédécesseur alors que la population est totalement traumatisée par ce qui s’est passé pendant six ans.

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’exercice est difficile et que l’on a rarement vu un homme politique à son avantage dans cet exercice. On sent que Didier Guillaume en a sous la pédale et serait à la tête de la Ville d’une toute autre dimension que l’actuel maire. En tant qu’homme de gauche, j’ai envie de croire en lui et l’on va donc lui faire crédit au moins jusqu’à sa prochaine réunion publique, en espérant que le candidat va enfin fendre l’armure. Mais certains détails ne trompent pas. Il est des hommes amoureux qui quittent tout du jour au lendemain pour suivre la femme qu’ils aiment. Il en est d’autres qui naviguent de longs mois entre épouse légitime et maîtresse avant de voir comment les événements tourneront. Didier Guillaume a annoncé qu’il démissionnerait du ministère de l’Agriculture s’il était élu. Ce qui est une façon de dire qu’il va faire campagne à Biarritz en fin de semaine tout en occupant son poste de ministre le reste du temps. « Biarritz est la seule ville non capitale connue dans le monde entier » affirme l’intéressé.

Alors peut-être que la moindre des choses était de se consacrer à plein temps à Biarritz et de prouver aux Biarrots, en démissionnant de ses fonctions, qu’on est prêt à prendre tous les risques pour diriger la ville qu’on aime, au lieu de garder… un parachute de secours.

Être de gauche n’est pas une maladie honteuse

À plusieurs reprises, des Biarrots sont venus m’aborder avec la mine de conspirateurs désireux d’évoquer les turpitudes de Gabriel Matzneff avec les adolescents pré-pubères : « On voterait bien pour lui, mais Didier Guillaume est de gauche ». Comme si je n’avais pas l’information ! Je déplore justement que pas une fois lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture n’ait cru bon d’évoquer son long cheminement à gauche ou ses « valeurs de gauche » avant de se rallier à Emmanuel Macron.

Plus que jamais, le communiqué de Mathieu Accoh, au nom des Insoumis biarrots, pose les bonnes questions : « Qui me représente en tant qu’électeur biarrot ? » C’est donc avec plaisir que nous le publions dans son intégralité.

Mathieu Accoh, porte-parole des Insoumis biarrots (Photo Sud Ouest)

« L’électorat de Biarritz soucieux de justice sociale, d’égalité, de transparence démocratique et d’indépendance par rapport aux intérêts économiques peut légitimement se poser cette question : qui me représente ? Qui aujourd’hui parmi les chômeurs, les ouvriers, les employés, les personnels précaires, les retraités aux petits revenus, l’ensemble des classes populaires pour résumer, est représenté au Sénat, à l’Assemblée nationale ou plus près de nous au conseil municipal ? Cette partie de la population est-elle vouée à ne même plus pouvoir se rendre aux urnes dans une ville comme Biarritz ? Des centaines de milliers de Français ont manifesté leur détresse et leur colère pendant des mois sur les ronds-points, ont battu le pavé depuis des semaines pour défendre notre système de retraite. Et pourtant la volonté et les intérêts de cette majorité sont systématiquement piétinés et humiliés. Pour l’instant huit listes semblent se rassembler dans le souci de ne pas paraître « à gauche » comme si l’idéal de services publics de qualité, d’égalité dans la redistribution des richesses, de démocratie, de préservation des biens communs et de nos écosystèmes n’était plus qu’un lointain souvenir et tout sauf un objectif. C’est face à ce trop-plein unicolore qui semble se satisfaire de la contagion de la pauvreté, de l’accumulation insensée et ostentatoire de richesse, de la destruction d’une nature que le capitalisme vert n’enrayera pas, que nous, insoumis biarrots, écologistes, citoyens investis dans la vie associative, décidons de nous engager dans cette campagne électorale. Nous avons le souci de représenter l’électorat de gauche et d’empêcher la division des listes partageant la même fibre écologique et sociale, c’est pourquoi nous allons œuvrer à l’unité dans les prochaines semaines en espérant que les Biarrots soucieux d’une vie plus juste et plus proche de la nature trouveront une réponse dans nos propositions. »

Mathieu Accoh, pour les Insoumis biarrots

Décidément, tout le monde en pince pour Didier Guillaume

Un mail « secret » de Serge Istèque nous apprend que ce sont maintenant les élus abertzale Poueyts et Daguerre qui se désolidarisent de Veunac pour faire du gringue au ministre de l’Agriculture.

Ourdir des plans secrets et se faire gauler comme un débutant à cause d’une simple erreur d’adressage mail ! C’est la mésaventure qui vient d’arriver à notre sémillant Serge Istèque. Le président de l’association des commerçants Biarritz les Halles, mais aussi président de l’Office de commerce et de l’artisanat de Biarritz et président de l’association Biarritz années folles, devrait observer une stricte neutralité politique compte tenu de ses fonctions. On va voir que ce n’est pas tout à fait le cas et qu’il peut légitimement postuler à la présidence des sous-mariniers lanceurs de torpilles.

 En effet, l’homme qui souhaite que la villa Fal devienne une école de mode a visiblement une très haute opinion de Michel Veunac et l’exprime dans un mail signé aussi par Michel Poueyts et Régine Daguerre, Peio Abeberry et Maguy Mirande.

Lundi 25 novembre, Serge Istèque ouvre donc son ordinateur pour envoyer « aux amis politiques susceptibles de nous soutenir dès maintenant » son projet d’appel à la candidature de Didier Guillaume. Mais quand on veut éviter de l’adresser « aux personnes dont les idées sont déjà arrêtées », mieux vaut ne pas s’emmêler la souris dans les adresses mails, ce qui n’a pas été le cas. Après Michel Poueyts qui ne lâche pas d’une semelle Didier Guillaume lors de ses visites à Biarritz, ce nouvel épisode, révélateur de l’amateurisme qui règne actuellement dans la vie politique biarrote nous montre l’état totalement délétère de la majorité municipale.

Mais ça, les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! le savent depuis longtemps. Si Michel Veunac réussit à se faire réélire en mars 2020, ce sera le plus grand hold-up de la Côte basque.

Le texte de Serge Istèque signé par Poueyts et Daguerre

L’orthographe, même si elle peut surprendre (Lemoine au lieu de Lemoyne) a été laissée telle quelle.

Serge Istèque avec Michel Poueyts et Régine Daguerre. (Photo Sud Ouest)

Adixkide Maiteak,

Nous souhaitons vous informer personnellement, avant la presse, que nous sommes signataires de l’appel que vous découvrirez en pièce attachée. Nous vous invitons (voir liste des destinataires) à nous accompagner dans cette démarche et à signer cet appel avec nous !

Pourquoi ?

