« Sud Ouest » ne doit pas connaitre Saint-Cricq

S’il y a dans l’opposition municipale un leader tenace et compétent, c’est bien l’avocat biarrot. Mais – hasard ? -, le quotidien régional n’a même pas le réflexe de le citer.

Pour une fois majorité et opposition sont parfaitement d’accord pour annoncer que le prochain conseil municipal, vendredi 17 novembre à 18 heures, sera copieux. Entre L’Hôtel du Palais et l’aménagement d’Aguilera, le menu s’annonce bourratif et les douceurs de fin de repas risquent de se faire attendre. Et côté condiments, on risque d’assister à une belle course à l’échalotte entre d’un côté les élus de la majorité qui s’efforceront de faire entendre leurs voix malgré le marmiton en chef Veunac, grand spécialiste de la cuisine à l’étouffé, et de l’autre les élus de l’opposition qui tenteront de prendre la place qu’occupait Max Brisson, même si ce dernier n’a guère montré d’enthousiasme et d’alacrité dans ce rôle de premier opposant.

Mais visiblement, notre quotidien régional favori ne doit pas assister aux mêmes conseils municipaux que Bisque, Bisque, Basque ! affirmant, le 9 novembre dernier, « L’opposition se cherche un leader », après avoir interrogé les seuls élus Républicains, Maïder Arostéguy et Frédéric Domège.

Si les deux élus déplorent unanimement la valse-hésitation permanente de Veunac : « C’est difficile de s’investir pour ou contre un dossier quand il y a si peu de projets qui sortent », le propos reste fort policé et l’on sent bien que personne ne tient à montrer ses cartes dans la perspective de 2020, ou pire de 2021 car il est question de repousser d’un an la date de l’élection municipale (Une bonne nouvelle pour le portefeuille personnel de Veunac, mais certainement pas pour les Biarrots !).

L’opposition très suave de Maïder Arosteguy

Fraîchement élue en 2008, Maïder Arostéguy, après avoir successivement lâché Saint-Cricq puis Destizon, s’était distinguée par une opposition… très suave à Didier Borotra, n’hésitant pas à voter avec la majorité municipale en faveur de la Cité de l’Océan. Depuis, notre sémillante conseillère a fait prospérer sa petite entreprise. Un petit tour à l’UDI, avant de bien vite se rabattre sur Les Républicains, à ses yeux beaucoup plus porteurs. Si Fillon avait moins aimé l’argent, le coup aurait pu être parfait et Maïder se retrouver députée au lieu de se contenter d’un mandat de conseillère départementale. Ce département, où il est prudent politiquement de n’indisposer personne, ce qui explique des interventions toujours très nuancées, voire timorées lors des conseils municipaux. Si Maïder Arostéguy a des idées novatrices pour l’avenir de Biarritz, le moins que l’on puisse dire est qu’elle les cache bien.

 Frédéric Domège, le bon copain

Fin connaisseur de la ville, ayant participé à la gestion de Biarritz sous Borotra, Frédéric Domège, et c’est une de ses grandes qualités, a gardé de solides amitiés dans tous les camps. « Veunac échange sans doute beaucoup plus avec moi qu’avec ses troupes » s’amuse-t-il. Et le malicieux Frédéric n’est pas loin de la vérité. Mais l’ancien joueur du PUC qu’il est doit savoir que le temps du match au moins, il faut savoir détester ses adversaires même si on boit une bière avec eux après le coup de sifflet final. Pertinent dans ses interventions que ce soit sur le tram ou la circulation, indispensable dans une équipe par le liant qu’il met, Domège ne s’est jamais attaqué frontalement à Veunac et à sa façon de gérer la Ville, persuadé sans doute qu’il pourrait être de la prochaine recomposition municipale et se retrouver à nouveau du bon côté de la barrière.

Richard Tardits l’intermittent

Sa très belle campagne de terrain en 2014 est désormais bien loin. Richard Tardits a toujours dit qu’une cure d’opposition ne le tentait guère et il participe aux séances du conseil municipal avec l’enthousiasme d’un buveur repenti prenant son Baclofène. Dommage, car avec un maire aussi inexistant que Veunac, avec un Max Brisson à l’opposition plutôt fluctuante et imprévisible, il pouvait profiter du boulevard politique qui s’offrait à lui et montrer aux Biarrots qu’il avait plein d’idées (ce qui est une évidence pour ceux qui le connaissent !) Au lieu de cela, il prend son mal en patience, intervenant peu et ne proposant guère. On en connaît un certain nombre au sein de la majorité, les Amigorena, Barucq ou Chazouillères, obligés de ronger leurs freins en silence et de couvrir les boulettes du patron, qui adoreraient être à sa place pour montrer qu’ils ont du talent !

Le patron, c’est Saint-Cricq

Reste le grand oublié de Sud Ouest. L’homme a pourtant été le premier à s’opposer à la Cité de l’Océan quand tout le monde croyait, dans le sillage de Borotra, qu’allait sortir de terre une machine à cash. Le même a fait gagner de l’argent, beaucoup d’argent aux contribuables biarrots grâce à ses recours en justice. Depuis plusieurs mandats, il dénonce l’utilisation faite par la Ville de L’Hôtel du Palais et là aussi les faits lui donnent raison. Il est des signaux qui ne trompent pas. Vous remarquerez, quand il prend la parole, comme le silence se fait dans les rangs de l’opposition comme de la majorité. Et Veunac a beau lever les yeux au ciel ou simuler une de ses fausses colères qu’il affectionne, le verbe est ciselé, les faits énoncés vérifiés et le bon sens de sortie. Car en plus de son talent d’orateur, Jean-Benoît Saint-Cricq est un gros bosseur qui a une haute idée de son mandat et n’arrive jamais les mains dans les poches. Fin juriste, il cherche, fouille et met immanquablement la majorité municipale face à ses contradictions.

La cure d’opposition a l’immense avantage de permettre de repérer les talents et les caractères : Saint-Cricq a tout connu, les micros coupés avec Borotra, les ricanements satisfaits des imbéciles qui ne savent plus comment se dépêtrer de La Cité de l’Océan ou même les invectives à son encontre, mais il n’a jamais flanché ni tenté de pactiser avec la majorité. Sur tous les dossiers majeurs de la Ville, il a toujours eu raison avant tout le monde et ne s’est jamais trompé.

Mais son talent est tellement évident qu’il a dû échapper à Sud Ouest !

On ne réveille pas une opposition qui dort

Fidèle à son habitude, l’opposition s’est montrée particulièrement prudente dans l’affaire Sophie Borotra. Surtout pas de vagues, ce qui s’impose pour la Cité de l’océan.

S’opposer, ou ne pas insulter l’avenir et finir sur les genoux de Veunac ?

Heureusement que Michel Veunac compte quelques sympathiques trublions dans sa propre majorité, car sans eux son actuel mandat finirait par ressembler à un séjour en camp de vacances. En dehors de Jean-Benoît Saint-Cricq, qui à chaque conseil se montre mordant et incisif, c’est peu dire qu’entre les absences réitérées des uns, la détestation visible du job d’opposant des autres et le souci de tous de ne pas insulter l’avenir, l’opposition biarrote n’a guère brillé de mille feux depuis 2014.

Max Brisson s’indigne de cette affirmation : « C’est vrai que nous avons flotté au début, mais lors de l’élection des délégués à l’EPCI nous avons su nous rassembler pour présenter la candidature commune de Jean-Benoît ». Le fait ne souffre d’aucune discussion, surtout face au pitoyable spectacle offert par la majorité. Mais, pour l’observateur passionné de la vie politique locale, le malaise persiste sur le fonctionnement de l’opposition. Entre les alliances de circonstance au moment des départementales et des régionales, les déclarations de Michel Veunac affirmant qu’il veut se débarrasser de certains indésirables de sa majorité et ouvrir sur sa droite en 2020, on a vraiment l’impression d’être dans ce détestable entre-soi que la population reproche aux politiques. Surtout s’attaquer à mots couverts et à fleurets mouchetés, fermer les yeux sur certaines petites dérives qui pourraient aussi survenir dans son propre camp le jour où l’on redeviendra la majorité et se garder de toute parole qui pourrait compromettre son plan de carrière politique et revenir en boomerang en 2020. L’affaire Sophie Borotra en est un saisissant exemple.

