Il faut Aguileraison garder

Le projet d’aménagement d’Aguilera présenté par Aldigé est incontestablement séduisant. Aux politiques de nous dire maintenant s’il est juridiquement et économiquement faisable .

La villa rose deviendrait le siège des bureaux du BO.

Cet ancien joueur du BO, génération Bouclier de Brennus, n’a pas perdu la verdeur habituelle des propos de vestiaire : « J’ai un avis très arrêté sur ce projet, mais je me garderai bien de l’exprimer publiquement par crainte de déclencher les ventilateurs à merde dans tous les sens ». Bisque, Bisque, Basque ! qui n’a pas peur de grand-chose va donc enfiler ses bottes d’égoutier pour tenter de vous décrypter la formidable partie de poker qui est en train de se dérouler sous vos yeux.

Un projet global et intéressant

Si je rentre un soir chez moi, en annonçant à mon épouse ; « Chérie, je vais améliorer notre maison en faisant vingt millions de travaux », il y a quelques chances, si je ne suis pas trop branque, pour qu’effectivement la maison que nous occupons se bonifie. Mais tout va se compliquer quand, après avoir admiré les projets de l’architecte, ma tendre moitié va me demander : « Au fait, ces vingt millions, tu les trouves où ? » Le projet que Jean-Baptitste Aldigé a présenté à certains journalistes et à des élus qu’il a convoqués dans les bureaux du BO est incontestablement intelligent et a le mérite de lancer la réflexion sur un aménagement global du plateau d’Aguilera, là où un Veunac se contentait de petits grignotages de parcelles et de quelques constructions sans vision d’ensemble.

Lors de la soirée privée organisée dans les salons de la tribune Kampf, le président du BO a martelé deux phrases « Si vous savez comment on gagne de l’argent dans le rugby, expliquez-moi » et « La famille Gave n’a pas vocation à boucher les trous financiers chaque fin de saison ». L’amoureux du rugby, nostalgique de la splendeur passée du BO, a envie de souscrire à cette évolution de son sport favori et à la nécessité d’amener des recettes supplémentaires au club. Mais n’étant ni élu, ni urbaniste, ni juriste, reste à savoir si ce projet « tient la route » et est faisable, une fois le beau rêve évoqué.

Trois problèmes d’importance à régler

« Bisque, Bisque, Basque !  se gardera donc bien pour l’instant de détailler davantage le projet découvert pour la première fois le jeudi 14 février dans les locaux du BO. Lors de la réunion privée du 5 mars dans les salons Kampf, ce projet a été présenté aux Biarrots qui le souhaitaient, ce qui nous change agréablement des cachotteries vécues lors de la rénovation de L’Hôtel du Palais. Mais aucune image ne circule pour le moment des aménagements prévus par le groupe Pichet ce qui complique le travail des journalistes souhaitant expliquer ce qui se prépare.

1.- Ce projet semble difficilement réalisable légalement. La Ville mais aussi l’Agglo ont incontestablement leurs mots à dire dans la décision. Jean-Baptiste Aldigé estime que le groupe Pichet est le seul capable de lui façonner l’outil de travail dont il rêve. Si dans le privé on peut librement choisir son entrepreneur, dans le public on doit passer par des appels d’offres. Aux dernières nouvelles, les services de la Ville, mettraient en avant des difficultés juridiques dans la réalisation de ce projet. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’aménagement d’Aguilera ne doit pas se faire. Mais les politiques doivent reprendre la main sur le dossier et prendre leurs responsabilités en rendant « juridiquement correct » l’aménagement d’Aguilera.

2.- La Ville doit décider de ses priorités. Si ma fille passe le permis, je peux décider de lui offrir une Ferrari, mais le bon sens économique et la sollicitude de mon banquier font que je vais peut-être opter pour une Clio d’occasion. Le projet d’aménagement de la partie sportive d’Aguilera est intéressant mais mérite nombre d’éclaircissements, car tout le monde a en mémoire qu’il manquait 15 millions d’euros pour boucler le dossier Palais, ce qui a amené Decaux à entrer dans le capital. Encore une fois, Bisque, Bisque, Basque ! déplore que ce palace qui n’a pas à être géré par une Ville, n’ait pas été vendu en 2018, ce qui rendrait plus facile l’aménagement actuel d’Aguilera et aurait permis de remettre les finances de Biarritz d’équerre. Encore un somptueux ratage du mandat Veunac !

Il ne s’agit nullement de rejeter les propositions faites pour pérenniser le BO mais de demander à nos élus de réfléchir avant de prendre position. À eux de faire des propositions et de nous montrer qu’ils ont l’étoffe d’un ou d’une future maire. En ce sens, l’attitude d’un Guillaume Barucq laisse un peu rêveur : découvrir le projet à 10 heures le matin et faire un tweet enthousiaste à 14 heures ne me semble pas très politique, même si j’ai énormément de sympathie pour l’intéressé.  Prenez un peu de temps, Messieurs et Mesdames les élu(e)s, et donnez-nous des réponses précises, techniques et réfléchies.

3.- Des fatwas inacceptables. Reste enfin une stratégie très délibérée de Jean-Baptiste Aldigé qui complique singulièrement la donne. Au lieu d’accepter que la presse et le club local cohabitent même si l’esprit critique est parfois de rigueur, le président entretient une tension délibérée avec certains médias qui nuit complètement à une approche sereine du dossier. La composition d’une tribune de presse n’a jamais regardé le directeur d’un club et Aldigé n’avait strictement aucune raison d’expulser les journalistes de Sud Ouest en début de saison. Interdire l’accès aux médias sous prétexte de « réunion privée » est tout aussi surprenant. Dimanche dernier, lors de la défaite du BO face à Vannes une nouvelle étape a semble-t-il été franchie avec une distribution de casquettes demandant aux journalistes de redevenir honnêtes.  Une attitude que Bisque, Bisque, Basque ! condamne sans la moindre hésitation. Tous les politiques ne sont pas pourris, tous les journalistes malhonnêtes et tous les présidents de clubs allumés. Au diable donc, tous ces raccourcis à la Trump qui ne font que compliquer la donne !

Une partie de haute volée entre Aldigé et Veunac

On l’aura compris : Bisque, Bisque, Basque ! éprouve plutôt de la sympathie pour le dernier président du BO, pour son authentique passion pour le rugby, sa volonté de moderniser le spectacle proposé et de bousculer les codes. Un homme capable, il y a un peu plus d’un mois, de débouler dans le bureau du maire et, au bout de trente secondes de discussion de hurler sur lui, ne peut qu’être sympathique. Mais limiter Jean-Baptiste Aldigé à un président un peu trop cash dans ses relations serait faire une erreur tactique grossière.