La manière d’aborder les municipales à Biarritz n’est pas actuellement compatible avec celle de Bayonne, St Jean de Luz ou St Jean Pied de Port.

Chaque ville à son histoire et sa manière singulière, plurielle ou particulière, de gérer, d’administrer et d’organiser la vie d’une commune. Biarritz Autrement, Elkartu, chacun à sa manière avec ses différences, ont prouvé, en son temps, qu’à chaque élection municipale, il y a une nouvelle vague à prendre à Biarritz.

Le principe d’une liste abertzale ouverte avait été adopté en novembre 2018 à l’unanimité des personnes présentes ou représentées à la maison des associations de Biarritz.

Cette démarche n’a pas été suivie par la majorité des 29 personnes présentes à cette réunion. La raison essentielle fait suite à l’annonce, au printemps 2019, dans la presse, sans concertation avec la base, d’un communiqué des responsables politiques de la section locale EH BAI, de la création d’une liste EH BAI abertzale de gauche à Biarritz. Ainsi la liste ouverte désirée par les uns et les autres était morte née ; car annoncer une démarche électorale à Biarritz, apparentée à une organisation politique abertzale degauche devient dans la foulée de la déclaration, un repoussoir pour tous ceux qui ne veulent pas être encartés politiquement. Ne nous trompons pas d’élection ! Nous savons de quoi nous parlons puisque aux départementales de 2015, Régine Daguerre et Serge Isteque étaient les candidats EH BAI BIARRITZ. Si tous les autres RDV électoraux sont politisés, les municipales sont des élections de proximité où le vivre ensemble demeure la première valeur de tout électeur.

Repartir comme en 14 avec Michel Veunac, n’ést plus, aujourd’hui sérieusement et politiquement opportun. Très honnêtement vis-à-vis des électeurs, celui qui veut rester coute que coute 1er magistrat de la ville, 6 ans de plus, n’est plus en capacité de le l’être. Il le dit lui-même puisqu’il a décidé tout seul, de faire appel à Monsieur Lemoine, secrètaire d’Etat, inconnu au Pays Basque, mais reconnu pour ses positions de la droite dure traditionnelle LR. Actif représentant LR aux manifestations pour tous, avec pour leitmotivs : l’IVG le droit de la famille et le respect de l’enfant, la PMA, l’homoparentalité, le mariage pour tous etc.  Michel Veunac lui laisserait sa place au bout de deux ans. Aussi, la démarche dans laquelle nous étions associé à MV en 2014 « Mon parti c’est Biarritz » devient pour 2020 « Mon parti c’est Veunac » pour devenir dans 2 ans « Mon parti c’est Lemoine »

À moins de quatre mois des élections municipales, la ville de Biarritz est plongée dans une grande incertitude politique.

Les Biarrots observent incrédules la multiplication des listes.

Ils constatent qu’elles ne reposent que sur des ambitions personnelles et ne recherchent dès à présent, par de petits arrangements futurs, qu’un accord de second tour pour pouvoir se placer. Tout cela interpelle les Biarrots et donne une image dégradée de notre ville au Pays Basque.

Biarritz a besoin d’autre chose que d’une telle inconséquence et d’un tel émiettement. Aucune des candidatures actuellement déclarée n’est en effet à même de créer le rassemblement nécessaire à Biarritz et attendu par les Biarrots. Leur seul point commun est de faire battre le maire sortant pour prendre sa place.

Les Biarrots exigent que l’on regroupe nos forces pour réfléchir à ce qui fonde la fierté d’être Biarrot, à ce qui constitue l’identité de notre ville, à ce qui lui donne des atouts pour affirmer la place de notre ville au Pays Basque et à l’international. Toutes les politiques sectorielles découleront de cette réflexion préalable et indispensable: la politique du logement et celle des solidarités, la quête d’une réelle exemplarité dans notre rapport à l’océan et à la transition écologique, l’exploration des voies innovantes du tourisme durable, la recherche de nouvelles dynamiques culturelles et sportives afin de renforcer le sentiment de faire cité tout en assurant le rayonnement de notre ville.

C’est dans ce cadre politique précis, que nous, (par ordre alphabétique) Peio Abeberry, Régine Daguerre, Serge Isteque, Maguy Mirande, Michel Poueyts, de sensibilités aberzale ouvertes et d’horizons professionnels différents. Nous sommes rassemblés par la seule volonté de mener des politiques publiques avec du lien permanent Biarritz-Pays Basque dans notre ville et à l’agglomération. Et en même temps faire que l’Euskara soit le ciment de ce lien naturel.

Pour gagner les élections avec une majorité absolue, nous nous rassemblons dés le 1er tour des prochaines élections municipales du 22 mars 2020.

Didier Guillaume vit au Pays le Pays Basque depuis 30 ans. Son épouse a fait une carrière d’enseignante en Soule, à Chéraute. Aujourd’hui, elle la poursuit sur le BAB à Anglet où elle parle le basque.

DG maitrise parfaitement bien tous les tenants et les aboutissants des dossiers biarrots.

Nous voulons d’une gouvernance plus transparente, plus efficace et plus participative. Nous avons besoin d’un maire qui sache gérer en pratiquant une gouvernance éclairée et diriger avec doigté et fermeté une majorité soudée.

Didier GUILLAUME est l’homme de la situation.

Merci de signer l’appel en pièce attachée en nous adressant, par retour de ce courriel, votre accord.

Berriz Milesker, Agur bero eta zintzoena deneri !

Hautagaiak : Régine, Maguy, Serge, Michel eta Peio.

Le conseil de classe des élus biarrots

Conseil municipal Biarritz

Avril 2014 : c’était la rentrée des classes pour l’équipe municipale, le temps des cahiers neufs et des bonnes intentions affichées. Depuis, en dehors de quelques révélations, beaucoup ont montré leurs limites et certains ont franchement déçu, à commencer par le premier magistrat de la Ville.

Alors que l’année scolaire se termine, Bisque, bisque, Basque ! a eu l’idée d’organiser avec quelques passionnés de vie publique le conseil de classe de l’équipe municipale de Biarritz. En se contentant de noter ceux qui participent, car entre les godillots de la majorité qui votent comme on leur demande et les opposants venus faire de la figuration, les citoyens qui suivent tous les conseils municipaux depuis deux ans, ne connaissent pas encore le son de la voix d’un bon tiers de l’assemblée. Revue de détail des progrès et difficultés de chacun.

 FÉLICITATIONS

Saint-Cricq◊ Pertinent, responsable et nuancé, il mérite largement les félicitations du jury. Jean-Benoît Saint-Cricq s’épanouit complètement dans le système Veunac qui laisse la parole à chacun, alors que les échanges avec Didier Borotra finissaient toujours par des éclats de voix et… un micro coupé par l’ancien maire. Pas toujours compris des Biarrots, le premier opposant est pourtant le seul à avoir incontestablement les épaules pour être maire en 2020, alors que la situation financière de la Ville reste délicate. Quand va-t-il vaincre la malédiction qui semble le poursuivre et le cantonner au rôle d’éternel opposant ?