Un très grand sentiment de solitude

Pendant deux mois, après la lecture de l’article de Sud Ouest du 7 février 2015, j’ai attendu. Quelques échanges téléphoniques passés les jours suivant m’avaient permis d’en savoir un peu plus et de vérifier que le quotidien régional disait vrai. Chaque matin j’ai espéré, espéré, en me disant : « Mais il y en a bien un qui va se réveiller et faire le job! » Peine perdue. C’est le 7 avril 2015 exactement, quand j’en ai eu marre de jouer à sœur Anne qui ne voit rien venir que je me suis décidé à contacter Maître Malherbe et à rédiger une plainte destinée au procureur. Ce n’est pas une décision simple à prendre. Je suis retraité désormais avec des moyens limités et je n’ai plus la machine de guerre du Canard enchaîné derrière moi. Et face à une ville comme Biarritz, je deviens un lanceur d’alerte qui risque d’y laisser des plumes financières, comme le prouve la demande de dommages et intérêts de Didier Borotra, formulée à mon encontre et heureusement rejetée par le tribunal. Même pas peur, même pas mal! Ton opération intimidation est ratée, Didier.

Après le dépôt de plainte, de nombreux mois se sont écoulés. J’ai pensé un moment que le procureur allait classer sans suite. Dans une petite ville comme Biarritz, il est difficile de ne pas se rencontrer et j’ai croisé à de nombreuses reprises des élus, en particulier de l’opposition. Je leur ai raconté ma démarche. Ils ont hoché la tête silencieusement et ne m’ont pas offert le moindre soutien. Ou m’ont dit, comme Richard Tardits, que j’apprécie beaucoup par ailleurs, « Mais c’est de l’histoire ancienne ! » Qu’on m’explique à quoi sert une opposition qui ne s’oppose pas et qui ne s’estime pas gardienne des deniers publics ?

Une Justice et un avocat qui ont du cran

En octobre, divine surprise, avec la convocation devant le tribunal de Didier et Sophie Borotra ainsi que de Madame Pautrizel. La Justice a fait son travail. Maître Malherbe me conseille de me porter partie civile, ce que je ne souhaite pas car j’estime que je vais au-delà de mon rôle de journaliste. Chevaleresque, il me propose même de défendre gratuitement le parti l’association ou l’élu qui reprendra le flambeau et se portera partie civile à ma place. Je le remercie chaleureusement, persuadé qu’avec mes amitiés politiques et un dossier aussi édifiant que celui-ci, je vais trouver sans peine un preux chevalier, défenseur des contribuables lésés. Un mois de démarches usantes où tout le monde me promène à qui mieux mieux avant d’esquiver. Cette fois je rédige une lettre destinée à tous les élus de l’opposition où je leur demande de prendre mon relais.

 lettre-a-lopposition

 

Pas un mot, pas un coup de téléphone, pas un mail, comme si cette demande provenait d’un empêcheur de pantoufler en rond. Max Brisson nuance : « C’est faux ! Nous nous sommes réunis pour convenir de la conduite à tenir après votre lettre et Jean-Benoît Saint-Cricq a été chargé de poser une question en notre nom à tous ».

« L’un de vous aurait peut-être pu m’écrire ou me téléphoner pour m’informer ? » Silence.

Max Brisson affirme que l’opposition va suivre le dossier. « Si la famille Borotra est condamnée, nous demanderons le remboursement des sommes perçues ». Sachant que le jugement sera rendu le 28 mars et qu’il ne fait guère de doute que Didier Borotra fera appel s’il est condamné, comme il l’a fait pour l’affaire des PV, voilà qui nous reporte sans doute à 2019. Et à ce moment-là, on nous expliquera qu’on ne peut pas agir à cause de la proximité des élections municipales, car ce serait pris pour une manœuvre politique ?

Le Mémorex est un très bon médicament pour stimuler la mémoire. Je ne saurais trop conseiller aux Biarrots une cure suivie jusqu’en 2020, date des prochaines élections municipales, pour qu’ils n’oublient pas l’attitude de leurs élus qui quelques semaines avant la date fatidique ne manqueront pas de soudain s’intéresser à eux et de leur distribuer des tracts leur promettant monts et merveilles.

anticor

Anticor ou Anti-courage fuyons ?

Je n’avais pas le moindre doute, l’association « Anticor », contre la corruption et pour l’éthique en politique, allait se ranger à mes côtés dans ce dossier. Mi-octobre, je contacte le siège national qui me demande de me tourner vers le référent régional, Monsieur Alain Lacassagne. Je lui envoie un mail détaillé et il me répond qu’il est actuellement débordé, ce que je comprends très bien. Ne voyant rien venir dans les deux mois suivants, je découvre que mon interlocuteur qui est si fier dans les dîners en ville de son appartenance à Anticor, est architecte, résident bayonnais, centriste impliqué en politique et… travaille avec la ville de Biarritz sur l’aménagement de logements sociaux.

Furieux de son silence et ayant l’impression de m’être bien fait promener, je me tourne à nouveau vers le siège de l’association, demandant à avoir un nouvel interlocuteur. « Monsieur Lacassagne est quelqu’un de très bien, qui sait faire la part des choses entre son métier et son appartenance à notre association ». C’est évident ! Et quand je demande si l’association est prête à se porter partie civile dans l’affaire Sophie-Didier Borotra : « Oh, ça ne se fait pas comme ça ! Notre conseil d’administration se réunit tous les trois mois et décide à ce moment-là ».  « Donc, vous vous réunirez en mars 2017 pour un procès qui va avoir lieu le 31 janvier 2017 ? » « Absolument ! ». Voilà de l’efficacité citoyenne !

 Lire à ce sujet, le témoignage d’Agnès Gouinguenet :

https://blogs.mediapart.fr/agnes-gouinguenet/blog/120416/pourquoi-jai-demissionne-danticor

L’homme qui hésite plus vite que son ombre

Les conseils municipaux se suivent et se ressemblent. Michel Veunac est toujours aussi dépassé.

Tous ceux qui considèrent que l’actuelle majorité municipale n’est qu’un agrégat de petits intérêts personnels et contradictoires, en ont eu l’éclatante démonstration, à l’occasion de ce qui aurait dû être le dernier conseil municipal de l’année, avec, pour cerise sur le gâteau, l’élection des quatre derniers représentants de Biarritz à l’EPCI (7 autres conseillers communautaires ont été élus en 2014). Michel Veunac, le maire qui préfère toujours remettre au lendemain les décisions à prendre le jour même, a sidéré son opposition en annonçant qu’un conseil municipal se tiendrait le 28 décembre prochain à 11heures. Motif officiel : Le transfert de charges de l’EPIC Office de Tourisme Biarritz, en attendant la promulgation des décrets de la loi NOTRe, nécessite « par précaution » la tenue d’un nouveau conseil. Et ce conseil sera aussi mis à profit pour élire les représentants de l’EPCI.

Zizanies dans la majorité

minute-de-silence

La minute de silence en hommage aux Berlinois a permis à la majorité d’être pour une fois d’accord.