L’homme est probablement un stratège remarquable et s’il bouscule ainsi les habitudes biarrotes, c’est avec une idée derrière la tête. Il sait que le temps lui est compté et que la famille Gave ne patientera pas éternellement. Le poste qu’il occupe lui plaît mais le temps de décision des politiques, où il est toujours urgent d’attendre, n’est pas le sien. Alors, comme Tapie en son temps lorsqu’il dirigeait l’Olympique de Marseille, il peut tour à tour se montrer d’une exquise urbanité ou d’une grossièreté achevée. Les attaques en piqué contre Jean-René Etchegaray ou Nathalie Motsch sont ainsi très calculées. Elles n’ont d’autre but que de terroriser les élus peureux qui se disent que c’est eux qui pourraient être ainsi montrés du doigt et de souder les Biarrots, toujours prêts à détester l’ennemi héréditaire bayonnais, autour de ce projet qui va incontestablement dans la bonne direction mais qui n’est peut-être pas la première priorité de la Ville.

Et n’oubliez surtout pas que Veunac et Brisson, alors que la bataille faisait rage entre les clans Ledoux-Gufflet et Les Gave père et fils, soutenus par les « historiques » Blanco et Brusque, n’ont pas hésité à prendre parti en pleine bataille de cour d’école en demandant aux premiers de partir. Du jamais vu ! Sauf que Veunac est aussi vice-président de l’Agglo et que l’aménagement de la Côte basque doit désormais être fait en concertation.  Veunac doit donc manœuvrer avec deux pistolets braqués sur la tempe, l’un par la famille Gave qui souhaite qu’il tienne ses promesses et l’autre par Jean-René Etchegaray qui souhaite que Veunac se montre solidaire avec l’Agglo.

Comme Veunac est un pragmatique prêt à tout pour sa survie politique, il a entrevu le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation en constatant que des élus de tous bords (Arosteguy, Tardits…) semblaient favorables au projet. Résumé de ses discussions avec son entourage proche : Si le G7 se passe bien, j’annoncerai ma candidature pour 2020 dans la semaine qui suit avec une liste recentrée et composée de gens expérimentés (NDLR : probablement Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq). En attendant, après le fiasco du Palais, Veunac a décidé de réunir les élus en commission générale le 28 pour guetter leurs réactions. Et d’envisager dans la foulée d’organiser un referendum pour se faire adouber par la population. Quitte à expliquer ensuite que c’est le méchant Etchegaray, flanqué de la méchante Motsch, qui empêchent les Biarrots de mener à bien ce projet.

Seul hic à ce beau scénario destiné à permettre à Veunac d’être réélu en 2020, les services techniques dirigés par Christophe Landrain jugent difficilement réalisable cet aménagement, tandis que certains élus se demandent s’ils ne sont pas allés un peu vite en besogne.

Cris et engueulades lors de la réunion de majorité

Une fois de plus la réunion de majorité qui s’est tenue lundi 18 mars a tourné à la bataille rangée. Signe d’une déliquescence absolue, ils n’étaient plus que 13 élus à être présents à ce qui ressemble de plus en plus à une mascarade permanente. Et comme la vie municipale ne cesse de se bonifier, cette fois ce sont Veunac et Lafite qui se sont empaillés gravement, Veunac affirmant que cet aménagement était « juridiquement impossible » tandis que « Lafaillite-nous-voilà ! », le roi des montages acrobatiques qui ruinent les Biarrots, levait les yeux au ciel en ayant l’air de penser qu’il fallait être vieux et dépassé comme Veunac pour ne pas foncer. Notre si sympathique énarque ne serait-il pas en train de se dire qu’un petit cavalier seul en 2020 au cas où le G7 se passerait mal et où Veunac ne tenterait pas sa chance, mérite d’être essayé ?

Autre grosse prise de bec du duo infernal, toujours le même soir, à propos de « GL events » qui devrait gérer la nouvelle salle de spectacle attenante à la tribune Blanco. Veunac redoute que cette société vampirise « Biarritz Tourisme » tandis que Lafite est là aussi favorable à l’arrivée de l’entreprise. Même malaise du côté des troupes, Anne Pinatel se montrant très emballée par le projet, tandis que Brigitte Pradier et la supportrice de cœur du BO Jeannine Blanco l’estiment totalement irréaliste.

Comme les lecteurs pourront le constater, le calme, la paix et l’harmonie la plus absolue règnent donc sur Biarritz, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et où personne ne pense à 2020.

Une raison supplémentaire pour aborder avec beaucoup de soin et de minutie ce dossier d’aménagement du plateau d’Aguilera tandis qu’un calendrier difficile attend le BO dans les prochaines semaines. C’est peu probable et personne ne le souhaite, mais vous imaginez la saison prochaine l’ambiance si se tenait un derby BO-Anglet à Aguilera ?

 

À qui profite l’agitation ?

Les généraux ont toujours besoin de fantassins pour aller à la guerre. La seule question qui vaille est de savoir pourquoi la mairie et le camp Blanco mettent en péril le BO par leurs prises de position publiques. 

respectbuteurs

Le message affiché sur l’écran du Montpellier Hérault rugby.

Tous ceux qui fréquentent les stades de Top 14 ou de Pro D2 ont déjà vu sur les écrans géants ces messages projetés au moment des pénalités « Merci de respecter les buteurs » ou « Merci de respecter l’ensemble des acteurs du jeu ». Et tous ceux qui ne sont pas dans une loge, coupe de champagne à la main, savent qu’il y aura toujours à ce moment un petit malin dans les tribunes qui imitera le cri du corbeau pour jeter un mauvais sort au buteur adverse. Comme si, un joueur de rugby professionnel de haut niveau, habitué à tenter plus d’une centaine de coups de pied, chaque semaine à l’entraînement, pouvait se laisser perturber par cette agitation puérile !

Vous avez tous souri, la semaine dernière en voyant François Hollande, grosses joues et petites blagues retrouvées, dédicacer avec un plaisir évident au Centre Leclerc de Plerin « Les leçons du Pouvoir » et ne pas résister à jouer les corbeaux en balançant des piques sur son successeur. Démonstration qu’il n’a jamais réussi à endosser le costume présidentiel, car quelqu’un qui a exercé le pouvoir suprême pendant cinq ans et qui en connaît les difficultés, ne devrait jamais s’abaisser à de telles facilités.

BrusqueQu’est donc allé faire Nicolas Brusque, ex-président du BO sur le parking du BO devant des caméras ? L’ancien arrière du Biarritz Olympique, accompagné de Jean-Baptisite Aldigé, démontre avec cette faute de goût que, tout comme François Hollande, il n’a vraiment pas l’étoffe d’un président. Car, quand on aime un club qui traverse une zone de turbulences et se trouve dans une période de négociations difficiles, on ne fait rien, on ne dit rien qui puisse lui nuire… sauf si on est dans une guerre de pouvoir.