ENCOURAGEMENTS

◊ Elle est loin la conseillère timide et empruntée qui rejoignait le conseil municipal en 2008 et ne savait plus très bien si elle était de l’opposition ou de la majorité ! Coincée par son mandat départemental, qui l’oblige à une certaine réserve, Maïder Arostéguy a fait d’énormes progrès et réussit à faire entendre sa voix et sa différence. Dotée de pragmatisme, de bon sens et de qualité d’écoute, Maïder a tout pour réussir en politique. Avec en plus un nom de famille qui n’est pas pour déplaire aux Biarrots.

◊ Partagé entre son activité de médecin et sa passion pour le surf, Guillaume Barucq ne rêvait sans doute pas en 2013 de devenir adjoint du maire. La première année, déconcerté sans doute par les critiques de ceux qui l’avaient poussé à se présenter, il a un peu flotté, avant de redevenir lui-même et de se montrer très intéressant, avec des points de vue personnels et courageux que ce soit sur l’écologie, la fiscalité, l’EPCI ou les compteurs Linky. Précieux dans une équipe, car il dit ce qu’il pense.

RÉVÉLATIONS ESPÉRÉES

Castagnede◊ Subtile et intelligente, Jocelyne Castaignède a l’œil vif des gens qui comprennent tout mais ne jugent pas forcément utile d’exprimer à voix haute leur ressenti. Parfois, quand Michel Veunac parle, son air entendu en dit long sur ce qu’elle pense. On aimerait que la deuxième adjointe chargée de la Culture sorte un peu de sa réserve et intervienne plus, car on devine un joli potentiel.

Amigorena◊ Bisque, bisque, Basque! a eu quelques prises de bec avec François Amigorena, mais l’homme est intelligent, a des capacités oratoires et des idées. Seul problème, il n’a pas de troupes pour le moment et se retrouve dans une situation inconfortable après s’être engueulé avec Lafite et Veunac. S’il réussit à fédérer autour de lui, il peut devenir une composante intéressante de l’élection de 2020.

Daguerre◊ Passionnée par son métier de médecin, Régine Daguerre consacre le temps qui lui reste au social et aux dires de tous réussit remarquablement dans cette tâche. Claire et carrée dans ses convictions, on la verrait très bien occuper un poste plus important dans la prochaine équipe municipale où sa capacité de travail ferait merveille.

 TABLEAU D’HONNEUR

Claverie◊ Il a les convictions changeantes et ses ennemis parleront d’opportunisme quand lui évoquera un simple pragmatisme. Peio Claverie a incontestablement un vrai talent politique et le système Veunac, avec un maire dépassé qui ne dirige pas grand-chose, fait de lui une pièce majeure de l’équipe municipale. Pour ces raisons, il aurait pu nous épargner quelques numéros de flagornerie publique à l’égard de son maire adoré qui ne sont pas dignes de lui et ne dupent personne.

Blanco◊ Aussi réservée en public que Peio Claverie est exubérant, Jeanine Blanco a une très noble idée du rôle d’un élu et fait son job avec ferveur. Toujours présente dans les manifestations publiques, toujours à l’écoute des gens, elle rend sympathique la politique, ce qui n’est pas un mince compliment. Précieuse dans une équipe pour sa disponibilité.

 ◊ Mélangeant parfois allègrement le municipal et le national dans sa détestation de l’actuel gouvernement socialiste, Frédéric Domège a le mérite de faire avec constance et application son métier d’opposant. Comme la droite est totalement divisée à Biarritz, surtout depuis les élections départementales, Frédéric a rarement l’occasion de travailler en équipe et cela se sent parfois dans ses interventions de franc-tireur.

Pinatel◊ Mais quand donc les femmes obtiendront les places qui leur reviennent de droit en politique ? Anne Pinatel a des idées, de la personnalité, de la trempe comme en témoigne son opposition à une hausse de la fiscalité locale, mais n’intéresse guère les machos de cour d’école de ce conseil municipal. Dommage, Biarritz aurait bien besoin de personnalités comme elle.

Boissier◊ Voilà un vrai malin, qui sait poser les bonnes questions en ayant l’air de ne pas y toucher. Engoncé dans une majorité municipale où les conseillers municipaux ont peu l’autorisation de s’exprimer, Hervé Boissier a osé, à propos de la prise en charge des frais de justice de Xavier Blaisot et Didier Borotra par la mairie, demander si les deux cas pouvaient être dissociés. Et on a même vu un ange traverser la salle du conseil municipal, les ailes chargées de procès-verbaux.

 APPLIQUÉ, MAIS PEU DOUÉ

◊ Il n’a même plus besoin d’ennemis politiques avec tous ses amis de la majorité municipale qui ne supportent plus ses indécisions chroniques, ses discours sentencieux et ses colères répétitives. À l’image de François Hollande, Michel Veunac a revêtu un costume dix fois trop grand pour lui. Alors, il gère la ville en petit boutiquier sans aucune vision d’avenir et, faute d’imagination, multiplie les bêtises comme la non-réorientation de la Cité de l’Océan ou le grignotage du Parc des sports d’Aguilera. Alors oui, Michel Veunac est plutôt sympathique et fait encore rêver quelques mamies biarrotes, mais est-ce suffisant pour diriger une ville aussi complexe que Biarritz ? D’autant que quelques flatteurs l’ont d’ores et déjà convaincu qu’il devait se représenter en 2020, époque où il n’aura « que » 74 ans. Malin, il annonce qu’il va se débarrasser de Lafite et des abertzale pour « ouvrir à droite ». Il n’y a que Brisson pour le croire, mais pour Veunac comme pour nous, tout plutôt qu’une nouvelle candidature !

 PEUT MIEUX FAIRE

◊ Par son parcours singulier de sportif de haut niveau et de chef d’entreprise formé à l’école américaine, Richard Tardits aurait pu constituer un renfort de poids pour une majorité municipale. Auteur d’une magnifique campagne électorale en 2014, il s’ennuie visiblement dans un rôle d’opposant qui n’est pas fait pour lui, alors qu’il a dix idées quand Veunac n’en a pas une. Quel dommage !

◊ Après des bons débuts, Bénédicte Darrigade, qui avait pris l’initiative malheureuse de s’allier à Louis Vial pour les élections départementales, s’est petit à petit étiolée. Accaparée par ses activités professionnelles, elle est devenue plus discrète, alors qu’elle a du sens pratique et de la pertinence quant à l’avenir de Biarritz. Si l’envie de « faire le job » d’opposante lui revient, elle réussira à coup sûr.