Jean-Benoît Saint-Cricq a alors beau jeu de se moquer : « La loi NOTRe a bon dos. La vraie raison de ce report, c’est votre incapacité à présenter une liste cohérente à l’EPCI. Contrairement à l’opposition, votre majorité n’a pas réussi à accorder ses violons. Je ne vois pas pourquoi le vote est différé ce soir. Nous ne sommes pas des marionnettes. »

Qu’on se le dise, la fréquentation de la mairie dans la semaine qui vient va donc être particulièrement dangereuse, les invectives, menaces et horions entre gentils élus devant être le pain quotidien de cette majorité qui n’arrive pas à s’entendre sur ses représentants, mais cherche à nous faire croire qu’elle est capable de gouverner la Ville au mieux des intérêts des Biarrots. Car pour ceux qui se rêvent à l’EPCI, il ne s’agit pas d’idéologie ou de convictions à défendre, juste d’egos martyrisés et dans ce cas-là pas de quartier, comme dirait Peio Claverie ! Et une fois de plus, le pauvre Lucky Luke qui nous gouverne est bien incapable de se faire respecter de ses troupes.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Nouvelle preuve en a été donnée lorsque Jean-Benoît Saint-Cricq, aussi pétillant que le champagne qui nous attend pour la fin de l’année, a osé la question qui fâche à propos de la convocation devant le tribunal correctionnel de Didier Borotra, de Sophie Borotra et de Françoise Pautrizel (2h15’ sur la vidéo) à propos de la mission confiée à la fille de l’ex-maire à la Cité de l’Océan. Et l’on admirera la vitesse avec laquelle Michel Veunac esquive et botte en touche. « L’instruction est en cours. Le jugement attendu en janvier. Je ne m’exprimerai pas sur ce dossier »

Lucky Luke, on vous dit !

Motsch la galérienne

Et comme on ne rit jamais assez en cette période de fêtes de fin d’année, vous pouvez aussi vous offrir un grand moment comique (1h15’ sur la vidéo) en écoutant le débat de très bonne facture, avec de solides interventions de Max Brisson, Jean-Benoît Saint-Cricq, Guillaume Barucq ou Richard Tardits sur le logement social et en regardant Nathalie Motsch, l’adjointe à l’urbanisme qui voulait supprimer le logement social à Biarritz, ramer comme une malheureuse pour faire oublier sa bévue et tenter de retrouver un peu de crédibilité. Pour celle qui se veut candidate aux législatives, le chemin du Palais-Bourbon reste tout de même assez éloigné.

C’était le restau du cœur et des copains

soso-12

 « Au rendez-vous des bons copains de Rabagny, y’a pas souvent de lapins » aurait dit l’ami Brassens. Toutes les espérances ont été dépassées vendredi 9 décembre et le Txik Txak de l’adorable Soso Puleoto était plein à craquer pour l’occasion. Pour venir rendre hommage à Robert Rabagny, des Biarrots, mais aussi des Bayonnais, des Luziens et même des Toulousains, des Parisiens et un couple de Niçois présents dans la région. Côté rugby Pascal Ondarts, Philippe Bidabé ou Philippe Guillard. Côté politique, Jean-Jacques Lasserre, Max Brisson, Maïder Arostéguy, Corine Martineau, François Amigorena, Richard Tardits ou Jeannine Blanco sont venus, malgré leurs emplois du temps acrobatiques, rendre un hommage mérité à celui qui a su si bien enchanter Biarritz. Et côté amis de Robert,aucun ne manquait à l’appel.

150 exemplaires de Monsieur Biarritz Bonheur ont été vendus et les files d’attente pour les dédicaces ont parfois été longues, Robert, incorrigible bavard jamais pressé d’empoigner le stylo, ayant toujours une bonne anecdote à raconter à chacun.

Finalement, seuls manquaient à l’appel Michel Veunac, Peio Claverie et Nicolas Brusque. Ils auraient bien aimé être présents, mais ils étaient en réunion pour tenter de dénicher un nouvel ambassadeur aussi emblématique que Robert pour Biarritz et le BO. C’est logique, on coupe d’abord la tête qui dépasse, puis, après avoir réfléchi, on se demande comment remplacer l’irremplaçable.

(Reportage photos Any MENDIBURU)

soso-02

soso-03

 

 

soso-07

Robert cause et Patricia gratte.

soso-04

soso-06

 

soso-01

Richard Tardits joue très fin

Quelle bonne nouvelle de savoir Richard Tardits remobilisé. Nouvel adhérent de l’UDI, il se positionne clairement pour 2020.

Seuls ceux qui ne s’intéressent pas au Super Bowl s’imaginent que le joueur qui va réussir à tromper la vigilance des bloqueurs et à désintégrer le quaterback adverse, est un pur bourrin qui préfèrera toujours traverser les murs plutôt que de passer par la porte. Si Richard Tardits a été le recordman de sacks de l’université de Georgia, avec 29 réalisations, avant d’intégrer l’équipe professionnelle des New England Patriots, c’est parce qu’il sait surgir quand on ne l’attend pas, et qu’il reste doté, encore actuellement, d’un fort joli contre-pied.

Alors que de semaine en semaine, nous constatons un manque cruel de talents à la tête de la Ville, la décision qu’il vient de prendre va faire causer le landernau politique. En rejoignant les rangs de l’UDI, Richard Tardits, fait preuve du sang-froid et de la lucidité qui le caractérisaient quand il était joueur.

Auteur d’une très belle campagne électorale en 2014, avec l’appui du très subtil directeur de campagne Antoine Doury, obtenant 10,68% des voix en se présentant sans étiquette, ce qui est une sacrée performance dans ces conditions, Richard a compris que dans une ville comme Biarritz où nombre d’électeurs ne connaissent pas les candidats, il est indispensable, pour avoir une chance d’exister politiquement, de s’adosser à un parti.

Homme modéré et consensuel, mais surtout remarquable boîte à idées pour la ville de son cœur, même s’il est un peu trop libéral à mon goût, Richard Tardits va probablement se sentir très à l’aise dans un parti centriste. Et en plus, il va bénéficier de l’appui de Philippe Morel, militant comme on n’en fait plus, qui a toujours fait passer l’intérêt de son parti avant le sien et qui a eu le cran de demander et d’obtenir sa réintégration à l’UDI après avoir été exclu en septembre 2015 pour avoir soutenu aux Régionales Barthélémy Aguerre. On a connu plus rancunier !

Richard refuse de commenter sa récente adhésion pour l’instant, mais on peut se demander si le passage de Maïder Arostéguy de l’UDI aux rangs des Républicains est tout à fait étranger à cette décision. (Maïder a promis qu’elle commenterait cette évolution un peu surprenante, en septembre, pour les lecteurs de « Bisque, bisque, basque ! »). Même s’il s’est montré beaucoup moins présent dans les bagarres de conseil qu’un Jean-Benoît Saint-Cricq, car il est le premier à reconnaître qu’il ne se sent « pas fait pour l’opposition » (lire à ce sujet https://jeanyvesviollier.com/2016/06/30/le-conseil-de-classe-des-elus-biarrots/), voilà une très bonne nouvelle pour Biarritz et la promesse d’une future campagne électorale animée et intéressante. Car il est clair qu’ils sont nombreux à penser très fortement à 2020.

Futur maire ? Futur premier adjoint ? Il est beaucoup trop tôt pour le dire, car dans cette ville morcelée, celui qui remporte l’écharpe tricolore a toujours bricolé une alliance improbable du genre Michel Veunac et Peio Claverie. Mais il ne fait nul doute que Richard Tardits ferait un magnifique ambassadeur de Biarritz et qu’avec des Saint-Cricq, Barucq, Arostéguy ou Amigorena candidats, les citoyens pourraient enfin rêver à des jours moins noirs que ceux qu’ils connaissent actuellement

Car après deux années où l’on a pu mesurer « l’étendue » du talent de l’actuel duo dirigeant, le cauchemar pour les Biarrots serait d’imaginer que la prochaine échéance se limiterait à un duel Veunac-Lafite… Et pourquoi pas Destizon comme troisième larron, pendant qu’on y est ?

