Un Didier Guillaume très convenu

Le ministre de l’Agriculture s’est livré à un prêchi-prêcha électoral fort prévisible avec la volonté affirmée de ne surtout fâcher personne.

Non, l’homme au chapeau Serge Istèque n’est pas là par hasard sur la photo, mais au terme d’une stratégie très élaborée.

La déclaration de candidature d’un homme politique est au journalisme ce que la leçon de mathématiques est au cancre. Un moment qui pourrait être d’un ennui mortel si le paysage derrière la fenêtre ne venait sauver le mauvais élève et la succulente comédie humaine qui se déroule dans ces occasions divertir le porteur de stylo. Foule des grands jours, samedi matin, dans le hall du jai-aläï d’Aguilera, à l’occasion de la conférence de presse donnée par Didier Guillaume. Les médias nationaux sont nombreux tandis que, côté supporters, nous assistons à un raccourci saisissant de tout ce qu’est devenue LaRem, cette lessiveuse idéologique apte à lyophiliser toutes les convictions les plus établies, qui permet aux Républicains bon teint, aux rares représentants de la gauche et aux Abertzale de se taper désormais sur le ventre sans complexe.

C’est une cohorte enamourée qui arrive dans le sillage de Didier Guillaume où l’on reconnaît Guy Lafite, Michel Poueyts, mais aussi Régine Daguerre, Frédéric Domège, Alain Pouyau ou la présidente de « Femmes de droite » Maria François.

Un câlin électoral pas très défenestrant

Et c’est là qu’il convient d’admirer, alors que la conférence de presse n’a pas encore démarré, la capacité à jouer placé de certains. Prenez par exemple le président de l’association des commerçants des halles, l’homme au chapeau gris de la photo, Serge Istèque. Négligemment, quinze minutes avant que Didier Guillaume ne prenne la parole, il va s’installer au pied du pupitre juste à côté du micro en devisant avec ceux qui passent. Et bien malin celui qui l’en délogera ! Philippe Nalpas fera une tentative pour que l’espace autour du candidat se dégage mais en vain. Andy Wahrol avait précisé que chaque individu connaitrait son « quart d’heure de célébrité » mais avait oublié de préciser à quelles contorsions il fallait se livrer pour y arriver.

Après des préliminaires aussi prévisibles, il était clair que le « câlin électoral » prodigué par le candidat ministre n’allait pas être du genre défenestrant. Quelques punchline bien troussées afin de donner un peu de picore aux médias « Je ne viens pas là par amour mais par raison ». Des critiques tellement diaphanes, tellement voilées, que seuls les connaisseurs, adeptes de l’entre-soi, peuvent les décoder. « Biarritz a besoin d’une nouvelle impulsion », façon en creux de dire qu’il est grand temps pour papy Veunac de s’occuper de ses petits-enfants. Enfin des promesses de « passer à la vitesse supérieure » pour « faire rayonner notre ville en France et à l’international ». Trop d’imagination tue l’imagination !

Ajoutez au passage un hommage appuyé au premier adjoint : « Je veux saluer le Premier adjoint qui a réussi à ce que les Finances soient très bonnes », ce qui montre bien que Didier Guillaume n’est pas souvent à Biarritz et n’a pas encore découvert les dettes planquées sous le tapis par « La Faillite nous voilà ! », avant de préciser dans un heureux mouvement de balancier « Aucun des adjoints de l’actuelle municipalité ne sera adjoint dans la prochaine ».  

Rajoutez la nécessité de « faire travailler ensemble des hommes et des femmes », la promesse d’une « ville citoyenne » et la belle réponse du présumé parachuté « Les racines les plus fortes sont celles que l’on se choisit ».  Comme vous le découvrez en lisant cet article, vous avez bien fait de rester aux halles à prendre un café plutôt que de monter jusqu’à Aguilera.