 DÉCEPTION ÉVIDENTE

◊ Talentueux et doté d’une belle intelligence scolaire, Guy Lafite pourrait être un élément brillant de cette assemblée, s’il ne se montrait pas aussi hautain et méprisant. D’autant que ses résultats, même s’il amorce incontestablement le redressement financier actuel de Biarritz, ne plaident pas toujours en sa faveur. Qui sous Borotra nous a vanté les vertus de ce PPP désastreux souscrit pour la Cité de l’Océan ? Le bobo en cachemire déteste viscéralement Michel Veunac, mais se croit obligé de faire semblant en public, ce qui n’est pas très respectable. Il s’affirme aussi de gauche, mais ne manifeste jamais dans ses discours la moindre fibre sociale, ce qui est encore pire.

◊ Et on en arrive au plus gros ratage de ce groupe municipal ! Max Brisson avait toutes les qualités requises pour être maire et, ce qui est légitime, il a eu du mal à se remettre de son échec. Mais sa boulimie politique l’entraîne à vouloir être systématiquement candidat à tout, sans se soucier des contradictions que sa lubie électorale du moment peut provoquer et des dégâts faits à son image dans l’opinion publique. Contrairement à Jean-Benoît Saint-Cricq, Max Brisson a toujours bâclé son travail de premier opposant, multipliant les absences, les calculs à court terme ou les déclarations plus ou moins alambiquées. Une conception de la politique d’un autre temps.

 RÉORIENTATION SOUHAITABLE

Haye◊ Certes, les socialistes sont bien pâles en ce moment, mais être à ce point diaphane ! La dixième adjointe, Ghislaine Haye est l’alibi de gauche de Veunac et par son absence d’idées et son inexistence, alors qu’elle a visiblement une très haute idée de sa personne, elle réussit à faire de la transparence un art !

◊ Il fait partie de l’équipe municipale depuis le XIXe siècle ou presque, mais l’expression « homme public » n’a visiblement pas été inventée pour lui, car il traîne un ennui visible en conseil municipal, préférant agir en coulisses. Féru de pelote, Michel Poueyts devrait songer à passer la main…

◊ Il s’était fait remarquer, pendant la campagne électorale, en voulant « pendre à des crocs de boucher », les journalistes qui disaient du mal de son camp. Au vu du niveau infantile de ses interventions au conseil municipal, il est probable que le jeune Édouard Chazouillères, qui est le seul à penser qu’un brillant destin politique l’attend, a confondu un croc de boucher avec une épingle à nourrice.

◊ Ce gros malin qui s’imagine qu’on n’a pas remarqué ses manigances, s’arrange toujours pour parler le dernier, truffant ses propos de chiffres pour rappeler qu’il est un brillant économiste, ou de références culturelles qu’il étale comme de la confiture. Patrick Destizon ne voit pas qu’il rase tout le monde avec son ego mal contenu et ses propos décalés. Si Didier Borotra a une place dans sa maison de retraite…

(En photos, le premier de la classe et les conseillers municipaux les moins connus du grand public)

Petit maire, grosses ficelles

Ficelles

C’est un argument imparable : la baisse de la fréquentation touristique obligerait la Ville à augmenter les impôts pour relancer la machine à cash. Mais la hausse inégalée de l’activité touristique que nous connaissons actuellement, incite la Ville à aller puiser dans le porte-monnaie des Biarrots pour « rester à la hauteur ». Logique, non?

Oui, décidément, il y a du Édouard Balladur chez cet homme-là! Les Chiraquiens, qui n’avaient aucune illusion sur « l’ami de trente ans » de leur leader, le surnommaient « l’étrangleur ottoman« , pour sa capacité à se montrer toujours affable par devant et à vous passer un lacet autour du cou, si vous aviez le malheur de lui tourner le dos. C’est à un grand numéro d’enfumage que s’est livré, hier soir, Michel Veunac, notre étrangleur biarrot, qui a promené son monde, lors de ce conseil municipal du 10 février, sans jamais se départir de son exquise urbanité, tandis qu’une bonne partie des participants semblait soudain frappée d’amnésie collective.

Passons d’abord sur les détestables manœuvres que l’on croyait disparues à jamais, en même temps que Didier Borotra. Quand on est un élu retraité et qu’on se souvient de ce qu’est le monde du travail, on se doit de faciliter la vie des élus qui travaillent encore. Initialement prévu le 28 janvier, le débat d’orientation budgétaire a été reporté au 4 février puis au 10. Maïder Arostéguy, absente ainsi que Max Brisson, a tout à fait raison de déplorer sur sa page Facebook, ce non respect de la démocratie, en rappelant que la ville d’Anglet, tout comme le conseil départemental réussissent parfaitement à programmer les rendez-vous d’élus plusieurs mois à l’avance.  Mais, comme aurait dit Coluche, « il est pas jeune, le dernier qui a vu travailler Veunac » et l’on mettra donc ces errances de calendrier sur sa méconnaissance profonde des contraintes du monde du travail.

Le lyrisme du grand timonier

Et revenons maintenant à ce qui a constitué le cœur du débat d’hier, à savoir une hausse de la fiscalité locale, aussi prévisible que les vagues de submersion au moment des grandes marées. Comme à chaque conseil, Michel Veunac a tapé, à mots mouchetés, sur le vilain Didier Borotra, responsable de tous les malheurs actuels : « Il n’est pas facile de supporter des choix d’hier dans le contexte d’aujourd’hui« . (À se demander qui sont les idiots d’adjoints qui ont laissé ainsi agir le précédent maire!) Puis le grand timonier de Biarritz est parti dans une envolée lyrique : « Nous ne devons pas stopper la marche en avant que nous avons entreprise« , avant de lâcher en plein conseil une de ses exquises flatulences dont il a le secret, tout en se tournant tout sourire vers son adjoint Guy Lafite, pour faire croire que c’est lui le coupable : « Pour moi, la question de la fiscalité n’est pas taboue. Si nous devions avoir recours à de la fiscalité elle serait d’un niveau très faible« . On dit toujours ça… avant!

Amnésie collective

Le témoin, venu assister à ce conseil, se régale à l’avance du débat qui va suivre, mais étrangement l’assemblée semble frappée d’amnésie collective et ne plus se souvenir des propos tenus en ce même lieu, un an plus tôt. Frédéric Domège concentre ses tirs sur le gouvernement socialiste, grand pourvoyeur d’impôts, et déplore qu’on « étrangle encore un peu plus le contribuable biarrot déjà pénalisé par la hausse des parkings et de la cantine scolaire« . (Conseil : même pour rire, ne déposez pas discrètement dans la poche de la veste de Frédéric une carte du PS, il serait capable de faire un malaise à sa vue).