(Pour ceux qui n’ont pas vu : https://www.youtube.com/watch?v=puSEfU9Nyt8)

Magnifiques et authentiques supporters

Heureusement le Biarritz Olympique compte de magnifiques et authentiques supporters, d’une sincérité touchante dans leur amour du club. Prenez par exemple l’organisateur de cette manifestation, Jean-Alexandre Barrère et lisez les innombrables réactions de ceux qui le suivent sur Facebook pour mesurer la passion qui anime tous ces gens qui se saignent parfois aux quatre veines pour pouvoir s’offrir les matches. Dans son orthographe si personnelle, Jean-Alexandre Barrère semble estimer que l’article publié dans ce blog, « BO : Le drôle de jeu de Veunac et Blanco » a eu douze lectures (Six seulement, Jean-Alexandre !) et que le but de cet article est une récupération politique. Un propos qui me fait rire, car j’ai toujours dit que j’étais journaliste et que je ne ferai jamais de politique ! Et je crois vraiment aimer le rugby.

Commentaire JA Barrère

Parfois, les commentaires de ces mêmes supporters me vont droit au cœur, même s’ils se veulent satiriques. Ce doit être mon tempérament « bonne pâte », comme l’écrit Aurélia Barella qui se définit comme « Passeuse de livres » et qui a la « patte satirique » bien involontaire, mais j’ai rougi du compliment quand on trouve « digne de Mediapart » ce torchon de Bisque, Bisque, Basque ! »

Digne de Mediapart

Et puis on découvre aussi des supporters plus lucides qui s’interrogent sur la gestion Blanco-Brusque, sur le déficit chronique du club et se demandent si le tandem, soudainement réconcilié Blanco-Gave peut représenter une solution d’avenir.

Réaction anti Blanco

Qu’ils me soient hostiles ou qu’ils apprécient ce que j’écris, je les adore ces supporters, car ils sont passionnés et sincères tout comme moi. Et ils sont incontestablement le plus merveilleux actif du BO. Même si certains ont des stratégies très personnelles comme on le découvrira sous peu.

Un deal très clair

Benoît RaynaudMon point de vue – Mais je n’ai pas de boule de cristal pour le confirmer ! – est que les deux camps sont en passe de trouver l’argent pour sauver le club et éviter la relégation. Face aux grands moulinets de Brusque et Aldigé, j’ai apprécié le courage du président Raynaud qui n’a pas fui ses responsabilités et est venu s’expliquer dans ce qui ressemblait sérieusement à une embuscade. Écoutez bien ce qu’il dit : « Si l’argent n’est pas trouvé avant l’assemblée générale du 6 juin, je partirai ainsi que Ledoux et Gufflet ». Ce qui veut dire que le tandem Blanco-Gave aura les coudées franches pour le plus grand plaisir de la mairie. On ne peut être plus clair. Ensuite, il n’y a pas besoin d’avoir fait une école de commerce pour comprendre qu’un sponsor ne peut pas être annoncé tant que le contrat n’est pas signé. Quand on a l’esprit rugby, on ne siffle pas le buteur adverse. Quand on aime le BO et qu’on veut le soutenir, surtout dans les moments difficiles qu’il traverse, la seule attitude possible est d’attendre les échéances fixées pour voir qui dit la vérité.

Des politiques à la manœuvre…

Et la vraie question à se poser est de se demander à qui profite l’agitation actuelle ? Bien sûr que ce dossier est politique quand on sait que nombre de négociations sensibles de la Ville se traitent dans les tribunes présidentielles, les soirs de match, comme en témoigne cette étrange tentative de Veunac de convaincre son conseil municipal de racheter 400 000 euros le local à Kleber que le promoteur Mindurry n’avait pas réussi à vendre ! Bien sûr qu’une relégation possible du Biarritz Olympique, club emblématique du monde de l’Ovalie, concerne tout le monde du rugby, surtout quand un Serge Blanco, candidat évincé à la présidence de la fédération française de Rugby, éprouve sans doute des envies de revenez-y !

Les guerres sont toujours le fait des généraux. Mais, comme ces galonnés détestent le plus souvent se salir les mains, il leur faut des troupes pour servir de chair à canon. Et les manipuler un peu pour qu’elles aillent se faire tuer en chantant.

Cette prise de position indécente de Veunac pour le camp Blanco-Gave, ces politiques qui se rallient soudainement, ce tintamarre médiatique ne sont que des postures pour reprendre le pouvoir et faire fuir d’éventuels sponsors d’envergure susceptibles de rejoindre Ledoux et Gufflet. Et les bobards racontés à longueur de journée, comme le prétendu salaire de Raynaud, ne sont là que pour créer une agitation propre à décourager les sauveurs potentiels.

Provisoirement au moins, on vous épargnera le nom des politiques locaux qui assurent les deux camps de leur soutien, même si c’est pitoyable et l’on se contentera de l’exemple de Max Brisson.  Le sénateur parle sur son Facebook d’un « curieux papier ». Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de « décoder » son soutien au camp Blanco.

Max Brisson facebook

En 2014, le candidat aux élections municipales battu par Michel Veunac s’était fâché avec Serge Blanco. Max Brisson a toujours estimé que cette fâcherie lui avait coûté le poste de maire. Depuis 2017, Max candidat-à-tout se retrouve dans ses petits souliers sénatoriaux. Élu d’extrême justesse aux sénatoriales (Il a même cru un instant avoir perdu), Max voit arriver avec inquiétude la réforme constitutionnelle qui va ramener de trois à deux le nombre des sénateurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

Sachant qu’il mourrait dans les trente secondes s’il se retrouvait sans mandat, il commence donc à mettre des fers au feu dans l’optique des élections municipales de 2020 (Ces informations ne sont pas de mon cru, elles sont racontées de façon désopilante dans La Semaine du Pays Basque sous la plume de la Marquise de Vérité). Lors des dernières fêtes de Hendaye, un ami charitable a placé le sénateur à côté de Serge Blanco pour un déjeuner de réconciliation. Et depuis Max ne jure plus que par Blanco.

Voilà les vraies raisons des prises de position de tel ou tel.

Le grand public ne doit pas être dupe et ne doit pas avaler des couleuvres grosses comme des ballons de rugby par amour de son club. Mes années L’Équipe sont loin derrière moi et je n’avais pas l’intention a priori d’écrire sur le BO. Mais j’ai été scandalisé de voir que le goût du pouvoir et les stratégies personnelles ou politiques pouvaient conduire des hommes à préférer le BO relégué en fédérale plutôt que sauvé et dirigé par des mains autres que les leurs.

En attendant l’heureuse réponse dont nous rêvons tous, une seule question à se poser.  Qui est le chef d’orchestre du bazar ambiant et à qui profite cette agitation ?