Veunac bashing

Le bashing, la curée en français, consiste à s’acharner sur une personnalité publique, tout en racontant des histoires vraies, ce qui est la base du journalisme. Au « Canard enchaîné », on appelait cette décision journalistique, toujours prise en concertation avec le rédacteur en chef, « attendrir la bête ». Quand Michel Veunac, me déniant toute qualité de journaliste, refuse de répondre aux questions simplissimes que je pose au service de presse, comme le coût des fêtes d’Halloween ou la raison de la présence de sa voiture sur le trottoir, j’estime qu’il trahit ses devoirs d’élu et de transparence vis-à-vis des électeurs et je prends un malin plaisir, ne craignant strictement aucune mesure de rétorsion ou perte d’espaces publicitaires pour Bisque, bisque, Basque !, à taper sur lui comme le sourd que je suis. Je regrette d’ailleurs que les confrères en activité ne me soutiennent pas dans ce combat pour l’information.

Mais tout ce que j’écris sur Michel Veunac ne relève pas d’une animosité particulière. Je reste persuadé que l’homme est sympa, même si le maire est totalement dépassé par sa fonction et aligne les mauvaises décisions comme perles dans un collier. Lors du papier publié sur le conseil de classe des élus, où Bisque, bisque, Basque ! s’est permis de singer les appréciations scolaires et de noter le travail des élus, il ne s’est pas trouvé un élu, un seul élu, pour estimer que le Premier magistrat de la Ville avait du talent, ce qui est très révélateur… Et il n’y a pas le moindre bashing dans ce fait !

Petit maire, grosses ficelles

Ficelles

C’est un argument imparable : la baisse de la fréquentation touristique obligerait la Ville à augmenter les impôts pour relancer la machine à cash. Mais la hausse inégalée de l’activité touristique que nous connaissons actuellement, incite la Ville à aller puiser dans le porte-monnaie des Biarrots pour « rester à la hauteur ». Logique, non?

Oui, décidément, il y a du Édouard Balladur chez cet homme-là! Les Chiraquiens, qui n’avaient aucune illusion sur « l’ami de trente ans » de leur leader, le surnommaient « l’étrangleur ottoman« , pour sa capacité à se montrer toujours affable par devant et à vous passer un lacet autour du cou, si vous aviez le malheur de lui tourner le dos. C’est à un grand numéro d’enfumage que s’est livré, hier soir, Michel Veunac, notre étrangleur biarrot, qui a promené son monde, lors de ce conseil municipal du 10 février, sans jamais se départir de son exquise urbanité, tandis qu’une bonne partie des participants semblait soudain frappée d’amnésie collective.

Passons d’abord sur les détestables manœuvres que l’on croyait disparues à jamais, en même temps que Didier Borotra. Quand on est un élu retraité et qu’on se souvient de ce qu’est le monde du travail, on se doit de faciliter la vie des élus qui travaillent encore. Initialement prévu le 28 janvier, le débat d’orientation budgétaire a été reporté au 4 février puis au 10. Maïder Arostéguy, absente ainsi que Max Brisson, a tout à fait raison de déplorer sur sa page Facebook, ce non respect de la démocratie, en rappelant que la ville d’Anglet, tout comme le conseil départemental réussissent parfaitement à programmer les rendez-vous d’élus plusieurs mois à l’avance.  Mais, comme aurait dit Coluche, « il est pas jeune, le dernier qui a vu travailler Veunac » et l’on mettra donc ces errances de calendrier sur sa méconnaissance profonde des contraintes du monde du travail.

Le lyrisme du grand timonier

Et revenons maintenant à ce qui a constitué le cœur du débat d’hier, à savoir une hausse de la fiscalité locale, aussi prévisible que les vagues de submersion au moment des grandes marées. Comme à chaque conseil, Michel Veunac a tapé, à mots mouchetés, sur le vilain Didier Borotra, responsable de tous les malheurs actuels : « Il n’est pas facile de supporter des choix d’hier dans le contexte d’aujourd’hui« . (À se demander qui sont les idiots d’adjoints qui ont laissé ainsi agir le précédent maire!) Puis le grand timonier de Biarritz est parti dans une envolée lyrique : « Nous ne devons pas stopper la marche en avant que nous avons entreprise« , avant de lâcher en plein conseil une de ses exquises flatulences dont il a le secret, tout en se tournant tout sourire vers son adjoint Guy Lafite, pour faire croire que c’est lui le coupable : « Pour moi, la question de la fiscalité n’est pas taboue. Si nous devions avoir recours à de la fiscalité elle serait d’un niveau très faible« . On dit toujours ça… avant!

Amnésie collective

Le témoin, venu assister à ce conseil, se régale à l’avance du débat qui va suivre, mais étrangement l’assemblée semble frappée d’amnésie collective et ne plus se souvenir des propos tenus en ce même lieu, un an plus tôt. Frédéric Domège concentre ses tirs sur le gouvernement socialiste, grand pourvoyeur d’impôts, et déplore qu’on « étrangle encore un peu plus le contribuable biarrot déjà pénalisé par la hausse des parkings et de la cantine scolaire« . (Conseil : même pour rire, ne déposez pas discrètement dans la poche de la veste de Frédéric une carte du PS, il serait capable de faire un malaise à sa vue).

Jean-Benoît Saint-Cricq note pour sa part une volonté de prudence qu’il apprécie après les fastes à crédit de Borotra : « Je note que vous y allez sur la pédale douce. je suis plutôt satisfait de ce que je vois.  » Richard Tardits, mal remis du décalage horaire après avoir couvert le Superbowl, va évoquer un « gouvernement fédéral » au lieu de national et demander à Michel Veunac d’agir en chef d’entreprise et de « trouver des moyens pour augmenter nos revenus ». (Veunac a déjà trouvé le moyen d’augmenter ses revenus, ce qui est un bon début).

François Amigorena se prononcera lui aussi contre toute hausse de la fiscalité, tandis que le jeune Chazouillères, habitué à mettre des fers au feu partout pour assurer le grand destin politique qu’il s’imagine l’attendre, opte pour un fort peu courageux « Oui, mais« .

Répétitive flagornerie

Vient ensuite le bal de ceux à qui les hausses d’impôt ne font pas peur comme Jocelyne Castaignède, Guillaume Barucq ou Régine Daguerre, qui estiment que dans leurs domaines respectifs, la culture, l’environnement ou le social, une baisse de 2% de leur budget est impensable.

Et puis, comme il faut des courtisans dans toute assemblée, Peio Claverie, qui va finir par se faire un tour de reins à forces de génuflexions, ouvre le bal : » Ce n’est pas de la flagornerie, Monsieur le maire, (Mais si, mais si…) mais je voudrais vous féliciter que vous donniez la parole à chacun (…) Personne n’a envie de jouer avec la fiscalité. La fiscalité, ce n’est pas un jeu. » Avant de conclure, pour justifier la probable hausse d’impôts : « Les Biarrots nous reprocheraient de ne pas tenir nos promesses. J’ai envie que Biarritz continue à être un phare ». Peio, que l’on a connu autrement plus mordant et caustique dans l’opposition, semble juste avoir oublié les promesses faites par Michel Veunac, il y a un an. Le grand âge, sans doute.

Le courage de Pinatel et Darrigade

Heureusement, deux femmes, l’une de la majorité, l’autre de l’opposition, ont eu le bon sens de pointer du doigt le sac de nœuds tissé par le maire. Bénédicte Darrigade, tout d’abord, qui estime qu’il ne faut pas, en pleine crise  » envoyer un très mauvais signal aux ménages biarrots »  et surtout Anne Pinatel qui rappellera le grand numéro fait par Veunac, lorsqu’il avait plaidé, en 2015, pour la hausse des taxations sur les résidences secondaires afin que les Biarrots soient à l’abri de toute envolée des impôts locaux : « On avait alors justifié cette hausse en expliquant que ça éviterait que les ménages biarrots subissent une augmentation. On ne peut pas dire le contraire maintenant. »

Anne est vraiment naïve. Il y a longtemps que le vieux cheval de retour Michel Veunac, à l’image d’Édouard Balladur,  est convaincu que, pour survivre en politique, il suffit de dire tout et son contraire et que, plus les ficelles utilisées sont grosses, mieux elles passent.

Paroles de phraseur

Faute d’agir, Michel Veunac adore les phrases ronflantes et le jargon de sociologue, apte à impressionner les foules.