Jean-Benoît Saint-Cricq note pour sa part une volonté de prudence qu’il apprécie après les fastes à crédit de Borotra : « Je note que vous y allez sur la pédale douce. je suis plutôt satisfait de ce que je vois.  » Richard Tardits, mal remis du décalage horaire après avoir couvert le Superbowl, va évoquer un « gouvernement fédéral » au lieu de national et demander à Michel Veunac d’agir en chef d’entreprise et de « trouver des moyens pour augmenter nos revenus ». (Veunac a déjà trouvé le moyen d’augmenter ses revenus, ce qui est un bon début).

François Amigorena se prononcera lui aussi contre toute hausse de la fiscalité, tandis que le jeune Chazouillères, habitué à mettre des fers au feu partout pour assurer le grand destin politique qu’il s’imagine l’attendre, opte pour un fort peu courageux « Oui, mais« .

Répétitive flagornerie

Vient ensuite le bal de ceux à qui les hausses d’impôt ne font pas peur comme Jocelyne Castaignède, Guillaume Barucq ou Régine Daguerre, qui estiment que dans leurs domaines respectifs, la culture, l’environnement ou le social, une baisse de 2% de leur budget est impensable.

Et puis, comme il faut des courtisans dans toute assemblée, Peio Claverie, qui va finir par se faire un tour de reins à forces de génuflexions, ouvre le bal : » Ce n’est pas de la flagornerie, Monsieur le maire, (Mais si, mais si…) mais je voudrais vous féliciter que vous donniez la parole à chacun (…) Personne n’a envie de jouer avec la fiscalité. La fiscalité, ce n’est pas un jeu. » Avant de conclure, pour justifier la probable hausse d’impôts : « Les Biarrots nous reprocheraient de ne pas tenir nos promesses. J’ai envie que Biarritz continue à être un phare ». Peio, que l’on a connu autrement plus mordant et caustique dans l’opposition, semble juste avoir oublié les promesses faites par Michel Veunac, il y a un an. Le grand âge, sans doute.

Le courage de Pinatel et Darrigade

Heureusement, deux femmes, l’une de la majorité, l’autre de l’opposition, ont eu le bon sens de pointer du doigt le sac de nœuds tissé par le maire. Bénédicte Darrigade, tout d’abord, qui estime qu’il ne faut pas, en pleine crise  » envoyer un très mauvais signal aux ménages biarrots »  et surtout Anne Pinatel qui rappellera le grand numéro fait par Veunac, lorsqu’il avait plaidé, en 2015, pour la hausse des taxations sur les résidences secondaires afin que les Biarrots soient à l’abri de toute envolée des impôts locaux : « On avait alors justifié cette hausse en expliquant que ça éviterait que les ménages biarrots subissent une augmentation. On ne peut pas dire le contraire maintenant. »

Anne est vraiment naïve. Il y a longtemps que le vieux cheval de retour Michel Veunac, à l’image d’Édouard Balladur,  est convaincu que, pour survivre en politique, il suffit de dire tout et son contraire et que, plus les ficelles utilisées sont grosses, mieux elles passent.

Paroles de phraseur

Faute d’agir, Michel Veunac adore les phrases ronflantes et le jargon de sociologue, apte à impressionner les foules.

À propos de la fermeture des petits commerces : « Une étude s’impose sur l’évolution de la physionomie de la commercialité dans les zones périphériques« .

Sur les classes moyennes, les plus touchées par les hausses d’impôts : « La moyennisation des classes représente en fait 80% de la population« .

Sur le personnel communal et un budget en hausse de 1,30% : « Il faut prendre en compte le GVT, le glissement Vieillesse Technicité« 

Heureusement que Veunac n’a pas fait l’ENA comme Lafite!

Domège, en premier de cordée

Domege 01

Pour cette participante, il n’y a pas de doute : l’étoile montante, c’est Domège.

En ce moment, Frédéric Domège est heureux et ça se voit à la façon qu’il a de se couler dans son costume et de se mouvoir avec aisance dans l’espace, alors qu’il s’attaque à une sacrée montagne avec ces élections départementales, où neuf binômes s’opposeront à Biarritz : « Bien sûr, j’espère ne pas prendre une taule dimanche, mais tu ne peux pas savoir  le bien que cela fait de dire ce que l’on pense ». Dans la salle du casino qu’il a réservée, mercredi soir, il claque la bise aux arrivantes, a un mot gentil pour chacun, avant de démontrer à la centaine de participants venus pour l’occasion qu’il est tout de même beaucoup plus facile de faire de la politique quand on se sent en accord avec ses idées :

«  D’habitude, je parle en avant-dernier. Je suis un peu le chauffeur de salle, attaque avec humour Fredo-la-malice.  Je vous dois donc une explication. Qu’est-ce que je fais là? En mars dernier, les électeurs ont manifesté leur désir de changement. Nous ne pouvons pas faire comme s’il ne s’était rien passé… »

L’homme est calme et serein. Il a visiblement digéré les tempêtes essuyées les derniers mois et n’est jamais dans l’acrimonie. « La candidature de Max Brisson me paraît inopportune. Je n’ai pas apprécié que notre chef de file déserte les deux premiers conseils. Moi aussi, je n’étais pas bien après cette défaite, mais je tenais à assumer mon rôle d’opposant. »

L’épisode comique où Max Brisson, officiellement bloqué par la neige à Albi, s’est retrouvé pris en photo à Bayonne, est vite expédié : « Au cours du débat d’orientation budgétaire, j’ai eu le sentiment d’être le seul opposant… La liste de Brisson s’appelle « Fidèles à Biarritz » mais elle n’est certainement pas… fidèle aux Biarrots! »

Domège 02

Dans la salle du casino municipal, une bonne centaine de participants.

Domège ne veut visiblement pas s’étendre sur les querelles internes et il est très clair sur ce que sera son attitude dimanche 22 mars au soir. « Ce premier tour constituera une primaire grandeur nature entre les candidats de droite. Bien entendu, pour le deuxième tour, il faudra faire barrage à la gauche. »

Alors que le domaine de compétence des futurs conseillers départementaux reste très flou, Frédéric Domège fustige les décisions prises à Biarritz par une majorité qui multiplie les études dilatoires : « Kléber va devenir un quartier comme on avait décidé de ne plus en faire depuis les années soixante. Les ouvertures sont tellement rapprochées que les gens vont pouvoir s’offrir un coup à boire d’une fenêtre à l’autre. Et pendant ce temps, la crèche qui était prévue dans ce quartier vient d’être abandonnée par la majorité municipale. »

Et le candidat, qui prend visiblement goût au micro, de marteler : « Biarritz est un équilibre! »

Un quatuor qui s’apprécie

Marie-Pierre Mayer, la pharmacienne de Saint-Charles, raconte alors son parcours, elle qui n’est pas Biarrote d’origine, mais qui se félicite tous les jours depuis vingt ans de vivre ici. Petite-fille de mineur, elle est « fascinée par ces gaullistes débordant d’énergie qui œuvrent pour la France. » et a « toujours été intéressée par la politique ».