Non au parachute de secours

Même sentiment de malaise lors du pot qui suit la déclaration de candidature. De l’attaché de presse qui vient vous expliquer qu’il a beaucoup insisté pour que Bisque, Bisque, Basque ! soit convié, comme si le fait d’être ou non invité allait changer quoi que ce soit à l’esprit d’impertinence assumé par ce blog, à tous ces élus qui vous expliquent que depuis le premier jour ce mandat est un désastre (pourquoi diable ne se sont-ils pas manifestés bruyamment pour dénoncer l’incurie de Veunac aux côtés des Nathalie Motsch ou Maïder Arostéguy ?), on a le sentiment d’être dans le vieux monde des élites qui estiment que le citoyen ordinaire n’a pas à connaître la vérité. Sentiment renforcé par le discours de Didier Guillaume qui ne veut attaquer personne et surtout pas se risquer à faire le bilan de son prédécesseur alors que la population est totalement traumatisée par ce qui s’est passé pendant six ans.

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’exercice est difficile et que l’on a rarement vu un homme politique à son avantage dans cet exercice. On sent que Didier Guillaume en a sous la pédale et serait à la tête de la Ville d’une toute autre dimension que l’actuel maire. En tant qu’homme de gauche, j’ai envie de croire en lui et l’on va donc lui faire crédit au moins jusqu’à sa prochaine réunion publique, en espérant que le candidat va enfin fendre l’armure. Mais certains détails ne trompent pas. Il est des hommes amoureux qui quittent tout du jour au lendemain pour suivre la femme qu’ils aiment. Il en est d’autres qui naviguent de longs mois entre épouse légitime et maîtresse avant de voir comment les événements tourneront. Didier Guillaume a annoncé qu’il démissionnerait du ministère de l’Agriculture s’il était élu. Ce qui est une façon de dire qu’il va faire campagne à Biarritz en fin de semaine tout en occupant son poste de ministre le reste du temps. « Biarritz est la seule ville non capitale connue dans le monde entier » affirme l’intéressé.

Alors peut-être que la moindre des choses était de se consacrer à plein temps à Biarritz et de prouver aux Biarrots, en démissionnant de ses fonctions, qu’on est prêt à prendre tous les risques pour diriger la ville qu’on aime, au lieu de garder… un parachute de secours.

Être de gauche n’est pas une maladie honteuse

À plusieurs reprises, des Biarrots sont venus m’aborder avec la mine de conspirateurs désireux d’évoquer les turpitudes de Gabriel Matzneff avec les adolescents pré-pubères : « On voterait bien pour lui, mais Didier Guillaume est de gauche ». Comme si je n’avais pas l’information ! Je déplore justement que pas une fois lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture n’ait cru bon d’évoquer son long cheminement à gauche ou ses « valeurs de gauche » avant de se rallier à Emmanuel Macron.

Plus que jamais, le communiqué de Mathieu Accoh, au nom des Insoumis biarrots, pose les bonnes questions : « Qui me représente en tant qu’électeur biarrot ? » C’est donc avec plaisir que nous le publions dans son intégralité.

Mathieu Accoh, porte-parole des Insoumis biarrots (Photo Sud Ouest)

« L’électorat de Biarritz soucieux de justice sociale, d’égalité, de transparence démocratique et d’indépendance par rapport aux intérêts économiques peut légitimement se poser cette question : qui me représente ? Qui aujourd’hui parmi les chômeurs, les ouvriers, les employés, les personnels précaires, les retraités aux petits revenus, l’ensemble des classes populaires pour résumer, est représenté au Sénat, à l’Assemblée nationale ou plus près de nous au conseil municipal ? Cette partie de la population est-elle vouée à ne même plus pouvoir se rendre aux urnes dans une ville comme Biarritz ? Des centaines de milliers de Français ont manifesté leur détresse et leur colère pendant des mois sur les ronds-points, ont battu le pavé depuis des semaines pour défendre notre système de retraite. Et pourtant la volonté et les intérêts de cette majorité sont systématiquement piétinés et humiliés. Pour l’instant huit listes semblent se rassembler dans le souci de ne pas paraître « à gauche » comme si l’idéal de services publics de qualité, d’égalité dans la redistribution des richesses, de démocratie, de préservation des biens communs et de nos écosystèmes n’était plus qu’un lointain souvenir et tout sauf un objectif. C’est face à ce trop-plein unicolore qui semble se satisfaire de la contagion de la pauvreté, de l’accumulation insensée et ostentatoire de richesse, de la destruction d’une nature que le capitalisme vert n’enrayera pas, que nous, insoumis biarrots, écologistes, citoyens investis dans la vie associative, décidons de nous engager dans cette campagne électorale. Nous avons le souci de représenter l’électorat de gauche et d’empêcher la division des listes partageant la même fibre écologique et sociale, c’est pourquoi nous allons œuvrer à l’unité dans les prochaines semaines en espérant que les Biarrots soucieux d’une vie plus juste et plus proche de la nature trouveront une réponse dans nos propositions. »