Une manifestation totalement « spontanée »

JABIl est attendrissant, ce Jean-Alexandre Barrère qui se présente comme un supporter désireux de sauver son club… Attendrissant, mais peut-être un peu plus coquin qu’il ne le dit ! Comme beaucoup de gens de sa génération, il laisse beaucoup de traces sur Internet de ses exploits. Le sémillant patron de la société « Appli pour tous », au capital social de 100 euros, fermée le 21 février 2018 (Source : societe.com), a en tous cas les moyens si l’on se fie au groupe Facebook « Pour tous ceux qui aiment le BO ». Le 18 mai dernier, Jean-Alexandre Barrère n’a pas résisté au plaisir d’adresser aux foules ébahies son billet d’avion pour Hong Kong. C’est probablement l’amour des Dim Sum, ces raviolis à la vapeur locaux, qui l’a conduit là-bas. Et c’est un pur hasard si le 24 mai, il organisait une manifestation « très spontanée » sur le parking d’Aguilera, flanqué de Brusque et d’Aldigé.

Billet d'avion JAB

Comme Jean-Alexandre Barrère se pique d’honnêteté intellectuelle, il va se faire un plaisir d’expliquer si sa passion du BO l’a conduit à ses frais jusqu’à Hong Kong ou s’il a accepté une invitation de la famille Gave.

BO : Le drôle de jeu de Veunac et Blanco

Alors qu’une solution de sauvetage semble possible pour éviter la relégation du Biarritz Olympique, la mairie et les « historiques » paraissent préférer un BO en fédérale à un BO sauvé par Ledoux-Gufflet-Raynaud.
Veunac marche sur l'eau

L’heureux temps où Veunac et le BO marchaient sur l’eau (Photo Claude Thetaz)

Ah, la belle époque où l’on pouvait proférer n’importe quelle absurdité sans que les journalistes puissent retrouver la trace de vos propos quelques mois plus tard ! Prenez par exemple Charles Gave, très remonté contre l’équipe Brusque-Blanco en février dernier : « Mes associés et moi n’aimons pas trop qu’on nous prenne pour des gentils garçons qui mettent de l’argent et qui ne demandent plus rien après. Nous ne sommes pas Serge Kampf. » Et, au cas, où les lecteurs de Sud Ouest (8/2/2018) n’auraient pas bien compris son propos, l’homme d’affaires vivant à Hong-Kong enfonce le clou : « Ce club – je ne dis pas qu’il est au bord du gouffre parce qu’il a des actifs incroyables – est quand même dans une situation de trésorerie qui avait tendance à devenir critique de façon récurrente. Ce n’était pas une façon de gérer. »

Michel Veunac, le 10 mai dernier, toujours dans Sud Ouest, prônait l’apaisement entre les différentes parties devenues irréconciliables.

Veuanc apaisement 02

Quel dommage que Veunac ne se relise pas, lui qui, au lieu de se contenter de la stricte neutralité que réclame sa fonction de maire, demande maintenant au trio dirigeant de « partir dans la dignité » pour laisser les coudées franches au duo improbable Blanco-Gave. Pour une fois visionnaire, il a bien compris que le combat pourrait se terminer avec « seulement des vaincus ». Et pour bien enfoncer les clous dans le cercueil du presque macchabée en rouge et blanc, c’est Louis-Vincent Gave qui en rajoute, avec des propos ahurissants (Sud Ouest », 21/5) : « Mon enthousiasme pour venir est très très très limité (…) Je ne suis pas basque, je n’ai pas de maison au Pays basque, je ne passe pas mes vacances au Pays basque… » avant de se lancer dans une diatribe contre l’équipe dirigeante actuelle qui « ne connaît rien au rugby ». À part « les actifs incroyables » évoqués par papa Charles, on se demande donc vraiment ce qui l’intéresse au BO.

Pas de doute possible, avec des propos aussi calmes et équilibrés, les sponsors vont se précipiter pour renflouer ce club où tout le monde tire dans le même sens !

La gestion Blanco-Brusque mise en cause par Bousquier

Bisque, Bisque, Basque ! n’est pas en capacité de juger des qualités du trio dirigeant et ne dispose malheureusement pas de 2,4 millions d’euros cachés au fond de sa tirelire pour sauver le BO. Ce qui ne l’empêche pas de s’agacer quand il entend des contre-vérités tranquillement énoncées par ceux qui veulent à tout prix voir partir le trio Ledoux-Gufflet-Raynaud. L’intérêt du club, mis en avant par tous, n’est qu’un alibi commode pour masquer une querelle d’argent et de pouvoir.

Ce n’est pas tout à fait un hasard si le camp des « historiques » s’est montré fort peu bavard au moment de l’éviction de Nicolas Brusque. En effet, le déficit actuel du club peut difficilement être imputé au trio dirigeant, arrivé depuis trop peu de temps. De même, la mort tragique de Pierre Bousquier, directeur du Biarritz Olympique, ne doit pas faire oublier la procédure toujours en cours. Si maître Romuald Palao refuse d’évoquer cette affaire devant la presse, la lecture de la requête devant le conseil de Prud’hommes rédigée par l’avocat est édifiante. Contrairement à ce qui a été dit, Pierre Bousquier n’a pas appris son licenciement la veille de sa mort. Depuis septembre 2017, il se savait sur la sellette et avait préparé sa défense avec maître Palao. Prudent, il avait aussi mis de côté des pièces révélatrices concernant la gestion, disons parfois très particulière, du BO.

Prud'hommes page

Une requête envoyée au tribunal de Bayonne, le 28 mars 2018, alors que le clan Blanco affirme que Pierre Bousquier a été licencié le 29 mars, ce qui est faux.

Quand Pierre Bousquier, par l’intermédiaire de son avocat, demande 280 000 euros au BO, c’est bien pour être indemnisé de ce qu’il a enduré du temps de Blanco-Brusque : les heures supplémentaires non payées, les congés non pris, le travail dissimulé (nombre d’heures de présence minorées sur la feuille de paie). Fort habilement, Serge Blanco a tenté de faire de Pierre Bousquier après son décès brutal un martyr, victime de la présidence Gufflet, mais personne ne s’était inquiété de son sort à l’époque où les « historiques » cohabitaient en paix avec les « Parisiens ».

De la même façon, la mairie et le camp Blanco relaient à plaisir des calomnies sur le président Raynaud qui prendrait 9 000 euros par mois pour diriger le BO. Pierre Bousquier touchait en tant que directeur 5 800 euros mensuel tandis que Nicolas Brusque était confortablement défrayé. Pour diriger le BO, et cumuler les fonctions de directeur et de président, Raynaud a dû suspendre son activité d’ostéopathe.

Selon des sources internes, qui semblent confirmer le propos de Bruno Ledoux, il touche actuellement un peu moins de 5 000 euros, ce qui dans le monde du rugby est tout à fait raisonnable. Question : pourquoi colporter de telles rumeurs, sinon pour discréditer les actuels dirigeants dans l’opinion publique ?

Prud'hommes rémunération

Le document qui prouve que Pierre Bousquier émargeait à 5800 euros par mois.