Mira Schor, sa remplaçante, ne cache pas que le fait d’avoir été exclue de l’UMP reste une blessure à vif : « J’ai le coeur et l’âme UMP, même si nous ne pouvons pas le dire ouvertement. » Travaillant à L’Hôtel du Palais, elle se réjouit de «  vivre une aventure humaine extraordinaire » et se déclare très optimiste au vu de l’accueil réservé par les Biarrots lors des distributions de tracts.

Jean Dabadie, le remplaçant de Frédéric Domège, a fait de solides études à l’étranger avant de revenir à  Biarritz, «  ma ville », en 2009 et de prendre la gérance de L’Hôtel du Clair de lune. Non encarté, il veut incarner le bon sens des gens de terrain.

Le quatuor n’a pas besoin de dire qu’il s’apprécie. Les sourires, les fous-rires sont nombreux et comme le souligne Marie-Pierre Mayer, « Frédéric sait diriger, mais il sait aussi écouter ».

On est loin des ces mariages forcés, il y a un an, où Veunac, Barucq et Lafite d’un côté, Brisson, Saint-Cricq et Tardits de l’autre, semblaient aussi ravis de convoler ensemble que les lycéennes enlevées par Boko Haram, le jour où elles découvrent l’époux qu’on leur destine.

Comme me disait un vieux guide pyrénéen, « quand une cordée fonctionne, la montagne devient tellement plus simple! »

Pour moi, ce sera Ithurbide-Raffy

Quand un gouvernement de gauche vote des lois de droite, comme la loi Macron, il faut le rappeler à ses devoirs et voter à gauche de la gauche. Contrairement aux précédentes cantonales, ces nouvelles élections départementales ont été marquées par des débats beaucoup plus nationaux que locaux, avec une forte inquiétude sur le score du Front national. Voter communiste, un parti pour lequel j’ai toujours eu beaucoup de tendresse, ne me posera donc aucun problème, puisque j’ai toujours préféré les militants sincères aux énarques arrogants dont ce n’est jamais la faute (Suivez mon regard…). Je ne cache pas que si j’avais disposé d’un deuxième bulletin, je l’aurais certainement donné au ticket Daguerre-Istèque, tellement ils sont enthousiastes, chaleureux et rafraichissants dans leur volonté de défendre le Pays basque. Mais, n’habitant que depuis douze ans à Biarritz, j’avoue que je suis parfois déconcerté par les stratégies « ondoyantes » des Abertzale, même si on m’a expliqué que c’était normal, puisque c’était un mouvement et non un  parti.

Après avoir ruminé ma colère pendant des semaines, j’ai décidé en mai 2012 de ne pas passer une minute de plus au « Canard enchaîné » qui, à mes yeux, avait gravement triché avec ses lecteurs. C’est sans doute pour cette raison que la démarche de Frédéric Domège m’est sympathique. Parce qu’il y a une sincérité dans sa révolte que j’apprécie. Biarritz a besoin d’opposants qui s’opposent, Biarritz crève de ces petits jeux politiques où l’opposition saute dans les bras de la majorité ou deale en douce avec elle, loin des regards, comme un vendeur de cannabis dans un hall d’immeuble. Frédéric, pour peu qu’il soit élu, retombera peut-être un jour dans ces petits jeux politiques que les électeurs exècrent. Mais, pour le moment, sa démarche est celle d’un homme indigné qui a décidé d’être lui-même…

… Et, rien que pour ça, il mérite le plus total respect.

Régine Daguerre, Serge Istèque : «Pour que le Pays basque existe »

Daguerre Isteque 001Drôles, pétillants et convaincus, ils vous réconcilient avec la politique, tellement leurs préoccupations sincères les conduisent très loin des petits jeux politiciens. Serge Istèque, le patron du Bo-bars de la rue Gambetta et le médecin Régine Daguerre, adjointe au maire de Biarritz en charge du social, tenaient à ce que la sensibilité abertzale soit représentée lors de ces prochaines élections départementales et leur programme, (que vous pouvez retrouver sur www.ehbai.eus) « Vivre, travailler et décider au Pays basque » a au moins le mérite de la clarté politique, en ces temps d’alliances improbables et de dissidences multiples.

« On n’est pas dans un parti, mais dans un mouvement politique, capable de se remettre en question tout le temps,  précise Serge Istèque, le théoricien du binôme. Nous espérons seulement que le Front national ne va pas décrocher la palme d’or à ces élections, car ça ne ressemble pas à Biarritz, une ville qui n’est pas extrémiste avec ses électeurs centristes de culture chrétienne ».

Décidés à faire une campagne jeune et dynamique, les deux candidats estiment que le département des Pyrénées Atlantiques est en sursis avec la réforme territoriale, « alors que la proposition d’une entité Pays basque faisait déjà partie du programme électoral de François Mitterrand en 1981 ». Une promesse, une de plus, qui n’avait pas été tenue une fois le candidat socialiste élu. « On se bat pour que le Pays basque existe et, plus on votera pour les candidats de notre liste, et plus on aura de poids à l’Assemblée départementale ».

Régine Daguerre, à qui personne ne contestera un gros volume de travail dans ses actuelles fonctions d’adjointe, tient à souligner ses convictions : « J’ai été élue à la Ville pour bosser et si nous sommes élus au département, ce sera pareil. Je ne me vois absolument pas sénatrice ou députée. En revanche, porter le dossier du Pays basque, ça oui ! » Serge Istèque déplore cette nouvelle région qui se profile, mêlant l’Aquitaine au Poitou-Charentes et au Limousin : « En France, les régions dynamiques sont les régions qui ont une forte identité ». Suivez son regard !