Mathieu Accoh, pour les Insoumis biarrots

Décidément, tout le monde en pince pour Didier Guillaume

Un mail « secret » de Serge Istèque nous apprend que ce sont maintenant les élus abertzale Poueyts et Daguerre qui se désolidarisent de Veunac pour faire du gringue au ministre de l’Agriculture.

Ourdir des plans secrets et se faire gauler comme un débutant à cause d’une simple erreur d’adressage mail ! C’est la mésaventure qui vient d’arriver à notre sémillant Serge Istèque. Le président de l’association des commerçants Biarritz les Halles, mais aussi président de l’Office de commerce et de l’artisanat de Biarritz et président de l’association Biarritz années folles, devrait observer une stricte neutralité politique compte tenu de ses fonctions. On va voir que ce n’est pas tout à fait le cas et qu’il peut légitimement postuler à la présidence des sous-mariniers lanceurs de torpilles.

 En effet, l’homme qui souhaite que la villa Fal devienne une école de mode a visiblement une très haute opinion de Michel Veunac et l’exprime dans un mail signé aussi par Michel Poueyts et Régine Daguerre, Peio Abeberry et Maguy Mirande.

Lundi 25 novembre, Serge Istèque ouvre donc son ordinateur pour envoyer « aux amis politiques susceptibles de nous soutenir dès maintenant » son projet d’appel à la candidature de Didier Guillaume. Mais quand on veut éviter de l’adresser « aux personnes dont les idées sont déjà arrêtées », mieux vaut ne pas s’emmêler la souris dans les adresses mails, ce qui n’a pas été le cas. Après Michel Poueyts qui ne lâche pas d’une semelle Didier Guillaume lors de ses visites à Biarritz, ce nouvel épisode, révélateur de l’amateurisme qui règne actuellement dans la vie politique biarrote nous montre l’état totalement délétère de la majorité municipale.

Mais ça, les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! le savent depuis longtemps. Si Michel Veunac réussit à se faire réélire en mars 2020, ce sera le plus grand hold-up de la Côte basque.

Le texte de Serge Istèque signé par Poueyts et Daguerre

L’orthographe, même si elle peut surprendre (Lemoine au lieu de Lemoyne) a été laissée telle quelle.

Serge Istèque avec Michel Poueyts et Régine Daguerre. (Photo Sud Ouest)

Adixkide Maiteak,

Nous souhaitons vous informer personnellement, avant la presse, que nous sommes signataires de l’appel que vous découvrirez en pièce attachée. Nous vous invitons (voir liste des destinataires) à nous accompagner dans cette démarche et à signer cet appel avec nous !

Pourquoi ?

La manière d’aborder les municipales à Biarritz n’est pas actuellement compatible avec celle de Bayonne, St Jean de Luz ou St Jean Pied de Port.

Chaque ville à son histoire et sa manière singulière, plurielle ou particulière, de gérer, d’administrer et d’organiser la vie d’une commune. Biarritz Autrement, Elkartu, chacun à sa manière avec ses différences, ont prouvé, en son temps, qu’à chaque élection municipale, il y a une nouvelle vague à prendre à Biarritz.