Les mauvaises habitudes de Serge Blanco

Entre ceux qui ne jurent que par Blanco et ceux qui souhaitent une gestion plus moderne, le débat est animé, chacun des salariés du BO craignant actuellement pour son avenir. Et comme dans ces périodes de tension, le club, comme toute entreprise en difficulté, est une passoire, de nombreuses informations et des documents se retrouvent entre les mains des journalistes. Documents à manier avec précaution, car ils peuvent être sujets à caution.

Serge Blanco, actuellement en Guadeloupe, n’a pu être contacté, mais il se fera un plaisir de répondre à Bisque, Bisque, Basque ! si les chiffres communiqués sont faux. Tout le monde se souvient du meilleur arrière du monde et de sa fidélité au BO. Tout le monde à Biarritz lui est reconnaissant, ainsi qu’à Marcel Martin, des trois titres offerts à la Ville. Mais autant le joueur fut magnifique, autant le chef d’entreprise a souvent dû être dépanné par Serge Kampf. Le château de Brindos et la thalasso d’Hendaye n’affichent pas des résultats mirobolants. Le problème est que Serge Blanco se sent chez lui au BO et s’exonère donc totalement des obligations qui incombent à toute autre personne.

Partenariat avec Blanco 2016- 2017

Ce document confidentiel distribué sous le manteau aux journalistes tendrait à prouver que Blanco ne paie rien pour les 32 places qu’il occupe à l’année. À lui de démentir si c’est faux, l’actuelle direction du BO refusant de communiquer sur le sujet.

Blanco dispose à l’année d’une loge de 18 places, de 14 sièges en tribune Kampf et de nombreux avantages comme son nom sur le ballon. Selon ce document distribué à la presse, sous la présidence de Nicolas Brusque, il n’aurait jamais rien payé.Selon plusieurs sources concordantes (Et ce sera facile à l’ancien dirigeant de démontrer le contraire si cette rumeur est fausse !), le groupe Serge Blanco n’a jamais signé le moindre contrat avec le club pour tous ces avantages. Comme un enfant qui se sert dans le frigo familial, il s’est gratuitement octroyé ce qui l’intéressait au sein du BO. Pour services rendus, sans doute. Même s’il a été un joueur exceptionnel, même s’il est actionnaire du club, est-ce tout à fait logique vingt-six ans après la fin de sa carrière sportive ?

Offre de partenariatClub Premium loge 2016-2017

L’offre de partenariat pour la saison 2016-2017 avec un tarif de 3 120 euros à l’année pour une place dans les loges semble valider le document envoyé aux journalistes.

D’après le document qui s’est « égaré » dans les mains de quelques journalistes, l’ensemble de ces prestations serait facturé 124 820 euros par saison à un client ordinaire. Quand il s’agit d’un actionnaire ou d’un client habituel, il peut bénéficier d’un tarif préférentiel qui réduit l’addition à 100 000 euros. Mais depuis 2013, le chef d’entreprise Blanco n’aurait jamais versé un centime à son club de cœur. À l’époque, il avait effectivement été question d’un « échange marchandise », les joueurs professionnels étant invités à bénéficier des bienfaits de sa thalasso hendayaise (Ce qui n’est pas loin de constituer un abus de bien social). Mais avec leur calendrier ultra-chargé, les joueurs se sont assez rarement égarés à Hendaye. Même s’il a énormément apporté à son club de toujours, est-ce que ces 500 000 euros au bas mot de prestations de relations publiques dont a bénéficié le groupe Blanco pendant cinq ans, n’auraient pas dû être versées au club qui en a bien besoin en ce moment ?

Info ou intox ? Une plongée dans la luxueuse plaquette éditée par le club à l’entame de la saison 2016, semble accréditer ces chiffres. Une place en loge premium coûte 3120 HT à l’année. Si l’on multiplie par 18 personnes, on obtient bien 56 160 euros et avec une remise de 20% pour ceux qui restent fidèles d’une saison sur l’autre au BO, un coût de 47 250 euros. Interrogé par téléphone, le président Benoît Raynaud est visiblement embarrassé et « refuse de répondre pour ne pas entretenir de polémiques » Mais « sans être certain des chiffres avancés, puisqu’ils concernent la présidence Brusque », il concède qu’ils lui paraissent réalistes. Et quand on lui demande si Blanco paie désormais pour ses places de stade, il se contente d’un vigoureux « Joker ! » Au final, cette haine entre le clan Blanco et le clan Ledoux cacherait-elle une vulgaire histoire de gros sous ?

Un gros sponsor dans le viseur

Le sort du prestigieux club de la Côte basque ne peut laisser indifférent le monde du rugby. Ledoux et Gufflet ont un carnet d’adresses qui vaut largement celui des Gave père et fils. Un très gros poisson se montre intéressé, tout à fait susceptible de sauver durablement le BO. Ce sponsor potentiel, en négociation actuellement avec le trio dirigeant, ne demande qu’une chose, fort légitime : arriver dans un climat serein et apaisé.

Les convocations pour une assemblée générale prévue le 6 juin, permettant d’annoncer que les 2,4 millions d’euros manquants ont été trouvés, sont déjà parties. Contrairement à ce qu’affirment les « historiques », le calendrier est serré mais jouable. À condition que Veunac et Blanco, comme des paysans pourchassant les merles de leurs cerisiers, ne fassent pas délibérément du tintamarre pour faire fuir le sponsor. Dans leur détestation de l’équipe dirigeante actuelle, dans leur volonté de reprendre le contrôle du BO, et des avantages qui vont avec, sont-ils prêts à laisser le club être relégué en fédérale 1 plutôt que de le voir sauvé par des gens qu’ils détestent ? Nous allons le savoir sous peu.

 

 

Géronimo déjà au taquet pour le derby

Exclusif : Les Bayonnais ont dû payer une très forte rançon pour obtenir la libération de Robert Rabagny…

Pour l’ouverture des fêtes de Bayonne et la foulée du festayre, Géronimo a tenu à être présent.

L’affaire remonte à quelques mois, mais par discrétion Bisque, Bisque, Basque ! a préféré ne pas la raconter tout de suite tant les négociations se sont avérées délicates. Début juin, un groupe de supporters de l’Aviron Bayonnais se retrouve chez Ramina, à l’heure entre chien et pottok, où les verres se remplissent par magie et font la course avec les idées. « Quel dommage tout de même que Géronimo ne soit plus là pour animer en octobre le prochain derby avec Pottoka ! » Et c’est alors qu’un polyglotte, spécialiste de l’import-export et habitué à avoir toujours son passeport sur lui pour pouvoir aller et venir entre Biarritz et Bayonne, décide de faire le faraud : « Je connais ses ravisseurs. Je peux peut-être tenter d’intervenir ».