À propos de la fermeture des petits commerces : « Une étude s’impose sur l’évolution de la physionomie de la commercialité dans les zones périphériques« .

Sur les classes moyennes, les plus touchées par les hausses d’impôts : « La moyennisation des classes représente en fait 80% de la population« .

Sur le personnel communal et un budget en hausse de 1,30% : « Il faut prendre en compte le GVT, le glissement Vieillesse Technicité« 

Heureusement que Veunac n’a pas fait l’ENA comme Lafite!

Par Toutatis, Astérix vit à Biarritz!

Revdem 02

Antoine Doury, qui pose pour une fois sans son casque, son épée et son chien Idéfix, veut réussir à réveiller la démocratie avec son site Internet, même s’il a remarqué que « les politiques se remettent très peu en question ».

Antoine Doury est tombé tout petit dans la marmite de la politique, ce qui n’est guère étonnant quand on vit dans une maison où le chef de famille est à la fois maire de son village et conseiller général. « Mon père était sans étiquette, c’est à dire plutôt à droite « , s’amuse le fils qui s’est lancé à son tour en politique, peu après le décès de son père.  Et il faut croire que la potion magique concoctée par sa famille, originaire de la Vienne, était bonne pour cet Astérix, malin et virevoltant, installé à Biarritz depuis 2004! Un Astérix qui a trouvé son Obélix, en 2014, en la personne du colosse Richard Tardits, l’ancien joueur professionnel de football américain, au moment des élections municipales. Antoine, qui avait envisagé un moment d’être lui-même candidat pour se hisser sur le grand pavois, devient directeur de campagne de Richard Tardits et démontre toutes ses qualités et sa finesse politique. Ce qui n’est guère étonnant quand on ausculte son bagage universitaire. Un an à Saint-Cyr, des études de droit à Poitiers, une école de commerce à Paris, puis un séjour de deux ans en Angleterre, avant de créer une société de chasseurs de têtes spécialisée dans le domaine médical.

Une réussite incontestable, mais toujours le souvenir de cette marmite politique qui le fascinait tellement quand il était enfant! « J’avais envie de faire quelque chose et je n’ai peur de rien », répète notre Astérix biarrot, muni de sa souris d’ordinateur et de sa gourde de potion magique. Il ne supporte pas cette montée des extrêmes et les « Tous pourris! » de citoyens qui se contentent de répéter ce que dit la barde d’extrême-droite, Marine FausseAssurancetourix.

« Avec ce site Internet, je veux changer la façon de vivre et de faire de la politique, sourit le presque quadragénaire.  Quand tu es un citoyen lambda, ce n’est pas avec les pages facebook ou les messages twitter des candidats, que tu peux comprendre les enjeux actuels. Le nom de RevDem (Réveiller la Démocratie) est sans doute un peu subversif, mais il correspond exactement à ce que je souhaite faire« .

RevdemNon seulement, Antoine Doury a l’intention de regrouper sur son site tous les élus du pays (« Ils sont 360.000 et occupent environ 900.000 postes, cherchez l’erreur!« ), mais son idée fixe est de les solliciter sur des sujets d’actualité comme la déchéance de nationalité. Tout en mettant gratuitement des fiches pratiques comme le décryptage de la loi Macron,  ou l’évolution de la parité en politique, à disposition de tous.

« Je suis le site anti Twitter, précise le jeune père de famille, qui vit avec Falbala-Mathilde. Je souhaite que les politiques prennent le temps d’expliquer leurs points de vue, au lieu de se contenter de messages de 140 signes. Et je suis persuadé que pour les passionnés de vie publique, retrouver dans un site spécialisé les point de vue de tous, au lieu de partir à la chasse des pages personnelles de chaque candidat, présente un intérêt réel« .

Antoine annonce qu’il a investi 30.000 € dans ce projet et qu’il ne laissera jamais la publicité envahir ses pages. Alors que le site s’étoffe chaque jour, et qu’il est agréablement surpris par le nombre de visiteurs, il pense déjà pour 2017 à une version Premium, où les politiques disposeraient d’outils performants pour mettre en ligne leurs points de vue, tandis que l’accès resterait gratuit pour les lecteurs passionnés de vie publique.

Tout en étant parfaitement conscient que, dans un pays qui compte 36.000 communes peuplées d’irréductibles Gaulois, regrouper tout le monde autour du même banquet RevDem, ne se fera pas du jour au lendemain. Si déjà, on arrive à bâillonner la barde bretonne, ce sera un premier pas…

http://www.revdem.com : Ne ratez pas la visite du site. Le distributeur de cervoise tiède n’est pas encore installé, mais ça ne saurait tarder! Acteurs de la vie locale ou nationale, élus d’aujourd’hui et de demain, profitez de ce site pour  mieux vous faire connaître, défendre vos idées, évoquer vos initiatives. Lecteurs, faites passer le mot à vos élus!

Astérix-Doury est un garçon charmant. N’hésitez pas à le joindre pour toute demande d’information ou suggestion sur le fonctionnement de la plateforme. antoine.doury@me.com ou 06 43 35 48 86 

Saint-Cricq étincelant, Domège plein d’allant

Orientations budgétaires

Des orientations budgétaires aussi grises et tristes que la façade de la mairie.

Bénédicte Darrigade a suffisamment été malmenée dans ce blog, ces derniers temps, pour être saluée. Elle n’a pas inventé une excuse bidon pour éviter ce conseil municipal, où elle se retrouvait sur les bancs de l’opposition, pendant que ses soupirants des élections départementales, Louis Vial et Édouard Chazouillères, lui faisaient face dans les rangs de la majorité, ce qui dénote un courage certain.

Une fois de plus, ce conseil municipal, parfois ardu et technique, puisqu’il évoquait les orientations budgétaires de la Ville,  a été passionnant et vous ne perdrez pas votre temps si vous êtes prêts à l’écouter pendant trois heures et vingt minutes.

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Guy Lafite, avec ses allures d’ordonnateur de pompes funèbres, a été parfait en débitant le programme d’austérité budgétaire qui attend les Biarrots. Le même retrouve toute sa morgue d’énarque et ne peut s’empêcher de hocher la tête avec mépris dès que l’opposition parle ou de lever les yeux au ciel, comme si elle ne proférait que des âneries. Ce qui a pourtant été loin d’être le cas, vendredi soir, comme vous pourrez le constater en vous calant sur 1h45.

Richard Tardits, s’est étonné, alors que les taux pour emprunter sont très bas actuellement, que l’équipe en place fasse preuve de si peu d’audace.

Frédéric Domège (1h55), visiblement beaucoup plus à l’aise, en l’absence de son habituel voisin, avait enfilé le costume taille patron avant de se laisser aller à persifler : «  Quel calvaire que la lecture de ces soixante-dix pages d’orientation budgétaire qui s’apparente à du Zola! Vous nous ressortez un programme municipal qui gère les affaires courantes mais qui manque d’imagination.(…) Je trouve les orientations budgétaires un peu ternes et sans réelles ambitions ».

 Tandis que Maïder Arosteguy dénonçait « un manque de précision flagrant », Jean-Benoît Saint-Cricq, une fois de plus étincelant, a dénoncé la folie de la majorité à propos de la Cité de l’Océan : « Vous tenez vos promesses. Vous allez engloutir un million d’euros par an. C’est de l’entêtement. Je crains que ce soit le concept même qui pose problème » Après avoir déploré que le coût de sortie du partenariat public-privé (PPP) ne soit toujours pas connu, l’avocat s’est livré à une réflexion éblouissante sur l’Hôtel du palais (2h30) et le risque que le Conseil de la Concurrence s’agace des subventions déguisées de la Ville.