« Il faut juste un peu d’envie ! »

Les deux sont persuadés que le rôle des futurs conseillers départementaux consistera surtout à défendre les services de proximité. Quotidiennement confrontée à la précarité avec son travail de médecin, Régine Daguerre a une vision très claire de ce qu’il convient de faire : « Il faut d’abord veiller à la désertification médicale. Même dans une ville très attractive comme Biarritz, deux ou trois médecins généralistes n’ont pas trouvé de remplaçants. À Saint-Palais, plusieurs services de proximité de la clinique vont disparaître. Il faut aussi créer de petites structures de proximité, qui marchent beaucoup mieux que les grosses, pour accueillir les personnes âgées et les handicapés. » Le nombre grandissant de sans domicile fixe interpelle le binôme : « Un vrai travail sur la précarité doit aussi être réalisé au niveau départemental. On donne aux gens les plus démunis des contrats de six mois de travail, quatre fois renouvelables, et après pas grand chose ! Il faut repenser tout le dispositif et s’intéresser à ce qui marche  ailleurs. À Bordeaux, une association a inventé un dispositif intitulé TAPAJ (Travail Alternatif Payé A la Journée) qui permet petit à petit à des gens de se resocialiser. « 

 Et Régine Daguerre de conclure dans un sourire on ne peut plus convaincant : « En fait, ce n’est pas très compliqué à mettre en place. Il faut juste un peu d’envie ! »

Avant que Serge Istèque, ne lui vole le mot de la fin, dans un grand éclat de rire : « C’est en cela que nous sommes une liste vraiment très différente des autres. Par exemple, je suis le seul candidat marié à un homme. Et en plus, il est noir… »

Quand on vous disait que la difficulté ne leur fait pas peur !

Michel Blanc à l’assaut de Biarritz

Comme l’acteur français, nos hommes politiques biarrots, guettent l’ouverture et sont persuadés pouvoir triompher sur un malentendu lors des prochaines départementales…

Michel BlancIls sont admirables de rectitude, portés par leurs convictions, pas intéressés pour deux sous, respectueux de leurs mandats et ne récoltent que des moqueries ! On se demande bien pourquoi. Petit tour d’horizon grinçant sur Biarritz, où neuf binômes sont désormais en lice pour les prochaines élections départementales. Nul ne sait encore quel sera le rôle exact de ces conseillers, mais, éperdus de confiance en eux, ils sont persuadés être les plus aptes pour exercer ce mandat… plutôt rémunérateur. Ce qui explique peut-être bien des frénésies.

Le boulimique candidat-à-tout mange son chapeau

BrissonL’inspecteur général de l’Éducation nationale Max Brisson, allié pour cette élection à Maïder Arosteguy, a oublié un principe essentiel du management. Lorsqu’un pot de merde surgit, il faut se précipiter pour le régler, car sinon il vous revient en pleine poire. Accablé par sa défaite imprévue aux municipales, Max n’a pas prêté attention à la contestation qui émanait de ses rangs, pensant qu’elle s’estomperait avec le temps. Résultat : il a failli se retrouver avec trois listes dissidentes de l’UMP face à lui et a dû sérieusement s’agiter pour éteindre partiellement l’incendie. Intitulé « Le pompier pyromane », voici l’article qu’écrivait Corine Martineau sur sa page Facebook, le 5 février dernier : « Nous lui devons tous quelque chose. Mais quoi, n’aurait-il pas dû s’effacer cette fois afin de mieux rebondir quand la plaie se serait refermée ? L’ami a un appétit d’ogre et ne s’embarrasse pas de scrupules quand ses intérêts sont en jeu. Il avait le devoir de réunir nos 350 militants biarrots et leur donner la parole… Or là, que fait-il ? Il décide, et sans scrupule aucun, il vous demande de parapher. »

Quelques tractations plus tard, Max, soudain sous le charme de Corine à l’approche de la Saint-Valentin, écrit sur sa propre page, le 13 février : « Je salue le nécessaire effort d’unité et de rassemblement que fait Corine Martineau en retirant sa candidature aux élections départementales. (…) Pour toutes ces raisons, je suis convaincu de la nécessité qu’elle prenne des responsabilités éminentes au sein d’une UMP qui doit renouveler ses idées, son discours et ses actions. Son énergie, son imagination et le renouveau qu’elle porte en elle sont en effet autant de qualités dont l’UMP biarrote aura besoin pour se reconstruire et aller de l’avant. »

Voilà un troc de bon aloi, ou on ne s’y connait pas ! Tout le monde mesure le dynamisme et le militantisme de Corine Martineau et c’est sans doute une bonne nouvelle pour l’UMP où elle va amener beaucoup d’enthousiasme, mais le chapeau a été bien difficile à avaler pour le candidat-à-tout.

D’autant plus qu’il lui reste encore deux sacrés cailloux sur l’estomac, avec Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade. Signataire au niveau départemental d’un accord avec l’UDI et le MoDem, Max Brisson s’efforce de faire croire qu’il demeure un opposant féroce au maire MoDem de Biarritz Michel Veunac. Pas de chance, lors du conseil municipal décisif sur les orientations budgétaires, Max retardé par la neige se retrouve dans l’impossibilité d’être présent à Biarritz… mais pas à Bayonne, lors d’une réunion  avec les têtes de liste du département ! Absent à un conseil sur deux, Max a vraiment de la peine à rester crédible quand il s’annonce « opposant féroce » à Michel Veunac, et il est tentant d’écouter les membres de l’opposition comme de la majorité qui affirment qu’un deal a été passé entre les deux anciens adjoints pour ne pas se nuire aux élections départementales comme aux prochaines régionales, Max s’engageant à quitter le conseil municipal dès mars, s’il est élu.

L’ex-rugbyman prend le trou

Brisson DomègeEn ancien trois-quarts centre qu’il est resté, Frédéric Domège a vu un espace se libérer sur le terrain politique et il s’y est engouffré. Il faut dire aussi qu’il rongeait son frein depuis un bon bout de temps, cantonné qu’il était au rôle de coupeur de citrons de l’ami Max Brisson. Le patron de l’UMP départementale, en novembre dernier, répétait encore qu’il n’irait pas aux élections départementales, « ce coupe-gorge » et avait annoncé à Frédéric que cette fois c’était lui… Avant de se raviser ! Frédéric a bien compris que nombre d’électeurs UMP n’ont pas digéré l’aveu de François Bayrou, annonçant qu’à titre personnel il voterait Hollande en 2012. Il a noté les absences de plus en plus voyantes de son chef de file au conseil municipal et s’est décidé à incarner sur Biarritz une opposition beaucoup plus ferme à Michel Veunac, persuadé que s’il réussit sa percée en devançant Max, il peut être élu. Furieux de se retrouver sous le coup d’une menace d’exclusion de l’UMP, ainsi que sa colistière Marie-Pierre Mayer (pourtant bien prévisible !), il est désormais décidé à distribuer des bourre-pif et affirme que Max ne part à ces élections que pour des raisons pécuniaires. Frédéric considère que « le premier tour constituera pour la droite et le centre une primaire grandeur nature ». Il est clair en tout cas que le 22 mars au soir, à la fin du premier tour, l’un des deux rivaux devra oublier la politique et se consacrer à la pêche à la ligne.