Deux jours plus tard l’homme revient, aussi solennel qu’un ambassadeur français rentrant de Tchéchénie : « Ils sont prêts à le libérer pour bonne conduite, mais ils demandent une rançon considérable » Les convives s’approchent mais ne peuvent retenir un « Oh ! » de surprise en entendant les exigences biarrotes : « Le poids de Serge Blanco en jambons de Bayonne en échange de Géronimo »

C’est pour cette raison que vous avez sans doute aperçu ces jours derniers dans les rues du petit-Bayonne des quêteurs en maillot bleu en blanc avec cette pancarte « Un euro pour Géronimo ».

Pour une noble cause comme le rugby, le Bayonnais sait être généreux, mais l’entreprise s’avéra impossible. On voit plus souvent dans sa vie une passe croisée d’Iguiniz au stade Jean Dauger que la somme nécessaire pour acheter en authentiques jambons de Bayonne l’équivalent du poids de Blanco.

L’émissaire secret qui faisait les allées et venues entre Bayonne et Biarritz dut aller confesser son échec. Dans un geste de surprenante mansuétude, les ravisseurs, sans doute lassés par le babil matin, midi et soir de l’animateur biarrot, acceptèrent que la rançon se limite au poids de Nicolas Brusque, ce qui était déjà nettement plus réalisable.

L’échange jambons contre mascotte eut lieu dans la nuit du 14 au 15 juillet dans la ville neutre d’Anglet, non loin du restaurant Le rayon vert.

Restait un problème de taille à surmonter : malmené par de longs mois de détention où on lui passait en boucle le Vino griego en l’accusant de trahison, Robert Rabagny ne se rappelait plus qui était Géronimo et affirmait être le père de Koxka.

Le psychiatre Puleoto en renfort

Heureusement, existe à Biarritz un psychiatre remarquable qui, par discrétion, se prétend restaurateur. Robert s’est donc allongé sur le divan d’une des petites salles annexes du Txik Txak et Soso Puleoto, le propriétaire de l’établissement, pour lui remettre les idées en place, procéda comme Obélix avec le barde Assurancetourix.

Miracle, au bout de trois coups sur la tête, Rabagny se souvenait de tout, de ses courses au milieu de la pelouse, des boucliers de Brennus brandis devant la foule, du camion de Géronimo qui annonçait la fête à venir.

Malgré tout l’indien restait envahi par quelques scrupules, heureusement vite dissipés par le très psychologue Puleoto.

Soso, le BO a une autre mascotte. Est-ce utile que je redevienne Géronimo ?

– On est en république Robert et chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Si tu es heureux en indien, continue !

– Soso, je suis tout de même inquiet. À la mairie, comment vont-ils le prendre ?

– Mais, Robert, ils t’ont déjà viré honteusement. Que veux-tu qu’ils te fassent de plus ?

– Et le BO, tu crois qu’il va apprécier le retour de l’indien ?

– Ils se sont débarrassés de toi, Robert, donc, tu ne crains rien…

Jérôme Thion, qui prépare un Iron man, a participé à la course.

Totalement ragaillardi, Robert a retrouvé sa coiffe d’indien et est bien décidé à ne plus lui laisser prendre la poussière, comme il l’a confié à Sud Ouest (25/7).

Un homme qui est capable de vous annoncer qu’il a repeint dans la nuit le pont Grenet en rouge et blanc, qui crie aux participants de la foulée du festayre « Bienvenue à Biarritz ! »  et qui trouve le moyen de se faire applaudir par les Bayonnais, n’est pas un homme ordinaire. Robert a annoncé que cinq jours avant le derby d’octobre qui se déroulera à Bayonne, il sortira le camion et ira mettre le feu à toute la Côte Basque. C’est avec impatience que l’on attend que la fête commence… ou plutôt recommence avec cette irremplaçable figure du rugby local !

Et n’oubliez pas qu’une très bonne biographie de Robert Rabagny, alias « Monsieur Biarritz Bonheur » est toujours en vente ! Par modestie, je ne dirai rien de l’auteur mais il ne fait pas de doute qu’il a eu de la « plume » pour parler de l’indien…

Ce Bo, confondant d’amateurisme

Zef-Koxka

Le Biarritz Olympique l’affirme sans rire : il n’y a pas la moindre ressemblance entre sa mascotte et celle du Stade brestois. (Photo http://www.mensquare.com)

J’imagine la scène comme si j’y étais. Gonflette-en-chef et Gonflette-adjoint, tous deux dirigeants du Biarritz Olympique, se retrouvent sur un coin de table, un crayon à la main. Ils ont deux heures pour remplacer Géronimo, l’indien emblématique du BO, car il ne faut pas contrarier les désirs du maire de la Ville, grand distributeur de subventions du club. Décision a donc été prise de plumer la mascotte.

Gonflette-adjoint :  « Chef, vous avez une idée comment qu’on va s’y prendre? »

Gonflette-en-chef, majestueux : « Un chef a toujours une idée, c’est d’ailleurs pour ça qu’il est chef… »

Tendant une photographie chiffonnée à son adjoint : « Qu’est-ce que tu dis de ça?« 

Gonflette-adjoint :  « C’est quoi ce gus? Et ce drapeau avec S.B. dessus? »

Gonflette-en-chef : « Ignare, c’est Zef le pirate. Et le SB c’est pour le Stade Brestois« …

Gonflette-adjoint, horrifié :  « Mais c’est un club de foot! »

Gonflette-en-chef : « Admire un peu la subtilité de ton chef, au lieu de te récrier. Tu as déjà vu un footeux s’intéresser au rugby?« … « Et en plus, il faut au moins six jours de chars à bœufs aux Bretons pour venir jusqu’au Pays basque. Aucun souci.« 

Gonflette-adjoint, muet et pensif :  « Si je lui dis qu’en un clic de souris, on peut aller partout dans le monde, il va le prendre mal »

Gonflette-en-chef, sortant ses crayons de couleur : « Regarde l’artiste à l’œuvre. Tu vas une fois de plus comprendre pourquoi je suis chef… »

Gonflette-adjoint, horrifié :  « Mais c’est un dessinateur qui a fait cela. Et la propriété intellectuelle? »

KoxkoiGonflette-en-chef, catégorique : «  Tout juste un trop payé de barbouilleur. Je vais lui rectifier le portrait, moi, à sa mascotte. Quant à ta prétendue propreté intellectuelle, je me lave les cheveux tous les matins, moi! »

Et Gonflette-en-chef, se sentant soudain l’âme d’un Léonard de Vinci de détailler son travail : « Des belles dents à la place des chicots de ce Breton aviné, un foulard du plus bel effet plutôt qu’un bandana, une ceinture à la taille et des boutons sur la gueule et le tour est joué »

 Gonflette-adjoint, muet d’admiration :  « Oh, chef, mais où vous allez chercher tout cela. Au fait, comment on va l’appeler cette mascotte? »

Gonflette-en-chef, agacé : «  Arrête un peu de me casser les koxkoi… C’est peut-être à toi de trouver… (soudain, enthousiaste) Koxka! Koxka! Mais c’est magnifique comme nom de mascotte! Mon propre génie m’impressionne!« 

C’est Bousquier qui régale!