Le principe d’une liste abertzale ouverte avait été adopté en novembre 2018 à l’unanimité des personnes présentes ou représentées à la maison des associations de Biarritz.

Cette démarche n’a pas été suivie par la majorité des 29 personnes présentes à cette réunion. La raison essentielle fait suite à l’annonce, au printemps 2019, dans la presse, sans concertation avec la base, d’un communiqué des responsables politiques de la section locale EH BAI, de la création d’une liste EH BAI abertzale de gauche à Biarritz. Ainsi la liste ouverte désirée par les uns et les autres était morte née ; car annoncer une démarche électorale à Biarritz, apparentée à une organisation politique abertzale degauche devient dans la foulée de la déclaration, un repoussoir pour tous ceux qui ne veulent pas être encartés politiquement. Ne nous trompons pas d’élection ! Nous savons de quoi nous parlons puisque aux départementales de 2015, Régine Daguerre et Serge Isteque étaient les candidats EH BAI BIARRITZ. Si tous les autres RDV électoraux sont politisés, les municipales sont des élections de proximité où le vivre ensemble demeure la première valeur de tout électeur.

Repartir comme en 14 avec Michel Veunac, n’ést plus, aujourd’hui sérieusement et politiquement opportun. Très honnêtement vis-à-vis des électeurs, celui qui veut rester coute que coute 1er magistrat de la ville, 6 ans de plus, n’est plus en capacité de le l’être. Il le dit lui-même puisqu’il a décidé tout seul, de faire appel à Monsieur Lemoine, secrètaire d’Etat, inconnu au Pays Basque, mais reconnu pour ses positions de la droite dure traditionnelle LR. Actif représentant LR aux manifestations pour tous, avec pour leitmotivs : l’IVG le droit de la famille et le respect de l’enfant, la PMA, l’homoparentalité, le mariage pour tous etc.  Michel Veunac lui laisserait sa place au bout de deux ans. Aussi, la démarche dans laquelle nous étions associé à MV en 2014 « Mon parti c’est Biarritz » devient pour 2020 « Mon parti c’est Veunac » pour devenir dans 2 ans « Mon parti c’est Lemoine »

À moins de quatre mois des élections municipales, la ville de Biarritz est plongée dans une grande incertitude politique.

Les Biarrots observent incrédules la multiplication des listes.

Ils constatent qu’elles ne reposent que sur des ambitions personnelles et ne recherchent dès à présent, par de petits arrangements futurs, qu’un accord de second tour pour pouvoir se placer. Tout cela interpelle les Biarrots et donne une image dégradée de notre ville au Pays Basque.

Biarritz a besoin d’autre chose que d’une telle inconséquence et d’un tel émiettement. Aucune des candidatures actuellement déclarée n’est en effet à même de créer le rassemblement nécessaire à Biarritz et attendu par les Biarrots. Leur seul point commun est de faire battre le maire sortant pour prendre sa place.

Les Biarrots exigent que l’on regroupe nos forces pour réfléchir à ce qui fonde la fierté d’être Biarrot, à ce qui constitue l’identité de notre ville, à ce qui lui donne des atouts pour affirmer la place de notre ville au Pays Basque et à l’international. Toutes les politiques sectorielles découleront de cette réflexion préalable et indispensable: la politique du logement et celle des solidarités, la quête d’une réelle exemplarité dans notre rapport à l’océan et à la transition écologique, l’exploration des voies innovantes du tourisme durable, la recherche de nouvelles dynamiques culturelles et sportives afin de renforcer le sentiment de faire cité tout en assurant le rayonnement de notre ville.

C’est dans ce cadre politique précis, que nous, (par ordre alphabétique) Peio Abeberry, Régine Daguerre, Serge Isteque, Maguy Mirande, Michel Poueyts, de sensibilités aberzale ouvertes et d’horizons professionnels différents. Nous sommes rassemblés par la seule volonté de mener des politiques publiques avec du lien permanent Biarritz-Pays Basque dans notre ville et à l’agglomération. Et en même temps faire que l’Euskara soit le ciment de ce lien naturel.