Et Michel Veunac, emphatique comme à son habitude, de conclure à propos de la Cité de l’Océan: « On peut parier sur une défaite. Je parie sur une conquête »

N’est pas Alexandre-le-Grand qui veut…  

Je trahis, tu trahis, elle trahit

Traître ensemble

C’était le bon temps où tout paraissait possible, dans le sillage du probable maire de Biarritz. Depuis, Maïder Arosteguy et Max Brisson font ticket commun, Bénédicte Darrigade, élue de l’opposition, s’allie à la majorité municipale, tandis que Frédéric Domège se décide à voler de ses propres ailes. (Photo Sud Ouest)

Elle ne décolère pas, cette vieille Biarrote, après avoir lu Sud Ouest et découvert que la ville de Biarritz, une fois de plus, allait se ridiculiser aux prochaines élections départementales : « Décidément, ces politiques, ils sont comme mes chats. Il suffit que j’agite le sac à croquettes pour qu’ils rappliquent en courant! »  Trois candidatures dissidentes à l’UMP, en plus de celle du candidat officiellement investi Max Brisson, ça fait déjà désordre. Mais quand le numéro deux de la liste « Le temps des Biarrots », Bénédicte Darrigade, « pactise » avec Louis Vial et Édouard Chazouillères, tous deux membres de la majorité municipale, dix mois seulement après les élections municipales, il y a comme un léger parfum de traîtrise qui flotte dans l’air électoral.

Bisque, bisque, Basque, dans un article publié mercredi qui s’intitulera « L’appel de la gamelle », donnera son propre point de vue sur les événements qui agitent la vie politique locale. En attendant le plus simple était de rencontrer ou de joindre par  téléphone tous les ténors de l’opposition pour savoir ce qu’ils pensent de la situation et s’ils estiment qu’il existe encore une véritable opposition municipale à Biarritz. À vous désormais de faire le tri entre les vérités, les mensonges et les postures de chacun.

 Max Brisson : « Je n’ai rien dealé avec Veunac »

Traître BrissonMax Brisson s’étouffe d’indignation : « Je ne comprends même pas votre question. Bien sûr que je reste le premier opposant à Michel Veunac. Il faut revenir à des fondamentaux très simples. Veunac est au MoDem, je suis à l’UMP. Oui, il y a un accord départemental avec Force 64 qui regroupe les indépendants, les élus MoDem et l’UDI. Mais je me suis battu pendant des mois pour que mon binôme soit avec l’UDI. Je serais parti avec Marie-Claude Albanesi (candidate de la liste Veunac qui a aidé en douce le Front national à constituer une liste), je comprendrai que l’on s’interroge, mais là! « . Le candidat, qui a parfois du mal à cacher sa nervosité, enfonce le clou : « Je n’ai rien dealé avec Michel Veunac. Simplement, dans le cadre d’un accord départemental, je n’aurais pas de candidat MoDem contre moi. La droite peut reprendre à la gauche le département. En tant que patron de l’UMP 64, j’étais obligé de me représenter ».  Et la politesse sera rendue à Veunac aux élections régionales?  « Il y aura, aux élections régionales, un accord UMP-UDI, mais sans doute pas avec le MoDem » Avant d’avancer l’argument qui se veut décisif pour les incultes que nous sommes : « A chaque élection, sa cohérence! »

Une cohérence, c’est le moins qu’on puisse dire, qui risque de ne pas sauter aux yeux des électeurs biarrots.

 Entretiens téléphoniques, par répondeurs puis en direct, réalisés, le jeudi 29, vendredi 30 et samedi 31 janvier.

 Maïder Arsoteguy : « Ce sont des arrivistes! »

Traitre Arosteguy (1)La représentante de l’UDI, qui a fait son entrée au conseil municipal en 2008, partage évidemment le point de vue de Max Brisson. « Il y a une cohérence dans notre démarche entre les municipales où nous étions sur la même liste et les élections départementales. Nous sommes les plus aptes à représenter la ville que nous aimons au niveau départemental et nous continuerons comme nous l’avons toujours fait à défendre les intérêts des Biarrots ». Entre le premier et le deuxième échange téléphonique, la candidature de Bénédicte Darrigade fait perdre sa placidité à Maïder Arosteguy : « Vous avez-vu cette photo dans Sud Ouest? À l’époque, pas un ne trouvait à redire quoi que ce soit à la façon dont Max menait la campagne municipale. Il perd, et d’un seul coup, tout le monde le trahit. Ce sont des arrivistes! »

Pour avoir beaucoup vagabondé, lors de son premier mandat, quittant Saint-Cricq puis Destizon, avant de flirter avec Borotra, Maïder n’était peut-être pas la mieux placée pour le souligner.

 Entretiens téléphoniques, réalisés le jeudi 29 et le samedi 31 janvier.

 Frédéric Domège : « Même s’il m’en veut, Max reste mon ami »

Traître Domège (1)Il est relaxe, Frédéric, confortablement installé au Royalty, son quartier général, quand il a quelques minutes de loisir. « Je n’ai rien contre Max, mais voilà vingt ans qu’il est candidat à tout. Avant les municipales, il était convenu que je me présenterai aux élections départementales tandis que Max s’alignerait pour les régionales. Et puis Max a estimé que sa défaite aux élections municipales changeait la donne. » Frédéric n’oublie pas les nombreux bons moments passés avec son leader, mais il se souvient aussi du joueur de rugby qu’il a été :  » Max est victime de son poste départemental de responsable de l’UMP et obligé de s’allier avec des gens que les militants ne supportent pas.  Les Biarrots ont envoyé un message aux municipales et nous devons en tenir compte. Je veux proposer une autre tactique. Quand j’ai annoncé ma candidature (il se présente avec Marie-Pierre Mayer, pharmacienne à Saint-Charles et a choisi comme suppléants Jean Dabadie et Mira Schor), je n’ai personne à l’UMP qui m’a engueulé. Je suis maintenant parti dans le match. Je joue à l’extérieur, je sais que ça va être dur, mais je crois vraiment que j’ai une chance de l’emporter. »

L’infirmier libéral, qui connait les fesses du tout Biarritz grâce à son métier, est malheureux de son amitié malmenée avec son chef de file : « Max est toujours mon ami, même s’il m’en veut » Avant de rajouter, rigolard : « Si je fais moins de 5% des voix, c’est sûr, je m’achète une canne à pêche! »

 Entretien réalisé, le samedi 31 janvier au Royalty.

 Corinne Martineau : « Max va tout perdre »

?????????????????????????????????Avec son franc parler habituel, Corinne Martineau ne mâche pas ses mots à propos du ticket Bénédicte Darrigade – Louis Vial : « Le problème, c’est que Bénédicte est une élue et qu’elle ne respecte pas le mandat que lui ont confié les électeurs. Mais je n’ai pas très envie de me montrer sévère avec Bénédicte. La vraie question c’est qui est au point de départ de tout cela? »  Corinne ne prononce pas le nom qui commence par un B et finit comme le mot polisson, mais ce n’est pas très difficile à deviner.

La pasionaria de l’UMP poursuit son raisonnement :  » En tant que patron de l’UMP 64, Max a annoncé qu’il organiserait des primaires… dans certains cantons. Et curieusement, à Biarritz, on n’organise pas de primaire et on ne donne pas la parole aux militants. Quand j’ai annoncé mon intention d’être candidate, on m’a rétorqué que le parti pratiquait l’investiture au sortant. J’ai consulté les statuts : l’investiture au sortant n’y est mentionnée nulle part ».

Corinne Martineau refuse pour le moment d’annoncer  avec qui elle formera son binôme, mais semble totalement déterminée : « Ma démarche est citoyenne. J’ai un programme. J’essaie de faire avancer les choses. Je me bats à partir du travail militant que j’ai effectué. À Biarritz, il y a besoin de renouveau, ce qui a toujours été ma préoccupation » . L’avenir de l’UMP lui paraît très sombre : « À force de tout vouloir garder sous cloche, Max va tout perdre. C’est franchement n’importe quoi! »

 ◊ Entretien réalisé par téléphone, le lundi 2 février.

