Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.

La méthode Veunac

CM 14 mai 013

Ouvert à la discussion et ne faisant pas preuve de l’autoritarisme désuet de son prédécesseur, Michel Veunac a présidé un conseil municipal de très belle tenue.

Les rugbymen les plus âgés se souviennent avec délices de l’époque où la vidéo n’était pas souveraine et où l’on pouvait envoyer un marron à son adversaire sans être débusqué. Les nouveaux membres du conseil municipal de Biarritz, habitués à un confortable entre soi, devront, à leur tour, intégrer cette nouvelle dimension et se dire qu’à tout moment, une caméra indiscrète peut désormais les prendre en flagrant délit de papotages, d’indiscipline ou de somnolence.

 Le blog Bisque, bisque, basque! ne peut être suspecté de complaisance à l’égard de l’équipe municipale actuelle mais n’a pas d’état d’âme à écrire que parfois les choses vont dans le bon sens. Permettre à tous les citoyens de consulter en direct ou en différé sur Internet la vidéo du Conseil municipal, voire de revenir en arrière pour écouter une phrase importante, constitue une avancée démocratique remarquable dont on ne se lasse pas.

Mais la technique n’est rien sans les hommes. Le quatrième conseil municipal, présidé par Michel Veunac, le 14 mai au soir, a surtout montré une volonté du nouveau maire de rompre avec les détestables habitudes de son prédécesseur.

Les quelques coriaces qui tentaient de suivre, il y a peu, dans la malcommode salle du conseil municipal, les séances animées par Didier Borotra n’ont pas du tout oublié le mépris royal avec lequel le « monarque » traitait son opposition, se perdant dans des apartés et ne daignant même pas écouter ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui, pas plus que ses homériques colères qui l’amenaient à couper le micro de ses interlocuteurs.

Depuis son avènement, Michel Veunac n’a pas une fois coupé la parole à ses opposants. Il écoute, répond aux questions posées et ne méprise pas.

Le débat du 14 mai, centré autour des subventions à verser aux associations de la Ville était à cet égard totalement significatif. Dans « le contexte de rigueur que vous savez », Michel Veunac a paré au plus pressé en reconduisant peu ou prou les subventions versées aux associations en 2013, mais a avoué ne pas être satisfait et se sentir « moulé dans un système qui doit évoluer ».

Il a donc demandé à Peio Claverie de remettre à plat le mode de  répartition, sans pour autant faire une « usine à gaz », et a exprimé son regret que les associations à caractère social soient « un peu oubliées ».

Avant d’être un lieu où on donne de la voix et où l’on montre ses muscles, un Conseil municipal se doit avant tout d’être un rassemblement de citoyens avertis et amoureux de leur Ville, cherchant ensemble les meilleurs solutions et débattant au lieu de lire des discours préparés à l’avance. C’est en cela que le dernier Conseil municipal a été particulièrement intéressant.

Ainsi le point de vue de Richard Tardits, qui en connait un rayon sur le sport professionnel, est à prendre en considération, quand il se demande si une société commerciale comme le BOPB doit recevoir 400 000 € de la Ville. Ce à quoi Michel Veunac répond qu’il comprend cette réserve « sur le clivage que l’on pourrait imaginer entre des intérêts publics et privés », tout en rappelant que  » Chaque fois que le BO brille, c’est la Ville qui rayonne ».

Calme et bonifié par ce climat de dialogue, Jean-Benoît Saint-Cricq ne voit rien à redire sur la subvention du BO et se déclare ravi de la mission confiée à Peio Claverie. En revanche, sur le rapport régional de la Cour des Comptes, sur les finances de la Ville, entre 2006 et 2012, la lecture de l’avocat biarrot, vrai talent indispensable à la Ville pour sa capacité à repérer les grains de sable d’un dossier, est toute autre que celle de Guy Lafite.

Frédéric Domège, en l’absence de Max Brisson, rejoint l’analyse commune sur les subventions versées aux associations mais estime que  » le skate-park est une hérésie au regard de la situation financière de la Ville « . Cherchant à élargir le débat, il constate : « Vous expliquez les affaires courantes, mais ne donnez aucun signe des grandes lignes de votre politique « .

Michel Veunac accepte le reproche mais rappelle qu’il n’est aux commandes que depuis peu. Il promet qu’il annoncera des mesures à long terme, en particulier sur la sécurité nocturne estivale, lors du prochain conseil municipal du 20 juin prochain et convie l’opposition à une rencontre informelle avec lui le 4 juin, pour qu’elle ait le temps de réfléchir aux mesures proposées. Là aussi la rupture est nette avec les pratiques de Didier Borotra, qui ne se souciait guère de son opposition.

Heureusement, une petite crise d’immodestie de Michel Veunac, est venu rassurer tout le monde sur les dérives égotistes toujours possibles du Premier personnage de la Ville : « Je n’ai pas l’habitude d’être content de moi, mais je ne suis pas mécontent tout de même ». Et le nouveau maire de poursuivre son discours, en s’adressant plus particulièrement à Frédéric Domège : « Je suis en fonction depuis quarante-quatre jours. Ce n’est rien quand on est maire… et je vous souhaite un jour d’en faire l’expérience »

Allez, Fredo, avoue que tu en rêves !

 Pour suivre ce conseil municipal très révélateur du style du nouveau maire :

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Versailles, l’exemple à suivre?

 Depuis, une dizaine d’années, la ville de Versailles a mis en place une très originale politique de subvention de ses associations. Comme toutes les municipalités, elle avait du mal à faire le tri, au moment des subventions, entre les associations vivaces et celles qui périclitaient. Elle a donc scindé en deux son budget associations. La subvention fixe n’est plus que la moitié de ce qu’elle était auparavant. L’autre moitié se gagne au mérite.

Lors de chaque grand événement organisé par la Ville, et en particulier lors de la course pédestre Paris-Versailles qui nécessite de gros bataillons de volontaires, les membres des associations qui se portent volontaires sont recrutés en priorité avant d’engager des vacataires salariés. Chaque volontaire reçoit, pour sa participation, 10 euros, versés à son association. Lorsque j’étais membre du CCVP (Cyclo Club Versailles Porchefontaine), qui comptait 85 licenciés, nous réussissions avec l’aide des entourages familiaux à récolter annuellement 1200 euros supplémentaires pour le club.

Que ce soit du côté de la municipalité ou des associations, ce système très moral fait l’unanimité : il règle une fois pour toutes les querelles liées aux subventions et il permet aussi aux associations de faire connaissance entre elles, lors de grands événements municipaux.