Pour gagner les élections avec une majorité absolue, nous nous rassemblons dés le 1er tour des prochaines élections municipales du 22 mars 2020.

Didier Guillaume vit au Pays le Pays Basque depuis 30 ans. Son épouse a fait une carrière d’enseignante en Soule, à Chéraute. Aujourd’hui, elle la poursuit sur le BAB à Anglet où elle parle le basque.

DG maitrise parfaitement bien tous les tenants et les aboutissants des dossiers biarrots.

Nous voulons d’une gouvernance plus transparente, plus efficace et plus participative. Nous avons besoin d’un maire qui sache gérer en pratiquant une gouvernance éclairée et diriger avec doigté et fermeté une majorité soudée.

Didier GUILLAUME est l’homme de la situation.

Merci de signer l’appel en pièce attachée en nous adressant, par retour de ce courriel, votre accord.

Berriz Milesker, Agur bero eta zintzoena deneri !

Hautagaiak : Régine, Maguy, Serge, Michel eta Peio.

Domège, en premier de cordée

Domege 01

Pour cette participante, il n’y a pas de doute : l’étoile montante, c’est Domège.

En ce moment, Frédéric Domège est heureux et ça se voit à la façon qu’il a de se couler dans son costume et de se mouvoir avec aisance dans l’espace, alors qu’il s’attaque à une sacrée montagne avec ces élections départementales, où neuf binômes s’opposeront à Biarritz : « Bien sûr, j’espère ne pas prendre une taule dimanche, mais tu ne peux pas savoir  le bien que cela fait de dire ce que l’on pense ». Dans la salle du casino qu’il a réservée, mercredi soir, il claque la bise aux arrivantes, a un mot gentil pour chacun, avant de démontrer à la centaine de participants venus pour l’occasion qu’il est tout de même beaucoup plus facile de faire de la politique quand on se sent en accord avec ses idées :

«  D’habitude, je parle en avant-dernier. Je suis un peu le chauffeur de salle, attaque avec humour Fredo-la-malice.  Je vous dois donc une explication. Qu’est-ce que je fais là? En mars dernier, les électeurs ont manifesté leur désir de changement. Nous ne pouvons pas faire comme s’il ne s’était rien passé… »

L’homme est calme et serein. Il a visiblement digéré les tempêtes essuyées les derniers mois et n’est jamais dans l’acrimonie. « La candidature de Max Brisson me paraît inopportune. Je n’ai pas apprécié que notre chef de file déserte les deux premiers conseils. Moi aussi, je n’étais pas bien après cette défaite, mais je tenais à assumer mon rôle d’opposant. »

L’épisode comique où Max Brisson, officiellement bloqué par la neige à Albi, s’est retrouvé pris en photo à Bayonne, est vite expédié : « Au cours du débat d’orientation budgétaire, j’ai eu le sentiment d’être le seul opposant… La liste de Brisson s’appelle « Fidèles à Biarritz » mais elle n’est certainement pas… fidèle aux Biarrots! »

Domège 02

Dans la salle du casino municipal, une bonne centaine de participants.

Domège ne veut visiblement pas s’étendre sur les querelles internes et il est très clair sur ce que sera son attitude dimanche 22 mars au soir. « Ce premier tour constituera une primaire grandeur nature entre les candidats de droite. Bien entendu, pour le deuxième tour, il faudra faire barrage à la gauche. »

Alors que le domaine de compétence des futurs conseillers départementaux reste très flou, Frédéric Domège fustige les décisions prises à Biarritz par une majorité qui multiplie les études dilatoires : « Kléber va devenir un quartier comme on avait décidé de ne plus en faire depuis les années soixante. Les ouvertures sont tellement rapprochées que les gens vont pouvoir s’offrir un coup à boire d’une fenêtre à l’autre. Et pendant ce temps, la crèche qui était prévue dans ce quartier vient d’être abandonnée par la majorité municipale. »

Et le candidat, qui prend visiblement goût au micro, de marteler : « Biarritz est un équilibre! »

Un quatuor qui s’apprécie

Marie-Pierre Mayer, la pharmacienne de Saint-Charles, raconte alors son parcours, elle qui n’est pas Biarrote d’origine, mais qui se félicite tous les jours depuis vingt ans de vivre ici. Petite-fille de mineur, elle est « fascinée par ces gaullistes débordant d’énergie qui œuvrent pour la France. » et a « toujours été intéressée par la politique ».