Jean-Benoît Saint-Cricq : « Une grande tradition municipale »

Traitre Darrigade (2)C’est notre Alain Juppé à nous, notre vieux sage, qui, à force d’avoir pris des coups et enduré des calomnies, garde le sourire en toutes circonstances,  » Contre vents et marées, j’essaie de rester un opposant ferme. » Le ticket Darrigade – Vial n’émeut pas plus que cela Jean-Benoît Saint-Cricq : « Bénédicte est mon amie. Cette alliance est purement circonstancielle et ne l’empêchera pas de rester une bonne opposante. Max Brisson nous a donné à tous des leçons de grand écart politique quand Borotra a soutenu Alain Rousset, aux cantonales de 2010 et qu’il n’a rien dit. La mairie est dans la grande tradition, depuis Bernard Marie, d’une alliance UMP-MoDem. Le clan Borotra nous a montré qu’il s’accommodait de toutes les alliances possibles. Pour moi, Max Brisson ne représente plus l’UMP sur Biarritz. Il a fait des choix qui ne correspondent pas à ceux des Biarrots. » Et l’avocat de se laisser aller à une gourmandise verbale sur sa colistière, qui l’avait trahi en 2008 : «  Quant à Maïder Arosteguy, en matière d’opposition, elle est orfèvre« .

Le prochain conseil municipal préoccupe beaucoup plus notre avocat que ces petits jeux électoraux. « Le maire ne va encore pas nous annoncer combien va nous coûter la sortie du PPP et la renégociation avec Vinci et Dexia. Quand à cette idée de réinvestir cinq millions d’euros dans le ludo-scientifique… » Et il part dans un grand rire : «  Je fais gagner de l’argent à la Ville, et on le dépense aussitôt… Vraiment à quoi ça sert que Saint-Cricq se décarcasse! »

 Entretien réalisé par téléphone, le lundi 2 février.

 Bénédicte Darrigade : « En fait, il n’y a pas d’opposition »

Traitre Darrigade (1)Rayonnante samedi soir à Aguilera, lors du match du BO contre Pau, Bénédicte semble moins sereine et mieux mesurer, deux jours plus tard, les problèmes soulevés par son improbable alliance avec Louis Vial. Pour éviter tout contresens, elle a préféré rédiger un communiqué qu’elle me remet, lors de notre rencontre. Accompagnée de Louis Vial, elle répondra ensuite à mes questions. «  On ne peut pas me reprocher de quitter l’opposition, car en fait il n’y a pas d’opposition. Lors des dernières élections municipales, la liste constituée par Max Brisson entre le premier et le deuxième tour était une liste pour gouverner et non pas une liste d’opposition (…)  Cette alchimie n’a pas abouti, le rejet de son leader s’étant réellement fait jour, nous conduisant au résultat que vous connaissez. Après cet échec, Max Brisson n’a pas assuré son rôle de leader de rassemblement de notre groupe de huit, pour preuve, chaque liste de premier tour a reformé son propre groupe. (…) L’opposition du groupe le « Temps des Biarrots » est un leurre ».

Le texte dont vous venez de lire des extraits suscite ma totale perplexité. Quand on n’est pas d’accord avec la politique conduite par son camp, on démissionne, comme l’a fait mon épouse en 2010, plutôt que de trahir ses électeurs en ralliant le groupe adverse.

Bénédicte évidemment ne partage pas ce point de vue : « Je suis une femme libre. Dans ce conseil municipal, j’ai à cœur de travailler pour les Biarrots qui m’ont fait confiance, tout comme Louis Vial, mon colistier, poursuit le même objectif » Et notre pétroleuse de conclure : « Je m’inspirerai de l’action menée par Juliette Séguéla, une femme d’une grand intégrité jamais malmenée par ses pairs et dont le souci permanent était de défendre et servir sa ville. »

Beau mouvement de menton qui ne nous dit pas où se placera Bénédicte, vendredi, lors du conseil municipal : « Je ne vois pas d’antagonisme à œuvrer aux côtés de Louis, mais vendredi, je reste à ma place, dans l’opposition » On se demande bien pourquoi, puisque, selon ses dires, il n’y a plus d’opposition.

 Entretien réalisé au Maitena café, le lundi 2 février.

 ◊ Richard Tardits, n’a pu s’exprimer car il commentait la finale du Superbowl et ne rentre que mercredi.

 Si après avoir lu tout cela, vous faites partie des 30% à 40% qui vont se décider à aller voter aux élections départementales pour des conseillers dont les prérogatives n’ont même pas encore été ratifiées par l’Assemblée nationale (la classe!), vous êtes tout simplement  AD-MI-RA-BLES! Et dire que ce sont ces mêmes politiques qui vont se plaindre de ne pas être pris au sérieux par les citoyens ordinaires… On se demande pourquoi.

Demain : l’analyse de toutes ces grandes manœuvres un peu pitoyables dans « L’appel de la gamelle« .

Une mouche du coche Veunacosceptique…

michel-veunac-guillaume-barucq-et-guy-lafite

30 mars 2014 : un trio improbable qui peut enfin assouvir ses ambitions… Pour les convictions, on verra plus tard.

La vie de blogueur réserve bien des surprises et vient de me valoir un mail où l’on me considère comme « La mouche du coche » de la Ville, ce qui est tout de même préférable à « La couche du moche », comme le diraient les adeptes de contrepèteries.

Voilà donc ce que m’écrit Philippe Etcheverry, mon excellent con  frère :

«  Une mouche du coche qui pique à tort et à travers n’est plus qu’un vulgaire moustique. 
Ton papier sur la non-fermeture des plages de Biarritz suite à une pollution très localisée sur une plage d’Anglet qui, je te le rappelle, n’a pas entrainé d’interdiction de baignade des autres plages angloyes, en est l’illustration. Ton appel au vote “tout sauf Veunac” pour le deuxième tour des municipales était déjà une indication de ton parti-pris. Pour ma part je continue à harceler mes amis élus sur des questions de sécurité, de transport, d’usage de produits phyto et de communication. Sauf que je leur laisse le temps de mettre tout ça en place avant de piquer si cela s’avérait nécessaire.
Je me sers de mon makila pour avancer sur le chemin mais son dard, dissimulé, n’a rien perdu de son ardeur, je te rassure!
 »

Passons sur l’outrance verbale. En bon talonneur qui adore la castagne, elle me met en joie, même si j’ai tendance à me méfier quand des messieurs d’un âge certain tiennent à mettre en avant l’ardeur de leur dard, même dissimulé. Ce qui me frappe dans ton mail, Philippe, c’est cette vision du journalisme, tellement en contradiction avec la mienne.

Soupe aux choux pour les touristes !

Ainsi donc mon papier sur la qualité des eaux de baignade n’avait pas lieu d’être puisque l’application, « Biarritz info plage » et le très compétent auteur du mail que tu es, nous certifient qu’elle est excellente. Philippe, le journalisme ne consiste pas à rapporter la bonne parole officielle, mais à raconter ce qu’on voit.

Dimanche 10 août après-midi, les nageurs des plages du Port-vieux et de la grande plage baignaient, une fois de plus, dans une sorte de soupe aux choux immonde et devaient écarter à chaque brasse des algues, des morceaux de bois, des lambeaux de plastique et autres déchets mal identifiés. Alors, peut-être que sous l’épaisse couche de potage, la qualité des eaux de baignade était « excellente » comme l’affirmait sans barguigner « Biarritz info plage », mais les hauts le cœur et les récriminations des touristes sortant de l’eau étaient bien réels et sans doute pas très prometteurs pour l’avenir touristique de Biarritz. Marie Darrieussecq, elle–même, a raconté dans Libération  du 9 août à quel point la Côte basque est actuellement dans la merde, au sale et au figuré. On peut penser que le sémillant docteur Guillaume Barucq, que l’on a connu très incisif en 2013, n’aurait pas manqué de vitupérer sur ce problème. Il est amusant de constater que le nouvel adjoint à l’environnement Barucq Guillaume, ne trouve plus rien à redire à l’aspect repoussant  des eaux de baignade, version 2014.