Plus rapide au sprint que son beau-père

Traitre Darrigade (1)Lors du premier conseil municipal, furieuse de voir son chef de file absent, Bénédicte Darrigade, en compagnie d’une de ses colistières, avait créé la surprise en votant pour … Michel Veunac au poste de maire. Encore une fois, Max Brisson avait fait semblant de ne rien voir et dès le conseil suivant, tout semblait revenu dans l’ordre. Mais c’était oublier les désirs d’émancipation de la dame, décidée à être candidate aux élections départementales, après avoir été la suppléante de Max. Après quelques appels du pied à des figures biarrotes de la société civile, puis un bref flirt avec François Amigorena (… qui ne sera pas sans conséquence, comme on le découvrira un peu plus tard), « l’opposante » Bénédicte Darrigade enfilait le maillot de championne du monde de la versatilité politique et réglait tout le monde au sprint en s’acoquinant avec le débonnaire Louis Vial, membre de la majorité municipale, et l’insignifiant Édouard Chazouillères, celui-là même qui affirmait vouloir pendre les journalistes à des crocs de boucher. Dame de petite conviction politique, ne manifestant pas le moindre respect pour le mandat que les électeurs lui avaient confié dix mois plus tôt, Bénédicte Darrigade est persuadée réussir ainsi à devancer Max Brisson. Ce qui peut être un bon calcul, car, en politique, la traîtrise paie souvent.

L’énarque, par l’odeur alléché…

LafiteGuy Lafite avait juré qu’il ne ferait pas la campagne des élections départementales et avait demandé à François Amigorena de se préparer. Mais le « spécialiste » des Finances, qui était le seul à ne pas connaître en 2008 la toxicité des partenariats public-privé, a commencé à suivre avec beaucoup d’intérêt les échanges de coups entre membres de l’UMP. Scandalisé par la désinvolture avec laquelle Michel Veunac traite sa propre majorité, et ce ticket inédit Darrigade-Vial, conscient que si l’opposition est en lambeaux, la majorité ne vaut guère mieux, le bobo Lafite, avec ses pulls en cachemire si rassurants pour la bourgeoisie biarrote, s’est dit que le ticket rose très très pâle qu’il forme avec Ghis Haye, face à une droite éparpillée, pouvait lui permettre de se retrouver au second tour en opposition à un candidat du Front national et de l’emporter, même si le département, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est pas à gauche. Le voilà donc dans la course, en se disant que, sur un malentendu, la victoire est possible!

La vengeance du cocu

AmigorenaIl se répand partout en ville en grommelant. « Arrêtez de me faire passer pour un mec de gauche ». Élu depuis 1995 dans des conseils municipaux comme Bidart, où il n’a jamais réussi à émerger, le très ambitieux François Amigorena pensait enfin, en jetant son dévolu sur Biarritz,  avoir trouvé une ville à la hauteur de l’immense estime qu’il se porte. Il n’a donc pas hésité une seconde à devenir le directeur de campagne de Guy Lafite, sans même s’apercevoir –quel étourdi !- qu’il concourait sous les couleurs de la gauche. Conscient que cette orientation politique n’est guère porteuse à Biarritz, il la joue désormais furieusement chef d’entreprise et membre apolitique de la société civile pour tenter de limiter la casse. Cocufié deux fois dans cette campagne électorale, par Bénédicte Darrigade tout d’abord, puis par son mentor en politique Guy Lafite, François Amigorena est conscient qu’il n’a aucune chance en liant son destin à celui de Martine Vals, mais espère entraîner dans sa chute les deux listes de ceux qui se sont moqués de lui… Pour, enfin, avoir le sentiment d’exister.

Ne pas sous-estimer Jean Zay

franck-perrin-chef-de-file-du-front-national_1671613_800x400Sympathique et discret, Franck Perrin, à l’image de Florian Philippot, incarne à merveille ce nouveau Front national, tellement plus redoutable que celui de Jean-Marie Le Pen qui se disqualifiait par ces excès verbaux. Lors du débat politique organisé par TVPI, pendant les élections municipales, l’ancien salarié de l’office du Tourisme avait sidéré tout le monde en évoquant son homme politique favori, Jean Zay, ce ministre radical-socialiste assassiné par les miliciens en 1944. En binôme avec Peggy Lepretre, peu connue sur Biarritz, Frank Perrin doit se frotter les mains en voyant le spectacle pitoyable offert par la majorité comme par l’opposition, à l’occasion de ces élections départementales. Et si, porté par la vague de mécontentement qui agite le pays, par ce ras-le-bol de l’UMPS, dénoncé par Marine Le Pen, il était la surprise du deuxième tour ?

Trois binômes cohérents

Ils ne représentent qu’un tiers des candidats mais, contrairement aux autres, leur candidature est cohérente au regard de leur parcours politique. On connait les convictions communistes de Bernard Ithurbide et de Sophie Raffy et il est donc logique de les voir défendre les couleurs de leur parti. Élue de la majorité après un mandat passé dans l’opposition, le médecin Régine Daguerre, qui continue à exercer à plein temps, effectue aussi un travail remarquable dans le domaine qu’elle affectionne, le social, sans trop se soucier des petits jeux politiques municipaux. Abertzale jusqu’au bout des ongles, il est logique qu’elle se présente avec Serge Istèque. Même chose pour Samantha Goicoetchea et Jordan Lavignasse qui défendront le minuscule parti de Dupont-Aignan « Debout la France ». Ces trois binômes ne s’offusqueront sans doute pas si on estime que leurs chances de figurer au second tour sont faibles.

Une fois de plus, c’est Biarritz qui perd !

les_bronzes_1978_portrait_w858Toutes ces manœuvres, ces passages dans le camp adverse et ces chamailleries de cour d’école, pourraient prêter à sourire si, une fois de plus, le perdant n’était le contribuable biarrot. Il devient de plus en plus visible que Michel Veunac ne dirige plus rien ni personne, comme en témoignent les coups de gueule récurrents entre alliés d’hier, qui réveillent régulièrement les employés municipaux. Il ne serait vraiment pas surprenant qu’à un moment ou l’autre Michel Veunac, à l’image d’un Bernard Marie en son temps, soit mis en minorité par son propre camp au moment du vote du budget. Car le temps presse et le maire démontre chaque jour son incapacité à agir et à décider, se contentant de solutions désastreuses comme de réinvestir dans la Cité de l’Océan. Si l’opposition n’était pas elle-même totalement divisée, elle pourrait se frotter les mains d’une telle situation. Mais, à l’exception de Richard Tardits et de Jean-Benoît Saint-Cricq, opposants fermes, intelligents et constructifs, qui ne sont pas du genre à pactiser en douce, entre ceux qui ont changé de camp en cours de mandat et ceux qui ont dealé discrètement, plus personne ne s’y retrouve. Frédéric Domège semble décidé à combattre les décisions du maire et à incarner une opposition digne de ce nom. Mais quel poids politique aura-t-il au soir du premier tour ?