Mira Schor, sa remplaçante, ne cache pas que le fait d’avoir été exclue de l’UMP reste une blessure à vif : « J’ai le coeur et l’âme UMP, même si nous ne pouvons pas le dire ouvertement. » Travaillant à L’Hôtel du Palais, elle se réjouit de «  vivre une aventure humaine extraordinaire » et se déclare très optimiste au vu de l’accueil réservé par les Biarrots lors des distributions de tracts.

Jean Dabadie, le remplaçant de Frédéric Domège, a fait de solides études à l’étranger avant de revenir à  Biarritz, «  ma ville », en 2009 et de prendre la gérance de L’Hôtel du Clair de lune. Non encarté, il veut incarner le bon sens des gens de terrain.

Le quatuor n’a pas besoin de dire qu’il s’apprécie. Les sourires, les fous-rires sont nombreux et comme le souligne Marie-Pierre Mayer, « Frédéric sait diriger, mais il sait aussi écouter ».

On est loin des ces mariages forcés, il y a un an, où Veunac, Barucq et Lafite d’un côté, Brisson, Saint-Cricq et Tardits de l’autre, semblaient aussi ravis de convoler ensemble que les lycéennes enlevées par Boko Haram, le jour où elles découvrent l’époux qu’on leur destine.

Comme me disait un vieux guide pyrénéen, « quand une cordée fonctionne, la montagne devient tellement plus simple! »

Pour moi, ce sera Ithurbide-Raffy

Quand un gouvernement de gauche vote des lois de droite, comme la loi Macron, il faut le rappeler à ses devoirs et voter à gauche de la gauche. Contrairement aux précédentes cantonales, ces nouvelles élections départementales ont été marquées par des débats beaucoup plus nationaux que locaux, avec une forte inquiétude sur le score du Front national. Voter communiste, un parti pour lequel j’ai toujours eu beaucoup de tendresse, ne me posera donc aucun problème, puisque j’ai toujours préféré les militants sincères aux énarques arrogants dont ce n’est jamais la faute (Suivez mon regard…). Je ne cache pas que si j’avais disposé d’un deuxième bulletin, je l’aurais certainement donné au ticket Daguerre-Istèque, tellement ils sont enthousiastes, chaleureux et rafraichissants dans leur volonté de défendre le Pays basque. Mais, n’habitant que depuis douze ans à Biarritz, j’avoue que je suis parfois déconcerté par les stratégies « ondoyantes » des Abertzale, même si on m’a expliqué que c’était normal, puisque c’était un mouvement et non un  parti.

Après avoir ruminé ma colère pendant des semaines, j’ai décidé en mai 2012 de ne pas passer une minute de plus au « Canard enchaîné » qui, à mes yeux, avait gravement triché avec ses lecteurs. C’est sans doute pour cette raison que la démarche de Frédéric Domège m’est sympathique. Parce qu’il y a une sincérité dans sa révolte que j’apprécie. Biarritz a besoin d’opposants qui s’opposent, Biarritz crève de ces petits jeux politiques où l’opposition saute dans les bras de la majorité ou deale en douce avec elle, loin des regards, comme un vendeur de cannabis dans un hall d’immeuble. Frédéric, pour peu qu’il soit élu, retombera peut-être un jour dans ces petits jeux politiques que les électeurs exècrent. Mais, pour le moment, sa démarche est celle d’un homme indigné qui a décidé d’être lui-même…

… Et, rien que pour ça, il mérite le plus total respect.