Veunac trois fois pris la main dans le sac

Venons-en, maintenant, au reproche essentiel contenu dans ton mail. Ainsi donc, j’aurais appelé au deuxième tour de l’élection municipale au « Tout sauf Veunac », preuve de mon « parti-pris ». Ceux qui m’ont connu en 2008, à l’époque où mon épouse entrait au conseil municipal, peuvent témoigner qu’entre Brisson et Veunac, mes sympathies allaient plutôt pour ce dernier, lorsqu’on me demandait pour qui je voterais en 2014, si les deux adjoints étaient candidats sur des listes séparées. Scandalisé par le mépris manifesté par Didier Borotra pour son opposition, en particulier lors de la décision de construire la Cité de l’Océan, j’ai commencé à m’intéresser sérieusement à la vie politique locale en 2012, au moment de mon départ du Canard enchaîné. Les premiers éléments que j’ai pu récolter  m’ont tellement sidéré que j’ai pris la décision en 2013 de lancer le blog Bisque, bisque Basque ! 

Oui, et je le revendique en tant que journaliste, j’ai estimé que Michel Veunac ne devait pas être élu maire de Biarritz, mais cette affirmation ne reposait pas sur un quelconque caprice de bobo parisien, fraîchement installé au Pays basque, mais sur l’analyse de faits particulièrement têtus. Trois fois, pendant la campagne électorale, Michel Veunac s’est fait prendre la main dans le sac, en empruntant de l’argent à un fournisseur de la Ville, en rédigeant une étude fort rémunératrice et fort peu consistante pour l’Agglomération et en laissant un membre de son équipe aider le FN à monter sa liste. Même si aucun de ces faits n’est illégal en soi, ils témoignent d’une espèce d’avidité et de désinvolture avec l’éthique publique, incompatibles à mes yeux avec un poste de Premier magistrat de Biarritz. Ensuite, pendant toute la campagne, Michel Veunac et quelques comparses m’ont promis des révélations sur les « turpitudes » des autres candidats et en particulier de Max Brisson. Jamais rien ne m’a été fourni. Au contraire, tout ce que j’ai pu découvrir d’un peu limite me renvoyait toujours à Michel Veunac ou à quelque second couteau de sa liste, déjà en poste lors du précédent mandat. Faute d’un candidat de gauche respectable au second tour, j’assume donc complètement, d’avoir voté le 30 mars pour Max Brisson et la droite, ce qui m’était déjà arrivé en 2002 avec Chirac contre Le Pen.  Et quand, lors des conseils municipaux, j’écoute le trio Max Brisson, Jean-Benoît Saint-Cricq ou Richard Tardits,  qui offre un tel contraste avec l’improbable et disparate majorité municipale, je ne regrette pas mon choix et je me dis que la Ville est vraiment passée à côté d’une équipe performante.

L’ambition plutôt que les convictions pour Lafite et Barucq

Les Biarrots sont parfois étranges pour le Charentais que je suis. Quand Michel Veunac emprunte de l’argent à Jacques Darrigrand, les pragmatiques du bistrot du coin frottent leur pouce contre leur index pour mimer l’argent et me disent dans un clin d’œil : « A sa place, j’aurais fait pareil ». Quand le résultat final de l’élection suppose des reports de voix particulièrement surprenants, voire des tricheries, les blasés haussent les épaules et soupirent : « De toutes façons, ils sont tous pareils, ces hommes politiques ! »

Bisque, bisque, basque ! s’élève totalement en faux contre cette idée. Non,  les politiques ne sont pas tous pourris ! Allez consulter par exemple, le site nosdéputés.fr qui fait le bilan de l’activité parlementaire, cherchez le nom de Colette Capdevielle et vous aurez une petite idée de ce qu’est une députée qui travaille et de l’abnégation que demande un tel poste. Oui certains élus se la coulent douce et profitent du système, mais tous les hommes politiques ne sont pas à mettre dans le même panier, à Biarritz comme en France.

Quelques semaines avant les élections municipales, j’ai pu avoir une conversation informelle avec des hiérarques du parti socialiste au sujet de Guy Lafite. La réponse avait été catégorique. Si Guy Lafite s’alliait avec Michel Veunac, « jamais le parti socialiste ne lui accorderait l’investiture pour le second tour » On connait la suite et la déculottée historique subie par le PS, qui l’a sans doute incité à ne pas trop se monter regardant sur les alliances de second tour. Pour cette raison, j’éprouverais toujours le plus infini respect pour le candidat communiste Bernard Ithurbide qui a préféré se retirer plutôt que de s’allier avec Michel Veunac. Guy Lafite, et ses colistiers, eux, n’ont pas été effleurés par ce genre de scrupules…

… Même déception concernant Guillaume Barucq. Pendant longtemps, j’ai envisagé de voter pour lui au premier tour, avant qu’une discussion dans son cabinet ne me refroidisse complètement. Il était manifeste qu’entre Veunac et Brisson, il irait au plus offrant, que les approximations de l’un et les vertus de l’autre n’entreraient pas en ligne de compte, et qu’il n’envisageait pas une minute de s’installer dans un rôle d’opposant vigilant qui aurait crédibilisé ses débuts en politique. Entre ambition personnelle et convictions, Lafite comme Barucq ont vite fait leur choix et il n’est guère étonnant que nombre de leurs supporters aient eu le sentiment d’être trahis.

Pas d’idée, pas de projet, à part s’augmenter

Un vrai journaliste doit mécontenter tout le monde, tout au long de sa carrière. Quand j’ai salué, la courtoisie que manifestait Michel Veunac à l’égard de son opposition et sa volonté de dialogue, la plupart de ceux qui avaient beaucoup apprécié mes papiers pendant la campagne électorale, ont pensé que, à l’image d’un de mes confrères et ami, j’étais devenu un Veunacophile convaincu.

Je rêve d’un grand maire pour Biarritz, car la situation de la Ville est particulièrement délicate, mais, pour le moment, je reste très Veunacosceptique, car là encore les faits sont têtus.

Trouvez-moi, en dehors de Biarritz, un seul Premier magistrat d’une ville de 25 000 habitants qui n’ait pas encore livré sa feuille de route à ses électeurs ! Michel Veunac nous l’avait promis pour juin, ce grand programme qui allait enchanter les foules. Il l’a finalement différé à octobre et les Biarrots un peu observateurs commencent à se demander si leur nouveau maire a la moindre idée sur ce qu’il doit faire, maintenant qu’il a obtenu le pouvoir. Alors que la situation financière de la Ville est particulièrement délicate, ses seules décisions d’importance ont été de s’attribuer une indemnité mensuelle de 4499,80€, très proche du maximum prévu par la loi et de sérieusement raboter les subventions accordées aux associations. Cinq mois après son élection, « Goinfrounac », comme le surnomment quelques Biarrots facétieux, ne semble toujours pas savoir quoi faire du pouvoir qu’il a tellement souhaité. Voilà qui n’est guère rassurant. Et l’on commence à entendre aux halles des Biarrots qui ont voté Veunac et qui reconnaissent : « Finalement, on aurait dû voter Brisson. Il est beaucoup plus solide. »

 

Voilà, Philippe, en réponse à ton mail qui m’a beaucoup amusé, pourquoi ma vision du journalisme n’a vraiment rien à voir avec la tienne.  Contrairement à toi, « La mouche du coche » n’a pas de beau-frère à la mairie, ne possède pas de terrains familiaux susceptibles de devenir constructibles, n’attend rien de personne, n’a rien à demander, ne convoite aucun poste, n’est membre d’aucun parti, ne sera jamais candidat à une élection, n’est intéressé que par le journalisme pur et dur, n’aura jamais aucun état d’âme pour dénoncer tous  les manquements aux règles de la vie publique, quel qu’en soit l’auteur, et surveillera de très près dans les mois à venir d’éventuelles évolutions du PLU, le Plan Local d’Urbanisme, au cas où quelques miracles se produiraient.

C’est peut-être ça qui fait la force de Bisque, bisque, basque !