L’histoire de la création de Koxka ne s’est peut-être pas exactement déroulée comme cela, mais, si l’on suit la défense du directeur administratif Pierre Bousquier dans L’Équipe (8/12), on ne doit guère être éloigné de la vérité :  » Il y a quelques coïncidences qui peuvent paraître troublantes mais ça s’arrête là. Zef le pirate a besoin d’un orthodontiste, nous ce n’est pas le cas. Il a un bandana, nous c’est un foulard… Si on est de bonne foi quand on regarde les mascottes, elles n’ont rien à voir. Si quelqu’un me dit que les deux têtes se ressemblent, je lui paye des churros jusqu’à la retraite. « 

Biarrots gourmands amateurs de churros, précipitez-vous, c’est Bousquier qui régale, car 74% des lecteurs de Sud Ouest ont vu une ressemblance certaine entre les deux mascottes!

Le Stade Brestois, apprenant que le club basque a lancé une collection de vêtements à l’effigie de Koxka, ne rigole plus du tout pour sa part et vient de missionner un avocat pour ramener à la raison les copieurs. Avec à la clé, soit une forte indemnité à verser au Stade Brestois, soit un procès pour plagiat que le BO a toutes les chances de perdre.

Se souvenant de l’époque où il jouait arrière, Le président Nicolas Brusque tente un long dégagement en touche dans l’édition du soir de Sud Ouest (9/12). « Nous ne pratiquons pas le même sport. On ne veut pas leur faire de l’ombre. » Yvon Kermarec, le président du Stade Brestois, n’est pas d’humeur à transiger : «  On va leur demander de changer leur mascotte. Quand on a fait Zef, on avait regardé les mascottes des autres clubs pour voir s’il n’y avait pas de ressemblances. Ils auraient pu faire la même chose. Mais on va trouver un accord. »

Et, comme pour la COP 21, on arrive aux sujets qui fâchent, c’est à dire une histoire de gros sous, les dirigeants du BO se résignant mal à devoir jeter à la poubelle, pour cause de plagiat, tout le textile qu’ils viennent de faire fabriquer. Les contribuables biarrots vont être ravis de voir à quoi servent les subventions octroyées à la mairie.

Rabagny se fait brusquer

Mais le pire dans cette histoire d’un amateurisme confondant, c’est le petit coup vicieux que Nicolas Brusque, que l’on a connu autrement plus adroit sur un terrain, s’est permis d’adresser dans Sud Ouest et France 3, à Robert Rabagny qui, selon lui,  serait derrière « tout cela ».

Non seulement le BO s’est montré d’une inélégance totale avec son meilleur ambassadeur, n’organisant même pas un hommage à celui qui a porté si haut les couleurs du club pendant vingt ans, non seulement il ne l’a pas associé à la conception de la nouvelle mascotte alors que Serge Blanco, en personne, lui avait toujours promis, mais en plus, quand on connait l’homme, son amour immodéré pour son club et sa Ville, l’accuser de tramer quoi que ce soit contre son club est d’une indignité totale. Qui peut sérieusement imaginer Géronimo prendre son téléphone pour appeler le Stade Brestois?

Robert Rabagny, ulcéré par ce qu’il a entendu, n’exclut d’ailleurs pas de porter plainte contre Nicolas Brusque pour diffamation, et on peut le comprendre.

Et on finit par se demander si le choix de Koxka comme symbole du club, n’est pas en fait parfaitement judicieux : cette mascotte de grand adolescent boutonneux, tout juste tombé du lit est presque aussi laide dans sa négation des valeurs du rugby que les dirigeants incompétents qui l’ont conçue.

Koxkoi bis

Pour défendre Géronimo, la mobilisation des réseaux sociaux a été impressionnante.

Ce BO n’a ni cœur, ni mémoire, ni imagination

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Deux responsables de la sécurité n’ont pas lâché d’un mocassin Géronimo, pendant tout le match contre Lyon. Comme si, celui qui a été pendant vingt ans la mascotte du BO pouvait faire quoi que ce soit contre son club de cœur! (Photos de Daniel Velez)

Géronimo, venu assister au stade Aguilera à un match de son cher BO, et surveillé pendant quatre-vingts minutes par deux agents de la sécurité, c’est aussi incongru que des syndicalistes d’Air France traités par le pouvoir comme des bandits! C’est pourtant le spectacle incroyable qui a été offert aux trop rares spectateurs du match BO-Lyon, qui n’en revenaient pas de voir Robert Rabagny ainsi traité, et qui sont repartis en maugréant après la cinquième défaite consécutive de leur club favori, 16-19.

Une chipolata plantée sur une brochette

Mais décidément, ça devient une spécialité biarrote d’aller chercher très loin ce qu’on a sous la main. Pendant que le maire s’entête dans sa désolante Cité de l’Océan à racheter des attractions qui n’intéressent personne et à payer à prix d’or une exposition chinoise sur les abysses, au lieu de raconter aux visiteurs le gouf de Capbreton, le BO sérieusement en difficulté depuis le grandguignolesque épisode de la fusion ratée, au lieu de resserrer les rangs, vire son porte-bonheur et engage, en guise de mascotte, un grand dadais boutonneux, aussi mobile qu’une chipolata plantée sur une brochette.

BO-Lyon 02 bis

Koxka, la nouvelle mascotte du Bo (à gauche) ressemble furieusement à la mascotte du Stade Brestois.

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C’est Pottoka qui rigole! Autant un Indien, sur le sentier de la guerre à la poursuite des tuniques bleues bayonnaises, avait du sens dans une ville rouge et blanc, autant un corsaire à Biarritz relève de la pure et simple opération de marketing. À moins que le BO n’envisage de fusionner la saison prochaine avec Saint-Jean-de-Luz, vraie ville corsaire, et lui lance des appels du pied?

Quand au choix d’un enfant déluré, il peut être adapté à l’équipe de foot du Stade Brestois, mais certainement pas à un match de rugby. Est-ce à dire que désormais les parties de rugby vont se jouer à toucher à Aguilera? Au passage, on ne donne d’ailleurs pas cher des chances judiciaires du BO, si le créateur de la mascotte brestoise s’avisait de faire un procès pour contrefaçon. Mais, c’est bien connu, les caisses du club sont pleines à ras bord et l’imagination est au pouvoir.

Venu pour dire merci

BO-Lyon 04Homme incontestablement généreux, Robert Rabagny était simplement venu dire merci au BO pour les vingt ans de bonheur qu’il lui doit et pour souhaiter bonne chance à son successeur. Il fallait avoir l’esprit sacrément tordu pour penser qu’il pouvait en être autrement. Dès l’achat de son billet, la sécurité s’est concertée pour savoir si elle devait le laisser passer, ce qui aurait été tout de même une grande première dans une enceinte sportive.