Régine Daguerre, Serge Istèque : «Pour que le Pays basque existe »

Daguerre Isteque 001Drôles, pétillants et convaincus, ils vous réconcilient avec la politique, tellement leurs préoccupations sincères les conduisent très loin des petits jeux politiciens. Serge Istèque, le patron du Bo-bars de la rue Gambetta et le médecin Régine Daguerre, adjointe au maire de Biarritz en charge du social, tenaient à ce que la sensibilité abertzale soit représentée lors de ces prochaines élections départementales et leur programme, (que vous pouvez retrouver sur www.ehbai.eus) « Vivre, travailler et décider au Pays basque » a au moins le mérite de la clarté politique, en ces temps d’alliances improbables et de dissidences multiples.

« On n’est pas dans un parti, mais dans un mouvement politique, capable de se remettre en question tout le temps,  précise Serge Istèque, le théoricien du binôme. Nous espérons seulement que le Front national ne va pas décrocher la palme d’or à ces élections, car ça ne ressemble pas à Biarritz, une ville qui n’est pas extrémiste avec ses électeurs centristes de culture chrétienne ».

Décidés à faire une campagne jeune et dynamique, les deux candidats estiment que le département des Pyrénées Atlantiques est en sursis avec la réforme territoriale, « alors que la proposition d’une entité Pays basque faisait déjà partie du programme électoral de François Mitterrand en 1981 ». Une promesse, une de plus, qui n’avait pas été tenue une fois le candidat socialiste élu. « On se bat pour que le Pays basque existe et, plus on votera pour les candidats de notre liste, et plus on aura de poids à l’Assemblée départementale ».

Régine Daguerre, à qui personne ne contestera un gros volume de travail dans ses actuelles fonctions d’adjointe, tient à souligner ses convictions : « J’ai été élue à la Ville pour bosser et si nous sommes élus au département, ce sera pareil. Je ne me vois absolument pas sénatrice ou députée. En revanche, porter le dossier du Pays basque, ça oui ! » Serge Istèque déplore cette nouvelle région qui se profile, mêlant l’Aquitaine au Poitou-Charentes et au Limousin : « En France, les régions dynamiques sont les régions qui ont une forte identité ». Suivez son regard !

« Il faut juste un peu d’envie ! »

Les deux sont persuadés que le rôle des futurs conseillers départementaux consistera surtout à défendre les services de proximité. Quotidiennement confrontée à la précarité avec son travail de médecin, Régine Daguerre a une vision très claire de ce qu’il convient de faire : « Il faut d’abord veiller à la désertification médicale. Même dans une ville très attractive comme Biarritz, deux ou trois médecins généralistes n’ont pas trouvé de remplaçants. À Saint-Palais, plusieurs services de proximité de la clinique vont disparaître. Il faut aussi créer de petites structures de proximité, qui marchent beaucoup mieux que les grosses, pour accueillir les personnes âgées et les handicapés. » Le nombre grandissant de sans domicile fixe interpelle le binôme : « Un vrai travail sur la précarité doit aussi être réalisé au niveau départemental. On donne aux gens les plus démunis des contrats de six mois de travail, quatre fois renouvelables, et après pas grand chose ! Il faut repenser tout le dispositif et s’intéresser à ce qui marche  ailleurs. À Bordeaux, une association a inventé un dispositif intitulé TAPAJ (Travail Alternatif Payé A la Journée) qui permet petit à petit à des gens de se resocialiser. « 

 Et Régine Daguerre de conclure dans un sourire on ne peut plus convaincant : « En fait, ce n’est pas très compliqué à mettre en place. Il faut juste un peu d’envie ! »

Avant que Serge Istèque, ne lui vole le mot de la fin, dans un grand éclat de rire : « C’est en cela que nous sommes une liste vraiment très différente des autres. Par exemple, je suis le seul candidat marié à un homme. Et en plus, il est noir… »

Quand on vous disait que la difficulté ne leur fait pas peur !