BO-Lyon 06En effet, contrairement aux commentaires que l’on peut entendre à droite ou à gauche, Robert Rabagny n’a jamais été rémunéré pour faire la mascotte et y a souvent été de sa poche, lorsqu’il fallait conduire le camion transportant l’indien jusqu’à Bourgoin ou Toulon.

C’est pour cette raison que ceux qui le connaissent bien sont révoltés par l’ingratitude du club à son égard, comme en témoigne l’épisode de la veste.

Comment ça, vous ne connaissez pas l’épisode de la veste? Il mérite pourtant d’être raconté.

Une midinette du rugby

Derrière son air hâbleur, le porteur du costume de Géronimo est resté une midinette du monde du rugby. Comme il se plait à le répéter, il a trois B dans son cœur : Blanco, le BO et Biarritz. Joueur à l’école de rugby avec Serge Blanco, il est ensuite devenu la première mascotte d’un club de rugby professionnel avant d’accompagner les « Galactiques » (heureuse époque!) dans la conquête de leurs trois derniers titres de champions de France. Mais il n’a jamais été autorisé à porter le blazer du BO.

Pour son mariage avec Patricia en 2013, il a tout fait pour obtenir ce blazer, car il ne pouvait s’imaginer habillé autrement pour ce grand jour. Mais le club n’a jamais daigné lui offrir la fameuse veste et il a fallu qu’un joueur lui prête en douce son blazer pour la cérémonie.

C’est une histoire minuscule mais qui montre les dérives de ce rugby professionnel où l’attention à l’autre, le respect des hommes ne sont plus la priorité. Quand les gens s’aimeront dans ce club, auront plaisir à travailler, à vivre et à jouer ensemble, nul doute que le BO abandonnera cette dernière place qui fait désordre dans son histoire.

Mais est-ce pour bientôt?

 ◊ Un très grand merci au photographe Daniel Velez, qui était à L’Équipe, dix ans avant moi, pour ce très beau reportage photos.

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On connait un petit corsaire qui va devoir aller à l’abordage avant d’être aussi populaire que Géronimo.

Le Bo et l’Aviron, comme l’Europe

BO-Aviron bagarre

Au vu de l’entente cordiale qui règne entre les deux clubs, la fusion s’impose…

Ce qui est bien avec cette fusion sans cesse remise au goût du jour, c’est que, petit à petit, on apprend enfin ce qu’on voulait savoir. Les déficits que l’Aviron et le BO cachaient, il y a peu, comme une maladie honteuse, sont soudainement mis en avant, pour convaincre les réticents. Et dans Sud Ouest du 26 juin, Serge Blanco mange enfin le morceau : depuis 2011, l’Aviron a perdu 7,1 million d’euros et le BO 7,6 millions.

Ce qui est moins bien avec cette fusion, c’est que l’on continue à prendre le cochon de payant de spectateur pour un imbécile n’ayant aucun droit, et à lui affirmer que certaines postulats de départ ne méritent même pas d’être discutés. Ainsi, à en croire Blanco et Mérin, et au mépris de toutes les lois sur la génétique, il est évident que de l’union de deux éclopés va naître un super champion basque, apte à soulever le bouclier de Brennus…

… Mais ce coup-là, on nous l’a déjà fait en France! Nous sommes le 1er janvier 2002 et nous devons abandonner notre bon vieux franc au profit de l’euro. Les économies ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, les dispositifs fiscaux non plus, le mode de gouvernance de l’Europe un peu opaque pour le profane, mais, parole de politiques, l’euro va tout régler. On connait la suite, l’envolée des prix, l’Allemagne qui donne des leçons de morale à ses partenaires et les Grecs qui se retrouvent dans la situation de mendiants de l’union européenne, n’ayant plus aucune souveraineté sur leur propre pays.

Dans leur façon de vouloir fusionner à tout prix et on verra après pour régler les problèmes, Mérin et Blanco ressemblent beaucoup à ces politiques qui n’hésitent pas à traiter d’obscurantistes les eurosceptiques qui demandent des garanties. Une fusion entre l’Aviron et le BO, pourquoi pas, mais qui sera le président de cette nouvelle entité, où sera le siège social, où se joueront les matches? Au lieu d’imposer et de tenter de passer en force, il fallait expliquer et déminer. Après toutes ces maladresses sans commune mesure, la réaction des membres de l’omnisport du BO, refusant de signer un chèque en blanc, s’explique totalement.

Insupportables bricolages démocratiques

Mais Serge Blanco, décidément, tout comme Nicolas Sarkozy, ne respecte la démocratie que quand elle l’arrange. Après le vote surprise de l’omnisports contre la fusion, il a démissionné, ce qui était la moindre des choses. Mais – miracle ! – des « vices de forme » viennent d’être détectés, lors de ce scrutin et tout le monde devra repasser aux urnes, mardi. Quels vices de forme? Le futur ex-président se garde bien de dire quoi que ce soit sur le sujet, mais on est priés de le croire sur parole, lui qui, il y a peu, jurait qu’il n’y avait aucun projet de fusion en cours avec l’Aviron.

Là aussi, ça ne vous rappelle rien? Le 29 mai 2005, sous la présidence de Jacques Chirac, un cataclysme secoue l’Europe : les Français, à 55% viennent de refuser le projet de constitution européenne. Ce qui ne gênera nullement Nicolas Sarkozy, en 2008. Au mépris du suffrage universel, il rebaptisera la constitution européenne Traité de Lisbonne et le fera approuver par les parlementaires, en se souciant comme d’une guigne de ce que pensent les Français. (Pour mémoire, selon un sondage IFOP-Le Figaro du 28 mai dernier, 62% des Français voteraient non à l’Europe, si un nouveau referendum était organisé). Et l’on vous épargnera les injures récurrentes des politiques à l’égard des Français, estimant que seuls des obscurantistes ou des rétrogrades peuvent être contre l’Europe et refusant de prendre en compte ceux qui veulent bien voter pour l’Europe… à condition qu’elle soit démocratique.

Même schématisme primaire dans les discours tenus par Blanco et Mérin. À les en croire, tous les sceptiques sont pour la mort du rugby basque. On peut pourtant rêver de rugby de haut niveau au Pays basque, mais pas à n’importe quel prix et exiger, avant toute décision, des réponses claires aux questions qui se posent. Pour toutes ces raisons, cette fusion si elle doit se faire, ne peut être envisageable avant la saison 2016-2017.

En 1992, peu avant le vote du traité de Maastricht, l’inénarrable Bernard Kouchner, dans une de ses envolées dont il a le secret, affirmait à la télévision : « Avec Maastricht, on rira beaucoup plus! ». Si l’on en croit Blanco et Mérin : « Avec la fusion, ce sera la profusion!« . Les comiques sont de sortie.

Alors que les esprits s’échauffent et que la bagarre générale couve, tout le monde ferait bien de se remémorer la devise favorite de Mitterrand : « Il faut donner du temps au temps« .